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France Cuba
Thierry MENGUY
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Verrier Ouahmane Aicha
Une cour d'appel fédérale américaine a annulé jeudi 27 mars la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal, figure de la lutte internationale contre la peine capitale, tout en confirmant sa condamnation dans le meurtre d'un policier survenu en 1981. En cela, la cour d'appel confirme la décision prise par un juge fédéral en 2001 qui avait décidé que Mumia Abu-Jamal ne pourrait être exécuté sans la tenue d'un nouveau procès.
Concernant la culpabilité, la cour d'appel, qui n'est pas chargée de se prononcer sur le fond mais sur la forme, a rejeté les arguments dénonçant des violations des droits de la défense : les juges ont refusé par deux voix contre une d'accorder un nouveau procès au condamné. Une décision que le comité de soutien du condamné a qualifié de "dévastatrice" en appelant à plusieurs manifestations, vendredi à New York et le 26 avril à Philadelphie.
"FAIRE FRIRE CE NÈGRE"
Ancien journaliste radio et militant des Black Panthers, Mumia Abu-Jamal, aujourd'hui âgé de 53 ans, a en effet toujours clamé son innocence. Sa défense contestait notamment le fait que, lors de la constitution du jury de son procès, dix jurés noirs aient été récusés pour obtenir, au final, un jury de dix jurés blancs et deux jurés noirs, alors que plusieurs décisions de la Cour suprême américaine interdisent de récuser un juré potentiel en raison de la couleur de sa peau. Pour ses partisans, l'ancien militant de la cause des Noirs a été victime d'un procès politique et de forts préjugés racistes. Ils avancent que le juge présidant le procès de 1982 aurait déclaré à l'époque : "Je vais les aider à faire frire ce nègre" ou encore qu'en 1999 un certain Arnold Beverly aurait par ailleurs avoué à la justice avoir été engagé par la mafia de la ville pour assassiner Daniel Faulkner, parce que ce policier enquêtait de trop près sur certaines figures du crime organisé.
Ces arguments, accompagnés des photos de Mumia Abu-Jamal arborant fièrement de longues tresses rastas, ont fait du condamné une icône de la lutte contre la peine de mort, surtout hors des Etats-Unis. En France, Paris en a fait un "citoyen d'honneur" en 2003 et Saint-Denis a baptisé une rue à son nom, ce qui vaut aux deux villes d'être poursuivies par Philadelphie pour "apologie de crime".
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