




Le maire de Valenton convoqué pour
« entrave à explusion »
Daniel Toussaint (PCF), maire de Valenton et conseiller général du Val-de-Marne, était convoqué, hier matin, par le procureur de la République, à la sûreté départementale de Créteil pour être entendu suite à une plainte pour « faits d'outrage à huissier » et « entrave à mesure d'expulsion ». C'est soutenu par des dizaines de personnes - parmi lesquelles une vingtaine d'élus représentant une douzaine de villes du département - venues l'accompagner devant l'hôtel de police que Daniel Toussaint a démenti, pendant deux heures, l'outrage et lphysique qui lui sont reprochés.
« C'est une honte qu'un élu de la République soit inquiété parce qu'il est venu en aide à des personnes démunies », dénonce les élus communistes de Valenton. Prévenu par un appel téléphonique, le premier magistrat était venu en aide, le 21 mars dernier, à un locataire et sa famille - dont deux mineurs - en cours d'expulsion de leur logement, dans le quartier de la Lutèce. D'autres élus, des militants communistes et
associatifs et des habitants s'étaient également rendus sur place pour affirmer sa solidarité envers cette famille qui connaissait de graves difficultés financières. À l'arrivée de Daniel Toussaint, un huissier et un serrurier, escortés par la police, avait déjà fait démonter la porte de l'appartement. Le maire exprime alors son opposition à cette décision et demande la suspension de l'expulsion, arguments à l'appui.
Non seulement le locataire avait montré sa volonté de résorber sa dette de loyer en versant au bailleur plusieurs centaines d'euros en quelques jours, mais il avait aussi déposé un dossier auprès de la commission de surendettement. Devant l'indignation des personnes venues soutenir la famille, l'huissier a fini par remettre la porte en place et quitter les lieux. Trois semaines plus tard, l'huissier et la police sont revenus à l'aube pour mettre les locataires
dehors. De son côté, Daniel Toussaint a pris, le 21 avril, un arrêté interdisant les expulsions, comme l'ont fait tous les maires de la commune depuis 1989. Arrêté dont, dix jours plus tard, l'annulation était demandée par le préfet du Val-de-Marne. « Le droit au logement est d'abord le droit, à ceux qui en ont un, de le garder. Et il est normal que des élus communistes portent assistance à des gens en difficulté », estime Daniel Toussaint. C'est à présent au procureur de décider s'il classe l'affaire ou maintient les poursuites.
Ludovic Tomas
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