




Bernard Tapie monte au front pour répondre aux accusations de François Bayrou et du Canard Enchaîné. Dans un communiqué à l'AFP, l'ancien homme d'affaire a martelé vendredi que Nicolas Sarkozy n'était «pour rien» dans la décision du tribunal arbitral en sa faveur, dans le cadre du litige qui l'oppose au Crédit Lyonnais et réclame que «cesse cette campagne» de dénigrement.
Si le chef de l'Etat était «capable d'appeler Bredin, Mazeau et Estoup» (les trois arbitres qui composaient le tribunal, NDLR), «pour leur faire rendre un jugement en ma faveur, ça se saurait», assure Bernard Tapie.
L'ex-homme d'affaires a remporté cette semaine la longue bataille judiciaire qui l'opposait au CDR, l'organisme public chargé de régler les dettes du Crédit Lyonnais. Le litige portait sur les conditions dans laquelle la Société de banques occidentales (SDBO), filiale du Crédit Lyonnais, avait exécuté le mandat confié en 1992 par le groupe Tapie pour la revente d'Adidas.
Après treize ans d'une procédure qui est montée jusqu'à la Cour de cassation, c'est un simple tribunal arbitral qui a accordé à l'ancien homme d'affaire ce qu'il réclamait, ou presque : 285 millions d'euros au titre du «manque à gagner» et du «préjudice moral» subi, qui vont aller pour l'essentiel combler les dettes contractées par le Groupe Bernard Tapie, ce dernier récupérant tout de même 25 millions d'euros.
François Bayrou a accusé jeudi Nicolas Sarkozy d'avoir usé de son influence pour aider Tapie. «Chaque fois que Nicolas Sarkozy a été soit au ministère des Finances, soit à la présidence de la République, comme par hasard des protections se sont déclenchées à l'endroit de Bernard Tapie», a-t-il lancé.
Faux, répond l'ex-homme d'affaire. «La seule fois où Sarkozy a eu à traiter une affaire qui me concernait, c'était quand il était ministre du Budget : il a déposé plainte contre moi pour fraude fiscale», ce qui, selon lui, a entraîné la créance» de son groupe, qu'il s'apprête à rembourser. Cette décision n'a d'ailleurs pas empéche l'ex-ministre socialiste de «continuer d'avoir de la considération et de l'admiration pour» l'actuel chef de l'Etat.
Pour lui, il faut «qu'on arrête d'essayer de politiser cette décision qui n'a aucune raison de l'être. C'est ridicule et irresponsable». Pourtant, son souhait ne semble pas près d'être exaucé.
Vendredi en effet, le PS est entré dans la danse. Jean-Marc Ayrault a annoncé que son groupe à l'Assemblée allait demander la création d'une commission d'enquête parlementaire, que François Bayrou réclame également. Il devrait déposer une requête d'ici la fin de la session. Il faut l'accord de la majorité pour que cette commission soit créée, ce qui semble difficile. Réaction du principal intéressé : «Excellente nouvelle», a lancé Bernard Tapie sur l'éventualité de cette commission.
Il appelle de ses voeux sa création car elle lui permettra, selon lui, de «rendre public le jugement qui était confidentiel» du tribunal arbitral et de «montrer aux Français les agissements de la banque et que les fautes qui ont été retenues contre elle par le tribunal sont semblables à celles qui ont été retenues par la Cour d'appel».
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