




Les catégories de population qui avaient eu une expérience directe et malheureuse du communisme (expulsés ou réfugiés du bloc oriental, victimes directes ou renégats) fournirent naturellement au réseau Paix et Liberté une bonne partie de ses membres. Certes, elles sont, d'un premier abord, moins visibles dans les cadres dirigeants des mouvements du réseau, mais pas absentes. Ainsi, le président du comité coréen est un ancien ministre des Affaires sociales, le comité japonais est dirigé par un ancien communiste et l'homme de liaison du comité suédois est d'origine hongroise. Surtout, dans les pays ayant une expérience directe du rideau de fer (Allemagne) ou du rideau de bambou (Corée, Vietnam et surtout Taiwan), les comités recrutent en tout cas une bonne partie de leur public au sein de ce groupe. En Allemagne occidentale, par exemple, tant les expulsés des territoires perdus, que les réfugiés venus de la zone soviétique et continuant à venir de la RDA, - ensemble entre 20 et 25% de la population ouest-allemande - constituaient une bonne partie de l'auditoire mais aussi des soutiens à ces mouvements. À ce groupe s'amalgamaient parfois aussi ceux des combattants allemands qui avaient eu sur le front de l'Est confirmation ou qui continuaient de croire aux allégations de la propagande nazie. Les prisonniers de guerre allemands rentrant tardivement - au moins jusqu'en 1955 - en RFA et leurs proches constituent ainsi une part importante de la sociologie du VFF. Le Comité international ainsi que différents comités nationaux ou regroupements régionaux entretenaient de fait des relations avec les fédérations de réfugiés d'Europe centre-orientale, tant nationales qu'internationales. Mais la coopération avec l'ABN (Anti-Bolchevik Bloc of Nations), regroupement d'émigrés dominé par les nationalistes ukrainiens, ou le groupe des Russes blancs (NTS), les deux plus importantes associations, restèrent relativement réduites. Le nationalisme des différents groupes nationaux et les querelles géopolitiques qui subsistaient, souvent depuis l'entre-deux-guerres, constituaient en effet le plus souvent des obstacles majeurs à la constitution d'un groupe de pression anticommuniste uni à laquelle aspirait le comité Paix et Liberté.
Toutefois si le combat anticommuniste rencontrait quelques difficultés à se fédérer par la politique, il en alla différemment avec l'économie. L'ensemble du réseau Paix et Liberté était profondément intégré aux réseaux industriels et patronaux. Pour ces derniers, comme pour les anticommunistes virulents, la lutte contre le communisme était une question de subsistance. En effet, depuis que l'Union des intérêts économiques avait pointé plus directement, pour les législatives de 1919, sur le péril communiste par une affiche représentant un Bolchevik le couteau entre les dents, l'engagement des milieux patronaux dans la lutte contre cette menace était plus important. Les organisations anti-communistes le savaient, et, à dessein, y trouvèrent une source de revenus. Le VFF, par exemple, avait débuté sa propagande par une campagne anti-sabotage au profit de l'industrie et tirait une partie de ses fonds de généreux donateurs de l'industrie allemande. Progressivement sa coopération avec l'industrie et les organisations patronales (BDI, BDA) ou les chambres de commerce aboutit à un financement mensuel contre une intense activité de lutte contre l'infiltration communiste au sein des comités d'entreprise. Son expertise et ses succès dans ce dernier domaine furent souvent loués par le Comité international et ses techniques reprises par d'autres membres du Comité. Mais c'est surtout dans les pays où l'influence du PC était forte, et notamment sur la classe ouvrière, comme en France et en Italie, que les comités Paix et Liberté tentaient d'immuniser le monde ouvrier. En France, par exemple, la création de Paix et Liberté s'inscrit dans le cadre de la lutte contre les sabotages communistes contre l'envoi d'armement en Indochine dans les grands ports. Mais plus généralement, le mouvement de David luttait dans toutes les concentrations industrielles contre l'influence communiste, que ce soit en son nom, en soutenant Force ouvrière ou même des syndicats « maison ». Car ses fonds provenaient justement en partie de fonds patronaux. De même la FIAT et l'empire Agnelli furent à la base des ressources de l'organisation italienne. Le comité autrichien n'était, quant à lui, en fait qu'un nom cachant une organisation patronale, la Fédération des travailleurs indépendants [36]. Enfin, le président du comité belge de Bruxelles et un temps du comité international, Maurice Keyaerts, directeur de banque et proche des milieux industriels, représentait bien l'importance des milieux économiques et financiers au sein du réseau. Il drainait dans son sillon également Marcel de Roover, directeur de la Banque de Bruxelles. L'anticommunisme du réseau Paix et Liberté était donc aussi un anticommunisme économique.
Les milieux économiques et industriels garantissaient, en partie, l'existence de ces comités. Mais leur création et leur survie dépendaient des soutiens politiques - le plus souvent, au plus haut niveau. La création de Paix et Liberté reposait ainsi, en grande partie, sur la volonté du président du Conseil de l'époque, René Pleven, de disposer d'un instrument de lutte contre la propagande communiste. Et, alors que les fonds secrets de Matignon servaient au financement de l'organisation, Jean-Paul David, par ses qualités de député de Seine et Oise et maire de Mantes-la-Jolie, mais surtout par sa proximité avec le pouvoir en place assurait à son association des avantages conséquents, comme par exemple l'utilisation des ondes nationales pour son émission radio. De même, l'homologue allemand de Paix et Liberté, le VFF, profitait à la fois des fonds secrets et des budgets réguliers de plusieurs ministères ouest-allemands et menait ses actions en concertation avec eux. Ses connexions remontaient, elles aussi, jusqu'à la chancellerie. Tandis que Pace e Libertà bénéficiait d'appuis ministériels similaires, les présidences d'autres associations encore, assurées par des parlementaires, comme pour les comités turc et grec, montrent l'intérêt des pouvoirs en place pour de tels réseaux. En effet, ces derniers représentaient souvent un moyen plus souple - et donc plus efficace - et plus discret qu'une administration publique pour mener une propagande et accompagner une politique anticommuniste.
Mais bien plus qu'une possibilité de seconder une politique intérieure ou exprimer une culture politique, un tel réseau était souvent un auxiliaire et un instrument de politique étrangère.
L'utilisation du réseau Paix et Liberté comme instrument de politique étrangère doit être envisagée sous deux, voire trois angles différents, le plus souvent complémentaires et imbriqués. D'une part, chaque comité national était utilisé par les différents pays, à différents degrés, comme outil pour leur politique étrangère. D'autre part, le réseau Paix et Liberté apparaissait, en tant que tout, comme un instrument au profit de la politique étrangère du monde libre et plus particulièrement de son leader, les États-Unis. Enfin, dans le cadre de son rôle au sein du combat mené par le bloc occidental, le réseau tenta parfois - sans grande réussite - de s'émanciper et de prendre une place en tant qu'acteur autonome des relations internationales pendant la guerre froide.
Dans la seconde moitié des années 1940, la plupart des pays européens avaient dû en grande partie se reposer sur l'épaule américaine. Mais, à partir de 1950 et notamment de la guerre de Corée, l'émancipation européenne - d'ailleurs souhaitée et encouragée par les États-Unis - connut une accélération. Cependant l'autorité américaine de tutelle réclamait sans cesse des gages aux Européens sur leurs capacités réelles à voler de leurs propres ailes. Or, dans ce cadre, les créations des comités nationaux Paix et Liberté apparaissent justement comme autant de gages de la volonté des Européens de l'Ouest de faire barrage au communisme. C'est vrai en Italie mais aussi et surtout en Allemagne occidentale, où l'efficacité de la lutte contre le communisme conditionnait l'accès à plus de souveraineté pour le tout nouvel État. Ce fut aussi la cas en France, pays qui était pour les États-Unis non seulement une pièce maîtresse dans sa stratégie européenne, mais objet d'inquiétude à cause de la force du communisme. Ici encore la création de Paix et Liberté devait apaiser ces craintes. Pour ce faire, les États-Unis furent d'ailleurs, par le biais de leur représentant pour l'aide militaire et celui pour le plan Marshall, longuement informés - et ce directement par le chef de cabinet de René Pleven - de la mise sur pied de l'organisation, avant même sa création officielle [37]. Cet objectif fut atteint, car les représentants américains étaient, dès les débuts de Paix et Liberté, confiants. Restait cependant à convaincre l'opinion américaine, encore très sceptique sur la volonté réelle de la France de faire barrage au communisme. Ce fut principalement l'objet du premier voyage de Jean-Paul David aux États-Unis, fin janvier - début février 1952 [38]. Son voyage fut un franc succès. Ses rencontres avec les représentants de la presse lui valurent quelques articles, tandis que ses rencontres avec les plus hauts responsables de la politique étrangère américaine, dont le secrétaire d'État, sonnaient comme une ultime reconnaissance. Le travail de Jean-Paul David fut même cité et montré en séance par le sénateur du Michigan, Homer Ferguson [39]. Lors de ce premier voyage, tout fut d'ailleurs mis en œuvre afin que Paix et Liberté apparaisse comme une association privée - ce qu'elle était de par son statut - et une émanation de la volonté des Français de s'engager plus encore pour le camp occidental. Afin de créer une sorte de réseau transatlantique, une partie du voyage de David fut également consacrée aux rencontres avec d'autres associations anticommunistes américaines : le Committee against Communist Agression, l'International rescue Committee, l'Iron Refugee Committee ou le Committe for Constitutionnal Government. Mais l'autonomie de l'association de Jean-Paul David n'était qu'apparente et très partielle. En réalité le voyage de David avait été préparé par le Quai d'Orsay et bénéficiait du soutien logistique des postes français aux États-Unis. Par ailleurs, le voyage de David s'inscrivait tout autant dans la mobilisation et l'instrumentalisation d'associations du secteur privé par les autorités politiques américaines dans le cadre de leur campagne de propagande et donc de guerre psychologique. Le voyage de David répondait en effet à une invitation du National Committee for a free Europe, une association étroitement contrôlée et financée par la CIA. Ce premier voyage ne montre donc pas seulement combien l'anticommunisme était affaire de réseau, mais aussi comment Paix et Liberté faisait parti d'un dispositif américain en Europe. Ceci transparaît d'autant plus clairement si l'on met en avant qu'au moins les comités italiens et allemands furent également soutenus par la CIA.
Le second voyage de David aux États-Unis, fin septembre 1953, prit certainement un caractère encore plus officiel et incarnait, de ce fait, d'avantage cette dimension d'instrument de politique étrangère. Les rencontres de David, tant avec les responsables de la CIA, Allen Dulles et Walter Bedell Smith, qu'avec ceux du Département d'État ou encore avec les membres de l'OCB (Operations Coordinating Board), structure coordonnant les efforts américains en matière de guerre psychologique, montre bien comment Paix et Liberté continuait de rester un élément clé de la stratégie anticommuniste américaine pour la France, tout comme l'était, dans une moindre mesure, Pace e libertà pour l'Italie ; d'autant que l'administration Eisenhower accordait une importance croissante à la guerre psychologique. Mais, plutôt que de s'inscrire dans la politique américaine, Jean-Paul David cherchait, avec Bidault, à coordonner les efforts du monde libre en matière de propagande et de guerre psychologique au niveau de l'OTAN. Pour ce faire, le député radical avait mené des consultations auprès des autres pays de l'Alliance et auditionné plusieurs fois à l'OTAN [40]. Le comité international Paix et Liberté, dont il avait - jusque 1956 - la présidence, aurait certainement connu une nouvelle impulsion et fait basculer le réseau des comités vers une sorte d'internationale anticommuniste, lui permettant d'avantage encore un acteur de la guerre froide. Mais les autorités américaines refusèrent net que cette coordination soit transférée à l'OTAN. À cela deux raisons : d'abord, l'Alliance atlantique ne devait pas, selon eux, revêtir un caractère offensif. En second lieu, la délégation et la décentralisation de la guerre psychologique était vue d'un mauvais œil. Les Américains tenaient à conserver et à développer leur vision et leurs instruments de la guerre psychologique. Fritz Cramer, président du VFF devenu également président du CIAS en 1957, tenta de relancer cette proposition de coordination et de création d'une cellule de guerre psychologique auprès de l'OTAN. Mais même Van Zeeland, président d'honneur du CIAS, ne parvint pas à faire jouer sa relation avec le secrétaire général de l'OTAN, Paul-Henri Spaak, pour faire aboutir le projet.
À défaut de pouvoir coordonner l'effort psychologique du monde libre, le réseau Paix et Liberté déploya cependant la plupart de ses initiatives de façon autonome, bien qu'intrinsèquement elles servaient la politique étrangère des États. Dans la première moitié des années 1950, même si les bailleurs de fonds étaient, pour l'essentiel, publics, l'initiative de campagnes d'affichages européennes provenait - autant que cela transparaît des archives - des associations. Elles furent l'aspect le plus visible de cette volonté de jouer un rôle international - au niveau des consciences et des idées, la guerre froide étant justement devenu essentiellement une guerre des idées. Or, par les mobilisations nationales, voire européennes, des inconscients collectifs de l'Europe occidentale, le réseau Paix et Liberté contribua à enraciner les représentations de la guerre froide et de ses deux camps inconciliables au sein des populations. Néanmoins, le réseau n'a sans doute pas réussi à acquérir une plus grande autonomie d'action internationale, d'une part, parce que son existence était trop liée au financement des acteurs traditionnels de politique étrangère - les États - et d'autre part, parce que l'essentiel de sa propagande était négative, « anti- », et ne proposait pas directement une alternative, si ce n'est le renforcement de la solidarité du monde libre. En fait, les comités nationaux assumèrent bien plus une sorte de rôle de vigie, de conscience. Ainsi, par exemple, David envoya-t-il une lettre aux ministres des Affaires étrangères participant à la conférence de Genève en 1954 afin de leur rappeler à quel point leur attitude était décisive pour la solidarité des nations libres [41]. Après 1956, l'internationalisation et la tentative d'autonomisation tant du Comité que du combat s'accrut : le CIAS protestait contre les évènements de Hongrie en écrivant à l'ONU, participait officiellement au 4e congrès interaméricain pour la défense du continent ou activement à l'organisation des deux conférences sur la guerre politique des Soviets, à Paris en décembre 1960 et à Rome en novembre 1961. Mais le climat avait changé par rapport au début des années 1950. La détente s'était installée, tout comme un certain dialogue direct entre les super-puissances, sans forcément que l'Europe fut au centre de celui-ci. Alors, comme un miroir de l'utilisation par David du réseau comme soutien de la politique française, l'Allemand Cramer, devenu président du CIAS en 1957, contribua à en faire de plus en plus un instrument de la politique étrangère allemande. Il resserra en effet le combat sur le problème allemand. De fait, la question allemande était, au sein de la guerre froide, si ce n'est en voie de marginalisation, au moins de dilution. Certes, la seconde crise de Berlin et la construction du mur contribuaient à garder l'Allemagne comme point de cristallisation de la lutte contre le communisme, mais le monde s'était accommodé de la division de l'Allemagne. Pour lutter contre la banalisation de celle-ci le CIAS multipliait les initiatives. Il diffusait par exemple, en 1958, aux autres comités une carte de l'Allemagne dans ses frontières de 1937, une carte alimentaire de RDA, ou invitait, en 1959, des délégations françaises et italiennes à Berlin pour se rendre compte sur place de la situation. Par là, le réseau redevenait un instrument et il lui fut difficile de se poser en acteur autonome et indépendant des relations internationales, si tenté que cela soit possible par ailleurs.
Finalement donc, le réseau Paix et Liberté incarnait surtout sa propre fonction de mise en relation des informations et des personnes. Par sa nature même, il contribua néanmoins à multiplier et à renforcer la solidarité anticommuniste du camp occidental. Il n'a cependant pas pu devenir une internationale dans la mesure où, comme on l'a montré, les efforts de coordination de l'anticommunisme n'ont pu aboutir, comme par exemple en matière de guerre psychologique. Les conditions nationales ainsi que la multitude des traditions politiques ou spirituelles de l'anticommunisme rendaient en effet difficilement réalisable une unité du mouvement. Il existait, à vrai dire, autant de réseaux anticommunistes que de formes de l'anticommunisme. Ce dernier, par sa pluralité, ne peut-il finalement exister que sous forme de réseau ?
*Doctorant à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne et à la Ruhr Universität Bochum, allocataire du DAAD, prépare une thèse sous la direction de Robert Frank et Norbert Frei.
[1] Rapport du Quartier Général du CIC, Region III, Sub Region Francfort/M du 7 juillet 1947, OMGUS, ISD 5/261-3/3.
[2] Baron G. von Wrangel, Short project of Action and Organization, 10 avril 1947, OMGUS, ISD 5/261-3/3.
[3] Lettre de G. von Wrangel à Robert F. Corrigan, Off of Polad, HQ EUCOM du 11 août 1947, OMGUS, ISD 5/261-3/3.
[4] Lettre du baron G. von Wrangel du 8 août 1947, OMGUS, ISD 5/261-3/3.
[5] Lettre de Robert F. Corrigan à Nabokoff (IRI) du 29 juillet [1947], OMGUS, ISD 5/261-3/3.
[6] KÖRNER (Klaus), « Von der antibolschewistischen zur antisowjetischen Propaganda : Dr. Eberhard Taubert », in SYWOTTEK (Arnold) (Hrsg.), Der Kalte Krieg - Vorspiel zum Frieden ?, Münster, Hambourg, 1994 et MAJOR (Patrick), The death of the KPD. Communism and anti-communism in West-Germany, 1945-1956, Oxford, Clarendon Press, 1997.
[7] Lettre du Dr Friedrich Minssen (Munich) à Robert Murphy, OMGUS, du 10 février 1948, OMGUS ISD Shipement 5, Box 260-263, 2.
[8] MAJOR (Patrick), The death of the KPD..., op. cit.
[9] Association populaire pour la paix et la liberté. Cf. FRIEDEL (Mathias), Der Volksbund für Frieden und Freiheit (VFF). Eine Teiluntersuchung über westdeutsche antikommunistische Propaganda im Kalten Krieg und deren Wurzeln im Nationalsozialismus, St. Augustin, Gardez ! Verlag, 2001 ; LUDWIG (Bernard), « La propagande anticommuniste en Allemagne fédérale. Le « VFF », pendant allemand de Paix et Liberté ? », Vingtième Siècle. Revue d'Histoire, n° 80, octobre-décembre 2003 et les travaux de Klaus Körner.
[10] SOMMER (René), La France dans la guerre froide. Paix et Liberté, 1950-1956, Paris, IEP, mémoire de DEA, 1980, 173 p. ; « Paix et Liberté : la Quatrième République contre le PC », L'Histoire, n°40, 1981, p. 26-35 ; DUHAMEL (Eric), « Jean-Paul David et le mouvement Paix et Liberté, un anticommunisme radical » et DELPORTE (Christian), « Propagande anticommuniste et images : le cas de Paix et Liberté », in DELMAS (Jean) et KESSLER (Jean) (dir.), Renseignement et propagande pendant la guerre froide, 1947-1953, Bruxelles, Complexe, 1999, p. 217-225. Iconographie : Ibid.. et BUTON (Philippe), GERVEREAU (Laurent), Le couteau entre les dents, Paris, Chêne, 1989, 159 p.
[11] Rapport de von Dellingshausen, 4 mai 1951, B 137-2607.
[12] Rapport du VFF (Taubert) pour le BMG du 18 mai 1951, B 137-2607.
[13] Note de von Dellingshausen du 7 juin 1951, B 137-2607.
[14] Les archives sont contradictoires quant à sa participation à cette fondation. Le Comité belge comprenait deux sections : l'une à Bruxelles était dirigée par le banquier Maurice Keyaerts, l'autre à Liège par C. Doat.
[15] Lettre du VFF (Taubert) au Dr Mai du 5 septembre 1951, B 136-1765.
[16] Il ne reste que livré sous forme de projet, cf. annexe de la note de von Dellingshausen du 5 octobre 1951, B 137-2609.
[17] Lettre de l'AA (023-00 II 2580/53) au BMG du 17 mars 1953 B 137 - 2609.
[18] Dirigé par le parlementaire Velibese.
[19] Eirene & Eleutheria (Athènes) dirigé par le député Stamatis Mercouris.
[20] Note du VFF du 31 janvier 1955 B 137-2610.
[21] Est comptabilisé ici aussi le Comité Paix et Liberté en Sarre, mis en place par la France. Le VFF n'eut jusqu'au règlement du problème sarrois (accords de Paris, fin 1954) pas de relation avec celui-ci. Après le retour de la Sarre à la RFA, il mit lui-même une délégation régionale en place en Sarre. Outre les comités européens et le comité vietnamien, déjà cités, y figurent aussi le comité japonais (dirigé par Shiro Mitamura et Kiichi Minami) et taiwanais (The Peace and Freedom Association of the Republic of China (Taipei) dirigé par le professeur Fuchow Wang et son secrétaire général, Dr Wen-Hsi-Tschang. ).
[22] Il s'agit d'une part du Centre national d'information du Dr Albert Münst à Zurich et d'autre part du Comité suisse d'action civique de Marc-E. Chantre à Lausanne. Münst fut présent dès les premiers contacts internationaux et s'y impliqua fortement. On abandonna cependant l'idée de création d'un Comité national à cause de la neutralité helvétique.
[23] Par Common Cause (Freedom, the Common Cause of Mankind) et son secrétaire général Mr Smith.
[24] Par The People's Union - Peace and Freedom (Sydney) dirigé par E. Hebblewhite.
[25] Par l'Institut Veritas (Montreal) animé par le professeur jésuite Flavien Charbonneau.
[26] Par l'Union Civica International animé par Guillermo Prieto Yeme, journaliste et expert en questions économiques proche de la droite modérée.
[27] Par Folk og Forsvar (Oslo) mouvement du social-démocrate Gunnar Sand.
[28] Par Semmenslutningen Til Oplysning om Altantpagt og Demokrati-Fred og Frihed (Copenhague), également association atlantiste, animée par Niels Matthiasen.
[29] Par l'Anti-Communist League of Israel (Tel Aviv & Jerusalem) dirigée par l'ancien médecin viennois Prof. Dr von Weisel et Habib Shiber.
[30] Par la Fédération anticommuniste pour la réunification de la Corée dirigée par l'ancien ministre des Affaires sociales de Corée du Nord Yi-Yun-Yong.
[31] Par l'Antikommunistiese Aksiekommissie (Johannesburg) dirigé par le Dr Meyer et D.F. de Beer.
[32] La même année Paix et Liberté en France avait cessé officiellement, mais continuait sous la direction de l'ancien adjoint de Jean-Paul David, sous le nom d'Office national pour la démocratie française.
[33] « Comité ADC » (Sao Paulo) de G. Lodygensky.
[34] CIAS, état des lieux au 22 septembre 1958, confidentiel, B 137-1766.
[35] Paris-Presse, 14 septembre 1950, cité par SOMMER (René), La France dans la guerre froide. Paix et Liberté, 1950-1956, op. cit., p. 13.
[36] Verband selbständiger Wirtschaftstreibender.
[37] Télégramme n° 542 de l'Ambassade américaine à Paris au Département d'État du 30 août 1950, NARA, RG 59, Box 2552, 551.00/8-3050.
[38] Cf les comptes rendus dans AMAE, Amérique, États-Unis, 346 et 348 et la position américaine dans les fonds du Département d'État RG 59 (NARA, College Park, MD), not. 740.5/11-653, 740.5/9-2353 ; 740.00/1-2352 ; 033.5100/9-2853.
[39] Congressional Record - Senate, 1952, pp. 2113-2115 et Dépêche n° 1437 AM du conseiller de l'Ambassade à Robert Schuman du 21 mars 1952, AMAE, Amérique, EU, 346.
[40] Cf les archives de Groupe de travail sur l'information (AC/024) et du Groupe de travail sur la politique d'information et de coopération culturelle (AC/052) aux archives de l'OTAN (Bruxelles) et la thèse de VILLATOUX (Paul) et DUBREIL-VILLATOUX (Marie-Catherine), La guerre et l'action psychologique en France (1945-1960), Paris, Université Paris I - Panthéon-Sorbonne (Dir. Maurice Vaïsse), 2002, 4 vol., p. 266-281.
[41] Lettre de Jean-Paul David, secrétaire général du Comité international Paix et Liberté à G. Bidault, A. Eden et J. F. Dulles du 8 juin 1954, B 137-2609.
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