Charles Millon soupçonné
de malversations
Charles Millon, ministre de la Défense de Jacques Chirac de 1995 à 1997, fait l'objet depuis le 23 décembre dernier d'une enquête préliminaire du Parquet de Paris. L'homme politique est soupçonné de malversations au sein d'une entreprise de biocarburants qu'il dirigeait, Agro Energie Développement (Agroed). Fondée en 2007.
L'ancien président du conseil général de Rhône-Alpes, qui représentait la France à la FAO de 2003 à 2007, aurait profité de son rôle d'actionnaire et de membre du conseil de surveillance d'Agroed pour détourner des sommes se montant au total à plus de 150.000 euros, selon des sources judiciaires.
Une plainte a été déposée en janvier par le groupe et son principal actionnaire, l'investisseur LMBO. Elle dénonce la réalité de prestations payées en contrepartie de contrats passés par Agroed avec trois sociétés dont l'une, Intelstrat, avait également l'ancien ministre pour actionnaire. Outre Charles Millon, d'autres actionnaires d'Agroed font l'objet d'une enquête, ainsi que l'ancienne directrice de cabinet de l'ex-ministre, devenue directrice de la communication de la société.
Figure du chiraquisme, Charles Millon a été député centriste de l'Ain de 1978 à 1995. Vice-président de l'Assemblée en 1986-1988, président du groupe UDF de 1989 à 1995, Jacques Chirac lui confie la Défense au début de son premier mandat.
Charles Millon voit sa carrière politique s'effondrer lorsqu'en 1998, il passe une alliance avec le Front National pour se maintenir à la tête de la région Rhône-Alpes, ce qui lui vaut d'être exclu de l'UDF. Il tente de monter son propre mouvement et se présente en candidat de droite dissident aux législatives de 2001 à Lyon, ce qui contribue à la victoire du socialiste Gérard Collomb.
En 2008, il avait tenté de devenir sénateur, mais avait échoué malgré le soutien contesté des élus locaux de droite. Battu, il n'arrive qu'en troisième position et permet au PS de remporter deux sièges. Privé de l'immunité parlementaire des sénateurs, Charles Million devra désormais répondre à la justice.
Ce n'est pas la première fois que l'ex-ministre fait l'objet d'une enquête. En 2003, il a été condamné à 50.000 euros d'amende pour avoir bénéficié illégalement d'un appartement et de personnel de maison durant ses dix ans à la tête de la région Rhône-Alpes.
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