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France Cuba
Thierry MENGUY
une avocate
au service
du salarié
Maître
Verrier Ouahmane Aicha
http://www.laterre.fr/article.php3?id_article=669
Une des principales causes de la mortalité des crapauds et autres amphibiens est la circulation routière ! En ce début du printemps, l’amour les rendant aveugles, ils traversent les routes pour rejoindre leurs lieux de reproduction et se font écraser par millions. La solution : automobilistes ralentissez !
Ce pourrait être une fable de La Fontaine : le crapaud amoureux. Qui se termine mal : écrasé sur la route qui le sépare de la mare où il doit se reproduire. Moralité : rien ne sert d’aller vite, il faut être prudent. Certes, sauf que cette morale ne s’applique pas au crapaud mais à l’automobiliste et plus généralement à l’homme qui a raréfié les lieux de reproduction en asséchant les mares, introduit des espèces exotiques comme la grenouille taureau qui se prend vraiment pour un bœuf, la Xénope, construits des routes sans prévoir des passages pour les animaux.
Conséquences : des millions de crapauds et grenouilles écrasés, une espèce d’amphibiens sur cinq en voie de disparition en France ! Aussi pour que la fable se termine au mieux, l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages), lance une campagne « crapauds sur la route, ralentissons » et un guide (*) pratique et gratuit « Comment protéger nos amphibiens ? » Mais d’abord examinons les causes.
Les causes et les menaces
Les principaux facteurs de déclin des amphibiens en France sont, d’après l’ASPAS :
la destruction et la modification de leurs habitats terrestres (arasement des murs en pierre et des haies (lire page 14 de l’utilité des haies) et aquatiques (assèchement ou
comblement de 75% des mares ainsi que l’introduction d’espèces exotiques comme les crapauds buffles et les grenouilles Xénope) ;
la fragmentation des milieux qui rend les habitats et les lieux de reproduction de plus en plus distants les uns des autres, isolant les populations ou les obligeants à de longues et
risquées migrations ;
la pollution par les pluies acides et surtout l’abus d’engrais et de pesticides ainsi que les rejets de métaux lourds ou de PCB par les industries ;
le braconnage friand de cuisses de grenouilles ;
et, c’est l’objet de notre alerte, la mortalité sur les routes faute de barrières de protection ou de passages protégés genre « crapauducs ». Il faut savoir que 4 à 12
véhicules par heure éliminent 15% des crapauds traversant la route. Faites les comptes quand le nombre d’automobiles sont de sortie avec les beaux jours !
Les solutions
Le guide pratique que met gratuitement l’ASPAS à la disposition du public et des pouvoirs publics avance plusieurs solutions pour arrêter cette mauvaise fable. Il alerte aussi les présidents des conseils généraux qui ont la charge de l’environnement et du réseau routier. D’ailleurs ici et là, des associations, des riverains, des pouvoirs publics s’y mettent quand ils ne l’ont pas déjà fait (il est temps). D’abord, le système idéal pour éviter aux batraciens de traverser les routes (ou de supprimer celles-ci !) est la création de « crapauducs » ou de « batrachoducs ». Kézako ? Il s’agit de tunnels aménagés qui permettent aux animaux de passer sous les voies et leur éviter de passer dessus avec le risque que l’on sait. Entre parenthèses, les DREAL (Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) qui remplacent les DIREN devrait pouvoir favoriser cette implantation dans le cadre de leurs missions. A défaut ou en attendant la construction de ces passages idéaux, des barrières pièges peuvent faire l’affaire.
Elles consistent à des barrières provisoires le long des routes empruntées empêchant les amphibiens de traverser (voir photo et références ci-contre). Leur traversée est alors assurée par des bénévoles comme pour les enfants à la sortie des écoles, sympa ! Ainsi, ça a permis de sauver près de 4 500 crapauds en 2009 dans la zone de reproduction d’Aydat en Puy-de-Dôme, 900 ayant été écrasés. Dans cette zone s’active l’association Hyla dont on peut consulter le site Internet http://hyla63.free.fr, de bons conseils pour la construction de barrières, le creusement des mares et l’aménagement de refuges à crapauds. Ca c’est pour la prévention. La solution numéro un est, bien-sûr, la reconstitution de l’habitat des amphibiens par la création ou la reconstruction de haies et surtout le creusement de mares dans les zones qu’ils fréquentent.
Crapauds sur la route : ralentissez !
En période de migration des crapauds, les gestionnaires de la route (DDTM, ex-DDE pour les routes départementales et les voies communales, communes pour les chemins ruraux, sociétés concessionnaires pour les autoroutes) doivent pouvoir disposer et apposer des panneaux de signalisations spécifiques tels celui de notre photo. D’ailleurs ça doit être une obligation car écraser des crapauds peut faire déraper. Le défaut de panneaux entraîne la responsabilité du gestionnaire de la route. Leur présence oblige les automobilistes à ralentir pour ne pas engager leur responsabilité en cas de dérapage. Ainsi la fable du crapaud amoureux aura une meilleure fin.
En France les espèces suivantes d’amphibiens sont protégées y compris le crapaud commun (et oui), en application de l’article R411-1 du code de l’environnement, par l’arrêté du ministère de
l’écologie du 19 novembre 2007 :
les crapauds accoucheurs, sonneurs, calamites, communs et verts ;
les rainettes vertes, méridionales et corses ;
les grenouilles des de Berger, de Graf, de Pérez, des Pyrénées, rieuses, des champs, agiles, ibériques et de Lessona ;
les salamandres telles que l’euprocte des Pyrénées et Corse, la salamandre noire et de Lanza et la tachetée ;
les tritons crêtés, marbrés, palmés, pontués et alpestres ;
le spélerpès brun ;
le spéléomante ;
les discoglosses corses, peints et sardes ;
les pélobatidés et les pélobates. Il est interdit d’en posséder dans son aquarium, de les braconner, de les perturber, de détruire leurs habitats et même de les détenir dans des
élevages sauf dérogations soumises à autorisation des services vétérinaires départementaux.
par
Daniel Roucous - droucous@laterre.fr
(*) ASPAS : BP 505 26401 Crest cedex (tel 04 75 25 10 00) site Internet www.aspas-nature.org
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