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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /Nov /2009 11:22
Alors que la propagation du virus H1N1 s’accélère en France, la désor­ganisation de la campagne de vaccination inquiète.

« J’ai cru que je n’y arriverais jamais… » Patricia est soulagée. Depuis mercredi, cette enseignante, mère de trois enfants, dont un nourrisson de moins de six mois, a réussi à se faire vacciner contre la grippe A. Un exploit. « Étant prioritaires, moi, mon mari et mes enfants, nous aurions dû recevoir des bons de vaccination entre le 12 et le 20 novembre, rappelle-t-elle. Ne voyant rien venir, j’ai appelé la MGEN (mutuelle de l’éducation nationale – NDLR) qui m’a renvoyée sur la Sécu qui voulait me renvoyer vers… la MGEN  ! J’ai râlé. Finalement, la Sécu m’a promis qu’elle m’expédiait les bons ‘‘immédiatement”. Dix jours plus tard  : rien. Nous sommes donc allés directement au centre de vaccination avec le livret de famille. Et on nous a édité les bons sans problème  ! C’est à n’y rien comprendre… » Cette pérégrination kafkaïenne est tout sauf exceptionnelle. Et à l’heure où la propagation du virus H1N1 s’accélère (712 000 cas de plus la semaine dernière), un gros point d’interrogation plane désormais sur l’organisation de cette campagne de vaccination à grande échelle. Entre les discours contradictoires et l’improvisation de certaines mesures, un vrai cafouillage règne à tous les étages.

Avoir un « bon » ou…pas

Roselyne Bachelot l’a redit mardi dernier  : « Ne vous présentez pas dans les centres de vaccination si vous n’avez pas votre bon de Sécurité sociale. » Oui, mais voilà  : envoyés par les caisses primaires d’assurance maladie (CPAM), les fameux bons – on vient de le voir – n’arrivent pas toujours à destination. Pour cause  : lors de la naissance d’un enfant, son inscription dans les fichiers de la Sécu prend parfois plusieurs semaines  ! Résultat, le nourrisson « n’existe » pas encore pour la CPAM. Et les familles, pourtant prioritaires, ne reçoivent rien. Souvent, inquiètes, elles se rendent tout de même dans les centres de vaccination. Et découvrent, étonnées, qu’on y délivre aussi des bons…

Fermer les écoles… ou pas

La règle, édictée en août, était pourtant claire  : trois cas groupés de grippe A dans une classe (ou un établissement lorsque les enfants partagent un « espace commun ») et c’est la fermeture de l’école. Seulement voilà  : au final, c’est aux préfets de décider. Et selon les académies, les situations sont aujourd’hui complètement disparates. Sur les quelques 400 fermetures d’établissements scolaires décidées à ce jours, on en recense une soixantaine à Bordeaux alors que l’académie est l’une des plus épargnées par le virus. À l’inverse, dans le Limousin, région la plus touchée, pas une classe de fermée  ! En fait, les préfets sont pris en étau entre les directives ministérielles et la difficulté de justifier une fermeture d’école (forcément gênante pour les familles) alors que le virus court désormais partout… Hier, Luc Chatel a essayé de remettre un peu d’ordre. « Il n’est pas question, a-t-il déclaré, de revenir sur un protocole que nous avons mûrement réfléchi et qui a fait ses preuves ». Contrairement à son pouvoir de persuasion…

Effets secondaires… 
ou pas

Que le gouvernement le veuille ou non, le flou autour des effets secondaires des vaccins et de leur élaboration précipitée continue de poser question. Et sur ce point, la communication des pouvoirs publics, niant sans nuance les risques ou simplement les désagréments liés aux vaccins avec adjuvants, est pour le moins ratée, voire suspecte. De fait, dans le corps médical, le débat n’est pas tranché. Comme en témoigne Jean-Jacques Fraslin, un médecin généraliste cité hier par Presse Océan. Lui-même vacciné, il propose de « suspendre » cette campagne en attendant les résultats d’une enquête sur la fréquence des effets secondaires chez les professionnels de santé, les premiers à avoir été vaccinés. Lui parle d’effets secondaires « beaucoup plus intenses et beaucoup plus fréquents que lors d’une vaccination contre la grippe saisonnière ». Qui croire  ?

Limiter la vaccination aux centres… ou pas

Files d’attente interminables, présence de policiers, comme à Lyon, pour remettre de l’ordre… La stratégie du gouvernement de ne pas s’appuyer sur les médecins de famille et de concentrer la vaccination dans 1 060 centres trouve déjà ses limites. Avec désormais plus de 65 000 personnes par jour, la gestion de cette fréquentation inattendue tourne au casse-tête. Hier, la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a proposé que les étudiants en médecine participent aux vaccinations. En attendant les médecins, dont on ne voulait pas entendre parler  ?

Laurent Moloud
Par valenton rouge - Publié dans : France - Communauté : Parti Communiste Français
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