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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 16:54

Flag-Pins-Vietnam-USA-copie-2.jpgLe rapport secret intitulé « Relations Etats-Unis - Vietnam, 1945-1967 », qui dévoilait les mensonges du gouvernement américain sur son engagement dans la guerre, est désormais accessible au public. De son côté, Hanoï a tourné la page. Mieux, l’été dernier, des exercices militaires conjoints se déroulaient là où les premiers GI avaient débarqué…

Par Xavier Monthéard

Presqu’île de Cam Ranh, dans le sud du Vietnam. Le vent soulève la mer de Chine méridionale, qu’ici on appelle « mer de l’Est ». Comprimée par des barbelés, une route étroite serpente vers la base aéronavale développée par l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam. Des postes militaires, souvent vétustes, habillent la langue de terre sèche. Soldats et douaniers musardent. Au port militaire, les visiteurs ne sont pas les bienvenus, et d’ailleurs que viendraient-ils y faire ? Depuis des années, la baie de Cam Ranh tourne au ralenti.

Cette léthargie va prendre fin : en octobre 2010, le premier ministre Nguyen Tan Dung a annoncé que les lieux offriraient désormais l’hospitalité aux bateaux du monde entier. Les Etats-Unis sont candidats. Depuis 2003, une dizaine de leurs navires de guerre ont fait escale sur les côtes de l’ancien ennemi. Sans armes ni bagages cette fois, les boys de l’Oncle Sam sont bel et bien de retour au pays de l’oncle Ho — en invités de marque. Comme si les années de la guerre, âprement menée par cinq occupants successifs de la Maison Blanche (1), avaient déserté les mémoires vietnamiennes. Ces vingt ans de rage et d’horreur qui s’achevèrent en avril 1975 avec la prise de Saïgon semblent oubliés, tout autant que l’acharnement du géant humilié à bloquer ensuite l’aide internationale vers le nain qui l’avait vaincu, et l’embargo commercial maintenu jusqu’en 1994.

Le contre-torpilleur « USS John S. McCain »
fait escale à Da Nang

En août 2010, un premier dialogue de défense américano-vietnamien s’est tenu à Hanoï. Le même mois, au large de Da Nang — précisément là où les premiers GI débarquèrent, en 1965 —, de hauts gradés vietnamiens arpentaient en mer l’USS George Washington, figure de proue de la VIIe flotte et l’un des onze porte-avions géants de l’US Navy, tandis que le contre-torpilleur USS John S. McCain mouillait au port. A Hanoï, le nom de M. McCain, candidat républicain à l’élection présidentielle de 2008 face à M. Barack Obama, n’écorche pas l’oreille. Pilote de bombardier, donc « criminel de guerre » selon ses dires ultérieurs, il fut emprisonné cinq ans et demi au Vietnam. Décoré pour les souffrances endurées en captivité, il devint le héros d’une partie de l’opinion publique américaine. Cette légitimité lui permit de faire taire les conservateurs pour aider le président William Clinton à proclamer la normalisation des relations entre les deux pays, en juillet 1995. Sans rancune, les Vietnamiens privilégient cette phase de sa carrière. Et des photographies de la première visite de M. Clinton agrémentent toujours les murs d’une célèbre chaîne de restauration rapide vietnamienne à Ho Chi Minh-Ville... C’est à présent la femme de celui-ci, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, qui se félicite du chemin parcouru : « Nous avons appris à nous voir l’un l’autre non comme d’anciens ennemis, mais comme des partenaires, des collègues et des amis. L’administration Obama est prête à porter la relation entre les Etats-Unis et le Vietnam à un niveau supérieur (2). »

Vu de Hanoï, le rapprochement avec les Américains obéit d’abord à une logique économique. Depuis l’accord bilatéral sur le commerce, entré en vigueur en 2001, les échanges augmentent régulièrement. Alors qu’ils s’établissaient à 1 milliard de dollars en 2000, ils ont atteint 18,3 milliards de dollars en 2010. La présidente de la chambre de commerce américaine au Vietnam, Mme Jocelyn Tran, mise sur 35 milliards de dollars d’ici 2020  (3). La balance commerciale est largement excédentaire pour Hanoï, les exportations vers les Etats-Unis — textile et chaussures principalement — ayant rapporté 14,8 milliards de dollars en 2010, plus d’un cinquième des recettes extérieures.

Ces liens étroits avec Washington ont permis l’intégration au système international. En 2007, le Vietnam est devenu le 150e membre de l’Organisation mondiale du commerce. Depuis, les 1 000 dollars annuels de produit intérieur brut par habitant ont été dépassés, ce qui correspond selon la Banque mondiale au statut de pays à revenu intermédiaire.

En contrepartie de ce début de prospérité, il faut tourner la page des trois millions de morts pendant la guerre, des terres ravagées, des familles détruites. Pour cela, un travail bien pensé de réécriture mémorielle s’impose. « Après 1990, les chercheurs vietnamiens ont commencé à minorer la période 1954-1975 dans les relations avec les Etats-Unis au profit de la période 1941-1945, expose l’historien Wynn W. Gadkar-Wilcox. Durant celle-ci, les Etats-Unis avaient coopéré avec le Vietminh, et plusieurs membres de l’Office of Strategic Services [ancêtre de la Central Intelligence Agency (CIA)] s’étaient liés personnellement avec Ho Chi Minh. (...) Les historiens ont également étendu leur champ de recherche (...). En s’appuyant sur la compilation de documents effectuée par Robert Hopkins Miller et intitulée The United States and Vietnam, 1787-1941, Pham Xanh a souligné l’intérêt du président américain Thomas Jefferson [1801-1809] pour les récoltes de riz dans le sud du Vietnam, ainsi que les nombreuses expéditions effectuées par les Etats-Unis au Vietnam au début du XIXe siècle (4). »

La moitié de la population a moins de 26 ans. La guerre paraît loin, et les Etats-Unis suscitent l’engouement. Autant grâce au billet vert qu’au « rêve américain » : la prospérité accessible grâce à la détermination au travail. Treize mille étudiants — record pour l’Asie du Sud-Est — ont intégré une université outre-Pacifique.

Accord en gestation
dans le nucléaire civil

Le sud du Vietnam, histoire oblige, est particulièrement bien disposé envers les investissements en dollars. L’implantation d’une usine par le géant du microprocesseur Intel dans la banlieue de Ho Chi Minh-Ville (ex-Saïgon), en octobre 2010, a valeur de symbole : il s’agit de son plus grand site d’assemblage et de test dans le monde, au coût estimé de 1 milliard de dollars. « We are back in Saigon ! » (« Nous sommes de retour à Saïgon »), pouvait-on lire sur un blog du site de l’entreprise, dès septembre 2009...

L’idylle n’exclut pas quelques rancœurs, les Etats-Unis étant prompts à s’ériger en défenseurs des droits humains. En 2010, vingt-quatre personnes ont été arrêtées — et quatorze condamnées — pour avoir exprimé des vues contraires à la ligne du Parti communiste. Plusieurs journalistes et blogueurs étaient du nombre. Dans une conférence de presse donnée à Hanoï le 10 décembre 2010, l’ambassadeur américain Michael W. Michalak a suavement déclaré que, « malheureusement, durant mes trois ans de mandat, les progrès en matière de droits humains ont été inégaux ». Côté opposé, le souvenir vivace de l’implication d’organisations américaines dans les « révolutions colorées » en Europe de l’Est alimente la méfiance. L’administration américaine n’encouragerait-elle pas un scénario d’« évolution pacifique », synonyme pour Hanoï d’une tentative d’éliminer le régime et l’identité culturelle vietnamienne ?

Mais ces frictions ne sont qu’un pâle reflet des haines passées. L’année 2011 devrait même voir les deux Etats s’engager dans un partenariat stratégique. Un accord de coopération en matière de nucléaire civil est ainsi en passe d’être finalisé. Portant sur le transfert de technologie et le développement d’infrastructures, il ouvre aux entreprises américaines l’accès à un marché prometteur : les Vietnamiens souhaitent construire treize centrales, d’une capacité totale de 16 000 MW, dans les vingt prochaines années. Les termes de l’accord n’interdisent pas l’enrichissement de l’uranium — qui, en théorie, permet un programme nucléaire militaire —, alors que les Etats-Unis font régulièrement pression pour que les Etats abandonnent leur droit à un tel enrichissement. Plusieurs commentateurs ont comparé ces dispositions, avantageuses pour le Vietnam, à celles du traité nucléaire indo-américain de 2007  (5).

Brahma Chellaney (6), directeur du Centre for Policy Research de New Delhi, minimise toutefois les ressemblances : « Comme l’Inde n’est pas membre du traité de non-prolifération (TNP), elle était sujette à des restrictions spéciales au regard des lois américaines. Le gouvernement américain a donc eu besoin d’une dispense spéciale venant du Congrès. Dans le cas du Vietnam, signataire du TNP, une telle demande n’était pas nécessaire. Par ailleurs, comme l’Inde est un Etat qui dispose d’armes nucléaires, l’accord bilatéral devait être formulé de façon spécifique. »

Ce n’est donc pas la nature de ces deux accords qui les rapproche, mais leur visée : « Les Etats-Unis usent des accords nucléaires avec l’Inde et le Vietnam comme d’un instrument stratégique pour bâtir une proche coopération », estime Chellaney. En conséquence, le Vietnam va probablement obtenir le meilleur accord parmi le groupe des « pays nucléaires émergents », ceux qui commencent tout juste à mettre en œuvre un programme civil. A l’inverse des Emiratis, par exemple : l’accord entre les Etats-Unis et les Emirats arabes unis de 2009 mentionne spécifiquement l’abandon du droit à l’enrichissement de l’uranium sur leur territoire. Deux poids, deux mesures ? Quand il était porte-parole du département d’Etat, M. Philip J. Crowley se contentait d’indiquer que « les Etats-Unis négocient de tels accords au cas par cas, pays par pays, région par région (7) ».

« Une situation aussi fragile
qu’une pile d’œufs »

Pour Washington, le renforcement des liens militaires et la coopération nucléaire ont un objectif : maintenir la suprématie américaine dans l’océan Pacifique. En 2010, les Etats-Unis ont ainsi vendu pour 6 milliards de dollars d’armements à Taïwan ; annoncé qu’ils renoueraient des liens avec les forces spéciales indonésiennes (Kopassus), pourtant impliquées dans des massacres au Timor, à Atjeh et en Papouasie ; défendu la liberté de circulation en mer de Chine méridionale, qui relève de l’« intérêt national des Etats-Unis », selon Mme Clinton ; procédé à des opérations militaires conjointes avec la Corée du Sud en mer Jaune ; et rappelé, lors d’accrochages à propos des îles Diaoyu/Senkaku revendiquées par la Chine et le Japon, que ce dernier serait soutenu si nécessaire, en vertu du traité de défense mutuelle. La plupart de ces mesures, sinon toutes, répondent à la montée en puissance de la Chine : l’essor de l’empire du Milieu conduit mécaniquement les Etats-Unis à rehausser la valeur stratégique de ses voisins. Le US Quadrennial Defense Review 2010 mentionne l’Indonésie, la Malaisie et le Vietnam comme partenaires potentiels dans le domaine de la sécurité. M. Kurt Campbell, secrétaire adjoint pour l’Asie orientale et le Pacifique, s’est montré encore plus précis : « Quand je regarde parmi tous nos amis en Asie du Sud-Est, je pense que c’est avec le Vietnam que nous avons les plus belles perspectives (8). » Pour la puissance américaine, ce pays est un pion utile — une fois de plus. Non contre le communisme, cette fois, mais contre un supposé expansionnisme chinois.

Cette obsession rencontre un écho. Depuis des siècles, le Vietnam gravite dans l’orbite de l’empire du Milieu tout en cherchant à échapper à son attraction. Sa dépendance économique reste considérable — une proportion écrasante des importations provient du voisin du Nord. Carlyle Thayer, professeur émérite à l’université de Nouvelle-Galles du Sud (Canberra) et spécialiste du Vietnam, estime en conséquence qu’« envers Hanoï, aucun Etat n’est aussi sûr de lui et influent que la Chine (9) ». Fondamentalement, la diplomatie vietnamienne cherche à s’entendre avec le plus de pays possible pour s’émanciper de Pékin, mais veut en même temps maintenir la relation privilégiée avec le grand voisin — une préoccupation qu’elle partage avec plusieurs Etats d’Asie du Sud-Est. L’ancien ambassadeur Dinh Hoang Thang ne minimise pas les difficultés : « Si le Vietnam peut convaincre la Chine que l’amélioration des relations américano-vietnamiennes n’affectera pas les intérêts du pays tiers, ce sera un grand succès (10). » L’exercice n’est pas plus facile côté américain. « L’éloignement des Etats-Unis par rapport à l’Asie et l’asymétrie de leurs relations tant avec la Chine qu’avec le Vietnam continuent de distordre leur compréhension de ces relations mutuelles », rappelle Brantly Womack, professeur de relations internationales à l’université de Virginie (11). Côté chinois, les injonctions sont parfois fortes : « Le Vietnam devrait avoir réalisé que, pris entre les deux puissances, il joue un jeu dangereux, avec sa propre situation aussi précaire qu’une pile d’œufs, a-t-on pu lire dans le Quotidien du peuple, l’organe du Parti communiste chinois. (...) Si la Chine et le Vietnam devaient vraiment en venir à des affrontements militaires, aucun porte-avions, de quelque pays qu’il vienne, ne pourrait garantir sa sécurité (12). »

A la fin du XXe siècle s’est cristallisé un contentieux territorial en mer de Chine méridionale à propos des archipels Paracels et Spratleys (13). Même en ayant récemment musclé sa flotte, Hanoï ne saurait rivaliser avec la marine chinoise. En conséquence, « le Vietnam veut voir davantage d’Etats s’engager en mer de Chine méridionale, analyse Richard Bitzinger, expert des questions de défense en Asie-Pacifique. Cela constituerait pour lui une protection. Il aimerait aussi recevoir une assistance pour étendre et moderniser les facilités du port de la baie de Cam Ranh. Je pense que l’US Navy profitera de ce lieu stratégique, mais ce sera aussi le cas d’autres marinesseule y manquera, bien sûr, la marine chinoise ! »

Le conflit de 1979 avec Pékin
est passé à la trappe

Verra-t-on un jour les Etats-Unis soutenir le Vietnam contre l’empire du Milieu ? Il y aurait là plus que de l’ironie, si l’on se souvient qu’après la déclaration d’indépendance du 2 septembre 1945 la Chine de Mao Zedong fut le premier pays à reconnaître, en janvier 1950, la jeune République démocratique, précédant l’Union soviétique d’une douzaine de jours... Garder l’équilibre entre ses deux tuteurs communistes, bientôt rivaux déclarés, fut l’équation résolue avec succès pendant vingt-cinq ans par Ho Chi Minh et ses successeurs. L’aide soviétique s’est évanouie avec la fin de la guerre froide. Le conflit ouvert qui s’était déclaré entre le Vietnam et la Chine à la fin des années 1970, lui, demeure la plus taboue des questions de politique étrangère. Plus de trente ans après son déclenchement, il n’est toujours pas possible d’évoquer la brève guerre de février-mars 1979, qui fit des dizaines de milliers de morts. La presse ne la mentionne pas plus que les manuels scolaires. Officiellement, tout va pour le mieux avec Pékin.

L’histoire a montré les dangers, pour le Vietnam, d’être pris dans les calculs géopolitiques de ses puissants voisins. Qui l’oublierait à Hanoï ? Le diplomate Hoang Anh Tuan a récemment rappelé que le Vietnam était « peut-être le seul pays du monde à s’être engagé dans des négociations aussi intenses et longues avec les Etats-Unis. (…) Quoique la confiance et la compréhension aient considérablement progressé, rien ne garantit que des quiproquos stratégiques n’émergent pas de nouveau. (…) Donc, les relations bilatérales ne peuvent s’établir durablement sur un pied d’égalité que si elles sont conçues pour servir les intérêts nationaux du Vietnam comme des Etats-Unis plutôt que les intérêts géopolitiques d’une seule des parties (14). » Les auspices semblent pour l’instant favorables. Mais la « tyrannie de la géographie (15) » n’a peut-être pas fini d’orienter le destin de la nation vietnamienne.

Xavier Monthéard.


(1) Dwight Eisenhower (entre 1954 et 1961), John F. Kennedy (1961-1963), Lyndon B. Johnson (1963-1969), Richard Nixon (1969-1974) et Gerald Ford (entre août 1974 et avril 1975).

(2) Discours tenu à Hanoï le 21 juillet 2010 en marge de la 43e rencontre ministérielle de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est.

(3) Tuoi Tre, Hanoï, 20 décembre 2010.

(4) Wynn W. Gadkar-Wilcox, « An ambiguous relationship : Impressions of the United States in Vietnamese historical scholarship, 1986-2009 », World History Connected, vol. 7, n° 3, Washington, DC, octobre 2010.

(5) Lire Siddharth Varadarajan, « L’Inde éperdue de reconnaissance », Le Monde diplomatique, novembre 2008.

(6) Auteur d’Asian Juggernaut. The Rise of China, India and Japan, HarperCollins, New York, 2006. Sauf mention contraire, les citations d’analystes proviennent d’entretiens.

(7) Cité dans Daniel Ten Kate et Nicole Gaouette, « US, Vietnam hold nuclear technology talks as suitors vie for contracts », Bloomberg, 6 août 2010.

(8) Agence France-Presse, juillet 2010.

(9) Carlyle Thayer, « Vietnam’s relations with China and the United States », conférence donnée à l’Université des sciences sociales et humaines, Hanoï, 10 décembre 2010.

(10) Entretien accordé à VietNamNet (publication électronique), 17 février 2010.

(11) Brantly Womack, « The United States and Sino-Vietnamese relations », The Asia-Pacific Journal : Japan Focus (publication électronique), 2008.

(12) Li Hongmei, « Vietnam advisable not to play with fire », People’s Daily, Pékin, 17 août 2010.

(13) Les Paracels sont occupés militairement par la Chine depuis janvier 1974, mais revendiqués par le Vietnam et Taïwan. La Chine, le Vietnam, la Malaisie, les Philippines et Taïwan occupent divers îlots des Spratleys (Brunei a émis des revendications mais sans envoyer de troupes). Pour une analyse des problèmes politiques et la recherche d’une issue, cf. Stein Tønnesson, « China’s coming change in the South China sea », Harvard Asia Quarterly, Cambridge (Massachusetts), décembre 2010.

(14) Hoang Anh Tuan, « Rapprochement between Vietnam and the United States : A response », Contemporary Southeast Asia, vol. 32, n° 3, Singapour, 2010.

(15) Carlyle Thayer, « The tyranny of geography : Vietnamese strategies to constrain China in the South China sea », International Studies Association, Montréal, mars 2011.

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Published by valenton rouge - dans Monde
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