Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

0
parti.jpg 
thumbnail-copie-3.jpeg
4cb23c12e9-copie-1.jpg8071d6d8-f802-11df-a4d8-fa25b9579a36-copie-2.jpg 
Capture-du-2012-05-09-21-11-58.png
0
saint-communiste.jpg
00
0
soviet_propaganda.png

 vps-final.jpg

 

BDS-boycott-produits-israel.jpg

  

Recherche

lp.jpg

Léonard PELTIER 

 

arton1476.jpg

Archives

 free-the-miami-5-logo-colour.jpg

 

 rubon1-54e3a.jpgcuba-si.jpg

 

c.jpg

France  Cuba

cuba-si-3.jpg 

cuba_linda.jpg 

 

 

 

motocollant 2010 small

 

 

Thierry-copie-2.jpgHommage à

Thierry MENGUY

 


index.jpg 

une avocate

au service

du salarié

 

Maître

  Verrier Ouahmane Aicha

 

1 RESIDENCE DU PARC
  94430 Chennevières-sur-marne
 Téléphone : 01.49.62.04.45
 Fax : 01.45.76.13.17
 verrier.ouahmane@wanadoo.fr





Articles Récents

  • POUR LES FEMME D'ESPAGNE EN 2014 La nuit, la Résistance ... reprise d'un texte de 2009 Alain Girard Je hais les coups d’état, je hais la violence aveugle d’hommes de pouvoir quant ils ne sont pas de simples nervis, ceux là sont sans doute les pires. Je...
  • Obsèques d'Henri Alleg
    Sa famille, ses amis, ses camarades lui rendront un hommage fraternel le lundi 29 juillet à 10h30, au crématorium du Père Lachaise, salle de la Coupole. Le même jour, à 16 h, une courte cérémonie d'inhumation aura lieu au cimetière de Palaiseau (Esso...
  • Décès d'Henri Alleg
    Les communistes sont en deuil, les communistes valentonnais bien plus encore. Henri Alleg, Henri l'infatiguable du combat anticolonialiste, de celui pour un Etat palestinien, de celui pour une société à laquelle il donnait un nom: socialiste. Henri, ce...
  • METROPOLES
    METROPOLES Déclaration de l’ANECR Assemblée Nationale Affirmation des métropoles : discuter en 3 jours d’un remodelage profond de la République est un scandale ! Les amendements gouvernementaux adoptés par la commission des lois de l’Assemblée Nationale...
  • Un nouveau club politique prend racine | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr CHAUNY - Le club Nouveau siècle verra le jour en septembre. Ou plutôt son antenne régionale. Une réunion d’information s’est tenue samedi matin. Objectif : réfléchir sur la société actuelle.
  • Il n'y a plus rien Ferré
    merci tovaritchi mais l'"vènement cd'est le rassemblemnt réusii des communistes azinbt quentinnois, aussi fort que Léo www.youtube.com Une œuvre magistrale, qui présente notre temps alors qu'elle le précède. Merci Léo, tu nous a marqué à jamais et ce...
  • Alain Girard shared Le libre service de la...
    Alain Girard shared Le libre service de la solidarité's photo.
  • Le candidat rouge sera Olivier Tournay | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr SAINT-QUENTIN - Le militant Olivier Tournay a profité de la Fête des libertés ce dimanche au stade Bienfait pour annoncer sa candidature aux municipales 2014.
  • Alain Girard shared Sinn Féin shop's photo.
  • Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's...
    Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's photo.

 

Découvrez la playlist valentonrouge avec Francesca Solleville

Red_Cavalry_Riding.jpg
La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
sainr-just.jpg
   

A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

KM.jpg


22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 09:41

SarkoTunisie.jpgL’idéologie actuelle qui justifie les guerres d’agression est fondée sur une dichotomie simpliste entre la démocratie et les dictateurs. Les gens qui, en Occident, soutiennent les guerres ont déplacé le centre de la loi internationale des Nations unies vers un club bien plus restreint de « démocraties » qui seules possèdent une « légitimité ». Le centre de ce club est le monde anglo-saxon, plus Israël, l’Union Européenne et le Japon. Cette « communauté internationale » de démocraties est supposée posséder le droit moral unique de décider quand le dirigeant de n’importe quel pays qui se situe en dehors de leur cénacle peut-être dénoncé comme un dictateur et renversé à l’aide d’une campagne de bombardements par l’OTAN.

Cette idéologie suppose que les démocraties respectent les droits de l’homme, alors que les dictateurs par définition sont des criminels qui violent systématiquement les droits de l’homme et envisagent même un « génocide contre leur propre peuple ». Certains détails, par exemple le fait que les États-Unis ont la plus grande population carcérale au monde à la fois en termes absolus et relatifs, et qu’ils utilisent des prisonniers comme travailleurs bon marché dans leur industrie de l’armement, ne sont pas supposés interférer avec cette vue dualiste du monde.

Les médias dominants entretiennent cette dichotomie par un biais persistant dans la façon dont ils rendent compte des pays qui sont caractérisées comme des « dictatures » - ceci peut inclure des pays dont les dirigeants sont en fait élus, tel que le Venezuela, la Russie, la Serbie sous Milosevic, la Biélorussie, mais qui tentent de suivre des politiques contraires aux diktats de la « communauté internationale » autoproclamée. Tous ces pays ne sont pas nécessairement attaqués militairement, mais l’image qui est ainsi créée rend l’attaque militaire facile à justifier si et quand celle-ci se produit.

Le reportage sélectif réduit le pays à son dictateur et à des minorités d’« opposants démocrates ». Le dictateur est décrit comme un criminel, sans aucune qualité qui pourrait peut-être expliquer un quelconque soutien populaire dans son propre pays.

Le cas de la Libye.

Le cas de la Libye illustre parfaitement la façon dont cela fonctionne. Des décennies de couverture médiatique biaisée ont convaincu un public occidental dont la seule connaissance de la Libye provient de reportages médiatiques occidentaux, du fait que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi est un criminel et un fou ; par conséquent, il semble évident, aux yeux de ce public occidental, que le peuple libyen souhaite unanimement se débarrasser d’un tel dirigeant.

Il est évident qu’il y a des gens en Libye qui détestent Kadhafi et qui veulent s’en débarrasser. Ce qui n’est pas évident est ce qu’ils veulent mettre à sa place, et dans quelle mesure ils sont réellement représentatifs de la population dans son ensemble.
En Occident la principale raison de détester Kadhafi ces dernières années a été l’explosion du vol Pan Am 103 en 1988 au-dessus de Lockerbie en Écosse. Pendant deux décennies l’assertion selon laquelle le dirigeant libyen était responsable de l’explosion terroriste de Lockerbie a été entretenue dans l’esprit du public par les médias dominants.

En février de cette année, les dirigeants de la rébellion qui émergeait en Libye ont donné des interviews aux médias occidentaux, en prétendant qu’ils avaient des documents prouvant que Kadhafi avait ordonné l’attaque terroriste qui a tué 272 personnes. Mustafa Abdel Jalil, l’ex-ministre de la justice qui dirige le « Conseil National de Transition » avait déclaré au Daily Telegraph que : « les ordres ont été donnés par Kadhafi lui-même ».

Peu de gens en Occident risquent de faire remarquer que, si les dirigeants du TNC possèdent réellement une telle preuve, ils ont été complices de ce crime pendant des décennies. Et les médias occidentaux ne vont pas se poser la question de savoir pourquoi l’habile Kadhafi garderait des documents « prouvant » l’ordre de commettre un acte un acte terroriste pendant 23 ans.

Ces assertions permettent de cimenter les liens entre les dirigeants du TNC et les puissances occidentales, principalement les États-Unis et le Royaume-Uni, et de suggérer une communauté d’intérêt dans la défense de la légalité entre eux, ainsi que contre le « criminel Kadhafi ». Cela permet de construire la fiction de « dirigeants légitimes et représentatifs du peuple libyen », dont les vues sur les droits de l’homme, la démocratie et les méfaits du méchant dictateur Kadhafi coïncident avec les attitudes occidentales, telles qu’elles sont exprimées par les politiciens et les médias occidentaux.

Par implication cela signifie que le peuple libyen aurait dû savoir depuis longtemps que leur dirigeant est un meurtrier à grande échelle. Cela doit être une bonne raison pour laquelle tous les citoyens Libyens décents veulent se débarrasser de lui. Mais est-ce que cette histoire est vraie ?

Lockerbie en Libye.

Ma visite en Libye en janvier 2007, qui avait pour but d’assister à une conférence internationale sur la Cour pénale internationale, m’a donné l’occasion d’avoir des conversations privées avec un certain nombre de Libyens fort éduqués, qui manifestement en savaient beaucoup plus sur l’Occident que l’Occident n’en savait sur leur pays. J’ai été particulièrement intéressée à entendre le point de vue de citoyens libyens non officiels sur deux questions qui à ce moment-là dominaient la perception occidentale de la Libye : Lockerbie et l’affaire des infirmières bulgares. Je dois mentionner que je n’ai jamais eu le moindre contact avec Kadhafi et que la conférence était organisée par des universitaires qui avaient des opinions diverses sur des questions importantes, souvent différentes de celles du Guide, et que cela ne semblait gêner personne. Mais j’ai pu constater que, sur la question de Lockerbie, il y avait deux points sur lesquels tout le monde était d’accord.

D’une part, personne ne pensait que la Libye était responsable de la bombe de Lockerbie. Il leur paraissait évident que la Libye avait été accusée injustement pour des raisons politiques.

D’autre part, il était clair que les sanctions imposées par l’Occident pour punir la Libye de sa culpabilité supposée avaient causé des difficultés et des mécontentements. La force de l’Occident, qui consiste à pouvoir à la fois imposer des sanctions et dominer la projection d’images et l’interprétations des événements, lui donne une capacité d’ingérence très grande dans la politique intérieure des pays visés, parce que beaucoup de gens, surtout des jeunes, veulent vivre dans un pays « normal » et sont tentés de blâmer leurs propres dirigeants comme étant responsables du fait que leur pays soit traité comme un paria par l’Occident. Par conséquent il était généralement admis que Kadhafi avait finalement cédé aux pressions occidentales pour accepter la responsabilité - mais non la culpabilité - pour l’attentat de Lockerbie, uniquement de façon à ce que les sanctions impopulaires soient levées. Le fait qu’il avait accepté de livrer deux citoyens libyens à un tribunal occidental afin qu’ils soient jugés pour ce crime et qu’il ait payé plus de 2 milliards de dollars de compensations aux victimes était explicitement considéré comme n’étant pas une reconnaissance de culpabilité, mais plutôt une réponse au chantage des grandes puissances de façon à normaliser les relations avec elles et à améliorer la vie quotidienne.

Cela ne m’a pas surprise, parce que depuis des années j’avais beaucoup lu sur l’affaire de Lockerbie. Et pas mal de choses avaient été écrites pour montrer la faiblesse de l’accusation, qui était basée sur un scénario très peu plausible (une bombe pour faire sauter un vol transatlantique avait soi-disant été envoyée à travers les aéroports de Malte, Francfort et Londres), les « preuves » techniques avaient été manipulées par des agents de la CIA et un témoin avait été richement récompensé pour un témoignage qui ne s’accordait pas avec les faits. Tout cela a été raconté de nombreuses fois, par exemple dans la London Review of Books, par le juriste britannique Gareth Peirce, en septembre 2009 (“The Framing of al-Megrahi” http://www.lrb.co.uk/v31/n18/peir01_.html). Mais le fait que l’accusation a été de façon répétée démontée par une analyse soigneuse comme étant probablement une mise en scène n’a pas le moins du monde impressionné les médias dominants et les politiciens qui continuent d’attaquer Kadhafi comme étant le monstre qui a ordonné le massacre de Lockerbie.

On peut ajouter qu’au moment où l’attentat s’est produit, en 1988, il était généralement admis que l’Iran avait ordonné cette attaque pour riposter aux fait que les États-Unis avaient abattu un avion de ligne iranien au dessus du golfe persique. Quand les États-Unis, changeant d’alliance anti-iranienne avec l’Irak pour faire à la guerre contre Sadam Hussein, décidèrent d’accuser la Libye au lieu de l’Iran, aucun mobile du crime n’a été avancé. Mais quand un « dictateur » a été stigmatisé comme monstre, aucun mobile n’est nécessaire ; il a commis ce crime tout simplement parce que c’est la sorte de choses que les méchants dictateurs sont supposés faire.

Les deux employés de ligne libyens qui travaillaient à Malte et qui ont été accusés ont été jugés en 2000, par trois juges écossais, sans jury, et dans un tribunal construit spécialement à cette fin aux Pays-Bas. Un des Libyens a été acquitté et l’autre, Abdel Basset al-Megrahi, a été condamné à 27 ans de prison. L’observateur des Nations unies lors de ce jugement très particulier, Hans Köchler, a déclaré la sentence « incompréhensible », « arbitraire, même irrationnelle » et a fait remarquer « qu’un air de politique de puissance internationale » entourait toute la procédure.

Le 12 novembre 2006 le Glasgow Sunday Herald a cité Michael Scharf, le conseiller juridique du département d’État qui était le conseiller du bureau des États-Unis anti-terroriste quand les deux Libyens ont été poursuivis pour l’explosion de la bombe ; il disait que l’accusation était « tellement pleine de trous qu’elle ressemblait à du gruyère », et il a dit qu’elle n’aurait jamais dû se trouver devant un tribunal. Il a affirmé que la CIA et du FBI avaient assuré aux officiels du département d’État que l’acte d’accusation contre les deux libyens était « en béton », mais, qu’en réalité, les agences de renseignement savaient fort bien, avant le procès, que leur principal témoin était « un menteur ». Mais les grandes puissances ne peuvent pas reculer. Leur sacro-sainte « crédibilité » est en jeu. Elles doivent continuer à mentir pour préserver l’illusion de leur infaillibilité.

Lorsque j’étais à Tripoli, l’équipe de juristes qui défendaient le Libyen condamné essayaient de faire appel devant une cour de justice de plus haut niveau. J’ai pu parler à une des juristes qui défendaient al-Megrahi. J’ai passé un certain temps dans son bureau, en essayant de surmonter sa réticence à parler de cette affaire. Finalement elle a été d’accord pour me parler, mais seulement à condition que la conversation reste confidentielle, de façon à ne pas risquer de faire du tort à la procédure d’appel. Mais, maintenant, les circonstances ont totalement changé.

Voici, en bref, ce qu’elle m’a dit.

Les juges écossais subissaient une énorme pression pour condamner les deux Libyens. Après tout, pendant des années, leur culpabilité avait été claironnée par les États-Unis, qui exigeaient qu’ils soient « amenés devant la justice ». Un tribunal spécial avait été mis en place dans le but évident de les faire condamner. Mais les preuves qui auraient justifié une condamnation devant un tribunal écossais normal n’existaient simplement pas. Le mieux que les juges ont osé faire a été d’acquitter un des accusés et de transférer la responsabilité de l’acquittement de l’autre vers une cour de plus haut niveau. Mais, au grand dam des défenseurs libyens, cette cour a évité d’aborder cette question dangereuse en se déclarant non qualifié pour entendre l’appel. C’est pourquoi un autre appel était en préparation, devant une autre cour d’appel, avec de nouvelles données, qui discréditaient encore plus les arguments de l’accusation.

Et, en fait, cinq mois plus tard, le 28 juin 2007 la Commission écossaise ( Scottish Criminal Cases Review Commission), qui avait analysé cette affaire depuis 2003, a recommandé d’accorder à Abdel Basset al-Megrahi un deuxième appel. La commission a dit qu’elle avait découvert six raisons indépendantes pour estimer que la condamnation pourrait avoir été une injustice. Cette annonce a provoqué une certaine sensation dans les cercles restreints qui suivaient cette affaire. Il semblait que la justice écossaise était assez courageuse pour oser s’affirmer et pour entendre des débats qui mettraient en lumière la mise en scène de la CIA.

Ce genre de choses peut se passer dans des films, mais dans le monde réel il en va autrement.

Un marchandage sordide

Ce qui s’est passé ensuite a permis la mise en route des attaques de l’OTAN contre la Libye cette année.

Tout d’abord, le temps passa. Deux ans plus tard, en avril 2009, l’appel devait finalement être entendu. Mais, en attendant, des négociations secrètes se passaient en coulisses, au milieu de fuites et de rumeurs.

Le 21 août 2009, invoquant le fait qu’il souffrait d’un cancer terminal, Abdel Basset Ali Mohmed al-Megrahi fut libéré de prison en Écosse par le ministre écossais de la justice Kenny MacAskill afin qu’il puisse « rentrer chez lui pour mourir ».

Or, en 2007, Tony Blair s’est rendu en Libye pour négocier un accord entre la Libye et la Grande-Bretagne avec Kadhafi, accord qui couvrait les extraditions et les transferts de prisonniers. Et c’est au nom de cet accord sur le transfert de prisonniers que les autorités libyennes ont demandé que Megrahi puisse rentrer chez lui à cause de sa maladie.

Mais il y avait une attrape : cet accord de transfert de prisonniers ne pouvait être appliqué que lorsqu’il n’y avait pas de procédures légales en cours. Ainsi, afin de bénéficier de cet accord, Megrahi a dû laisser tomber son appel.

La question est encore rendue plus confuse par le fait qu’il a été libéré formellement sur base de la « compassion ». D’une façon ou d’une autre, l’accord était clair : Megrahi pouvait rentrer chez lui, mais l’appel était mort. Hans Kochler, observateur spécial nommé par les Nations unies au tribunal de Lockerbie pensait que Megrahi pouvait avoir été soumis à un chantage « moralement scandaleux » pour qu’il abandonne son appel à l’encontre de sa volonté.

L’aspect sordide de ce marchandage est qu’il a privé Megrahi du droit de sauver sa réputation, tout en permettant que la mise en scène de la CIA ne soit jamais officiellement dévoilée. Rien ne s’opposait ainsi au choeur de protestations occidentales dénonçant l’Écosse pour avoir « libéré celui qui avait placé la bombe de Lockerbie ». Deux ans plus tard, la nouvelle que Megrahi n’était pas encore mort a suscité une nouvelle indignation dans les médias occidentaux, qui ont vu là une preuve du fait que la Grande-Bretagne a « vendu le responsable de la bombe de Lockerbie pour du pétrole libyen ». Évidemment il fallait donner l’impression que l’habile dictateur libyen avait trompé des Britanniques naïfs mais cupides, qui ont trahi leurs principes pour du pétrole.

Mais il est tout aussi probable que ce soit le dictateur libyen naïf qui ait été trompé par des Britanniques sans scrupules, en pensant qu’il avait passé avec eux un “gentleman’s agreement”. Plutôt que de poursuivre un appel qui risquait de causer un embarras extrême aux autorités occidentales, Megrahi pouvait être libéré et toute l’affaire être oubliée. Mais les médias occidentaux ont prétendu être scandalisés par le fait que ce meurtrier condamné pour un crime massif y était reçu en héros. En réalité, il fut reçu chez lui assez discrètement, mais en tant qu’innocent injustement condamné et non en tant que meurtrier de masse. Et dès qu’il a pu se faire entendre, il a réitéré son désir de prouver son innocence.

Les infirmières bulgares

L’autre sujet sur lequel j’ai posé des questions lorsque j’étais à Tripoli en 2007 étais le sort des infirmières bulgares. En 2004, 5 infirmières bulgares et un médecin palestinien qui travaillaient dans un hôpital de Benghazi ont été condamnés à mort pour avoir soi-disant infecté le virus IHV à des enfants. Tout le monde en Occident, moi-même y compris, supposait que cela était une extraordinaire injustice. Lorsque j’ai soulevé cette question en compagnie d’intellectuels libyens libéraux, très occidentalisés, je m’attendais à entendre des critiques sévères du dictateur, pour avoir persécuté des travailleurs de la santé sans défense. J’étais fort surprise lorsque la réaction fut quelque peu différente.

« Évidemment qu’ils sont innocents », dis-je.

L’homme à qui je parlais, que je pourrais vaguement décrire comme étant anti-Kadhafi, hocha sa tête. « Ce n’est pas si clair » répondit-il. Et c’est ainsi que j’ai commencé à apprendre ce qui fut expliqué quelques mois plus tard par Harriet Washington dans un article du New York Times, où on pouvait lire :

« Les preuves contre l’équipe médicale bulgare, telles que les fioles contaminées avec du virus IHV découvertes dans leurs appartements, ont toujours semblé ridicules aux yeux des occidentaux. Mais le fait de rejeter les accusations libyennes de malfaisance médicale d’un revers de main nous fait rater une possibilité de comprendre pourquoi la suspicion à l’égard de la médecine est tellement répandue en Afrique. »

« L’Afrique a eu sur son sol un certain nombre de brigands médicaux occidentaux, qui ont intentionnellement administré des substances mortelles en prétendant soigner ou conduire des recherches scientifiques » http://banthenword.org/news/publish/essays/Harriet_A_Washing...

Mes conversations en Libye ne m’ont pas convaincue que les travailleurs de la santé bulgares étaient coupables, mais elles m’ont permis d’avoir un autre regard sur le point de vue libyen. Sur le continent africain, il est assez facile, même pour des gens très rationnels, de croire que des travailleurs de la santé étrangers pourraient avoir été payés pour infecter des enfants, soit pour des raisons expérimentales, soit pour « déstabiliser » le système de santé publique. De plus, il était évident que ce n’était pas un exemple de plus du « dictateur Kadhafi » persécutant des innocents. L’arrestation, la torture et la condamnation des infirmières bulgares ont été le fait des autorités de Benghazi. En fait, le 11 mars, un jour après que la France eut reconnu le conseil national de transition rebelle comme « seul représentant légitime du peuple libyen », le premier ministre bulgare Boyko Borisov s’est plaint lors d’un sommet européen à Bruxelles que des membres clés de ce conseil « étaient les gens qui avaient torturé les travailleurs de la santé bulgares pendant huit ans, et que cela nous a coûté près de 60 millions de dollars » de réparations pour les enfants infectés et leurs familles (http://euobserver.com/9/31976/?rk=1 ).

En janvier 2007, les gens de Tripoli m’ont assurée que la condamnation à mort des infirmières ne serait jamais mise en application. Cela était vrai. En août 2007, les travailleurs médicaux ont été libérés par la famille Kadhafi et on les a autorisés à rentrer en Bulgarie, après un voyage en Libye très médiatisé de celle qui était à l’époque la femme du président Sarkozy, Cecilia. Cette libération a été présentée comme la réconciliation finale entre la Libye de Kadhafi et l’Europe.

Conclusions

Je me suis abstenue d’écrire sur ce sujet pendant des années, parce que je pense ne pas en connaître assez à propos de la Libye. Mais, maintenant, je vois d’autres personnes, qui en savent encore moins que moi, argumenter avec force pour que l’OTAN soutienne des rebelles dans une guerre civile dont les motifs et les conséquences réelles sont obscures.

Ma première conclusion est de faire remarquer que le simple fait qu’un pays ne soit pas une démocratie de style occidental ne signifie pas que tout ce qui s’y passe est « dicté » par un « dictateur ». Le terme « dictateur » sert à renforcer la paresse des médias et des politiciens, qui ne se donnent pas la peine d’analyser les complexités d’une société qui ne leur est pas familière.

Ma deuxième et dernière conclusion c’est que nous en Occident n’avons ni le droit ni la capacité de « réparer » ces sociétés peu familières telles que la Libye, que nous rejetons comme étant des « dictatures ». Alors que la crise financière risque d’amener le niveau de vie dans une partie de l’Occident en dessous de ce qu’il était dans la Libye de Kadhafi avant que l’OTAN n’intervienne, notre « démocratie » occidentale risque d’être graduellement réduite à n’être plus qu’une excuse idéologique pour attaquer, ravager et piller d’autres pays.

 

Diana Johnstone

 

URL de cet article 14442
http://www.legrandsoir.info/democratie-et-dictateurs-le-diable-est-dans-les-details.html
Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 09:37

fantome14.jpg

Grâce aux hélicoptères, les images étaient parfaites. Dignes d’Hollywood. Scènes de pillages et pyromanes en action en pleine nuit. Des flammes hautes de plusieurs étages éclairant les façades d’immeubles de brique attaqués par des émeutiers protégés par leurs simples hoodies. Quelques sirènes ici ou là. De rares lances à incendie. Et puis, au petit matin, des pâtés de maison entiers réduits en cendres. Comme après un bombardement. De véritables scènes de guerre. The Guardian titre en une le mardi 9 août « La bataille de Londres » (« The battle for London »). Très vite la carte des émeutes londoniennes s'emballe. On constate des altercations en plein centre de Londres. À Oxford Circus. Pas loin des touristes. Merci Twitter.




Médias traditionnels à la peine







Car les médias traditionnels sont bien à la peine. En France, les chaînes d’info en continu sont en vacances (comme les autres médias). I-télé fait intervenir son « correspondant » de son studio londonien, avec, façon carte postale, image traditionnelle du Parlement anglais et de Big Ben dans son dos. Il n’a pas grand chose à dire, le pauvre. À part que les flics sont désorganisés à cause de récentes restrictions budgétaires et des dernières démissions liées à l’affaire Murdoch. On n’ira pas jusqu’à se demander si le système de corruption dévoilé le mois dernier impacte la paie des policiers. Aux Etats-Unis, une série à elle seule ose répondre à la question pour la ville de Baltimore, The Wire, dans laquelle méchants et gentils se confondent.




Chaos et toute puissance






Alors pour combler l’absence de sens, on doit se contenter d’images d’hélicoptères. Se contenter, ah oui ? De là haut, policiers et émeutiers ressemblent à de si petites fourmis. Confortablement installés, nous autres téléspectateurs omniscients « profitant » de ce monde globalisé avons une impression fugace de toute puissance. On attend la suite. On a soif de spectacle. On en veut encore plus. Comme dans les films en 3D qui multiplient les scènes de destruction urbaine à grande échelle, dans notre ère post-11 septembre. Dernier blockbuster de ce genre : Transformer 3 avec un déluge de combats à Chicago. Tels des enfants prenant un malin plaisir à détruire leurs jouets. Ou du moins, comme de grands enfants jouant à Sim City sur leur ordinateur.


Mais l’effroi nous prend également devant tant de désordres dans une ville si proche de nous. Une capitale européenne à 2 h 30 heures de Paris en TGV. D’ailleurs, n’est-ce pas les pubs Eurostar qui nous incitent à faire notre shopping là-bas ? Cette fois-ci les émeutiers s’en sont chargés pour nous. On l’a oublié ces dernières années, depuis l’acmé du règne de Tony Blair lors des célébrations du Millenium, mais Londres n’est pas qu’une grande roue, Londres n’est pas qu’un grand stade pour futurs touristes mondialisés friands de grands jeux (avec les JO en 2012).




Mixité et inégalités sociales







C’est également une ville en proie à la spéculation immobilière, à l’accroissement flagrant des inégalités, à la gentrification d’anciens quartiers ouvriers, à la mode Harlem. Et bien sûr, la ville des traders rois. On trouve désormais de grands lofts, clubs et magasins hyper-branchés du côté de Brick Lane et Shoreditch, anciens quartiers ouvriers, à deux pas du centre des affaires de la City (les nouveaux quartiers à la mode, façon Williamsburg à New York, pour hipsters ultra connectés). Il y a une vingtaine d’années, le mouvement avait déjà commencé du côté d’Islington (jouxtant au Nord la City).


Aujourd’hui, au centre d’Islington justement, les supermarchés regorgent de légumes bios et de produits bien-être, fleuristes et antiquaires se sont installés, et même des sièges sociaux d’entreprises derrière de belles façades en verre. Pourtant, quelques centaines de mètres plus haut, on trouve des HLM très paupérisés, et des taxiphones, snacks kebabs, et autres petits dealers parsèment les rues. Pas loin le club de football Arsenal a décidé d’installer son nouveau stade de 60 000 places payé par la compagnie aérienne dubaïote Emirates. Islington qui fut le théâtre de violences lors des dernières émeutes… The Guardian a d’ailleurs réalisé sur son site internet une très intéressante carte rapportant la localisation des émeutes au taux de pauvreté des quartiers concernés.




L’urbanisme parisien, sécuritaire avant tout…






En comparaison, la configuration de la métropole parisienne n’a rien à voir : plus de 11 millions d’habitants (alors que le Grand Londres n’en compte que 7,6), mais également des banlieues bien plus morcelées et ségrégées, parcourues à la fois par de grands ensembles et des lotissements pavillons Phoenix à perte de vue. À Paris, de l’autre côté du Périph, en dehors des grandes surfaces, bien peu de magasins, bien peu de bars. La nuit, on trouve ainsi 1000 établissements ayant une autorisation d’ouverture (après 2h du mat) à Paris intra-muros, et à peine 60 en proche couronne !


Contrairement à Londres, le système de transports publics est également divisé en deux : d’un côté le métro centenaire de Paris, et de l’autre, le vieux système des RER mis en place au cours des années 1970. Et au niveau des portes d’échange de ces deux matrices qui ne se rencontrent que très rarement socialement, un maximum de forces de police, avec des compagnies de CRS et de gendarmes mobiles quasi-immobilisés : pensons aux Halles, à la gare du Nord, à la Défense. Décidément, les autorités parisienne (d’État) gardent en mémoire les soubressauts de la Commune… En tout cas, l’exemple londonien montre une chose : pour résoudre les tensions en cours dans la métropole parisienne, en appeler à la « mixité sociale » ou prévoir la construction de grandes lignes de métro (pourtant nécessaires), ne suffira pas.






… et des voitures brûlées à quelques kms de l’Élysée







En dehors des fameux événements de novembre 2005 qui éclatèrent à Clichy-sous-Bois sous les yeux médusés du monde entier, des émeutes ponctuelles, il y en a régulièrement. On se rappelle de celle opposant des bandes du 92 et du 93 à la Défense, mais également des affrontements à la gare du Nord suite à une interpellation musclée contre deux contrevenants qui dénonçaient le prix des billets. Mais c’est également en juin dernier une manifestation à Belleville de Chinois dénonçant « l’insécurité » qui se termine tellement mal qu’une camionnette de flics est retournée sur la voie publique, loin des caméras… plus occupées à filmer au même moment Roland Garros. Même silence médiatique lorsque des voitures brûlent par dizaine dans les arrondissements parisiens, notamment dans le 20e ou le 19e, et ce, à quelques kilomètres du Palais de l’Élysée… On préfère faire peur avec les « banlieues ».


Mais à Londres comme à Paris, même topo : qui sont ces émeutiers derrière leurs capuches ? En 2005, les médias anglo-saxons, et notamment américains, parlaient des muslims, leurs confrères français de droite comme de gauche n’ont pas hésité dans un premier temps à faire des amalgames approchants sur fond de guerre civile. Il a fallu attendre une note des Renseignements Généraux (sic) qui évoquait une situation de « révolte sociale » pour ramener tout le monde à une juste mesure. Depuis, les sociologues, comme Gérard Mauger, ont parlé de révoltes protopolitiques, pour tenter d’expliquer la forme violente de ces émeutes et l’absence d’organisations et de revendications précises derrière celles-ci. Pour comprendre, il a fallu aussi attendre que de rares journalistes parisiens réalisent un travail de fond dans ces quartiers populaires pour aller à la rencontre de ces émeutiers comme Ariane Chemin pour Le Monde.




Captures de vidéos surveillance et dénonciations à tout va






En France, ces jeunes, on les aperçut également en comparution immédiate au tribunal de Bobigny dans les semaines qui suivirent les émeutes. Une véritable justice de masse où des émeutiers sans casier judiciaire prirent facilement six mois de prison fermes pour avoir été interpellés au mauvais endroit au mauvais moment. Les avocats pouvaient bien crier au non respect de l’individualisation des peines, le pouvoir avait décidé : il fallait frapper vite, et fort.


Même scénario en Angleterre, avec David Cameron, le Premier ministre conservateur. Le pauvre dût interrompre ses vacances familiales en Toscane pour dénoncer ce qu’il appella les « criminels ». Devant l’exaspération populaire et les énormes dégâts (on parle aujourd’hui de plus de 200 millions d’euros de destructions…), le bâton allait s’abattre d’une manière implacable. Ainsi, depuis la fin de semaine dernière, des centaines de prévenus passent en comparution immédiate écopant de peines de prisons parfois très lourdes pour les faits reprochés. Cameron a prévenu : chaque émeutier va payer pour tous. Parmi les premiers à passer devant la justice, on compte un chef cuisinier, une athlète représentant les futurs JO de 2012, une fille de millionnaire, un instituteur…


Peu importe si ces profils cadrent mal avec l’histoire officielle à propos des « criminels ». Mais désormais, ces derniers ont un visage. Bien qu’ils restent sans paroles. Absents, et de toute manière inaudibles, dans le débat politique. Les autorités n’ont pas hésité à diffuser les captures d’écran de leurs visages enregistrés par les très nombreuses caméras de surveillance installées dans la capitale britannique. La Metropolitan Police a même lancé un appel - "Operation Withern" - sur son site internet. Les tabloïds en ont publié des dizaines, appelant leurs voisins à les dénoncer. De son côté, le New Labour, le parti travailliste, accompagna le pouvoir conservateur en évitant soigneusement d’évoquer la situation sociale. Ce parti tient en effet une grande part de responsabilité dans celle-ci, Tony Blair ayant poussé durant son règne la logique carcérale à son extrême pour « tenir » les classes populaires. De l’État Providence à… l’État Pénitence, comme l’a souligné depuis longtemps le sociologue Loïc Wacquant. De son côté, le quotidien libéral The Independent parle sans se poser trop de questions « d’émeutes shopping ». Les conservateurs de tous bords dénoncent une « culture de la violence », et bien sûr, réflexe facile, le « multiculturalisme »






La responsabilité des « élites » selon The Daily Telegraph








Nouvelle preuve de l’effondrement idéologique des gauches européennes, c’est le quotidien conservateur, The Daily Telegraph qui a peut-être le mieux décrit la situation actuelle. À peine quatre jours après les émeutes, The Telegraph parle en effet d’une « rébellion du sous-prolétariat », et explique que « ce n'est pas une coïncidence si ces troubles éclatent alors que l'économie globale est au bord de la chute libre». Deux jours après, un de ses éditorialistes les plus influents, Peter Oborne, en remet une grosse couche en estimant que « la criminalité dans nos rues ne peut pas être dissociée de la désintégration morale des plus hauts rangs de la société moderne britannique. Les deux dernières décénnies ont vu un déclin terrifiant des standards au sein de l'élite gouvernante britannique. Il est devenu acceptable pour nos politiciens de mentir et de tricher. (..) Il n'y a pas que la jeunesse sauvage de Tottenham qui a oublié qu'elle a des devoirs aussi bien que des droits, mais aussi les riches sauvages de Chelsea et Kensington ».

Peter Oborne dénonce ainsi l’élite londonnienne qui profite de la mondialisation « aussi déracinée et coupée du reste de la Grande-Bretagne que ces jeunes hommes et femmes sans emploi qui ont causé de si terribles dommages ces derniers jours. (..) Peu d'entre eux s'embêtent à payer leurs impôts britanniques s'ils peuvent les éviter et encore moins sentent un sens d'obligation envers la société, un sentiment pourtant naturel il y a encore quelques décades pour les riches et les mieux lotis ». Peter Oborne s’en prend également à l’élite politique en évoquant le scandale des dépenses des parlementaires révélé par The Daily Telegraph en 2009. Ainsi, parmi les plus virulents contre les jeunes jeudi au Parlement, le journaliste rappelle que le député Gerald Kaufman avait demandé le remboursement d'une télévision pour 8.865£ (près de 10.000 euros).

Oborne conlut alors son édito de cette manière : « le Premier Ministre excusait son erreur de jugement en embauchant l'ancien directeur de la rédaction Andrew Coulson en clamant que "tout le monde mérite une seconde chance", il était très parlant qu'il n'a pas parlé de seconde chance lorsqu'il a requis une punition exemplaire pour les émeutiers et les casseurs. Ces doubles standards de Downing Street sont symptomatiques des doubles standards répandus au sommet de notre société. (..) Bien évidemment, ces derniers sont intelligents et assez riches pour être certains qu'ils obéissent à la loi. Cela ne peut être dit des malheureux jeunes femmes et hommes, qui sans espoir et aspiration, ont causé tellement de désordre et de chaos ces derniers jours. Mais les émeutiers ont cette défense : ils suivent tout simplement l'exemple montré par les figures plus âgées et respectées de la société ».






De son côté, le tabloïd The Daily Mirror rappelle que Cameron eut également une jeunesse tumultueuse.






Et rappelons, en guise de conclusion provisoire, qu’actuellement en Grande-Bretagne, 1 million de jeunes de 16 à 24 ans sont officiellement au chômage, un chiffre jamais atteint depuis la crise des années 1980. Comme le rappelle The International Herald Tribune dans son édition de mercredi dernier : le nombre de chômeurs parmi les jeunes a quasiment doublé depuis la crise financière de 2008, avec aujourd’hui un taux de chômage moyen pour cette tranche d’âge de 20 %.






Bien sûr, en France, les responsables politiques se sont bien gardés de commenter ces derniers chiffres, préférant les visages d’émeutiers fantomatiques...

http://vagabondapproximatif.blogspot.com/2011/08/emeutiers-fantomes.html

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Europe
commenter cet article
22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 09:32

no_comment_tv.jpg

Nous publions, sous forme de tribune [1], un article paru le 18 août sur le site de « Fairness & Accuracy in Reporting » (FAIR) (Acrimed).

Les médias dominants ont souvent profité des allégations libyennes de victimes civiles des bombardements de l’OTAN pour tourner en dérision la vaine propagande du régime de Kadhafi [2].

Mais les nouvelles allégations dramatiques selon lesquelles de dizaines de civils ont été tués à Majer par des frappes de l’OTAN le 8 août ont été suivies d’un silence quasi total des médias.

Selon des officiels libyens 85 civils ont été tués à Majer qui est une ville au sud de Zliten, un endroit où il y a fréquemment des heurts et des frappes de l’OTAN. Il n’y a aucune raison pour laquelle les journalistes devraient croire cette affirmation. Mais les rapports convergent pour dire que quelque chose de grave s’est passé là. Selon l’agence France Presse (09/08/2011), « des reporters sont allés aux funérailles des victimes et ont vu 28 corps enterrés dans le cimetière local... Et 30 corps leur ont été montrés à la morgue de l’hôpital - dont deux enfants et une femme - ainsi que d’autres corps complètement déchiquetés ».

Le rapport de l’AFP incluait les dénégations de l’OTAN dont un porte-parole affirmait que la cible « était une cible militaire facilement identifiable ».

Un correspondant de Reuters (09/08/2011) « a compté 20 corps dans leur linceuls dans une pièce, certains étant posés les uns sur les autres... Au total, les reporters ont vu environ 30 corps à l’hôpital de Zlitan. » Le New York Times (10/08/2011) a publié un article de 170 mots à partir de la dépêche de Reuters qui disait : « On n’a pas trouvé d’armes dans les fermes, mais il n’y avait pas de corps non plus. Ni de sang ».

Amnesty International a réclamé une investigation dont le présentateur de CNN John King a parlé en ces termes (11/08/2011) : « Amnesty International a demandé à l’OTAN de faire une enquête pour déterminer si la frappe du lundi sur les forces de Mouammar Kadhafi avaient tué 85 civils libyens dont 33 enfants. L’OTAN a répondu qu’ils n’avaient aucune preuve à ce stade qu’il y ait eu des morts. »

Une recherche dans la base de données de Nexis fournit peu d’information en dehors de ce bref commentaire. Mais ce n’est pas parce que aucun reporter n’était présent. Le correspondant de CNN, Ivan Watson, a couvert des funérailles collectives après les frappes. Mais on ne trouve son compte-rendu que sur CNN International (10/08/2011). Watson y explique qu’il est allé voir « 3 ou 4 maisons qui ont été démolies par des sortes de missiles provenant du ciel. »

Il ajoute : « On nous a aussi montré une morgue où se trouvaient les corps d’au moins 25 personnes. La plupart semblaient être des hommes. Il y avait aussi quelques corps de femmes et d’enfants. »

Watson [3] dit aussi qu’il était « impossible de là où nous étions d’être sûrs que 85 personnes avaient été tuées mais il semble qu’au moins quelques femmes et enfants étaient au nombre des personnes tuées pendant la frappe mortelle. »

Le reportage de Watson sur CNN.com (10/08/11) incluait un interview avec un Libyen qui affirmait que 9 membres de sa famille, dont sa fille de deux ans, avait été tués dans l’attaque. Watson a aussi interviewé un homme qui enterrait sa fille.

Il est curieux que le reportage de Watson ait été diffusé aux téléspectateurs internationaux de CNN mais pas à ses téléspectateurs de l’intérieur du pays.

Mais Watson était apparu sur CNN quelques jour plus tôt alors qu’il était sur la scène d’une autre frappe de l’OTAN à Zliten. Le but de ce reportage (05/08/2011) était se suggérer que les affirmations officielles de morts civiles étaient douteuses. Dans ce reportage, Watson disait que lors d’une visite dans une école de droit qui avait été attaquée par l’OTAN, il avait trouvé « ce qui semble être les uniformes d’ici, des pantalons d’uniforme vert olive. Et puis nous avons vu des boîtes qui semblent bien avoir contenu des munitions. »

Les reportages qui visent à discréditer les affirmations libyennes concernant les victimes civiles ont été une constante de la guerre jusqu’ici —comme le prouve des titres comme « Le gouvernement libyen est incapable d’apporter la preuve que l’OTAN ait fait des victimes civiles » (Washington Post, 06/06/2011). Et « La Libye fait tourner sa machine de propagande » (New York Times, 07/06/2011).

Est-ce que les médias ignorent Majer parce qu’il ne s’agit que d’une tentative maladroite de propagande libyenne de plus ? Ou est-ce parce que cet événement pourrait entrer en conflit avec le message officiel selon lequel les civils libyens ne meurent pas dans les frappes de l’OTAN ? Quoi qu’il en soit, les médias dominants qui ont montré tant de zèle à démythifier les affirmations libyennes de victimes civiles devraient enquêter sur ce qui est arrivé à Majer. Sur le site web de la BBC, le reporter Matthew Price a publié un article « Qu’est-il vraiment arrivé à Zliten ? » (11/08/2011), qui témoigne d’un telle préoccupation. Il devrait y en avoir davantage.

 

Traduction : Dominique Muselet

http://www.acrimed.org/article3655.html

Original consultable sur le site de Fair.

 

Notes

[1] Les articles publiés sous forme de « tribune » n’engagent pas collectivement l’Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.

[2] Fair, 09/06/11.

[3] Reportage de Watson sur CNN international.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 11:58

50ieme-anniversaire-du-triomphe-de-la-Revolution-cubaine-.JPG

 

Le bougre savait montrer son étonnement, il manifestait un intérêt pour toute chose, Cuba certes et bien entendu, mais plus largement il évoquait aussi bien l'histoire et le présent de son parti communiste, dont il avait porté les couleurs lors d'une cantonale dépassant les 5%, bel exploit, mais aussi un coeur gros et parfois gros sur le coeur pour la défense de ses camarades de boulot avec son engagement sans faille à la CGT.

 

Raoul c'est également sa famille, ce qu'il aimait partager d'elle avec ses camarades, sa fierté pour ses enfants, son visage rayonnant quand il montrait tel ou tel cadeau de leur part, quand il racontait leur avancée dans la construction de leur vie,d' une telle importance pour lui.

 

Raoul un homme à part, sans calcul, sans égoisme, un extra terrestre en quelque sorte, quand il venait chez l'un ou l'autre c'était avec son duvet pour pas salir les draps et toujours le petit cadeau de l'amitié et des discussions passionnées, passionnantes sur Cuba, une curiosité digne d'un enfant, toujours en éveil, toujours à l'écoute, absorbant les mots de l'autre pour en faire les mots communs.

 

Naif pour certains, trop bon pour d'autres, de fait une générosité sans égale, un dévouement et un homme d'honneur, oui le mot est peut-être désuet mais c'est lui, tout lui.

 

Fraternel, humain,communiste jusqu'au tréfond de lui-même, cela aboutit bien sûr à ressentir les injustices à en être bouleversé sans avoir ni connaître pour autant les clés, les réponses appropriées pour que cela change tout de suite ce qui laisse ce goût amer...

 

Notre camarade luttait pour changer la vie, le monde, lourde tâche, tellement remise sur le métier que l'épuisement vous guette.

 

Le Che imprégnait tant Raoul que certains pouvaient y voir une sorte d'irrationnalité portant cela est se tromper du tout au tout, Raoul n'était ni mystique ni entré dans une religion nouvelle, celle de la Révolucion, Roul s'imprégnait du Che, de sa morale communiste et révolutionnaire, il donnait tout, il a tout donné, un être majestueux, un grand bonhomme.

 

La fête de l'Huma était l'instant des retrouvailles, il pouvait pleuvoir, Raoul rayonnait parmi les siens, il nous inondait de sa tendresse, de sa gentillesse et toujours ce temps trop court, si court qu'aujourd'hui les photos, les souvenirs nous étreignent tant nous nous sentons perdus, démunis, désemparés.

 

Beaucoup d'entre nous chercherons par instinct dans chaque rassemblement, dans chaque manifestation, dans toute initiative, cette formidable enfilade de drapeaux cubains qui servait de panache blanc auquel tous savaient y retrouver les camarades, cette canne à pêche qui surprenait tant les cubains et lors du cinquantième anniversaire du triomphe de la Révolution cubaine, ses et nos camarades du monde entier qui à la Havane se faisait photographier avec Raoul qui réussissait alors ce tour de force d'une Internationale autour de lui et de son étendard qui ondulait sous le vent cubain.

 

Alors nous pensons aux siens, à sa famille, leur souffrance est nôtre et nous leur disons notre affection, combien Raoul nous a donné et apporté, combien il nous a enrichi de ses mots, de sa présence.

 

Raoul tu nous manques.

 

50ieme-anniversaire-du-triomphe-de-la-Revolution-copie-1.JPG

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Parti Communiste Français
commenter cet article
18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 12:11

urss-lenine-proletariat-01.jpgNous retransmettons la conférence que Jean Salem, professeur de philosophie, a prononcée au siège du PCF le 22 juin 2011.

 

 

Jean Salem est de ceux, des rares, qui n’entendent pas laisser Lénine parmi les « chiens crevés » de l’histoire. La criminalisation du communisme, sans parler de celle du « socialisme réel », idéal dénigré par certaines directions communistes elles-mêmes, y conduit au bout de 25 « années de plomb ».

Il est temps de revenir sur l’actualité entière de la pensée de Lénine, avec laquelle le conférencier, auteur de plusieurs ouvrages, s’est longuement familiarisé.

L’impasse des révoltes de cette année 2011 y ramène tout autant.

« Lénine et la Révolution » : l’intitulé de la conférence renvoie au titre du livre de Jean Salem de 2006 (édition Encre Marine).

L’auteur reprend ce qu’il a résumé en six thèses de Lénine :

1- La Révolution est une guerre, la politique suivant l’art militaire. 

2- La Révolution politique ne peut être qu’une révolution sociale.

3- L’existence d’un parti d’avant-garde est nécessaire à ces batailles.

4- Ce Parti d’avant-garde doit trouver les mots d’ordre correspondant à la situation politique objective et à la vie des peuples.

5- La révolution va avec, nécessite même, une lutte pour des réformes, aussi loin de l’anarcho-syndicalisme que du réformisme.

6- A l’ère des masses, la politique commence là où des millions d’hommes se lèvent en observant le déplacement tendentiel des foyers de la révolution vers les peuples dominés.

Son écoute, argumentée d’exemples présents, est parlante.

 

http://vivelepcf.over-blog.fr/

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 12:08

Une-cahiers-communistes.png

Abonnement.png

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Parti Communiste Français
commenter cet article
18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 12:05

arton14388-ee8dc.jpgLes émeutes et le pillage n’ont pas été les seules violences perpétrées par les Anglais dimanche soir. Quelques heures avant que Cameron n’apparaisse à la télévision et ne jure de se venger des jeunes Britanniques qui s’étaient soulevés, les pilotes de ses bombardiers revenaient d’une opération qui avait causé la mort de 33 enfants, 32 femmes et 20 hommes libyens à Zlitan un village près de Tripoli. Cameron et les dirigeants de la France et des Etats-Unis essaient désespérément d’enrayer la déroute économique de la même manière que d’habitude, en massacrant un peuple du tiers-monde et en lui volant ses ressources.



C’est le contexte dans lequel il faut replacer ces émeutes. Notre mode de vie occidental est fondé sur la violence et le pillage. Ceux qui ne s’en rendent pas compte n’ont qu’à regarder comment les forces d’occupation occidentales ont transformé l’Afghanistan en un gigantesque champ de pavots à héroïne avec l’une des espérances de vie les plus basses de la planète, comment elles ont fait de l’Irak un enfer pour ses habitants dans le seul but de lui voler son pétrole, comment elles préparent l’invasion de la Syrie qui servira de prélude à la "solution finale" du "problème" palestinien et comment elles volent déjà les revenus du pétrole de la Libye que Kadhafi avait destinés au développement de l’Afrique mais qui à la place iront tout droit dans les caisses des usines d’armement occidentales pour acheter des armes aux rebelles racistes. Et je ne mentionne même pas l’extorsion du remboursement des prêts d’aide octroyés par l’Occident aux pays du tiers-monde dont les intérêts multiplient par 13 les sommes empruntées.

Nos jeunes ont été témoins de tout cela en grandissant. Ils voient très bien que l’Occident s’enrichit par de violents pillages. Ils voient bien aussi que plus de la moitié de leurs soi-disant "représentants" au Parlement ont systématiquement volé des télévisions, des produits électroniques, des vêtements et tout ce qu’ils croient pouvoir voler sans se faire prendre, en se livrant à des fraudes de grande envergure. Ils savent que la police tue des gens en toute impunité et que leurs communautés sont en permanence humiliées et harcelées par la police. Ils savent que les banquiers qui ont détruit les moyens d’existence de millions de personnes continuent à se verser des bonus prélevés sur les deniers publics.

Ils savent aussi qu’aucune de ces personnes ne sera sans doute jamais amené devant la justice pour y répondre d’un délit. La plupart des Membres du Parlement coupables de fraude sont toujours en place ou ont obtenu des postes lucratifs dans des entreprises à qui ils ont rendu des services quand ils étaient parlementaires. La police enquête sur elle-même et ne se trouve aucune faute. L’armée enquête sur elle-même et ne se trouve aucune faute. Tony Blair enquête sur lui-même et ne se trouve aucune faute. Les riches et les puissants démontrent aux jeunes jour après jour que pour réussir il faut voler, frauder et se montrer violent. C’est le monde dans lequel ils sont nés. C’est la moralité dans laquelle ils baignent. C’est l’air qu’ils respirent.

En comparaison de leurs modèles, la vaste majorité des jeunes émeutiers se sont très bien conduits. Les attaques sur les petits commerces, les maisons et les civils ont été des exceptions et non la règle ; les principales activités ont été de piller des supermarchés appartenant à de grands groupes et d’assiéger les commissariats. En faisant cela, les jeunes ont réussi à faire ce que personne d’autre n’a pu faire : mettre la police et les multinationales devant leurs responsabilités. Le message à la police a été très clair : vous ne pouvez pas tuer, battre et humilier en toute impunité. Plusieurs commissariats ont été complètement incendiés et les vacances d’été de toute la police de Londres ont été annulées. Quand des incidents comme le meurtre de Mark Duggan se produisent, ce n’est jamais dû à une "pomme pourrie" ; le parti pris de couvrir les fautes est systématique et provient d’une collusion à tous les niveaux. Quelques officiers de police vont peut-être y réfléchir à deux fois avant de se laisser entraîner dans des affaires douteuses à l’avenir.

Quant aux multinationales, l’efficacité de leur exploitation et de leur esclavagisation du tiers-monde a crée une telle pauvreté sur toute la planète que les gens sont de plus en plus incapables d’acheter ce qu’ils produisent. C’est la principale cause systémique de la crise économique. Ils ne le savent peut-être pas mais les multinationales que nos enfants ont attaquées sont bien la cause principale de leur pauvreté. Qui plus est, ces firmes emploient des techniques publicitaires qui ciblent impitoyablement nos enfants et véhiculent le message cruel selon lequel leur statut social dépend de l’acquisition de marchandises ; ils ne devraient pas faire semblant d’être surpris que nos enfants essaient aussi de les acquérir.

Avec leurs "pillages irresponsables" les jeunes privés de tout se sont en fait livrés à une forme primitive de redistribution de la richesse. Ce qu’ils ont fait d’une manière anarchique et spontanée est exactement ce que nous devrions faire d’une manière systématique et organisée. Nous avons besoin de créer des organismes qui se donneraient vraiment pour mission de mettre en place "un socialisme par la base" -en prenant le contrôle des usines, des chaînes de magasins et de terrains pour répondre aux importants besoins sociaux que le capitalisme est incapable de satisfaire. C’est cela la vraie Grande Société - celle qui fait si peur à Cameron et à sa clique.

Je ne blâme pas Cameron, ni les politiciens, ni les médias. Ce sont nos ennemis. Ils sont fidèles à leur classe sociale. Ils nous exploitent et nous mentent avec beaucoup de talent et d’efficacité. Ils font leur travail parfaitement bien. Je blâme ceux d’entre nous qui s’intéressent aux autres et qui veulent mettre fin aux privilèges de classe, au racisme et à l’impérialisme. Nous devrions nous lever, nous organiser et élire un leader et tant que nous ne le ferons pas, il sera vain et hypocrite de critiquer la jeunesse. Si nous nous déchargeons sur nos enfants de la tâche de rendre la police responsable de ce qu’elle fait et de répartir les richesses, il ne faudra pas s’étonner que, sans personne pour les guider et les conseiller, ils ne fassent pas du bon boulot.

 

Pour consulter l’original : http://rebelgriot.blogspot.com/2011/08/why-are-we-leaving-it...

Traduction : Dominique Muselet pour LGS

URL de cet article 14388
http://www.legrandsoir.info/pourquoi-laissons-nous-a-nos-enfants-le-soin-de-demander-des-comptes-a-la-police-et-de-redistribuer-la-richesse-the-rebel-griot.html
Repost 0
Published by valenton rouge - dans Europe
commenter cet article
18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 12:01

article_pinA_on-charlot-monique3.jpg

INTERVIEW – Certains riches veulent être plus taxés pour éponger les déficits publics. Une vaste hypocrisie, dénonce la sociologue Monique Pinçon-Charlot, spécialiste de la bourgeoisie...

Le patron de Publicis, Maurice Lévy estime que les Français les plus riches doivent participer à la réduction du déficit sous la forme d'une contribution fiscale exceptionnelle. Pierre Bergé y est également favorable. Mais pour Monique Pinçon-Charlot, co-auteur du Président des riches*, ce n’est rien d’autre que de la poudre aux yeux. Elle décrypte les vraies motivations des riches.

Comment analysez-vous l’appel de Maurice Lévy au paiement par les plus riches d’une contribution exceptionnelle pour éponger les déficits?

Cette idée est dans l’air du temps. Elle circule dans les cercles privés et les résidences huppées. Avec les révolutions arabes, les émeutes en Angleterre, la classe dominante sent les dangers explosifs de la situation actuelle.

A la suite de la sortie de notre livre Le Président des riches, nous avons passé 8 mois à sillonner la France.  Nous avons pu mesurer à quel point il y a un sentiment de révolte dans le pays de Nicolas Sarkozy parmi les classes moyennes et populaires.

Compte tenu des affaires Servier, Tapie, Bettencourt et Wildenstein qui touchent de près le président de la République, ses amis se devaient de faire un geste pour apaiser la tension. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la tribune de Maurice Lévy.

L’idée que les riches paient une contribution exceptionnelle est quand même une bonne nouvelle?

Payer une contribution exceptionnelle est le moyen pour les riches de se légitimer. Surtout qu’elle ne serait pas très contraignante. Maurice Lévy parle bien d’une taxe exceptionnelle. Cela sous-entend qu’elle sera provisoire.

Pour réellement bien faire, les riches devraient payer enfin leurs impôts en mettant fin à l’optimisation fiscale. Il faudrait une réelle réforme fiscale progressive où tous les revenus du travail et du capital seraient prélevés à la source pour éviter les niches et l’évasion.

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ne dit-elle pas que l’impôt «doit être également réparti entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés»?

Mais quand bien même, une contribution exceptionnelle serait appliquée, le montant resterait très symbolique au regard de leur richesse.

Pensez-vous qu’avec cette crise, en France, les riches vont devenir plus solidaires?

Rien ne va changer. Souvenez-vous en 2008, l’Etat français a volé au secours des banques à coup de milliards. Tout est rentré dans l’ordre très vite pour ces institutions. La preuve, elles se sont remises à verser des bonus à leurs dirigeants et à leurs traders. Regardez cette année, le plan de sauvetage de la Grèce. Il va alourdir l’endettement de la France de 15 milliards d’euros. Mais c’est un cadeau inouï aux grandes fortunes grecques qui sont les principales créancières du pays. Conclusion: on fait toujours des cadeaux aux plus riches.

A partir de quand est-on considéré comme très riche en France?

La grande richesse est multidimensionnelle. Bernard Arnault est l’homme le plus riche de France avec 21 milliards d’euros. Jean-Paul Gaultier, qui est la 500e fortune hexagonale selon Challenges est à la tête de 60 millions d’euros.  L’écart entre les deux est très important.

Mais la richesse est de plusieurs ordres. Au-delà de la richesse matérielle, il y a la richesse culturelle (tableaux et autres œuvres d’art…), sociale (cercles, réseaux…) et la richesse symbolique. Le riche est plutôt mince et redressé alors que le pauvre a tendance à souffrir d’obésité. Jamais les individus n’ont autant porté l’origine de leur classe sur leur corps. 

La grande richesse, c’est comme un iceberg. Quand on en voit une partie, il faut se dire qu’il y en a 100 fois plus en-dessous.


*Une nouvelle version enrichie du Président des riches sortira en librairie le 15 septembre aux éditions La Découverte.


Propos recueillis par Mathieu Bruckmüller

http://www.20minutes.fr/economie/771510-monique-pincon-charlot-les-riches-sentent-dangers-situation-actuelle

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 07:57

arton6054-4c83c.jpg

http://www.rougemidi.org/spip.php?article6054

 

 

Les événements qui parcourent depuis six mois la Libye, le Maghreb, le Machreq et les pays du Golfe arabique ont déjà ébranlé bien des certitudes antérieures, politiques et géostratégiques. Ils sont encore en cours, du Yémen au Maroc, de Syrie au Maroc et Palestine : on ne peut donc tirer aucun bilan définitif, savoir aujourd’hui si les peuples, palestinien ou égyptien, en tireront des bénéficies bien réels ou de nouvelles déconvenues. Mais on peut tout au moins repérer deux dimensions nouvelles de la situation créée ces derniers mois au sud et à l’est de la Méditerranée.

SARKOZY ET SES BUTS DE GUERRE.

D’abord, la nouvelle posture du pouvoir français, fer de lance avec Sarkozy des volontés guerrières de l’OTAN en Libye, à l’opposé des réticences chiraquiennes face à l’invasion de l’IRAK. Cette attitude théâtrale de chef des croisés d’Occident contre un Kadhafi assimilé au mal quelques mois après les embrassades parisiennes, prêterait à sourire s’il n’y avait des mots au bout. La volteface ne peut étonner, quand on sait la propension du président français au spectacle télévisuel en guise de réflexion politique. Tous les observateurs avertis l’ont noté : l’aventure guerrière en Libye, née de conseillers retords et d’hurluberlus « philosophes » d’alcôve et de salon comme Bernard Henri Lévy, est d’abord destinée à regonfler une popularité défunte en jouant des nostalgies coloniales de l’opinion française : les échéances électorales de 2012 s’approchent, quoi de mieux que de se poser en héraut du monde à reconstruire, quand même les dirigeants de la gauche française avouent leur goût pour le droit d’ingérence ; le succès est pourtant limité, les sondages l’attestent.

La France, marchand d’armes, ne cesse depuis quelques mois de faire la démonstration ( ?) de la valeur et l’efficacité de ses bombardiers et hélicoptères de combat, que l’on sait si difficiles à vendre. Ils ont, certes, détruit les capacités aériennes et en partie au sol de l’armée nationale libyenne, mais ont pour l’instant échoué à en tuer le chef ; seule une partie de sa famille en est morte, avec quelques milliers d’autres militaires ou civils : les éventuels acheteurs jugeront du bilan…

Le rôle moteur de la France au sein de la coalition, refusant avec Obama toute issue négociée proposée par Chavez ou l’Union africaine, exigeant le seul départ de Kadhafi au profit des insurgés de Cyrénaïque, ne peut que susciter quelques autres hypothèses.

1°- Kadhafi, quelque soit son passé, était depuis longtemps aligné sur les désirs occidentaux ; le pétrole libyen est depuis des années confiée à des compagnies privées anglo-saxonnes ou ouest européennes. Ce n’est donc pas pour obtenir ces avantages que Washington et Paris mènent la guerre ; mais Kadhafi est un partenaire imprévisible prêt à s’acoquiner avec des concurrents à des conditions plus avantageuse, venus des pays « émergents » comme le Brésil, l’Inde ou la Chine : cela ne sera pas si un régime pro-occidental est en place à Tripoli ou à Benghazi (où arrivent aujourd’hui l’essentiel des pipe-lines venus des champs pétrolifères du sud-libyen.

2°- Mais surtout, le moindre coup d’œil à la carte du nord de l’Afrique fait naître d’autres hypothèses incontournables.

Le désert saharien, partagé entre de nombreux états non industriels du fait de leur commun héritage colonial, possède de multiples ressources minières et énergétiques, largement inexploitées encore, et que lorgnent les multinationales d’Occident. Le pétrole et le gaz déjà exportés vers l’Europe par l’Algérie, la Libye, ne sont qu’un avant goût des réserves encore endormies dans le désert, au Niger, au Tchad et au Mali. Toujours en matière énergétique, c’est la société pour l’essentiel française Areva qui exploite aujourd’hui le minerai d’uranium du Niger, qui nécessite absolument les centrales nucléaires françaises. (Les ¾ de l’électricité de l’hexagone). D’autres gisements de pechblende attendent, que guignent bien des amateurs extérieurs, notamment asiatiques. Enfin, et cela ne relève plus de la science fiction mais de prospective boursière, un énorme projet de production d’électricité en couvrant le désert de panneaux solaires et d’éoliennes a vu le jour en Europe occidentale en 2009, sous le nom de Desertec.

Desertec ambitionne de fournir à terme 15 à 20% de l’électricité nécessaire aux industries européennes. Ses concepteurs et financiers sont allemands, banquiers et industriels, comme la Deutsche Bak, EON, RWE et Siemens. On parle d’investir à cet effet 400 milliards d’euros sur quarante ans au siège du consortium Desertec à Munich, qui négocie depuis deux ans avec les gouvernements africains du Maghreb, avec quelque succès semble-t-il au Maroc et en Algérie (EL Watan titrait le 23 juin « l’Algérie décide de coopérer avec l’initiative allemande Desertec »).

Dans le contexte ouvert par les « révolutions arabes », les promoteurs germaniques de Desertec continuent leurs approches, notamment auprès du nouveau gouvernement tunisien. Existe-t-il un lien entre ces contacts déjà engagés et la réticence allemande au sein de l’OTAN à engager ses troupes contre Kadhafi ? Rien ne permet de l’affirmer.

Il est vrai en tout cas que des financiers français ont eux aussi un projet de type Desertec, notamment ceux d’entre eux participant maintenant au capital d’EDF, et d’AREVA (projet Transgreen, devenu Medgrid). Il est évident que la mise en place en Libye, et même dans un état séparatiste de Cyrénaïque, d’un régime « ami » contrôlé par ces fiers démocrates du « gouvernement provisoire » de Benghazi (l’ex-ministre la justice de Kadhafi, qui organisa la détention et la torture d’infirmières bulgares, des chefs intégristes et tribaux) présenterait quelques avantages pour exploiter les richesses sahariennes. Car ces pétroles, gaz, électricité, minerais extraits du grand désert, ne peuvent être exportés vers l’Europe qu’en arrivant aux ports de Méditerranée. Un simple regard sur la carte suffit à constater que la Cyrénaïque, fief des insurgés libyens choyés au Quai d’Orsay, est le chemin terrestre le plus court vers les richesses sahariennes dont est friande l’industrie d’Europe occidentale.

Ce ne sont la, certes, qu’hypothèses : les secrets des dieux du capital ne nous seront pas révélés de sitôt. Hypothèses plausibles toutefois, si l’on en juge par les résultats de l’intervention française en Côte d’Ivoire : à l’intronisation de Ouattara, seul chef d’état occident présent, Sarkozy, tous sourires déployés, était accompagne de Bouygues et Bolloré, qui ne craignent plus de perdre leurs marchés au profit de quelque financier asiate…

UNE NOUVELLE STRATEGIE ARABE DES USA ?

Le discours impérial de Bush et ses amis « néoconservateurs » était quasiment religieux, « croisade contre l’intégrisme musulman ». Quand Obama lui succéda, son discours « humaniste » fit oublier quelque temps que l’impérialiste US n’avait rien perdu de sa virulence. En fait, Obama a renforcé la présence nord américaine en Afghanistan et renforcé le blocus contre Cuba. Mieux, adossé à l’OTAN, il est de plus en plus présent en Méditerranée et en Afrique, avec un discours plus lénifiant, expurgé des diatribes antimusulmanes de l’équipe Bush. Depuis quelques mois, profitant de la déstabilisation de nombreux états du Maghreb et du Moyen Orient, les Etats-Unis agissent en fonction d’une stratégie nouvelle au service de l’impérialisme continué. Ils n’hésitent pas à reprendre hypocritement à leur compte les critiques populaires contre les chefs d’état autoritaires et corrompus qu’ils avaient pourtant mis en place et soutenus, Moubarak l’égyptien, Bel Ali le tunisien.

Les services nord-américains ont même poussé les chefs des armées de Tunis et du Caire, formés aux USA et financés par Washington, à débarquer les « dictateurs » et à se proclamer garants et protecteurs du nouveau régime « révolutionnaire ». Les généraux qui, depuis la chute de Moubarak, assument le pouvoir « de transition » au Caire ont une tâche unique : étouffer par la ruse ou la force, les velléités populaires de réformes démocratiques et sociales, empêcher les grèves et museler les syndicalistes, préparer des élections sans risque en interdisant les partis trop critiques ; les communistes égyptiens, par exemple, si longtemps interdits et massacrés, ne pourront s’exprimer légalement s’ils ne publient la liste de milliers de militants, dans chaque région du pays ! A l’inverse, « le pouvoir de transition » pro-américain aide à s’implanter les « grands partis » d’inspiration libérale et conservatrice (y compris les cadres du régime Moubarak reconvertis) et les intégristes Frères Musulmans. En Tunisie, certains dirigeants de « la transition » poursuivent le même objectif, en faveur des intégristes d’Ennahda et des conservateurs fraîchement convertis aux vertus de « la révolution ».

L’objectif, conçu à Washington est clair : aboutir à un régime nouveau, plus consensuel, aligné sur les désirs de l’Occident par des dirigeants fermement attachés au capitalisme mondialiste, fidèles d’un « libéralisme » à l’occidentale, mâtiné du cache sexe du pluripartisme. Dans ce dispositif, les chefs militaires, fidélisés par leurs prébendes à Washington, jouent et joueront un rôle essentiel de contrôle des masses (les armées des pays dominés ne sont guère destinées à la défense nationale).

Mais, fait nouveau par rapport à la doctrine Bush, cette nouvelle ossature politique pro-occidentale inclut les mouvements intégristes, baptisés « modérés » parce que d’inspiration « libérale » et pro-occidentale. Peu importe, à Washington, que ces courants prônent une régression terrifiante des mœurs et des lois, la haine des minorités religieuses ou philosophiques, émeutes anti-coptes en Egypte, (pogroms contre les prostituées en Tunisie). Cette insertion des mouvements intégristes dans des pouvoirs pro-occidentaux ne fait, après tout, que reproduire un modèle déjà ancien : la meilleure alliée régionale des USA, l’Arabie Saoudite, propage grâce à ses pétrodollars, jusqu’en Afrique noire, l’idéologie intégriste. Israël, autre allié indéfectible de Washington, est aussi un état religieux affirmé.

La visée stratégique est claire, elle se met en place en Tunisie, en Egypte, et menace tout l’espace arabo-musulman, sous couvert de « révolutions démocratiques ». Elle devra compter avec les mouvements populaires, les aspirations fortes à la démocratise, aux mieux être, à l’indépendance nationale. Du Caire à Tunis ou Alger, rien n’est joué dans ce combat.

UN NOUVEAU YALTA ?

Face aux stratégies de l’impérialisme occidental, les peuples ont leur mot à dire. Mais il est vrai aussi que l’issue dépend en partie des relations entre grandes puissances.

Le temps n’est plus où l’URSS et ses alliés, cahin caha malgré tous leurs défauts et leurs erreurs, permettaient par leur existence même le développement des luttes de libération nationale. Quand, en 1956, les colonialistes français (le gouvernement socialiste Guy Mollet) ont envahi l’Egypte de Nasser avec les Britanniques en espérant stopper de ce fait l’insurrection algérienne, il a suffi au gouvernement soviétique de menacer d’intervention pour faire retourner les paras français dans leurs casernes. En 2011, les bombardements de l’OTAN en Libye ont été déclenchés et poursuivis avec l’accord tacite de la Chine et de la Russie, qui n’ont pas au Conseil de Sécurité de l’ONU employé le droit de veto dont ces pays disposent. Début juin encore, après plusieurs semaines de frappes aériennes, Poutine a approuvé les objectifs de guerre de l’OTAN, chasser Khadafi du pouvoir, et Pékin se tait. Par contre, le même pouvoir russe s’oppose à l’ONU à une condamnation du régime syrien, qui relève de sa zone d’influence depuis longtemps.

Tout se passe ces temps derniers, entre ces grandes puissances et l’impérialisme occidental, comme si un nouvel accord de Yalta régissait les relations internationales ; en dehors de toute considération de morale internationale, de tout respect des principes affirmés par la charte de l’ONU (égalité entre les nations, non ingérence), le monde est partagé en chasses gardées.

En vertu du modus-vivendi conclu par Staline, Roosevelt et Churchill à Yalta, la Résistance grecque fut écrasée par les royalistes avec le soutien britannique, et la Pologne eut un gouvernement communiste en 1946 au détriment de la droite polonaise, assez influente pour mener des actions de guérilla durant plusieurs années. Depuis la visite du président chinois aux USA et les accords tacites qui en ont résulté, les campagnes de subversion occidentale (par le biais d’internet notamment) contre la Chin au Sin-Kiang, au Tibet, et à propos de la Corés, se sont mises en sommeil. Et, parallèlement, les provocations pro-américaines contre la Russie en Géorgie, en Ukraine, ont pour l’instant cessé…

Il serait temps d’en revenir aux idéaux de la charte de l’ONU de 1945, qui n’ont plus guère cours au sein de l’ONU.

 

Francis Arzalier

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 07:54

douillet-carre.jpg

http://www.rougemidi.org/spip.php?article6058

 

A 42 ans, le judoka préféré de Bernadette, qui détient la médaille d’or du fayotage sarkozyste, a décroché à l’usure son strapontin ministériel de VRP électoral.

Vous avez dit bizarre ?.

Même François Fillon trouve "bizarre" la récente nomination imposée par Sarko du double champion olympique de judo David Douillet au poste improbable de secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger ("Le Canard", 27/7).

Un portefeuille créé de toutes pièces, mais pas vraiment sur mesure (117 kg pour 1,96m), alors que l’intéressé était depuis deux ans annoncé au ministère des Sports, y compris par lui-même...

Depuis son entrée au gouvernement, Douillet, qui commercialise toujours sous son nom rameurs et vélos d’appartement, galère pour justifier sa nomination :

"Lorsqu’il est venu déjeuner avec nous, explique le socialiste Richard Yung, l’un des 12 sénateurs des Français de l’étranger, il s’est lancé dans un long développement sur l’importance du sport dans la diplomatie..."

Dans une interview à "Paris Normandie" (1/8), le judoka quadruple champion du monde pédale de plus belle :

"Nicolas Sarkozy et Alain Juppé (...) m’ont dit que j’étais l’homme de la situation. En fait, c’était juste intelligent.".

Merci pour eux !.

"Car, en réalité, je suis un Français de l’étranger quelque part depuis l’âge de 30-32 ans, je les ai côtoyés avec l’équipe de France. (...) Je n’ai pas fais le rapprochement au départ, mais quand j’ai commencé à réfléchir à la problématique, cela est devenu clair".

Une petite ampoule s’est-elle allumée au-dessus de sa coupe en brosse ?

L’effort a dû le terrasser, car, depuis, Douillet, laissant son cabinet sur le pont s’occuper des assassinats de touristes, est parti en vacances faire du vélo dans le Var, à l’instar de son bien-aimé président.

En bon fayot qui, au moment de l’affaire de l’Epad, comparait Jean Sarkozy au jeune judoka surdoué Teddy Riner ?

"Il ne peut plus faire que du vélo comme sport, car il a le dos en compote !" le défend son chef de cabinet, Gérald Darmanin, qui cite l’existence d’un ministère des Citoyens établis à l’étranger au Portugal.

"Et au Mali !" rigole un ministre.

Deus pays d’émigration... Sarko chercherait-il à pousser les Français vers la sortie ?.

Agent électoral XXL.

En clair, le job de Douillet consiste à chouchouter les 2,2 millions d’expatriés qui vont élire pour la première fois leurs 11 députés des Français de l’étranger.

Le ministre des Transports, Thierry Mariani, qui doit se présenter dans la circonscription Asie, l’avoue sans fard :

"Les Français de l’étranger votent de moins en moins à droite : En 2007, Sarkozy a fait 54%, un point seulement au-dessus de son score national de 53%".

Et le président souhaite verrouiller dare-dare ce réservoir de voix.

Par Ippon ?.

Pour le reste, le décret d’attribution de Douillet limite sévèrement son rayon d’action stipulant que le secrétaire d’Etat "connaît des affaires relatives aux Français de l’étranger" seulement si le ministre Juppé les "lui confie", et sans même avoir la tutelle de la Direction des Français de l’étranger au Quai d’Orsay !

Le sous-ministre est d’ailleurs le dernier du gouvernement dans l’ordre protocolaire.

En un mois, dixit son chef de cab, Douillet a déjà visité 13 pays, et il en visitera 30 autres d’ici à décembre...

Des déplacements "inimaginaux", selon le lapsus qu’il a commis dès le lendemain de sa nomination, le 29 juin.

"Son numéro est déjà bien rodé, rigole le sénateur PS Yung, il fait une réception à l’ambassade pour la communauté française, et tout le monde se rue pour être pris en photo avec lui. C’est simple, la politique, non ?".

Simple comme une tournée en TGV spécial "Pièces jaunes" avec Bernie, sa première protectrice.

Sous-ministre à tout prix.

Depuis son élection comme député des Yvelines à l’occasion d’une législative partielle en octobre 2009, Douillet s’impatientait de ne pas entrer au gouvernement.

Il s’y voyait à chaque remaniement, renouvelant sans cesse ses offres de service.

Exemple : "Si Nicolas Sarkozy me proposait [le portefeuille des Sports],, j’accepterais" [1], une phrase qui lui a valu, l’été dernier, d’être sèchement remis à sa place par la titulaire du poste, Rama Yade :

"Il mériterait la ceinture noire du ridicule".

Et aussi la ceinture blanche du travail parlementaire : d’après les tables nominatives, il totalise en un an et demi deux questions au gouvernement et quatre séances où il est intervenu sur un texte !.

Et il n’a assisté qu’à un tiers des réunions de la commission des Affaires culturelles, selon "Rue 89" (12/7).

Son principal fait d’armes dans sa circonscription : avoir obtenu la fermeture prochaine de la maison centrale de Poissy, une des rares prisons françaises plébiscitée par les détenus.

En novembre 2010, Douillet, furieux de voir les Sports lui échapper in extrémis au profit de Chantal Jouanno, a boudé plusieurs semaines l’Assemblée, se souvient le député UMP Damien Meslot, qui le fréquente au sein du groupuscule de 15 élus créé par l’Elysée pour contrer Copé ainsi que dans le cercle plus large des proches de Xavier Bertrand.

Car c’est l’actuel ministre du Travail qui a véritablement lancé sa carrière politique, en le nommant secrétaire national de l’UMP aux Sports en mars 2009 et en le poussant à se présenter dans les Yvelines puis aux régionales de 2010.

Douillet semble, au passage, avoir oublié ses premiers mentors, les Chirac.

Jacques, dont il était le sumo attitré, et qui l’avait fait nommer au Conseil d’analyse de la société de ce cher Luc Ferry en 2004, l’année même où il était confortablement embauché à la direction des sports de Canal Plus.

Et Bernadette, avec qui il affirme sans rire ne jamais avoir fait de politique.

Ou alors à son insu, pendant l’opération "Pièces jaunes" ?

Le tataministre contre les "tapettes".

Il a pourtant des affinités avec elle :

"Il appartient à la droite dure, traditionnelle, voire nationaliste, opposée au mariage homosexuel et prônant le respect du drapeau", explique un jeune ministre qui le trouve "très sympa et malin".

Dans son autobiographie, "L"âme du conquérant" [2], Douillet défendait crûment sa conception de la "femme au foyer" :

"Si Dieu a donné le don de procréation aux femmes, ce n’est pas par hasard".

Le rappel d’une autre phrase par "Le Canard" (4/11/09) a provoqué sa fureur :

"On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes !"

"Tapettes" n’étant pas une injure homophobe, selon lui, mais devant être entendu au sens d’"homme qui ne s’assume pas".

Un terme technique, en somme.

Douillet est un faux gentil qui peut s’énerver.

Dans son instructive bio [3], le journaliste Arnaud Ramsay rappelle l’affaire Travelstore, cette agence de voyages où le judoka avait investi, et dont la faillite frauduleuse en 1997 lui avait valu e, 2000 une mise en examen pour "complicité et recel de banqueroute par détournement d’actifs", suivie, en 2002, d’une amnistie taillée sur mesure par Chirac (au cas où il aurait été condamné), et finalement un non-lieu, en 2004.

Son ex-associé a témoigné sur PV que Douillet était venu récupérer, séance tenante, sa mise de 400 000 francs de manière musclée...

Sur le plateau de Ruquier, en janvier 2009, le comique Jonathan Lambert rappelait aussi à Douillet, hilare, un épisode de jeunesse :

Il a un jour chopé le joueur de pingpong qui partageait sa chambre à l’Insep et l’a tenu par les chevilles au-dessus du vide pour qu’il accepte de troquer sa thurne [4]...

Pourvu que Sarko ne finisse pas suspendu au bout de sa pogne à une fenêtre de l’Elysée !.

 

Par David Fontaine dans Le Canard enchaîné du 10/08/2011

 

Transmis par Linsay

 

[1] Var-Matin 22/7/10

[2] Robert Laffont, 1998

[3] Editions du Moment, avril 2011

[4] terme d’argot pour désigner une chambre universitaire

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Neuilly et le 9.2
commenter cet article