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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 15:54
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http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10959
Des membres éminents des Comités populaires palestiniens de Cisjordanie planifient pour septembre des désobéissances et des troubles civils massifs contre les autorités de l’occupation israélienne, au moment où les Palestiniens présenteront aux Nations-Unies leur dossier pour un État.

"Nous n’arrêterons pas tant que n’aurons pas la liberté et l’indépendance.
C’est écrit sur le mur."

 

« Nous envisageons de descendre en masse dans les rues » déclare à IPS Musa Abu Maria, l’un des principaux dirigeants du Comité populaire de Beit Ummar, une ville à 11 km au nord d’Hébron, dans le sud de la Cisjordanie.

« Nous allons bloquer complètement les grandes routes qui desservent les colonies illégales d’Israël. Nous marcherons sur les colonies. Mais cela se fera dans la non-violence, les manifestants seront pacifiques.

« Nous avons travaillé à des stratégies créatives pour attirer plus fortement l’attention de la communauté internationale et des médias mondiaux sur l’occupation. Nous nous coordonnerons avec nos sympathisants internationaux en Europe et en Amérique pour que s’amplifie la reconnaissance internationale de la situation difficile des Palestiniens, alors que le vent tourne en notre faveur » poursuit Abu Maria.

Le gouvernement, les agences de renseignements et les forces de sécurité d’Israël se sont préparés pour une éruption des manifestations palestiniennes en septembre et ils s’attendent à ce que l’Assemblée générale des Nations-Unies appuie à une majorité écrasante la candidature palestinienne à l’indépendance.

Les forces de sécurité du pays ont effectué des exercices militaires en préparation d’affrontements massifs. Dans le même temps, la direction politique s’est lancée dans un tour d’Europe pour tenter d’obtenir des « pays européens de qualité » - les propres termes du gouvernement israélien - leur soutien et leur vote contre un État palestinien.

Le gouvernement israélien espère que les membres économiquement et politiquement les plus importants des Nations-Unies se rangeront du côté d’Israël, sachant qu’environ 140 États membres des Nations-Unies, « des pays en voie de développement et du Tiers Monde » entre autres, devraient voter en faveur de la Palestine.

Le gouvernement israélien est si inquiet que lundi il a menacé d’abroger les Accords d’Oslo de 1993 en réaction au projet de l’Autorité palestinienne de septembre. Selon des sources gouvernementales, ce n’est là qu’une des alternatives que le gouvernement israélien envisage pour contrer les pressions politiques.

Les Palestiniens ont le vent en poupe avec leur stratégie.

La semaine dernière, dans une initiative politiquement révolutionnaire, indépendante de l’officielle Autorité palestinienne et de la direction Hamas, plus d’un millier de militants et dirigeants politiques de premier plan, de l’ensemble des forces politiques, ont convergé vers Beit Ummar pour une conférence de trois jours destinée à planifier la stratégie palestinienne pour mettre fin à l’occupation israélienne.

Cette conférence de trois jours s’est tenue en trois villages différents, là où se déroulent les plus fortes manifestations hebdomadaires du vendredi contre l’expropriation de la terre palestinienne au profit des colonies israéliennes illégales.

Des représentants du Hamas, du Fatah, du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine) et du FDLP (Front démocratique de libération de la Palestine), parmi d’autres, ont convenu qu’ils appelleraient les leurs à lancer des campagnes de désobéissance civile massives dans toute la Cisjordanie en septembre.

« Nous avons dit aux différents dirigeants que s’ils voulaient faire passer leur propre parti politique avant la libération, ils n’étaient pas les bienvenus dans l’initiative. Mais que s’ils étaient déterminés à œuvrer pour la libération et l’unification de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, politiquement et géographiquement, alors ils avaient notre soutien », a déclaré Abu Maria.

Selon Younis Arrar, dirigeant du Fatah, membre de la direction du Comité populaire de Cisjordanie et permanent de l’Autorité palestinienne, l’appui de l’ensemble des dirigeants palestiniens a été acquis.

« Ils feront descendre leurs militants et sympathisants dans les rues par milliers, sur une grande échelle. Nous ne parlons pas des villages palestiniens qui organisent actuellement des manifestations ponctuelles, mais de dizaines de grandes cités, villes et villages palestiniens à travers les territoires qui répondront à l’appel » indique Arrar à IPS.

Et il ajoute :

« Les Israéliens ont plus peur des troubles civils massifs non violents que de toute autre chose. Ils espèrent que nous passerons à la violence, car alors ils pourront user de leur force militaire supérieure pour nous écraser, comme ils l’ont toujours fait. Mais nous nous en tiendrons à une résistance non armée.

« Je crois que les Israéliens vont faire en sorte qu’il y ait au moins quelques victimes, par des tirs tendus de grenades lacrymogènes à haute vélocité ou à balles réelles, comme ils l’ont fait régulièrement dans le passé ».

Certaines des manifestations programmées en Cisjordanie incluent des rassemblements et autres manifestations à vélo, sur des thèmes politiques. Dans le village cisjordanien de Nabi Saleh, les villageois ont monté des tentes, style révolution égyptienne, pour mettre en évidence le vol de leur terre au profit de la colonie israélienne limitrophe de Halamish.

En plus de l’organisation de ces marches et manifestations de masse, le Comité populaire travaille avec différentes organisations populaires en Europe, notamment avec les militants des campagnes de BDS (Boycotts, Désinvestissements et Sanctions), pour organiser parallèlement des manifestations et marches tout en appelant au boycott économique des biens et produits israéliens.

Abu Maria pense que si la direction palestinienne n’est pas dynamique pour conduire le peuple dans le proche avenir, alors c’est le peuple lui-même qui organisera sa propre révolution. C’est ce qui s’est passé durant la Première Intifada où l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) a dû suivre l’exemple de la rue palestinienne quand s’est déclenché le soulèvement en 1987.

Abu Maria : « Je me suis engagé politiquement dès l’âge de 15 ans où j’ai été emprisonné pour la première fois par les Israéliens. J’ai les yeux et les oreilles grands ouverts, j’ai de nombreux contacts et je sais ce que pensent les gens ici. Nous n’arrêterons pas tant que n’aurons pas la liberté et l’indépendance. C’est écrit sur le mur ».

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 15:47

 

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http://www.lepost.fr/article/2011/08/06/2563800_iran-il-y-a-une-bonne-coordination-irano-americaine-contre-le-pjak.html

 

 

Alors que le régime iranien poursuit ses opérations tout au long de la frontière avec l'Irak depuis 16 juillet sous prétexte de combattre le PJAK, Parti pour une vie libre au Kurdistan, une source iranienne citée par Inter Press Service (IPS) parle d'une « bonne coordination entre l'Iran et les Etats-Unis », lors des opérations menées contre cette organisation kurde.

Sous l'ombre du programme nucléaire iranien, une alliance irano-américaine se manifeste lorsqu'il s'agit des kurdes, un peuple divisé entre quatre pays. Une source iranienne, fiable dans le passé selon IPS,  affirme que les drones américaines ont observé les combats et n'ont rien fait pour les arrêter. «Il y avait une bonne coordination (entre l'Iran et les Etats-Unis) pour détruire cette organisation terroriste » confie cette source sous couvert d'anonymat.

Une approbation tacite des Etats-Unis pour les raids iraniens était "tout à fait plausible», pour Patrick Clawson, un expert du Moyen-Orient à l'Institut de Washington, cité par IPS.

Le député kurde irakien Mahmoud Osman avait également dénoncé  l'alliance antikurde entre l'Iran, Irak et la Turquie, mais aussi le soutien des américains, selon des medias kurdes. « Le silence, c'est l'affirmation, ce qui prouve qu'il y a une un accord entre l'Iran, Irak et la Turquie » avait-il souligné.  « Évidemment, l'Amérique apporte aussi son soutien. Il est à coté de la Turquie sur ce sujet et partage des renseignements avec la Turquie, et la Turquie les transmet à l'Iran. Il y a une alliance entre ces trois pays. »

REUNION SECRETE

De son coté, le dirigent du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Murat Karayilan, a affirmé que les drones américains survolait le Mont Qandil pendant l'opération iranien à la frontière. Les américains partagent des renseignements avec la Turquie, et cette dernière les transmet à l'Iran, selon ce dirigent.

Selon des informations obtenues, le régime iranien a demandé aux autorités kurdes de participer à l'opération militaire, lors d'une réunion tripartite entre l'Iran, l'Irak et la région autonome du Kurdistan, déroulée le 28 janvier 2011 à Piranshar, une ville frontalière au Kurdistan iranien, en présence du ministre de l'intérieure kurde Karim Sinjari et Nazim Omar, représentant kurde à Téhéran.

Même si cette proposition a été rejetée par les kurdes, tout en acceptant de fermer les yeux devant les attaques, le régime iranien tente toujours déclencher une guerre entre les kurdes, en faisant alliance notamment avec les groupes islamistes kurdes.

Les soupçons sur la participation de commandos turcs aux opérations menées par l'armée iranienne contre le PJAK, avaient également été renforcés fin juillet par un nouveau témoignage.  Au moins cinq commandos turcs auraient été tués dans des affrontements avec le PJAK sur le sol iranien au cours des opérations militaires, lancées par l'armée iranienne sur la frontière, avait affirmé un milicien kurde. « Je les ai vu des mes yeux » avait dit Souleiman Jahidi, un "gardien de village", membre d'une milice créée par les autorités iranienne pour contrer les guérillas.

Les 21 juillet, des sources kurdes avaient affirmé qu'au moins 300 commandos turcs ont été passés à la frontière iranienne sur Esendere, dans la province de Hakkari (Kurdistan de Turquie). L'entrée des vingt autres blindés turcs sur le sol iranien avait été signalée le 25 juillet.

Au moins trois civils kurdes, dont un enfant de dix ans, ont été tués par les bombardements iraniens sur les villages de Hajj Omran et Sidekan, dans la région autonome du Kurdistan irakien, depuis début de l'opération militaire.  Onze autres civils ont été blessés, 35 villages endommagés et des centaines de personnes déplacées, selon les autorités kurdes.

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 15:44

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



5-cub.jpgLe Sénat belge a exigé l'intervention du gouvernement des États-Unis pour en finir avec l'injustice dont sont victimes les Cinq, à travers une résolution adoptée après plusieurs années de travail inlassable du Comité belge pour la libération des anti-terroristes cubains.



La résolution, élaborée par la sénatrice du Parti socialiste Fatiha Saïdi, fut adoptée début juillet et rendue publique récemment.



La sénatrice Fatiha Saïdi a pris cette initiative après une seconde rencontre en octobre 2010 avec Olga Salanueva et Adriana Pérez, épouses de René González et Gerardo Hernández, au Parlement fédéral belge. Lors de cette rencontre étaient présents des députés et sénateurs de sept partis politiques : les partis sociaux-démocrates sp.a et PS, les partis démocrates-chrétiens cdH et CD&V, le parti nationaliste flamand N-VA et les partis écologistes Groen ! et Ecolo.



La résolution fut présentée à la Commission des affaires étrangères du Sénat par la sénatrice Fatiha Saidi et la sénatrice et ancienne ministre Marie Arena et a obtenu le soutien de 48 sénateurs issus de neuf partis politiques. On a seulement enregistré 3 votes contre et 2 absentions.



Dans la résolution, les sénateurs constatent que les Cinq endurent des peines sévères, suite à un procès qui a été remis en cause par Amnesty International, par le Groupe de travail sur les détentions arbitraires de l'ONU et par de nombreuses ONG. Ils constatent également que les droits de visite des proches sont violés.



Désormais qu'on arrive au bout des recours par la voie judiciaire classique, les sénateurs Belges prennent en considération le pouvoir dont dispose le président des États-Unis à accorder la grâce, à réduire les peines ou à annoncer une amnistie comme ultime recours pour obtenir la liberté des Cinq.



Les sénateurs belges demandent à leur gouvernement d'utiliser toute l'influence diplomatique à leur disposition pour obtenir la libération des Cinq et mettre la question à l'ordre du jour des réunions bi-latérales avec les États-Unis.



Ils demandent également au gouvernement de faire savoir à l'ambassadeur des États-Unis en Belgique que les belges sont préoccupés par la situation de ces hommes, leur détention et leurs conditions de détention. Ils demandent aussi de lui transmettre la requête du Parlement belge au Président des États-Unis afin qu'il gracie les « Cinq de Miami », commue la peine en une peine plus légère, ou les soumette à un procès juste dans un autre État.



Les sénateurs belges concluent en invitant leur gouvernement à présenter cette résolution aux autorités des États-Unis (Congrès et Sénat des Etats-unis et Président des Etats-unis) pour les informer des préoccupations du peuple belge concernant le sort des « Cinq de Miami ».



Une résolution similaire fut présentée à la Commission des affaires étrangères de la Chambre du Parlement belge, où on attend sa mise au débat.



Article initial de Katrien Demuynck, publié sur le site CubaDebate

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 15:40

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http://www.monde-diplomatique.fr/2011/02/LEMOINE/20123

 

 

En décembre 2010, le Brésil, l’Argentine, la Bolivie, le Guyana puis l’Equateur ont reconnu l’Etat palestinien « à l’intérieur des frontières de 1967 » — rejoignant ainsi le Costa Rica, Cuba, le Nicaragua et le Venezuela, qui l’avaient fait dès sa proclamation, en 1988. Une nouvelle preuve de l’émancipation d’une région où Israël a souvent facilité la mise en œuvre de la politique américaine ?

Par Maurice Lemoine

« Par l’intermédiaire de cette lettre, le Brésil reconnaît l’Etat palestinien, dans ses frontières de 1967 » : ainsi commence le courrier adressé par M. Luiz Inácio Lula da Silva, le 3 décembre 2010, au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Pour spectaculaire qu’elle paraisse, l’annonce ne constitue nullement un précédent. Lorsque, se référant à la résolution 181 (novembre 1947) de l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) proclama, en novembre 1988, la création de cette entité, celle-ci fut immédiatement reconnue, en Amérique latine, par Cuba, le Venezuela, le Nicaragua et le Costa Rica. Mais on en resta là.

Il faut attendre 2009 — il s’agit ici d’un raccourci — pour que le Proche-Orient refasse spectaculairement surface dans la région. Le 6 janvier, accusant Israël « d’avoir mis en œuvre une utilisation planifiée du terrorisme d’Etat contre le peuple palestinien » lors de l’opération « Plomb durci » à Gaza, le président vénézuélien Hugo Chávez rompt ses relations diplomatiques avec Tel-Aviv, immédiatement imité par la Bolivie, d’où M. Evo Morales fustige le « Conseil d’insécurité » de l’ONU. Le Venezuela échangera des ambassadeurs avec la Palestine dès le mois d’avril suivant.

A Caracas et à La Paz, comme à La Havane ou Managua, nul n’oublie la traditionnelle politique de Tel-Aviv, parfait supplétif de l’Oncle Sam quand celui-ci veut se faire discret. Ainsi lorsque, en 1977, le président américain James Carter interrompt les ventes d’armes au Guatemala, en raison des violations massives des droits humains, Israël prend le relais. Durant l’insurrection sandiniste (1979), ses fournitures à la garde nationale du Nicaragua ne s’interrompront que quinze jours avant la fuite du dictateur Anastasio Somoza.

Officier à la retraite de l’armée israélienne ayant formé et entraîné en Colombie, en 1988, des « narcoparamilitaires », le mercenaire Yair Klein a récemment déclaré que ses agissements étaient à l’époque « approuvés par les gouvernements israélien et colombien (1) ».

Sérieux contentieux avec Israël

En Colombie, pays des massacres et des fosses communes, le ministre de la défense Juan Manuel Santos (aujourd’hui président) a reconnu, en 2008, une étroite coopération : « Le terrorisme se combat surtout et avant tout par le renseignement et, en la matière, Israël peut nous aider et apporter beaucoup (2). »

Liée à l’establishment militaire de Tel-Aviv, l’entreprise de sécurité privée CST Global — pour n’évoquer qu’elle — a passé de très gros contrats avec les gouvernements colombien, péruvien et hondurien, et entraîne leurs forces de répression (3). Bref, il existe un sérieux contentieux entre les forces progressistes du continent et Israël.

C’est toutefois dans un autre registre que les événements se précipitent depuis décembre dernier, l’Argentine, la Bolivie, l’Equateur, le Chili et le Guyana (président en exercice de l’Union des nations sud-américaines [Unasur]) ayant emboîté le pas au Brésil, ainsi, plus tard, que le Pérou, qui, du 13 au 16 février, accueillera le sommet Amérique du sud - pays arabes (ASPA). L’Uruguay et le Paraguay annoncent qu’ils feront de même en 2011.

Tous n’avancent pas du même pas : alors que Brasília, Quito, La Paz et Buenos Aires mentionnent explicitement les frontières en vigueur avant la guerre des six jours (1967) — concernant la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est —, le Chili et le Pérou évitent cette claire condamnation de l’occupation. Toutefois, au-delà de cette différence qui n’a rien d’anodin, une combinaison de facteurs explique la convergence entre des Etats aux positions progressistes plus ou moins affirmées et des gouvernements considérés proches de Washington.

Revendiquant un siège de membre permanent au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, le Brésil réaffirme son rôle de puissance émergente et expédie une réponse dépourvue d’ambiguïté aux Etats-Unis qui ont accueilli avec dédain sa tentative de médiation, en 2010, en compagnie de la Turquie, dans la crise iranienne.

Une réprobation grandissante

Comme le Brésil, les autres pays de la région ont de bonnes raisons d’envoyer un signe d’amitié aux pays arabes et du Proche-Orient : ils s’ouvrent commercialement à cette partie du monde, depuis le premier sommet de l’ASPA, en 2005. Indépendamment de son alignement sur Washington, le Chilien Piñera doit compter, en interne, avec une communauté palestinienne d’environ quatre cent mille personnes — la plus importante numériquement hors sa sphère d’origine (4). Enfin, il est difficile, même à un pays aussi droitier que le Pérou, de se tenir à l’écart de la dynamique régionale d’intégration.

Comme il se doit, face à cette reconnaissance massive, chacun joue sa partition. Le porte-parole de la Chambre des représentants américaine l’a estimée « contre-productive ». Côté israélien, on dénonce « ces nouvelles manœuvres » entreprises par les Palestiniens. Parfaitement synchrone, la ministre des affaires étrangères colombienne María Angela Holguín a (sans rire) précisé : « Quand il y aura la paix avec Israël, nous reconnaîtrons la Palestine (5). »

Il n’empêche, ce tournant reflète l’indépendance nouvelle de l’Amérique latine et la réprobation grandissante devant l’impasse des pourparlers directs que favorise l’apathie complice des Etats-Unis au Proche-Orient.

Maurice Lemoine.

Journaliste, auteur de Cinq Cubains à Miami, Don Quichotte, Paris, 2010.

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(1) Adriaan Alsema, « Israeli mercenary threatens to blow whistle on Colombian officials », Colombia Reports, Medellín, 21 novembre 2010.

(2) BBC Mundo, 5 juillet 2008.

(3) Au Honduras, les protagonistes du coup d’Etat de juin 2009 ont utilisé du matériel technologique israélien de pointe pour tenter de casser la résistance des partisans du président Manuel Zelaya.

(4) Il existe par ailleurs, dans tous ces pays, une communauté syro-libanaise jouissant d’un statut politique et économique important.

(5) El Tiempo, Bogotá, 1er janvier 2011.

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 15:36
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http://www.slate.fr/story/39483/goldman-sachs-provoque-crise-alimentaire
Goldman Sachs a créé un indice boursier sur les matières premières qui a déstabilisé le système. Et après la crise de 2008, les investisseurs se sont tournés vers ce secteur, contribuant ainsi à la formation d'une «bulle alimentaire».

 

 

L’offre et la demande y sont évidemment pour quelque chose, mais la hausse des prix des denrées alimentaires constatée à travers le monde a une raison plus profonde: la gourmandise de Wall Street.

Le Goldman Sachs Commodity Index

Il aura fallu les grands cerveaux de Goldman Sachs pour réaliser une chose toute simple: rien n’a plus de valeur que notre pain quotidien. Et là où il y a de la valeur, il y a de l’argent à se faire. En 1991, les banquiers de Goldman, avec à leur tête le président visionnaire Gary Cohn, ont conçu un nouveau produit dérivé financier composé de 24 matières premières, des métaux précieux à l’énergie, en passant par le café, le bétail, le maïs, les porcs, le soja et le blé. Ils ont pondéré la valeur d’investissement de chacune d’elles, ont mélangé et transformé les parties en montants, puis ont réduit ce qui constituait un ensemble compliqué d’éléments tangibles en une simple formule mathématique, baptisée dès lors «Goldman Sachs Commodity Index» (indice de matières premières GSCI).

Pendant près de dix ans, l’indice GSCI a été un produit de placement relativement statique, les banques étant davantage intéressées par les placements risqués et les obligations structurées que par tout ce qui peut être semé ou récolté. Puis, en 1999, la CFTC, organisme indépendant chargé de réglementer les marchés à terme aux Etats-Unis, a ouvert les marchés à terme aux investisseurs extérieurs. Alors que l’intervention sur les marchés agricoles était jusqu’à présent limitée aux opérateurs physiques, et ce depuis la crise de 1929, les banques ont pu désormais prendre la position qu’elles souhaitaient.

Des «contrats à terme» pour garantir une stabilité

Ces changements ont alors touché les grandes bourses de Chicago, Minneapolis et Kansas City, qui avaient contribué, pendant 150 ans, à la stabilité relative du prix des denrées alimentaires au niveau international. Le secteur agricole peut paraître bucolique, mais il est volatil par nature et soumis aux vicissitudes de la météo, des maladies et des catastrophes. Créé après la Guerre de Sécession par les fondateurs d’Archer Daniels Midland, de General Mills et de Pillsbury, le système de trading des contrats à terme de céréales a contribué à faire des Etats-Unis un poids lourd de la finance, capable de rivaliser avec l’Europe, voire de la surpasser. Les marchés agricoles ont également protégé les agriculteurs et les meuniers américains contre les risques inhérents à leur profession.

L’idée de base était le «contrat à terme», un accord entre vendeur et acheteur de blé sur un prix du boisseau raisonnable (et ce avant même qu’il n’ait poussé). Ces contrats à terme ont non seulement permis de garantir le prix stable du pain à la boulangerie (ou plus tard au supermarché), mais ils ont également aidé les agriculteurs à se prémunir contre les périodes de vaches maigres et à investir dans leurs fermes et leurs affaires. Résultat: au cours du XXème siècle, le prix réel du blé a baissé (malgré une ou deux hausses, notamment lors de la spirale inflationniste des années 1970), ce qui a stimulé le développement du secteur américain de l’agrobusiness. Après la 2nde Guerre mondiale, les Etats-Unis ont systématiquement enregistré des excédents agricoles, ce qui a constitué un élément fondamental de leur stratégie politique, économique et humanitaire durant la Guerre Froide (sans compter que les céréales américaines ont nourri des millions de personnes affamées dans le monde).

Les acteurs vs les spéculateurs

Les marchés à terme comprenaient au départ deux types d’acteurs: les fermiers, les meuniers et les grossistes, les acteurs du marché qui sont véritablement intéressés par les fondamentaux du marché agricole. Il ne s’agit pas seulement des producteurs de maïs de l’Iowa ou des producteurs de blé du Nebraska, mais de grandes multinationales comme Pizza Hut, Kraft, Nestlé, Sara Lee, Tyson Foods et McDonald's, dont les actions à la bourse de New York varient selon leur capacité à approvisionner les gens en voiture, à leur domicile et dans les supermarchés à des prix compétitifs. Ces acteurs du marché sont appelés bona fide hedgers, car ils ont réellement besoin d’acheter et de vendre des céréales.

A l’opposé se trouve le spéculateur. Le spéculateur ne produit et ne consomme pas de maïs, de soja ou de blé; il ne saurait pas où stocker les 20 tonnes de céréales qu’il est susceptible d’acheter à tout moment si jamais elles lui étaient livrées. Les spéculateurs ont recours à une méthode classique, celle qui consiste à acheter à bas prix dans l’espoir de revendre plus cher. Les opérateurs physiques ont vu d’un bon œil l’arrivée des spéculateurs traditionnels sur leur marché; leurs ordres de vente et d’achat permanents donnent sa liquidité au marché et permettent aux bona fide hedgers de gérer les risques en vendant et en achetant quand ils le souhaitent.

Goldman Sachs à l'origine du boulversement

Mais l’indice de Goldman Sachs a déstabilisé ce système. La structure de l’indice GSCI a occulté la pratique vieille de plusieurs siècles consistant à acheter et vendre dans le même temps. Ce nouveau produit dérivé est long-only, ce qui signifie qu’il a été conçu uniquement pour acheter des matières premières. Cette stratégie long-only est motivée par l’intention de transformer un investissement sur les matières premières (jusqu’alors réservé aux spécialistes) en ce qui ressemble fortement à un placement dans un actif (une catégorie d’actifs dans laquelle n’importe qui peut placer son argent et le laisser fructifier pendant des dizaines d’années, sur le modèle de General Electric ou d’Apple). Quand le marché des matières premières commence à ressembler davantage à un marché financier, les banques peuvent espérer de nouveaux afflux de liquidités. Mais cette stratégie long-only comporte une faille: l’indice GSCI ne comprend pas de mécanisme pour vendre une matière première (vente à découvert ou position courte).

Ce déséquilibre a eu des répercussions sur la nature même du marché des matières premières, les banques se retrouvant contraintes d’acheter encore et encore (et ce, peu importe à quel prix). Quand l’échéance des contrats à terme sur les indices de matières premières approchait, les investisseurs long-only devaient reconduire leurs positions d’achat de plusieurs milliards de dollars dans le cadre des prochains contrats à terme, deux ou trois mois plus tard. Et l’effet à la baisse sur les prix des positions courtes n’étant pas pris en compte dans l’indice GSCI, les traders professionnels pouvaient faire d’énormes bénéfices en anticipant les fluctuations du marché que ces «roulements» finiraient par causer. «Je gagne ma vie avec de l’argent stupide», a déclaré Emil Van Essen, trader sur les matières premières, à Businessweek l’année dernière. Employés par les banques qui avaient justement crée les fonds indiciels sur matières premières, les traders sur matières premières ont surfé sur la vague du profit.

Les banques sachant reconnaître un système lucratif, des dizaines de spéculateurs n’intervenant jamais sur le marché physique (non-physical hedgers) ont rapidement suivi l’exemple de Goldman Sachs et son indice de matières premières, notamment Barclays, Deutsche Bank, Pimco, JP Morgan Chase, AIG, Bear Stearns et Lehman Brothers, pour n’en citer que quelques-uns. Les conditions étaient propices à une inflation des prix alimentaires, qui, au final, a pris de court certaines des plus grandes entreprises américaines dans l’industrie meunière, l’industrie agroalimentaire et le secteur de la grande distribution, et a créé une onde de choc dans le monde entier.

Face à la crise de 2008, les investisseurs se sont tournés vers les matières premières

L’histoire se raconte avec des chiffres. Depuis l’éclatement de la bulle Internet en 2000, la quantité de dollars investis dans les fonds indiciels sur matières premières a été multipliée par 50. Concrètement, en 2003, le marché à terme des matières premières ronronnait encore à 13 milliards de dollars (8,98 milliards d'euros). Mais début 2008, quand les investisseurs ont commencé à s’affoler à cause de la crise financière mondiale et à perdre confiance dans le dollar, la livre sterling et l’euro, ils ont vu dans les matières premières (et notamment les denrées alimentaires) le dernier endroit sûr pour placer l’argent de leurs fonds spéculatifs, fonds de pension et fonds souverains. «Des gens qui n’avaient aucune idée de ce qu’était une matière première se sont soudain mis à en acheter», raconte un analyste du ministère américain de l’Agriculture. Au cours des 55 premiers jours de 2008, les spéculateurs ont investi 55 milliards de dollars dans les marchés de matières premières et en juillet, c’est 318 milliards de dollars (219 milliards de dollars) qui ébranlaient les marchés. Depuis, l’inflation des prix agricoles s’est stabilisée.

L’argent circulait et les banques avaient sous la main tout un ensemble de nouveaux produits dérivés pour les marchés de denrées alimentaires. Régis par les prix du pétrole et du gaz (les principales matières premières des fonds indiciels), ces nouveaux produits de placement ont mis le feu aux marchés de toutes les autres matières premières indexées, donnant lieu à une bulle alimentaire qui rappelle l’histoire de la tulipe, de l’Internet et de l’immobilier bon marché. Le prix du blé dur roux de printemps, généralement compris entre 4 et 6 dollars (entre 2,70 et 4 euros) le boisseau de 60 livres (environ 27 kgs), a battu tous les records et le contrat à terme sur le blé a atteint jusqu’à 25 dollars. Ainsi, le prix des denrées alimentaires dans le monde a enregistré une hausse de 80 pourcent entre 2005 et 2008 et ne cesse d’augmenter depuis. «La hauteur des investissements dans les marchés de matières premières a été sans précédent», souligne Kendell Keith, président de la National Grain and Feed Association (Association nationale des céréales et des aliments). «Il ne fait aucun doute qu’il y a eu spéculation». Dans une récente note d’information, le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, a indiqué qu’en 2008, «une part significative de la hausse des prix s’explique par l’émergence d’une bulle spéculative».

Un effet «boule de neige»

Ce qui s’est produit sur les marchés agricoles n’est pas le résultat de la «spéculation» traditionnelle, qui consiste à acheter à bas prix dans l’espoir de revendre plus cher. Aujourd’hui, avec l’indice cumulatif, l’indice Standard & Poors GSCI donne 219 index tickers pour que les investisseurs, par le biais de leur système informatique Bloomberg, puissent miser sur n’importe quel produit, du palladium à l’huile de soja, en passant par les biocarburants et le bétail. Mais l’explosion de ces nouvelles opportunités de spéculation sur les marchés mondiaux agricole, alimentaire et de bétail crée un cercle vicieux. Plus le prix des denrées alimentaires augmente,  plus l’argent abonde dans le secteur et plus les prix augmentent. Ainsi, entre 2003 et 2008, la spéculation sur les fonds indiciels a augmenté de 1900 pour cent. «Nous assistons à un choc de la demande due à l’entrée d’une nouvelle catégorie d’acteurs sur les marchés à terme de matières premières», a déclaré le gestionnaire de fonds d’investissement Michael Masters devant le Congrès américain, pendant la crise alimentaire de 2008.

Les banques et les traders sont les «carnivores» du système

L’intervention de Wall Street sur les marchés agricole, alimentaire et de bétail a donc été un choc pour le système mondial d’approvisionnement et de production alimentaires. Les réserves mondiales sont non seulement touchées par un approvisionnement restreint et une demande accrue de céréales, mais les banques d’investissement ont entraîné une hausse artificielle du prix des marchés à terme de céréales. Le blé fictif détermine désormais le prix du vrai blé, les spéculateurs (qui représentaient jusqu’à présent un cinquième du marché) étant plus nombreux que les bona-fide hedgers (de l’ordre de quatre pour un).

Aujourd’hui, les banques et les traders dominent la chaîne alimentaire; ils sont les carnivores du système et dévorent tout sur leur passage. Presque tout en bas, le fermier s’efforce de survivre. Pour ce dernier, la hausse du prix des céréales aurait du être une aubaine, mais la spéculation a également entraîné la hausse du prix de tout ce qu’il doit acheter pour cultiver ses céréales (des graines aux engrais, en passant par le carburant diesel). Tout en bas de la chaîne se trouve le consommateur. L’Américain moyen, qui consacre entre 8 et 12 pourcent de son budget hebdomadaire à l’alimentation, n’a pas été touché tout de suite par la hausse des prix. Mais pour les près de 2 milliards de personnes dans le monde qui dépensent plus de 50 pourcent de leurs revenus pour s’alimenter, les effets ont été dévastateurs: le nombre de personnes affamées a augmenté de 250 millions en 2008, portant le nombre total de personnes souffrant d’insécurité alimentaire dans le monde à un milliard (un chiffre sans précédent).

Y a-t-il une solution?

Que faudrait-il faire? Lors de ma dernière visite à la Bourse de Minneapolis, j’ai demandé à des traders ce qui se passerait si le gouvernement fédéral interdisait aux banques d’investissement de miser sur les marchés agricoles. Ils ont éclaté de rire. Un coup de fil à un bona-fide hedger comme Cargill ou Archer Daniels Midland et un échange d’actifs plus tard et il devient impossible de distinguer sur le marché à terme la position d’une banque de celle d’un acheteur international de blé. Je leur ai alors demandé: «Et si le gouvernement interdisait les produits dérivés long-only?». Ils se sont de nouveau esclaffés. Il leur suffit cette fois de donner leurs ordres à la bourse de Londres ou de Hong Kong. Les nouveaux produits dérivés ont atteint des proportions supranationales et sont hors de portée de la législation des Etats souverains.

La volatilité des prix des denrées alimentaires a également gâché une occasion en or d’instaurer une coopération au niveau international. Plus le prix du maïs, du soja, du riz et du blé est élevé, plus les pays producteurs de céréales dans le monde doivent coopérer afin d’éviter que les pays importateurs de céréales (généralement pauvres) paniquent et que la flambée des prix agricoles et l’instabilité politique se propagent davantage. Au lieu de cela, les pays ont réagi avec nervosité et adopté des mesures de repli, des interdictions d’exporter à la mise en réserve des céréales, en passant par des confiscations de terre en Afrique pour des raisons néo-mercantiles. Et les efforts d’activistes et d’organismes internationaux soucieux de freiner cette spéculation n’ont rien donné. Pendant ce temps, les fonds indiciels continuent de prospérer, les banques encaissent les bénéfices et les pauvres dans le monde sont au bord de la famine.

Frederick Kaufman

Traduit par Charlotte Laigle

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 15:48

File0027http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/

 

 

Il y a 66 ans - le 6 août 1945 - les Etats-Unis lancent sur Hiroshima (300.000 habitants) une bombe à fission d’uranium (bombe A) d'une puissance explosive de 15 kT de TNT. [1]

 

Il ne subsiste aucune trace des habitants situés à moins de 500 mètres du lieu de l'explosion. De 70.000 à 80.000 personnes sont tuées instantanément et, par la suite, plus 200.000 personnes mourront des effets de l'irradiation ou de leurs brûlures.

Hiroshima.JPG

Trois jours après, Nagasaki (240.000 habitants) est la cible d'une seconde bombe. Il s’agit, cette fois, d’une bombe A à fission de plutonium, d’une puissance de 22 kT de TNT. On estime le nombre de morts immédiats à 40.000 et au moins autant les années suivantes.

 

Les autorités américaines ont toujours prétendu qu'elles avaient eu recours à l'arme nucléaire afin d'obtenir la capitulation rapide du Japon tout en évitant de lourdes pertes américaines.

 

Mais, Patrick Blackett - physicien britannique, prix Nobel de physique 1948 - a très tôt contesté cette version. Pour lui, la bombe sur Hiroshima « ne fut pas tant la dernière opération de la Seconde guerre mondiale que la première opération de la guerre froide, diplomatique, contre la Russie ».

 

C'est également la thèse d'un autre britannique, l'historien Eric Hobsbawn, qui écrit : « Les bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki en 1945 n'étaient pas indispensables à la victoire, alors acquise : c'était un moyen de sauver la vie de soldats américains. Mais peut-être l'idée qu'elle empêcherait l'URSS, alliée des Etats-Unis, de revendiquer un rôle de premier plan dans la défaite du Japon n'était-elle pas non plus étrangère à la décision prise par les responsables américains ». [2]

 

Quant au philosophe italien Domenico Losurdo, il ne doute pas que « l'arme atomique visait en réalité l'Union soviétique, le seul pays désormais capable de contester le programme explicitement énoncé par Truman lors d'une réunion du cabinet du 7 septembre 1945 : faire des Etats-Unis le gendarme et le shérif du monde ». [3]

 

JPD

 

[1] Selon le journaliste américain Adam Hoschschild, 80% de l’uranium dans les bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki fut extrait dans le Congo par des travaux forcés (Les fantômes du roi Léopold : La terreur coloniale dans l'Etat du Congo, 1884-1908, Ed. Tallandier, 2007). Une horreur en rejoint une autre !

 

[2] Eric Hobsbawn, L'âge des extrêmes : le court vingtième siècle 1914-1991, Ed. Complexe, 2003.

 

[3] Domenico Losurdo, Fuir l'histoire ?, Ed. Delga, 2007.

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 11:54

937494-1112001.jpgQu'est-ce donc que cette affaire Lagarde ? Le citoyen peu attentif à ses scandales du siècle d'avant peut être parfois perdu. Les faits sont pourtant simples : Bernard Tapie était en procès avec le CDR, successeur du Crédit Lyonnais. L'ancien ministre de Mitterrand rallié à la cause sarkozyenne en 2007 accusait la banque de l'avoir spolié d'Adidas. Peine perdue, il était en passe de perdre son action quand, ô miracle, une fois Sarkozy élu, le gouvernement impose d'abandonner les poursuites au profit d'une procédure arbitrale qui donne raison à ... Tapie, et lui accorde une indemnisation record.

 

Après l'affaire Takieddine et les millions des ventes d'armes, voici donc un scandale tout aussi ravageur et symbolique de Sarkofrance.

 

Affaire Lagarde : Sarkozy rattrapé par sa désinvolture

Une ancienne ministre de Sarkozy a été rattrapée par la justice de son pays. Et Nicolas Sarkozy par sa désinvolture.

 

Jeudi 4 août, date historique, la Cour de Justice de la République a finalement et enfin annoncé qu'elle ouvrait une enquête pour « complicité de faux » et « complicité de détournement de biens publics » sur le rôle joué par l'actuelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais. quand elle était ministre de l'Economie. L'avocat de Mme Lagarde a dénoncé ces accusations.

 

Au-delà des accusations générales, que pouvait-on reprocher à l'ancienne ministre ?

 

1. La ministre ne s'est pas assurée « par toutes les voies appropriées, y compris la consultation du Conseil d'Etat, que le CDR était habilité à recourir à l'arbitrage pour le compte d'un établissement public», avait expliqué la Cour des Comptes.

 

2. La ministre a ignoré les recommandations de ses services ou des représentants du Crédit Lyonnais. Le directeur général de l'Agence des participations de l'Etat avait découragé les ministres des finances successifs de transiger (février 2007, août 2007, septembre 2007). Elle n'a consulté le comité d'audit du CDR que deux fois, et pour des points mineurs. Le 28 septembre 2007, le directeur général de LCL exprimait ses réserves sur le recours à l'arbitrage.

 

3. Christine Lagarde a donné des instructions pour faciliter le recours à l'arbitrage. Parlant du directeur de cabinet de Lagarde, Bernard Scemama, président de lʼEPFR (l'établissement public actionnaire du CDR), a rappelé au Monde, vendredi 5 août les consignes gouvernementales : « Il m'a tout de suite parlé du dossier Tapie et m'a donné une consigne claire: il fallait aller à l'arbitrage. "C'est la décision du gouvernement", m'a-t-il dit ».

 

4. On a pu douter de l'indépendance du collège d'arbitres: parmi les trois arbitres désignés par le gouvernement, l'un, Jean-Denis Bredin, a été vice-président du Mouvement des Radicaux de Gauche de Bernard Tapie, et un autre, le magistrat Pierre Estoup, a déjà joué l'arbitre dans une procédure liée à l'affaire Elf. Le site Mediapart avait révélé, en juin dernier, que M. Estoup avait également joué l'arbitre à la demande de Bernard Tapie dans deux autres affaires, en 1999 et en 2001.

 

5. La procédure d'arbitrage elle-même est entachée de graves soupçons d'abus : (1) la Cour des Comptes a critiqué que le Crédit Lyonnais n'ait pas été entendu par les trois arbitres avant leur jugement ; (2) La version finale du compromis d'arbitrage, signée le 16 novembre 2007, fut différente de celle approuvée par les administrations du CDR en octobre : ce dernier avait plafonné son accord sur la demande d'indemnisation des époux Tapie à 50 millions d'euros au total. L'arbitrage définitif limitait ce plafond... à l'indemnisation du préjudice moral uniquement ! Fin juin, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour abus de pouvoirs sociaux à l'encontre de Jean-François Rocchi, le président du CDR de l'époque, qui a permis l'ajout dans le projet d'arbitrage de la mention « préjudice moral » , permettant à Tapie de récupérer quelque 45 millions d'euros supplémentaires.

 

6. Christine Lagarde a refusé de faire appel de la condamnation du CDR (c'est-à-dire de l'Etat dont elle était ministre). Bernard Scemama et les administrateurs représentant lʼEtat au conseil dʼadministration de lʼEPFR ont reçu des instructions écrites et « claires » du cabinet de la ministre Lagarde fin juillet 2008, pour se prononcer en défaveur dʼun recours.

 

7. La gouvernance du CDR a été affaiblie pendant cette période cruciale. Primo, Lagarde a fait remplacer l'un des administrateurs du CDR atteint par la limite d'âge par un autre, Bernard Scemama, lui-même atteint par la limite d'âge 3 mois plus tard. Secundo, ce dernier est arrivé très tard dans le processus (juste pour « appliquer » les consignes): « je n'avais pas les éléments d'analyse au moment de ma nomination, le processus étant déjà très avancé ».

Tertio, un second administrateur a démissionné avec fracas, dénonçant l'interventionnisme du gouvernement (cf. la lettre de démission de Patrick Peugeot le 28 juillet 2008). Il n'a pas été remplacé. Quarto, le conseil n'a pas été informé par les services de Lagarde de quelques informations décisives (le courrier du DG de LCL du 28 septembre 2008, qui

 

En définitive, le cabinet de Lagarde a expliqué que toutes les instructions venaient de Christine Lagarde elle-même. Christine Lagarde n'a pas confirmé que ces instructions venaient de Nicolas Sarkozy. Or c'est là toute l'affaire.

 

Le président français est aujourd'hui accusé d'avoir agi avec légèreté en favorisant la candidature de Lagarde au FMI. Quand la ministre fut désignée à la tête du FMI, après quelques semaines de campagne, on s'est félicité, à droite comme à gauche, à quelques exceptions, de cette nomination. On avait bien tort. Il est probable que Mme Lagarde ne démissionnera pas. Son avocat a déjà annoncé que les administrateurs du FMI qui l'ont nommé était au courant de ce risque. Mais pour la France, quelle image !

 

Mais le plus grave est ailleurs : les contribuables français vont devoir régler quelques 245 millions d'euros de dédommagement. On imagine mal Christine Lagarde avoir agi seule et sans instruction de son patron élyséen: « Est-ce que vous croyez que j’ai une tête à être copine avec Bernard Tapie? » s'étonnait-elle, en juillet 2008. Non, bien sûr. La véritable intervention vient sans doute d'ailleurs, de plus haut, juste au-dessus d'elle.

 

La vraie question est donc : qui enquêtera sur le rôle réel de Nicolas Sarkozy dans cette affaire ?

 

 

http://www.marianne2.fr/sarkofrance/Affaire-Lagarde-Sarkozy-rattrape-par-sa-desinvolture_a531.html

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 09:14

Syrian-opposition-protest-007.jpgTraduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

En lisant l'article de Yossi Gurrvitz, qui vise à « dénoncer » la position du Parti communiste d’Israël sur les événements en Syrie, on est frappé par un sentiment de déjà vu. Soudain, nous voilà revenus au bon vieux temps de la Guerre froide, où les faits devaient s'effacer devant la stigmatisation, et un récit exact des événements être juste un égarement dans la voie de l'hystérie anti-communiste.

 

 

 

Le titre de l'article de Gurvitz – « Le Parti communiste israélien soutient Bachar Assad (seulement en Arabe » - est doublement fallacieux : Premièrement, car la position du PCI ne consiste pas en un soutien à Assad, ni un soutien aux méthodes criminelles qu'emploie l'armée Syrienne pour s'occuper des manifestants, nombre d'entre eux étant pacifiques ; Deuxièmement, car l'allégation nauséabonde selon lesquelles les idées exprimées dans la presse Arabe du Parti seraient en quelque sorte différentes des idées exprimées dans la presse du Parti en Hébreu, ne fait que nous resservir un vieux mensonge.

 

 

 

En fait, l'article de Gurvitz est plein d'incohérences et d'erreurs, qui dévoilent non seulement les limites de sa connaissance de la langue Arabe, mais également les limites de sa connaissance de la politique. Un exemple serait le fait que le quotidien Arabe du PCI « Al-Ittihad » est désigné de façon incorrecte comme « Al-Ithihad ». Par ailleurs, il est mentionné non comme l'organe du PCI, mais comme celui du Hadash (c'est-à-dire, le journal du Front démocratique pour la paix et l'égalité – la coalition de gauche que le PCI a contribué à constituer à la fin des années 1970, et dont il fait partie aujourd’hui).

 

 

 

A l'ombre de petites erreurs, de plus grosses font leur nid

 

 

 

Gurvitz appuie toutes ses déclarations sur un post sur un blog, par l'ex-communiste Joseph Algazy, qui contient nombre de calomnies, de demi-vérités et de purs et simples mensonges. Gurvitz – qui ne lit pas l'Arabe – prend ses affirmations pour des vérités, sans même jamais se donner la peine de les mettre à l’épreuve des faits. Il n'est pas le seul blogueur Israélien de gauche à avoir publié l'article calomnieux d'Algazy, mais il l'a fait avec le plus d'enthousiasme, ajoutant ses propres attaques sur le principe d'un partenariat Juif-Arabe dans le PCI (qu'il évoque comme une « façade »).

 

 

 

Normalement, on ne devrait pas se donner la peine d'écrire une réponse à un tel cas flagrant de sous-journalisme. Mais le fait que plus d'un lecteur ait été dupé par les mensonges que Gurvitz, Algazy et les autres colportent nécessite que les choses soient mises au clair.

 

 

 

Quelle est exactement la position du PCI vis-à-vis des protestations en Syrie ?

 

 

 

Le 24 mars, juste après que les protestations Syriennes sont devenues un phénomène de masse étendu à tout le pays, le Bureau politique du PCI s'est réuni, et a publié la déclaration suivante :

 

 

 

« Le Bureau politique du PCI dénonce l'intervention impérialiste en Libye, qui est organisée sous les auspices des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne et d'autres pays. La résolution 1973 du Conseil de sécurité est utilisée comme un prétexte à ces bombardements, prétendument pour « défendre le peuple Libyen ». En fait, le but de l'intervention est de prendre le contrôle du pétrole Libyen.

 

 

 

Tout comme il dénonce la dernière agression de l'OTAN, le Bureau politique dénonce, dans le même temps, les crimes du dictateur Muammar Gaddafi, qui sont utilisés comme prétexte pour cette intervention impérialiste (qui est orchestrée dans la droite ligne de ce qui s'est produit en Irak). Les bombardements et l'ingérence politique cherchent à priver le peuple Libyen de leurs acquis, et de les empêcher d'obtenir la satisfaction de leurs revendications dans la lutte pour la liberté et la démocratie (…)

 

 

 

Le Bureau politique souligne son rejet total de la façon dont le régime Syrien a choisi d'agir, et dénonce ses crimes vis-à-vis des manifestants, en particulier à Daraa, qui a causé des blessures et la mort de nombreux manifestants. Le régime Syrien, qui est menacé par l'impérialisme Américain et par Israël, doit satisfaire les revendications légitimes des manifestants pour la liberté, la démocratie, une vie digne, et contre la corruption et les lois d'urgence ».

 

 

 

Contrairement aux affirmations scandaleuses de Gurvitz contre le PCI, ce communiqué – en fait, comme toutes les déclarations du Parti – a été publiée en Hébreu (http://maki.org.il/he/index.php?option=com_content&view=article&id=10753&Itemid=153), ainsi qu'en Arabe (http://aljabha.org/?i=58619).

 

 

 

Les vues exprimées dans ce communiqué ont été ré-affirmées à maintes reprises dans la presse du Parti, à la fois dans l'hebdomadaire « Zo Haderech » en Hébreu, et dans le quotidien « Al-Ittihad » en Arabe.

 

 

 

Un exemple récent, publié cette semaine même, serait l'article dans « Zo Haderech » de Tomar Gozansky (membre du Bureau politique, et ancien député), qui n'a pas seulement condamné le massacre de manifestants, mais aussi mis en garde contre le danger d'intervention impérialiste : http://maki.org.il/he/component/content/article/11488-2011-06-11-16-10-57

 

 

 

Cette double position – de condamnation des massacres, tout en mettant en garde contre les plans de l'impérialisme – a été ré-affirmée dans l'article de Fatten Ghattas (président de la Commission centrale de contrôle du Parti) dans « Al-Ittihad »: http://www.aljabha.org/index.asp?i=60478

 

 

 

A la suite du post calomnieux de Algazy sur son blog, plusieurs personnes ont demandé si les affirmations prononcées contre Muhammad Naffa, secrétaire-général du PCI, sont exactes. En effet, on pourrait trouver surprenant qu'un dirigeant Communiste d'expérience soutienne, comme le prétend Algazy et le répand Gurvitz, Bachar Assad. Encore plus incroyable le fait qu'Algazy, qui fut dans le passé un journaliste, et Gurvitz, qui se décrit lui-même comme en étant un, aient publié un article aussi diffamatoire, qui ne respecte pas les normes et l'éthique de base journalistiques.

 

 

 

Gurvitz – suivant les pas d'Algazy – n'avait aucun scrupule à propos des normes journalistiques, quand il en vient à affirmer purement et simplement, sans l'ombre d'une preuve, que Naffa a « dénoncé le soulèvement Syrien ». Mais alors qu'Algazy cite abondamment ceux qui critiquent un article publié par Naffa dans « Al-Ittihad », il ne cite même pas un seul mot de ce que Naffa a réellement dit. Et pourquoi n'a-t-il pas mis un lien vers cet article, afin que les lecteurs jugent d'eux-mêmes ? Peut-être parce qu'on y trouve aucune « dénonciation du soulèvement Syrien » ni « soutien à Bachar Assad » dans cet article ?

 

 

 

Dans l'article mentionné ci-dessus (http://www.aljabha.org/index.asp?i=59576) Naffa déclare:

 

 

 

« Nous soutenons le courageux peuple Syrien afin qu'il bénéficie de la plénitude de ses droits, et nous nous opposons à la corruption, à la Cour de sûreté de l'Etat, aux arrestations arbitraires, aux lois d'urgences et aux atteintes à la liberté d'expression et autres libertés ».Plutôt une « dénonciation », n'est-ce pas ?

 

 

 

Naffa poursuit en mettant en garde contre le danger d'intervention impérialiste (tout comme le Bureau politique dans son communiqué de mars, ainsi que Gozansky et Ghattas dans leurs derniers articles), mais ni « soutien à Bachar Assad », ni « dénonciation du soulèvement Syrien », ne peuvent y être trouvés.

 

 

 

De même, l'affirmation scandaleuse selon laquelle la position publiée dans la presse du Parti en Hébreu diffère quelque peu de celle publiée dans la presse Arabe, est un mensonge évident et flagrant, comme on peut le lire dans les sources évoquées ci-dessous.

 

 

 

Les mêmes idées exprimées encore par Naffa, on peut les trouver dans une interview parue hier sur le site du PCI, qui sera également publiée dans les numéros à venir de « Al-Ittihad » et de « Zo Haderech » :

 

http://maki.org.il/he/component/content/article/11546-2011-06-17-13-01-47

 

 

 

Algazy continue à pratiquer le « journalisme créatif » quand il cite une phrase, extraite d'une déclaration d'une rencontre des Partis communistes en Europe, qui appelle les Partis communistes « à exprimer leur soutien à la Syrie face aux conspirations impérialistes ». Cette partie de la déclaration a été critiquée par certains penseurs Arabes, dont les objections à cette formulation sont citées en détail par Algazy. Mais il n'a jamais mentionné une seule fois que le PCI n'a en fait pas participé à cette rencontre, ni qu'il n'est pas signataire de cette déclaration – bien qu'il fasse volontairement croire à ses lecteurs que c'est le cas.

 

 

 

Aurait-il usé d'une telle astuce dans un journal respectable, au lieu d'un post sur son blog, on lui aurait indiqué la porte de sortie. C'est une honte qu'un média tel que « 972 mag » n'ait pas agi de la même façon.

 

 

 

Pourquoi la position de principe du PCI suscite autant de rage parmi les divers blogueurs de « gauche » en Israel ?

 

 

 

Contrairement à certains radicaux de gauche, qui ont apporté un soutien inconditionnel aux manifestants, indépendamment de leurs revendications, le PCI a refusé d'enlever l'impérialisme de l'équation. Cela serait de la pure ignorance que de prétendre que l'impérialisme Américain est indifférent aux événements en Syrie, ou qu'il n'a pas d'intérêt à élaborer une ligne politique spécifique visant à devenir dominante parmi les manifestants. Par conséquent, toute analyse des événements en Syrie doit commencer par les remettre dans leur contexte. Toutes les revendications des manifestants ne doivent pas automatiquement être soutenues, mais les choses doivent être jugées avec objectivité.

 

 

 

D'autre part, contrairement à certains prétendus « anti-impérialistes », qui jouent le faux jeu de « l'ennemi de mon ennemi est mon ami », le PCI a inlassablement fait pression pour que les revendications du peuple Syrien pour la démocratie, la liberté et la justice sociale soient satisfaites. Le Parti a été plutôt clair sur le fait que l'usage arbitraire du pouvoir, et le massacre de manifestants innocents et pacifiques, est quelque chose que nous condamnons sans équivoques.

 

 

 

Notre position est-elle compliquée ? En effet, et à juste titre. On ne peut pas apporter une solution simple à une situation compliquée. Ceux à gauche qui voudraient essayer, se trouveront fatalement soit du côté d'un gouvernement corrompu et répressif, ou soit avec une puissance impérialiste occupante.

 

 

 

Semel MakiLa position du PCI pourrait s'avérer impopulaire – à la fois aux laquais de l'impérialisme, ainsi qu'aux apologistes du régime Syrien répressif – mais c'est une position de principe. Pendant plus de 90 ans, les Communistes dans ce pays, Juifs comme Arabes, s'en sont tenus à leurs principes, même à des époques où agir ainsi était chose difficile, ou pouvait mettre votre vie en danger. Nous sommes très fiers de cela. Et nous continuerons à agir ainsi.

 

 

 

Uri Weltmann est membre du Parti communiste d’Israël (PCI) et membre du Secrétariat national du Front démocratique pour la paix et l'égalité (Hadash)

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 18:30

arton14308-79018.jpgLes partis d’extrême droite gagnent, avec la complicité des partis traditionnels, en respectabilité. Sous couvert de populisme, un processus de normalisation de l’extrême droite est engagé. Y a-t-il une différence de nature ou une simple différence d’ordre tactique entre les partis d’extrême droite et les partis populistes ?

 

 

Le terme de populisme qui s’est imposé dans le discours politique contemporain se caractérise par son approximation sémantique. Il est employé dans des circonstances complètement opposées.

 

Il faut bien faire le départ. D’une part, cette qualification peut être utilisée par l’establishment pour manifester son mépris envers les classes défavorisées qui menacent l’équilibre politique usuel et discréditer leurs dirigeants. Hugo Chavez est qualifié très souvent de leader populiste. L’assise du mouvement bolivarien est de fait populaire : Chavez représente l’intérêt des masses populaires au préjudice des élites oligarchiques qui œuvrent contre les intérêts nationaux.

 

D’autre part, on utilise le terme de populisme pour désigner les mouvements d’extrême droite qui essaiment un peu partout en Europe (UDC en Suisse, FN et UMP à travers la structure de la Droite populaire en France, N-VA en Flandre, DF au Danemark, SD en Suède, Ligue du Nord en Italie, PVV au Pays-Bas,… ) sans revendiquer un lien explicite avec le nazisme ou le fascisme. Le populisme en ce sens se réfère à la culture démagogique de ces partis qui capitalisent sur le désarroi de la petite et moyenne bourgeoisie ainsi que du prolétariat face à la dégradation de leur condition de vie. Cette qualification lénifiante joue un rôle de légitimation démocratique. L’identité d’un mouvement politique s’apprécie à la lecture de ses objectifs réels et non de ses intentions affichées. Le changement d’appellation ou le grimage rhétorique de l’extrême droite ne change rien à son essence profonde. Le réajustement tactique du FN sous la présidence de Marine Le Pen ne le rend que plus redoutable.

 

Là où les partis d’extrême droite classique étaient tenus à distance, les partis dits populistes accèdent aux médias et aux instances gouvernementales. Leurs idéologues -éditorialistes, chroniqueurs, « experts »- se déchaînent à l’envi dans la presse et la télévision pour fustiger les chômeurs, les jeunes, les grévistes, les Noirs, les Arabes si ce n’est pour magnifier les guerres impérialistes.

 

Malgré leurs diatribes contre le système, ces partis en sont les chiens de garde. Ces mouvements présentent tous, sans nier leurs spécificités (régionaliste, intégriste religieux, islamophobe,…), un programme idéologiquement réactionnaire et socio-économiquement ultralibéral fondé sur l’autorité et l’identité. Ils sont devenus le fer de lance de la politique néolibérale en matière de prestations sociales et de dépenses publiques. Ils préconisent une dérégulation intégrale du marché accompagnée de mesures coercitives vis-à-vis du prolétariat et plus particulièrement des populations immigrées.

 

Ce type de populisme est un avatar du fascisme au sens générique du terme. Cela ne signifie pas que point par point les caractéristiques du national-capitalisme contemporain coïncident avec le fascisme historique mais ils prospèrent, dans des contextes de crise économique, sociale et politique, en impulsant des instincts primaires sur base de craintes et de ressentiments diffus : repli identitaire, sentiment d’insécurité, explication schématique de la situation socio-économique, exaltation de la volonté,… Ironie de l’histoire, Israël représente une source d’inspiration pour l’extrême droite européenne en tant que bastion contre la déferlante islamiste et idéal d’homogénéité ethnico-religieux.

 

La société est segmentée de la sorte entre un groupe qui représente le bien et un autre (une région, un groupe social, une minorité, des immigrés) qui personnifie le mal. Principalement, l’ Autre est l’immigré extra-européen mais cela peut être aussi le Wallon ou le ressortissant du Mezzogiorno. En période de crise a fortiori, les maux de la société sont imputés aux immigrés en tant que facteur de désordre, accapareur d’emplois, charge pour la collectivité,… Ce procédé a l’insigne avantage de substituer la conscience nationale à la conscience de classe, de créer des dissensions interclasses ou régionales, de stimuler des oppositions apparentes en lieu et place des oppositions fondamentales.

 

La percée de l’extrême droite se manifeste, outre leurs succès électoraux, par la droitisation des partis libéraux et conservateurs qui s’enlisent dans la gangue raciste et démagogique. En imposant ses propres thèmes, l’extrême droite a déjà fait main basse sur le débat public. Même si les partis traditionnels paraissent parfois offusqués par les outrances discursives de l’extrême droite, ils ne manquent pas de mettre à profit les circonstances pour radicaliser leur ligne politique et mener une offensive rétrograde et antisociale.

 

On ne lutte pas contre les idées de l’extrême droite en véhiculant leurs revendications mais en dévoilant leur duplicité et en démontrant le simplisme et la fausseté de leurs thèses.

 

Emrah Kaynak

 

 

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http://www.legrandsoir.info/la-derive-national-capitaliste-en-europe.html

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 20:29
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