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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 19:14

 

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Hamma Hammami l’un des symboles de la résistance au régime déchu, sorti de la clandestinité depuis le 14 janvier, demeure farouchement attaché à ses idéaux et principes. A ses yeux, il serait faux de dire que le communisme est enterré ; "l’effondrement de l’ex-URSS n’est que l’échec d’une expérience". Invité vendredi dernier des rencontres politiques de Gnet, le fondateur et dirigeant du Parti Communiste Ouvrier tunisien (PCOT), répond à nos questions sur le report des élections, les conflits tribaux à Metlaoui, ses choix économiques, son modèle de société, ses rapports avec Ennahdha…

Avant de se livrer au jeu des questions/réponses, Hamma Hammami appelle son épouse, Me Radhia Nasraoui, histoire de s’enquérir de ses nouvelles et de chercher auprès d’elle inspiration et réconfort. Le chef du PCOT qui vient d’obtenir une victoire par rapport à ses adversaires, en voyant son vœu pour le report des élections exaucer, rappelle : "dès le début, nous avons demandé le report des élections au mois octobre ; ce n’est pas pour des raisons partisanes, mais pour des raisons objectives. Les partis qui ont été contre le report sont animés par des objectifs partisans, ils se croyaient mieux préparés que d’autres". Les élections en elles-mêmes ne sont pas une fin en soi, dit-il en substance, "notre objectif est d’asseoir sur des bases solides une véritable démocratie en Tunisie".

Le PCOT a maintenant plus de temps pour se préparer à cette échéance électorale et a déjà tenu des réunions publiques dans une quinzaine de régions qui se sont très bien passées. "Nous avons remarqué que les Tunisiens veulent connaitre le PCOT. Des milliers de citoyens veulent y adhérer, parmi eux beaucoup de femmes voilées. Le voile n’indique pas automatiquement l’appartenance politique à un parti religieux, ces femmes avaient une idée fausse de ce que  propose le PCOT, surtout au niveau de la question de l’identité et de la religion. Elles disent que nous étions avec vous sur le plan social et politique, mais avons de fausses idées sur votre conception de la relation Etat/religion. Nous considérons que le PCOT nous donne plus de garanties même au niveau de  la liberté de conscience, qu’Ennahdha ou autres".

 

"L'Etat doit garantir la liberté de conscience"
Hamma Hammami dit considérer l’Islam comme la religion de la majorité absolue du peuple tunisien. "Un parti politique qui se respecte et qui veut diriger un pays, doit respecter la religion de son peuple. Le problème ne se pose pas au niveau de la reconnaissance de l’Islam en tant que religion de cette société, mais au niveau du rapport Etat/Religion. Pour nous le rapport Etat/Religion appartient au champ politique, donc au champ des libertés, des droits humains et de la démocratie. Dire que je suis arabo-musulman ne peut pas définir ma position sociale et politique. D’où notre appel à la séparation entre Etat et religion pour garantir la liberté de conscience. Si l’Etat intervient pour diriger la conscience des citoyens, ou pour diviser les citoyens selon leur conscience, leur région et leurs convictions, on ne va pas aboutir à un Etat démocratique",

Le PCOT prône "un Etat civil et démocratique qui doit veiller à la liberté de conscience, protéger les croyants, leur offrir les meilleures conditions pour pratiquer leur religion". Les imams peuvent élire démocratiquement un conseil pour gérer les affaires religieuses, suggère-t-il. "L’Islam, c’est la foi, la foi est une affaire personnelle, c’est aussi la chariaa qui est l’œuvre des  fuqaha (jurisconsultes), et est liée aux conditions concrètes historiques bien déterminées. L’islam est une civilisation, et comme toute civilisation, il comprend des choses positives et négatives, nous sommes pour le maintien de tout ce qu’il a de positif".

"Nous sommes en désaccord avec la non-reconnaissance du parti Ettahrir "

"Il y a des partis politiques qui veulent semer la confusion en parlant d’une alliance PCOT/Ennahdha, déplore Hamma Hammami qui évoque une campagne ambivalente sur Facebook, "lorsqu’on veut faire peur au peuple on leur dit que le PCOT est un a parti athée, et lorsqu’on veut faire peur aux femmes et aux jeunes, on leur dit que le PCOT est un allié avec Ennahdha. Le PCOT n’a jamais fait d’alliance sous la table, mais en tant que parti, ça arrive que nos militants se trouvent dans des réunions avec Ennahdha. Dernièrement à Essouassi, nous nous sommes retrouvés avec des militants du parti Ettahrir, d’Ennahdha et des salafistes, l’essentiel c’est de discuter, d’user d’arguments et d’armes intellectuelles". Le chef du PCOT dit entretenir avec le Président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, des rapports de respect, "je l’ai vu une seule fois dans ma vie, le jour où on est passé à la télé".

"On peut qualifier Ennahdha de parti réactionnaire, on peut même faire sa propre propagande  contre Ennahdha en tant que parti politique qui peut mettre en danger les acquis. Mais, il y a une différence entre mener un combat politique, un combat d’idées contre un autre parti et être éradicateur, nous sommes contre l’éradication, si on éradique Ennahda aujourd’hui, rien n’empêche que l’on n’éradique pas demain le PCOT, le PDP ou autres. Nous avons exprimé notre désaccord sur la non-reconnaissance du parti Ettahrir. Un parti qui a des idées, qu’il les défende et que le débat soit mené publiquement entre partis politiques", préconise-t-il.

Les conflits tribaux, ce n’est pas à Metlaoui qu’ils se posent de la manière la plus aigüe, selon Hamma Hammami, qui impute la résurgence du tribalisme dans la région aux forces contre-révolutionnaires. "Ces forces ont essayé de semer le désordre et de faire un chantage aux Tunisiens, soit le désordre soit la sécurité". Pour le chef du PCOT, "on ne peut pas résoudre ce problème tribal sans la résolution des causes sociales profondes, la pauvreté, l’absence d’un plan de développement régional, et l’absence de liberté et de démocratie". Il appelle à réserver une partie des rentrées d’argent du phosphate au développement de la région, et à constituer une commission d’enquête indépendante, pour rendre compte à la région et au peuple tunisien de tout ce qui s’est passé.

"Une campagne de dénigrement contre le PCOT du Nord au Sud"
Hamma Hammami estime que son parti a fait l’objet d’une campagne de dénigrement du Nord au Sud, notamment à Siliana où il dit avoir été accusé par le Premier ministre, Béji Caïd Essebsi, d’y être derrière les actes de violence et de pillage. "J’aurais aimé que le Premier ministre accuse expressément le PCOT, mais à Siliana, aucun de nos militants n’a été arrêté, lorsqu’il y a un dossier pareil pourquoi, il n’y a pas de commission d’enquête". Et d'ajouter : "de point de vue du principe,  nous ne pouvons pas porter atteinte aux intérêts des commerçants, d’ouvriers, ce sont des gens que nous défendons. Caïd Essebsi a accusé ceux qui sont pour le report des élections, de freiner le processus de transition démocratique, et maintenant c’est lui qui confirme ce report".

Pour ce partisan impénitent de Karl Marx : "On ne peut pas dire que le communisme a été enterré, les expériences qui ont échoué ce n’est pas le communisme, l’idéal de justice sociale ne peut jamais être enterré. Le communisme est un projet de société,  la dernière crise du capitalisme a de nouveau remis en question le capitalisme en tant que civilisation qui doit être remplacée" . Et de renchérir : "On ne peut pas traiter l’histoire de cette manière. Cette lutte entre le monde du travail et le monde du capital, ce n’est pas quelque chose de linéaire, ce sont des confrontations entre les deux mondes. Il ne faut pas croire que ces nouveaux esclaves des temps modernes vont vaincre, une fois pour toute, leur oppresseur. Il faut éviter le schématisme, toute expérience humaine à des côtés positif et négatif".

"Nous sommes contre les affairistes qui ne respectent pas les droits des travailleurs"
"La politique libérale suivie en Tunisie avait pour conséquences le pillage du pays, la corruption, l’exploitation féroce, le chômage, l’exclusion"...regrette-il. "Nous sommes pour que la Tunisie ait des relations avec le monde extérieur, mais pourvu qu’elles soient fixées selon la base des besoins de notre propre développement national, sinon on va rester dans la dépendance". Il récuse avoir prôné un régime à la libyenne de type Jamahiriya, qualifiant le régime libyen "de despotique et de caricature de la démocratie populaire". Hamma Hammami appelle "à l’expropriation des pilleurs de la Tunisie à l’instar des Ben Ali et des Trabelsi, ceux qui ont fondé des sociétés en pillant, l’expropriation des  Abderrahim Zouari et Ganzouï qui ont transformé des terres domaniales en simples fermes de campagne pour aller passer le week-end. Nous sommes contre les affairistes qui n’investissent pas pour la production, pour l’emploi et qui ne respectent pas les droits des travailleurs".

Le porte-parole officiel du PCOT prône "le pouvoir au peuple par le biais des élections systématiques à tous les niveaux national régional et local, les formes de démocratie directe à l’instar de Kasbah un et deux,   repris en Espagne, au Japon, la décentralisation du pouvoir et la promotion de la démocratie locale".

S’agissant de son appel à armer la population, il dit que cette phrase a été sortie de son contexte, et qu’il n’a jamais appelé à arracher les armes des policiers pour les distribuer à la population. "Nous sommes pour une nouvelle doctrine sécuritaire pour un Etat démocratique. La sécurité d’un pays ne dépend pas du nombre de ses policiers. Nous voulons un agent de sécurité qui soit au service du peuple et de la Tunisie et un appareil sécuritaire qui soit soumis aux instances élues par le peuple".
H.J.
http://www.gnet.tn/temps-fort/tunisie/hamma-hammami-plusieurs-femmes-voilees-adherent-au-pcot/id-menu-325.html
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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 18:04

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Morceaux choisis!


« La France, dont le PIB a diminué de 2,7 % en 2009, a été relativement moins touchée par la crise économique et financière que les autres États membres de l’Union européenne, grâce notamment à l’ampleur de ses stabilisateurs économiques et au degré d’ouverture moins important de son #économie, qui a réduit dans une certaine mesure l’impact de l’effondrement du #commerce mondial sur elle. Le secteur bancaire a lui aussi bien résisté. »

Donc l’ouverture aux marchés à tous vents, ce n’est pas forcément une bonne idée et c’est l’Europe qui le dit.

« La législation actuelle sur la protection de l’#emploi reste trop stricte : une insécurité juridique entoure les conditions du licenciement économique, et de lourdes obligations de reclassement s’appliquent aux licenciements collectifs de masse (plans de sauvegarde de l’emploi). De cette situation, il résulte que les salariés titulaires d’un contrat à durée indéterminée (la majorité de la main-d’œuvre) bénéficient d’une relative #sécurité, tandis que ceux titulaires d’un contrat de travail temporaire (la majorité des nouveaux entrants sur le marché du travail) sont dans l’incertitude. Ainsi, la part des contrats temporaires est nettement plus élevée parmi les jeunes, et les remplacements de contrats temporaires par des contrats à durée indéterminée sont rares. »

Donc, les CDI sont « trop » protégés et les CDD ne se transforment plus en CDI : précarisation généralisée à travers les entrants du marché du travail.

« Le nouveau guichet unique pour l’emploi (Pôle emploi) a obtenu jusqu’à présent des résultats mitigés. En 2009 et 2010, son principal objectif a été la fusion des deux entités administratives préexistantes. Le bilan de l’externalisation des services de placement est pour le moment lui aussi mitigé pour ce qui est de la réalisation des objectifs fixés par Pôle emploi en matière de retour sur le marché du travail. Dans le même temps, les ressources de Pôle emploi consacrées à l’#accompagnement individualisé des #chômeurs restent insuffisantes (71 équivalents temps plein pour 10 000 chômeurs, ce qui est bien moins que dans d’autres pays comparables). »

En fait, à la place de « mitigé », il faut bien lire « complètement foiré ».

« Des améliorations ont été apportées à la procédure d’indexation (création d’un comité consultatif d’experts indépendants, suppression des augmentations discrétionnaires), qui conduisent à une modération de la hausse du salaire minimum. Elles ont considérablement réduit la proportion des salariés rémunérés au #salaire minimum et permis ainsi une meilleure différenciation salariale.
Toutefois, le salaire minimum français reste l’un des plus élevés de l’Union européenne par rapport au salaire médian »

En gros, on manque d’inégalités salariales et les pauvres SMICards sont encore trop bien payés. Et le deuxième effet Kiss Cool, c'est qu'en laissant le SMIC aux pâquerettes et sachant que les salaires sont plombés depuis des années, le SMIC ne joue plus son rôle de voiture balai et c'est toute l'arborescence salariale qui reste figée dans une paupérisation généralisée du travail!

« La France est l’un des pays de l’Union européenne où les #impôts et les charges sociales sur le #travail sont les plus élevés, tandis que la consommation y est relativement peu taxée. De plus, la part des recettes des taxes environnementales dans le PIB est elle aussi nettement inférieure à la moyenne de l’Union européenne. Un rééquilibrage du système fiscal par le déplacement de la charge fiscale du travail vers la consommation et l’environnement aurait probablement des effets bénéfiques sur l’emploi et sur la réalisation des objectifs environnementaux. »

Plaidoyé pour une TVA bien lourde qui ampute bien les plus bas revenus, alors même qu’ils se réjouissent de la modération salariale : autrement dit, il s’agit de la préconisation d’un appauvrissement accéléré des classes laborieuses au profit... des entreprises.

« Les restrictions administratives à l’ouverture de grandes surfaces de distribution et l’interdiction de la vente à perte continuent d’entraver la concurrence dans le secteur du commerce de détail. Dans le secteur des services, des barrières à la concurrence subsistent pour plusieurs professions réglementées. Un réexamen des conditions d’accès à ces professions ou la suppression progressive de certains quotas (numerus clausus) et des droits exclusifs détenus par ces professions permettrait de remédier à cette situation. »

Doit-on rappeler qu’il n’y a pratiquement plus de limites aux extensions commerciales, que nous sommes l'un des pays qui a le plus fort taux de supermarchés relativement au nombre d'habitants et que les grandes surfaces commerciales sont d’immenses pourvoyeuses de travail précaire et des laboratoires de destruction sociale ?

« La France a pris un certain nombre d’engagements au titre du pacte pour l’euro. Sur le plan budgétaire, elle s’est engagée à mettre rapidement en œuvre la réforme du système de retraite adoptée en 2010. En vue de renforcer la viabilité de ses finances publiques, elle modifiera également sa Constitution pour  instaurer une programmation budgétaire pluriannuelle contraignante. »

Donc, à graver dans le marbre, et probablement sans demander notre avis. Cela relativise grandement la portée des prochaines élections, puisque quelque soit le gouvernement sortis des urnes, il sera pieds et poings liés par un Constitution aux ordres de la Communauté européenne.

« Elle a tenu compte non seulement de leur bien-fondé dans l’optique d’une politique budgétaire et socio-économique viable en France, mais aussi de leur conformité avec les règles et orientations de l’Union européenne, eu égard à la nécessité de renforcer la gouvernance économique de l’Union européenne par la contribution de cette dernière aux futures décisions nationales. »

Est-il besoin d’être souverainiste pour tousser à cette phrase ? J’ai mal à ma #démocratie, là. En gros, votez mes agneaux, pour le théâtre des ombres, les vraies décisions seront prises ailleurs.

« Les autorités françaises devraient mettre en œuvre des mesures supplémentaires en 2011 et 2012 destinées essentiellement à adapter la législation sur la protection de l’emploi pour réduire la dualité du marché du travail et à renforcer les services publics d’emploi pour fournir un soutien global aux demandeurs d’emploi. La politique actuelle de modération du salaire minimum doit être poursuivie. La concurrence devrait être encouragée dans les professions réglementées et le commerce de détail. »

Autrement dit, la préconisation, c’est de continuer à fabriquer des travailleurs pauvres à tour de bras et de renforcer la démolition de la protection juridique des salariés les mieux protégés dans une optique d’égalité vers le bas.

Vu comme ça, le train des réformes n'a pas fini de nous rouler sur la gueule. Les retraites, c'était l'apéro, il faut nous préparer à leur servir un bon gros plat de résistance!


http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/recommendations_2011/csr_france_fr.pdf

 

http://blog.monolecte.fr/post/2011/06/10/L-Europe-veut-mettre-la-France-au-regime-SEC

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 17:55
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le-juge-serge-portelli-la-justice-francaise-est-en-danger-M.jpgLE FIL IDéES - Remise en cause du juge “gardien des libertés”, rétention de sûreté, durcissement envers les mineurs… Pour Serge Portelli, la doctrine de la “tolérance zéro” est en train de saper les acquis hérités de l'après-guerre.

     


 

Photo : Bernard Matussière pour Télérama


Au moment où les Français découvrent, avec l'affaire DSK, une justice américaine bien différente de la nôtre, Serge Portelli, président de la XIIe chambre correctionnelle du tribunal de Paris, publie un livre aussi simple que passionnant, Juger. Et tire le signal d'alarme. Si l'on n'y prend pas garde, l'idéologie sécuritaire emportera le système du juge « gardien des libertés », installé à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. A force de s'inspirer de l'exem­ple américain, prototype du modèle sécuritaire, nos juges, explique-t-il, sont peu à peu réduits à n'être qu'un simple maillon de la « chaîne pénale ». Trop « indépendants », trop « laxistes », ils gênent. Il s'agit de les mettre au pas. Au détriment, selon lui, de la démocratie.


Que vous inspire l'affaire DSK ?

 
Serge Portelli : Elle me passionne, car cette affaire est un formidable révélateur du fonctionnement de la justice américaine, que les Français découvrent avec stupéfaction. Comment concevoir, par exemple, que Dominique Strauss-Kahn puisse risquer une peine de soixante-quatorze ans de prison, comme on nous l'a expliqué dans les heures qui ont suivi son arrestation ? Cela n'a aucun sens s'agissant d'un homme âgé de 62 ans ! Soixante-quatorze ans, c'est en gros l'espérance de vie de chacun d'entre nous, une telle durée est donc inhumaine. Elle permet d'emblée de toucher du doigt cette obsession pénitentiaire qui caractérise aujourd'hui la justice américaine. Toute idée de réinsertion a disparu. Les Etats-Unis sont, de très loin, le pays qui incarcère le plus au monde : 2,3 millions de détenus ! Parmi eux, 127 000 con­damnés à vie. Des milliers de personnes meurent en prison ; plus de 2 000, condamnées alors qu'elles étaient mineures, purgent des peines de réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle.


Le traitement subi par Dominique Strauss-Kahn, les images de sa comparution au tribunal, épuisé par trente heures de garde à vue, ont également frappé les esprits...

 
On est toujours dans l'inhumain. La façon dont on l'a exhibé, menotté et hagard, est indigne et malheureusement banale. Ce genre de traitement est infligé à tous, de DSK au moindre petit voleur, que l'on s'emploie systématiquement à traîner dans la boue, à humilier en public, comme à l'époque du pilori. Je trouve scandaleux, de la même façon, que l'on ait rendu publique l'adresse de l'appartement où DSK est assigné à résidence, toutes ces caméras devant sa porte. Une personne qui est simplement accusée devrait avoir le droit à la protection de sa vie privée. Savez-vous qu'aux Etats-Unis les coordonnées de tous les ex-condamnés pour infraction sexuelle sont publiées, chacun pouvant savoir si l'un d'entre eux habite dans son quartier ? Une application iPhone a même été créée pour faciliter ces vérifications.
C'est une justice de vengeance primaire. Et cette inhumanité concerne aussi la victime, dont la défense va s'efforcer de salir, par tous les moyens, l'honneur et la réputation, en fouillant tous les recoins de sa vie pour savoir si elle n'a pas un jour commis une faute, menti, connu à un moment donné une vie sentimentale tumultueuse. Une armada d'enquêteurs va partir sur ses traces, aux Etats-Unis, en Guinée où elle est née. En lieu et place de la police qui doit tout de même obéir à des règles de procédure, ce sont des détectives privés qui vont faire ce travail d'enquête. Par tous les moyens. Cette privatisation de la justice est un danger extraordinaire.

 

“La justice américaine ne s'intéresse pas vraiment à la vérité. C'est une bataille entre le procureur et la défense, dans laquelle le juge, le seul qui pourrait avoir le souci de la vérité, est dans une position d'arbitre.”

 

Pour l'égalité entre les citoyens aussi, car tout cela coûte cher...

 
Parmi les 2,3 millions de personnes qui sont détenues aux Etats-Unis, vous avez essentiellement des gens pauvres, issus des minorités ethniques. Des gens qui ont été le plus souvent mal défendus par des avocats commis d'office, débordés, et sans moyens financiers pour mener les investigations nécessaires à la défense de leurs clients. Car aux Etats-Unis, il n'y a pas de juge d'instruction chargé d'enquêter à charge et à décharge. L'enquête à décharge revient entièrement à la défense. L'inégalité est si criante qu'on ne peut même plus parler d'une justice à deux vitesses, mais de deux types de justice. Une pour les riches, une pour les pauvres. Dans les deux cas, c'est extrêmement violent car la justice américaine ne s'intéresse pas vraiment à la vérité. C'est une bataille entre le procureur et la défense, dans laquelle le juge, le seul qui pourrait avoir le souci de la vérité, est dans une position d'arbitre.


Comment ça ?

 
Le système judiciaire américain vit dans la religion de l'aveu. Pas de la vérité. Quand vous ne parvenez pas à établir votre innocence, ne vaut-il pas mieux accepter de reconnaître un délit moins grave – des attouchements plutôt qu'un viol, par exemple – qui vous vaudra une peine moins lourde ? Cette religion de l'aveu constitue une pression psychologique considérable sur les accusés. Elle est la source principale des erreurs judiciaires. Avec l'affaire DSK, les Français ont ainsi découvert qu'il y avait très peu de procès aux Etats-Unis.
L'immense majorité des affaires – peut-être 90 % – se conclut par une transaction entre la défense et l'accusation. Et cette transaction se traduit par un « plaider coupable » qui peut intervenir jusqu'au dernier moment, même après plusieurs mois de procédure. Pour l'instant, DSK plaide non coupable. Mais il peut à tout moment dire « stop », je transige, je plaide coupable : j'avoue.
La justice américaine, on le voit, est d'une violence extrême, ses excès sont évidents. L'affaire DSK va-t-elle permettre d'ouvrir les yeux des Français sur les dérives de ce système, aujourd'hui prototype du modèle sécuritaire ? Car, depuis quelques années, il existe en France une tendance lourde à s'en inspirer. Le « plaider coupable », par exemple, a été introduit chez nous en 2004, dans une loi dite « Perben II », sous l'appellation de « comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ». Au départ, pour se rassurer, on l'a limitée aux ­petits délits jugés en correctionnelle. Mais aujourd'hui certains proposent de l'étendre aux cours d'assises. En France, la progression de la doctrine sécuritaire se fait ainsi par petites touches, discours après discours, rapport après rapport, loi après loi...

 

“Si vous mettez la sécurité avant tout le reste, vous allez mettre en place un système de répression féroce, répondre au moindre acte de délinquance et y répondre tout de suite, sans chercher de circonstance atténuante.”

 

Qu'entendez-vous par doctrine sécuritaire ?

 
Nous sommes face à un discours catastrophiste qui monte en épingle les menaces que font peser divers types de criminalité. Alimenté en boucle par la télévision, il est relayé au plus haut niveau de l'Etat. Chaque fait divers, chaque victime sont instrumentalisés pour susciter la peur. La sécurité devient l'enjeu majeur, comme l'ont montré les dernières campagnes électorales. Loin de moi l'idée que le souci de sécurité soit négligeable. Mais dans l'équilibre entre sécurité et liberté, je pense, contrairement aux tenants de l'idéologie ­sécuritaire, que la liberté doit être première. Cette hiérarchie est la condition même de la démocratie. Car si vous mettez la sécurité avant tout le reste, vous allez mettre en place un système de répression féroce, répondre au moindre acte de délinquance et y répondre tout de suite, sans chercher de circonstance atténuante.
C'est la doctrine de la « tolérance zéro », qui va mettre la justice à la remorque de la police. Mais cela ne suffira pas. Au nom du mythe de la sécurité absolue, vous allez chercher à prévenir tous les dangers. Il s'agira de développer des systèmes de surveillance, de détection, de fichage, de soumettre petit à petit toute la population à un contrôle de plus en plus serré. On commencera par les plus évidents, les récidivistes, que l'on diabolisera en les qualifiant de « monstres » ou de « prédateurs ». Pour les exclure, ont ainsi été créées, en 2005, les peines plancher, qui empêchent le juge de fixer une peine en dessous d'un certain seuil. Et, en 2008, la rétention de sûreté, qui permet de maintenir enfermés des prisonniers en fin de peine. Au nom de leur dangerosité potentielle.


Vous dites « on commencera » par les récidivistes... Qui vient après ?

 
Tout le monde ! Parce qu'en bonne logique sécuritaire, si vous voulez vous prémunir contre tous les dangers, le système judiciaire classique n'est pas assez performant : il ne met les délinquants hors d'état de nuire qu'une fois qu'ils sont passés à l'acte. Il faut donc prendre des mesures pour qu'ils soient mis à l'écart avant ! Et donc repérés le plus tôt possible. Et l'on en vient au fantasme de la ­détection précoce de la criminalité. Que l'on découvrait à la lecture du rapport Bénisti, déposé en 2004-2005 par un groupe d'études parlementaire ou du rapport de l'Inserm de septembre 2005, tous deux consacrés aux troubles chez le petit enfant « annonciateurs » de comportements délinquants à l'adolescence. L'être « dangereux » devient l'ennemi et il faut le sanctionner comme tel. Ce n'est pas seulement un basculement juridique ou judiciaire, mais de civilisation. Et fondé évidemment sur le charlatanisme à base de psychiatrie dévoyée, de criminologie hasardeuse, de psychologie de bazar, de droit frelaté. La nouvelle « science » sécuritaire rappelle certains délires du XIXe siècle, comme la fameuse théorie du « criminel-né » de Cesare Lombroso.


Il y a une vision de l'homme derrière cette doctrine sécuritaire...

 
Oui, une vision très pessimiste de l'humanité, fondée sur la peur de l'autre. On ne croit plus dans la pos­sibilité pour chacun de s'améliorer. L'idée de rédemption, de rachat, de salut, héritée du christianisme, a disparu. Ce postulat d'une fatalité de la récidive, par exemple, me révolte. Parce que la réalité montre le con­traire. L'immense majorité des gens qui passent devant nos tribunaux, qui sont condamnés, ne recommence pas. L'opinion a été tellement conditionnée que, lorsque je tiens ces propos aujourd'hui, les gens m'écoutent poliment, incrédules...

 

“Les juges sont ainsi constamment fustigés pour leur « laxisme », alors que tous les chiffres montrent qu'ils sont de plus en plus sévères, les peines plus lourdes et les prisons surpeuplées comme jamais.”


Quelle est la place du juge dans un tel contexte ?

 
Son défaut principal dans une société sécuritaire est son indépendance. On ne peut jamais être sûr de ses réactions. Il peut à tout moment être perturbé par le côté humain d'une affaire. Ou, au nom des libertés, contrarier une politique répressive. Il va donc falloir réduire son rôle au minimum : c'est la stratégie jivaro. L'objectif est qu'il se contente d'être un maillon de la « chaîne pénale », un supplétif de la police et donc du pouvoir politique. C'est grave, car l'essence même de la justice est sa liberté d'appréciation. Les juges sont ainsi constamment fustigés pour leur « laxisme », alors que tous les chiffres montrent qu'ils sont de plus en plus sévères, les peines plus lourdes et les prisons surpeuplées comme jamais. Savez-vous que nous venons de battre le record historique du nombre de détenus en France ? 64 500 personnes sont sous les verrous.
Rien n'y fait pourtant, le pouvoir des juges est constamment rogné. L'introduction du « plaider coupable » les tient à l'écart, les peines plancher les transforment en distributeurs automatiques de peines. On projette de supprimer le juge d'instruction pour le remplacer par un procureur de la République dont le statut dépendant du pouvoir exécutif est une promesse de docilité. On s'apprête à installer, à l'horizon 2014, des jurés populaires dans les tribunaux correctionnels ainsi qu'auprès du juge d'application des peines, avec l'idée qu'ils seront plus répressifs que les juges professionnels. Et l'on essaie, enfin, en s'alignant sur le système américain, de déconstruire la juridiction des mineurs en permettant que les jeunes de 16 à 18 ans soient jugés par des tribunaux correctionnels. On casse tous les plus beaux fleurons de cette justice nouvelle née à la fin de la guerre.


C'est le moment où le juge a été érigé en « gardien des libertés »...

 
L'indépendance des juges est récente, elle est née du naufrage que l'humanité venait de connaître et de cette idée qu'il ne peut y avoir de droits sans liberté, que les libertés sont un préalable absolu. Partant du constat que Hitler avait été élu, que la démocratie est faillible, que l'exécutif et le législatif, qui lui est souvent lié, sont naturellement portés à abuser de leur pouvoir, il fallait un tiers judiciaire destiné à rappeler les valeurs qui fondent la démocratie. Et c'est ainsi que l'on a assisté à l'émergence du juge « gardien des libertés ». Si l'on n'y prend pas garde, ce juge-là n'aura été qu'une courte parenthèse dans l'histoire. Il redeviendra le personnage soumis et docile qu'il avait toujours été jusque-là.

Vous êtes pessimiste...
Je pense beaucoup, en ce moment, aux années 1930, à ces années grises... L'obsession sécuritaire peut déboucher sur une catastrophe. Le cycle présent de l'histoire ne ressemble hélas pas à celui de l'après-guerre. Il y avait alors un élan, une soif de découverte, d'ouverture, de confiance dans l'humanité. Depuis quinze ans, outre le basculement économique, nous vivons un basculement idéologique, on a l'impression d'un monde qui se recroqueville, des peurs surgissent de partout, des murs, des frontières, le populisme gagne, les mouvements d'extrême droite prospèrent. Mais je ne suis pas pessimiste, je me bats, comme beaucoup d'autres, pour les valeurs humanistes. Il faut maintenir la flamme : c'est fragile, la démocratie.

 

Propos recueillis par Michel Abescat

Télérama n° 3203

 

A lire : Juger, de Serge Portelli, éd. de l'Atelier, 188 p., 18 €.

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 17:43
0-2341.JPGC’était une des revendications importantes du LKP en 2009, les Guadeloupéens viennent de se doter d’un instrument de poids : le Bureau d’Etudes Ouvrières, qui leur permet d’opérer des contrôles des prix par eux-mêmes, dans la grande distribution, de vérifier le respect ou non des engagements pris en 2009, et d’obtenir ainsi un ensemble de données et de statistiques irréfutables pour engager, si besoin est, diverses actions. Murielle Bertille, jeune et dynamique porte-parole du BEO, a gentiment accepté de répondre aux questions de Chien Créole.

Murielle Bertille, porte-parole du BEO, dans les rayons de Leader Price (photo FG)

 

Chien Créole : Alors Murielle, peux-tu nous dire comment ce sont passées ces premières interventions ?

Murielle Bertille : Et bien, nous avons déjà contrôlé quatre supermarchés. On peut dire que l’accueil a été très correct sur Milenis, Leader Price (la Jaille) et Super U (Grand Camp), en revanche, les volontaires ont été très encadrés par le personnel surveillant de Carrefour Destreland et par le patron lui-même qui était très présent dans les rayons pour vérifier ce que faisaient les bénévoles. C’était assez tendu. La direction a même interdit aux journalistes de rentrer pour prendre des photos pendant que nous relevions les prix. Pourtant un courrier avait été envoyé aux quatre enseignes pour leur annoncer notre venue. Enfin, ça n’a pas empêché les volontaires, à l’aide de leurs plaquettes, de relever les prix des 200 produits qui ont été négociés tout au long de l’année 2009 par le LKP et notamment par Alain Plaisir et Hilarion Bevis-Surprise.

 

CC : J’imagine qu’il faudra attendre un certain temps avant que vous puissiez dresser un bilan définitif mais peux-tu d’ores et déjà nous faire part de tes premières observations ?

MB : Alors, premier constat, sur Milenis, de nombreux produits ne sont plus en rayon. Le consommateur doit donc se poser des questions : pourquoi ces produits négociés tout au long de l’année 2009 ont-ils disparu, d’autres étant apparus à des prix que nous ne pouvons pas comparer bien sûr avec ceux pratiqués en 2009. Sur Destreland, le constat n’est pas encore probant mais il semblerait qu’on ait une augmentation relativement importante sur certains produits par rapport à l’année 2009. On n’a pas encore discuté entre nous des résultats obtenus sur Super U et Leader Price mais une chose est sûre : de nombreux points du protocole d’accord ne sont pas respectés. Nous avons constaté par exemple, l’absence d’affichage spécifique pour les produits reconnus de première nécessité. Devraient également figurer sur les étiquettes les prix dans l’hexagone et à la sortie du port. Cet affichage n’est respecté par aucune des enseignes que nous avons visitées jusqu’à présent.

 

CC : Comment les Guadeloupéens pourront-ils connaître les résultats de vos travaux ?

MB : Dans quelques semaines, le BEO sera en mesure de sortir un premier constat sur la région pointoise. Nous le publierons sous forme de journal et y ferons figurer les écarts entre les prix pratiqués ici et dans l’hexagone, ainsi que les variations entre 2009 et 2011, ce qui nous permettra de définir des tendances.

 

CC : Vous ne craignez pas qu’en annonçant votre venue aux supermarchés, ça puisse donner à certains la tentation de tricher ?

MB : De fait, certains consommateurs nous ont déjà annoncé qu’ils avaient constaté quelques baisses durant les trois dernières semaines du mois de mai, ce qui ne nous étonne pas puisque notre courrier pour annoncer l’arrivée du BEO dans les rayons est parti début mai. Si le constat peut s’en trouver atténué par rapport à notre action, nous ne pouvons que nous en féliciter, il sera certes moins pertinent, mais la population en aura profité ; n’est-ce pas l’objectif du BEO ?

 

CC : La population, justement, a parfois eu l’impression, après le mouvement des 44 jours, que si les prix des produits de première nécessité semblaient grosso-modo respectés, les augmentations, sur tous les autres produits, étaient reparties de plus belle, comme en 2008. Qu’envisagez-vous de faire par rapport à ça ?

MB : Pour l’instant on se concentre sur les 200 produits de première nécessité, nous manquons pour l’instant de bras pour faire plus, mais quoiqu’il arrive, il est évident que le BEO n’ira pas négocier le prix du saumon fumé Labeyrie ! Et puis, il doit y avoir une prise de conscience de la population guadeloupéenne, sur le fait qu’on peut consommer autrement, par exemple en achetant ses produits frais directement auprès des petits producteurs.

 

Deux volontaires du BEO en train de relever les prix (photo FG)

CC : Cela dit, il y a tout de même beaucoup de produits d’usage courant qui sans être dans la liste des deux cents produits ne sont pas pour autant des produits de luxe, non ?

MB : 200 produits, ça balaie quasiment tous les rayons du supermarché, ça va du produit d’entretien basic, comme le liquide-vaisselle, au lait pour enfant écrémé et demi-écrémé, et j’en passe. La liste est relativement exhaustive et doit permettre aux consommateurs de s’y retrouver. Encore faut-il que l’étiquetage leur permette de les repérer facilement…

 

CC : A quelle fréquence envisagez-vous de pratiquer vos contrôles ?

MB : Normalement, nous aurons des relevés bimensuels mais pour ça, il nous faut plus de bénévoles. Si la population comprend l’intérêt de réaliser ce travail et bien il faut très rapidement que les gens intéressés se mettent en contact avec nous [NDLR : voir le lien ci-dessous] et se portent volontaires pour aller relever les prix au moins une fois par mois. C’est en prenant son destin en main que la population pourra agir sur son devenir.

 

CC : Est-ce qu’en exigeant des supermarchés qu’ils baissent leur prix, on n’a pas le risque que ceux-ci soient tentés de moins payer les petits producteurs qui les fournissent plutôt que de rogner sur leurs confortables marges ?

MB : En fait, il y a très peu de produits locaux concernés par les négociations sur les prix de la grande distribution en 2009. Dans le cadre de ces négociations, le LKP s’est plutôt attaché à combattre les abus sur les produits importés de France. Des produits locaux figurant dans la liste, il y en a seulement 3 ou 4, chez Ecomax… alors la marge des "petits producteurs" n'est pas ici la question. Je ne suis pas certaine que Panzani ait du mal à négocier une belle marge sur les produits destinés à la Guadeloupe !

 

CC : Dernière question, peux-tu clarifier pour nous la nature des liens que le BEO entretient avec le LKP ?

MB : Très clairement, le BEO, c’est le LKP, il est important que la population le sache. On est en étroite collaboration avec les délégués du Liyannaj avec qui nous avons des réunions chaque lundi pour faire le point sur nos avancées. Qui plus est, le BEO présente un avantage par rapport au LKP en tant que tel : au jour d’aujourd’hui, le gouvernement ne reconnait pas de statut légal au LKP, et avec ce prétexte fallacieux, se permet de l’ignorer ; il ne peut en revanche ignorer le BEO, puisque celui-ci est publié au journal officiel.

 

CC : Et bien merci beaucoup, tu veux ajouter quelque chose ?

MB : Il n’est pas normal que nous soyons obligés de nous substituer à l’Etat, car c’est à lui normalement qu’incombent ces contrôles ; ça devrait amener la population à s’interroger sur le rôle que joue l’Etat en Guadeloupe. Négocier le prix d'une voiture, d'un appareil photo, d'un paréo, ok, ça n’aurait rien d’anormal mais être obligé de lutter pour exiger une transparence et par conséquent une baisse des prix des produits alimentaires, c’est tout simplement une honte ! En tous cas, il est important de souligner la bonne volonté et le dévouement des bénévoles pour cette cause.

 

Frédéric Gircour (chien.creole@gmail.com)

Si vous souhaitez participer à cette aventure, contactez le BEO à l’adresse suivante bureau.etudes.ouvrieres@gmail.com

 

Lire aussi la réponse du BEO au communiqué de la préfecture tentant de justifier son action sur la question, ça se passe sur CCN :

http://www.caraibcreolenews.com/template.php?at=3367

 

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http://chien-creole2.blogspot.com/2011/06/bureau-detudes-ouvrieres-pour-la.html

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 17:31

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http://www.scienceshumaines.com/resistance-au-travail-la-grammaire-de-la-contestation_fr_27215.html

 


Les salariés ne cessent de s’opposer à leur management. Du retrait au cynisme, de la militance au renoncement, les formes de cette contestation varient cependant, selon le type de contrôle managérial, mais aussi selon le degré d’engagement des salariés.

Peut-on encore parler de résistance au travail ? Cette notion avait été forgée par de solides enquêtes sociologiques menées dans les années 1960-1970 en France et en Grande-Bretagne. Elles donnaient à voir les mondes du travail comme des territoires de la contestation, ce que l’actualité de l’époque illustrait à l’envi, des grandes grèves d’OS dans les usines automobiles aux guérillas contre les « petits chefs » en passant par des actes de sabotage contre les pointeuses, l’allongement des temps de pause ou les apéritifs sauvages. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts. À l’heure de la production en juste-à-temps, de l’individualisation de la relation salariale et du management participatif, la contestation du travail est-elle encore à l’ordre du jour ? Certainement. Mais en rendre compte suppose de prendre acte de l’avènement d’un nouveau répertoire d’action. Cela exige aussi de dépoussiérer sérieusement nos façons de penser.

La résistance au travail renvoyait aux multiples refus de l’ordre usinier taylorien décrits par ceux qui y prêtèrent attention, tels Nicolas Dubost (Flins sans fin, 1979), Charly Boyadjan (La Nuit des machines, 1978) ou Robert Linhart (L’Établi, 1978). Ces témoignages s’inscrivaient dans une tradition sociologique ouverte dès les années 1930 aux États-Unis avec les enquêtes d’Elton Mayo et son équipe à la Western Electric. On y portait au jour, à distance de l’organigramme formel, une organisation informelle, faite de relations interpersonnelles, se superposant aux relations hiérarchiques, « de pratiques et de croyances qui, sur de nombreux points, vont à l’encontre des buts économiques de la compagnie », de gestes d’opposition et « de résistance aux changements dans le travail (1) ».

 

Un débat loin d’être clos

Vinrent les nouvelles formes d’organisation du travail (NFOT), l’entreprise-du-troisième-type, le réengineering, la production en juste-à-temps, la lean production, le « toyotisme » et ses kanban, le management participatif, les cercles de qualité, l’encouragement à « faire bien du premier coup », les high performance work systems, etc. Dans ce Nouveau Monde industriel, pour reprendre le titre de l’ouvrage éponyme de Pierre Veltz, « les manières de travailler, de produire, d’innover et d’échanger (étaient) en pleine révision (2) ». Que devenait dans ce contexte la contestation au travail ?

Deux thèses s’affrontèrent. Et le débat n’est pas clos, loin de là ! Il est périodiquement alimenté par de nouvelles enquêtes en entreprises, qui nourrissent chacune de nouveaux ouvrages et articles dans les revues scientifiques… Pour les uns, les pratiques de résistance au travail seraient clairement caduques. « Un système diabolique de domination autoadministrée (3) » aurait fini par broyer l’acteur. La cage d’acier se serait refermée sur les salariés : leur soumission à l’ordre capitaliste dans l’atelier serait « librement consentie (4) », la servitude devenue « volontaire », et « cette volonté de mieux servir conduit à l’aveuglement sur sa propre situation (5) ».

Raisonner ainsi, estiment cependant d’autres chercheurs, c’est oublier deux dimensions fondamentales de la relation d’emploi. En premier lieu, il s’agit – précisément – d’une relation. Certes, il existe une asymétrie entre les salariés et leur management : le droit du travail reconnaît une subordination des premiers aux seconds, ce qui implique qu’un salarié ne dispose pas des mêmes ressources que la direction de son entreprise pour faire valoir son point de vue. Les uns et les autres n’en sont pas moins liés par une interdépendance. Comme l’observent Peter Fleming et André Spicer (6), il n’y a pas une « action des managers », suivie d’une « réaction des salariés ». Il est préférable de parler, dans les termes du sociologue Georg Simmel, d’une « action réciproque » entre managers et salariés, ce qui veut dire que chaque partie définit sa position en fonction de la position de l’autre.

Second oubli : les dominés restent maîtres, dans des proportions non négligeables, des modalités de leurs dominations. Les salariés n’obéissent jamais de façon béate aux règles. Aussi dominés soient-ils, ils doivent être considérés comme des êtres actifs et imaginatifs, des stratèges toujours capables d’évaluer les situations dans lesquelles ils sont placés. Comme le notaient déjà les enquêteurs de la Western Electric, les salariés savent apprécier si une innovation technique ou la réorganisation d’un service est injuste ou fondée, si telle décision managériale affectera les conditions de travail ou les relations au sein d’un département. Ils savent « résister aux modifications réelles ou imaginaires » de l’équilibre social de l’entreprise (7). Bref, ce ne sont pas des cultural dopes, des idiots culturels, dirait Harold Garfinkel…

 

De nouveaux modes de contrôle

Comment rendre compte des formes, nécessairement renouvelées, de cette résistance séculaire au travail ? D’une part, en saisissant cette résistance en relation étroite avec l’action managériale qui, à la fois, la provoque et cherche à la réduire. Résistance ouvrière et contrôle managérial sont en effet deux activités qui se définissent mutuellement et se répondent l’une à l’autre. D’autre part, en évitant tout simplisme ou manichéisme : les salariés ne sont pas soit des résistants acharnés soit des engagés volontaires ; ils oscillent en permanence entre ces deux pôles, selon les situations, selon leurs besoins et intérêts.

S’agissant du management, on constate une transformation des formes de contrôle. Le mode de domination qui prévalait dans le monde taylorien était l’« assujettissement » : le salarié devait se plier à des normes explicites, voire à l’autorité de la hiérarchie. Le management libéral a institué une modalité inédite, la « responsabilisation » : le salarié se voit désormais conférer des objectifs à atteindre, à lui de trouver le moyen d’y parvenir, y compris lorsque les moyens ne leur sont pas donnés. La manière de gouverner les hommes dans l’atelier et de les faire consentir à leur domination n’est évidemment plus la même : le management cherche désormais à responsabiliser les salariés, les impliquer dans l’organisation.

Du côté des salariés, il importe de saisir la résistance dans sa relation avec l’engagement. Pétrie de cette « conscience fière » que décrivait Alain Touraine – la fierté du métier, du travail bien fait, du geste précis et qualifié –, la résistance ouvrière s’est toujours nourrie du refus d’un ordre usinier jugé non rationnel. « L’usine, c’est le bordel ! », répétaient les collègues de Daniel Mothé dans cet atelier de Renault décrit dans Journal d’un ouvrier (8). « L’usine, c’est le bordel ! », confirmaient les collègues de Philippe Bernoux, quand ce dernier pratiquait l’observation participante chez Berliet, à Lyon, à la fin des années 1960. Ils pointaient tous « l’irrationalité des décisions, l’absurdité des ordres donnés ». Bref, c’est souvent au nom de leur engagement au travail qu’ils critiquaient le management.

C’est pourquoi le terme d’« opposition au travail » semble préférable à celui de « résistance ». Certes, aucune notion sociologique ne semble satisfaisante pour saisir les multiples manières par lesquelles les salariés expriment, avec plus ou moins de vigueur et d’imagination, leur mécontentement au travail, ainsi que l’évolution de ce répertoire d’action au fil du temps. Les termes de « déviance » et de « dissidence » sont plutôt utilisés par les sociologues anglais. Celui d’« opposition », outre son usage récurrent en sociologie, introduit un élément supplémentaire : le concept désigne la volonté et l’acte de faire obstacle, et le fait de placer une chose devant une autre (du latin ob et pono). S’opposer, ce n’est donc pas seulement se dresser contre, mais aussi imposer, ou s’imposer. On retrouve ici ce qui fut théorisé par P. Bernoux sous le concept d’appropriation, soit cette « volonté d’organiser et de contrôler la production, de se définir autonome et comme groupe face à l’organisation, de se faire reconnaître un droit sur l’outil de production (9) ».

S’opposer au management, c’est donc proposer un autre cours d’action dans l’atelier ou le service, c’est mettre en concurrence un système de règle imposé avec le sien propre. S’opposer à un autrui qui vous domine, c’est aussi le mettre à distance. S’opposer, c’est enfin construire une autre rationalité productive, prenant, comme le note Norbert Alter, « le contre-pied des principes et procédures définis par le management », lui opposant « sa propre conception de l’efficacité (10)».

In fine, dresser un panorama des formes d’opposition au travail suppose de croiser les deux formes historiques de contrôle managérial (l’assujettissement et la responsabilisation), avec les deux modalités de l’action au travail (l’engagement et l’opposition) et leur degré d’intensité. Cela nous permet de repérer un répertoire de huit formes d’opposition au travail (tableau ci-dessous).

 

De la récalcitrance à la militance

Illustrons, sans les commenter toutes, quelques-unes de ces figures d’opposition. Une première est tirée d’une enquête dans une usine de composants automobiles à Coventry, en Grande-Bretagne, au début des années 1980 (11). Nous nommons cette figure « la récalcitrance ». Qu’y observait-on ? Un faible engagement des opérateurs, une opposition ouverte au management. L’autonomie des salariés y était grande, et évidente leur capacité à réguler par eux-mêmes – plutôt à la baisse… – l’activité de travail (un job control, donc). Le management s’avérait impuissant à modifier ces pratiques, réduit à menacer périodiquement les salariés d’éventuels plans de licenciements. Débrayages et grèves de plus d’une journée rythmaient le quotidien productif.

La monographie de Gideon Kunda, Engineering Culture. Control and commitment in a high-tech corporation (12), illustre un autre modèle relationnel d’opposition ; nous le qualifions de « distance ». Il désigne, à l’opposé du précédent, un engagement fort au travail et une opposition voilée au management. L’entreprise décrite par G. Kunda – une firme d’ingénierie située le long de la route 61, aux États-Unis – ressemble à nombre de nos entreprises de service d’aujourd’hui. Des techniciens et des ingénieurs, hautement qualifiés, experts dans leur domaine, y acceptent « de jouer leur rôle », sans retenue, et adhérant globalement au système de valeurs promu dans l’entreprise. Mais ils se révèlent capables, dans le même mouvement, de refuser de « gober » (to swallow) le discours managérial chaque jour asséné. Leur opposition prend alors la forme de traits d’humour, de moqueries, de caricatures crayonnées et circulant de bureau en bureau, de propos acides tenus en réunion, etc.

Deux autres formes d’opposition ont longtemps rythmé les univers productifs tayloriens. Renaud Sainsaulieu dans ses recherches sur les identités au travail en avait identifié une, le « retrait », caractérisée par une opposition et un engagement faibles. Nous nommons « militance » une autre attitude, adoptée par nombre de militants syndicaux, hommes de métier, qui vise à pallier aux insuffisances du management par une sorte de contrôle ouvrier de la production, d’une organisation clandestine des ateliers et d’une intense solidarité, tant dans l’effort productif que dans la contestation. Les « Chroniques Peugeot » de Christian Corouge et Michel Pialoux (13), ou le témoignage de Huw Beynon, Working for Ford (1973), sont de belles illustrations de cette modalité.

 

Entrer en dissidence

À l’heure de l’individualisation du rapport d’emploi, ces formes classiques ont laissé place à des modalités nouvelles. La « rébellion » désigne, dans notre répertoire, des actes individuels de résistance, comme le renseignement erroné des feuilles de production ou des bases de données informatisées. Le « renoncement » constitue une forme exacerbée de la précédente, qui survient quand l’engagement au travail se brise. C’est le cas de ces cadres ou employés, qui avaient pris au mot les promesses du management, espérant les rétributions annoncées, primes ou promotions, mais qui ne sont jamais venues. S’estimant grugé, le salarié devient alors un dissident, brûlant ce qu’il adorait ou acceptait la veille. La figure de Bartleby, dans la nouvelle éponyme d’Herman Melville (1856), nous semble résumer cette forme moderne et probablement redoutable d’opposition au travail : quand le salarié, diplômé, compétent, innovateur, fait un pas de côté et se plaît à répéter : « I would prefer not to » (« j’aimerais mieux pas »).

 

NOTES

(1) Fritz J. Roethlisberger et William J. Dickson, Management and the Worker, Harvard University Press, 1939.
(2) Pierre Veltz, Le Nouveau Monde industriel, 2000, nouv. éd. Gallimard, 2008.
(3) Christophe Dejours, Souffrance en France. La banalisation de l’injustice sociale, Seuil, 1998.
(4) Vincent de Gaulejac, La Société malade de la gestion. Idéologie gestionnaire, pouvoir managérial et harcèlement social, Seuil, 2005.
(5) Jean-Pierre Durand, La Chaîne invisible. Travailler aujourd’hui : flux tendu et servitude volontaire, Seuil, 2004.
(6) Peter Fleming et André Spicer, « Working at a cynical distance. Implications for power, subjectivity and resistance », Organization, vol. X, n° 1, février 2003.
(7) Ibid.
(8) Daniel Mothé, Journal d’un ouvrier (1956-1958), Minuit, 1959.
(9) Philippe Bernoux, « La résistance ouvrière à la rationalisation : la réappropriation du travail », Sociologie du travail, vol. XXI, n° 1, 1979.
(10) Norbert Alter, Donner et prendre. La coopération en entreprise, La Découverte, 2009.
(11) Jacques Bélanger, « Job control after reform. A case study in British engineering », Industrial Relations Journal, vol. XVIII, n° 1, 1987.
(12) Gideon Kunda, Engineering Culture. Control and commitment in a high-tech corporation, Temple University Press, 1992.
(13) Christian Corouge et Michel Pialoux, « Chroniques Peugeot », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 52-53/54, juin-septembre 2004.

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arton13948-1b920.jpgTandis que les dirigeants US se demandent avec quelle lenteur ils vont retirer leurs troupes d’Afghanistan – et débattent pour décider s’il faut ou non se retirer de l’Irak d’ici la fin de l’année – une nouvelle alliance de pays asiatiques est en train de remplir le vide laissé par l’Empire US en déclin. D’ici mi-juin, l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) pourrait représenter plus de la moitié de la population mondiale.



Le 15 mai, le ministre russe des affaires étrangères Sergei Lavrov a annoncé qu’un élargissement important de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) serait au programme du prochain sommet à Astana au Kazakhstan, le 15 juin.

Si l’élargissement est approuvé, l’Inde et le Pakistan rejoindront la Chine, la Russie et les républiques d’Asie centrale comme membres à part entière de l’OSC, et l’Afghanistan rejoindra l’Iran et la Mongolie en tant que nouveaux membres « observateurs ». L’information semble avoir échappé aux médias US (et français, remarque perfide du traducteur) mais les historiens du futur la désigneront probablement comme un point tournant de l’histoire de l’Afghanistan, des Etats-Unis et du monde.

Les cinq membres fondateurs de l’OCS (Chine, Russie, Kazakhstan, Tadjikistan et Kirghizstan), qui avaient signé en 1996 un « Traité sur le Renforcement de la Confiance dans les Régions Frontalières », ont formé en 2001 l’OCS avec l’Ouzbékistan et se sont engagés à renforcer la coopération militaire et économique.

En 2005, le président Nazarbayev du Kazakhstan a salué le caractère historique du sommet qui, cette année-là, a été rejoint par l’Inde, le Pakistan et l’Iran. Il a souligné que désormais la moitié de la population mondiale était représentée à la table des négociations de l’OCS.

L’OCS combine certains aspects militaires d’une alliance comme l’OTAN avec les avantages économiques d’une communauté comme l’Union Européenne ou l’UNASUR en Amérique du sud.

L’émergence et la croissance de l’OCS, qui est à la fois une alliance militaire défensive et une communauté économique, ont été motivées par l’intérêt partagé par ces pays de contrer l’agression US et son expansion militaire et aussi par la croissance économique de la région. Les Etats-Unis ont demandé un poste d’observateur à l’OCS en 2005, mais la candidature fut rejetée.

Les Afghans ont décidé de rejoindre l’OCS malgré l’opposition de Washington. Le ministre des affaires étrangères afghan Rassoul avait passé quatre jours en réunion avec des officiels chinois à Beijing avant l’annonce faite le 15 mai par Lavrov.

Il y a un changement significatif dans le « grand jeu » en Asie centrale, et des indications sur le devenir de l’Afghanistan lorsque l’occupation de l’OTAN prendra fin, ce qui arrivera un jour ou l’autre.

Le diplomate indien à la retraite, M. K. Bhadrakumar a souligné dans Asia Times que, avec cette manœuvre, la Chine et la Russie ont réussi à faire en sorte que la politique US en Asie Centrale marche sur la tête.

Les politiciens US espéraient faire de l’Afghanistan une « base centrale » d’où les Etats-Unis pourraient dominer l’espace et les routes stratégiques entre la Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde et le Pakistan. A la place, les Russes et les Chinois sont en train de positionner l’Afghanistan comme la base centrale future d’un réseau terrestre de commerce et de transport qui court-circuitera les routes maritimes de commerce sous contrôle de l’US Navy et permettra à tous les pays de la région de développer les relations entre eux sans une interférence des Etats-Unis.

Ceci annonce une nouvelle étape dans la concurrence historique entre les empires terrestres de l’Europe et de l’Asie et les empires maritimes européens et américains. Les routes terrestres et les alliances continentales ont toujours été indispensables à la Russie, la Chine, l’Allemagne, l’Autriche, la Turquie et la Perse, tandis que l’Espagne, le Portugal, la Hollande, la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis ont toujours compté sur leur puissance navale et le contrôle de colonies ou néo-colonies lointaines pour imposer leur domination.

La faiblesse stratégique qui caractérise la montée de la Chine est due à sa dépendance aux importations et exportations massives par voie maritime. Tout est conçu pour éviter le moindre incident naval avec les Etats-Unis et constitue sa principale vulnérabilité.

La Chine a travaillé dur pour développer des alternatives au commerce maritime. Elle a construit des oléoducs et des gazoducs depuis la Russie et le Kazakhstan et amélioré ses relations avec l’Inde et ses autres voisins asiatiques – tout en assurant l’expansion de sa marine pour protéger ses routes de commerce et en construisant de nouvelles installations portuaires tout autour de l’Océan Indien – et pas moins que le plus grand port de la région, à Hambantuta, au sud du Sri Lanka.

L’ancien diplomate indien, Bhadrakumar, voit dans l’expansion de l’OCS une manœuvre de la Chine et la Russie pour construire « un concurrent à l’OTAN et un garant de la sécurité des états d’Asie centrale » et il cite une agence de presse russe qui décrit une « coopération étroite » entre la Russie et la Chine qui s’étend jusqu’au Moyen orient et à l’Afrique du nord.

En 2009, la plupart des pays dans le monde étaient disposés à accorder un an ou deux à l’administration Obama pour connaître ses intentions. Le verdict est désormais tombé, et la dernière campagne de bombardement de l’OTAN contre la Libye en est la confirmation, que le « changement » susurré par Obama n’était qu’une tactique et une opération de relations publiques et très loin d’un engagement américain pour la paix ou le respect du droit international.

L’expansion par Obama des opérations de « forces spéciales » vers au moins 75 pays et le rôle plus actif de l’OTAN dans les guerres à travers le monde n’ont fait qu’augmenter les enjeux dans le monde entier.

Tous les membres actuels et futurs de l’OCS voient leur salut dans l’unité et un soutien mutuel tandis qu’ils sont confrontés à une puissance militaire blessée et dangereuse qui ne montre aucun signe de réduction de sa présence militaire ou de son agressivité, ni de sa doctrine illégale de recours à la force militaire.

 

Mais l’échec des Etats-Unis et de l’OTAN dans leur occupation de l’Afghanistan représente à la fois une opportunité et un problème pour les pays voisins. En Irak, depuis que les Etats-Unis ont baissé le niveau de violence de leur occupation, ce sont les pays voisins qui vendent aux gouvernement, propriétaires et entreprises les biens dont ils ont besoin pour reconstruire leur pays et leurs existences.

L’occupation aura été l’occasion d’une énorme mais éphémère ruée vers l’or pour les sous-traitants de l’armée américaine, mais le résultat final est que personne en Irak ne veut traiter avec une entreprise américaine ou acheter des produits américains. La grande masse des importations irakiennes en 2009 sont venues de la Turquie, de l’Iran, de la Syrie, de la Chine et de l’Union Européenne.

Une situation similaire est prévisible en Afghanistan. La Chine y exploite déjà de grandes mines et transporte le fer et le cuivre en toute sécurité par camion sur les mêmes routes de montagne où les convois de ravitaillement de l’OTAN sont régulièrement attaqués et incendiés.

Mais la plus grande valeur économique et stratégique de l’Afghanistan pour ses voisins ne sont pas ses ressources, ou son économie locale, mais sa position géographique, au carrefour de leurs échanges par voie terrestre, particulièrement pour le pétrole Iranien vers la Chine et le pétrole et gaz russes vers le Pakistan.

Comme dans le passé, différents groupes ethniques en Afghanistan feront du commerce avec leurs alliés naturels des pays voisins, les Pashtuns avec le Pakistan, les autres avec l’Iran et ainsi de suite.

Un gouvernement central pas trop autoritaire pourrait arbitrer les intérêts des différentes parties avec sagesse et gagner un respect qui serait le garant d’une stabilité. C’est ainsi que l’Afghanistan a connu la paix dans le passé et ce sera probablement ainsi qu’il le connaitra dans l’avenir.

La candidature de l’Inde à l’OCS peut surprendre les Américains, encore plus que la candidature de l’Afghanistan à un poste d’observateur. Vu de l’Inde, les bénéfices d’une relation étroite avec les Etats-Unis en déclin diminuent et les avantages d’une amitié avec la Chine augmentent.

En regardant vers l’avenir, l’Inde a toutes les raisons de se rallier à l’OCS. Les Etats-Unis ont fait de gros efforts pour courtiser l’Inde et en faire un allié, en exploitant les vieilles tensions entre la Chine et le Pakistan, mais lorsque l’OTAN finira par plier bagages et quitter l’Afghanistan, l’Inde ne peut pas se permettre de se retrouver exclue du nouvel ordre régional.

Alors l’adhésion de l’Inde à l’OCS est cruciale, malgré le soutien des Etats-Unis à son programme nucléaire et les récentes négociations sur les armes.

Les officiels US pensaient pouvoir remporter un contrat pour Boeing et Lockheed Martin dans la vente de 125 avions de combat pour un montant de 11 milliards de dollars, mais l’Inde a finalement décidé d’acheter les avions à l’Europe.

Alors que les Etats-Unis ont perdu leur avance technologique dans d’autres domaines, celui des armes a constitué une exception dans une industrie américaine généralement morose et un composant essentiel de la politique étrangère du pays.

Au lendemain de la première guerre du Golf en 1991, la supériorité des armes américaines a été promue par le Pentagone et ses relais dans les médias occidentaux afin de provoquer une ruée vers l’achat d’armes Made in USA. Les pilotes américains ont reçu les instructions de faire voler leurs avions directement du Koweit au Salon de l’Aéronautique à Paris sans même les nettoyer, pour les exposer dans toute leur gloire et leur crasse à des clients potentiels.

La période qui a suivi la guerre froide a été une période de records de ventes pour les marchands d’armes américains. En 2008, les ventes d’armes des Etats-Unis représentaient 68 pour cent de l’ensemble des ventes d’armes dans le monde, ce qui a fait dire à l’éminent analyste Frida Berrigan que le « marché global de l’armement » était en réalité un terme erroné pour désigner ce qui était devenu un monopole américain dans le commerce de la mort et de la destruction.

Peu avant sa mort en 2010 , Chalmers Johnson a expliqué dans son livre « Dismantling the Empire » que le complexe militaro-industriel corrompu des Etats-Unis a lapidé son avance technologique en matière d’armement qu’il avait héritée de la Guerre Froide. L’inflation, la bureaucratie, l’arrogance, la corruption et le favoritisme produisent désormais des armes à des prix absurdes et mal adaptés aux guerres réelles.

Le F-22 peut voler plus haut et plus vite que le F-16 (lancé en 1976) ou que le A-10 (8 millions de dollars pièce, contre 350 millions pour le F-22), mais il a été construit pour des combats aériens en altitude contre des avions de combats imaginaires que les Russes ont eu la sagesse de ne jamais fabriquer, et pas pour un soutien au sol comme dans une vraie guerre.

L’avion est « trop rapide pour qu’un pilote puisse détecter des cibles tactiques » et « trop fragile et inflammable pour supporter des tirs sol-air ». Le F-35, encore plus récent et dont le programme de recherches et développement a été lancé en 1994, fut construit pour contrer un avion Russe dont le programme était déjà abandonné depuis... 1991.

La véritable « prochaine génération » d’avions de combat sont les Typhons Européens et les Rafales que l’Inde a choisis. Ils se sont révélés plus performants que les F-16 et les F-18 lors des tests menés par les Indiens et leurs experts ont déclaré à Al Jazeera que la technologie des avions US avait un « retard de 10 ans sur celle des Européens ». Malgré des dépenses militaires équivalents à l’ensemble du reste du monde, les Etats-Unis ne fabriquent rien de comparable.

Dans son appel passionné en faveur d’un démantèlement du complexe militaro-industriel US, Johnson a conclu, « notre destin est de nous ruiner au nom de la défense nationale ». L’ironie suprême dans toute cette histoire est que notre argent est dépensé dans des armes qui ne sont même pas efficaces.

Et pour cette raison, comme l’a clairement démontré Chalmers Johnson, nous payons le prix des « occasions ratées » - la plupart d’entre nous en tous cas. Nous vivons dans le seul pays industrialisé qui ne fournit aucune couverture médicale à des millions de ses citoyens et le seul pays qui contrôle une minorité défavorisée en emprisonnant des millions de jeunes mâles et en employant des millions issus des populations rurales, sans autres ressources, pour les garder en prison.

Lorsque nous pensons à l’Allemagne nazie ou à l’Union Soviétique, nous ne les jugeons pas sur le niveau de vie qu’ils fournissaient à leur classe moyenne privilégiée mais sur la manière qu’ils traitaient leurs ennemis et leurs minorités. Si nous devions appliquer avec objectivité à notre propre société les mêmes critères que nous appliquons aux autres, nous découvririons que nous sommes bien plus proches du « totalitarisme inversé » de Sheldon Wolin que des euphémismes à usage interne si chers à nos politiciens et nos appareils de propagande.

La décision du Pakistan de s’allier avec la Russie et la Chine est moins surprenante que celle de l’Inde. Le rôle du Pakistan dans la soi-disant « guerre contre le terrorisme » des Etats-Unis lui a permis de toucher des fonds pour construire de nouvelles armes nucléaires et remplir les poches de hauts fonctionnaires tels que « M. Dix Pour Cent », le Président Zardari.

Mais l’expansion de la guerre US en Afghanistan vers le Pakistan a sérieusement déstabilisé le pays et est en train de retourner le pays contre tout partenariat présent ou futur avec les Etats-Unis.

Récemment, Imran Khan, le très respecté ancien capitaine de l’ équipe de cricket du Pakistan, a dirigé une occupation pacifique par des dizaines de milliers de gens d’une autoroute près de Peshawar, pour bloquer les convois de l’OTAN en route vers l’Afghanistan, en signe de protestation des frappes par drones effectuées par les Etats-Unis. Khan et son parti Tehreek-e-Insaf (Mouvement pour la Justice) est probablement le meilleur espoir pour le Pakistan, mais il ne sera ni une marionnette ni un allié des Etats-Unis.

Au 20ème siècle, les Etats-Unis ont adroitement ramassé les morceaux de l’empire britannique mourant pour fabriquer discrètement le leur. Partout dans le monde, les habitants des ports ont pris l’habitude de voir des drapeaux et des uniformes américains, tout comme leur grand-parents avaient pris l’habitude de voir des drapeaux et des uniformes britanniques.

La question sans réponse du moment est de savoir quels seront les drapeaux et les uniformes que nos petits-enfants verront. Espérons que l’OCS jouera un rôle constructif dans une transition pacifique vers un monde où les gens ne verront que les drapeaux et des uniformes locaux – ou pas de drapeaux ni d’uniformes du tout...

Pendant que le ministre des affaires étrangères afghan, Rassouf, rentrait de Beijing pour rencontrer à Kaboul le Premier Ministre indien, Manmohan Singh, le président Zardari du Pakistan s’envolait vers Moscou pour rencontrer des officiels russes.

Une chose est sûre, c’est qu’ils veulent tous voir les Etats-Unis quitter l’Afghanistan, et le problème des Etats-Unis est que l’OCS et ses membres seront prêts pour ramasser les morceaux, que ce soit cette année, l’année prochaine ou dans dix ans.

 

Nicolas J S Davies

 

 

Nicolas J S Davies est l’auteur de « Blood On Our Hands : the American Invasion and Destruction of Iraq ».

http://consortiumnews.com/2011/06/0...

Traduction « comment s’appelle le président de la Chine, déjà ? » par VD, avec probablement les fautes et coquilles habituelles

URL de cet article 13948
http://www.legrandsoir.info/une-alliance-de-pays-asiatiques-supplante-l-empire-us-consortium-news.html
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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 11:00

manifestation_belgique_crise_europe432-300x201.jpgLa Commission européenne demande à la France de réduire encore la dépense publique, 
de s’attaquer au statut des CDI, freiner la hausse du smic et augmenter la fiscalité indirecte.

Conformément au pacte pour l’euro plus promu par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, la Commission européenne a rendu mardi son verdict annuel sur le programme de stabilité actualisé de la France pour la période 2011-2014. Comme elle l’a déjà fait en 2010, la Commission doute de la capacité du gouvernement français à respecter les engagements du pacte et particulièrement à revenir à un déficit public inférieur à 3 % du PIB au plus tard en 2013. « Le scénario macroéconomique sur lequel se fondent les projections budgétaires est trop optimiste », écrit-elle dans la recommandation transmise à Paris, laissant entendre que les prévisions de croissance de l’économie française présentées sont « gonflées » par rapport aux possibilités réelles.

À partir de ce constat réaliste – l’austérité tue la croissance –, Bruxelles propose pourtant d’en rajouter et réclame que Paris fasse « un effort budgétaire annuel moyen supérieur à 1 % du PIB sur la période 2010-2013 », en réduisant davantage la dépense publique. Considérant qu’en France « la législation actuelle sur la protection de l’emploi reste trop stricte », la Commission invite le gouvernement à rogner encore davantage les dispositions sécurisant les CDI. Par ailleurs, si elle félicite l’équipe de Nicolas Sarkozy d’avoir freiné la hausse du salaire minimum, elle laisse entendre qu’il faut aller plus loin, car le smic français « reste l’un des plus élevés de l’Union européenne par rapport au salaire médian ».

Considérant que « les impôts et les charges sociales » sur les entreprises sont élevés en France, la Commission recommande de transférer la charge vers la TVA et une taxe environnementale. D’une façon générale, elle considère que le programme de réformes ultralibérales du gouvernement doit aller plus loin. Sans aucun doute, les apparatchiks bruxellois veulent inciter la droite française à se « lâcher », à ne pas se laisser impressionner par l’échéance de 2012. La Commission affirme enfin déplorer qu’une « incertitude politique » entoure la réforme visant à inscrire dans la Constitution l’obligation de pratiquer une politique d’austérité budgétaire. Il est vrai que l’on ne peut pas tout avoir, même si l’on a déjà pas mal obtenu.

  • DANS LA LOGIQUE DU PACTE POUR L’EURO PLUS

Les oukases ultralibéraux de la Commission adressés à la France ne constituent pas une initiative de l’appareil bruxellois, ils sont dans le droit fil des réformes engagées par les dirigeants de l’Union européenne et de la zone euro en 2010 et 2011 et qui visent à réduire la dépense et les prélèvements publics au profit des intérêts privés. C’est ainsi que le pacte pour l’euro plus adopté en mars dernier demande aux gouvernements de la zone d’inscrire l’obligation de l’équilibre budgétaire dans la Constitution ou une loi-cadre.

Pierre Ivorra

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