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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 18:14

 

ag94-copie-5.pngL’aventure aura duré un an et demi. L’arrivée de Colruyt à Corbeil-Essonnes (91) avait marqué, en octobre 2009, l'ouverture de la première unité de l’enseigne en région parisienne. Implanté dans le difficile quartier des Tarterets, le magasin de 1 500 m² a baissé le rideau le 30 avril dernier.

En cause, l’emplacement, donc, mais aussi le déficit de notoriété de l’enseigne, dont les 50 unités françaises se situent principalement dans l’Est. Un Leclerc Drive serait pressenti pour lui succéder.

Colruyt ouvrira en revanche un point de vente à Valenton (94) d'ici quelques semaines. Le Belge espère atteindre 58 magasins en France d’ici à la fin de l’année, une centaine à l’horizon 2014.







Imprimerie Exp-Pli-Site : « On s'attendait à quelque chose mais pas à la fermeture »

 

 

mardi 28.12.2010



L'année se termine décidément mal pour la zone industrielle de Neuville-en-Ferrain. Après les difficultés chez Waucquiez, Xanaka, Diramode-Pimkie, Luxaflex, Gel Service, c'est la société Exp-Pli-Site qui a annoncé sa cessation d'activité hier.

« Ça nous rappelle des souvenirs ? Hein ! » Petit sourire ironique du syndicaliste... Il y a un an, dans le même froid glacial, les représentants de la CGT avaient planté un piquet de grève devant Diramode. Hier matin, leur délégué syndical CGT, Régis Pinhart, était devant le siège d'Exp-Pli-Site, zone industrielle de Neuville-en-Ferrain pour apporter son soutien aux salariés de la société. Tout comme ceux de Gel Service, de Wauquier, de la Blanche-Porte, de Picavet... « C'est normal que l'on vienne les aider. Exp-Pli-Site est une petite entreprise comme nous et ils ont besoin d'aide. » Il y a une semaine, les treize salariés apprenaient la probable fermeture de leur entreprise. Rachetée par le groupe belge Colruyt en 2004, la société est spécialisée dans le mailing, les travaux d'imprimerie et de distribution. Pour les salariés, c'est le choc. « D'autant qu'on nous a dit que l'on pouvait rester chez nous. On serait de toute façon payé. On s'attendait à quelque chose mais pas à la fermeture », racontent Francine, salariée depuis sept ans et Annabelle dernière embauchée dans l'entreprise. « Nous sommes une petite entreprise. L'activité ça va, ça vient mais nous avons toujours du travail. » Le délégué CGT, Mounir Assadi, reconnaît que l'antenne neuvilloise est déficitaire... dans un groupe qui dégage un résultat net de 320 millions d'euros. Il dénonce une volonté de la direction de se débarrasser de ceux qui dérangent. « Nous avons créé notre section syndicale il y a un an. Nous avons fait valoir nos droits et obtenu des augmentations de salaires, la requalification d'employés, l'amélioration des conditions de travail... cela ne fait pas plaisir à tout le monde ! »

Un reclassement au sein du groupe ?

Hier, Philip D'Hooghe, directeur du groupe Mitto qui apppartient à Colruyt, est venu rencontrer le délégué syndical. Il a confirmé « négocier sur la cessation d'activité ». Pour M. D'Hooghe, Exp-Pli-Site n'est plus satisfaisante. « L'activité est négative au niveau du résultat depuis plusieurs années. Pourtant nous avons voulu inverser la vapeur : nous avons acquis de nouvelles machines et renforcé le capital. Mais la crise et la chute des prix n'ont pas permis un redressement. À court et moyen termes, nous ne voyons pas malheureusement d'amélioration.

 » À la sortie de la réunion, Mounir Assadi, délégué CGT, parlait de « scandale ». « Le groupe vient d'annoncer la cessation immédiate des activités. C'est un "Joyeux Noël". Ils vont faire appel à un cabinet pour un reclassement national et international. Nous prévenons tout de suite : nos emplois doivent être maintenus dans les mêmes conditions ! On en a marre des patrons saboteurs qui se moquent de l'avenir des salariés. On ne lâchera rien ! » De son côté Philip D'Hooghe confirme que des possibilités de reclassement dans des entreprises du groupe seront proposées aux salariés. « Mais nous devons négocier de tout cela dans le respect des personnes. » Cela n'empêche pas Francine de s'inquiéter. « On ne peut pas aller en Belgique où il va encore falloir payer des impôts. À moins qu'ils ne mettent des navettes en place... Mais faut pas rêver ! » Le délégué CGT a annoncé la mise en place d'un piquet de grève... Un de plus dans la zone industrielle de Neuville-en-Ferrain. •


PAR ANNE COURTEL

 

 


Colruyt Verviers: conflit social entre le Setca et le directeur régional

Des piquets de grève empêchaient l'accès au Colruyt de Verviers ce vendredi entre 8h30 et 10h. Cette action de protestation fait suite aux rapports tendus entre la délégation syndicale et le directeur régional, explique Marc Lincé, secrétaire régional Setca à Verviers.

La délégation syndicale se dit confrontée depuis plusieurs semaines à une absence de considération de la part de la direction régionale.

Le Setca rapporte que les délégués ne sont pas les bienvenus lors des entretiens avec des membres du personnel. Le syndicat socialiste affirme par ailleurs que "le directeur régional licencie par téléphone des travailleurs absents de longue durée pour des raisons médicales".

Une réunion entre syndicats et direction de Colruyt est prévue prochainement. La chaîne de magasins emploie 200 personnes dans l'arrondissement de Verviers.






Nom: famille Colruyt
Fortune:1,902 345 865millions d’euros
Signalement:actionnaire de la chaîne de magasins Colruyt, réputée pour le faible coût des marchandises et... des salaires du personnel.


David est au Colruyt avec ses deux filles pour la rentrée des classes. Il doit prévoir 150 euros pour la grande (en primaire) et 50 euros pour la petite (en maternelle). En plus de tous les frais exigés par l'école. A la radio, il vient d'entendre la ministre Arena expliquer que pour entretenir les bâtiments scolaires, le budget disponible est beaucoup trop maigre: 30 millions d'euros. Pourtant un impôt sur la seule fortune des Colruyt rapporterait déjà 38 millions.



Chiffres 2005, actualisée la fortune Colruyt atteint désormais les 2,9 milliards €.

La famille Colruyt est la 2e plus grosse fortune de Belgique.

 


http://www.archivesolidaire.org/scripts/print.phtml?section=&object_id=28199&action=Print

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 18:09

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Traduction JC pourhttp://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Le Parti communiste d’Israël (PCI) a condamné la répression meurtrière Israélienne de dimanche sur les hauteurs du Golan, dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et au Sud-Liban où les forces Israéliennes ont ouvert le feu pour disperser des manifestations pro-Palestiniennes.

 

 

Pas moins de 16 personnes ont été tuées par des tirs Israéliens lors d'incidents qui se sont produits aux frontières avec la Syrie et le Liban dimanche, alors que les Palestiniens marquaient le 63ème anniversaire de l'expulsion de leurs terres. Un jeune homme de 18 ans a également été tué et 125 autres blessés par des balles Israéliennes lors d'une marche Palestinienne à Gaza qui se dirigeait vers le mur de séparation et le poste-frontière d'Erez avec Israël dimanche. Ce jour, aussi connu comme « Yom An-Nakba » en Arabe, commémore le “Jour de la catastrophe”, lorsque l’État d’Israël a été créé, faisant de près de 800 000 Palestiniens des réfugiés.

 

 

Mohammed Nafah, secrétaire-général du PC d’Israël, a réaffirmé la position historique des communistes qui stipule qu'une solution juste et permanente à la question Palestinienne passe par la reconnaissance du droit à l'auto-détermination du peuple Palestinien et son droit à établir un État national souverain sur tous les territoires Palestiniens qui ont été occupés en 1967 avec al-Quds (Jérusalem-Est) comme capitale ainsi que par la résolution de la question des réfugiés Palestiniens en conformité avec la Résolution 194 de l'ONU. D'après Nafah,« c'est la seule voie pour parvenir à la solution des deux États, où les deux États pourraient vivre en paix et dans la stabilité. Essayer de contourner la solution des deux États ne mènera qu'à la consolidation de l'état d'occupation et au déni des droits du peuple Palestinien à l'auto-détermination, quelque soit la radicalité apparente de ces solutions. »

 

 

Le secrétaire-général du PC d’Israël appelle à mettre en place en Israël une campagne contre l'occupation et pour un État Palestinien indépendant. Le Parti communiste d’Israël appelle tous les défenseurs de la démocratie et des droits de l'Homme en Israël, Juifs et Arabes, à manifester leur solidarité avec la lutte du peuple Palestinien pour sa libération nationale, des conditions de vie décentes et la liberté, et de participer à une grande manifestation qui se déroulera à Tel-Aviv, samedi 4 juin, à la veille du 44ème anniversaire de l'occupation des territoires Palestiniens.

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 18:07

ag94-copie-4.pngAu moment où un ministre en mission commandée assimile les salarié-e-s sans emploi, contraints de survivre avec le RSA, à des délinquants puisqu’il propose de leur faire faire des travaux d’intérêts général activité jusque là réservée à des personnes condamnées par la justice, nous poursuivons notre série consacrée à Pôle emploi. Concernant le RSA, l’internaute peut lire un des articlesque nous avons consacré au sujet avec en particulier le tableau donnant les montants que perçoivent réellement les allocataires.

Après avoir vu l’historique de l’évolutiondu service public de l’emploi et de l’assurance chômage et ses conséquences sur les droits des chômeursregardons les conséquences pour les personnels.

II-3 Du côté des personnels

II-3-1 Les attaques sur les salairesLes évolutions successives de l’ASSEDIC et de l’ANPE, puis leur fusion n’ont pas été sans conséquences sur les missions, le statut, le contenu et les conditions de travail des personnels.

Comme dans l’industrie ou le commerce, à l’image de ce qu’ont chiffré les ouvriers de FRALIB, les salarié-e-s ex ANPE ou ASSEDIC/UNEDIC ont connu une baisse relative de leur salaires depuis ces deux dernières décennies. Ainsi, alors qu’en 1986 le coefficient 150 qui représente le coefficient d’un agent d’accueil était à 126% du smic, en 2010 il n’est plus qu’à 106%. La CGT de Pôle Emploi a calculé que pour ne serait ce que rattraper niveau des salaires des années 90, il faudrait augmenter les salaires actuels de 24%. On s’en doutait déjà, mais les chiffres le prouvent : ce ne sont pas les salaires qui ont pu mettre en déficit l’assurance chômage.

II-3-2 Des réductions d’effectifs…

En 2008, avant la fusion il y avait 15 000 salarié-e-s à l’UNEDIC et 28 000 salarié-e-s à l’ANPE auxquels il faut rajouter depuis février 2010 près d’un millier de salarié-e-s de l’AFPA, principalement des psychologues du travail soit en tout environ 45 000 personnes. Avec 47 000 salarié-e-s [1] on pourrait penser qu’aujourd’hui Pôle Emploi a un effectif suffisant. Sauf que ce n’est pas le cas pour au moins deux raisons : ce ne sont pas les mêmes métiers, on ne peut donc pas les additionner et l’augmentation de la charge de travail justifierait au contraire une augmentation des effectifs, ce que demandent toutes les organisations syndicales de l’institution.

Pour ne prendre qu’un exemple, il y avait à l’UNEDIC environ 9000 liquidateurs chargés de calculer l’indemnisation, ce nombre n’a pas bougé malgré la complexité et le nombre croissant de demandeurs d’emploi d’où le retard et les erreurs, d’où aussi les mouvements de colères dans les lieux d’accueil du public. Et ce n’est pas près de s’arranger ! Avant fin 2011 il est prévu la suppression de 1800 emplois (1500 CDD et 300 départs non remplacés) ce qui fait que Pôle Emploi pour la 2ème année consécutive, finira l’année avec moins de salarié-e-s que l’année précédente [2] alors que dans le même temps le gouvernement multiplie les annonces sur l’augmentation du service à rendre aux chômeurs.

Ainsi, lors de la création de Pôle Emploi, il avait été annoncé que chaque agent s’occuperait de 60 personnes. En fait le chiffre est nettement plus élevé et des documents confidentiels ont montré que ce nombre est en réalité supérieur à 300 [3]. La situation est telle que même le patronat a signé une lettre paritaire au gouvernement constatant qu’un agent de Pôle emploi suit aujourd’hui un nombre trop important de demandeurs d’emploi et a donc "des difficultés pour répondre correctement à la demande, tant au regard du retour à l’emploi que de l’indemnisation". [4]. Pour essayer de compenser la baisse d’effectifs dans un contexte de montée de la charge de travail, la direction pensait avoir trouvé le remède miracle : la polyvalence ! Le matin le salarié est liquidateur, l’après-midi, conseiller professionnel ! Le seul énoncé des métiers de l’institution (agent d’accueil, conseiller d’orientation, agent de prestations, agent administratif…) montre le caractère totalement irréaliste d’un tel choix. Dans un contexte économique aggravé par la précarité, la polyvalence supposerait des années de formation et Pôle Emploi avait prévu des stages de…3 à 7 jours ! Elle a dû se rendre à l’évidence et faire machine arrière et officiellement en tous cas le remède magique n’est plus à l’ordre du jour. Au lieu d’un grand bazar où les demandeurs d’emploi seraient reçus par des salarié-e-s non armés pour leur répondre, on en reviendrait donc à des sites mixtes où des salarié-e-s exerceraient des missions différentes….exactement la proposition de la CGT à l’origine !! Proposition qui suppose des effectifs en nombre suffisant.

II-3-3 …qui ne font pas faire des économies !

Une étude attentive du budget fait apparaître une constatation surprenante : alors qu’il y a eu baisse d’effectifs (- 700 en 2009) il y a augmentation de 20% de la masse salariale. Cette augmentation est essentiellement due au droit d’option des ex agents ANPE qui ont pu quitter le statut de fonctionnaire pour celui d’agent du privé afin de rattraper ainsi le salaire de leurs collègues ex-UNEDIC. Vu ce qui précède sur la baisse relative des salaires on comprend que 60% d’entre eux aient fait ce choix-là !

Au passage notons que cela a permis à l’Etat de se désengager du salaire des fonctionnaires afin d’en faire porter le coût à Pôle Emploi…et donc à nos cotisations. La part prise sur les cotisations pour le fonctionnement est passée de 8,5 à 10% : autant de moins pour les prestations.

Ce que fait apparaître aussi le budget c’est une montée en flèche des services sous traités. Dans le secteur Informatique (1400 salarié-e-s) il y a plus de prestation sous-traitée que de personnel organique. Certains salarié-e-s travaillent à l’UNEDIC depuis plusieurs années, parfois plus de 10 ans, et sont de fait des employés UNEDIC déguisés. L’exemple le plus criant est Cap Gémini [5] qui coûte une fortune par rapport à du personnel interne. La CGT qui en 2007 avait déposé plainte pour délit de marchandage (un comble pour l’UNEDIC !), déplore n’avoir aucune vision sur ces effectifs et explique que désormais pour éviter les poursuites l’UNEDIC les font travailler en dehors de ses locaux.

Il y a aussi le placement payé par l’ASSEDIC, les bilans, le suivi, bref un ensemble de mission relevant du service public, confiées désormais à des officines privées qui transforment le demandeur d’emploi en client à rentabiliser…

II-3-4 Un statut explosé

Pôle Emploi est née d’une volonté de prise en main par l’Etat (nous y reviendrons dans un prochain article). Ce projet, bricolé dans l’urgence pour suivre l’agitation présidentielle, a fait exploser les statuts. Dans un établissement où se côtoient des salariés du public et du privé, à la formation et à l’histoire différentes, les problèmes posés par la mise en place d’une convention collective les unifiant s’apparentent à un casse tête. Le centre national de formation n’est plus opérationnel et la commission formation est cassée, 3 ans après la fusion, la question des cotisations aux différentes caisses et organismes (formation, retraite complémentaire, logement…) n’est toujours pas réglée…Pour s’en sortir la direction de Pôle Emploi a essayé de faire signer ses textes d’accord par la CGC non représentative et bien sûr la CFDT qui n’a rien renié de l’épisode Notat. Cela n’a en rien empêché la mobilisation du personnel

Le cas particulier de la mutuelle…

|Pôle Emploi, compte 50.000 employés. La Sécurité Sociale, comprenant l’Assurance Maladie, l’Assurance Vieillesse et les URSSAF compte 120.000 employés. Ces deux organismes ont été concernés par une réforme récente concernant les Complémentaires Santé. Ainsi, depuis le 1er janvier 2009, 170.000 employés ont été contraints de résilier leurs contrats avec leurs mutuelles pour adhérer à une « mutuelle employeur obligatoire ». Ceux qui ont des enfants ont également été obligés d’inscrire ces derniers sur le nouveau contrat (sauf s’ils étaient déjà ayant-droits sur le compte du conjoint via une mutuelle employeur obligatoire). On peut appeler ça du passage en force. C’est une conséquence de la loi Fillon de 2003.

Ce qui est encore plus étonnant, c’est de constater que c’est le même organisme qui a remporté les deux marchés. c’est le groupe Malakoff-Médéric qui a raflé la mise, obtenant d’un coup, d’un seul, 170.000 adhérents supplémentaires, sans compter les ayant-droits. Malakoff-Médéric sur le marché français est le n°1 des groupes paritaires de protection sociale, n°2 de la retraite complémentaire et n°3 en santé collective (classement Argus de l’Assurance). Le groupe est né de la fusion de Malakoff et Médéric (d’où son nom) le 30 juin 2008, soit 6 mois avant la mise en place du dispositif « mutuelle obligatoire employeur » pour la Sécurité Sociale et Pôle Emploi. Ainsi, dès le 1er Juillet, le président de Médéric cède sa place pour laisser seul au commande du groupe, le président de Malakoff Guillaume Sarkozy, le frère de l’autre qui a été au Medef de 2000 à 2006 et vice-président de la CNAM de 2004 à 2005.|

II-3-5 Des missions niées

Dans cette situation pas étonnant que les salarié-e-s estiment que leurs missions sont niées. Pas le temps pour un suivi, pas le temps et les moyens de renseigner correctement sur le montant des allocations, des erreurs qui se multiplient, des offres d’emplois qui n’arrivent pas, des radiations qui continuent à grimper en flèche, une direction qui demande du chiffre et évidemment des victimes qui ne peuvent s’adresser qu’à eux et non à ceux qui organisent la désorganisation !!

Ils voulaient travailler dans le social ou dans l’aide à la recherche d’emploi, ils se retrouvent contre leur gré agents de la police des chômeurs.

C’est bien le contenu de leur travail, leur rapport à des personnes vues comme des usagers d’un droit et non comme des clients d’une agence qui est au centre de leur action depuis des mois.

 

[1] en équivalents temps plein, 52 292 en tout

[2] 47983 en 2009, 47222 en 2010 auxquels il faudra donc enlever 1800 emplois en 2011

[3] « Tableau noir du Pôle emploi », Le Canard enchaîné, 10 février 2010, p. 3.

[4] La CGT n’a pas signé la lettre jugeant les demandes insuffisantes et exprimant sa méfiance face à une lettre demandant une meilleure adéquation entre l’offre et la demande, quelques jours après que le ministre de l’Emploi Xavier Bertrand a appelé à "l’application de la loi" qui prévoit la suspension des allocations après deux refus "d’offres raisonnables d’emploi" : on la comprend !

[5] Si on en croit sa publicité Capgemini participe à la performance économique de ses clients grâce à ses missions de conseil, de construction ou d’optimisation de systèmes d’information.

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 17:55

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Compte rendu Assemblée Générale (Valenton)

 

57 présents dont 9 nouveaux adhérents.

9 excusés

 

Chaque adhérent (e) a reçu les documents du Conseil national+ la synthèse du Programme Populaire partagé.

 

Discussion :

 

Ce qui fait l’unanimité c’est de conserver l’existence du PCF. Certains camarades ont la crainte d’une dissolution. Que durant cette campagne le PCF ne soit pas audible.

 

Quelques camarades s’interrogent si le Front de Gauche, sans en remettre en cause son existence, n’est pas un piége qui risque de se refermer contre nous.

 

Une grande satisfaction sur le PPP. Il faut aller plus loin, être plus précis dans certaines de nos propositions, Sur les questions financières, il est demandé d’approfondir, de chiffrer plus nos propositions et comment les financer. Le PPP est à améliorer, mais il est encore en construction.

 

Ce qui manque dans le programme, c’est la nature de l’affrontement, ce que nous voulons c’est un changement de société, il va falloir affronter le capitalisme de face, car contrairement au PS nous ne voulons pas l’aménager. Ce que nous voulons c’est une vraie révolution. Nous sommes les seuls à vouloir un changement de société. Il va falloir parler du programme du PS. Notre programme doit servir de « monsieur+ » au PS.

 

 

Ce programme doit être porté par tous les communistes, le populariser, car nous ne devrons compter que sur nous. Les médias vont continuer à nous ignorer.

 

Le candidat du Front de Gauche, devra porter le programme et ne pas jouer sa carte personnelle. De très nombreux camarades s’interrogent à ce sujet sur Mélenchon, car des prises de positions récentes (Libye, nucléaire, position sur le PS pour le 2éme tour) laisse penser qu’il va être incontrôlable. La grande majorité des camarades disent ne pas avoir confiance en Mélenchon.

 

Un jeune camarade en Lycée professionnel, a rappelé la «  réforme » Mélenchon et tout les aspects négatifs de celle-ci pour les LP. D’autant que récemment dans un débat avec Luc Ferry, il a déclaré que c’était une chose dont il était le plus fier.

 

Il nous faut réfléchir pour la campagne, quelle utilité du programme (PPP) pour les Valentonnais ? En quoi cela peut changer leur vie ?. Bien faire voir que nous nous habituons pas à la crise. Il faut faire progresser les idées.

 

Pour faire progresser le FG, il va falloir aller chercher les abstentionnistes, c’est eux dans nos quartiers qui font souvent défaut. Et dans le même temps combattre le vote utile.

 

De plus il ne va pas falloir nous laisser voler les luttes (école, logement, pouvoir d’achat etc), car les socialistes vont vouloir les récupérer.

 

Une camarade travaillant à l’Hôpital, a dit que la casse de l’hôpital public a commencé sous Mitterrand et que la droite a continué cette politique.

 

Ne pas oublier que notre adversaire principal est la droite, c’est la politique de Sarkozy qui fait mal au Valentonnais, entre 2008 et 2010 plus de 250 familles sont passées sous le seuil de pauvreté, ce qui porte à 1000 familles.

 

Il est proposé de chiffrer les coûts de la guerre, et faire voir avec cet argent ce que l’on aurait pu réaliser. Exemple le porte avion Charles de Gaulle (50 000 euros par heure de fonctionnement), à rapprocher au budget de Valenton. Autre exemple : le sous marin nucléaire « le terrible », à la place on aurait pu construire 90 lycées de 600 places, soit 60 000 élèves. Ces chiffres sont compréhensibles par tout le monde.

 

Si un candidat de gauche est élu ne pas faire comme en 1981, il faudra engager les luttes tout de suite. Ne pas être attentiste et attendre que tout vienne d’en haut.

 

Durant cette période, nos partenaires doivent respecter le PCF, aussi bien pour les présidentielles que pour les législatives. Bien sur sans avoir de notre part une quelconque hégémonie.

 

Il faut nous emparer plus de la pétition sur le pouvoir d’achat, en deux initiatives : 1ermai et dimanche sur le marché 246 signatures recueillies. Cela prouve que nous touchons bien le problème des gens. Nous avons décidé de créer des points de rencontres dans les quartiers, pour amplifier ces actions.

 

A la fin de la réunion, l’assemblée a émis un vote.

 

A l’unanimité, il est proposé que André Chassaigne soit le candidat pour représenter le Front de Gauche à l’élection présidentielle.

 

 

 

Section PCF Valenton

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 17:51

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Ho Chi Minh et le PCF créent dans les années 20 l'Union Inter-coloniale



Au mois de novembre 1922, par suite d’une diminution des salaires, 600 teinturiers de Cholon (Cochinchine) ont décidé de cesser le travail. L’offensive patronale est partout déclenchée et partout la classe ouvrière commence à prendre conscience de sa force et de sa valeur. Si ces malheureux ouvriers indigènes, ordinairement très dociles et très maniables, non éduqués et non organisés, ont été poussés – par l’instinct de conservation, si l’on peut s’exprimer ainsi ­ à se grouper et à lutter contre les exigences féroces des patrons, c’est que leur situation est beaucoup plus misérable qu’on ne s’imagine en Europe. C’est la première fois qu’un tel mouvement se produit dans la colonie.



Marquons ce signe des temps, et n’oublions pas que notre devoir à nous travailleurs de la Métropole est non seulement de témoigner une solidarité verbale à nos frères de classe de là bas, mais de les éduquer, de leur apprendre l’esprit et les méthodes d’organisation.2. Au Dahomey Le capitalisme français, inquiet du réveil de la classe ouvrière de la Métropole, cherche à transplanter sa domination dans les colonies. Il y puise et les matières premières pour ses usines et du matériel humain pour sa contre­révolution. Des journaux bourgeois de Paris et de province consacrent régulièrement à la rubrique coloniale, des pages entières. Des généraux et des parlementaires font des conférences sur les colonies. Ces vertueux plumitifs et ces hâbleurs ne trouvent pas assez de mots pour chanter notre loyalisme et les bienfaits de « leur » civilisation. Quelquefois, ces messieurs poussent l’impudence jusqu’à opposer au banditisme colonial anglais, leur... générosité ; ils qualifient la politique anglaise de « méthode cruelle » ou de « manière forte » et soutiennent que la pratique française est pleine de justice et de charité.



Il suffit de jeter un coup d’ oeil sur nos colonies pour estimer combien cette civilisation est « belle et douce ». Au Dahomey, on augmente les impôts déjà écrasants pour les indigènes. On arrache les jeunes gens de leurs foyers et de leurs terres pour en faire des « défenseurs de la civilisation ». On interdit aux indigènes d’avoir des armes pour se défendre contre les fauves qui dévastent des communes entières. L’instruction, l’hygiène manquent. Par contre, aucun moyen n’est négligé pour soumettre les « protégés » dahoméens à l’abominable indigénat, institution qui place l’homme au niveau de la bête et qui déshonore le monde dit civilisé. Les indigènes, à bout de patience se révoltent. Alors, c’est la répression sanglante. On prend des mesures énergiques. On envoie des troupes, des mitrailleuses, des mortiers et des navires de guerre ; on proclame l’état de siège. On arrête et on emprisonne en masse. Voilà la douceur de la civilisation ! 3.

En Syrie La population de la Syrie est contente, très contente de l’administration du général Gouraud, disent les officiels. Mais les faits suivants prouvent le contraire : Au mois de mars 1922, Mustapha Kemal se rendait à Messine. Pour le recevoir, les musulmans de Syrie avaient élevé un arc de triomphe orné de drapeaux noirs portant les inscriptions : « Fraternité turco­ arabe », « N’oubliez pas vos frères syriens ! », « Délivrez­ nous ! », etc... etc... La visite de Mustapha Kemal à Adana a provoqué des manifestations enthousiastes. Les irrédentistes d’Antioche et d’Alexandrette ont promené pendant deux jours des drapeaux noirs dans les rues de la ville en proférant des cris hostiles contre l’administration du mandataire français. Répondant au manifeste de la délégation, irrédentiste, Mustapha Kemal aurait dit : « Un foyer qui date de tant de siècles ne saurait rester entre des mains étrangères ».

Le colonialisme français n’a pas varié sa devise :« Diviser pour régner. » C’est ainsi que l’empire d’Annam ­ ce pays habité par un peuple descendant de la même race, ayant les mêmes moeurs, la même histoire, les mêmes traditions et parlant la même langue – fut divisé en cinq parties. Par cette division hypocritement exploitée, on espère attiédir le sentiment de solidarité et de fraternité dans le coeur des Annamites et y suppléer par un antagonisme de frères contre frères. Après les avoir jetés les uns contre les autres, on a artificiellement regroupé les mêmes éléments en « union », l’Union indochinoise.

On peut constater la même tactique clans les nouvelles colonies. Après avoir divisé la Syrie en une « série d’États », le Haut Commissariat français à Beyrouth a prétendu constituer une « Fédération » syrienne, formée des « États » d’Alep, de Damas et des Alaouites. Un drapeau a été inventé à cet effet. Comme au drapeau d’Annam, on n’a pas oublié de greffer à ce drapeau fédéral – en haut et près de la hampe ­ la « couleur protectrice ». Le 11 décembre 1922 fut le jour solennel » où ce drapeau a été pour la première fois arboré sur le palais fédéral, à Alep. A cette occasion, des discours officiels ont été prononcés. Soubhi Barakat Bey, président fédéral, a parlé de « généreuse protectrice », de « guide sincère ». de « chefs victorieux », et d’un tas de choses. M. Robert de Caix, haut commissaire intérimaire, a beaucoup discouru, lui aussi. Entre autres choses, ce haut fonctionnaire a rappelé que « la Syrie indépendante n’est pas le premier peuple sur le berceau duquel la France ait veillé », etc... Tous ces palabres ronflants ne trompent cependant personne.

Et la délégation syrio­palestinienne chargée de défendre auprès de la Conférence de Lausanne l’indépendance et l’unité ­ la vraie ­ de la Syrie, a envoyé une lettre de protestation, lettre qui a été publiée par notre confrère la Tribune d’Orient et que nous sommes heureux de reproduire ici. « Excellence, Au moment où l’on s’efforce de réparer les brèches que le Traité de Sèvres a ouvertes dans la question du Proche­ Orient et où le peuple arabe se trouve, en proportion du sacrifice qu’il avait consenti, le plus directement atteint par les maux résultant de ce traité, la voix de ses représentants des différents districts continue mal lieu relise in e lit à ne pas trouver d’écho à cette conférence qui, pourtant, s’est réunie pour établir une paix solide et durable. Et c’est ce moment que les autorités françaises trouvent opportun pour couronner d’une façon solennelle l’oeuvre de colonisation qu’elles ont entreprise il y a quatre années, en arborant l’emblème de l’esclavage éternel, le tricolore, sur le drapeau qu’on vient de faire adopter à la soi­ disant Confédération syrienne.

On renie, une fois encore, les déclarations des Alliés, les engagements de l’Angleterre pris en leur nom vis­ à­ vis des Arabes et même les promesses des hommes d’État français assurant l’indépendance à ce malheureux pays. La Syrie, qui a des titres incontestables à l’indépendance prompte et complète et qui n’en est pas moins digne que n’importe quel autre pays de l’Orient ou de l’Occident, se voit privée d’un drapeau national à elle. Comme signe du mandat, qui camoufle l’annexion, on lui impose les trois couleurs dans son drapeau national. Monsieur le Président, nous avons toujours protesté contre le mandat, nous ne l’avons jamais reconnu, nous protestons maintenant énergiquement contre l’adoption de son symbole dans notre drapeau. Presque toutes les puissances, même celles qui ne sont pas moins grandes que la France, n’ont pas adopté cette méthode humiliante dans leurs colonies les plus arriérées. Le pacte de la Société des Nations précise le caractère provisoire des mandats (art. 22, paragraphe 4›. Sur quelles bases se placent donc les autorités françaises pour faire adopter leurs couleurs à un pays qu’elles prétendent conduire à l’indépendance déjà reconnue par le pacte susdit ?

Excellence, nous vous prions de prendre en considération notre protestation à ce sujet et vous réitérons notre très vif désir de faire valoir nos justes revendications à la conférence. Veuillez agréer, etc... Pour le Chef de la Délégation syrio­palestinienne : Le Secrétaire général, Emir Chékib Arslan. » D’autre part, les habitants de Hama, dont plusieurs sont fonctionnaires, avocats, professeurs, journalistes et commerçants, ont adressé au Président du Conseil des ministres de France une lettre dont voici les passages essentiels : « Nous avons l’honneur, Monsieur le Président du Conseil, de vous exposer nos revendications, de même que nous protestons contre la réaction de ce Conseil que nous jugeons contraire à nos intérêts et à ceux du pays en général. 1° Ledit Conseil fédéral n’est point élu par les suffrages de la nation. Ses membres ne saurai­ent être, en aucune manière, les représentants (le la nation, ni en refléter la pensée. 2° Ledit Conseil est dépourvu (le toute attribution ; il ne peut même pas aborder les questions vitales qui intéressent le pays, astreint qu’il est à ne connaître que des affaires qu’on veut bien lui soumettre. Enfin, ses décisions sont à la discrétion du Haut Commissariat qui peut les exécuter ou les rejeter. 3° La base même dudit Conseil est faussée par le fait que chaque État y possède une seule voix malgré l’inégalité numérique des États. Ajoutez à cela, bizarrerie inexplicable, que la majorité n’existe pas dans ce Conseil, et que chaque divergence annule le débat qui se trouve porté devant le haut commissaire. 4° Ledit Conseil qu’on présente comme un progrès dans la voie de l’unité, est en réalité la négation de l’unité et de la personnalité même du pays, en ce sens que ce Conseil étant désigné d’office ne reflète nullement la pensée nationale ; peut- ­être même irait­- on à l’encontre de cette pensée, pendant qu’aux yeux du monde entier il serait considéré comme l’interprète des aspirations nationales et fournirait un argument contre la nation elle­même. Quant à nos désidérata, nous pouvons les formuler de la manière suivante : a) La reconnaissance de l’indépendance effective et de l’unité de la Syrie ; b) Le recensement actuellement en cours, une fois terminé, on procédera à l’élection, par le suffrage universel, d’une Assemblée nationale qui décrétera la constitution et déterminera la forme de gouvernement du pays. Cette Assemblée pourrait être convoquée vers la fin de 1922, date à laquelle le Conseil fédéral sera convoqué ; c) La constitution d’un gouvernement responsable devant l’Assemblée ayant dans ses attributions le plein pouvoir législatif. Voilà les vraies aspirations de la population de Hama, ce sont également celles de la majorité du peuple syrien. »

Depuis que cette brochure a été écrite, de graves événements ont surgi dans plusieurs colonies. Citons la bombe de Canton, lancée par un Annamite, les bombes des Antilles et les grèves sanglantes de la Guadeloupe, les manifestations non moins sanglantes de Damas, les grèves de Bizet­te, de Hammanlif et l’effervescence de la Tunisie. 4. La révolution russe et les peuples coloniaux Le capitalisme est une sangsue ayant une ventouse appliquée sur le prolétariat de la métropole et une autre sur le prolétariat des colonies. Si l’on veut tuer la bête, on doit couper les deux ventouses à la fois. Si l’on n’en coupe qu’une, l’autre continuera à sucer le sang du prolétariat ; la bête continuera à vivre et la ventouse coupée repoussera. La Révolution russe l’a bien compris.

C’est Pourquoi elle ne s’est pas contentée de faire de beaux discours platoniques et de voter des motions humanitaires en faveur des peuples opprimés, mais elle leur apprend à lutter. Elle les aide moralement et matériellement, comme écrit Lénine dans sa thèse coloniale. Elle les a convoqués au Congrès de Bakou, où vingt­et­une nationalités d’Orient ont envoyé leurs délégués. Des représentants des partis ouvriers d’Occident ont participé au Congrès. C’était la première fois dans l’histoire que le prolétariat des pays conquérants et celui des pays conquis se sont donné fraternellement la main et, ensemble, ont cherché le moyen de combattre efficacement le capitalisme, leur ennemi commun.

Après ce congrès historique, et malgré les difficultés intérieures et extérieures qui l’assaillaient, la Russie révolutionnaire n’a jamais hésité à venir en aide à ces peuples que déjà – par l’exemple de son héroïque et victorieuse révolution ­ elle avait tirés de la léthargie. Son premier geste fut la création de l’Université d’Orient. Cette Université compte aujourd’hui 1.025 étudiants dont 151 jeunes filles. De ces étudiants, 895 sont communistes. Leur condition sociale est la suivante : 547 paysans, 265 ouvriers, 210 intellectuels. Il y a, en outre, 75 étudiants pupilles, âgés de 10 à 16 ans. 150 professeurs sont chargés de donner des cours de science sociale, de mathématiques, de matérialisme historique, d’histoire du mouvement ouvrier, de sciences naturelles, d’histoire des révolutions, d’économie politique, etc., etc. Dans la salle d’études, les jeunes gens de soixante­deux nationalités se coudoient fraternellement.

L’Université possède dix grandes maisons au service de ses élèves. Elle possède aussi un cinéma, qui est à la disposition gratuite des étudiants le jeudi et le dimanche, et loué à un entrepreneur les autres jours de la semaine. Deux bibliothèques, avec 47 mille volumes, permettent aux jeunes révolutionnaires d’approfondir leurs recherches et d’alimenter leur pensée. Chaque nationalité ou « groupe » possède sa bibliothèque privée, avec livres et journaux dans sa langue maternelle. Artistement décorée par les étudiants, la salle de lecture est remplie de quotidiens et de revues. Les étudiants eux­-mêmes font paraître un journal « à exemplaire unique » qui est affiché sur un large panneau à la sortie de la salle de lecture.

Les malades reçoivent des soins médicaux dans. l’hôpital appartenant à l’Université. Une maison de repos, en Crimée, est réservée aux convalescents. Les Soviets ont donné à l’Université deux colonies de vacances, avec neuf maisons. Chacune a une basse­cour, où l’on peut étudier l’élevage. « Nous avons déjà 30 vaches et 50 cochons », me dit, avec une fierté mal dissimulée, le secrétaire agricole de l’Université. Les 100 hectares de terre attribués à ces colonies sont cultivés par les étudiants, qui. pendant les vacances et après leurs heures de travail et d’exercice, vont aider les paysans.

Disons, en passant, qu’une de ces colonies était la propriété du grand­ duc. Il est tout à fait curieux de voir le drapeau rouge flotter fièrement sur la tourelle décorée de la couronne grandducale, et des petits paysans coréens ou arméniens causer et jouer irrévérencieusement dans la salle d’honneur de « Son Altesse Impériale ». Les élèves sont nourris, logés, habillés gratuitement. Chacun reçoit 5 roubles ­or par mois comme argent de poche. Pour donner à ses pensionnaires des notions essentielles de puériculture, l’Université patronne une maison d’enfants et une crèche modèles, dont la population s’élève à 60 jolis bébés. L’ Université dépense 516.000 roubles­ or par an. Les 62 nationalités représentées à l’Université forment une « Commune ». Le président et les fonctionnaires de la Commune sont élus tous les trois mois au suffrage universel. Un étudiant délégué prend part à la gestion économique et administrative. A tour de rôle, tous les étudiants doivent travailler à la cuisine, à la bibliothèque, au club, etc.

Tous les « délits » et différends sont jugés par un tribunal élu et en présence de tous les camarades. La Commune se réunit une fois par semaine pour discuter la situation politique et économique internationale. De temps en temps, on organise des meetings et des soirées récréatives, où les artistes improvisés vous font goûter l’art et la littérature des contrées lointaines, les plus diverses. Un fait caractéristique entre tous, et qui illustre la « barbarie » des bolcheviks : non seulement ils traitent ces coloniaux « inférieurs » en frères, mais encore ils les invitent à participer à la vie politique de la Russie.

Aux élections soviétiques, les étudiants, qui, dans leur pays d’origine, sont des « sujets », des « protégés », c’est­ à­ dire qu’ils n’ont d’autre droit que celui de payer, qui n’ont pas voix au chapitre dans les affaires de leur propre pays, et à qui il n’est pas permis de parler de politique, participent au suffrage populaire et envoient leurs délégués siéger aux Soviets. Que mes frères des colonies, qui s’usent à quémander en vain la naturalisation, fassent la comparaison entre la démocratie bourgeoise et la démocratie ouvrière ! Tous ces étudiants ont souffert et ont vu souffrir. Tous ont vécu sous la « civilisation supérieure » et sous l’exploitation et l’oppression du capitalisme étranger.

C’est pourquoi tous sont enthousiastes et avides d’apprendre. Ils sont ardents et graves. Ils n’ont pas du tout l’air boulevardier et quartier ­latiniste des jeunes Orientaux qui sont à Paris, Oxford ou Berlin. On peut dire, sans exagération, que l’Université abrite sous son toit, l’avenir des peuples coloniaux. Le Proche et l’Extrême­- Orient, qui va de la Syrie jusqu’à la Corée ­ nous ne parlons que des pays coloniaux et demi­ coloniaux ­ ont une superficie de plus de 15 millions de kilomètres carrés et une population de plus de 1.200 millions d’habitants. Tous ces pays immenses sont aujourd’hui sous le joug de l’impérialisme capitaliste.

Et, malgré leur nombre qui devrait faire leur force, ces peuples opprimés n’ont jamais tenté sérieusement de s’émanciper, en ce sens qu’ils n’ont pas compris la valeur de la solidarité nationale et internationale. Ils n’ont pas ­ comme les peuples d’Europe et d’Amérique ­ des relations intercontinentales. Ils ont en eux une force gigantesque et ils l’ignorent ! La fondation de l’Université d’Orient marque une ère nouvelle, et l’Université, en réunissant des éléments jeunes, actifs, intelligents des pays coloniaux, entreprend une oeuvre grandiose : a) Enseigner à ces futurs combattants le principe de la lutte de classes, principe que les luttes de races, d’un côté, et les moeurs patriarcales, de I’autre, ont rendu confus dans leur esprit ; b) Mettre l’avant­- garde des travailleurs des ­colonies en contact intime avec le prolétariat d’Occident afin de préparer le chemin à une prochaine et effective collaboration, qui, seule, assurera à la classe ouvrière internationale la victoire définitive ; c)

Apprendre aux peuples coloniaux ­ jusqu’ici isolés les uns des autres ­ à se mieux connaître et à s’unir, jetant ainsi la base d’une future Fédération d’Orient, qui constituera une des ailes de la révolution prolétarienne ; d) Donner au prolétariat des pays dont la bourgeoisie possède des colonies, l’exemple de ce qu’ils peuvent et doivent faire pour leurs frères assujettis. 5. Prolétaires et paysans des colonies ! Le carnage mondial a ouvert les yeux à des millions de prolétaires et de paysans des colonies, sur leurs conditions intolérables de vie. Une série d’explosions révolutionnaires, puissantes, mais non encore organisées, a marqué la fin de la guerre mondiale. Cette force spontanée, irrésistible, qui aspire au combat pour un avenir meilleur a été dirigée et organisée par la bourgeoisie nationale et indigène. Grandie et fortifiée pendant la guerre, cette bourgeoisie n’a plus voulu rester dans les serres de l’impérialisme et lui abandonner la plus grosse part de l’exploitation de « ses ouvriers et paysans ». La lutte pour la libération nationale, mot d’ordre de la jeune bourgeoisie coloniale, a été accueillie avec enthousiasme et puissamment soutenue par les masses laborieuses de l’Inde, de l’Égypte, de la Turquie, etc... L’Internationale communiste lutte sans relâche contre les rapaces capitalistes dans tous les pays du monde. Pouvait­-elle se détourner hypocritement de la lutte de libération nationale des pays coloniaux et semi­ coloniaux ?

L’Internationale communiste a proclamé ouvertement son appui et son concours pour celle lutte et, fidèle à son but, elle continue à fournir cet appui. (Extrait du Manifeste du Comité exécutif de la IIIè Internationale.) 6. Un appel de l’Internationale paysanne aux paysans travailleurs des colonies L’Internationale paysanne, réunit, dans son premier congrès, qui a eu lieu dernièrement à Moscou, a tenu à marquer l’intérêt qu’elle portait aux paysans travailleurs des colonies en leur adressant l’appel suivant : Aux paysans travailleurs des colonies. Paysans des colonies, esclaves modernes qui, par millions, dans les champs, savanes et forêts des deux continents, souffrez sous le double joug du capitalisme étranger et de vos maîtres indigènes. La Conférence internationale paysanne, réunie pour la première fois à Moscou pour élaborer l’organisation de lutte qui manquait jusqu’à présent aux travailleurs de la terre, fait appel à votre conscience de classe et vous demande de venir grossir ses rangs.

Plus encore que vos frères paysans des métropoles, vous souffrez des longues journées de travail, de la misère et de l’insécurité du lendemain. Vous êtes souvent contraints au travail forcé, au portage meurtrier et aux corvées interminables. Vous êtes écrasés d’impôts. Le capitalisme exploiteur vous maintient dans l’obscurantisme, vous opprime idéologiquement et décime votre race par l’usage de l’alcool et de l’opium. L’odieux régime de l’indigénat, imposé par l’impérialisme capitaliste, vous prive de toute liberté individuelle, de tout droit politique et social, vous plaçant ainsi au rang inférieur des bêtes de somme. Non content de vous réduire ainsi à la misère et à la ruine, le capitalisme vous arrache à vos foyers, à vos cultures, pour faire de vous de la chair à canon et vous jeter, dans les guerres fratricides, contre d’autres indigènes ou contre les paysans et ouvriers de la métropole. Parias des colonies !

Unissez­-vous ! Organisez­-vous !

Joignez votre action à la nôtre ; luttons ensemble pour notre émancipation commune ! Vive l’affranchissement des indigènes des colonies ! Vive l’Internationale des Travailleurs ! Vive le Conseil du Paysan international 1 8. L’organisation syndicale dans les colonies Extrait du compte rendu de la séance tenue le 27 juin 1923 par la troisième session du Conseil central de l’Internationale Syndicale rouge : La lutte syndicale aux colonies. L’impérialisme contemporain est basé sur l’exploitation de plusieurs millions de travailleurs des pays coloniaux et semi­coloniaux. Aussi, la dislocation de l’impérialisme ne sera­t­elle complète et définitive que lorsque nous aurons réussi à arracher ces fondements de l’édifice impérialiste.

A ce point de vue, l’organisation des syndicats dans les pays coloniaux acquiert une importance particulièrement grave. Les partisans de l’ I.S.R. n’ont presque rien fait en ce sens, ni en Égypte, ni en Tunisie, ni dans tous les pays qui sont sous la botte de l’impérialisme français. La liaison qui existe entre les divers groupes ouvriers des colonies françaises et les syndicats français n’est que l’effet du hasard. Nul travail systématique n’est poursuivi. Or, il est de toute évidence qu’avant d’avoir conquis les masses des colonies, nous serons impuissants à saper l’organisme impérialiste. Ce qu’il faut, c’est entreprendre un grand travail de propagande pour créer dans les pays coloniaux des organisations syndicales et développer les syndicats existant sous une forme embryonnaire. Il est nécessaire également que nous surmontions la méfiance des travailleurs des colonies à l’égard des représentants des races dominatrices, en leur montrant la fraternité effective de classe entre les ouvriers de toutes nations et de toutes races. La liaison organique des syndicats coloniaux avec ceux de la métropole ne peut être que le résultat d’un travail très long dans les colonies. Ne pas oublier les travailleurs des colonies, aider leurs organisations, lutter constamment contre les gouvernements des métropoles qui oppriment les colonies, voilà l’un des devoirs les plus impérieux de tous les syndicats révolutionnaires, surtout dans les pays dont la bourgeoisie asservit et exploite les pays coloniaux et semi colonialaux .



Manifeste de "L’Union inter coloniale", association des indigènes de toutes les colonies



Frères des Colonies !

En 1914, les pouvoirs publics aux prises avec un effroyable cataclysme, se sont tournés vers vous et vous ont demandé alors de consentir votre part de sacrifice pour la sauvegarde d’une patrie qu’on disait vôtre, et dont, jusqu’alors, vous n’aviez connu que l’esprit de domination. Pour vous déterminer, on n’a pas manqué de faire luire à vos yeux, les avantages que votre collaboration vous vaudrait. Mais la tourmente passée, comme devant, vous restez soumis au régime de l’indigénat, aux juridictions d’exception, privés des droits qui font la dignité de la personne humaine : liberté d’association, de réunion, liberté ,de presse, droit de circuler librement, même dans votre pays, voilà pour le côté politique. Au point de vue économique, vous restez soumis à l’impopulaire et lourd impôt (le capitation et de portage, à l’impôt de la gabelle, :1 l’empoisonnement et à la consommation forcée .de l’alcool et de l’opium, comme en Indochine, à la garde de nuit, comme en Algérie pour veiller sur le bien des requins coloniaux. A travail égal, vos efforts restent moins ,rémunérés que ceux de vos camarades européens. Enfin, on vous a promis monts et merveilles. Vous vous apercevez maintenant que ce n’était que mensonges. Que faut­il faire pour arriver à votre émancipation ? Appliquant la formule de Karl Marx, nous. vous disons que votre affranchissement ne peut venir que de vos propres efforts. C’est pour vous aider dans cette tâche que l’Union Intercoloniale a été fondée. Elle groupe, avec le concours de camarades métropolitains sympathiques à notre cause, tous les originaires des colonies, résidant en France. Moyens d’action : Pour réaliser cette oeuvre de justice, l’U.I. entend poser le problème devant l’opinion publique à l’aide de la presse et par la parole (conférences, meetings, utilisation de la tribune des assemblées délibérantes par nos amis détenteurs de mandats électifs) et enfin par tous moyens en notre pouvoir. Frères opprimés de la métropole ! Dupes de votre bourgeoisie, vous avez été des instruments de notre conquête ; pratiquant cette même politique machiavélique, votre bourgeoisie entend aujourd’hui se servir de nous pour réprimer chez vous toute velléité d’affranchissement.

En face du Capitalisme et de l’Impérialisme, nos intérêts sont les mêmes ; souvenez­-vous des paroles de Karl Marx : « Prolétaires de tous les pays, unissez­-vous ».

L’Union Intercoloniale

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 17:46

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http://blog.mondediplo.net/2011-05-18-Elargissement-des-cibles-en-Libye


Silence assourdissant, en Europe, pendant que l’OTAN mène en son nom une guerre qui ne dit pas son nom : en deux mois, deux mille six cents « frappes » sur des cibles en Libye. L’opération « Unified protector », vendue à l’ONU sous un manteau humanitaire, a conduit à prendre parti dans une guerre civile, et à glisser de l’imposition d’une « zone d’exclusion aérienne » à une expédition punitive visant un régime et un homme, promus au rang de « nouveaux Satans » – quitte à générer des victimes civiles supplémentaires, des destructions, la désorganisation d’un pays… A fabriquer encore plus de réfugiés, d’émigrés… Voire à courir un risque de partition du pays – avec au final un rapport coût-efficacité pour le moins contestable.

Plus vite, plus fort : les dirigeants européens les plus en pointe dans l’actuelle opération en Libye souhaitent des résultats plus déterminants et rapides :

 ils sont soucieux de ne pas ajouter des tensions sur un marché du pétrole déjà très nerveux depuis quelques mois ;
 ils craignent que la prolongation du conflit ne favorise le courant islamiste d’AQMI, et ne provoque un afflux supplémentaire d’immigrés d’Afrique du Nord ou d’Afrique noire ;
 en outre, leurs opinions publiques, bien que plutôt indifférentes au sort des Libyens eux-mêmes, regardent avec méfiance cet engagement coûteux, avec risque d’enlisement à la clé.

D’où ces appels, côté françaiset britannique, ces derniers jours, à « intensifier les frappes »et à « élargir les cibles ». Et un début de réalisation, dans la nuit du 16 au 17 mai : le bombardement, à Tripoli, d’un siège de la police et du département chargé de l’anti-corruption, visés par des missiles tirés depuis le sous-marin Triumph et des chasseurs Tornado britanniques.

Le ministère de la défense à Londres présente ces objectifs sous un jour un peu différent : il s’agirait des locaux d’une agence de renseignement, et d’une base d’entraînement des gardes du corps qui assurent la protection des dignitaires du régime de Mouammar Kadhafi. Mais, dans les deux versions, on s’éloigne de la « protection des populations » (mandat délivré par le Conseil de sécurité le 17 mars 2001), qui avait été très vite élargie à la destruction des installations militaires libyennes et à l’appui aux combattants du Conseil national de transition (CNT) basé à Benghazi.

Régime « fini »

Deux déclarations récentes éclairent cette problématique de « l’élargissement » :

 « Nous souhaitons intensifier la pression militaire parce que, compte tenu de la personnalité de Kadhafi, il ne comprendra que cela, c’est-à-dire la force », fait valoir le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, pour qui le régime est « fini »(entretien avec Al-Hayat, samedi 14 mai).

 « Il faut sérieusement envisager d’élargir le champ de nos objectifs », affirme le général David Richards le chef d’état-major britannique : « Pour l’instant, l’OTAN n’attaque pas les infrastructures en Libye. Si nous n’augmentons pas la mise, Kadhafi risque de s’accrocher au pouvoir » (Sunday Telegraph, 15 mai).

Au passage, le patron de l’armée britannique trouve un « arrangement » pour justifier une éventuelle élimination physique du numéro un libyen : l’OTAN ne cherche pas, dit-il, à l’atteindre directement, mais « s’il se trouve qu’il est dans un centre de commandement au moment d’un raid et qu’il est tué, cela n’a rien “d’illégal” ».

L’Organisation transatlantiqueassure (contre toute vraisemblance) qu’elle ne vise pas les individus, et que, n’étant pas présente au sol en Libye, elle n’a aucun moyen d’établir les bilans des frappes, de suivre les déplacements des dirigeants libyens. Une pirouette qui avait déjà été utilisée le mois dernier, pour passer par pertes et profits la mort d’un fils et de deux petits enfants du dictateur libyen, tués lors du bombardement d’un « centre de commandement ».

« Lâches croisés »

Le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, se référant à des indications de Mgr Giovanni Martinelli, l’évêque catholique de Tripoli, resté en contact avec les autorités libyennes [1], croyait savoir le 13 mai dernier que Kadhafi a « probablement quitté Tripoli et qu’il a sans doute également été blessé ». Ce que le gouvernement libyen a aussitôt démenti, après avoir fait diffuser le même jour par la chaîne de télévision Jamahiriah un message audio du « Guide » : « Je dis aux lâches croisés que je me trouve dans un lieu que vous ne pouvez pas atteindre et où vous ne pouvez pas me tuer. »

Certes, l’ex-« bouillant colonel » est indéfendable. Mais « Unified protector » sent maintenant la chasse à l’homme. Bien enfoncé dans un bunker, Kadhafi peut résister à tout ou presque, et même fanfaronner : combien de personnes faudra-t-il tuer avant d’arriver à lui ? Combien de destructions devront endurer le pays et sa population, pour obtenir la peau d’un homme promu au rang de nouveau Satan par ceux qui, il y a quelques mois, commerçaient tranquillement avec l’ex- et futur diable.

« Papa, reviens ! »

L’action psychologique fait également partie de l’opération « Unified protector ». L’agence Reuters rapportait lundi que l’OTAN, utilisant les fréquences de la radio militaire libyenne, s’adresse en ces termes aux membres des forces de sécurité libyennes :


 Nul n’a le droit de transformer la vie de son peuple en enfer sur terre…
 Cessez de combattre votre peuple…
 Vos dirigeants ont perdu le contrôle du pays...
 Ils ont recruté des mercenaires non libyens et les ont laissés violer votre population...
 Vous avez le choix. Bâtir une Libye pacifique au profit de votre famille et un avenir meilleur pour votre pays, ou vous exposer à la poursuite des raids aériens qui ont commencé le 19 mars…
 on entend aussi la voix d’une femme qui déclare : « Pourquoi, mon fils, pourquoi vas-tu tuer les tiens ? »
 et un enfant en pleurs qui crie : « Papa, reviens à la maison, arrête de te battre » [
2].

Sanctions et défections

Outre ces frappes qu’ils demandent à l’OTAN d’intensifier et d’élargir, les dirigeants européens tablent :

 sur les sanctions internationales, comme le lancement le 16 mai, par Luis Moreno-Ocampo, le procureur de la Cour pénale internationale, de mandats d’arrêts internationaux à l’encontre de Mouammar Kadhafi, d’un de ses fils, et du chef des renseignements, pour « crimes contre l’humanité » (il leur est reproché d’avoir planifié et ordonné des attaques étendues contre la population civile, d’avoir ouvert le feu sur les manifestants, attaqué des civils chez eux, bombardé des processions funéraires, et déployé des tireurs embusqués pour tuer les fidèles sortant des mosquées) [3].
 sur des défections, comme récemment celle du ministre des pétroles libyens, Choukri Ghanem, venant après celles de plusieurs ministres et militaires. Selon Franco Frattini,
« les heures du régime (libyen) sont comptées »et une partie de son entourage chercherait « une porte de sortie »pour un exil du colonel Mouammar Kadhafi. « Nous travaillons avec l’ONU pour que soit trouvée une porte de sortie politique, afin que le dictateur et sa famille se retirent de la scène », a assuré le ministre italien des affaires étrangères [4].

Abonnés absents

Alors que la Ligue arabe et l’Union africaine – les deux organisation régionales qui avaient apporté leur caution à l’offensive lancée par le trio américano-franco-britannique – restent aux abonnés absents, ou sont en tout cas inaudibles, deux médiations ont été tentées ces derniers jours, pour tenter de trouver une solution politique au conflit :

 l’envoyé spécial de l’ONU, Adbel-Elah al Khatib, a été reçu dimanche 15 mai à Tripoli par le chef du gouvernement, Baghadadi Mahmoudi, qui lui a indiqué que le régime était prêt à « un cessez-le-feu immédiat qui coïnciderait avec un arrêt des bombardements de l’OTAN »(selon l’agence officielle Jana).
 la Russie, par la voix de son chef de la diplomatie, Serguei Lavrov, qui recevait des émissaires libyens à Moscou, a appelé le régime libyen à
« pleinement mettre en œuvre la résolution du Conseil de sécurité(…), le principal maintenant, c’est de se mettre d’accord sur le délai et les conditions d’un armistice » [5].

« Si l’on arrive à le faire, alors il n’y aura plus aucune raison pour continuer les bombardements de l’aviation de l’OTAN, qui dépassent largement le cadre des objectifs fixés par les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU », a encore déclaré M. Lavrov qui considère le groupe de contact formé sur la Libye à l’initiative des Occidentaux (et auquel ne participent ni Moscou ni Pékin) comme une « structure autoproclamée ». Le diplomate russe a également critiqué l’intention, selon lui, d’étendre la compétence de ce groupe à d’autres crises de la région, comme celle qui se déroule en Syrie. Moscou souhaite recevoir prochainement des émissaires de la rébellion.

Occasions manquées

Du côté du parlement européen, ça bouge un peu : le rapport Gualtieri, adopté mercredi 11 mai, il « déplore que les Etats membres de l’Union se montrent réticents à définir une position commune sur la crise en Libye ».Il met en garde sur le fait qu’un « usage disproportionné de la force »outrepasse le mandat de la résolution 1973 du Conseil de sécurité, et invite la Haute représentante « à prendre des mesures concrètes afin de garantir au plus tôt l’instauration d’un cessez le feu, pour stopper l’effusion de sang et la souffrance de la population libyenne ».

Pour Leslie Gelb, qui commente de longue date la politique étrangère américaine [6], l’objectif de « débarquer » en priorité Kadhafi a conduit à passer à côté de plusieurs occasions diplomatiques, comme la tentative de médiation tentée à la mi-avril par l’Union africaine pour obtenir un cessez-le-feu.

Le professeur Sean Kay, qui suit les questions de l’OTAN, estime que « l’élimination du “Guide” libyen ne serait pas d’un grand secours si le pays tombe dans une guerre civile de type somalien – le mieux que l’on puisse espérer, à ce stade, étant une partition de facto de la Libye, ce qui n’est certainement pas ce à quoi aspirait l’OTAN lorsque cette aventure a commencé ».

Tandis que Tony Cordesman, du Centre d’études stratégiques de Washington, regrette que l’opération n’ait pas été préparée plus sérieusement, avec un plan d’action, des moyens et la volonté de frapper fort et vite, alors qu’aujourd’hui les Britanniques, Français et Américains se retrouvent, deux mois après le déclenchement des hostilités, sans « plan B », sinon celui de poursuivre les frappes.

Dégâts et surcoût

Selon des sources de l’OTAN, il n’y a pas « d’enlisement » : après trois mois de guerre civile, le régime serait « sur la défensive » (mais on le serait à moins !), l’aviation libyenne serait détruite à plus de 80 % et l’armée de terre aurait subi de lourdes pertes avec plus de 30 % du matériel lourd détruit et 50 % de ses stocks de munitions anéantis. Le conflit a fait 750 000 réfugiés, 50 000 personnes sont entrées en Tunisie, plusieurs centaines de milliers en Egypte, plusieurs dizaines de milliers ont fui vers l’Europe par la mer. Et il y a plusieurs milliers de victimes – sans plus de précision.

Pour la France, qui assure un cinquième des sorties aériennes et un tiers des frappes, le sur-coût de l’opération « Harmattan » (déclinaison française de « Unified Protector ») serait d’environ 1,2 millions d’euros par jour – soit, en deux mois, 72 millions (dont plus de la moitié en missiles). Un coût comparable à l’engagement français en Afghanistan. Le surcoût total des « opex » françaisespour cette année devrait approcher le milliard d’euros (contre 850 millions en 2010).

Notes

[1] Depuis le début des opérations de l’OTAN, explique l’agence Reuters, Mgr Martinelli s’est montré critique envers la stratégie occidentale, affirmant que de nombreux civils avaient trouvé la mort lors des raids de la coalition. Il a fini par quitter Tripoli pour Tunis, a indiqué l’évêché de Tripoli.

[2] Le message, selon Reuters, est diffusé en anglais et dans un arabe prononcé avec un accent irakien.

[3] Conférence de presse à La Haye, lundi 16 mai 2011.

[4] Entretien diffusé par Canale5, 16 mai 2011.

[5] Allié traditionnel de la Libye, la Russie s’était – tout comme la Chine – abstenue le 17 mars, lors du vote de la résolution 1973 qui a permis l’intervention d’une coalition internationale en Libye, mais avait renoncé à exercer son droit de veto.

[6] Cité par Jonathan Marcus, spécialiste des questions de défense à la BBC. The Guardian, 11 mai 2011.



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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 17:42

ag94-copie-2.pngOn en sait peu sur celle qui a déposé plainte, si ce n’est qu’elle a 32 ans, que c’est une immigrée africaine et qu’elle habite le Bronx, un quartier défavorisé de New York. Mais on imagine qu’elle serait particulièrement choquée de voir que, pour une partie de la presse française et du Parti socialiste français, le statut d’innocente victime est d’emblée mis en doute. Que pèse une pauvre femme de chambre devant la carrière brisée net du directeur général du FMI ?


L’image d’un Dominique Strauss-Kahn menotté, comme n’importe quel justiciable sur qui pèseraient des charges aussi graves, a largement supplanté les affres de la jeune femme. La solidarité avec l’inculpé est de rigueur et le doute systématique sur la version de la victime est la règle. On le voit, la lutte des classes ne s’arrête jamais.
Les amis de Dominique Strauss-Kahn sont choqués par les images de l’homme menotté car, bien entendu, la femme de chambre ne peut que mentir… Ou, au minimum, elle aura surréagi face à une peccadille qui n’aurait jamais dû prendre une telle ampleur. Là où l’on souhaiterait, au nom de la présomption d’innocence, de la retenue à l’égard de la “présomption de sincérité” de la victime en attendant l’établissement des faits, on découvre un effarant concert de lamentations. Les pleureuses pourraientse taire et laisser les avocats du patron du FMI – des ténors retors, dit-on – faire leur métier et user de toutes les ressources que permet le système judiciaire américain pour défendre leur client. Mais les amis du DG socialiste du FMI ne se contentent pas de cela. Non, cet homme bien né et très riche ne saurait être contraint à s’expliquer face aux très graves accusations d’une petite femme de chambre du Bronx. Ce serait attenter à sa dignité et le rabaisser au rang de la subalterne qui a osé se rebeller.

Ce n’est rien d’autre au fond qu’une actualisation du droit de cuissage qui remonte à loin et que les femmes, en particulier celles des classes pauvres, sont tenues d’accepter en silence. Et si cette femme franchit le pas et dénonce, c’est tellement anormal que cela ne peut être qu’un complot ourdi par des forces qu’on se garde bien de désigner. Les femmes de chambre agressées ne peuvent pas, ne doivent pas se plaindre… Elles existent si peu, bien en dessous de ces milliardaires de gauche ou de droite qui, eux, se dispensent ostensiblement de considérations éthiques.

Si les victimes se révoltent et crient, c’est – n’est-ce pas, cher ami ? – que d’autres tirent les ficelles pour en faire des femmes “fatales” ou qu’elles forment l’appât d’un piège qui se referme avec une étonnante facilité sur un homme politique pourtant expérimenté. La seule morale de cette consternante affaire se résume à susciter des indignations très sélectives, à crier haro sur la victime et à exprimer un mépris de classe éhonté.



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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 19:50

A-copie-4.pngHenri Barbusse est né le 17 mai 1873 à Asnières, mort à Moscou le 30 août 1935. Après avoir débuté comme attaché de presse dans un ministère, il devient journaliste (critique théâtral et littéraire), poète et nouvelliste (L’Echo de Paris, Le Matin) puis rédacteur en chef de la revue Je sais tout et directeur littéraire des Publications Lafitte, puis des Publications Hachette. Il collabore aussi à diverses revues pacifistes.

 


Dans cette première partie de sa vie, il publie plusieurs ouvrages : PLEUREUSES (poésies, 1895) ; LES SUPPLIANTS (roman, 1903) ; L’ENFER (roman, 1908) ; NOUS AUTRES… (45 courtes nouvelles, 1914).

Août 1914 : Henri Barbusse s’engage comme simple soldat au 231° Régiment de Ligne. Il est réformé après 22 mois, et récompensé par deux citations.

En été 1916 : il publie LE FEU, journal d’une escouade, qui paraît en feuilleton dans le quotidien L’œuvre. Dès son édition, en décembre 1916, le livre obtient le prix Goncourt, ainsi qu’un énorme succès populaire.

A-copie-5.png

En 1917 : Henri Barbusse fonde avec ses amis Paul Vaillant-Couturier, Raymond Lefèbvre et Georges Bruyère, l’Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC).

En 1918 : il est directeur littéraire du quotidien le Populaire, depuis sa création le 11 avril 1918 jusqu’au 8 janvier 1921.

En 1919 : il publie CLARTÉ (roman), et il fonde une organisation internationale d’intellectuels pour un monde plus juste et sans guerre : le Mouvement et la Revue CLARTÉ . Parmi les nombreux intellectuels qui l’entourent alors, on relève les noms de : Anatole France, Romain Rolland, Georges Duhamel, Roland Dorgelès, Léon Blum, Jean-Richard Bloch, Francis Carco, Paul Fort, le professeur Langevin, Jules Romains, etc.

En 1920 : publication de LA LUEUR DANS L’ABÎME (Ce que veut le groupe Clarté) et du COUTEAU ENTRE LES DENTS (Aux intellectuels). Fin avril - début mai de la même année, il organise à Genève le 11° congrès de l’Internationale des Anciens Combattants (I.A.C.).

Juin 1920 : publication de PAROLES D’UN COMBATTANT (articles et discours).

En 1921 : Barbusse participe à la campagne pour Sacco et Vanzetti. Publication de QUELQUES COINS DU COEUR (nouvelles).

20 novembre 1922 : création de la Revue Clarté Universitaire sous le patronage de Barbusse, par Georges Cogniot et Georges Galperine.  

En 1923 : Henri Barbusse donne son adhésion au Parti Communiste Français.

En 1925 : publication de LES ENCHAINEMENTS (roman) et de FORCE (Trois films).

Juillet 1925 : Appel contre la guerre au Maroc (Guerre du Rif).

Novembre 1925 : voyage de Henri Barbusse dans les Balkans avec Paule Lamy et Léon Vernocher pour enquêter sur la « Terreur blanche ».

En 1926 : création des Comités de défense des victimes de la terreur blanche et publication de LES BOURREAUX (Dans les Balkans   La Terreur blanche   Un formidable procès politique).

Avril 1926 : Henri Barbusse devient Directeur Littéraire de l’Humanité.

En 1927 : publication de JÉSUS, et de LES JUDAS DE JÉSUS - Congrès international contre l’oppression coloniale (Bruxelles). Premier voyage en URSS à l’occasion du 10° anniversaire de la Révolution. Création de l’Association Les Amis de l’URSS avec Francis Jourdain.

En juin 1928 : création de la revue hebdomadaire MONDE. En 1928 : Publication de FAITS DIVERS (nouvelles).

En 1929 : publication de VOICI CE QU’ON A FAIT DE LA GÉORGIE. Convocation du Premier Congrès antifasciste à Berlin. Deuxième Congrès contre l’Oppression Coloniale (Francfort).

En 1930 : Publication de RUSSIE, de CE QUI FUT SERA, de ÉLÉVATION (roman).

En 1932 : publication de ZOLA (Étude biographique).

Mars 1932 : Henri Barbusse fonde avec Vaillant-Couturier, Moussinac, Aragon, Malraux et Nizan l’Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (A.E.A.R.). Création du Comité d’initiative international pour le Congrès mondial de lutte contre la guerre impérialiste qui aura lieu à Amsterdam le 21 août.

En 1933 : participation au Congrès Européen contre le fascisme, salle Pleyel à Paris. Unification des deux mouvements sous le titre du "Comité mondial contre la guerre et le fascisme", dit Congrès Amsterdam-Pleyel, dont Barbusse est le président. Création de COMMUNE, la revue de l’A.E.A.R. (Juillet). Convocation du Congrès International de la Jeunesse (Septembre). Voyages aux États-Unis et en URSS.

En 1934 : convocation du Congrès International des Étudiants (décembre à Bruxelles). Participation au Congrès Mondial des Femmes (août). Rassemblement antifasciste du 20 mai (Cirque d’hiver à Paris).

En 1935 : publication de STALINE (Un monde nouveau vu à travers un homme). Convocation et participation au Congrès International des Écrivains pour la Culture (Paris, le 21 juin).

14 juillet : participation au grand Rassemblement antifasciste et au Serment du Front Populaire.

16 juillet : départ en URSS où il assiste en auditeur au 7° Congrès de l’I.C.

22 août : à Moscou, atteint d’une pneumonie, il entre à l’Hôpital du Kremlin. Le 30 août, 8h55 : mort d’Henri Barbusse.

2 septembre : obsèques solennelles à Moscou.

7 septembre : une foule énorme et recueillie conduit la dépouille mortelle d’Henri Barbusse au cimetière du Père Lachaise à Paris.

 Publication posthume, avec la collaboration d’Alfred Kurella, de LETTRES DE LENINE À SA FAMILLE (long texte de Barbusse sur Lénine).

En 1937 : publication posthume des LETTRES À SA FEMME (1914 1917).

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 19:48

A-copie-3.png

 

Roland MUZEAU
Porte-parole des député-e-s communistes,
républicains, citoyens

Paris, le 16 mai 2011

Monsieur François FILLON
Premier ministre
57 rue de Varenne
75007 Paris

 


Monsieur le Premier ministre,


Depuis maintenant plus de huit semaines, la France est engagée militairement en Libye.
Rompant sur le tard avec l’amitié et les rapports extrêmement bienveillants qu’il entretenait avec le dictateur Kadhafi, le Président de la République affirmait que l’envoi de soldats français avait pour seul objectif la protection des populations civiles.
De toute évidence, les intentions du chef de l’ État, comme celles de l’OTAN n’étaient pas si limpides. N’est-ce pas le colonel Michel Goya, l’une des têtes pensantes de l’ État major des Armées qui confiait sur les ondes, deux jours après le début de l’intervention armée, le 21 mars : « in fine, la chute du régime est l’objectif réel de cette opération même s’il n’est pas avoué. Il y a eu des frappes sur le bunker de Kadhafi. On a essayé d’éliminer directement Kadhafi ».
Depuis, la nature de l’intervention française est apparue de plus en plus clairement pour ce qu’elle est : notre pays s’est fait la boîte à outils d’une sorte de croisade sélective de l’Occident, menée sous la houlette des États-Unis. Il n’a pas fallu plus d’une dizaine de jours pour que soit officialisée cette réalité puisque dès le 31 mars, l’OTAN prenait officiellement le commandement de cette intervention militaire. Et aujourd’hui, les combats continuent de faire rage.
L’enlisement dont, au nom des Député-e-s communistes, républicains et citoyens, je dénonçais les risques le 22 mars dernier dans l’hémicycle, est aujourd’hui patent. Le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, estime à plusieurs milliers le nombre de morts qu’a déjà fait cette guerre. La raison dicte de renoncer aux armes qui ne peuvent en aucun cas assurer l’issue de la crise dans laquelle est plongée la Libye, ni garantir le respect des droits et libertés des libyens.
Or, il semble que la coalition à laquelle appartient la France ait choisi de persister dans une voie qui nourrit un engrenage infernal.
Ainsi a-t-on appris que des officiers européens parmi lesquels dix ont été envoyés par la France, se trouvent depuis plusieurs semaines à Benghazi. Ils seraient chargés d’aider les combattants opposés à Kadhafi, à bâtir des forces capables de vaincre le régime du dictateur Libyen, avec l’appui de l’OTAN. Dans d’autres aventures militaires, c’est ce qu’on a appelé des instructeurs qui ne sont rien d’autre que des soldats au sol. Cette voie est une impasse. Le choix des armes est celui d’une escalade porteuse des plus graves dangers.
Comme nous l’avons dit dès le début du conflit, il est urgent de trouver une voie politique et diplomatique susceptible d’apporter une issue durable et juste, et de permettre au peuple libyen de vivre enfin dans une sécurité garantie, avec le libre choix de son avenir et cela dans le respect de l’intégrité territoriale du pays.
Dans cet esprit, nous demandons que la France, avec ses partenaires de l’Union européenne, soit à l’initiative de l’organisation d’une conférence internationale de haut niveau, sous l’égide des Nations-Unies, ou bien sollicite la tenue d’une session spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU. Les protagonistes libyens seraient appelés à y participer, avec le parrainage vigilant de la Ligue Arabe et de l’Union Africaine. La France, en effet, a autre chose à faire que la guerre. La solidarité dont notre pays doit témoigner vis-à-vis des populations libyennes dicte d’agir avec la plus grande détermination pour l’arrêt des bombardements, le retrait des forces de l’OTAN et pour l’établissement immédiat d’un cessez-le-feu multilatéral. Il faut maintenir les sanctions, les menaces de poursuites judiciaires contre tous les responsables de crimes de guerre et un strict embargo sur tous les armements tant qu’un accord n’est pas réalisé. Par ailleurs, du fait de la responsabilité dont elle s’est unilatéralement investie, la France a un devoir d’asile et de protection. Les gouvernements français, britannique, italien, comme ceux de tous les pays membres de l’UE et de l’OTAN, se doivent d’ouvrir leurs frontières et d’accueillir dignement les hommes, les femmes et les enfants qui fuient les combats en cours en Libye. Il est effectivement consternant que le drame des migrants ne puisse, dans ce contexte, recevoir aucune réponse humaine digne des valeurs auxquelles les pays occidentaux se réfèrent pourtant avec tant d’insistance. Une attitude responsable en la matière pourra aussi alléger la charge qui pèse aujourd’hui sur la Tunisie.

Dans l’attente, je vous prie, Monsieur le Premier Ministre, de recevoir l’expression de ma haute considération.

Roland MUZEAU,
Paris, le 16 mai 2011

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 19:45

A-copie-2.pngTout va bien, qu’on vous dit ! Les facteurs du bonheur vont bientôt manger leur casquette, les vieux pourront leur offrir le café à condition de raquer et, de toute façon, ils ne reçoivent pas assez de lettres d’amour. Qui ? Les papis ? Non, les facteurs !

Le soixantième.France Télécom vient de connaître son soixantième suicide depuis 2008 : le 26 avril dernier, sur le site de Mérignac (Gironde), Rémy Louvradoux s’est immolé par le feu. Malgré le plan com’ de la direction, réorganisation et compétitivité à outrance engendrent toujours leur lot de victimes.

Si France Télécom est régulièrement évoquée par les médias, cela est moins fréquent pour sa petite sœur chargée du courrier. Pourtant, les mêmes causes produisent les mêmes effets… Depuis le début des années 1990, La Poste a, elle aussi, entamé sa mue, se débarrassant, réforme après réforme, de sa vieille peau de service public. Depuis le 1er mars 2010, elle est société anonyme et, récemment, la Caisse des dépôts et consignations est entrée dans son capital à hauteur de 26 %. Avant d’être cotée en Bourse, comme toute entreprise moderne. Et qu’importe si l’on doit broyer le petit personnel au passage.

En mai 2010, le syndicat des médecins de La Poste dénonçait « des suicides ou tentatives de suicide » supposés liés exclusivement au travail, l’absentéisme pour maladies, des « situations d’épuisement physique et psychique », et une « très forte augmentation » des accidents du travail. Ambiance ! La boîte de Jean-Paul Bailly n’a pas tardé à réagir, créant en décembre dernier son plan « Santé au travail ». Un franc succès : en janvier, Robert Palpant, un agent de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) s’est donné la mort. Selon la CGT, la victime a laissé à sa compagne un courrier « qui laisse entendre que son acte était lié à sa situation au travail [...] depuis la réorganisation qui lui pesait beaucoup, avec un management axé sur la rentabilité maximale des salariés et du bureau. »

Mais qu’en est-il exactement ? Lucien, facteur à Marseille, témoigne de l’ambiance dans son bureau : « Elle est morose ! Sur mon bureau, avec la réforme Facteur d’avenir, le nombre de tournées a baissé de 28 %, on a donc des tournées à rallonge qui demandent beaucoup plus de temps de distribution. En contrepartie, une réorganisation du travail était censée nous faire gagner du temps sur le tri, les réexpéditions, les recommandés… En fait, cela a multiplié les procédures faisant exploser le temps de travail à coup d’heures supplémentaires jamais reconnues. À cela s’ajoute la sécabilité : il s’agit ni plus ni moins de répartir les tournées des absents sur les présents. » Pas simple, dans de telles conditions, de s’épanouir au boulot. « Cette réforme, poursuit Lucien, divise les équipes et met les gens en concurrence. Maintenant, on a des grades ! Il y a un facteur d’équipe et un facteur qualité. Ceux-là ont quelques responsabilités supplémentaires et, en contrepartie, touchent quatre-vingts à cent euros de plus par mois. Mais ils se retrouvent le cul entre la direction et leurs collègues. Et puis, cette promotion, qui n’existait pas avant, fait des envieux. Tout cela isole les gens, et je pense que c’est délibéré. Tout ce qui pouvait créer de la cohésion entre facteurs a disparu. »

Lors de la mise en place du pansement Santé au travail, la direction a promis de laisser dix-huit mois entre chaque restructuration, « mais quand adviendra l’échéance, ils rallongeront encore nos tournées et supprimeront des postes, poursuit Lucien. Ils prévoient de supprimer 50 000 emplois d’ici 2015. » Nombreux sont ceux qui, subissant Facteur d’avenir, regrettent celui du passé, et « beaucoup de collègues sont devenus inaptes à la distribution. Le physique ne tient plus, ou les conditions ont tellement évolué – en pire – qu’ils somatisent. On voit de gros pépins physiques, des blessures de sportifs ! » Et, au lieu de réagir collectivement, chacun essaye de s’en sortir par lui-même : « Beaucoup veulent partir vers les guichets, pour échapper à l’augmentation de la charge de travail. » Une tactique individuelle qui peut parfois conduire au désespoir…

Daniel, chef d’équipe dans le IIe arrondissement de Marseille, renchérit : « Les gens disent qu’ils en ont marre. Et puis, il y a une dégradation organisée du rôle social du facteur. » Terminé, le gars à casquette qui connaît sa tournée, a le temps de tailler une bavette avec les usagers, et peut dépanner la grand-mère en mal de lait ou de médicaments. « Mais La Poste s’est lancée dans le service d’aide à domicile, et certains facteurs ont reçu une formation pour brancher la TNT chez les personnes âgées de plus de soixante-dix ans. » Bien entendu, La Poste se fait rémunérer pour le service… Et ça, c’est bon pour le moral des tauliers !

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