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  94430 Chennevières-sur-marne
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 Fax : 01.45.76.13.17
 verrier.ouahmane@wanadoo.fr





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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 20:10

 

Mélenchon s’entend quand même bien avec Marine Le Pen et Rachida Dati

http://www.toulouse7.com/2011/04/19/melenchon-sentend-quand-meme-bien-avec-marine-le-pen-et-rachida-dati/


Jean Luc Mélenchon prônait le « virez les tous ». De passage au Parlement européen, le leader du Parti de Gauche et probable candidat à l’élection présidentielle présente un tout autre visage que celui du révolutionnaire, ennemi de l’extrême droite et de l’UMP. Les relations de l’ancien sénateur socialiste, sont plus que cordiales avec une certaine Marine Le Pen et très amicale avec l’ancienne ministre de la justice UMP Rachida Dati.

Les images ci dessus, présentent un visage inattendu d’un Mélenchon qui discute cordialement tactique et buts politiques, et presque amicalement, avec une Marine Le Pen qui pouffe et rigole à ses propos. Dans une seconde séquence à une machine à café : le député européen Jean Luc Mélenchon rencontre la députée européenne Rachida Dati. S’ensuit une nouvelle conversation cordiale et presque amicale, sur le mode de la confidence avec tutoiement de rigueur.

La vidéo diffusée dans un premier temps sur Direct 8 a été placée sur le site de partage en ligne Youtube où elle réalise un véritable Buzz et provoque une vive polémique sur le ton Mélenchon. Postée 4 avril 2011, la vidéo a été vue par plus de 125 000 internautes. Les dizaines de commentaires s’enflamment sur la posture de Mélenchon.

Vidéo Youtube/Puremedias/Ozap/Direct8 : L’échange est très cordial, sous les caméras de « Portraits de campagne », la nouvelle émission politique de Direct 8.

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 06:23

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Les funérailles de Gilberte Salem, née Serfaty, se dérouleront samedi à 10h au crématorium du Père Lachaise où elle sera incinérée.

 

 

 


Dans son ouvrage Mémoires algériennes, Henri Alleg raconte qu’il fit la connaissance de Gilberte Serfaty, native de Mostaganem, à l’agence de presse France-Afrique. C’était dans les années 1945. En application des lois antijuives de Vichy, sa sœur Andrée et elle sont exclues, l’une du Lycée, l’autre de la faculté des lettres d’Alger. Toutes les deux adhèrent au Parti communiste algérien au cours d’une réunion du parti à laquelle Henri les avait invitées. Gilberte et Henri se marient en juin 1946. Ils participent ensemble au combat anticolonialiste au sein du PCA ou dans les organisations populaires animées par les communistes, Gilberte à l’Union des femmes d’Algérie et Henri à l’Union de la jeunesse démocratique algérienne. Sanctionnée par son administration pour son action militante, Gilberte, qui était professeur d’anglais, quitte l’éducation nationale.

Après novembre 1954, Henri est contraint, comme plusieurs autres militants du PCA, de rentrer dans la clandestinité pour échapper à une arrestation et poursuivre le combat anticolonialiste. Les deux enfants du couple, André et Jean, nés en 1946 et 1952, sont envoyés en France où des parents les recueillent pour que Gilberte puisse contribuer, elle aussi, à la lutte pour la libération de l’Algérie. Quand Henri est arrêté le 12 juin 1957, Gilberte fait tout pour qu’il soit libéré. Son action lui vaut d’être expulsée en France où elle poursuit le combat pour sauver son époux. Elle l’aidera plus tard, vers la fin de la guerre d’Algérie, alors qu’il est emprisonné en France, à s’évader de son lieu de détention. Au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, elle obtient la nationalité algérienne pour sa participation à la guerre de libération.  

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 18:40

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7 ans après, la réalité que nous vivons montre toute l'actualité de l'appel que firent alors
13 vétérans des mouvements de Résistance:
« Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la
Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces
combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à
faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels
de démocratie économique, sociale et culturelle. »


Par Maxime CAMUZAT,
Vice-président du Conseil Général du Cher,
Maire de Saint Germain du Puy.


A l'occasion du 67ème anniversaire de la signature du programme du Conseil National de la
Résistance, la Mairie de Saint Germain du Puy a organisé le 15 mars dernier une cérémonie, en
ouverture de laquelle des primevères ont été déposées au pied du Monument aux Morts. Puis, lors
de son intervention dans la salle du Conseil Municipal, Maxime Camuzat a indiqué « les raisons »
qui ont motivé cette cérémonie un peu particulière, à la fois par respect de celles et ceux qui
entrèrent « en Résistance » pendant la seconde guerre mondiale, et au regard de l'actualité qui
nécessite de le faire sous une autre forme « si nous souhaitons pour les générations qui suivent,
une société différente que cette faite de pauvreté et de précarité qui se met en place sous nos
yeux depuis le début de ce XXième siècle ». Car en effet, comme le disaient ces anciens
Résistants dans leur appel lancé en 2004, si « créer c'est résister, et résister, c'est créer », alors
comme le disait Lucie Aubrac « le mot résister doit toujours se conjuguer au présent ».
xxx


Voici l'intervention de Maxime Camuzat à cette occasion.

 

Pourquoi cette cérémonie un peu particulière ?
Je me dois de vous en donner les raisons, par respect de toutes celles et ceux qui ont permis, en
le payant de leur vie, d'être ce que nous sommes.
Le plus simple, c'est de vous citer en introduction de mon propos, quelques phrases de
l'intervention que j'ai prononcée devant les Germinois il y a un peu plus d'un an, le 7 janvier 2010,
à l'occasion de ce que l'on appelle « la cérémonie des voeux ».
Après avoir rappelé le rôle, la tâche, les actions et projets que portent ici les élus locaux que nous
sommes, chargés par les habitants de faire évoluer leur commune, ses équipements et ses
services afin qu'ils soient en phase avec les évolutions de notre société et les besoins qui en
découlent, j'avais ajouté:
« Parallèlement à faire avancer ces projets et initiatives, et vous avez pu constater qu'ils ne
manquent pas, les élus ont aussi parfois à prendre position, voire à s'opposer à tout ce qui remet
en cause le potentiel de notre commune, ou tout ce que ses habitants / citoyens avaient réussi à
bâtir ou à conquérir, eux, et les générations qui les ont précédées. OUI, sur cela aussi, nous avons
le devoir d'agir.
Je suis en effet toujours surpris d'entendre des élus locaux, par ailleurs responsables et efficaces,
qui critiquent avec véhémence des choix nationaux, politiques ou économiques, ou des décisions
qu'ils désapprouvent totalement, me dire à la fin de la conversation: « mais de toute façon, on a
pas le choix... »
N'AVONS NOUS PAS LE CHOIX ?
1
Mais alors, si depuis des siècles, personne ne s'était opposé de fait à ceux qui alors dirigeaient,
imposaient parfois durement leurs « lois », celles des puissants, rien n'aurait bougé !
Je réponds toujours: « si, on a toujours le choix... Il y a des moments où il faut savoir dire NON ! »
Vous le savez, ceux d'entre-vous qui me connaissent depuis longtemps et qui ont la gentillesse de
m'avoir déjà écouté dans cette salle, ou partout où les électeurs m'ont demandé de porter leur
voix, oui, je suis de ceux qui pensent qu'il y a un moment où il faut savoir dire NON, quelles qu'en
soient les difficultés, et agir en conséquence.
Dire NON à une autorité, ce n'est pas facile dans la vie privée de chacun d'entre-nous. C'est
encore plus difficile dans la vie d'un homme public, car c'est alors se heurter à l'autorité supérieure
qui voudrait que vous appliquiez sa décision, ou que vous la laissiez faire sans réagir alors qu'elle
va à l'encontre des intérêts de ceux qui vous ont donné leur confiance. Mais j'ai toujours
considéré, et bien de ceux qui m'ont entouré depuis des années dans notre mairie partageaient ce
sentiment, qu'il était nécessaire dans ce cas d'entrer « en résistance », en demandant l'appui des
citoyens qui vous ont confié la gestion de ce petit territoire où ils souhaitent vivre tout simplement.
« Entrer en résistance », dans une société démocratique, c'est avoir sur un sujet précis, une action
pacifique, résolue, patiente, avec toutes celles et tous ceux qui souhaiteraient s'y associer, en
utilisant les possibilités que vous donne la constitution de notre pays. Ces possibilités, nos
prédécesseurs ont donné leur sueur, parfois leur sang, pour les obtenir. Les élus que nous
sommes ne devraient jamais oublier que si les habitants de leur commune leur ont confié, par le
suffrage universel, sa gestion, c'est toujours au peuple qu'appartient la souveraineté et c'est lui
qu'il faut solliciter pour l'informer, voire l'alerter, dès lors qu'une décision prise à Paris, Strasbourg,
Bruxelles ou ailleurs, ne va pas dans le sens de leur intérêt. ».
Et c'est pourquoi, pour ne citer que ces deux exemples, nous avons été l'une des communes qui a
organisé localement le référendum d'initiative populaire contre disons, « la privatisation en cours
de La Poste », et qu'à l'automne dernier, les élus de notre commune ont été nombreux à être dans
la rue aux côtés de ceux qui manifestaient contre le projet gouvernemental de réforme des
retraites. Et je le souligne ici, Saint Germain du Puy a été la seule commune du Cher a avoir vu
son Conseil Municipal adopter une motion contestant cette réforme tout en proposant d'autres
modes de financement. Cette motion se concluait d'ailleurs par ces mots: « Enfin, le Conseil
Municipal tient a rappeler également que l'ensemble des droits historiques et des avancées
sociales obtenues tout au long du XXème siècle, avec notamment l'extraordinaire progrès
économique et social du programme Conseil National de la Résistance mis en place à la libération
en 1945, continue à être le fil rouge de la société que nous souhaitons pour les générations qui
suivent, société différente de celle faite de pauvreté et de précarité qui se met en place sous nos
yeux depuis le début de ce XXIème siècle. » (séance du Conseil Municipal du 18 novembre 2010).
xxx
Le CNR avait donc adopté le 15 mars 1944 un texte qui était structuré en deux parties.
La première présentait le plan d'action immédiate pour libérer le territoire national, notamment en
constituant « une armée capable de jouer son rôle » avec l'aide des forces interalliées lorsque les
conditions de l'insurrection seraient réunies. Cette partie indiquait quelles structures seraient mises
en place (Comités départementaux de Libération etc...) pour que la République, la Démocratie, le
pouvoir du peuple français puissent reprendre leur place.
La seconde partie, intitulée « Mesures à appliquer dès la Libération du territoire », listait les
principes, les moyens à mettre en oeuvre et « les réformes qui seraient indispensables pour qu'il
en soit ainsi », sur le plan économique comme sur le plan social.
2
Permettez-moi de vous en citer quelques unes, sur le plan « économique », puis sur le plan
« social »:
Sur le premier:
-l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes
féodalités économiques et financières de la direction de l'économie;
-le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des
sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurances et des grandes
banques;
-le développement et le soutien des coopératives de production, d'achats et de ventes, agricoles
et artisanales.
Sur le second:
-le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l'amélioration du régime
contractuel du travail;
-un rajustement important des salaires et la garantie d'un niveau de salaire et de traitement qui
assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d'une vie
pleinement humaine;
-un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens de moyens d'existence,
dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant
aux représentants des intéressés et de l'État;
-la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauchage et de licenciement, le
rétablissement des délégués d'atelier;
-l'élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix
agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l'expérience de l'Office du blé, par une
législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu'aux salariés de l'industrie,
par un système d'assurance contre les calamités agricoles, par l'établissement d'un juste statut du
fermage et du métayage, par des facilités d'accession à la propriété pour les jeunes familles
paysannes et par la réalisation d'un plan d'équipement rural;
-une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours;
-la possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l'instruction et d'accéder à la
culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les
fonctions des plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités
requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de
mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.
Ce sont donc ces principes qui seront mis en place en 1945, et qui aboutirent à la création de la
Sécurité Sociale, des régimes de retraites, du statut de la Fonction Publique, de la semaine des 40
heures, du SMIG, des comités d'entreprises et des délégués du personnel, de l'ENA, du statut du
fermage, de l'impôt de solidarité nationale etc... Ils ont permis également, au point de vue
économique, la création d'EDF-GDF, de la Banque de France et la nationalisation des grandes
banques, de Renault, des transports aériens, des grandes compagnies d'assurance etc... Sans
oublier qu'en 1946, les salaires ont connu une hausse de 18%.
Mais l’application la plus spectaculaire de l’esprit du programme du CNR fut sans doute
l’élaboration d’une « charte » de nouveaux droits, sensée compléter la Déclaration des Droits de
l’Homme et du Citoyen de 1789, et adossée à la Constitution de la IVe République sous le nom de
« Préambule de 1946 ». Celui-ci, sous l’appellation de « Principes politiques, économiques et
sociaux particulièrement nécessaires à notre temps » reprit l’essentiel des nouveaux droits prônés
par le programme du CNR. En voici quelques extraits:
-en 5. Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi;
-en 8. Tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective
des conditions de travail ainsi qu'à la gestion des entreprises;
3
-en 9. Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public
national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité;
-en 10. La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur
développement;
-en 11. Elle garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection
de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son
âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de
travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence;
-et en 13. La Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation
professionnelle et à la culture. L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les
degrés est un devoir de l'État.
Adossé de nouveau à la Constitution de la Vème République en 1958, le préambule de la
Constitution de 1946, fait donc toujours partie aujourd'hui de ce que le Conseil Constitutionnel a
appelé « le bloc de constitutionnalité » impliquant que toute loi ayant des dispositions contraires
aux principes du préambule de cette Constitution, est donc « anticonstitutionnelle ». Ce vient d'être
d'ailleurs le cas voici quelques jours pour la loi de sécurité dite « LOPPSI 2 ».
xxx
En ce début de XXIème siècle, 13 hommes et femmes de ce CNR toujours présents, à la lecture
de l'état actuel de notre société, se réunirent de nouveau et lancèrent un nouvel appel, qui était
alors, en 2004, comme il l'est plus que jamais aujourd'hui hélas, d'une brûlante actualité.
Nous allons les écouter.
Il fut alors projeté sur grand écran une vidéo dans laquelle ces Résistants se succèdent
pour lire chacun quelques phrases de leur appel, qui se trouve ci-après.
Appel du Conseil National de la Résistance
Appel lancé en 2004 par 13 anciens du CNR de 1944... auquel il est bien
temps de répondre!
Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la
Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la
France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage
de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.
Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la
Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement
disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.
Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes
partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux
générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques
au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :
Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les
créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du
programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le
15mars1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des " féodalités économiques",
droit à la culture et à l’éducation pour tous, une presse délivrée de l’argent et de la corruption, des
lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour
4
maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a
considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’ Europe était ruinée ? Les
responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas
démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés
financiers qui menace la paix et la démocratie.
Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations,institutions et syndicats héritiers de
la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques
des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir
ensemble un nouveau "Programme de Résistance " pour notre siècle, sachant que le fascisme se
nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des
injustices sociales.
Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les
éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de
communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la
consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la
compétition à outrance de tous contre tous.
Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts
privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur
la presse de 1944.
Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre
affection : " Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ".
Fin de l'appel
Maxime Camuzat donna ensuite la parole à Michel Pinglaut, qui rappela alors les noms de
ces Résistants signataires, et qui ils étaient.
Lucie AUBRAC, décédée le 14 mars 2007, enseignante, co-fondatrice du mouvement résistant
« Libération », prend la tête d’un commando armé pour libérer son mari arrêté à Lyon par la
Gestapo. A la Libération, elle est chargée de superviser l’installation des comités départementaux
de Libération (notamment à Nantes).
Raymond AUBRAC, ingénieur, co-fondateur de « Libération-Sud », membre de l’État-major de
l’Armée secrète, arrêté deux fois, commissaire de la République à Marseille (préfet régional) lors
de la Libération.
Henri BARTOLI, reconnu “Juste parmi les nations” (pour avoir sauvé des Juifs), résistant alors
qu’il est lycéen et étudiant, diffuse « Témoignage chrétien » clandestin et des faux-papiers,
travaille au sein du CNR sur la politique économique d’après-guerre.
Daniel CORDIER, parachuté en France occupée, principal adjoint et secrétaire de Jean Moulin,
fondateur du CNR (Conseil national de la Résistance).
Philippe DECHARTRE, résistant, membre des cercles de gaullistes historiques, plusieurs fois
ministre et député après la guerre.
Georges GUINGOUIN, décédé le 27 octobre 2005, instituteur, résistant dès l’été 1940, prend la
tête des maquis de la région de Limoges (jusqu’à 20 000 combattants), ville qui est libérée sans
attendre les Alliés, maire de Limoges après la guerre.
Stéphane HESSEL, jeune allemand naturalisé français avant la guerre, rejoint de Gaulle en 1941,
chargé de mission en France occupée, arrêté en juillet 1944 et déporté à Buchenwald puis Dora.
Carrière d’ambassadeur après la guerre. Militant antiraciste.
5
Maurice KRIEGEL-VALRIMONT, décédé le 2 août 2006, syndicaliste avant la guerre, membre du
Comité militaire du CNR, responsable militaire de la libération de Paris avec Rol-Tanguy. Député
communiste après la guerre.
Lise LONDON, ancienne des Brigades Internationales dans l’Espagne républicaine, capitaine
dans la Résistance, ancienne déportée à Ravensbrück, épouse d’Arthur London (ministre tchèque
victime du stalinisme en 1952).
Georges SÉGUY, ouvrier-imprimeur, résistant au sein des Francs-Tireurs et Partisans Français,
arrêté en 1944, déporté au camp de Mauthausen, dirigeant syndicaliste après la guerre.
Germaine TILLION, ethnologue spécialiste de l’Algérie avant la guerre, chef du réseau de
Résistance du Musée de l’Homme, déportée à Ravensbrück, militante humaniste et anticolonialiste
après la guerre.
Jean-Pierre VERNANT, décédé le 9 janvier 2007, grand historien spécialiste de la Grèce antique,
étudiant antifasciste avant la guerre, résistant dès 1940, organisateur militaire, libérateur de
Toulouse avec ses camarades.
Maurice VOUTEY, résistant, déporté à Dachau puis dans les camps du Neckar. Actuellement
secrétaire général de la Fédération nationale des déportés et internés résistants patriotes
(FNDIRP).
Michel Pinglaut relut les phrases de l'appel afin, comme le précisa Maxime Camuzat, de
mesurer « sept ans plus tard, comment, oui, hélas, elles résonnent dans notre actualité... ».
Puis il ajouta:
Ce texte date du printemps 2004. J'en ai eu personnellement connaissance cette année, en lisant
« Indignez-vous » de Stéphane HESSEL. A l'époque ce texte a été complètement occulté par les
médias nationaux, alors qu'en 2004 était célébré le 60ème anniversaire de la Libération. Vous
comprendrez d'autant mieux les raisons de mon engagement personnel et de mon accord avec
ces hommes et ces femmes qui, voici 7 ans déjà, nous appelaient à « une véritable insurrection
pacifique », si je vous lisais ce que j'avais personnellement prononcé à ce sujet le 15 août, lors de
la cérémonie d'hommage à la Résistance que nous organisions, comme chaque année.
« Cette journée est d'abord un hommage à toutes celles et tous ceux qui « entrèrent en
Résistance » et qui allèrent parfois jusqu’à sacrifier leur vie, dans les conditions de souffrance et
d’abnégation que nous connaissons et qui font que, si l’histoire de la France a connu d’autres
épisodes de résistance contre des envahisseurs de son territoire, on parle ici de la « Résistance »
avec un « R » majuscule. Car il ne s’agissait pas seulement de lutter contre un envahisseur, il
s’agissait également de refuser l’asservissement des hommes face à l'occupant nazi et ceux qui,
en France, étaient devenus leurs complices par accord avec leur idéologie. Un sursaut venu des
profondeurs de notre peuple le refusa et le poussa à résister. Ceux que l’on appelait alors
« l’armée des ombres », dans leur diversité, méritaient et méritent encore que nous prenions un
peu de temps pour leur rendre hommage. ».
« Le temps passe, les rangs de ceux qui « entrèrent en résistance » pendant cette guerre contre
l’envahisseur allemand et l’idéologie nazie se réduisent, mais il nous semble toujours
indispensable, au-delà de l’hommage qui est dû à celles et ceux qui s'y sont engagés, de rappeler
« les raisons » et « les buts » de la Résistance. Car l’état du monde aujourd’hui; ce que nous
entendons dans la bouche de certains responsables ici et ailleurs, pour lesquels si l’autre n’a pas
la même couleur, la même religion, la même pensée, il ne compte pas; ou pour lesquels le critère
financier est le seul qu’ils chérissent vraiment et qu'ils n'ont que faire du capital humain; la montée
électorale en ce début de la deuxième décennie du 21ème siècle dans bien des pays européens, de
partis affichant clairement des positions racistes, xénophobes et parfois même se réclamant
ouvertement de l’idéologie nazie, montrent que « le ventre d’où est sortie la bête immonde dans
les années 30 du 20ème siècle est toujours fécond » (Bertold Bretcht).
6
« Se souvenir, honorer « la Résistance », transmettre son message dans toutes ses composantes,
y compris celles sociales et économiques contenues dans le programme que le Conseil National
de la Résistance adopta et qui fut mis en oeuvre à la Libération, dès 1945: c’est ce que nous
essayons de faire dans cette commune, qui n’a certes pas connu de hauts faits de résistance,
mais qui honore justement ces deux hommes bien différents, symboles de cette vraie richesse. ».
« C'est pourquoi, Mesdames et Messieurs, je me retrouve toujours, avec ce message, dans la
nécessité de le transmettre dans toute sa dimension et sans en occulter les difficultés. Le
transmettre, en ayant profondément enraciné au coeur et à la raison une seule certitude: c'est qu'il
nous aide à travailler, à rechercher le chemin d'un nouveau progrès « à la Française » dans une
mondialisation qui serait plus respectueuse de l'identité de chaque peuple, plus attentive à un
développement durable qui, lui aussi, serait plus respectueux des hommes et des femmes qui sont
la vraie richesse du monde. Or, certains aujourd'hui en n'ont que faire, soit parce que si l'autre n'a
pas la même couleur de peau, la même religion, la même pensée, alors il ne compte pas, soit
parce que le critère financier est le seul qu'ils chérissent vraiment. ».
« Le transmettre dans toute sa dimension »...
C'est bien la raison qui nous rassemble aujourd'hui.
Nous avons tout à l'heure déposé des primevères au pied du Monuments aux Morts, qui, une fois
plantées, le fleuriront ces prochains jours. Pourquoi des primevères me direz-vous ? Parce que
selon leur définition, ce sont des plantes qui, quelle que soit la dureté de l'hiver, résistent et
refleurissent au printemps, avec des fleurs de couleurs variées (« prima-vera », premier printemps;
« primo-vere », au début du printemps (latin)).
Tout à fait la symbolique de la « Résistance », celle que l'on nomme avec un « R » majuscule,
celle de la France pendant la seconde guerre mondiale de 1939-1945.
Ainsi, que l'hiver d'une économie toujours sous l'emprise des apprentis sorciers financiers se
termine, et que vite, vite, vite, fleurisse une société qui sera plus respectueuse des hommes et des
femmes qui sont la vraie richesse du monde. Ce monde au développement qui doit être enfin
économiquement, écologiquement, socialement, culturellement durable et vivable.
OUI, comme l'a dit Lucie AUBRAC peu de temps avant de nous quitter, et dont une rue de notre
commune porte depuis son nom: « Résister, cela doit toujours se conjuguer au présent ».
C'est bien pour cela que nous sommes là aujourd'hui.


Maxime CAMUZAT
le 15 avril 2011

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 18:38

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Le bulletin suivant présentera, dans sa première partie, une analyse rapide des changements survenus dans le monde arabe, à commencer par les révolutions tunisienne et égyptienne. Il parle des développements, très dangereux, de la situation en Lybie et le possible aboutissement de cette situation à la lumière des crimes commis par Kadhafi et de l’immixtion des Etats-Unis et de certains pays européens (ainsi que de l’OTAN). Il évoque aussi le départ de l’opération impérialiste au Soudan et dont le but est l’émiettement de ce pays.
La seconde partie du bulletin parle de la situation politique et économique au Liban ; elle dresse, surtout, un bilan exhaustif et analytique des conditions économiques et sociales qui avaient prévalu durant l’année 2010, sans oublier le programme de lutte du PCL dans les différents domaines de la vie.

I. Les développements dans le monde arabe

Le monde arabe vit, aujourd’hui, un soulèvement révolutionnaire exceptionnel, tant par son extension que par la profondeur des revendications. Ce soulèvement ne s’exprime pas seulement au sein de la classe ouvrière arabe mais aussi chez une grande partie de la petite et moyenne bourgeoisie. C’est que la situation difficile dans la quelle se trouve cette petite et moyenne bourgeoisie, à cause des politiques néolibérales outrancières appliquées généralement à partir des années quatre-vingt-dix du siècle dernier, s’est envenimée de plus en plus à partir de 2008, tant à cause de la crise générale du capitalisme, et ses répercussions sur les économies arabes, que par le fait de l’économie rentière et inféodée au capitalisme mondial.
L’aggravation des problèmes socio-économiques s’était traduite, ces tris dernières années, par la hausse notoire des taux du chômage et de l’émigration parmi les jeunes et les femmes, la fermeture des sociétés et des usines, en plus des milliers de mouvements sociaux et de grèves qui, souvent, étaient réprimés sauvagement… Sans oublier l’absence des libertés générales, le refus de légaliser les partis politiques, la censure et la tenue en laisse des syndicats ouvriers.
Tout cela, exacerbé par l’occupation directe de plus d’un pays arabe, par l’aide que les Etats-Unis et les troupes de l’OTAN procurent à Israël dans sa politique d’agression contre le peuple palestinien et le peuple libanais (à commencer par la guerre de 2006 et les blocus de la région de Gaza) et, surtout, par la participation des régimes arabes à ces faits militaires, a créé l’atmosphère propice aux soulèvements qui, partant de Tunisie, ont vite gagné tous les pays arabes.

1 - Les deux révolutions en Egypte et en Tunisie et les autres soulèvements
La période actuelle rappelle celle qui fit suite dans le monde arabe à la Nakba de la Palestine. Les peuples s’étaient alors soulevés pour mettre fin à des régimes caractérisés par leur obédience aux colonialismes français et britannique. Cependant, il est nécessaire de voir les différences qui existent entre les révoltes (et les coups d’Etats) des années cinquante et soixante du XXème siècle et celles d’aujourd’hui : les nouveaux soulèvements ont un très large caractère de masse ; on y remarque le rôle joué par le mouvement syndical ouvrier et le mouvement féminin en plus de celui, de premier plan, échu aux jeunes (qui ont su profiter de la révolution dans les télécommunications) dans le regroupement des mouvements de protestations et la précision de leurs slogans.
De plus, il est nécessaire d’attirer l’attention sur l’extension du mouvement nouveau à la région du Golfe arabique que l’impérialisme a toujours tenté de garder « sous contrôle » à cause de son importance stratégique et économique. Cette extension est la preuve que le mouvement de libération des peuples arabes a pris son essor, compte non tenu de certaines « analyses » qui tentent de lui imposer des caractères confessionnels ou ethniques ; et ce mouvement ne pourrait qu’aboutir à la victoire, mettant en échec l’offensive menée par les forces de la contre révolution appuyées par les Etats-Unis ainsi que les projets impérialistes-sionistes prévus pour la région, dont, en premier lieu, celui du « Nouveau Moyen Orient ». Rappelons rapidement que ce projet se base sur la liquidation de l’identité arabe pour la remplacer par une autre basée sur les divisions religieuses et confessionnelles qui n’a d’autre but que celui de morceler le monde arabe en y créant « deux croissants », l’un sunnite et l’autre chiite ; ce qui confirmerait la nécessité d’aller de l’avant dans la mise en exécution du projet intitulé « Israël : Etat des juifs dans le monde ». De pus, un tel projet permettrait aussi à Israël de recouvrer le rôle pour lequel il fut créé, à savoir celui de base avancée de l’impérialisme au cœur du monde arabe, ce qui permettrait à cet impérialisme de continuer à mettre la main sur les sources d’énergie et de contrôler la plus grande réserve mondiale de pétrole et de gaz qui assure aux grandes sociétés, étasuniennes surtout, des rentrées et des bénéfices colossales. D’ailleurs, le nouveau rôle joué actuellement par Israël en Irak (et plus précisément dans la région kurde) ainsi qu’au sud du Soudan et dans les pays du Maghreb constitue une preuve irréfutable que le projet a pris un nouvel élan.
A partir de cette analyse, les nouveaux soulèvements, dont les deux révolutions en Tunisie et en Egypte, font face à une opposition féroce, tant de la part des forces réactionnaires toujours représentées dans certaines instances du pouvoir, que de la part des Etats-Unis et de ses alliés européens. Le recouvrement du pouvoir par la contre révolution constitue une affaire de vie ou de mort, vu le caractère de classe de ces révolutions. En effet, et contrairement aux soulèvements qui avaient eu lieu durant les dernières décennies du XXème siècle (dont la « Révolte du pain » en Egypte en 1977), ce qui a abouti à la victoire de la première étape de la révolution, tant en Tunisie qu’en Egypte, vient du fait de son caractère de classe, malgré toutes les tentatives de la part des anciens régimes et de l’administration étasunienne pour l’étrangler.
C’est que les deux révolutions constituent l’aboutissement de milliers de mouvements de masse dans lesquels le facteur politique (revendications concernant les libertés démocratiques er la participation aux décisions politiques) se mêle au facteur économique (le droit au travail, en particulier). De plus, elles se sont appuyées, en Tunisie surtout, sur des partis politiques qui ont mené des luttes pour le changement en partenariat avec la classe ouvrière et sur la base de programmes politiques bien clairs qui appelaient à faire face aux politiques intérieures de gouvernements corrompus liés au « nouveau » régime mondial dirigé par les Etats-Unis. N’oublions pas, non plus, l’impact de l’Intifada du peuple palestinien en Cisjordanie et à Gaza, ni celui de la Résistance nationale libanaise, surtout après l’été 2006, sur la remontée du militantisme des jeunes Arabes et des peuples arabes en général.
Il est aussi nécessaire d’ajouter que le slogan « Le peuple veut faire tomber le régime », devenu le slogan que tous les peuples arabes brandissent sur toutes les places des grandes villes, a fixé la nature révolutionnaire des deux soulèvements en Egypte et en Tunisie qui continuent à s’y appuyer, soit à travers le refus des demi-mesures proposées, représentés par les tentatives visant à faire subir à la constitution des amendements partiels ou celles voulant supprimer des clauses importantes du programme rédigé par les représentants des masses ou, encore, des « compromis » avec certaines forces dites « de gauche » ou des islamistes. A cela s’ajoutent l’imposition de la priorité de la loi sur la légalité des partis politiques, qui avaient vécu dans la clandestinité, et la constitution de fronts politiques sur des programmes visant à lier le changement intérieur à l’affrontement avec les projets impérialistes, étasuniens en particulier, dans la région. Dans ce sens, il est nécessaire de saluer le « Front du 14 janvier » en Tunisie, les comités révolutionnaires en Egypte pour leur position face à l’immixtion d’Hilary Clinton et de son conseiller pour les affaires du Moyen Orient Jeffrey Feltmann dans les affaires de leur pays.
Enfin, il est nécessaire de dire que ces deux révolutions ont fait tomber le mur de la peur chez les masses arabes et les ont poussées à aller de l’avant sur la voie du changement quelle que soit la répression subie.

2 - Les contre révolutions et les réactions suspicieuses
Si les forces de la révolution arabe poursuivraient leur objectif vers le changement, ces facteurs aboutiraient sans doute à des changements importants dans chaque pays arabe mais aussi sur le plan arabe, en général. Cependant, il est nécessaire d’attirer l’attention sur le fait que les pays capitalistes, et à leur tête les Etats-Unis, qui furent pris de court il y a quelques mois, ont commencé une contre offensive dans plusieurs pays arabes, y compris la Tunisie et l’Egypte. Se basant sur certaines composantes des régimes dictatoriaux (telle l’armée et aussi les forces de police), ils poussent des forces locales à recréer les anciens régimes déchus, après avoir éloigné Zein Al Abdîn Ben Ali et Hosni Moubarak.
Cette contre-offensive est bien claire dans les faits suivants : . Le retour des symboles et des organisations des partis politiques qui avaient, jusqu’à quelques mois, été le bras droit des deux régimes précités, tout en tentant de faire table rase de leur rôle dans la répression subie par les masses et dans les massacres perpétrées durant les premiers temps des soulèvements.
. La tentative de se rétracter sur les promesses de changements, comme c’est le cas en Egypte, ou le retour à une certaine répression des manifestations populaires en Tunisie.
. L’encouragement des forces islamistes à coopérer avec les nouvelles figures politiques.

Quant à ce qui se passe en Libye, l’Alliance impérialiste utilise les crimes commis par le régime dictatorial de Kadhafi pour mettre la main sur les richesses pétrolières du pays… bien que Kadhafi ait déjà accordé à certains dirigeants internationaux –européens en particulier- des aides financières consistantes, sous la forme de dons ou d’accords sur des ventes d’armes, mais surtout sous forme de concessions pétrolières. De plus, le régime mondial (ONU) s’est une fois de plus servi de la Ligue arabe, comme durant la guerre contre l’Irak, pour prendre la décision de commettre sa nouvelle agression contre la Libye ; cette agression qui s’est soldée jusqu’à maintenant par des bombardements tuant et blessant des milliers de civils et transformant la révolution du peuple libyen en une guerre civile que personne ne peut prévoir quand se terminera-t-elle. Même remarque en ce qui concerne le Golfe arabique où les forces dites « Bouclier d’Al Jazira » s’attaquent au peuple bahreïni ; au même moment, Ali Abdallah Saleh reçoit une aide militaire et politique importante afin de perpétrer ses crimes contre les manifestants à Sanaa et dans les autres villes du Yémen.
Et, si nous ajoutons à ce qui précède le départ de l’opération visant à fragmenter le Soudan, en plus des dangers d’une guerre entre le Sud et le Nord de ce pays, si nous ajoutons aussi les massacres continus en Irak, pays divisé sur lui-même, et l’explosion de la violence en Syrie, nous pourrons dire que l’impérialisme étasunien, et avec lui toutes les forces de l’Alliance capitaliste, tente de remettre en marche, à l’aide des forces de la contre-révolution, son projet « Le nouveau Moyen Orient » qui vise à l’implosion du monde arabe en mini-Etats antagonistes.
Il nous reste à mettre l’accent sur les tentatives visant à mettre fin rapidement au conflit arabo-israélien. En effet, et en plus des agressions continues contre Gaza, Israël, appuyée par Washington et l’Union européenne, tente de mettre en marche le projet de Benjamin Netanyahu déjà décrit dans le précédent bulletin et dont les deux grandes lignes sont l’ajournement de la proclamation de l’Etat palestinien ou le faire mais dans des frontières indéterminées ; en même temps, le gouvernement israélien continue à « judaïser » Al Qods, à mettre la main sur de nouvelles terres palestiniennes et à construire des milliers de foyers israéliens dans les territoires arabes au son d’un « transfert » nouveau qui pourrait chasser des dizaines de milliers de Palestiniens des territoires de 1948. Le but final : imposer Israël en tant qu’Etat des juifs dans le monde.
Reste à noter, enfin, deux points essentiels. Le premier concerne le rôle joué par la Turquie, sous l’égide de son premier ministre, dans le soutien de certains régimes arabes, à partir de directives bien connues et exprimées dans le livre du ministre des affaires étrangères turc Daoud Oglo. Quant au second, il concerne les agissements de certains partis politiques islamistes que nous avons déjà évoqués. Cependant, il reste à dire que ces partis, dans leur aspirations à occuper des places au soleil du pouvoir, tant en Tunisie qu’en Egypte, se sont laissé tenter par les avances de Washington qui croit pouvoir à travers leur participation stopper l’avance des partis de gauche et asseoir de nouveaux régimes qui lui soient inféodés. Une telle politique ne manque pas de rappeler les années quatre-vingts du XXème siècle en Afghanistan et dans d’autres pays moyen orientaux.

II . Les développements de la situation au Liban

Tous ces développements, tant positifs que négatifs, ont influencé la situation intérieure du Liban qui, depuis l’agression israélienne de 2006, vit une crise existentielle.
L’étape actuelle de la crise s’exprime par la recrudescence du confessionnalisme et son extension à tel point qu’il n’est pas faux de dire que les Libanais vivent aujourd’hui une guerre civile continue, même si l’escalade n’a pas atteint le stade de déflagration militaire comme durant les précédents conflits.
Et, si l’on s’arrête sur les seuls faits extérieurs, on voit clairement que les divisions intestines ont abouti à une impuissance complète de la part du régime politique libanais à gérer tant les contradictions anciennes, concernant les armes détenus par le Hezbollah, que celles nées du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) ; la situation s’est, d’ailleurs, envenimée à cause des scandales dus au site Internet « Wikileaks » qui continue à publier des documents et des messages confirmant le rôle des Etats-Unis (et de leur ex ambassadeur Jeffrey Feltmann) dans l’agression israélienne de 2006 et aussi dans les tentatives visant à mener le gouvernement libanais présidé par Saad Hariri dans un sens contraire aux intérêts nationaux libanais ;

1 - La situation politique
Nous avions précisé que le Liban vit une crise de régime. Cette crise vient du fait que le système confessionnel est dans l’impasse depuis les élections législatives de 2009. Une première crise avait laissé le pays pendant plus de 5 mois sans gouvernement et l’accord dit syro-saoudien ne fut en fait qu’une trêve vite terminée. Aujourd’hui, la crise recommence ; le nouveau Premier ministre Najib Mikati patauge depuis plus de deux mois et avec lui la nouvelle majorité (formée par les groupes politiques du Hezbollah, le « Rassemblement du changement et de la réforme » de Michel Aoun, le mouvement « Amal » de Nabih Berri et le « Parti socialiste progressiste » de Walid Joumblatt). Certains pensent que cette situation de crise ministérielle vient du fait que les Etats-Unis ainsi que la Syrie ne sont pas pressés de voir naître un nouveau gouvernement libanais avant de voir comment tourneront les Intifadas qui couvrent le monde arabe.
D’un autre côté, disons que l’Accord de Taëf vit aussi une crise existentielle depuis l’Accord de Doha (2008) qui lui fut mortel, puisqu’il avait entériné « la démocratie consensuelle » et le « tiers de blocage » accordé à la minorité ; ce qui voulait dire que rien ne pouvait se passer sans un consensus entre tous les représentants des confessions et que, par suite, la vie politique peut être paralysée pour longtemps et, avec elle, toutes les instances du pouvoir. Prenons l’exemple du gouvernement sortant : ce gouvernement a explosé du fait de l’antagonisme né entre les deux factions de la bourgeoisie au pouvoir (le groupes du 14 mars, dirigé par Hariri, et le groupe du 8 mars, dirigé par le Hezbollah) à propos du TSL et des résultats de l’enquête préliminaire accusant des éléments du Hezbollah d’avoir participé au meurtre de l’ex Premier ministre Rafic Hariri, mais aussi à cause des armes du Hezbollah et, par extension, du conflit libano-israélien. Cela nous amène à dire que tout gouvernement peut exploser puisque les représentants de chaque confession a le droit de veto sur toute décision allant à l’encontre de leur intérêts et privilèges.
Cette situation, qui ne manquera pas d’enterrer prochainement l’Accord de Taëf basé sur la suppression de principe du confessionnalisme politique (laquelle fut ajournée depuis 2000 pour des raisons jamais formulées), a permis de nouveau à certaines forces politiques de la droite « chrétienne » de mener campagne pour la création d’un Etat fédéral au Liban tandis que d’autres forces, musulmanes, demandaient que l’on prenne en considération les changements démographiques dans la constitution du pouvoir.

2 - Le peuple veut changer le régime
Une telle impasse ne pouvait qu’engendrer de crises et de la violence. D’où les cris d’alarmes concernant une possible sédition confessionnelle prochaine. Ces cris sont fondés sur des faits réels dont le conflit sunnite-chiite, qui est revenu à la surface un peu partout dans le monde arabe, mais aussi les préparatifs guerriers du gouvernement israélien qui ne peut se venger de la défaite de 2006 qu’à travers une nouvelle guerre confessionnelle. Sans oublier les Etats-Unis qui pensent qu’une sédition au Liban et en Syrie permettrait d’affaiblir le rôle de l’Iran dans la région, tout en aidant les sociétés pétrolières étasuniennes de rafler la concession des nouveaux champs de pétrole et de gaz découverts en Méditerranée orientales dans les eaux territoriales libanaises et palestiniennes.
Partant de cette analyse, le Parti Communiste libanais a mis au point un nouveau programme de lutte qui tient en considération l’importance de l’augmentation du rôle de la gauche arabe dans le conflit généralisé avec Israël, d’une part, et, d’autre part, la priorité de la lutte intérieure contre le régime politique confessionnel pour aboutir au changement démocratique du régime à travers la création d’un mouvement populaire et de jeunes brandissant le mot d’ordre de la réforme sous tous ses aspects (politique, social, économique), en particulier :
. La lutte pour une loi électorale démocratique basée sur la proportionnelle hors de quotas confessionnels. Le projet appelle aussi à la circonscription unique, au quota féminin temporaire (30%) et au droit de vote à 18 ans ; ce qui permettra, en même temps, aux femmes et aux jeunes de participer aux instances de décision.
. La lutte pour des statuts personnels civils transformant, enfin, les Libanais en citoyens à part entière, vivant l’égalité des droits.
. La lutte pour changer tous les textes de la Constitution allant à l’encontre des deux précédentes revendications.
Ces titres furent le point de départ de la campagne populaire qui avait débuté le 28 février passé sous le slogan « A bas le régime confessionnel ». Cette campagne a déjà à son actif un grand nombre d’actions de masse, dont quatre grandes manifestations ayant regroupé des dizaines de milliers de Libanaises et Libanais à Beyrouth, auxquelles on ajoute des sit-in et des manifestations dans toutes les grandes villes du pays, depuis Halba (au Akkar) et Tripoli au Liban nord et jusqu’à Saïda, Tyr et Nabatiyeh au Sud, en passant par Amchit et Byblos au Mont-Liban. Dans tous ces mouvements on voyait des travailleuses et des travailleurs, mais aussi des intellectuels et, surtout, des jeunes qui veulent créer un nouveau Liban avec un régime démocratique et laïque qui pourra mettre fin à une situation de crises et de guerres civiles continues.

3 - La situation économique et sociale (à travers les indices de 2010)
Ce qui est dit à propos de la politique est valable aussi pour l’économie. En effet, la situation socio-économique, déjà en crise très grave à cause des politiques économiques appliquées par la bourgeoisie libanaise depuis les années quatre-vingt-dix du siècle passé, empire du fait de la nouvelle étape de la crise capitaliste internationale et aussi des répercussions des développements politiques et économiques dans le monde arabe et en Afrique.
. Cette crise économique a des répercussions très sévères sur la situation financière et monétaire du pays qui plie sous une dette de 60 milliards de dollars (avec une augmentation de plus de six milliards pour la seule année passée).
A cela s’ajoute le rôle très pressant du système monopoliste du marché financier et, surtout, du rôle déterminant des banques dans la vie politique et économique du pays ; en effet, les taux d’intérêts sont décidés par les seules banques à cause de l’importance de la dette publique, dont la moitié est en livres libanaises…
. La crise se traduit aussi par la situation très critique des secteurs productifs. En effet, l’industrie et l’agriculture subissent une concurrence outrancière de la part des produits importés, y compris des pays arabes, Cette concurrence est facilitée par la suppression des taxes douanières qui restaient en application à la suite de celles faites en 2000. L’absence de protection des secteurs économiques productifs a abouti à une régression très importante, en plus de celle due aux projets de « complémentarité quadripartite » entre le Liban, la Syrie, la Jordanie et la Turquie jugée très dangereuse dans l’état actuel des faits puisqu’elle pourrait aboutir à la disparition de certaines industries essentielles (dont, en particulier, la confection et les industries basées sur l’agriculture) et à une menace certaine de la production agricole.
. En ce qui concerne l’infrastructure et, surtout, l’investissement dans les différents services de base qui sont nécessaires à la compétitivité, rien ne fut fait ; et le Liban est considéré aujourd’hui comme le plus sous-développé parmi les pays arabes en ce qui concerne les communications, l’électricité et l’eau, surtout l’électricité très nécessaire dans la baisse du coût des produits industrialisés.
. On note l’absence de toute planification de la part de l’Etat visant à diriger l’opération de développement. De plus, l’absence de tout investissement dans le secteur public a abouti à vider la fonction publique de plus des deux-tiers de ses effectifs, surtout dans les échelons moyens et supérieurs.
. Selon le FMI, la véritable valeur de la livre libanaise a baissé de 100% en 10 ans. Ce qui a laissé des séquelles très graves tant sur le plan du coût de la production que sur celui des investissements locaux ou extérieurs.
. Sur le plan des télécommunications, en général, et du téléphone cellulaire en particulier, notons que la négligence est toujours de mise ; la raison : privatiser ce dernier secteur à bas prix, malgré qu’il procure annuellement, et dans son état actuel, plus d’un milliard de dollars aux caisses de l’Etat.
De plus, on parle de privatiser l’Electricité du Liban (EDL), ce qui ne manquera pas de mettre un nouveau poids autour du cou des pauvres et de mettre à la porte quelques 3800 employés.
. Le chiffre d’affaire du secteur immobilier s’est élevé, durant l’année passée, à 6 milliards de dollars, selon le ministère des finances.
Cependant, ce chiffre n’exprime pas l’injustice qui frappe les citadins moyens qui ne peuvent plus trouver un logement, surtout à Beyrouth puisque le prix moyen du mètre carré est de 4258 dollars. Le rapport du « Global Propriety Guide » pour l’an 2010 mentionne que sur 92 marchés mondiaux Beyrouth détient la 33ème place. Le même rapport mentionne aussi que le prix moyen d’un appartement à Beyrouth a sauté de 60 mille dollars en 2004 à 510 mille dollars en 2010.
. Quant au problème de la corruption, le Liban détient la 27ème place sur les 178 pays englobés dans l’indice de l’Organisation internationale de la transparence en 2010 ; il détient la 12ème place sur le plan arabe après le régime égyptien (10ème) et le régime tunisien, tous deux renversés par le peuple. Le rapport précité déclare que le gouvernement libanais n’a pris aucune mesure pour en finir avec la corruption et que ce problème vient du fait de la faiblesse des organismes de lutte.
. Il faut noter aussi la montée vertigineuse du déficit dans la balance commerciale : il a doublé durant les 5 dernières années, passant de 7116 millions de dollars en 2006 à 13711 millions de dollars en 2010.
Cela montre la hausse des importations (22%) par rapport aux exportations (11%) et que le Liban ne peut se suffire à soi-même, parce que le régime libanais ne va nullement dans le sens d’améliorer, quantitativement et qualitativement, les secteurs productifs et qu’il n’a pas la possibilité de conquérir de nouveaux marchés.
. Enfin, en ce qui concerne la cherté de la vie et la pauvreté, il suffit de rappeler une partie du contenu du rapport « La situation et les prévisions économiques dans le monde en 2011 » publié par les Nations Unies au début de l’année en cours. Ce rapport prévoit que le taux de croissance n’atteindra pas les 5,6% en 2011 et bissera, en 2012, de 0,2%. Il faut dire que ces pourcentages sont très optimistes puisque le rapport fut préparé avant la nouvelle crise gouvernementale. D’ailleurs, la banque étasunienne « JP Morgan Chase » prévoit que ce taux ira reculant jusqu’à 4% seulement.
Une telle situation aura de graves répercussions sur le taux du chômage déclaré qui avait enregistré plus de vingt pour cent (16 selon l’ONU), en plus du chômage camouflé, notamment parmi les jeunes et les couches les plus pauvres de la population. Ajoutons que l’indice de cherté de la vie avait enregistré 12% l’année passée.
Quant aux prestations sociales, le dernier des scandales du pouvoir dans ce domaine est le refus d’enregistrer 32 mille fonctionnaires du secteur public à la Caisse nationale de la sécurité sociale ; de plus, rien n’est fait pour obliger le secteur privé à enregistrer tous les travailleurs (on pense que la moitié des effectifs ne sont pas enregistrés).
Et, si le mouvement syndical n’agit pas correctement, c’est parce que le gouvernement poursuit sa politique de mainmise sur un grand nombre de syndicats affiliés à la CGTL qui fut divisée selon les mêmes quotas confessionnels que ceux appliqués dans les instances du pouvoir.

3 - Les réformes nécessaires
Le PCL trouve que la corruption qui sévit dans l’administration et l’Etat est telle qu’elle empêche tout développement et toute possibilité de bien-être. D’où la nécessité d’un programme à court terme qui peut se résumer dans un projet de modernisation de l’Etat auquel participeront toutes les instances popuaires. Ce programme, en plus des clauses politiques déjà évoqués, doit contenir les points suivants :
● La mise au point et la réalisation d’un projet de développement régional équilibré, ce qui aidera à créer de nouveaux emplois et, par suite, à lutter contre la pauvreté. Ce projet doit prévoir l’appui aux secteurs productifs afin de changer la nature de l’économie libanaise, en particulier l’industrie et l’agriculture dont le taus ne dépasse pas 5 et 7 pour cent du PIB.
● L’organisation d’une large campagne syndicale et populaire concernant l’amélioration de la Sécurité sociale, en particulier les branches de la maladie et de la sécurité de vieillesse.
● La restructuration du mouvement syndical dans le sens de le moderniser et de supprimer les quotas confessionnels qui l’empêchent d’évoluer.
● La restructuratin de la dette publique dans le sens de la baisse des intérêts et des termes, en plus de la baisse de la partie de la dette basée sur les intérêts composés.
● La réforme du système des impôts sur la base de l’impôt ascendant et de l’impôt sur les bénéfices au lieu des taxes et des impôts indirects.
● La recherche d’une solution définitive aux problèmes de l’énergie électrique.
● La recherche d’une solution radicale au problème de l’eau.
● Le renforcement du rôle de la Cour des comptes et des organismes de suivi.

L’Accord de Taëf a consacré dans certains articles de la Constitution le régime confessionnel déjà existant en en faisant une institution dans tout le sens du terme. C’est pourquoi il est nécessaire d’œuvrer dans le sens de redonner un élan à la conscience collective ; et, ce, afin de pouvoir détruire un tel système avant qu’il n’arrive à détruire notre pays.
Le mouvement populaire, qui fut lancé il y a deux mois (févrieir 2011), nous donne de l’espoir que bientôt le changement démcratique triomphera des embûches et des complots des émirs des confessions et des corrompus.
Le peuple est patient mais il n’est pas négligeant.

Mardi, 12 avril 2011
Le Comité des relations internationales
du Parti Communiste libanais

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 20:18

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Après le séisme, les communistes japonais dressent un premier bilan

 

Interview avec Hidekatsu Yoshii, député communiste et responsable nucléaire pour le Parti communiste japonais

 

Hidekatsu Yoshii affirme que l’arrogance du groupe privé Tepco a aggravé les conséquences de l’impréparation face à la catastrophe nucléaire qui a touché la cote Est Japonaise.

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Quel est, à l’heure actuelle, le bilan des effets du séisme et du tsunami?


En termes géographiques, 20% du territoire national a été touché par la catastrophe. Près de 520 000 personnes ont été évacuées. Le nombre de morts et de disparus est évalué, en ce moment, à plus de 11 500.

 

Le gouvernement japonais a-t-il réagit rapidement et de façon appropriée ?


La mobilisation réalisée par les autorités n’a pasé té à l’hauteur des attentes des populations. Ni la TEPCO, l’entreprise qui gère la centrale de Fukushima ni le gouvernement n’avaient imaginé un scénario catastrophe de cette ampleur. Ils n’étaient pas vraiment préparés à une situation telle qu’elle qu’elle s’est produite. La TEPCO s’est déclarée convaincue que ses centrales étaient 100% sûres. Cette multi-nationale a vécu sur le mythe d’une sécurité absolue. Cette arrogance a aggravé les conditions d’impréparation face à la catastrophe.

 

Comment évaluez-vous la gravité de cette catastrophe nucléaire ? Est-il approprié de la comparer à Tchernobyl ?


Après ce séisme de magnitude 9, toutes les centrales nucléaires ont arrêté de fonctionner. Les réacteurs se sont arrêtés automatiquement. Mais tout de suite après, les problèmes ont commencé surtout à la centrale de Fukushima Daiichi, qui représente aujourd’hui un problème. Quand le séisme s’est produit, seuls les réacteurs 1, 2 et 3 étaient en activité. Les réacteurs 4, 5 et 6 étaient en maintenance. Mais bien qu’ils se soient arrêté, les barres de combustible nucléaire ont continué à diffuser de la chaleur. Quand cela a lieu, et si rien n’est fait, la température grimpe et apparaît le risque de fusion du noyau du réacteur. On ne peut pas se passer du système de refroidissement. Mais le séisme a endommagé la pompe qui alimente en eau le centre de refroidissement. Le circuit d’urgence a été mis hors d’état par le tsunami. Le moteur d’urgence s’est arrêté, interrompant le système secondaire d’injection d’eau pour le refroidissement. Par conséquent,  mises à nu, les barres de combustible ont surchauffé, provoquant une augmentation de la pression. La technologie utilisée à Fukushima est très différente de celle utilisée à Tchernobyl. Mais laisser dans ces conditions les barres de combustible en fusion dans le noyau du réacteur peut avoir des conséquences incalculables.

 

Le séisme et le tsunami peuvent-ils seuls expliquer ce catastrophe nucléaire ? Y-a-t-il responsabilité de l’entité en charge de l’installation ?


Du point de vue de la géographie et de la géologie, nous avons une histoire faite de séismes. Par conséquent, on peut se demander si il est adéquart de construire des centrales nucléaires au Japon. La TEPCO, tout comme le gouvernement, a affirmé sa conviction dans la supériorité de la technologie utilisée. Ils ont défendu, tous ensemble, le mythe de la sécurité nucléaire du Japon. Le Parti communiste japonais (PCJ), au contraire, a toujours mis en garde contre la menace de séismes et ses possibles conséquences en terme de sécurité nucléaire. Face à ce type de mises en garde, la TEPCO et le gouvernement ont toujours affirmé leur confiance dans les systèmes d’urgence existants. Mais sous l’impact du tsunami, toutes les digues ont cédé. C’est tout un ensemble de défaillances, et leur réaction en chaîne, qui ont conduit à cet incident nucléaire.

 

La TEPCO a une longue histoire d’occultation des incidents nucléaires. Cette multi-nationale a-t-elle fait passer les profits avant la sécurité ?

La TEPCO n’avait réagi que tardivement à l’incident nucléaire précédent, qui s’est produit en 1999, au réacteur de Tokai-Mura, probablement pour cacher quelque chose. Cette opacité, cette culture du secret autour de la filière électro-nucléaire s’est aggravée après le 11 septembre 2001, au nom de la « lutte contre le terrorisme ». La TEPCO a tardé à divulguer des informations. Quand la pression a augmenté  à l’intérieur du réacteur, circonstances dans lesquelles il devient nécessaire de dégager des vapeurs radio-actives, dans un premier temps ils n’ont rien fait ni rien dit, craignant que vienne à être détecté un niveau anormal de radio-activité. C’est la raison pour laquelle ils ont laissé les vapeurs s’accumuler dans la centrale jusqu’à la limite. C’est ce qui a provoqué l’explosion. Dès le début, la TEPCO a cherché à occulter le non-fonctionnement des systèmes de refroidissement. Second problème : l’entreprise a hésité initialement à injecte de l’eau de mer pour refroidir le combustible, de peur de le mettre hors d’état. Tous les silences et les grands écarts de la TEPCO s’expliquent par son obssession du profit. Lors de chaque accident, chaque événement malheureux, ils ont menti à la population. Mais cette fois, ils n’ont aucun échappatoire. La responsabilité de cette entreprise est directement mise en cause.

 

A ce stade, quelles pourraient être les conséquences pour la population et pour l’environnement?

 


Les communautés humaines sont face à un triple choc: séisme, tsunami, catastrophe nucléaire. Nous avons l’expérience de Hiroshima et Nagazaki. Nous connaissons l’impact dramatique des radiations sur les êtres humains, sur la nature, sur l’agriculture. Pour toutes ces raisons, le PCJ propose un abandon progressif du nucléaire et un investissement massif dans les énergies renouvelables.

 

Comment le Japon peut se remettre d’un tel cataclysme? De quelle solidarité internationale a-t-il besoin ?


Il est nécessaire d’aider les centaines de milliers de personnes, qui ont tout perdu, à reconstruire leur vie. La communauté internationale a déjà fait preuve d’une grande solidarité, avec l’envoi d’équipes de sauvetage et d’équipes médicales. Nous en sommes très reconnaissants. Dorénavant, il sera nécessaire de reconstruire l’économie japonaise sur de nouvelles bases, avec de nouvelles politiques énergétiques, en contrôlant les multi-nationales qui font table rase de tout au nom du profit maximal.

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 19:34

 

manu-96ppp.gifMa candidature est une décision collective de responsables d’organisation du Parti de tout le pays.

Après réflexion, nous avons considéré qu’elle sera le moyen de sortir de la fausse alternative dans laquelle on enferme les communistes: pile le Front de gauche, face le Front de gauche.


Et le « Front de gauche », comme Pierre Laurent a été obligé de le dévoiler à l’instant, ce sera Jean-Luc Mélenchon pour les présidentielles.

 

Quand j’entends parler ici d’innovations démocratiques, de formes inédites de « démocratie participative », avec le Front de gauche, j’aurais presque envie de rire.

A ceux qui luttent aux travailleurs, le « Front de gauche » donne le spectacle de « primaires » comme au PS et maintenant il nous conduit à un  marchandage des circonscriptions législatives entre ses courants. Quel progrès démocratique !

 

Le Front de gauche n’amène pas davantage de démocratie au sein du PCF, bien au contraire. Tout est décidé d’avance, ailleurs et « en haut ».

 

Je rappelle, et continuerai à le faire, que jamais les communistes n’ont pu se prononcer sur la stratégie du Front de gauche.

Sa création avec Mélenchon a été décidée en parallèle du 34ème congrès, sans que les communistes se prononcent. De même, le principe de candidatures communes pour 2012 a été acté lors d’un congrès « extraordinaire », non statutaire, sans que les communistes ne puissent non plus s’exprimer souverainement. 

Le congrès ordinaire prévu en juin 2011 a été annulé. Du coup, le choix des candidatures se fait sans que les communistes aient défini leur stratégie.

Le « programme partagé » tombe d’en haut, élaboré par des « experts », dans le but affiché d’être acceptable par toute la gauche, sans que nous n’ayons notre propre programme communiste à « partager ».

Aujourd’hui, notre réunion du Conseil national a lieu alors que l’accord avec les partenaires du Front est déjà signé depuis trois jours…

 

La finalité de cette suite de coups de force doit bien apparaître aux yeux des communistes et de tous ceux pour qui le PCF représente un outil important dans la lutte. Avec le Front de gauche à nouveau, au moyen de Mélenchon, la direction du Parti revient à la charge pour imposer la « métamorphose » du PCF que les communistes ont massivement refusée en 2007 et en 2008.

 

Face à ce scénario, il est décisif que les communistes s’expriment sur les questions stratégiques de fond qu’esquive le jeu interne au Front de gauche entre Mélenchon et André Chassaigne, qu’ils s’expriment sur le rôle que le PCF peut et doit jouer dans la situation politique. C’est ce que nous voulons rendre possible avec ma candidature. 

 

En deux mots, le contexte politique est marqué par le discrédit de la politique au service du capital, du capitalisme lui-même, par le développement de luttes dans des secteurs de plus en plus divers, mais aussi par une absence de perspective d’alternative institutionnelle.

C’est encore ce que les cantonales viennent de montrer par l’abstention massive.

Deux autres réflexions rapides à propos des cantonales :

- Le système a recours au FN pour dévoyer la colère populaire. Nous devons le prendre très au sérieux, évidemment, ne tolérer aucun glissement individuel vers le discours de l’UMP sur l’immigration et la sécurité, ne pas laisser au FN l’opposition artificielle au consensus droite/PS notamment sur l’UE.

- La méthode Coué ne devrait pas avoir de place ici. Le résultat des cantonales montre l’ancrage du PCF (l’insignifiance du PG…) mais le Front de gauche est en recul de 300.000 voix sur 2008 et même de 120.000 voix sur 2004 par rapport au PCF, alors que l’extrême-gauche ne présentait pas de candidats.

Pour les communistes, les élections sont une occasion de relayer la stratégie du Parti dans les luttes. On le voit, dans la démarche électoraliste du Front de gauche, c’est le contraire, elles sont le moyen d’imposer au Parti une stratégie institutionnelle.    

 

Nous mettons en avant et soumettons au débat trois axes stratégiques.

 

1°- Pour nous, la perspective ouverte par la situation politique, l’objectif de battre Sarkozy, ne doivent pas nous amener à une nouvelle « gauche plurielle ».

L’image de Pierre Laurent sur la péniche aux côtés de Aubry et Duflot a été un symbole désastreux.

Le programme rendu public par le PS n’est pas « timide » : il va dans le mauvais sens, par exemple avec le projet de fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu qui menace tout le financement solidaire de la Sécurité sociale par la cotisation sociale. Soyons clairs dès à présent : excluons toute participation à un gouvernement PS !

 

2°- L’ampleur du consensus PS/droite se manifeste (il ne peut pas être masqué) dès qu’il s’agit de l’UE. L’offensive idéologique est massive à « gauche » pour faire rentrer ceux qui luttent dans le leurre réformiste de « l’Europe sociale ». Le PCF doit y résister au lieu de s’associer au Maastrichien Mélenchon ou de suivre la Confédération européenne des syndicats, fer de lance du Traité de Lisbonne.

Le PCF doit redevenir le Parti qui rejette radicalement l’UE du capital, ses traités et directives, leur application, dans la suite de l’expression majoritaire de notre peuple contre le TCE en 2005.

Sur l’euro, comment pouvons-nous combattre le « Pacte pour l’euro » sans remettre en cause l’euro lui-même ? L’euro est le moyen pour imposer le Pacte, l’austérité aux peuples. Dans les années 90, dans nos campagnes contre les traités de Maastricht et d’Amsterdam, nous avions développé une excellente proposition, que je me souviens avoir défendue ardemment, celle de la monnaie commune de coopération. Elle est toujours d’actualité et pourrait porter une grande campagne aujourd’hui pour la sortie de l’euro.

 

3°- Dans la période actuelle, nous avons besoin d’une candidature clairement présentée par le PCF.

Pour rassembler sur perspective de rupture partant des luttes.

La question du rassemblement est centrale mais quel rassemblement ?

Le Front de gauche porte une démarche politicienne et électoraliste, entièrement rivée vers l’enjeu institutionnel, tournée vers la « gauche » social-démocrate.

Cette alliance étriquée d’organisations est tout le contraire du rassemblement que doit porter le PCF en 2011 comme en 2012. Les travailleurs, le pays ont besoin que nous mettions en avant des positions de rupture immédiate avec la politique du capital, s’appuyant sur le mouvement populaire et les luttes, dans une perspective anti-capitaliste, qui, pour nous, est le socialisme. Rassembler sur ces bases, c’est la raison d’être de notre Parti.

- Pour arrêter le processus d’effacement du Parti.

La poursuite de l’effacement du PCF dans le cadre de la recomposition politique prévue avec le Front de gauche est inacceptable. Elle est indéniable. L’accord signé du Front de gauche institue un Conseil national du Front de gauche, doté d’un président, des collectifs locaux du Front de gauche, supplantant les organes du PCF, etc.

Pour nous, le renforcement du PCF, comme parti de classe et de masse, est une priorité. Elle s’oppose à la poursuite du Front de gauche qui est l’instrument de la « métamorphose » du PCF que refusent les communistes.

 

Je finis par ce qui devrait être au centre des réflexions de notre CN : notre action nationale dans les luttes actuelles. Pourquoi ne pas lancer de grandes campagnes pour le SMIC à 1600 euros net et le rétablissement d’une échelle mobile des salaires, contre les augmentations des tarifs de l’énergie, la renationalisation intégrale de GDF et d’EDF, le rétablissement des monopoles publics, pour l’arrêt des guerres françaises en Libye (n’en déplaise à Mélenchon), en Afghanistan, pour la sortie de l’OTAN.

 

Le rassemblement des travailleurs dans la lutte des classes se joue en 2011 avant 2012.

 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 17:27

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Traduction par les soins du Parti communiste cubain reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Compañeras et compañeros,

 

Nous commençons cette après-midi les séances du VIème Congrès du Parti Communiste de Cuba à une date très importante de notre histoire, le 50ème anniversaire de la proclamation du caractère socialiste de la Révolution par son Commandant en Chef Fidel Castro Ruz, le 16 avril 1961, lors de la cérémonie d’adieu aux victimes des bombardements, le jour avant, des bases aériennes, comme le prélude de l’invasion mercenaire par Playa Girón qui, organisée et financée par le gouvernement des États-Unis, faisait partie de ses plans pour détruire la Révolution et rétablir avec l’agrément de l’Organisation des États Américains (OEA), la domination sur Cuba.

Fidel disait alors au peuple armé et enhardi : « C’est ce qu’ils ne peuvent nous pardonner… que nous avons fait une Révolution socialiste au nez même des États-Unis »…  « Compañeros  ouvriers et paysans, celle-ci est la Révolution socialiste et démocratique des humbles, avec les humbles et pour les humbles. Et pour cette Révolution des humbles, par les humbles et pour les humbles, nous sommes prêts à offrir notre vie. » Fin de citation.

La réponse à cet appel ne s’est faite pas attendre et dans l’affrontement à l’agression, quelques heures après, les combattants de l’Armée Rebelle, des policiers et des miliciens ont versé, pour la première fois, leur sang en défense du socialisme et ont remporté la victoire avant 72 heures, sous la conduction du compañero Fidel lui-même.

 

La revue militaire à laquelle nous avons assisté ce matin, dédiée aux jeunes générations et en particulier la vibrante marche du peuple, qui a eu lieu par la suite, sont une preuve éloquente des forces dont dispose la Révolution pour continuer l’exemple des combattants héroïques de Playa Girón.

Nous ferons autant à l’occasion de la Journée Internationale des Travailleurs, le premier mai prochain, tout le long du pays afin de manifester l’unité des Cubains en défense de leur indépendance et souveraineté nationales, concepts que l’histoire a prouvé qu’il est possible d’atteindre seulement avec le socialisme.

Ce Congrès, en tant qu’organe suprême de l’organisation du Parti, tel qu’il est établi dans l’article 20 de ses statuts, qui réunit aujourd’hui mille délégués en représentation de presque 800 mille militants regroupés dans plus de 61 mille cellules, a commencé en fait le 9 novembre dernier, lors de la présentation du Projet de Directives de la Politique Économique et Sociale du Parti et la Révolution, question qui, comme il a déjà été indiqué, constitue le thème principal du Congrès, sur lequel le peuple a fondé de grandes attentes.

À partir de là de nombreux séminaires ont eu lieu, qui ont servi à éclaircir et à approfondir dans le contenu des directives, et à préparer de manière adéquate les cadres et fonctionnaires qui, à leur tour, seraient à la tête du processus de discussion avec les militants, les organisations de masses et la population en général.

Pendant trois mois, du premier décembre 2010 au 28 février de la présente année, a eu lieu le débat auquel ont participé 8 millions 913 mille 838 personnes dans plus de 163 mille réunions tenues au sein des différentes organisations, en registrant un chiffre supérieur aux trois millions d’interventions.  Il faut éclaircir que dans l’ensemble de participants sont inclus, sans l’avoir défini avec exactitude, des dizaines de milliers de militants du Parti et de l’UJC qui ont assisté aux réunions de leurs cellules ou comités de base, aussi bien qu’à celles tenues dans les lieux de travail ou établissements d’études et en plus dans les communautés où ils résident.  C’est le cas aussi de ceux qui ne militent pas et ont participé dans leurs collectifs de travail, et postérieurement dans les quartiers respectifs.

L’Assemblée Nationale du Pouvoir populaire elle-même a consacré presque deux journées complètes, lors de sa dernière session ordinaire, en décembre dernier, à l’analyse du Projet de Directives parmi les députés.

Ce processus a mis en évidence la capacité du Parti de conduire un dialogue sérieux et transparent avec la population sur n’importe quel sujet, aussi sensible qu’il soit, surtout lorsqu’il s’agit de forger un consensus national sur les traits qui devraient caractériser le modèle économique et social du pays.

En même temps, selon les informations récoltées, les résultats du débat constituent un formidable instrument de travail pour la direction du gouvernement et le Parti à tous les niveaux, ainsi qu’une sorte de référendum populaire par rapport à la profondeur, la portée et le rythme des changements que nous devons introduire.

Dans un véritable et large exercice démocratique, le peuple a manifesté librement ses opinions, éclairci ses doutes, proposé des modifications, exprimé ses insatisfactions et différences et a suggéré aussi d’aborder la solution d’autres problèmes qui n’étaient pas dans le document.

Une fois de plus, la confiance et l’unité de la majorité des Cubains autour du Parti et la Révolution a été mis à l’essai, unité qui ne rejette pas les différences d’opinions mais qui se renforce et se consolide avec elles.  Toutes les propositions sans aucune exclusion ont été incorporées à l’analyse, ce qui a permis d’enrichir le projet qui est soumis à la considération des délégués au Congrès.

Il serait opportun d’exprimer que, dans son essence, le Congrès a déjà eu lieu au milieu de ce magnifique débat avec le peuple.  Aux délégués, il nous resterait dans ces séances de faire la discussion finale du Projet et l’élection des organes supérieurs de direction du Parti.

 

La commission de Politique Économique du VIème Congrès du Parti, chargée premièrement de l’élaboration du projet de directives, a été par la suite responsable de l’organisation du processus de son débat et a travaillé dans les cinq directions principales suivantes :

1. La reformulation des directives en tenant compte des opinions exprimées

2. L’organisation, orientation et contrôle de leur mise en œuvre.

3. La préparation minutieuse des cadres et des autres participants en vue de l’application de certaines mesures qui sont déjà en exécution en ce moment.

4. La supervision systématique des organismes et des entités chargés de mettre en pratique les décisions dérivées des Directives et évaluation de leurs résultats.

5. La conduite de la divulgation à la population.

En application de ce qui précède, le Projet de Directives à été reformulé qui fut soumis à une analyse les 19 et 20 mars dans des sessions du Bureau Politique et du Comité Exécutif du Conseil de Ministres, auxquelles ont participé le Secrétariat du Comité Central du Parti, les cadres dirigeants de la Centrale de Travailleurs de Cuba (CTC) et d’autres organisations de masses et de l’Union de Jeunes Communistes (UJC) ; il fut approuvé dans cette instance, également en qualité de projet, et il vous a été distribué en vue de son examen au sein de chacune des délégations provinciales au Congrès, avec l’intervention active des invités et sera débattu dans les cinq commissions de cette rencontre du Parti en vue de son adoption.

Ensuite, je vous donnerai certaines informations afin d’illustrer le peuple sur les résultats de la discussion des directives, bien que postérieurement une information détaillée en sera publiée.

Le document original avait 291 directives dont 16 furent intégrées dans d’autres, 94 ont maintenu leur rédaction, le contenu de 181 fut modifié et 36 nouvelles furent incorporées, ce qui donne un total de 311 dans le projet actuel.

 

Ces chiffres, en simple arithmétique, montrent la qualité de la consultation  où  plus  ou  moins deux tiers des directives, exactement 68 % ont été reformulées.

Ce processus a suivi le principe de ne pas faire que la validité d’une proposition dépende de la quantité d’opinions données.  La preuve en est que plusieurs directives ont été modifiées ou supprimées, en partant de l’exposé d’une seule personne ou d’un nombre réduit d’elles.

Aussi est-il nécessaire d’expliquer que certaines opinions ne se voient pas reflétées dans cette étape, soit parce qu’il faut approfondir dans le sujet, ne disposant pas des conditions requises, ou dans d’autres cas parce qu’elles entrent en franche contradiction avec l’essence du socialisme, par exemple 45 propositions ont plaidé en faveur de la concentration de la propriété.

Ainsi, je veux exposer que, comme tendance il y a eu en général compréhension et appui au contenu des directives, il n’y a pas eu d’unanimité tant s’en faut, et c’est précisément de ça dont nous avions besoin, si nous voulions vraiment une consultation démocratique et sérieuse avec le peuple.

Par conséquent, avec une sécurité totale, nous pouvons qualifier les directives comme l’expression de la volonté du peuple contenue dans la politique du Parti, du gouvernement et de l’État, de mettre à jour le modèle économique et social dans le but d’assurer la continuité et l’irréversibilité du socialisme, ainsi que le développement économique du pays et l’élévation du niveau de vie, conjugués avec la formation nécessaire de valeurs éthiques et politiques de nos citoyens.

Comme il fallait s’y attendre, dans la discussion des directives, la plus grande quantité de propositions s’est concentrée autour du Chapitre VI « Politique sociale » et le chapitre II « Politiques macroéconomiques », représentant les deux 50,9 % du total.  Elles ont été suivies, par ordre décroissant, par les chapitres : XI « Politiques pour les Constructions, les Logements et les Ressources hydrauliques » ; le chapitre X « Politique pour le Transport », et le PREMIER chapitre « Modèle de Gestion économique ».

Sur ces cinq chapitres, d’un total de 12, se regroupait 75 % des opinions.

Par ailleurs, dans 33 directives --11 % du total--  s’entassait 67 % des propositions ; les directives ayant motivé une plus grande quantité de propositions ont été la 162 portant sur l’élimination de la carte de rationnement, les 61 et 62 sur la politique de prix, la 262 sur le transport de passagers, la 133 portant sur l’éducation, la 54 relative à l’unification monétaire et la 143 associée à la qualité des services de santé.

La carte de rationnement et son élimination a été, sans aucun doute, la question qui a provoqué le plus d’interventions des participants au débat, et c’était logique qu’il ait été ainsi ; deux générations de Cubains ont passé leur vie sous ce système de rationnement qui, malgré son nocif caractère égalitariste, a offert durant décennies à tous les citoyens l’accès aux aliments de base à des prix dérisoires, hautement subventionnés.

Cet instrument de distribution qui a été mis en place dans les années 60 avec une vocation égalitaire à des moments de pénuries, en vue de protéger notre peuple de l’agiotage et l’accaparement à des fins lucratives de la part de quelques-uns, s’est transformé au fil des années en une charge insoutenable pour l’économie et un découragement pour le travail, en plus de générer diverses illégalités dans la société.

Étant donné que la carte est dessinée pour couvrir les 11 millions et plus de Cubains de la même manière, les exemples absurdes ne manquent pas comme celui que le café rationné est fourni même aux nouveau-nés.  Ça se passait aussi avec les cigarettes jusqu’en septembre 2010, le quota en était distribué aux fumeurs et aux non fumeurs sans distinction, favorisant ainsi la croissance de cette nocive habitude chez la population.

 

À propos de ce sujet sensible, l’éventail d’opinions est très large ; il y a ceux qui suggèrent de la supprimer sur-le-champ et ceux qui s’opposent énergiquement à son élimination et proposent de tout rationner, y compris les articles industriels.  D’autres sont d’avis que pour combattre l’accaparement et assurer l’accès de tous aux aliments de base, il faudrait dans une première étape, maintenir le quota rationné même si les prix cessent d’être subventionnés.  D’autres enfin recommandent d’éliminer de la carte ceux qui n’étudient ni ne travaillent, ou bien ils conseillent que les citoyens aux plus gros revenus se passent volontairement de ce système.

Certes, le panier familial rationné, justifié dans des circonstances historiques concrètes, pour le fait d’avoir été maintenu durant tant de temps, contredit dans son essence le principe de la distribution qui doit caractériser le socialisme, à savoir « De chacun selon sa capacité, à chacun selon son travail » et cette situation doit être surmontée.

À ce propos, je considère opportun de rappeler ce qui a été dit par le compañero Fidel dans le Rapport Central au Premier Congrès du Parti le 17 décembre 1975, je cite : « Dans la conduction de notre économie, nous avons indubitablement commis des erreurs d’idéalisme et parfois avons méconnu la réalité qu’il existe des lois économiques objectives auxquelles nous devons nous en tenir », fin de citation.

Le problème auquel nous sommes confrontés n’est pas un problème de concept ; il réside dans le comment, quand et avec quel rythme nous le ferons.  La suppression de la carte de rationnement ne constitue pas une fin en soi, elle ne peut pas se voir comme une décision isolée mais comme l’une des principales mesures qu’il sera indispensable d’appliquer en vue d’éliminer les profondes distorsions existantes dans le fonctionnement de l’économie et la société dans son ensemble.

Personne à la direction de ce pays, jouissant de toutes ses facultés, ne saurait avoir l’idée de décréter brusquement l’élimination de ce système, sans en avoir créé les conditions avant.  Cela se traduit par la réalisation d’autres transformations du Modèle économique visant à augmenter l’efficacité et la productivité du travail, de sorte à pouvoir assurer stablement des niveaux de production et des offres de produits et services de base à des prix non subventionnés et à la fois accessibles à tous les citoyens.

Cette question a, logiquement, un rapport étroit avec les prix et l’unification monétaire, les salaires et le phénomène de la « pyramide inversée », ce qui, comme il a été éclairci au Parlement le 18 décembre dernier, s’exprime dans la non correspondance de la rétribution salariale avec la hiérarchie et l’importance du travail réalisé, problématiques qui se sont reflétées en une haute proportion dans les propositions avancées.

Á Cuba, sous le socialisme, il n’y aura jamais d’espace pour les « thérapies de choc »  à l’encontre des plus nécessiteux qui sont traditionnellement ceux qui soutiennent la Révolution avec une plus grande fermeté, à la différence des paquets de mesures qui sont souvent employées par mandat du Fonds monétaire international au détriment des peuples du Tiers monde et même, dernièrement, dans les nations les plus développées, où les manifestations populaires et étudiantes sont violemment réprimées.

La Révolution ne laissera aucun Cubain abandonné et le système d’attention sociale se réorganise afin d’assurer le soutien différencié et rationnel de ceux qui réellement en ont besoin.  Au lieu de subventionner les produits en masse, tel que nous le faisons actuellement, nous allons passer progressivement au soutien des personnes sans un autre moyen.

Ce principe garde toute sa vigueur dans la réorganisation de la force de travail qui est déjà en marche pour réduire les listes gonflées du personnel du secteur d’État, sous une observance stricte du caractère idoine démontré.  Ce processus continuera de l’avant, sans hâte mais sans pause, et son rythme sera déterminé par notre capacité de créer les conditions requises à son total déploiement.

À cela devront contribuer, entre autres facteurs, l’élargissement et la souplesse du travail dans le secteur non étatique.  Cette modalité d’emploi qu’un peu plus de 200 mille Cubains ont adoptée d’octobre de l’année dernière à ce jour, qui a doublé le nom bre de travailleurs à leur compte, constitue une alternative de travail fondée sur la législation en vigueur.  Par conséquent, elle doit compter sur l’appui, le soutien et la protection des autorités, à tous les niveaux, en même temps qu’on exige, avec la rigueur que demande la loi,  l’accomplissement strict de leurs obligations, y compris les tributaires.

La croissance du secteur non étatique de l’économie, loin de signifier une soi-disant privatisation de la propriété sociale, comme l’affirment certains théoriciens, est appelée à devenir un facteur facilitateur pour l’édification du socialisme à Cuba, car elle permettra à l’État de se concentrer à augmenter l’efficacité des moyens fondamentaux de production, propriété de tout le peuple et de se détacher de l’administration d’activités non stratégiques pour le pays.

Par ailleurs, cela favorisera que l’État continue de garantir à toute la population de la même manière et gratuitement les services de santé et d’éducation, de les protéger de façon appropriée au moyen des systèmes de sécurité et d’assistance sociale, de promouvoir la culture physique et le sport dans toutes leurs manifestations et de défendre l’identité et la conservation du patrimoine culturel et la richesse artistique, scientifique et historique de la nation.

L’État socialiste aura alors de plus grandes possibilités de faire une réalité de la pensée de José Martí qui préside notre Constitution : « Je veux que la première loi de notre République soit le culte des Cubains à la dignité pleine de l’homme ».

Il appartient à l’État de défendre la souveraineté et l’indépendance nationales, valeurs qui remplissent d’orgueil les Cubains, et de continuer d’assurer l’ordre public et la sécurité citoyenne qui distinguent Cuba comme l’un des pays les plus sûrs et tranquilles du monde.   Un pays sans trafic de drogues ni crime organisé, sans enfants ou adultes mendiants, sans travail infantile, sans charges de cavalerie contre les travailleurs, les étudiants ou autres secteurs de la population. Un pays sans exécutions extrajudiciaires, ni prisons clandestines ni tortures, en dépit des campagnes qui, sans aucune preuve, sont orchestrées contre nous, tout en ignorant avec une intention évidente que toutes ces réalités sont, en premier lieu, des droits humains fondamentaux, auxquels la majorité des habitants de la planète ne peut même pas aspirer.

Or, pour pouvoir assurer tous ces acquis du socialisme sans reculer dans leur qualité et leur portée, les programmes sociaux doivent se caractériser par une rationalité plus grande, de sorte telle qu’à l’avenir s’obtiennent des résultats supérieurs et durables avec des dépenses mineures, maintenant une relation adéquate avec la situation économique générale de la nation.

Il peut être apprécié dans les directives que ces idées ne sont pas en désaccord avec l’importance que nous concédons à la séparation précise du rôle que doivent jouer dans l’économie les organismes de l’État, d’une part, et les entreprises d’autre part.  Cette question s’est vue remplie de confusions et imprécisions pendant des décennies et nous sommes obligés de les régler à moyen terme dans le cadre du perfectionnement et renforcement de l’institutionalité.

La compréhension pleine de ces concepts nous permettra d’avancer avec solidité et sans recul dans la décentralisation progressive de facultés, depuis le gouvernement central vers les administrations locales et depuis les ministères et autres entités nationales en faveur de l’autonomie croissante de l’entreprise socialiste d’État.

Le modèle centralisé en excès qui caractérise actuellement notre économie devra transiter, dans l’ordre et la discipline, avec la participation des travailleurs, vers un système décentralisé où la planification aura la primauté, comme un trait socialiste de direction, mais n’ignorant pas les tendances présentes au marché, ce qui contribuera à la souplesse et à la mise à jour permanente du plan.

L’expérience pratique nous a enseigné que l’excès de centralisation conspire contre le développement de l’initiative dans la société et dans toute la chaîne de production où les cadres se sont habitués à ce que toutes les décisions viennent « du haut » et en conséquence ils ont cessé de se sentir responsabilisés avec les résultats de l’organisation qu’ils dirigeaient.

Nos entrepreneurs, à quelques exceptions près, se sont accommodés à la tranquillité et à la sécurité de l’ « attente » et ont développé une allergie pour le risque qu’implique l’action de prendre des décisions ou de ce qui revient au même : de réussir ou de se tromper.

Cette mentalité de l’inertie doit être définitivement bannie pour dénouer le nœud qui freine le développement des forces productives.  C’est une tâche d’une importance stratégique et ce n’est pas dû au hasard qu’elle apparaisse, d’une manière ou d’une autre, dans les 24 directives du PREMIER chapitre « Modèle de Gestion Économique ».

Dans cette matière, nous ne pouvons pas admettre d’improvisations ni de hâtes.  Pour décentraliser et changer la mentalité, il est nécessaire d’élaborer le cadre régulateur définissant clairement les facultés et les fonctions de chaque chaînon, dès la nation à la base,  accompagnées invariablement des procédés de contrôle comptable, financier et administratif.

Nous avançons dans ce sens.  Voilà presque deux ans on a commencé les études visant à perfectionner le fonctionnement, la structure et composition des organes de gouvernement aux différents niveaux de direction, obtenant comme résultat la mise en vigueur du Règlement du Conseil de Ministres, la réorganisation du système de travail avec les cadres de l’État et le gouvernement, l’introduction de procédés de planification des activités principales, l’établissement des bases organisationnelles pour disposer d’un système d’information du gouvernement, efficace et opportun, avec son infrastructure d’info-communications et la création, à titre expérimental, sous une nouvelle conception fonctionnelle et structurelle des provinces Mayabeque et Artemisa.

Pour commencer à décentraliser des facultés, il faudra que les cadres de l’État et des entreprises récupèrent le rôle notoire que le contrat doit jouer dans l’économie, tel qu’il est exprimé dans la directive numéro 10.  Cela contribuera aussi à rétablir la discipline et l’ordre dans les recouvrements et paiements, matière qui enregistre des notes insatisfaisantes dans une bonne partie de notre économie.

Comme un sous-produit non moins important, l’usage approprié du contrat en tant qu’outil régulateur des interrelations entre les différents acteurs économiques, deviendra un antidote efficace contre l’habitude étendue du « réunionisme », c’est-à-dire contre l’excès de réunions, vérifications et autres activités collectives, présidées souvent par un niveau supérieur et avec l’assistance improductive de nombreux participants, pour faire accomplir ce que les deux parties d’un contrat ont signé comme devoirs et droits et qu’en raison du manque d’exigence on n’a jamais réclamé l’accomplissement auprès des instances que le propre document contractuel avait établies.

À cet égard, il est utile de souligner les 19 opinions, dans 9 provinces, qui ont réclamé la nécessité de diminuer au minimum indispensable le nombre de réunions et leur durée.  Ce sujet je vais le reprendre plus tard, lorsque j’aborderai le fonctionnement du Parti.

Nous sommes convaincus que la tâche que nous avons devant nous en rapport avec ce sujet et les autres questions liées à la mise à jour du Modèle Économique, est bourrée de complexités et d’interrelations qui touchent, d’une manière ou d’une autre, toutes les phases de la société dans son ensemble.  Voilà pourquoi nous savons que ce n’est pas une question à régler en un jour, même pas en un an, et qu’elle va exiger au moins un quinquennat pour déployer son application avec l’harmonie et l’intégralité requises.  Et lorsqu’on y arrivera, il est nécessaire de ne s’arrêter jamais et travailler en vue de son perfectionnement permanent afin d’être en mesure de soulever les nouveaux défis que le développement nous dictera.

Faisant une similitude, on pourrait affirmer qu’au bout d’un certain temps, dans la mesure où la scène se modifie, le pays devra se confectionner un complet sur mesure.

Nous ne nous faisons pas d’illusions que les directives et les mesures pour l’application du Modèle Économique, ne constitueront pas elles seules le remède universel pour tous nos maux.  Il faudra parallèlement élever à des plans supérieurs la sensibilité politique, le sens commun, l’intransigeance devant les violations et la discipline de tous, en premier lieu des cadres de direction.

Ce qui précède a été irréfutablement mis en évidence dans les déficiences présentées dans l’exécution, il y a quelques mois, de certaines mesures ponctuelles, non complexes ni à grande envergure, à cause des obstacles bureaucratiques au manque de prévision des organes locaux de gouvernement, manifestés dans l’élargissement du travail privé.

Il n’est pas superflu de réitérer que nos cadres doivent s’habituer à travailler avec les documents recteurs émis par les organes facultés et abandonner le vice irresponsable de les mettre au fond d’un tiroir.  La vie nous a enseigné qu’il ne suffit pas de promulguer une bonne norme juridique, peu importe s’il s’agit d’une loi ou d’une simple résolution.  Il est en plus nécessaire de préparer les gens chargés de les mettre en application, les superviser et de vérifier le domaine pratique de ce qui est établi.  Rappelons qu’il n’y a pire loi que celle qui n’est pas accomplie ou que l’on ne fait pas accomplir.

Le système d’écoles du Parti aux niveaux provincial et national, parallèlement à la réorientation obligée de ses propres programmes, jouera un rôle principal dans la préparation et recyclage continu dans ces matières des cadres du Parti, des administrations et des entreprises, avec le concours des institutions spécialisées du secteur de l’éducation et la précieuse contribution des affiliés à l’Association Nationale d’Économistes et Comptables, tel qu’il a été démontré pendant le débat des directives.

 

En même temps, dans le but de hiérarchiser de manière appropriée l’introduction des changements requis, le bureau Politique a accordé de proposer au Congrès la mise en place d’une Commission permanente du gouvernement en vue de l’application et du développement,  subordonnée au président du Conseil d’État et du Conseil de Ministres. Cette commission, sans préjudice des fonctions qui reviennent aux organismes respectifs de l’administration centrale de l’État, aura la responsabilité de contrôler, vérifier et coordonner les actions de tous les intervenants dans cette activité, ainsi que de proposer l’incorporation de nouvelles directives, ce qui sera indispensable à l’avenir.

Á cet égard, nous avons considéré opportun de rappeler l’orientation que le compañero Fidel a incluse dans son Rapport Central au Premier Congrès du Parti, voilà presque 36 ans, à propos du système de direction de l'économie que nous voulions implanter et qui, dû à notre manque de systématicité, de contrôle et d’exigence, a échoué, je cite : « Que les dirigeants du Parti et surtout de l’État fassent sienne son implantation, une question d’honneur; qu’ils prennent conscience de son importance et de la nécessité de lutter avec tout leur effort pour l’appliquer de manière conséquente, toujours sous la direction de la commission nationale mise en place à telle fin…,  et Fidel de conclure : « divulguer largement  le système, ses principes et ses mécanismes à travers une littérature à la portée des masses, pour que ce soit une question dominée par les travailleurs.  Le succès du système dépendra en une mesure décisive de la maîtrise que les travailleurs en auront·, fin de citation.

Je ne me lasserai pas de répéter que dans cette Révolution tout est dit et la meilleure montre en sont les idées de Fidel que le journal Granma, organe officiel du Parti, a publiées tout le long de ces dernières années.

Ce que nous adopterons dans ce Congrès ne peut subir le même sort que les accords des congrès précédents, presque tous oubliés sans avoir été accomplis.  Ce que nous accorderons à cette occasion et dans les futures occasions doit constituer un guide pour la conduite et l’action des militants et dirigeants du Parti et, pour garantir sa matérialisation, devra être ratifié dans les instruments juridiques que devront dicter l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, le Conseil d’État ou le Gouvernement, selon leurs facultés législatives, en conformité avec la Constitution.

Il est bon d’éclaircir, afin d’éviter des interprétations erronées, que les accords des congrès et d’autres organes de direction du Parti en soi ne deviennent pas des lois, mais ils sont des orientations à caractère politique et moral, qu’il incombe au gouvernement, qui est celui qui administre, de réguler leur application.

Pour cette raison, la Commission Permanente d’Application et Développement inclura un Sous-groupe juridique composé de spécialistes de haute qualification, qui coordonnera avec les organismes correspondants, en s’attachant strictement à l’institutionnalité, les modifications requises sur le plan légal pour accompagner la mise à jour du Modèle Économique et Social, en simplifiant et en harmonisant le contenu de centaines de résolutions ministérielles, accords du gouvernement, décrets lois et des lois et, en conséquence, proposer, en temps opportun, l’introduction des ajustements pertinents dans la propre Constitution de la République.

Sans attendre que tout soit élaboré, se trouvent dans une phase avancée les normatives juridiques associées à l’achat-vente de logements et d’automobiles, la modification du décret-loi 259 pour élargir les limites de terre oisive à donner en usufruit aux producteurs agricoles ayant des résultats remarquables, ainsi que l’octroi de crédits aux travailleurs privés et à la population en général.

De même, nous considérons opportun de proposer au Congrès que le futur Comité Central devra inclure comme premier point, dans tous ses plénums, la présentation, non moins de deux fois par an, d’un compte-rendu sur l’état de l’application des accords adoptés dans cette rencontre à propos de la mise à jour du Modèle Économique et comme deuxième point, l’analyse sur l’accomplissement du plan de l’économie, soit du premier semestre ou de l’année en question.

Nous allons recommander également à l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire d’appliquer un procédé similaire dans ses sessions ordinaires, dans le but de renforcer le rôle protagoniste inhérent à sa condition d’organe suprême du pouvoir de l’État.

En partant de la profonde conviction que rien de ce que nous faisons n’est parfait et que ce qui semblerait l’être aujourd’hui ne le sera plus demain face à de nouvelles circonstances, les organes supérieurs du Parti et du Pouvoir de l’État et du Gouvernement doivent maintenir une vigilance systématique et étroite sur ce processus et être à même d’introduire opportunément les ajustements appropriés pour corriger les effets négatifs.

Compañeras et compañeros, nous devons être alertes, mettre les pieds et les oreilles sur terre et lorsqu’un problème pratique se présentera dans un domaine ou endroit quelconques, les cadres aux différents niveaux devront agir avec promptitude et intentionnalité, et ne doivent pas laisser sa solution au temps, car nous savons pour notre propre expérience que la seule chose qui va se passer est que le problème va se compliquer encore plus.

De la même manière, nous devons cultiver et préserver sans cesse l’interrelation avec les masses débarrassée de tout formalisme, pour avoir une rétro alimentation efficace sur leurs soucis et insatisfactions et que ce soit précisément elles qui nous indiquent le rythme des changements que l’on doit introduire.

L’attention aux incompréhensions récentes, associées à la réorganisation de certains services de base, prouve que lorsque le Parti et le gouvernent, chacun en remplissant son rôle, avec des méthodes et styles différents, agissent avec promptitude et harmonie pour s’occuper des préoccupations de la population et quand ils raisonnent avec elle avec clarté et simplicité, on obtient  le soutien à la mesure et la confiance du peuple vis-à-vis de ses dirigeants est encouragée.

Pour aboutir à ce résultat, la presse cubaine, dans ses différents formats, est appelée à jouer un rôle décisif dans l’éclaircissement et la diffusion objective, constante et critique de la marche de la mise à jour du Modèle Économique.  Par conséquent, grâce à  des articles et à des travaux sagaces et concrets, dans un langage accessible à tous, va se développer dans le pays une culture sur ces thèmes.

Sur ce front, il faut aussi chasser définitivement l’habitude du triomphalisme, la stridence et le formalisme au moment d’aborder l’actualité nationale et générer des matériels écrits et des programmes de télévision et de radio qui, de par leur contenu et style attirent l’attention et encouragent le débat dans l’opinion publique.  Cela suppose l’élévation de la professionnalité et les connaissances de nos journalistes ; s’il est vrai que, en dépit des accords adoptés par le Parti sur la politique informative, la plupart des fois ils n’ont pas l’accès opportun à l’information ni le contact fréquent avec les cadres et spécialistes responsabilisés avec les thématiques en question.  L’ensemble de ces facteurs explique la diffusion, en plusieurs occasions, de matériels ennuyeux, improvisés et superficiels.

Non moins important sera l’apport que nos médias devrons pourvoir en faveur de la culture nationale et de la récupération de valeurs civiques dans la société.

Passant à une autre question vitale, qui a une relation très étroite avec la mise à jour du Modèle Économique et Social du pays et qui devra aider à sa matérialisation : nous nous proposons de tenir une conférence nationale du Parti pour aboutir à des conclusions à propos des modifications de ses méthodes et style de travail, dans le but de concrétiser dans ses actions, pour aujourd’hui et pour toujours, le contenu de l’article 5 de la Constitution de la République où il est établi que l’organisation du Parti est l’avant-garde organisée de la nation cubaine et la force dirigeante supérieure de la société et de l’État.

Au début nous avions pensé convoquer cette conférence pour décembre 2011, cependant tenant compte des complications propres du dernier mois de l’année et de l’opportunité de compter sur une réserve prudente de temps pour préciser des détails, nous avons prévu d’avoir cette rencontre à la fin de janvier 2012.

Le 18 décembre dernier j’ai expliqué devant le Parlement qu’en raison des déficiences présentées par les organes administratifs du gouvernement dans l’accomplissement de leurs fonctions, le Parti durant des années s’est vu impliqué dans des tâches qui n’étaient pas de son ressort, en limitant et en compromettant son rôle.

Nous sommes convaincus que la seule chose qui pourrait faire échouer la Révolution et le socialisme à Cuba, mettant en danger le futur de la nation, est notre incapacité de surmonter les erreurs que nous avons commises pendant plus de 50 ans et les nouvelles que nous pourrions encourir.

La première chose que nous devons faire pour corriger une erreur est de la reconnaître consciemment dans toute sa dimension, et le fait réel est qu’en dépit du fait que dès les premières années de la révolution, Fidel a différencié avec clarté les rôles du Parti et de l’État, nous n’avons pas été conséquents dans l’accomplissement de ses instructions et nous sommes laissés emporter par les urgences et l’improvisation.

Quel bel exemple ce que le leader de la Révolution a exprimé à une date si précoce comme le 26 mars 1962, lors d’une comparution devant la radio et la télévision pour expliquer au peuple les méthodes et le fonctionnement des Organisations Révolutionnaires Intégrées (ORI), qui ont précédé le Parti, quand il a dit :

« … le Parti dirige, dirige à travers tout le Parti et dirige à travers l’administration publique.  Un fonctionnaire doit avoir de l’autorité.  Un ministre doit avoir de l’autorité, un administrateur doit avoir de l’autorité, discuter tout ce qu’il sera nécessaire avec le Conseil Technique Assesseur (aujourd’hui Conseil de Direction), discuter avec les masses ouvrières, discuter avec la cellule, mais c’est l’administrateur qui décide parce c’est sa responsabilité »… Fin de citation.  Cette orientation a été donnée voilà 49 ans.

Il existe des concepts très bien définis qui, en essence, conservent une totale validité pour atteindre le succès dans cette direction, indépendamment du temps écoulé depuis que Lénine les a formulés, il y a presque 100 ans ; Ils doivent être repris de nouveau, en conformité avec les caractéristiques et l’expérience de notre pays.

En 1973, dans le cadre du processus préparatoire du Premier Congrès, il a été bien défini que le Parti dirige et contrôle à travers des voies et des méthodes qui lui sont propres et qui se différencient des voies, méthodes et ressources dont l’État dispose pour exercer son autorité.  Les directives, résolutions et dispositions du Parti n’ont pas directement un caractère juridique obligatoire pour tous les citoyens, elles doivent être accomplies seulement par les militants, consciencieusement, car il ne dispose d’aucun appareil de force et coercition pour le faire.  C’est une différence importante du rôle et des méthodes du Parti et de l’État.

Le pouvoir du Parti repose essentiellement sur son autorité morale, sur l’influence qu’il exerce sur les masses et sur la confiance que le peuple dépose en lui.  L’action du Parti se fonde, avant tout, sur la conviction qui découle de ses actes et du bien-fondé de sa ligne politique.

Le pouvoir de l’État part de son autorité matérielle, qui consiste en la force des institutions chargées d’exiger à tous l’accomplissement des normes juridiques qu’il émet.

Le dommage que provoque la confusion dans ces concepts s’exprime, premièrement, dans l’affaiblissement du travail politique que doit réaliser le Parti, et deuxièmement dans la détérioration de l’autorité de l’État et du gouvernement, car les fonctionnaires cessent de se sentir responsables de leurs décisions.

Compañeras et compañeros, il s’agit de débarrasser pour toujours le Parti de toutes les activités qui ne sont pas propres à son caractère d’organisation politique, en peu de mots, nous libérer de fonctions administratives et nous consacrer chacun à ce qui nous correspond.

Très liées à ces conceptions erronées sont les déficiences dans la politique de cadres du Parti, qui devra elle aussi être l’objet d’une analyse par la dite Conférence Nationale.  Quelques leçons amères nous ont été léguées par les maladresses subies dans ce domaine en raison du manque de rigueur et de vision qui ont ouvert des brèches à la promotion accélérée de cadres inexpérimentés et immatures à coup de simulation et d’opportunisme, attitudes alimentées aussi par le concept erroné qui dit que pour occuper un poste de direction il était exigé comme condition tacite, militer dans le Parti ou la Jeunesse communiste.

Il faut abandonner cette pratique résolument et, sauf pour les responsabilités propres des organisations politiques, la militance ne doit pas signifier une condition obligatoire pour remplir un poste de direction dans le gouvernement ou l’État, mais la préparation pour les exercer et la disposition de reconnaître comme siens la politique et le programme du Parti.

Les dirigeants ne surgissent pas des écoles ni du copinage dissipateur, ils se forment à la base, en remplissant la fonction qu’ils ont étudiée, en contact avec les travailleurs et ils doivent être promus graduellement sur la base du leadership octroyé seulement quand on est un exemple dans le sacrifice et les résultats.

Dans ce sens, je considère que la direction du Parti, à tous les niveaux, doit se faire une sévère autocritique et adopter les mesures nécessaires afin d’éviter la réapparition de ces tendances.  Cela est applicable, à son tour, à l’insuffisante systématicité et volonté politique pour assurer la promotion, à des postes de décision, à femmes, noirs, métis et jeunes, sur la base du mérite et les conditions personnelles.

C’est une véritable honte de ne pas avoir réglé ce dernier problème en plus d’un demi-siècle, problème que nous allons porter dans nos consciences pendant de longues années, simplement parce que nous n’avons pas été conséquents avec les innombrables orientations que dès les premiers jours du triomphe révolutionnaire et tout le long des années le compañero Fidel nous a enseignées, parce que, en plus, la solution de cette disproportion a fait partie des accords adoptés par le très important Premier Congrès du Parti et les quatre qui y ont succédé et nous n’avons pas assuré leur accomplissement.

Pour le règlement des questions comme celle-ci, qui définissent l’avenir, il ne faut plus jamais se laisser emporter par la spontanéité mais par la prévision et la plus ferme intentionnalité politique de préserver et parfaire le socialisme à Cuba.

Malgré les différentes tentatives que nous avons faites en vue de la promotion des jeunes à des postes principaux, la vie a montré que le choix n’a pas été toujours le meilleur.  Aujourd’hui nous affrontons les conséquences de ne pas compter une réserve de remplaçants dûment préparés, avec suffisamment d’expérience et maturité pour assumer les nouvelles et complexes tâches de direction au Parti, l’État et le gouvernent.  C’est une question que nous devons régler petit à petit, au cours du quinquennat, sans précipitations ni improvisations, mais que nous devons commencer dès que le Congrès arrive à sa fin.

À cela contribueront en plus le renforcement de l’esprit démocratique et le caractère collectif du fonctionnement des organes de direction du Parti et du pouvoir de l’État et du gouvernement.  En même temps, il faut assurer le rajeunissement systématique de toute la chaîne de postes administratifs et du Parti, depuis la base jusqu’aux compañeros qui occupent les principales responsabilités, sans exclure l’actuel Président des Conseils d’État et de Ministres ni le Premier Secrétaire du Comité Central qui sera élu dans ce Congrès.

A cet égard, nous avons abouti à la conclusion qu’il est recommandable de limiter à un maximum de deux périodes consécutives de cinq ans, la fonction dans les postes politiques et étatiques fondamentaux.  Ça c’est possible et nécessaire dans les circonstances actuelles, bien différentes de celles des premières décennies de la Révolution, non consolidée encore donc en butte aux constantes menaces et agressions.

Le renforcement systématique de notre institutionnalité sera à la fois la condition et la garantie indispensables pour que cette politique de rénovation des cadres ne mette jamais en risque la continuité du socialisme à Cuba.

Dans ce domaine, nous commençons avec un premier pas en réduisant substantiellement la nomenclature des postes de direction, dont l’approbation revenait aux instances municipales, provinciales et nationales du Parti, et en déléguant certaines facultés aux dirigeants ministériels et des entreprises pour nommer, remplacer et mettre en application des mesures disciplinaires à une grande partie des chefs subordonnés, assistés par les commissions de cadres respectives, dans lesquelles le Parti est représenté et opine, mais qui sont présidées par le dirigeant administratif, qui est celui qui décide.  L’opinion de l’organisation du Parti est inestimable, mais le facteur qui décide est le chef, puisque nous devons préserver et renforcer son autorité, en harmonie avec le Parti.

Concernant la vie interne, thème que nous avons soumis aussi à l’analyse de la Conférence, nous pensons que nous devons méditer sur les effets contre-productifs de vieilles habitudes qui n’ont rien à voir avec le rôle d’avant-garde de l’organisation dans la société, entre eux la superficialité et le formalisme avec lesquels se développe le travail politique idéologique, l’utilisation de méthodes démodées et de termes vieillis qui ne tiennent pas compte du niveau d’instruction des militants, la tenue de réunions excessivement longues et souvent pendant l’horaire de travail qui par ailleurs doit être sacré, en premier lieu pour les communistes ; avec un ordre du jour très souvent inflexible établi par l’organisme supérieur, sans différencier la scène où se développe la vie des militants, les convocations fréquentes à des activités commémoratives formelles, avec des discours encore plus formels, et l’organisation de travaux volontaires les jours de repos sans avoir un contenu réel ni la coordination due, en générant des dépenses et en diffusant le mécontentement et l’apathie parmi nos compañeros.

Ces critères sont applicables aussi à l’émulation, mouvement qui au fil des ans à perdu son essence mobilisatrice des collectifs ouvriers, car il s’est transformé en un mécanisme alternatif de distribution de stimuli moraux et matériels qui ne sont pas toujours justifiés avec des résultats concrets et qui bien des fois ont généré des fraudes dans l’information.

La Conférence devra en plus considérer les relations du Parti avec l’Union de Jeunes Communistes et les organisations de masses pour les dépouiller de schématismes et routines, afin qu’elles récupèrent, toutes, leur raison d’être, adaptée aux conditions actuelles.

Bref, compañeras et compañeros, la Conférence Nationale se concentrera sur le renforcement du rôle du Parti, comme le représentant  maximum de la défense des intérêts du peuple cubain.

Pour atteindre cet objectif il faut absolument changer la mentalité, laisser tomber le formalisme et la fanfaronnade dans les idées et les actions, ce qui revient à dire déterrer l’immobilisme fondé sur des dogmes, consignes vides pour parvenir aux essences les plus profondes des choses, comme le montrent brillamment les enfants de « La Colmenita » dans l’œuvre de théâtre « Abracadabra ».

Seul ainsi le Parti Communiste de Cuba pourra être en mesure d’être, pour tous les temps, le digne héritier de l’autorité et de la confiance illimitée du peuple dans la Révolution et dans son unique Commandant en Chef, le compañero Fidel Castro Ruz, dont l’apport moral et leadership indiscutable ne dépendent pas d’un poste et qui depuis sa qualité de soldat des idées n’a cessé de lutter et de contribuer, avec ses réflexions éclairantes et autres actions, à la cause révolutionnaire et à la défense de l’humanité face aux dangers qui la menacent.

À propos de la situation internationale, nous allons consacrer quelques minutes à évaluer la conjoncture existante sur la planète.

On ne voit pas l’issue de la crise économique globale qui touche toutes les nations, vu son caractère systémique.  Les remèdes appliqués par les puissants visaient à protéger les institutions et les pratiques qui en ont été à l’origine et à décharger le poids terrible de ses conséquences sur les travailleurs dans leurs propres territoires et en particulier dans les pays sous-développés.  La spirale de prix des aliments et du pétrole pousse des centaines de millions de personnes à la pauvreté extrême. 

Les effets du changement climatique sont déjà dévastateurs et le manque de volonté politique des nations industrialisées empêche l’adoption d’actions urgentes et indispensables pour prévenir la catastrophe.

Nous vivons dans un monde convulsé dans lequel se succèdent des catastrophes naturelles telles les tremblements de terre d’Haïti, Chili et Japon, dans le même temps que les États-Unis livrent des guerres de conquête en Iraq et Afghanistan qui ont coûté plus d’un million de civils morts.

Des mouvements populaires dans les pays arabes se soulèvent contre les gouvernements corrompus et oppresseurs, alliés des États-Unis et de l’Union Européenne.  Le conflit lamentable en Libye, nation soumise à une brutale intervention militaire de l’OTAN, a servi encore une fois de prétexte à cette organisation pour excéder ses limités défensifs originaux et étendre à une échelle globale les menaces et les actions de guerre pour protéger des intérêts géostratégiques et l’accès au pétrole.  L’impérialisme et les forces réactionnaires internes conspirent pour déstabiliser autres pays, tandis qu’Israël oppresse et massacre le peuple palestinien en toute impunité.

Les États-Unis et l’OTAN incluent dans leurs doctrines l’interventionnisme agressif contre les pays du Tiers monde dans le but de piller leurs ressources ; ils imposent aux Nations Unies la politique de deux poids deux mesures et utilisent de manière de plus en plus concertée les puissants consortiums médiatiques pour cacher ou fausser les faits, selon il conviendrait aux centres de pouvoir mondial, dans une farce hypocrite destinée à tromper l’opinion publique.

Au milieu de sa situation économique complexe, notre pays maintient la coopération avec 101 nations du Tiers monde.  En Haïti, le personnel médical cubain, après avoir passé 12 ans de travail intense en sauvant des vies, fait face depuis janvier 2010, aux côtés de collaborateurs d’autres pays, aux séquelles du séisme et à la postérieure épidémie de choléra, avec un dévouement admirable.

À la Révolution Bolivarienne et au compañero Hugo Chávez Frías nous exprimons la solidarité la plus résolue et notre engagement, conscients de l’importance du processus que vit le peuple frère vénézuélien pour Notre Amérique, dans le bicentenaire de son indépendance.

Nous partageons aussi les souhaits des mouvements transformateurs dans plusieurs pays latino-américains, coiffés par des leaders prestigieux qui représentent les intérêts des majorités oppressées.

Nous continuerons à contribuer aux processus intégrationnistes de l’Alliance Bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), l’Union du Sud (UNASUR) et la Communauté des États Latino-américains et Caribéens (CELAC) qui prépare la tenue à Caracas de son sommet inaugural en juillet de la présente année.  C’est le fait institutionnel le plus transcendant dans notre hémisphère pendant le dernier siècle, puisque pour la première fois nous nous regroupons par nous-mêmes tous les pays au sud du Río Bravo.

Nous sommes encouragés par cette Amérique latine et les Caraïbes, de plus en plus unis et indépendants, que nous remercions pour leur solidarité.

Nous continuerons à plaider le Droit International et soutenons le principe d’égalité souveraine des États et le droit à l’auto-détermination des peuples.  Nous refusons le recours à la force, l’agression, les guerres de conquête, le pillage des ressources naturelles et l’exploitation de l’homme.

Nous condamnons le terrorisme sous toutes ses formes, en particulier le terrorisme d’État.   Nous défendrons la paix et le développement pour tous les peuples et lutterons pour le futur de l’humanité.

Le gouvernement des États-Unis n’a pas changé sa politique traditionnelle visant à discréditer et à renverser la Révolution, bien au contraire il a continue le financement de projets visant à promouvoir directement la subversion, à provoquer la déstabilisation et à interférer dans nos affaires internes.  L’administration actuelle a décidé quelques mesures positive mais très limitées.

Le blocus économique, commercial et financier des États-Unis contre Cuba persiste et même s’intensifie sous la présidence actuelle, en particulier dans les transactions bancaires, en ignorant la condamnation presque unanime de la communauté internationale qui s’est prononcée de façon croissante pour son élimination pendant 19 ans consécutifs.

Bien qu’apparemment, comme il a été mis en évidence lors de la récente visite au Palacio de la Moneda à Santiago du Chili, les gouvernants des États-Unis n’aiment pas à se reporter à l’histoire lorsqu’ils traitent le présent et l’avenir ; il est nécessaire de signifier que le blocus contre Cuba n’est pas une question du passé, nous nous voyons donc dans l’obligation de rappeler le contenu d’un mémorandum secret, déclassifié en 1991, du Sous-secrétaire d’État adjoint aux affaires interaméricaines, Lester D. Mallory, le 6 avril 1960, je cite : « La plupart des Cubains soutiennent Castro…  Il n’existe pas une opposition politique effective […]   Le seul moyen possible de lui faire perdre le soutien interne [au gouvernement] est de provoquer le désappointement et le découragement au moyen de l’insatisfaction économique et la pénurie […]  Il faut mettre en place rapidement tous les moyens possibles afin d’affaiblir la vie économique […] en refusant à Cuba argent et approvisionnements dans le but de réduire les salaires nominaux et réels afin de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement ».  Fin de citation.

Notez la date du mémorandum, le 6 avril 1960, presque un an exact avant l’invasion par Playa Girón.

Le mémorandum en question n’a pas surgi à l’initiative de ce fonctionnaire mais il entrait dans le cadre de la politique visant à renverser la Révolution, de même que le « Programme d’Action secrète contre le régime de Castro », approuvé par le président Eisenhower le 17 mars 1960, 20 jours avant que le mémorandum précité, en utilisant tous les moyens disponibles, depuis la création d’une opposition unifiée, la guerre psychologique, les actions clandestines d’intelligence et la préparation dans des pays tiers de forces paramilitaires capables d’envahir l’île.

Les États-Unis ont incité le terrorisme dans les villes et cette même année, avant Playa Giron, ils ont encouragé la mise en place de bandes contre-révolutionnaires armées, ravitaillées par air et par mer, qui ont commis pillages et assassinats de paysans, ouvriers et jeunes alphabétiseurs jusqu’à leur anéantissement définitif en 1965.

Nous, Cubains n’oublierons jamais les 3 mille 478 morts et les 2 mille  99 handicapés qui ont été les victimes de la politique de terrorisme d’État.

Un demi-siècle s’est écoulé de privations et de souffrances pour notre peuple qui a su tenir bon et défendre sa Révolution, qui n’est pas disposé à se rendre ni a souiller la mémoire de ceux qui sont tombés pendant les derniers 150 ans, depuis le commencement de nos luttes pour l’indépendance.

Le gouvernement états-unien n’a cessé de soutenir o protéger des terroristes bien connus, tandis qu’il prolonge la souffrance et l’injuste emprisonnement des cinq héroïques lutteurs antiterroristes cubains.

Sa politique vis-à-vis de Cuba n’a pas de crédibilité ni aucun soutien moral.  Pour essayer de la justifier, il avance des prétextes incroyables qui, en devenant obsolètes, changent selon ce qui convient à Washington.

 Le gouvernement des États-Unis ne devrait avoir aucun doute que la Révolution Cubaine sortira renforcée de ce Congrès.  S’ils veulent rester cramponnés à leur politique d’hostilité, blocus et subversion, nous sommes prêts à continuer lui faisant face.

Nous réitérons la disposition au dialogue et relèverons le défi de maintenir une relation normale avec les États-Unis, dans laquelle nous pourrions vivre de façon civilisée avec nos différences, sur la base du respect mutuel et de la non ingérence dans les affaires internes.

En même temps, nous maintiendrons de manière permanente la priorité à la défense, en suivant les instructions du compañero Fidel, dans son rapport central au Premier Congrès lorsqu’il a dit, je cite : « Tant qu’il existe l’’mpérialisme, le Parti, l’État et le peuple prêteront aux services de la défense une attention maximale.  La garde révolutionnaire ne sera jamais négligée.  L’histoire nous enseigne avec trop d’éloquence que ceux qui oublient ce principe ne survivent pas à l’erreur ».

 

Sur la scène actuelle et prévisible, la conception stratégique de la « Guerre de Tout le Peuple » maintient toute son actualité, elle s’enrichit et perfectionne constamment.  Son système de commandement et de direction s’est vu renforcé, ses capacités de réaction augmentent devant les différentes situations exceptionnelles prévues.

Le niveau défensif du pays a pris une dimension supérieure aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif.  À partir des ressources propres disponibles, on a élevé l’état technique et de maintien, ainsi que la conservation de l’armement et on a continué l’effort dans la production et surtout dans la modernisation de la technique militaire, tenant compte de ses prix prohibitifs sur le marche mondial.  Dans ce domaine, il est bon de reconnaître l’apport de dizaines d’institutions, civiles et militaires, qui ont démontré les énormes potentialités scientifiques, technologiques et productives que la Révolution a créées.

Le degré de préparation du territoire national en tant que théâtre d’opérations militaires, a grandi de manière significative, l’armement fondamental est protégé de même qu’une partie importante des troupes, des organes de direction et de la population.

L’infrastructure de communications assurant le fonctionnement stable du commandement aux différents niveaux a été établie.  Les réserves matérielles de tout type ont été élevées, avec un échelonnement et protection plus grands.

Les Forces Armées Révolutionnaires, c’est-à-dire le peuple en uniforme, devront continuer leur perfectionnement permanent et préserver auprès de la société l’autorité et le prestige gagnés de par leur discipline et ordre dans la défense du peuple et du socialisme.

Nous allons aborder maintenant une autre question d’actualité, qui n’est pas moins significative.

Le Parti doit être convaincu qu’au-delà des besoins matériels et mêmes culturels, il existe dans notre peuple une diversité de concepts et d’idées sur ses propres nécessités spirituelles.

Dans cette thématique, multiples sont les pensées du Héros National José Martí, homme qui synthétisait cette conjonction de spiritualité et sentiment révolutionnaire.

Sur ce sujet, Fidel exprimait très tôt en 1954, dès la prison, en évoquant le martyr de la Moncada Renato Guitart, je cite : « La vie physique est éphémère, elle passe inexorablement comme sont passées celles de tant et tant de générations d’hommes, comme passera d’ici peu celle de chacun de nous.  Cette vérité devrait enseigner tous les êtres humains que par-dessus eux se trouvent les valeurs immortelles de l’esprit.  Quel sens a celle-là sans celles-ci ? Qu’est-ce vivre alors ?  Comment pourraient mourir ceux qui pour le comprendre ainsi, la sacrifient généreusement au bien et à la justice ! ».

Ces valeurs ont été toujours présentes dans sa pensée et il l’a réitéré ainsi en 1971, lors d’une réunion avec un groupe de prêtres catholiques à Santiago du Chili, je cite : « Je vous dis qu’il y a dix mille fois plus de coïncidences du christianisme avec le communisme que celles qui peuvent avoir avec le capitalisme ».

Sur cette idée il reviendrait en s’adressant aux membres des églises chrétiennes en Jamaïque en 1977, quand il a dit : « Il faut travailler ensemble pour que, lorsque l’idée politique triomphe, l’idée religieuse no soit pas écartée, qu’elle n’apparaisse pas comme ennemie des changements.  Il n’existe pas de contradictions entre les propos de la religion et les propos du socialisme ».  Fin de citation.

L’unité entre la doctrine et la pensée révolutionnaire par rapport à la foi et aux croyants trouve sa racine dans les fondements mêmes de la nation qui, en affirmant leur caractère laïque défendait comme principe auquel on ne peut pas renoncer l’union de la spiritualité avec la Patrie que nous a léguée le Père Félix Varela et les énoncés pédagogiques de José de la Luz y Caballero, qui a été catégorique en disant : « Avant je voudrais, certes, qu’ils s’effondrent les institutions des hommes –rois et empereurs--,  les astres eux-mêmes du firmament, que de voir tomber de la poitrine humaine le sentiment de justice, ce soleil du monde moral ».

En 1991, le IVème Congrès du Parti a accordé de modifier l’interprétation des statuts qui limitait l’entrée à l’organisation des révolutionnaires croyants.

Le bien-fondé de cette décision a été confirmé par le rôle que les leaders et représentants des diverses institutions religieuses ont joué dans les différentes étapes du travail national, y compris la lutte pour le retour de l’enfant Elián à la Patrie, dans laquelle a excellé spécialement le Conseil des Églises de Cuba.

Cependant, il est nécessaire de continuer à éliminer tout préjugé empêchant d’unir dans la vertu et la défense de notre Révolution toutes les Cubaines et tous les Cubains, croyants ou non, ceux qui font partie des églises chrétiennes, parmi lesquelles sont inclues la catholique, les orthodoxes russe et grecque, les évangéliques et protestantes ; de même que les religions cubaines d’origine africaine, les communautés spirites, juives, islamiques, bouddhistes, el les associations fraternelles, entre autres.  À l’égard de chacune d’elles la Révolution a eu des gestes d’affection et de concorde.

L’inoubliable Cintio Vitier, cet extraordinaire poète et écrivain qui a été député de notre Assemblée Nationale, avec les forces de la plume et son éthique martienne, chrétienne et profondément révolutionnaire, nous a légué des avertissements pour le présent et pour la postérité que nous devons rappeler.

Cintio a écrit : « Ce qui est en danger, nous le savons, c’est la nation elle-même.  La nation est déjà inséparable de la Révolution qui la constitue depuis le 10 octobre 1868 et il n’y a pas d’autre alternative : ou elle est indépendante ou elle cesse d’être absolument.

Si la Révolution était mise en déroute, nous tomberions dans le vide historique que l’ennemie nous souhaite et nous prépare, que même le plus élémentaire du peuple flaire comme abîme.

Et Cintio de continuer :

À la défaite on peut arriver, nous le savons, par l’intervention du blocus, l’usure interne, et les tentations imposées par la nouvelle situation hégémonique du monde ».

Après avoir affirmé que : « Nous sommes au moment le plus difficile de notre histoire », il a dit : « obligée à se battre contre la stupidité du monde auquel elle fatalement appartient, menacée toujours par les séquelles d’obscures plaies séculaires, implacablement harcelée par la nation la plus puissante de la planète, victime aussi de maladresses importées ou autochtones qui ne sont jamais commises impunément dans l’histoire, notre petite île se contracte et se dilate, systole et diastole, comme une lueur d’espoir pour elle et pour tous ».  Fin de citation.

 Nous devons nous référer au processus récemment terminé de libération de prisonniers contre-révolutionnaires, de ceux qui aux  temps difficiles et d’angoisse pour la Patrie ont conspiré contre elle au service d’une puissance étrangère.

Par décision souveraine de notre gouvernement, ils ont été libérés, sans avoir accompli totalement leurs sanctions.  Nous aurions pu le faire de manière directe et nous attribuer le mérite certain que nous l’avions décidé en considérant la forteresse de la Révolution.  Cependant, nous l’avons fait dans le cadre d’un dialogue de respect mutuel, loyauté et transparence avec la haute hiérarchie de l’église catholique qui a contribué avec son travail humanitaire, à ce que cette action conclue en harmonie et dont les lauriers, en tout cas, correspondent à cette institution religieuse.

 

Les représentants de l’église catholique ont manifesté leurs points de vue, qui ne coïncidaient pas toujours avec les nôtres, mais constructifs.  C’est au moins notre appréciation, après de longues conversations avec le Cardinal Jaime Ortega et le Président de la Conférence Épiscopale Monseigneur Dionisio García. 

Avec cette action, nous avons favorisé la consolidation du legs le plus précieux de notre histoire et du processus révolutionnaires : l’unité de la nation.

Nous devons également rappeler la contribution de l’ancien Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération d’Espagne, Miguel Ángel Moratinos, qui a fourni des facilités au travail humanitaire de l’Église, de sorte telle que ceux qui ont manifesté ce souhait ou ont accepté l’idée, voyagent à l’étranger en union de leurs familles.  D’autres ont décidé de rester à Cuba.

Nous avons supporté patiemment les campagnes implacables de discrédit en matière de droits humains, concertées depuis les États-Unis et plusieurs pays de l’Union Européenne, qui nous exigent rien de plus que la reddition inconditionnelle et le démontage immédiat de notre régime socialiste et ils encouragent, orientent et aident les mercenaires internes à désobéir la loi.

À cet égard, il est  nécessaire d’éclaircir que ce que nous ne ferons jamais est refuser au peuple le droit de défendre sa Révolution, parce que la défense de l’indépendance, des acquis du socialisme et de nos places et rues restera le premier devoir de tous les patriotes cubains.

Nous aurons des journées et des années de travail intense et d’une énorme responsabilité pour préserver et développer, sur des bases fermes et durables, le futur socialiste et indépendant de la Patrie.

Jusqu’ici le Rapport Central au VIème Congrès.

 

Je vous remercie.

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 08:26

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 12:54

 

 

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Alors que Salah « fêtera » ses 26 ans lundi prochain en prison, dans sa triste et lugubre prison de Guilboa, où il n’aura pas même le droit d’un simple baiser de ses parents, de sa sœur ou de son frère ; alors que malgré des démarches multiples venant de tous bords politiques le Président de la République se refuse toujours manifestement de recevoir sa mère qui sera là, en France, en milieu de semaine prochaine ; alors que je pense à lui, tout simplement, qui a passé ses plus belles années dans une geôle israélienne ; alors que j’ai beau revisiter la somme des actions que son Comité national de soutien a réalisé… je relis en ce samedi matin les attendus de son jugement.

Ce « jugement » a été rendu public en date du 17 avril 2008. Il y a donc trois ans. Le jugement écrit, que j’ai sous les yeux, porte le numéro : 2491/05. Il a été rendu par le « Tribunal militaire de Judée ». La Judée, au fait, c’est quoi ce pays ? Le juge qui a présidé l’audience ? Il s’appelle le « Commandant Amir Dahan ». Il est indiqué « Contre : Salah Hammouri, c.i. 36738144/XXX – présent ». La greffière ? La « Caporale Vicky Palatchi ». Le traducteur ? Le « Sergent Ouajdi Hnefes ».

Salah Hamouri a donc 23 ans quand, après trois ans de détention sans le moindre jugement, il est présenté devant « le Tribunal militaire de Judée ».

Je lis. Et je relève que, selon ses accusateurs, Salah était depuis 2004, c’est-à-dire à 19 ans, le « chef » du FPLP à Jérusalem.

Chef du FPLP à Jérusalem à 19 ans !

Pour preuve irréfutable ? Il aurait collé – oui : collé – des affiches pour le « Comité des lycéens » appartenant « à l’organisation non autorisée FPLP ». On n’écrit pas « interdite » mais « non autorisée ».

On note d’emblée qu’aucune preuve formelle n’est apportée mais on affirme.

On ne voit, non plus, nulle part écrit dans ce texte du jugement (que connaissent parfaitement les responsables français et leurs services) que plus de vingt audiences ont été convoquées mais qu’elles ont toutes été annulées.

Des témoins – tous des emprisonnés – devaient venir devant la barre pour confirmer cette appartenance de Salah au FPLP. Toutes annulées… car aucun des témoins – qui, encore une fois, étaient des prisonniers – ne s’est présenté à la barre. Un comble, non ?

On voit par contre que ses actes « hautement criminels » que sont des « collages d’affiches » se sont déroulés dans les Territoires occupés. Jérusalem-Est en faisant partie, selon le droit international.

On reste confondu et révolté par l’absence de preuve concrète s’agissant de ce « premier chef d’accusation » porté à son endroit, à savoir l’appartenance supposée de Salah au FPLP. Ce parti étant « non autorisé » par Israël tandis qu’il faut rappeler que ce parti est membre de l’OLP qui est le « représentant légitime et unique » du peuple palestinien selon Israël même et selon la « communauté internationale ».

Voilà ce qu’on peut lire, ou plutôt ne pas lire, concernant ce « premier chef d’accusation » de Salah. Un vide sidéral de preuves.

Le « second chef d’inculpation » concerne le rabbin Youssef Ovadia contre lequel il est affirmé que Salah aurait « accepté la « proposition » d’un dénommé Moussa Muhammad Darwish « d’attenter à la vie du rabbin ».

Lisons le jugement.

« L’accusé [Salah] a demandé à Moussa de garder le secret sur l’affaire projetée et lui a dit aussi qu’il avait l’intention de réfléchir à la manière de procéder ».

Moussa indiqua à Salah, je cite toujours le jugement, qu’il fallait des armes pour procéder à un attentat, ce qu’il ne possédait pas. De sorte que « L’accusé [Salah] demanda à de différer l’attentat à cette fin (se procurer des armes) ».

Le Tribunal écrit donc, noir sur blanc, qu’il n’y pas la moindre arme à leur disposition et que compte tenu de ce fait « il faut différer l’attentat », autrement dit le reporter à un autre jour un attentat projeté sans la moindre arme !

Ensuite « l’accusé et Moussa se sont rendus dans le véhicule de Moussa, une Subaru, à Jérusalem, dans la zone proche de la maison du rabbin. Ils ont ralenti devant la maison et ont regardé vers celle-ci. Moussa a montré à l’accusé la caméra vidéo fixée à l’entrée de la maison et ensuite ils ont quitté les lieux. »

Continuons la lecture (indigeste et indigente) de l’acte d’accusation : « L’accusé [Salah] s’adressa alors à Mouatasam Muhammad Diab Sheik, lui décrivit le plan d’attentat et lui proposa de commencer à agir en vue de son exécution. Mouatasam refusa, demanda des munitions et il promit d’essayer d’obtenir des munitions ». Un attentat sans munitions ni armes – vous lisez toujours bien…

« A une occasion ultérieure, lors d’une rencontre au cours de laquelle Mouatsam était censé remettre les munitions à l’accusé et à Moussa, Mouatasam dit à l’accusé et à Moussa que la présence des forces armées israéliennes l’empêchait pour l’instant de remettre lesdites munitions, mais qu’il essaierait de le faire dans l’avenir. ».

Toujours pas la moindre arme, toujours des affirmations sans preuves mais toujours l’accusation d’attentat quand même ! Puis, suite à cette phrase citée ci-dessus et relevé dans le jugement, ce dernier précise : « Un mois plus tard, Moussa et l’accusé furent arrêtés, sans avoir mis leur projet à exécution. »

Ils n’ont pas d’armes selon le tribunal. Mais ils sont arrêtés « avant d’avoir mis leur projet à exécution » !

Voilà le second chef d’accusation. Vide, tout simplement vide.

Le jugement précise alors que « L’accusé [Salah] a plaidé non-coupable quant à ce qui lui était reproché ». Mais le 10 avril 2008 (soit une semaine avant ce jugement) « Les parties ont présenté un accord négocié (vous lisez bien) aux termes duquel l’accusé reconnaissait l’arrêté d’inculpation modifié (sic) et les parties sont tombées d’accord (sic) sur une peine incluant un emprisonnement de effectif d’une durée de 7 ans. »

Voilà ce qu’on nous présente comme étant un « plaider-coupable ».

On ne précise évidemment pas dans le jugement le fait auquel j’ai été témoin en direct, à savoir que si Salah maintenait son « plaider non-coupable » il était alors condamné à une peine double… Silence « évident » sur ce chantage que rien ne permet en droit d’appeler un « plaider-coupable ». Rien.

Et pour cause : il résulte clairement de ce jugement que Salah n’a commis aucun acte – et pour cause – contre le rabbin, encore moins un acte attentatoire à sa vie.

Il résulte de ce texte que l’appartenance de Salah au FPLP n’est en aucune manière établie, c’est même plutôt l’inverse car oser écrire qu’à 19 ans Salah était le chef d’un parti « terroriste » pour Jérusalem relève de l’affabulation pure et simple. C’est l’évidence.

Ce qui est écrit et repris ici les autorités françaises le savent, comme moi. Ils ont, comme moi, l’acte d’accusation. Si cette détention de Salah n’est ni arbitraire ni politique, qu’est-elle donc alors en bon français ?

Mais continuons.

Car le Juge militaire explique dans ces écrits pourquoi cette sentence est sévère. En effet : « L’accusation soutient que le plus grave est le deuxième article d’accusation qui décrit le projet (sic) de l’accusé et de ses compagnons d’assassiner le rabbin Yossef Ovadia. Point n’est besoin d’insister sur la gravité du meurtre (sic) d’innocents, d’autant qu’il visait un homme public et aurait (sic) pu conduire à des violences importantes. »

Le jugement écrit continue et précise : « Il convient de dire que cet accord [le chantage] présenté par les parties se distingue par sa sévérité (sic) de la peine communément admise par ce tribunal – c’est pourquoi la Cour doit prêter une grande attention à ces débats. »

Un jugement qui se distingue par sa « sévérité », écrit la Cour militaire. En effet « Le niveau de la peine [pour un délit de complot] n’est jamais montée au dessus de 4 ans de réclusion même dans des cas plus graves où il s’agissait d’attentas-suicides en vue de commettre un massacre. »

Jamais plus de 4 ans même dans des cas plus graves, écrit le tribunal…

Alors pourquoi 7 pour Salah tandis que le Juge écrit, ou plutôt avoue, que « Le délit d’accomplissement de la chose complotée était encore loin de sa réalisation et il manquait bien des éléments essentiels pour qu’il puisse être exécuté ». Dont acte.

Mais alors pourquoi cette peine plus sévère pour Salah ? « J’ai pris en considération une circonstance particulière et importante, qui est le fait que l’accusé, interrogé par nos soins, n’a pas exprimé de regrets quant à ses actes. »

Vous lisez bien : Salah n’e s’est pas excusé pour des actes que la Cour admet ne pas s’être produits, et non seulement « non produits » mais qui étaient « loin de se produire ». Et donc ? Et donc « du fait de la jeunesse (sic) de l’accusé » et de son absence de « regrets », le Juge considère et écrit : « L’accusé m’a laissé de sérieuses craintes qu’il ne récidive. » Il en résulte non pas 4 ans mais 7 ans de prison !

Je voulais vous faire partager cette lecture en ce jour.

Elle confirme la justesse de notre action mais souligne, à l’inverse, l’incroyable responsabilité de divers niveaux de notre « diplomatie » et des autorités françaises qui ne font rien de sérieux pou libérer Salah sans condition mais à l’inverse reprennent les thèses israéliennes, et qui en plus écrivent où signent des lettres sans « connaître » le dossier.

Et pourquoi le font-elles ? Tout simplement parce qu’importe les faits et le dossier, on ne doit pas toucher à Israël. Donc qu’importe notre bonne foi et nos arguments, qu’importe même le jugement : « On ne touche pas à Israël ». Point final. « Circulez ! Il n’y a rien à voir. »

« Bonne foi ? Vous plaisantez, non ? ». « Justice ? Mais de quoi vous parlez ? » « Droit de l’Homme ? Mais nous ne comprenons pas. Vous ne parlez pas du Mexique ? De l’Iran ? Non ! Alors nous ne comprenons pas ! »

Et ainsi de suite depuis plus de trois ans que nous sommes mobilisés.

Le « problème » c’est que nous ne sommes pas disposés à tuer le droit et l’innocence d’un jeune compatriote sur l’autel de la raison d’Etat. Et de cela, jusqu’au bout, ils auront à nous entendre et à rendre des comptes. Ils n’en seront pas quittes. Impossible.

Parisiennes et Parisiens : n’oubliez pas vendredi 22 avril à 18h30. Vous avez rendez-vous avec Denise Hamouri, sur la Place de l’Hôtel de Ville de Paris.

Le Président de la République et le ministre des Affaires étrangères qui signe des lettres inconséquentes ne veulent pas recevoir Denise Hamouri. Nous la recevrons. A Paris. En plein cœur de Paris.

 

Jean-Claude Lefort
Samedi 16 avril 2010

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 09:11

 

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