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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 13:04

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 12:54

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http://socio13.wordpress.com/2011/03/05/on-ne-parle-que-de-ce-sondage-quen-penser-par-danielle-bleitrach/

 

 

Si vous n’en avez pas encore entendu parler, cela ne saurait tarder. Marine Le pen arriverait au premier tour devant Nicolas Sarkozy et le candidat du PS au coude à coude. Selon un sondage réalisé par l’institut Harris Interactive pour «le Parisien» -«Aujourd’hui en France» à paraître ce dimanche, Marine Le Pen arrive en tête des intentions de vote au premier tour de la présidentielle avec 23%. Elle devance Nicolas Sarkozy et Martine Aubry, crédités tous deux de 21%.

Ca vous étonne ? Moi pas et ceci pour plusieurs raison:

 

- un sondage de ce type à plus d’une année de l’élection c’est du tout bon pour tous les candidats « poids lourds selon la doxa médiatique ». Une bonne affaire  d’abord pour l’intéressée qui s’est fendue d’une déclaration sur « le réveil du peuple français », en  glissant de là sur l’idée que le « réveil des peuples » était à la mode,alors  pourquoi pas le « réveil » des Français. Mais à qui et à quoi fait-elle donc diable allusion? Serait-ce à ces hordes barbares qu’elle accuse de menacer notre patrie? Qui peut savoir, nous nageons en pleine confusion.

 - Mais le PS et l’UMP ne sont pas en reste de satisfaction malgré les mines effarouchées de leurs représentants. Réfléchissez si la Le Pen était en tête au premier tour on appelerait au sursaut républicain au second et ce serait l’élection assurée. En attendant il s’agit donc de serrer les rangs pour éviter la dispersion des clans, droite contre gauche toute… Déjà José Bové, qui a l’habitude de déserter son camp et de l’entrainer vers des divisions ultimes, a annoncé la couleur et propose qu’il n’y ait pas de cadidat écologiste pour éviter un remake de 2002.En voilà un qu’il vaut mieux voir chez les autres que chez soi…

- Cela favorise en outre l’idée que les primaires sont nuisibles, non seulement du côté de Solferino et de l’Imam endormi du FMI, mais également dans les rangs plutôt agités d’une Sarkozy dans la débâcle. Ca c’est pour la « cuisine »! Mais sont-ils capables d’autres chose que de la cuisine électorale à laquelle participe ce sondage trop beau pour eux pour être tout à fait vrai?

 - Parce que l’essentiel est d’éliminer toute véritable intervention populaire, celle qui permettrait au peuple de changer les choses réellement . Nul doute que l’électorat va être incité au « vote utile » dès le premier tour, faute de quoi on accusera les « petits candidats » d’être ceux par lesquels est advenu « la mère de toute les défaites », et on entraînera un peu plus la France dans une absence totale d’exigence d’alternative politique. Et ce alors même que les gens n’en peuvent plus et qu’on annonce une nouvelle flambée des prix, l’énergie mais aussi les aliments de base.

 Ce qui est un jeu bien dangereux, mais dangereux pour qui ? Qui craint le fascisme, est-ce patronat qui a toujours su s’y rallier sans état d’âme?

Il n’empêche, le ventre est fécond… 

 Quand Marine Le pen s’attire des électeurs en dénonçant les hordes barbares déferlant sur nos côtes en quoi  gêne-t-elle le capital ?

Pourquoi s’amuse-t-on à la faire croître?  Il y a les jeux politiciens dont nous venons de parler mais il y a d’autres fers aux feux… Pas seulement le petit personnel politicien, non ceux qui financent, les gens sérieux…

Son discours accompagnerait si bien une intervention de l’OTAn pour tenter de conserver les terres pétrolières du Moyen orient…  La guerre est la meilleure des affaire, par exemple, celle d’Irak a coûté 6000 milliards aux contribuables nord-américain, mais elle a rapporté un peu moins mais pas mal aux pétroliers, à Haliburton (de Dick Cheney), aux voleurs de Bagdad.. qui se sont jetés sur le pays avec un grand appétit, donc en plus de ce qu’ils souutirent déjà au peuple, la guerre a été un impôt supplémentaire entré directement dans leur escarcelle, comme elle rentrera demain dans celle de monsieur Dassault par exemple. Celle d’Afghanistan nous côute à ce qu’on dit un million d’euros par jour et nul ne s’en préoccupe de notre côté, mais pas du leur. Il y a quelque chose d’étonnant de voir le Conseil de sécurité en appeler à la paix en Libye alors que ces pays sont non seulement les protagonistes de toutes les guerres et les pires marchands d’armes y compris en Libye dont ils déplorent les morts avec douleur.

 Donc le fascisme on le sait ne nuit pas aux affaires, en particulier celles qui ont besoin de la guerre, en revanche, le fascisme dénonce vaguement les banquiers apatrides si possible mais dévoie toutes les luttes vers le bouc émissaire et là la bête immonde en gestation se retourne déjà dans le ventre qui en est gros.

Nous sommes dans une crise de profondeur inouïe, crise financière, crise climatique, crise énergétique, crise alimentaire, crise sociale, inégalités autant que difficultés accrues à vivre ensemble, et crise de toutes les institutions . Impossible de continuer, impossible de changer.

 Parce que si ce sondage est encore une manipulation, et si Marine Le pen n’a on le sait aucune chance d’être élue, il est joué avec elle un jeu joue abominable en faisant monter le désespoir, l’absence d’issue, les médiocrités politiciennes pour des gens qui n’en peuvent plus. Il y a ce sentiment d’avoir tout essayé en vain, parce qu’ils se ressemblent tous… A ce titre, elle n’est qu’un symptôme de plus…

Est-ce vous ne voyez pas à quel point nous sommes tous déjà dans le gadget et dans l’impossibilité de s’entendre, de construire, comme nous emplit le besoin de détruire ? Les rivalités d’appareil, l’absence de crédibilité. Il y a quelque chose de l’ordre du remugle, un désir de guerre qui fait songer à ce que Freud disait devant le nazisme, le retour de l’homme archaïque, celui qui en ce moment se cherche de bonnes raisons de laisser la haine le submerger en espérant que cela recréera une communauté capable de changer les choses, un tous ensemble qui n’est qu’illusion.  Le  discours de Marine Le Pen témoigne d’un excés d’amour pour les Français et ce genre « d’amour » ne se prouve que dans la haine de l’autre et cela risque de suffir à ceux que l’on mène au bout du desespoir.

 Attention à ce que chacun accepte, il est encore temps de chercher la paix, le respect des souveraineté, le dialogue, cela paraît idiot mais il faudrait ce qu’apporte un vrai mouvement, une révolution : la possibilité d’enfin se parler, de retrouver un langage commun. Parce que là encore le vote fasciste est celui du silence, de ce que l’on maugrée dans un coin, une vengeance de la solitude.

 Danielle Bleitrach

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 12:36

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Selon les documents Wikileaks, le gouvernementdu président Uribe (à droite) se serait attribué, en 2008, le mérite de la libération d'Ingrid Betancourtet de quatorze autres otages, qui, en fait, n'aurait été rendue possibleque par la reddition de certains chefs des Farc. Crédits photo : © Ho New / Reuters/REUTERS

Des câbles montrent la soumission de l'ex-président à Washington. 

De Bogota.

Alors que le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, bracelet électronique au poignet, demeure en résidence surveillée dans la campagne anglaise, c'est au tour de l'ex-président colombien, Alvaro Uribe, d'être mis en difficulté par les documents secrets américains filtrés par le célèbre hacker.

Dimanche 20 février, le directeur du quotidien El Espectador, Fidel Cano, racontait dans ses colonnes comment il s'était vu remettre en Angleterre, lors d'une réunion avec Julian Assange, une clé USB contenant quelque 16.000 télégrammes diplomatiques concernant la Colombie et le Venezuela. La plupart sont datés de 2006 et émanent de l'ambassade américaine à Bogota. Ils offrent un éclairage nouveau sur les relations entre les États-Unis et l'ex-président Alvaro Uribe. Et, surtout, sur l'intromission de Washington dans les affaires colombiennes.

 

Des révélations étalées sur un an

Relations entre mafia et politique, corruption du régime, détails secrets sur la libération d'Ingrid Betancourt… La publication de ces documents par El Espectador n'en est qu'à ses débuts. Elle devrait durer un an, à raison de deux livraisons par semaine. Mais, déjà, elle ébranle l'ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), considéré en son temps comme le meilleur élève de Washington dans une région dominée par la gauche.

Parmi les révélations de WikiLeaks, justement, les relations houleuses entre Uribe et ses deux puissants voisins: le Brésil du social-démocrate Lula da Silva et le Venezuela du populiste de gauche Hugo Chavez. «Lula est plus pragmatique et intelligent que Chavez, mais son passé gauchiste et la tentation impériale du Brésil l'amènent à s'opposer aux États-Unis», aurait par exemple soutenu, lors d'une réunion en 2004 à l'ambassade américaine, l'ex-président colombien.

 

Faux guérilleros

Dans d'autres télégrammes, l'ambassade américaine à Bogota manifeste ses doutes quant à certaines opérations présentées par le gouvernement comme des coups militaires sans précédent contre la guérilla. Certaines, comme la démobilisation de 62 rebelles des Farc en 2006, alors annoncée en grande pompe, se sont par la suite avérées n'être que purs montages (à des fins de propagande, le gouvernement aurait déguisé en guérilleros un groupe de désœuvrés avant de les exhiber devant les caméras de télévision). La plus célèbre reste l'Opération Jaque qui, le 2 juillet 2008, se solda par la libération d'Ingrid Betancourt et de quatorze autres otages des Farc. Présentée comme une audacieuse opération d'intoxication orchestrée par les services de renseignements militaires, elle aurait en fait été rendue possible par la reddition des chefs guérilleros qui détenaient les otages.

 

Succursale de l'ambassade américaine

Mais la plupart des documents WikiLeaks révélés par El Espectador se réfèrent aux deux grands scandales qui entachèrent le second mandat d'Alvaro Uribe: celui des relations entre les milices paramilitaires et des politiques de la majorité présidentielle, et celui de l'espionnage, par les services secrets, de milliers d'opposants. Selon ces documents, l'ambassade américaine, informée depuis l'intérieur, a suivi de près ces scandales, non sans une certaine inquiétude. On apprend ainsi que le général Naranjo, chef de la police, et même Francisco Santos, alors vice-président, se seraient rendus en personne à l'ambassade américaine pour accuser deux collaborateurs de l'ex-président d'avoir ordonné les écoutes téléphoniques. Autre «perle»: trois proches d'Uribe, candidats aux législatives de 2006, auraient soumis leurs listes électorales à l'ambassadeur américain alors en poste à Bogota, le priant de bien vouloir signaler sur ces listes les personnes éventuellement accusées de liens avec la mafia. Inquiets pour leurs visas aux États-Unis, ils souhaitaient montrer patte blanche.

Nombre de ces affaires avaient déjà été partiellement éventées par la presse, rappelle Arlene Tickner, professeur de relations internationales à l'université des Andes. Mais selon elle, «ce que WikiLeaks met vraiment en évidence, c'est le degré avancé de soumission du gouvernement d'Uribe vis-à-vis de Washington». Dimanche, la revue Semana enfonçait le clou, qualifiant le palais présidentiel pendant l'ère Uribe de véritable «succursale» de l'ambassade américaine à Bogota.

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 21:11

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http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/un-racisme-d-etat-89893

 

On nous avait promis une droite nouvelle, qualifiée de "décomplexée", en 2007. Trois ans après à peine, on se retrouve avec une extrême droite gouvernementale, qui n'hésite plus à se montrer ouvertement ou à inviter des racistes confirmés pour qu'ils viennent ressortir, au nom soi-disant de la liberté d'expression, l'abolition d'une loi qui interdit de nier l'existence des camps de concentration et l'assassinat de milliers de juifs dans ces mêmes camps. L'apparition d'Eric Zemmour, à peine condamné pour provocation à la haine raciale, au sein même des locaux de l'Assemblée Nationale restera une tache fondamentale de ce régime qui n'hésite plus à montrer ses relents fascisants, envisagés par moi-même dès la campagne électorale abjecte qu'avait mené celui qui dirige aujourd'hui ce pays. Autour d'Eric Zemmour s'était agglutiné le gratin des députés qui sont plus proches de l'extrême droite qu'autre chose (*). Soit des anciens du GUD ou d'Occident, tels Hervé Novelli ou Gérard Longuet, soit des UMP ralliés après avoir longtemps lorgné vers le CNI tel Christian Vanneste (et ses amis du Club de l'Horloge**). Ou encore des députés nostalgiques de l'algérie française comme Thierry Mariani ou Lionel Luca, ce fils de légionnaire roumain favorable à la peine de mort. Trente-cinq députés, dits de la "Droite Populaire" qui tiennent le même discours que tient le Front National. Ou sinon pire, Marine Le Pen ayant elle clairement rejeté tout soutien à la notion de négationnisme. On comprend mieux pourquoi un Mariani tente de faire croire qu'il la combat (***)...

 Leurs contradictions racistes sont pourtant évidentes : Christian Vanneste est l'auteur d'une loi mémorielle digne du discours de Dakar, et pourtant il applaudit un individu qui parle de leur suppression : pour sûr, il ne doit pas se souvenir que sa proposition de loi de 2005 en est devenue une ! Ou alors il en a oublié le contenu !

Thierry Mariani, dans son célèbre texte (***) digne des propos de Riposte Laïque sur "nous ne serons jamais des fascistes", avait décrit le programme économique du Front National, qui n'a que fort peu changé depuis sa première rédaction. "En vérité, le programme économique et social du Front déconne caractérisé par son incohérence doctrinale ultralibéral et antiliscaliste d'un côté mais se voulant désormais favorable au maintien du statu quo en matière de retraites et défenseur intransigeant des services publics. Cherchez l'erreur. En guise de propagande, le FN propose un patchwork visant à séduire différentes catégories d'électeurs aux motivations souvent contradictoires. C'est pourquoi la majorité doit réaffirmer haut et fort que le Front national n'a nullement le monopole de la nation et encore moins celui de la République". Un programme économique à l'origine rédigé par un dénommé Gérard Longuet, présent en coup de vent lors de la venue infamante de Zemmour ! Enfoncer à ce point son propre collègue, il est beau l'esprit de corps dans le groupe d'extrémistes de l'UMP.

Quant à Zemmour, qui revient dans son discours honteux sur la Loi Pleven, celle selon lui à l'origine de toutes les autres, il n'est pas en reste, loin de là. Or que dit-elle, cette première loi ? Ceci : "La diffamation commise envers les particuliers par l’un des moyens énoncés en l’article 23 sera punie d’un emprisonnement de six mois et d’une amende de 80 000 F, ou de l’une de ces deux peines seulement. La diffamation commise par les mêmes moyens envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée sera punie d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 300 000 F ou de des deux peines seulement. (L. n. 90-615, 13 juill. 1990, art. 10)". Un texte de loi bien précis pourtant, qui s'attaque à : "Ceux qui, soit par des discours, cris ou menaces proférés dans des lieux ou réunions publics soit par des écrits, imprimés, dessins, gravures, peintures, emblèmes, images ou tout autre support de l'écrit, de la parole ou de l'image vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans des lieux ou réunions publics, soit par des placards ou des affiches exposés au regard du public (...) auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d'un emprisonnement d'un mois à un an et d'une amende de 2.000 F à 300.000 F, ou de l'une de ces deux peines seulement. (Art. 23, alinéa 1, et 24, alinéa 5, de la loi du 29-7-1881 )".

Parmi les visés par cette loi, Brice Hortefeux et ses propos, rappelés par maître Eolas le 12 juin dernier : or ce jour là, dans l'échange verbal, qui était à ses côtés pour enfoncer le clou ? Jean-François Copé... Qui le soutient après ? Copé, toujours. "Brice Hortefeux répond plaisamment “Non, parce que passé vingt heures, je ne suis plus payé”, ce qui provoque cette réflexion amusée de Jean-François Copé : “N’oubliez jamais un truc, il est Auvergnat”.Un Copé qui va alimenter ce jour-là la chaudière raciste : "Le ministre, de dos à la camera, fait une remarque sur la taille du militant (“Il est beaucoup plus grand que nous en plus”), puis un homme précise “Lui, il parle arabe, hein”, déclenchant quelques rires qui font dire à Jean-François Copé, blagueur, “Ne vous laissez pas impressionner, ce sont des socialistes infiltrés”. Hortefeu descendant très vite plus bas en registre : La caméra contourne le groupe qui paraît se disloquer, une fois les photographies prises, et dorme à voir très distinctement, en un plan plus rapproché, une main de femme qui caresse affectueusement la joue du jeune hommes tandis qu’une autre, qui se trouve immédiatement à côté du ministre, ce dernier à cet instant de trois quarts dos à la caméra, précise : “Il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière”, à quoi Amine B… (c’est le nom du militant en question) réplique : “Ben oui”, avant que Brice Hortefeux lance à la cantonade : “Ah mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas du tout au prototype alors. C’est pas du tout ça”, déclenchant à nouveau des rires. Une militante intervenant pour assurer que "C’est notre… c’est notre petit arabe”, Hortefeux ajoutant “Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes”, avant de prendre congé du groupe par ces mots", précise maître Eolas... qui conclut sans ambiguité aucune : "Il (Brice Hortefeux) est punissable aux termes de la loi, dès lors qu’il vise indistinctement un groupe de personnes non autrement identifiées que par un des éléments énoncés par l’article 33, alinéas 3 ou 4, de la loi du 29 juillet 1881 : origine, appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, ou encore sexe, orientation sexuelle, handicap. Il le serait, sous cette forme (“Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes”), pour tout autre groupe de personnes défini par un quelconque des critères, énoncés par la loi, de détermination du groupe des personnes à protéger (les juifs, les noirs, les catholiques, les femmes, les homosexuels, les non-voyants, etc.). Il l’est, en l’espèce, pour toutes les personnes d’origine arabe". Brice Hortefeux, ministre d'Etat, a bien exprimé un propos raciste. Et sera très certainement condamné pour l'avoir tenu, d'où son extraction du gouvernement. Son "ami" Copé aurait pu trouver autre chose pour sa défense que son lamentable avis sur la "qualité de l'image, alors qu'on lui parlait du son capté : "Jean-François Copé a déclaré sur France Inter qu'il n'est "pas certain que l'image que l'on voit à l'écran soit complètement celle réalisée par des professionnels" et a estimé qu'elle avait été capturée "par un téléphone portable", selon Le Monde.fr."

En fait, ce qu'il y a de plus saisissant encore, c'est qu' ils ont vraiment le don d'oublier ce qu'ils ont fait, à L'UMP. C'est pourtant bien un ancien secrétaire d’État aux Affaires européennes bombardé secrétaire d'État au Commerce extérieur le 14 novembre 2010, Pierre Lellouche, qui a proposé d'aggraver les condamnations pour agressions à caractère racistes ou antisémites, chose qui sera adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 10 décembre 2002 et promulguée dès le 3 février 2003. C'est même devenu depuis "La loi Lellouche". A l'époque, voilà ce qui en avait été dit : "La proposition constitue une petite révolution juridique dans la législation antiraciste française, intégrée, pour l'essentiel, depuis 1972, dans la loi sur la presse et destinée à réprimer la diffamation, l'injure et la " provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence" raciste. La proposition Lellouche intervient au cœur du code pénal : elle prévoit que les "motivations racistes" de l'auteur de certains crimes et délits (meurtre, actes de torture, violences, destruction ou dégradation d'un bien) constituent une "circonstance aggravante" justifiant des peines aggravées. Cette "circonstance aggravante" est constituée, dispose le texte, "lorsque l'infraction est précédée, accompagnée ou suivie de propos, écrits, images, objets ou actes de toute nature portant atteinte à l'honneur ou à la considération de la victime ou d'un groupe de personnes dont fait partie la victime à raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée." Une loi aggravante mais bizarrement ne touchant pas au domaine des injures raciales proprement dites, car "limitée à la répression d'une partie de la réalité du racisme - les violences physiques et matérielles -, la proposition ne traite pas des discriminations raciales ni des agressions homophobes, qui, assure M. Lellouche dans son rapport, doivent faire l'objet de projets de textes distincts". Des textes dont on ne verra au final pas la couleur, l'avis de l'UMP sur la question changeant autant que les cravates de Lellouche. Aujourd'hui, les propos de Zemmour sonnent encore plus étranges : selon lui, si on comprend bien, on devrait donc pouvoir tenir des propos racistes, tant qu'on ne tue pas l'individu... Pire encore avec les propos... racistes, entendus pourtant à Bucarest. Des propos émanant... du ministre roumain de l’Intérieur, M. Marian Tutilescu, mais aussi de Pierre Lellouche lui-même ! Le secrétaire d'Etat aux affaires européennes avait eu droit à un rectificatif plutôt salé de la part des associations s'occupant des Roms. Pierre Lellouche, et son langage si fleuri d'habitude... où va se nicher le racisme, parfois !

Contradiction encore, sur des questions comme la double peine, pour les expulsés, réclamée par la "Droite Populaire", ça tourne au ridicule, comme le raconte (sans rire) le Figaro : ce qu'ils réclament, ça a été détricoté auparavant par un dénommé... Sarkozy : "reste que l'opération de lobbying de la droite populaire s'annonce délicate. Car c'est Nicolas Sarkozy lui-même qui a réformé en 2003 le système déjà existant de la « double peine », consacrant certaines catégories d'étrangers comme « protégées » de l'expulsion : les personnes étrangères nées ou entrées en France avant l'âge de 13 ans, les conjoints de Français ou de résidents, les parents d'enfants français et les étrangers résidant en France depuis plus de vingt ans. Le ministre de l'Intérieur de l'époque avait aussi réduit le champ d'application des mesures d'interdiciton du territoire aux auteurs d'actes terroristes ou d'atteintes aux intérêts fondamentaux de l'Etat." Un groupe de pression demande à rencontrer le Président pour lui demander d'être plus dur avec des personnes, sans s'apercevoir que c'est lui qui a adouci le texte précédent ! C'est Ubu en République !

Eric Zemmour est donc venu réclamer qu'on retire ses fichues lois, même si certaines d'entre elles ont été alourdies par l'UMP. Or, qui d'autre aujourd'hui encore réclame avec insistance l'abrogation des lois mémorielles, en se plaignant en 1999 que LePen n'en réclamait déjà plus la disparition ? Robert Faurisson, tout simplement ! Or, ces propos indignes sur la remise en cause des camps de concentration ont pourtant bien valu à des individus des condamnations. Parmi-ceux-ci, Jean-Marie LePen, que Mariani se targue tant de combattre : cela devient surréaliste, car si l'on suit la rhétorique douteuse d'un Zemmour, Le Pen n'aurait jamais dû être condamné à l'inégibilité qui l'a fort heureusement écarté de la vie politique française pendant quelque temps ! Le 18 mars 1991 il était en effet déjà condamné par la cour d'appel de Versailles pour «  banalisation de crimes contre l'humanité » et « consentement à l'horrible » pour avoir déclaré : « Je me pose un certain nombre de questions. Et je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale. [...] Si, c'est un point de détail au niveau de la guerre ! Voulez-vous me dire que c'est une vérité révélée à laquelle tout le monde doit croire ? Que c'est une obligation morale ? Je dis qu'il y a des historiens qui débattent de ces questions. » Le Pen a les mêmes "historiens" que Zemmour semble-t-il...ceux qui selon lui appellent à la disparition de la loi Gayssot, notamment, mais dont il est bien incapable de fournir les noms. 

Un Le Pen condamné à plusieurs reprises pour ces faits (il le sera bientôt encore pour son affiche tenue ostensiblement le soir des élections devant les caméras des chaînes de télévision) pour incitation à la haine raciale, la dernière fois en 2003 pour des propos sur les musulmans parus dans Le Monde du 19 avril 2003. Si l'on suit Zemmour et les 35 députés sans honneur, venus applaudir un raciste condamné pour propos racistes, Le Pen n'aurait donc jamais dû être condamné, puisque Zemmour a osé remonté jusqu'à la loi Pleven... mais pas pour autant jusqu'à celle de 1881. Pour une raison simple : n'étant pas totalement fou, mais au moins aussi atteint que son collègue Ivan Rioufol sur le Figaro (et son blog de "Liberté d'Expression à la Zemmour !), qui multiplie depuis des mois des textes plus honteux les uns que les autres, il sait très bien que la référence jouerait en sa défaveur. On l'accuserait alors aisément d'anti-républicanisme. Car là, c'est simple : ces racistes qui tiennent conférence dans un lieu hautement symbolique et qui se placent en défenseur de la Liberté et de la République, en sont tout simplement les fossoyeurs. La loi sur la liberté de la presse liée à l'interdiction de la diffamation raciste est un des grands piliers du système démocratique républicain.

 Le garde-fou des législateurs de l'époque, s'il avait à être remis en cause par ces quelques illuminés proches de l'extrême droite, nous mènerait tout simplement au fascisme. On y court ventre à terre avec cette poignée d'individus totalement irresponsables. J'avais pourtant prévenu lors de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy : autour de lui gravitent des nostalgiques extrémistes qui exècrent la République (dont les soutiens sont autant au Figaro que dans Valeurs Actuelles). Ou des gens douteux vus en compagnie de Brice Hortefeux à plusieurs reprises, comme Alain Bauer (lire à ce propos "Alain Bauer et Xavier Raufer, marchands de peur"). Ce qu'il y a de navrant à constater, c'est que pendant que de l'autre côté de la Méditerranée on s'efforce de mettre en place une démocratie, en France certains penchent vers le totalitarisme en réclamant chaque jour plus de lois encore (Guéant, à peine nommé en a réclamé une nouvelle !). Alors que des révoltés ne désirent qu'une chose, qu'on juge les auteurs des dérives dans lesquelles certains ont emmené leur pays, en France, on est tenté par l'inverse, en étant prêt à abandonner les piliers de la République et à laisse dire n'importe quoi au nom d'un principe de "liberté" dévoyé. A réclamer qu'on ne juge pas les dérives racistes d'un Zemmour ! Quel paradoxe, et quelle leçon ! Le dictateur reçu naguère tapis rouge déroulé promet aujourd'hui de faire baigner son propre pays dans le sang de ses concitoyens. Le jour où on l'a reçu en France, on avait déjà oublié les fondements même de la République Française, pour saluer une des pires dictatures au nom de marchandages immondes. Tout un symbole, il me semble. Le pays des droits de l'homme n'a pas à écouter ces tristes sirènes. Et ses tristes sires qui ne veulent pas que l'on sache d'où ils viennent et comment ils se sont refait une virginité au sein d'un mouvement qui n'a plus rien de gaulliste mais ressemble de plus en plus à l'annexe du FN.

Et un condamné définitivement pour racisme (il ne fera pas appel) n'a pas à être écouté, et encore moins applaudi par des représentants des citoyens français.

(*) " le chaînon manquant entre l'UMP et le FN " indique Marianne. L'extrême droite de l'UMP, dit Agoravox. Lors de la rencontre le 9 septembre 2010 entre eux et Sarkozy, ce dernier leur avait dit, selon le compte-rendu de Vanneste en personne : "Il a rappelé que la France avait réussi à affirmer sa place dans les instances internationales, mondiales et européennes, parce qu’elle est la seule à apporter des idées, par exemple en matière de régulation et d’harmonisation fiscale". Et pas pour les droits de l'homme, visiblement, oubliés totalement depuis.

(***) la "justification" de Christian Vanneste au club de l'Horloge le 26 novembre 2005. "En voulant imposer une version rose du colonialisme, Christian Vanneste s’inscrit entièrement dans la démarche du Club de l’Horloge dont il suit les travaux depuis sa création. En mai 1986, le Club avait organisé un colloque dont le thème était déjà " L’Occident sans complexe ". Dans l’ouvrage publiant les interventions, on peut lire une défense de " la colonisation blanche " en Afrique du Sud qui aurait permis de " mettre un terme au génocide interafricains ". Se trouve, de ce fait, justifié un régime imposant la ségrégation raciale et faisant des Africains des citoyens de seconde zone. Pas un mot sur les violentes répressions des Noirs et des Indiens se soulevant contre ce régime." C'est le thème actuel du "racisme anti-blanc" cher au Bloc Identitaire, dont s'est le leitmotiv, et dont le champion en France s'appelle Bernard Lugan, grand admirateur d'EugèneTerreblanche... Le club de l'Horloge et ses fréquentations qui démontrent son orientation plus que droitière : "Le Club depuis 1974 s'est tissé de nombreux liens à droite. Alain Madelin était l'un des plus assidus aux colloques et séminaires jusqu'en 1984. Ministre en 1986, il avait pris à son cabinet comme chargé des études et discours le secrétaire général du Club, Michel Leroy. Alain Juppé, quant à lui, a pris également part à des réflexions en commun avec le Club de l'Horloge en publiant ensemble un ouvrage. Jusqu'à la fin des années 1980 au moins, il est resté proche de la droite de gouvernement, et surtout des éléments les plus à droite de ces partis. Ainsi, en 1989, il a présenté un rapport commun avec le club 89, boîte à idées du RPR". Mieux, ou pire encore, nous apprend Wikipedia : "Ainsi, les principaux dirigeants fondateurs, à l'exception d'Henry de Lesquen, ont adhéré au Front national dans les années 1980 : Jean-Claude Bardet, Yvan Blot, Jean-Yves Le Gallou et Bruno Mégret. Mais le Club compte également des adhérents ou des sympathisants qui sont membres du Mouvement pour la France, à commencer par son président Henry de Lesquen, ou du Centre national des indépendants et paysans (Christian Vanneste). Mais, ces changements intervenus dans la vie du Club de l'Horloge, ne concernent pas des départs ou des arrivées de certains de ses membres, mais des adhésions parallèles. A la fin des années 1970, le Club de l'Horloge a été considéré comme partie prenante de la « Nouvelle Droite » symbolisée par le GRECE. Henry de Lesquen a cependant fait savoir de l'existence de différences existant entre le Club et la « Nouvelle Droite ».

(***) dans une envolée lyrique qui restera dans les annales.
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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 20:32

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Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Alberto Granado, ami et compagnon du guerrillero Ernesto « Che » Guevara lors de son voyage de jeunesse en moto à travers l’Amérique latine, est mort aujourd’hui à la Havane à l’âge de 88 ans.

  Granado, né le 8 août 1922 à Cordoba (Argentine) et installé à Cuba depuis 1961, est décédé de mort naturelle, a expliqué son fils Alberto Granado.

  Granado, fidèle ami de Cuba, sera incinéré ce samedi à la Havane et ses cendres seront dispersées à Cuba, en Argentine et au Venezuela, selon sa volonté.

  Ami d’enfance du Che, il fut son compagnon dans le voyage en moto qu’ils entreprirent en 1952 à travers l’Amérique du sud, un périple qui contribua à l’éveil de la conscience politique du guerrillero argentin.

  Sur « La Poderosa » (La puissante), la moto de Granado, ils parcoururent une bonne partie du Cône sud jusqu’à que, neuf mois plus tard, ils se séparent au Vénézuela.

  Ces péripéties furent portées au grand écran en 2004 dans le film « Carnets de voyage », réalisé par le brésilien Walter Salles et interprétées par le mexicain Gael Garcia Bernal dans le rôle du Che et l’argentin Rodrigo de la Serna dans celui d’Alberto Granado.

  Après ce voyage, Granado retourna en Argentine pour travailler comme bio-chimiste mais, après le triomphe de la révolution cubaine, le Che l’invita à venir à la Havane et, un an après, il décida de s’installer sur l’île avec son épouse, Delia, et ses fils.

  En 2008, Alberto Granado voyagea en Argentine pour participer aux commémorations du 80ème anniversaire de la naissance du Che Guevara dans la ville de Rosario.

  Son dernier voyage à l’étranger fut en Equateur il y a quelques mois de cela, selon ce qu’en dit à la presse son propre fils, qui a tenu à souligner que son père était un « grand révolutionnaire » et un homme qui aimait beaucoup la vie.

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 19:56

 

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 19:36

 

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 19:10

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La Libye


Le territoire libyen est immense (1,8 M. km2, soit trois fois la France) et sa population, clairsemée (6,8 millions d’habitants), est très urbanisée (86 % de citadins et 14% de ruraux). Ce peuple jeune a un taux de fécondité parmi les plus élevé au monde et près de la moitié de la population a moins de 15 ans. Les tribus berbères originaires de Tripolitaine, du Fezzan et de Cyrénaïque ont été arabisées, islamisées, urbanisées et alphabétisées (89%), puis industrialisées (industrie : 50% du PNB avec le pétrole). Le pétrole constitue l’essentiel des exportations du pays alors que les produits de consommation sont tous importés de l’étranger. La Libye est donc un pays très dépendant de l’extérieur, vulnérable et fortement soumis aux pressions économiques, financières, diplomatiques et politiques internationales. Qui est dépendant des puissances impérialistes ne saurait prétendre soutenir une politique national indépendante et souveraine. Aussi les déclarations tonitruantes de Kadhafi ne sont-elles que les bouffonneries d’un polichinelle pathétique.

Le chômage y est endémique (30%) comme dans le reste de l’Afrique.

Même si le revenu moyen par habitant (14 000 dollars) est le plus élevé d’Afrique du Nord les disparités régionales sont importantes. Comme ces disparités épousent la géographie de la répartition des tribus ancestrales, la présente insurrection armée se marie avec le ressentiment populaire, qui se confond quant à lui avec la carte de la distribution très inégale de la richesse. C’est ce qui faisait dire aux insurgés de Tobrouk que Kadhafi de Tripolitaine n’avait jamais rien fait pour le peuple de Cyrénaïque depuis le roi Idris Ier, qu’ils auraient aimé ressusciter.

A Tobrouk, dans l’est, une manifestation a réuni un millier de personnes. Les manifestants brandissaient des drapeaux de la monarchie libyenne du roi Idris Senoussi qui s’est imposé comme un symbole de l’insurrection. « Ils n’ont jamais rien fait pour nous, dans l’Est : tout ce que vous pouvez voir a été construit par le roi Idris, renversé par Kadhafi en 1969 », assure Khaled Abdul Aziz, un sergent de police.

L’insurrection armée

L’insurrection libyenne a ceci de particulier que depuis le début des hostilités de nombreux mutins sont armés, ils savent manier les armes lourdes et ils ont infligé des pertes importantes aux forces de l’ordre. Ce n’est pas usuel, dans un pays où le service militaire n’est pas obligatoire et dont l’armée est fragile. Les hommes des tribus sont armés, mais dans les zones rurales seulement, ce n’est pas le cas des gens des villes, qui forment tout de même l’immense majorité de la population libyenne. Au début du soulèvement, les défections dans l’armée ont été minimes, si bien que ce retournement des armes ne peut expliquer les premiers revers du clan Kadhafi. Il n’est pas non plus concevable que quelques milliers de citoyens révoltés inexpérimentés se soient emparés des équipements dans les casernes et aient spontanément pu tuer tant de soldats et de policiers ; ni qu’ils aient connu instinctivement les techniques de camouflage et de guérilla urbaine. En effet, le nombre de victimes est relativement peu élevé après plus d’une semaine de « carnage » aérien et terrestre. Tout cela ne colle pas : on nous cache tout, on ne nous dit rien...

Ou bien, alors, on nous ment.

Le foyer de la guerre civile trouve son origine à Benghazi qui brade le pétrole du pays à l’Europe et qui en est à sa troisième insurrection en 15 ans (1996, 2006 et 2011), alors que Tripoli est restée fidèle au « Guide de la révolution » de la Jamahiriya arabe libyenne. Depuis son accession au pouvoir en 1969, Kadhafi a mis sur pied une structure de gouvernance qui s’appuie en partie sur les vieilles organisations tribales et en partie sur les Comités révolutionnaires. Ceux-ci, avec le temps, ont été peu à peu dépouillés de leur pouvoir, particulièrement depuis que le « Guide révolutionnaire » a été réhabilité par George W. Bush, lequel a mis fin au boycott de la Libye.

En effet, les entreprises américaines étaient les seules à respecter l’embargo alors que les entreprises européennes et chinoises investissaient massivement au pays du « terroriste » devenu soudainement fréquentable.

Les firmes BP, Royal Dutch Shell, Total, Basf, Statoil, Rapsol et Gazprom exploitent aujourd’hui le pétrole libyen (1,8 millions de barils par jour, troisième producteur d’Afrique).

Un règlement de compte entre clans est toujours sanglant et n’a jamais rien d’attrayant, mais cela a bien peu à voir avec une révolution populaire. La révolte libyenne est une guerre civile atroce comme la Somalie, le Liban, le Soudan et l’Afghanistan en ont connues. Pas de héros, ni d’un côté, ni de l’autre, seulement des paumés pris en tenaille entre les deux camps. Tous les clans sont coupables d’exactions et tous les clans embauchent des mercenaires. Pourquoi soutenir un clan meurtrier plutôt qu’un autre ? Dans une alliance tribale, il y a des rituels et des traditions, une façon de transmettre le pouvoir d’un chef à un autre et, surtout, des principes dans l’attribution du butin des rapines. Ces dernières années, Mouammar Kadhafi n’a respecté aucune de ces règles, aucune de ces traditions. Il a monopolisé le fruit du pillage de l’État entre les mains de sa famille et de sa tribu, il a spolié les autres tribus. La réponse, soutenue en sous-main, est venue des hauts-plateaux : les tribus flouées sont descendues des versants et sont venues à Tripoli lui faire payer le prix de sa cupidité et de sa duplicité, faisant la jonction avec toute une jeune génération qui, depuis sa naissance, n’a connu aucune autre figure politique que l’homme du « Livre vert » et dont le ras-le-bol est devenu évident.

Faut-il choisir le clan de Mouammar Kadhafi, ou celui de son concurrent Al-Houni, son ancien compagnon de révolte, ou encore le clan de l’un ou l’autre de ses fils ? De la façon dont le conflit évolue, les insurgés désigneront eux-mêmes le prochain dictateur libyen.

Il n’est même pas certain qu’ils le feront entériner par scrutin.

Ils voudront d’abord supputer les chances du « désigné » de gagner l’élection truquée. Si leur challenger risque de perdre au vote, il n’y aura pas plus d’élection qu’il n’y en a eu au cours des quarante-deux dernières années.

Intervention - invasion ?

Depuis Kouchner, et même avant, les Droits de l’homme ont toujours servi à préparer le terrain pour les envahisseurs. Avant-hier, les États-Unis sont allés libérer les Irakiens de la poigne de Saddam Hussein-le-sanguinaire ; un million de morts plus tard, ils quittent l’Irak ravagé. Hier, ils sont allés libérer les femmes afghanes des Talibans. Des centaines de milliers de cadavres (de femmes notamment) plus tard, ils négocient leur retrait d’Afghanistan avec les Talibans « terroristes modérés ».

Aujourd’hui, un consortium étranger formé de Human Rights Watch, d’Amnesty International, de la Fédération internationale des ligues de Droits de l’Homme (FIDH) et de l’ONG Human Rights Solidarity réclame une intervention militaire pour assurer la victoire d’un des clans d’insurgés. Pour ce faire, ils répandent des histoires d’horreur à propos des seuls mercenaires de Kadhafi, semblables à celles qui ont été diffusées à propos d’incubateurs débranchés par les hordes barbares de Saddam (sic) au Koweït, ou encore ces fadaises à propos de charniers géants découverts à Timiþoara puis disparus après l’exécution de Ceauþescu en Roumanie (re-sic).

Mais il est peu probable que l’OTAN envoie un contingent de troupier en Libye parce que, d’une part, elle en prend déjà plein la gueule en Afghanistan, où tous les alliés des Américains ne songent qu’à lever le camp et à rentrer chez eux.

D’autre part, une intervention des soldats de l’OTAN ne servirait qu’à mettre le pays sous tutelle américaine.

Les puissances européennes membres de l’OTAN se sont déjà fait arnaquer en Irak ; elles ont contribué à l’écrasement de Saddam et à la destruction de la nation irakienne pour se retrouver exclues de la saignée du pays, par la suite. La France, qui avait une position dominante dans l’Irak de Hussein, en conserve un goût amer.

Depuis et avant que le gouvernement Bush ait réhabilité Kadhafi « le voyou », ce sont surtout les Européens qui ont profité de la manne libyenne. Les multinationales américaines sont arrivées sur le tard, si bien que la Libye exporte 85 % de son pétrole vers l’Europe et le reste vers la Chine, le tout, sans transiter aucunement par les entreprises américaines : une situation inacceptable, pour la superpuissance décadente. Les concurrents des USA n’ont pas à être affranchies de la puissance de tutelle, pense Obama.

Les États-Unis souhaiteraient peut-être une intervention aérienne de l’OTAN (visant à empêcher le clan Kadhafi d’utiliser ses avions de façon à faire basculer le rapport de force militaire en faveur des clans insurgés), si les mercenaires rebelles ne parviennent pas à renverser le « Guide », mais leurs alliés européens dans l’OTAN n’accepteront pas de fournir de contingents et préfèreront une intervention sous le haut-patronage de l’ONU, de façon à conserver le contrôle du pays après l’intervention militaire étrangère.

En ce qui a trait à un hypothétique contingent africain sous bannière de l’OTAN, il est trop tôt pour y songer, le traité de coopération OTAN-Union Africaine n’est pas encore ratifié et le Commandement Africa (AfriCom), le principal instrument de pénétration États-unienne sur le continent, n’est pas prêt pour une telle intervention.

Rien à craindre, les soldats de l’OTAN n’iront pas mourir à Tobrouk sur les tombes de l’Afrika Corps.

La Grande-Bretagne, ancienne puissance colonisatrice de l’Égypte, maraude en eau trouble ces jours-ci et il n’est pas impossible que le Premier ministre Cameron suggère à l’État-major toujours en place de l’ex-dictateur Moubarak une intervention « humanitaire » musclée en sol libyen afin de sauver la mise Britannique.

Le ver est dans le fruit

Le premier fils du second mariage de Kadhafi, Saïf al-Islam, aujourd’hui en disgrâce mais qui fut un temps l’héritier putatif du « Guide de la révolution », a mené les négociations pour la ruée tardive des multinationales américaines dans le pays. C’est lui qui a proposé un train de réformes de ce qui tient lieu de constitution afin de le rendre plus conforme au mode de gouvernance occidental et de départir les Comités populaires de toutes leurs prérogatives. Il y a quelque temps, il a ordonné la libération de centaines d’islamistes des geôles libyennes, en préparation de l’insurrection qu’il manigançait. C’est l’homme lige des Occidentaux, mais il n’est probablement pas leur préféré, tant il est difficile de prévoir la réaction de la population libyenne à la résurrection de ce poltron, ce qui expliquerait l’atermoiement des puissances impérialistes quant à une intervention en faveur de l’une ou de l’autre faction dans l’insurrection clanique armée en cours au pays du « Livre Vert ».

Le peuple libyen et la classe ouvrière libyenne abusés par cet écheveau meurtrier, victimes collatérales de cet affrontement tribal sanglant, parviendront-t-ils à tirer leur épingle du jeu et à renvoyer dos à dos tous ces prétendants illégitimes et à défendre leurs intérêts propres au milieu de cette catastrophe ?

Il le faudrait bien, pourtant.

Robert BIBEAU
Un fils Kadhafi n’exclut pas une guerre civile. 26.02.2011. http://www.europe1.fr/International...
Bras de fer au sommet. Jeune Afrique. 12.01.2010. http://www.jeuneafrique.com/Article...
Libye : quel rôle jouent les tribus ? Le Monde 24.02.2011. http://www.lemonde.fr/afrique/artic...
La Libye dans le grand jeu du nouveau partage de l’Afrique. Manlio Dinucci. Mondialisation. 25.02.2011. http://www.mondialisation.ca/index....
Urgent. Libye Kadhafi fragilisé par la défection des deux derniers membres du groupe des ‘officiers libres ». René Naba Mondialisation 23.02.2011. http://www.mondialisation.ca/index....
L’aveuglement de l’Europe a été criminel. Libération. 23.02.2011. http://www.liberation.fr/monde/0109...
Crise lybienne : Kadhafi va tenir, en Cyrénaïque la révolte est endémique. Angelo del Bocca, Tomasso di Francesco. Investig’Action. 25.02.2011. http://www.michelcollon.info/Crise-...

Lybie : le plan de l’OTAN est de l’occuper. Fidel Castro. http://www.legrandsoir.info/Le-plan...

Faut-il intervenir militairement en Libye ? Alain Gresh. 24.02.2011. http://www.palestine-solidarite.org...

La Libye et l’impérialisme. Oulala.net. 26.02.2011. http://www.oulala.net/Portail/spip...

Source : LE GRAND SOIR

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Published by valenton rouge - dans Monde
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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 19:05

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http://survie.org/billets-d-afrique/2011/200-mars-2011/article/le-maintien-de-l-ordre-un-savoir

 

 

En proposant le 11 janvier dernier, de mettre le « savoir-faire » français au service de Ben Ali, Michèle Alliot-Marie n’a fait que rappeler une composante essentielle de la coopération militaire française.

Apostrophée sur la violence de la répression du régime Ben Ali, alors qu’on compte déjà 52 morts, la ministre des Affaires étrangères d’alors, Michèle Alliot-Marie, ancienne ministre de la Défense, a chaleureusement exprimé devant les députés et les caméras de télévision toute la compassion due aux victimes : « Cela montre le bien-fondé de la politique que nous voulons mener quand nous proposons que le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type. »

Si cette réponse est désormais passée à la postérité, c’est essentiellement parce que les manifestants ont finalement réussi à « régler la situation sécuritaire » d’une bien meilleure manière, mais qui n’est pas précisément celle qu’avaient escomptée nos dirigeants. Le tollé qu’elle a provoqué est évidemment réjouissant pour ce qu’il contient d’empathie et de solidarité vis-à-vis des révolutionnaires tunisiens, mais il révèle aussi a contrario la méconnaissance ou l’indifférence habituelle à l’égard de la coopération de la France en matière de « sécurité ».

Gageons que MAM a dû être la première surprise des réactions provoquées par ses propos, dans la mesure où elle ne faisait que rappeler ce que la France pratique depuis déjà fort longtemps et que les manifestations d’orgueil tricolore à l’égard de cette politique abondent, en particulier dans les publications du ministère de la Défense ou des Affaires étrangères.

Un héritage colonial…

Au moment des indépendances, quand la France prend en charge la formation des armées de ses anciennes colonies, la coopération militaire française vise d’une part la formation de forces militaires traditionnelles ou de forces spéciales (gardes présidentielles ou « républicaines », services de renseignement et d’action clandestine, milices, escadrons de la mort…), mais propose aussi des techniques et une doctrine en matière de contrôle des populations.

Cette formation, qui découle directement des théories et de la pratique de la guerre dite « révolutionnaire » ou « contre-insurrectionnelle », qui place au centre la question de la lutte contre « l’ennemi intérieur » et les « éléments subversifs », s’appuie notamment sur le développement de gendarmeries africaines, toutes formées à l’image de la gendarmerie française. Cet outil est considéré comme particulièrement performant dans la mesure où il peut mener simultanément des activités de police, de renseignement et le cas échéant « monter en force », c’est-à-dire recourir à des moyens militaires.

Après l’avoir dirigé au Cameroun, en contexte de guerre, contre les insurgés de l’UPC, le lieutenant-colonel Maîtrier est chargé, fort de son expérience, de le mettre en place au Gabon. Les autres dictatures françafricaines suivront.

… au service de l’ordre…

Qu’il s’agisse de forces d’occupation, comme en Afghanistan, ou qu’il s’agisse de coopération militaire au service d’un Etat étranger, les officiers de gendarmerie français voient dans leurs offres de service « une indéniable valeur ajoutée en matière de gestion des troubles à l’ordre public » [1] au regard de la coopération militaire proposée par les Américains par exemple, du fait précisément de l’expérience coloniale de l’armée française.

Ainsi, pour reprendre quelques exemples révélateurs, dont certains ont déjà été mentionnés dans Billets d’Afrique : en 1995, un soutien accru aux forces de police et de gendarmerie africaines était justifié par le ministère de la Coopération au nom de « la montée de la criminalité et de l’agitation sociale dans de nombreux pays » [2].

En 2000, la gendarmerie est encore définie comme « l’un des axes prioritaires » de la coopération militaire en Afrique pour le « maintien de l’ordre » [3]. C’est d’ailleurs cette même année qu’est créée, au Cameroun, une école nationale à vocation régionale [4] baptisée Centre de perfectionnement aux techniques de maintien de l’ordre (CPTMO), dont l’existence est ainsi justifiée par les militaires français quelque temps plus tard, précisément l’année des émeutes anti-Biya au Cameroun en 2008, : « Avec une urbanisation sans cesse croissante, la rue s’est progressivement transformée en un espace privilégié où s’affrontent l’ordre et le désordre », (Frères d’Armes n°261, 2008, revue de la coopération militaire française). Comme on le sait, on comptera des dizaines de morts et des milliers d’arrestation dans les rangs du « désordre ».

En août 2004, la France signait également avec la dictature gabonaise des conventions de partenariat, dont l’un des axes avait pour objectif de « faciliter la montée en puissance de la gendarmerie mobile pour prévenir tout trouble à l’ordre public susceptible d’intervenir dans le pays à court ou moyen terme », selon le communiqué de l’époque [5].

« Les offres de services françaises s’exportent aujourd’hui bien loin de leur berceau originel. » Le Monde (18 février) nous apprenait ainsi récemment que la France avait formé les forces réprimant la contestation au Bahreïn : « La coopération privilégiée établie depuis quatre ans avec la Direction centrale des compagnies républicaines de sécurité CRS a permis d’accompagner la professionnalisation des unités anti-émeute et d’améliorer la gestion des foules, dans un archipel où il n’est pas rare que les manifestations dégénèrent », précise encore le député UMP Jean-Luc Reitzer, auteur du rapport [sur cette coopération]. « La France mène assez couramment des accords de coopération de sécurité intérieure », rappelle l’élu, citant « la Slovénie, l’Albanie, Israël ou la Libye, également en proie à un mouvement de protestation durement réprimé ».

Depuis le 16 mars 2009, la coopération militaire a d’ailleurs absorbé officiellement les prérogatives de la coopération en matière de police jusque-là gérée par le SCTIP (Service de coopération technique internationale de police) qui dépendait du ministère de l’Intérieur.

Le discours justifiant la confusion entre ces deux domaines et l’exportation du « savoir-faire » français emprunte par ailleurs certains de ses arguments à la rhétorique antiterroriste légitimant la participation française à la guerre en Afghanistan : « Dans un contexte international complexe où des menaces influant directement sur la sécurité intérieure naissent et se développent loin de nos frontières, la coopération internationale doit toujours être plus performante », (Frères d’Armes n°258, 2008). Si le contexte est complexe, la pensée reste très simpliste.

…et repeint aux couleurs des droits de l’homme

Bien sûr, même si la référence aux théoriciens et praticiens de la « guerre révolutionnaire » n’est pas abandonnée, notamment en matière de conflits dits « asymétriques », ou « au sein des populations », la coopération militaire française n’oublie jamais désormais d’afficher « le respect des droits de l’homme », ou des « citoyens » ou de « l’Etat de droit » ou de la « démocratisation » au nombre des principes qu’elle entend promouvoir par ses formations.

Comme l’écrit un philosophe du maintien de l’ordre français : « Il était nécessaire de trouver un juste équilibre entre la préservation de l’ordre public et le respect des libertés individuelles. De ce fait, la philosophie du maintien de l’ordre a évolué vers un concept plus moderne dans lequel le manifestant n’est plus perçu comme un citoyen momentanément égaré. C’est la naissance du concept de “maintien de l’ordre à visage humain” », (Frères d’Armes n°261, 2008). Mais dans la pratique, ce sont les principes démocratiques qui sont fréquemment « égarés », car l’équilibre est évidemment impossible entre « respect des libertés individuelles » et « maintien de l’ordre » dès lors que cet ordre est injuste, arbitraire, autoritaire, illégitime et contesté par la population…

En fait, il s’agit simplement pour les militaires français, d’éviter d’être associés publiquement à des formes de répression trop violentes, mais la fonction reste bien la même : soutenir les régimes en place, dans une logique à la fois commerciale, par la vente des équipements et des services français, surtout hors du « pré carré » et poursuivre une politique d’influence, voire d’ingérence, surtout dans le « pré carré ».

Tant que les débordements ne sont pas trop voyants, la coopération se poursuit. Ainsi par exemple, la coopération militaire française a été (provisoirement) suspendue après le massacre du stade de Conakry, le 28 septembre 2009, mais maintenue au Cameroun après la répression très peu médiatisée de février 2008. De même pour Madagascar, on se contente de noter qu’« à la lumière des évènements de 20-00-, malheureusement réitérés en -2009, il apparaît nécessaire de se pencher sur le concept du maintien de l’ordre et de l’intervention » (Frères d’Armes n°261, 2008), mais la formation des forces spéciales de la gendarmerie se poursuit, ainsi qu’à Djibouti où une unité de 150 hommes « hautement opérationnelle, [a reçu] le renfort du major Pacheco, spécialiste français des techniques commando » pour « le maintien de l’ordre et l’intervention », (Frères d’Armes n°253, 2008).

Matraque électoral pour dictateur

La France, en même temps qu’elle incitait les dirigeants africains « amis de la France » à promulguer des scores électoraux « raisonnables » au moment de leur réélection, s’est d’ailleurs fait une spécialité dans la formation de forces aptes à gérer les « crises postélectorales » (c’est-à-dire les émeutes qui ne manquaient pas de suivre certaines mascarades électorales) sans pour autant recourir aux massacres, un prérequis pour bénéficier de la passivité de la « communauté internationale ». On retrouve ici exactement le sens de la proposition de Michèle Alliot-Marie à Ben Ali.

Ainsi par exemple en 2005, la France formait une force spéciale anti-émeute contre « les violences pré et post-électorales » au service d’Idriss Déby au Tchad [6]. Un peu plus tard au Togo, après avoir renforcé la formation et les dotations à la gendarmerie togolaise en vue des élections législatives puis présidentielles (« sécurisation des cycles électoraux », en langage de coopérant militaire, ce qui permet de le comptabiliser en aide publique au développement), la France a contribué au « processus de démocratisation » à côté des autres partenaires européens en prenant en charge la formation d’une « Force sécurité élection présidentielle », la FOSEP, composée de 6000 policiers et gendarmes, qui a permis à Faure Eyadéma, au lendemain de sa « réélection », de réprimer les partisans de Jean-Pierre Fabre sans répéter les massacres qui avaient accompagné son coup d’Etat en 2005.

A la cérémonie de dissolution de cette force, le ministre togolais de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel Atcha Titikpina, impliqué dans les massacres de 2005, expliquait que l’expérience togolaise de sécurisation électorale ferait école au sein de la CEDEAO (Xinhua, 24 avril 2010).

Ironie de l’histoire, il y a un peu plus d’un an, La Lettre du Continent (n°596) signalait, alors que le climat diplomatique entre Paris et Abidjan s’était réchauffé, que « les militaires français dispensent quelques formations gratuites à leurs frères d’armes ivoiriens : des exercices de maintien de l’ordre et de contrôle des foules. Très utile à l’approche du scrutin… ».

Etrangement, ils ne s’en vantent pas beaucoup aujourd’hui…

[1] Colonel Franceschi, « Concept Recamp, PESD et Gendarmerie », Revue Défense nationale n°7, juillet 2005.

[2] La Lettre de la rue Monsieur (du ministère de la Coopération) n° 63, mai 1995, cité par Comi M. Toulabor, « La France : souteneur de la dictature au Togo, in Billets d’Afrique n°122, février 2004.

[3] B. Cazeneuve, Rapport d’information n°3394 sur « La réforme de la coopération militaire », 20 novembre 2001, p. 56.

[4] La France a créé une quinzaine d’ENVR dans différents pays africains, qui constituent un élément important de son dispositif de coopération militaire.

[5] V. Sègre, « Bongo en campagne », Billets d’Afrique n°140, octobre 2005.

[6] TchadForum, 12 juin 2005, cité par Billets d’Afrique n°137.

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 19:01

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http://blog.mondediplo.net/2011-03-04-Les-racines-chretiennes-de-la-France

 

 

Dans son discours au Puy-en-Velay, le 3 mars, Nicolas Sarkozy a déclaré :

« Les peuples sont comme les Hommes : qu’ils occultent leur passé, qu’ils nient tout ou partie de leur identité et ils courent le risque de voir un jour ressurgir ce qu’ils ont refoulé mais sous une forme inquiétante.

La chrétienté nous a laissé un magnifique héritage de civilisation et de culture, je suis le président d’une République laïque (une erreur s’est glissée dans le texte publié par L’Elysée que j’ai corrigée) Je peux dire cela, parce que c’est la vérité. Je ne fais pas de prosélytisme, je regarde simplement l’Histoire de notre pays. Une fois dit cela, je veux dire que la France a puisé à d’autres sources : il y a quelques semaines, j’ai reconnu et salué les racines juives de la France. Grégoire de Tours, le plus ancien de nos historiens, qui dans les mêmes pages de son Histoire des Francs, parle pour la première fois non seulement du sanctuaire du Puy-en-Velay mais de la synagogue de Clermont ! C’était en Auvergne déjà et Grégoire de Tours écrivait il y a près de 15 siècles ! C’est la France. La France que nous aimons, la France dont nous sommes fiers, la France qui a des racines. »

Le quotidien catholique La Croix (4 mars) fait remarquer dans l’article de Laurent de Boissieu, « La chrétienté, “un magnifique héritage de civilisation” » :

« Première idée : il faut, a dit le président, “assumer intellectuellement, moralement et politiquement" cet héritage car "il est toujours dangereux d’amputer sa mémoire", tout en prenant soin de préciser que "personne n’est prisonnier de l’histoire de son pays".

Cette idée constitue une rupture avec son prédécesseur, Jacques Chirac, qui s’était opposé en 2004 à toute référence aux “racines chrétiennes” dans le projet de Constitution européenne. Concrètement, c’est justement, aux yeux de Nicolas Sarkozy, le patrimoine “qui nous inscrit dans le temps long d’une histoire multiséculaire”. »

Cette vision d’une histoire multiséculaire et immuable est absurde. Notre vision de l’histoire a varié à chaque période, à chaque tournant. L’héritage juif de l’histoire de France n’est affirmé que récemment ; la vision de la révolution française a suscité et suscite encore bien des débats et des interprétations. Notre vision de Vercingétorix et celle imposée, pour des raisons politiques, par la IIIe République n’ont rien de commun.

S’interrogeant sur l’histoire américaine, l’intellectuel américano-palestinien Edward W. Said notait : « Aux Etats-Unis, la notion de ce qui est américain a connu un grand nombre de changements et parfois des tournants spectaculaires. À ses origines, le cinéma décrivait les habitants autochtones comme des démons malfaisants, que l’on devait éliminer ou soumettre. On les appelait les Peaux-Rouges et leur seule place dans la culture […] était d’être un obstacle à l’avancée de la civilisation blanche. Aujourd’hui, cela a totalement changé. Ils sont considérés comme des victimes de l’occidentalisation du pays, non comme des méchants. » Et il ajoute que, si la littérature était dominée par des hommes blancs vers la fin du XIXe et au début du XXe siècle, des écrivains comme Toni Morrison symbolisent désormais une nouvelle vision de la “civilisation américaine” : « Quelle conception a-t-on de l’Amérique réelle et qui peut prétendre la représenter et la définir ? La question est complexe et très intéressante, mais on ne peut répondre avec quelques clichés [1]. »

Si on ne peut pas demander au président de la République de comprendre ces subtilités, il faut reconnaître que son discours est porteur d’un message politique clair : la France est laïque et chrétienne ; et, tout le monde l’aura compris, elle n’est pas musulmane et elle ne se laissera pas imposer la charia, le foulard, la burqa, les minarets, le hallal, etc.

Ce discours est tenu alors que l’UMP souhaite lancer une journée d’étude sur l’islam, reconvertie hâtivement en journée sur la laïcité, et que le président souhaite chasser sur les terres du Front national relifté par Marine Le Pen, laquelle abandonne le discours sulfureux sur la seconde guerre mondiale et l’antisémitisme pour se convertir à la laïcité et à l’islamophobie.

Sur le site de Libération, sous le titre « Copé promet “des solutions” sur la laïcité et la place de l’islam » », on peut lire les inquiétudes exprimées dans les rangs mêmes de la droite :

Dominique de Villepin affirme que le débat fera « “le jeu de Marine Le Pen” », relevant que les intentions de vote en faveur de celle-ci se situaient « entre 18 et 20% » actuellement. Pour lui, de tels débats nourrissent “les peurs”.

Quant à François Bayrou, « il a dénoncé le discours du chef de l’Etat, au Puy-en-Velay, sur les racines chrétiennes de la France, en notant que “chaque fois qu’on mélange l’Etat et la religion, on court à la catastrophe”. “Pourquoi l’Etat se mêlerait de choisir une de nos racines ?”, a-t-il interrogé, avant d’estimer qu’il y avait là “une utilisation, une tentative d’utilisation de la conviction religieuse”. “Ce n’est pas la responsabilité, ni même le droit du président de la République de trancher sur ces thèmes qui appartiennent à chacun" dans son intimité”.

Alors que la loi sur la burqa devrait entrer en vigueur le 11 avril, le gouvernement a renoncé à envoyer des ambassadrices expliquer aux femmes qui le portaient le sens de cette décision. On peut penser que cette renonciation tient au fait qu’on voit mal qui pourrait porter cette parole, et l’association Ni putes ni soumises qui avait reçu 80 000 euros à cet effet, est tout à fait incapable de mettre un pied dans les quartiers dits difficiles – espérons toutefois qu’elle remboursera la subvention.

Mais, pour ne pas laisser planer de doute sur sa détermination à éviter que nous soyons submergés par des musulmans barbus et des femmes voilées, le ministre de l’éducation Luc Chatel a pris une décision héroïque : il a interdit aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires – décision qui sera sans doute contestée devant le Conseil d’Etat (lire Stéphanie Le Bars, « Luc Chatel ne veut pas de mères voilées pour accompagner les sorties scolaires », Lemonde.fr, 3 mars. Elle aura au moins un effet positif : renvoyer dans leurs foyers ces femmes qui cherchent à s’intégrer aux activités scolaires, un pas décisif dans la voie de leur émancipation.

Notes

[1] Edward W. Said, « The clash of definitions », dans Emran QURESHI, Michael A. SELLS (dir.), The NewCrusades. Constructing the Muslim Enemy, Columbia University Press, New York, 2003, p. 76-77

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