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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 18:28

depart-retraite-02_8853c1b7f37c0996450be8cd1e137b39.jpgPour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org


Comprenons d’abord qu’elle s’inscrit dans le droit fil des attaques ordolibérales que nous connaissons depuis le tournant de 1983. Mais ce trentième anniversaire le premier où tous les secteurs de la protection sociale (santé, famille, retraites, droit du travail, etc.) seront touchés et amoindris. Par ailleurs, cela se fera avec une violence inouïe compte tenu de l’importance des reculs sociaux opérés, et du fait que la droite et l’extrême droite sont en mutation culturelle (on l’a vu avec la vigueur des mobilisations contre le mariage pour tous) dans la voie d’un durcissement réactionnaire rarement atteint en France. Cette évolution redonne de la pertinence à l’analogie avec les années 30.

Malheureusement, la gauche solférinienne, qui tient le cap du progrès dans les domaines sociétaux (avec notre soutien sur ce point…), est sur les questions économiques et sociales complètement gagnée aux intérêts du patronat et de l’oligarchie.

Elle nous fait croire que le fait de passer d’un ratio de 6 retraités pour 10 actifs à un ratio de 9 retraités pour 10 actifs oblige à augmenter le nombre d’annuités. C’est comme si la diminution par 10 du nombre de paysans et la multiplication par 2,5 du nombre de bouches à nourrir nous emmenaient à la famine. Eh bien, non ! Tout simplement par ce que la production de nourriture a été augmentée d’un rapport beaucoup plus fort encore. Pour les retraites comme pour la nourriture, ce qui compte, ce n’est pas le rapport des actifs et des retraités mais le rapport entre le nombre d’actifs et le nombre de retraités d’une part et la production de richesse d’autre part. Or ce rapport, la productivité du travail, est en France le plus élevé dans le monde.

Le gouvernement solférinien nous enfume ! En prenant les chiffres du COR, en 2050, le salaire moyen global (en globalisant les retraites et les salaires) serait plus de 60 % plus élevé qu’en 2010. Le problème est donc la répartition des richesses que l’oligarchie ne veut pas changer ! Et même si on table sur un développement des richesses moins importante, il suffit d’une augmentation de 18,75 % pour maintenir le salaire moyen global (retraites comprises). Or moins la croissance est forte, plus il faut réformer le partage de la valeur ajoutée au profit des salariés.

Dans quels termes poser la question

Beaucoup de discours d’intellectuels ou de responsables politiques de la « gauche de la gauche » sont des discours inopérants. Pourquoi ? Ils développent l’idée que la politique suivie par nos gouvernants est mauvaise (sous-entendu pour résoudre la crise !) et que tout pourrait être réglé par une mesure et une seule. En fait, d’après eux, il suffirait de les écouter, d’appliquer la mesure miracle et nous serions dans le nirvana politique. Bien sûr, chacun d’entre eux a une idée de mesure simple, spécifique, singulière (la fameuse cacophonie des différentes « prééminences surplombantes ») qui résoudrait tous les problèmes et aurait comme par enchantement un effet d’entraînement immédiat sur tous les autres domaines.

En réalité, ils essayent d’esquiver aujourd’hui les deux questions centrales à savoir :

- que les couches populaires (ouvriers et employés représentant 53 % de la population française) ne sont pas globalement convaincues de l’utilité de voter Front de gauche et n’utilisent ce vote Front de gauche qu’en 5e choix (après, dans l’ordre, l’abstention, le vote FN, le vote PS et le vote UMP) ;
- que le niveau atteint par la crise systémique du modèle politique ordolibéral ne demande pas de se persuader de prendre la simple et bonne mesure qui entraînerait toutes les autres mais bien de commencer à penser la complexité et la nécessaire globalisation des combats et donc des mesures politiques conséquentes pour produire un nouveau modèle politique alternatif. Et dans ce cas, l’efficacité demande d’articuler dès aujourd’hui les politiques de temps court et les politiques de temps long.

Notre analyse conclut qu’il faut passer aujourd’hui de « la gauche de la gauche » à « la gauche de gauche » au sens de Bourdieu. Comment ? En considérant que nos gouvernants ne font pas une mauvaise politique mais font une excellente politique qui va à court terme de réussite en réussite… dans l’intérêt de l’oligarchie ! Notre proposition consiste donc à remettre au poste de commande non pas une solution technique ou économiciste qui entraînerait le nirvana politique mais la lutte des classes qui est et reste… le moteur central de l’histoire.

Nous sommes entrés dans une contradiction principale antagonique entre les intérêts objectifs des couches populaires et des couches moyennes intermédiaires (24 % de la population française pour ces dernières) d’une part et l’oligarchie d’autre part. Il ne peut plus y avoir de compromis dynamique de type fordiste ou social-démocrate lorsque nous sommes dans une contradiction de type antagonique. La guerre sociale est donc l’horizon de la politique menée par l’oligarchie. Voilà pourquoi il vaut mieux se préparer à des situations chaudes que de proposer des solutions techniques et économicistes réalisées à froid. C’est la globalisation des combats (sans en oublier un seul !) qui est à l’ordre du jour. Ou, dit autrement, ce qui est à m’ordre du jour c’est un nouveau modèle politique, culturel et social et non l’application d’un précepte technique ou économiciste dans le cadre actuel du capitalisme.

Les intentions proclamées

La compilation des douze rapports du Conseil d’orientation des retraites (COR) qui se sont succédé depuis moins de 20 ans permet de mesurer la constance et l’opiniâtreté des dirigeants ordolibéraux de droite et de gauche. A chaque alternance, malgré les changements de personnes au sein du COR, les douze rapports vont dans le même sens.
Une fois encore, appliquant la stratégie de la « société du spectacle », le gouvernement jette une poudre aux yeux dont les ingrédients sont :
- la volonté du retour à l’équilibre, à la fois rapide et durable, en jouant sur la durée d’activité, le niveau des ressources, le niveau relatif des retraites ;
- l’objectif de rendre le système plus juste, en particulier du point de vue des femmes, des carrières courtes, de la pénibilité ;
- la volonté d’assurer la cohérence entre les régimes.

En fait, les dirigeants de la gauche solférinienne ont intégré l’oligarchie et ne diffèrent de la droite néo-libérale que pour les questions sociétales et sur la marque de la poudre aux yeux proposée pour faire passer la pilule ! Leur véritable objectif n’est pas de s’appuyer sur une analyse des besoins utiles, nécessaires et finançables (par une reformation du partage de la valeur ajoutée), mais de diminuer la protection sociale solidaire (ici les retraites), en diminuant le montant des retraites, soit par allongement de la durée de cotisation, qui ne fera qu’augmenter le chômage et réduire les pensions, car la majorité des salariés de plus de 55 ans sont déjà sans emploi, soit en diminuant directement le montant nominal des retraites. Qui peut croire à l’objectif annoncé de rendre le système plus juste ?

La régression du droit social

Sur le plan théorique, la contre-révolution néo-libérale consiste à faire baisser le coût du travail, c’est-à-dire les salaires. Dans l’impossibilité politique (pour l’instant) de s’attaquer au salaire direct, elle s’attaque au salaire socialisé et s’attache donc à faire régresser le champ du droit social (celui qui regroupe les prestations universelles dépendantes des droits politiques et sociaux pour tous, comme le remboursement assurance-maladie, les allocations familiales, les pensions à prestations définies, etc.) au profit de deux champs privés, à savoir le champ du privé lucratif et celui de l’assistance aux pauvres (emprunté à la doctrine sociale de l’Eglise). Dans toutes nos conférences publiques d’éducation populaire, nous montrons que le développement concomitant de ces deux derniers champs en France n’a fait qu’augmenter les inégalités sociales de santé et de protection sociale, alors que seul le développement du champ du droit social a permis de les diminuer.
Par exemple, depuis l’instauration de la CMU-C par le gouvernement Jospin, les inégalités sociales de santé n’ont fait que croître alors que pour les faire diminuer, il faudrait un nouveau droit à caractère universel, à savoir l’accès égalitaire aux soins de qualité partout et pour tous avec remboursement à 100 % par la Sécurité sociale.

On comprend par là comment une partie de « la gauche de la gauche » totalement étrangère à « la gauche de gauche » a troqué la nécessaire lutte de classe des exploités contre les exploiteurs pour la lutte des pauvres contre les riches, chère à la doctrine sociale de l’Eglise. Cette mutation permet au turbocapitalisme actuel et à ses thuriféraires de cantonner les « pauvres » dans un statut juridique dérogatoire à la citoyenneté culturelle, politique, économique et sociale.1

L’argument de l’équilibre budgétaire

François Hollande nous a dit qu’il faut parvenir à l’équilibre de la Sécurité sociale sans augmenter les recettes de la Sécurité sociale, et parvenir à supprimer la dette publique en 2017 après avoir dès 2015 mis le déficit public sous la barre des 3 %.
Alors, disons le tout net, il faut supprimer plus de 7 % des dépenses publiques, soient plus de 70 milliards d’euros. Rien que cela ! Mais alors pourquoi les retraites ? Parce que les retraites représentent le quart des dépenses publiques !
Alors que le mouvement réformateur néo-libéral a déjà fait baisser le niveau des retraites de plus de 20 % grâce aux contre-réformes régressives de 1987 et 1993 de la droite et que la gauche solférinienne n’a jamais remises en cause, nous en sommes aujourd’hui à un déficit des régimes de retraite et de chômage de 17,5 milliards d’euros. Selon l’OFCE, la dépression due à la crise représenterait à elle seule 23,5 milliards d’euros (ce qui coûte 5 % des emplois et donc des cotisations, toujours selon l’OFCE). On voit donc bien que l’oligarchie qui est avec une partie importante des couches moyennes supérieures la seule bénéficiaire du système capitaliste actuel et de sa crise est donc directement responsable de ce déficit des régimes de retraite et de chômage.
S’ajoute à cela que les cadeaux fiscaux et sociaux donnés par la droite et la gauche solférinienne à l’oligarchie (on n’est jamais si bien servi que par soi-même) et à la majorité des couches moyennes supérieures, leur ont permis d’avoir des régimes de retraite par capitalisation qui aujourd’hui ont un excédent de 6,8 milliards d’euros.

Combler aujourd’hui le déficit du régime des retraites impliquerait une hausse de 2,2 % des cotisations ou une baisse des prestations de chômage et de retraites de 5,4 %. Tout le monde comprend bien que cela aurait comme conséquence de faire baisser la consommation, donc le PIB, et ferait s’enfoncer notre pays dans une spirale récessive d’austérité de plus en plus forte et sans fin.
Selon les dernières projections du COR  dans son scénario médian B, le déficit actuel de 0,6 % du PIB deviendrait 1 % en 2020 et 0,9 % en 2040. Ensuite, le COR prévoit à terme une baisse arithmétique du chômage, due à l’inversion de la courbe démographique, qui garantirait les retraites qui suivraient. La difficulté étant donc, d’après l’OFCE, principalement conjoncturelle, il n’y a donc pas de quoi alarmer tous les Landernau de France et de Navarre !

Pourquoi nous contestons les hypothèses du COR

Nous sommes partis des prévisions du COR car celui-ci est formé par les économistes choisis par l’oligarchie et par les gouvernements. Donc ceux qui sont soumis à l’idéologie de l’oligarchie et des médias dominants ne peuvent pas en nous lisant contester ce début de discours. Ouf ! Mais en fait, nous sommes incorrigibles et nous contestons :

  • l’hypothèse de croissance de 1,6  l’an en moyenne de 2011 à 2020, parce qu’elle a toutes les chances d’être nulle, au moins jusqu’en 2014 compris ! Il faudrait qu’elle soit ensuite de 2,4% l’an !
  • l’hypothèse de croissance de 1,6 % jusqu’en 2060 en moyenne. L’économie française retrouve durablement la croissance moyenne de 1,6 % avec une hausse de la productivité du travail de 1,5 % par an ; le PIB de 2040 serait de 1,6 fois celui de 2011 ; celui de 2060, 2,25 fois (!) : les contraintes écologiques sont totalement oubliées ;
  • l’acceptation d’une baisse importante du niveau relatif des retraites : le ratio pension moyenne/salaire moyen baisserait de 15,4 % de 2011 à 2040, puisque les salaires réels progresseraient de 1,5 % par an tandis que les salaires pris en compte et les retraites déjà liquidées, le minimum vieillesse et le minimum contributif seraient fixes en pouvoir d’achat. Sans cette baisse, le déficit en 2040 serait de 3,4 % du PIB. En fait, pour le COR, et pour les néo-libéraux de droite et de gauche, les retraites sont la variable d’ajustement implicite du budget.

La question de l’emploi

Les dépenses de retraite correspondent aujourd’hui à 13,8 % du PIB pour des recettes comptant pour 13,2 % du PIB. À noter que sans la crise, les dépenses actuelles ne représenteraient que 12,8 % du PIB, d’après l’OFCE. Retarder l’âge de la retraite ou augmenter la durée de cotisation en période de crise et d’augmentation du chômage, revient d’une part, on l’a déjà dit, à accroître le chômage, puisque aujourd’hui la majorité des seniors de plus de 55 ans sont déjà chômeurs. Et d’autre part, à reporter sur la précarité et le chômage des jeunes le poids de l’augmentation du taux d’emploi des seniors prévue par le COR, et souhaitée par les néo-libéraux de droite et de gauche.

François Hollande répond à cela par le contrat de génération permettant selon lui une aide pour tout tutorat d’un jeune par un ancien dans l’entreprise. Nous prenons date en disant que cela ne fera que développer un effet d’aubaine pour les employeurs, déjà « fortement choyés », sans que cela procure un retour sur l’emploi. Toutes ces gesticulations ordolibérales de la gauche solférinienne n’auront donc que peu d’impact sur le chômage et la précarité, parce que le « système » ne donne des taux de profit élevés que dans la spéculation financière internationale, pour le plus grand intérêt des « employeurs rentiers » qui dirigent le système avec la technostructure néo-libérale.

Son règne sans partage se transpose d’ailleurs au niveau mondial avec la lutte qui oppose les peuples à l’oligarchie de la gouvernance mondiale, formée du patronat multinational rentier, alliée à la technostructure néo-libérale et appuyée par les armées impérialistes.

Voilà pourquoi dans la politique de temps long, la solution alternative réside dans l’articulation globalisée entre :

- une politique de fort développement industriel dans le cadre d’une transition écologique,
- une politique volontariste de développement de la Recherche développement (R&D) industrielle,
- la promotion d’une armée d’entrepreneurs publics et privés allant de pair avec une politique chère à Keynes : l’euthanasie rapide des rentiers,
- le rétablissement d’une volonté politique centrale pour organiser ce virage alternatif,
- de nouveaux droits pour les salariés citoyens dans la démocratie politique, dans la démocratie sociale et dans la démocratie dans l’entreprise,
- le développement concomitant d’une sphère de constitution des libertés (école, services publics, santé et protection sociale) totalement dégagée des lois du marché capitaliste et organisée selon une démocratie sociale qui aille très au-delà des propositions du programme du Conseil national de la Résistance du 15 mars 1944 (« Les jours heureux »)

C’est la concomitance de ces principes (sans en oublier un seul !) qui peut assurer une transition vers la République sociale afin de développer les intérêts bien compris des couches populaires ouvrières et employées et des couches moyennes intermédiaires (soit 77 % de la population française). Pour les couches moyennes supérieures, cela implique de rompre avec l’oligarchie ordolibérale et l’économie rentière pour devenir des cadres salariés insérés dans les nouveaux processus de démocratie dans l’entreprise et même des entrepreneurs strictement dégagés de l’économie rentière, qui pourraient même se concevoir hors du pouvoir actuel de l’employeur.

Le modèle néo-libéral programme une baisse sans fin des retraites et des salaires. La seule question de stratégie politique est de savoir jusqu’à quand les citoyens salariésvont accepter cette évolution régressive. Que ce modèle soit renversé un jour est une nécessité historique.

Caractérisitiques de la phase néo-libérale actuelle

Aujourd’hui, conséquences de la crise structurelle du capitalisme, elles sont les suivantes :

- spirale sans fin des politiques d’austérité par processus continu de déformation du partage de la valeur ajoutée,
- privatisation des profits et socialisation des pertes,
- harmonisation par le bas de l’ensemble de la sphère de constitution des libertés, avec une hargne renouvelée contre le principe de solidarité du secteur de la santé et de la protection sociale - qui est de loin le principal budget humain public ;
- alliance néo-libérale entre l’oligarchie et les communautarismes et intégrismes ethniques, religieux et sociaux.

La spirale sans fin des politiques d’austérité par processus continu de déformation du partage de la valeur ajoutée se réalise d’abord par une baisse relative des salaires et des prestations sociales (dont les retraites), puis, lorsque ce n’est plus suffisant pour la survie du système (et nous y arrivons), par une baisse absolue des salaires et des prestations sociales.
La désindexation des retraites sur les salaires (remplacée par l’indexation sur l’inflation, moins favorable pour les retraites) engagée par Philippe Seguin, ministre dans le gouvernement Chirac 1986-1988, et entrée dans la loi Chirac-Balladur de 1993, est déjà responsable de plus de 30 % de baisse des retraites aujourd’hui.2
Ainsi va l’Europe ordolibérale, qui tente d’augmenter le taux d’emploi des seniors et de diminuer le montant des retraites : les pays à fort taux d’emploi des seniors ont un faible taux de remplacement, et vice versa.

2013 est donc l’année où le gouvernement solférinien a décidé d’adouber la proposition du Medef de sous-indexer par rapport à l’évolution des prix, les régimes ARRCO et AGIRC, c’est-à-dire les retraites complémentaires pour le privé qui concernent la majorité de la population. On sait déjà que le gouvernement s’apprête, dès la publication du rapport Moreau le 14 juin, de faire de même pour les retraites de base de la Sécurité sociale et pour les fonctionnaires et les régimes spéciaux.
Alors que la déformation du partage de la valeur ajoutée fait perdre plus de 180 milliards d’euros par an aux salaires et aux prestations sociales pour que l’oligarchie puisse spéculer dans la finance internationale, ils osent dire qu’il faut baisser les retraites pour que le système puisse fonctionner. Mais ce système n’est pas le nôtre. Ce système ne défend pas notre intérêt.

Voilà pourquoi nous devons nous préparer à soutenir la mobilisation que le mouvement syndical revendicatif est en train de préparer pour la rentrée.

Voilà pourquoi nous devons nous préparer à développer les initiatives d’éducation populaire en soutien au mouvement syndical et social, par la multiplication des conférences interactives, du ciné-débat, du théâtre-forum, des conférences théâtralisées. Nous avions répondu au mouvement social et politique en 2010 par la fourniture de conférenciers pour plusieurs dizaines d’initiatives. Nous sommes prêts à aujourd’hui à tripler la mise et à diversifier les formes de l’éducation populaire.

Trois millions de manifestants ont suffit pour se débarrasser de Nicolas Sarkozy sans nous permettre de bloquer la réforme des retraites. Eh bien là, il va falloir faire plus et plus fort en convaincant le plus grand nombre de nous rejoindre dans cette lutte centrale.

Unifions nos énergies dans cette bataille dès la rentrée de septembre en s’y préparant dès maintenant. Contactez le REP ou ReSPUBLICA !

  1. C’est le développement du communautarisme social tout aussi néfaste que le communautarisme ethnique et religieux ! Alors, où sont les laïques qui pratiquent la prééminence surplombante et qui veulent combattre certains communautarismes, mais pas tous les communautarismes ? []
  2. Henri Sterdyniak précise http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/notes/2013/note26.pdf : « Dans les régimes complémentaires, depuis 1996, de nombreux accords entre partenaires sociaux ont déconnecté la valeur du point (qui augmente au mieux comme les prix) et le prix d’achat du point (qui augmente parfois comme les salaires, parfois moins). Finalement, le taux de rendement a baissé de 11,95 % en 1996 à 8,25 % en 2012, soit de 31 %. ». []
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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 18:07

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http://www.lavie.fr/actualite/economie/une-carte-des-paradis-fiscaux-preferes-des-entreprises-europeennes-13-06-2013-41388_6.php


 

Le CCFD-Terre solidaire a publié hier, en partenariat avec la revue Projet, un rapport consacré aux filiales offshore de 50 grands groupes européens. Un document qui met en évidence concentration massive de ces sociétés dans les paradis fiscaux.

Alors que le prochain sommet du G8, qui doit se tenir en Irlande du Nord les 17 et 18 juin prochain, devrait notamment aborder la question de la lutte contre l'évasion fiscale, le CCFD-Terre solidaire et la revue jésuite Projet ont publié hier conjointement un rapport intitulé « Aux paradis des impôts perdus ». Ce document de 30 pages détaille notamment les implantations offshore des 50 premières entreprises européennes, et propose une carte qui met en évidence les paradis fiscaux préférés – en fonction d'une liste du Financial Secrecy Index qui les classe en fonction de leur opacité financière – de ces groupes pour leurs filiales à l'étranger.

On découvre ainsi que les destinations de prédilection des entreprises européennes sont, certes à des degrés d'opacité divers, les Pays-Bas, l'Etat du Delaware aux Etats-Unis, le Luxembourg, l'Irlande, les îles Caïmans, la Belgique, l'Autriche, la Suisse, Hong-Kong, Jersey...

De Peugeot à Total, en passant par Siemens, BMW, Carrefour, HSBC ou BNP-Paribas, les grandes sociétés européennes auraient ainsi 4858 filiales au total dans des paradis fiscaux, soit en moyenne 117 filiales chacune (29 % du total de leurs filiales à l'étranger). « Rien qu’aux Iles Caïmans, ils ont plus de filiales qu’au Brésil et deux fois plus qu’en Inde. Et au Luxembourg presqu’autant qu’en Chine », souligne le CCFD-Terre solidaire.

Télécharger le rapport complet

 

L'étude souligne aussi que près de 40 % des entreprises examlinées ne donnent pas la liste exhastive de leurs filiales. Les auteurs du rapport estiment ainsi qu'environ 1500 filiales pourraient avoir échappé à leur étude. Le champion en matière d'opacité serait d'ailleurs, toujours selon le rapport, le pétrolier français Total, qui reconnait détenir 883 filiales, mais ne donne le nom que de 179 d’entre elle, sans préciser leur pays d'implantation.

La Deutsche Bank occupe, de très loin, la tête du classement en terme de nombre d'implantations offshore, avec pas moins de 768 filiales dans des paradis fiscaux. Le groupe suivant dans la liste, Barclays, revendique lui « seulement » 345 filiales. La première entreprise française à être citée est BNP-Paribas, avec 214 filiales.

« Si elle ne constitue pas en soi une preuve d’évasion fiscale, cette concentration massive de filiales offshore va de pair avec une opacité comptable rendant illisible la localisation des 208 milliards d’euros de profits de ces entreprises en 2012. (…) Les solutions sont à portée de main, notamment la généralisation du reporting pays par pays pour tous les secteurs d’activité. Il faut maintenant le courage politique d’imposer cette règle de transparence aux multinationales, afin de relocaliser de façon plus juste la richesse créée, en particulier au bénéfice des pays en développement. » 

C'est à partir des rapports annuels des entreprises et de documents de référence déposés auprès des régulateurs boursiers que le CCFD-Terre solidaire et la revue Projet ont travaillé lors de la rédaction du rapport. Cette étude, bien que très probablement incomplète, constitue ainsi une étape importante vers une plus grande transparence financière des grands groupes. Ce sera désormais aux Etats du G8 de s'emparer du travail de l'ONG pour faire progresser la lutte contre cette forme très particulière d'évasion fiscale, qui se pratique aujourd'hui en toute légalité.

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Published by valenton rouge - dans Monde
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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 18:05

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Published by valenton rouge - dans Parti Communiste Français
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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 17:58

 

 

artoff257-117dd.gifSi son histoire fut brève (mars à mai 1871), la Commune de Paris a fait l’objet d’intenses investissements politiques, qui traduisent une mémoire complexe, souvent conflictuelle, dont ce livre très informé retrace les différentes étapes. Jusqu’à la Première Guerre mondiale dominent surtout les «mémoires vives» : celles des Versaillais qui condamnent l’événement à l’oubli ou à la rédemption, celle des «revenants» qui inventent après l’amnistie la «montée au mur», celle des républicains qui jouent la carte de l’apaisement conciliateur. De 1917 au centenaire de 1971, le Parti communiste, qui voit dans la Commune «l’aurore» d’une ère nouvelle, vampirise littéralement l’événement. Le drapeau fédéré trône dans le mausolée de Lénine, et c’est un de ses fragments que Gagarine emporte dans l’espace en avril 1961. L’aspect le plus neuf de l’ouvrage concerne les 40 dernières années : renouveau historiographique qui s’emploie, contre les approches téléologiques, à rendre la Commune à ses acteurs, souci d’intégration au «roman national», cannibalisme d’une extrême droite identitaire qui célèbre les «patriotes» de 1871, mais aussi permanence d’un discours versaillais, qui n’a jamais vraiment désarmé, et d’une lecture libertaire dont témoigne la belle couverture du livre, signée Jacques Tardi. D.K.

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 19:07

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Aux élections locales du 2 juin, le triomphe est sans partage pour la coalition du Centre de l’Harmonie, une alliance progressiste menée entre autres par les communistes du Parti socialiste de Lettonie (PSL). Ils remportent la première place dans la deuxième ville du pays, Daugavpils (23,02%) et réalisent de très bons scores, en nette progression, dans les troisième et quatrième villes du pays (16,7% et 20,6%). Mais le coup de tonnerre, c’est la victoire écrasante du Centre de l’Harmonie à Riga, la capitale. La coalition avait déjà remporté la mairie en 2009, avec alors 34,6% et 29 sièges au conseil municipal. Aujourd’hui, avec comme candidat Nils Ušakovs, jeune économiste de 33 ans, le Centre de l’Harmonie a remporté 58,5% des voix, et 39 sièges sur 60. (solidarite-internationale-pcf, 10 juin)

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 18:43

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http://www.legrandsoir.info/ces-villes-gerees-par-l-extreme-droite.html

 

 

 

 

Des électeurs :


«  On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». 

Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement «  des laboratoires du FN ».


Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, Marignane, Toulon et Orange, «  villes expérimentales » des méthodes à élargir au pays tout entier.

Constatons le carnage en matière de finances, emploi, social, culture, sécurité, démocratie, droits des travailleurs et respect des lois de la République.


A Vitrolles


Catherine Mégret est élue maire le 9 février 1997(1). La dette de la ville augmente. La Chambre Régionale des Comptes de Provence Alpes Côtes d’Azur s’inquiète du budget municipal.

Une prime de naissance de 5 000 francs est octroyée aux familles françaises. Catherine Mégret est condamnée pour discrimination à la prime de naissance.


En juin 1997, le Lycée Pierre Mendès-France refuse d’inscrire Sofia Touzaline, lycéenne née en France de parents Algériens. Une conseillère d’orientation du lycée rapporte avoir entendu le proviseur dire, à propos des élèves de l’internat : «  Il faut faire le tri ; les gris d’un côté, les blancs de l’autre ». Le MRAP et SOS-Racisme se portent parties civiles. En 1998, la proviseur est suspendue de ses fonctions par le recteur d’académie d’Aix-Marseille.


La municipalité décrète la fin des repas de substitution sans porc dans les cantines scolaires. Alain Darmuzey, directeur d’école du Liourat et surveillant de cantine est relevé de ses secondes fonctions par Catherine Mégret, car il a refusé de lui serrer la main.


L’association pro-FN « Fraternité française » (2) reçoit de fortes subventions. La mairie ferme des centres aérés et la mission prospection de «  Vitrolles Emploi Formation ». L’association Vitrolles-Kiffa est jetée hors de ses locaux. Des subventions aux syndicats et associations humanitaires sont supprimées. La municipalité tente de s’expliquer : «  Les vraies associations (…) reçoivent une aide financière (…). Pour elles, les subventions ont augmenté de 40%... ».


La mairie limoge la directrice du cinéma Les Lumières pour avoir proposé des courts-métrages portant sur la prévention du sida. En contrepartie, l’équipe de Bruno Mégret «  s’est efforcée d’obtenir la construction d’un vaste complexe cinématographique de type multiplexe dans la zone commerciale ». Le FN-MNR remplace les cinémas d’art et d’essais par de la malbouffe culturelle produite à la chaîne.


Catherine Mégret tient des discours racistes dans le journal Allemand Berliner Zeitung : « les immigrés l’esprit colonialiste ; les immigrés [... ], ils font je ne sais combien de gamins, qu’ils mettent dans la rue. Ils font des gamins pour toucher des allocations, ils ne les élèvent même pas. [...] Vous interrogez n’importe qui, à part une personne de mauvaise foi, on va vous répondre qu’effectivement il y a des différences entre les races, il y a des différences entre les gènes. C’est ce que disait M. Le Pen. ».


La mairie licencie des agents sociaux et certains contractuels municipaux (150 agents sur 1 000 en 4 mois). En Août 1997, la Justice annule 31 licenciements car «  le motif d’économie avancé pour justifier la délibération du 30 août 1997 ne peut être regardé comme établi ». L’arrivée de la nouvelle équipe signe le départ de cadres municipaux consécutif aux méthodes FN.

En novembre 1997 «  Dans la nuit du 4 au 5, vers 3 h 30, un commando d’une dizaine d’hommes vêtus de noir, cagoulés et armés de battes de base-ball attaque le piquet de routiers grévistes du carrefour de l’Anjoly. Le matraquage fait trois blessés et des dégâts matériels... ».

En décembre 1997, 5 conseillers de Vitrolles sont mis en examen pour «  complicité de violence en réunion, avec arme et préméditation » et «  complicité de destruction de biens » après l’agression des routiers grévistes.


«  Il faut faire de la répression, c’est-à -dire il faut punir, poursuivre, attraper ceux qu’on connaît » affirme Catherine Mégret au Berliner Zeitung. Les éducateurs de rue et agents de prévention sont remplacés par des policiers. Bruno Mégret se vante d’avoir multiplié par deux les effectifs de la police, d’armer les policiers municipaux, de développer la vidéo-surveillance, le «  patrouillage », les brigades d’interventions rapides… L’augmentation du nombre de policiers municipaux n’améliore pas les chiffres de l’insécurité. Ni la sérénité. Les policiers de Mme Mégret sont surnommés les «  ninjas » à cause de leur tenue et de leurs gros bras.


Les animateurs du bar musical Le Sous-Marin sont accusés par la mairie de création de fausse monnaie et de trafic de drogue. Ils sont contraints de s’installer à Gardanne. Puis, Catherine Mégret est condamnée pour «  effractions et voie de faits » (murage du bar musical) et pour diffamation à l’encontre de l’association culturelle Productions du Sous-Marin.


La mairie redéfinit «  l’identité provençale » : la rue Nelson Mandela est rebaptisée Place Provence, un blason modifie du drapeau de la ville qui devient «  Vitrolles-en-Provence ».

La municipalité rénove les églises et les lieux de cultes. Bruno Mégret affirme que la municipalité «  a entrepris de valoriser nos racines (…). La chapelle de vie au sommet du Rocher a été rénovée ainsi que les cheminements qui y conduisent. Dans le Vieux Village, la réhabilitation intégrale de l’église Saint-Gérard a été lancée ». Le 15 février 1998, Bruno Mégret annonce sur France 2 qu’il n’y aura pas d’emploi-jeunes à Vitrolles.


L’équipe municipale pratique ouvertement la discrimination sociale. Bruno Mégret affirme sur son blog : «  La municipalité a entrepris de donner systématiquement la priorité aux Français dans la limite des possibilités légales. (…). Les emplois au sein de la mairie sont accordés en priorité aux Vitrollais français. Les certificats d’hébergement et les mariages blancs supprimés. Quant aux aides sociales, elles s’efforcent, dans la limite des lois actuelles, de privilégier systématiquement nos compatriotes. Bien que la ville possède peu de logements HLM depuis que l’ancien maire PS a bradé le parc immobilier de la SAVEM, l’équipe Mégret a cherché à favoriser systématiquement les Français dans l’octroi des logements ».


L’élection du 24 juin 2002 est annulée par décision du Conseil d’Etat suite à un tract diffamatoire reprochant à un candidat d’avoir «  abusé sexuellement d’une personne en position de faiblesse psychologique ».


Un conseiller municipal FN est rayé des listes électorales par le tribunal d’instance de Martigues car il ne réside pas à Vitrolles.


Catherine Mégret est accusée de détournement de fond public : elle a fait envoyer aux frais de la commune des lettres aux maires de France pour appuyer la candidature de son mari Bruno Megret. Ce non-respect des règles de financement de campagne électorale à un coût : plus de 74 000 €. En 2006, elle est condamnée à cinquante milles euros d’amende, à un an d’inéligibilité et de frais divers ainsi qu’à huit mois de prison avec sursis. Quatre anciens cadres de la municipalité ont également été condamnés à des peines allant de trois à quatre mois de prison avec sursis et à une amende de 1.500 euros


En mars 2009, le communiste Richard Dubré, secrétaire de la section de Vitrolles et membre du secrétariat fédéral du PCF est agressé au poignard. «  Attendant la proclamation des résultats de l’élection législative de la 9e circonscription des Bouches-du-Rhône, il se trouvait sur le parvis de l’hôtel de ville, lorsqu’une quinzaine de gros bras du FN du Var lancent des grenades lacrymogènes avant de se lancer contre le militant communiste qu’ils montraient du doigt. (…). Un des agresseurs s’approche et le poignarde. La lame est passée à deux centimètres du foie. Le militant, hospitalisé, a deux côtes cassées. Un véritable miracle. Le criminel a été reconnu sur les photos prises pendant l’agression. Il devait être interpellé mardi dans la journée ». (L’Humanité, 31 mars 1999).


Bruno Mégret est satisfait de la gestion de la ville et de l’ambiance démocratique qui y règne. Sur son site, on peut lire : «  Aucun bouleversement, aucune violence, aucune atteinte aux libertés, aucune mise en cause des droits des Vitrollais ».


A Marignane


Le maire Daniel Simonpieri (3), augmente les impôts locaux. La Chambre Régionale des Comptes de Provence-Alpes Côte-d’Azur s’inquiète du budget de la ville.


Le Conseil municipal décide, le 24 juin 1996, de réserver les cantines scolaires aux seuls enfants dont les deux parents peuvent prouver qu’ils travaillent. Le 27 novembre, le tribunal administratif ordonne «  le sursis à exécution », c’est à dire «  la suspension de l’exécution » de cette délibération.


Le complexe de loisir prévu est remplacé par un supermarché.


Le 4 septembre 1996, Jean-Christian Tarelli, premier adjoint au maire demande à la directrice de la bibliothèque municipale d’interrompre les abonnements aux quotidiens Libération et La Marseillaise et à l’hebdomadaire L’Evénement du jeudi, pour les remplacer par trois publications proches de l’extrême-droite : Présent, Rivarol, National-Hebdo. L’achat de certains ouvrages par la bibliothèque municipale sera refusé «  pour des raisons économiques ». En revanche, début 1997, soixante-quinze livres rédigés par des auteurs du Front national ou d’extrême-droite sont commandés sans que les bibliothécaires en aient été avertis. Notons aussi la suspension des abonnements aux «  journaux de gauche » dans la bibliothèque pour les remplacer par des «  journaux d’extrême-droite ».


Raymond Lecler, ancien directeur de cabinet de la mairie fait un constat des dérives du maire : «  remboursements illégaux » ; «  5510 francs pour un repas de Jumelage » et «  4608 francs en frais de séjour pour déplacement au congrès du FN à Strasbourg »… Daniel Simonpieri affirme avoir payé de ses deniers la facture de l’hôtel Hilton et porte plainte pour diffamation.


Daniel Simonpieri supprime «  l’avant-veille de Noël, les subsides accordés aux Restos du coeur pour les hivers de 1993 et de 1994, par le précédent maire Laurens Delieul (divers droite) » et «  Un local et un camion avec chauffeur prêté pour aller chercher à Aubagne les quelque 1.200 repas que les volontaires de l’association distribuaient à 400 familles en difficulté ». En revanche, selon l’association marignanaise «  Alarme citoyens ! », la municipalité a porté la subvention du club de football local de 600.000 à 700.000 francs.


En 2009, Daniel Simonpiéri justifie son refus de voter des subventions au Mrap, par l’argument suivant : «  vote politique ».


Le 9 novembre 2011, il est condamné pour fausses factures et emplois fictifs à 12 mois de prison avec sursis, 10 000 € d’amendes et 5 ans d’inéligibilité.


A Toulon


Le 22 mars 1996, la municipalité de Toulon vote son premier budget (4). Contrairement aux engagements du maire, Jean-Marie Le Chevallier, de baisser les impôts, une augmentation de plus de 9 % est adoptée.


On constate une absence de politique cohérente et efficace en faveur des jeunes. La mairie se désinvestit des cités et coupe les subventions des associations qui agissent auprès des citoyens issues de l’immigration. La femme de Jean-Marie Le Chevallier est placée à la tête du Centre de loisirs et d’action sociale. Des associations pro-FN sont créées de toutes pièces telles que «  Jeunesse toulonnaise » destinées à organiser les colonies de vacances à la place du centre de loisirs et d’action sociale. Mal gérée, la structure est placée en liquidation judiciaire en 1999.


Les subventions aux associations sont revues : celle du Centre communautaire israélite est supprimée, le Secours Populaire n’obtient que 8 000 francs tandis que la Société des amis des chats bénéficie d’une subvention de 40 000 francs. La mairie maintient un budget associatif en direction des associations d’anciens combattants et des associations de pieds-noirs. Marek Halter est interdit de Fête du Livre et le groupe NTM interdit de spectacle.


La dérive de la municipalité contraint les opposants à en appeler à la Justice pour contester les décisions.


En 1997, Jean-Marie Le Chevallier est élu député de la 1re circonscription du Var, mais en 1998 son élection est invalidée pour triple infractions au financement de campagne.


Toujours en 1997, la municipalité est accusée de pot-de-vin et de monnayage d’attribution de postes administratifs : «  A Toulon (Var), c’est une histoire de pots-de-vin qui embarrasse la municipalité dirigée par Jean-Marie Le Chevallier. Son propre chef de cabinet, Philippe de Beauregard, par ailleurs conseiller municipal FN de Hyères, a en effet été mis en examen, mardi 6 janvier, pour « recel de preuve ». La justice lui reproche d’avoir, par son absence de réaction, en quelque sorte « couvert » un cas de corruption dans lequel une employée municipale, Dominique Notto, est compromise. Responsable des femmes de ménage à la municipalité, elle est accusée d’avoir monnayé, en juin 1997 - 30 000 francs en petites coupures - l’attribution de deux postes administratifs ». (L’Express, 15 janvier 1998).


En 1999, Jean-Marie Le Chevallier quitte le Front National. Il est condamné en 2003 pour subornation de témoins dans l’affaire du meurtre de son directeur de Cabinet, un ancien légionnaire. Ce dernier avait été tué par son amant et non par des opposants. Le maire avait fait pression sur des employés municipaux pour que la première piste n’apparaisse pas.


A Orange


Le 18 octobre 2011, la Chambre Régionale des Comptes de Provence-Alpes Côte-d’Azur pointe des irrégularités dans la gestion municipale à Orange. La mairie augmente «  la surtaxe » de l’eau. On constate un isolement de la ville, lié à ses difficultés pour travailler avec les communes limitrophes. La mairie finance seule les grands travaux entrepris. Elle est contrainte de provisionner à hauteur de 11 millions de francs pour payer les amendes et les pénalités.


Dans la ville, il s’est installé un climat de délation, de peur et d’angoisse pour le personnel municipal. Les insultes et les vociférations fusent de la part de maires adjoints.


Les élus d’opposition déplorent l’attitude népotique du maire et l’absence de recherche de consensus. Le neveu de l’épouse de Jacques Bompard est placé à la tête de l’Office du tourisme...


Jacques Bompard (5), aussitôt élu, décide de supprimer la subvention municipale de 1 million de francs permettant l’organisation des Chorégies (le plus ancien festival français : première présentation en 1869). Après plusieurs semaines de polémique, le ministère de la culture se substituera à la ville. En matière de culture, la municipalité fait des choix : elle invite le groupe Fraction Hexagone qui chante «  Une balle pour les sionistes, une balle pour le cosmopolitisme et une balle pour la police ».


Côté sécurité, on assiste à une augmentation de la petite délinquance.


Sous prétexte de maintenir la propreté de la voirie, le maire interdit la distribution de tracts anti-FN. L’hygiénisme sert de prétexte à l’absence de démocratie.


J.-Y. Le Gallou, secrétaire national du FN affirme sans vergogne «  Dans ce pays assez totalitaire, les villes FN sont un espace de liberté locale, comme lnternet à l’échelle mondiale ».

L’aménagement urbain est à deux vitesses : embellissement du centre ville et absence de rénovation des quartiers populaires. On assiste à une ghettoïsation des quartiers. «  En visite dans le quartier, il y a peu, pour « écouter » les doléances des habitants, le maire s’est ainsi contenté de les renvoyer vers leur logeur HLM, Mistral Habitat. « A vous de faire la police », leur a-t-il dit. Jacques Bompard a d’autres priorités : la rénovation, à grands frais, de l’avenue de l’Arc-de-Triomphe, censée assurer sa réélection en 2007. Et que nul ne vienne le contrarier dans ses projets ! ». (L’Express.fr, 25 juillet 2002).


La mairie limite le nombre d’enfants dans les cantines scolaires, mais le cours Aristide-Briand (entrée de la ville) avec son rond-point fleurit et ses jets d’eau fait le bonheur de certains électeurs. La mairie supprime les cars de ramassage vers les Centre Aérés, elle coupe le budget d’associations à caractère social.


En 2010, Jacques Bompart, qui avait connu une garde à vue en 2009, est mis en examen pour prise illégale d’intérêts.


Selon Bruno Mégret : « Jacques Bompard est le seul nationaliste du département à faire du bon boulot. Orange, sa ville, est nickel. Il y opère une gestion exemplaire que je souhaite voir étendue aux autres villes. C’est pour ça que je lui apporte mon soutien... ».


Le Bilan  :


En matière de gestion  : hausse des impôts et endettement des villes,
isolement financier et abandon de projets.


En matière d’emploi  : répression des travailleurs et discriminations à l’embauche, mises au placard et licenciement d’agents municipaux, gestion par le stress.


En matière de politique sociale : abandons des défavorisés et des exclus, destruction du terreau associatif, attribution de subventions à la tête du client, haro sur la cantine, absence de politique en faveur de la jeunesse, logique de répression et abandon des politiques de prévention, ghettoïsation des quartiers.


En matière de culture : promotion des auteurs FN, assèchement du pluralisme culturel et promotion du foklorisme, attribution de subventions à la tête du client.


En matière de justice et de sécurité : dérives légalistes et magouilles politico-judiciaires, fausses factures et prises illégales d’intérêts, agression d’élus, propos racistes et xénophobes, détournements de fonds public, effractions et voie de faits, condamnations par les tribunaux, inéligibilités.


En matière de démocratie : népotisme et copinage, discrimination, non respect des promesses électorales. 


Sources : Critique internationale n°4 - été 1999 ; Didier-hacquart.over-blog.com/30-categorie-1080919.html 17 février 2001 ; Ere marine.fr, le site qui ne donne pas envie de voter Marine Le Pen ; Ina, 18 septembre 1997 ; L’Express, 15 janvier 1998 ; L’Express, 25 juillet 2002 ; L’Humanité, 11 novembre 2000 ; L’Humanité, 27 avril 2002 ; L’Humanité, 6 mars 1999 ; L’humanité, 25 février 1999 ; L’Humanité, 24 mars 1999 ; L’Humanité, 31 mars 1999 ; L’Humanité, 27 octobre 1999 ; La Provence.Com, 10 novembre 2011 ; La Provence.Com, 20 février 2009 ; La Provence.Com, 19 mars 2008 ; Le Monde, 26 février 1997 ; Le Monde, 02 Juillet 2009 ; Le Nouvel Observateur, 18 novembre 199 ; Le Nouvel Observateur, 7 octobre 2002 ; Libération, 30 décembre 1995 ; Libération, 17 octobre 1997 ; Libération, 6 janvier 1998 ; Libération, 9 février 1998 ; Libération, 18 octobre 2006 ; Mrap.fr (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) ; SOS Racisme.org ; Voltairenet.org ; Wikipedia.org… A lire également : Roger Martin, Main basse sur Orange : une ville à l’heure lepéniste, Calmann-Lévy, 1998.

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 18:37

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http://www.bastamag.net/article3117.html

 

 

Frappée par l’austérité, placée sous tutelle de la Commission européenne, la Grèce vient de franchir une nouvelle étape vers l’autoritarisme. Le 11 juin, le gouvernement a brutalement fermé par décret la radio-télévision publique. Sous prétexte de réduire le nombre de fonctionnaires, il se débarrasse ainsi d’un vecteur d’informations de plus en plus gênant. Au profit des chaînes privées, contrôlées par des intérêts économiques proches du pouvoir. Basta ! était aux côtés des milliers de manifestants qui ont entouré le siège de la radio-télévision pour retarder l’assaut des forces de l’ordre.

« J’ai appris l’annonce officielle à 18h. Je ne réalise pas encore », témoigne Tasos, technicien en CDD à la télévision publique. Le jeune homme regarde sa montre. « A partir de minuit je ne serai plus payé. Je suis allé ramasser mes affaires et mon ordinateur au cas où la police bloquerait l’accès du siège demain. » Bureaux et couloirs sont en pleine ébullition. Dehors, journalistes, artistes et députés des partis d’opposition se succèdent au micro, devant une foule de 10 000 personnes venues protéger la télévision d’une intervention des forces de l’ordre. Quand résonne le début de la première émission émise par la radio clandestine grecque pendant la résistance à l’occupation nazie, en 1941. Tout un symbole, alors que la démocratie grecque est mise entre parenthèse depuis que la Troïka (FMI, Commission européenne, Banque centrale européenne) impose ses plans d’austérité successifs.


Une partie de la population privée d’informations


Le gouvernement justifie sa mesure par l’injonction de la Troïka de supprimer 2 500 postes de fonctionnaires d’ici juillet. En fermant la radio-télévision et en licenciant ses 2 650 employés, le Premier ministre, Antónis Samarás, réalise d’un coup cet objectif. ERT et ses trois chaines de télévision constituent « un cas exceptionnel d’absence de transparence et de dépenses incroyables », a affirmé le porte-parole du gouvernement en annonçant la fin des programmes. « Cette décision est prise en dehors de toute raison. La télévision publique ne pèse pas sur le budget national car elle est financée par la redevance et la publicité, explique à Basta ! Nicky Tselika, rédactrice en chef du journal télévisé de l’ERT. L’État va même perdre de l’argent avec cette décision, car les chaines de télévision étaient excédentaires. »

 

Les véritables raisons de cette brutale décision ne seraient pas uniquement économiques. « Ils diminuent le nombre d’employés et œuvrent en faveur des chaînes privées, dont plusieurs sont contrôlées par des groupes du BTP », avance George Katerinis, du syndicat national des journalistes Poesy. Les chaînes privées récupèreraient ainsi l’audience, la manne publicitaire et les émetteurs de l’ERT. « La télévision publique était la seule à avoir une information à peu près neutre. Et la seule à émettre sur tout le territoire, jusque dans les îles grecques. Le gouvernement ferme l’accès à l’information à une partie de la Grèce, ajoute-t-il. C’est aussi la seule chaine à avoir des programmes éducatifs. Tout cela s’arrête ce soir. »


Dérive autoritaire


« La télévision publique est la seule à parler des grèves et des mouvements sociaux, analyse Adonis Kashitas, qui a travaillé pendant 30 ans comme cameraman. Ils veulent détruire tout mouvement de contestation, à commencer par l’information ». « Le gouvernement a complétement dévalorisé notre travail ces dernières années, complète Nicky Tselika. Voir les gens exprimer ainsi leur solidarité nous touche beaucoup. » Les principaux partis d’opposition sont venus apporter leur soutien aux employés de la radio-télévision publique : Syriza (la coalition de la gauche radicale), les « Grecs indépendants » (droite souverainiste opposée à l’austérité) et le KKE (Parti communiste), qui propose de diffuser les émissions de l’ERT sur la chaîne qu’il possède. Le parti néo-nazi Aube dorée (7% aux dernières élections) a annoncé qu’il soutenait la fermeture.

 

Cette suppression, en 24h, des principales chaînes de télévision du pays marque une nouvelle étape dans la possible dérive de la Grèce vers un régime autoritaire. La Constitution et le fonctionnement parlementaire ont déjà été largement bafoués par la coalition de droite et de centre-gauche lors des votes des mémorandums successifs soumis par la Troïka. Le gouvernement a cependant réussi à réveiller les ardeurs des défenseurs de la démocratie, épuisés par trois ans de manifestations et de grèves vaines. Les journalistes sont déterminés à occuper le bâtiment, tant que les forces de l’ordre ne réussissent pas à faire évacuer les lieux. Sur les chaines privées, les journalistes ont cessé leur travail jusqu’à 1h du matin en solidarité avec leurs collègues. Une grève générale est prévue jeudi à Athènes.

 

Ivan du Roy et Agnès Rousseaux

 

Voir la vidéo : Les images que la télévision publique grecque ne diffusera pas

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 07:01

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http://www.lematin.ch/sports/depeches/nageuse-australienne-mccardel-assaut-detroit-floride/story/28628683

 

LA HAVANE (Cuba), 11 juin 2013 (AFP) - L'Australienne Chloe McCardel, 28 ans, s'élancera mercredi de La Havane pour affronter courants, requins et méduses dans l'espoir d'être la première nageuse à traverser les 170 km du détroit de Floride sans l'aide d'une cage anti-requins.

"J'espère le faire en environ 60 heures", a affirmé à la presse la jeune Australienne qui doit plonger mercredi à partir de 10h00 (14H00 GMT) des quais du club nautique international Hemingway, dans l'ouest de la capitale cubaine.

"J'ai trois raisons pour me lancer", a expliqué la nageuse.

"D'abord, le record, cette distance est 50% plus longue que n'importe quelle distance qui a été nagée par n'importe qui entre deux points de terre dans l'océan".

"Deuxième raison, j'aimerais encourager de bonnes relations entre Cuba et les Etats-Unis et inviter beaucoup de touristes du monde entier à venir découvrir ce merveilleux pays".

"La troisième raison est que ma mère a eu un cancer du sein quand j'avais 14 ans et je fais cela pour les gens qui ont un cancer ou qui pourrait en avoir un dans le futur", a ajouté Chloe McCardel qui fait campagne depuis plusieurs années pour réunir des fonds destinés à la lutte contre le cancer.

Sans cage anti-requins, Chloe n'utilisera qu'un maillot normal, un bonnet de bain et des lunettes de nage, a-t-elle assuré. Elle compte s'alimenter toutes les demi-heures et protéger sa peau du froid et du soleil à l'aide d'une graisse spéciale.

Sa compatriote Susan Maroney avait été en mai 1997, à 22 ans, la seule nageuse à ce jour à avoir traversé le détroit, mais avec une cage anti-requins.

Chloe McCardel est la troisième depuis 2011 à tenter de relier Cuba et les Etats-Unis après l'Américaine Diana Nyad et l'Australienne Penny Palfrey, qui l'ont tenté quatre fois à elles deux.

L'Australienne a déjà remporté le prestigieux marathon de Manhattan, traversé six fois la Manche (34 km), mais sa plus longue course à ce jour a été de 100 km.

Durant la traversée, outre requins et méduses, elle affrontera surtout des courants marins très irréguliers et variables qui ont coûté la vie à de nombreux Cubains tentant de gagner la Floride sur des radeaux de fortune.

rd-jhd/bm

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 19:05

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http://www.histoiredraveilvigneux.com/lenine/pages/lenine_01.htm

 

 

ou
Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, en Essonne (à Draveil et à Longjumeau),
par Jacques Macé, historien.


Article publié en 2007 dans le N° 76 du
Bulletin de la Société historique et archéologique de l’Essonne et du Hurepoix (SHAEH),
Archives départementales de l’Essonne, Chamarande.

- Reproduit avec l’aimable autorisation de la SHAEH -



En février 1848, Karl Marx et son ami Friedrich Engels publient à Londres le Manifeste du Parti communiste, court texte qui analyse le développement du capitalisme international et qui conserve tout son intérêt à l’heure de la mondialisation. Il se termine par l’apostrophe célèbre : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ».


Marx décède le 14 mars 1883 après avoir publié le premier tome du Capital, ouvrage exposant sa vision philosophique de l’évolution des sociétés humaines ; Engels poursuit l’édition des trois tomes suivants et des écrits de son ami, avec l’assistance des deux filles de Marx et du français Paul Lafargue, époux de l’une d’elles.

Si la pensée de Marx et Engels imprègne le socialisme dès la fin du XIXe siècle, c’est au siècle suivant que cette idéologie va constituer pendant soixante-quinze ans - de la révolution russe de 1917 à l’écroulement du bloc soviétique - l’élément central de l’histoire de l’Europe, ainsi que de celle de nombreux pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Le russe Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, créateur du marxisme-léninisme, s’est trouvé à l’origine de cette lourde page d’histoire et la connaissance des événements, grands ou petits, de son existence entre donc légitimement dans le champ des études historiques. D’autant que Lénine, durant son exil en France de 1909 à 1912, a fréquenté deux communes de notre actuel département de l’Essonne.


Vladimir Ilitch Oulianov

Vladimir Oulianov naît en 1870 dans la petite ville de Simbirsk, au bord de la Volga à six cents kilomètres à l’est de Moscou, dans une famille de la bourgeoisie intellectuelle puisque son père est inspecteur de l’enseignement. Le tsar Alexandre II, qui a accédé au trône en 1855, au moment des défaites de la guerre de Crimée, ressent le besoin de transformer la société russe dont la population de soixante-dix millions, essentiellement rurale, est soumise depuis le XVIe siècle au système du servage, et d’ouvrir le pays à une industrialisation à l’occidentale. Cependant les réformes qu’il lance ne constituent que des demi-mesures car elles ne touchent pas aux privilèges de la noblesse qui possède 75% des terres cultivables. Après l’abolition du servage, les paysans ne deviennent pas propriétaires et doivent s’organiser en communautés villageoises (les mirs). Les classes moyennes réformistes se tournent, déçues, vers le socialisme, tandis que, dans les universités, de jeunes nobles, des fils de popes et de petits fonctionnaires adoptent des idées extrémistes, multiplient les attentats et reçoivent le nom de nihilistes. Alexandre II est assassiné à Saint-Petersbourg en 1881 et son fils Alexandre III lui succède. Vladimir Ilitch a alors 11 ans.

Alexandre III, traumatisé par la mort de son père, met un terme à l’évolution sociale du pays et déclare ‘‘le libéralisme révoltant et absurde’’. Il mène une politique autocratique appuyée sur une police et une bureaucratie omniprésentes, dénoncée notamment et sans grand effet par Tolstoï. Le tsar est l’objet de plusieurs attentats. Alexandre Ilitch Oulianov, frère aîné de Vladimir, compromis dans un projet d’attentat, est arrêté, condamné et pendu en 1887. A la suite de ce drame, Vladimir Ilitch, âgé de 17 ans, s’engage résolument dans la voie révolutionnaire, au côté de nombreux étudiants. Il termine ses études et devient avocat en 1892. Il plaide notamment en faveur des militants ouvriers et étudiants arrêtés, dans un style polémique à l’ironie féroce, qui attire rapidement sur lui l’attention des autorités. En 1894, il fait la connaissance de la militante Nadiejda Kroupskaïa (dite Nadia), qui deviendra son épouse quelques années plus tard. Puis il fait un premier voyage en Europe qui le conduit à Berlin, en Suisse et à Paris. Il y rencontre les responsables des divers mouvements socialistes et les nombreux révolutionnaires russes qui se sont exilés pour poursuivre leur action depuis l’étranger.

A son retour à Saint-Pétersbourg en décembre 1895, Vladimir Oulianov est arrêté et condamné à trois ans de relégation dans le village de Minoussinsk en Sibérie, près de la rivière Lena qui lui inspire à son retour en 1900 le pseudonyme de Lénine sous lequel il commence à publier ses réflexions d’exil. En 1894, Nicolas II a succédé à son père Alexandre III mais le nouveau tsar est un être hésitant, louvoyant, entièrement soumis à l’influence réactionnaire de sa famille et notamment à l’intransigeance de son épouse Alix de Hesse, très impopulaire en raison de son origine allemande. La politique d’industrialisation de Nicolas II à l’aide de capitaux étrangers (les fameux emprunts russes !) est compromise par la poussée démographique : la Russie passe de 125 millions d’habitants en 1895 à 174 en 1914. L’empire russe se lance dans une politique d’expansion à l’Est, vers la Mandchourie également convoitée par le Japon. La guerre russo-japonaise de 1904 se termine par une sévère défaite de l’armée et de la flotte russes à Port-Arthur. Grèves et manifestations se succèdent à Saint-Pétersbourg jusqu’au dimanche rouge 22 janvier 1905, où plus de mille personnes tombent sous les salves de la troupe devant le Palais d’Hiver. La Russie s’enfonce dans une crise profonde qui va conduire la dynastie des Romanov à sa perte.

Les révolutionnaires russes sont divisés en factions s’opposant sur la manière d’accéder au pouvoir. Alors que les mencheviks espèrent parvenir à une alliance démocratique avec la bourgeoisie libérale, Lénine devient le penseur et l’un des leaders du Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie ou POSDR (dit aussi bolchevik, c’est-à-dire majoritaire) qui prépare la prise du pouvoir par la violence et la dictature du prolétariat. Chargé de la rédaction et de l’impression de journaux qui sont diffusés clandestinement en Russie, Lénine mène son activité politique et poursuit ses recherches philosophiques et sociologiques depuis l’étranger, à l’exception d’un court retour en Russie après le dimanche rouge de 1905. Accompagné de son épouse et de sa belle-mère, il change fréquemment de lieu de résidence pour des raisons de sécurité. En 1901, il est à Munich, en 1902 et 1903 à Londres où il fréquente assidûment la bibliothèque du British Museum, à Genève et en Finlande de 1904 à 1908. Il publie alors les premiers ouvrages dans lesquels il développe les idées qui donneront naissance au marxisme-léninisme Que faire ? (1902), Un pas en avant, un pas en arrière (1904), Marxisme et révisionnisme (1908). Début 1909 enfin, Vladimir Ilitch, Nadia et sa mère, s’installent à Paris. Lénine recrute alors pour secrétaire-interprète une française nommée Inessa-Élisabeth Armand.

Celle-ci, née à Paris en 1874 dans une famille d’artistes, avait épousé un riche commerçant russe, avait vécu à Moscou et s’était engagée au côté des bolcheviks. Menacée d’arrestation, veuve, elle était rentrée en Belgique, puis en France en 1908. Musicienne, polyglotte, belle et très intelligente, Inessa Armand va rapidement devenir l’égérie de Lénine - avec le consentement tacite de Nadia Kroupskaïa   - et ne plus le quitter jusqu’en 1917.

1 Dans Ma vie avec Lénine, Nadia Kroupskaïa a écrit : « La maison s'éclairait quand entrait Inessa. Rien ne lui était indifférent, elle prenait tout à cœur ».


Lénine à Paris


A Paris, Lénine vit avec son épouse et sa belle-mère d’abord près du Parc Montsouris (24 rue Beaunier), puis de juillet 1909 à juin 1912 dans un petit appartement de deux pièces-cuisine situé 4 rue Marie-Rose dans le 14e arrondissement. Il consacre une partie de son temps à des travaux documentaires à la Bibliothèque nationale de la rue de Richelieu, où il se rend à bicyclette. La petite histoire a même retenu qu’il s’est fait voler son premier vélo devant la Bibliothèque nationale et qu’il a cassé une roue de son second vélo dans un trou de la chaussée en se rendant à Issy. Il s’intéresse aussi beaucoup au développement de l’aviation et il est un spectateur assidu des meetings tenus sur le terrain de Port-Aviation, à Paray-Vieille-Poste et Viry-Châtillon. Malheureusement, un jour de décembre 1909, il est renversé par un ‘‘vicomte en auto’’ en s’y rendant et son vélo est bien abîmé. Il écrit à sa sœur : « Je venais de Juvisy quand une auto a écrasé ma bicyclette (j’ai réussi à sauter). Le public m’a aidé à noter le numéro de l’auto et quelques personnes ont accepté d’être témoins. J’ai pu identifier le propriétaire de l’auto (c’est une vicomte, que le diable l’emporte) et maintenant je suis en procès avec lui, par l’intermédiaire d’un avocat. De toute façon, je n’aurais plus fait de bicyclette en cette saison : il fait froid ».


Lénine a un grand regret, celui de n’avoir pas connu son maître à penser Karl Marx mais, à la Bibliothèque russe de Paris, dirigée par un certain Charles Rappoport, d’origine franco-russe, il entre en contact avec Paul Lafargue, le gendre de Marx, membre de la Commission Administrative Permanente de la SFIO, le parti socialiste unitaire créé par Jean Jaurès en 1905. Les deux hommes, impliqués dans des combats parallèles, vont rapidement se lier d’amitié.

Paul Lafargue

Né à Cuba en 1842, Paul Lafargue compte parmi ses grand-parents un juif, une métisse créole et une caraïbe. « Le sang de trois races opprimées coule dans mes veines », dira-t-il. Etudiant en médecine à Paris en 1865, conquis par les idées socialistes, il milite si vigoureusement avec les étudiants blanquistes qu’il est chassé de l’Université et doit partir achever ses études de médecine à Londres. Dans la capitale britannique, il fréquente Karl Marx dont il devient le secrétaire. Marx, dont l’épouse Jenny est d’origine aristocratique, a trois filles qui ont reçu une éducation intellectuelle et sociale très poussée. La seconde, Laura, traductrice en anglais et en français des œuvres de son père, est une disciple ardente et convaincue de ce dernier. Paul et Laura se marient à Londres en 1868, reviennent en France juste à temps pour participer, à Paris et à Bordeaux, aux événements de la Commune, et doivent repartir vivre à Londres jusqu’à l’amnistie des Communards en 1880. Rentré en France, Paul Lafargue crée avec Jules Guesde le Parti Ouvrier Français, premier parti authentiquement marxiste, et parcourt les régions ouvrières pour y donner des conférences. Son activité politique et en faveur du droit syndical, notamment de la Journée du 1er Mai, lui valent plusieurs séjours en prison. Au cours de l’un d’eux, il écrit son ouvrage le plus célèbre, un pamphlet intitulé Le droit à la paresse, dans lequel il rend le monde ouvrier responsable de sa propre aliénation et préconise la réduction du temps de travail de 70 à . . . 25 heures par semaine (le but fixé par Lafargue n’est donc pas encore atteint). A Fourmies dans le Nord, le 1er mai 1891, la troupe tire sur des femmes et des enfants manifestant contre l’arrestation de grévistes et fait neuf morts. Lafargue, qui a tenu quelques jours plus tôt un meeting à Fourmies, est inculpé et condamné pour ‘‘incitation au meurtre’’ (un comble !) . Il est élu député de Lille pendant son incarcération et acquiert ainsi une grande célébrité populaire.

 


Friedrich Engels, issu d’un famille de riches industriels rhénans, vit à Londres et poursuit avec l’aide des Lafargue la publication des œuvres de Marx, après le décès de celui-ci. Il décède lui-même en 1894, léguant un quart de sa fortune à Laura Marx-Lafargue. Le couple Lafargue, qui a mené pendant trente ans une vie dramatique et misérable, décide de prendre un peu de repos et achète une belle propriété à Draveil, en Seine-&-Oise.
Celle-ci comprend une dizaine de pièces, de nombreuses dépendances, un parc et un jardin potager d’un hectare  . Ce domicile fera beaucoup jaser dans les milieux socialistes. Ne parlons pas de leurs adversaires ! Paul Lafargue reste cependant très actif au sein de la nouvelle SFIO, où il est chargé des relations avec les partis-frères allemand, anglais, roumain, hongrois, etc., avec l’assistance de son emblématique épouse, la ‘‘fille de Marx’’ comme on dit dans les milieux populaires.

La rencontre de Draveil


Lénine exprime à Paul Lafargue le vif désir de Nadia Kroupskaïa et de lui-même de faire la connaissance de Laura Marx. C’est ainsi qu’un beau dimanche de l’année 1910, Vladimir Ilitch et Nadia arrivent à bicyclette à Draveil3 . Cette journée est ainsi évoquée dans l’ouvrage de mémoires publié par Nadia Kroupskaïa, Ma vie avec Lénine : « Paul Lafargue et sa femme Laura, fille de Marx, habitaient Draveil, à 20 ou 25 kilomètres de Paris. A cette époque-là, ils se tenaient déjà à l’écart de l’activité pratique. Un jour, Ilitch et moi allâmes les voir à bicyclette. Les Lafargue nous accueillirent très aimablement. Ilitch parla avec Lafargue de son ouvrage philosophique tandis que Laura Lafargue m’emmenait faire un tour dans le parc. J’étais très émue : j’avais devant moi la fille de Marx ! Je la regardais avidement et dans ses traits, je cherchais malgré moi ceux de Marx. Toute confuse, je bégayais des choses incohérentes sur la Russie et la participation des femmes au mouvement révolutionnaire . . . »4.

3 Des amis ont offert à Lénine un vélo neuf !
4 Il est toujours possible de se promener dans le paisible et agréable parc de la maison Lafargue à Draveil en évoquant la rencontre de Nadia et Laura. S'adresser aux propriétaires qui sont très accueillants.


L’École de Longjumeau


i de 1911, Lénine et ses amis bolcheviks décident de créer à Paris une école pour assurer la formation politique d’ouvriers russes destinés à devenir de futurs cadres locaux du Parti, une sorte d’université marxiste. Pour échapper à la surveillance de la police secrète russe, l’Okhrana, qui a des agents dans toute l’Europe et n’hésite pas à recourir à des enlèvements ou des meurtres, ils décident d’implanter cette école dans une commune de banlieue animée, où le passage d’étrangers n’attirera pas trop l’attention.
Leur choix se porte sur la commune de Longjumeau, placée sur la fréquentée route de Paris et Orléans et bien desservie par le chemin de fer. L’école ouvre en mars 1911 au 17 Grande Rue, dans l’atelier de menuiserie d’un certain Léon Duchon, qui présente l’avantage de disposer d’une sortie de secours à l’arrière sur la rue Gustave Legrand. Deux mois plus tard, l’école est transférée dans deux autres locaux : au 60 et au 91 de la Grande Rue. Au 60, les cours sont donnés dans un atelier au fond de la cour ; Inessa Armand loue une partie de la maison et y loge des élèves.

Au 91, tout près de la rive de l’Yvette, Lénine, son épouse et sa belle-mère occupent un appartement dans la maison de M. Maire, fabricant de moutarde. La cour de cette maison présente l’avantage de permettre une sortie discrète par la rue des Écoles5. Le séjour des professeurs et des élèves a été étudié par l’Association Renaissance et Culture de Longjumeau, que nous citons ci-après : « Les élèves sont 18 ouvriers qui viennent de Saint-Pétersbourg, de Moscou, de Sormovo, d’Ekatérinoslav, de Nikopol, de Bakou, de Tiflis . . . Lénine avait recruté lui-même les professeurs : Zinoviev, Kamenev et Sémachko enseignèrent l’histoire du Parti Ouvrier Social Démocrate de Russie, Charles Rappoport, ami de Jean Jaurès, exposa l’histoire des luttes révolutionnaires en France, Riazanov l’histoire du mouvement ouvrier en Europe occidentale. Lunatcharski fit des conférences sur le droit constitutionnel et les questions budgétaires, Davidson sur le mouvement coopératif en Occident et Volski sur la technique du journalisme. Inessa Armand enseigna l’histoire du mouvement ouvrier en Belgique et dirigea un groupe qui se consacra à l’étude de l’économie politique. Quant à Lénine, il donna des cours d’économie politique, sur la question agraire et sur la conception matérialiste de l’Histoire ». La plupart des élèves de Longjumeau occuperont des postes importants durant la Révolution d’Octobre mais seront éliminés lors des purges staliniennes des années trente.


Nadia Kroupskaïa, qui trouvait Paris sale et sa population désagréable, se plut beaucoup à Longjumeau. Ainsi, le 26 août, elle écrit à une amie : « Volodia [diminutif de Vladimir] profite assez bien de l’été. Il s’est organisé pour travailler en plein champ, il fait beaucoup de bicyclette, se baigne et est satisfait de notre villégiature. Cette semaine, nous avons tous les deux roulé à bicyclette comme des fous. Nous avons fait trois promenades de 70 à 75 kilomètres chacune, nous avons parcouru trois forêts, c’était très agréable. Volodia adore ces randonnées où l’on part à six-sept heures pour rentrer tard dans la soirée ».



La fin des Lafargue


L’École de Longjumeau ne fonctionne qu’une saison et ferme le 30 août 1911. Lénine et les siens regagnent Paris où, comme les socialistes du monde entier, ils vont être trois mois plus tard, le 27 novembre, profondément éprouvés par l’annonce du double suicide des époux Lafargue. Au petit matin du dimanche 26 novembre, leur domestique découvre, dans leurs chambres respectives de leur maison de Draveil, les corps inanimés de Paul et Laura Lafargue. Selon l’enquête, Paul Lafargue avait fait une injection mortelle d’acide cyanhydrique à son épouse puis s’était lui-même suicidé par le même moyen. Il laissait un testament ainsi rédigé :
« Sain de corps et d’esprit, je me tue avant que l’impitoyable vieillesse, qui m’enlève un à un les plaisirs et les joies de l’existence et qui me dépouille de mes forces et physiques et intellectuelles, ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi-même et aux autres.
Depuis des années, je me suis promis de ne pas dépasser les 70 ans ; j’ai fixé l’époque de l’année pour mon départ de la vie et j’ai préparé le mode d’exécution de ma résolution : une injection hypodermique d’acide cyanhydrique.
Je meurs avec la joie suprême d’avoir la certitude que, dans un avenir prochain, la cause à laquelle je me suis dévoué depuis quarante-cinq ans triomphera. Vive le Communisme ! Vive le Socialisme International ! Paul Lafargue
» .

Cependant Laura n’avait laissé aucun document attestant de son adhésion à la décision de son époux et cet étrange silence a créé autour de la fin des Lafargue un malaise qui n’est toujours pas dissipé quatre-vingt quinze ans plus tard. Dans Ma vie avec Lénine, Nadia Kroupskaïa aborde le sujet : « Il prouvera bientôt, dit Laura de son mari, combien il est sincère dans ses convictions philosophiques, et les deux époux échangèrent un regard qui me parut bizarre. Je compris le sens de ces paroles et de ce regard plus tard, en apprenant la mort des Lafargue : ils se donnèrent la mort lorsque, la vieillesse venue, les forces leur manquèrent pour continuer la lutte ». Le couple était très uni mais jusqu’à quel point Laura, trois ans plus jeune que Paul, était-elle pleinement consentante ? Malgré ce point délicat, le suicide des Lafargue participe aux débats sur l’euthanasie et le droit de mourir dans la dignité qui agitent toujours la société française.

Les obsèques de Paul et Laura Lafargue au Père-Lachaise réunirent près de 20 000 personnes. Durant l’incinération de leurs corps, une dizaine de discours furent prononcés par les leaders socialistes venus de toute l’Europe. Au nom du Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie (nom officiel du parti bolchevique), Lénine lut un long discours en français. Nadia Kroupskaïa nous révèle qu’il l’avait écrit en russe et qu’il avait été traduit par Inessa Armand. En voici quelques extraits :
« Tous les social-démocrates de Russie ont appris à estimer profondément Lafargue comme l’un des propagateurs les plus doués et les plus profonds du marxisme, dont les idées ont été brillamment confirmées par l’expérience de la lutte des classes dans la Révolution et la Contre-révolution russes ; C’est sous le signe de ces idées que s’est groupée l’avant-garde des ouvriers russes, qu’elle a, par sa lutte de masse organisée, porté un coup à l’absolutisme et qu’elle a défendu la cause du socialisme, la cause de la révolution, la cause de la démocratie, malgré toutes les trahisons, les hésitations et les tâtonnements de la bourgeoisie libérale.
[. . .]
Dans l’esprit des ouvrires social-démocrates russes, deux époques se rejoignaient dans la personne de Lafargue : l’époque où la jeunesse révolutionnaire de France marchait avec les ouvriers français, au nom des idées républicaines, à l’assaut de l’Empire, et l’époque où le prolétariat français, dirigé par les marxistes, menait la lutte des classes conséquente contre tout l’ordre bourgeois, se préparait à la lutte finale contre la bourgeoisie, pour le socialisme [. . .]
Pour nous, social-démocrates russes, qui avons subi l’oppression de l’absolutisme, imprégné de barbarie asiatique et qui avons eu le bonheur de puiser dans les œuvres de Lafargue et de ses amis, la connaissance directe de l’expérience et de la pensée révolutionnaire des ouvriers européens, il nous est maintenant évident que le triomphe de la cause, à laquelle Lafargue a consacré sa vie, approche rapidement. La révolution russe a ouvert l’époque des révolutions démocratiques dans toute l’Asie et 800 millions d’hommes participent maintenant au mouvement démocratique dans tout le monde civilisé. En Europe se multiplient de plus en plus les signes précurseurs de la fin de l’époque où dominait le parlementarisme bourgeois, soi-disant pacifique, époque qui cédera la place à celle des combats révolutionnaires du prolétariat, organisé et éduqué dans l’esprit des idées du marxisme, qui renversera le pouvoir de la bourgeoisie et instaurera l’ordre communiste ».

Lénine et Kroupskaïa quittèrent Paris en juin 1912 pour poursuivre leurs activités plus près de la frontière russe, à Cracovie, puis en 1914 depuis Genève et Zurich avant de rejoindre Petrograd en 1917 avec la complicité des autorités allemandes. On connaît la suite.

NB : Les urnes contenant les cendres de Paul et Laura Lafargue ont été déposées au Père-Lachaise dans la sépulture de leurs neveux Longuet (enfants de Jenny Marx-Longuet, soeur de Laura), face au Mur des Fédérés.


La fin de Lénine et d’Inès Armand


Beaucoup se sont étonnés de la décision fatale prise par Lafargue alors qu’il semblait encore en peine possession de ses capacités intellectuelles et physiques. Il a justifié la précipitation de son geste en expliquant que, s’il attendait l’apparition de signes tangibles de dégradation de sa santé, il n’aurait alors sans doute plus la force de passer à l’acte. Lénine avait admiré la fin de Lafargue et déclaré qu’il fallait l’imiter.
Cependant, frappé à cinquante-trois ans par une grave sclérose cérébrale (due au surmenage selon la version officielle), il ne le fit pas - ou ne put le faire - et il mourut paralysé et grabataire le 21 janvier 1924. Inès Armand, membre du comité féminin du comité central du parti bolchevique, avait pressenti les dangers de la Révolution et son évolution sanguinaire. Elle resta néanmoins envoûtée par le magnétisme de Lénine, écrivant à un ami : « C’est un hypnotiseur, je ne peux pas me détacher de lui, mais je vous conseille de prendre vos distances ». Frappée par le choléra lors d’une mission dans le Caucase, elle décéda en septembre 1920. Lénine ne surmonta jamais la douleur de sa disparition6.

6 Inès Armand est la seule française inhumée sur la Place Rouge, le long de la muraille du Kremlin.


Le film Lénine à Paris


En 1979, le metteur en scène russe Serge Youkevitch a réalisé un film intitulé Lénine à Paris, évocation poétique du séjour de Lénine en France et de sa liaison avec Inessa Armand. Les scènes d’extérieur ont été tournées sur les lieux même de l’intrigue : à Paris, Draveil et Longjumeau notamment. Les acteurs sont russes, à l’exception du rôle d’Inessa confié à la comédienne française Claude Jade. L’arrivée à bicyclette de Lénine et Nadia chez les Lafargue à Draveil a été reconstituée et la longue discussion politico-sentimentale de Lénine et d’Inessa sur un banc du Parc Montsouris est considérée par les cinéphiles comme une scène d’anthologie.
Le film, sorti en 1980, a fait une belle carrière en URSS, aux USA et en France dans les salles d’Art et d’Essai. La version française peut être visionnée à la demande en projection privée au Forum des Images de la Cinémathèque de Paris, au Forum des Halles.

Jacques Macé


- Bibliographie -

. Nadiejda Kroupskaïa, Ma vie avec Lénine, Payot, Paris, 1933.
. Georges Cogniot, Lénine à Paris, Editions Messidor, Paris, 1967.
. Georges Bardawil, Inès Armand, La deuxième fois que j’entendis parler d’elle, J.C. Lattès, Paris, 1983.
. Jacques Macé, Paul et Laura Lafargue, du droit à la paresse au droit de choisir sa mort, L’Harmattan, Paris, 2001.
. Association Renaissance et Culture de Longjumeau, Lénine et l’École de Longjumeau, Le Citoyen,
magazine de la ville de Longjumeau, n° 130, juillet-août 2006.
. Vladimir Fedorowski, Le roman de la Russie insolite, Éditions du Rocher, 2004.
Un chapitre est consacré à Inès Armand, d’après des lettres extraites récemment des archives russes.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 18:42

marx.jpghttp://www.entente-setif.com/Le-Club-Africain-veut-450-000.html

 

Les choses se sont accélérées en ce qui concerne le transfert du Tchadien Karl Marx. Hammar a contacté son homologue du Club Africain qui est propriétaire du joueur. Erriahi exigera 450 000 contre la lettre de libération de Karl Marx. Ce dernier avait l’objet d’un prête au club marocain du Difaa Madani d’El Djadidah.


 Ce sera 200 000 euros pour un prêt


Devant les exigences du premier responsable du club africain, Hammar proposera une formule de prêt. On lui répliquera que cela ne peut se faire que contre le paiement de la somme de 200 000 euros. Hammar ne veut pas aller au-delà de 150 000 euros, avec en sus une option d’achat.


 Il coûterait près de 4 milliards pour une saison


On peut se demander si la solution Karl Marx est une bonne solution. Si un accord est trouvé pour la formule de prêt, l’ESS débourserait près de 2 milliards de centimes pour se faire délivrer le fameux document. Il faut ajouter à cette somme le cumul des salaires que percevra l’international tchadien durant une saison et qui s’élèvera à près de 2 milliards. Les comptes sont vite faits, Karl Marx coûtera à l’ESS la bagatelle de 4 milliards de centimes pour une seule saison. Le rapport qualité-prix est loin d’être au rendez-vous.

Pas plus de 12 000 euros pour Zerdab

Les négociations se poursuivent entre les dirigeants de l’ESS et l’ex-sociétaire de la JSMB, Zerdab. Le manager du joueur a informé les dirigeants sétifiens que Zerdab donnerait son accord pour un salaire de 20 000 euros. Les dirigeants sétifiens parlent eux d’un salaire de 12 000 euros et pas un sou de plus. Un autre entretien entre les deux parties est prévu ce mardi.

La piste Idrissa Sylla réactivée

Même si le Tchadien Karl Marx présente toutes les qualités d’un grand attaquant et il l’a montré en terminant meilleur buteur du championnat marocain, il coûtera très cher à l’ESS. De toutes les façons, il est plus cher que l’attaquant du Mans Idrissa Sylla. C’est ce qu’en pensaient les dirigeants de l’ESS qui ont renoué le contact avec l’international guinéen.

Khedhaïria comme intermédiaire

La direction du club sétifien a chargé Khedhaïria de contacter Idrissa Sylla. Les deux joueurs se connaissent très bien car ils ont évolué ensemble au Mans il y a de cela deux saisons.

Des sources de financement diverses

Les millions de dinars qui affluent vers l’ESS proviendraient de trois sources. D’abord des pouvoirs publics : la wilaya de Sétif ainsi que les collectivités locales verseraient, bon an mal an, plus de 10 milliards de centimes annuellement. Cela représente l’équivalent d’un peu plus de 20% du budget du club. L’octroi des financements se fait par échéancier « avec éventuellement des rallonges en fonction des besoins du club ».

Des grands et des petits sponsors

Deuxièmes « généreux » donateurs : les entreprises privées, surtout de téléphonie mobile. L’une d’elles est le principal sponsor de l’ESS. Une source sûre nous dira que le financement est à hauteur de 5 milliards de centimes. Suivent les autres entreprises de moindre importance. On ne connaitra pas avec exactitude la liste de ces sponsors. Il est aisé d’en connaître les principales, en voyant les sigles floqués sur les maillots des joueurs. Aux côtés des entreprises d’envergure nationale, figurent d’autres, locales. Enfin, une grande partie des financements proviendraient de sources diverses telles que les entrées au stade du 8-Mai-1945, les transferts de joueurs, les gains versés par les différentes instances pour les titres remportés par le club.

Ne pas refaire les mêmes erreurs !

Il nous l’a répété à plusieurs reprises le président de l’ESS qui regrette le fait d’avoir fait confiance les yeux fermés à d’autres personnes en ce qui concerne le recrutement de certains joueurs, effectué la saison passée.

Pour revivre les mêmes sensations

Il nous dira que lors de l’exercice à venir, un tout autre effectif défendra les couleurs de l’ESS. Hammar ajoutera avoir l’intention de mettre de gros moyens, cette année, pour mener à bien l’opération recrutement. Celle-ci, au vu des nombreux départs et du nécessaire dégraissage, sera d’envergure. Jusqu’à présent, il n’a pas le soutien du collectif d’industriels, qui hésitent à associer l’image de leurs entreprises à celle du club. Au cours de ce recrutement, Hammar a déjà fait signer cinq joueurs. Le boss sétifien veut que son club revive les fins de championnat palpitantes des deux dernières saisons et il est décidé à prendre toutes les précautions voulues pour cela.

Ce sera Belarbi

Tout porte à croire que ce sera Belarbi qui sera recruté pour seconder Khedhaïria dans la cage. Le sociétaire de l’ESM, qui est sollicité par plusieurs clubs, a donné son accord à Hammar et il pourrait parapher son contrat dans les deux jours qui viennent.

Faire des choix judicieux

Après avoir passé des folles nuits à fêter le titre, les inquiétudes des supporters sétifiens sont réapparues. L’objet de leurs préoccupations pour le moment est cette opération de recrutement qui, à leurs yeux, a commencé très tard alors qu’ailleurs, les autres équipes sont sur le point de la clôturer. Ce qui ajoute au désarroi des inconditionnels de l’ESS est que la direction du club n’a pas encore fait venir de grosses pointures, alors que le départ de plusieurs cadres de l’équipe se précise. Même si elles ne sont pas totalement justifiées, certaines craintes sont émises par les supporters. L’un d’eux nous dira : « Je crains que le scénario de la saison passée se répète, alors que les autres formations étaient en stage de préparation après avoir ficelé leur recrutement, nous en étions, nous à Sétif à chercher des joueurs. Au final, nous nous sommes rabattus sur des éléments de division inférieure et cela a failli nous coûter. » Il faut dire que jusque-là plusieurs joueurs se sont engagés avec le grand club de Sétif et que des contacts très avancés existent bel et bien avec une bonne demie douzaine d’éléments qui se sont montrés sous le maillot de leurs équipes lors de l’exercice qui vient de s’achever.

Les anciens sur le point de rempiler

Les négociations ont été menées dans le plus grand secret et les seuls interlocuteurs des joueurs qui ont été ciblés ont été Hammar et ses proches collaborateurs. Le président de Sétif, lorsque nous avons abordé avec lui, le sujet concernant le recrutement, nous dira : « J’ai entamé les discussions avec les joueurs qui sont encore sous contrat avec le club, et tous sans exception ont accepté de continuer l’aventure avec nous. Après cela, j’aurais à négocier avec ceux que nous voudrons garder et qui sont libres. »

Au cas par cas

Pour ce qui est des joueurs qu’il a l’intention de recruter, Hammar nous apprend : « Ce sera à l’entraîneur de décider. Ce seront des éléments expérimentés qui auront à encadrer les jeunes joueurs de l’effectif actuel et tout sera fait au cas par cas. » Cela n’empêche pas le boss sétifien de préparer largement le terrain au coach de l’équipe.

Source : Le Buteur

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Published by valenton rouge - dans Monde
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