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Découvrez la playlist valentonrouge avec Francesca Solleville

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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 18:32

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http://www.lavoixdunord.fr/region/un-ouvrier-se-brise-la-colonne-vertebrale-arcelormittal-ia17b47588n1322171

 

Ce 10 juin, ArcelorMittal et Nempon Mimeca (réparation de machines et équipements mécaniques) comparaissaient devant le tribunal pour exécution de travaux sans plan de prévention des risques préalables (ArcelorMittal et Nempon); infraction à la réglementation générale sur l’hygiène et la sécurité du travail (ArcelorMittal); blessures involontaires et mise à disposition pour des travaux temporaires en hauteur d’équipement de travail ne préservant pas la sécurité du travailleur (Nempon).

 

 

Le 5 octobre 2009, Marc est employé par Nempon via une agence d’intérim pour travailler comme manœuvre sur le site d’Arcelor. Avec un chef d’équipe et quelques collègues, il se trouve à plus de deux mètres de hauteur, sur une passerelle reliant deux plateformes entourées de rembardes (garde-corps).

Rapport de l’inspection du travail accablant

Ils doivent changer un moto-réducteur. Problème : il est si gros qu’il ne peut s’extraire qu’en démontant l’une des rembardes. Les ouvriers la remplacent par du ruban plastique. Mais le chantier de l’étage au-dessus leur envoie de grosses poussières et Marc et ses collègues décident de nettoyer ces poussières avec une lance à air comprimé.

Marc, soudain déstabilisé par de la poussière, chute et se fracture la colonne vertébrale deux mètres plus bas. Alors que Marc réclame des soins, son équipe le place d’abord dans une camionnette pour l’emmener sur le site de Nempon avant de le conduire finalement à l’hôpital. À qui la faute ?

Selon un inspecteur du travail, « quand des entreprises interviennent pour une société, il doit y avoir un plan de prévention qui doit prévoir les conséquences et risques de chaque entreprise intervenante. C’est ce qui sert de plan de travail pour chaque ouvrier. Là, on a une absence de prescription sur la manipulation du moto-réducteur, ce qui devait être une décision partagée entre Arcelor et Nempon. »

Quant à la poussière, qui « ne vient ni d’Arcelor, ni de Nempon », dès qu’on la constate, « on est censé dire : On arrête et on voit ce qu’on fait ». Là, « des salariés se sont trouvés à prendre des décisions eux-mêmes » et ont donc pris « la mauvaise décision » de la lance à air.

Des conclusions qui ont conduit le parquet à réclamer un total de 30 000 € d’amende contre Arcelor et 25 000 € contre Nempon.

Pour l’avocate de la victime, « Arcelor a failli dans la rédaction du plan de prévention et Nempon a fermé les yeux ». Ils n’ont pas « assuré leurs rôles ». Les avocats des deux sociétés poursuivies ont demandé une relaxe, se renvoyant la balle sur les responsabilités qui ont conduit à ce dramatique accident du travail. Quatre ans après les faits, la victime n’est toujours pas en état de travailler. Le tribunal a mis son jugement en délibéré. Il sera rendu le 21 juin.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 18:28

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Avec ce "Big Brother", les données numériques de tout internaute peuvent être communiquées aux services secrets américains. Alors, comment s'en protéger ?

 

Google, Facebook, Microsoft, Apple, Yahoo, AOL... Aucune firme (ou presque) n'échappe au scandale Prism, révélé jeudi 7 juin par le journal britannique "The Guardian". Ce programme de surveillance a été mis en place par les Etats-Unis pour suivre l'activité numérique d'un très grand nombre de personnes, au mépris de leur vie privée. Pour se faire, la National Security Agency (NSA) américaine récupère directement les données auprès des géants du Web. Les photos, fichiers, données, courriers électroniques, communications audio et vidéo par Internet sont susceptibles de tomber dans l'escarcelle des services de renseignements américains.

 

En mars, pas moins de 97 milliards d'informations ont été ainsi collectées par la NSA. Alors, comment peut-on protéger ses données personnelles sans fracasser son ordinateur portable sur le sol, jeter son smartphone par la fenêtre et revenir aux photos argentiques envoyées par voie postale ?

Naviguer sur Internet en toute discrétion

Exit Chrome de chez Google, Safari de chez Apple ou encore Internet Explorer de chez Microsoft. Si vous utilisez un de ces navigateurs, vos informations de navigation pourront être transmises aux services de renseignements américains. Vous devrez plutôt leur préférer Opera ou Firefox. 

Mais ces deux navigateurs ne vous permettront pas de masquer totalement votre identité. Pour cela, vous avez plusieurs choix : utiliser un serveur proxy qui vous permet de naviguer en utilisant une autre adresse IP que la vôtre ou utiliser le petit programme Tor qui vous permet d'utiliser Internet sans révéler votre véritable adresse IP ou toute autre information permettant de vous identifier. Cet outil vous permet de faire "rebondir" votre navigation de proxy en proxy choisis au hasard avant de l'envoyer jusqu'à chez vous. Ainsi, les sites Web ne pourront pas clairement vous identifier et penseront que vous êtes à Tokyo alors que vous naviguez depuis Paris.

Garder vos e-mails secrets

Oubliez Gmail, Yahoo Mail, Hotmail ou encore la messagerie d'Apple. Toutes vos communications passant par ces logiciels sont susceptibles d'être lues par les services secrets américains. Alors, il faudra revenir aux bonnes vieilles habitudes : La Poste.net, Voila.fr ou encore les services de messagerie proposées par votre fournisseur d'accès Internet.

Sécuriser vos discussions en ligne

Si vous utilisez un service de messagerie instantanée (tchat) comme ceux proposés par Google, AOL, Yahoo ou Microsoft, les journaux de vos conversations peuvent être lus par la NSA. Mais, pour que vos discussions restent privées, il existe une solution appelée OTR (pour "off the record") qui permet à l'utilisateur de crypter ses conversations sur le serveur afin de rendre impossible toute lecture. Pour utiliser OTR, vous et la personne avec laquelle vous dialoguez devrez vous servir d'un logiciel de messagerie instantanée qui le prend en charge.

Le Washington Post propose deux solutions : sur Mac, vous pourrez utiliser Adium qui fonctionne avec les logiciels de Google, AOL, Microsoft et Yahoo, entre autres ; quand les utilisateurs de Windows et Linux pourront utiliser Pidgin. Plus simple d'utilisation, FranceTv Info nous rappelle l'existence d'ICQ, un vieux logiciel de messagerie instantané depuis longtemps oublié.

Se socialiser sans être espionné

Fini Facebook ou Google +. Pour garder un contact numérique avec vos amis, il faudra privilégier des réseaux sociaux tels que Reddit ou Diaspora, plutôt déserts et austères, ou alors limiter le contenu que vous déposez en ligne. Seul point positif : Twitter échappe au scandale. Il faut dire que sur ce réseau social tout, ou presque, est déjà rendu public.

Faire des recherches en ligne sans que les Américains le sachent

Google, Yahoo, Bing peuvent potentiellement transmettre votre historique de recherche à la NSA. Alors, pour tout garder secret, il faudra opter pour un autre moteur de recherche et, là, vous avez l'embarras du choix. Pas certain toutefois que leur précision remplace celle de Google.

Pour que vos photos de vacances ne traversent pas l'Atlantique

Ne mettez plus rien en ligne sur Flickr, Instagram ou encore Picasa. Gardez précieusement vos photos sur votre disque dur ou, mieux, imprimez-les et mettez-les dans un album photo. Pour les partager avec vos proches, revenez à la bonne vieille clé USB ou à l'envoi par e-mail sécurisé.

Garder en sécurité les données de votre smartphone

L'affaire va, dans ce cas, se révéler beaucoup plus compliquée. Aujourd'hui, trois systèmes d'exploitation dominent le marché des smartphones : Android, Windows Phone et iOs. Or, Google, Microsoft et Apple peuvent potentiellement fournir les données de votre smartphone à la NSA. A moins de revenir au bon vieux Nokia 3310, il n'existe donc pas de solution pour sécuriser complètement vos données. Le salut pourrait venir, dans les prochains mois, de l'arrivée de Firefox OS pour équiper votre smartphone.

Passer des appels sans être écouté

On le sait depuis quelques années déjà, le réseau téléphonique classique est vulnérable aux écoutes. De nombreuses applications de téléphonie par Internet, comme Skype, peuvent aussi permettre d'espionner vos conversations. Mais le "Washington Post" pointe l'existence de deux applications de téléphonie par Internet, appelées Silent Circle et Redphone et censées empêcher toute écoute téléphonique, même orchestrée par la NSA. Comme OTR, elles offrent un cryptage qui empêche les sociétés qui gèrent le service de pouvoir accéder à vos appels non cryptés et donc de les remettre aux autorités fédérales.

Se déplacer sans crainte d'être épié

Non seulement la NSA sait qui vous appelez, mais aussi d'où vous appelez, en collectant les données sur l'emplacement de l'antenne réseau la plus proche. Cela lui donne la possibilité de savoir où vous vous trouvez à chaque fois que vous effectuez un appel téléphonique - et peut-être même entre les appels. Malheureusement, il semble qu'il n'y a pas de solution technique contre ce type de surveillance, votre opérateur ayant besoin de savoir où vous êtes afin de vous joindre lorsque vous recevez un appel téléphonique, souligne le "Washington Post". Une seule option demeure : éteindre votre téléphone ou, encore mieux, enlever sa batterie et/ou le laisser à la maison.


Vincent Bouquet - Le Nouvel Observateur

http://obsession.nouvelobs.com/high-tech/20130611.OBS2788/surveillance-du-web-comment-echapper-a-prism.html

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 17:59

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Mouâd Salhi - Investig’Action

 


La coupe d’Europe de football espoir se déroule en Israël du 5 au 18 juin. Beaucoup de voix se sont élevées pour boycotter cet événement qui occulte la situation d’occupation dans laquelle sont confrontés les Palestiniens. Mahmoud Sarsak est le symbole de cette indignation. Ce jeune attaquant de l’équipe nationale palestinienne, alors âgé de 22 ans quittait Gaza pour rejoindre la Cisjordanie et le club de Balata (Naplouse) qui venait de le recruter. Le 22 juillet 2009, il sera arrêté par l’armée israélienne sans inculpation ni jugement en détention administrative. Il sortira trois ans plus tard après une grève de la faim de 92 jours. Investig’Action est revenu sur l’histoire d’un homme au rêve brisé.

Pour quel motif avez-vous été arrêté ?

Tout d’abord, j’ai passé trois ans en prison sans chef d’accusation. Je me demande encore à cet instant quel était le motif de mon incarcération. L’armée israélienne m’a accusé de plusieurs choses. L’accusation majeure était que je faisais partie du djihad islamique. L’armée n’a pas pu le prouver. Je n’ai jamais eu affaire avec ce mouvement.

Comment vous est venue l’idée de la grève de la faim ?

Les raisons qui m’ont poussées à la grève de la faim sont multiples. La première est due aux injustices que j’ai subies durant mes trois années d’emprisonnement. Je n’ai pas été considéré comme un être humain. Pour le gouvernement israélien, je n’étais qu’un chiffre. J’ai été destitué de mes droits. Je ne pouvais avoir aucune visite. Je ne pouvais pas rencontrer un avocat. Je ne pouvais pas comparaître devant un magistrat impartial. C’est pour toutes ces raisons que j’ai entamé la grève de la faim. Je devais me libérer de cette situation d’abus, seul ! Des dizaines de sportifs sont enfermés sans aucun motif dans les geôles israéliennes. Le monde doit le savoir.

Etiez-vous au courant de la mobilisation en faveur de votre libération ?

Non, nous, prisonniers, ne savions pas qu’un élan de solidarité s’était mis en place. Nous étions complètement coupés du monde extérieur. Le gouvernement israélien le fait systématiquement et ce pour tous les prisonniers palestiniens. Nous étions enfermés dans des cellules dans une totale obscurité.

L’ambassadeur d’Israël en France a déclaré que «  certains sont footballeurs la journée et terroristes la nuit ». Que répondez-vous à cela ?

Malheureusement, les autorités israéliennes ressortent le même prétexte « terroriste » pour emprisonner des sportifs, commerçants ou étudiants. Pour se donner une belle image auprès de la communauté internationale, Israël agite toujours l’étendard du terrorisme pour justifier sa politique d’apartheid. Israël tue, détruit et emprisonne jour et nuit sans se soucier de qui que ce soit. Le gouvernement appelle Tsahal, l’armée de la défense. Il veut montrer au monde que cette dernière ne fait que se défendre, qualifiant à tort le peuple palestinien d’agresseur.

Deux de vos coéquipiers de l’équipe nationale palestinienne, Omar Abu Rouis et Mohammed Nimr sont encore emprisonnés. Etes-vous encore un contact avec eux ?

Je suis sans nouvelles de mes coéquipiers. Je tiens à rappeler qu’ils sont emprisonnés sans jugement.

Le président de la FIFA, Joseph Blatter s’est-il inquiété de votre situation ?

En effet, il s’est préoccupé de ma situation suite aux pressions qu’il a reçues de plusieurs sportifs et de personnes qui s’étaient mobilisées pour ma libération. Malheureusement, il ne se préoccupe pas de ce que subissent les autres joueurs encore incarcérés. Il ne se mobilise pas pour exiger leur libération.

Comment expliquez-vous le paradoxe du président de l’UEFA, Michel Platini qui s’est mobilisé pour votre libération mais qui dans le même temps a organisé l’Euro des -21 ans en Israël ?

En effet, il s’est mobilisé pour ma libération. Il avait menacé la délégation israélienne de ne plus organiser l’Euro espoir en Israël s’il m’arrivait quelque chose. Il y a deux ans, il s’était rendu en Palestine et avait vu de ses propres yeux la spoliation dont nous sommes victimes quotidiennement. Il avait décidé d’aider le sport palestinien et de mettre un terme aux injustices que subit le sport palestinien. Il n’a pas tenu sa parole. Il a fait volte-face suite aux pressions d’Israël. Il joue avec l’espoir des Palestiniens.

Vous êtes allés en France afin de participer à une campagne visant à obtenir l’annulation de l’Euro des -21 ans qui se déroule actuellement en Israël. Comment votre démarche a-t-elle été reçue ?

Je n’ai pas été qu’en France. J’ai aussi été en Belgique, Norvège, Pays-Bas, Italie, Grande-Bretagne et en Ecosse. Je me suis rendu compte de la mobilisation citoyenne qui nous soutient. Cependant, les autorités et institutions compétentes donnent un autre son de cloche. Elles donnent le feu vert à Israël pour poursuivre sa politique raciste. Preuve en est, aucun gouvernement n’a contesté l’organisation de l’Euro en Israël. Israël tue des sportifs, des enfants innocents, des civils. Israël bombarde des infrastructures sportives palestiniennes. Israël viole les droits de l’homme de tout un chacun, sportifs y compris.

Vous n’avez que 26 ans, avez-vous encore espoir de reprendre votre carrière de footballeur ?

Oui, j’ai des ambitions mais le fait que je sois à Gaza achève celles-ci compte tenu du blocus imposé. De plus, les infrastructures sont détruites suites aux bombardements de l’armée israélienne.

Quels sont vos joueurs de football modèles ?

J’en ai plusieurs. Tout d’abord Frédéric Kanouté qui a toujours été présent aux côtés du peuple palestinien, Abou Diaby, Zinedine Zidane et Eric Cantona qui a été l’un des premiers à me soutenir en demandant publiquement ma libération.

Si vous aviez un message à faire passer au nom du peuple palestinien, que nous adresseriez-vous ?

Le message au nom peuple palestinien que je peux donner est qu’il faut dénoncer toutes les atrocités que commet Israël à l’encontre des Palestiniens. Les citoyens européens doivent dénoncer la désinformation des médias mainstream qui tronquent la réalité. Israël est toujours présenté comme la seule démocratie du Moyen-Orient agressée par ses voisins. Les citoyens doivent dénoncer l’occupation, l’apartheid installés par cette dite démocratie. C’est en dénonçant cette face d’Israël que le citoyen européen fera avancer les choses dans la région.

Propos recuellis par Mouâd Salhi pour Investig’Action michelcollon.info

Dessin : yAce

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 13:28

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http://www.slate.fr/story/73421/bombe-atomique-staline-japon-capituler?google_editors_picks=true

Le rôle de Staline est minimisé, celui de la destruction d'Hiroshima et Nagasaki grandi, parce que ça arrangeait Américains et Japonais. 70 années de politiques nucléaires seraient-elles fondées sur un mensonge?

- Le B-29 Superfortress Enola Gay atterrit sur la base de Tinian dans les iles Marianne après avoir largué sa bombe sur Hiroshima, , le 6 août 1945. REUTERS/U.S. Air Force/Handout -

L'utilisation de l’arme nucléaire par les Etats-Unis contre le Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale fait depuis toujours l’objet d’un débat vif en émotions. Au départ, rares étaient ceux qui remettaient en cause la décision prise par le président Truman de larguer deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. Mais dès 1965, l’historien Gal Alperowitz affirmait que si les deux bombes avaient certes provoqué la fin immédiate de la Seconde Guerre mondiale, les dirigeants japonais avaient l’intention de capituler et l’auraient probablement fait avant la date de l’invasion prévue par les Etats-Unis, le 1er novembre 1945. 

Larguer deux bombes atomiques n’était donc pas nécessaire pour gagner la guerre. Depuis 48 ans, d’autres historiens sont entrés dans l’arène: certains rejoignant Alperowitz et dénonçant les bombardements et d’autres affirmant avec véhémence que les bombardements étaient moraux, nécessaires et qu’ils ont contribué à sauver des vies humaines.


Mais ces deux écoles de pensée s’accordent toutefois sur le fait que les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, avec de nouvelles armes puissantes, ont poussé le Japon à capituler le 15 août 1945. Elles ne questionnent pas l’utilité du bombardement au premier chef –en se demandant, au fond, s’il a eu l’effet escompté? La vision orthodoxe de cet évènement consiste à dire que tel fut bien le cas: les Etats-Unis ont bombardé Hiroshima et Nagasaki le 6 et le 9 août et le Japon, craignant de nouvelles frappes, a finalement choisi de capituler. Cette vision de l’histoire est fortement enracinée. Mais elle pose trois problèmes majeurs qui, mis bout à bout, contredisent de manière significative l’interprétation de la capitulation japonaise.

Le calendrier

Le premier problème posé par cette interprétation traditionnelle est un problème de calendrier. Et c’est un problème sérieux. Le calendrier de l’interprétation traditionnelle est des plus limpides: l’US Army Air Force (USAAF) largue le 6 août une bombe atomique sur Hiroshima, en largue une deuxième trois jours plus tard sur Nagasaki et le lendemain, les Japonais signifient leur intention de capituler. On peut difficilement reprocher aux journaux américains de barrer leur une avec des titres du genre «Paix dans le Pacifique: Notre bombe l’a fait!»

Dans l’histoire d’Hiroshima, telle qu’elle est racontée dans la plupart des récits historiques américains, le jour de ce premier bombardement – le 6 août – constitue une sorte d’apothéose narrative. Tous les éléments de la narration pointent vers ce moment particulier: la décision de fabriquer la bombe, les recherches secrètes à Los Alamos, le premier test réussi, et le point culminant d’Hiroshima.

Mais il est impossible d’analyser de manière objective la décision du Japon de capituler dans le contexte historique de la construction de la bombe. Présenter cette décision comme partie intégrante de «l’histoire de la bombe», c’est déjà présumer du rôle central de la bombe dans la capitulation japonaise.

Du point de vue japonais, le jour le plus important de cette deuxième semaine du mois d’août n’est pas le 6 mais le 9 août. C’est ce jour-là que le Conseil Suprême se réunit et, pour la première fois depuis le début de la guerre, discute de la capitulation sans condition. Ce Conseil suprême est composé de six membres de premier plan du gouvernement – une sorte  de cabinet intérieur – qui dirige, de fait, le Japon en 1945.

 


Avant cette date, les dirigeants japonais n’ont jamais sérieusement envisagé la capitulation. La capitulation sans condition (que les Alliés exigent) est une pilule un peu trop dure à avaler. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont déjà en train d’organiser des tribunaux pour juger les criminels de guerre en Europe. Que se passerait-il s’ils décidaient de juger l’empereur – considéré au Japon comme une divinité? Que se passerait-il s’ils décidaient de se débarrasser de l’empereur et de changer complètement le mode de gouvernement? Quand bien même la situation semble très mauvaise à l’été 1945, les dirigeants du Japon n’envisagent pas d’abandonner leurs traditions, leurs croyances pas plus que leur mode de vie. Jusqu’au 9 août.

Que s’est-il donc passé pour qu’ils décident de changer d’avis si soudainement et si radicalement? Quel événement peut expliquer  qu’ils se réunissent pour envisager pour la première fois une capitulation après 14 ans de guerre? (Les Japonais sont en effet engagés en Chine depuis le début des années 1930, NdT.)

En aucun cas, il ne peut s’agir du bombardement de Nagasaki, qui a lieu en fin de matinée, le 9 août, soit après que le Conseil suprême a commencé ses discussions à propos d’une éventuelle capitulation. La nouvelle du bombardement n’est connue des dirigeants japonais qu’au début de l’après-midi – après que la réunion du Conseil suprême s'est soldée par une impasse et que décision a été prise de convoquer l’intégralité du cabinet pour reprendre la discussion. Si l’on se fonde sur le calendrier seul, Nagasaki ne peut en aucun cas avoir été la motivation des dirigeants japonais.

Un délai de trois jours entre bombardement et réunion d'urgence

Hiroshima n’est pas un très bon candidat non plus. Le bombardement a eu lieu 74 heures – plus de trois jours – avant. Quelle crise met trois jours à éclater? La caractéristique première d’une crise est son caractère de désastre imminent accompagné du désir pressent d’agir immédiatement par ceux qui y font face. Comment se pourrait-il que les dirigeants japonais aient considéré que le bombardement d’Hiroshima constituait une crise et qu’ils aient mis plus de trois jours avant de décider d’en parler?

Le président John F. Kennedy était assis dans son lit, en train de lire les journaux du matin quand, vers 8h45 du matin, le 16 octobre 1962, McGeorge Bundy, son conseiller à la Sécurité nationale fit irruption dans sa chambre pour l’avertir que l’Union soviétique était en train de déployer, dans le plus grand secret, des missiles nucléaires à Cuba. En moins de trois heures, une commission spéciale était mise sur pied, les membres choisis, contactés, dépêchés en urgence à la Maison blanche et se trouvaient déjà autour d’une table pour discuter de la marche à suivre.

Le président Harry Truman prenait des vacances à Independence, dans le Missouri quand, le 25 juin 1950, les troupes nord-coréennes franchirent le 38e parallèle et envahirent la Corée du Sud. Le Secrétaire d’Etat Acheson appela immédiatement Truman ce samedi matin-là pour l’en avertir. En moins de 24 heures, Truman avait traversé la moitié des Etats-Unis en avion et se trouvait en réunion à Blair House (la Maison Blanche était alors en rénovation) avec ses principaux conseillers militaires et politiques pour évoquer les suites à donner à cet événement.

Même le général George B. McClellan, commandant l’Armée du Potomac (Unioniste) en 1862, pendant la guerre de Sécession, et dont le président Lincoln disait tristement «C’est pas un rapide», ne mit pas plus de 12 heures à réagir quand lui fut présentée une copie des plans d’invasion du Maryland par l’armée du général Lee.

Ces chefs —comme les dirigeants de n’importe quel pays dans le monde– ont répondu immédiatement aux impératifs d’une crise. Ils ont pris des décisions critiques dans un laps de temps très court. Comment expliquer, dès lors, le comportement des dirigeants japonais? Si Hiroshima a réellement provoqué une crise qui poussa, au final, les Japonais à capituler après avoir mené la guerre pendant 14 ans, comment expliquer qu’il leur a fallu trois jours pour s’asseoir autour d’une table et en discuter? 

On pourrait arguer du fait qu’il existe des explications rationnelles à un tel délai. Peut-être ont-ils mis du temps à comprendre l’importance de ce bombardement? Peut-être n’ont ils pas su qu’il s’agissait d’une bombe nucléaire et que, ayant enfin compris et réalisé les effets terribles d’une telle arme, ils se sont finalement rendus à l’évidence que la capitulation était la seule issue possible? Le problème, c’est qu’une telle explication est en totale contradiction avec les éléments dont nous disposons.

Premièrement, le gouverneur d’Hiroshima fait, le jour même du bombardement, un rapport à Tokyo, indiquant qu’un tiers de la population a été tué au cours de l’attaque et que les deux tiers de la ville ont été anéantis. Cette information n’a pas changé au cours des jours qui ont suivi. Le résultat et les effets de ce bombardement sont donc connus dès le début. Les dirigeants japonais connaissent donc les effets de l’attaque dès le premier jour, et pourtant ils ne font rien.

Deuxièmement, le rapport préliminaire préparé par la petite équipe de militaire envoyée à Hiroshima pour faire un rapport sur le bombardement, et qui expose dans le détail ce qui s’y est déroulé, n’est rendu que le 10 août 1945. En d’autres termes, il n’arrive à Tokyo qu’alors que la décision de capituler a déjà été prise. Si un rapport verbal est bien délivré (aux militaires) dès le 8 août, les détails du bombardement ne sont connus que deux jours plus tard. La décision de capituler n’est donc pas fondée sur une appréciation profonde et précise de l’horreur d’Hiroshima.

Le Japon savait ce qu'était une bombe nuclaire

Troisièmement, les militaires japonais savaient, au moins de manière grossière, ce qu’était une arme nucléaire. Le Japon avait, lui aussi, un programme nucléaire. Plusieurs militaires japonais mentionnent, dans leurs journaux intimes, le fait que c’est une bombe nucléaire qui a détruit Hiroshima. Le général Anami Korechika, ministre de la guerre, s’entretient même avec les responsables du programme nucléaire japonais le soir du 7 août. L’idée que les dirigeants japonais n’aient jamais entendu parler de l’arme nucléaire ne tient pas.

Pour finir, un dernier point de calendrier pose un problème fondamental. Le 8 août, le ministre des Affaires étrangères Togo Shigenori se rend chez le Premier ministre Suzuki Kantaro et demande que le Conseil suprême soit réuni pour discuter du bombardement d’Hiroshima, mais ses membres déclinent. La crise n’a donc pas gonflé, gonflé, gonflé pour finir par éclater le 9 août. Toute tentative d’expliquer la décision des dirigeants japonais par le «choc» causé par le bombardement d’Hiroshima doit prendre en considération le fait qu’ils ont envisagé de se réunir le 8 août pour en parler, ont finalement décidé qu’il ne s’agissait pas de quelque chose d’important, avant de décider soudainement de se rencontrer le lendemain pour évoquer une capitulation.

Deux explications à un tel comportement viennent à l’esprit: soit ils ont succombé à une forme de schizophrénie collective, soit un autre événement les a poussé à parler de capitulation.

 


Une question d’échelle

D’un point de vue historique, l’utilisation de la bombe atomique peut apparaître comme l’événement singulier le plus important de la guerre. Mais du point de vue des Japonais de l’époque, le largage de la bombe sur Hiroshima ne se distingue guère d’autres événements. Il est après tout bien difficile de distinguer une goutte de pluie au beau milieu d’un ouragan. A l’été de 1945, l’USAAF est en train d’effectuer une des plus intenses campagnes de destruction de centres urbains de l’histoire mondiale. 68 villes japonaises sont bombardées, et toutes sont partiellement ou intégralement détruites.

On estime à 1,7 million le nombre de personnes sans-abris, à 300.000 le nombre de tués, et à 750.000 le nombre de blessés. 66 de ces villes ont été attaquées avec des bombes traditionnelles, deux avec des bombes atomiques. Les destructions engendrées par les attaques conventionnelles sont immenses. Nuit après nuit, durant tout l’été, des villes entières partent en fumée. Au beau milieu de cette avalanche de destruction, il ne serait étonnant qu’une attaque ait fait plus impression qu’une autre – quand bien même elle a été effectuée avec une arme d’un nouveau genre.

Un bombardier B-29 décollant des îles Mariannes pouvait emporter –en fonction de la localisation de la cible et de l’altitude du bombardement, entre 8 et 10 tonnes de bombes. Un raid moyen était composé de 500 appareils. Cela signifie donc qu’un raid conventionnel larguait, sur sa cible, l’équivalent de 4 à 5 kilotonnes de bombes. (Un kilotonne représente un millier de tonnes et est l’unité de mesure standard des armes nucléaires. La bombe d’Hiroshima était de 16,5 kilotonnes, celle de Nagasaki de 20 kilotonnes.) Si l’on part du principe qu’une telle quantité de bombes répartit la destruction de manière homogène (et donc plus efficace), tandis qu’une bombe unique dépense la majeure partie de son énergie au centre de l’explosion – et que l’onde de choc est atténue au fur et à mesure par les ruines qu’elle provoque, on pourrait affirmer que certains de ces raids conventionnels approchèrent le potentiel de destruction des deux bombes atomiques.

Le premier de ces raids conventionnels a lieu sur Tokyo dans la nuit du 9 au 10 mars 1945 et demeure encore aujourd’hui comme le raid le plus destructeur jamais effectué contre une ville. Environ 40 kilomètres carrés de la ville sont réduits en cendre. On estime à 120.000 le nombre de Japonais qui périrent dans cette attaque – le bilan le plus lourd d’un bombardement aérien effectué sur une ville.

Nous imaginons bien souvent, parce que c’est comme cela que l’histoire nous est racontée, que le bombardement d’Hiroshima fut bien pire. Nous avons tendance à nous imaginer que le nombre de victimes bat tous les records. Mais si l’on dresse un tableau des morts par raids sur les 68 villes japonaises bombardées par les Américains à l’été 1945, Hiroshima est deuxième en nombre de morts civils. Si l’on dresse une liste du nombre de kilomètres carrés détruits par raid, Hiroshima est quatrième. Si l’on dresse une liste du pourcentage de la ville détruit par raid, Hiroshima est 17e. Hiroshima est donc une attaque tout à fait dans la norme des attaques conventionnelles effectuées cet été-là.

66 villes détruites par des frappes conventionnelles

De notre perspective, Hiroshima apparaît singulier, extraordinaire. Mais si l’on se met à la place des dirigeants japonais au cours des trois semaines qui précèdent le bombardement d’Hiroshima, l’image est considérablement différente. Si vous aviez été un des principaux membres du gouvernement japonais, votre vision des bombardement des villes japonaises aurait été la suivante: au matin du 17 juillet, vous auriez appris qu’au cours de la nuit qui venait de s’écouler, quatre villes avaient été attaquées (Oita, Hiratsuka, Numazu et Kuwana). Oita et Hiratsuka étaient détruites à plus de 50%. Kuwana était détruite à plus de 75% et Numazu plus fortement encore, près de 90% de la ville étant réduit en cendres.

Trois jours plus tard, vous auriez appris, toujours à votre réveil, que trois nouvelles villes avaient été attaquées. Fuiki était à 80% détruite. Une semaine plus tard, trois nouvelles villes étaient attaquées dans la nuit, dont Ichinomiya, détruite à plus de 75%. Le 2 août, en arrivant à votre bureau, vous auriez appris que quatre nouvelles villes avaient été attaquées. Et les rapports indiqueraient que Toyama était détruite à 99,5%. La quasi-intégralité de la ville était rasée. Quatre jours plus tard, quatre autres villes étaient attaquées. Et le 6 août, une seule ville, Hiroshima, était attaquée, mais les rapports indiquaient que les dégâts étaient importants et qu’un nouveau type de bombe venait d’être utilisé. Quel pouvait être le poids d’une telle attaque au vu des destructions massives qui s’étaient déroulées au cours des semaines précédentes?

Au cours des trois semaines qui précèdent Hiroshima, 26 villes japonaises sont attaquées par l’USAAF. Huit de ces villes –soit presque un tiers— sont autant, sinon plus détruites (en termes de pourcentage de la ville détruit) qu’Hiroshima. Le fait que 68 villes japonaises aient été peu ou prou rayées de la carte au cours de l’été 1945 pose une question sérieuse aux personnes qui voudraient faire d’Hiroshima la cause de la capitulation du Japon. Cette question est la suivante: Si le Japon a capitulé après l’anéantissement d’une seule de ses villes, pourquoi n’a-t-il pas capitulé quand 66 autres de ses villes étaient anéanties?

Si les dirigeants japonais se sont rendus à cause de la destruction d’Hiroshima et de Nagasaki, il serait logique de penser qu’ils se souciaient du bombardement des villes japonaises en général et que les attaques sur ces villes les poussèrent à accepter la capitulation. Mais il ne semble pas du tout que ce soit le cas. Deux jours après le bombardement de Tokyo de mars 1945, l’ancien ministre des Affaires étrangères Shidehara Kijuro exprime un sentiment qui semble traduire l’état d’esprit qui règne alors au plus haut sommet de l’Etat japonais. Shidehara affirme que «les populations vont progressivement s’habituer à être bombardées quotidiennement. Au fur et à mesure, leur sentiment d’unité et leur résolution ne feront que croître.» Dans une lettre envoyée à un de ses amis, il affirme qu’il est important que les citoyens japonais souffrent car «même si des centaines de milliers de non-combattants sont tués, blessés ou réduits à la famine, même si des millions d’habitations sont détruites ou incendiées», l’heure n’est pas encore venue de s’asseoir à la table des négociations. Il est bon de rappeler que Shidehara était un modéré.

 

Au plus haut niveau du gouvernement (au sein du Conseil suprême), les attitudes sont manifestement les mêmes. Si le Conseil Suprême discute de l’importance de la neutralité de l’Union soviétique, l’impact des bombardements des villes n’est pas évoqué en profondeur. Dans les comptes-rendus des réunions qui ont pu être préservés, les bombardements des villes ne sont jamais mentionnés, sauf en deux occasions. La première a lieu en mai 1945 et la seconde au cours de la discussion tous azimuts de la nuit du 9 août 1945. Au vu de ces documents, il est donc difficile d’imaginer que le bombardement des villes japonaises – comparé à d’autres évènements importants susceptibles de se dérouler lors d’une guerre – a pu avoir une quelconque signification.

Le 13 août, le général Anami remarque que les bombardements atomiques ne sont pas plus dangereux que les bombardements incendiaires auxquels les villes japonaises ont été soumises des mois durant. Si Hiroshima et Nagasaki ne sont pas pires que les bombardements incendiaires et si les dirigeants japonais ne prennent même pas le temps de les évoquer en profondeur, comment imaginer qu’Hiroshima et Nagasaki les ont poussés à capituler?

La signification stratégique

Si les Japonais n’étaient pas inquiétés par le bombardement de leurs villes en général et par le bombardement d’Hiroshima en particulier, quel était donc leur motif d’inquiétude? La réponse est simple: l’Union soviétique.

Les Japonais se trouvent dans une situation stratégique particulièrement délicate. Ils sont près de la fin d’une guerre qu’ils sont en train de perdre. La situation est mauvaise. L’armée demeure malgré tout puissante et bien approvisionnée. Près de 4 millions d’hommes sont sous les drapeaux et 1,2 million de ces soldats sont en garnison dans l’archipel du Japon.

Même les plus enragés des dirigeants japonais avaient parfaitement conscience que la guerre ne pouvait pas continuer. La question n’était donc pas de savoir si la guerre devait continuer mais comment faire en sorte qu’elle se termine dans les meilleures conditions possibles. Les Alliés (Etats-Unis, Grande-Bretagne, d’autres nations – l’Union soviétique est, rappelons-le, neutre à ce moment-là) ont exigé une «capitulation sans condition». Les dirigeants japonais espèrent encore pouvoir éviter d’être jugés pour crimes de guerre, conserver la forme actuelle du gouvernement et conserver au moins une partie des territoires conquis: Corée, Viêt-Nam, Birmanie, parties de la Malaisie et de l’Indonésie et une bonne partie de l’Est de la Chine et de nombreuses îles du Pacifique.

Pour obtenir une capitulation plus avantageuse, les dirigeants japonais ont deux plans, ou plutôt, deux options stratégiques. La première est diplomatique. En avril 1941, le Japon a signé, avec l’Union soviétique, un pacte de neutralité de cinq ans qui est donc censé expirer en 1946. Un groupe majoritairement constitué de dirigeants civils et mené par le ministre des Affaires étrangères Togo Shinegori espère que Staline pourrait se laisser convaincre de servir d’intermédiaire en vue d’un accord entre les Etats-Unis et leurs alliés d’un côté et le Japon de l’autre.

Même si ce plan a finalement fait long feu, il démontre que les dirigeants japonais étaient capables d’une pensée stratégique cohérente. Il était après tout dans l’intérêt de l’Union soviétique de s’assurer que les termes de l’accord de paix ne seraient pas trop favorables aux Etats-Unis: toute montée en puissance de l’influence américaine en Asie et dans le Pacifique signifiait en retour une perte d’influence et de pouvoir pour les Russes.

Une armée japonaise encore forte en août 1945

Le second plan était militaire et la majorité de ses défenseurs, avec en tête le ministre de l’Armée, Anami Korechika, sont des militaires. Grâce aux troupes au sol de l’Armée impériale, ils espèrent infliger des pertes très lourdes aux Américains quand ils envahiront l’archipel japonais. S’ils y parviennent, ils pensent alors qu’ils seront en position d’obtenir des Etats-Unis des termes plus favorable à une cessation des hostilités. Ce second plan était lui aussi voué à l’échec. Les Etats-Unis ne démordaient pas de la capitulation sans condition. Malgré cela, dans de nombreux cercles de l’armée américaine, de nombreuses personnes estimaient que le coût d’une invasion du Japon était prohibitif. La stratégie du haut-commandement japonais n’était donc pas totalement déconnectée des réalités.

La meilleure manière de savoir ce qui, du bombardement d’Hiroshima ou de l’invasion et de la déclaration de guerre de l’Union soviétique au Japon, a provoqué la capitulation de ce dernier consiste à comparer la façon dont ces deux évènements ont affecté la situation stratégique. Après le bombardement d’Hiroshima, le 6 août, les deux options sont toujours viables. Il est toujours possible de demander à Staline de servir d’intermédiaire (et les notes du carnet de Takagi en date du 8 août montrent qu’au moins quelques-uns des dirigeants japonais se demandent quelle serait la meilleure manière d’impliquer Staline).

Il est encore possible d’espérer une dernière grande bataille et d’infliger des pertes sévères aux Américains. La destruction d’Hiroshima n’a en rien réduit l’état de préparation des troupes enterrées sur les plages des îles de l’archipel du Japon. Certes, de nombreuses villes ont été détruites derrières ces rives, mais ces soldats sont toujours bien installés dans leurs casemates, ont des munitions à foison et leur potentiel militaire n’a pas été affecté de manière significative. En d’autres termes, le bombardement d’Hiroshima ne change pas la donne stratégique et ne ferme aucune des deux options japonaises.

Mais l’impact de la déclaration de guerre des Soviétiques au Japon et l’invasion de la Mandchourie et de l’île Sakhaline est d’une toute autre nature. Une fois que l’union soviétique a déclaré la guerre, Staline ne peut plus servir d’intermédiaire – il est à présent un belligérant. L’option diplomatique est donc réduite à néant par la décision des Soviétiques. L’effet sur la situation militaire n’est pas moins dramatique. La plupart des troupes d’élites du Japon ont été déployées sur les rives sud des îles de l’archipel du Japon.

L'assaut soviétique sur Sakhaline, Hokkaido en ligne de mire

Les militaires japonais avaient (à juste titre) déterminé que le premier objectif des forces d’invasion américaine serait l’île de Kyushu, la plus au sud. L’ancienne armée du Kwantung, en Mandchourie, qui avait été l’armée d’élite du Japon, n’est plus que l’ombre d’elle-même: ses meilleures unités ont été rapatriées au Japon. Quand les Russes envahissent la Mandchourie, ils enfoncent les restes de cette armée d’élite. Et ce qui contraint la majorité des troupes russes à cesser leur offensive, c’est le manque d’essence.

La 16e Armée soviétique (forte de 100.000 hommes) se lance à l’assaut de la partie sud de l’île de Sakhaline. Sa mission consiste à nettoyer toute forme de résistance japonaise sur l’île puis, dans les deux semaines qui suivent, à se tenir prête à envahir Hokkaido, l’île la plus au nord de l’archipel japonais. L’unité en charge de la défendre Hokkaido, la 5e Armée territoriale, ne compte en tout et pour tout que deux divisions à deux brigades et est déployée dans un réseau fortifié élaboré sur la partie orientale de l’île. Le plan d’invasion soviétique prévoit un débarquement à l’ouest.

Nul besoin donc d’être un génie en matière militaire pour comprendre que s’il est possible (seulement possible) de libérer une bataille décisive face à UN SEUL adversaire attaquant dans une direction, il sera impossible de repousser deux grandes puissances attaquant simultanément et depuis deux directions opposées. L’entrée en guerre des Soviétiques invalide totalement la stratégie de la «bataille décisive» avancée par les militaires comme elle invalide la stratégie diplomatique voulue par les civils. D’un seul coup, les deux options japonaises sont évaporées. L’entrée en guerre de l’Union soviétique est donc stratégiquement décisive – elle anéantit les deux options japonaises – tandis que le bombardement d’Hiroshima (qui n’anéantit aucune des deux) ne l’est pas.

La déclaration de guerre de l’Union soviétique change une autre donnée: celle du temps qui reste pour manœuvrer. Les services de renseignements japonais affirment que les forces américaines ne seront pas en mesure d’envahir le Japon avant plusieurs mois (et ils ont raison, NdT). Les troupes soviétiques pourraient quant à elles mettre le pied sur l’archipel du Japon dans les dix jours à venir. L’invasion de la Mandchourie et de Sakhaline par les Soviétiques fait soudainement de la décision de mettre un terme aux hostilités une question d’une brûlante actualité.

Ce d’autant plus que les dirigeants japonais sont arrivés à cette conclusion quelques mois auparavant. Lors d’une réunion du Conseil suprême, en juin 1945, ils ont ainsi affirmé que l’entrée en guerre de l’Union soviétique «déterminerait le destin de l’Empire.» Le chef d’état-major adjoint de l’Armée, Torashiro Kawabe affirmait, au cours de la même réunion, que «le maintient de relations pacifiques avec l’Union soviétique est un impératif absolu pour la poursuite de la guerre.»

Il n'y a plus grand chose à détruire au Japon en août 1945

Les dirigeants du Japon ont fait montre d’un désintérêt constant à l’égard de la campagne de bombardement stratégique qui anéantissait leurs villes les unes après les autres. S’ils avaient certainement tort quand les bombardements commencèrent le mars 1945, au mois d’août, quand Hiroshima est frappé, ils ont sans doute raison de considérer ces attaques contre les populations civiles comme un épiphénomène du conflit, en terme d’impact stratégique. Quand Truman menaça publiquement le Japon d’une «pluie de destruction» s’il ne capitulait pas, rares étaient les Américains qui réalisaient qu’il n’y avait à ce moment-là plus grand chose à détruire au Japon. Le 7 août, quand Truman prononça son discours radiodiffusé, il ne restait plus que dix villes de plus de 100.000 habitants encore intactes.

Quand Nagasaki fut attaquée le 9 août, il n’en restait plus que neuf. Quatre d’entre elles étaient situées sur l’île d’Hokkaido, au nord, et étaient difficiles à bombarder en raison de la distance qui les séparait de l’île de Tinian où étaient basés les bombardiers américains. Kyoto, l’ancienne capitale du Japon, avait été ôtée de la liste des bombardements stratégiques par le Secrétaire à la Guerre Henry Stimson, pour des raisons religieuses et symboliques. Malgré l’aspect inquiétant de la menace de Truman, une fois Nagasaki bombardée, il ne reste plus que quatre grandes villes japonaises à portée immédiate d’une bombe atomique américaine.

Le caractère intensif et étendu de la campagne de bombardement de l’USAAF peut être apprécié par le fait qu’ayant à tel point bombardé les grandes villes japonaises, les Américains en étaient réduits, si l’on peut dire, à bombarder des villes de 30.000 habitants ou moins. Dans le monde moderne, une ville de 30.000 habitants n’est plus considérée comme une grande ville.

Certes, il demeurait possible de bombarder de nouveau des villes ayant déjà été bombardées par des bombes incendiaires. Mais ces cités étaient, en moyenne, déjà détruites à 50%. Les Etats-Unis auraient également pu larguer des bombes atomiques sur des villes plus petites (dont la population était comprise entre 100.000 et 30.000 habitants) et qui n’avaient pas encore été bombardées. Si l’on se souvient que 68 villes japonaises avaient déjà été très fortement bombardées et que ces destructions avaient été accueillies par des haussements d’épaule de la part de la population japonaise, il n’est pas étonnant que les dirigeants japonais n’aient guère été impressionnés par la menace de nouveaux bombardements. Cela n’avait rien de menaçant sur le plan stratégique.

Une histoire commode

Malgré l’existence de ces trois objections majeures, l’interprétation traditionnelle demeure fortement ancrée dans les esprits, et particulièrement aux Etats-Unis. On constate une forte réticence à regarder les faits en face. Mais cela est-il vraiment étonnant? Il convient sans doute de rappeler à quel point l’explication traditionnelle du bombardement d’Hiroshima est commode émotionnellement - pour les Américains, bien sûr, mais aussi pour les Japonais. Les idées peuvent persister parce qu’elle sont vraies, mais il arrive parfois qu’elles persistent parce qu’elles sont satisfaisantes sur le plan émotionnel: elles satisfont un besoin psychique. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’interprétation traditionnelle d’Hiroshima a aidé les dirigeants japonais à atteindre un certain nombre d’objectifs politiques, tant à l’intérieur qu’à l’international.

Il suffit, pour le comprendre, d’endosser pour un temps les habits de l’empereur. Vous avez lancé votre pays dans une guerre désastreuse. Votre économie est en lambeaux. Près de 80% de vos villes ont été bombardées et incendiées. Votre armée a subi une suite de défaites humiliantes. Votre marine de guerre a été presque anéantie et demeure confinée dans ses ports. La famine guette. La guerre, pour faire court, a été une catastrophe et, pire que tout, vous avez menti à vos sujets sur l’état réel de la situation. L’annonce de la capitulation risque bien de les prendre totalement au dépourvu.

Que faire? Admettre que vous avez lamentablement échoué? Publier in communiqué indiquant que vous vous êtes trompé sur toute la ligne, avez répété de nombreuses erreurs et provoqué la ruine de la nation? Ou alors, vous pourriez tenter d’expliquer la défaite par une avancée scientifique miraculeuse et dont personne ne pouvait prévoir qu’elle allait se produire? En faisant de la bombe atomique la responsable la défaite, il était alors possible de balayer toutes les erreurs et toutes les mauvaises appréciations sous le tapis.

La bombe atomique était tout simplement l’excuse parfaite pour expliquer la défaite. Nul besoin d’avoir à déterminer les responsabilités de chacun; nul besoin de mettre sur pied une commission d’enquête. Les dirigeants japonais pouvaient affirmer ouvertement qu’ils avaient fait de leur mieux. Au plus haut sommet de l’Etat, la bombe a donc servi à faire en sorte que les dirigeants ne soient pas tenus responsables de la défaite.

Les avantages d'une défaite par la bombe nucléaire

Mais attribuer la défaite du Japon à la bombe avait trois autres avantages politiques. Premièrement, cela permettait de conserver à l’empereur toute sa légitimité. Si la guerre n’avait pas été perdue en raison de ses erreurs mais en raison de l’apparition soudaine d’une arme miracle chez l’ennemi, l’empereur pouvait conserver du soutien au sein du Japon.

Deuxièmement, elle permettait de s’attirer une certaine sympathie sur le plan international. Le Japon avait mené une guerre d’agression et s’était montré d’une brutalité inouïe à l’égard des peuples conquis. Son comportement risquait fort de la placer au ban des nations. Mais présenter soudain le Japon comme une nation victime –une nation qui avait été injustement bombardée par une arme de guerre aussi cruelle que monstrueuse- permettait de reléguer au second plan une bonne partie des actes répugnants commis par les soldats japonais. Attirer l’attention sur les bombardements atomiques permettait donc de présenter le Japon sous une lumière plus sympathique et d’atténuer considérablement le soutien aux partisans des sanctions les plus dures.

Enfin, dire que c’est la bombe atomique qui avait gagné la guerre ne pouvait que plaire aux vainqueurs américains. L’occupation américaine du Japon ne cessa officiellement qu’en 1952 et durant l’intervalle, les Etats-Unis eurent tout le loisir de changer ou remodeler la société japonaise à leur convenance. Aux premiers temps de l’occupation, de nombreux dirigeants japonais craignaient que les Américains n’abolissent l’institution impériale. Et pas seulement. Bon nombre des plus importants dirigeants du Japon craignaient fort d’être jugés pour crimes de guerre (le tribunal de Nuremberg était déjà constitué quand le Japon capitula).

L’historien japonais Asada Sadao affirme que lors des nombreux entretiens accordés après la guerre, «les dirigeants japonais… font tout leur possible pour s’attirer la sympathie de leurs interlocuteurs américains». Si les Américains voulaient entendre que c’était bien la bombe qui avait provoqué la capitulation japonais, pourquoi les décevoir?

Attribuer la fin de la guerre à la bombe atomique servait donc les intérêts japonais de multiples façons. Mais cela servait également les intérêts américains. Si la bombe avait permis de gagner la guerre, la perception de la puissance militaire américaine se trouvait renforcée, l’influence diplomatique des Etats-Unis en Asie et dans le monde ne pouvait qu’augmenter et la sécurité des Etats-Unis se trouvait également renforcée. Les deux millions de dollars dépensés pour fabriquer la bombe n’avaient pas été dépensés en vain.

A l’inverse, si l’on admettait que c’était l’entrée en guerre de l’Union soviétique qui avait provoqué la capitulation du Japon, et qu’on laissait les Soviétique proclamer qu’ils étaient parvenu en deux jours à obtenir ce que les Américains n’étaient pas parvenus à obtenir en quatre ans, la perception de la puissance militaire soviétique et l’influence de sa diplomatie s’en seraient trouvées renforcées. Une fois la Guerre froide commencée, affirmer que l’entrée en guerre de l’Union soviétique avait été le facteur déterminant dans la capitulation japonaise n’aurait fait que conforter et aider l’ennemi.

Et tout ceci nous pose une question particulièrement troublante. Notre connaissance d’Hiroshima et de Nagasaki détermine, depuis près de 70 ans, la vision que nous avons des effets du nucléaire. Ces événements constituent, en quelque sort, le socle de toute pensée de dissuasion nucléaire. C’est à cause d’Hiroshima que nous tenons l’arme atomique pour une arme différente des autres, à cause d’Hiroshima que notre vision d’une telle bombe est celle d’une apocalypse à laquelle rien ne peut être comparée. Hiroshima sert d’unité de mesure de la menace nucléaire, une menace qui est pour la première fois énoncée quand Truman évoque la «pluie de destruction» qui va s’abattre sur le Japon. Hiroshima et Nagasaki sont la clé de voûte de l’aura de puissance qui nimbe les armes atomiques et en font des armes d’un poids écrasant dans les relations internationales.

Mais que penser de tout cela si l’histoire traditionnelle du bombardement d’Hiroshima est remise en cause? Hiroshima est l’épicentre de la pensée atomique. Mais l’histoire que nous nous racontons semble bien éloignée des faits. Que devons-nous penser des armes atomiques si leur premier effet connu —le miracle de la capitulation japonaise— s’avère être un mythe?

 

 

Ward Wilson


Traduit par Antoine Bourguilleau

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 13:27

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http://www.lemondedesreligions.fr/savoir/qui-sont-les-theologiens-de-la-liberation-11-06-2013-3155_110.php

 

Gustavo Gutiérrez, prêtre dominicain péruvien né en 1928, est considéré comme le père de la théologie de la libération.

Le 16 mai 2013, deux mois après son élection, devant un parterre d’ambassadeurs auprès du Saint Siège, le Pape François a condamné les marchés financiers en les qualifiant de nouveau « veau d’or ». La presse a abondamment commenté les quelques minutes de son discours, mais son contenu est-il vraiment nouveau ? Il semble bien que non…
En tout cas, ces paroles, venues d’un Pape latino-américain, doivent être comprises par rapport à la théologie de la libération. Ce courant de pensée religieuse est né au sein du catholicisme en Amérique latine, dans les années 1950-1960. Son nom provient du livre Théologie de la libération, publié en 1973 par le théologien péruvien Gustavo Gutiérrez, l’un des fondateurs de ce courant.

Théologie de la libération et pauvreté

Le fondement de la théologie de la libération réside dans son approche de la pauvreté. La misère – qu’il faut distinguer de la pauvreté – annihile ce qu’il y a d’humain dans l’homme, l’empêchant, pour des raisons économiques, de vivre pleinement une vie chrétienne. Guttiérez a écrit : « Le pauvre est, pour l’Evangile, le prochain par excellence. Cette option (préférentielle) constitue, pour cette raison, l’axe autour duquel se situe aujourd’hui une nouvelle manière d’être homme et d’être chrétien en Amérique latine. Le pauvre est le sous-produit du système dans lequel nous vivons et dont nous sommes responsables. (…) Bien plus, le pauvre est l’opprimé, l’exploité, le dépouillé du fruit de son travail, le spolié de son être d’homme. »

Un contexte favorable à la naissance de la théologie de la libération

Pendant les dictatures latino-américaines de la deuxième moitié du XXè siècle, la théologie de la libération a trouvé un terreau propice à sa réception. Un terreau économique d’abord, avec un développement inégalitaire, une urbanisation galopante du continent et une paupérisation des masses. Un terreau politique ensuite, avec des régimes dits d’autoritarisme-bureaucratique (Brésil, Chili, Argentine), des régimes dictatoriaux en Amérique Centrale, des guerres civiles (au Nicaragua), et une répression des organisations de la société civile (syndicats, partis politiques). Dans les années 1980, la doctrine économique du néolibéralisme, imposée par les Etats-Unis, a accru ce terreau. Plusieurs Eglises, dans ce contexte difficile, ont réagi en créant des communautés ecclésiales de base.

Jean-Paul II, le cardinal Joseph Ratzinger et la Congrégation pour la doctrine de la foi : tous contre la théologie de la libération

Opposant du bloc communiste, Jean-Paul II (1978-2005) ne fut pas très favorable à la théologie de la libération. Les « prêtres rouges » étaient mal vus à Rome. Dès 1984, la Congrégation pour la doctrine de la foi, dirigée par le cardinal Joseph Ratzinger, critique les positions de Miguel D’Escoto et Fernando Cardenal, théologiens de la libération et membres du gouvernement sandiniste, au Nicaragua. La Congrégation leur ordonne de choisir entre être prêtre et être au gouvernement, invoquant la nécessité de séparer l’engagement politique de l’engagement religieux. Cet argument s’oppose au principe d’adéquation entre théorie et pratique, cher à la théologie de la libération. Le document Libertatis nuntius, établi par la Congrégation en 1984, s’il considère comme louable l’intérêt pour les pauvres, conclut néanmoins que la théologie de la libération est incompatible avec la doctrine de la foi.

Une théologie historiquement et socialement située

En Amérique latine, la religion catholique a toujours été un soutien du pouvoir et de l’ordre établi. Or la théologie de la libération est, en revanche, du côté des pauvres et légitime leur protestation. Les théologiens de ce mouvement ont réagi puissamment à une situation historique précise qu’ils ont interprétée avec une optique marxiste. Le moment en question était celui du sous-développement : les pays sud-américains étaient considérés comme « sous-développés », c’est-à-dire réduits à l’état d’esclavage par les pays du nord qui leur ont imposé leurs normes libérales et leur libre échange économique. Josué de Castro (1908-1973) – médecin nutritionniste, sociologue, géographe, directeur en 1952 du Conseil exécutif de la FAO, auteur de livres sans concession sur la faim en Amérique latine et dans le monde – traduit bien cette idée : « La moitié de l’humanité ne mange pas, et l’autre moitié ne dort pas, car elle craint ceux qui ne mangent pas ». Tiermondistement parlant, l’Amérique latine, avec ses masses, est celle qui ne mange pas.

Dans ce contexte de pauvreté extrême, la théologie de la libération est une interprétation du réel : les structures de domination lui servent de guide de compréhension. Cette théologie s’attaque au système qui fait qu’il y a des dominateurs et des dominés. Lire le monde comme un théologien de la libération impose de considérer qu’il faut, dans l’histoire, aller de la domination vers l’égalité. Elle ne repose donc pas tant sur des concepts intemporels que sur des idées ancrées dans leur contexte historique et géographique.

En termes de textes religieux, la théologie de la libération n’est pas en reste : elle prône un retour à la Bible pour tous les croyants, au sein des communautés ecclésiales de base. Elle invite à lire, à commenter, et à réfléchir sur les textes. Quant aux théologiens, ils donnent un sens nouveau à certains éléments présents dans les Ecritures ; ils mettent tout spécialement l’accent sur les Prophètes et le livre de l’Exode, considérant que le sort du peuple juif a de grandes similitudes avec celui des peuples du tiers monde : dominés, chassés...

De la théorie à la pratique

Mais la théologie de la libération n’est pas que prière, théorie, théologie, elle est aussi et surtout action. Comme l’écrit le philosophe mexico-argentin Enrique Dussel dans son livre Le dualisme dans l’anthropologie de la chrétienté (1974), le parcours du théologien de la libération s’enracine non pas dans la théologie mais dans « l’état réel de la question ». En ce sens, la théologie de la libération est une nouvelle approche de la théologie.
Faire de la théologie de la libération nécessite un engagement et un lien personnel avec les déshérités. Porter la parole de Jésus au « prochain par excellence » suppose de s’en approcher soi-même. Le théologien de la libération brésilien, Clodovis Boff, explique qu’ « il y a une condition préalable : que le théologien soit en liaison organique avec le peuple, avec son histoire ecclésiale et sociale. Sans un minimum d’engagement vivant et concret avec la réalité vécue par le peuple et avec ses luttes, le théologien ne peut articuler dans son discours ni prophétie, ni utopie, ni sentiment ». Être avec les pauvres permet d’assimiler leur point de vue sur le réel et ainsi de comprendre les rapports de domination.

Un marxisme catholique ?

Mais que penser de la possibilité d’un marxisme catholique ? Ce qui est marxiste dans la théologie de la libération, ce n’est pas le matérialisme et l’athéisme : c’est la méthode marxiste. Marx écrivit que « les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer » (Thèses sur Feuerbach, 1845). Il en va de même pour le théologien. Que celui-ci s’attache à transformer le monde, il rencontrera l’estime de Marx.
Au-delà de ce corpus d’idées, la théologie de la libération a eu un rôle d’organisation significatif en Amérique latine. Elle s’est efforcée de canaliser la « force des pauvres », selon Leonardo Boff : le pauvre n’y est plus le récepteur passif de la charité catholique mais devient un individu pensant et agissant, avec lequel on peut interagir. On peut apprendre des choses de lui, et on peut lui en apprendre.

Les « Communautés ecclésiales de base » (CEB)

La théologie de la libération a pris appui sur des communautés ecclésiales de base, petits groupes de 10 à 40 personnes qui se sont multipliés depuis 1975. On y prie, on y lit la Bible, on s’y rencontre et on s’organise. Ce type de structure a favorisé une religiosité plus régulière, davantage ancrée dans la vie quotidienne que celle d’avant, qui se limitait à la messe dominicale et aux fêtes de l’année liturgique. Ces communautés sont constituées de la « base », c’est-à-dire de croyants et de prêtres. Elles sont très différentes selon les pays, sans un modèle unique, et résultent d’initiatives d’évêques, de prêtres ou d’un ordre religieux. Leur but a été de promouvoir des actions autonomes des pauvres. Ce serait néanmoins une erreur de considérer que les CEB sont nés du peuple seul, car ce sont aussi des lieux de pouvoirs, en concurrence entre eux. Les CEB ne sont pas totalement autonomes, et ne défendent pas toutes les mêmes idées ; les conservateurs estiment qu’elles sont trop indépendantes et qu’elles mettent en danger l’autorité ecclésiastique traditionnelle. Ce qu’elles ont apporté au catholicisme en Amérique latine, c’est une participation accrue des plus pauvres, une vie religieuse plus profonde : la religion, bien plus que la politique, a été leur ciment.

Des études sociologiques ont été menées sur la théologie de la libération, notamment par Malik Tahar Chaouch qui en a proposé l’une des approches les plus scientifiques (« La théologie de la libération en Amérique latine. Approche sociologique », Archives de sciences sociales des religions, 138, 2007). Selon Chaouch, il faut se départir d’une vision trop empreinte par l’idéologie. En quelques mots, ayons conscience que la théologie de la libération est un « champ social », au sens du sociologue Pierre Bourdieu, où se mêlent luttes de pouvoirs et intérêts particuliers des divers acteurs. Il est donc nécessaire de sortir d’une interprétation binaire du phénomène, opposant catholicisme romain dominateur et catholicisme des pauvres, dominé.

Pour aller plus loin

> Lire les écrits de Daniel H. Levine sur le catholicisme latino-américain.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 13:18

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http://blog.mondediplo.net/2013-06-10-Constitution-tunisienne-un-pas-en-avant

 

 

Nous sommes largement informés, à longueur de pages, de l’activité « héroïque » des Femen en Tunisie. Mona Chollet a pourtant écrit un article définitif sur la question, « Femen partout, féminisme nulle part ».

Mais la presse y revient, comme si les Femen représentaient un phénomène majeur. Libération du 6 juin y consacre sa Une et trois pages que l’on peut oublier. On retiendra, en revanche, en dernière page, « Père et fier d’Amina », un portrait du père de la jeune tunisien arrêtée, Amina, et qui s’exprime dignement pour demander la libération de sa fille, « “une gamine qui a fait une petite faute, dont moi-même et la société sommes responsables” ».

« Mounir Sboui ne veut pas blâmer les salafistes. “En ce moment, l’opinion est très attachée à sa religion. Il faut la respecter, et non pas la charger contre ma fille comme sont en train de le faire les politiciens des deux camps, pour gagner des points aux élections”. (…) Il voudrait qu’Amina continue à défendre les femmes aussi, “mais de façon respectable”. Pas comme les Femen, ces “extrémistes” qu’il n’aime pas et qui, en manifestant seins nus à Tunis, la veille de son procès, “ont compliqué le cas d’Amina”. Plutôt comme “ces grandes dames de la Tunisie” qu’il énumère, d’Elissa, la fondatrice de Carthage, à Radhia Nasraoui, l’infatigable avocate des droits de l’homme. »

La page 2 du Monde daté du 7 juin apporte un éclairage intéressant sur la hiérarchie de l’information. En titre, sur six colonnes, « Tunisie : la défense d’Amina craint l’effet Femen ». En bas de page, sur cinq colonnes, « Le projet de Constitution garantit la liberté de croyance et l’égalité des sexes ». On aurait pu penser que ces avancées sur la Constitution, débattue depuis deux ans, auraient constitué l’information principale. Le Monde n’en a pas jugé ainsi, pas plus que les médias qui ont accordé assez peu d’importance à ce projet de Constitution, pourtant capital (aucune mention dans le numéro de Libération cité plus haut).

Ce texte d’Isabelle Mandraud sur la Constitution que je vais longuement citer est réservé sur Internet aux abonnés.

« La dernière mouture du projet de la Constitution tunisienne prône un Etat civil, qui “garantit la liberté de croyance et le libre exercice du culte” et assure l’égalité entre les hommes et les femmes : “Tous les citoyens et les citoyennes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune.” Paraphé le 1er juin par Mustapha Ben Jaafar, le président de l’Assemblée nationale constituante (ANC), le texte aborde la dernière ligne droite de son parcours : transmis sous peu au chef de l’Etat, Moncef Marzouki, il devrait être discuté fin juin article par article par l’Assemblée en vue de son adoption. »

Défendu par la coalition gouvernementale, ce texte a reçu aussi le soutien d’Al-Joumhouri, un des partis de l’opposition.

« Le préambule de la version provisoire tunisienne adopte “les principes des droits de l’homme universels”, tandis que le texte proscrit la torture et garantit le droit de grève, l’accès à l’information, la liberté d’expression et de création. S’agissant des femmes, il “garantit la protection des droits des femmes et soutient ses acquis”, “l’égalité des chances entre l’homme et la femme pour assumer les différentes responsabilités” et prône “l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard de la femme”. Les acquis du code du statut personnel adopté dès 1956, qui ont donné aux Tunisiennes la place la plus enviable dans le monde arabe, sont préservés et même renforcés. »

Ces avancées confirment ce que nous avait déclaré Rached Ghannouchi au mois de mars dernier, « Tunisie, compromis historique ou chaos ? ».

Après tout ce que l’on avait entendu dans les médias français sur la dictature à venir en Tunisie (« Les éditocrates repartent en guerre »), on aurait pu penser qu’ils allaient se réjouir de ces évolutions, qui ont été permises grâce à la mobilisation de la société ; il n’en a rien été : silence radio.

Bien sûr, tout n’est pas réglé, et comme le souligne la journaliste du Monde :

« Pour parvenir à un compromis et satisfaire toutes les sensibilités, des formules ont été ajoutées. Ainsi le principe des droits de l’homme universels s’accompagne-t-il de la précision : “Dans la mesure où ils sont en harmonie avec les spécificités culturelles du peuple tunisien.” Et si l’Etat se porte garant de la liberté de croyance et du libre exercice du culte, il est aussi “le protecteur du sacré, garant de la neutralité des lieux de culte par rapport à toute instrumentalisation partisane”. »

C’est la question de la liberté d’expression qui soulève encore des interrogations.

« Parmi les principaux griefs avancés figurent aussi les limites à la liberté d’expression si elle nuit à “la réputation” d’un tiers ; ou bien les conditions pour une révision de la Constitution, impossible si elle porte atteinte “au caractère civil de l’Etat”, “au régime républicain”, “aux acquis des droits de l’homme et des libertés”, ou “à l’islam” en tant que religion de l’Etat. Or l’article premier, repris de l’ancienne Constitution car jugé consensuel, dispose bien que “la Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain, sa religion est l’Islam, sa langue est l’arabe et son régime est la République”. »

Dans un « message urgent » du 5 juin, la Coalition civile pour la défense de la liberté d’expression s’est adressée au président et aux membres de l’Assemblée.

« L’exercice des libertés prévues dans le présent article comporte des devoirs spéciaux et des responsabilités spéciales. Il peut, en conséquence, être soumis à certaines restrictions qui doivent toutefois être expressément fixées par la loi et qui sont nécessaires :

a) Au respect des droits ou de la réputation d’autrui ;

b) A la sauvegarde de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publiques. »

La coalition estime que l’adoption de cette formulation précise, acceptée par la Tunisie, évite le recours, dans le texte de la Constitution, à des restrictions légales supplémentaires à la liberté d’expression, et le retour à celles qui étaient imposées par la Constitution de 1959 et qui avaient placé la Tunisie sur la liste des États ennemis de la liberté de la presse, avant la révolution.

De plus, les décrets-lois 115 et 116 comportent des dispositions fixant les conditions de l’exercice de la liberté de la presse, et l’article 1er du décret-loi 115 procure beaucoup plus de garanties que le texte du projet de la constitution. »

Le projet de texte devra être voté par deux tiers des députés. Sinon, le pays serait appelé à se prononcer par référendum, ce qu’Ennahda ne souhaite pas. Il faudra donc suivre dans les prochaines semaines le débat en Tunisie et les amendements qui pourront encore être apportés au texte. C’est une étape importante dans la marche de la Tunisie vers la démocratie...

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 19:29
m_264729627_0.jpgLouis Aragon lors d'une soirée poétique organisée à la maison de la radio © Galmiche, Georges / INA
http://blogs.mediapart.fr/blog/nicolas-dutent/090613/aragon-l-homme-communiste


« L'homme communiste, en 1946 ce livre est né de la constatation nécessaire de ce nouveau héros des temps modernes, rendue accessible à tous, contrôlable par tous, grâce à la vertu des faits, de l'histoire. » Le premier tome de L'homme communiste est publié en 1947. Lorsqu'on lui propose de retravailler son texte en 1953, Aragon écrit un deuxième tome en « tenant compte du temps et des évènements, il fallait étendre [le livre] à des images peu nombreuses, mais typiques, de l'homme communiste, tel que, dans cette période de notre histoire, il a continué à se manifester ». 

Préface de Francis Combes

Quelques mots pour aujourd’hui…

Voici un livre dont on ne pourra pas soupçonner l’éditeur de le rééditer pour céder à un effet de mode…Mais qu’on y prenne garde il pourra surprendre plus d’un lecteur. Tout d’abord, c’est un livre d’Aragon, et à ce titre il ne peut guère laisser indifférent. Rien de ce qui est sorti de cette plume ne nous indiffère. Qu’il suscite un engouement qui confine parfois chez certains de ses admirateurs à la passion ou une haine tenace que les ans n’ont pas suffi à effacer, Aragon ne laisse pas indifférent. Et on sait, plus ou moins, même quand on ne prend pas la peine de le lire vraiment, ou l’on devrait savoir qu’il est et demeurera l’un des plus grands écrivains de la langue française et que son œuvre, par son ampleur et ses beautés, le situe dans la lignée et à la hauteur de Ronsard ou Hugo. Mais il y a plus…

Ceux qui auront la curiosité de se lancer dans la lecture de ces pages devraient à mon sens être touchés par la leçon humaine et politique qui s’en dégage. (...)

Il est certain qu’à bien des égards Aragon parle d’une époque qui n’est plus, une époque par exemple où le communisme n’était pas seulement défini comme « le mouvement du réel qui abolit l’état de choses existant » (ce qui peut dire beaucoup… ou pas grand-chose) mais comme un idéal, une société supérieure qui méritait qu’on fît pour elle la révolution et qu’on y consacrât sa vie.

Aragon nous parle d’un temps où importait ce qu’on nommait la « morale communiste ». Certes, cette morale-là fut souvent caricaturée. Et parfois par les communistes eux-mêmes, dont la rigidité et parfois la pudibonderie (ici comme là-bas) a pu entraîner bien des malheurs personnels. Mais la morale communiste, avant toute chose, était cet idéal qui consistait pour les militants à trouver naturel de se dévouer pour le bien commun, la défense de leur classe, la liberté de la nation et la solidarité internationale des peuples. Je n’ai pas la naïveté de croire que tous les communistes se comportèrent toujours et partout de façon exemplaire. (Il y eut sous le stalinisme tant de communistes bourreaux d’autres communistes qu’il est impossible de l’oublier…) Et sans aller si loin, je milite depuis assez longtemps pour savoir que le goût du pouvoir, le suivisme ou l’imbécillité peuvent aussi sévir dans les rangs des communistes. Mais il est vrai que le Parti communiste se distinguait des autres par cela qu’on ne devenait pas communiste pour faire fortune ou carrière, que les dirigeants et les élus acceptaient de vivre avec un salaire d’ouvrier et que la promotion intellectuelle qu’il offrait à de nombreux militants ouvriers ne les conduisait pas à sortir de leur classe mais à mieux lutter à son service. Dans un des textes présentés ici (« Écrit pour une réunion de quartier »), Aragon qui ne prend jamais la posture du théoricien ou du philosophe, donne du communiste une définition qui, je crois, est toujours très parlante pour beaucoup de communistes d’aujourd’hui.[...]

Pour beaucoup, le communisme n’a plus de véritable doctrine et n’est, au mieux, qu’une politique pétrie de bonnes intentions.

C’est que nous vivons un moment où les peuples ont un urgent besoin d’une nouvelle synthèse théorique, rendant le monde à nouveau lisible et transformable. L’avenir des communistes comme courant dans la société et la culture est certainement lié à leur capacité de reformuler la théorie adaptée à l’époque de la mondialisation et de sa crise. En clair, il s’agit, si on veut retrouver le souffle révolutionnaire, la capacité d’enthousiasme et d’entraînement, par-delà les nécessités politiques du moment auxquelles chacun fait face comme il peut, d’être capables de donner vie, dans les conditions d’aujourd’hui, à la vieille idée toujours neuve : Prolétaires de tous les pays, unissez-vous.

Une telle théorie, permettant d’ouvrir pratiquement la voie au dépassement des aliénations et oppressions de toutes sortes dont souffre toujours l’humanité, ne pourra pas faire longtemps l’impasse sur la question morale, la question du devenir de l’homme et de la femme.
Sans doute ne s’agit-il pas de renouer avec les formules anciennes de « l’homme nouveau », dont on sait aujourd’hui qu’elles étaient entachées d’idéalisme et qu’elles sous-estimaient en l’homme les contradictions. Marx lui-même parlait d’ailleurs plutôt d’homme-total et il n’imaginait pas que l’homme de l’avenir puisse faire table rase du vieil homme dont il fallait se dépouiller.

Le philosophe Henri Lefebvre nous offre peut-être une piste quand il écrit « l’avenir de l’homme, c’est le monde »… mais cette réflexion sur le futur de l’homme gagnerait beaucoup à ne pas oublier les exemples que nous livre Aragon de ces hommes communistes qui, comme personne avant eux, essayèrent de se placer dans les actes essentiels de leur vie du point de vue de l’avenir.

Extraits du chapitre I « Écrit pour une réunion de quartier », 1946

Le Temps des Cerises, 500 pages 22 €

« Mais qui ne voit que le communiste est de nos jours l’héritier, le représentant de toute grandeur humaine, de tout esprit de sacrifice, de tout héroïsme français ? Le chrétien, lui, je veux dire le chrétien qui agit comme il est écrit, qui vit et meurt suivant les principes proclamés du christianisme, le fait croyant, au-delà de la mort, à un autre monde, à une punition et à une récompense. Dirai-je que pour moi cela ne le diminue pas à mes yeux, car ce qui m’importe c’est la pureté, la beauté, le désintéressement en ce monde-ci… cependant, songez que le communiste, lui, n’attend vraiment rien pour lui-même.

S’il donne sa vie, comme soixante-quinze mille des nôtres l’ont fait devant les fusils des pelotons d’exécution allemands, et de bien d’autres manières, sa récompense est que les siens, que les Français, les hommes de son peuple, de sa nation, grâce à ce sacrifice, seront un tout petit peu plus près du bonheur que s’il n’avait pas accepté le martyre. La récompense pour le communiste est affaire de l’espèce humaine et non de l’individu. La croyance au progrès, au progrès indéfini et infini de l’homme, en la montée de l’humanité vers un soleil que, lui, ne verra point mais dont il aura préparé obscurément l’aurore, voilà ce qui anime et soutient le communiste, voilà l’idéal du communiste. Entre cet idéal et l’idéal chrétien, il est sûr que moi j’ai choisi. Mais cela ne m’empêche pas de rendre hommage à ces chrétiens qui se conduisent sur cette terre, comme un communiste considère bel et bien qu’on se conduise. Je m’étonne souvent du peu de réciproque, du peu de charité chrétienne de certains catholiques devant la vie et la mort des communistes.

Il faut parler de la vie et de la mort des communistes. C’est peu de concéder que l’homme communiste n’est pas l’homme au couteau entre les dents ! On se fait, hors des rangs communistes, une idée un peu simple de ce qui amène un homme à être communiste. Le plus généralement, les gens pensent que c’est par une manière de fatalité qu’on le devient, entraînement de milieu, de classe même, ou simplement par basse envie de ceux qui vivent mieux, jalousie de ceux qui possèdent… remarquez qu’on peut envier les autres, leurs biens, sans devenir communiste : c’est même là ce qui entraîne plus généralement les hommes au jeu, à la spéculation ou à l’escroquerie. Et les joueurs, les gens de Bourse et les escrocs sont rarement communistes [...]

L’homme communiste… il était un ouvrier comme un autre, celui-là, avec une femme, des enfants, travaillant, gagnant après tout sa vie, en 1936, quand au-delà des Pyrénées s’éleva l’appel tragique du peuple espagnol… et on a vu ces métallos, ces mineurs, ces simples comptables, des gens des Ptt, des cheminots… tout quitter, du jour au lendemain, tout donner et se battre. Pendant que les hommes qui aujourd’hui font les philosophes se demandaient si vraiment Mussolini et Hitler avaient envoyé des soldats en Espagne, et si nous devions nous mêler de cette histoire… L’homme communiste qui a compris que défendre Madrid, c’était défendre Paris, comment était-il devenu communiste ? Par basse envie, par entraînement de milieu ? Ah, ce n’est pas un sujet d’ironie après ces terribles années, terribles pour les communistes dès 1939, quand ils furent jetés en prison, pourchassés, condamnés par ceux qui portaient comme eux le nom de français… ce n’est pas un sujet d’ironie, après ces années où même les anticommunistes forcenés n’oseraient pas publiquement dire que c’est pour des raisons basses, d’entraînement ou d’envie, que tant de communistes ont tout à la France donné !

Peut-être devient-on communiste, sans doute devient-on communiste, pour des raisons de classe. Et l’aveu en est sanglant aux lèvres de ceux qui sont les responsables de la solidarité ouvrière contre l’égoïsme bourgeois. Mais ces raisons de classe, à une époque où monte du meilleur de l’humanité, cette force pure, la force du travail producteur, ces raisons de classe, les partagent ceux qui sont nés ouvriers, et ceux qui du sein de la bourgeoisie où le hasard les a fait naître, reconnaissent dans la classe ouvrière la porteuse de l’avenir humain… et je vous le dis, oui, ce sont des raisons de classe qui font qu’un Langevin, un Joliot-Curie, un Picasso, un
Éluard deviennent des communistes. Mais ces raisons de classe, que les anticommunistes ne les invoquent pas trop haut ! Elles sont l’honneur des communistes. Un Langevin, un Joliot-Curie, un Picasso, un Éluard, il n’y a pas besoin de demander si c’est l’envie ou l’entraînement qui les a faits communistes.

L’homme communiste, ouvrier, paysan, intellectuel, c’est l’homme qui a une fois vu si clairement le monde qu’il ne peut pas l’oublier, et que rien pour lui désormais ne vaut plus que cette clarté-là, pas même ses intérêts immédiats, pas même sa propre vie. L’homme communiste, c’est celui qui met l’homme au-dessus de lui-même. L’homme communiste, c’est celui qui ne demande rien, mais qui veut tout pour l’homme. Oui, il envie mille choses, le bonheur, la santé, la sécurité, mais pour tous, et au prix de sa santé, de son bonheur, de sa sécurité, de son existence. Si tel n’est pas l’homme communiste, expliquez-moi Valentin Feldman.

Il était esthéticien, disciple de Victor Basch, professeur. On rapporte de lui deux mots. Comme on hésitait, c’était aux premières heures de la résistance, à le charger de tâches humbles et dangereuses, à porter des explosifs par exemple, il répondit à celui qui représentait pour lui son parti : Vous pouvez tout me demander. Et devant le peloton d’exécution allemand, il cria : Imbéciles, c’est pour vous que je meurs ! Voilà l’homme communiste.

Expliquez-moi le philosophe Georges Politzer, donnant toute sa vie aux tâches de la documentation économique, sacrifiant son œuvre à son parti, avant de tomber fusillé par les nazis au mont Valérien ?

Et Paul Vaillant-Couturier, qui a sacrifié à une vie épuisante dont il est mort avant l’âge, son œuvre d’écrivain ? Voilà l’homme communiste. »

Extraits publiés avec l'aimable autorisation de l'éditeur.

La Revue du projet, n° 23

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 19:15
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Ivan Marquez, chef de la délégation de la guérilla des Farc aux pourparlers de paix, entouré de journalistes à La Havane. (Archives - Photo Roberto Suarez / Juventud Rebelde)
http://www.latinreporters.com/colombiepol09062013ja.html

 

BOGOTA, dimanche 9 juin 2013 (LatinReporters.com) - La guérilla marxiste des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) a accusé, dans un communiqué diffusé samedi, le président colombien Juan Manuel Santos d'avoir "dégonflé" l'optimisme dans les négociations de paix de La Havane en créant des tensions avec le Venezuela et en envisageant l'adhésion de la Colombie à l'OTAN.

Les relations entre Bogota et Caracas se sont effectivement tendues après l'entrevue octroyée le 29 mai par le président Santos au leader de l'opposition vénézuélienne, Henrique Capriles, qui juge frauduleuse et ne reconnaît pas la victoire de Nicolas Maduro à l'élection présidentielle du 14 avril au Venezuela.

La crispation s'est accentuée lorsque le président Santos envisagea, le 1er juin lors d'une cérémonie militaire, une adhésion de son pays à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), éventualité exclue ensuite au profit d'un rapprochement limité à la coopération, selon un communiqué rectificatif du ministère colombien de la Défense. Le Venezuela et le Nicaragua avaient appuyé la proposition de la Bolivie de convoquer le Conseil de défense de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) pour "évaluer la menace que signifie pour la paix et la stabilité de l'Amérique du Sud" l'atlantisme soudain de Bogota.

"L'attitude de Santos a dégonflé l'optimisme, l'atmosphère favorable à la paix construite par tant d'efforts à La Havane. La question se résume dans le fait que sans la contribution du Venezuela le dialogue de paix dans la capitale cubaine n'aurait pas lieu" écrit le secrétariat de l'état-major central des Farc sur le blog (http://pazfarc-ep.blogspot.com) de sa délégation aux pourparlers de paix ouverts en novembre avec la Colombie dans la capitale cubaine.

La Norvège et Cuba appuient ces pourparlers en qualité de garants. Le Venezuela et le Chili y sont associés en tant qu'accompagnateurs. La guérilla exprime sa "perplexité" en constatant que Santos a soufflé le froid alors que venait d'être conclu un accord sur le problème de la terre, noyau historique d'un demi-siècle de conflit, qui augurait du possible succès d'encore longues négociations.

"Les pourparlers de La Havane sont dans les limbes à cause de l'homme qui veut passer à l'histoire comme le président qui a obtenu la paix en Colombie" affirme la direction des Farc dans son communiqué, intitulé "Entre le ciel et l'enfer".

"Le Venezuela, principal facteur de confiance" aux yeux de la guérilla

Le texte des chefs des insurgés qualifie de "juste" la protestation de Caracas pour l'audience octroyée par le président colombien Santos à l'opposant vénézuélien Henrique Capriles, qui ne reconnaît pas le président Maduro. "Juan Manuel Santos savait que sa provocation contre le gouvernement légitime du Venezuela éclaterait comme un pétard à la table de dialogue de La Havane, car la question du Venezuela, pays accompagnateur et facilitateur du processus, est très sensible pour les Farc, qui voient dans les Vénézuéliens le principal facteur générateur de confiance et, en conséquence, des artisans fondamentaux du processus de paix" ajoute la déclaration de la guérilla.

L'attitude du président colombien est associée par beaucoup, affirment les Farc, "au passage à Bogota [le 27 mai] de Joe Biden, vice-président des États-Unis" et à "un plan de Washington ayant pour tête un cheval de Troie nommé Alliance du Pacifique [association de libre-échange créée par le Pérou, le Chili, le Mexique et la Colombie; ndlr], qui, guidé par Washington, se propose de déstabiliser et de faire dérailler des gouvernements populaires tels que ceux, entre autres. du Venezuela, de l'Équateur, de la Bolivie et de l'Uruguay."

Et les Farc de se demander alors "Qu'est-ce qui poussait Santos a annoncer l'entrée fantasque de la Colombie dans l'OTAN ? Menacer le Venezuela ? Le Brésil ?"

Le communiqué de la guérilla estime néanmoins que le processus de paix doit être défendu par "tous, gouvernement, guérilla des Farc et les organisations sociales et politiques du pays".

"Il faut comprendre qu'il ne s'agit pas d'un processus de soumission, mais de construction de la paix. Il ne s'agit pas d'une incorporation de l'insurrection au système politique en vigueur, tel qu'il est, sans aucun changement en faveur de minorités exclues. A quoi aurait alors servi la lutte ? Le meilleur épilogue de cette guerre doit être paraphé par des changements structurels dans la politique, l'économie et le social qui favorisent le surpassement de la pauvreté et de l'inégalité" prévient la guérilla.
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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 19:11

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http://www.lexpressiondz.com/linformation_en_continue/175416-des-moudjahidine-appellent-a-baptiser-une-institution-ou-une-structure-publique-du-nom-du-chahid-henri-maillot.html

 

 

Plusieurs moudjahidine ont appelé samedi à Alger à baptiser une institution ou une structure publique du nom d'Henri Maillot (1928-1956), en hommage à cet homme qui s'est sacrifié pour que vive l'Algérie libre et indépendante.


Des moudjahidine qui se sont recueillis au cimetière chrétien à El Madania à la mémoire d'Henri Maillot, à l'occasion du 57é anniversaire de sa mort, ont souligné « le nationalisme et l'humanisme » de cette personnalité algérienne d'origine européenne qui « a cru en la justesse de la cause algérienne et contribué grandement à la glorieuse révolution du 1er novembre ».

A cette occasion, des moudjahidine et des moudjahidate qui ont connu le chahid, ainsi que des personnalités nationales et la sœur du défunt Yvette Maillot ont observé une minute de silence à la mémoire du défunt et déposé une gerbe de fleur sur sa tombe.

Dans une brève allocution, Yvette Maillot a remercié les présents, affirmant « l'attachement » de son frère à l'Algérie et à son peuple.

Pour sa part, le moudjahid Félix Colozzi a qualifié le défunt de « personnalité brave et exceptionnelle », s'étonnant que « beaucoup de jeunes ne connaissent pas à ce jour les hommes valeureux de la révolution algérienne et les sacrifices qu'ils ont consentis pour ce pays ».

Quant au moudjahid Tahar Hocine, compagnon d'armes et le voisin de Maillot au quartier El Madania (ex-Clos Salembier), il a insisté sur le rôle « nationaliste » joué par Maillot lors de la guerre de libération, rappelant qu'il a détourné un camion d'armes le 4 avril 1956 alors qu'il était militant au sein du Parti communiste algérien (PCA).

Dans son témoignage, le moudjahid Hadj Mustapha qui habitait le même quartier que le défunt a mis l'accent sur l'humanisme de cette personnalité, ajoutant qu'outre son nationalisme et son attachement à l'Algérie, Henri Maillot était un journaliste amateur de musique et de sport, notamment de football ».

Le président de l'Association nationale des anciens condamnés à mort, M. Mustapha Boudina a cité une « longue liste » d'Algériens d'origine européenne qui ont grandement contribué à la révolution algérienne à l'instar d'Henri Maillot, Pierre Chaulet, Maurice Audin et autres.

Né à Alger en octobre 1928, Henri Maillot a fait ses études primaires à l'école publique du quartier d'El Madania (ex-Clos Salembier), avant d'intégrer en 1943 la jeunesse communiste d'Alger où il joua un rôle de tout premier ordre au sein du PCA.

 En 1947, Il est diplômé de l'Ecole supérieure du commerce d'Alger tout en militant au sein de l'organisation des étudiants algériens à l'époque, avant de rejoindre l'école militaire de Cherchell d'où il sort avec le grade d'aspirant.

En 1953, Maillot entre au journal Alger-Républicain aux côtés d'autres militants communistes.

Henri Maillot est tombé au champ d'honneur le 5 juin 1956 dans une embuscade tendue par les supplétifs (harkis) de l'armée française, menée par le Bachagha Boualem, dans la région d'El Karimia (Chlef).

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 19:05

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Avec Michèle Audin Auteure de « Une vie brève » (la vie de son père) et avec Sylvie Thénault Historienne spé­cia­liste de l’Algérie

Réunion-débat mardi 11 juin à 19h30

Maison des pas­sa­ges


44 rue St Georges Lyon 5


Entrée libre et gra­tuite dans la limite des places dis­po­ni­bles

Maurice Audin, né en 1932, est assis­tant de Mathématiques à l’Université d’Alger, membre du Parti Communiste Algérien et mili­tant de la cause anti­co­lo­nia­liste. Lors de la « bataille d’Alger » il est arrêté à son domi­cile, le 11 Juin 1957. Sa trace est ensuite perdue. Selon ses pro­ches et de nom­breux his­to­riens il fut tor­turé et tué par les ser­vi­ces fran­çais. Dès Juillet 1957, cer­tains jour­naux com­men­cent à évoquer l’affaire Audin. De nom­breux uni­ver­si­tai­res se mobi­li­sent. Des comi­tés « Audin » sont créés pour faire la lumière sur l’affaire et sen­si­bi­li­ser l’opi­nion sur la pra­ti­que de la tor­ture en Algérie....

En 2013 sa fille Michèle Audin écrit un livre sur son père « une vie brève ».

C’est l’occa­sion pour nous de reve­nir sur cet homme dont le cas a été pour cer­tains un événement fon­da­teur de leur cons­cience poli­ti­que.

C’est aussi un cas où le cou­rage de quel­ques uns a peut être contri­bué à chan­ger un peu le cours des choses.

P.-S.

Ligue des Droits de l’Homme Lyon 7 Tel : 06 33 69 27 06 Mail : ldh.lyon7@gmail.com

Association « Parlons-en » Tel : 04 78 37 79 62 Mail : parlons-en@club-internet.fr

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