Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

0
parti.jpg 
thumbnail-copie-3.jpeg
4cb23c12e9-copie-1.jpg8071d6d8-f802-11df-a4d8-fa25b9579a36-copie-2.jpg 
Capture-du-2012-05-09-21-11-58.png
0
saint-communiste.jpg
00
0
soviet_propaganda.png

 vps-final.jpg

 

BDS-boycott-produits-israel.jpg

  

Recherche

lp.jpg

Léonard PELTIER 

 

arton1476.jpg

Archives

 free-the-miami-5-logo-colour.jpg

 

 rubon1-54e3a.jpgcuba-si.jpg

 

c.jpg

France  Cuba

cuba-si-3.jpg 

cuba_linda.jpg 

 

 

 

motocollant 2010 small

 

 

Thierry-copie-2.jpgHommage à

Thierry MENGUY

 


index.jpg 

une avocate

au service

du salarié

 

Maître

  Verrier Ouahmane Aicha

 

1 RESIDENCE DU PARC
  94430 Chennevières-sur-marne
 Téléphone : 01.49.62.04.45
 Fax : 01.45.76.13.17
 verrier.ouahmane@wanadoo.fr





Articles Récents

  • POUR LES FEMME D'ESPAGNE EN 2014 La nuit, la Résistance ... reprise d'un texte de 2009 Alain Girard Je hais les coups d’état, je hais la violence aveugle d’hommes de pouvoir quant ils ne sont pas de simples nervis, ceux là sont sans doute les pires. Je...
  • Obsèques d'Henri Alleg
    Sa famille, ses amis, ses camarades lui rendront un hommage fraternel le lundi 29 juillet à 10h30, au crématorium du Père Lachaise, salle de la Coupole. Le même jour, à 16 h, une courte cérémonie d'inhumation aura lieu au cimetière de Palaiseau (Esso...
  • Décès d'Henri Alleg
    Les communistes sont en deuil, les communistes valentonnais bien plus encore. Henri Alleg, Henri l'infatiguable du combat anticolonialiste, de celui pour un Etat palestinien, de celui pour une société à laquelle il donnait un nom: socialiste. Henri, ce...
  • METROPOLES
    METROPOLES Déclaration de l’ANECR Assemblée Nationale Affirmation des métropoles : discuter en 3 jours d’un remodelage profond de la République est un scandale ! Les amendements gouvernementaux adoptés par la commission des lois de l’Assemblée Nationale...
  • Un nouveau club politique prend racine | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr CHAUNY - Le club Nouveau siècle verra le jour en septembre. Ou plutôt son antenne régionale. Une réunion d’information s’est tenue samedi matin. Objectif : réfléchir sur la société actuelle.
  • Il n'y a plus rien Ferré
    merci tovaritchi mais l'"vènement cd'est le rassemblemnt réusii des communistes azinbt quentinnois, aussi fort que Léo www.youtube.com Une œuvre magistrale, qui présente notre temps alors qu'elle le précède. Merci Léo, tu nous a marqué à jamais et ce...
  • Alain Girard shared Le libre service de la...
    Alain Girard shared Le libre service de la solidarité's photo.
  • Le candidat rouge sera Olivier Tournay | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr SAINT-QUENTIN - Le militant Olivier Tournay a profité de la Fête des libertés ce dimanche au stade Bienfait pour annoncer sa candidature aux municipales 2014.
  • Alain Girard shared Sinn Féin shop's photo.
  • Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's...
    Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's photo.

 

Découvrez la playlist valentonrouge avec Francesca Solleville

Red_Cavalry_Riding.jpg
La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
sainr-just.jpg
   

A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

KM.jpg


10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 18:59

photo_1207135618714-1-1.jpgAncien trotskiste, le fondateur de Reporters sans frontières se lance dans les municipales de Béziers, soutenu par le Front national. Un rapprochement idéologique entamé depuis plusieurs années.

 

Par Michael Bloch

http://www.francetvinfo.fr/de-rsf-au-fn-le-parcours-tortueux-de-robert-menard_336306.html

 

 

Hier défenseur des reporters de guerre, aujourd'hui, participant au colloque de préparation des municipales d'Orange, aux côtés de figures du FN. Robert Ménard devrait se présenter à l’élection municipale de Béziers (Hérault) avec l'appui du Front national. Un soutien qui "ravit" l'ancien fondateur de Reporters sans frontières. L'ONG, en revanche, a pris soin de se désolidariser de l'homme, rappelant jeudi 6 juin qu'il ne faisait plus partie de l'organisation. Retour sur son parcours tortueux.

Une personnalité controversée à RSF

Lobbying. A Reporters sans frontières, Robert Ménard se fait surtout connaître par sa défense des journalistes en zone de conflit. Mobilisé dès le premier jour pour la libération de Florence Aubenas, Robert Ménard n'hésite pas à faire du lobbying auprès d'entreprises privées comme Sanofi, Pathé, Suez ou Areva, afin de récolter des fonds pour hâter la libération de la journaliste. Il se rapproche même d'Omar Harfouch, un ami du colonel Kadhafi, "mais aussi un ami de RSF, qui répond toujours présent quand on le sollicite", comme il l'explique au Monde en mai 2005 (article payant).  

Le régime de Kadhafi n'était pourtant pas connu pour sa défense de la liberté de la presse. Mais Robert Ménard a fait fi de ces contradictions. "Je suis profondément réaliste, et j'en suis venu à la conclusion que si je ne suis pas efficace, c'est que je n'ai pas su m'y prendre"soulignait-il quelques mois plus tôt, déjà dans Le Monde (article payant).

"Autoritarisme". Co-fondateurs de RSF en 1985 avec Robert Ménard, Rony Brauman et Jean-Claude Guillebaud ont quitté l'organisation au milieu des années 1990, pointant pour l’un "l'autoritarisme" de Robert Ménard, pour l'autre, son absence de critique des médias français, comme l’observe en 2008 un blog hébergé sur Mediapart.

Un apôtre d'une liberté d'expression totale

Quand il était encore dirigeant de Reporters sans frontières, le natif d'Oran détonnait dans sa défense jusqu'au-boutiste de la liberté d'expression.

Soutien à Dieudonné. En 2004, il vient défendre à la barre du tribunal Dieudonné, accusé de "diffamation publique à caractère racial" pour son sketch polémique de décembre 2003, réalisé dans l’émission "On ne peut pas plaire à tout le monde" de Marc-Olivier Fogiel. En treillis, chapeau de juif orthodoxe, cagoule et papillotes, Dieudonné avait appelé les jeunes des cités "à rejoindre l'axe américano-sioniste qui [vous] offrira beaucoup de débouchés", et lancé, bras tendu, "Israheil".

Malgré ses démêlés avec la justice, Robert Ménard continue à inviter l’ancien compère d'Elie Semoun dans son émission sur Sud Radio, notamment en avril 2012. A plusieurs reprises, il convie également Alain Soral, essayiste proche de l'extrême droite et ancienne plume de Jean-Marie Le Pen. En 2007, il lui ouvre même les colonnes de sa revue Médias, qu'il a fondée en 2004, alors qu'il était encore secrétaire général de RSF.

Combat contre la "bien pensance". C'est également dans Médias qu'il s'attaque (avec Pierre Veilletet), dès 2004, à la "bien-pensance" qui veut "nous faire croire que Jean-Marie Le Pen est plus dangereux que Goebbels et que tous les médias italiens sont sous la botte d’un néofasciste qui a pour nom Silvio Berlusconi". Il ferraille dans le même article contre les altermondialistes, symbolisés par Le Monde diplomatique : "Ils ont beau débiter des sornettes, rêver d’un monde dont nous ne sommes pas sûrs qu’ils veuillent eux-mêmes, personne ou presque n'ose les rappeler à la réalité des chiffres et aux leçons de l’histoire."

En 2008, il a annoncé, comme le notait 20 Minutesqu'il descendrait "dans la rue pour défendre la presse FN". Une petite phrase à peine relevée à l’époque mais qui réjouit l’extrême droite. Le député européen FN Bruno Gollnisch se félicitait alors, sur son blog, de la bataille de Robert Ménard contre les "bien-pensants".

La liberté d’expression, fil conducteur de l'engagement de ce pied-noir permettant d'expliquer son rapprochement avec le FN ? En 2012, il lance le site internet Boulevard Voltaire, "un lieu ouvert à toutes les sensibilités, où les journalistes ne trient pas entre ce qui est convenable et ce qui ne l'est pas", explique-t-il, cité par L'Express. Comme contributeur, on y retrouve Christian Vanneste, privé de l'investiture UMP pour les législatives, ou Jean-Yves Le Gallou, ex-député européen frontiste.

Un méticuleux rapprochement avec le FN

"Pas de gauche". En septembre 2008, Robert Ménard quitte l'organisation qu'il avait fondée en 1985. Il récupère, d'une certaine manière, sa liberté totale de parole. Et ne se prive pas de l'utiliser. "Quand vous dirigez une association de droits de l'homme, il va de soi que vous êtes de gauche. Le problème, c’est que je ne suis pas de gauche", explique-t-il en avril 2011 aux Inrocks.

Dans ses jeunes années, Robert Ménard a pourtant été un militant de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). "Sur la forme, il n'a pas changé, il a toujours braillé. C'était un bon copain, mais un révolutionnaire, un teigneux", se souvient un ancien camarade du parti, cité par Midi Libre.

Pro peine de mort. Habitué aux polémiques, Robert Ménard a défendu à plusieurs reprises la peine de mort. Marine Le Pen avait également proposé, pendant sa campagne présidentielle, de réfléchir à un rétablissement de la peine capitale. "Je pense que sur un certain nombre d’affaires, comme celle de Dutroux, je ne suis pas sûr que je mettrais beaucoup d’énergie [pour éviter] qu’à Dutroux on coupe le cou", argumentait Robert Ménard en mars 2010 sur France Inter, comme l’avait repéré Rue89. Ce "beauf absolu", comme il s'était autoproclamé, réitère cette position en décembre 2010 sur le plateau d'i-Télé, avant de se faire vertement reprendre par le présentateur Julian Bugier.

En 2011 sur l’antenne de RTL, Robert Ménard franchit un nouveau cap en faisant l'éloge de Marine Le Pen, nouvelle présidente du FN, souligne Le Monde (article payant). "Elle appelle un chat, un chat. (...) Elle piétine une classe politique qui est dans l'incapacité totale de résoudre les problèmes qu'il y a. (...) Elle incarne une autre réponse. Vous n'aimez pas cette réponse, les gens vont vous balayer."

Un livre de soutien. Le transfert semble parachevé en avril de la même année, quand Robert Ménard publie le pamphlet Vive Le Pen ! (coécrit avec son épouse Emmanuelle Duverger, éditions Mordicus). L'ancien fondateur de RSF se défend pourtant d’être devenu lepéniste. "Je ne voterai pas Front national mais je pense que ce parti, qui doit être considéré comme républicain aussi longtemps qu'il ne sera pas interdit, doit bénéficier du droit à la liberté d'expression. Défendre la liberté d'expression n'est pas défendre l'extrême droite", argue l'ancien militant des droits de l'homme, cité par Le Figaro. Après la publication de l’essai, Robert Ménard sera débarqué de RTL en juin 2011, puis d'i-Télé en juillet 2012.

La satisfaction du FN. Au FN, on se réjouit de la capture d'une telle proie. "Cela montre que le processus de dédiabolisation fonctionne", s'amuse Steeve Briois, secrétaire général du FN contacté par francetv info. "Des gens comme M. Ménard ne nous auraient jamais rejoint il y a dix ou quinze ans. Le FN ouvre aujourd’hui ses portes à de telles personnalités."

En se présentant à Béziers avec le soutien du Front national, Robert Ménard parferait définitivement sa mutation idéologique. En septembre 2012, l'ancien journaliste de Radio France Hérault décrivait, sur son blog, une ville laissée à l'abandon. "L'habitat est délabré, squatté par des marchands de sommeil. Les paraboles punaisent les façades d'immeubles occupés par des pauvres, des maghrébins, des gitans. Les bourgeois ont fui. Les Biterrois ne reconnaissent plus leur ville." Un constat pas si éloigné des thèses du FN, comme le souligne le 30 mai le Huffington Post.

Large rassemblement. A Béziers, Robert Ménard veut rassembler de "la gauche à l'extrême droite", mais le FN ne lui tient pas rigueur de ses "infidélités". "Ce sont les médias qui mettent des gens dans des petites cases. Notre clivage, c'est souverainiste ou mondialiste. S’il y a des patriotes, souverainistes et de gauche, qui veulent nous rejoindre à Béziers, il n'y a aucun problème", conclut Steeve Briois.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 18:49

blog--Hollande-Melenchon_complot.jpg

http://blogs.rue89.com/chez-gael-brustier/2013/06/09/melenchon-ps-pourquoi-tant-de-haine-230531

 

Un tweet de Jean-Luc Mélenchon a révélé que, malgré la mort d’un jeune homme, la guerre des appareils partisans reprenait ses droits très vite :

« Aux rassemblements, tenez-vous à distance du PS qui a trop assimilé le PG à l’extrême droite. Pas d’amnésie sur l’amnistie. »

Le Parti de Gauche (PG) est né d’une scission nocturne du Parti Socialiste en novembre 2008. « Ça suffit comme ça ! » avait lancé son leader, las, après trente années de participation à la vie du PS, de guerres d’appareils qui l’avaient marginalisé autant qu’elles avaient mis de côté tout aggiornamento idéologique.

Pari risqué s’il en était et dont on doit reconnaitre qu’il s’est plutôt bien acquitté jusqu’à l’élection présidentielle, fédérant la « gauche de la gauche » et marginalisant les groupes anti-capitalistes.

Les scissions du PS ont échoué

Historiquement, de toutes les scissions du Parti Socialiste, aucune n’a réussi (si l’on fait abstraction du Congrès de Tours de décembre 1920 qui donna naissance au Parti Communiste) :

  • Le Parti Socialiste de France des néo-socialistes (juillet 1933) a terminé comme l’on sait (dans la collaboration avec les Allemands) – après retour au bercail de ses éléments les plus modérés.
  • Le PSA-PSU de Depreux (né en 1958 du refus de la Guerre d’Algérie et du soutien de la SFIO au Général de Gaulle) a terminé fondu dans un magma « rouge et vert » après deux décennies d’agonie.
  • Le Mouvement des Citoyens (MDC, scission de 1992-93) de Jean-Pierre Chevènement a intégré la majorité de François Hollande après vingt ans de relations pour le moins complexes.

Il est très difficile de créer un parti socialiste idéal à coté du Parti Socialiste réel. Ces trois scissions historiques nous le rappellent.

« Ânonner des slogans extrémistes »

La tentative du Parti de Gauche avait jusqu’ici une originalité : elle pouvait être resituée dans un mouvement d’ampleur européenne, dans la reconfiguration de la gauche radicale en Europe.

C’est cette dimension qui est intéressante et qui peut déterminer l’avenir de la gauche radicale comme de la social-démocratie en France comme en Europe.

Jean-Luc Mélenchon déclarait (dans Le Monde du 28 mai 2010) :

« Il s’agit de prendre la majorité à gauche, et cela est radicalement impossible si l’on se contente d’ânonner des slogans extrémistes anti-tout et anti-tout le monde en se montrant incapable de s’entendre avec qui que ce soit dans quelques conditions que ce soit. »

On pouvait penser que l’option stratégique choisie par Jean-Luc Mélenchon serait de favoriser une modification du rapport de forces entre gauche radicale et social-démocratie et non l’entrée en guerre contre cette dernière.

Amérique latine

La Gauche radicale en Europe évolue. Elle a de jeunes animateurs talentueux dans nombre de pays : Alexis Tsipras en Grèce, Alberto Garzon Espinosa en Espagne... Certains sont venus à la politique

  • par les Forums sociaux internationaux (mondiaux ou européens),
  • d’autres sont issus du post-communisme,
  • d’autres encore sont issus de l’aile gauche de la social-démocratie.

Beaucoup ont voyagé en Amérique latine, parfois y ont-ils séjourné et croisé d’autres jeunes responsables dont, par exemple, Rafael Correa, actuel Président de l’Equateur.

Dans bien des pays, les scores de la gauche radicale progressent.

Le « marqueur communiste »

Reste à savoir ce qu’est la gauche radicale et où elle peut aller. Comme le souligne fort justement Gerassimos Moschonas de l’Université Panteion d’Athènes, le « marqueur communiste » représente la « centralité perdue » de cette gauche radicale.

Avec l’effondrement du communisme, place est laissée à une myriade de mouvements qui naissent des échecs conjugués du communisme, du néolibéralisme et… de la social-démocratie.

Moschonas constate d’ailleurs que le communisme a perdu sa capacité de polarisation, d’un point de vue idéologique ou partidaire. Ce qui ne signifie pas que ces partis fortement enracinés, dotés d’une solide culture politique et de réseaux de militants et d’élus encore souvent denses, soient impuissants. Les partis communistes sont une composante de ces reconfigurations que représentent les gauches radicales mais n’en ont pas le leadership exclusif.

La question de l’intégration européenne

C’est la question de l’intégration européenne qui a amené les gauches radicales à évoluer, leur fournit un puissant moteur et, dans le même temps, quelques ferments de division. Le « Non de gauche » du 29 mai 2005 a servi à unifier différentes tendances de gauche, dans une ébauche de recomposition politique autant qu’il a mis en évidence des divergences politiques profondes.

Dans son analyse des recompositions de la gauche radicale, Moschonas relève :

« Paradoxalement, la gauche radicale s’est faite plus “ amicale ” envers l’Europe dans une période où l’Europe devenait, par son poids accru et sa logique libérale, plus “ inamicale ” envers la gauche. »

En Grèce, Synaspismos, concurrent du très orthodoxe KKE, a eu longtemps la réputation d’être un mouvement de gauche radicale « pro-européen » alors que le KKE multipliait les prises de position hostiles à l’intégration européenne. Au sein même de Syriza, les débats sur l’euro sont encore vifs.

Deux attitudes au sein de la gauche radicale

Ces fractures internes aux gauches radicales européennes ne doivent pas éclipser qu’elles parviennent néanmoins à profiter électoralement des difficultés de la social-démocratie, embourbée dans les contraintes de l’Union européenne et confrontées à un amoindrissement évident du pouvoir d’Etat. Souvent contrainte au verbalisme, la social-démocratie européenne s’essouffle.

On constate aujourd’hui deux attitudes au sein de la gauche radicale :

  • L’une consiste à accepter l’alliance (locale au moins) avec la social-démocratie, soit dans un but de pure gestion locale soit dans le but d’influencer celle-ci.
  • L’autre fait le pari d’une submersion de la social-démocratie par la gauche radicale.

Du côté de la social-démocratie, certains cherchent une rupture définitive avec la gauche radicale, alors que les faiblesses des partis sociaux-démocrates apparaissent au grand jour à mesure que les effets de la crise se déploient.

Le pari sur la fracture

Si la social-démocratie n’est pas un « logiciel figé » comme le dit avec justesse Fabien Escalona, elle doit néanmoins régler « deux impensés problématiques : celui du compromis et celui du productivisme ».

L’évolution du capitalisme et la question environnementale lui imposent de penser ces nouveaux enjeux, autrement qu’en assénant un discours impuissant sur le « vivre-ensemble » ou en « green-washant » ses différentes prises de positions.

L’avenir dira si la Gauche radicale surmontera les difficultés liées à son rapport à l’Union européenne et si, de son côté, la social-démocratie réglera ses impensés.

Pour l’heure, ce qui explique la haine réciproque de Jean-Luc Mélenchon et de l’aile droite du PS, c’est le pari sur la fracture. Pari partagé. Le pari sur la fracture, c’est pourtant toute la gauche qui en paiera la facture. Engager une fracture irrémédiable avec la social-démocratie c’est rendre impossible tout combat culturel véritable contre les droites, c’est se condamner pour les deux camps à ne pas régler leurs contradictions, à camper sur des postures et à laisser la voie libre aux droites.

Jean-Luc Mélenchon n’est pas andalou

D’un point de vue purement électoraliste, une gauche désunie n’intéresse pas l’électeur. Face à une gauche fratricide, l’électeur préférera rester chez lui et laissera les appareils se mener des guerres picrocholines qu’il se refusera à départager dans l’isoloir.

Le différentiel d’abstention entre ouvriers aux « valeurs » de gauche et ouvriers aux « valeurs » de droite est là pour démontrer qu’une partie de son électorat potentiel s’est déjà structurellement détourné des urnes.

La trajectoire des gauches radicales n’est pas encore écrite. Il n’y a pas de stratégie unique.

En Andalousie, Izquierda Unida a permis au PSOE, minoritaire dans cette région historiquement de gauche de conserver la majorité. Le rapport de forces entre gauche radicale et social-démocratie commence à changer en Espagne. Izquierda Unida semble, pour sa part, faire l’économie des insultes.

Mais Jean-Luc Mélenchon n’est pas andalou et il fait, quant à lui, le pari de la submersion. C’est un choix politique, délibéré. Les mots qu’il adresse au Parti Socialiste sont choisis, pensés et l’on sait l’homme suffisamment cultivé pour ne pas, à l’aune de l’Histoire, mesurer très exactement les implications possibles du pari qui est le sien.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 18:47

991141259_3122452_1.jpg

http://www.courrier-picard.fr/region/lulu-une-femme-engagee-et-solidaire-ia193b0n104040

 

La décolonisation, le féminisme... Lucienne Boubennec a épousé les causes qui ont bouleversé sa génération.

 

Tout commence avec la guerre d'Algérie. Lucienne Boubennec, surnommée Lulu, figure de l'engagement citoyen dans le bassin creillois, fait ses premières armes. « On a envoyé mon époux en Algérie en tant que soldat. Il y est resté pendant 27 mois alors que j'étais enceinte de ma fille aînée. Cet événement a été le déclencheur », raconte Lulu.

En 1961, elle milite à l'association pour le Mouvement de la paix. Alors qu'elle distribue le journal l'Humanité, à la gare de Creil avec ses camarades, elle se sent en danger, sous la menace de l'OAS, l'organisation de l'armée secrète, les pro de l'Algérie française. « Ces terroristes d'extrême droite nous surveillaient. Même les passants avaient peur d'acheter notre quotidien », se souvient-elle.

Née en 1935, elle est restée marquée par son enfance : après le divorce de ses parents en 1939, elle est ballottée au sein de sa famille pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a vécu cette période avec la peur et la faim au ventre. « Ce sont les bourgeois qui nous donnaient des vêtements, manteaux, gants en fourrure. Ce que je n'appréciais pas. Je trouvais humiliant que les riches nous considèrent comme leur déchetterie », confie Lulu.

À la Libération, Lulu vient d'avoir 10 ans et sa mère s'est remariée avec un soldat qui était en captivité. « Mon beau-père, inscrit au Parti communiste et à la CGT, m'emmenait aux réunions syndicales », témoigne Lulu. À 13 ans, elle travaille à la ferme, puis comme domestique. À 17 ans, elle retrouve son père à Creil ; c'est ici aussi qu'elle rencontre son futur mari et qu'elle s'engage concrètement. Contre la guerre au Vietnam. Pour le Secours populaire.

C'est en rencontrant une précédente figure locale du féminisme, Huberte D'Hoker, qu'elle « ouvre les yeux sur la condition des femmes », explique Lulu. La quarantaine passée, elle divorce et reprend des études d'aide-soignante. À l'hôpital où elle travaille, elle est à la CGT et monte une section du PCF, dénommée Dulcie September en hommage à cette Sud-africaine qui se battait contre l'apartheid et qui a été assassinée en 1988 à Paris. Aujourd'hui, Lulu milite auprès des Femmes solidaires.

Contact : Femmes solidaires, espace Elsa-Triolet à Montataire.Tél. 03 44 27 54 08.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 17:48

md0.libe.com-copie-1.jpeg

 

Pierre Mauroy, l’Union de la gauche, le tournant, l’immigration...

 


dimanche 9 juin 2013 par  Xuan

http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-claude-pottier/100613/pierre-mauroy-l-union-de-la-gauche-le-tournant-l-immigration

 

 

Dans la quasi-unanimité de louanges de l’homme qui accompagnent la mort de Pierre Mauroy, une analyse, illustrée de citations, du parcours politique de celui qui reste un des fossoyeurs de la stratégie "Programme commun" de la gauche des années 70/80...je suis un cocu de cette histoire là...je me souviens encore, jeune communiste de 18 ans, d’avoir fait signer des pétitions sur le marché de mon village Souppes sur Loing  pour que le PS s’engage sur le PCG ...et François Mitterand, au Congrès de l’Internationale Socialiste à Vienne, en Autriche, répondant aux questions désapprobatrices des responsables de l’IS disant  "j’ai signé le PCG pour prendre 3 millions de voix au PCF"... Il est plus que temps de reprendre nos voix, par un vrai programme de rupture avec le libéralisme, et de reprise en main du destin de notre peuple par la nationalisation des principaux moyens de production et d’échanges au service d’un projet de société émancipateur...Cela passe par un retour du PCF à son identité historique de parti révolutionnaire, organisé d’abord là ou le combat de classe peut se mener au plus près, dans l’entreprise.

Serge

Ajoutons cette citation qui, curieusement, a été presqu’oubliée, alors qu’elle est pourtant symbolique de l’utilisation de l’immigration et du racisme pour imposer l’austérité... Pour faire passer ce "tournant de la rigueur" en 1983 et devant les luttes des travailleurs de l’automobile, c’est ce même Pierre Mauroy qui déclare en Janvier 1983, quelques mois avant des élections municipales qui verront le succès  électoral du FN à Dreux et lanceront la réhabilitation d’un parti d’extrême-droite en France, que les grévistes de Renault « sont agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises ».

Le texte ci-dessous est bien sûr discutable pour son appréciation unilatérale du rôle des communistes, mais il nous oblige à réfléchir sur l’impasse dans laquelle nous a enfermé le programme commun et une stratégie d’alliance électorale et de sommet.

pam

La planche pourrie

Tous les médias honorent Pierre Mauroy :

Alain Juppé : « Pierre Mauroy a su conjuguer ses fonctions nationales à une action reconnue dans sa ville de Lille, qu’il a marqué à jamais de son empreinte »

« Changer la société, écrivait-il, c’est refuser l’illusion de la révolution. » Cite Le Point  Jean François Copé «  Même si je ne partageais pas ses idées, son parcours m’a toujours inspiré beaucoup de respect. C’était un homme issu de la méritocratie républicaine » . Et Steeve Briois « tient à rendre hommage, au nom du Front National, à un acteur politique majeur de la Vème République » .

Une telle unanimité aurait déjà de quoi alerter le plus naïf des arpètes.

Jack Ralite l’un des quatre ministres révisionnistes des gouvernements Mauroy de 1981 à 1984 n’est pas de reste :

"Cela reste un bon souvenir. A partir de 1983, les choses n’ont pas tourné comme nous le souhaitions mais travailler avec lui fut agréable. Il y avait une grande bonté en lui et cette fierté d’être le premier Premier ministre d’un gouvernement de toute la gauche. Il en respectait toutes les composantes, il prenait le temps de débattre, il n’adoptait jamais une posture de commandement, c’est la conviction qui devait l’emporter. C’est une figure de la justice sociale qui disparaît. Le souvenir du tournant de 1983 restait douloureux chez lui, de par ses origines et son sens de la solidarité. Je n’oublie pas qu’il a rappelé à Jospin en 2002 que ’le mot ouvrier n’était pas un gros mot’."

On appréciera au passage le bilan du tournant de 83 : le bon souvenir serait devenu douloureux pour Mauroy dit-il.  On y croit, et pour les salariés ?

Quand au respect de toutes les composantes , Ralite nous prend pour des jambons. Nous allons voir ce qu’il en est.

L’Humanité se souvient surtout que des ministres communistes appartenaient au même gouvernement et n’oublie aucune des réformes populaires, sauf au passage quelques licenciements, et glisse sur sa responsabilité dans le tournant de la rigueur, qui est attribué à... Fabius : 1981-1984 : Pierre Mauroy à l’épreuve du pouvoir.

Le « tournant de la rigueur »

Ces réformes, comme les nationalisations qui ont servi à renflouer les grandes entreprises avant de les re-privatiser, ou bien les réductions d’horaires immédiatement récupérées par des hausses de productivité ont été un maigre bénéfice pour les salariés.

Mais le « tournant de la rigueur » a marqué pour plusieurs dizaines d’années la fin des hausses de salaire et l’inflexion du ratio salaires / profits.  Mauroy, qui n’avait de rouge que le bout de son pif, est entièrement responsable du « tournant de la rigueur » confié par lui à Delors, ce que Hollande n’a pas oublié de rappeler : « Pierre Mauroy, c’était aussi l’homme des restructurations industrielles, ce qu’on avait appelé un moment la rigueur » .  Devant la menace de faillite économique - déficits publics et poursuite de l’inflation -, il « a été décisif dans le fait de convaincre (François) Mitterrand qu’il ne fallait pas sortir du système monétaire européen et casser l’Europe pour faire le socialisme dans un seul pays. Mitterrand y avait un peu pensé » , indique Michel Rocard.

Tandis que l’indexation des salaires sur les prix est supprimée le franc est dévalué trois fois en 1981, 1982 et 1983.

 

SalaireValeurAjoutee.jpg


Double langage sur les restructurations

On lit dans l’Unité du 23 mars 1979 qu’au cours de son intervention à l’Assemblée nationale dans le débat de censure, Pierre Mauroy s’est adressé au Premier ministre Raymond Barre pour dénoncer l’attitude du Pouvoir sur le problème de la sidérurgie et dans les incidents qui s’étaient produits à Denain :

« Quant à la sidérurgie, vous avez beau jeu de mettre en avant, pour justifier les licenciements à Denain, la faiblesse de la rentabilité de notre appareil de production, comparé à celui de nos voisins. L’approche des socialistes est moins conjoncturelle. La question que nous posons est de savoir si cette différence de rentabilité, au demeurant minime, justifie le sacrifice pur et simple de l’entreprise. La réalité, c’est que dans cette période de crise, vous n’osez pas courir le risque d’une expansion à venir. L’analyse que nous faisons de la situation de l’industrie sidérurgique implique la mise en œuvre de la transformation de l’appareil de production, l’adoption de nouvelles structures industrielles et l’intensification de la recherche. Au moment où vous laissez entendre la fermeture de Denain et peut-être de Longwy, nous vous affirmons, monsieur le Premier ministre, que Longwy et Denain peuvent vivre, et nous formulons un certain nombre de propositions concrètes. Devant cette assemblée, je prends même le risque d’un pari que i’ai déjà fait devant vous, monsieur le Premier ministre, et devant le président de la République. Vous allez licencier des milliers et des milliers de travailleurs à Denain et à Longwy. Vous ne croyez pas à l’expansion. Nous, nous y croyons davantage. Un jour viendra où il faudra pousser les feux à Dunkerque, faire des investissements à Fos et recourir sans doute à une main-d’œuvre qui n’est pas sur place actuellement. Telle est la situation de la sidérurgie. Quel paradoxe que cette hargne à licencier pour rentabiliser, au moment où le chômage apparaît comme le pire des gaspillages sociaux ! Vous ignorez les faillites industrielles jusqu’au moment où la colère des travailleurs tend la situation jusqu’à la rendre dramatique. A ce moment-là, vous tentez de faire peser la suspicion sur l’attitude des chômeurs qui manifestent pour la défense de leur emploi, ou sur des organisations syndicales, voire des formations politiques dont vous n’osez même pas dire le non. Avec le bureau du conseil régional Nord-Pas-de-Calais, je veux ici, solennellement, m’inscrire en faux contre des affirmations qui veulent rendre les ouvriers sidérurgistes responsables des incidents qui se sont déroulés dans le Valenciennois, et plus particulièrement à Denain. Je veux aussi dénoncer les brutalités qui se sont exercées sur les élus locaux, les parlementaires et les responsables syndicaux. Les socialistes récusent les explications fournies par les pouvoirs publics, ainsi que les déclarations officielles qui ont pu être faites. C’est l’arrivée et l’intervention des forces de police qui sont à l’origine de l’explosion de violence, et nous demandons, avec le bureau du conseil régional, que soient situés les véritables auteurs de ces débordements injustifiables, qui n’ont d’autre objectif que de jeter le discrédit sur des milliers de travailleurs en lutte pour leur droit au travail, et que soient prises à l’égard de tous les responsables de ces graves incidents les mesures qui s’imposent. »

Après les paroles, les actes :

Dès le mois de juin 1982, l’État annonce 12 000 suppressions d’emplois. Pierre Mauroy vient à Pont-à-Mousson le 5 décembre 1982 et s’oppose à 1 500 manifestants qui brûlent des pneus sous les fenêtres des Prémontrés. « Nous ne sommes malheureusement pas des magiciens » , avouait-il dans les colonnes du Républicain Lorrain, la veille de son déplacement.

Le 29 mars 1984, le gouvernement Mauroy - comportant toujours quatre ministres communistes - révisait le plan Acier et annonçait la suppression de 21 000 emplois supplémentaires. Les aciéries de Pompey étaient rayées de la carte et celles de Neuves-Maisons aux trois-quarts liquidées. Le tiers des 6 000 emplois de Gandrange étaient condamnés. Ce plan sonnait enfin le glas de la sidérurgie à Longwy.

25.000 à 30.000 emplois sont supprimés à Usinor et Sacilor, qui à l’époque comptent 90.000 salariés, soit 30% de l’effectif.  Des dizaines de milliers de sidérurgistes manifestent à Paris le 13 avril 1984 aux cris de « Mitterrand trahison ! » .

S’ils annoncèrent en Lorraine qu’ils n’accepteraient jamais le plan Acier, les dirigeants révisionnistes votèrent en mai au Parlement la confiance au gouvernement Mauroy.

Mauroy s’acoquine avec le syndicaliste jaune Jacques Chérèque, pour qui « Il faut retirer les hauts fourneaux de la tête des sidérurgistes lorrains » , et qui sabote l’unité d’action avec la CGT de la métallurgie pour accepter les suppressions d’emplois dans la sidérurgie.

Pour le remercier de ses bons offices, Mauroy le nomme préfet à la réindustrialisation.

Là encore on promet monts et merveilles, mais en définitive, en 1984, le train universel prévu à Gandrange pour un devis de 1,8 milliards de francs n’a pas été réalisé. Il a été également décidé de fermer le train de laminage de Sacilor à Rombas situé lui aussi en Moselle et on a également fermé le site de Fos-sur-mer, pourtant le plus moderne. Cerise sur le gâteau le laminoir de Trith-Saint-Léger n’a quand même pas été sauvé puisqu’il a été fermé l’année suivante en 1985.

Pour plus de détails, voir l’article de matièrevolution Les licenciements massifs dans la sidérurgie lorraine.

Chronique d’une mort annoncée

En 1961, il est élu secrétaire général de la fédération du Nord, la plus importante du parti, mais n’a pas claqué la porte de la SFIO pendant la guerre d’Algérie et sous le gouvernement Guy Mollet, dont il devient le dauphin en janvier 1966.

Au Congrès d’Epinay en 1971, Mauroy déclare

« Le pays repousse la révolution dans le désordre et la confusion. Ce qu’il souhaite en tous les cas la gauche, c’est la seule révolution qu’il admette, c’est la révolution dans la clarté et la sécurité c’est-à-dire sans la violence.

Camarades l’essentiel de notre position peut s’exprimer ainsi : La gauche a besoin du concours du parti communiste, et après évolution, de la participation du parti communiste pour battre la droite et la réaction et pour pouvoir avoir en France un gouvernement de gauche. Ça c’est le premier point, le premier élément. Mais de la même façon camarades, une gauche dominée par le parti communiste n’a aucune chance d’accéder au pouvoir, une gauche dominée par le parti communiste serait le plus beau cadeau que nous pourrions faire à l’UNR. »

Dès lors il est acquis que l’Union de la Gauche est un marché de dupes, mais il n’est pire sourd qui ne veut entendre, Marchais persiste et aujourd’hui encore le parti révisionniste est dans le déni.

Lors du Congrès de Metz de 1979, Pierre Mauroy sera aux côtés de Michel Rocard, contre François Mitterrand, pour défendre une position sociale-démocrate et refuser la « rupture avec le capitalisme ». « La radicalisation atteignait son paroxysme. Nous étions là pour tempérer » .

Les espoirs entretenus autour du Programme Commun étaient ainsi condamnés avant même sa mise en œuvre.

En 1992 c’est la consécration : il préside l’Internationale socialiste.

Mauroy signera sa fin de parcours dans l’opprobre comme bon nombre de notables bourgeois. Le 20 juin 2008, 11 ans après le début de la procédure, il est mis en examen pour détournement de fonds publics pour un emploi fictif attribué à Lyne Cohen-Solal au sein de la communauté urbaine de Lille (CUDL) en 1992, et condamné le 4 février 2011 à 20 000 euros d’amende avec sursis pour abus de confiance, ainsi que son directeur de cabinet Bernard Masset.

La « trahison » des socialistes ne date pas d’aujourd’hui, elle n’est que le prolongement d’une ligne réactionnaire, inaugurée par les sociaux démocrates en votant les crédits de la boucherie impérialiste de 1914.  Regarder la réalité en face évite de renouveler les erreurs, quand il s’agit encore d’erreurs.

L’obstination de la direction révisionniste à repeindre en rose la façade des socialos démontre qu’elle poursuit toujours l’objectif de s’unir avec eux et que les critiques envers Hollande ne l’empêche pas de rester « entre amis ».

Repost 0
9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 11:53

siteon0.gif

http://www.acrimed.org/article4081.html

 

Court dictionnaire des idées reçues (accompagnées de quelques citations imaginaires).

 


 « Activistes ». Terme préférable à « militants » quand ces derniers défient une autorité réputée pour son « réalisme »* ou son « pragmatisme »*. « Des activistes occupent le terrain dédié à un aéroport par le maire de Nantes ».

 « Adaptation ». S’impose à tous, en particulier aux « inadaptés » qui la refusent et témoignent ainsi de leur « extrémisme »*.

 « Affaires ». Terme générique, employé non sans fatalisme, pour désigner les malversations politico-économiques à répétition, sans trop s’indigner du système qui les rend possibles. « Monsieur Cahuzac, pouvez-vous éviter de laisser traîner vos affaires ? »

 « Archaïsme ». Terme employé pour qualifier tout propos visant à affirmer qu’il existerait des acquis sociaux à défendre, des droits sociaux à conquérir, voire même des emplois à préserver. « L’archaïsme de cet ouvrier qui, en 2013, vêtu d’un bleu de travail, défend son emploi menacé de délocalisation, fait peine à voir ».

 « Choix ». Se présentent généralement à l’heure. À l’heure des choix, il n’en reste pratiquement aucun pour éviter le pire prévu par ses prophètes. « Taxer les bénéfices, au risque d’encourager la fuite des capitaux, la guerre civile et le retour de la lèpre, ou travailler plus longtemps, ce qui semble logique au vu de l’allongement de l’espérance de vie ? La France est à l’heure des choix ».

 « Classe moyenne ». Espèce en expansion dont les frontières ne cessent de s’élargir, au point d’englober des salariés sous-payés et de petits actionnaires. La mettre au pluriel, pour souligner qu’elle se multiplie et qu’elle absorbe plus de la moitié de la population.

 « Classe ouvrière ». Espèce disparue, dont quelques spécimens se manifestent encore, mais sous le nom de « salariés ». « Des peintures représentant des scènes de vie quotidienne de la classe ouvrière ont été découvertes sur les parois d’une grotte de la région Nord-Pas-de-Calais ».

 « Compétitivité ». Ardente obligation, à la différence de la coopération ou de la solidarité, condamnées par le « pragmatisme »*.

 « Consensus ». Désigne un accord recherché ou obtenu, du moins quand il traduit la convergence de point de vue entre élites politiques, économiques et… médiatiques. Que ces dernières forment une minorité n’empêche pas que le consensus puisse être « large », notamment à la sortie des sommets européens. « Cette proposition fait l’objet d’un large consensus. C’est d’ailleurs pour cette raison que notre journal la défend âprement, n’en déplaise aux extrémistes de gauche, de droite, du centre et d’ailleurs ».

 « Conspirationnisme ». Vice rédhibitoire non seulement des conspirationnistes réellement existants, mais également de toutes les explications qui invoquent des causes invisibles à l’œil nu des commentateurs. Seule, la main invisible (et généreuse) du marché n’est pas conspirationniste.

 « Démagogie ». Symptôme du « populisme »*. À la différence de la pédagogie médiatique qui, avec réalisme, enseigne… le « réalisme »*, la démagogie se signale par sa consternante contestation de la médiacratie et des évidentes évidences économiques et sociales dont elle se repaît. « Parler d’une augmentation du Smic sous le prétexte fallacieux que les richesses n’ont jamais été aussi mal réparties, c’est de la pure démagogie ».

 « Europe ». N’est plus une déesse grecque. C’est pourquoi il en faut « plus », de préférence sans précision superflue.

 « Eurobéat ». Vocable absent du vocabulaire médiatique, alors qu’il serait très économique de l’employer par opposition à « eurosceptique »*.

 « Eurosceptique ». Vocable très économique, puisqu’il englobe toutes les critiques récusées par les eurobéats. L’eurosceptique est parfois « europhobique », dans la nomenclature des maladies mentales diagnostiquées par la médiacratie.

 « Escalade ». Conséquence inévitable des « excès »* et de la « surenchère »*.

 « Excès ». À dénoncer sans « modération »*.

 « Extrêmes ». Vocable englobant des réprouvés que tout oppose et que les agitateurs d’épouvantails amalgament avec discernement, pour les disqualifier simultanément et sans effort.

 « Extrémismes ». Points cardinaux en excès sur la carte politique du bien. Vont généralement par deux et fréquemment « se touchent ».

 « Isolement ». Risque encouru ou position déjà occupée par tous ceux qui n’œuvrent pas au « consensus »*. « Certes, votre raisonnement est incontestable, vos chiffres sont exacts et vos propositions crédibles, mais ne craignez-vous pas l’isolement ? »

 « Modèle ». À défendre quand il est « social européen ». À imiter quand il est « allemand ». À réformer lorsqu’il est « social français ». À réprouver dans tous les autres cas.

 « Modération ». En faire preuve, mais sans « excès »*.

 « Pensée unique ». La pensée d’en face.

 « Petite phrase ». Prélevée par les médias sur un long discours, préparée par l’orateur pour être reprise par les médias, reprise par les médias dans le but d’être reprise par les médias, qui déplorent l’invasion des petites phrases.

 « Plus d’Europe ». Déesse supplétive, dont il convient d’invoquer régulièrement l’intervention.

 « Polémique ». Désigne n’importe quel désaccord quand les médias s’en emparent. Dès ce moment, « ça fait polémique ». En version journalisme branché, on peut parler de « clash », surtout quand il fait le « buzz ». « La question du port du béret dans les cours des écoles primaires fait polémique ».

 « Populisme ». Vocable sciencepipeaulogique très éclairant puisqu’il désigne, très rigoureusement, toute adresse au peuple, à l’exception de toutes celles… qui ne sont pas populistes. Est menacé de populisme, tout individu, discours ou parti qui prétend, à tort ou à raison, tenir compte des points de vue et des préoccupations des personnes non assujetties à l’ISF.

 « Pragmatisme ». Synonyme de « réalisme »*, vocable trop usé pour qualifier les réelles « adaptations »*, et notamment l’adaptation au pragmatisme.

 « Programme ». Se dit des propositions et des engagements d’un parti politique, quand on les évoque pour en dire le moins possible. Trop long pour tenir en un tweet, à la différence d’une « petite phrase »*. « Dans les vingt secondes qui nous restent, pouvez-vous nous résumer votre programme économique et social ? »

 « Radicalisation ». Effet de la « surenchère »* ou de la poursuite désastreuse d’objectifs que la médiacratie, convertie au « réalisme »*, condamne ou décide d’abandonner. « Exiger la réquisition des logements vides depuis 50 ans témoigne d’une dangereuse radicalisation ».

 « Réalisme ». En faire preuve. Vertu des chefferies politiques quand elles se conforment aux vœux des chefferies éditoriales. Synonyme de « pragmatisme »*, vocable mieux adapté aux nécessaires « adaptations »* et à l’indispensable « responsabilité »*. « En exigeant la suppression de l’Inspection du travail le Medef a une nouvelle fois fait la preuve de son réalisme ».

 « Responsabilité ». En faire preuve. Est responsable, en langue médiatique ordinaire, l’attitude, la décision ou la mesure mais aussi… le responsable dont l’ « adaptation »* témoigne d’un grand « pragmatisme »*. « Les salariés qui, par souci de compétitivité, acceptent sans broncher la délocalisation de leur entreprise, font preuve d’un bel esprit de responsabilité ».

 « Sacrifices ». Sont inévitables, du moins quand il s’agit d’acquis sociaux qui bénéficient trop largement aux classes populaires. « La conjoncture économique étant économique et conjoncturelle, les Français doivent évidemment se préparer à faire des sacrifices ».

 « Sceptique ». Personne dont le point de vue ne trouve pas sa place dans les colonnes des tableaux des instituts de sondages. « Près d’un Français sur quatre partage le point de vue selon lequel "l’austérité, c’est fun". Les autres sont sceptiques ».

 « Surenchère ». Excès d’ « excès »*. Se manifeste une fois que les commissaires-priseurs des médias ont obtenu satisfaction sans avoir à ouvrir les enchères. Bien souvent, la surenchère conduit à la « radicalisation »*.

***

Phrase automatique :

N’en déplaise aux sceptiques, il convient aujourd’hui de faire preuve de responsabilité, de cesser toute démagogie et d’opter pour le réalisme, en repensant avec pragmatisme le modèle social français et en acceptant de procéder aux nécessaires sacrifices, sous peine de faire le jeu des extrêmes et du populisme.

 

Henri Maler et Julien Salingue

 

 

Voir aussi nos autres lexiques.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 11:45
o-GUEANT-VALLS-facebook.jpg
http://babordages.fr/?p=442
Billet invité

Ce Nombre… Il m’a frappé dès le jour de sa publication. Élevé, bien plus qu’il ne l’avait jamais été auparavant. Ce nombre c’est un résultat, celui d’une année, une seule, 2012, Le Changement.

Ces expulsés, car c’est d’eux dont il s’agit ici, sont la garantie pour Manuel Valls de n’être accusé ni de laxisme, ni d’angélisme. Il est l’homme fort du gouvernement, le ministre préféré des Français, il gère sa Com’. Derrière celle-ci, il y a des gens. Les refus de régularisation sont légion, ils n’ont pas baissé depuis le changement de majorité, ils ont même augmenté dans certaines préfectures (Essonne, Lyon… ).

Expulser des êtres humains, à quoi ça sert ?

Une partie de la population, celle pour qui l’insécurité est lié à l’immigration, aux sans-papiers, se frotte les mains et même applaudit.

Est-ce l’objectif ?

Trente six mille huit cent vingt deux ?

Valls a fait de la lutte contre l’insécurité la priorité des priorités de son Ministère, il ne cède jamais, sur aucun dossier. Les Affaires Sociales n’interviennent pas (ne veulent pas ? ne peuvent pas ?) et cela même lorsqu’il s’agit d’individus malades (Sida, hépatite…), qui se font expulser de la même manière.

Dans le programme de François Hollande, il n’est indiqué nulle part que le Ministère de l’Immigration perdurerait. Il est là, bien présent. Il n’a jamais été aussi rayonnant. Les vieilles techniques persistent. Et lorsque Valls parle d’un « Ennemi de l’intérieur » lors de l’affaire Merah, il stigmatise, faisant une généralité d’une poignée de détraqués.

D’outrance en outrance, de communication en lapsus, le Ministre s’en prend également aux Roms. (Le Changement ?)

Vous avez aimé Brice Hortefeux et Claude Guéant, vous adorerez Manuel Valls et son discours, tendance Marine Le Pen.

« Les Roms n’ont pas vocation à rester sur le territoire. »

Cette phrase a été prononcée trois fois, reprise par différents médias sans que cela ne choque personne…

Sur les 15 000 Roms migrants vivant en France, 12 000 ont été déplacés ou expulsés en un an. (Encore un nombre)

La procédure est bien rodée. Les gendarmes arrivent, prennent des photos (des adultes mais aussi des enfants), relèvent les empreintes, fichent les voitures. Ensuite, c’est la course contre la montre, 48 heures pour expulser, après, c’est trop tard. C’est bien simple, entre un maire PS, un président de région PS et un préfet fraîchement installé, tout le monde tombe d’accord.

Dans les 48 heures, pelleteuses et autres tractopelles arrivent et arrachent tout. Que cela se déroule sous les yeux des enfants n’est absolument pas un problème. En 5 minutes, tout est détruit. Les Roms vont se cacher un peu plus loin, loin des habitations, loin des gens qui payent des impôts, loin des gens qu’ils dérangent.

Cette politique qui se met au même niveau que la celle de la droite, qui joue sur son terrain, n’apporte rien à l’électeur PS. On passe des années à s’opposer sous Sarkozy à ce Ministère, et, une fois aux commandes, on fait la même chose. En tant qu’électeur, non encarté, je trouve cela plus que douteux.

La sécurité n’est pas la priorité des Français. Les priorités sont et resteront l’emploi, le logement, la santé, l’éducation… Tous ces sujets sur lesquels les politiques ont baissé les bras depuis des décennies.

La sécurité a été placée sur un piédestal, elle a été choisie comme priorité. Le PS commet cette erreur. L’unique priorité c’est de réduire le chômage, la vraie solution contre l’insécurité est là.

Tant qu’il continuera de faire croire que les étrangers sont la source de l’insécurité, s’appropriant les thématiques de la droite, le PS ne pourra que perdre à terme. Il existe des voies (voix) divergentes, Martine Aubry, à Lille, avec EELV, essaye des choses, prend une autre direction avec les villages tests. Hollande et Ayrault laissent faire Valls. Ils sont sur la même ligne, cette ligne dure qui ne servira à rien. Les électeurs de droite ne votent qu’à droite.

Sarkozy avait suivi la ligne Buisson, il a tout perdu. Valls sera le Buisson de Hollande.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 11:40

mandela_on_israeli_apartheid_by_latuff2.jpg

http://blog.mondediplo.net/2013-06-08-Israel-Afrique-du-Sud-et-apartheid

 

Michel Bôle-Richard a été correspondant du Monde à Johannesburg et à Jérusalem. Il a connu de près les deux situations et il en a tiré un livre important qui aurait dû ouvrir un débat majeur sur la politique française dans la région, mais aussi sur la vision dominante et lénifiante de la situation. Cette vision se résume ainsi : deux peuples, dont chacun a droit à un Etat, vivent sur la Terre sainte ; avec un peu de bonne volonté et en isolant les extrémistes des deux bords (surtout palestinien), on pourrait aboutir à la paix.

Rien n’est plus faux. Ce qui s’est mis en place, c’est un système de domination d’un Etat sur une population colonisée et privée de tous ses droits, un système qui rappelle (mais qui se différencie aussi, par certains aspects) celui qui a régné en Afrique du Sud et qui fut baptisé apartheid (lire « Gaza, Palestine et apartheid »). En refusant de le voir, nous nous faisons les complices d’une injustice majeure qui dure depuis des décennies et nous nous empêchons aussi de réfléchir à la manière de sortir de cette impasse.

Voici un extrait du livre de Michel Bôle-Richard, Israël, le nouvel apartheid (Les Liens qui libèrent, Paris, 2012). En le lisant, en le faisant circuler, vous contribuerez à rompre le mur du silence qui s’est établi autour de lui.

En juillet 2008, quelle ne fut pas la surprise d’un groupe de 22 Sud-Africains venus se rendre compte sur place d’une réalité dont ils n’avaient pas la moindre idée ! Andrew Feinstein n’avait jamais visité Israël ni les territoires occupés. Juif, il a perdu sa mère et ses dix frères et sœurs dans le génocide nazi. Il a, bien évidemment, été très impressionné par le mémorial de Yad Vashem et les récits et images d’Auschwitz où les siens ont disparu. Avec ses compatriotes, tous défenseurs des droits de l’homme, membres de l’African National Congress (ANC), magistrats, journalistes, syndicalistes, écrivains, Blancs, Noirs, Indiens, dont une dizaine de Juifs au total, Andrew Feinstein a, pendant cinq jours, sillonné les territoires occupés de Hébron à Naplouse, en passant par Jérusalem et la « barrière de sécurité ».

Ils ont rencontré des organisations de défense des droits de l’homme, visité Tel-Aviv, tenté d’appréhender les réalités du conflit israélo-palestinien. Pour eux, il ne s’agissait pas de trouver des solutions, ni de juger, encore moins de faire des comparaisons avec le régime de l’apartheid que tous ont connu et subi. « Il n’est pas question de dénier à Israël le droit d’exister, mais je dois avouer que je suis choqué par ce que j’ai vu », a déploré Geoff Budlender, lui aussi juif. Ce juriste a été frappé par l’extension de la colonisation, par « la façon de traiter un peuple comme s’il était de seconde classe, par les pesanteurs de l’occupation militaire et le contrôle de tous les aspects de la vie quotidienne des Palestiniens, par la séparation de plus en plus marquée de deux communautés ».

Geoff Budlender s’était refusé à « faire l’analogie avec le système d’apartheid », l’estimant « inappropriée ». Mais Barbara Hogan, ayant passé huit ans dans les prisons sud-africaines parce qu’elle protestait contre la ségrégation raciale, a été stupéfaite de constater en Cisjordanie l’existence des routes séparées pour les colons et les Palestiniens ainsi que la nécessité pour ces derniers d’obtenir des permis de l’administration israélienne pour se déplacer, ce qui lui a rappelé le système des pass pour les Noirs. « Les non-Blancs vivaient dans des zones séparées, mais il n’y a jamais eu en Afrique du Sud de route séparée, de “barrière de sécurité”, de check-point, de plaques d’immatriculation différentes », s’est étonnée cette députée de l’African National Council (ANC). « Tout cela est absurde et je me demande jusqu’où cela va aller, ce que ça va donner », s’était interrogée Barbara Hogan, notamment « choquée » par ce qu’elle a vu dans les rues de Hébron : « l’injustice, la haine, le désespoir ». Elle a été frappée de voir « la crainte dans les yeux des enfants », le silence qui régnait dans les rues du camp de Balata, à Naplouse. « Cette ville est assiégée. Les militaires contrôlent toutes les collines, tous les check-points. On ne peut pas entrer et sortir comme l’on veut. Cela n’a jamais existé en Afrique du Sud », a rajouté Nozizwe Madlala-Routledge, ancienne vice-ministre de la santé et députée de l’ANC.

Le poids de l’occupation, l’importance des restrictions et la volonté d’établir une séparation complète ont marqué ces vétérans de la lutte contre l’apartheid. « Partout la présence de l’armée, ces queues aux check-points, ces raids de soldats sont pour moi pires que l’apartheid. Cela ne fait aucun doute. C’est plus pernicieux, plus sophistiqué grâce aux ordinateurs n’existant pas à l’époque de l’apartheid. Ce sont des méthodes déshumanisantes », a insisté le juge Dennis Davis. Ce n’était pas son premier voyage, mais il a trouvé la situation « plus sombre qu’elle ne l’a jamais été ». « J’ai l’impression que nous sommes en 1965 en Afrique du Sud lorsque la répression s’est intensifiée après la condamnation de Nelson Mandela, qui a passé vingt-sept ans en prison. (Selon l’organisation de défense des prisonniers palestiniens, Addameer, 72 détenus sont emprisonnés depuis plus de vingt ans et 23 depuis plus de vingt-cinq ans). Après le jugement de Mandela, il aura encore fallu deux décennies pour que des sanctions internationales soient imposées contre le régime de l’apartheid. Ici, je ne vois aucune solution en perspective ». « Le bout du tunnel est plus noir que noir », a surenchéri Mondli Makhanya, rédacteur en chef du Sunday Times. « Nous, nous savions qu’un jour cela allait se terminer, que les lois de l’apartheid allaient disparaître. Ici, ce n’est pas codifié, l’occupation suffit à faire du Palestinien un être de seconde zone ».

Le terme d’apartheid, considéré comme un outrage en Israël, est utilisé avec précaution par ces hommes et ces femmes se souvenant qu’il n’y a pas si longtemps, ils étaient encore qualifiés de « terroristes » par le gouvernement blanc, comme le rappelle Barbara Hogan. Ils se refusent aussi à parler de « racisme », de « colonialisme », « car nous ne sommes pas là pour juger, mais pour nous informer », se défend Goeff Budlender, surpris de constater que « les Palestiniens veulent encore croire à une solution ». « Mais, ajoute-t-il, lorsque vous voyez ce chapelet de colonies sur la route de Naplouse et que vous vous heurtez partout au mur de séparation, vous vous dites que cela ne va pas être simple. » Drew Forrest, rédacteur en chef du Mail & Guardian, n’a pas compris « comment le peuple juif a pu en arriver là. Un peuple qui, lui aussi, a tant souffert ». « Je comprends parfaitement la peur éprouvée par les Juifs, mais elle ne peut justifier ce qui se passe », a insisté Andrew Feinstein, avant d’ajouter : «  Et je trouve très triste que cela se fasse au nom du judaïsme. »

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Palestine libre
commenter cet article
8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 18:18

arton21906-aac07.jpg

"Alors que dans le monde, les peuples s’emploient à bâtir un avenir meilleur, les Pales­ti­niens se voient nier ce droit. En plein XXIe siècle, de l’autre côté de la Médi­ter­ranée, soixante cinq ans après la Naqba, les dic­ta­teurs du nouvel âge font régner un régime de terreur pire que celui du temps des Sultans.


Les poèmes ras­semblés dans ce livret expriment l’immense indi­gnation devant ce scandale renouvelé mais aussi l’espoir, un espoir indes­truc­tible, en une vie belle sur la terre où vécurent leurs pères"


Le livret de poèmes « Je suis de cette bande de sable » a été écrit et édité par Olivia Elias, adhé­rente de l’AFPS. Dési­reuse d’y inclure quelques dessins d’enfants, elle a contacté le Pales­tinian Center of Human Rights de Gaza avec lequel l’AFPS a des rela­tions de longue date. Son Directeur, Raji Sourani, l’a orienté vers le centre « Afaq Jadeida » (Horizons nou­veaux) soutenu finan­ciè­rement par la Middle East Children’s Alliance, une ONG très active auprès des Pales­ti­niens de Cis­jor­danie et de Gaza et de ceux qui vivent en Israël - tout par­ti­cu­liè­rement les enfants.


A Gaza, Afaq Jadeida, met à la dis­po­sition des enfants des moyens d’expression artis­tiques qui les aident à sur­monter leurs trau­ma­tismes. Il est soutenu finan­ciè­rement par la Middle East Children’s Alliance, une ONG très active auprès des Pales­ti­niens de Cis­jor­danie et de Gaza et ceux qui vivent en Israël, et tout par­ti­cu­liè­rement les enfants, qui a publié en 2012 un livre de dessins intitulé « A Child’s View from Gaza ».

 

L’AFPS Paris 14-​​6, pro­prié­taire des exem­plaires, trans­férera à Afaq Jadeida tout le produit de la vente.


Pour commander des exemplaires, vous pouvez vous adresser à :

AFPS : afps@france-palestine.org

 

Le prix de l’exemplaire est de 3 euros, plus les frais de port éventuels.

En vous remerciant au nom des enfants de Gaza pour votre aide.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Palestine libre
commenter cet article
8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 17:56
image.jpg

livre.jpg

Le Qatar, une métaphore de la France en phase de collapsus

René Naba | 05.06.13 | Paris

Un si vilain pays qui ne veut pas du bien à la France.

Paris- «Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie». Ce précepte d’Albert Londres, figure de légende de la profession, deux journalistes français l’ont appliqué à la lettre pour notre bonheur, pour l’honneur de la profession et la manifestation de la vérité.
Le titre l’annonce, le corps du sujet en apporte la convaincante démonstration: le Qatar est un vilain pays qui ne veut pas du bien à la France. Point barre. Foin de contorsions intellectuelles, ni d’agitations nombrilistes. La réalité est là. Toute crue. Toute nue.

Et pour que les choses soient claires et faire taire d’avance les éventuelles accusations d’islamophobie, les auteurs assurent, d’emblée, que leur ouvrage ne relève pas du «Qatar Bashing», sport à la mode s’il en est, mais «écrit par des hommes libres». Connaissant l’un et lisant attentivement l’autre, le signataire de ce texte leur en donne volontiers acte.
Car si Nicolas Beau, ancien de l’hebdomadaire satirique Canard Enchainé, est bien connu du landerneau médiatique français, ne serait-ce que pour son déflagrant ouvrage «la régente de Carthage», l’autre élément du tandem n’est pas pour autant un saute-ruisseau. Grand reporter pour Paris Match, Jacques Marie Bourget a notamment couvert la guerre du Viêtnam (1965-1075) et la guerre du Liban (1975-1990), la première et la seconde Intifada (1986-2000). Autant dire un poids lourd du journalisme d’investigation dont la carrière a d’ailleurs été couronnée par le prix Scoop pour avoir révélé l’affaire Greenpeace.
Auteur d’un ouvrage sur les massacres des camps palestiniens de Sabra-Chatila (Beyrouth), ce baroudeur d’empire a été, le 21 octobre 2000, à Ramallah (Cisjordanie), la cible d’un tir de l’armée israélienne. C’est dire le sérieux de l’entreprise et du bonhomme.

Grâce soit donc rendue à Nicolas Beau, pourfendeur de la dictature tunisienne, et à Jacques Marie Bourget, un journaliste de terrain qui a payé de sa chair, en Palestine, le prix de la vérité. «Un si vilain Qatar, cet ami qui nous veut du mal» (Fayard) (1), leur ouvrage rédigé à quatre mains s’impose comme un chef d’œuvre d’humour, d’érudition et de rigueur.
En cliniciens du monde arabe, le tandem du site satirique «Bakchich » -tout un programme s’agissant du monde interlope de l’affairisme franco arabe – pointe, sans ménagement, sans la moindre ambiguïté, mais sans acrimonie, les complexités de cet émirat mirage. Une parfaite radioscopie non seulement des tortuosités de l’émirat, mais également des turpitudes de leurs interfaces français.

La démonstration est limpide et la paire de gâchette Beau-Bourget sans fléchissement:

  • Le rôle moteur du Qatar dans le conditionnement de l’opinion, l’encadrement et l’amplification du «printemps arabe», la confiscation de la révolution arabe et son déroutement des rives inflammables du Golfe pétro monarchique vers les républiques laïques de la Méditerranée (Libye, Syrie), en connivence avec les Etats Unis, jusque-là susurré, est établi.
  • Le Qatar, connu du monde entier par une antiphrase ravageuse, «la chaîne qui possède un état», en référence à sa chaine d’Al Jazira, alimentera ainsi de nombreuses thèses doctorales des facultés des sciences de la communication sur la «Révolution 2.0» ou d’autres balivernes du genre «Révolution cathodique», dans une opération de diversion médiatique visant à usurper, à tout le moins à en atténuer la portée, en tout cas à subvertir le sacrifice du tunisien Mohamad Bouazizi, l’étincelle de la révolution. Un parfait représentant de cette société informelle qui peuple le Monde arabe par déclassement social, dont la marginalisation et la paupérisation ont constitué le moteur du bouleversement régional, avant d’être dérouté par l’islam pétrolier et atlantiste de son cours libératoire.
  • Le passage forcé de ce cheval de Troie anglophone de l’Amérique au sein de l’Organisation de la Francophonie, en vue de prendre pied dans la zone stratégique à la charnière du Maghreb et de l’Afrique noire, de même que les mésaventures d’une universitaire française venue enquêter pour les besoins de sa thèse sur les «bidounes» (apatrides), à l’arrière-plan du grenouillage et des gigotements de la classe politique française devant ce nouvel eldorado, révèlent la face sombre de cet émirat, sa vanité en même temps que la cupidité et la vulnérabilité de ses interlocuteurs français.
  • La chorégie du Qatar: Nabil Ennasri, Tariq Ramadan, Mohamad Henniche et Mathieu Guidère.
  • Le passage concernant les néo-islamologues médiatiques (pages 202-209), au parcours académique, constitue un morceau d‘anthologie: Le quartette de la chorégie qatariote –le thésard Nabil Ennasri, le politologue Tariq Ramadan, l’universitaire Mathieu Guidère, est pointé du doigt, de même que l’empressement zélé de Mohamad Henniche, notable de la zone bariolée de la région Ile de France, convoyeur attitré des meetings électoraux de la présidence Sarkozy.
  • Particulièrement démasquée la duplicité du discours du petit-fils du fondateur de la Confrérie des Frères Musulmans, une famille constamment adossée aux dollars pétro monarchiques des régimes les plus pro américains et les plus régressifs du Monde arabe, le père, Said, à l’Arabie saoudite, le fils, Tariq, au petit wahhabite du Qatar.

Saïd Ramadan (à droite de la photo tenant une feuille blanche) reçu en audience en 1953 par le président américain Dwight Eisenhower (au centre).

Dans la stratégie du Qatar, Tariq Ramadan a vocation à assurer la relève de l’octogénaire Qaradawi dans son rôle prescripteur sur le plan théologique, parallèlement au rôle dévolu sur le plan politique, à Azmi Béchara, cet officiant chrétien d’Al Jazira, ancien député palestinien du parlement israélien. Un duo islamo chrétien destiné à assurer la maitrise du débat intellectuel panarabe dans ses diverses déclinaisons pour le compte du Qatar via les contrefeux de ses hommes-lige.

Et son fils, Tariq Ramadan, en compagnie de Cheikh Youssef Al Qaradawi, le Mufti de l’Otan, et de la princesse Moza, 3eme épouse de l’Emir du Qatar, fille de l’ancien chef de l’opposition Nasser al Misned.

Même traitement pour Eric Ghébali. Un délice. Le jeune socialiste co-fondateur de «SOS racisme» apparaît ici sous un nouveau jour. L’époux de l’animatrice télé Daniella Lambroso, dont la légende lui attribue un geste de bravade à l’égard de son mentor François Mitterrand, -((la destruction de sa carte du parti en signe de protestation contre la réception en France de Yasser Arafat, chef de l’organisation de libération de la Palestine, dans la décennie 1980))-, apparaît ici comme un zélé promoteur sinon des relations franco qatariotes, à tout le moins du Groupe Suez dont il est le conseiller de son Président Gérard Mestrallet. Sans la moindre réticence à faire commerce avec ce pays arabe, soutien du Hamas. En raison du rôle supplétif du Qatar dans la stratégie israélo américaine dans la domestication de la branche palestinienne de la Confrérie des Frères Musulmans?

Le Qatar, énigme ou oxymore ?

«L’énigme du Qatar»: Une prestation du mégaphone du Qatar dans la France périurbaine.
Le Mamamouchi de l’époque contemporaine fait l’objet d’un engouement à la mesure sans doute de l’indifférence qu’il suscitera ultérieurement en cas de sortie de route, un parcours identique à celui de ses prédécesseurs dans la panégyrie: Le Chah d’Iran, l’irakien Saddam Hussein, le Libanais Rafic Hariri. Une flopée de livres lui a été ainsi consacrée, en 2013, sans qu’il ait été possible de déterminer si cette curiosité relève d’une saine activité de prospection intellectuelle pour une meilleure connaissance d’une région du monde qui intéresse au plus haut point la France ou d’une vulgaire opération mercantile de renflouement de caisses éditoriales, malmenées par le numérique et l’économie de pénurie.
Une compétition éditoriale nullement justifiée par l’aura du majestueux sujet, plus vraisemblablement par une possible activation du flux financier qu’un tel thème pourrait générer, à tout le moins pour les plumes laudatives.
Premier chronologiquement sur le marché, «L’énigme du Qatar» (Nabil Ennasri-Edition IRIS-Armand Colin-Mars 2013) apparait ainsi comme un faire-valoir d’un à-valoir du mégaphone du Qatar dans la France périurbaine. Sans la moindre novation de la pensée stratégique française contemporaine en dépit de prestigieux parrainages, sans autre crédit que celui que lui dispense la doxa officielle française.

Le Qatar, une énigme? Vraiment? Au point d’en faire un ouvrage?
Point n’est pourtant besoin d’être grand clerc pour appréhender le Qatar, le nouveau crésus de l’économie planétaire, au fonctionnement sommaire, au décryptage basique. Une charade simple à dénouer.

Un fils qui évince son père est un parricide. Un prince qui épouse la fille du chef de l’opposition, en gage de sa loyauté, est un Machiavel en herbe. Ou un gougnafier.

Un gouverneur qui sévit en tandem avec son cousin, -le propre fils de l’ancien émir destitué par le propre père de l’actuel gouverneur-, en vue de mettre l’émirat en coupe réglé est un prédateur. Les Borgia de Florence délocalisés à Qatargaz, quand bien même octroie-t-il en guise de jeux de cirque, un joujou Pin Pon à ses sujets, des Porsche rutilantes à sa police.
L’attelage ainsi constitué est désigné dans le langage académique comme étant une relation tripolaire. Ou une triangulation. Michel Audiard, célèbre dialoguiste de cinéma du siècle dernier au langage châtié, qualifiait jadis ce genre de «combinazione» de «conjuration de cloportes» ourdie par des prédateurs machiavéliques. Autrement dit une association de malfaiteurs. Au vu d’une telle mystification, il aurait sans doute tonné haut et fort contre qu’«il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages», encore moins les vessies pour les lanternes, intimant de cesser au plus vite ce «foutage de gueule», si préjudiciable à ses auteurs.

La chute vertigineuse de l’audience d’Al Jazira en porte témoignage. De « 43 millions de téléspectateurs quotidiens à 6 millions », selon Riadh Sidaoui, directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques et sociales (CARAPS), basé à Genève, qui explique cette dégringolade par le traitement partial de la chaine qatariote du « printemps arabe » au point de soutenir la guerre coloniale de l’OTAN en Libye.
-Plutôt un oxymore
Le roitelet d’un minuscule pays qui génère un milliard de dollars de recettes par jour dans un monde où l‘argent est roi est ipso facto le Roi du Monde dans une période où l’économie occidentale est en crise systémique.
Mais le souverain d’une principauté dont le quart de la superficie du pays est occupé par une importante base militaire américaine est au choix un prince captif ou un souverain sous tutelle. Un gouverneur d’opérette ? Une marionnette? Dans tous les cas de figure, un oxymore. Un tison incandescent américain planté sur le flanc de l’Arabie, alléché par l’idée de se substituer à la dynastie wahhabite au leadership spirituel et politique du Monde sunnite. Au même titre que la Turquie, principal bénéficiaire sur le plan régional sunnite de la destruction de l’Irak et de la Syrie.
Que le prédicateur-maison, Youssef al Qaradawi, la caution théologique des équipées atlantistes en terre arabe, implore les Etats-Unis de bombarder la Syrie, un pays qui a soutenu trois guerres contre Israël en partenariat avec l’Egypte, donne la mesure de l’aberration mentale du millionnaire égypto-qatariote et de sa soumission, de même que son mécène, à l‘ordre israélo-américain.

Milliardaire du loto de la vie, à l’obésité étroite dans sa cage dorée, ce bédouin oisif s’est choisi comme terrain de jeu la scène mondiale. Et pour hobby, non le Golf qui sied aux gentlemen, mais le jeu de massacre que ce fauconnier braconnier prise particulièrement. Un milliardaire arabe et croyant qui consacre 200 millions de dollars à Jérusalem et trois milliards de dollars au financement des djihadistes cannibales en Syrie est un mystificateur. Et pour les puristes de la religion, un mécréant.

Que, dans la foulée, le Hamas, ultime mouvement sunnite de lutte armée, choisisse à son chef charismatique, Khaled Mecha’al, comme résidence permanente, Doha, à vol d’oiseau de la base américaine du Centcom, la plus importante base américaine du tiers monde, donne la mesure de l’abdication morale et intellectuelle de l’Islam atlantiste. Un acte d’indignité nationale à l’effet de disqualifier ce mouvement de libération nationale, au-delà de l’insulte morale que constitue ce choix pour la mémoire des pères fondateurs de ce mouvement tous tués par assassinats extra judicaires israéliens avec la caution américaine.
Tels sont les axiomes de base de l’équation qatariote. Le reste relève de l’entreprise apologétique, d’une mendicité déguisée ou d‘une gesticulation médiatique en quête de notoriété.
Le soft power, notion abondamment développée par cet auteur prolixe, par ailleurs tweeter fébrile, ne saurait tenir lieu de cache misère à une indigence conceptuelle, ni justifier les turpitudes d’un pays qui passe pour être l’un des principaux exportateurs du djihadisme erratique, le principal promoteur financier du néo islamisme rigoriste dans les pays arabes et africains, particulièrement en Tunisie, ainsi qu’au Mali.

Deux ans après le déclenchement du «printemps arabe», Al Qaida et sa matrice formatrice, les Frères Musulmans, multiplient les communiqués de victoire sur tous les fronts arabes, au rythme des concessions arabes sur la Palestine…. sur fond d’un paysage dévasté d’un champ de ruines généré par la guerre mercenaire menée par des Arabes contre des Arabes pour le plus grand profit de leurs ennemis communs, Israël et les Etats Unis. L’Irak, le Yémen, le Soudan, la Libye et la Syrie sont déchiquetés par des guerres sectaires.

Le sud Soudan et le Kurdistan irakien promus, parallèlement, au rang de plateformes opérationnelles israéliennes sur les deux versants du Monde arabe, et la Palestine, à l’abandon, en état de décomposition avancée, indice patent d’une défragmentation mentale absolue sans pareille dans les annales des relations internationales, dont le Qatar en porte une lourde responsabilité. Pour le plus grand malheur des Arabes et des Musulmans.
Telle est l’énigme, si énigme il y a, qu’il importe de percer, de même que la ruée des dignitaires du Golfe à l’assaut des pubères syriennes, la collusion entre Israël et les djihadistes du Qatar dans leurs attaques synchronisées contre la Syrie, enfin la cascade de fatwas pathologiques édictées à l’encontre des «dépendantes» à l’ombre du printemps arabe. Tout le reste n’est que bobards de salonards.

Pour aller plus loin à propos des dignitaires du Golfe à l’assaut des pubères syriennes, cf ce papier «De centaines de dignitaires religieux arabes divorcent pour épouser de mineures syriennes»:

http://www.elaph.com/Web/NewsPapers/2012/9/760241.html

Le double parrainage de l’auteur pose rétrospectivement le problème de sa pertinence: Pascal Boniface, son éditeur, inlassable pourfendeur des faussaires, et François Burgat, son mentor universitaire, analyste lucide du phénomène de l’islamisme algérien durant la décennie noire (1990-2000). Pour lui donner de la consistance? L’oindre de l’onction scientifique de leur magistère moral? Auquel cas que n’a-t-il pris exemple sur eux? Que n’ont-ils encouragé leur poulain à renoncer à sa vieille recette du plaidoyer pro domo? Exiger de lui, -devant la richesse des sources et les informations accablantes-, une plus grande rigueur analytique. A tout le moins, une critique aussi rigoureuse du Qatar qu’il ne le fait de la Syrie, sa cible obsessionnelle, tant il est vrai que « quand l’histoire encense la vanité des despotes, elle est complice de la Tyrannie » (Louis Philippe de Ségur). Une tâche habituellement réservée aux «intellectuels de cour».

A titre de démonstration pédagogique, la thématique de leur poulain à propos des combats en Syrie, de la passivité syrienne face Israël et son interprétation académique a fait l’objet d’une déconstruction par l’auteur de ces lignes sous le lien suivant: http://www.renenaba.com/a-propos-des-combats-de-syrie-de-la-passivite-syrienne-face-a-israel-et-de-son-interpretation-academique/
Incubateur intellectuel de Nabil Ennasri, son patron de thèse, François Burgat, membre du Conseil Européen des affaires étrangères, passe pour avoir bénéficié d’une subvention substantielle de l’ordre de deux millions d’euros en vue d’animer une étude collective sur «la transition dans les pays arabes». Gageons que cet universitaire respecté saura épargner à la France, sur le dossier Qatar, la réédition de sa mésaventure en Syrie.

L’ancien directeur de l’Institut Français de Damas (2), bien qu’il s’en défendra de l’admettre publiquement, n’ignore pas que la France a pâti dans sa prestation syrienne de fautes majeures initiées dans l’allégresse au début du conflit par de zélés thuriféraires, compromettant gravement son rôle pilote, le réduisant à celui de caisse de résonnance de la campagne de conditionnement médiatique de l’opinion européenne, en diversion aux opérations clandestines.
Le placement de la campagne anti syrienne sous l’égide de Bernard Henry Lévy, en juillet 2011, en association avec les Frères Musulmans, sans tenir compte de la profonde révulsion qu’inspire le philosophe philo-sioniste dans le Monde arabe, a constitué une erreur criminelle en ce qu’elle a durablement détourné d’opposants historiques de la structure off-shore.
De même, le parrainage ostentatoire de la France à une opposition dirigée par des universitaires syriens salariés de l’administration française a obéré son discours moral et humaniste en ce que l’opération est apparue au sein de larges couches d‘une opinion syrienne farouchement nationaliste comme la mise en selle d’ «arabes de service», sous tutelle de l’ancien pouvoir colonial, pour des équipées hégémoniques occidentales en terre arabe. Erreur imputable au premier chef à une nostalgie de grandeur nourrie par le retour du refoulé d’un passif colonial non purgé.

Gardons-nous donc des «Arabes de service» et de leur zèle intempestivement ravageur. Ces «native informant», à la légitimité purement médiatique, qui accaparent la parole d’une communauté sans en être représentatif, si bien décrits d’ailleurs par Pascal Boniface. Cela vaut pour la Syrie comme pour le Qatar. Sur un sujet aussi sensible et décisif pour la cohésion nationale française et le devenir des relations franco-arabes, ne sauraient être de mise les propos de comptoir, pas plus que les postures déclamatoires, à en juger par les déboires de la France en Libye et au Mali.
Rare cas de fusion intellectuelle entre un auteur et son éditeur, leur osmose éditoriale s’est matérialisée par cette interview qui s’est apparentée par moments à un exercice d’auto célébration auto promotionnelle.
http://www.iris-france.org/informez vous/blog_pascal_boniface_article.php?numero=229

La déroute de la diplomatie française en Syrie devrait nous inciter à répudier la flamboyante complaisance narcissique de la classe politico médiatique française pour mieux se pénétrer des vertus de la rigueur et sans doute de l’humilité intellectuelle.
Pitoyable Fabius, jadis brillant homme de gouvernement, désormais piteux politiciens, qui réclame la mise à l’index la branche militaire du Hezbollah libanais et non le MUJAO, auteur le même jour de sa déclaration d’un double attentat au Niger faisant 24 tués. Non la filiale syrienne d’Al Qaida, Jobhat An Nosra pétro monarchique, inscrite depuis six mois sur la liste des organisations terroristes par les Etats Unis. Non Ansar Eddine, filiale caritative du djihadisme qatariote, qui a sinistré le pré carré français au Nord Mali, et sapé le dernier erzat de la puissance française. Non les dynamiteurs de l’ambassade de France en Libye. Non Boko Haram qui a pris en otage sept ressortissants français avant de les relâcher sans doute au terme d’une négociation indirecte avec la France via le camerounais Paul Biya.

Le Hezbollah et non les groupements sunnites. Est-ce par ce que la formation libanaise gêne les projets israéliens, alors qu les autres s’appliquent méthodiquement à la destruction des pays arabes? Est- ce par ce que le chiite tient la dragée haute au camp atlantiste et à ses alliés de l’islam pétrolier, en sa qualité d’ultime digue de retenue du naufrage de la Palestine?
Un politologue, sans doute l’un des plus prometteurs islamologues de la génération de la relève, Haoues Seniguer (3), en pose la saine problématique. En prolongement de l’ouvrage du tandem Beau Bourget, l’universitaire franco algérien, descendant d’une famille d’authentiques patriotes algériens, fait un sort aux sornettes en tous genres proférées à propos du Qatar, dans une étude retentissante qu’il importe à l’auteur de ces lignes de porter à la connaissance du public, dans l’intérêt même de la France et du Monde arabe.

Sur fond de scandales récurrents de la société française, de déliquescence morale de ses élites, avec un ancien Président gaulliste de la République Jacques Chirac condamné par la justice de son pays, son successeur Nicolas Sarkozy en maille avec elle, de même que la directrice française du FMI Christine Lagarde, de grosses pointures socialistes carbonisées par de comportements calamiteux Dominique Strauss Khan et Jérôme Cahuzac- de revers diplomatiques retentissants avec l’implosion du Mali et le dynamitage de l’ambassade française à Tripoli du fait des pupilles de son allié, le Qatar, cet oxymore, pourrait bien apparaître rétrospectivement comme une métaphore de la France en phase de collapsus.
Que ces éminents universitaires ne prennent pas ombrage de ce rappel à l’ordre motivé par une fidélité à la prescription d’un prestigieux ainé, Albert Camus, qui commandait à «l’intellectuel de se ranger, non du côté de ceux qui dictent l’histoire, mais de ceux qui la subissent», meilleur antidote à l’étrange sensation d’une «étrange défaite» de la pensée.

Pour aller plus loin sur le Qatar et les sujets connexes sur le blog renenaba.com

  • http://www.renenaba.com/lhomme-de-lannee-2011/
  • http://www.renenaba.com/lettre-ouverte-aux-djihadistes-de-tous-les-pays/
  • http://www.renenaba.com/qatar-un-rebut-de-luxe-pour-recyclage-haut-de-gamme/
  • http://www.renenaba.com/al-jazeera-la-fin-dune-legende/
  • http://www.renenaba.com/la-controverse-a-propos-de-basma-kodmani/

Références

1- «Un si vilain petit Qatar, cet ami qui nous veut du mal» (Fayard). Un cocktail d’humour et d’érudition, un festival régal qui se lit d’une traite. 296 pages d’une bonne lecture pour les vacances d’été. Dans la même veine «Sabra Chatila, au cœur du massacre», Jacques Marie Bourget- Septembre 2012- Editions Eric Bonnier.

2-Le dispositif politico-médiatique français pour la bataille de Syrie présentait la configuration suivante:
Trois franco syriens, -drôle de direction constituée par trois binationaux-, Bourhane Ghalioune, premier président de l’opposition offshore, sa porte-parole Basma Kodmani, la sœur de cette dernière, Hala, chargée dans un premier temps de la rubrique Syrie au Journal Libération. Deux français émargeant sur le budget de l’état français, Ignace Leverrier de son vrai nom Wladimir Glassman, ancien diplomate français en poste à Damas dans la décennie 1980, et Jean Pierre Filiu, ancien diplomate recyclé dans l’enseignement, blogueur attitré du journal en ligne Rue 89, membre du groupe du Nouvel observateur. Cinq faux nez de l’administration française.

En tandem avec Nabil Ennasri, Ignace Leverrier a effectué une tournée de sensibilisation sur la Syrie dans la zone périurbaine de Paris, en décembre 2011. Les deux compères tiennent des blogs propagatoires au sein du journal Le Monde, chargés d’amplifier les thèses de la doxa officielle française, couvrant de gloire et d’éloges les «combattants de la liberté» jusqu’au désastre du cannibalisme djihadiste, de la prédation sexuelle des dignitaires du golfe à l’assaut des pubères syriennes et des déboires de l’opposition offshore pétromonarchique. En complément à l’édifice, une instance de légitimation des thèses du pré doctorant est constituée de deux personnalités François Burgat, ancien directeur de l’Institut français de Damas et son patron de thèse de même que Pascal Boniface, son éditeur. Ce dispositif, qui a créé une fâcheuse confusion de genre entre pouvoir et contrepouvoir, explique le désastre diplomatique de la France en Syrie et révèle vulnérabilité de la presse française à l’égard du pouvoir.
Afin que l’auteur de ces lignes ne soit pas accusé de se livrer au «French Bashing», accusation généralement brandie sur le mode du «Qatar Bashing» pour neutraliser toute critique à l’égard du discours dominant, ci-joint cette analyse d’un journaliste du Figaro, journal parisien de la bourgeoisie d’affaires.

http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2013/05/le-spectaculaire-revirement-fr.html

A propos de François Burgat, plus précisément, Cf. à ce propos les éléments concernant le Conseil Européen des Relations Extérieures, sa composition et sa mission. Cf. en version bilingue franco anglaise: http://www.ecfr.eu/content/paris/council
Pour le lecteur arabophone Conférence de François Burgat au «Centre du Roi Faysal sur les sciences islamiques» (Arabie saoudite) sur le Thème «Les conceptions occidentales des mouvements islamiques». http://www.youtube.com/watch?v=00vAjS8GXeY
3-«Le Qatar et l’Islam de France: vers une nouvelle idylle? Confluences Méditerranéennes N0 84 Hiver 2012-2013 par Haoues Seniguer, chercheur associé au GREMMO (Université Lyon II, IEP de Lyon). Voir aussi du même auteur à propos de la judéopohobie de Youssef Al Qaradawi, le prédicateur atlantiste de la chaine qatariote «Al Jazira», la caution spirituelle de Bourhane Ghalioune, le binational franco syrien, premier chef de l’opposition off-shore syrienne. http://leplus.nouvelobs.com/contribution/848068-propos-judeophobes-du-frere-musulman-al-qaradhawi-qui-pour-s-en-inquieter.html.

Articles scientifiques récents: 2012: «Les islamistes à l’épreuve du printemps arabe et des urnes: une perspective critique», in L’Année du Maghreb 2012 (revue d’anthropologie-droit et sciences politiques classée par l’AERES), VIII, 2012, p. 67-86 2011: «Controverses sur la politisation de la mémoire», in « Mémoire et oubli», Annales de philosophie et des sciences humaines, Colloque international, en collaboration avec l’Association lacanienne internationale, volume 27, Jounieh, PUSEK.

www.renenaba.com est un média indépendant qui ne perçoit ni de rémunérations ni de la publicité, et ne relève ni d’un éditeur, ni d’un groupe de presse. La vraie valeur ajoutée du blog réside précisément dans son indépendance tant intellectuelle que financière. Les sites relais qui rediffusent nos papiers ne répercutent pas leurs recettes sur notre production, le prix de son indépendance, la marque de notre indépendance. La progression constante de notre lectorat, sa configuration, ses exigences, constituent pour www.renenaba.com une marque de confiance renouvelée à l’effet de nous inciter à aller de l’avant, animés d’une volonté inébranlable de poursuivre sans concession le combat pour la dignité des hommes et la souveraineté des peuples.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 17:51

carte-Afrique-400x317.jpgAprès l’époque du désespoir, voici venir la pire époque du chagrin»

 Malek Haddad, écrivain algérien de talent parlant de l’indépendance de l’Algérie

 


L’Afrique fête cinquante ans d’errance débutée avec l’assassinat de Patrice Lumumba et clôturée provisoirement avec le lynchage d’El Gueddafi. Colosse aux pieds d’argile, l’Afrique est le pays des paradoxes, c’est un continent démographiquement exubérant avec 1 milliard d’individus dont près de 600 millions n’ont pas accès à l’électricité. Souvenons-nous qu’un Somalien consomme en énergie en une année ce que consomme un Américain en une semaine. Pourtant, l’Afrique regorge de richesses, mais comme l’écrit Sarkozy, «son drame est qu’elle n’est pas encore rentrée dans l’histoire». Pas plus Hegel que Victor Hugo n’ont donné crédit au passé de l’Afrique. Au contraire, ils ont donné un socle à l’idéologie des races supérieures et au devoir de civilisation cher à Jules Ferry. Mieux, à la conférence de Berlin en 1885, la curée de l’Afrique a autorisé le roi des Belges à avoir un territoire pour lui, l’actuel Congo, des deux côtés du fleuve, qui se déchire; les belligérants aidés par des puissances externes fascinées par les richesses. Nous allons, dans ce qui suit, lister les huit  plaies purulentes.


La famine et le sida


Il n’est pas possible de lister tous les maux de l’Afrique, sinon d’en évoquer d’abord, les deux plus importants. La famine et le sida. Pour la famine, qui est toujours là à l’état endémique, ce sont des dizaines de milliers qui meurent chaque année de faim et qui subissent la malnutrition. Souvenons-nous qu’un plein de 4×4 de biocarburant à base de maïs détourné peut nourrir un Sahélien pendant un an, S’agissant du sida, pendant près de vingt ans écrit Claire Brisset, le sida a été considéré comme une maladie mortelle, sans échappatoire possible. (…) Mais ce panorama global masque des inégalités frappantes; inégalités géographiques, puisqu’elles concernent plus particulièrement certains pays du continent noir, et générationnelles, puisqu’elles touchent plus lourdement les enfants de ces mêmes pays, malgré les progrès constatés ailleurs. C’est en Afrique francophone que la lutte contre le sida prend du retard. (…) Selon M.Sidibé, ce retard tient notamment à l’histoire de l’épidémie qui s’est répandue à la faveur des déplacements des travailleurs des mines d’Afrique australe. (..) La violence favorise également la diffusion du virus: troubles civils, guerres, violence envers les femmes… Il faut désormais, en effet, considérer la lutte contre le sida comme une composante des combats en faveur des droits humains, et non plus seulement comme un enjeu de santé publique.» (1)


Les richesses minières et l’accaparement des terres.


Nous avons traité dans une précédente contribution du grabbing des terres. On connaît déjà le pillage des matières premières du sol et du sous-sol de l’Afrique, notamment l’énergie et les métaux rares comme le coltran que l’on utilise dans les technologie de la communication (ordinateur, téléphones mobiles…). Ce coltran est revendu cent fois son prix par des intermédiaires sans loi ni foi à des multinationales occidentales très discrètes sur cette nouvelle traite autrement plus abjecte que la traite historique de ces mêmes civilisateurs en terre de conquête et d’évangélisation de ces peuplades barbares qui devaient obligatoirement être touchés par l’Evangile au nom de la «règle des trois C». Christianisation, Commerce, Colonisation. (…) L’accaparement des terres agricoles en Afrique par des Etats étrangers et des multinationales a été plusieurs fois dénoncé, notamment en février 2011, à Dakar, à l’occasion du Forum social mondial, par l’ONG Actionaid.(2)

Cinquante ans après, l’Afrique tend toujours la main. C’est le continent de toutes les calamités, à la fois naturelles, mais surtout du fait de l’homme. Paradoxalement, on n’arrête pas d’annoncer la richesse de ce pays dans une conjoncture de plus en plus marquée par la raréfaction des matières premières de toute sorte. Mais pas seulement, c’est aussi l’énergie et les anciennes puissances coloniales (Grande-Bretagne, France, et à un degré moindre, le Portugal) ne veulent surtout pas lâcher leur proie. De nouveaux pays et non des moindres s’intéressent, citons naturellement les Etats-Unis, qui s’imposent notamment en mettant un commandement – l’Africom – pour gérer l’Afrique à partir de bases à demeure, mais aussi la Chine qui a une stratégie de softpower, l’Inde et le Japon dont l’aide au développement avoisine les 2 milliards de dollars. Ceci étant dit, le niveau de cette aide au développement fixé à 0,7% du PIB par les pays développés, n’a jamais été atteint. De plus, chaque pays conditionne cette aide à un achat exclusif dans ce pays tout en amalgamant différentes aumônes sous ce vocable.

On apprend dans ce cadre que le Japon sollicite «le bras armé» de la France pour ouvrir des marchés en Afrique: «(…) La France apportera dans ce domaine son expertise et ses moyens en matière de lutte contre le terrorisme. La récente prise d’otages d’In Amenas, dans laquelle ont péri des ressortissants japonais, est en effet, venue rappeler aux entreprises nippones les raisons de leurs réticences à s’implanter sur le continent. «La France et le Japon ont des intérêts communs en Afrique: que le continent soit stable et devienne un partenaire économique fiable, doté d’une bonne gouvernance, analyse (…). Les Français ont des connaissances de terrain et sont bien intégrés dans les sociétés africaines dans certains pays francophones. La France est une puissance dominante dans cette région, elle a des troupes sur place et des bases militaires. Le Japon, en revanche, a peu d’informations sur les groupes comme Aqmi [Al Qaîda au Maghreb islamique].» (3)


Le refus de l’alternance et les régimes dynastiques


Avec sa lucidité particulière, Aimé Césaire a été l’un des premiers, sinon le premier à parler de l’Afrique postindépendance. Il écrivait notamment: «La lutte pour l’indépendance c’est l’épopée, l’indépendance acquise c’est la tragédie.» «Le grand succès des ennemis de l’Afrique, écrivait pour sa part, Frantz Fanon, c’est d’avoir corrompu les Africains eux-mêmes.» L’alternance se fait en Afrique, soit par l’émeute, soit par la maladie. Justement, l’un des grands malheurs de l’Afrique est dû aussi à des dirigeants qui perpétuent l’ordre colonial à leur profit, tout en prenant la sage précaution d’être adoubés par leurs anciens maîtres. La moyenne d’accaparement du pouvoir dépasse très souvent la dizaine d’années. Quand le potentat passe la main, c’est au profit de leur famille. C’est une nouvelle forme d’asservissement à distance où l’Africain travaille pour d’autres, mais est incapable de subvenir à ses besoins. Serait-ce une malédiction?


Les ingérences occidentales continuelles


 Qu’on se le dise !  Les  pays occidentaux et même les nouveaux pays émergents n’ont aucun état d’âme à recoloniser, à distance, les anciens pays, ce qui compte est que le pillage soit permis et tous les slogans des droits de l’homme ne sont que de la poudre aux yeux.Hervé Amani sociologue, nous décrit les malheurs de l’Afrique du fait du néocolonialisme «Le grand dessein des intérêts impérialistes est de renforcer le colonialisme et le néocolonialisme et nous nous tromperons nous-mêmes de la façon la plus cruelle, si nous devons considérer que les actions des Occidentaux sont distinctes et sont sans rapport entre elles», avait prédit N’Krumah. (…) N’Krumah n’a pas été suivi par ses pairs. Pour le malheur des Africains, des chefs d’État dont l’idéologie était la longévité au pouvoir, ont prêché le nationalisme étriqué et ont suivi les démons de la division ». (4)

« En 2013, soit cinquante ans après le discours de N’Krumah, l’Union africaine est encore en gestation.» Hervé Amani déroule ensuite le catalogue macabre des violences subies par l’Afrique: «Olympio au Togo, Yaméogo en Haute Volta, Ahomadégbé au Benin, Hamani Diori au Niger, Modibo Kéïta (photo) au Mali… ont subi des coups d’État; Sankara a été assassiné… Leur crime, après N’Krumah, avoir défendu l’intérêt de leur pays, la dignité de l’Afrique. Le colonel Kadhafi a été l’artisan acharné de la mise en oeuvre de l’Union africaine. Il avait engagé le financement de grands projets tels que préconisés par N’Krumah. Le Guide a été assassiné par les puissances occidentales sur le mobile fallacieux de génocide du peuple. Parmi les dirigeants de l’époque qui se sont opposés à l’esprit d’Unité africaine de N’Krumah, il y a le président Houphouët- Boigny de la Côte d’Ivoire. C’est un fait. Sa longévité est certainement le fruit d’un asservissement aux puissances coloniales. (…) » (4)

« Si nous nous réjouissons de ce qui est advenu de Kadhafi, de Gbagbo, de N’Krumah, nous nous trompons de façon cruelle. Le parachutage par la force militaire de valets ne sert que les intérêts de la puissance de tutelle et d’une ploutocratie. L’auteur conclut: «L’Afrique doit s’unir parce que notre évolution économique exige la fin de la domination colonialiste; or chaque État sera impuissant face aux impérialistes. Répétons le: «…Nous nous tromperons nous-mêmes de la façon la plus cruelle, si nous devons considérer que les actes des Occidentaux sont distincts et sont sans rapport entre elles», avait prédit N’Krumah»(4).

Dans cet ordre, deux forces d’action rapides mises en place par les Occidentaux ont pour but d’asseoir le statu quo. Au plus fort de la France-Afrique, le président français François Hollande invité à la zerda, a prévenu que «ce sont les Africains qui, demain, devront assurer la sécurité de leur continent», même si «la France sera toujours à leurs côtés».(4)


La corruption


Entre 1980 et 2009, 1 350 milliards de dollars de flux financiers illicites en provenance d’Afrique ont étés transférés à l’étranger. Selon un rapport de la BAD, l’Afrique du Nord totalise 415,6 milliards de dollars de transferts illicites durant cette période, Ces sorties frauduleuses d’argent ont concerné, dans la région nord-africaine, en premier lieu l’Egypte, suivie en seconde position par l’Algérie et enfin la Libye. L’argent est le plus souvent transféré frauduleusement dans les paradis fiscaux, mais également dans de nombreux pays européens, aux Etats-Unis et dans d’autres régions du monde. «La fuite des ressources hors de l’Afrique au cours des trente dernières années, environ le PIB actuel de l’Afrique, freine le décollage du continent», selon Mthuli Ncube, économiste en chef et vice-président de la BAD. «L’idée reçue a toujours été que l’Occident injecte de l’argent en Afrique grâce à l’aide étrangère et aux autres flux de capitaux du secteur privé, sans recevoir grand-chose en retour. Notre rapport inverse le raisonnement: l’Afrique est en situation de créancier net par rapport au reste du monde depuis des décennies», déclare Raymond Baker, directeur du centre de recherche et de défense GFI, basé à Washington. (;..) (5)

A titre d’exemple, la corruption en Algérie est devenue un science exacte. Plus on vole moins on risque. On l’aura compris les lampistes trinquent mais les gros poissons à l’instar des scandales dues aux « commissions » versées par les entreprises opérant en Algère, achèvent de démoraliser les algériens pour qui la règle de deux poids deux mesures est plus que jamais d’actualité


Le manque de vision de l’avenir


Devant toutes ces avanies, que pense-t-on que l’Afrique fait? Coordonne-t-elle en vue d’une sécurité alimentaire? En vue d’une médecine de qualité? Etudie-t-elle un développement endogène? Demande-t-elle qu’on la laisse en paix en alimentant en armes des belligérants ou en soutenant des tyrans qui refusent l’alternance? Rien de tout cela, elle décide de mettre en place une force d’action rapide!! avec les armes des occidentaux pour justement maintenir en place les tyrans adoubés et la phrase de Chirac prend toute sa signification quand il déclare: «Il faut soutenir les dictatures, sinon ils ne feraient pas d’élection» sous-entendu quel que soit le résultat, l’essentiel est qu’elles se tiennent.

Les rodomontades ont de beaux jours devant elles. L’Afrique «colosse avec un sabre nain» veut avoir sa force d’action rapide sur le modèle de la française. Souvenons-nous de la cacophonie des pays de l’Afrique de l’Ouest réunis au sein de la Cdao organisme docilisant pour le compte de la France les présidents d’opérette. «Les dirigeants africains réunis en sommet à Addis-Abeba ont décidé de créer une force de réaction rapide chargée d’intervenir dans les conflits sur le continent, déclare le président en exercice de l’Union africaine.» (6)

Le ridicule ne tue plus. Ce sont les damnés de la terre- conséquence d’une politique de fuite en avant, de l’obsession du pouvoir -  qui meurent !


Les conflits à venir


C’est un fait durant ce cinquantenaire l’Afrique n’a jamais connu la paix du fait des interférences des anciennes puissances coloniales de la rareté des matières premières dont l’Afrique regorge et de l’apparition de nouveaux acteurs qui font à l’Afrique des propositions qu’elle ne peut pas refuser. Parmi ces conflits du futur, notamment dus à l’errance des changements climatiques pour lesquels l’Afrique n’a aucune parade et qui fait qu’après les réfugiés politiques conséquences des guerres perpétuelles, après les réfugiés économiques conséquence d’épidémies endémiques, nous aurons de plus en plus de réfugiés climatiques qui n’auront où aller sinon à continuer à mourir à petit feu.

De plus et comme conséquence aussi de la démographie, le tarissement des ressources hydriques dans certaines régions . La prochaine guerre de l’eau se profile à l’horizon  comem le montre le conflit latent autour des eaux du Nil

«L’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda, le Burundi, le Rwanda et la Tanzanie sont depuis 2010, signataires d’un nouveau traité du partage des eaux du Nil. Ce texte remet en cause un précédent traité qui datait de 1929, amendé en 1959 par l’Egypte et le Soudan. Ce premier traité de partage accordait la part du lion à l’Egypte et au Soudan, qui à eux seuls jouissaient d’environ 90% des eaux du Nil. (…) L’Ethiopie a lancé en avril 2011 le chantier de son Grand barrage du Millénaire. Il produirait plus de 5000 mégawatts, retiendrait près de 63 milliards de m3 d’eau et deviendrait le premier barrage d’Afrique. (…)» (7)

Aux dernières nouvelles, le ministère des Affaires étrangères égyptien a convoqué l’ambassadeur éthiopien alors qu’aucun accord n’a encore été trouvé entre l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan concernant la gestion des eaux du Nil. Les travaux ont commencé mardi 28 mai. Le barrage coûtera 3,2 mds. Sa construction nécessite d’assécher et de dévier le lit naturel du Nil Bleu. A plusieurs reprises déjà, Egypte et Ethiopie ont frôlé l’affrontement direct à cause de cette question cruciale pour les deux pays. (8)

La CPI est-elle raciste? Les potentats africains sont inquiets : Ils craignent de finir leurs jours à  La Haye   La Cour pénale internationale (CPI) mène une «sorte de chasse raciale» en ne poursuivant que des Africains, a affirmé, le président en exercice de l’Union africaine (UA), le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn. Ces mêmes pays qui ont pour la plupart ratifié le traité de Rome pensent qu’il y a du racisme et que ce n’est pas leur gestion calamiteuse qui est en cause. Il est vrai que cette  institution mise en place par les pays occidentaux pour imposer un ordre, leur ordre est de punir ceux qui ne rentrent pas dans le moule au nom des droits de l’Homme, dont il faudra bien un jour que l’on nous donne la définition universelle… Pour rappel d’ailleurs, les Etats-Unis n’ont toujours pas signé le traité de Rome créant la CPI du fait que la Constitution américaine interdit que les Américains soient jugés par d’autres pays

Quant à l’Algérie, elle joue au mécène, elle vient d’annuler pour 900 millions pour assumer pleinement son engagement en faveur de la promotion économique et sociale du continent. On l’aura compris, c’est un tonneau des Danaïdes avec en prime une ingratitude de ces pays qui fait qu’il n’y aura aucun retour sur investissement ni politique ni économique. Avec 900 millions de dollars. C’est 10 universités de top niveau….


Professeur Chems Eddine  Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz


1. Claire Brisset http://www.monde-diplomatique.fr/2013/06/BRISSET/49201

2. Chems Eddine Chitour:  http://www.legrandsoir.info/l-afrique-nourrit-les-autres-le-grabbing-des-terres.html

3. Emilie Guyonnet, http://www.monde-diplomatique.fr/2013/06/GUYONNET/49208

4. Hervé Amani http://www.legrandsoir.info/50e-anniversaire-de-l-ua-l-unite-africaine-a-l-epreuve-des-africains.html 29 mai 2013

5. Zhor Hadjam Transfert illégal de capitaux en Afrique du Nord. L’Algérie talonne l’Egypte El Watan 30 05 2013.

6. Aniss Z. Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba des pays veulent une force africaine de réaction rapide El Watan le 28.05.2013

7. Gaëlle Laleix  http://www.slateafrique.com/2161/tensions-eau-bassin-du-nil 29 05 2011

8. http://www.econostrum.info/Le-Nil-provoque-des-tensions-entre-l-Egypte-et-l Ethiopie_a14783.html

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article