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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 21:48

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Le 15 janvier à 11h, Christian Favier, président du Conseil général, Françoise Baud, maire de Valenton, Laurent Garnier, président de la SADEV 94, et Maurice Ouzoulias, président d’IDF Habitat, invitent les riverains à la pose de la première pierre des logements de la ZAC Val Pompadour.

 

Démarré en 2005, la création de la Zac Val Pompadour vise à reconquérir et redynamiser des espaces longtemps délaissés. Ce projet prévoit notamment la construction d’environ 600 logements locatifs et en accession (maisons de ville et petits collectifs).

Outre les 10 hectares consacrés au parc d’activités, 4,5 hectares seront consacrés à des espaces verts dont une coulée verte et 2 000 m2 aux services et commerces de proximité. L’agrandissement du groupe scolaire Jean-Jaurès (nouveau restaurant) et la construction d’une halte-garderie municipale sont également prévus.

En bordure du parc départemental de la Plage bleue, ce nouveau quartier sera desservi par une nouvelle ligne de bus nouvelle génération, qui circulera en site propre de Thiais à Sucy-Bonneuil, et dont la mise en service est prévue cet été.


Informations pratiques

  • Samedi 15 janvier à 11h
    Rendez-vous à l’angle de l’avenue Julien Duranton
  • et de
  • la rue François Raspail
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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 21:42

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C’était il y a un an. Un terrible séisme de magnitude 7 frappait violemment la population haïtienne. Les victimes se comptaient par centaines de milliers tandis que plus d’un million de personnes étaient soudainement jetées à la rue, leurs habitations ne ressemblant alors qu’à des tas de gravats. Malgré l’élan de générosité et de solidarité internationale qui fit suite à l’annonce de cette catastrophe, les promesses d’hier sont aujourd’hui loin d’être satisfaites.


« Petite compétition entre amis »


L’importante médiatisation et la vive émotion que cette catastrophe a suscitées au delà des simples frontières haïtiennes permettent, dans les jours qui suivent le 12 janvier, une relative assistance internationale en matière de secours d’urgence. Les États se bousculent alors pour « se tenir aux côtés » des Haïtiens en « cette période difficile » |1|. Exprimant tour à tour leur « profonde émotion  |2| », une course à l’assistance est lancée dans les quelques jours qui suivent le séisme. La question de la reconstruction en Haïti soulève de nombreuses opportunités pour les « pays amis ». Si certains mettent en avant « leurs relations historiques » - qui par ailleurs, sont basées sur la colonisation, l’exploitation et l’occupation militaire - pour légitimer leur soi-disant « soutien », d’autres pays, à l’image de Cuba ou du Venezuela, adoptent une attitude différente. Pour Sony Esteus, directeur exécutif de la Société d’Animation et de Communication Sociale (SAKS), «  la différence notable, c’est que la coopération se fait dans le respect des droits, mais surtout, dans la dignité du peuple haïtien |3| », avec le Venezuela et Cuba. Les soutiens financiers se multiplient tandis que la misère de la population, vendue à travers le monde, s’est transformée en une véritable source de revenus. Des milliards de dollars sont ainsi promis, mais la population haïtienne n’en voit pas la couleur.

Ces circonstances dramatiques auraient dû renforcer le rôle de l’État. Seulement, c’est le contraire qui s’est passé. Plutôt que d’être placé au centre de la gestion de l’assistance humanitaire et de la reprise des activités quotidiennes, sans oublier l’élaboration et la définition de politiques publiques favorisant les démunis, l’État et ses instances sont plus faibles que jamais. La communauté internationale s’est emparée du processus de reconstruction, et la diversité des acteurs mais aussi des intérêts empêche toute avancée constructive. C’est ainsi que tous les plans de reconstruction sont quasiment exclusivement orientés vers la promotion de l’assistance étrangère, de l’investissement étranger et du libre- échange. Chaque État appuie les intérêts de ses entreprises et de ses agences tandis que les organisations internationales s’imposent en interlocuteurs privilégiés, faisant la jonction entre l’État haïtien et les intérêts privés étrangers.


De l’urgence à la concrétisation, il y a plus qu’un pas !


Si quelques projets intéressants se sont concrétisés, il est clair que très peu a été fait. La Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH), mise sur pieds pour gérer les fonds et approuver les projets qui seront financés par ces mêmes fonds, a approuvé 74 projets au 17 décembre 2010 pour un montant total de 1,6 milliard de dollars. Récemment, un projet des États-Unis et de la Banque interaméricaine de développement (BID) d’un montant de 174 millions de dollars pour la création d’un parc industriel de 150 hectares dans la région nord du pays |4| vient d’être adopté. Ce parc sera exploité par une société de gestion privée. Cet exemple montre que les priorités sont clairement définies : les intérêts des entreprises priment sur celui des Haïtiens.

Pourtant, les traces du séisme sont toujours visibles partout où que l’on aille dans la capitale. Des tonnes de gravats forment toujours la toile de fond du paysage de Port-au-Prince. Seul un faible pourcentage a été enlevé, ce qui n’améliore en rien le quotidien des Haïtiens. Des camps de fortune continuent de s’étendre dans les rues, et le problème du relogement de la population n’a pas avancé d’un pouce. Les conditions de vie dans ces camps sont absolument désastreuses et font complètement l’impasse sur les droits humains. Ni eau ni électricité ne sont disponibles. En ce qui concerne le secteur économique, il est au point mort. Le taux de chômage reste endémique, atteignant presque 80% de la population. Les femmes sont par ailleurs davantage touchées que les hommes par ces conditions sanitaires exécrables. De nombreuses incertitudes persistent quant à l’avenir de ces hommes et de ces femmes, qui luttent au jour le jour contre les conséquences toujours présentes du séisme.


Passer de l’incertitude à l’action : un autre Haïti est possible !


Les Haïtiens sont les grands absents du processus de reconstruction. Ils savent malheureusement que le processus électoral en cours n’offre pas d’alternatives concrètes. Totalement exclus des concertations et des discussions, les mouvements sociaux s’organisent pourtant pour exprimer leurs idées. Les récentes révoltes dirigées contre la Mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (MINUSTAH) ne sont pas seulement l’expression d’un malaise ayant pour cause le choléra. Car les Haïtiens n’ont pas attendu la diffusion de la maladie pour demander le départ de cette mission, au motif que les militaires et les policiers composant les contingents se sont rendus coupables de plusieurs exactions et actes de violence. Elles reflètent plutôt l’exaspération des Haïtiens contre les organisations étrangères en général, et la MINUSTAH en particulier, qu’ils considèrent comme la courroie de transmission de l’impérialisme des pays dits « amis ». La Banque mondiale ou le FMI sont aussi très impopulaires. En effet, ces dernières voient dans l’instabilité conséquente au séisme une opportunité pour approfondir la mise en place de politiques néolibérales et impopulaires.

En conclusion, un an après la catastrophe, le quotidien des Haïtiens reste précaire. La situation, loin de s’améliorer a même empiré suite à l’apparition du choléra. L’ingérence extérieure neutralise la possibilité de rompre avec les anciens schémas néolibéraux sur lesquels le développement d’Haïti s’est construit. Pourtant, il s’agit non pas de reconstruire Haïti, mais de construire un autre Haïti, avec comme fil conducteur la satisfaction des besoins fondamentaux.


Notes

|1| http://www.america.gov/st/develop-french/2010/January/20100113153202esnamfuak8.532351e-02.html?CP.rss=true   

|2| http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2010-01-13/catastrophe-haiti-sarkozy-fait-part-de-sa-profonde-emotion/924/0/412940

|3| Propos recueillis par l’auteure

|4| http://www.cirh.ht/sites/ihrc/fr/News%20and%20Events/News/Pages/ApprovedProjects.aspx

Sophie Perchelletest auteure du livre « Haïti : entre colonisation, dette et domination. Deux siècles de lutte pour la liberté », CADTM-PAPDA, 2010, www.cadtm.org

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 21:40

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Israël se prépare à lancer une seconde attaque d’envergure sur Gaza, et il est bien déconcertant de constater que malgré cela, la communauté internationale demeure silencieuse..

C’est une chose consternante qu’au moment où l’on commémore tristement le second anniversaire de l’attaque sanguinaire du peuple de Gaza - opération dont le nom de code israélien était Cast Lead (Plomb Durci) - on puisse déceler des signes qu’une nouvelle attaque d’envergure se prépare contre le peuple assiégé de Gaza.

Le journaliste israélien influent, Ron Ren-Yishai, a écrit le 29 décembre 2010 qu’il était vraisemblable qu’une nouvelle attaque d’importance se préparait et il citait à l’appui de ses dires des officiers militaires israéliens haut placés selon lesquels : "La question n’est pas si mais bien quand", une façon de voir partagée, selon Ren-Yishai, par "des ministres du gouvernement, des membres de la Knesset et des responsables municipaux de la région de Gaza".

Le chef d’état major assoiffé de sang, Lt Général Gabi Ashkenazi, confirme cette éventualité dans sa récente déclaration selon laquelle "tant que Gilad Shalit sera en captivité, la mission ne sera pas terminée". Il ajoute avec une ironie inconsciente "nous n’avons par perdu le droit de nous défendre".

Il serait plus juste de dire : "Nous n’avons pas renoncé au droit de nous lancer dans des guerres d’agression ni à celui de commettre des crimes contre l’humanité".

Et qu’en est-il des 10 000 enfants palestiniens, dont des enfants de moins de 10 ans, qui sont enfermés dans des prisons israéliennes en Palestine occupée ?

Brouiller les pistes

Dans ce contexte, l’escalade de la violence le long de la frontière entre Gaza et Israël devrait déclencher les sonnettes d’alarme dans le monde et à l’ONU.

Ces temps derniers, Israël a, à plusieurs reprises, bombardé impitoyablement des cibles à l’intérieur de la bande de Gaza, dont une près de Khan Younis, un camp de réfugiés civils surpeuplé, tuant ce faisant plusieurs Palestiniens et en blessant d’autres.

Ces attaques sont soit disant des mesures de rétorsion pour les neuf bombes par mortiers qui sont tombées dans une zone inhabitée sans causer de dégâts ni de blessés. Israël a aussi utilisé la force létale contre des enfants de Gaza qui ramassaient des graviers dans la zone tampon pour réparer leurs maisons.

Comme d’habitude le prétexte de la sécurité manque de crédibilité. S’il y avait une situation dans laquelle il aurait été approprié de tirer en l’air en signe d’avertissement c’était bien celle-là. En effet depuis deux ans le calme règne presque sans interruption à la frontière et les bombes par mortiers ou les roquettes rares et inoffensives qui ont été envoyées l’ont été contre le gré du Hamas qui ne veut pas donner de prétexte à Israël pour utiliser la force.

Symptomatiquement, Ashkenazi ment effrontément en présentant ce qui se passe à Gaza comme si c’était une déclaration de guerre : "Nous ne permettrons pas que des roquettes soient tirées sur nos citoyens et nos villes depuis ’des endroits protégés’ au milieu des civils".

Avec une précision digne d’Orwell, c’est juste le contraire qui est vrai : Israël, de son territoire protégé ne cesse d’attaquer, dans l’intention de les tuer, les Palestiniens de Gaza, des civils sans défenses qui ne peuvent pas s’échapper.

Le silence complice

Ce qui est peut-être encore pire que la propagande belliciste d’Israël c’est le silence assourdissant des gouvernements mondiaux et de l’ONU.

L’opinion publique mondiale a été choquée brièvement par le spectacle de cette guerre unilatérale qu’a été l’opération Cast Lead qui a été un immense crime contre l’humanité, mais aujourd’hui il ne voit pas cette escalade de menaces et de provocations destinées apparemment à dresser le décor d’une nouvelle attaque israélienne contre l’infortunée population de Gaza.

Le silence qui accueille les nombreuses preuves qu’Israël se prépare à lancer l’opération Cast lead 2, est une forme extrêmement grave de complicité criminelle de la part des plus hauts niveaux gouvernementaux, spécialement de la part de pays qui sont de proches alliés d’Israël ; ce silence démontre aussi la faillite morale du système des Nations Unies.

Nous avons été témoins du carnage des "guerres préventives" et de la "guerre préventive" en Iraq mais il nous reste à explorer les impératifs moraux et politiques de la "paix préventive". Combien de temps les peuples du monde devront-ils encore patienter ?

Il serait bon de se rappeler les paroles d’un habitant anonyme de Gaza en réaction aux attaques d’il y a deux ans : "Pendant que les Israéliens bombardaient nos quartiers, l’ONU, l’UE, la Ligue Arabe et la communauté internationale sont restés silencieux devant ces atrocités. Les centaines de cadavres d’enfants et de femmes n’ont pas réussi à les convaincre d’intervenir."

L’opinion publique libérale internationale s’enthousiasme au sujet de la nouvelle norme mondiale de "la responsabilité de protéger" mais personne ne dit que pour que cette idée soit crédible, il faudrait l’appliquer de toute urgence à Gaza. Sa population qui endure un cruel blocus depuis plus de trois ans est aujourd’hui sérieusement menacée par de nouveaux dangers.

Et bien que le Rapport Goldstone, le rapport exhaustif de la Ligue Arabe, Amnistie Internationale et Human Rights Watch aient confirmé que des atrocités avaient bien été commises en 2008-2009, personne ne s’attend à ce qu’Israël soit obligé de rendre des comptes et les USA, avec la complicité des médias, utilisent à plein leur muscles diplomatiques pour qu’il n’en soit plus question et que tout cela soit oublié.

Quelques vérités

Il n’y a que la société civile qui ait offert des réponses appropriées sur le plan moral, légal et politique, à la situation. Si oui on non ces réponses atteindront leurs objectifs seul l’avenir nous le dira.

Le Free Gaza Movement et la Flottille de la Liberté se sont opposés au blocus d’une manière plus efficace que l’ONU et les gouvernements en forçant Israël, du moins théoriquement, à annoncer qu’il allait alléger le blocus et permettre l’entrée de l’aide humanitaire et de matériaux de construction.

Evidemment, les faits sur le terrain contredisent la rhétorique israélienne : il n’arrive toujours pas à Gaza suffisamment de marchandises pour satisfaire les besoins de première nécessité des habitants ; il n’y a pas assez d’eau et le système d’égout est sérieusement endommagé ; il n’y a pas assez de fuel pour avoir assez d’électricité ; et les maisons que l’opération Cast Lead a détruites n’ont pas été reconstruites de sorte qu’il y a un manque terrible de logements (plus de 100 000 logements seraient nécessaires rien que pour donner un toit à tous ceux qui vivent dans des tentes).

De plus la plupart des étudiants ne sont pas autorisés à quitter Gaza pour aller étudier à l’étranger et la population vit emprisonnée dans un territoire constamment menacée de violences, de jour comme de nuit.

Cette description de Gaza n’offre pas des perspectives très réjouissantes pour 2011. Cependant il ne faut pas sous estimer la force d’âme du peuple de Gaza.

J’ai rencontré des Gazaouis, spécialement des jeunes gens, qui auraient pu être détruits par les souffrances que la vie leur a infligées à eux et leurs familles depuis qu’ils sont nés, et pourtant ils ont une vision positive de la vie et de ce qu’elle leur réserve et ils profitent de toutes les opportunités qu’ils rencontrent, ils minimisent leurs problèmes, se montrent chaleureux envers ceux qui sont moins fortunés qu’eux et partagent avec enthousiasme leurs espoirs d’avenir.

Ces contacts m’ont inspiré et ont renforcé ma détermination et mon sens des responsabilités : ce peuple fier doit être libéré d’un pouvoir oppressif qui n’a de cesse de l’emprisonner, le menacer, l’appauvrir, lui enlever la santé, le traumatiser, l’estropier, le tuer.

Jusqu’à ce que ce soit le cas, aucun d’entre nous ne devrait dormir sur ses deux oreilles !


Richard Falk est professeur émérite Albert G. Milbank de droit international à l’Université de Princeton et professeur éminent invité en études mondiales et internationales à l’université de Santa Barbara, Californie. Il a écrit et dirigé de nombreuses publications sur une période de cinq décennies, il a publié récemment le volume "International Law and the Third World : Reshaping Justice" (Droit international et tiers-monde : réorganiser la justice) (Routledge – 2008).

Il remplit actuellement la fonction de Rapporteur Spécial de l’ONU sur les droits civils des Palestiniens et il est dans la troisième année de son mandat de six ans.

Pour consulter l’original : http://countercurrents.org/falk0501...

Traduction : D. Muselet

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 21:37

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Depuis la mi-décembre, le peuple tunisien est entré dans un grand mouvement de contestation tout comme le peuple algérien : ils refusent d’être saignés pour une poignée de capitalistes et de dirigeants politiques corrompus ; ils refusent la camisole de force imposée par ces régimes ennemis de la démocratie.

 

En France comme aux Etats-Unis où Nicolas Sarkozy doit rencontrer Barack Obama dans le cadre du G20, on semble indifférent à cette juste soif de liberté... C’est que Ben Ali est l’ami de Nicolas Sarkozy ! Lors de sa visite de 2008, il n’avait pas hésité à lui accorder un vrai blanc-seing en matière de droits de l’Homme. Et tant pis pour l’écrivain Taoufik Ben Brik ou le communiste Hamma Hammami toujours poursuivis par ce régime ennemi de la liberté !

Non, à Washington, on préfère parler terrorisme… Mais croit-on combattre le terrorisme quand on soutient activement des dictateurs qui musèlent leur peuple ? Est-ce bien sérieux de prendre la pose en Hercule décapitant l’hydre terroriste quand on encourage les transnationales occidentales à pomper sans retenue les richesses de ces pays et à y maintenir les travailleurs dans la misère la plus noire en freinant, sainte concurrence oblige, les salaires comme tout droit social ?

 

Sarkozy, Obama et les institutions internationales (G20, FMI, UE…) avec eux, coupables d’un assourdissant silence et de complicités multiples avec ces régimes policiers, sont vraiment loin d’être les Hercule du monde moderne ! Ils sont bien plutôt les louves donnant le lait nourricier à Ben Ali et Bouteflika et, par suite, aux terroristes que ces dictateurs ne laissent pas de susciter en interdisant toute opposition démocratique et pacifique.

 

Le Mouvement Jeunes communistes de France dénonce fermement ces honteuses tartufferies occidentales et apporte son plein soutien aux peuples algérien et tunisien en lutte pour leur liberté. Il adresse tout particulièrement son salut le plus fraternel à la jeunesse de ces pays, si courageusement mobilisée.

 

Mouvement Jeunes Communistes du Val de Marne

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 21:34

z.pngLe communisme ne nous appartient pas, il appartient au peuple.

Section de Mirebeau - Vienne.

 

Deux raisons, pour moi, essentielles et liées entre elles, m’empêchent de me présenter aux cantonales sous l’étiquette FDG. Notre manque de lucidité sur la réalité de la Démocratie Libérale dans laquelle nous vivons et qui nous enferme dans les jeux politiciens, et notre manque d’innovation politique.

La démocratie libérale conforte le capitalisme, elle est électoraliste, nous ne le sommes pas. La Démocratie Communiste en investissant le monde du travail et le monde de la finance serait innovante. Elle permettrait à l’électeur qui est aussi salarié et épargnant ou actionnaire d’avoir un regard plus pertinent. Ainsi la démocratie citoyenne deviendrait qualitativement plus efficace.

Les alliances de partis disparates et en concurrence sont toujours de circonstance, elles affaiblissent notre potentiel politique. L’électeur ne peut pas avoir une vision claire de la réalité politique, il la subit. Le FDG c’est le même cheminement que l’Union de la gauche, qui a échoué. Le rassemblement ne se décrète pas. Il s’agglomère, il se construit si les idées politiques correspondent aux aspirations du plus grand nombre. Lancer des appels, si le mouvement populaire ni répond pas c’est que nous avons un problème politique. Notre politique répond à une partie seulement de l’électorat, pas à l’ensemble du mouvement populaire, qui lui, veut en finir avec le capitalisme. Le mouvement populaire n’a ni les outils, ni les armes politiques pour le faire. La Démocratie Communiste lui serait utile. Elle développerait un sens politique inégalé et utile à tous.

Tout est à innover, le communisme, la démocratie, notre relationnel avec le mouvement sociale et sociétal (syndicat et association) et notre relationnel avec l’ensemble des forces politiques de gauche mais sur des bases cohérentes et non consensuelles. Tout est à revoir si nous voulons dépasser le capitalisme.

Faire reculer les idées libérales, et sociales libérales sans affirmer des idées communistes novatrices rien ne changera. Nous n’avons pas à mener le combat contre tel ou tel individu, ni contre des Partis politiques mais contre toutes les idées libérales dans toutes leurs dimensions. En ayant un autre regard sur le réel, nous pourrions tirer le fil du communisme. Tout ce qui fait sens du bien commun est à améliorer. La Sécurité Sociale, les Retraites par répartitions, les Services Publics c’est du communisme. C’est lui qu’il nous faut mettre en avant, pour donner du sens à notre action politique.

Aujourd’hui la démocratie dans laquelle nous vivons est libérale parce qu’elle n’investit ni le monde du travail ni le monde de la finance. Demain elle pourrait devenir communiste si elle investit qualitativement tous les secteurs de la vie sociale permettant au citoyen de devenir acteur du changement. C’est tout au long des mandatures et en cohérences avec tous les actes démocratiques qu’elle deviendrait de plus en plus efficace. Faire évoluer la démocratie c’est basculer dans un nouveau monde sans violence. Ainsi du local au mondial on viendra à bout du capitalisme.

C’est avec un politique communiste que nous pouvons innover la politique locale. C’est pour toutes ces raisons que je ne peux me présenter sous l’étiquette FDG. Je mesure, aujourd’hui pourquoi, tant de camarades nous ont quittés. Ne plus avoir le bonheur de militer parce qu’on est plus en phase avec la politique de son Parti est dramatique. Pourtant je reste persuadée que nous pouvons tout dépasser, pour tourner la page d’un communisme englué dans la démocratie libérale. Le communisme est une idée neuve qui reste à explorer et à innover du local au mondial.

Un dernier point. Un candidat communiste à la Présidentielle pour moi est incontournable, mais avec une conception communiste de la politique. Le combat contre le capitalisme, sera toujours notre objectif. Le capitalisme est une pieuvre qui gangrène idéologiquement toute la société. C’est sur une assise politique Nationale mais aussi Internationale et Européenne que la candidature communiste à la présidentielle sera utile à l’ensemble de toute la gauche. Elaborer notre politique communiste, ensuite la candidature communiste à la présidentielle ainsi que les candidatures aux législatives, deviendront des évidences.

Le communisme ne nous appartient pas, il appartient au peuple. Etre utile à toutes les forces politiques et sociales, être utile au mouvement populaire, affirmer une politique communiste, respecter l’indépendance de chacun, c’est respecter et l’électeur et tous les communistes.

Aline Béziat

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 21:31

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Algérie : Réglez vos comptes comme vous voulez !



Ne brûlez pas cette jeunesse, après l’avoir jeté a la mer, après lui avoir fermé tout horizon, liquidé les sources d’emploi, abandonné l’industrie productive au profit de l’import- import, privatisé tous les espaces (ou comme par exemple pour la commune de Bordj El Bahri Alger toute les terres communales ont étés vendues pour construire des villas, il n’y a pas de place pour un cimetière, il n’y a plus de place pour enterrer les morts.)

Ne brûlez pas ce pays, caste de parvenus, lèpre de nouveaux riches, de néo libéraux ! N’utilisez pas cette jeunesse comme chair a canon pour des problèmes de succession, succession pour la rapine et la prédation. C’est un vieux film d’octobre 1988, remis au gout du jour, avec crise au sommet, crise au FLN, provocations multiples, augmentations des prix, étouffement des libertés démocratiques.

Nous savons sur quoi la crise d’octobre 88 a débouché, qui a été mis en selle, à quoi on s’est attaqué, les usines du secteur public, les intellectuels et hommes de progrès, et tous les résistants de l’Algérie démocratique et sociale, assassinés, arbitrairement emprisonnés, ou exilés. Ces mutants purs produits de la réaction moyenâgeuse arabe et de l’impérialisme ont nettoyé la place pour les prédateurs de l’économie nationale, pour les compradores et bazaristes en allumant le brasier Algérie. Il a été allumé pour servir cette caste, ils ne se sont pas rassasiés, ils tentent de l’allumer encore en verrouillant le champ politique et syndical, en bâillonnant le mouvement associatif, en verrouillant le pouvoir d’achat de millions de travailleurs, en verrouillant les libertés individuelles, et l’accès au travail a la jeunesse. Que veut on enseigner et inculquer a cette nouvelle génération ?

Les barricades de pneus

La nuisance, destruction

Le suicide, le feu !

C’est celui qui a la plus grande capacité de nuisance destructrice de la chose publique qui est reconnu et récompensé, les jeunes ont vérifié cela avec les repentis qui ne se sont jamais repentis ! Avec les grands scandales dont les acteurs ont été proches des sphères des décideurs.

Ne brûlez pas cette jeunesse, elle est a orienter dans des barricades contre l’ignorance et l’analphabétisme, dans des chantiers de la construction des villes et des compagnes, dans des barricades de l’expression démocratique et des libertés contre l’ordre inquisiteur actuel.

Ne brûlez pas ce pays ce n’est pas une propriété privée ! Il est la demeure de ces millions de travailleurs, de paysans, de jeunes et d’entrepreneurs créateurs de richesses, il est la demeure des générations futures, il ne vous appartient pas !

Parasites, exploiteurs, nouveaux monopoles oligarchiques mafieux ! Ne brûlez pas cette jeunesse, ouvrez le rêve, ouvrez les chantiers, notre pays est à construire, il est à édifier dans le partage, la solidarité, l’union la plus large de touts les anti-féodaux, de tous les anti-compradores.

Que tous les prétendus élus de ce peuple, lui parlent, c’est cette même jeunesse qui a été admirable lors des grandes épreuves qu’a connu notre peuple (tremblement de terre de Boumerdès , inondations de Bab El Oued) et au péril même de sa vie !

C’est cette même jeunesse qui a été aéroportée au soudan pour soutenir les verts avec tous les moyens qu’il fallait mobiliser.


 Parlez au peuple !

Parlez à la jeunesse !

Ne la brûlez pas ! Vous brûlerez la vie ... et vous vous brûlerez avec !

.

Fateh Agrane

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 21:28

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pour Le Monde.fr


 

Jean-Luc Mélenchon a envie de "participer à une audace comparable à celle de la gauche en 1981". Celle de la retraite à 60 ans, de la cinquième semaine des congés payés, de la suppression du délit d'homosexualité ou des nationalisations. Mais pour cela, "il ne faut pas avoir la main qui tremble", a-t-il lancé. Le co-président du Parti de gauche se dit toujours "prêt" à être le candidat du Front de gauche à la présidentielle de 2012.

Lors de la présentation de ses vœux à la presse, jeudi 13 janvier, dans un café parisien, il a donc réitéré son offre au Parti communiste français et à la Gauche unitaire, ses partenaires. Mais les décisions sur la candidature commune sont encore longues et les termes de la discussion avec les communistes trop compliquées pour le député européen.

Le conseil national du PCF, réuni vendredi 7 janvier, a effectivement lancé la procédure de désignation du candidat en 2012. Mais celle-ci exige de longues semaines de débat interne et laisse encore en suspens la décision sur le nom en ouvrant l'appel à candidature jusqu'au 8 avril. Alors seulement, le député européen saura s'il a la préférence à André Chassaigne, le député PCF du Puy-de-Dôme lui aussi candidat à la candidature.


 INCERTITUDE INCONFORTABLE


Les termes du texte adopté insistent sur la préférence de la direction communiste pour une "candidature porteuse de rassemblement" dans le cadre du Front de gauche mais ne donne pas encore explicitement de consigne sur le nom. Même s'il laisse peu de doutes sur la décision finale : la direction comme la base communiste vont se ranger derrière le "camarade Jean-Luc". Mais il lui faut encore attendre et l'incertitude ne lui est pas confortable.

"Nous respectons les rythmes de nos partenaires mais il faut éclaircir ce que sera la proposition du Front de gauche", a lancé M. Mélenchon qui ne cachait pas une "certaine exaspération". Il va donc demander des "éclaircissements" car il ne veut pas avoir comme seul calendrier celui des communistes, a-t-il précisé.

Il aurait aimé se lancer pour mettre "une raclée à l'UMP", "rendre sa monnaie de sa pièce" à Nicolas Sarkozy, réunir "l'ensemble des forces de l'autre gauche" – même si le NPA n'y est pas disposé – et faire la démonstration que le Front de gauche "est candidat au pouvoir". Il a insisté en expliquant que lui et son parti faisaient "tout ce qu'ils pouvaient " pour parvenir à un candidat unique du Front de gauche. Mais il avouait qu'il ne savait pas encore dans quelles conditions la décision des trois forces du cartel électoral se prendrait.

 "JE NE SUIS PAS UN AVENTURIER"

Le bouillant député européen a cependant tenu à faire quelques mises au point vis-à-vis des communistes. Précisant qu'il n'est "pas un aventurier",  il a ajouté que son envie de concourir peut encore attendre. "Je ne suis pas plus impatient d'être candidat que le Christ de monter sur la croix", a-t-il ironisé. Pour lui, les législatives sont le "véritable enjeu". Il sait que ce langage parle aux communistes pour qui ce scrutin demeure vital. Bien plus que la présidentielle.

Mais si le Front de gauche n'arrive pas à avoir un candidat commun, "ce sera fini". "La route sera libre à tous ceux qui veulent", a-t-il lâché… Y compris lui, s'il décide d'y aller sous ses propres couleurs.

Sylvia Zappi

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 23:36

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L’« égalité des chances » contre l’égalité des conditions

D’un côté, l’écart, le contraste, la contradiction entre les inégalités réelles et l’égalité de principe proclamée dans les constitutions et par les institutions est devenu patent. De l’autre, les justifications traditionnelles produites par un « État social » sinon socialiste ont fait long feu : l’égalité réelle serait synonyme d’uniformité, d’inefficacité et d’atteinte à la liberté de l’individu. Une situation qui laisse la place au renouvellement du discours dominant.

Depuis un moment déjà on assiste à la mise sur orbite idéologique, dans le discours néolibéral, d’une seconde ligne de défense, plus subtile mais tout aussi fallacieuse, en faisant appel à la notion d’« égalité des chances ». Il s’agit de laisser croire que notre société offre, ou pourrait au moins offrir, par des actions ou des institutions appropriées visant à concrétiser l’égalité formelle, une égale possibilité à tous les individus, quelle que soit leur position sociale de départ, d’accéder aux meilleures place dans la hiérarchie sociale. De telle sorte que le résultat de la concurrence interindividuelle ne serait dû, en définitive, qu’aux talents et aux efforts inégaux des individus ou aux circonstances, plus ou moins heureuses ou malheureuses, qui ont marqué l’expression de leur talents ou de leurs efforts [1].

L’« égalité des chances » étant censée être ainsi garantie au départ, les inégalités à l’arrivée devraient tout aux qualités ou aux défauts des concurrents, ou au hasard, et rien aux règles (explicites ou implicites) de la concurrence ni aux rapports sociaux (de classes) qui déterminent la production de ces règles. Le concours – modèle métaphorique de l’« égalité des chances » – n’étant pas truqué, et tous les concurrents ayant sur la ligne de départ la même « chance » – c’est-à-dire la possibilité (« opportunité ») de s’élever dans la hiérarchie sociale –, ce ne peut être que les meilleurs ou les plus chanceux qui gagnent ! Qui pourrait légitimement le leur reprocher ? Ainsi, les inégalités sociales se trouveraient réduites à de simples inégalités d’aptitudes ou d’efforts des individus. À y regarder de près, néanmoins, cette seconde ligne de défense rhétorique de l’ordre social bourgeois, n’est guère plus solide que la précédente.

En premier lieu, cette notion d’« égalité des chances » est une véritable contradiction dans les termes, qui peut passer inaperçue en France en raison du caractère polysémique du mot « chance ». En effet, là où il y a égalité, non pas formelle mais réelle, non seulement il n’y a pas besoin de chances – les « opportunités » sont, par définition, les mêmes pour tous –, mais les individus sont, grâce à l’intervention correctrice d’un « État social » sinon socialiste, mis à l’abri des coups malheureux – « malchance » – du hasard. Inversement, là où il y a chance, il n’y a pas égalité, mais hasard, gros lot pour un petit nombre et, au mieux, lot de consolation pour quelques uns parmi tous les autres. Minorité de gagnants et majorité de perdants.

En second lieu, que se passerait-il si, ayant été instaurée, cette fameuse « égalité des chances » en venait, miraculeusement, à transformer la plupart des pauvres en riches et à faire de tous les riches – du moins des plus inaptes ou des plus paresseux – des pauvres ? Ou, en vertu du même type de miracle, à convertir les dominants en dominés et vice versa, les cultivés en ignares, les gens célèbres (« people ») en « anonymes » (« gens du peuple »), etc. ? Rien n’aurait évidemment changé au niveau des structures sociales. La nature des inégalités, leur forme et leur contenu, leur degré même seraient, après l’heureux miracle produit par l’« égalité des chances », ce qu’ils étaient déjà auparavant. Seule aurait changé l’identité des « gagnants » et des « perdants » : le « fils de bourge » aurait pris la place du « fils de prolo » à l’usine comme « agent de sécurité » ou dans les files d’attente du « pôle emploi », et réciproquement. Ce qui révèle, en passant, le présupposé individualiste de la notion d’« égalité des chances » : elle promet de transformer la situation de certains individus « méritants », tout en laissant inchangées les structures sociales et, par conséquent, le sort de l’immense majorité des jeunes membres de la société.

Car – et ce sera la dernière objection et la plus fondamentale – il n’est que trop évident que l’« égalité des chances », brandie conjointement comme slogan par des adeptes du néo- et du social-libéralisme, est un pur leurre. Comment peut-on imaginer sérieusement créer les conditions d’une pareille égalité dans une situation où règnent, dans tous les domaines et sous tous les aspects, les inégalités socialement déterminées entre les individus ? La logique générale réelle est précisément l’inégalité des chances face à l’emploi, l’enseignement, le logement, la santé, la culture, etc. Les éventuelles institutions ou mesures dont on attend les corrections nécessaires témoignent toutes de leur impuissance profonde à cet égard, au mieux de l’extrême modicité de leurs résultats : quelques exceptions qui confirment la règle.

Pour ne prendre qu’un exemple, des décennies de « démocratisation de l’enseignement » n’ont en rien réduit les inégalités scolaires entre enfants de catégories populaires (ouvriers, employés, agriculteurs, artisans et petits commerçants) et enfants des catégories aisées (cadres, professions libérales, chefs d’entreprise, hauts fonctionnaires). Elles n’ont abouti qu’à déplacer le niveau et renouveler les formes de ces inégalités. Bien plus : l’accès aux diplômes les plus prestigieux (ceux des écoles d’ingénieurs, des écoles supérieures de commerce, pour ne pas parler des « grandes écoles ») est devenu plus élitiste encore qu’il ne l’était voilà une trentaine ou une quarantaine d’années. Et que dire de la ségrégation socio-spatiale ? En dépit de la généralisation de l’« accession à la propriété », pour ne rien dire de la « loi sur la solidarité et le renouvellement urbain » imposant un principe de 20 % de HLM dans les villes de plus de 20 000 habitants, elle n’a fait que s’accentuer au point d’inciter certains chercheurs critiques à parler d’un « apartheid urbain », et un haut fonctionnaire de « relégation urbaine [2] », qui privent la majorité des habitants d’un effectif « droit à la ville » [3] ; donc du droit à être des citoyens/citadins « à part entière » – ou plutôt, comme le dit un leader associatif « issus de l’immigration » : « En fait, nous sommes des citoyens entièrement à part. »

Les inégalités sociales revêtent, comme chacun sait, diverses dimensions. Elles ne concernent pas, en effet, que les ressources matérielles : les flux de revenus et, plus encore, les stocks de patrimoine, l’espace à occuper et le temps à vivre (espérance de vie : sept ans de différence entre cadres supérieurs ou enseignants et ouvriers ; en bonne santé : dix ans de différence). Elles se traduisent aussi par une répartition inégale des ressources de nature relationnelle et politique : la multiplicité et la diversité des réseaux de socialisation et de rencontres, le pouvoir de se faire entendre et de défendre ses intérêts voire de faire prévaloir sa volonté ; des positions institutionnelles valant des privilèges, etc. À cela s’ajoutent des ressources symboliques, tout aussi inégalitairement partagées : les diplômes scolaires, la maîtrise des différents savoirs et des références culturelles, la capacité de se donner une image cohérente du monde, des autres et de soi-même, voire de la proposer et de l’imposer à d’autres. Ainsi peut-on distinguer trois grandes catégories d’inégalités sociales, dont il ne faut jamais oublier qu’elles sont le plus souvent interagissantes et cumulatives, dans un sens positif ou négatif, selon les groupes et les individus : — les inégalités dans l’ordre de l’avoir : dans la distribution des ressources matérielles de la société, dans la répartition de la richesse sociale, à une échelle – « mondialisation » aidant – de plus en plus planétaire ; — les inégalités dans l’ordre du pouvoir : dans la distribution des ressources relationnelles et politiques, dans la répartition de la capacité de faire valoir ses intérêts et ses droits, d’imposer sa volonté aux autres par différents biais, de peser, au moins partiellement, sur l’organisation de la société et sur le cours des événements historiques ; — les inégalités dans l’ordre du savoir : dans la distribution et la maîtrise des connaissances et de la possibilité de donner un sens au monde dans lequel on vit, de proposer et d’imposer des définitions légitimes des choses, des gens, des pratiques, des situations et des évolutions.

Cette multidimensionnalité du champ des inégalités sociales ne doit pas faire oublier, néanmoins, une certaine superficialité de ce champ. En effet, en se plaçant du point de vue de la distribution inégalitaire des ressources sociales, toute étude, fût-elle critique, des inégalités sociales se situe en aval des structures (rapports sociaux de production, de propriété, de classes, mais aussi de genres, de générations, de races, etc.) qui produisent ces ressources et leur distribution. Autrement dit, une telle étude enregistre des effets de surface. La ségrégation urbaine en offre en parfait exemple : ses causes profondes sont à chercher ailleurs que là où elle se manifeste car elles ne sont ni spatiales ni locales (spéculation foncière et immobilière, baisse du niveau de vie des couches populaires et moyennes, politiques de l’urbanisme et du logement obéissant à des logiques déterritorialisées). Autrement dit, l’origine des inégalités réside dans tréfonds des relations fondamentales : régime de la propriété des moyens de production et d’échange, division sociale des fonctions et des tâches, forme et structure du pouvoir politique, en définitive la division et la hiérarchie de la société en castes, ordres, classes, etc.

Or, c’est aussi à empêcher toute compréhension autres que trompeuse de l’organisation et du fonctionnement d’une telle société, toute interrogation sur sa légitimité, et, à plus forte raison, tout désir de la remettre en cause pour la transformer, sinon pour en finir avec elle, que sert la fiction d’une « égalité des chances ». Ce n’est donc pas en se cramponnant à cette fiction qu’on mettra fin aussi bien à la relégation urbaine qu’à la stigmatisation scolaire. Deux rapports officiels rendus publics en octobre 2010 sont venus confirmer l’inanité d’une « politique de la ville » qui, a défaut de résoudre la « question sociale », c’est-à-dire de mettre pratiquement en question le bien fondé du type de société dont elle est le produit, se limite à « réguler » sa non-solution.

Le premier, émanant du Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques, aréopage de députés-maires impliqués dans la mise en œuvre de cette politique, portait un intitulé qui en résumait les conclusions : « Quartiers défavorisés ou ghettos inavoués : la République impuissante. [4] » Était dénoncée l’incapacité de ladite République à endiguer le chômage dans les banlieues populaires malgré les milliards d’euros lâchés ; la « rénovation urbaine », dernière mouture en date de la politique de la ville lancée au début des années 2000 par le gouvernement de Jean-Piere Raffarin, n’ayant fait qu’ajouter à la dilapidation en pure perte des fonds publics eu égard aux objectifs proclamés.

Du deuxième rapport, synthétisant les résultats d’enquêtes menées sous l’égide du Haut Conseil à l’Intégration, il ressortait que la concentration géographique d’enfants de familles paupérisées et d’origine étrangère, principalement de pays anciennement colonisés, menaçait nombre établissement d’enseignement primaire et secondaire de repli communautaire [5]. Avec les dérives identitaires qui ne manquent pas d’en résulter.

De l’aveu même d’instances étatiques, la ségrégation urbaine et son corollaire, la ségrégation scolaire, sont ainsi pointées comme deux phénomènes étroitement liés face auxquels les pouvoirs publics ont fait la preuve de leur impuissance. Mais il en faudrait évidemment plus pour inciter ces derniers et les « experts » qui les conseillent à se livrer à une (auto)-critique radicale, c’est-à-dire allant à la racine de la situation désastreuse à laquelle ils se trouvent confrontés, au moins intellectuellement et bureaucratiquement. Ils ont, en effet, pour mission de la « gérer », non d’y mettre un terme.

Jean-Pierre Garnier

Intervention au séminaire de la revue Diversité, « La ville et l’école : les conséquences de la crise », 22 octobre 2010
——
Jean-Pierre Garnier a publié aux éditions Agone : Une violence éminemment contemporaine. Essais sur la ville, la petite-bourgeoisie intellectuelle et l'effacement des classes populaires (2010).

Notes

[1] Les développements qui suivent empruntent largement aux analyses proposées par le sociologue Alain Bihr dans La Novlangue néo-libérale. La rhétorique du fétichisme capitaliste (Page deux, 2007).

[2] En l’occurence le normalien, agrégé d’histoire, conseiller d’État et délégué interministériel à la Ville et au Développement urbain (1991-1994) Jean-Marie Delarue, Banlieues en difficulté. La relégation, Syros, 1991.

[3] Dans son dernier ouvrage, Le Déni des culture (Seuil, 2010), le sociologue Hugue Lagrange dénonce avec la plus grande vigueur la ségrégation urbaine. Selon lui, le bannissement de populations dans des quartiers devenus des « zones d’apartheid social » invalide toute politique de fond en matière d’intégration.

[4] Citation de Métro, 22 octobre 2010.

[5] Cité dans Le Journal du Dimanche, 24 octobre 2010.

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 23:32

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http://blog.agone.org/post/2010/12/22/Relegation-urbaine-stigmatisation-scolaire-1

 

De la relégation urbaine à la stigmatisation scolaire

En octobre 2010, à l’initiative de la revue Diversité, un séminaire se tenait au siège de la Délégation à la politique de la ville et à l’insertion sociale de la Ville de Paris. L’intitulé de ce séminaire laissait toutefois quelque peu perplexe, « La ville et l’école : les conséquences de la crise ». En dépit de l’article qui la définit, en effet, on pouvait se demander de quelle crise il s’agissait.

Sagissait-il de la crise financière (spéculation boursière et bancaire, déficit budgétaire) ? de la crise économique (chômage et sous-emploi) ? de la crise écologique (pollution, épuisement des ressources naturelles, réchauffement climatique) ? d’une crise sociale plus générale (de la « démocratie », de l’absence avenir, des valeurs) ? ou même d’une crise urbaine (« violences urbaines », crise du logement, etc.) ? voire de la crise de l’école elle-même ?…

Pour lever l’ambiguïté des significations attachées au signifiant « crise », sans aller se perdre dans des explications étymologiques, on se reportera à la définition proposée par le Petit Robert, « Moment périlleux et décisif ». Or, le moins qu’on puisse en dire est que l’état des choses auquel on accole le qualificatif de « crise » n’a rien de momentané. « La crise » dure, en effet, depuis la fin des Trente glorieuses soit bientôt quarante ans. Du moins si l’on s’en tient aux discours officiels qui s’accordent à laisser dans l’ombre la restructuration du système capitaliste, la mise en place de l’accumulation flexible et le retour en force du libéralisme économique. Ladite « crise » faisait d’ailleurs suite à une autre, beaucoup plus ponctuelle, plus localisée et d’ordre politico-idéologique : Mai 68, où certains observateurs discernèrent une « crise de régime ».

Pour en revenir à l’actualité, peut-on parler ensuite d’un « moment périlleux » ? Tout bien considéré, il ne semble qu’il y ait péril en la demeure, sauf, au sens propre du terme, pour les gens sans abri, ceux vivant dans un habitat insalubre, dangereux ou surpeuplé, ou qui sont menacés d’être jetés à la rue faute de pouvoir payer les loyers et les charges, ou rembourser leurs crédits. Si, d’une manière plus générale, la situation des couches populaires ne cesse de se détériorer, dans le domaine du logement comme dans les autres, les classes possédantes et dirigeantes semblent, elles, fort bien s’en accommoder. Leur pouvoir n’est pas menacé. C’est pourquoi le troisième critère qui définit une crise, le caractère « décisif » du moment auquel elle correspond, ne s’applique pas non plus à la situation présente : la « crise », quelle que soit les aspects sous lesquels elle est censée se manifester, n’est pas susceptible d’ébranler la domination bourgeoise.

Quoiqu’il en soit, si l’on s’en tient à la crise à laquelle l’« école » et, plus précisément, l’enseignement primaire et surtout secondaire doivent aujourd’hui faire face, un constat peut servir de point de départ : la concomitance de la ségrégation urbaine et de la ségrégation scolaire. Quels liens établir entre les deux ?

Selon qu’on met l’accent sur la ségrégation urbaine ou sur la ségrégation scolaire, les analyses et les solutions proposées vont différer. Pour les spécialistes en recherche urbaine, ce sera : quelle politique urbaine (urbanisme, logement, politique dite de la ville, etc.) pour réduire les inégalités territoriales entre établissements scolaires ? Pour les spécialistes en sciences de l’éducation, la question sera : quelle politique éducative pour compenser les inégalités de l’environnement social ? Avec un même horizon ou idéal : assurer l’égalité des chances.

Le téléscopage entre ces deux problématiques est source de confusion. N’étant pas un spécialiste des sciences de l’éducation, je m’en tiendrai à la relation entre relégation spatiale et stigmatisation scolaire. Par « stigmatisation scolaire », j’entends, non pas la disqualification dont font l’objet les « mauvais élèves » de la part d’un corps professoral et d’un personnel d’encadrement fortement imprégnés par un ethnocentrisme de classe (et dont je ne récuse pas la définition), mais la disqualification a priori ou a posteriori d’établissements où lesdits « mauvais élèves » constituent un part importante des effectifs qu’ils accueillent. Ce qui renvoie à la concentration des familles paupérisées souvent « issues de l’immigration » – bien qu’on en soit souvent à la troisième génération –, dans certaines zones urbanisées. Avec pour effet, la déconsidération par les élèves – pour ne rien dire des parents – de leur établissement et d’eux-mêmes, entraînant un sentiment d’humiliation, à l’origine de réactions agressives de rejet.

L’hypothèse qui prévaut parmi les sociologues et les géographes urbains est que la ségrégation à l’école est d’abord imputable à la ségrégation urbaine. Selon ces spécialistes, le bas niveau de réussite scolaire dans certains établissements et les désordres qui y règnent résultent d’abord de la relégation urbaine, c’est-à-dire de la spécialisation de certains quartiers dans l’accueil de populations économiquement et culturellement démunies. Des processus négatifs cumulatifs en découlent, telles la fuite résidentielle ou les stratégies de contournement des parents qui le peuvent, enseignants en tête, pour scolariser leurs enfants ailleurs. Des pratiques qui se sont intensifiées depuis la suppression de la carte scolaire. Le résultat est une ghettoïsation accrue des établissements et des quartiers. Peut-on freiner ce processus, à défaut de l’inverser ?

Il faudrait, pour ce faire mettre fin à la ségrégation urbaine. Mais on sait, même s’il est de bon ton de feindre de l’ignorer, que l’inégale distribution des catégories sociales au sein des agglomérations urbaines comme aux alentours n’est que l’inscription spatiale inévitable de la division de la société en classes. Un terme peut résumer le phénomène : la « polarisation ». À savoir la tendance à la concentration volontaire – ou agrégation voulue – des riches (on parle de « catégories aisées), et involontaire – ou ségrégation subie – des pauvres (euphémisés comme catégories « modestes » ou « défavorisées) dans certains secteurs plus ou moins éloignées les uns des autres. D’un côté les « beaux quartiers» ou les banlieues « résidentielles », de l’autre les quartiers populaires anciens ou les « zones urbaines sensibles ». Entre des deux, les classes dites moyennes qui se répartissant de manière un peu plus uniforme dans l’espace urbain.

Au cours des dernières décennies, la précarisation, la paupérisation et la marginalisation de masse. ont accentué ces clivages socio-spatiaux. En 2009, par exemple, plus d’un tiers des habitants des 751 zones urbaines sensibles (ZUS) répertoriées survivaient au-dessous du seuil de pauvreté. Pourcentage qui s’élevait à 44 % pour les moins de 25 ans. La misère ne touchait pas d’ailleurs seulement les jeunes écoliers, stagiaires ou chômeurs « à capuche » qui défraieront à nouveau la chronique des violences urbaines lors des semaines de manifestation contre la « réforme » des retraites à l’automne 2010. Durant les années récentes, les trentenaires ayant terminé leurs études avec un diplôme, mariés avec enfants, ont souvent perdu leur emploi. D’où, outre le « mauvais exemple » que leur situation offrait à leurs cadets, un ressentiment et une colère qui explique la solidarité implicite des aînés avec les « racailleux » lors des émeutes de novembre 2005, des affrontements avec la police à Villiers-le-Bel deux ans plus tard ou à la Villeneuve de Grenoble en juillet 2010. Au point que certains élus locaux en sont venus à poser la question qui fâche : peut-on continuer à parler d’émeutes alors que l’on a bel et bien affaire à une révolte sociale ? Le maire (PS) de Clichy-sous-Bois, Claude Dilain, exposait clairement les termes de l’alternative : « Veut-on que les banlieues soient calmes ou veut-on résorber les ghettos ? » Encore faudrait-il, au préalable, résorber la pauvreté, alors que celle-ci ne cesse de s’accroître. Car la pauvreté n’affecte pas que les ZUS : elle s’étend socialement et se répand géographiquement [1]. Dans les interstices des métropoles ou au sein villes moyennes, voire dans le périurbain et même dans les zones rurales ou semi-rurales, des « espaces de précarité » ont fait leur apparition, non couverts par la soi-disant « politique de la ville ». Et c’est là que réside la majorité des ouvriers et des employés ballottés entre activité et chômage.

Des politiques de diversification sociale ont été mise en œuvre dans les « quartiers en difficulté » – mais pas dans les quartiers chics ni les banlieues huppées) – pour (r)établir la « mixité sociale », inévitablement invoquée par les « décideurs » et les « chercheurs » affidés, pour (re)construire des liens entre groupes sociaux de plus en plus éloignés tant socialement que spatialement. Un slogan aussi inepte que consensuel sert de cri de ralliement : « Vivre ensemble ». Leitmotiv repris récemment lors de la grand messe sécuritaire de l’AMGVF – association des maires des grandes villes de France –, célébrée en septembre 2010 : « Faire ville ensemble » [2]. Où l’on a eu droit au credo attendu sur un « développement urbain équilibré dans une métropole solidaire pour renforcer la cohésion sociale ».

En fait, si « diversification sociale » il y a, elle se fait « par le haut ». Elle consiste à disperser des pauvres à la lisière des agglomérations, dans l’espace périurbian ou semi-rural, tout en favorisant l’installation de ménages appartenant aux franges inférieures de la néo-petite bourgeoisie dans les quartiers populaires traditionnels, partiellement vidés de leurs habitants précédents. Ainsi en va-t-il des villes ouvrières frappées par la désindustrialisation et les délocalisations prises dans un double mouvement : d’un côté le recyclage des sites les mieux situés, comme dans le cas de la reconversion culturelle et écologique (écoquartiers, équipements hauts de gamme) des friches industrielles ou portuaires pour attirer des gens friqués, parallèlement à la gentrification de l’habitat populaire central ; de l’autre la stagnation et l’appauvrissement des espaces les moins attractifs, dégradés et périphériques qui concentrent les populations les plus pauvres.

En matière de politique urbaine, la priorité est donnée à l’accueil des couches moyennes qui n’ont plus les moyens de se loger au cœur des agglomérations. Dernière mouture en date de la « politique de la ville », la « rénovation urbaine » consiste à démolir des barres et des tours, majoritairement occupées par des familles nombreuses aux revenus peu élevés, pour les remplacer par petits immeubles coquets à l’architecture « innovante » pour attirer des habitants plus aisés et mieux éduqués. Ou encore réhabilitation et « résidentialisation » d’immeubles de logements HLM accompagnées d’une augmentation des loyers. L’effet est le même : éviction des familles « lourdes » (« cas sociaux ») déplacées en périphérie. Cette stratégie de diversification se heurte néanmoins à un obstacle : les parents appartenant aux classes moyennes ne sont pas pressés d’occuper les nouveaux logements par peur que leurs enfants ne soient obligés de côtoyer dans les établissements scolaires du quartier les « voyous » qui continuent à les fréquenter, avec les risques de déclassement et de violence qu’impliquent cette promiscuité. .

On voit ainsi l’origine majeure de la ségrégation scolaire. La ségrégation urbaine a un impact indéniable sur la distribution qualitative des établissements d’enseignement secondaire : lycées ou collèges « cotés » (bons élèves, bons résultats) versus lycées ou collèges « repoussoirs ». La population accueillie par ces établissements reflète la composition sociale des quartiers, voire de communes entières. Les rapports officiels font état d’une tendance lourde à la « ghettoïsation » de certaines zones urbaines, malgré la « politique de la ville »… ou à cause d’elle ; et, par voie de conséquence, à la disqualification des établissements qui s’y trouvent malgré les mesures compensatoires… ou à cause d’elles. Dans les deux cas, en effet, ces classements bureaucratiques concourent à la stigmatisation des lieux et des gens qui les fréquentent ou y résident.

ZUS et ZEP (zone d’éducation prioritaire) relèvent, en fait, d’une discrimination positive inavouée puisqu’elles constituent une entorse à l’égalitarisme républicain. Des quartiers ou des établissements sont dotés de moyens supplémentaires et d’une plus grande autonomie pour faire face à des difficultés d’ordre sociales, en général, et scolaires, en particulier. Le principe est de « donner plus à ceux qui ont moins ». Moins de quoi ? Officiellement : moins de « chances » de bénéficier de conditions de vie – et, s’agissant des nouvelles générations – d’éducation favorables à leur épanouissement. Objectif visé : l’« égalité des chances ». Un mythe ou plutôt une mystification idéologique dans une société structurellement marquée par l’inégalité des conditions sociales, pour ne pas dire de classes.

Jean-Pierre Garnier

Intervention au séminaire de la revue Diversité, « La ville et l’école : les conséquences de la crise », 22 octobre 2010
[à suivre…]

——
Jean-Pierre Garnier a publié aux éditions Agone : Une violence éminemment contemporaine. Essais sur la ville, la petite-bourgeoisie intellectuelle et l'effacement des classes populaires (2010).

Notes

[1] Christophe Noyé et Christophe Guilly, Atlas des nouvelles fractures sociales en France, Autrement, 2004.

[2] Manifeste « Les maires montent au créneau », 22 septembre 2010.

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 23:17

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Par Vlad Grinkevitch, RIA Novosti

La crise de la dette dans l'Union Européenne semble prendre de l’ampleur, et la monnaie européenne est de nouveau dans un état fébrile: dès le premier jour après la fin des vacances de Noël en Russie l’euro a perdu 88 kopecks à 39,61 roubles. Au cours des négociations l’euro a accentué sa chute à 39,53 roubles. C’est l’indice minimal des quatre derniers mois. De toute évidence, les investisseurs s'attendent à ce que le Portugal connaisse le même sort que la Grèce et l’Irlande, autrement dit qu’il demande l’aide du fonds européen de stabilisation.

Tout va très bien, Madame la Marquise


La chute de l’euro était prévisible. L’économie de l’Union Européenne est gravement malade, et aucun remède n’a encore été trouvé. A la fin de l’année dernière, les économistes supposaient que la crise de la dette de la zone euro en 2011 allait devenir l’un des principaux thèmes économiques. Les prévisions alarmantes semblent commencer à se réaliser. Cette fois, le marché a été effrayé par les rumeurs selon lesquelles le Portugal va incessamment demander de l'aide au fonds européen anticrise.

La presse occidentale déclare que Berlin et Paris tentent de convaincre Lisbonne d’emprunter entre 50 et 100 milliards d’euros au fonds européen anticrise. Cette année, Lisbonne devra restructurer la dette de 20 milliards d’euros, dont 10 milliards au printemps. La situation économique n'est guère réjouissante, loin s'en faut. En décembre 2010 la dette souveraine du Portugal s’élevait à environ 112% du PIB, alors que la dette nationale de la Grèce n’avoisinait que 95% du PIB.

Les autorités portugaises déclarent pour l’instant qu’elles n’ont pas besoin d’aide. Selon le premier ministre portugais Jose Socrates, en 2010 le Portugal a réussi à diminuer le déficit budgétaire jusqu’à 7,3% du PIB contre 9,3% en 2009. Au lieu demander de l’aide à Bruxelles, le département financier du Portugal espère gagner de l’argent grâce au placement des obligations d’Etat: les enchères sont prévues pour le 12 janvier 2011. Il est difficile de dire à quel point cela inspirera les investisseurs: le 10 janvier, le taux d’intérêt des obligations sur 10 ans du Portugal a augmenté à 7,3%. Même l’achat d'obligations d’Etat par la Banque centrale européenne (BCE) n’a pas été en mesure de diminuer leur rentabilité. Pour être plus clair, la hausse de la rentabilité des obligations d’Etat témoignent des problèmes de l’économie nationale. L’indice de 10% est considéré comme une sorte de ligne rouge qui permet de parler d’effondrement économique.

Les leçons non apprises

Lisbonne suit exactement le même parcours que Dublin et Athènes. L'Irlande et la Grèce ont d'abord nié l’existence de problèmes économiques, puis ont reconnu leur existence, pour ensuite affirmer qu’ils les règleraient par leurs propres moyens. Finalement, les deux pays ont conclu à la nécessité de demander de l’argent à l’Union Européenne.

En fait, la Grèce et l’Irlande ont demandé de l’aide un mois après que le taux d'intérêt des obligations d’Etat eut franchi la barre des 7%. Le temps nous dira combien de temps tiendra le Portugal. Par ailleurs, l’Espagne est également "en approche." Son économie est bien plus puissante que celle du Portugal et ce ne sont pas 50 milliards d’euros qui la sauveront…

Le déclin des économies européennes pourrait engendrer un nouveau cycle de la crise mondiale. Et personne ne souhaite que cela arrive. Pour cette raison les Etats asiatiques se sont précipités au secours du Vieux Continent. La Chine s'est déclarée être prête à racheter une partie des obligations d’Etat de l’Espagne (voire du Portugal), le Japon pourrait acheter jusqu’à 20% des obligations de la zone euro afin de soutenir les économies en difficulté.

Cela pourrait ralentir la progression de la maladie, mais ne la guérirait pas. Le problème réside dans l’idée même de l’Union Européenne, dont les créateurs étaient principalement guidés par des idées politiques, mais n’avaient pas suffisamment réfléchi à l’économie. Encore à l’étape de la création de l’UE, ses membres potentiels poursuivaient des buts complètement différents.

Les économies de l’Allemagne, de la France et du Benelux, orientées vers les exportations, espéraient obtenir un avantage concurrentiel en raison de la possibilité de vendre leurs marchandises sans se préoccuper des fluctuations monétaires. Et les "pauvres", dont la Grèce, le Portugal et les autres, espéraient pouvoir obtenir des crédits à des taux d'intérêt bas en dépit de la faiblesse de leurs économies. Et ils l’ont fait.

La mésalliance entre les pays pauvres et les pays riches a eu des conséquences dramatiques. Les économies et le niveau de vie dans les pays riches sont supérieurs à la moyenne européenne, et les pays pauvres, qui ont accumulé des crédits à faible taux d’intérêt, se sont retrouvés dans le piège des dettes, dont ils n’arrivent pas à sortir.

Ce n’est pas par hasard que les experts tels que George Soros ou Nouriel Roubini ont commencé à parler au milieu de l’année 2010 de l’éventuel effondrement de l’Union Européenne. Les adeptes de l’unité européenne font appel à l’absence de mécanismes de sortie de l’espace monétaire commun. Mais si la crise continuait de prendre de l’ampleur, la création de tels mécanismes pourrait s'avérer bien moins coûteuse que la préservation de l’unité à tout prix.

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