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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 22:36
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Nous sommes à Urbino, avec le professeur D. Losurdo, professeur d’histoire de la philosophie à l’Université « Carlo Bo », philosophe de renommée internationale et président de l’association Marx XXI. Il nous reçoit en un moment où nous sommes confrontés à une attaque du capital (contre tout le monde du travail, contre la démocratie, contre la Constitution issue de la Résistance) qui est une des plus aigues et dangereuses de toute l’histoire de notre république. Face à cette attaque s’étend un désert, l’absence d’opposition de classe et de masse qui puisse repousser l’offensive de la réaction et relancer une contre-offensive. Nous lui posons la question : comment est-on arrivé à tout cela ? Que manque-t-il, comment reconstruire une digue, une résistance, une contre-attaque ?

DL : Nous pouvons distinguer deux problèmes qui accompagnent l’histoire de la République dans toute sa durée. Le premier problème est la disproportion entre nord et sud : Togliatti, déjà, avait souligné que la « question méridionale » est une question nationale et nous sommes aujourd’hui en train de voir comment le déficit de solution du sous-développement du sud risque de mettre en danger l’unité nationale.

L’autre problème est l’injustice sociale qui se manifeste de façon particulièrement criante dans le phénomène de l’évasion fiscale. C’est peu dire que ce fléau n’a été contenu en aucune manière : il est même, au contraire, devenu plus scandaleux, plus explicite, jusqu’à être encouragé par le Président du Conseil : celui-ci en a parlé comme de quelque chose qui peut  être toléré dans le cas où un individu singulier, soit le riche capitaliste, estime avoir été trop touché par la pression fiscale.

Si ces deux problèmes accompagnent l’histoire de la république dans toute la durée de son évolution, nous pouvons, nous, ajouter qu’il y a aujourd’hui de nouveaux problèmes qui font penser à une véritable contre-révolution. Peut-être l’année du tournant est-elle celle de 1991, l’année qui voit la fin du Parti Communiste Italien.  Cette fin avait annoncée par d’emphatiques attentes : les ex-communistes déclaraient que, en en finissant avec un parti lié au discrédité « socialisme réel », tout serait devenu plus facile : on se serait libéré du « plomb dans l’aile », et la démocratie et l’Etat social allaient se développer ; en somme, tout irait pour le mieux. C’est peu dire qu’en réalité nous nous trouvons devant une contre-révolution qui n’est certes pas une exclusivité italienne, car elle a un caractère international, mais qui se manifeste de façon particulièrement virulente dans notre pays.

Voyons quels sont les éléments de cette contre-révolution : la République Italienne née de la Résistance, et marquée par la présence d’un parti communiste fort dans l’opposition, ne s’était jamais engagée directement dans des opérations guerrières ; de nos jours au contraire, la participation à des guerres de caractère clairement colonial est considérée comme quelque chose de normal, si ce n’est comme un devoir.

On assiste en outre à une attaque contre l’Etat social, et son démantèlement : tout le monde a cela sous les yeux. Moins évident par contre est un fait sur lequel je voudrais attirer l’attention : l‘attaque contre l’Etat social n’est pas déterminée en premier lieu par le problème des compatibilités économiques, par la nécessité de l’épargne parce que l’argent manquerait (on se comprend). Rappelons-nous qu’un des  patriarches du néo-libérisme (qui a même été couronné par le prix Nobel d’économie), Friedrich August Von Hayek, déclarait dès les années 70 du siècle dernier que les droits sociaux-économiques (ceux protégés justement par l’Etat social),  étaient une invention qu’il considérait comme catastrophique : ils étaient le résultat de l’influence exercée  par la « révolution marxiste russe ». Et il appelait donc à se débarrasser de cet héritage encombrant. On comprend bien que, à la disparition du défi que représentait l’Union Soviétique et un camp socialiste fort, ait correspondu et continue de plus en plus à correspondre le démantèlement de l’Etat social.

Il y a enfin, un troisième aspect de la contre-révolution, que nous ne devons pas, nous, perdre de vue. C’est la véritable attaque à la démocratie qui prend des formes particulièrement criantes à l’usine. Ici la contre-révolution est évidente au point d’être quasiment déclarée : le pouvoir patronal doit pouvoir s’exercer sans trop de limites, la Constitution ne doit pas être une cause de gêne dans les rapports de travail. Mais il y a un aspect qui va bien au-delà de l’usine et qui concerne la société dans son ensemble : c’est l’avancée du « bonapartisme soft » (que j’ai défini dans mon livre Démocratie ou bonapartisme) incarné dans notre pays par le Président du Conseil. A propos de l’ascension de ce personnage, je voudrais attirer l’attention sur un autre phénomène non moins inquiétant : aujourd’hui la richesse exerce un poids politique immédiat. Tant qu’existait en Italie le système proportionnel, celui-ci rendait  plus aisée la formation de partis politiques de masse, et cela permettait de contenir à l’intérieur de certaines limites le poids politique de la richesse, qui aujourd’hui par contre s’exprime de façon immédiate voire impudente. Nous assistons à l’émergence et à l’affirmation d’un leader politique qui, à partir de la concentration des moyens d’information et en faisant un usage sans préjugés de l’énorme richesse à sa disposition, prétend exercer, et en effet exerce, un pouvoir décisif sur les institutions politiques et révèle une capacité totale de corruption et de manipulation.

On peut tracer, en ce point, un premier bilan : le tournant de 1991, qui avait vu la dissolution du PCI et qui aurait du favoriser le renouvellement démocratique et social de l’Italie, a été en réalité le point de départ d’une contre-révolution qui est certes de dimensions internationales, mais qui se révèle de façon particulièrement douloureuse en Italie, dans ce pays qui, grâce à la Résistance et à la présence d’une gauche forte et d’un Parti communiste fort, avait permis des conquêtes démocratiques et sociales assez importantes.

A ce propos une question : comment a-t-il été possible que dans un pays qui devrait justement avoir un souvenir encore frais de ce qu’a été la Résistance, on en soit arrivé à une anesthésie des consciences telle que notre Président du Conseil soit aimé jusque du point de vue personnel, qu’il soit même envié ? Comment expliquer d’un côté la fascination pour le « self made man » et de l’autre des phénomènes tels que l’antipolitique de Grillo[1] ?  Et si l’on pense à ce que l’on pourrait définir comme le troisième pôle : comment expliquer la fascination qu’éprouve la gauche pour une personnalité comme celle de Vendola[2] qui jusqu’à hier faisait partie de Rifondazione Communista et qui aujourd’hui remplit le vide qui s’est génériquement ouvert à la gauche du Partito Democratico ?

DL : Nous assistons à une contre-révolution dont j’ai déjà défini les éléments politiques centraux ; mais nous ne devons pas oublier que cette contre-révolution se joue aussi au niveau idéologico-culturel. On est en train de réécrire de façon absolument fantaisiste et honteuse l’histoire non seulement de notre pays mais de tout le 20ème siècle.

Quels sont les éléments fondamentaux de cette histoire ? A partir de la Révolution d’Octobre ont commencé trois gigantesques processus d’émancipation. Le premier est celui qui a investi les peuples coloniaux : à la veille du tournant de 1917 les pays indépendants n’étaient qu’en nombre assez restreint, presque tous situés en Occident. L’Inde était une colonie, la Chine un pays semi-colonial ; toute l’Amérique du Sud était soumise au contrôle de la doctrine Monroe et des USA. L’Afrique avait été partagée  entre les diverses puissances coloniales européennes. En Asie, étaient des colonies l’Indonésie, la Malaisie etc.. Le gigantesque processus de décolonisation et d’émancipation qui a mis fin à cette situation a vu sa première impulsion dans la Révolution d’octobre.

Le second processus est celui de l’émancipation des femmes : il est important de se rappeler que le premier pays dans lequel les femmes ont joui de la totalité des droits politiques et électoraux (actifs et passifs) a été la Russie révolutionnaire entre février et octobre 1917. Ce n’est que dans un deuxième temps que sont arrivés à ce même résultat l’Allemagne de la République de Weimar, issue d’une autre révolution, celle de novembre 1918, puis les Etats-Unis. Dans des pays comme l’Italie et la France les femmes n’ont conquis leur émancipation que sur la vague de la Résistance anti-fasciste.

Le troisième processus, enfin, a été l’effacement de la discrimination censitaire qui,  en matière de droits politiques, continuait à discriminer négativement les masses populaires : dans l’Italie libérale et des Savoie, au lieu d’être élu par le bas, le Sénat était un apanage de la grande bourgeoisie et de l’aristocratie. La discrimination censitaire se faisait sentir aussi en Angleterre, et pas seulement par la présence de la Chambre des lords ; en 1948 encore, il y avait 500.000 personnes qui jouissaient du vote pluriel et donc de la faculté de voter plusieurs fois : elles étaient considérées comme plus intelligentes (bien sûr, il s’agissait de riches de sexe masculin).

Pour conclure. Au cours du 20ème siècle s’est développé sur trois fronts un gigantesque processus d’émancipation qui est parti de la Révolution d’octobre et de la lutte contre la guerre et le carnage du premier conflit mondial. Tout ceci est à présent oublié et refoulé à un point tel que dans l’idéologie aujourd’hui dominante, l’histoire du communisme devient l’histoire de l’horreur.

Le paradoxe est qu’à cette gigantesque manipulation n’a pas participé seulement la droite proprement dite ; Fausto Bertinotti[3] lui a fourni une large contribution, ainsi que Vendola qui est son héritier et son disciple. Il ne fait aucun doute que lui aussi s’est employé dans la tentative d’effacer de la mémoire historique le gigantesque et multiple processus d’émancipation issu de la Révolution d’octobre : de ce grand chapitre d’histoire, Bertinotti a tracé un aperçu qui n’est pas très différent de celui tracé par l’idéologie et la classe dominante.

On en est ainsi venu à constituer une culture, ou plus exactement une « inculture », qui est d’un grand recours pour l’ordre existant. Comme sur le plan plus proprement politique, sur le plan idéologique aussi est à l’œuvre ce que j’ai défini (toujours dans Démocratie ou bonapartisme) le régime de « monopartisme compétitif ». Nous y voyons à l’oeuvre un parti unique qui, par des modalités diverses, renvoie à la même classe dominante, à la bourgeoisie monopolistique. Bien sûr, le moment de la compétition électorale est toujours là, mais il s’agit d’une compétition entre couches politiques dont chacune essaie de réaliser des ambitions à court terme, sans mettre en aucune manière en discussion le cadre stratégique, l’orientation culturelle de fond et la classe de référence, c’est-à-dire la bourgeoisie monopolistique ; de tout cela, on ne discute même pas.

Voilà la situation devant laquelle nous nous trouvons : le Monopartisme Compétitif.  L’effacement du système proportionnel en a favorisé la consolidation.  

Et, en l’absence de vraie alternative, on comprend les phénomènes de l’antipolitique, du « grillismo » : malgré leurs déclarations, ils finissent par faire partie intégrante du régime politique et du même désolant panorama que j’ai essayé de décrire brièvement.


Ces phénomènes sont donc une autre forme d’anesthésie, une tentative de brider quelque type de réaction que ce soit, même celles venant des mêmes couches sociales
.

DL : C’est un fait qu’il manque aujourd’hui une force politique organisée et structurée qui s’oppose à la manipulation idéologique et historiographique et au monopartisme compétitif qui règnent aujourd’hui. S’avèrent ainsi incontestés la domination et l’hégémonie de la bourgeoisie monopolistique ainsi que la contre-révolution néo-libériste et pro-impérialiste dont j’ai déjà parlé.

Un mouvement communiste serait nécessaire justement pour les questions de fond qui envahissent l’Italie et le monde entier. Pourquoi dans notre pays le mouvement communiste vit-il une crise aussi profonde ?

DL : À partir de 1989 on a assisté à une vitalité nouvelle des forces conservatrices et réactionnaires et cette vitalité s’est manifestée aussi en Italie. Cela ne doit pas nous étonner. C’est autre chose qui doit susciter notre questionnement : pourquoi dans notre pays cette offensive contre-révolutionnaire a-t-elle trouvé une aussi mince résistance, voire pas de résistance du tout et dans certains cas, comme je l’ai déjà dit, elle a même pu bénéficier d’un encouragement de la part de ceux qui devaient constituer la gauche ?

À partir de 1989, à gauche aussi on a commencé à dire que le communisme était mort. A propos de ce mot d’ordre, qui revient sans cesse, je voudrais faire quelques considérations en tant qu’historien et en tant que philosophe. Il se présente comme quelque chose de nouveau mais en réalité il est assez vieux : le communisme a toujours été déclaré mort, tout au long de son histoire ; on pourrait même dire que le communisme a été déclaré mort avant même sa naissance.

Il ne s’agit pas d’un paradoxe ou d’un mot d’esprit. Voyons ce qui se passe en 1917 : la Révolution d’octobre n’a pas encore éclaté, par contre le carnage de la première guerre mondiale fait rage. C’est justement cette année-là qu’un philosophe italien de stature internationale, Benedetto Croce, publie un livre intitulé Matérialisme historique et économie marxiste.  La préface s’empresse de déclarer immédiatement que le marxisme et le socialisme sont morts. Le raisonnement est simple : Marx avait prévu et invoqué la lutte de classe prolétaire contre la bourgeoisie et le capitalisme, mais où était à ce moment-là la lutte de classe ? Les prolétaires s’égorgeaient entre eux. À la place de la lutte de classe on assistait à la lutte entre les Etats, entre les nations qui s’affrontaient sur le champ de bataille. Et, donc, la mort du marxisme et du socialisme étaient sous les yeux du monde entier. C’est-à-dire que, avant même que n’émerge et ne se développe le mouvement communiste proprement dit, qui verra son acte de naissance dans la Révolution d’octobre et ensuite avec la fondation de l’Internationale communiste, avant même tout cela ce mouvement avait déjà été déclaré mort, par les soins de Benedetto Croce. Nous savons aujourd’hui, après coup, que la dispute pour l’hégémonie et la guerre impérialiste, considérées par Croce comme un fait immuable, ont constitué le point de départ de la Révolution d’octobre, qui s’est imposée justement dans la lutte contre le carnage provoqué par le système capitaliste et impérialiste. C’est ainsi qu’a commencé le mouvement communiste. Et les déclarations de mort se sont succédées…Pendant que dans la Russie soviétique était introduite la NEP, de nombreux journaux européens et états-uniens et des intellectuels de premier plan et d’éminents hommes politiques ont opiné : voilà, il n’y a plus de collectivisation totale des moyens de productions, qui avait été proposée et sollicitée par Karl Marx ; même Lénine a été obligé de prendre acte de la nécessité du virage ; donc le communisme est mort. Il suffit de lire quelque livre d’histoire un peu plus fouillé que les manuels consensuels pour réaliser combien est récurent le mot d’ordre dont nous discutons. Ceux qui continuent à affirmer que le communisme est mort, en croyant annoncer quelque chose de nouveau, ne se rendent pas compte, à cause de leur ignorance historique ou par leur adhésion acritique ou leur soumission à l’idéologie dominante, qu’ils sont tout simplement en train de répéter un slogan récurrent dans l’histoire de la lutte de la bourgeoisie et de l’impérialisme contre le mouvement communiste.

Sur ce point on pourrait quasiment conclure par une boutade : il y a un proverbe selon lequel l’individu considéré comme mort, et dont on prononce l’éloge funèbre alors qu’il est encore vivant, est destiné à embrasser la longévité. Si ce proverbe devait valoir aussi pour les mouvements politiques, ceux qui se réclament du communisme peuvent avoir toute confiance dans l’avenir.


Partant du présupposé qu’il y ait une nécessité sociale et historique en faveur d’une nouvelle vague révolutionnaire et que la renaissance d’un Parti Communiste soit absolument nécessaire, quelles sont les caractéristiques qu’il devrait avoir, quels sont les pas à accomplir, et qui devrait les accomplir et de quelle manière ?

DL : il faut distinguer la dimension idéologico-politique de celle organisationnelle. Je me concentrerai sur la première. Que signifie donc parler de mort du communisme, quand nous nous trouvons face à une situation dans laquelle la guerre est revenue à l’ordre du jour, et quand s’aggrave de jour en jour le danger d’un conflit à vaste échelle ?  Oui, jusqu’à présent nous avons assisté et nous assistons encore à des guerres de type colonial classique : elles ont lieu alors qu’une puissance armée jusqu’aux dents et avec une nette supériorité technologique et guerrière se déchaîne contre un pays, ou contre un peuple, qui ne peut opposer aucune résistance. Sont des guerres coloniales, par exemple,  celle que l’OTAN a lancé contre la Yougoslavie en 1999, les diverses guerres du Golfe, la guerre contre l’Afghanistan. Sans parler de la guerre interminable, la plus infâme de toutes, qui continue à faire rage contre le peuple palestinien.  

Mais aujourd’hui les grands organes d’information internationaux observent qu’existe le danger concret de guerre à vaste échelle : celle qui ferait suite à l’agression déchaînée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran. Nous ne savons pas quels pourraient en être les développements et les complications internationales. Et surtout, nous ne devons pas perdre de vue la guerre (pour le moment froide) que les USA commencent à mener contre la République Populaire de Chine : il faut être très  provincial pour ne pas réaliser cela. Nous nous trouvons face à une situation qui rend urgent le devoir de lutter contre l’impérialisme et sa politique d’agression et de guerre, et cela nous ramène évidemment à l’histoire du mouvement communiste.

L’autre élément don nous devons tenir compte est la crise économique. Qui ne se souvient des discours triomphaux, selon lesquels le capitalisme avait désormais dépassé ses crises périodiques, ces crises dont Marx avait parlé ? Et même -nous assurait-on- devait-on parler non seulement de fin de la crise mais carrément de fin de l’histoire. À présent au contraire, la crise du capitalisme est sous nos yeux et nombreux sont ceux qui pensent qu’elle est destinée à durer ; il n’est pas facile de prédire ses développements, mais il ne s’agit certes pas d’un phénomène purement contingent.

Donc, claire est la permanence des problèmes, des questions centrales qui sont à l’origine du mouvement politique communiste.

Venons en maintenant au second aspect ; que signifie parler de fin du communisme quand nous voyons un pays comme la Chine, qui représente un cinquième de la population mondiale, être dirigée par un parti communiste ? Nous pouvons et nous devons discuter les choix politiques des groupes dirigeants, mais on ne peut pas ne pas avoir d’admiration pour l’ascension prodigieuse d’un pays aux dimensions continentales qui libère de la faim des centaines de millions de personnes et qui en même temps change en profondeur (dans un sens défavorable à l’impérialisme) la géographie politique du monde.

En ce point il est nécessaire de se poser une question : quel a été le contenu politique central du 20ème siècle ? J’ai déjà parlé des trois mouvements d’émancipation qui caractérisent l’histoire du 20ème siècle.  Arrêtons-nous sur ce qui a eu le développement planétaire le plus ample : tout le 20ème siècle est traversé par de gigantesques luttes d’émancipation, menées par des peuples coloniaux ou menacés de subir l’assujettissement colonial : qu’on pense à la Chine, au Vietnam, à Cuba, à l’Union Soviétique même qui, dans la lutte contre la tentative hitlérienne de créer un empire colonial en Europe orientale précisément, a du mener la Grande guerre patriotique. Ce gigantesque processus s’est-il évanoui au 21ème siècle, dans le siècle où nous vivons ? Non, il continue. Mais il y a du nouveau. A part des cas tragiques, comme celui du peuple palestinien qui est contraint à subir le colonialisme dans sa forme classique et la plus brutale, dans les autres pays la lutte anti-coloniale est passée de la phase proprement politico-militaire à la phase politico-économique. Ces pays essaient de s’assurer une indépendance qui n’est plus seulement politique mais aussi économique ; ils sont donc engagés à rompre le monopole technologique que les Etats-Unis et l’impérialisme avaient cru conquérir une fois pour toutes. En d’autres termes, nous nous trouvons devant la continuation de la lutte contre le colonialisme et l’impérialisme qui a constitué le contenu principal du 20ème siècle. Et comme dans le siècle désormais passé où ce sont des partis communistes qui ont stimulé et dirigé ce mouvement, ainsi voyons-nous aujourd’hui des pays comme la Chine, le Vietnam ou Cuba guider au 21ème siècle cette nouvelle phase du processus d’émancipation anticolonial. Ce n’est certes pas un hasard si ces trois pays sont dirigés par des partis communistes. Ceux qui déclarent mort le mouvement communiste, et pensent même dire ainsi une chose évidente, ne se rendent pas compte qu’ils répètent une idiotie macroscopique.


Donc les conditions objectives matérielles existent pour une relance même en Italie d’un Parti Communiste de cadres et avec une ligne de masse ?

DL : Je crois vraiment que oui, j’en suis même convaincu : on ne voit pas pourquoi l’Italie devrait être une anomalie par rapport au cadre international. S’il est vrai  qu’en Europe orientale entre 1989 et 1991 le mouvement communiste a subi une défaite sévère, dont il faut évidemment prendre acte et tenir compte, il est aussi vrai que la situation mondiale dans son ensemble présente un cadre passablement plus varié et décisivement plus encourageant. Par exemple, je reviens d’un voyage au Portugal, où j’ai eu l’occasion d’apprécier la présence du Parti Communiste. Il est clair qu’en Italie nous avons une grande tradition communiste derrière nous et il n’y a aucune raison de ne pas s’en réapproprier, de façon certes critique. Je crois qu’il existe aussi les présupposés non seulement idéaux mais aussi politiques pour mettre fin au fractionnement des forces communistes. En circulant dans notre pays, pour des manifestations culturelles plus encore que politiques, j’ai noté que le potentiel communiste est réel. Les communistes sont simplement fragmentés en diverses organisations, parfois même en petits cercles : il faut retrousser ses manches et se mettre au travail pour l’unité, en s’appuyant en premier lieu sur les forces communistes qui sont présentes déjà de façon plus ou moins organisée au niveau national. Je pense à L’Ernesto, qui agit dans le cadre de Rifondazione Comunista, et au PdCI (Partito dei Comunisti italiani, NdT): en s’unissant, ces deux forces devraient être en mesure de lancer un signal aux cercles communistes diffus sur le territoire national, une invitation à abandonner la résignation et le sectarisme pour se mettre au travail afin de concrétiser les idées et un projet communistes.

 

Donc ce qui empêche la construction d’un Parti Communiste unique en Italie est à votre avis cette fragmentation, cette fatigue pour affronter à nouveau des luttes que nombre de camarades ont déjà faites ?

DL : En Italie se ressent le poids d’une situation particulière : l’action négative d’un parti, celui de Rifondazione comunista, longtemps conduit par des dirigeants avec une vision substantiellement anti-communiste, des dirigeants qui se sont employés activement à liquider l’héritage de la tradition communiste dans le monde et en Italie. Il est clair que nous devons nous libérer de cette phase tragique et grotesque de l’histoire que nous avons derrière nous ; de ce point de vue la reconstruction du Parti est non seulement un devoir organisationnel, mais c’est un devoir en premier lieu théorique et culturel. Je crois que ces problèmes peuvent être affrontés et résolus positivement.


Nous sommes aujourd’hui dans une situation dans laquelle nous avons assisté à un changement du point de vue même culturel. Tandis qu’au 20ème siècle, l’hégémonie culturelle était l’apanage du mouvement communiste, aujourd’hui le terme communiste est vécu presque avec embarras si ce n’est avec une honte manifeste, jusqu’à en arriver aux déclarations de Bertinotti sur l’imprononçable du terme communiste ou sur la réduction de sa signification, dans la meilleure des hypothèses, à quelque chose de purement culturel. Comment en est-on arrivé là et comment pouvons-nous nous libérer de tout cela ?

DL : Le terme communisme serait-il imprononçable ?  En tant qu’historien je dois tout de suite observer qu’alors nous devrions renoncer aux termes qui servent de référence aux mouvements politiques actuels en général. Comment s’appelait aux USA le parti  qui a défendu jusqu’au bout l’institution de l’esclavage des Noirs ? Il s’appelait Parti Démocrate. Et comment s’appelait, encore aux USA, le parti qui, même après l’abolition formelle de l’esclavage, a défendu le régime de la suprématie blanche, la ségrégation raciale, le lynchage des Noirs organisé comme torture lente et interminable et comme spectacle de masse ? Il s’appelait, encore une fois, Parti Démocrate.  Oui, les champions de l’esclavage et du racisme le plus honteux ont fait profession de démocratie. Devrions-nous conclure que « démocratie » est imprononçable ? Penser que le terme démocratie a une histoire plus belle, plus lisse, plus immaculée, que le terme communisme signifie ne rien connaître de l’histoire. Ce que j’ai dit à propos du terme démocratie pourrait être tranquillement repris pour d’autres termes qui sont une part essentielle du patrimoine de la gauche. Comment s’appelait le parti d’Hitler ? Il s’appelait Parti national-socialiste : doit-on aussi considérer le terme socialiste comme tabou ? Pour être exacts, le parti d’Hitler s’appelait Parti national-socialiste des ouvriers allemands. Serait-il alors inconvenant et inacceptable de faire référence aux ouvriers et à la classe ouvrière. Aucun mot ne peut exhiber le statut de la pureté. Hitler et Mussolini prétendaient être les promoteurs et protagonistes d’une révolution ; voici un autre terme qui, dans la logique de Bertinotti, devrait se révéler imprononçable.

En réalité, ces propos sur l’imprononçabillité du terme « communisme » présuppose non seulement une totale subalternité par rapport à l’idéologie dominante mais aussi une incapacité de jugement historique et politique. Pour clarifier ce dernier point je prendrai appui sur une comparaison que j’ai illustrée dans mon livre Controstoria del liberalismo (Contre histoire de la démocratie, NdT). Dans les années trente du 19ème siècle deux illustres personnalités françaises visitent les USA. L’un est Alexis de Tocqueville, le grand théoricien libéral ; l’autre Victor Schoelcher, celui qui, après la révolution de février 1848, abolira définitivement l’esclavage dans les colonies françaises. Tous deux visitent les USA dans la même période mais indépendamment l’un de l’autre. Ils constatent les mêmes phénomènes : le gouvernement de la loi et la démocratie sont en vigueur dans la communauté blanche ; mais les Noirs subissent l’esclavage et une oppression féroce, pendant que les Peaux-rouges sont progressivement et systématiquement effacés de la surface de la terre. Au moment de conclure, dès le titre de son livre (La démocratie en Amérique), Tocqueville parle des USA comme d’un pays authentiquement démocratique, et même comme du pays le plus démocratique au monde ; Schoelcher par contre voit les USA comme le pays où fait rage le despotisme le plus féroce. Qui des deux a raison ?

Imaginons qu’au 20ème siècle Tocqueville revenant et Schoelcher revenant aient fait le tour du monde. Le premier aurait fini par célébrer le gouvernement de la loi et la démocratie en vigueur aux USA et dans le « monde libre » et considérer comme peu importantes l’oppression et les pratiques génocidaires imposées par Washington et par le « monde libre » dans les colonies et semi colonies (en Algérie, au Kenya, en Amérique du Sud etc.), l’assassinat systématique de centaines de milliers de communistes organisé par la CIA dans un pays comme l’Indonésie, la discrimination, l’humiliation et l’oppression infligées jusque dans la métropole capitaliste et « démocratique » aux dépens  des peuples d’origine coloniale (les Noirs aux USA, les Algériens en France etc.). Schoelcher revenant aurait par contre concentré son attention justement sur tout cela et aurait conclu que c’était le soi-disant « monde libre » qui exerçait le pire despotisme. On comprend bien que l’idéologie dominante s’identifie sans réserve avec le Tocqueville proprement dit et avec le Tocqueville revenant. Le sort réservé aux peuples coloniaux et d’origine coloniale ne compte pas !

Je répète, contre cette vision, ce que j’ai déjà dit : les communistes doivent savoir regarder de façon autocritique leur histoire mais n’ont pas à avoir honte et ne doivent pas se laisser aller à l’autophobie ; c’est le mouvement communiste qui a mis fin aux horreurs qui ont caractérisé la tradition coloniale (qui a débouché ensuite dans l’horreur du Troisième Reich, dans l’horreur du régime qui a subi sa première et décisive défaite grâce à l’Union Soviétique).

 

Nous pouvons donc dire que la voie pour la reconstruction du Parti communiste passe inévitablement par le choix de se réapproprier ce qui a constitué ses propres racines, ce qui a été l’orgueil communiste et aussi le langage qui en fait partie ?

DL : Cela ne fait pas de doute. Cette réappropriation doit être totalement critique, mais cette attitude non plus n’est pas une nouveauté. Quand Lénine a lancé le mouvement communiste, il s’est d’une part relié à la tradition socialiste précédente, mais il a su d’autre part réinterpréter cette tradition dans un sens critique, en gardant à l’esprit les développements de l’histoire de son époque. De nos jours il ne s’agit en aucune manière d’éviter un bilan autocritique, qui s’impose absolument. Mais ceci n’a rien à voir avec l’acceptation du cadre manichéen proposé ou imposé par l’idéologie dominante. Ce cadre ne correspond en aucune manière à la vérité historique mais seulement au besoin politique et idéologique des classes dominantes et exploitantes de faire taire toute opposition de poids.


Donc, pratiquement comment devrions-nous travailler pour redonner à la classe ouvrière un Parti Communiste qui soit à la hauteur des thèmes et de l’affrontement de classe ? Comment pouvons-nous avoir un rapport fécond avec les citoyens italiens ?

DL : Le modèle du Parti communiste élaboré en particulier par Lénine me semble rester valide ; évidemment, il faut tenir compte que son Que faire ?  se référait à la Russie tsariste et donc aussi aux conditions de clandestinité dans lesquelles le parti était contraint d’évoluer. Dans tous les cas, il s’agit de construire un parti, qui ne soit pas un parti d’opinion et qui ne se caractérise pas par le culte de la personnalité, comme cela a été longtemps le cas de Rifondazione Comunista. Il faut un parti capable de construire un savoir collectif alternatif aux manipulations de l’idéologie dominante, un parti qui doit savoir être présent dans les lieux du conflit et doit savoir aussi, quotidiennement, construire une alternative à la fois sur le plan idéologique et sur celui de l’organisation politique.

Je voudrais conclure avec deux observations. La première : l’exemple de la Lega (Ligue du Nord, parti xénophobe et sécessionniste de Umberto Bossi, NdT) (un parti qui a des caractères réactionnaires et qui nous met en présence de scénarios très inquiétants) démontre qu’était peureusement erronée la vision selon laquelle il n’y avait plus de place pour un parti enraciné dans le territoire et sur le lieu du conflit.

La seconde observation me ramène exactement au début de notre entretien, où je rappelais l’enseignement de Togliatti concernant la question méridionale comme une question nationale. Aujourd’hui une constatation amère s’impose : le défaut de solution de la question méridionale est en train de mettre en crise, ou risque de mettre en crise, l’unité nationale de notre pays : dans un pays caractérisé par de forts déséquilibres régionaux, le démantèlement définitif de l’Etat social passe à travers la liquidation de l’Etat national et de l’unité nationale. Le parti communiste que nous sommes appelés à reconstruire en Italie fera la démonstration de son internationalisme concret dans la mesure, aussi, où il saura affronter et résoudre la question nationale.  Adhérer aux mouvements sécessionnistes ou même seulement ne pas les combattre jusqu’au fond signifierait rompre avec la meilleure tradition communiste. Il faut toujours garder à l’esprit la leçon de la Résistance : le Parti communiste est devenu un fort parti de masse dans la mesure où il a su relier la lutte sociale et la lutte nationale, interpréter les besoins des classes populaires et en même temps prendre la direction d’un mouvement qui luttait pour sauver l’Italie.  

 

Interview publiée le 24 novembre 2010 sur L’Ernesto on line
http://www.lernesto.it/index.aspx?m=77&f=2&IDArticolo=19905  

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Toutes les notes de bas de page ont été écrites, pour la version française de cette interview, par Stefano G. Azzarà (s.azzara@uniurb.it), historien de la philosophie à l’université d’Urbino (Italie) http://materialismostorico.blogspot.com/.

 

[1] Beppe Grillo : acteur comique très connu en Italie. Engagé à l’époque dans une polémique avec le PSI de Bettino Craxi qui imposa son exclusion de la télévision publique, il est maintenant leader d’un mouvement («5 Stelle », 5 étoiles) aux allures qualunquistes (poujadistes, NdT), qui invite au boycott des partis et des institutions et en appelle à une forme peu probable de démocratie directe corrélée à Internet. Il faut cependant préciser que son mouvement a une grande audience surtout chez les lecteurs qui votaient autrefois pour les partis communistes et pour la gauche radicale ; ces électeurs se sont tournés vers Grillo, déçus par la maigre autonomie de ces partis et leur participation malheureuse au gouvernement Prodi (« ils sont tous pareils »).

[2] Nicola -Nichi- Vendola : est né et a grandi dans le PCI, il est proche des positions organisationnelles de la gauche de Pietro Ingrao, et a été un des principaux leaders du PRC. Fervent partisan de la méthode des primaires, il a été élu président de la Région Puglia où il exerce à présent son deuxième mandat. Battu dans la course au secrétariat du PRC, il a fondé un parti personnel, Sinistra Ecologia e Libertà (Gauche, Ecologie et Liberté). Toujours par la méthode des primaires, il vise désormais le remodelage, dans une perspective plus radicale, de la gauche modérée italienne : il a lancé à cet effet sa propre candidature comme président du Conseil, en concurrence avec les candidats du Partito Democratico. Héritier de Fausto Bertinotti, il est aussi le théoricien d’un populisme rhétorique de gauche, de veine soi-disant poético-littéraire.

[3] Fausto Bertinotti : lié dans sa jeunesse à la gauche socialiste de Riccardo Lombardi, puis leader de l’aile gauche de la CGIL (équivalent à peu près de la CGT française, NdT), il a été « inscrit » comme secrétaire du PRC (Partito della Rifondazione Comunista) par le vieux leader communiste Armando Cossutta. Il a dirigé Rifondazione pendant plus de 10 ans, lui donnant une notable visibilité médiatique et une force électorale. Mais il a été aussi le principal fauteur de sa dé-communistisation et mutation en un parti de gauche radicale. Après avoir lié le destin du PRC au mouvement no-global et au radicalisme le plus poussé, il a en 2005 imposé un virage du genre épingle à cheveu, en amenant son propre parti dans le gouvernement Prodi et en acceptant la présidence de la Chambre. Ceci n’a pas été accepté par les électeurs qui, aux élections de 2008, ont bruyamment rejeté la coalition de la gauche radicale.


Domenico Losurdo est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Domenico Losurdo publiés par Mondialisation.ca

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 22:16

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Hey Joe j'ai zappé, complètement me demande pas comment ni pourquoi Joe, c'est fait.


C'est là maintenant que ça m'a pris à la gorge et puis aux larmes, ouais Joe aux larmes, je téléchargeais de manière toute légale un truc qui disait les 500, ouais Joe les 500 morceaux du Rock, tu parles j'ai bondi, C'est longuet même quand on est on the Rocks Joe, ça se déroule pas tout seul l'harmonieux mélange des Kinks à Yes et tout le toutim ou plutôt tout le tintouin.

 

Tu vois Joe soudain j'ai découvert l'absence, la tienne bien sûr, de qui je pourrais causer là, maintenant, à l'instant à ton avis ?

A un Jagger milliardaire, à un Mc Cartney emballé dans l'étoffe ducale, à un Jim Morrisson devenu attrait touristique dans un cimetière parisien, non Joe c'est à toi que je cause quand j'ai envie de tout larguer, de tout péter, de me prendre le mur.

 

La première fois que je t'ai vu c'était entendu, tu hurlais « White Riot » je n'en revenais pas moi qui persistais à penser que mon Deep Purple était le meilleur moyen d'emmerder le vieux qui découpait les bandes de mes cassettes en tronçons savamment dosés, j'avais le must, le top et c'est bien plus tard que je découvrirai les « Pistols ».

 

Aussi sec mon casque de mob a pris tes couleurs, le drapeau anglais, tiags et Perfecto, désolé mec mais les « Doc » j'ai jamais pu m'y faire.

C'était chaud quand même tu sais dans le grand Nord, y' avait déjà du facho, ça tapait souvent et j'étais pas bien costaud mais cette bataille rangée à Lille contre les Skins et en face tout ce que les environs comptaient de bons à rien, rockies, hardeux, baba, punks, tout le monde avait fumé le calumet de la paix, objectif commun, nettoyage urbain.


Tu vois Joe l'a pas été inutile ton concert, rien n'a jamais été inutile chez toi.

 

Bien longtemps après je suis tombé sur « Rude Boy » la claque j'y retrouvais la zone grand bretonne qu'était la même que la mienne grand Nord, le même cafard, l'identique haine, l'ennui, la défonce et la cuite ajoutée, à part toi je ne vois que ces cochons d'irlandais des « Pogues » pour si bien nous en abreuver.

 

La Jenlain coulait à plein, des mecs débarquaient de Paname, ils étaient déjà bienvenus chez les chtis, c'était le temps où ça crevait comme des rats dans les caves défoncées des « Biscottes », où des poteaux de la bande disparaissaient du jour au lendemain, partis garder les chèvres ou les lapins, ou réfrigérés avant d'être identifiés et passés en perte sans profit pour quiconque.

 

Ouais tu sais Joe, dur de s'arracher de là et de ça, parce que partir c'est trahir un peu et même beaucoup, et puis on a le nez dedans, avec ou sans ligne, on renifle pas trop loin, il y a plus rien derrière l'emmerdement qu'est la vie tout au moins on le croit fermement

On a tout vu, tout entendu, gerbé sur ce putain de Ferry boat y qui bouge dans le sens contraire de la descente de bière, rien que pour aller au pays des punks.

 

Voilà Joe j'ai écouté les 500 chansons ou presque et bordel tu y es pas Joe, tu y es pas, y'a du rock, 'Led Zep » yeah mais pas de toi, de nous, de vous, nada.

 

Et d'un seul coup, pan , j'avais oublié, même moi je t'avais oublié, quel con, pire peut-être; alors clic clic je cherche, je tape ton nom, le groupe, je cherche, toujours nada de toi, les pros de la larme ont du estimer que personne ne pleurerait plus sur ton sort Joe, t'es parti c'était quand déjà, ouais quand même, 8 ans que t'as déployé les ailes, tu dois avoir fait du chemin maintenant, on t'a perdu de vue.

 

Tiens Lynyrd Skynyrd me lâche un « Freebird » c'est dingue ça , je te jure Joe c'était pas prémédité, je savais pas qui c'était Lynyrd Skynyrd, mais faut reconnaître que c'est de circonstance.

 

Il y a 8 ans j'ai foiré le Nowell, t'étais tombé au combat le 22 décembre, pas envie de fêter ça un 25, ton coeur gros comme ça t'avait lâché, le nôtre s'était noyé, 8 ans Joe et « London Calling » est toujours parmi les 20 meilleurs albums au monde. C'est Rolling Stones qui dit et si c'est Rolling Stones qui dit on dira pas le contraire hein Joe...

 

Ben il est de temps de t'y remettre alors tu vas nous mettre les larmes et I Fought The Law, Joe, ce soir encore je suis en résonance, The Clash on dirait de l'autre côté de cette Manche et que la dernière soit pour toi, ici et maintenant

 

Promis je ne t'oublierai plus Joe Strummer.

 

http://www.youtube.com/watch?v=F10tP5HIpaA


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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 22:15

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2010 c'est terminé, 2011 à peine entamé et son lot de nouveautés qui n'en sont déjà plus nous occupe.

 

Que ce monde est donc vieux pour n'avoir à nous offrir que des resucées des ans passés, ces plats réchauffés comme le climat, à gros bouillons et volutes incendiaires.

 

L'année débutera par la dernière saillie de Rachida, le dernier scandale du financement d'état des partis de la bourgeoisie par sa consoeur couleur d'ébène.

 

Il y aura le dernier point sur « comment mourir de vouloir maigrir » avec son avocat présidentiel, une année de remugles qui ne veut pas finir et qui s'obstine à entamer la nouvelle farce, en serons-nous les dindons !?

 

Tous pourris, tout est pourri, qu'ils partent, bien sûr l'offre est tentante, facile à dire, ardu à réaliser car si nous partons tous qui et que demeurera t'il donc et où irons-nous, car sans doute sommes-nous toutes et tous, non seulement témoins, mais acteurs décideurs, conscients ou non, de ce monde que nous osons prétendre changer.

 

Oui facile de cracher dans la soupe de faire de la politique de chez Drucker, sur un canapé fourré à la sauce ail démocrate, aisé de faire table rase d'un passé que l'on renonce ainsi à justifier.

Lambertiste, Mitterrandiste, Jospiniste, député, sénateur, blanchi sous les Ors d'une république asservie au capital, Mélenchon aura été de tous les coups foireux, de Maastricht aux tranchées de 14-18, cet homme providentiel n'a rien renié, rien rejeté.

 

Aujourd'hui il aime Cuba, Fidel on ne sait pas, mais Cuba socialiste qui souffre comme jamais depuis la victoire de la contre révolution à l'Est, victoire ovationnée par le nouveau Che qui succède à un Chevènement envoûté.

Vraiment il est utile de contempler ces pseudos radicaux, larme à l'oeil, bave roulant le long du menton devant le nouveau mentor, le divin Messie, cela relève de la forfaiture...

L'un roulât pour Ségolène, l''autre sera sa béquille, un socialiste défroqué chasse l'autre, oui qu'ils partent ceux là !

 

L'enjeu est de taille, la social démocratie a perdu sa position hégémonique à gauche, masqué par les Régionales, le phénomène est pourtant persistant, ancré dans le paysage politique. Ces élections marqueront par ailleurs et avant tout l'échec de la droite libérale en aucun cas un triomphe d'une gauche de courage et simplement de gauche.

 

L'enjeu premier pour ces partisans du patronat est de tenir le mouvement populaire, de cloisonner son expression politique, il s'agit purement d'étouffer toute possibilité de Révolution avec par et à travers un mouvement populaire propriétaire, décideur, organisé en une force politique unie, déterminée, en rupture avec l'idéologie dominante...

 

A quoi bon s'échiner à creuser le sable pour bâtir de l'éphémère quand à quelques pas, solide, trapue, ayant résisté à tous les mauvais vents, à toutes les démissions, à toutes les désertions nous trouvons la maison commune, notre maison, quand on l'aime et s'y sent bien on dit « Fabien ».

 

« Fabien » comme la place, celle de Niemeyer, le siège du parti des communistes de ce pays que nous aimons et voulons arracher au néant qui se profile, à la mise à mort de nos communes, de nos services publics, de notre nation, celle qui n'a rien à partager avec celle des possédants.

 

Notre nation est celle des gueux, de 1789, des Communards, des FTPF et FTP-MOI, c'est celle de Charonne, de 36, de 68, de 1848, notre France est celle des rebelles, celle de ceux qui montent à l'assaut du ciel.

 

Notre parti est celui de cette nation, la prolétarienne, doux souvenir à mon coeur que celle de Roubaix, organisation révolutionnaire née du feu, à l'appel de Lénine et de Clara Zetkin, au nom de la Paix et en rejet de la boucherie des guerres des marchands de canons en tous temps, au nom du socialisme libérateur dont la naissance de l'Union Soviétique allait concrétiser le possible à l'échelle d'un pays pourtant exangue .

 

Notre parti est celui dont le slogan fera le tour de France des luttes, on ne lâche rien, un tour de France mérité, justifié par ses milliers de militants engagés dans le mouvement syndical, militants couverts de bleus, blanchis sous le harnais de la lutte des classes, têtus, enragés même, toujours prêts à en découdre même quand la direction défaille et qu'il n'y a plus rien dans le buffet.

 

Notre parti a fêté ses 90 ans, il est mourant clame le Monde, le journal dont l'agonie dure depuis si longtemps que l'on pourrait pourtant croire qu'il en connait un rayon et pourtant.

 

Des dizaines de milliers d'adhérents, d'élus, un corps militant inégalé, pas loin de 10% aux élections cantonales, une organisation malmenée par la casse industrielle, la chasse aux sorcières, un appareil devenu professionnel au détriment de l'intime mélange avec le révolutionnaire, des directions syndicales embourgeoisées, engluées dans les conseils d'administrations et les réunions de concertations, des ions de toutes concessions.

Et pourtant quelle vigueur et quelle sève ces derniers mois dans une lutte d'une intensité rare avec à la clé le renversement d'une valeur que la droite et le patronat se croyaient acquise: celle des idées et des possibles, c'est de fait déjà une révolution.

 

Cela n'a pas de fin tant qu'il y aura un homme pour en exploiter un autre, la lutte des classes sera le moteur de l'Histoire, le parti communiste sera le garant de la bonne direction, ou non, c'est selon qui l'emportera entre ceux qui n'en veulent plus et ceux qui n'en peuvent plus de ce parti communiste français et ceux qui, dans leur temps, ne rompent pas avec l'idéal d'émancipation communiste qui puise au plus profond de l'histoire de notre nation avec Gracchus Babeuf, de notre monde à travers le marxisme et le léninisme contemporains, des intelligences individuelles et collectives du monde du travail, du salariat.

 

Je suis tenté de penser que 2010 ou plutôt que 1920 continue, que dans l'essentiel un 31 décembre ou un 1er janvier ne présentent guère de différences notables, l'important est ailleurs, dans ce que nous bâtissons quotidiennement depuis des générations: un parti révolutionnaire, un projet politique, un idéal de société débarrassée des antagonismes de classes.

A cela il faudra bien un communiste pour porter cet idéal, notre idéal lors de l'élection présidentielle.

 

C'est ce que je crois.

 

ALORS BONNE ANNEE 1920 ET MIEUX BONNE ANNEE  1917 !


Alain Girard
Valenton

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 21:08

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"Un patron ne donne rien rien, rien à un salarié, il achète son travail au plus bas prix possible et en tire un profit le plus élevé possible"

C’est la phrase que vous allez vous graver bien profondément au fond du crâne parce qu’elle explique tout. Elle raconte tout. Elle contient tout. Et elle balaie à elle toute seule des décennies de fariboles sur le "contrat" du gentil travailleur qui "échange" du gentil travail contre du gentil argent avec son gentil salarié. Foutaises, l’échange est dès le départ parfaitement dissymétrique en faveur du patron puisque celui-ci a la Loi de son côté, vu que cette forme de relation complètement inégalitaire est légale.

En clair : l’exploitation est légalisée mais ça ne suffisait pas à la bourgeoisie, il fallait encore qu’on finisse par trouver ça normal.

Pas de cette façon, s’entend bien. Depuis des décennies, cette réalité est soigneusement maquillée en "confiance" entre des "partenaires sociaux" qui acceptent de "dialoguer" et "débattre", et de lénifiants discours tentent de faire croire que tout le monde est dans le même bateau et que c’est dur pour tout le monde et que patrons/employés même combat, jusqu’à la mode du tutoiement qui voudrait faire semblant d’aplanir les disparité pour les faire disparaître dans un grand moment de convivialité "sympa". Et c’est vrai que c’est tellement plus sympa et léger de s’entendre dire "t’es viré".

Mais beau dire beau faire et beau tout tenter pour que s’efface dans les esprits cette réalité là, tout ceux qui travaillent quelque part savent que c’est du flan. Le monde du travail est l’espace par excellence où la démocratie n’a pas droit de cité puisque introduire de la démocratie dans l’entreprise, c’est signer l’arrêt de mort de la férule patronale.

Des employés conscients, qui choisissent horaires et mode de production et du coup se débarrassent de leurs employeurs, c’est pire que la fin du monde : c’est l’arrêt net et définitif de l’extorsion de la plus-value et l’anéantissement du profit. Et plus de profits = plus de spéculation, plus de spéculation = plus de possibilité de s’enrichir gratuitement et démesurément sur le dos des autres.

Quand ils flippent et montent sur leur grands chevaux à la moindre grévounette en hurlant à la Bolchévie, ce n’est pas seulement parce qu’ils sont tellement réactionnaires et acharnés à la conservation de leurs privilèges exorbitants et injustifiables qu’ils en deviennent idiots : c’est aussi parce qu’ils savent très bien que le moindre petit droit arraché dans la plus humble PME par une poignée de déterminés, c’est autant qui ne va pas dans leur poche et bien au-delà, c’est une lézarde, infinitésimale certes mais bien existante, dans le bloc de la domination. Et ça, c’est insupportable parce qu’à force de grignotages épars et multiples, c’est tout le bazar qui risquerait de leur tomber sur la tronche.

Leur violence vient de cette trouille fondamentale et c’est pour ça que la simple mention de "droits sociaux" les plonge dans des transes d’hystérie.

D’où la volonté de faire collaborer un maximum de salariés à leur propre exploitation, soit par la pédagogie de la soumission résignée, soit en les achetant avec crédits à la consommation ou des "intéressements aux bénéfices" voire encore mieux en suggérant de les payer carrément en actions ; dire plus franchement qu’ils vont travailler pour des résultats tellement incertains que ça en deviendrait risible si à la fin du mois on avait pas un loyer à payer en vrai argent serait sans doute plus mal accepté.

Et c’est d’ailleurs pour ça que l’accent est mis le plus durement sur la répétition hypnotique du discours de la soumission, avec la complicité plus ou moins consciente de journalistes qui ne font au final que répéter ce qu’on leur a appris à Science-Po et dans leurs CFJ : le peuple est con. Le peuple est faible. Il a besoin de Maîtres. Et c’est très bien ainsi...

Et ça marche.

Combien connaissez vous de gens qui sont désemparés et choqués par la brutalité néolibérale et haussent les épaules en soupirant "mais qu’est-ce qu’on peut faire ?"...et regardent avec consternation des partis politiques censés les représenter se bouffer le museau pour savoir lequel sera le plus purement pur d’entre les vrais exégètes des Grands Anciens, sans parler du temps perdu dans des conneries qui vont jusqu’à défendre des symboles d’aliénation au nom d’une vision déformée de l’antiracisme. Le "vote utile" pour les socialistes de marché n’est qu’une solution de désespoir, et encore ce désespoir ne se trompe t-il pas complètement d’ennemi face à cet autre désespoir bien plus mortifère qui voit le monde du travail tellement désemparé qu’il en est réduit à espérer quelque chose du fascisme.

C’est bel et bien pour ça que ces 140 signes sont d’une importance déterminante, parce qu’il remettent rien moins que le monde à l’endroit. Et prouvent au passage qu’on peut exprimer une vérité forte et incontestable sans en faire des dizaines de pages illisibles.

La première des bonnes résolution de l’année à venir, ça sera ça :

remettre les choses à l’endroit et faire l’effort de le faire simplement.

Source : comite-de-salut-public.blogspot.com

Lu sur : RADIO AIR LIBRE



Publié le 30 décembre 2010  par torpedo

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 20:59

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http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/je-pensais-que-les-irakiens-n-86228

 

C’est la seule phrase qu’ait pu donner Steven Dale Green à l’explication de son geste, à savoir le viol et le meurtre d’une petite irakienne de 14 ans et l’assassinat de ses parents et de sa jeune sœur de six ans, voici quatre ans maintenant. Il a été récemment condamné à l’emprisonnement à vie, à la façon américaine, c’est à dire à cinq fois le tarif maximal, à échappé à l’injection on se demande encore comment, (la stupidité est sans bornes dans ce système, et le procureur avait lui réclamé la peine de mort) et tente toujours aujourd’hui de faire appel de cette décision. Dans un premier interview par téléphone, de sa prison, accordé à Associated Press, et repris ici dans le Daily Mail, après la sentence, c’est tout ce qu’il a trouvé pour expliquer son geste. Ça semble surréaliste, mais ça en dit long sur l’état psychologique dans lequel on a mené des gamins déboussolés de dix-neuf ans à des milliers de kilomètres dans un territoire où visiblement ils ne comprenaient rien : pensez-donc, les Irakiens ne mangeaient ni chewing-gum, ne buvaient ni coca-cola, n’avalaient ni hamburger et ne parlaient même pas comme eux. Des animaux, quoi.

Elle était si mignonne, pourtant, photographiée à sept ans sur le pas de porte de la maison familiale, sur le seul document qui rest de son existence, la petite victime du bourreau texan, et s'appelait Abeer Qassim Al-Janabi. Elle était devenue bien plus grande en 2006, et sa mère l'empêchait de se montrer dans la rue au passage des soldats : dans le Humvee de Dale, il seront trois à passer en trombe devant elle, la veille du meurtre, le 11 mars 2006, en la montrant du doigt et en criant "good good", ce que ses parents avaient vite interprété comme ce qui sera démontré plus tard comme étant une préméditation de meurtre. Les parents de la jeune fille lui avaient interdit de se rendre à l'école non pas pour des considérations religieuses, mais bien en raison de l'insécurité du quartier. Car les circonstances du massacre de toute sa famille ne font aucun doute. Il n'y avait ni terroriste caché ni armes dissimulées dans cette maison, mais une proie facile pour des brutes avinées débarquées sans l'encadrement nécessaire, livrés à eux-mêmes. La mort d'Abeer Qassim Al-Janabi, c'est la conséquence directe du manque cruel d'encadrement des troupes, et le manque évident du respect des habitants d'un pays totalement inconnu pour ses soudards du 502eme Infantry Regiment et sa sudivision de la 101st Airborne venus de Fort Campbell. Les héritiers pourtant de ceux qui avaient sauté en parachute en Normandie puis dans les Ardennes, durant le terrible hiver 44-45. La tournée du Humvee des collègues de Dale n'allait pas loin pourtant : le check point où Dale officiait n'était qu'à deux cent mètres de là, et toute la famille croisait les soldats tous les jours. Des soldats qui avaient déjà fouillé la maison, sans raison, en pointant un jour un doigt sur la joue de la petite fille, sans autre but que de vouloir la terrifier. Le comportement des soldats avec la population locale, une chose qui n'a jamais fait beaucoup débat au sein de l'armée US. Trop compliqué, avec le mur incontournable de la langue.

Des soldats bien jeunes (quand il débarque en Irak à Mahmudiyah, venu de son Texas natal, Dale Green n'a que 19 ans), et absolument pas prêts à prendre dans la figure ce qu'il vont voir dès leur arrivée. Ainsi le 10 décembre 2005, lorsqu'un irakien ayant jusque là lié amitié avec le groupe de soldats du chekpoint s'est précipité sur eux en commençant à les mitrailler sans raison apparente (on verra plus tard que l'acte de Steven Dale a provoqué des réactions similaires en au moins deux autres endroits !). Les balles tueront sur place le sergent Travis L. Nelson, âgé de 41 ans, et blesseront grièvement à la gorge un autre sergent, Kenith Casica, 32 ans, qui décédera dans les bras de ses camarades en tentant de l'emmener dans un hôpital de campagne dans leur Humvee. De quoi effectivement "sonner" une recrue toute fraîche.

Le cas de Dale, c'est aussi celui si bien dépeint dans un film qu'il faut à tout prix aller voir, qui raconte le sort d'une escouade du même genre envoyée en Afghanistan, et confontée à cette violence sans nom qui a pu sévir pendant des mois, et qui présente encore règulièrement des soubresauts lors de terrifiants attentats. Le film de Janus Metz s'appelle Armadillo, sorti en salle le 15 décembre dernier, et c'est un condensé terrifiant de ce qui s'est réellement produit durant des mois en Afghanistan et auparavant en Irak, hélas. Steven Dale Green portait la même tenue et le même équipement que les deux héros danois du film. "Le documentaire qui choque le Danemark", a titré la presse à sa sortie : on lui avait déjà prédit ce sort à Cannes où il avait été montré en exclusivité. Les danois, en voyant le film, se sont aperçus que la mission de "pacification" n'en était pas une, et que leurs soldats devaient aussi tuer quand ils s'estimaient attaqués. Le tir instinctif des héros du film avait du mal à passer auprès d'une population à qui on avait parlé de tout autre chose : un peu (beaucoup) à l'image de la France, censée faire de même.

"Armadillo n'offre pas de preuve concluante que les soldats danois ont enfreint les règles d'engagement. Néanmoins, la possibilité qu'ils l'ont fait est étonnante en soi. Le public a été choqué par le niveau de brutalité de Metz. La notion que les Danois sont en Afghanistan pour une mission de maintien de la paix et passai ent leurs journées à construire des écoles et à « donner des bonbons aux enfants" n'est clairement plus tenable. Ce qui s'est véritablement passé lorsque les talibans dans le fossé ont été tués a peu de chances d'être éclairci. Metz raconte : « C'était mon intention de placer le spectateur dans une position où il pourrait dire que ce n'est même pas possible de savoir ce qui se passait. Peut-être que les soldats ne le savaient pas eux-mêmes". Que dire, alors, si Janus Metz avait suivi l'expéditition punitive de Steven Dale, décidée après une soirée de libations ? Le réalisateur a pourtant mis dans le mille avec son film. Car il a compris le fossé qui sépare ces soldats des populations qu'ils étaient censés protéger. "Cela dit, je pense qu'il est très important que nous commencions à prendre les Afghans davantage en considération lorsque nous parlons de l'Afghanistan, et que nous commençions à examiner un peu plus à l'histoire du pays. La plupart des Afghans à qui ai parlé voient les forces internationales comme des gens qui venaient d'atterrir sur la Lune." On est bien là sur une incompréhension fondamentale, en Afghanistan comme en Irak, entre une population et une troupe finalement d'occupation et non de libération, les deux camps se percevant mutuellement comme des extra-terrestres.

Cela ne suffit en rien à excuser en quoi que ce soit ce qu'à bien pu faire le 12 mars 2006 Steven Dale. Mais il n'est pas seul responsable de ce qu'il a commis. Poser avec une Kalachnikov en mains en arborant un t-shirt de hard-rock gore est un fait. Tuer une famille et violer une gamine en est un autre. L'armée est aussi censée inculquer quelques valeurs morales à ces soldats. A condition qu'ils soient réceptifs. C'est bien le mental de la recrue qui est en cause : lorsqu'il intègre l'armée, le jeune texan a déjà un passé d'alcoolique et de fumeur de hasch. Ce qui n'embarrasse en rien le bureau de recrutement qui le déclare apte au combat, malgré un QI qui laisse visiblement à désirer. Interviewé plus tard, par un journaliste atterré du Washington Post, venu l'interviewer le 30 juillet 2006, à savoir déjà après son crime majeur, mais non encore avoué, voilà ce qu'il dira : "je suis venu ici parce que je voulais tuer des gens. " - devant le dîner régimentaire, des escalopes de dinde, dans la tente le jeune homme de 21 ans privé de son Texas m'a regardé droit dans les yeux quand il a avoué avoir tué des Irakiens avec cette indifférence décontractée - (...) raconte le journaliste. « La vérité est, que ce n'était pas tout ce que j'avais imaginé. Je veux dire, par là que je pense que tuer quelqu'un serait une expérience qui changerait la vie. Et puis je l'ai fait, et c'était comme si on avait dit "Eh bien, voilà c'est fait" dit-il en haussant les épaules". "J'ai tiré sur un gars qui ne s'était pas arrêté lorsque nous étions à un poste de contrôle routier et cela ne m'a rien fait, reprit-il. Ici, tuer des gens, c'est comme écraser une fourmi. Je veux dire, vous tuez quelqu'un et c'est comme si vous disiez après « Très bien, allons chercher une pizza..." Et c'est le genre de décérébré qu'avait recruté l'armée américaine ! Le journaliste, à l'époque, ignorait qu'il avait déjà massacré la famille d'Abeer. La BBC en fera un reportage édifiant le 7 août, alors qu'il venait enfin de l'avouer. Pour le meurtre de plus au check-point expliqué par vantardise, il ne sera en réalité jamais poursuivi.

C'est l'attitude toute entière de l'armée à laquelle il appartenait qui est à mettre en cause. Une fois le massacre perpétré, l'armée US, placée au pied du mur des terribles exactions, avait en effet dans un premier temps déclaré que l'auteur était atteint d'une "personality disorder", un désordre de la personnalité, autrement dit il avait agi sous un coup de folie, et l'avait aussitôt rendu à la vie civile. Or ses propos devant la presse montraient bien tout autre chose, à savoir un cynisme sans nom et surtout de n'avoir aucun remords : une machine à tuer, rien d'autre. Et l'enquête qui suivra démontrera qu'il n'avait pas agi seul, et qu'il y avait bien eu préméditation. D'autres seront condamnés avec lui. C'est alors seulement que l'armée avait décidé de revenir sur sa décision et de le juger, en le confiant cependant à un tribunal civil... et non en le faisant passer devant une cour martiale. Rien que ce fait démontre à quel point la hiérarchie militaire, encore une fois répugnait à reconnaître ses torts, à savoir l'impréparation la plus totale psychologiquement des jeunes recrues larguées en territoire totalement inconnu pour eux. Ils pouvaient à leurs yeux les tuer, ces irakiens : ce n'étaient pas des êtres humains. La dernière fois qu'on avait entendu l'abjecte rengaine, elle émanait d'un dénommé Louis Darquier de Pellepoix.

PS : Le 11 juillet 2006, on retrouvait les corps décapités, horriblement torturés et reliés à des IEDs, de deux soldats US, Thomas Lowell Tucker et Kristian Menchaca, de la même unité que celle de Dale Green. Ils avaient été enlevés, les insurgés ayant clamé partout qu'ils vengeraient Abeer (qui signifie "parfum de fleur"), sa petite sœur, et ses parents. En avril, trois soldats avaient déjà subi le même sort, dont Charles Babineau, toujours de la même unité. Le Pentagone avait vigoureusement nié le lien de cause à effet pour les cinq décès. Il ne pouvait y avoir de vengeance pour un crime alors non avoué, ce devait être ça, sans doute. Le cycle infernal de représailles pouvait recommencer.

le dossier complet sur le sujet est ici :

http://www.expose-the-war-profiteer...

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 17:22

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http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/et-pas-un-pour-le-dire-ou-l-ecrire-86601

 

 

De quoi être atterré : une dépêche tombe annonçant le décès d’un des

membres de Boney M, on se dit , ça y est, il y en a bien un quand même qui va prendre sa plume pour dire que si c’est le gars du groupe, et bien il n’a jamais chanté de sa vie et fait toute sa carrière en playback, non ? Eh bien non, justement : tout le monde titre "mort du chanteur de Boney M". Ce qui est du même ordre que le scandale Plastic Bertrand, révélé plus de 30 ans après les faits. Qu’est ce donc que cette presse qui n’ose plus dire les choses ? Car Boney M était tout simplement une belle escroquerie et rien d’autre ! Chez Libération, et sa branchitude, ça commence même par l’hagiographique "Bobby Farrell, le scintillant prince vaudou du groupe Boney M., a été retrouvé mort jeudi matin, dans sa chambre d’un hôtel de Saint-Pétersbourg" peut-on lire, ébahi et effaré. Prince Vaudou du play-back, oui ! On se demande ce que va écrire cette même presse à la disparition de Chantal Goya si ça continue ainsi ! Qu’une bonne fée est disparue ? Mais où-va-t-on là, franchement !

C'est pourtant de notoriété publique depuis des années ! Bobby Farrell n'a jamais chanté quoi que ce soit. Selon RTL, pourtant, c'est bien "un chanteur légendaire qui est mort". En fait de légende, c'est bien celle de Frank Farian qu'il faut écrire à la place. Car c'est lui le chanteur véritable, Farrell n'étant que danseur ! Farian, le chanteur et... le producteur du groupe, est en effet à la base de l'escroquerie de départ. Celle consistant à faire tourner un groupe... indéfiniment, puisque jamais sa voix ne s'abîme : noyée dans le polyester d'une bande magnétique, elle reste en effet intacte à vie... mort à 61 balais, il était donc toujours censé avoir sa voix de vingt ans. Enfin 27, l'âge qu'il avait quand commenceront à se vendre par millions les hits du groupe. Sur la fin de carrière il se hasardera bien à essayer de pousser la chansonnette, mais son public n'est jamais venu le voir pour autre chose que ces hits, enfin ceux concotés par Farian, qui en a fait d'autres... sur le même moule. A savoir avant tout un tiroir caisse : le pauvre Farrell, avec ses complices, a dû se contenter toute sa vie des 9% de contrat que lui avait octroyé dès le départ Farian. Sur les 80 millions de disques vendus (marchant au "hit" on ne peut parler d'albums !), le quatuor empochera moins d'1/10eme des revenus. A se partager à quatre ! 

On encense donc aujourd'hui une victime véritable du show-bizz, alors que sa disparition devrait être l'occasion de dénoncer les pratiques qui l'ont obligé à remonter sur les planches à plus de cinquante ans, pour nourrir sa famille ou payer ses impôts. Une vie dramatique, assez vite brisée : dès 1987, le succès n'est plus là, la vogue est passée et le groupe a déjà splitté. Il ont quand même tenu 10 ans, remarquez ! En 2002, la BBC se demande ce qu'ils sont devenus (eux et leurs pochettes de mauvais goût, comme celle qui illustre l'article !). Leur histoire est tragique à plus d'un titre : Farian étant le seul détenteur des bandes a pu faire tourner jusque cinq groupes de Boney M, parfois même en même temps pour deux groupes.... différents. Sans aucune arrière-pensée, ni pour les faux chanteurs engagés, ni pour le public. Ou plutôt avec une seule : tant que ça marchait...

Car ce n'est pas le respect du public qui étouffait Farian. Il sera aussi l'auteur d'une autre escroquerie du même titre. Encore plus pendable, et tout aussi juteuse pour lui, celui d'un duo de bellâtres appelé Milli Vanilli. De leur vrai nom Robert Pilatus et Frank Morvan, qui est français et est né à Paris en 1946. Le premier chante, pourtant, il a même chanté pour l'allemagne à l'Eurovision, année ou Boney M disparaît des charts. Or, comme pour Boney M, les deux recrutés ne vont jamais chanter, n'ayant pas été jugés assez bons par Farian : ce sont trois musiciens, Charles Shaw, Johnny Davis et Brad Howell, recrutés par le producteur qui vont enregistrer le premier album, album qui va connaître un franc succès à vrai dire. Deux ans après, le duo de faiseurs va même remporter son premier Grammy Awards, preuve que dans le milieu on ne sait pas reconnaître un chien d'un chat. Mais on est déjà en 1990, et le public a changé : le coup des garçons coiffeurs dansant et jouant en playback ça commence à bien faire. Et ce qui n'était jamais arrivé avec Boney M est arrivé quand même un jour sur scène : la bande miracle a cassé, laissant les deux duettistes avec leur maigre filet de voix et un public qui ce jour-là n'avait pas prévu les tomates avariées. On n'a jamais su si l'accident avait été voulu ou pas.

Mais désormais ça se savait, la rumeur a vite enflé et un journaliste plus malin que les autres a même dégotté l'un des trois véritables interprètes et l'a fait passer à table. Charles Shaw, qui est en fait un rappeur capable de belles vocalises ! Ce sera un des plus gros scandales du show-bizz : quand l'affaire éclate, elle est terrible et dévaste tout : les firmes de disque s'aperçoivent qu'elles sont allées trop loin elles aussi en autorisant ce genre de choses. Farian a bel et bien été "couvert". Pilatus aura au moins la décence de rendre ses Grammys. Courageusement, avec son compère, il ira même jusqu'à enregistrer un disque sous le nom de Rob & Fab pour montrer qu'ils savaient au moins chanter, car avec la chute de Milli Vanilli la maison Boney M était aussi en feu : tout le monde savait que c'était aussi du playback désormais. Ça n'empêchera en rien les firmes de disques de continuer : Madonna a alors déjà débuté sa carrière, et ce ne sont pas ces prouesses vocales qui l'étouffent. Malgré ses fans, toujours prompts à le dissimuler. On ne touche pas à l'idole sacrée !

La faillite du système Boney M n'empêchera aucunement Farian de continuer à escroquer. Il lancera "Eruption" avec cette fois une chanteuse véritable, Precious Wilson, (qui avait beaucoup de mal à mimer son playback à la télévision, à en être pitoyable !) qu'il finira par imposer dans Boney M à la place de celle qui ne chante pas, Maizie Williams. Precious Wilson sera ainis la chanteuse du groupe sur l'album de Boney M "Oceans of Fantasy" : la honte suprême pour ce pauvre Farrell. Même chose pour le chanteur de Milli Vanilli. Le 2 avril 1998, Pilatus, miné par l'image qu'on avait fait de lui, devenu drogué et ayant eu affaire à la police sera retrouvé mort dans une chambre d'un hôtel miteux de Francfort : d'une overdose de comprimés et d'absorption d'alcool, à 32 ans. Personne ne parlera de suicide pourtant : il était au bout du rouleau, celui créé par un système sans foi ni loi et un individu sans aucun scrupule. Farian était même allé après le scandale à faire un disque intitulé "The Real Milli Vanilli" avec les vraies voix ; mais sans Shaw, qui en avait eu sa claque de jouer les doublures de talent ! Sans aucun scrupule, je vous le disais !

Mais Farian avait inventé un procédé et les firmes de disques l'avaient soutenu : pensez-donc, avec lui, les tournées de groupes de chanteurs et de musiciens se résumaient à de faux chanteurs et pas de musiciens, mais une bande magnétique : c'est la grande époque des tournés de boîtes de nuit à la place de vieux théâtres, ça coûte dix fois moins cher (la bande magnétique ne mange rien et ne dort pas l'hôtel mais dans un coffre de voiture). Tout bénéf, on peut se concentrer sur... les chorégraphies. C'est dans quoi vont s'engouffrer les Britney Spears et consorts, qui vont transformer les scènes en galas de gymnastique rythmique, les cerceaux en moins. On table sur l'attirance historique du public pour ça, en fait. On aura de la sueur et des larmes, mais pas de sang, faut pas effrayer le jeune public. C'est plus tard que ls shows deviendront plus "sex", avec les hétaïres chantantes comme... Lady Gaga, qui est loin d'être la pire et est très certainement la plus maligne du lot. En 2008, la même Britney se paiera la même "incident" que Boney M, ou presque. Une panne de micro révélant sa voix de... casserole : ou plutôt, un technicien, écœuré de la duperie manifeste, mettant en ligne le son isolé de son micro. Catastrophique mais habituelle prestation...

Aujourd'hui, il y a même des sites pour vénérer pareille horreur  : c'est à se demander ce qu'ont certains dans la tête. De la purée ? Milli Vanilli avait vendu 30 millions de "singles" et 11 millions d'albums entre temps, toujours avec les mêmes conditions que pour Boney M. Un seul individu s'en était à nouveau sorti : celui vers qui allaient les 90% de recettes. Frank Farian, l'un des plus grands escrocs que le show-bizz ait pu inventer. Un escroc inarrêtable : en 2006 il ressortira même un "medley" le "Daddy's Cool 12" Mix" et placera même en mai 2007 un album "Mad About The Boy" au top d' Euro Dance Hits et EuroNRG Top 40, interprété par un obscur australien, Peter Wilson, qui n'a pas bien dû lire son contrat, lu aussi. La bêtise du public étant insondable, et toute une vogue de musique soi-disant destinée aux trentenaires sur le retour avide de morceaux de leur enfance, ou au marché homosexuel, davantage attiré par l'apparence que les prouesses vocales étant apparue, cela s'explique. En France, on a les mêmes contingences économiques de renouvellement des ventes, qui vous fabriquent un Chantal Goya revival perpétuel (va falloir l'empailler de son vivant, bientôt ce sont les petits enfants qui seront amenés en spectacle par ses premiers fans- ah, c'est déjà le cas-) ou qui vous mène sur les planches une artiste comme Mylène Farmer, "une vraie show girl" (dixit sa presse toute dévolue à l'encenser), dont tout le monde sait que le mince filet de voix qui sort de sa bouche est disons "soutenu" par quelques artifices, restons polis.

Ce pauvre Bobby Farrell n'a donc jamais été "le chanteur de Boney M", mais son danseur seulement. Et il est mort après en avoir bavé, avec cette horreur et cette escroquerie, à devoir remonter sur les planches avec un costume à paillettes ou à plumes grotesque, à 60 balais passés. Il s'en serait bien passé. On s'était assez moqué de lui, pourtant. Alors quand je lis la presse, aujourd'hui, je suis assez effondré à vrai dire, car personne n'en parle, de sa vie gâchée : aujourd'hui, il est plus difficile de faire pire comme carrière, car c'est un peu plus réglementé à vrai dire, mais il convient quand même de rappeler à ceux qui seraient tentés de faire attention à ce qui surmonte l'endroit de la signature du contrat, car des vies ont été brisées dans cette machine à broyer, faite soi-disant pour votre seul plaisir musical... et Bobby Farrell en est, hélas, le pire exemple.

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Published by valenton rouge - dans Zique à Toute Heure
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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 11:36

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Il y a tout juste 90 ans, le 25 décembre 1920, s'ouvrait à Tours le Congrès qui allait voir l'adhésion du Parti socialiste à l'Internationale communiste donnant naissance au Parti communiste français.

 

Le 90ème anniversaire du Congrès de Tours donne lieu à de nombreuses initiatives dans le Parti et suscite aussi des commentaires, des publications, en quantité relativement importante, dans les media et les milieux « intellectuels ».

On pourrait s'en étonner. 90, ce n'est pas vraiment un chiffre rond. Le 75ème ou le 80ème anniversaire n'ont pas donné lieu à tant d'égards.

Je vois dans ce regain d'intérêt une recherche vis-à-vis du PCF et de ce qu'il continue à représenter, le signe aussi que le vent de l'histoire commence à tourner.  

Militants, nous venons de le vivre pendant la lutte des retraites.

Dans les entreprises, dans les quartiers, dans les manifestations - c'est une réalité expérimentée pendant ces semaines depuis la rentrée - l'attention a été beaucoup plus forte pour ce que nous disons. On est venu même nous solliciter pour aider à organiser des initiatives de lutte.

De la politique, les salariés en lutte éprouvent le besoin d'autre chose que les combines politiciennes pour les élections. L'attente d'un parti d'avant-garde, porteur de propositions de rupture, d'une perspective de rupture avec le capitalisme est plus forte que depuis bien longtemps. La crise permanente et le discrédit du capitalisme, comme système susceptible de répondre aux besoins, sont au plus haut. Pensons à ce qui se passe ces jours-ci en Irlande.

En France, cette organisation historique a existé. C'est le PCF, auquel les travailleurs doivent principalement les acquis sociaux et démocratiques que le pouvoir s'applique maintenant à détruire. Dans le monde, la seule expérience moderne de victoire sur le capitalisme est le résultat de l'action des communistes.

Cette histoire est présente dans les mémoires, au moins dans l'inconscient collectif du pays, même chez nos adversaires. 

Ce n'est pas qu'une anecdote, nos symboles, faucille et marteau sur des autocollants ou drapeaux rouges, ont véritablement été des points de ralliement pendant ce dernier mouvement.

Dans le même temps, nous sommes réalistes. L'avenir de notre parti reste incertain, même si une jeunesse, plus nombreuse, se tourne vers le communisme.

Il s'est structurellement et politiquement très affaibli, notamment depuis la fin des années 90. Le repère qu'il représente est devenu plus flou.

De « mutation », en « métamorphose », maintenant en « transformations », l'équipe dirigeante de notre parti a montré elle-même qu'elle doutait de la raison d'être du PCF. Suivant les exemples italiens ou espagnols, la ligne du Parti de la gauche européenne, elle est tentée de fondre notre parti dans un « ensemble de gauche », réformiste, à contre-courant des nécessités de notre époque, qui plus que jamais est celle du capitalisme et de la lutte des classes.

Nous avons toujours refusé cette dérive. La période nous encourage à continuer.

Aujourd'hui, il ne s'agit pas seulement de trinquer entre nous à l'anniversaire du parti

Il ne s'agit surtout pas d'évoquer, la larme à l'œil, un passé qui serait révolu.

Il s'agit encore moins de célébrer dignement les obsèques du PCF pour mieux en faire le deuil en bon ordre comme le proposent notamment certains « ex »-communistes pour passer à autre chose.

Non ! Nous sommes toujours communistes ! Nous voulons, à cette occasion, souligner toute l'actualité des choix fondamentaux qui sont à l'origine de la transformation en 1920 de la SFIO social-démocrate en Parti communiste français, la nécessité de faire vivre et renforcer le PCF.

L'histoire du PCF est un enjeu de lutte en elle-même.

Comme le communisme, l'anticommunisme n'est pas mort. Le révisionnisme historique est toujours une de ses armes privilégiées.

Il se déploie toujours sous sa forme la plus virulente. La criminalisation du communisme est ainsi quasiment un fondement existentiel de l'Union européenne. À une immense majorité, il y a quelques mois, droite et « gauche » confondues, le Parlement européen faisait du 23 août la journée des victimes du fascisme, du nazisme et du communisme, assimilés.

Mais l'anticommunisme primaire ne marche plus si bien - l'échec patent des mises en scène du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin l'a montré - notamment dans les pays où les Partis communistes ont été puissants, ont eu un rôle reconnu par les masses.

Faute de pouvoir la criminaliser, l'idéologie dominante en France essaie récupérer, de « décommuniser » l'histoire du PCF et des communistes.

Cela vous a peut-être frappés le 22 octobre dernier, en pleine lutte pour les retraites. Les recteurs d'académie, les media n'ont pas relancé la lecture de la lettre de Guy Môquet prescrite par Sarkozy en 2007 ! Il faut dire que cela aurait coïncidé avec la superbe mobilisation de dizaines de milliers de lycéens, paraît-il immatures et manipulés, contre sa politique de casse des acquis de la Libération !

 

À « gauche », des intellectuels s'appliquent à décrire, même à célébrer, les parcours d'anciens militants communistes mais en les renvoyant vers des circonstances historiques, sociologiques dépassées. Ainsi, le PCF aurait été le moyen de leur émancipation individuelle, notamment pour les ouvriers, à un moment donné de l'histoire. Mais en fait, ils auraient été communistes comme ils seraient autre chose aujourd'hui que tout a changé, notamment qu'il n'y aurait plus d'ouvriers.

Des livres, des thèses pour montrer cela, il s'en compte des dizaines qui arrivent tous à la conclusion que la forme Parti communiste est dépassée, sinon la lutte des classes elle-même.

Et naturellement, en conséquence, le résultat du Congrès de Tours, l'existence du PCF n'aurait plus lieu d'être.

Alors un Congrès de Tours à l'envers ?

Une réunification du PCF et du PS n'est à l'ordre du jour pour presque personne, même si, dans les faits, la satellisation du PCF autour du PS n'a cessé de préciser.

Rappelons que le Congrès de Tours, ce n'est pas d'abord une scission, c'est le choix, de 3208 mandats de délégués, contre 1022 et 397 abstentions que le Parti socialiste adhère à l'internationale communiste et devienne le Parti communiste. Les minoritaires droitiers sont partis constituer un autre parti, reprenant le nom de l'ancienne SFIO. Aussi, un « Congrès de Tours à l'envers », ce ne serait pas directement la fusion avec le PS.

Le « Congrès de Tours à l'envers », ce serait le retour du PCF au réformisme, à la social-démocratie, le changement de nom, ou l'effacement de ce que signifie « PCF ».

Cette option a beaucoup de partisans au sein de l'équipe dirigeante du Parti. Nous le savons. Après la « Mutation », « Bouge l'Europe », la « gauche plurielle », les « collectifs antilibéraux », la « métamorphose », le « Front de gauche » et les « transformations du PCF » poursuivent l'entreprise de dilution du PCF, de ce qu'il représente, de ses fondements.

En juin 2008, Marie-George Buffet déclarait à Tours : « Nous sommes au 21ème siècle, le monde a changé, les modèles se sont écroulés. Aussi, dans cette belle ville de Tours, si nous ne retenions de son célèbre Congrès qu'une seule chose : le formidable espoir, cette énorme volonté politique de la part de nos camarades de construire une société meilleure. »

Et bien NON ! Du Congrès de Tours, de l'histoire souvent glorieuse du PCF qu'il a permis, nous devons, nous voulons retenir les acquis fondamentaux, toujours aussi essentiels face à la domination d'un capitalisme qui ne s'est pas « écroulé ». Aujourd'hui comme en 1920, nous approuvons le sens 21 conditions de l'adhésion à la IIIème internationale, prises dans leur ensemble, sinon leur lettre.

De Tours, nous voulons, nous devons retenir la rupture avec la social-démocratie, le réformisme et la collaboration de classe qui sont ses pratiques. (Condition n°7 : « Les partis désireux d'appartenir à l'Internationale communiste ont pour devoir de reconnaître la nécessité d'une rupture complète et définitive avec le réformisme … L'action communiste n'est possible qu'à ce prix »).

En 1920, les congressistes sortaient de la boucherie de 14/18 qu'avaient approuvée dans « l'Union sacrée » les principaux dirigeants de la SFIO jusqu'à rentrer au gouvernement. Aujourd'hui, la social-démocratie est à la tête du FMI qui coordonne la casse sociale et les conditions d'exploitation dans le monde…

En aucun cas, la nécessité de la rupture avec la social-démocratie, n'est contradictoire avec la recherche d'alliances, mais pour des objectifs précis et selon les conditions et les rapports de force. 

Remarquons que la social-démocratie a toujours entretenu un courant plus « radical ». Mélenchon n'est vraiment pas un inédit historique !

À Tours, les congressistes avaient tiré les enseignements de la trahison de la plupart des élus et de la capacité de la démocratie bourgeoise à corrompre dans ses institutions.(Condition 11 : « Les partis désireux d'appartenir à l'Internationale communiste ont pour devoir de réviser la composition de leur fraction parlementaire, d'en écarter les éléments douteux, de les soumettre, non en paroles mais en fait, au comité central du Parti, d'exiger de tout député communiste la subordination de toute son activité aux intérêts véritables de la propagande révolutionnaire et de l'agitation ».) Après 1920, il ne se trouva que 10 députés socialistes sur plus de 70 à suivre la majorité des militants…

Le PCF doit être toujours, de nouveau, le parti qui refuse la « lutte des places » au nom de la lutte des classes, qui se démarque du spectacle lamentable des « primaires » pour les élections de 2012, qui refuse les compromissions électorales qui dégoûtent et démoralisent les travailleurs.

 

À Tours, les congressistes prenant la résolution d'agir en tant que communistes dans les syndicats (condition n°9) et de « combattre avec énergie et ténacité « l'Internationale » des syndicats jaunes fondée à Amsterdam ». Communistes, nous réaffirmons aujourd'hui la nécessité de l'action politique au centre de l'affrontement de classe, à l'entreprise. Elle ne s'arrête pas à la porte de nos syndicats, d'abord la CGT, menacés par les « jaunes » d'aujourd'hui, dans le respect de la fonction de chaque organisation. La Confédération européenne des syndicats, la CES, est l'héritière directe de l'Internationale jaune d'Amsterdam. Elle collabore avec les institutions européennes pour faire passer les traités et directives de l'UE du capital. Elle a fait campagne, pays par pays, pour la « Constitution » européenne et le traité de Lisbonne. Son président John Monks ne voulait pas voir en 2005 « remettre en cause les rêves de Monnet, Schumann, Mitterrand, Delors ». Il est inconcevable que l'équipe dirigeante du PCF et le Front de gauche fassent de la CES leur partenaire privilégié. Restons plutôt fidèles à Tours !

Le congrès de Tours a ouvert la voie au combat internationaliste et anticolonialiste du PCF qui est toujours le nôtre.

La 8ème condition indique notamment : « … Tout Parti appartenant à la IIIème Internationale a pour devoir de dévoiler impitoyablement les prouesses de « ses » impérialistes aux colonies, de soutenir, non en paroles mais en fait, tout mouvement d'émancipation dans les colonies… ». On se souvient de l'intervention d'Hô Chi Minh au congrès de Tours et de l'accueil enthousiaste qu'elle reçut. Cet engagement essentiel des communistes français s'est traduit en actes dès l'opposition à la guerre du Rif en 1923. Combattre le colonialisme, l'impérialisme, sous toutes leurs formes, d'où qu'ils viennent sont plus que jamais une priorité pour les communistes d'aujourd'hui. D'où qu'ils viennent, c'est-à-dire aussi de « nos » impérialistes qui se parent de plus en plus souvent aujourd'hui du couvert de l'Union européenne.

 

Le Congrès de Tours a ouvert la voie à la constitution d'un parti « de type nouveau », un parti de classe, toujours basé sur le marxisme, complété du léninisme, structuré plus rigoureusement selon les besoins de la lutte, impliquant l'intervention directe de ceux qui ont le plus intérêt à combattre le capitalisme. L'évolution a été progressive (constitution des cellules, des cellules d'entreprise…).

Elle a conduit à ce que le PCF soit réellement un parti de classe et de masse, permettant à des millions de travailleurs de s'approprier les armes du combat politique contre les capitalistes, à tous les niveaux, du local au national, à l'international. Cette réalité, inscrite dans l'affrontement de classe, issue de la forme d'organisation du parti communiste, a été d'un très grand apport démocratique, pour le parti, pour le pays (sans même revenir sur les pages de la résistance).

Elles peuvent et doivent l'être encore à l'heure où la sclérose de la démocratie bourgeoise ou les caricatures de « démocratie participative » pourraient préparer le terrain aux pires reculs des libertés politiques.

Comme sur tous les autres aspects, on peut et il faut étudier de façon critique l'histoire du Parti, comment les principes de Tours ont été appliqués en France et dans le monde. Il n'est pas possible pour les communistes d'en faire l'impasse, sous peine de jeter le bébé avec l'eau du bain, voire de ne garder que l'eau du bain.

Le léninisme et la révolution russe ont permis au mouvement ouvrier français de passer à l'étape supérieure à laquelle il aspirait. L'expérience soviétique a ensuite marqué, accompagné le développement du PCF, souvent pour le meilleur, parfois non. La défaite du camp socialiste demande une analyse critique communiste qui n'est toujours pas réellement entreprise. Elle ne signifie en rien la fin de notre Parti.

Cette démarche est une nécessité justement parce que nous pensons que le PCF a toute sa raison d'être, de se renforcer aujourd'hui, dans la fidélité aux choix de Tours.

Je voudrais finir par la lecture de la condition n°17 : « Conformément à tout ce qui précède, tous les Partis adhérant à l'Internationale Communiste doivent modifier leur appellation. Tout Parti désireux d'adhérer à l'Internationale Communiste doit s'intituler Parti Communiste de… (section de la IIIème Internationale Communiste). Cette question d'appellation n'est pas une simple formalité ; elle a aussi une importance politique considérable. L'Internationale Communiste a déclaré une guerre sans merci au vieux monde bourgeois tout entier et à tous les vieux Partis social-démocrates jaunes. Il importe que la différence entre les Partis Communistes et les vieux Partis « social-démocrates » ou « socialistes » officiels qui ont vendu le drapeau de la classe ouvrière soit plus nette aux yeux de tout travailleur. »

Le nom de notre parti est indissociablement lié aux principes de sa création, comme à 90 ans d'histoire du communisme en France et dans le monde.

La 17ème condition est ainsi également toujours d'une grande actualité.

Les directions des partis communistes qui veulent se transformer en autre chose ont besoin de changer le nom. On l'a vu en Italie, en Suède, dans plusieurs pays de l'est.

En France, l'action des communistes, ce que représente le Parti dans le pays, l'ont rendu impossible jusqu'à présent. Il n'est pas question d'accepter maintenant que le nom du Parti soit dilué dans une « gauche », un « front de gauche » ou je ne sais quelle combinaison, ni qu'il soit dévalorisé.


Plus que jamais, face au capital, le peuple a besoin du PCF, d'un PCF fidèle à sa raison d'être, aux choix fondamentaux du Congrès de Tours.


Emmanuel Dang Tran

Conseil National du PCF

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 10:22

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Les statistiques de la CEPAL et de l'ONU montrent, qu'en dix ans de révolution bolivarienne, le Vénézuela a réduit drastiquement la pauvreté et les inégalités


 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/




Le Vénézuela, l'Argentine, le Brésil et la Bolivie sont les pays de la région qui ont le plus réduit les inégalités et la pauvreté dans la dernière décennie, a reconnu la secrétaire exécutive de la Commission économique pour l'Amérique Latine et les Caraïbes (Cepal), Alicia Barcena.



« Il y a une rupture si on compare les chiffres avec ceux des années 1990 »,a-t-elle affirmé dans un reportage publié ce dimanche dans le journal Pagina12.



« L'Amérique latine est aujourd'hui une région progressiste » en référence aux succès obtenus par ces pays, qui peuvent compter sur des gouvernements de gauche qui ont fixé comme priorité les investissement sociaux et le bien-être de leurs peuples.



Dans la même idée, elle a affirmé: « Les gouvernements progressistes nous laissent un héritage très positif, où on ne peut faire marche arrière dans les politiques sociales menées jusque-là. Ces dépenses sociales ne sont pas perdues car elles sont le moteur de l'économie ».



Barcena a également estimé crucial le rôle de l'État comme acteur impulsant le développement et a parlé de la nécessité de mettre sur pied des conventions sociales avec les secteurs productifs « parce que l'État ne peut pas tout faire tout seul non plus ».



« La seule façon de sortir des inégalités, ce sont des emplois avec des droits et protégés », a-t-elle exprimé.

 



Le Vénézuela à l'avant-garde




Dans le cas particulier du Vénézuela, la reconnaissance de la Cepal quant à la réduction de la pauvreté et des inégalités a été partagée par l'Organisation des Etats américains (OEA) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).



Le rapport le plus récent Notre démocratie, élaboré par l'OEA et le PNUD souligne que le Vénézuela est la nation de la région qui a le plus réduit la pauvreté dans la période 1999-2008.



Les chiffres démontrent que le pays a diminué de 49,4% à 27,6% le taux de pauvreté.



Dans la même période, le document atteste que l'indice d'inégalité au Vénézuela a baissé de 0,498 en 1999 à 0,412 en 2008, ce qui constitue une amélioration considérable.



De la même façon, les chiffres soulignent la diminution du nombre de personnes en situation d'extrême pauvreté, puisqu'en 1999, près de 21,7% des vénézueliens vivaient dans la rue tandis qu'en 2008, la proportion est passée à 9,9%.



D'autres données du rapport révèlent par ailleurs que le Vénézuela a diminué de 58% le taux de mal-nutrition infantile, qui est passé de 7,7% en 1990 à 3,2% en 2009.



Les missions sociales créées par le Gouvernement bolivarien en coopération avec Cuba, ont contribué à éradiquer la pauvreté et les inégalités avec l'extension de l'accès gratuit à la santé et à l'éducation à tous les niveaux, et les efforts de l'État pour garantir l'alimentation de la majorité de la population à travers un réseau de magasins à prix solidaires.



Les Mission Barrio Adentro (I, II, III), Mission Mercal, Mission Robinson, Mission Ribas, Mission Sucre, Mission Identité, Mission Révolution énergétique, Mission de l'enfant Jésus, Mission Noire Hyppolite, Mission Culture, Mission Arbre et Mission Science sont quelques-uns des programmes créés dans le but de garantir les droits fondamentaux de la population, en mettant l'accent sur les plus exclus.

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 10:19

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Rien n’est univoque dans le processus qu’expose Alain Bihr quand il met en scène l’auto-activité du prolétariat comme auto-production de lui-même en tant que classe chargée de la réalisation historique de ce concept d’auto-activité. ( 1 )

« Comment, sous quelles formes, dans quelle mesure le prolétariat a-t-il assuré et assure-t-il actuellement les conditions de son auto-activité en tant que classe ? » interroge et s’interroge Alain Bihr dans le premier texte que nous avons déjà abordé.

ETRE TOUT OU RIEN

Pour lui, cette question est certainement la plus difficile et la plus délicate. Et c’est aussi la plus décisive puisqu’elle engage la validité même des perspectives politiques que l’on est en droit de fonder sur la réalité de l’auto-activité du prolétariat.

« D’elle dépend, dit effectivement Alain Bihr, que le communisme soit plus qu’une utopie. » Et c’est effectivement à tous les niveaux de la lutte de classe du prolétariat que l’auto-activité se manifeste comme principe et fin dernière de cette lutte, lorsqu’il s’agit pour le prolétariat d’être tout ou rien.

« On pense en premier lieu, dit-il, aux moments révolutionnaires de son histoire, à la capacité qu’il manifeste alors à concevoir et à réaliser « une organisation sociale centralisée qui, loin d’exproprier politiquement la population au profit des ses « représentants », soumet au contraire ceux-ci au contrôle permanent de leurs mandats et réalise pour la première fois dans l’histoire moderne la démocratie à l’échelle de la société entière. » ( Castoriadis )

DES FORMES ORIGINALES DE LUTTE CONTRE LA CLASSE DOMINANTE

Et Alain Bihr poursuit en évoquant « ces formes profondément originales de lutte contre la classe dominante et de ré-appropriation de la praxis sociale par le prolétariat que furent successivement la Commune de Paris en 1971, les Soviets russes de 1905 et de 1917, les Conseils ouvriers de l’Allemagne, de l’Italie et de la Hongrie de 1920, l’oeuvre révolutionnaire des communes espagnoles de 1936-1937, les Conseils ouvriers hongrois de 1956, etc..., pour faire apparaître l’auto-activité du prolétariat lorsque celui-ci l’érige en classe dominante et exerce le pouvoir politique en réorganisant la société entière sur des bases radicalement différentes de celles du capitalisme... »

Mais l’auto-activité du prolétariat ne se manifeste pas seulement au niveau historique en ces moments d’éclatantes mais souvent brèves aventures révolutionnaires. Elle s’étend à tous les aspects de l’existence du prolétariat.

DANS LE PROCES DU TRAVAIL

Et d’abord au procès du travail où l’organisation capitaliste du procès de travail suscite par ses lacunes et incohérences une auto-organisation prolétarienne à la fois complémentaire, concurrente et contradictoire de la précédente par laquelle les prolétaires résistent et s’opposent à leur exploitation, domination, aliénation, mais aussi sans laquelle ils ne seraient pas en mesure d’assurer le plan de travail qu’on leur impose. C’est également hors du travail, dans les autres moments de la vie quotidienne, que cette capacité d’auto-activité du prolétariat se manifeste.

DANS LES AUTRES MOMENTS DE LA VIE

« Que l’on pense, dit Alain Bihr, au riche et dense réseau de relations primaires et d’associations de toute sorte qui constituent traditionnellement le tissu de la vie sociale au sein de la classe ouvrière et qui permet à cette dernière de forger spontanément sa solidarité et son unité de classe.

« Que l’on pense de même, dit-il encore, à l’étonnante capacité de la jeunesse prolétarienne des grandes métropoles modernes, pourtant dépossédée de toute tradition culturelle et coupée de la mémoire de sa propre classe, à se forger une identité socio-culturelle à travers l’invention de langages, de modes vestimentaires, de formes musicales, etc...

« Pour limités qu’ils soient, pour intégrés ou même intégrateurs à la société capitaliste qu’ils peuvent être quelquefois, ces phénomènes n’en témoignent pas moins d’une capacité du prolétariat à inventer des formes de vie sociale ( des rapports sociaux, des pratiques sociales, des sens et des valeurs ) que lui dénient précisément les structures sociales et qui lui permettent souvent, sinon de lutter contre ces dernières, du moins de maintenir un minimum d’autonomie en leur sein... »

DANS LA CONSTITUTION D’ORGANISATIONS DE CLASSE

« Enfin, ajoute Alain Bihr, s’étend l’immense champ de ce que l’on pourrait nommer la lutte explicite du prolétariat, sa lutte ouverte et déclarée contrer l’oppression capitaliste... La capacité d’auto-organisation du prolétariat se traduit ici par la constitution d’organisations de classes propres et originales, inventées par le prolétariat au cours de sa lutte séculaire : syndicats et partis, coopératives de production ou de consommation, mutuelles d’assistance et de secours, comités de grève ou d’ateliers, etc...

« L’existence de telles organisations manifeste chez le prolétariat, à la fois le besoin et la capacité de poser le problème de la société comme tel, non pas simplement lors d’une explosion révolutionnaire, mais de façon systématique et permanente. »

LE FOYER DE LA CONSCIENCE DE CLASSE

Elles constituent le foyer de la conscience de classe du prolétariat, le lieu où celle-ci s’élabore en représentation du monde.

« Simultanément cependant, ajoute Alain Bihr, on ne sait que trop bien que ces mêmes organisations ont été et sont encore facteurs d’intégration et d’institutionnalisation, quand ce n’est pas directement de répression qu’il s’agit. « Nous aurons donc à nous interroger sur les contradictions de l’auto-activité que la dualité de ces organisations rend manifeste... »

Et Alain Bihr cite Marx dans le passage de La Sainte Famille ( Chapitre IV, paragraphe 2 ) où il est question des fins dernières de l’action du prolétariat et de leur rapport à ce que le prolétariat est, et fait, à un moment donné de son devenir historique.

CE QUI IMPORTE

« Ce qui importe ce n’est pas ce que tel ou tel prolétaire, voire le prolétariat dans son entier, se figure comme but aux différents moments.

« Ce qui importe, c’est ce qu’il est et ce qu’il doit faire historiquement, conformément à sa nature : son but et son action historique lui sont tracés de manière tangible et irrévocable dans sa situation d’existence, comme dans toute l’organisation de l’actuelle société bourgeoise.

« Le prolétariat exécute le jugement que, par la production du prolétariat, la propriété privée bourgeoise prononce contre elle. »

CE QUE MARX A APERCU ET COMPRIS

Ainsi Marx a aperçu, dès les années 1840, alors même que le prolétariat n’en était encore qu’à ses premiers balbutiements, les immenses possibilités politiques que recelait l’existence et l’action de cette classe. Marx a compris que les contradictions mêmes d’existence du prolétariat l’amèneraient à poser sur des bases radicalement différentes de celles de la société capitaliste la question politique de l’organisation et de la direction de la praxis sociale. En un mot, d’avoir saisi que le prolétariat serait nécessairement une classe à vocation révolutionnaire.

SIMPLEMENT A TITRE HUMAIN

Pour Alain Bihr, Marx a saisi que le prolétariat est nécessairement une classe révolutionnaire parce qu’il est « une classe de la société bourgeoise, qui n’est pas de la société bourgeoise, une classe qui est dissolution de toutes les classes, une sphère qui a un caractère universel par ses souffrances universelles et ne revendique pas de droit particulier, parce qu’on ne lui fait pas de tort particulier, mais un tort en soi, une sphère qui ne peut plus s’en rapporter à un titre historique, mais simplement à un titre humain, une sphère qui n’est pas en opposition particulière avec les conséquences, mais en opposition générale avec toutes les prémisses du système politique allemand, une sphère enfin, qui ne peut s’émanciper de toutes les autres sphères de la société sans les émanciper en même temps qu’elle-même, une sphère qui est, en un mot, la perte complète de l’humanité et ne peut donc se reconquérir elle-même que par la ré-appropriation complète de l’humanité. » ( Marx, Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel )

DANS LES CONTRADICTIONS

Pourtant, considérée globalement, l’expérience historique du prolétariat s’est en effet souvent révélée contradictoire au regard des exigences de son auto-activité en tant que classe.

« Sans même aller, poursuit Alain Bihr, jusqu’à évoquer l’accommodement de telle partie du prolétariat avec les structures socio-politiques de la démocratie bourgeoise..., ou l’appui qu’une partie du prolétariat a pu apporter par moments aux régimes fascistes ( en Italie et en Allemagne ) ou bonapartistes ( en Amérique du Sud, notamment en Argentine ), il suffit de considérer ce qu’il est advenu d’un grand nombre d’organisations ( syndicales et politiques ) dont le prolétariat s’est doté au cours de sa lutte contre le capital.

« D’organes de lutte, oeuvre de son activité autonome et destinés à élargir et à approfondir son autonomie de classe, ces organisations se sont transformées en appareils d’intégration et d’institutionnalisation du prolétariat dans les cadres de la société capitaliste et de son Etat, aliénant ses capacités d’auto-activité en subordonnant la classe à une direction bureaucratique extérieure à elle et placée hors de son contrôle. »

UNE SUBORDINATION PERSISTANTE ET RECURRENTE

Aussi, si l’expérience historique du prolétariat témoigne de la puissance ( au double sens de la capacité et de la potentialité ) d’autonomie du prolétariat, elle ne témoigne pas moins, et contradictoirement, de son hétéronomie, de sa subordination persistante et récurrente aux structures d’oppressions de la société capitaliste.

« Autrement dit, pour Alain Bihr, il faut considérer la réalisation de l’auto-activité du prolétariat comme un processus dialectique, enveloppant une série de contradictions ( à déterminer ) dont le développement constitue l’expérience historique concrète du prolétariat.

« Au regard de la pensée dialectique, le prolétariat et son auto-activité ne jouissent en effet d’aucun privilège ; leur devenir n’est pas exempt de contradictions, avec ce que celles-ci peuvent signifier d’inégalités de développement, de retours en arrière, de développement heurté et dis-harmonieux, etc.

« Seul le fétichisme du prolétariat peut le placer magiquement au-dessus des contradictions productives et destructives de son propre développement vers l’autonomie. « Mais ce fétichisme s’enferme lui-même dans une contradiction puisque, d’une part, il transforme le prolétariat en sujet absolu de l’histoire, transcendant les contradictions de son propre développement, tandis que, d’autre part, il doit le présenter comme irresponsable de ses contre-performances ou de ses défaites historiques, la responsabilité en étant rejetée sur les « erreurs » ou les « trahisons » de sa pseudo-direction, de ses chefs et de son ou ses partis... »

LES LUTTES ET LES MEDIATIONS

Aussi, l’unité de la classe prolétarienne et la représentation – a fortiori la réalisation - de ses fins dernières sont toujours le résultat de la lutte elle-même et de ses médiations. Pour Alain Bihr, la nécessité de la médiation du tout et des parties est à ce point essentielle, mais aussi problématique que Marx et Engels déjà en ont fait, dans le « Manifeste du parti communiste », le but propre de l’activité des révolutionnaires : « Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points :
 1) Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat.
 2) Dans les différentes phases que traverse la lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité. »

25 ANS APRES

En janvier 2007, 25 ans après l’écriture du premier texte ( 1981 ), Alain Bihr considère que cet article a été une tentative pour – déjà – jeter les bases d’une discussion théorique sérieuse entre des militants issus de traditions différentes du mouvement ouvrier, qui s’étaient jusqu’alors ignorés ou même combattus, entre lesquels les échanges s’étaient réduits le plus souvent à la polémique.

L’AUTO-ACTIVITE TOUJOURS AU COEUR DE LA PROBLEMATIQUE REVOLUTIONNAIRE

« Que cette discussion, dit-il, se soit d’emblée centrée sur la notion d’auto-activité du prolétariat n’est pas du tout fortuit, s’il est vrai, comme je le soutiens dans mon article, que l’auto-activité est au coeur de la problématique révolutionnaire et que c’est à son sujet que se sont effectués les clivages les plus importants au sein du mouvement révolutionnaire... » La fin des années 1970 marque aussi sans aucun doute un tournant dans la trajectoire historique du capitalisme mondial.

LA CRISE STRUCTURELLE DU CAPITALISME

La crise structurelle dans laquelle ce dernier est en train de s’enfoncer, dont les commencements remontent à la fin, voire au milieu de la décennie précédente mais qui ne s’est officiellement ouverte qu’avec le premier « choc pétrolier » de l’automne 1973, prend alors un tour suffisamment sérieux pour convaincre les différentes bourgeoisies occidentales qu’il est temps de changer leur fusil d’épaule.

« Autrement dit, précise Alain Bihr, de rompre avec le régime fordiste d’accumulation qui avait assuré son hégémonie au sein des différents Etats capitalistes centraux depuis le lendemain de la seconde guerre mondiale, notamment de tourner le dos aux politiques économiques d’inspiration keynésiennes qui en avaient assuré la régulation, pour tenter de trouver leur salut ( lutter contre la baisse non plus seulement tendancielle mais effective du taux de profit ) dans un vaste mouvement de « libéralisation » du procès de reproduction du capital, dont la déréglementation des marchés nationaux et la « mondialisation » des procès d’accumulation vont constituer les deux phases complémentaires. »

Inutile d’en rappeler ici les effets désastreux sur le monde salarial et l’impuissance du mouvement ouvrier à s’y opposer pour l’essentiel.

L’IMPORTANCE DU CONCEPT D’EXPROPRIATION

Mais alors dit Alain Bihr, nous partageons alors la commune croyance dans le fait que au cours de la décennie précédente ( les années 60 ), la révolution est à nouveau à l’ordre du jour...Qu’il y ait eu un e bonne part d’illusion dans cette appréciation, c’est ce dont nous pouvons, là encore,convenir... »

Cependant l’article de 1981 vaut d’abord par sa tentative de rattacher tous les aspects de la condition sociale du prolétariat et de son expérience historique au concept d’auto-activité.

Il vaut aussi pour la définition qui est donnée de la condition prolétarienne à partir du concept d’expropriation.

« J’ai toujours été frappé, précise Alain Bihr, par le peu d’attention accordée à ce concept par la tradition marxiste, dès lors qu’il s’agit de définir la situation faite par le capitalisme au prolétariat, au profit de ceux d’exploitation, de domination, voire d’aliénation, qui n’en sont qu’autant de dimensions ou de déclinaisons.

« Pourtant Marx ne cesse de souligner l’originalité radicale de la situation de classe du prolétariat en tant qu’elle est précisément définie par l’expropriation, qu’aucune des classes de producteurs, fussent-elles dominées et exploitées, n’avaient jamais connue au sein des modes de production pré-capitalistes... »

L’EXPROPRIATION EST CONSTITUANTE DU PROLETARIAT

C’est donc là un point important sur lequel l’article insiste à juste titre : le prolétariat, rappelle Alain Bihr, reste marqué dans ses structures, dans ses modes d’organisation et de lutte, dans ses modes de pensée, par l’expropriation capitaliste qui le constitue, jusque et y compris quand il lutte contre elle.

« C’est pourquoi, d’ailleurs, et j’y insiste, l’auto-activité du prolétariat doit aussi toujours comprendre une dimension d’auto-négation, qui culmine dans l’auto-dissolution et l’auto-dépassement du prolétariat en tant que classe particulière au sein de la révolution communiste, destinée à faire advenir une humanité sans classes. »

LA PETITE BOURGEOISIE INTELLECTUELLE

Alain Bihr revient également à ce qu’il nomme « la petite bourgeoisie intellectuelle, chargée globalement des tâches subalternes de domination du capital. » Elle est tout naturellement « disposée aux tâches d’encadrement politique et idéologique du prolétariat, ce qui la place dans une situation intermédiaire entre ce dernier et la bourgeoisie qui peut l’amener à jouer un rôle politique propre au sein de la lutte des classes. »

Alain Bihr indique qu’il a radicalisé son propos à ce sujet, « en faisant de ces agents subalternes de la reproduction du capital une classe à part entière, aussi distincte du prolétariat, de la petite-bourgeoisie et de la bourgeoisie que ceux-ci le sont le sont entre-eux, possédant ses intérêts de classe propre, et capable d’intervenir d’une manière autonome dans la lutte des classes », et qu’il a poussé la thèse jusqu’à « l’hérésie » en défendant l’idée « que la plus grande part des mouvements socialistes, social-démocrates et bolchevisme inclus, sont l’expression des intérêts de certaines fractions de cette classe, dans une conjoncture de radicalisation de leurs positions de classe qui les amène à passer alliance avec le prolétariat en se portant cependant à la tête du mouvement ouvrier dans le but d’accéder à des positions de pouvoir au sein de l’appareil d’Etat... »

LES TRANSFORMATIONS DU PROCES DE PRODUCTION

Parmi d’autres transformations actuelles du capitalisme, Alain Bihr en souligne deux qui méritent une attention particulière.

Celle qui concerne les transformations en cours du procès de production, par lesquelles le capital cherche à dépasser les limites à sa propre valorisation apposées par ses formes fordistes antérieures en développant un procès de production fluide, flexible et diffus...

LA MONDIALISATION DE LA CONDITION PROLETARIENNE

Celle qui affecte la condition prolétarienne et qui concerne ce que l’on appelle couramment sa « mondialisation » : la transnationalisation de la circulation des capitaux, dont la libéralisation des échanges marchands, les délocalisations industrielles et le développement de la géofinance, auxquelles correspondent les conditions de possibilité d’un nouvel internationalisme prolétarien...et la nécessité de repenser tous les problèmes relatifs à l’auto-activité du prolétariat à cette échelle.

COMMENT LES CONSEILS OUVRIERS ONT-ILS ETE COMPRIS ?

Dans cet esprit, on pourrait, dit Alain Bihr, comparer par exemple les différentes analyses au sujet des conseils ouvriers, qui sont apparus dans les épisodes révolutionnaires au cours des années 1900-1930, développées par Lénine, Trotsky, Luxemburg, Gramsci, Gorter, Pannekoek mais aussi par Sorel, Malatesta, Voline, Makhno, etc...

Comment cette nouvelle forme d’organisation de la lutte, mais aussi de réorganisation potentielle de la production et de la société que sont les conseils ouvriers, a-t-elle été comprise, analysée, théorisée par les uns et les autres ?

LA QUESTION DE L’ORGANISATION REVOLUTIONNAIRE

Avec la question de l’organisation révolutionnaire, de sa forme, de ses structures, de ses fonctions, il ne s’agit pas seulement, dit-il, de revenir sur les notions de parti d’avant-garde, de programme, d’articulation entre les intellectuels révolutionnaires et la conscience spontanée des masses, etc... pour les réévaluer là encore à l’aune de la notion d’auto-activité.

L’AUTO-ACTIVITE COMME CONTRADICTION

« Il s’agit plus fondamentalement, met-il en évidence, de s’interroger sur les contradictions que recèle le développement de cette dernière, dont l’article n’a fait qu’esquisser l’analyse, en rappelant que les médiations entre le tout de la classe et ses différentes parties, de même que celle entre les moments partiels de sa lutte et la totalité de ses objectifs ( ses objectifs finaux ) peut échouer ou se transformer elle-même en obstacle bloquant le mouvement.

« La question qui est ici posée est en définitive celle-ci : comment maintenir la référence essentielle à l’auto-activité comme principe révolutionnaire sans tomber dans les illusions et les impasses du spontanéisme, autrement dit en concevant l’auto-activité aussi comme une construction ( un résultat ) et non pas seulement comme une donnée immédiate de la lutte des classes ?

« Et comment ( à quelles conditions ) une organisation révolutionnaire peut-elle oeuvrer à la résolution de cette contradiction ? »

Est-il pertinent d’ajouter quoi que ce soit à l’actualité pressante de ces interrogations ?

 

 

(1) Voir le texte titré : « L’auto-activité du prolétariat comme enjeu politique central » qui en constitue la première partie http://www.legrandsoir.info/L-AUTO-...

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 10:08

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Au prochain coup de froid, au prochain épisode neigeux l’Ile-de-France sera-t-elle complètement bloquée ? Il en faudrait alors 1 200 tonnes et nous n’en aurions plus que 2 000 ! La Canada se ri déjà de nous, les Européens, infoutus au premiers flocons de faire décoller nos avions de nous aéroports, privés de Glycol…

Alors tétanisée, au bord de la panique, la direction des routes d’Ile-de-France (Dirif) réduit déjà l’utilisation du sel de déneigement afin de ménager ses stocks.

Comme de nouvelles et fortes chutes de neige sont attendues au tout début janvier, il est fortement recommandé de n’effectuer de salage qu’en faisant preuve d’ « un grand discernement ».

Il est même recommandé de s’approvisionner en sable, mais pour le Syndicat national des personnels techniques des réseaux et des infrastructures (SNPTRI-CGT), principale organisation représentative des services de l’équipement, cette note « met en danger les agents (de l’équipement) et les usagers de la route ».

Et, appliqué au sel, c’est quoi faire preuve d’« un grand discernement » ? En effet, selon Gaëtan Silène, délégué régional du SNPTRI-CGT : « Ne pas traiter en amont, en fonction des bulletins météo, mais au dernier moment, uniquement sur la voie de droite, avec un dosage insuffisant (15g) ne sert à rien. Pour les pluies verglacées, il faut 20 à 25g de sel, et mettre du sable à la place du sel est totalement inefficace pour la neige ».

Ces stocks tendus ne sont pas l’apanage de la seule l’Ile-de-France, parce que les communes qui le pouvaient ont passé des commandes importantes en ce début d’hiver et que les prix élevés rendent même le sel, que l’on commence à appeler l’or blanc, inaccessible à certains villages.

André Balbo

sources : SNPTRI-CGT , Le Parisien

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Published by valenton rouge - dans Valenton
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