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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 12:26

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Ébranlé par la crise, l'euro pourrait bien vivre les derniers jours de son existence. La faute en revient aux dirigeants de l'UE qui n'ont pas su adopté les mesures capables d'endiguer la crise financière, selon l'économiste Jacques Sapir. Une situation qui fait en tout cas le bonheur des spéculateurs.




Peut-on encore sauver l’euro ? La question hante désormais les responsables, en dépit des déclarations fracassantes et des rodomontades des uns et des autres. Le sommet européen, que l’on a officiellement salué pour la mise en place d’un dispositif de solidarité après 2013, a été incapable de prévoir des mécanismes permettant de lutter contre la spéculation et la crise de l’euro en 2011 et 2012. Les gouvernements vont partout répétant que les mesures déjà prises suffiront. Il est évident que c’est faux.
Après la Grèce et l’Irlande, ce sera bientôt au tour de l’Espagne (à qui l’on demande un nouveau tour de vis fiscal et économique) et du Portugal de venir chercher de l’aide. La dégradation des notes de ces pays par les agences de notation ne peut que raviver la spéculation. L’Italie elle-même est attaquée via ses banques, car la communauté financière s’attend à ce que l’État soit obligé de leur venir en aide.
Ensuite, fin janvier, ou en mars au plus tard, nous apprendrons que c’est au tour de la France et de la Belgique de voir leurs notes baissées.

Il est clair que, loin d’arrêter la contagion, les mesures prises lors du sommet européen n’ont fait que confirmer les spéculateurs dans leurs choix et leurs options. Pour qu’il en ait été différemment, il aurait fallu que les gouvernements tombent d’accord pour porter remède à la fois aux causes immédiates et aux causes structurelles de la crise de l’euro.
 
Si des mesures strictes interdisant et punissant des pratiques spéculatives avaient été prises, venant appuyer l’annonce d’une monétisation par la Banque Centrale Européenne des dettes à hauteur de 1000 milliards d’euros, la spéculation n’aurait plus trouvé d’aliments. La monétisation aurait par ailleurs conduit à faire baisser l’euro, donnant aux États membres de la zone une bouffée d’oxygène bien nécessaire.
Une restructuration favorisant les pays les plus endettés (Grèce, Italie, Belgique) aurait pu, et dû, être entreprise dans la mesure où la dépendance vis-à-vis des marchés financiers pour le financement de la dette aurait été réduite par le rachat de la dette par la BCE.

Ces mesures auraient ainsi permis de traverser les deux années qui nous attendent sans crise grave. La crise structurelle aurait aussi dû être combattue par l’annonce d’un budget communautaire élargi ainsi que par celle d’un plan de relance en Allemagne et aux Pays-bas, venant compenser les effets des divers plans d’ajustement auxquels sont contraints les pays du Sud de la zone euro. Mais, de tout cela, il n’a rien été.

L’impossible réduction de la dette par l’ajustement budgétaire

Il faut ici revenir sur ces plans d’ajustements, dans lesquels les gouvernements mettent tous leurs espoirs de contrôler la montée de la dette publique. Ils ont pour objectif affiché d’arrêter la hausse de la dette en pourcentage du PIB, dont on dit qu’elle alimente l’inquiétude des marchés financiers. Il est cependant évident qu’en l’état actuel, ils sont inadéquats pour cette tache, tout en menaçant gravement les économies concernées d’une retombée dans la récession. Le tableau suivant le montre.

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Conditions d’une stabilisation du taux de la dette publique en pourcentage du PIB dans les pays de la zone euro


On calcule le montant du solde primaire (déficit ou excédent) des administrations publiques qu’il faudrait respecter en 2011 pour que le poids, en pourcentage, de la dette publique n’augmente pas. Les chiffres de la deuxième colonne sont éloquents, et il faut savoir qu’ils sont calculés sur la base d’hypothèses complètement irréalistes, qu’il s’agisse de la croissance ou du taux d’intérêt que les pays auront à supporter sur la dette existante. Les colonnes 3 et 4 introduisent la révision des chiffres de croissance qui a été faite dernièrement par la Commission de Bruxelles (colonne 3) ou par des instituts d’études de la conjoncture (colonne 4). Il faut d’ailleurs noter par ailleurs que les estimations de croissance pour 2011 sont loin d’intégrer complètement les effets des restrictions dues à l’ajustement budgétaire, qu’il s’agisse des hausses d’impôts ou des diminutions de dépenses publiques. En fait, tout laisse à penser que les estimations faites fin 2010 sont loin d’être réalistes.

Même si l’on ne considère que les chiffres de la deuxième colonne, l’écart entre le déficit enregistré pour 2010 et le solde requis pour 2011 pour atteindre cette stabilisation impliquera, même en Allemagne, un effet de récession important. Ajoutons que si tous les pays de la zone font cet ajustement en même temps, ce que l’on préconise pour « calmer » les marchés, il y a fort à parier que ce n’est pas une récession que l’on connaîtra mais une véritable dépression, en raison des effets cumulatifs des ajustements budgétaires.
Dans la réalité, on en restera heureusement loin en évitant ainsi un choc dépressif trop important ; mais ceci signifie que les attaques des marchés reprendront dès la « trêve des confiseurs » achevée. La possibilité que les différents pays repassent sous la limite des 3% de déficit d’ici 2013 est en effet tout simplement nulle. D’ailleurs, on constate sur le tableau que cette limite, serait très insuffisante pour stabiliser la dette en niveau, sauf une forte croissance qui est exclue en raison même de ces politiques d’ajustements.

(1) http://www.bloomberg.com/news/2010-12-20/France-s-aaa-grade-at-risk.html

La suite de cet article demain
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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 12:17

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http://www.lorientlejour.com/category/Opinions/article/683437/Retheoriser_le_federalisme*.html

 

 

 

Il faudra distinguer entre deux fédéralismes, celui qui se propose de régler le problème de la grande dimension du territoire (États-Unis d'Amérique, Brésil, Australie...), et celui qui se propose de régler le problème du pluralisme culturel (Suisse, Belgique...). Mais à l'intérieur de ce second type de fédéralisme, il y a une double distinction entre fédéralisme territorial et fédéralisme personnel ou autonomie personnelle.
Une approche réellement comparative et actuelle du fédéralisme ne peut manquer de relever les risques et dysfonctions du fédéralisme territorial ou, du moins, les adaptations et variantes de la territorialité fédérale dans tous les cas où les minorités dont on entend régler l'autonomie ne seraient pas géographiquement concentrées.


Le fédéralisme est-il une « option » ? Il y a souvent une approche volontariste du politique, ce qui est une forme d'idéologie. L'idéologie en vogue du nation-building ou État-nation est peut-être plus efficace, mais elle a un coût : génocide, extermination, intégration forcée, déplacement de populations (people engeneering d'après une expression employée par des sionistes). On connaît ce problème au Liban, avec le discours sur le insihâr watânî. Il y a la deuxième bonne « solution », car la première n'existe pas ou elle est trop coûteuse, avec des résultats disproportionnés par rapport au coût de l'opération. Il y a alors l'édification nationale par des pactes, diètes, alliances, covenants, junktim... d'après des expressions employées au Liban, en Suisse, en Autriche. Le mot « solution » en politique a signifié d'ailleurs et signifie « solution finale » à la manière nazie. Elle n'est pas en tout cas aussi « finale » que le souhaitent ses défenseurs.
Le fédéralisme envisagé dans une perspective exclusivement territoriale se trouve dans une impasse. Alain Gagnon souligne clairement : « Si le Québec débouche sur une séparation, le problème restera entier (sic) du fait qu'il y a onze nationalités endogènes sur le territoire québécois » (p. 219).

***

J'avais soulevé le problème de la rethéorisation du fédéralisme lors du colloque du Forum des fédérations, à la faculté de droit de l'Université McGill, les 8-9 novembre 2002. Je pense surtout à des pays meurtris, en Afrique, en Asie, au Proche-Orient... meurtris par des stratégies spatiales identitaires. Quand j'écoute un discours occidentalo-centriste sur le fédéralisme, j'ai le sentiment que la solution envisagée, avec des perspectives territoriales, n'est pas aussi idéale dans des contextes où la territorialité est assimilée à l'identité. Pour plus de la moitié de la population du globe aujourd'hui, les stratégies identitaires spatiales sont dangereuses et elles vont malheureusement proliférer à l'avenir. Il s'agit donc d'élargir le concept de fédéralisme, ou plutôt de le ramener à son esprit, un peu à la manière de L'Esprit des lois de Montesquieu.

Perspective comparative internationale
Nous vivons des phénomènes d'épuration ethnique, de génocide, de transfert de populations et, dans la moins pire des situations, d'intégration forcée. Le but : se tailler un territoire pour concrétiser une identité. Dans une approche comparative et pour rethéoriser, il faudrait étudier des situations de dysfonctionnement du fédéralisme territorial. Dans des situations multiples de fédéralisme territorial, en Afrique notamment, on trouve des adaptations, surtout dans des cas où les minorités, dont on entend régler l'autonomie, ne seraient pas géographiquement concentrées.
Une approche fédérale qui part du présupposé que les minorités sont géographiquement concentrées n'est pas aussi scientifique. C'est une approche même criminelle, parce qu'implicitement elle encourage des transferts de populations, des génocides, des épurations ethniques...
Que faire pour que le fédéralisme à l'échelle comparative soit humaniste ? Au Liban, en particulier, la géographie durant de longues années a été brutalisée, violentée, avec des logiques spatiales identitaires impossibles.
Le sionisme a introduit au Proche-Orient une logique identitaire territoriale dans une région qui n'a pas de traditions de territorialité identitaire. C'est une logique explosive dans une région qui a d'autres traditions. Nous vivons au quotidien aujourd'hui cette logique en Palestine. Une logique encore explosive pour Israël lui-même, avec des minorités arabes de plus en plus nombreuses à l'intérieur. Un grand penseur juif, Martin Buber, avait dit que l'idéologie de nation-building est un cadeau empoisonné de l'Occident à l'idéologie sioniste.
Des auteurs dans l'Empire austro-hongrois, surtout Otto Bauer et Karl Renner, avaient développé des idées fort pragmatiques et scientifiques. Otto Bauer, dans les moindres détails, décrit ce qui se passerait dans l'Empire austro-hongrois, dans tel village ou contrée, si on adopte un système fédéral territorial ou si on adopte un système d'autonomie personnelle selon une longue tradition constitutionnelle ottomane.
Le fédéralisme sur une base personnelle institue un ordre juridique applicable aux individus et minorités culturelles, quelle que soit leur localisation géographique. L'autonomie segmentaire peut être large ou limitée et étroite.
Le Liban fournit un exemple d'une très grande richesse sur les effets comparés des différents types de fédéralisation. Au cours de la négociation dans les années 1840 du statut de la Montagne, le problème a été posé : adopter un principe de territorialité ou de personnalité.
Metternich qui suivait ces problèmes dit à propos du Liban : « Ce petit pays si important. » En fait, durant des siècles, le Liban a essayé les régimes du caïmacamat et de la mutasarrifiya. Quand un régime territorial a été établi, il est apparu qu'il y a des minorités dans la minorité. On a alors institué le système de wakil (délégué) pour trancher les problèmes de ses coreligionnaires dans chaque région. Le système du wakil a été aussi objet d'interférence et de conflit de compétence, ce qui a fait dire plus tard à un consul de France : « Vous avez essayé de diviser l'indivisible. » Durant les guerres au Liban en 1975-1990, il y a eu une fédéralisation territoriale forcée, ou de fait, qui aboutissait à une impasse

Fédéralisme humaniste
Il faudrait penser sérieusement au rapport territorialité / identité en tant que rapport explosif. On ne peut plus réfléchir innocemment sur les problèmes de territoire et de division des territoires.
Les systèmes de fédéralisme personnel, actuellement existants, ne sont pas idéaux. Il y a là d'énormes problèmes :

1. Il faudrait d'abord rendre le fédéralisme personnel égalitaire. Il est égalitaire au Liban, c'est-à-dire en cas de conflit entre deux statuts personnels, aucun statut ne domine l'autre. Dans d'autres pays arabes, en cas de conflit de lois de statut personnel, c'est la loi musulmane qui s'applique. On relève des protestations en Égypte et ailleurs pour que les statuts personnels soient égalitaires.
2. Il faudrait aussi moderniser le fédéralisme personnel en le rendant ouvert. En fait le régime libanais, par l'arrêté 60 LR du 13 mars 1936, du temps du Mandat français, prévoyait la création d'une communauté de droit commun. Cela existait aussi en ex-Yougoslavie et à Chypre, ce qui implique la possibilité de ne pas être membre d'une communauté.
3. Il faudra aussi dans le fédéralisme personnel une instance supérieure de régulation. Dans le cas du Liban, c'est la Cour de cassation qui tranche en dernier ressort.
4. Il faudrait aussi développer un espace public neutre qui n'est pas anticommunautaire (l'appartenance à une communauté n'est pas moins légitime que l'appartenance à un parti ou à un syndicat), mais transcommunautaire.

***

« Si le Québec débouche sur une séparation, le problème restera entier », écrit A. Gagnon. C'est montrer les limites de la territorialité identitaire. Nous avions exposé ces limites et développé les exigences de modernisation des régimes de fédéralisme personnel au cours du Forum des fédérations, organisé à New Delhi les 4-8/11/20071.

Antoine MESSARRA
Membre du Conseil
constitutionnel. Professeur



* Le texte est un extrait d'une communication à une table ronde, à l'Université antonine, autour de l'ouvrage d'Alain-G. Gagnon : La raison du plus fort ; Plaidoyer pour le fédéralisme multinational, 2008, Université antonine, trad. en arabe,
2010, 250 p.

1 Unity in Diversity (Learning from Each Other), 4th International Conference on Federalism, Forum of Federations, 5-7 Novembre 2007, New Delhi (India), 2007, 496 p., et synthèse in an-Nahar, 28/11/2007.

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 11:44

 

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 11:43

 

Elle descendait de la montagne
Sur un chariot chargé de paille
Sur un chariot chargé de foin
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Elle descendait de la montagne
En chantant une chanson paillarde
Une chanson de collégien
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Mais nous on était cinq chômeurs
A s'lamenter sur not'malheur
En se disant qu'on se taperait bien
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Elle descendait de la montagne
V'là qu'elle nous voit vers les murailles
Et qu'elle nous fait : coucou les gens !
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Ben, v'là qu'elle nous prend par la taille
Pis qu'elle nous emmène sur sa paille
Elle nous fait le coup du zeppelin
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Ben nous on était cinq chômeurs
A s'payer une tranche de bonheur
Une tranche de tagada tsoin-tsoin
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Quand on eut passé la ferraille
Elle nous fit fumer de sa paille
Sacré bon dieu que c'était bien
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Plus question d'chercher du travail
On pédalait dans les nuages
Au milieu des petits lapins
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Elle descendait de la montagne
En chantant une chanson paillarde
Une chanson de collégien
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints
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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 11:37

 

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 11:34

 

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 10:29

 

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 10:25
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Le journal Fakir est un journal papier, en vente chez tous les bons kiosquiers ou sur abonnement. Il ne peut réaliser des enquêtes, des reportages, que parce qu'il est acheté.

J’ai débarqué, à vingt ans, chez mes cousins bretons.
Je savais pas que je mettais les pieds dans une « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste »...

«Est-ce que tu parles le patois breton ?
– Le “patois breton” ? Mais c’est une langue ! »


Suzanne a failli s’étrangler. J’avais vingt ans, je débarquais chez mes cousins de Bretagne, j’étais jacobin sans le savoir, et c’est là que j’ai entendu parler pour la première fois de « l’Etat français ». A force de boire des verres de rouge, le soir, dans la ferme, je me sentais en territoire occupé. Parce que c’était vraiment pas terrible, quand Michel le paysan bio et Suzanne l’infirmière à domicile parlaient de « l’Etat français ». Et au fil des bouteilles de pinard, j’ai découvert ça : ils avaient accueilli des mecs de l’ETA.
Ouais.
Eux. Mes cousins.
Ils avaient protégé des terroristes.
Je plongeais soudain en plein dans l’aventure. Dans les années 90, ça se cachait même pas. T’allais dans des festoù-noz ou au bar, tu tombais sur un type qui te disait “Tiens, j’ai des Basques à la maison, tu voudrais pas les prendre un mois ou deux ?” »
C’est comme ça que Michel et Suzanne ont hérité de quelques Basques. Au nez et à la barbe de « l’Etat français », rapidement informé néanmoins des liens entre « peuples minoritaires ». Et ça lui plaît pas trop, à l’Etat français : « Héberger des gens comme ça, c’est un engagement, confie Suzanne. Tu as deux types en permanence à la maison, il faut les planquer dès que quelqu’un arrive, ranger vite fait les assiettes…
– Et puis à l’époque, quand ils se faisaient choper, ils étaient expédiés en Espagne. Là-bas, c’était la torture. Pour éviter ça, ils se trimballaient avec des flingues : le truc en cas d’arrestation, c’était de tirer sur les flics français. Commettre un délit en France, pour être jugé et encabané ici.
– Et puis il y a eu les premières arrestations d’accueillants »
, se souvient Suzanne.


Prêts pour le fourgon

Loger des Basques tombe sous le coup de la loi. C’est une « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », comme cause le Code. Et contre eux, contre « ces groupes opérationnels » doit s’opérer une « neutralisation judiciaire préventive avant qu’ils ne passent à l’action ». Ça a quand même de la gueule, mes cousins transformés en « groupe opérationnel » par la grâce d’un article de loi…
« Les gens ont commencé à être arrêtés, reprend Suzanne. Ce qui nous a vraiment gonflés, c’est le profil des personnes que les flics prenaient : des femmes seules, des trucs dans le genre. Par contre, ils tapaient pas sur les syndicalistes, les élus, qui avaient accueilli aussi. Du coup j’ai dit à Michel “on va aller les voir, on va aller s’expliquer.” »
Et un beau matin, Michel laisse ses patates, ses brebis, ses agneaux et ses haricots pour aller se dénoncer à la gendarmerie du coin : « C’est vrai, quoi, faut faire tourner les commerces de proximité… »
Sidérés, les flics le laissent repartir comme il est venu.
« C’est là que j’ai commencé à dormir avec ma petite culotte, rigole Suzanne. On savait que les gens qui avaient été arrêtés étaient sortis du lit et menottés à poil aux radiateurs, devant les gamins… Du coup je dormais habillée.
– On avait fait nos sacs comme quand on part en colo. Avec le
dentifrice, les carnets de timbres, la cartouche de Caporal…
– Tu fumais déjà du Caporal quand t’étais en colo ?
– Putain qu’il est con ! On se doutait bien qu’à un moment donné, ça allait nous tomber sur le coin de la gueule… »


Les brebis d’abord

Ça leur tombe dessus un mois après la visite à la gendarmerie :
« C’était en février, on se caillait dans le champ de patates, du coup on était rentrés faire une pause. On buvait un thé, et on les voit arriver,raconte Suzanne.
Je suis allé au téléphone. J’avais programmé trois bips. Le flic a dû croire qu’on montait un coup du tonnerre : il m’a mis le flingue sur la tempe. Fallait voir comme il tremblait ! T’inquiète, je lui ai dit, je préviens les copains : que vous me foutiez en cabane, tout le monde s’en fout. Mais si jamais pendant qu’on est en taule, y a deux ou trois brebis à crever là et que Brigitte Bardot apprend ça, vous êtes morts.”
Ils ont envoyé un mec de la SPA, par la suite ! Pour te dire le niveau !
– Ils nous ont transférés à Fleury-Mérogis. Le jour où ils nous ont ramassés, il y a deux cents mecs qui se sont pointés au commissariat de Guingamp. Les flics les ont fait rentrer deux par deux: ils ont tous signé pour dire “nous aussi, on a accueilli des Basques, on veut aller en taule”...
– Les antiterroristes, ils ont pas trop le sens de l’humour. Fallait voir le convoi : deux voitures devant le camion cellulaire, deux voitures derrière, les mecs avec leurs pistolets-mitrailleurs, et moi au milieu dans ma cage, les mains dans le dos. On se payait les grands boulevards en sens inverse… A la sortie du périph’, je dis aux mecs :
“Ah, j’ai vu un camion avec des choux-fleurs ! Ca doit être des Bretons qui viennent me libérer !” Direct ils ont armé leurs flingues, “clang clang”… Oh les gars ! C’était une vanne ! »


Des caïds

« On s’est retrouvés en taule le 14 février, se rappelle Michel. Depuis le temps que je promettais à Suzanne d’aller à Paris pour la Saint-Valentin !
– Pour nous, c’était le grand luxe : on avait une cellule seule. Et puis moi, les filles basques m’avaient pris sous leurs ailes.
– C’est vrai que le statut de terroriste, c’est bien, confirme Michel. Dans la cour, je demande à un mec : “T’as vu ma fenêtre ? Pourquoi y a deux fois plus de rangées de barbelés ? – Ben ouais, qu’il me dit, c’était la piaule à Carlos.”
Du coup les petites frappes se disent que t’es une grosse pointure. Et les grands truands te respectent, parce que eux ils font ça pour le pognon. Ils envoient des mecs à eux pour parler aux autres.
Mais à moi, ils me parlaient en direct, sous la douche
:“Alors FLB, ça va ? – Ça boume !” Faut dire que j’étais content de connaître des mecs sérieux, comme le Turc, là, avec ses quatre tonnes d’héroïne… C’est toujours intéressant, d’avoir des relations dans le business.
– C’est comme une des nanas que j’ai rencontrées. C’était une beauté. Elle avait fricoté avec la mafia corse. Elle avait fait plein de pognon, construit une maison à chacun de ses enfants… “Cinq ans dans une vie ? C’est rien !, elle me disait. J’ai balancé personne, les Corses me foutront la paix quand je sortirai. J’ai joué, j’ai perdu, mais je m’en sors bien...”
– Cinq ans, faut quand même se les faire, je remarque.
– C’est vrai que le temps est long. Du coup, tu prends tout ce qui passe : y avait la messe le dimanche, j’y suis allée une fois. Le cinéma, aussi, j’ai vu Elephant Man. Ça remonte le moral, Elephant Man, quand t’es en taule...
– On serait restés un peu, on aurait monté une chorale, un syndicat…
– Il y en avait qui en auraient eu besoin… Une aide-ménagère, là, qui était magnifique… Elle me racontait une engueulade avec son mari qui avait un fusil : “Je me suis débattue… Le coup est parti… J’ai vu sa cervelle tomber à mes pieds…
– Ah bon !, j’ai dit. Ben je vais mettre la radio et on va danser un peu et... Euh… Et on va boire une ricorée, hein !” »


Retour en fanfare

Après un mois de détention préventive, Suzanne est libérée un jour de mars :
« J’ai gueulé !
– Comment ça ?
– Il était dix heures du soir ! On va pas me foutre dehors à Sainte-Geneviève-des-Bois à dix heures du soir ! J’ai dit “l’Etat français me paye encore une nuit, j’en profite !” Je suis sortie à huit heures le lendemain.
– Ouais ! Elle a fait une nuit de plus !,
admire Michel. Après le bordel qu’elle avait foutu, moi j’ai eu un taxi pour sortir. Ils m’ont extrait en trois coups de cuillère à pot, foutez-moi ça au TGV !
– Quand je suis arrivée à Saint-Brieuc, y avait les binious, les bombardes, et des fleurs partout !
– Et un fest-noz pour nous à Cléguérec ! Le retour des héros !
– On est allés voir les trois personnes qui étaient en grève de la faim pour nous soutenir à Rostrenen.
– Les mecs de Tarnac, ça m’a fait marrer : ils ont fait une tribune pour dire “on arrête notre contrôle judiciaire”. Nous, on l’a pas dit, on n’a pas fait de conférence de presse, mais on n’a rien respecté ! Le soir même, on faisait la java avec nos codétenus… »

Le procès a lieu quelque temps plus tard. Ils ramassent de la prison avec sursis (« on se rappelle plus combien de temps »), cinq ans d’interdiction de séjour à Paris (« ça tombe bien, on n’y va jamais ») et une interdiction de séjour au pays basque («alors qu’on nous expliquait que ça n’existait pas administrativement!»).
Les Basques qu’ils avaient accueillis ont été arrêtés depuis. Ont écopé de peines de prison lourdes. Très lourdes. Ça m’interroge, moi. Des mecs qui se trimballent avec des flingues. Et puis l’ETA, c’est un paquet d’attentats, quand même. Des bombes qui tuent. « On peut pas juger,it Suzanne. On n’a pas vécu ce qu’ils ont vécu. Jacques, un des gars qu’on a accueillis, il a basculé le jour où il a vu dans une manif un flic taper dans le ventre d’une femme enceinte en hurlant : “Un sale petit Basque en moins.” C’est comme la fille que j’ai rencontrée en prison, je la comprenais. Son père avait été tué sous le franquisme, son copain exécuté parce qu’il était sympathisant indépendantiste. »
Je fais la moue.
Les causes qui se défendent à coup d’explosifs, à l’aveugle, je me méfie.
« C’est ça, le droit d’asile, définit Suzanne. Un mec arrive, tu l’accueilles, c’est tout. Le citoyen n’est pas un flic, le citoyen n’est pas un juge. »
Ils se sourient. Deux amoureux. Mes cousins..

(article publié dans Fakir N°46, juin 2010)

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 23:42

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Réforme, Liberté, Justice et Loi

Le général en chef de l'armée libératrice du Sud:
Au peuple du Mexique,
A tous les peuples du monde
Mes frères


La fleur de la parole ne mourra pas. Celui au visage obscur qui la prononce pourra mourir mais la parole qui est venue depuis le fond de l'Histoire et de la Terre ne pourra plus être arrachée par l'orgueil du pouvoir.
Nous sommes nés dans la nuit. Nous y vivons, et nous mourrons dans la nuit. Mais la lumière viendra demain pour les autres, pour tous ceux qui pleurent la nuit, pour ceux à qui le jour leur est refusé, pour ceux à qui la mort est synonyme de cadeau, à ceux à qui la vie est interdite.
Lumière pour tous. Tout pour tous.
Pour nous: la douleur et l'angoisse, la rébellion joyeuse, l'avenir fermé, la dignité insurgée.
Pour nous, rien.
Nous luttons pour nous faire entendre et le mauvais gouvernement crie de colère et bouche ses oreilles avec des coups de canons.
Nous luttons pour la nourriture et le mauvais gouvernement offre du plomb et du papier aux estomacs de nos enfants.
Nous luttons pour un toit digne de ce nom, et le mauvais gouvernement détruit notre maison et notre Histoire.
Nous luttons pour le Savoir et le mauvais gouvernement distribue ignorance et mépris.
Nous luttons pour les terres et le mauvais gouvernement offre des cimetières.
Nous luttons pour un travail juste et digne et le mauvais gouvernement achète et vend les corps et la honte.
Nous luttons pour la vie et le mauvais gouvernement offre la mort comme futur
Nous luttons pour le droit à gouverner et à nous gouverner et le mauvais gouvernement impose aux autres la loi du plus fort.
Nous luttons pour la liberté de penser et le mauvais gouvernement met des prisons et des tombes.
Nous luttons pour la justice et le mauvais gouvernement se remplit de criminels et d'assassins.
Nous luttons pour l'Histoire et le mauvais gouvernement propose l'oubli.
Nous luttons pour la Patrie et le mauvais gouvernement rêve de drapeaux et de langues étrangères.
Nous luttons pour la Paix et le mauvais gouvernement annonce guerre et destruction.
Toit, Terre, Travail, Pain, Santé, Education, Indépendance, Démocratie, Liberté, Justice et Paix furent nos demandes dans la longue nuit qui a duré 500 ans.
Ce sont, aujourd'hui, nos exigences."


janvier 1994

 

 

 

 

DEUXIÈME DÉCLARATION DE LA FORÊT LACANDONE

Frères mexicains,

Notre lutte continue. Le drapeau zapatiste flotte toujours dans les montagnes du Sud-Est mexicain et aujourd’hui nous disons :

Nous ne nous rendrons pas !

Tournés vers la montagne, nous avons parlé avec nos morts, afin que leur parole nous désigne le bon chemin, celui que doit emprunter notre visage bâillonné.

Les tambours ont retenti et dans la voix de la terre a parlé notre douleur et notre histoire a parlé.

"Tout pour tous", disent nos morts. Tant qu’il n’en sera pas ainsi il n’y aura rien pour nous.

Dites la parole des autres Mexicains, trouvez le chemin du cœur à l’écoute de ceux pour qui nous luttons, invitez-les à marcher du pas digne de ceux qui n’ont pas de visage. Appelez tout le monde à résister, que personne n’accepte rien de ceux qui commandent en commandant. Que le fait de ne pas se vendre devienne une bannière commune. Demandez qu’on ne se contente pas de paroles d’encouragement devant notre douleur. Demandez qu’on la partage, demandez que l’on résiste avec vous, que l’on rejette toutes les aumônes qui viennent des puissants. Que toutes les bonnes gens qui vivent sur ces terres organisent aujourd’hui la dignité qui résiste et ne se vend pas. Que demain cette dignité s’organise pour exiger que la parole qui est dans le cœur du plus grand nombre soit reconnue et saluée par ceux qui gouvernent. Que s’impose le bon chemin, où celui qui commande commande en obéissant.

Ne vous rendez pas ! Résistez ! Ne faillissez pas à l’honneur de la parole vraie. Résistez avec dignité sur les terres des hommes et des femmes vrais, que les montagnes abritent la douleur des hommes de maïs. Ne vous rendez pas ! Résistez ! Ne vous vendez pas ! Résistez !

C’est ce qu’a dit la parole venant du cœur de nos morts de toujours. Nous avons vu que la parole de nos morts était bonne, nous avons vu qu’il y a vérité et dignité dans leur conseil. C’est pour cela que nous appelons tous nos frères indigènes mexicains à résister avec nous. Nous appelons tous les paysans à résister avec nous, les ouvriers, les employés, les fermiers, les femmes au foyer, les étudiants, les instituteurs, ceux qui font leur vie de la pensée et de la parole, tous ceux qui ont le sens de l’honneur et de la dignité, nous les appelons tous pour qu’ils résistent avec nous, car ce mauvais gouvernement veut qu’il n’y ait pas de démocratie sur notre sol. Nous n’accepterons rien qui vienne du cœur pourri de ce gouvernement mauvais, ni le moindre sou, ni un médicament, ni une pierre, ni un grain de nourriture, ni la moindre miette des aumônes qu’il propose en échange de notre digne cheminement.

Nous ne recevrons rien du suprême gouvernement. Même si notre peine et notre douleur augmentent, même si la mort demeure à notre table, sur notre terre et dans notre lit, même si nous voyons que d’autres se vendent à la main qui les opprime, même si tout fait mal, même si notre peine pleure jusque dans les pierres. Nous n’accepterons rien, nous résisterons. Nous ne recevrons rien du gouvernement, nous résisterons jusqu’à ce que celui qui commande commande en obéissant.

Frères, ne vous vendez pas. Résistez avec nous. Ne vous rendez pas. Résistez avec nous. Répétez avec nous, frères : "Nous ne nous rendons pas ! Nous résistons !" Que cette parole ne s’entende pas seulement dans les montagnes du Sud- Est mexicain, qu’elle s’entende aussi dans le Nord et dans les péninsules, qu’on l’écoute sur les deux côtes, qu’on l’entende dans le centre, qu’elle se fasse cri dans les vallées et dans les montagnes, qu’elle résonne à la ville et à la campagne. Unissez vos voix, frères, criez avec nous, faites vôtre notre voix :

Nous ne nous rendons pas ! Nous résistons !

Que la dignité brise le cercle par lequel les mains sales de ce mauvais gouvernement nous asphyxient. Nous sommes tous cernés, ils ne laissent pas la démocratie, la liberté et la justice pénétrer en terre mexicaine. Frères, nous sommes tous cernés. Ne nous rendons pas ! Résistons ! Soyons dignes ! Ne nous vendons pas !

À quoi serviront au puissant toutes ses richesses s’il ne peut pas acheter ce qu’il y a de plus précieux sur ces terres ? Si la dignité de tous les Mexicains n’a pas de prix, à quoi sert le pouvoir du puissant ?

La dignité ne se rend pas !

La dignité résiste !

Démocratie !
Liberté !
Justice !

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain.
Comité clandestin révolutionnaire indigène Commandement général de l’Armée zapatiste de libération nationale
Mexique, juin 1994.

 

 

 

TROISIÈME DÉCLARATION DE LA FORÊT LACANDONE

Un an après le soulèvement zapatiste, nous disons aujourd’hui :

 

La patrie vit ! Et elle nous appartient ! Nous avons été malheureux, c’est vrai ; la chance nous a souvent été défavorable, mais la cause du Mexique, qui est la cause du droit et de la justice, n’a pas succombé, n’est pas morte et ne mourra pas, parce qu’il existe encore des Mexicains courageux dans le cœur desquels brûle le feu sacré du patriotisme et, quel que soit l’endroit de la République où ils se trouvent, les armes et le drapeau national à la main, il existera, comme ici, vif et énergique, le refus que le droit oppose à la force. 
Que l’homme imprudent qui a accepté la triste mission d’être l’instrument de la mise en esclavage d’un peuple libre le comprenne bien : son trône vacillant ne repose pas sur la libre volonté de la nation, mais sur le sang et les cadavres de milliers de Mexicains qu’il a sacrifiés sans motif, pour la simple raison qu’ils défendaient leur liberté et leurs droits. 
Mexicains : vous qui avez le malheur de vivre sous la domination de l’usurpation, ne vous résignez pas à supporter le joug d’opprobre qui pèse sur vous. 
Ne vous méprenez pas sur les perfides allusions des partisans des faits accomplis, parce qu’ils sont, et ont toujours été, les partisans du despotisme. 
L’existence du pouvoir arbitraire est une violation permanente du droit et de la justice, que ne peuvent jamais justifier ni le temps ni les armes, et qu’il est nécessaire de détruire pour l’honneur du Mexique et de l’humanité.

 

MANIFESTE : DEBOUT ET AUSSI RÉSOLUS QU’AU PREMIER JOUR. Benito Juárez, janvier 1865, Chihuahua.

 

Au peuple du Mexique.

Aux peuples et gouvernements du monde.

Frères,

Le 1er janvier 1994, nous faisions connaître la Première Déclaration de la forêt Lacandone. Le 10 juin 1994, nous avons lancé la Deuxième Déclaration de la forêt Lacandone. L’une et l’autre étaient motivées par la volonté de lutter pour la démocratie, la liberté et la justice pour tous les Mexicains.

Dans la première, nous avons appelé le peuple mexicain à se soulever en armes contre le mauvais gouvernement, principal obstacle dans la marche de notre pays vers la démocratie. Dans la deuxième, nous avons appelé les Mexicains à un effort civil et pacifique, par l’intermédiaire de la Convention nationale démocratique, pour obtenir les profonds changements que demande la nation.

Alors que le gouvernement suprême montrait sa déloyauté et sa superbe, nous, entre ces deux manifestes, nous sommes efforcés de faire voir au peuple mexicain, notre support social, le bien-fondé de nos demandes et la dignité qui anime notre lutte. Nos armes alors se sont tues et se sont écartées, pour que la lutte légale démontre ses possibilités... et ses limites. À partir de la Deuxième Déclaration de la forêt Lacandone, l’EZLN a tenté, par tous les moyens, d’éviter la reprise des hostilités, et a cherché une issue politique, digne et juste, qui permette d’apporter une réponse aux demandes exprimées dans les onze points de notre programme de lutte : logement, terre, travail, alimentation, santé, éducation, justice, indépendance, liberté, démocratie et paix.

Le processus préélectoral d’août 1994 a apporté l’espoir, dans de vastes secteurs du pays, que la transition démocratique était possible par la voie électorale. Sachant que les élections ne sont pas, dans les conditions actuelles, le chemin du changement démocratique, l’EZLN a commandé en obéissant et s’est effacée pour permettre aux forces politiques légales d’opposition de lutter. L’EZLN a alors engagé sa parole et ses efforts dans la recherche d’une transition pacifique vers la démocratie. À travers la Convention nationale démocratique, l’EZLN a appelé à un effort civil et pacifique qui, sans s’opposer à la lutte électorale, ne s’y épuiserait pas et chercherait de nouvelles formes de lutte capables d’impliquer davantage de secteurs démocratiques au Mexique et de tisser des liens avec des mouvements de lutte pour la démocratie d’autres parties du monde. Le 21 août a mis fin aux illusions d’un changement immédiat par la voie pacifique. Un processus électoral souillé, immoral, inéquitable et illégitime, s’est achevé en nouveau pied-de-nez à la juste volonté des citoyens. Le système du parti-État a réaffirmé sa vocation antidémocratique et imposé, partout et à tous les niveaux, sa volonté arrogante. Face à une participation électorale sans précédent, le système politique mexicain a opté pour l’autoritarisme, coupant court aux espoirs que suscitait la voie électorale. Des rapports de la Convention nationale démocratique, de l’Alliance Civique et de la Commission pour la vérité ont mis en lumière ce que cachaient, avec une honteuse complicité, les grands médias : une fraude gigantesque. Les multiples irrégularités, l’iniquité, la corruption, le chantage, l’intimidation, le vol et la falsification, ont été le cadre dans lequel se sont déroulées les élections les plus sales de toute l’histoire du Mexique. Les taux élevés d’abstention des élections locales de Veracruz, Tlaxcala et Tabasco, démontrent que le scepticisme civil régnera de nouveau au Mexique. Mais, non content de cela, le système du parti-État a renouvelé la fraude d’août, en imposant des gouverneurs, des maires et des parlements locaux. Comme à la fin du XIXe siècle, lorsque les traîtres organisèrent des "élections" pour légitimer l’intervention française, on prétend aujourd’hui que la nation salue, avec bienveillance, la continuité de la contrainte et de l’autoritarisme. Le processus électoral d’août 1994 est un crime contre l’État. C’est en tant que criminels que doivent être jugés les responsables de cette fraude.

D’un autre côté, le gradualisme et le renoncement apparaissent dans les rangs de l’opposition, qui accepte de voir dissoudre une grande fraude en multitude de petites "irrégularités". Voici qu’apparaît à nouveau la grande fracture dans la lutte pour la démocratisation au Mexique : prolongation de l’agonie par le pari sur une transition "sans douleur" ou coup de grâce dont l’éclat illumine le chemin de la démocratie.

Le cas du Chiapas n’est que l’une des conséquences de ce système politique. En ne tenant aucun compte des aspirations du peuple chiapanèque, le gouvernement a redoublé la dose d’autoritarisme et d’arrogance.

Face à une ample mobilisation de rejet, le système du parti-État a choisi de répéter jusqu’à la nausée le mensonge de son triomphe et a exacerbé les confrontations. La polarisation actuelle de la scène du Sud-Est mexicain est le fait du gouvernement et démontre son incapacité à résoudre, en profondeur, les problèmes politiques et sociaux du Mexique. Par la corruption et la répression, ils tentent de résoudre un problème qui n’a d’autre solution que la reconnaissance du triomphe légitime de la volonté populaire du Chiapas. Jusqu’alors, l’EZLN s’était tenue à l’écart des mobilisations populaires, malgré la grande campagne de discrédit et de répression sans discrimination que ces dernières avaient à affronter.

Dans l’attente de signes de la volonté gouvernementale d’aboutir à un règlement politique, juste et digne, du conflit, l’EZLN a vu, impuissante, les meilleurs enfants de la dignité du Chiapas assassinés, emprisonnés et menacés ; elle a vu ses frères indigènes du Guerrero, de l’Oaxaca, du Tabasco, de Chihuahua et de Veracruz réprimés et ne recevoir que railleries en réponse à leur demande d’amélioration de leurs conditions de vie.

Pendant toute cette période, l’EZLN n’a pas seulement subi le siège militaire et les menaces et intimidations des forces fédérales ; elle a aussi résisté à une campagne de calomnies et de mensonges. Comme aux premiers jours de l’année 1994, nous avons été accusés de recevoir assistance militaire et financement étrangers ; on a tenté de nous forcer à déposer nos drapeaux en échange d’argent et de postes gouvernementaux ; on a tenté d’enlever sa légitimité à notre lutte en diluant la problématique nationale dans le cadre indigène local.

Pendant ce temps, le gouvernement suprême préparait la solution militaire à la rébellion indigène du Chiapas, et la nation était plongée dans le désespoir et le dégoût. Avec sa prétendue volonté de dialogue, qui n’occultait que la volonté de tuer l’EZLN en l’asphyxiant, le mauvais gouvernement laissait passer le temps et la mort dans les communautés indigènes de tout le pays.

Pendant ce temps, la Parti révolutionnaire institutionnel, branche politique du crime organisé et du trafic de stupéfiants, prolongeait sa phase de décomposition la plus aiguë en recourant à l’assassinat comme méthode de règlement de ses luttes internes. Incapable de tenir un dialogue civilisé en son sein, le PRI ensanglantait le sol national. L’usurpation des couleurs du drapeau national par le sigle du PRI est pour tous les Mexicains une honte qui dure.

Voyant que le gouvernement et le pays couvraient à nouveau d’oubli et de désintérêt les habitants originels de ces terres ; voyant que le cynisme et le laisser-aller gagnaient à nouveau le cœur de la nation, et que, en plus du droit aux conditions minimales d’une existence digne, on refusait aux peuples indiens le droit de gouverner et se gouverner selon leur raison et leur volonté ; voyant que la mort de nos morts devenait inutile ; voyant qu’on ne nous laissait pas d’autre voie, l’EZLN a pris le risque de briser l’encerclement militaire qui la retenait et a avancé au secours d’autres frères indigènes qui, une fois épuisées les voies pacifiques, plongeaient dans le désespoir et la misère. Voulant à tout prix éviter d’ensanglanter le sol mexicain du sang de nos frères, l’EZLN a dû, une nouvelle fois, attirer l’attention de la nation sur les graves conditions de vie des indigènes mexicains, en particulier ceux dont on supposait qu’ils avaient déjà reçu l’aide gouvernementale, et qui, pourtant, continuent de traîner la misère dont ils héritent, année après année, depuis cinq siècles. Par l’offensive de décembre 1994, l’EZLN a cherché à montrer, au Mexique et au monde, son orgueilleuse essence indigène et le caractère insoluble de la situation sociale locale, s’il n’y a pas de profonds changements dans les relations politiques, économiques et sociales de tout le pays.

La question indigène n’aura pas de solution sans transformation RADICALE du pacte national. La seule manière d’intégrer, avec justice et dignité, les indigènes à la nation, c’est en reconnaissant les caractéristiques propres à leur organisation sociale, culturelle et politique. Les autonomies ne sont pas une séparation, elles sont l’intégration au Mexique contemporain des minorités les plus humiliées et oubliées. C’est ce que veut l’EZLN depuis sa formation et c’est ce qu’ordonnent les bases indigènes qui forment la direction de notre organisation.

Aujourd’hui nous répétons : NOTRE LUTTE EST NATIONALE.

On nous a critiqués en disant que, nous, les zapatistes, demandons beaucoup, que nous devons nous contenter de l’aumône que nous a offerte le mauvais gouvernement. Celui qui est prêt à mourir pour une cause juste et légitime a le droit de tout demander. Nous, zapatistes, sommes prêts à offrir la seule chose que nous ayons, la vie, pour exiger la démocratie, la liberté et la justice pour tous les Mexicains.

Nous réaffirmons aujourd’hui :

TOUT POUR TOUS, RIEN POUR NOUS !

À la fin de l’année 1994 explosait la farce économique avec laquelle le salinisme avait trompé la nation et la communauté internationale. La patrie de l’argent a appelé en son sein les grands seigneurs du pouvoir et de la superbe, et ceux-ci n’ont pas hésité à trahir le sol et le ciel où ils s’enrichissaient par le sang mexicain. La crise économique a réveillé les Mexicains du doux rêve abrutissant de l’accession au premier monde. Le cauchemar du chômage, de la vie chère et de la misère, sera désormais plus aigu pour la majorité des Mexicains.

Cette année qui se termine, 1994, a fini de montrer le vrai visage du système brutal qui nous domine. Le programme politique, économique, social et répressif du néolibéralisme a démontré son inefficacité, sa fausseté, et la cruelle injustice qui en est l’essence. Le néolibéralisme en tant que doctrine et en tant que réalité doit être jeté, et vite, à la poubelle de l’histoire nationale.

Frères,

Aujourd’hui, au milieu de cette crise, l’action résolue de tous les mexicains honnêtes est nécessaire, pour réussir un changement réel et profond du destin de la nation.

Aujourd’hui, après avoir d’abord appelé à prendre les armes, puis à la lutte civile et pacifique, nous appelons le peuple du Mexique à lutter PAR TOUS LES MOYENS, À TOUS LES NIVEAUX ET PARTOUT pour la démocratie, la liberté et la justice, par cette...

TROISIÈME DÉCLARATION DE LA FORÊT LACANDONE

où nous appelons toutes les forces sociales et politiques du pays, tous les Mexicains honnêtes, tous ceux qui luttent pour la démocratisation de la vie nationale, à la formation d’un Mouvement pour la libération nationale, incluant la Convention nationale démocratique et TOUTES les forces qui, sans distinction de croyances religieuses, de race ou d’idéologie politique, sont contre le système du parti-État.

Ce Mouvement pour la Libération nationale luttera, d’un commun accord, par tous les moyens et à tous les niveaux, pour l’instauration d’un gouvernement de transition, une nouvelle Constituante, une nouvelle Constitution et la destruction du système de Parti-État. Nous appelons la Convention nationale démocratique et le citoyen Cuauhtémoc Cardenas Solorzano, à prendre la tête de ce Mouvement pour la libération nationale, en tant que large front d’opposition.

Nous appelons les ouvriers de la république, les travailleurs de la campagne et de la ville, les banlieusards, les professeurs et les étudiants du Mexique, les femmes mexicaines, les jeunes de tout le pays, les artistes et intellectuels honnêtes, les religieux conséquents, les militants de base des différentes organisations politiques, à se battre, dans leur milieu et selon les formes de lutte qu’ils jugent possibles et nécessaires, pour la fin du système de parti-État, en rejoignant la Convention nationale démocratique s’ils n’ont pas de parti, et le Mouvement pour la libération nationale s’ils militent dans l’une des forces politiques d’opposition.

Par conséquent, en accord avec l’esprit de cette Troisième Déclaration de la forêt Lacandone, nous déclarons :

Premièrement. Est retirée au gouvernement fédéral la tutelle de la patrie. Le drapeau du Mexique, la loi suprême de la nation, l’hymne mexicain et les armes de la nation sont désormais sous la garde des forces de la résistance ; jusqu’à ce que la légalité, la légitimité et la souveraineté soient restaurées sur tout le territoire national.

Deuxièmement. Est déclarée en vigueur la Constitution politique originelle des États unis mexicains, promulguée le cinq février 1917, en y ajoutant les lois révolutionnaires de 1993 et les statuts d’autonomie adjoints pour les régions indigènes, ce jusqu’à ce que soit instaurée une nouvelle Constituante et promulguée une nouvelle Carta Magna.

Troisièmement. Nous appelons à la lutte pour que soit reconnu "gouvernement de transition démocratique " celui dont se doteront d’elles-mêmes les différentes communautés, organisations sociales et politiques, maintenant le pacte fédéral souscrit dans la Constitution de 1917, et à ce qu’elles rejoignent, sans distinction de religion, de classe sociale, d’idéologie politique, de race ou de sexe, le Mouvement pour la libération nationale.

L’EZLN appuiera la population civile dans sa tâche de rétablissement de la légalité, de l’ordre, de la légitimité et de la souveraineté nationales, et dans la lutte pour la formation et l’instauration d’un gouvernement national de transition démocratique aux caractéristiques suivantes :

 

1. Il liquidera le système du parti-État et séparera réellement le gouvernement du PRI.

 

2. Il réformera la loi électorale en des termes garantissant : propreté, crédibilité, équité, participation citoyenne non partisane et non gouvernementale, reconnaissance de toutes les forces politiques nationales, régionales ou locales, et convoquera de nouvelles élections générales dans la Fédération.

3. Il convoquera une nouvelle constituante pour l’élaboration d’une nouvelle constitution.

4. II reconnaîtra les particularités des groupes indigènes ; il reconnaîtra leur droit à une autonomie incluante et leur citoyenneté.

5. Il réorientera le programme économique national, renonçant à la dissimulation et au mensonge et favorisant les secteurs les plus démunis du pays, les ouvriers et paysans, qui sont les principaux producteurs de la richesse que d’autres s’approprient.

 

Frères,

La paix viendra, amenée par la démocratie, la liberté et la justice pour tous les Mexicains. Nos pas ne peuvent trouver la juste paix que réclament nos morts, si c’est au prix de notre dignité mexicaine. La terre n’a pas de répit et marche dans nos cœurs. L’offense faite à nos morts demande la lutte pour laver leur peine. Nous résisterons. L’opprobre et la superbe seront vaincus.

Comme avec Benito Juárez face à l’intervention française, la patrie marche, à présent, aux côtés des forces patriotes, contre les forces antidémocratiques et autoritaires.

Aujourd’hui, nous disons :

LA PATRIE VIT ! ET ELLE NOUS APPARTIENT !

 

Démocratie !
Liberté !
Justice !

 

Depuis les montagnes du Sud-est mexicain. 
Comité clandestin révolutionnaire indigène-Commandement général de l’Armée zapatiste de libération nationale. 
Mexique, janvier 1995.


 

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 23:15
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"Nous croyons que l’armée colombienne s’est convertie en une armée d’occupation contre son propre peuple : une armée qui protège les intérêts des grandes multinationales, contre notre propre peuple, une armée qui veut livrer les richesse, le pétrole, l’or, la biodiversité aux entreprises multinationales" Ramiro Orejuela, avocat défenseur des victimes des crimes d’état.

Des défenseurs des droits humains dénoncent la gravissime crise humanitaire qui vit la Colombie. Ils dénoncent la découverte d’au moins 1 505 corps supplémentaires dans des fosses communes en Colombie, dans le département de la Meta, la même région que la plus grande fosse commune du continent, avec 2 000 cadavres découverte en décembre 2009, et dont les cadavres sont les corps de disparus et d’assassinés par l’armée, comme il en a été conclus lors des audience publique de témoins et de proches en juillet 2010 près de la gigantesque fosse commune de la Macarena. La plus grande fosse commune du continent américain est située près du bataillon militaire de la Force Oméga du Plan Colombie, qui dispose d’une étroite collaboration militaire étasunienne.

Des défenseurs des droits humains dénoncent que les nouveaux 1 505 restes humains découverts dans la région peuvent être encore plus de civils assassinés par l’armée.

De nombreux défenseurs des droits humains, les congressistes du Polo Democrático Alternativo (PDA) Gloria Inés Ramírez et Iván Cepeda Castro, accompagnèrent le groupe de spécialistes de la justice colombienne qui le jeudi 16 décembre réalisa une inspection judiciaire avec pour but d’exhumer 66 corps qui se trouvaient dans une tombe collective dans la municipalité de Granada dans le département de la Meta. Cette tombe coïncide avec les dénonciation du PDA lors de deux sessions du Congrès de la République il y a quelques mois ; des dénonciation basées sur les réitérés et courageuses dénonciation de familles de disparus et d’habitants de la zone.

Bien que le gouvernement dit que les corps trouvés sont ceux de personnes "morts aux combats" (ce qu’il dit aussi dans le cas de la fosse de la Macarena, ce qui se révéla faux), les dirigeants du Polo le jésuite Javier Giraldo, qui s’est aussi déplacé dans la zone, ont avertit qu’il y a beaucoup de mineurs morts, ce qui pourrai signifier des bombardements contre la population civile, mais aussi de disparus ou de "faux positifs" de la part de l’armée. les "faux positifs" sont des enlèvements de civils par l’armée qui ensuite les assassine et les déguise en "guérilleros abattus au combat" ; ils y a eu des milliers de cas dénoncés d’assassinats de "faux positifs" en Colombie.

Sur cette dantesque nouvelle découverte, Telesur a interviewé Ramiro Orejuela, avocat défenseurs des droits humains :

Voir la vidéo

"grâce aux dénonciations des organisations de droits humains et des familles des victimes, familles de disparus, on a réussit à ce que la justice trouve une énorme nouvelle fosse commune [...] il est important que maintenant les familles qui sont venues dénoncer les disparition de ses proches donnent des échantillons d’ADN [...] le plus important est que les dénonciations que nous faisons depuis longtemps soit corroborées ... chose que refuse de faire le gouvernement à travers du ministre de la défense qui dit qu’il n’y a pas de fosses communes, nous avons démontré que durant les quatre derniers mois ont a découvert 1 500 personnes non identifiées [...]seulement dans 3 cimetières de la Meta ont a trouvé plus de 1 500 personnes, une situation dantesque pour l’humanité, qui montre que la violation des droits humains de la part de la force publique contre le peuple".

Et au sujet de l’origine des morts il déclare :

"[...] Il peut exister quelques cas de personnes "mort au combat", mais cette situation a été utilisée par le gouvernement, par l’armée pour assassiner des personnes innocentes et les faire passer comme "guérilleros morts au combat", ce qui a été dénommé "faux positifs". Le gouvernement profite de ces circonstances pour discréditer les défenseurs des droits humains : les défenseurs des droits humains sommes persécutés, victimes de menaces, d’assassinats, d’emprisonnement ... quelques camarades sont aujourd’hui prisonniers avec de fausses accusations de personnes travaillant pour le gouvernement [...] La tragédie humanitaire de Colombie est énorme : cette situation de déplacement de millions de personnes de la part de l’armée et des bandes paramilitaires qui travaillent en compagnie de l’armée et avec l’appui et la défense de la part de l’armée des assassins paramilitaires depuis des décennies, la tragédie vient premièrement de l’armée."

Au sujet de savoir si les autres fosses communes découvertes en Colombie peuvent servir comme jurisprudence pour cette nouvelle découverte :

"La Colombie est une fosse commune [...] Nous alertons la communauté internationale : plus de 1 500 corps seulement dans une région .... comme ce sera dans tout le pays ? [...] la communauté internationale doit connaitre ceci. ET nous devons recevoir de l’aide pour enquêter et punir les responsables pour l’action, l’omission et la connivence [...] ces enquêtes doivent avoir lieu au plus haut niveau : doivent être inculpé des hauts généraux, politiques, nous osons même demander des comptes à l’ex président Uribe pour sa connivence avec tant de crimes contre le peuple colombien [...] beaucoup de ses haut fonctionnaires sont aujourd’hui poursuivit, quelques uns ont fuit pour des crimes qu’ils ont commis contre notre peuple [...]

<="" p="" style="height:264px;width:360px;" class="" height="264" width="360">

L'ex président Uribe

"Nous croyons que l'armée colombienne s'est convertie en une armée d'occupation contre son propre peuple : une armée qui protège les intérêts des grandes multinationales, contre notre propre peuple, une armée qui veut livrer les richesse, le pétrole, l'or, les émeraudes, la biodiversité aux entreprises multinationales et pour cela elle persécute nos paysans qui sont les seuls qui ont résisté pour défendre la souveraineté et pour défendre les richesse naturelle de Colombie, qui est une des pays les plus riches du monde"

 

Source : [Nuevo hallazgo de fosas comunes: al menos 1.500 cadáveres de “falsos positivos” y desaparecidos->http://www.rebelion.org/noticia.php ?id=119299]

(traduction non précisée)

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http://www.legrandsoir.info/Colombie-Nouvelle-decouverte-de-fosses-communes-au-moins-1500-cadavres-de-faux-positifs-et-disparus-Rebelion.html
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Published by valenton rouge - dans Monde
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