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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 10:25

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Depuis plusieurs jours, la communauté internationale exige le retrait du président ivoirien Laurent Gbagbo. En revanche, le Conseil européen n'a pas pipé mot sur le récent rapport qui lève le voile sur les anciennes «activités maffieuses» de l'actuel Premier ministre kosovar Hashim Thaçi. Pour le Nouveau Bastille-République-Nation, le droit d'ingérence ne s'exprime pas toujours de la même façon selon les pays...


L’actualité présente parfois de facétieuses coïncidences. Le parlementaire suisse Dick Marty vient de lever le voile sur les antécédents de l’actuel Premier ministre kosovar en éclairant l’histoire du mouvement de guérilla séparatiste qu’il dirigeait à la fin des années 1990 : l’UCK était alors le fer de lance du crime organisé, et se livrait au trafic d’organes. Certes, M. Thaçi a qualifié ce rapport de « scandaleux » et reposant sur des « faits sans fondement ». En réalité, M. Marty, qui avait déjà embarrassé les dirigeants européens en révélant l’affaire des prisons secrètes de la CIA, ne fait que confirmer ce que d’autres enquêtes avaient déjà pointé, notamment celle de Carla Del Ponte, ancien procureur peu suspecte de parti-pris pro-serbe.

Le rapport précise que les parrains américains et européens de M. Thaçi n’ignoraient rien de ses activités maffieuses. Ils l’ont cependant soutenu dans son ascension jusqu’à la tête de l’actuel gouvernement du Kosovo. Le Conseil européen, réuni les 16 et 17 décembre, n’a pas jugé utile d’évoquer le sujet.

Sans doute était-il trop occupé à menacer le président de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo. On sait que la Commission électorale de ce pays a proclamé la victoire de son rival, l’ancien dirigeant du FMI, Alassane Ouattara, à l’issue du second tour de l’élection du 28 novembre. Prenant en compte certaines fraudes alléguées, la Cour constitutionnelle ivoirienne a en revanche déclaré vainqueur le président sortant. Ladite Cour, comptant en son sein « des proches du président Gbagbo », la « communauté internationale », relayée par les grands médias, a balayé sans examen cette décision, pourtant formellement conforme aux procédures du pays. L’ONU (après quelques réticences de la Russie), l’UA et l’Ue ont choisi leur camp, celui de l’homme du FMI, et fait d’avance porter les responsabilités des violences au président sortant. Les Vingt-sept n’avaient d’ailleurs pas attendu le scrutin pour afficher cette préférence.

A Bruxelles, on a donc joué les vertus indignées. Le Conseil européen a enjoint aux « dirigeants ivoiriens, civils et militaires, de se placer sous l’autorité du président élu ». Et pris des sanctions contre ceux qu’il accuse de ne respecter « la volonté souveraine du peuple ivoirien ».

Les dirigeants européens n’avaient pas eu exactement la même farouche détermination à faire respecter « la volonté souveraine du peuple » irlandais lorsqu’ils ont contraint ce dernier à inverser son verdict référendaire de juin 2008. De même, le contraste est remarquable entre les foudres dirigées contre Laurent Gbagbo, et le soutien témoigné jusqu’à aujourd’hui à Hashim Thaçi et au PDK, ex-UCK arrivée au pouvoir par la grâce d’actions qui eussent ailleurs été qualifiées de terroristes (appuyées il est vrai par les bombardements euro-atlantiques).

Ce « deux poids, deux mesures » révèle à quel point les discours lénifiants sur les droits de l’homme et l’état de droit servent de couverture à une volonté de faire prévaloir des intérêts inavoués. La pression exercée aujourd’hui sur la Côte d’Ivoire succède à celle qui le fut sur le Zimbabwe hier, et qui pourrait l’être à nouveau sur le Soudan demain.

En matière de sanctions, l’Afrique est servie. Et pour cause : les sanctions ne peuvent exister que des puissants vers les faibles. Ainsi, le regretté George Bush accéda à son premier mandat grâce à une élection, en 2000, dont les résultats avaient probablement été inversés par des tripatouillages en Floride, ce que la Cour suprême (tiens, là aussi…) valida au terme de plusieurs jours de cafouillage. On ne sache pas que l’Union européenne ait intimé l’ordre aux « dirigeants américains, civils et militaires, de se placer sous l’autorité du président » Albert Gore. Quant à la Côte d’Ivoire, elle eût été bien audacieuse d’imposer des sanctions à Washington.


En réalité, le principe même de l’ingérence gangrène immanquablement les relations internationales. Pour être pacifiques, celles-ci ne peuvent supporter d’être bâties sur un rapport d’inégalité. Comme l’affirmait le texte fondateur de l’ONU, « aucune disposition de la présente Charte n'autorise les Nations Unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale ». Cela fait hélas longtemps que ce principe est allègrement piétiné par l’ONU elle-même, sous pression de la logique impériale enrubannée d’arrogance humanitaire.

Dans le cas présent, il conviendrait que les Ivoiriens, seuls, décident de leur sort. A moins que le choix d’un président ne relève déjà plus de la compétence nationale ?
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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 10:23

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http://www.jeanjacques-seymour.com/2010/12/journal-de-bord-dun-certain-hugo-chavez.html

 

 

En 2010 le Venezuela a remporté de nombreuses victoires dans sa transformation structurelle : la démocratie participative vient d’être renforcée par de nouvelles lois qui multiplient le pouvoir des conseils communaux et des communes dans l’État ; la loi sur l’université, autre exemple, resserre ses liens avec ces organisations citoyennes.

La CEPAL, organisme de l’ONU qui mesure les progrès économiques et sociaux en Amérique Latine, a fait l’éloge en novembre du Venezuela “en tête, avec l’Argentine, le Brésil et la Bolivie, de la réduction de l’inégalité et de la pauvreté pour les dix dernières années”.

Ces derniers mois le gouvernement bolivarien a récupéré des entreprises immobilières aux mains de mafias qui escroquaient la classe moyenne, indemnisé leurs victimes, nationalisé au bénéfice des travailleurs et des usagers des entreprises ou des banques pratiquant la fraude.

Les récentes inondations qui ont privé de toit des dizaines de milliers de familles donnent un coup de fouet à la politique du logement et à la réforme agraire (24000 hectares remis aux petits producteurs du Zulia en décembre) tandis que Hugo Chavez demande aux révolutionnaires de se “radicaliser à gauche et de travailler au sein du peuple, dans la rue, dans les quartiers, main dans la main”.

Les grands groupes médiatiques (les propriétaires de El Pais, du Monde, de Libération, etc..) ont occulté cette transformation, pour ne parler que d’un article de la Constitution qui permet de décréter des mesures d’urgence en matière économique et sociale …preuve de la “dictature”.

Déjà, en 2007, lorsque le président Chavez avait usé du même article, le choeur médiatique avait martelé la même interprétation. Un simple suivi montre pourtant que les décrets de cette époque ne visaient qu’à accélérer le développement économique et social (nationalisations de l’électricité, sidérurgie, cimenterie, etc..). * Comptons sur les mêmes journalistes pour éviter tout suivi sur les mesures à venir…

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 10:07

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Les Partis communistes d'Irlande et de Grande-Bretagne condamnent la décision de l'UE d'amender le traité constitutionnel européen sans la tenue de référendums nationaux

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les Partis communistes d'Irlande et de Grande-Bretagne condamnent la décision prise lors du sommet de l'UE du 17 décembre visant à faire amender le Traité constitutionnel européen sans la tenue de référendums nationaux. Cela représente un mépris éhonté envers toute forme de démocratie et confirme ce que les opposants au Traité de Lisbonne avaient prédit. Il s'agit d'une nouvelle érosion de la démocratie.



L'amendement, qui exige « une conditionnalité stricte » pour tout type de plan de sauvetage, renforcera encore plus le caractère pro-monopoliste, anti-démocratique de l'UE. Il abilitera la Commission européenne à prendre directement le contrôle de la politique économique et sociale d'un Etat-membres et d'user de ce pouvoir pour baisser les salaires et les retraites, prendre le contrôle de la politique fiscale et privatiser les biens publics.



Dans le cas de l'Irlande, de sévères contraintes de temps ont été imposées, enfermant le peuple Irlandais dans un modèle économique néo-libéral très particulier dominé par des politiques qui imposent des sacrifices aux moins bien lotis dans la société Irlandais. Les conditions imposées sont motivées par des objectifs en termes de niveaux de déficit, comme en témoigne l'accent mis sur les dates limites pour mettre en place ces modifications législatives et ces changements de politique. Elles sont coercitives, puisque les sommes versées dépendront de la mise en œuvre de l'accord, et il n'y a potentiellement de la place pour aucune flexibilité politique qui permettrait d'obtenir des changements dans le contenu de l'accord imposé au peuple Irlandais tant par l'UE que par le FMI. De vastes pouvoirs arbitraires ont été accordés aux prêteurs et des contraintes sauvages ont été imposées au peuple. Le Capital a des droits et le travail a des devoirs.



L'amendement proposé intégrera désormais au Traité la pratique consistant à forcer les travailleurs à payer pour les déficits causés par les plus riches et le capital financier, aggravant les problèmes sous-jacents d'inégalité et de pauvreté. Dans toute l'UE, il renforcera la position des grands monopoles, leur permettra de mettre la main sur les biens privatisés et sur les plus petites entreprises, et creusera encore plus les problèmes du développement inégal. Cela intensifiera le caractère déflationniste du Traité européen et approfondira la récession.



Nous en appelons à la campagne la plus large possible afin de demander à ce que des référendums soient tenus et que ces changements sur le Traité soient rejetés. L'activité du sommet de l'UE de décembre 2010 souligne le caractère anti-démocratique de l'UE, qui lui est inhérent, et la nécessité pour les travailleurs de prendre en compte des formes alternatives de coopération économique internationale qui puissent protéger nos droits démocratiques et ouvrir la voie à la souveraineté populaire.

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 09:56

photo_1292886489687-1-0.jpghttp://www.sudouest.fr/2010/12/27/des-soutiens-a-la-militante-276590-755.php

 

Lettres au Président de la république et au Premier ministre .

 

Le parquet général de Pau a demandé aux forces de police d'entreprendre les recherches nécessaires pour retrouver la trace d'Aurore Martin, militante de Batasuna, menacée d'être remise à l'Espagne, dans le cadre d'un mandat d'arrêt européen. Elle s'est soustraite au contrôle judiciaire qui lui était imposé depuis le 16 novembre, et à l'action de la justice depuis au moins une semaine.

Lettre à François Fillon

Nicole Borvo-Seat, membre du PCF (Parti communiste français), vice-présidente de la Commission des lois au Sénat s'est émue de la situation d'Aurore Martin auprès du Premier ministre, François Fillon. Sa lettre (datée du 21 décembre) indique : « il me paraît illégitime qu'une personne de nationalité française, militante d'un parti autorisé en France, soit extradée pour des faits eux-mêmes non punissables dans notre pays. Il est préoccupant que puisse être, au travers du mandat d'arrêt européen, remis en cause un principe essentiel reconnu en France, à savoir le refus d'extradition pour motifs politiques… » Elle demande une intervention du Premier ministre « en urgence » afin que la militante ne soit pas livrée aux autorités espagnoles.

À Nicolas Sarkozy

Le Comité pour la défense des droits de l'homme en Pays basque, présidé par Michel Berger, s'est adressé à Nicolas Sarkozy : « De très nombreuses personnalités rappelle-t-il, des élus politiques de tous bords, syndicaux, la LDH et la FIDH, des organisations des particuliers de tous horizons, ont fortement affirmé leur opposition et leur refus d'une telle condamnation, au nom des droits de la personne… Le Comité vous demande de renoncer définitivement à l'application de cette condamnation et de celles éventuellement à venir pour de tels motifs. Vous en avez réellement le pouvoir… »

Autres soutiens

EA (Eusko Alkartasuna) et EAJ-PNB (Parti nationaliste basque) figurent parmi les soutiens. « Le mandat d'arrêt est un outil positif mis à la disposition des justices européennes afin de lutter contre le banditisme et les mafias internationales, il ne doit pas être dévoyé pour des motifs strictement politiques… » Le PNB rappelle au passage qu'il ne cautionne pas l'attitude de Batasuna face à la violence d'ETA qu'il a lui-même toujours combattue.

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 09:52
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[http://www.cpolitic.com/cblog/2010/12/23/mediator-nicolas-sarkozy-etait-avocat-daffaires-pour-servier/Traduction]

Les Echos et Libération « balancent » le faux-scoop du jour: Nicolas Sarkozy a été l’avocat historique pour le pitoyable laboratoire pharmaceutique Servier, du nom de ce docteur-gourou Jacques Servier, 9ème fortune de France. Comme tout scoop, l’information calme. On imagine ici et là, la fierté des « journalistes », le champagne du rédac chef…tout en continuant le travail quotidien d’enquête. Chapeau bas!

Manque de chance ou de compétence, selon l’humeur du moment, l’information est disponible pour n’importe quel quidam dans un excellent livre « Histoire secrète du patronat : De 1945 à nos jours« …publié fin octobre 2009!
Profitons-en d’emblée pour souligner la qualité de l’œuvre, qualité de l’investigation menée par des journalistes, de vrais journalistes celles et ceux qui méritent indubitablement leur carte de presse.
Frédéric Charpier (journaliste indépendant), Benoît Collombat (journaliste France Inter), Martine Orange (journaliste Mediapart), David Servenay (journaliste rue89), Erwan Seznec (journaliste économique) voilà des noms à inscrire au panthéon du Journalisme pour ce début du XXI-me siècle… là où les collaborateurs au régime du National Sarkozism sont légions et déshonorent toute une profession. Un excellent choix pour les fêtes…où vous découvrirez les relations abjectes et paradoxales entre patronat et syndicat, entre politique et hommes d’affaires, où la morale la plus basique n’existe plus. Et cela n’a été que de mal en pis depuis l’après guerre, pour atteindre le paroxysme actuel.


Source image: bibiosurf.com

Revenons à nos moutons: page 570-571
« Avocat au barreau de Paris depuis 1981, Nicolas Sarkozy crée avec 2 confrères (Michel Leibovici et Arnaud Claude) en 1987 un cabinet spécialisé dans l’immobilier et le droit des affaires (Arnaud Claude et associés) [...] En 1995, Nicolas Sarkozy apportera d’ailleurs de nouveaux clients au cabinet, comme le groupe pharmaceutique Servier, Bernard Arnault et LVMH, ainsi que quelques vedettes du show-biz. [...]
Dernier extrait pour l’anecdote: « Ce n’est qu’en 2006 que Nicolas Sarkozy s’acquitte pour la première fois de l’impôt sur le fortune: 1988 euros, selon son état major de campagne »

Ainsi donc, comment ne pas croire que Nicolas Sarkozy, avocat « historique » de Servier depuis cette année là (1995) ne puisse rien connaître des dessous de l’affaire Mediator comme des autres casseroles du groupe et son fameux Isoméride.
Ne prenons pas Nicolas pour plus bête qu’il n’est: le sieur connait tout de Servier comme de son sulfureux fondateur Jacques Servier. Des pratiques des ressources humaines clairement xénophobes aux financements officiels (et occultes?) des partis politiques du RPR de Chirac au FN de Le Pen (et d’autres? vu l’amnésie de Martine Aubry et Bernard Kouchner), jusqu’au trafic d’études de pharmacovigilance comme des us et coutumes des visiteurs médicaux (Cadeaux à gogo, du stylo aux voyages, en passant par les week-ends dans des relais et châteaux). Que ne ferait-on pas pour vendre du « médoc »?

Échange remboursement de la Sécurité contre financement de campagnes électorales
Les premières remontées d’informations concernant la dangerosité le Médiator remontant au moins à 1998, Sarkozy, lui, savait forcément. Et en 2010, une telle information fait froid dans le dos, lui dorénavant chef de l’Etat, souhaitant officiellement faire la transparence sur ce dossier, alors que les victimes – on les comprend – veulent des têtes: celles des responsables qui ont laissé faire ça, vendre et même rembourser par la Sécu un poison.
Manque de chance, à l’instar du Karachigate, l’actuelle parodie de président de la république est mouillé jusqu’au coup. Au lieu de dé-rembourser (pour un montant de 423 millions d’euros) voire d’interdire la commercialisation de ce type de produit, Nicolas Sarkozy non seulement ferme les yeux, mais en plus décore par légion d’honneur (sic!) et encense même Jacques Servier, fabricant du Mediator. Joli conflit d’intérêts.
Et la tentative de diversion (même si elle est peut être légitime) sur la responsabilité d’autres partis politiques ne suffira pas à détourner les regards lucides de la vérité.

A ce titre, afin de faire toute la lumière sur l’affaire, de 500 à 1000 morts, bien loin des 14 morts de Karachi, Nicolas Sarkozy devrait en toute humilité démissionner, afin que la Justice puisse travailler sereinement.
Ne rêvons pas: le petit vampire de Neuilly Sur Seine ne lâchera jamais son prestigieux trône pour de telles « fables ». Non, il ira jusqu’au bout, tel un Laurent Gbagbo français. Plutôt crever, ridiculiser le pays, voire faire tuer des innocents, plutôt que de renoncer à ses ambitions, son pouvoir et à sa carrière.
Une absence totale d’Ehique dans la lignée d’un maire qui se tape la mariée…en l’occurrence Cécilia Isabel Ciganer, épouse de feu Jacques Martin. Un Jacques qui apprenant un jour la nouvelle baffa avec force l’effronté ami du couple. Une chute de cheval expliquera officiellement l’œil au beurre noir.

De gauche à droite: Jacques Martin, Cécilia Isabel Ciganer, Marie-Dominique Culioli, et Nicolas Sarkozy

Voilà donc, des journalistes avant ce Libération (ayant le culot de mettre à la seule disposition de ses abonnés web la fausse exclusivité), avant Les Echos, qui ont fait un travail remarquable non seulement sur Sarkozy mais sur toute l’histoire du patronat de l’après guerre jusqu’à 2009, dont il n’est qu’un acteur voire un pion.
Cette bible du journalisme d’investigation politico-socio-économique vous éclairera également sur l’histoire industrielle de la France (pourquoi le minitel? à qui ont profité les barres de HLM?), les pratiques ignobles du pantouflage de nos haut-fonctionnaires, le financement des syndicats, du patronat et des partis politiques, comme sur la vraie nature des politiciens d’aujourd’hui, notamment ceux se réclamant faussement de gauche (DSK, Martine Aubry…). 687 pages: à recommander à tous les étudiants en (vrai) journalisme. Il fallait mentionner la qualité de ce travail. C’est chose faite.

De Karachi à Mediator…
Dernière anecdote: le passage mentionné ci-dessus fait partie du chapitre « L’ère des tueurs 1998-2009″. A prendre au sens propre comme au figuré.
Et concernant, ses médicaments génériques Biogaran dans le slogan est cyniquement « votre santé nous est précieuse… », faut-il s’attendre à de pareilles pratiques et donc de pareils scandales?

A lire également: Les petits secrets des grands patrons
Laboratoire Servier : la honte de l’industrie pharmaceutique française

Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours – 687 pages – Editions La Découverte (30 octobre 2009)

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 09:49

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http://blog.emceebeulogue.fr/post/2010/12/26/Obama-a-une-solution-humaine-pour-les-prisonniers-de-Guantanamo:-la-d%C3%A9tention-pour-une-dur%C3%A9e-illimit%C3%A9e

Un décret présidentiel va sortir d'ici peu qui règlera enfin la question des détenus de Guantanamo dont on ne sait que faire (les libérables et ceux qui ne passeront jamais en jugement): les enfermer à double tour et jeter la clé.
48 détenus sont d'ores et déjà sur les rangs, d'autres pourraient bien les rejoindre.
Vous allez me dire: "mais? Guantanamo ne devait pas fermer?". Oui, mais ça, c'était une promesse ferme d'Obama. Comme celles qu'il a faites en ce qui concerne l'éducation, l'assurance maladie, l'immigration (là, il n'a même pas encore ouvert le chantier) et autres.
Alors on ne va pas chipoter pour si peu.

Voici, qui nous expliquent tout ça:
- Un billet de John Burton "Obama administration preparing executive order to authorize indefinite detentions", paru dans WSWS, le 23 décembre 2010
- suivi d'extraits de Why Indefinite Detention by Executive Order Should Scare the Hell Out of People, par Bill Quigley et Vince Warren, Dissident Voice



Détenus dans les camps de Guantanamo

L'administration Obama se prépare à publier un décret autorisant les détentions pour une durée illimitée

L'administration Obama rédige actuellement un décret, prévu pour début 2011, qui autorisera la détention sans chef d'inculpation pour une durée illimitée des prisonniers actuellement détenus à Guantánamo Bay, Cuba (cette dernière précision s'adresse aux US américains, évidemment … NDT).
Ce nouveau décret implique donc que la prison ne sera pas fermée définitivement, ou que les détenus seront transférés dans des centres de détention fixes aux Etats-Unis.
Les prisonniers bénéficieraient d'un "réexamen périodique" de leur détention lors d'une procédure qui bafoue les jugements en bonne et due forme et les droits démocratiques fondamentaux.
Selon les premiers renseignements publiés mardi soir par le Washington Post et la ProPublica, de hauts responsables US, dont le nom n'a pas été divulgué, ont révélé que ce décret, qui établira pour la première fois que la détention pour une durée illimitée est une mesure prise par l'administration Obama, est en cours d'élaboration depuis plus d'un an.
Affichant un mépris caractéristique pour les droits démocratiques de la population, ce message a été transmis la veille des congés de Noël par des voies officieuses inconnues. Il est destiné à préparer l'opinion publique à une nouvelle aggravation des politiques antidémocratiques de l'administration Bush.


Guantánamo Bay est devenu un goulag haï au niveau international depuis que la première prison, Camp Delta, a été ouverte par l'administration Bush début 2002 sous prétexte d'enfermer les "combattants ennemis", catégorie inconnue jusqu'alors, que ce soit en droit américain ou en droit international, et qui avait été créée dans l'unique but de placer les gens dans un vide juridique – ce qui leur déniait le droit d'être placés sous la protection de la Constitution américaine et des Conventions de Genève.
Guantánamo Bay est devenu synonyme des attaques les plus flagrantes contre les lois démocratiques fondamentales, comme, par exemple: le refus du principe d'habeas corpus, la détention non contrôlée par une autorité judicaire, le refus aux détenus d'être assistés par un avocat, les privations sensorielles, les interrogatoires brutaux, et la torture pure et simple.
Lors de sa campagne présidentielle, Obama avait promis à de nombreuses reprises de fermer définitivement les camps de prisonniers de Guantánamo, assurant peu après son investiture que ce serait chose faite d'ici janvier 2010.
Avec ce nouveau décret, il n'y a pas de fermeture en vue.
Davantage de détenus de Guantánamo risquent la détention à perpétuité actuellement et il y a moins d'inculpés que le jour de l'élection d'Obama.
Robert Gibbs, l'attaché de presse d'Obama a confirmé les renseignements publiés le 22 décembre, déclarant: "certains prisonniers devront être placés en détention pour une durée illimitée", même si la fermeture des camps de prisonniers de Guantánamo, selon Gibbs, "reste l'objectif du président".
Certains des détenus pourraient être transférés de Guantánamo à des prisons aux Etats-Unis. Rien ne dit que ce décret ne s'y appliquera pas aussi – ce qui voudrait dire qu'Obama élargirait considérablement le champ d'application de la détention pour une durée illimitée.
Selon le Centre pour les Droits Constitutionnels (Center for Constitutional Rights -(CCR), une organisation qui a représenté un certain nombre de détenus de Guantánamo, "si l'administration Obama réussit à instituer les détentions à durée illimitée sur le territoire US, on ne s'en tiendra sans doute pas aux 48 de Guantanamo".
Selon le CCR,

"cette proposition prépare le terrain pour transformer les prisons US en des endroits où seront emprisonnés des gens du monde entier sans chef d'inculpation ou sans procès, ce qui constituera une atteinte inconcevable au respect de notre Constitution et des lois internationales".

Comme d'habitude, les sources anonymes de l'administration prétendent qu'Obama s'est vu forcer la main parce que la Chambre des Représentants, encore à majorité Démocrate (le nouveau congrès, élu en novembre, sera convoqué en janvier, NDT), ont adopté un projet de loi sur la défense interdisant le transfert des détenus de Guantánamo aux Etats-Unis pour y être jugés (dans un tribunal civil, NDT), ce qui était un élément essentiel de l'ancien projet d'Obama pour pouvoir fermer les camps de concentration. Cette clause avait été rajoutée discrètement au projet de loi au cours des négociations sur la politique du "don't ask, don't tell" (loi concernant les homosexuels dans l'armée US, NDT).
L'administration, toutefois, n'a jamais cherché à changer le contenu de la politique anti-démocratique mise en place par Bush. Certains groupes de la classe politique s'étaient prononcés en faveur de la fermeture de Guantánamo à cause de la réputation qu'il avait au niveau international, mais en gardant intact l'esprit même de cette politique.
Selon les articles des journaux, ce nouveau décret présidentiel concerne directement 48 détenus que l'administration Obama a classés comme étant trop dangereux pour être libérés mais qui ne peuvent pas être passés en jugement.
D'après le Washington Post, ces "hauts responsables anonymes" ont expliqué que les détenus ne peuvent pas être traduits en justice parce que les preuves contre eux ont été obtenues sous la torture. Ou que les accusations portées contre eux ne "seraient pas conformes aux règles de droit".
Il y a environ 126 autres détenus incarcérés à Guantánamo dont le sort reste incertain.
Les sources officieuses anonymes affirment que ce décret étendra les droits des prisonniers grâce à un "processus de révision pour les détenus" qui permettra un certain accès au dossier et à la défense lors d'audiences à intervalles donnés, une fois par an par exemple.
Un article du New York Times explique que ce décret crée "quelque chose comme une commission des libérations conditionnelles permettant de décider si le détenu représente toujours une menace ou si, au contraire, on peut le renvoyer sans risque dans un autre pays".
En vertu de la Constitution, toutefois, les commissions des libérations conditionnelles, en général constituées essentiellement de gens employés par des groupes politiques et qui ne font guère preuve d'intérêt pour les affaires qui leur sont présentées, n'interviennent qu'après la condamnation. Or, selon le projet de l'administration d'Obama, les prisonniers peuvent être détenus pour le restant de leur vie sans procès civil, ni même comparaître devant un tribunal militaire.
Il n'y a aucune raison de croire que ce décret sera limité seulement aux détenus actuels de Guantánamo. Cela fait plus d'un an que l'administration Obama ne cesse de dire qu'elle a le pouvoir de détenir indéfiniment quiconque elle aura désigné comme "terroriste présumé" et, cela, sans contrôle de constitutionnalité, comme le permet l'"Autorisation de recours à la Force Militaire", la résolution adoptée par le Congrès au lendemain des attentats du 11/9 à New York et à Washington. Ce sont ces mêmes arguments qu'employait l'administration Bush.
Les défenseurs des droits civils s'élèvent contre ce projet de décret. Jameel Jaffer, avocat de la sécurité nationale de l'Union américaine pour les libertés civiles (American Civil Liberties Union - ACLU), a déclaré que le décret ""normaliserait et institutionnaliserait la détention pour une durée illimitée et d'autres mesures du même genre" mises en place par l'administration Bush.
Laura W. Murphy, directrice du bureau juridique de Washington de l'ACLU, ajoute:

"Notre Constitution exige que nous inculpions et poursuivions ceux qui sont accusés de crimes. On ne peut pas vendre un projet de détention pour une durée illimitée ficelé avec quelques hochets concernant des procès en bonne et due forme et s'attendre à ce que la primauté du droit soit rétablie".

Ce décret n'est qu'une atteinte de plus aux droits démocratiques portée par l'administration Obama depuis que celui-ci a pris ses fonctions.

Tortures psychologiques à Guantanamo

Refusant d'engager toute poursuite contre un seul des crimes de guerre qui ont été commis, l'administration Obama est intervenue dans les procédures pénales pour bloquer des poursuites au civil contre les responsables de l'administration Bush pour usage de la torture et pour espionnage de citoyens américains.
Les documents récemment publiés par Wikileaks montrent que l'administration Obama a collaboré avec les gouvernements espagnols et allemands pour empêcher les poursuites judiciaires à l'encontre de ces mêmes politiques.
Obama a signé un ordre d'exécution pour le citoyen américain Anwar Al-Awlaki, utilisant des arguments invraisemblables pour empêcher son père d'attaquer en justice pour assassinat extrajudiciaire.
Les juristes de l'administration Obama ont autorisé le FBI à effectuer des perquisitions au domicile et sur le lieu de travail de militants pacifistes, prétendant que, en s'opposant à l'impérialisme US, ils fournissent un "soutien matériel" aux organisations terroristes.
…………………………………………………………………………………………………………….

Dans ce texte, Why Indefinite Detention by Executive Order Should Scare the Hell Out of People (Pourquoi la détention pour une durée illimitée devrait faire peur à tout le monde ), par Bill Quigley et Vince Warren, on trouve quelques autres précisions:

Le droit à la liberté est un des droits fondamentaux d'un peuple libre. L'idée que n'importe quel président puisse contourner le Congrès et les tribunaux en émettant un décret présidentiel établissant un nouveau système pénal pour détenir indéfiniment des personnes devrait, à juste titre, sacrément flanquer la trouille aux citoyens américains.
Ce sont les conseillers de la Maison Blanche qui ont lancé l'idée de créer ce nouveau système pénal. Pourquoi? Pour trouver une solution pour les détenus injustement incarcérés à Guantanamo.
Pourquoi ne pas appliquer la loi et les passer en jugement? Parce que le gouvernement sait qu'il ne pourra pas gagner le procès contre eux parce qu'ils ont été torturés par les Etats-Unis.
Guantanamo va fêter son 9° anniversaire – une tache épouvantable sur la nature de l'attachement des Etats-Unis à la justice. Le président Obama sait parfaitement que Guantanamo est le meilleur outil de recrutement pour ceux qui combattent les Etats-Unis. Malheureusement, ce décret sur la détention à durée illimitée va prolonger les effets dévastateurs des détentions illégales et immorales à Guantanamo, condamnées, comme il se doit, dans le monde entier.
Notre système fournit pourtant à cette question une réponse simple qui a fait ses preuves pendant des siècles: les juger ou les libérer.
Alors que ce décret semble être une réponse politique populaire, la population va vite se rendre compte qu'il s'agit là d'une usurpation de pouvoir par l'exécutif et un danger pour tous aux Etats-Unis.
Le gouvernement n'a jamais annoncé publiquement qui peut faire l'objet de poursuites et qui ils ont décidé de maintenir en prison indéfiniment parce qu'ils estiment qu'il n'y a pas de charges suffisantes contre eux pour les condamner.
Et aujourd'hui après avoir détenu des gens des années durant, ils pensent qu'ils peuvent créer un nouveau train de lois sous forme de décret pour justifier leurs actes?
N'oubliez pas que des dizaines de ces personnes mêmes qui sont susceptibles d'être détenues à vie ont été *déclarées non coupables et auraient donc dû être libérées. Comment le fait de maintenir des gens en détention pour une durée illimitée peut-il être légal quand nous avons d'ores et déjà déclaré qu'ils étaient libres de rentrer chez eux?

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 12:39

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Les 22 et 23 décembre, malgré les protestations des dirigeants de la communauté juive de Vienne, Ayoub Kara, le vice-ministre israélien du Développement du Néguev et de la Galilée (Likoud), a rencontré en Autriche Heinz-Christian Strache, qui dirige le Parti autrichien de la liberté (FPÖ), parti d'extrême droite naguère présidé par Jörg Haider.

Ayoub Kara, un « faucon » qui n'est pas juif mais Druze, assume : « Selon mes recherches, le FPÖ est le seul parti en Autriche qui a soutenu Israël après le raid sur la flottille turque », a-t-il déclaré au quotidien israélien Yediot Aharonot. Il a ajouté :

« Strache compte m'accompagner jeudi à une cérémonie au mémorial viennois de l'Holocauste et il appelle à renforcer la nation juive et l'Etat d'Israël. »

Cet arabe israélien proche de Netanyahou qui fait l'éloge du FPÖ, une formation qui a recyclé tous les épurés (et les non- épurés ! ) du national-socialisme, est-il un illuminé marginal ou annonce-t-il un rapprochement de fond entre la droite nationaliste israélienne et l'ultra-droite européenne ?

Soutenir Israël pour balayer les accusations d'antisémitisme

Pour comprendre, retour à Jérusalem, le 4 décembre. Ce jour-là le chef de file du Parti de la liberté (PVV), le néerlandais Geert Wilders, converse avec le ministre de l'Intérieur Avigdor Lieberman. Voyage banal : l'homme qui veut interdire l'islam en Hollande est habitué aux visites dans l'Etat hébreu.

Plus étonnante est la visite, le lendemain, d'une délégation de l'Alliance des partis européens pour la liberté et les droits civils, organisation parapluie rassemblant des partis d'extrême droite de la quatrième génération.

Focalisés contre l'islam (et non contre l'islamisme), ancrés dans la théorie du « Choc des civilisations », partisans de la démocratie directe contre les élites, ces mouvements veulent, question d'image et de crédibilité, se débarrasser des oripeaux encombrants de l'antisémitisme.

Pour faire jonction avec cet intérêt tactique, ils partagent une croyance : à tout prendre, Israël mérite d'être soutenu parce qu'il est un rempart de l'Occident contre la progression de l'islam.

Une délégation de philosémites…. convertis

Dans cette délégation, dont la venue en Israël est un événement dans l'histoire de l'extrême droite d'après 1945, tous ne sont pas, ou n'ont pas toujours été, des philosémites convaincus.

  • Le riche promoteur immobilier allemand Patrick Brinkmann, avant de devenir président du mouvement anti-islam Pro NRW et d'opérer une spectaculaire conversion philosémite, militait dans l'orbite du NPD puis de la DVU, partis des plus radicalement « antisionistes ».
  • Filip Dewinter et Frank Creyelman sont des élus flamands du Vlaams Belang qui poursuit depuis quelques années une opération de séduction à grande échelle vis-à-vis de l'importante communauté juive d'Anvers en Belgique, qui est confrontée à une montée considérable de l'antisémitisme dans la jeunesse issue de l'immigration marocaine.

Une réalité qui ne doit pas faire oublier qu'à l'origine, le Vlaams Belang est le parti qui réclame l'amnistie pour les collaborateurs flamands du nazisme. Ce qui donne une certaine saveur à sa déclaration faite en Israël :

« Israël vit et existe sur la ligne de front du conflit entre les civilisations. Le conflit israélo-arabe incarne le combat entre la civilisation occidentale et l'islam radical. Le combat entre ceux qui chérissent la liberté et ceux qui veulent soumettre le monde à la théocratie musulmane. »

Ce voyage avait également mobilisé deux autres élus :

  • Le député berlinois René Stadtkewicz, qui vient de lancer le parti Die Freiheit après avoir été exclu de la CDU pour avoir invité Geert Wilders ;
  • le député suédois des Sverigedemokraterna, Kent Ekeroth. Celui-ci, stagiaire au titre du volontariat à l'ambassade de Suède à Tel-Aviv en 2006, en avait été prestement viré lorsque les Affaires étrangères suédoises avaient découvert son militantisme dans un parti qui puise ses racines dans l'ultra-droite la plus racialiste. Une décision plus tard jugée illégale par la justice suédoise, qui accorda à Ekeroth réparation financière…

Visite de la Bande de Gaza et réception à Knesset

Qu'à fait cette délégation en Israël ? Elle a participé à un colloque au Collège académique d'Ashkelon, sur le thème « La plénitude de la loi des actes militaires appliqués par un Etat souverain contre les attaques terroristes des islamistes fondamentalistes ».

Parmi les organisateurs figuraient le maire d'Ashkelon, Benny Vaknin et un représentant de la fraction Manhigut Yehudit, l'aile radicale nationaliste identitaire du Likoud.

Elle s'est ensuite rendue sur la frontière entre Israël et la Bande de Gaza où un officier de haut rang de l'armée israélienne lui a expliqué la situation sur place. Elle a été reçue par le maire de Sderot David Bouskila.

Enfin, le 7 décembre, elle a été reçue à titre privé à la Knesset par le député Arié Eldad, du parti Union nationale, qui préconise le transfert en Jordanie de la population palestinienne.

Pour Strache, Molzer et Dewinter, personnalités importantes de la vie politique dans leurs pays et classés à l'extrême droite, cette visite est une « première ».

Tant le FPÖ que le Vlaams Belang ne se sont pas affiliés à l'Alliance européenne des mouvements nationaux qu'ont mise en place Bruno Gollnisch et le Front national en octobre 2009. Cette visite en Israël va sans aucun doute accentuer encore le fossé.

« Une responsabilité particulière vis-à-vis de ce pays prospère »

La question souvent posée est : cette évolution pro-israélienne est-elle sincère ? A s'en tenir aux déclarations officielles, aucun doute. Ainsi Strache a-t-il affirmé :

« Nous portons une responsabilité particulière vis-à-vis de ce pays prospère. Il a été édifié par des gens qui viennent d'Europe, certains volontairement mais la plupart suite aux persécutions des nazis. »

La « déclaration de Jérusalem », signée par les visiteurs le 7 décembre situe parfaitement le plan sur lequel est scellée la nouvelle alliance entre la droite ultra-nationaliste israélienne et ses homologues européennes :

« Nous avons vaincu les systèmes totalitaires comme le fascisme, le national-socialisme et le communisme.

Maintenant, nous nous trouvons devant une nouvelle menace, celle du fondamentalisme islamique, et nous prendrons part au combat mondial des défenseurs de la démocratie et des droits de l'homme. »

De tels propos ne devraient pas manquer de susciter des réactions contrastées au sein de partis comme le FPÖ et le Vlaams Belang où les « occidentalistes » partisans du rapprochement avec Israël au nom de la lutte contre l'islam, côtoient des antisionistes souvent proches de l'antisémitisme traditionnel à l'extrême droite.

A Yad Vashem, casquette pangermaniste plutôt que kippa

Les esprits chagrins font d'ailleurs remarquer que le philosémitisme de ces pélerins d'un genre nouveau n'exclut pas leur goût pour les réminiscences du passé.

Comme le montre, photo à l'appui, le quotidien viennois Der Standard, Heinz-Christian Strache a jugé bon de visiter le mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, la tête couverte, comme le veut la tradition juive.

Sauf qu'au lieu d'utiliser la kippa qui est proposée à l'entrée du mémorial, il a revêtu la casquette de la corporation d'étudiants à laquelle il appartient, la Burschenschaft Vandalia. Les corporations étudiantes autrichiennes restent des bastions de l'idéologie pangermaniste et droitière.

Photos et illustration : Heinz-Christian Strache sort d'un plateau TV pendant les élections régionales, à Vienne (Autriche), le 10 octobre 2010 ; (Leonhard Foeger/Reuters). Heinz-Christian Strache (Derstandard.at).

Les 22 et 23 décembre, malgré les protestations des dirigeants de la communauté juive de Vienne, Ayoub Kara, le vice-ministre israélien du Développement du Néguev et de la Galilée (Likoud), a rencontré en Autriche Heinz-Christian Strache, qui dirige le Parti autrichien de la liberté (FPÖ), parti d'extrême droite naguère présidé par Jörg Haider.

Ayoub Kara, un « faucon » qui n'est pas juif mais Druze, assume : « Selon mes recherches, le FPÖ est le seul parti en Autriche qui a soutenu Israël après le raid sur la flottille turque », a-t-il déclaré au quotidien israélien Yediot Aharonot. Il a ajouté :

« Strache compte m'accompagner jeudi à une cérémonie au mémorial viennois de l'Holocauste et il appelle à renforcer la nation juive et l'Etat d'Israël. »

Cet arabe israélien proche de Netanyahou qui fait l'éloge du FPÖ, une formation qui a recyclé tous les épurés (et les non- épurés ! ) du national-socialisme, est-il un illuminé marginal ou annonce-t-il un rapprochement de fond entre la droite nationaliste israélienne et l'ultra-droite européenne ?

Soutenir Israël pour balayer les accusations d'antisémitisme

Pour comprendre, retour à Jérusalem, le 4 décembre. Ce jour-là le chef de file du Parti de la liberté (PVV), le néerlandais Geert Wilders, converse avec le ministre de l'Intérieur Avigdor Lieberman. Voyage banal : l'homme qui veut interdire l'islam en Hollande est habitué aux visites dans l'Etat hébreu.

Plus étonnante est la visite, le lendemain, d'une délégation de l'Alliance des partis européens pour la liberté et les droits civils, organisation parapluie rassemblant des partis d'extrême droite de la quatrième génération.

Focalisés contre l'islam (et non contre l'islamisme), ancrés dans la théorie du « Choc des civilisations », partisans de la démocratie directe contre les élites, ces mouvements veulent, question d'image et de crédibilité, se débarrasser des oripeaux encombrants de l'antisémitisme.

Pour faire jonction avec cet intérêt tactique, ils partagent une croyance : à tout prendre, Israël mérite d'être soutenu parce qu'il est un rempart de l'Occident contre la progression de l'islam.

Une délégation de philosémites…. convertis

Dans cette délégation, dont la venue en Israël est un événement dans l'histoire de l'extrême droite d'après 1945, tous ne sont pas, ou n'ont pas toujours été, des philosémites convaincus.

  • Le riche promoteur immobilier allemand Patrick Brinkmann, avant de devenir président du mouvement anti-islam Pro NRW et d'opérer une spectaculaire conversion philosémite, militait dans l'orbite du NPD puis de la DVU, partis des plus radicalement « antisionistes ».
  • Filip Dewinter et Frank Creyelman sont des élus flamands du Vlaams Belang qui poursuit depuis quelques années une opération de séduction à grande échelle vis-à-vis de l'importante communauté juive d'Anvers en Belgique, qui est confrontée à une montée considérable de l'antisémitisme dans la jeunesse issue de l'immigration marocaine.

Une réalité qui ne doit pas faire oublier qu'à l'origine, le Vlaams Belang est le parti qui réclame l'amnistie pour les collaborateurs flamands du nazisme. Ce qui donne une certaine saveur à sa déclaration faite en Israël :

« Israël vit et existe sur la ligne de front du conflit entre les civilisations. Le conflit israélo-arabe incarne le combat entre la civilisation occidentale et l'islam radical. Le combat entre ceux qui chérissent la liberté et ceux qui veulent soumettre le monde à la théocratie musulmane. »

Ce voyage avait également mobilisé deux autres élus :

  • Le député berlinois René Stadtkewicz, qui vient de lancer le parti Die Freiheit après avoir été exclu de la CDU pour avoir invité Geert Wilders ;
  • le député suédois des Sverigedemokraterna, Kent Ekeroth. Celui-ci, stagiaire au titre du volontariat à l'ambassade de Suède à Tel-Aviv en 2006, en avait été prestement viré lorsque les Affaires étrangères suédoises avaient découvert son militantisme dans un parti qui puise ses racines dans l'ultra-droite la plus racialiste. Une décision plus tard jugée illégale par la justice suédoise, qui accorda à Ekeroth réparation financière…

Visite de la Bande de Gaza et réception à Knesset

Qu'à fait cette délégation en Israël ? Elle a participé à un colloque au Collège académique d'Ashkelon, sur le thème « La plénitude de la loi des actes militaires appliqués par un Etat souverain contre les attaques terroristes des islamistes fondamentalistes ».

Parmi les organisateurs figuraient le maire d'Ashkelon, Benny Vaknin et un représentant de la fraction Manhigut Yehudit, l'aile radicale nationaliste identitaire du Likoud.

Elle s'est ensuite rendue sur la frontière entre Israël et la Bande de Gaza où un officier de haut rang de l'armée israélienne lui a expliqué la situation sur place. Elle a été reçue par le maire de Sderot David Bouskila.

Enfin, le 7 décembre, elle a été reçue à titre privé à la Knesset par le député Arié Eldad, du parti Union nationale, qui préconise le transfert en Jordanie de la population palestinienne.

Pour Strache, Molzer et Dewinter, personnalités importantes de la vie politique dans leurs pays et classés à l'extrême droite, cette visite est une « première ».

Tant le FPÖ que le Vlaams Belang ne se sont pas affiliés à l'Alliance européenne des mouvements nationaux qu'ont mise en place Bruno Gollnisch et le Front national en octobre 2009. Cette visite en Israël va sans aucun doute accentuer encore le fossé.

« Une responsabilité particulière vis-à-vis de ce pays prospère »

La question souvent posée est : cette évolution pro-israélienne est-elle sincère ? A s'en tenir aux déclarations officielles, aucun doute. Ainsi Strache a-t-il affirmé :

« Nous portons une responsabilité particulière vis-à-vis de ce pays prospère. Il a été édifié par des gens qui viennent d'Europe, certains volontairement mais la plupart suite aux persécutions des nazis. »

La « déclaration de Jérusalem », signée par les visiteurs le 7 décembre situe parfaitement le plan sur lequel est scellée la nouvelle alliance entre la droite ultra-nationaliste israélienne et ses homologues européennes :

« Nous avons vaincu les systèmes totalitaires comme le fascisme, le national-socialisme et le communisme.

Maintenant, nous nous trouvons devant une nouvelle menace, celle du fondamentalisme islamique, et nous prendrons part au combat mondial des défenseurs de la démocratie et des droits de l'homme. »

De tels propos ne devraient pas manquer de susciter des réactions contrastées au sein de partis comme le FPÖ et le Vlaams Belang où les « occidentalistes » partisans du rapprochement avec Israël au nom de la lutte contre l'islam, côtoient des antisionistes souvent proches de l'antisémitisme traditionnel à l'extrême droite.

A Yad Vashem, casquette pangermaniste plutôt que kippa

Les esprits chagrins font d'ailleurs remarquer que le philosémitisme de ces pélerins d'un genre nouveau n'exclut pas leur goût pour les réminiscences du passé.

Heinz-Christian Strache (Derstandard.at).Comme le montre, photo à l'appui, le quotidien viennois Der Standard, Heinz-Christian Strache a jugé bon de visiter le mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, la tête couverte, comme le veut la tradition juive.

Sauf qu'au lieu d'utiliser la kippa qui est proposée à l'entrée du mémorial, il a revêtu la casquette de la corporation d'étudiants à laquelle il appartient, la Burschenschaft Vandalia. Les corporations étudiantes autrichiennes restent des bastions de l'idéologie pangermaniste et droitière.

Photos et illustration : Heinz-Christian Strache sort d'un plateau TV pendant les élections régionales, à Vienne (Autriche), le 10 octobre 2010 ; (Leonhard Foeger/Reuters). Heinz-Christian Strache (Derstandard.at).

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 12:34

 

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Avec le développement des réseaux sociaux et de la publicité ciblée, les données privées des internautes ont pris une valeur considérable ces dernières années, et font peser un risque sur la protection de la vie privée des individus. Mais comment savoir lorsque l'on utilise un service en ligne ce que son éditeur entend faire des données qu'il collecte ? Pour le moment, il faut avoir le courage de lire consciencieusement les différentes "politiques de vie privée" (privacy policies) que les sites se doivent de présenter, et qui détaillent les données collectées et l'utilisation qui en est faite. Mais outre le temps qu'une telle lecture prend, le langage utilisé est souvent volontairement trompeur, ou difficile à comprendre. Ce qui fait que rares sont les internautes à lire les politiques de vie privée avant d'utiliser un service.

Pour y remédier, la fondation Mozilla propose aux éditeurs de sites Internet d'utiliser une iconographie simple à comprendre pour l'utilisateur, qui matérialise les principaux engagements du site Internet. Inspirées des icônes Creative Commons qui permettent d'identifier d'un coup d'oeil ce que l'utilisateur peut ou ne peut pas faire avec le contenu affiché, les "Privacy Icons" doivent montrer aux internautes ce que l'éditeur peut ou ne pas faire avec les données personnelles qu'il collecte.

L'ancien directeur artistique de Mozilla, Aza Raskin, a publié sur son blog une première version alpha de ces icônes, avec leurs explications détaillées. "Même si les icônes ne touchent pas à tous les sujets, nous pensons vraiment qu'elles font avancer le débat sur la protection de la vie privée de manière significative", écrit-il. Nous les avons traduites, et les présentons sur le graphique ci-dessous.

Pour les imposer, la fondation Mozilla mise sur deux forces complémentaires. Tout d'abord, elle pense que les sites moins exposés médiatiquement qui souhaitent se différencier des leaders par un meilleur respect de la vie privée auront à coeur d'exposer les icônes, pour montrer leurs vertus. "Si les Privacy Icons sont largement adoptées (et je pense que Mozilla est dans une position unique pour aider à faire que ça se produise), alors (...) l'absence de Privacy Icons deviendra un signal d'alarme", estime Raskin. Ensuite, il est déjà envisagé de donner à Firefox la possibilité de détecter l'absence des icônes lorsque l'internaute remplit un formulaire d'inscription sur un service en ligne, et d'alerter l'utilisateur.

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 13:45

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Vingt-neuf ans après sa liquidation... refondation du Parti communiste du Mexique sur une démarche rassembleuse mais en partant d'une auto-critique des illusions unitaires

 

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En 1981, une décennie avant la vague de liquidations qui toucha notamment les pays d'Europe de l'Est ainsi que l'Italie, la direction du Parti communiste mexicain (PCM) liquidait son propre parti créant un précédent historique dans le mouvement communiste international.


Réduits à la désorganisation et à l'impuissance pendant près de treize ans, une poignée de militants communistes reprend le flambeau du PCM en 1996, en fondant le « Parti des communistes ». Le IVème congrès de ce parti de novembre 2010 fut en fait un congrès fondateur car il fut décidé de récupérer officiellement le nom historique ainsi que ce qu'il représente, et donc de renommer le parti recréé en 1994: « Parti communiste du Mexique ».


Le congrès fondateur de 2010 est avant tout l'occasion de préciser de définir les bases idéologiques et la tradition historique dans lesquelles se reconnaît le Parti communiste, quelle est la raison d'être d'un Parti communiste au Mexique et enfin de réaliser une auto-critique sérieuse de la ligne du Parti avant 1981 et même après 1996. Telle est la longue analyse développée dans leur document de congrès ici synthétisé:


Le double héritage du Parti communiste du Mexique: le marxisme-léninisme et la révolution zapatiste


En toute logique, le Parti communiste du Mexique reconnaît le marxisme-léninisme comme doctrine du Parti. L'éclatement de la crise capitaliste au Mexique ainsi que dans le monde prouvent la validité de la conception de l'histoire défendue par Marx et Engels et la vacuité des théories de la fin de l'histoire défendues après 1991 jusque dans le camp communiste.

Adhérant au matérialisme historique, pour les communistes mexicains, le moteur de l'histoire est bien la lutte de classes, qui oppose capital et travail dans le mode de production capitaliste.

Toutefois, si la classe ouvrière est bien la seule classe révolutionnaire, sa seule lutte économique ne la porte qu'au syndicalisme réformiste et seule une organisation politique apportant de l'extérieur la « conscience de classe » permet de transformer cette conscience trade-unioniste en conscience de classe révolutionnaire. Reprenant l'héritage de Lénine, les communistes mexicains justifient ainsi la raison d'être du Parti communiste comme parti de la classe ouvrière et parti révolutionnaire.

Dans l'héritage historique dont se revendique le Parti communiste du Mexique, les fondateurs du mouvement communiste international côtoient par ailleurs les révolutionnaires de 1910: Emiliano Zapata et Pancho Villa, même si les communistes mexicains critiquent de manière implacable la reprise en main par la bourgeoisie mexicaine des idéaux libérateurs et socialisants de la révolution de 1910.


La raison d'être d'un Parti communiste au Mexique contre la dissolution dans la « gauche » réformiste politique et syndicale


Car l'essentiel de l'analyse que fait le Parti de l'état du mouvement communiste aujourd'hui au Mexique, et au-delà de l'explication de l'impuissance du mouvement de classe et révolutionnaire au Mexique depuis plusieurs décennies, repose sur une auto-critique serrée des erreurs du Parti avant 1981 et même après sa refondation en 1996.

Pour les communistes mexicains, une des raisons de long-terme expliquant la liquidation de 1981 serait l'influence diffuse du « browderisme », condamné en paroles mais pénétrant dans la pratique, dans le parti.

Earl Browder, dirigeant du Parti communiste des Etats-unis (CPUSA) avant-guerre, avait professé après 1945 des idées réformistes et liquidatrices qui lui valurent l'exclusion du CPUSA en 1946. Sa dérive l'emmena par la suite à collaborer à la chasse aux sorcières McCarthyste avant de rechercher par la suite la convergence avec différents groupes trotskystes.

Pour les communistes mexicains, le « browderisme » aboutit à la progression dans le parti d'une ligne syndicale et politique erronée:



  1. sur le plan de la ligne syndicale, une analyse erronée de l'État bourgeois surgi de la révolution de 1910 comme un État « au-dessus des classes » a conduit à une ligne syndicale et politique erronée substituant petit à petit la collaboration de classe à la lutte de classes. C'est ce qu'on appelle au Mexique, « le charrisme », c'est-à-dire la collusion entre dirigeants de l'Etat au service de la bourgeoisie et directions syndicales.



  1. sur le plan de la ligne politique, le renoncement à toute action politique communiste autonome « pour l'exercer principalement à travers des fronts, partis-fronts, pluralistes ». Ce qui cantonna les communistes à un rôle de caution de gauche du régime issu de la Révolution: « les communistes ne remplissaient plus qu'un rôle de clubs d'idées, renonçant à disputer l'hégémonie dans le processus de lutte ».


Voilà les fondements historiques à la liquidation du PCM en 1981, au nom de la création d'un grand parti de la gauche, formant en fait l'aile-gauche du « petit » parti de gauche du Parti socialiste unifié du Mexique qui lui-même se fondra dans un insignifiant courant du social-démocrate Parti de la révolution démocratique en 1989.


En finir avec le chant des sirènes de la « gauche unie » pour une ligne de rassemblement populaire


Cet abandon du communisme qui a débouché logiquement sur la soumission à la social-démocratie a emmené en 1994, un certain nombre de militants ouvriers et révolutionnaires décide de « reposer la nécessité de l'existence du Parti communiste comme tâche principale. »

Avec esprit, les communistes décidèrent alors de répondre au dilemme d'Hamlet 'Être ou ne pas être' par: « les communistes du Mexique furent, sont et seront communistes, les constructeurs du parti communiste, organisateurs patients et persévérants du renversement du capitalisme et impulseurs de la révolution socialiste. »


Le choix courageux de la reconstruction n'a pas exempté le Parti d'erreurs dans sa ligne politique. Principale erreur, selon les dirigeants communistes,une conception erronée de l'unité, une obsession de l' « unité de la gauche socialiste », l'unité pour l'unité, qui a pu obnubiler les dirigeants communistes mexicains pendant les dernières années. Or, pour les dirigeants communistes, cette conception de l'unité oubliait que la base devait être la construction du parti de type nouveau et de son « unité idéologique, politique et organique ».


Toutefois, cette auto-critique de cette idée erronée de l'unité politicienne n'efface pas la nécessité d'avoir une politique de rassemblement populaire: « de lutter, faire converger dans un vaste mouvement anti-capitaliste, anti-impérialiste et anti-monopoliste ».


Le document de ce congrès fondateur du Parti communiste du Mexique finit sur une note combative justifiant la récupération du nom historique du Parti:

« Parti Communiste du Mexique, comme l'enseignait Lénine, pour nous débarrasser du vieux linge. Parti communiste du Mexique, nom qui comprend l'histoire et l'avenir.

Parti communiste du Mexique, parti du socialisme scientifique, parti de lutte du prolétariat, des damnés de la terre, de la légion des morts de faim.

 

PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS !


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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 12:58

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« Ces vieux-là, ce sont aussi nos vieux »

 

En France, plusieurs dizaines de retraités marocains vivent dans une extrême précarité, suite à la suspension de leurs aides aux logements. Une situation que dénoncent Abderrahim Chninif, avocat perpignanais, et Omar Samaoli, gérontologue spécialisé dans la prise en charge des personnes âgées migrantes et professeur à l’université de Paris VI-Pierre et Marie Curie. Lemagazine.info les a interrogés pour comprendre la situation de ces « vieux ».


Abderrahim Chninif - Photo : Anne Le Bon/Lemagazine.info

Lemagazine.info : Depuis un an, la caisse d’allocations familiales (Caf) de Perpignan a suspendu les aides au logement d’au moins 130 retraités marocains, exclusivement des hommes. Pour quel motif ?

Abderrahim Chninif : La Caf les accuse d’occuper leur logement moins de huit mois par an, qui est la durée légale de résidence en France pour bénéficier des prestations sociales. Il a été établit que certains retraités marocains passaient une grande partie de l’année hors du territoire alors la Caf s’est mise à taper sur tous les autres. Elle leur a demandé leurs passeports pour vérifier la fréquence et la durée de leurs séjours au Maroc, elle a relevé les compteurs de gaz des immeubles pour identifier les mois où ils étaient présents… Ceux qui ont refusé de se soumettre à ces contrôles, que j’estime illégaux, ont reçu un courrier leur indiquant la cessation des versements au motif qu’il n’avait pas été possible de déterminer qu’ils occupaient leur logement de manière permanente. C’est un non respect de la présomption d’innocence ! On dit qu’ils sont fraudeurs jusqu’à preuve du contraire, ce devrait être l’inverse ! Pour les 37 clients que j’ai en charge dans cette affaire j’ai saisi le tribunal pour demander l’annulation de ces décisions. La procédure est en cours.

Lemagazine.info : Quelles sont les conséquences de la suspension du versement de l’aide au logement ?

Abderrahim Chninif : Depuis un an, ils ne peuvent plus payer leur loyer. Les propriétaires leur ont donc coupé l’eau et l’électricité (donc le chauffage), qui sont souvent compris dans le prix du loyer, et ont lancé des procédures de résiliation de bail. Certains se sont vus accorder des délais de paiement par le tribunal mais d’autres doivent simplement quitter leur logement. En période hivernale ils ne peuvent pas être expulsés mais ça complique la procédure judiciaire : la Caf peut-elle être contrainte de reprendre les versements des aides au logement à des personnes en procédure d’expulsion ? En plus, certains ont également cessé de percevoir l’allocation de solidarité pour les personnes âgées, pour le même motif. Ils vivent donc désormais avec 75 à 200 euros par mois, selon les cas…

Omar Samaoli : Ils étaient déjà précaires, on les rend encore plus précaires ! Ils bravaient déjà l’ennui et la fragilité financière, avec des revenus maximaux de 600 euros par mois. Maintenant ils doivent en plus supporter le froid et la honte d’être accusés d’être des fraudeurs.

Lemagazine.info : Y a-t-il d’autres personnes dans des situations similaires en France ?

Omar Samaoli : Il y a eu plusieurs cas de suspension des allocations à des retraités marocains pour les mêmes motifs dans un foyer à Argenteuil il y a plus d’un an et il y a également plusieurs procédures en cours contre les résidents marocains d’un foyer toulousain. Mais il est très difficile de savoir combien de personnes sont concernées. On n’identifie que ceux qui vivent dans des structures d’accueil ou dans un quartier identifié – comme à Perpignan – ou qui sont suivis par une association. Combien y a-t-il de personnes isolées qui subissent le même sort ? C’est très dur à estimer.


Omar Samaoli - Crédit photo : DR

Lemagazine.info : Les Marocains semblent plus touchés que d’autres retraités par les contrôles de la Caf…

Abderrahim Chninif : En effet. Les contrôles de la Caf sont basés sur la nationalité de ces personnes. Ils sont donc discriminatoires et contraires aux directives de l’Union Européenne garantissant une égalité de traitement aux étrangers. La Caf a d’ailleurs déjà été épinglée par la Halde [Haute autorité de lutte contre les discriminations, NDLR] en 2009 pour des faits comparables dans un foyer en région parisienne : il a été estimé que les mesures qu’elle avait prise à l’encontre des retraités marocains de ce foyer revêtaient un « caractère discriminatoire fondé sur la nationalité », prohibé par la cour européenne des droits de l’Homme…

Omar Samaoli : Le mode de vie des retraités marocains est spécifique à leur génération et à leur nationalité. Ils passent effectivement souvent une grande partie de leur temps au Maroc mais on devrait réfléchir à ce qui les a amené à vivre comme ça. Il faut remettre leur situation dans le contexte de leur arrivée en France : dans les années 1970, on a favorisé la venue de ces hommes dans notre pays, pour exercer des emplois souvent difficiles, mais on ne voulait pas entendre parler de leur famille. Aujourd’hui, ils se retrouvent écartelés entre deux terres, avec souvent des enfants et des petits-enfants au Maroc. Donc ils naviguent d’un pays à l’autre et ne remplissent pas les conditions d’accès aux allocations logement. Ce mode de vie est un indice de l’échec de la politique migratoire de la France ! Maintenant il faut assumer : ces vieux, ce sont aussi nos vieux !

Lemagazine.info : Qu’est-ce qui les retient en France, dans cette situation de précarité ?

Abderrahim Chninif : Pour toucher la retraite et bénéficier de la couverture maladie universelle, il faut être domicilié en France. S’ils quittent la France, ils perdent leurs droits à la retraite et l’accès aux soins.

Omar Samaoli : Au-delà de cette épée de Damoclès qui pèse au-dessus de leur tête, il n’est pas facile pour eux de se réinjecter dans le tissu social marocain après 35 ans passés en France. Ils sont dans un entre-deux : ni d’ici ni d’ailleurs, ou plutôt et d’ici et d’ailleurs. Ce n’est pas un choix, c’est une question de survie. On ne choisit pas de vivre dans une telle précarité.

Lemagazine.info : Qu’espérez-vous pour la suite ?

Abderrahim Chninif : Du point de vue juridique, je réclame la reprise du versement de l’aide au logement et des dommages et intérêts.

Omar Samaoli : Nous ne demandons pas un traitement d’exception mais juste qu’on desserre un peu l’étau. Combien y a-t-il de Français qui passent une grande partie de l’année au Maroc et qui ne sont pas embêtés par les organismes publics ? Il y en a beaucoup ! Pour le peu d’années qu’il leur reste à vivre, laissons ces vieux finir leurs jours tranquillement et finissons-en avec ces mesquineries ! Les économies, on peut les faire ailleurs : les problèmes de la France ne sont pas dans ces miettes qui font survivre ces vieux. J’en appelle à la raison et à l’humanité : ils ont travaillé dur pour la France, ils ne comprennent pas ce qui leur arrive, qu’on les laisse tranquille. Qu’on arrête de taper sur les plus précaires pour les rendre encore plus précaires !

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