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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 19:11

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link

 

L’incapacité du président Barack Obama à obtenir l’arrêt de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem illustre la partialité de Washington. Elle confirme l’absence de détermination sérieuse des Etats-Unis à imposer la paix sur le front israélo-palestinien. Le risque est grand alors de voir cette « non-paix » se transformer en conflit ouvert, la seule incertitude tenant au lieu de la prochaine guerre : Gaza, le Liban ou l’Iran ?

1er mars 1973. Le président américain Richard Nixon reçoit à Washington la Première ministre israélienne Golda Meir. Il l’informe que le président égyptien Anouar Al-Sadate est prêt à négocier un traité global. Tout en prétendant que son pays veut la paix, Meir répond qu’elle préfère un accord intérimaire, qu’il ne faut pas se fier aux manœuvres du Caire, qui veut d’abord un retrait israélien sur les lignes du 4 juin 1967, ensuite un retour au plan de partage voté par les Nations unies en novembre 1947, et une solution du problème palestinien dont il faudra discuter avec Yasser Arafat et « les terroristes ».

Rapportant cette conversation, à partir des enregistrements des conversations désormais rendus publics, le journaliste israélien Aluf Benn (« Netanyahu is telling Obama what Golda told Nixon », Haaretz, 15 décembre 2010) dresse un parallèle entre la situation à l’époque où le refus israélien allait déboucher sur la guerre d’octobre 1973 et le franchissement du canal de Suez par les troupes égyptiennes, et les réponses dilatoires apportées par M. Benjamin Nétanyahou au président Barack Obama. Il rappelle que le Premier ministre actuel, rentré précipitamment de Boston pour monter au front en octobre 1973, devrait « rafraîchir sa mémoire en écoutant les enregistrements des conversations entre Meir et Nixon et se demander ce qu’il peut faire pour ne pas répéter les mêmes erreurs et pousser son pays aveuglément vers un seconde désastre de Yom Kippour », une guerre qui devait coûter 2 600 soldats à l’armée israélienne.

Le refus de Tel-Aviv d’accepter la proposition du président Barack Obama de geler pour trois mois la colonisation en Cisjordanie (et non à Jérusalem-Est) en échange de promesses sans précédent, que le commentateur Thomas Friedman (« Reality Check », New York Times, 11 décembre 2010), peu suspect de sympathies pour les Arabes, compare à une tentative de corruption pure et simple, a confirmé non seulement l’incapacité du président Obama à exercer une pression sérieuse sur Israël, mais le rejet par M. Nétanyahou du moindre compromis. Bien sûr, comme ses prédécesseurs, il prétend vouloir la paix, mais c’est la paix humiliante imposée par les vainqueurs, une paix fondée sur la négation des droits élémentaires des Palestiniens.

Lors des négociations secrètes avec les Palestiniens durant l’année qui vient de s’écouler, M. Nétanyahou a répété que tout accord nécessitait l’acceptation par les Palestiniens du « concept de sécurité » israélien, ce qui signifiait, entre autres, l’acquiescement à la présence de troupes israéliennes sur le Jourdain et le long du « mur de l’apartheid » (du côté palestinien bien sûr), et la poursuite de l’occupation d’une partie non négligeable de la Cisjordanie (Dan Ephron, « 16 hours in September », Newsweek, 11 décembre 2010). Il n’a fixé aucun terme à cette présence israélienne, sans doute censée durer jusqu’à ce que les Palestiniens deviennent « civilisés »…

Ce blocage sur le front palestinien pousse l’armée israélienne à échafauder les plans de ses nouvelles guerres, fondées sur ce « concept de sécurité » qui veut que tous ceux qui refusent la domination de Tel-Aviv sur la région soient des « terroristes » qu’il faut éliminer. Aucun autre pays, pas même les Etats-Unis, n’ont une conception de la sécurité aussi extensive, une conception qui fait d’Israël un fauteur de guerres permanentes. Sur qui va fondre l’armée israélienne, contre qui portera-t-elle ses prochains coups ?

Sur Gaza ? Il y a deux ans, les blindés et l’aviation israélienne réduisaient en cendres des centaines de bâtiments et tuaient des centaines de civils, commettant ce que le rapport Goldstone qualifie de « crimes de guerres » et sans doute de « crimes contre l’humanité ». Pourtant, le Hamas est toujours solidement installé au pouvoir. Combien de temps Tel-Aviv peut-il se résigner à cette situation ?

Sur le Liban ? En juillet-août 2006, l’armée israélienne échouait dans ses tentatives de réduire le Hezbollah, mais réussissait à détruire le pays, au mépris du droit international ; trois ans et demi plus tard, l’organisation est plus puissante que jamais et l’état-major n’écarte pas une opération majeure qui risquerait de conduire à l’occupation d’une partie du Liban (lire Anshel Pfeffer, « Is the IDF prepping for a third war with Lebanon », Haaretz, 19 décembre 2010).

Sur l’Iran ? Au risque de provoquer un conflit majeur qui s’étendrait de l’Irak au Liban, de la Palestine à l’Afghanistan ?

Personne ne peut le dire, mais, au Proche-Orient, l’absence de paix débouche forcément sur la guerre… Contrairement à 1973, c’est Israël qui prendra l’initiative directe du conflit, sauf qu’il se heurtera non seulement à des ennemis bien plus efficaces, mais, comme le signale le militant de la paix israélien Uri Avnery (« Ship of fools 2 », Gush Shalom, 18 décembre 2010), à l’hostilité grandissante de l’opinion mondiale, hostilité dont a témoigné la reconnaissance de l’Etat de Palestine dans les frontières de 1967 par le Brésil, la Bolivie, l’Argentine, ou la lettre de 26 anciens dirigeants européens (Chris Patten, Giuliano Amato, Felipe González, Lionel Jospin, Hubert Védrine, Romano Prodi, Javier Solana, etc.) – tout sauf des extrémistes – appelant l’Union européenne à prendre des sanctions si, d’ici le printemps, le gouvernement israélien ne change pas de politique. L’organisation Human Rights Watch a publié le 19 décembre un rapport (« Israel/West Bank : Separate and Unequal ») qui souligne que les Palestiniens sont victimes de discriminations systématiques et appelle le gouvernement des Etats-Unis à réduire de plus de 1 milliard de dollars son aide annuelle à Israël (soit l’équivalent des investissements israéliens en faveur des colonies).

En conclusion, Avnery note que le soutien américain à Israël relève de l’assistance au suicide. « En Israël, une telle assistance est un crime. En revanche, le suicide ne l’est pas. Ceux que les dieux veulent détruire, ils les rendent d’abord fous. Espérons que nous retrouverons nos esprits avant qu’il ne soit trop tard. »

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 18:13

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Communiqué de presse du réseau école du PCF, Paris, le 22/12/2011

 

Postes d’enseignants : halte à la liquidation de l’avenir !

 

Un comité technique paritaire ministériel doit se réunir pour examiner la répartition académique des suppressions d'emplois dans l'Education nationale. Le ministère annonce la poursuite de la saignée.

Sous la présidence Chirac, les postes de fonctionnaires dans l’éducation nationale avaient déjà été supprimés, sous le prétexte fallacieux d’une baisse momentanée des effectifs d’élèves. Depuis Sarkozy, la liquidation s’accroît tous les ans.

2007 : 8 700 suppressions

2008 : 11 200

2009 : 13 500

2010 : 16 000

2011 : 17 000 suppressions annoncées pour la rentrée. (voir le détail donné ci-dessous).

 

Cela ferait 66 400 postes supprimés depuis le début du quinquennat, soit 8% des effectifs !

Mais depuis 2000, la natalité est repartie nettement à la hausse ! Selon l’INSEE, de 700 000 naissances annuelles au début des années 1990, on est passé à 774 800 en 2000, et cela ne cesse de croître, avec plus de 830 000 naissances annuelles depuis 2006 (ceux qui rentrent en CP en 2011), soit une élévation de plus de 7% depuis 2000 où l’on parlait déjà de « baby-boom »!

 

L’Etat, au service du patronat, organise la pénurie, pour pousser, au travers de l’autonomie financière des établissements, à ce que des enseignants contractuels soient embauchés localement. C’est une catastrophe pour l’avenir que d’avoir des enseignants insuffisamment formés et dans l’insécurité et donc manquant de disponibilité pour les élèves à force de courir le cachet. En dénationalisant l’enseignement, le gouvernement accroit les inégalités entre territoires et classes sociales.

On sacrifie les conditions qui pourraient permettre d’amélirorer la qualité de l’éducation.

Les candidats communistes aux élections cantonales porteront au contraire l’idée que l’Etat doit assumer ses responsabilités au lieu de se défausser sur les collectivités locales qui n’auront pas les moyens de s’y substituer. Leur rôle est ailleurs que dans le pédagogique, dans la création d’infrastructures de qualité et d’une carte scolaire juste qui permettent à l’Education Nationale de remplir la même mission partout, pour l’égalité.

 

Le PCF appelle à tout mettre en oeuvre pour réussir la mobilisation du 22 janvier initiée par le collectif "l'éducation est notre avenir" et ainsi faire entendre la nécessité pour l’avenir du pays et des enfants de la relance du service public d’éducation nationale.

 

 

_ _ _ _ _ _ _

Annonces de suppressions de postes pour la rentrée 2011...

 

Premier degré: suppression de 3 367 emplois d'enseignants.

 

Aix-Marseille : -98

Amiens : -149

Besançon : -94

Bordeaux : -98

Caen : -195

Clermont-Ferrand : -104

Corse : -15

Créteil : -120

Dijon : -125

Grenoble : -40

Lille : -336

Limoges : -53

Lyon : -62

Montpellier : -95

Nancy-Metz : -298

Nantes : -71

Nice : -116

Orléans-Tours : -120

Paris : -77

Poitiers : -77

Reims : -131

Rennes : -75

Rouen : -156

Strasbourg : -177

Toulouse : -150

Versailles : -120

Guadeloupe : -85

Guyane : 40

La Réunion : -75

Martinique : -95

 

Second degré : 4 800 suppressions de postes d'enseignants.

 

Aix-Marseille : -72

Amiens : -198

Besançon : -177

Bordeaux : -46

Caen : -154

Clermont-Ferrand : -182

Corse : -18

Créteil : -426

Dijon : -186

Grenoble : 0

Lille : -470

Limoges : -95

Lyon : -220

Montpellier : -96

Nancy-Metz : -524

Nantes : 0

Nice : -239

Orléans-Tours : -284

Paris : -27

Poitiers : -70

Reims : -220

Rennes : -39

Rouen : -196

Strasbourg : -193

Toulouse : -32

Versailles : -493

Martinique : -139

Guadeloupe : -70

Guyane : +37

Réunion : -81

 

Emplois administratifs : suppression de 600 emplois administratifs, soit - 200 ETPA (équivalents temps plein administratifs).

 

Aix-Marseille : -15 soit -5,00 ETPT

Amiens : -16 soit -5,33 ETPT

Besançon : -14 soit -4,67 ETPT

Bordeaux : -17 soit -5,67 ETPT

Caen : -10 soit -3,33 ETPT

Clermont-Ferrand : -28 soit -9,33 ETPT

Corse : -10 soit -3,33 ETPT

Créteil : -25 soit -8,33 ETPT

Dijon : -24 soit -8,00 ETPT

Grenoble : -15 soit -5,00 ETPT

Guadeloupe : -5 soit -1,67 ETPT

Guyane : 0

Lille : -59 soit -19,67 ETPT

Limoges : -11 soit -3,67 ETPT

Lyon : -12 soit -4,00 ETPT

Martinique : -5 soit -1,67 ETPT

Montpellier : -10 soit -3,33 ETPT

Nancy-Metz : -19 soit -6,33 ETPT

Nantes : -25 soit -8,33 ETPT

Nice : -14 soit -4,67 ETPT

Orléans-Tours : -19 soit -6,33 ETPT

Paris : -25 soit -8,33 ETPT

Poitiers : -25 soit -8,33 ETPT

Reims : -12 soit -4,00 ETPT

Rennes : -20 soit -6,67 ETPT

Réunion : -5 soit -1,67 ETPT

Rouen : -25 soit -8,33 ETPT

Strasbourg : -12 soit -4,00 ETPT

Toulouse : -23 soit -7,67 ETPT

Versailles : -25 soit -8,33 ETPT

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 07:56
pcf
Les débats entre communistes s'accélèrent et c'est bien, deux dates butoirs nous y incitent : la réunion des secrétaires de section le 8 janvier 2011, sa préparation avec la définition du processus de désignation du candidat soutenu par le Parti Communiste aux présidentielles (c'est un choix qui relève de la stratégie mais aussi d'éléments tactiques) et la préparation du congrès de la fin du printemps.

Les puissantes luttes de classe de cet automne structurent le débat, soulignent les besoins, montrent les possibles. Deux textes circulent sur la question de la candidature et nombre de militants s'interrogent sur ce qu'ils peuvent faire pour rester maîtres en ce qui les concerne des décisions finales.

En tant que membre du Conseil National j'ai participé ces derniers jours à quatre rencontres bien différentes quant à la forme, le fond des débats a cependant partout été le même qu'il s'agisse du bureau départemental de la fédération de l'Hérault ; d'une réunion publique réunissant à l'appel de toutes les organisations de gauche (sauf le PS) environ 250 militants à Marseille pour débattre sur les suites politiques du mouvement retraites ; d‘une initiative des "Amis de l ‘Huma" à Montpellier avec plus de 100 personnes "pour réfléchir" au 90ème anniversaire du PCF ; de l'assemblée départementale des vétérans héraultais du PCF à Frontignan. L'identité profonde des questions posées se résume à mon appréciation par les questions suivantes :

Faut-il comme dans chaque pays d'Europe un parti révolutionnaire en France, faut-il une nouvelle internationale? L'Europe du capital peut-elle avoir un avenir même avec les luttes populaires  Ce parti doit-il se réclamer du communisme ? Le Parti communiste français, conservé sous cette apppellation par choix de ses militants en décembre 2007 contre les propositions de mutation émises par sa direction peut-il occuper cette place? Comment peut-il contribuer à la reconstitution de l'unité communiste en France? Et sera-t-il en état d'assurer sa présence dans cette élection si particulière qu'est l'élection présidentielle?

Certes dans chacun de ces lieux, le vieux désir spontanément majoritaire d'un rassemblement électoral, fut-il sans principe et hélas sans autre objectif au fond que le partage de positions électorales, a occupé une place prépondérante.

Ici sous le cri "tous derrière Mélenchon candidat courageux et médiatique", là au nom de l'aspiration des 7 000 000 de travailleurs dans l'action à voir la reproduction dans la sphère politique de l'unité construite et maintenue dans la lutte quels qu'en soient contenu et niveau, ailleurs au nom de la constation simple mais simpliste " c'est trop difficile si on ne va pas à l'union dès le premier tour on sera amené à appeler à voter socialiste au second... donc autant se coucher tout de suite." Comme toujours c'est dans la façon de poser les questions que réside déjà la pertinence des réponses possibles.

En contradiction avec ces affirmations apparait, sur la base de la crise systémique, de ses conséquences inhumaines et du niveau remarquable des résistances, d'une expérience accumulée en cours d'analyse, des questionnements porteurs d'une autre perspective stratégique. Le niveau de violence requis par le maintien du taux moyen de profit est largement perçu comme insupportable. La souffrance des exploités gagne, dans toutes les couches sociales hormis la classe étroite des exploiteurs, en un mouvement d'aggravation sans commune mesure depuis plus d'un demi siècle.

La question de la possibilité d'accommodements à la marge avec le système interroge.

Restons-nous dans la même période qu'avant l'écroulement de l'Union Soviétique ou même celle des vingt dernières années pendant lesquelles le capitalisme pouvait passer pour la fin de l'histoire? L'explosion de la crise, le niveau élevé de la résistance ont déjà réouvert la question de la rupture avec le capitalisme et en conséquence celle de la construction de l'outil nécessaire: un Parti se réclamant du communisme.

Là je constate que que dans chacune de ces quatre circonstances ce sont les communistes qui au positif montrent leurs recherches spécifiques pour ajuster mieux leur propositions aux questions de l'heure. Seuls les esprits chagrins y verront marques de divisions car sans contradictions publiquement assumées il n'y aura pas d'interventions efficaces dans l'action.

Qu'y a-t-il de commun entre la décision prise à Aubagne de choisir au premier tour des cantonales comme suppléant à la candidate première adjointe communiste, un adjoint socialiste plutôt que le camarade désigné par la section acteur important d'une lutte anticapitaliste pour l'emploi industriel dans l'usine locale du trust Unilever et la décision prise par (et appliquée avec difficulté) dans la fédération de l'Hérault de ne conclure aucun accord départemental avec aucun partenaire PG compris. La constitution nécessaire d'un Front passant dans chaque canton par le choix d'une candidature communiste et seulement après l'examen dans le cadre local du meilleur candidat pour porter le rassemblement électoral de rupture avec le capitalisme. C'est donc bien d'un débat stratégique que nous sommes acteurs.

Les uns, bien que battus dans leur Parti par le débat démocratique, s'accrochent toujours plus ou moins discrétement à l'objectif de "mutation – disparition – liquidation" accélérées ; d'autres plus nombreux font leur, l'idée de maintien d'une organisation de type parti, d'appellation communiste, mais hésitent au nom d'une "modernité à géométrie variable" à plonger dans l'analyse concrète de la situation d'exploitation et retombent bien vite dans toutes les solutions passées d'union pour l'union sans objectif de rupture définis. Ce positionnement conduit quel que soit le chemin à l'acceptetion de l'effacement derrière le front gauche et parfois dans le cadre d'une confusion savamment entretenue derrière le parti de gauche.

Ces masques peuvent rapidement tomber, car il se reconstitue une force militante – majoritaire à la base, c’est du moins mon appréciation – remettant à partir de l'analyse critique les stratégies en échec d'union antérieures qu'il s'agisse de l'union de la gauche, de gauche plurielle, de cuals antilibéraux et proposant d'innover dans le cadre ouvert par les luttes de résistance. Ils résument leur position stratégique, en proposant de faire en sorte que la question de la transformation des rapports de production soit posée comme question centrale, ce qui implique rupture avec le mode de production capitaliste porteur de la crise anthropique que nous vivons et pose la question de l'existence d'un Parti communiste français, populaire, de masse, organisé dans les luttes et toutes les élections.

Point d'illusions entre nous communistes français, si les liquidateurs pressés semblent battus dans le parti réel... ce qui n'est peut être pas le cas dans toutes les directions locales, départementales, nationales – il n'en est pas de même sur la deuxième question: celle du contenu révolutionnaire à donner à aux projets politiques du PCF en ce début de siècle, et de leur articulations avec des candidatures compatibles quelles que soient les consultations électorales. C'est l'objet du débat actuel sur la candidature communiste ou issue du Parti aux présidentielles. Mélenchon c'est certain ne fait pas l'affaire, non en raison de défauts ou de qualités plus ou moins visibles, mais en raison des orientations qu'il défend avec son parti. Rappellons-nous de la mise en place de F. Mitterrand par la bourgeoisie et ses médias, ne revivons-nous pas les mêmes faits… la création d'un candidat compatible ?

D'ici le congrès de juin travaillons dans le respect de nos statuts à résoudre cette question de candidature car la vie concrête nous la pose. Quel que soit le résultat nous savons qu'il nous faut créer les conditions nationales permettant de sortir de la course à l'émiettement communiste allègrement poursuivie depuis 20 ans. C'est elle entre autres qui nous a amenés au niveau d'étiage de 1,95 % aux présidentielles.

Seul le renouveau d'une force communiste rassemblée ouvrira la voie du succès dans les élections et dans les luttes. Tous les les communistes du pays y aspirent.

Pas de victoire possible sans rassemblement populaire. Pas de rassemblement populaire sans réunion de la force communiste. Pas de rassemblement de la force communiste française sans théorie et organisation communistes clairement identifiables dans les luttes et à chaque élection.

Paul Barbazange Secrétaire de la section de Béziers

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Les débats entre communistes s'accélèrent et c'est bien, deux dates butoirs nous y incitent : la réunion des secrétaires de section le 8 janvier 2011, sa préparation avec la définition du processus de désignation du candidat soutenu par le Parti Communiste aux présidentielles (c'est un choix qui relève de la stratégie mais aussi d'éléments tactiques) et la préparation du congrès de la fin du printemps.

Les puissantes luttes de classe de cet automne structurent le débat, soulignent les besoins, montrent les possibles. Deux textes circulent sur la question de la candidature et nombre de militants s'interrogent sur ce qu'ils peuvent faire pour rester maîtres en ce qui les concerne des décisions finales.

En tant que membre du Conseil National j'ai participé ces derniers jours à quatre rencontres bien différentes quant à la forme, le fond des débats a cependant partout été le même qu'il s'agisse du bureau départemental de la fédération de l'Hérault ; d'une réunion publique réunissant à l'appel de toutes les organisations de gauche (sauf le PS) environ 250 militants à Marseille pour débattre sur les suites politiques du mouvement retraites ; d‘une initiative des "Amis de l ‘Huma" à Montpellier avec plus de 100 personnes "pour réfléchir" au 90ème anniversaire du PCF ; de l'assemblée départementale des vétérans héraultais du PCF à Frontignan. L'identité profonde des questions posées se résume à mon appréciation par les questions suivantes :

Faut-il comme dans chaque pays d'Europe un parti révolutionnaire en France, faut-il une nouvelle internationale? L'Europe du capital peut-elle avoir un avenir même avec les luttes populaires  Ce parti doit-il se réclamer du communisme ? Le Parti communiste français, conservé sous cette apppellation par choix de ses militants en décembre 2007 contre les propositions de mutation émises par sa direction peut-il occuper cette place? Comment peut-il contribuer à la reconstitution de l'unité communiste en France? Et sera-t-il en état d'assurer sa présence dans cette élection si particulière qu'est l'élection présidentielle?

Certes dans chacun de ces lieux, le vieux désir spontanément majoritaire d'un rassemblement électoral, fut-il sans principe et hélas sans autre objectif au fond que le partage de positions électorales, a occupé une place prépondérante.

Ici sous le cri "tous derrière Mélenchon candidat courageux et médiatique", là au nom de l'aspiration des 7 000 000 de travailleurs dans l'action à voir la reproduction dans la sphère politique de l'unité construite et maintenue dans la lutte quels qu'en soient contenu et niveau, ailleurs au nom de la constation simple mais simpliste " c'est trop difficile si on ne va pas à l'union dès le premier tour on sera amené à appeler à voter socialiste au second... donc autant se coucher tout de suite." Comme toujours c'est dans la façon de poser les questions que réside déjà la pertinence des réponses possibles.

En contradiction avec ces affirmations apparait, sur la base de la crise systémique, de ses conséquences inhumaines et du niveau remarquable des résistances, d'une expérience accumulée en cours d'analyse, des questionnements porteurs d'une autre perspective stratégique. Le niveau de violence requis par le maintien du taux moyen de profit est largement perçu comme insupportable. La souffrance des exploités gagne, dans toutes les couches sociales hormis la classe étroite des exploiteurs, en un mouvement d'aggravation sans commune mesure depuis plus d'un demi siècle.

La question de la possibilité d'accommodements à la marge avec le système interroge.

Restons-nous dans la même période qu'avant l'écroulement de l'Union Soviétique ou même celle des vingt dernières années pendant lesquelles le capitalisme pouvait passer pour la fin de l'histoire? L'explosion de la crise, le niveau élevé de la résistance ont déjà réouvert la question de la rupture avec le capitalisme et en conséquence celle de la construction de l'outil nécessaire: un Parti se réclamant du communisme.

Là je constate que que dans chacune de ces quatre circonstances ce sont les communistes qui au positif montrent leurs recherches spécifiques pour ajuster mieux leur propositions aux questions de l'heure. Seuls les esprits chagrins y verront marques de divisions car sans contradictions publiquement assumées il n'y aura pas d'interventions efficaces dans l'action.

Qu'y a-t-il de commun entre la décision prise à Aubagne de choisir au premier tour des cantonales comme suppléant à la candidate première adjointe communiste, un adjoint socialiste plutôt que le camarade désigné par la section acteur important d'une lutte anticapitaliste pour l'emploi industriel dans l'usine locale du trust Unilever et la décision prise par (et appliquée avec difficulté) dans la fédération de l'Hérault de ne conclure aucun accord départemental avec aucun partenaire PG compris. La constitution nécessaire d'un Front passant dans chaque canton par le choix d'une candidature communiste et seulement après l'examen dans le cadre local du meilleur candidat pour porter le rassemblement électoral de rupture avec le capitalisme. C'est donc bien d'un débat stratégique que nous sommes acteurs.

Les uns, bien que battus dans leur Parti par le débat démocratique, s'accrochent toujours plus ou moins discrétement à l'objectif de "mutation – disparition – liquidation" accélérées ; d'autres plus nombreux font leur, l'idée de maintien d'une organisation de type parti, d'appellation communiste, mais hésitent au nom d'une "modernité à géométrie variable" à plonger dans l'analyse concrète de la situation d'exploitation et retombent bien vite dans toutes les solutions passées d'union pour l'union sans objectif de rupture définis. Ce positionnement conduit quel que soit le chemin à l'acceptetion de l'effacement derrière le front gauche et parfois dans le cadre d'une confusion savamment entretenue derrière le parti de gauche.

Ces masques peuvent rapidement tomber, car il se reconstitue une force militante – majoritaire à la base, c’est du moins mon appréciation – remettant à partir de l'analyse critique les stratégies en échec d'union antérieures qu'il s'agisse de l'union de la gauche, de gauche plurielle, de cuals antilibéraux et proposant d'innover dans le cadre ouvert par les luttes de résistance. Ils résument leur position stratégique, en proposant de faire en sorte que la question de la transformation des rapports de production soit posée comme question centrale, ce qui implique rupture avec le mode de production capitaliste porteur de la crise anthropique que nous vivons et pose la question de l'existence d'un Parti communiste français, populaire, de masse, organisé dans les luttes et toutes les élections.

Point d'illusions entre nous communistes français, si les liquidateurs pressés semblent battus dans le parti réel... ce qui n'est peut être pas le cas dans toutes les directions locales, départementales, nationales – il n'en est pas de même sur la deuxième question: celle du contenu révolutionnaire à donner à aux projets politiques du PCF en ce début de siècle, et de leur articulations avec des candidatures compatibles quelles que soient les consultations électorales. C'est l'objet du débat actuel sur la candidature communiste ou issue du Parti aux présidentielles. Mélenchon c'est certain ne fait pas l'affaire, non en raison de défauts ou de qualités plus ou moins visibles, mais en raison des orientations qu'il défend avec son parti. Rappellons-nous de la mise en place de F. Mitterrand par la bourgeoisie et ses médias, ne revivons-nous pas les mêmes faits… la création d'un candidat compatible ?

D'ici le congrès de juin travaillons dans le respect de nos statuts à résoudre cette question de candidature car la vie concrête nous la pose. Quel que soit le résultat nous savons qu'il nous faut créer les conditions nationales permettant de sortir de la course à l'émiettement communiste allègrement poursuivie depuis 20 ans. C'est elle entre autres qui nous a amenés au niveau d'étiage de 1,95 % aux présidentielles.

Seul le renouveau d'une force communiste rassemblée ouvrira la voie du succès dans les élections et dans les luttes. Tous les les communistes du pays y aspirent.

Pas de victoire possible sans rassemblement populaire. Pas de rassemblement populaire sans réunion de la force communiste. Pas de rassemblement de la force communiste française sans théorie et organisation communistes clairement identifiables dans les luttes et à chaque élection.

Paul Barbazange Secrétaire de la section de Béziers

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 19:22

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 http://yahoo.bondyblog.fr/201012161214/%C2%AB-la-cite-du-male-%C2%BB-passe-en-correctionnelle/

 

Des documentaristes et responsables associatifs ont dénoncé mercredi à Paris les partis pris d’un documentaire polémique, tourné à la cité Balzac de Vitry-sur-Seine et diffusé le 29 septembre sur Arte.

Point de départ : « La cité du mâle », diffusée le 29 septembre sur Arte. Un documentaire sur le « sexisme » des garçons vis-à-vis des filles au cœur de la cité Balzac de Vitry-sur-Seine, où une jeune fille, Sohane, a été brûlée vive en 2002. Le film de la réalisatrice Cathy Sanchez avait fait l’objet d’une polémique avant même sa diffusion. La chaîne l’avait déprogrammé dans un premier temps face à des réactions d’hostilité de personnes qui avaient pris part à son tournage.

Hier une conférence de presse menait la charge contre le documentaire. Tenue à la Maison des associations du 3e arrondissement de Paris par Denis Gheerbrant, membre de l’Association des cinéastes documentaristes (ADDOC) et de la Société des réalisateurs de films (SRF), Daniel Kupferstein, membre de l’ADDOC également ; Assia, étudiante et habitante de la cité Balzac, Didier N’Diaye, directeur d’un centre de quartier, Khoukha Zeghdoudi, coordinatrice du Centre social Balzac, et Ladji Real, réalisateur, auteur d’un documentaire présenté comme une « contre-enquête » à « La cité du mâle » et dont des extraits ont été diffusés devant l’assistance. La critique porte sur le traitement des banlieues par la télévision publique française.

Le constat dressé par ces protagonistes est accablant. En effet, il y aurait « une dictature nouvelle de la télé » et « une fabrication artificielle de la France » entretenue par les chaînes. En 2002, à l’approche des élections présidentielles, on a pu assister sur nos petits écrans à une augmentation des reportages sur l’insécurité, notamment en banlieue. Aujourd’hui, à un an et demi de l’échéance présidentielle de 2012, on est bien parti pour revivre la même chose, dénoncent les intervenants de la conférence de presse. « Un fait divers devient un fait de société. » Des mots fusent : discrimination, amalgame, mensonge, mépris, méfiance, manipulation…

« La cité du mâle » : overdose de clichés sur les mecs de cités. Telle est la lecture faite de ce film par les cinéastes documentaristes et les responsables associatifs réunis hier à la Maison des associations du 3e. Le contre-documentaire de Ladji Real se veut un démontage du « docu-drama » de Cathy Sanchez. Le réalisateur est allée à la rencontre des ces garçons et de ces filles qui sont interrogés dans « La cité du mâle ». « Rachid joue lui aussi le pater familias à la maison, son père est mort il y a 19 ans et depuis sa mère lui laisse les rênes à la maison », dixit la voix-off dans la « version » Sanchez. Or, si les calculs sont bons, la mère de Rachid aurait laissé le pouvoir à Rachid alors que celui-ci n’avait que 6 ans…

Les propos d’Imène et Melissa, qui « s’habillent à la bonhomme pour avoir la paix », ont été sortis « de leur contexte ». Okito, l’aîné d’une famille de cinq enfants, voit régulièrement son père alors que « La cité du mâle » dit le contraire. Dans la salle, beaucoup de personnes acquises à la cause du jour et quelques journalistes. On se prend à rire face aux extraits, qui, sur le mode du démenti ou de la nuance, tourne en ridicule le travail de la réalisatrice diffusé sur Arte.

La conférence de presse tourne très vite à un débat quasi unilatéral. Un élu de Vitry-sur-Seine défend la réputation de sa ville. « Le soir de la diffusion de « La cité du mal », j’aurais eu Daniel Leconte (le producteur des Thema sur Arte, ndlr) en face de moi, je lui aurais mis un coup », dit-il. On peut quand même s’interroger sur la « contre-enquête » de Ladji Real. Pourquoi s’interroger ? Parce qu’on en n’a vu que des extraits. Deux mois et demi après la diffusion de « La cité du mâle », on nous vend un reportage qui cherche le buzz, dont le montage n’est même pas fini.

Une conférence de presse et un documentaire « contre-enquête », qui, par leur aspect précipité, donnent à penser que c’est davantage le coup médiatique et politique qui a été privilégié hier. Quand on prétend critiquer professionnellement le travail d’un autre, on s’attache à présenter une « copie » définitive et non une bande-annonce. A propos de vente, un intervenant de la conférence de presse a même fait la promo de son album de rap. Rien à voir avec le sujet du jour.

Ces reportages tentant de comprendre le réel des banlieues mais trop souvent protéinés aux fantasmes, nous les connaissons depuis ceux du « Droit de savoir » de TF1, et on ne nous a jamais rien proposé de bien potable jusqu’à « Go fast connexion », le documentaire de Ladj Ly où Charles Villeneuve, le « méchant » du « Droit de savoir », bon joueur, fait de l’autodérision. Pourquoi attendre qu’Arte présente un docu-drama pour entreprendre quelque chose de pas fini ? Même la conférence de presse, hier, était castée.

Anouar Boukra

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 19:04

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Alors que le scandale du Mediator prend de l'ampleur, la question de la responsabilité des politiques se fait plus pressante. Comment le médicament, responsable de la mort d'au moins 500 personnes, a-t-il pu voir son remboursement renouvelé deux fois alors que le danger était connu ?

Bruno Toussaint, directeur de la revue médicale Prescrire, fait partie de ceux qui ont dénoncé dès 1997 ce médicament du laboratoire Servier pour diabétiques, utilisé comme coupe-faim. Aujourd'hui cité par le ministre Bertrand comme une des personnes à consulter dans cette crise, le directeur de cette revue indépendante dénonce un système aux "responsabilités diluées".

Xavier Bertrand dit n'avoir découvert le "problème" du Mediator qu'en novembre 2010. Pourtant, en 2006, alors qu'il était déjà ministre, une commission de la Haute Autorité de la santé en dénonçait les dangers : est-ce le système qui a failli ?

Certes, il y a plusieurs instances à l'œuvre, mais, au final, la décision appartient au ministre. L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) s'occupe de l'autorisation de mise sur le marché d'un médicament et de l'évaluation de la balance entre ses bénéfices et ses risques. La Haute Autorité de la santé, elle, possède une commission de la transparence qui donne un avis sur le service médical rendu par le médicament, dans l'absolu et en comparaison avec les autres produits déjà sur le marché. Il y a aussi la commission économique des prix de santé, qui se prononce si le médicament est remboursé.

Que voulez-vous dire ? Qu'il y a un dysfonctionnement du système ou qu'il est surprenant que Xavier Bertrand affirme ne pas avoir été au courant ?

On s'attend à ce qu'une décision d'un ministre se fasse en connaissance de cause, surtout en matière de santé. Si un ministre décide sans être informé, c'est grave. J'espère que l'organisation fait en sorte qu'il était au courant.

Xavier Bertrand souligne que la question du remboursement d'un médicament est complexe et n'est pas liée directement à "son éventuelle dangerosité, qui est évaluée par la commission nationale de pharmacovigilance et entérinée par celle d'autorisation de mise sur le marché". N'a-t-il pas raison ?

Non. J'espère que la dangerosité est prise en compte dans la décision de remboursement. Si la sécurité sociale rembourse un médicament sans prendre en compte son danger, cela va très mal.

Il semble qu'en 2006, la commission de la transparence a rendu un avis négatif pour l'un des usages du Mediator, mais n'a pas tranché pour l'autre, le traitement des diabétiques en surpoids : cela ne peut-il expliquer qu'on ait prolongé son remboursement ?

En France, les décisions concernant les médicaments sont morcelées et les responsabilités diluées. Les commissions successives donnent leurs avis, jusqu'à la décision du ministre. Un des inconvénients est le suivant : si chaque commission donne un avis un peu timoré, à l'étape suivante, on peut s'appuyer sur cette partie la plus timide... et le médicament dangereux continue d'être utilisé.

Le fait que le Mediator ait été prescrit par les médecins comme coupe-faim, un usage qui n'était pas prévu, ne dédouane-t-il pas en partie les autorités ?

Non, au contraire. Le nom officiel du Mediator est le Benfluorex. Le suffixe est -orex, comme "anorexigène". C'est un type de coupe-faim, connu depuis plus de trente-cinq ans. Le Benfluorex a été interdit en France en 1995, en préparation magistrale, c'est-à-dire en confection commandée par le médecin au pharmacien. Mais il est resté sur le marché en version industrielle, sous le nom de Mediator, ce qui est une contradiction que les enquêtes en cours devront éclaircir. Concernant son usage, en 1998, l'Union régionale des caisses d'assurance-maladie montre que beaucoup de médecins le prescrivaient comme coupe-faim. Certes, ces médecins ont eu tort, mais les usages détournés du Mediator ne dédouanent pas les autorités, au contraire : il faut alors chercher le moyen le plus radical de mettre les patients à l'abri du danger, à savoir le retrait du médicament.

Outre Xavier Bertrand, ministre en 2006, les socialistes Martine Aubry et Bernard Kouchner, en poste en 1999, disent également n'avoir rien su du problème posé par le Mediator : y a-t-il des différences entre ces deux épisodes ?

En 1999, la commission de la transparence dit que le service médical rendu par le Mediator est insuffisant. Donc le médicament devrait ne plus être remboursé. Or, il continue de l'être. En tout cas, il y a des grosses similitudes entre cette période, liée à Martine Aubry et Bernard Kouchner, et celle pendant laquelle Xavier Bertrand était ministre. La différence, c'est qu'en 2006, on a plus de preuves sur la dangerosité du Mediator, comme son retrait du marché en Espagne, décidé en 2003.

Xavier Bertrand affirme qu'il souhaite discuter avec vous, les rédacteurs de Prescrire, afin de tirer des leçons : mieux vaut tard que jamais ?

Oui, mieux vaut tard que jamais. Je répondrai à l'invitation. Pourtant, tout notre travail sur le Mediator était déjà dans notre revue. Nous l'avons dénoncé depuis 1997...

Le problème lié au Mediator ne vient-il pas de l'Afssaps ?

Le problème est diffus mais, comme les autres agences du médicament, l'Afssaps a essentiellement pour interlocuteurs des représentants de l'industrie pharmaceutique, donc peu de patients ou de soignants, mais des firmes. Il se trouve que ces dernières financent également l'agence, via les frais d'examen de leurs dossiers d'autorisation de mise sur le marché.

L'Afssaps souligne qu'en cas de conflit d'intérêts potentiel avec un laboratoire pharmaceutique, ses experts font une déclaration publique...

En France comme ailleurs, l'essentiel de la recherche clinique est financé par des entreprises privées. La règle est que l'autorisation de mise sur le marché est donnée par les pouvoirs publics, sur la base d'un dossier constitué par l'entreprise privée. Les firmes sont donc placées dans un conflit d'intérêts massif : elles doivent présenter à la fois les qualités et les défauts de leur produit.

De plus, beaucoup de spécialistes collaborant avec les agences sont amenés à travailler pour des firmes. Il y a alors une règle : ils doivent non seulement déclarer ces liens mais aussi ne pas prendre part aux travaux sur les entreprises concernées. Le problème, c'est que certains experts ont des liens avec beaucoup d'entreprises, ce qui doit rendre leur travail pour des agences difficile... Par ailleurs, les agences comme l'Afssaps précisent parfois qu'un conflit d'intérêts a été considéré comme "mineur". Qu'est-ce que cela veut dire exactement ? Comment vérifier ? [Voir le document sur les "déclarations d'intérêts" de l'Afssaps.]

Pour un expert médical, travailler pour un laboratoire pharmaceutique n'est-il pas un gage de compétence ?

Non. Certains spécialistes refusent ce système. Ceux qui travaillent avec des firmes pharmaceutiques sont plus médiatisés et reconnus. Parce que les laboratoires les mettent en avant, pour montrer qu'elles collaborent avec les meilleurs. Mais ce n'est là que leur intérêt d'entreprise.

Propos recueillis par Alexandre Piquard

Nora Berra, secrétaire d'Etat à la santé, passée par l'industrie pharmaceutique

"On voit de plus en plus de personnes qui sont tantôt du côté de l'industrie, tantôt du côté des pouvoirs publics, comme Nora Berra", note Bruno Toussaint, de la revue Prescrire, y voyant un des effets de l'importance de la recherche clinique privée. L'actuelle secrétaire d'Etat a en effet travaillé de 1999 à 2009 pour trois laboratoires pharmaceutiques, Boehringer Ingelheim, Bristol-Myers Squibb et Sanofi Pasteur MSD Europe. Sommée de démissionner par l'opposition, elle a récusé tout conflit d'intérêts : "J'ai eu une vie professionnelle avant et j'ai une vie aujourd'hui entièrement politique."

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 19:02

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Cher gouvernement suédois.

 

Salut à tous, ou comme vous dites là-bas : Hallå ! Tout le monde ici aux Etats-Unis adore votre pays. Vos Volvos, vos boulettes de viande, vos meubles pas-faciles-à-monter – on en redemande !

Il y a juste une chose qui me chiffonne : pourquoi est-ce que Amnesty International, dans un rapport spécial (décrit en détail ici par Naomi Wolf ), a déclaré que la Suède refuse de s’attaquer au problème de viols, une véritable tragédie ? En fait, ils disent que dans toute la Scandinavie, votre pays inclus, les violeurs « bénéficient d’une impunité ». Et que les Nations Unies, l’Union Européenne et les groupes de défense suédois des droits de l’homme sont tous arrivés à la même conclusion : la Suède ne prend pas au sérieux les agressions sexuelles contre les femmes. Comment pourrait-on expliquer autrement ces statistiques de Katrin Axelsson, de Femmes Contre le Viol :

- La Suède connaît le PLUS HAUT taux de viol par habitant de toute l’Europe.

- le nombre de viols a été multiplié par quatre en 20 ans.

- les peines prononcées sont en DECROISSANCE constante.

Axelsson dit : « le 23 avril de cette année (2010), Carig Hägg et Nalin Pekgul (respectivement Député de Présidente de Femmes Sociales-Démocrates de Suède) ont écrit dans (le quotidien) Göteborgs que « 90% de affaires de viols (en Suède) n’arrivent pas devant un tribunal ».

Permettez-moi de le répéter : neuf fois sur dix, lorsqu’une femme déclare avoir été violée, vous ne prenez même pas la peine de lancer une procédure. Pas étonnant donc que selon le Conseil National Suédois de Prévention des Crimes, il est désormais statistiquement établi qu’en Suède, un personne a plus de chances d’être violée que d’être volée.

Ce qui constitue un message aux violeurs : La Suède vous aime !

Imaginez donc notre surprise lorsque tout d’un coup vous avez décidé de vous en prendre à un certain Julian Assange pour agression sexuelle. En fait, c’est plus compliqué que ça : d’abord vous l’avez accusé. Puis, après enquête, vous avez abandonné les accusations les plus graves et annulé le mandat d’arrêt.

Puis un député conservateur a fait pression et vous, ô miracle, vous avez effectué un virage à 180 degrés et rouvert l’enquête sur Assange. Sauf que vous n’avez toujours porté aucune accusation. Vous voulez juste « l’interroger ». Alors, vous qui n’avez pas bougé le petit doigt lorsque des milliers de suédoises se faisaient violer et leurs agresseurs se promènent libres comme le vent, vous avez décidé qu’il était temps de faire tomber un homme, celui que le gouvernement Américain veut voir arrêté, emprisonné ou (selon le politicien qui s’exprime) exécuté. Par hasard, vous avez décidé de le poursuivre, supposément pour « un acte par contrainte, deux actes d’agression sexuelle et un acte de viol (au troisième degré. » Et tandis que de milliers de violeurs suédois se promènent libres, vous déclenchez une gigantesque chasse à l’homme via Interpol pour ce dénommé Julian Assange !

Vous voilà soudain devenus les Croisés contre le Viol. Les suédoises doivent soudainement se sentir plus en sécurité.

En fait, pas vraiment. En réalité, nombreux sont ceux qui voient clair dans votre jeu. Qui savent ce que ces « accusations non-accusations » signifient réellement. Et qui savent que vous profitez cyniquement et scandaleusement des menaces réelles qui pèsent partout sur les femmes pour venir en aide au gouvernement américain et faire taire Wikileaks.

Je ne prétends pas savoir ce qui a pu réellement se passer entre M. Assange et les deux plaignantes (je ne connais que ce que j’ai entendu dans les médias, je suis donc autant dans le brouillard que n’importe qui). Et je m’excuse si j’ai tiré des conclusions un peu hâtives dans ma volonté de mettre l’accent sur une valeur essentielle chez moi : sans exception, toute personne est considérée comme innocente jusqu’à ce qu’un tribunal en décide autrement. Je crois fermement que toute accusation de viol doit faire l’objet d’une enquête sérieuse. Il n’y a aucun mal à ce que votre police interroge M. Assange à propos de ces accusations, et même si je comprends pourquoi il avait l’air de vouloir se cacher (chose que les gens ont tendance à faire lorsqu’on menace de les assassiner), il devrait néanmoins répondre aux questions de la police. Il devrait aussi se soumettre au test de dépistage de MST que les supposées victimes ont demandé. Je crois savoir qu’il existe des traités entre la Suède et la Grande-Bretagne et qu’il vous est donc possible d’envoyer des enquêteurs à Londres pour interroger M. Assange qui est en résidence surveillée après une libération sous caution.

Mais cela ne vous ressemblerait pas, vous déplacer dans un autre pays à la poursuite d’un homme suspecté d’agression sexuelle alors que vous n’êtes même pas capables de descendre dans vos propres rues pour traîner devant vos propres tribunaux le paquet de violeurs dénoncés dans votre propre pays. Et c’est parce que vous avez rarement pris une telle décision dans le passé que toute cette affaire pue.

Sans oublier une dernière chose que nous dit Katrin Axelsson :

« il y a une longue tradition qui consiste à recourir aux accusations de viol et d’agression sexuelle pour des motifs politiques qui n’ont rien à voir avec la sécurité des femmes. Dans le Sud des Etats-Unis, le lynchage des noirs reposait souvent sur une accusation de viol ou même un simple regard vers une femme blanche. Les femmes ne sont pas sensibles à notre lutte contre ce détournement, alors que les crimes de viol sont au mieux négligés et au pire protégés. » [voir note du Grand Soir en fin]

Je crains que cette tactique qui consiste à accuser de viol pour s’en prendre aux minorités et aux fauteurs de trouble - coupables ou innocents – soit à l’oeuvre dans cette affaire. Je voudrais donc m’assurer que les gens honnêtes ne restent pas silencieux et que vous, gouvernement suédois, ne réussissiez pas votre coup si vous êtes effectivement en cheville avec des gouvernements corrompus tels que le notre.

La semaine dernière, Naomi Klein a écrit : « Le viol est employé contre Assange comme « la libération des femmes » a été employé pour envahir l’Afghanistan. Réveillez-vous ! »

Je suis d’accord.

Faute de preuves (et il semblerait que tel est le cas sinon vous auriez déjà lancé un mandat d’arrêt), abandonnez la tentative d’extradition et mettez-vous au travail que vous avez refusé de faire jusqu’à présent : protéger les Suédoises.

Cordialement,

Michael Moore

http://www.michaelmoore.com/words/m...

Traduction VD pour le Grand Soir avec probablement les erreurs et coquilles habituelles


NOTE DU GRAND SOIR :

Souvenir : il avait déjà été "constaté" qu’aux Etats-Unis, les statistiques montrent un nombre anormalement élevé de syndicalistes et militants en prison pour "viol" ou "agression" divers et variés. Tactique apparemment couramment employé aux US - y compris par le FBI - pour se débarrasser d’un gêneur. Pas de statistiques sous la main. Si un lecteur trouve trace pour confirmer ou infirmer ceci, merci d’avance.

URL de cet article 12278
http://www.legrandsoir.info/Affaire-Assange-Lettre-au-gouvernement-suedois.html
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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 18:53

arton12289-3c318.jpgDiscours de Jacques Nikonoff lors du lancement du Front lorrain de gauche à Nancy le 17 décembre 2010.

 

Avec la participation de : Clémentine Autain (codirigeante du mensuel Regards, membre de la FASE), Ian Brossart (membre du Conseil national du PCF), Jacques Nikonoff (porte-parole national du M’PEP), Danielle Simonnet (membre du secrétariat national du PG), Francis Sitel (membre du Bureau national du GU).

 

Mesdames et messieurs,

 

Chers amis et camarades,

 

Le rendez-vous le plus important pour la gauche de gauche – pour la vraie gauche ! – n’est pas l’élection présidentielle de 2012.

C’est sa rencontre avec le peuple pour lui proposer un chemin crédible de sortie de l’austérité, de la crise de l’Union européenne et de l’euro. Un chemin qui montre que l’on peut supprimer le chômage et la précarité, remettre en place une protection sociale et des services publics dignes de ce nom, améliorer radicalement la qualité de la vie et de l’environnement. L’élection du Président de la République au suffrage universel direct est une forme primitive, sommaire, puérile de la politique.

Elle fabrique souvent des individus pathétiques, des illuminés – les candidates et les candidats – qui croient être touchés par la grâce et pensent avoir été désignés pour accomplir un destin, comme si le doigt de Dieu s’était posé sur eux.

L’élection du Président de la République au suffrage universel direct pollue le débat sur les idées en lui substituant le débat sur les personnes. Elle fait jouer un rôle trop important aux grands médias qui sont la propriété des forces de la finance et de l’armement, et aux sondages, survalorisant les modes passagères, les postures et les impostures, les « petites phrases », la théâtralisation de la vie politique, et en sous-valorisant les questions de fond.

Ce mode électoral encourage chez les électeurs les émotions, l’attrait des effets de manche et des gesticulations chez les candidates et candidats, les apparences, le verbe.

L’élection du Président de la République au suffrage universel direct alimente le culte de la personnalité, l’individualisme, la transformation des citoyens en supporteur de tel ou tel candidat, comme on est supporteur de telle ou telle équipe de football.

L’élection du Président de la République au suffrage universel direct débouche sur la bipolarisation, le bipartisme, lamine les petites formations politiques, réduit la diversité, homogénéise et anesthésie la pensée, et incite par conséquent les candidates et candidats à proposer des programmes attrape-tout pour flatter le marais dans la perspective du 2e tour.

Ce mode électoral aboutit à des institutions déséquilibrées, qui placent l’Assemblée nationale en infériorité par rapport au Président de la République.

Or, dans un régime démocratique, la souveraineté doit appartenir au peuple ou à ses représentants, c’est-à-dire les députés, et non à un monarque, même républicain. C’est bien l’élection du Président de la République au suffrage universel direct qui nous a donné un Nicolas Sarkozy, le Président qui fait honte à la France et aux Français. C’est bien ce type d’élection qui risque de nous donner l’auteur, avec l’Union européenne, des plans d’austérité qui frappent les peuples européens.

J’ai nommé Dominique Strauss-Kahn, membre du Parti socialiste, patron du Fonds monétaire international, filiale des États-Unis, nommé à ce poste avec l’accord du président américain.

La gauche de gauche – la vraie gauche – a tout intérêt à se tenir éloignée de cette politique politicienne inhérente à ce mode électoral.

Elle a intérêt à dévaloriser l’élection présidentielle et à revaloriser la seule élection qui compte vraiment : l’élection législative.

Chers amis et camarades,

Les citoyens attendent des réponses claires, crédibles, convaincantes pour sortir de la crise.

Voilà à quoi la gauche de gauche – la vraie gauche – doit consacrer toutes ses forces.

Car les étrangleurs sont de retour.

Les étrangleurs, ce sont ceux qui bâillonnent la liberté de pensée et d’expression et qui étouffent la démocratie.

Les étrangleurs, ce sont ceux qui ont colonisé les grands médias en 1992 au moment du traité de Maastricht pour convaincre le bon peuple qu’il fallait voter « oui » à l’euro.

Heureusement, il y a eu le « non » de gauche à l’euro, et ce « non » a failli l’emporter.

Les étrangleurs, ce sont ceux qui ont colonisé les médias en 2005, lors du référendum sur le traité constitutionnel européen, en essayant de convaincre qu’il fallait, une nouvelle fois, voter « oui ». Heureusement, il y a eu la victoire du « non » au sein de laquelle le « non » de gauche a été décisif.

C’est alors que la démocratie a été étouffée : les gouvernements et l’Union européenne n’ont tenu aucun compte du résultat des urnes. Comment s’appelle un régime politique qui bafoue la souveraineté populaire ? Cela s’appelle une tyrannie.

Une dictature.

L’Union européenne est un système tyrannique et dictatorial. Ceux qui ont voulu bâillonner toute pensée critique en 1992 et en 2005 – les étrangleurs - sont de retour aujourd’hui.

Ils organisent une gigantesque campagne idéologique d’affolement de la population autour de la question de l’euro.

Les mêmes qui avaient défendu le « oui » aux référendums de 1992 et de 2005 restent cohérents, ils poursuivent leur basse besogne en menaçant du chaos si des pays de la zone euro abandonnaient la monnaie unique. Mais ils utilisent les mêmes arguments qu’en 1992 et 2005 ! Ils nous disaient en 1992 que ce serait le chaos si on ne votait pas pour la monnaie unique.

Ils nous disaient en 2005 que ce serait le chaos si on ne votait pas le projet de constitution européenne.

Et aujourd’hui les mêmes nous disent – les étrangleurs – que ce serait le chaos si un ou plusieurs pays quittaient la zone euro.

À cet égard, le journal Le Monde, toujours à la pointe de l’européisme – l’européisme est à l’Europe ce que le nationalisme est à la nation – a fait deux pages entières, le 15 décembre, qui méritent qu’on s’y arrête un instant.

Le titre est « L’euro va-t-il tuer l’Europe ? ».

« Qui serait prêt à renoncer à la monnaie unique ?

Quels sont les scénarios de sa disparition ?

Quels seraient les effets d’un éclatement ? »

Dans cet article, l’incompétence, feinte ou réelle, le dispute à la mauvaise foi. Le Monde, bien sûr, s’appuie sur le dernier numéro de l’hebdomadaire britannique The Economist, icône de la pensée unique ultralibérale, qui affirme que « Démanteler l’euro n’est pas impensable, seulement très coûteux ».

Mais c’est exactement l’inverse !

C’est l’euro, aujourd’hui, qui est couteux !

Il est très coûteux pour les classes populaires et moyennes. Car c’est bien soi-disant pour le « sauver » que l’austérité a été décrétée dans toute l’Europe !

Le Monde imagine trois scénarios :

1.- Le départ d’un pays dit « périphérique ».

2.- Le départ de l’Allemagne.

3.- L’explosion de la zone euro.

Faute de temps, je n’évoquerai que le premier point.

À partir de l’exemple de la Grèce et de l’Irlande, Le Monde explique que la sortie de ces deux pays de l’euro aurait pour but de revenir à leurs monnaies nationales et de les dévaluer.

Cela leur permettrait, selon Le Monde, de développer leurs exportations, de relancer leur croissance et de réduire leurs déficits publics. Si tel est le cas, qu’attendent ces pays pour sortir de l’euro puisqu’ils pourraient améliorer leur situation ?

Le Monde nous explique alors que « cette stratégie comporte de graves dangers ».

Diable !

Le premier danger serait une « panique bancaire », les déposants grecs et irlandais retireraient leur argent des banques.

C’est faux !

Ce risque est loin d’être évident, rien n’indique qu’une « panique bancaire » se produirait.

D’ailleurs si les Grecs, les Irlandais ou les déposants de tout autre pays retiraient leur argent des banques, qu’en feraient-ils ?

Si vous, qui êtes là ce soir, retiriez votre argent des banques, qu’en feriez-vous ?

Le mettre sous votre matelas ?

Dans une lessiveuse ?

Dans une banque à l’étranger ?

Soyons sérieux !

Comme l’euro sera remplacé par la drachme, la livre irlandaise, le franc français, etc., ceux qui auront retiré leur argent en euros devront obligatoirement le convertir en drachmes, livres irlandaises, francs français, etc. s’ils veulent continuer à payer leurs factures. La raison ?

La drachme, la livre irlandaise, le franc français, etc., ne seront pas convertibles avec l’euro.

Évidemment !

Non seulement le risque de « panique bancaire » n’est absolument pas certain, mais s’il se réalisait il n’aurait aucun effet.

Pour continuer à affoler la population, Le Monde imagine un second risque qui serait l’ « écrasement des ménages, des entreprises et des États grecs et irlandais » sous le poids de leurs crédits libellés en euros.

Là, c’est franchement stupide !

Car le retour aux monnaies nationales se ferait exactement dans les mêmes conditions que le passage des monnaies nationales vers l’euro en 2002, mais en sens inverse.

Ceux qui avaient alors des crédits libellés en livres irlandaises, en drachmes, en francs français, etc., ont vu ces crédits tout simplement convertis en euros.

Par un simple jeu d’écriture !

Le troisième risque que Le Monde veut mettre en avant est que les banques européennes « possédant des obligations grecques ou irlandaises enregistreraient de lourdes pertes ».

Oui, là c’est vrai !

Ouf ! Enfin un argument à peu près intelligent.

Hélas, notre joie sera de courte durée car Le Monde ne va évidemment pas au bout du raisonnement.

Je voudrai le dire clairement : c’est tant mieux si les banques qui ont spéculé sur la dette des États grecs et irlandais, mais aussi portugais et espagnols et bientôt français, réalisent de « lourdes pertes ». Pourquoi ?

Parce que cela fera baisser le prix des actions des banques.

Les banques ne vaudront plus rien.

Ce sera alors le moment de les nationaliser – toutes – par achat de leurs actions par les États.

Comme nous sommes tous ici, je le suppose, des boursicoteurs avisés, nous savons qu’il faut acheter « à la baisse », comme on dit ! Ensuite, ce sont les banques centrales des pays concernés – évidemment pas la Banque centrale européenne – qui pourront les recapitaliser, comme le fait la banque centrale américaine, la Fed.

Mais il y a plus.

Le Monde voit un quatrième risque, il nous dit que « un pays qui sort de l’euro risque de perdre énormément en crédibilité vis-à-vis des investisseurs ».

Le malheureux journaliste qui écrit cela n’a pas compris – ou fait semblant de ne pas comprendre – qu’il faut mettre un terme au financement des États par les marchés financiers.

Il faut libérer les otages !

C’est-à-dire libérer les États qui se sont volontairement mis dans les griffes des marchés financiers.

Comment faire ?

En fermant le marché obligataire !

Les États ne se financeraient plus sur le marché obligataire qui n’existerait plus, mais de trois manières simultanées :

en faisant appel à l’épargne nationale ;

en imposant des quotas d’achat de titres d’État aux banques et compagnies d’assurance ;

en vendant des titres d’État à la banque centrale de chaque pays concerné (pas à la BCE !).

Fini le besoin de « rassurer » les marchés financiers !

Au revoir, les agences de notation, il n’y aura plus rien à noter !

Bye-bye les traders et leurs bonus, il n’y aura plus rien à trader !

Adieu les CDS (Credit Default Swaps), ces produits financiers hyper sophistiqués qui servent à spéculer sur la faillite des États !

Cette double page du Monde résume la campagne en cours.

Quelle incompétence ! Quelle bêtise ! Quelle manipulation de la population !

Il faut faire comme pour le référendum de 2005, et retourner l’opinion publique !

Nous y sommes parvenus en 2005, nous y parviendrons en 2011 et 2012 !

Chers amis et camarades,

Dans cette tâche exaltante qui est la nôtre, celle de la gauche de gauche – de la vraie gauche – nous avons des raisons d’espérer.

En effet, une série de sondages, menés dans plusieurs pays, montrent une montée du mécontentement populaire vis-à-vis de l’euro.

En mai 2010, un sondage du Nouvel Observateur montrait que 29% des Français interrogés voulaient quitter l’euro, dont 42% des ouvriers et 38% des employés.

En juin 2010, un sondage réalisé en Europe par un institut américain (The German Marshall Fund of the United States), faisait apparaitre les réponses suivantes à la question « L’euro est-il une bonne chose pour l’économie ? » :

France : 67% de non

Portugal : 60% de non

Espagne : 56% de non

Allemagne : 55% de non

Italie : 53% de non

En novembre 2010, un sondage en Allemagne montrait que 60% des personnes interrogées pensaient que l’Allemagne avait été perdante en adoptant l’euro, 57% pensaient qu’il aurait fallu conserver le mark. Début décembre 2010, toujours en Allemagne, un sondage montrait que 36% des personnes interrogées souhaitaient revenir au mark. À la même date, un sondage au Portugal montrait que 29% des personnes interrogées voulaient sortir de l’euro.

C’est excellent ! Ça monte, et ça va encore monter !

Ce sont les milieux populaires – ouvriers, employés, peu ou non diplômés – qui sont les plus nombreux à contester l’euro ou même à vouloir en sortir. C’est-à-dire l’électorat traditionnel de la gauche.

Attention à ce que la gauche ne décroche pas de son électorat et qu’elle offre ainsi un boulevard aux forces d’extrême droite, nationalistes et xénophobes, qui s’engouffrent dans la brèche !

La question de la sortie de l’euro – et plus globalement l’analyse que l’on fait du système de l’Union européenne – fait débat à gauche. Nous ne sommes pas tous d’accord.

Il faut mener ce débat tranquillement, avec des arguments, sur la base d’une connaissance rigoureuse et solide de mécanismes pas toujours évidents à comprendre.

Nous devons tous faire un effort de formation, de compréhension de la politique monétaire et du fonctionnement des marchés financiers. C’est la condition pour, ensuite, aider la population à s’y retrouver en lui donnant les bonnes informations et les bonnes explications.

 

Je vous remercie.

 

Jacques Niikonoff

 

administrateur civil à la Caisse des dépôts, professeur associé à l’Institut d’études européennes de l’Université Paris 8, fondateur du mouvement « Un travail pour chacun » (UTC), membre fondateur de la Fondation Marc-Bloch et de l’association ATTAC dont il a été président est porte-parole du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

EN COMPLEMENT : http://frontlorraindegauche.fr/

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 18:44

 

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Pour l'édition spéciale de Liberté Hebdo, le petit canard rouge du Nord, et pour nos biens aimés lecteurs, cette nouvelle publiée pour le 90ème anniversaire du glorieux Parti Communiste Français.

 

 

1. Ce fut le 8 février 1962, dans la bouche du métro Charonne, que François Darleux fut bien obligé d’admettre qu’il était immortel.

Il s’était retrouvé pris avec d’autres manifestants  dans la charge des flics qui bloquaient toute possibilité de s’échapper en ayant fermé les deux extrémités du boulevard Voltaire. Un seul moyen pour fuir, les rues latérales, ou les bouches de métro.

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Cela avait été une très mauvaise idée, la station Charonne.  Elle était fermée et tout le monde s’entassait en hurlant de douleur ou de panique.  

François Darleux  vit avec horreur, en contreplongée, les silhouettes casquées continuer à tirer des grenades lacrymogènes sur eux puis lancer des grilles qui entouraient les arbres du boulevard dans la masse grouillante et terrorisée où il se trouvait.

Il se dit que cette fois-ci, il était cuit.

Ca toussait autour de lui et les grilles brisaient des membres et écrasaient des crânes. Quand il vit une plaque d’égout, lancée par deux CRS,  arriver directement sur lui, il baissa instinctivement la tête. Elle vint heurter sa tempe et rebondit. Bien sûr, il eut mal, mais normalement elle aurait dû le tuer en répandant sa cervelle.

C’était d’ailleurs ce qui venait d’arriver à son voisin.

 

2. Le lendemain, on avait relevé huit morts.

François Darleux qui prenait son café au comptoir d’un bistrot de la rue Doudeauville avant de rejoindre le garage où il travaillait un peu plus haut comme mécanicien, referma l’Huma. Il était tétanisé par l’horreur qui s’était abattue sur les camarades.

Parmi les victimes, toutes du PCF, qui avaient eu le tort de vouloir protester contre l’OAS, on avait relevé deux femmes et un apprenti de 16 ans. Mais François Darleux éprouvait aussi une espèce d’angoisse diffuse à l’idée de ce qui lui était arrivé. Cette plaque d’égout, lancée par les flics, qui lui avait laissé une simple bosse alors qu’elle avait tué net le gars à côté de lui, un typographe qu’il connaissait de vue. Et ce n’était pas la première fois, en ce qui le concernait,  que se produisait une chose aussi étrange.

A se demander, oui, s’il n’était pas immortel.

D’ailleurs, il avait l’impression de ne plus vieillir depuis un bon bout de temps. Il venait d’avoir quarante et un ans et son horloge biologique semblait s’être bloquée sur ses vingt cinq ans. Au garage, on en rigolait et on l’appelait « le jeunot » alors qu’il était un des plus vieux mécanos. Pareil dans les réunions de cellule ou à la distribution de l’Huma dimanche, à la station Porte de Clignancourt.

On disait qu’il avait de la chance, surtout pour les filles.

François Darleux, lui, trouvait tout ça un peu trop bizarre pour s’en réjouir.

 

3. Ca avait commencé dès sa naissance, en décembre 1920, à Tours. Quel jour était-il né exactement ? C’était difficile à dire. Ce qui était sûr, c’était qu’on l’avait trouvé  la veille de Noël, alors qu’il neigeait et que thermomètre était descendu bien en dessous de zéro. Il n’aurait jamais dû survivre : il avait été abandonné à l’entrée de la salle des Manèges, où se tenait le congrès du Parti Socialiste.

 

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Un délégué du Nord appartenant à la tendance majoritaire qui allait donner naissance à la SFIC, alors qu’il sortait d’une journée de débats houleux, entendit le gémissement du nouveau-né. Il le prit contre lui et essuya la neige qu’il  avait déjà sur le visage.

-Eh ben dis donc, qu’est-ce que tu vas faire avec ce minot ? lui demanda un camarade de Marseille en remontant son col.


Le délégué du Nord, qui s’appelait Emile Darleux et travaillait  aux locomotives à la compagnie de Fives-Lille, ne répondit pas à son camarade, mais il sut tout de suite ce qu’il allait en faire, de ce bébé.

Deux ans plus tôt, sa femme Marie et lui, hanté par le souvenir des tranchées, avaient eu un petit garçon, pour témoigner qu’ils croyaient encore à la vie. Mais l’épidémie de grippe espagnole avait emporté le nourrisson qui s’appelait François. Quant à Marie, elle n’arrivait plus à tomber enceinte depuis.

Et voilà qu’en ce soir de Noël, le destin lui apportait un autre enfant, au moment même où naissait enfin un vrai parti communiste. S’il n’avait été un matérialiste convaincu, Emile Darleux aurait vu là un signe du ciel.

 

4. L’enfance de François Darleux fut heureuse, même si sa mère devait, quand il fut adulte, lui raconter des choses bien étranges comme cette fois où, à cinq ans, sur la Grand Place, échappant à la surveillance de son père, il voulut courir vers un vieux bonhomme qui faisait jouer un orgue de barbarie et fut renversé par le Mongy qui arrivait à son terminus.

Il y eut un hurlement dans la foule quand on vit disparaître le petit corps sous la voiture du tramway et un autre, de surprise cette fois-ci, quand on vit le garçonnet se redresser, indemne, avec un sourire espiègle.

 

Et ce matin de février 62,  après le carnage de la station Charonne, dans son bistrot de la rue Doudeauville, cela devint une certitude pour François Darleux : il était immortel. Il demanda un deuxième café et passa en revue les autres épisodes de son existence qui auraient dû le faire disparaître de ce monde.

L’explosion d’une bonbonne de gaz dans le garage de Marcq où il était apprenti mécano en 1935  et qui avait tué tous les employés sauf lui.

Ou encore cette bagarre contre les Camelots du Roy de l’Action Française, avec ses camarades des JC. C’était pendant la campagne du Front Populaire, à la sortie d’un meeting de Raymond Guyot. Un royaliste l’avait transpercé avec sa canne épée mais François n’avait senti qu’une brûlure et il avait assommé son adversaire qui restait bouche bée, regardant la lame de sa canne sans la moindre trace de sang.

Ensuite ce fut la Résistance, avec les FTPF, qu’il avait faite en région parisienne. Il y eut des dizaines de fois où il faillit être arrêté et où il avait eu l’impression que quelque chose ou quelqu’un veillait sur lui, y compris en juillet 44 quand il fut capturé par des miliciens qui l’emmenèrent en forêt de Fontainebleau et l’exécutèrent sommairement.

On eut beau lui expliquer, après, qu’il avait eu de la chance, que les miliciens étaient pressés, il avait bien senti la rafale lui heurter le dos.

Il fallait s’y résigner : oui, il était immortel…


 

5. Dans les années qui suivirent Charonne, François Darleux ne vieillit pas davantage. Il changea souvent de ville pour éviter les questions sur son éternelle jeunesse.

Ce fut encore un jeune homme de vingt cinq ans qui participa aux grandes grèves de 68 aux usines Berliet de Lyon  et ce fut toujours un jeune homme de vingt cinq ans qui dansa avec une lycéenne, le soir du 10 mai 1981.

Quand la jolie blondinette lui demanda son âge, il répondit 60 ans et elle rigola.

- Arrête de me faire marcher ! Si c’est le communisme qui maintient jeune comme ça, j’adhère tout de suite!

 

d.jpg 

 

6. Vers 85 ans, François Darleux eut la nostalgie du Nord de son enfance. Il passa des concours et devint professeur de mécanique  auto au lycée professionnel de Marcq. Chaque matin, il se regardait dans la glace mais aucune ride ne venait.

Il se dit que peut-être effectivement, la fille de la Bastille avait raison. Le communisme, ça maintenait jeune.

Et en ce mercredi de décembre 2010, où il faisait bien froid, il enfila sa parka et grimpa sur son scooter pour rejoindre la manif hebdomadaire des sans-papiers en centre-ville.

A le voir filer sur le boulevard, on n’aurait jamais pensé qu’il allait avoir 90 ans.

Comme son Parti.

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 18:40

thumbnail-copie-1.jpegEntre 2008 et 2010, la Commission européenne a autorisé l’octroi aux banques de 4589 milliards d’euros d’aides publiques. Ainsi, les contribuables européens ont financé les errances des grands manitous de la finance qui justifiaient leurs rémunérations abracadabrantesques par la sophistication des opérations qu’ils menaient. « On s’est alors rendu compte qu’eux-mêmes, bien souvent, ne comprenaient pas les risques associés aux produits qu’ils achetaient ou vendaient », souligne « Alternatives économiques » qui ajoute : « Quant aux services éminents qu’ils étaient supposés rendre aux acteurs de l’économie réelle, non seulement leurs exigences de rentabilité démesurées à court terme désorganisaient déjà en temps ordinaire les entreprises mais en plus la crise déclenchée par leur cupidité sans borne a entraîné la plus grave récession depuis 1929. »

A peine les milliards d’euros d’aides publiques engrangés, les grands chefs de la finance se sont octroyés de nouveaux bonus. A plusieurs zéros, bien entendu. Et, dans le même temps, ils exigent des gouvernements des plans drastiques d’austérité visant les plus modestes. N’y a-t-il pas de quoi se fâcher sérieusement ?

Les salariés et retraités grecs, irlandais, portugais, espagnols et français sont descendus dans les rues. Ils disent tous que cette situation d’injustice n’est plus supportable.

Les vautours rodent sur l’Europe. Qui sont-ils ? Les agences de notation pour la plupart nord-américaines qui notent l’état de l’économie des pays avant de fondre sur leur proie, les escrocs de la finance, leurs personnels politiques aux affaires, les médias aux ordres tentant d’expliquer chaque jour l’inexplicable. La marche de l’Europe et du monde est braquée par le capitalisme sauvage ou pas. C’est donc au système qu’il faut s’attaquer au risque sinon de se limiter au replâtrage.

Souvenez-vous. Au lendemain des grandes réunions internationales suivant l’explosion de la crise, Nicolas Sarkozy était apparu à la télévision comme le chevalier blanc. Il promettait avec ses amis du G20 et du FMI la « régulation » du capitalisme, la fin des paradis fiscaux, la « mise au pas » des chefs banquiers, la réduction des bonus et autres avantages fiscaux pour les plus riches. Avez-vous constaté la moindre avancée ? La plus petite amélioration ? Rien, nada. diraient les Espagnols. Le capitalisme ne veut surtout pas être régulé, les paradis fiscaux prospèrent comme jamais. Les bonus aussi. Ils nous ont menti, mentent toujours et s’attaquent, comme d’habitude aux plus faibles. Voilà pourquoi, se taire, rester l’arme au pied reviendrait à les laisser faire. L’heure est à l’action.

 

José Fort

 

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 13:35

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http://www.medelu.org/spip.php?article688

 

MONDIALISATION ET DÉMONDIALISATION

 

La rédaction d’Utopie critique a demandé à Bernard Cassen de livrer son analyse de la "démondialisation" alors que surgit dans les médias et au sein de la gauche un débat sur ce concept : livre d’Arnaud Montebourg Des idées et des rêves  ; livre de Jacques Sapir à paraître début janvier, etc.

Le fondateur et président d’honneur d’Attac, actuel secrétaire général de Mémoire des luttes, a proposé de reproduire, sans en changer une virgule, un article qu’il avait publié… il y a quatorze ans dans Manière de voir, le bimestriel du Monde diplomatique. On constatera que, moyennant quelques mises à jour, ce texte sur la démondialisation aurait parfaitement pu être écrit en 2010.

Il est suivi d’un bref commentaire de l’auteur en guise de postface rédigé à la lumière des évolutions de ces dernières années.


Lorsque l’usage s’instaura de traduire par « mondialisation » le terme globalization, né dans les écoles de gestion des grandes universités des Etats-Unis au début des années 1980, la langue française fit sans doute ainsi l’économie d’un énième anglicisme, mais au prix fort : la confusion avec « internationalisation », mot se situant dans un registre qui avait derrière lui une longue histoire associée aux luttes révolutionnaires.

Depuis qu’elle fut exécutée pour la première fois à Lille en 1888, L’Internationale a en effet fait vibrer des générations de militants de gauche du monde entier. Et, après avoir pâti de sa quasi-confiscation par les partis frères en « internationalisme prolétarien » — les sociaux-démocrates ayant progressivement renoncé à la chanter, même du bout des lèvres —, elle semble retrouver actuellement une nouvelle jeunesse dans les manifestations et les meetings.

Si l’internationalisation est considérée par tous comme une étape naturelle entre le sentiment national et la conscience que l’humanité et la Terre sont unes, pourquoi, diront certains, faudrait-il voir la mondialisation d’un mauvais œil ? N’est-ce pas finalement une autre façon d’exprimer un concept identique ? Non, ce n’est pas du tout la même chose, cela n’a même rien à voir, et, à cet égard, il faudrait peut-être revenir à l’emploi de « globalisation », qui a le mérite de ne pas inclure de référence à la nation. Car telle est bien l’essence de la mondialisation : elle nie et contourne la nation, en tant que seul espace concret d’exercice de la démocratie, au lieu de la dépasser en l’englobant, comme le fait l’internationalisation.

Quel que soit l’angle sous lequel on l’aborde - économique, financier, commercial, culturel -, la mondialisation se traduit en effet par un écart sans cesse croissant, voire un abîme pour les plus faibles, entre le cadre dans lequel les citoyens peuvent s’exprimer, voter, demander des comptes (quand, bien sûr, les régimes politiques le permettent) et celui, extraterritorial ou du moins extérieur, dans lequel se prennent les décisions qui les affectent. L’apparition des « marchés » comme protagonistes à part entière de la politique intérieure des Etats en constitue le symptôme le plus spectaculaire.

Plus personne ne semble s’indigner que médias et gouvernants aient à ce point intériorisé cette situation que, dans les titres, articles et déclarations, les « marchés » bénéficient d’une déférence à laquelle aucun élu, fût-il président de la République, ne saurait prétendre. On nous dit que ces « marchés » réagissent mal à ceci ou saluent cela, qu’ils envoient des « signaux », etc. Ces puissances tutélaires anonymes, non localisées et toutes-puissantes, sont traitées comme les actionnaires majoritaires de la société... civile. A chaque « avancée » d’une mondialisation dont elles représentent le bras séculier, c’est un paragraphe supplémentaire qui s’inscrit dans le projet, déjà bien avancé, de notice nécrologique de la démocratie.

On doit donc ranger au premier rang des impératifs citoyens la sauvegarde de ce qui subsiste d’espaces non encore investis par la logique du capital, car il s’agit de ne pas se laisser désarmer davantage. Mais camper ferme sur des positions ne suffit pas : il faut tenter de reconquérir au moins une partie de celles qui ont été perdues, et donc commencer à démondialiser. L’objectif est simple à formuler, mais autrement difficile à atteindre : tendre à ce que le périmètre de la prise de décision démocratique coïncide le plus possible avec celui de la capacité de régulation des flux économiques et financiers.

En théorie, deux solutions extrêmes sont possibles : ou bien « renationaliser » ces flux, afin qu’ils répondent à une volonté politique nationale exprimée par le suffrage universel - lorsqu’il existe -, ou bien élargir à la totalité de la planète l’espace public démocratique, afin d’exercer un contrôle effectif sur ce qui est déjà mondialisé. On voit bien qu’aucune de ces positions n’est tenable, du moins dans son intégralité. D’un côté, en effet, il est bien des domaines - ne serait-ce que celui de l’environnement - qui échappent par nature au bornage des frontières, et, de l’autre, un gouvernement mondial doté de toutes les compétences d’un actuel exécutif national n’est guère envisageable à terme prévisible. C’est donc sur l’ensemble des solutions, extrêmes et intermédiaires, qu’il convient, au cas par cas, de jouer.

Les solutions intermédiaires peuvent prendre deux formes. On peut, à partir des Etats constitués, construire de l’international, c’est-à-dire mettre en commun des fragments de souverainetés nationales sur des questions faisant l’objet d’une délégation librement décidée, limitée, contrôlée - et révocable dans des conditions fixées à l’avance. Et tant mieux si cet international peut un jour devenir de l’universel, autrement que dans la forme impuissante qu’il revêt la plupart du temps au sein de l’Organisation des Nations unies.

L’autre terme de l’alternative consiste à faire évoluer les cadres étatiques vers des ensembles de souveraineté plus vastes. Il ne faut cependant pas confondre cette idée avec celle de regroupements régionaux fondés sur le seul libre-échange, telle l’Association de libre-échange nord-américain (Alena). Ce qui fait la différence, c’est l’existence ou non de mécanismes de régulation politique à fondements démocratiques, susceptibles de faire contrepoids au marché. L’Union européenne entre dans cette catégorie, et elle est actuellement la seule au monde dans ce cas. Mais, au lieu d’exploiter ses potentialités pour affirmer un modèle économique reposant sur un projet de civilisation original, elle a glissé progressivement vers le « tout-marché ».

En fait, les politiques menées depuis le traité de Rome ont obéi à deux logiques contradictoires. D’un côté, une logique de déconstruction, de déstructuration des régulations qui maintenaient, dans la majorité des Etats, un certain équilibre entre le politique et l’économique. Mais ce laminage ne s’est pas effectué au profit d’une régulation démocratique européenne : il a été accompli au détriment des citoyens, et pour la plus grande gloire du marché. De l’autre côté, il faut reconnaître qu’on a aussi vu se mettre en place, mais à une échelle infiniment moins importante, des politiques répondant à des logiques structurantes, volontaristes, voire dirigistes, s’efforçant de créer du lien social aux niveaux local, national et communautaire.

Dans la première catégorie on rangera la politique de la concurrence, au nom de laquelle les services publics sont en train d’être démantelés partout en Europe ; la politique commerciale commune ou plutôt son absence, puisqu’elle vise, à travers la multiplication des accords de libre-échange, à diluer l’Union dans le marché mondial ; l’apologie de la déréglementation, de la compétitivité et de la flexibilité dont le fameux Livre blanc de M. Jacques Delors, Croissance, compétitivité et emploi, constitue la bible ; enfin les critères de convergence du traité de Maastricht qui permettront peut-être à quelques-uns des Quinze d’arriver à la monnaie unique, mais, comme le disait Pierre Dac, dans quel état !

Dans la seconde catégorie, on peut faire figurer la politique agricole commune - malgré ses défauts criants -, les politiques structurelles et de cohésion, de recherche-développement, de l’environnement et, au moins potentiellement, celles rendues possibles, depuis le traité de Maastricht, par l’extension des compétences communautaires à la culture, à l’éducation, à la protection des consommateurs, à la santé, etc. Cette juxtaposition de politiques d’inspirations radicalement opposées a permis aussi bien aux sociaux-démocrates qu’aux libéraux - et même aux ultralibéraux - de s’identifier à au moins une partie de l’action communautaire. Mais, depuis le milieu des années 1980, la balance a lourdement penché du côté de ces derniers. Au point que cette Europe-là a elle-même poussé les feux vers une mondialisation qui reste le credo de la plupart des membres de la Commission de Bruxelles.

L’Union, si elle le voulait, pourrait constituer un puissant facteur de démondialisation en pesant de tout son poids dans les enceintes internationales pour freiner, par des taxes et par l’interdiction des paradis fiscaux, la circulation erratique et déstabilisatrice des capitaux mondiaux ; pour faire subordonner les échanges commerciaux au respect de clauses écologiques, sociales et culturelles, en refusant -de se laisser culpabiliser par les accusations de « protectionnisme » ; pour favoriser la recherche de la sécurité alimentaire par les Etats ou ensembles régionaux, au lieu de miser sur le marché ou sur les exportations subventionnées, etc.

Mais il lui faudrait aussi se démondialiser de l’intérieur, notamment en refusant de confier à une banque centrale non responsable devant qui que ce soit — comme les « marchés » dont elle sera la porte-parole — la gestion de sa politique monétaire et même la tutelle de la politique budgétaire de ses membres. Le levier d’une telle contre-offensive ? L’intervention accrue des citoyens dont tous les sondages et études, sans parler de la simple observation quotidienne, montrent qu’ils sont à la fois favorables à l’idée d’Europe et majoritairement hostiles aux politiques conduites en son nom.

Cette intervention passe, dans la phase actuelle, par une rétrocession de pouvoirs de proposition et de contrôle aux Parlements nationaux des Quinze, en attendant que la construction d’un espace public européen donne au Parlement de Strasbourg l’assise culturelle et politique d’une pleine légitimité démocratique.

(Cet article a été publié pour la première fois dans Manière de voir n° 32, « Scénarios de la mondialisation », novembre 1996)


 
Commentaires en guise de postface

1.- Les marchés plus que jamais maîtres du monde

L’assujettissement des politiques publiques aux exigences de la finance s’est considérablement renforcé en quinze ans. Il n’est plus seulement évoqué comme un ingrédient de la vie économique, mais ouvertement revendiqué comme un objectif prioritaire des gouvernements. Ainsi les ministres et le président de la République affirment sans la moindre vergogne que les mesures d’austérité et la « réforme » des retraites ont pour justification la maintien à la France de la note AAA par les agences de notation. De la note de ces agences privées dépendent en effet les taux d’intérêt auxquels les Etats pourront s’endetter encore davantage sur les marchés financiers. On le voit de manière caricaturale dans les cas de la Grèce et de l’Espagne dont les gouvernements - encadrés par le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne et la Commission européenne - deviennent de simples fondés de pouvoir du capital international.
La crise financière de 2008 aurait pu constituer une occasion unique pour que le politique reprenne la main sur la finance. Sans l’injection massive de fonds publics, la plupart des établissements financiers se seraient effondrés. C’était donc le moment de leur imposer des contreparties draconiennes. Or, à part quelques mesurettes, il n’en a rien été, et on en est revenu au business as usual : prise de risques inconsidérés, spéculation débridée, salaires indécents, bonus, etc.

2.- Une Union européenne hors-peuples

J’écrivais en 1996 que, si elle le voulait, l’Europe pourrait être un levier pour la démondialisation. C’était, de ma part, faire preuve d’une bonne dose de wishful thinking (le fait de prendre ses désirs pour des réalités).

Depuis cette date, l’Union européenne s’est élargie de quinze à vingt-sept Etats, deux nouveaux traités sont entrés en vigueur (celui de Nice en 2001 et de Lisbonne en 2007) et trois élections européennes ont eu lieu (1999, 2004 et 2009). Quelles leçons peut-on en tirer ?

  • Les dirigeants des Etats membres de l’Union européenne (UE) ont délibérément pris le parti de se passer de l’assentiment des citoyens. En témoigne le déni des votes « non » aux référendums français et néerlandais au traité constitutionnel, et irlandais à son clone, le traité de Lisbonne. Alors qu’elles disposent de pouvoirs considérables, les institutions européennes fonctionnent hors-peuples, comme une plante pousse hors-sol ;
  • le Parlement européen n’échappe pas à cette règle. La contradiction entre le périmètre élargi de ses compétences et la baisse régulière de sa légitimité politique, mesurée par le taux d’abstention croissant de scrutin en scrutin, ne semble pas gêner grand monde à Strasbourg et à Bruxelles ;
  • l’appareil européen continue à fonctionner comme une machine à libéraliser tous azimuts. La crise financière l’a un moment laissé désemparé, tant elle pulvérisait le dogme de la bienfaisance des « marchés » et de la libéralisation financière, mais il a rapidement pu fermer cette éprouvante parenthèse.

Dans ces conditions, il saute aux yeux que toute politique franchement alternative au néolibéralisme que voudrait mener un gouvernement de gauche en Europe se heurtera frontalement aux textes européens, à la Commission, à la Cour de justice de Luxembourg, à la Banque centrale, à la majorité des autres Etats et vraisemblablement au Parlement européen. Mais, contrairement à ce que prêchent les européistes et libéraux de tout poil, cela ne conduirait pas à un « splendide isolement » de la France, à la manière de l’Angleterre impériale de la fin du XIXème siècle. A l’inverse, ces actes de rupture constitueraient un point d’ancrage pour la création d’un véritable espace public européen : pas celui des capitaux, des biens et services, mais celui des luttes pour la justice et les droits sociaux, l’égalité, la solidarité et l’impératif écologique. On a vu à d’autres périodes que l’exemple français pouvait être contagieux en Europe…

3.- Des illusions à dissiper et une expérience à étudier

Dans mon article de Manière de voir, j’affirmais la nécessité d’une adéquation entre le périmètre des échanges économiques et financiers et celui de la capacité de régulation politique. Dans cette optique, comme on l’a vu plus haut, la situation s’est singulièrement aggravée puisque les politiques eux-mêmes sont carrément passés dans le camp des marchés. Certains diront : « Mais vous oubliez le G-20 ! Ne s’efforce-t-il pas de mettre en place une « gouvernance » mondiale ? »

Pour ceux qui entretiendraient la moindre illusion à ce sujet, la lecture des communiqués finaux de ce directoire mondial auto-proclamé (que Nicolas Sarkozy va présider pendant un an à partir du mois de novembre 2010) est éclairante. Chacun d’eux, après avoir préconisé des mesures de régulation peu ou pas suivies d’effets, rappelle avec insistance que tout doit se faire dans le respect de la liberté de circulation des capitaux et du libre-échange. C’est-à-dire de la sanctuarisation des dogmes qui sont précisément à l’origine de la crise que le G-20 est censé résoudre. Une situation ubuesque qui s’apparente à celle d’un haltérophile amputé des deux bras et auquel on demanderait de soulever des poids de 250 kilos !

La seule novation en matière de constructions inter-étatiques véritablement internationalistes et non « mondialistes », nous vient d’Amérique latine : c’est l’Alliance bolivarienne des peuples d’Amérique (ALBA). Créée en 2004 par Cuba et le Venezuela, rejoints ensuite par la Bolivie, le Nicaragua, l’Equateur et trois petits Etats anglophones de la Caraïbe (la Dominique, Antigua-et-Barbuda et Saint-Vincent-et-les-Grenadines, l’ALBA est fondée sur les principes de primauté du projet politique (emploi décent, éradication de la pauvreté, accès à l’éducation et à la santé, etc.), de la complémentarité et de la solidarité. Elle a commencé à mettre en place une monnaie commune virtuelle, le SUCRE.

Voilà qui constitue un vivant reproche pour la gauche européenne [1] et fait figure de bête noire pour les Etats-Unis et toute l’Internationale libérale (FMI, OMC, Banque mondiale). Une raison de plus pour en suivre de près l’évolution et lui manifester notre solidarité. Les expériences progressistes ne sont pas si nombreuses que l’on puisse négliger d’en tirer quelques leçons, et pas seulement pour l’Amérique latine.

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Published by valenton rouge - dans Monde
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