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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 13:33

 

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Le temps passe, mais le souvenir demeure. 20 ans après sa disparition prématurée, ceux qui l’ont connu n’ont pas oublié Gustave Ansart.
Enfant du quartier populaire du Pile à Roubaix, syndicaliste à la Cima à Croix, puis député, responsable national du PCF et même homme d’État puisqu’il présida, après 1981, une commission nationale dédiée à l’industrie, Gustave Ansart aura été une personnalité marquante de son époque.
Le parcours d’un ouvrier, de l’usine à l’Assemblée nationale, reste aujourd’hui un exemple et un encouragement pour celles et ceux qui ne se résignent pas à voir, en France, la politique confisquée par une caste liée aux grandes fortunes.

Jeune communiste en 1971, je fus fier et heureux de côtoyer Gustave Ansart dans des réunions du parti à l'IHF et à la section de Croix Wasquehal
Modestement, j'appelle tous ceux qui l'on connu et apprécié à rejoindre ce groupe
 
Chers amis et camarades
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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 21:45

 

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Les « Assises internationales sur l’islamisation de nos pays » se tiennent aujourd’hui, ce samedi 18 décembre à Paris. La Préfecture a autorisé leurs tenues alors que le maire (PS) de la capitale, Bertrand Delanoë, avait plaidé en faveur de leur interdiction. Dans l’esprit des récents « Apéros Saucisson Pinard » et autres « Soupes au cochon », une partie du gotha de l’extrême droite européenne s’est donnée rendez-vous pour quelques heures Espace Charenton, et ce afin de débattre -joyeusetés gauloises obligent-, des dangers d’une Europe en voie de « s’hallaliser ».

L’occasion de revenir en ces lignes et de récuser le concept désormais très en vogue d’« islamophobie », corollaire direct de la notion tout aussi répandue d’« islamisation ». Car l’usage du concept d’islamophobie accuse en effet deux écueils fatals, à savoir : d’une part, l’amalgame entre racisme anti-musulman et légitime critique de l’Islam, entendue au sens strict comme questionnement d’une religion ; d’autre part, la lente et pernicieuse stigmatisation, sous couvert de liberté d’expression, d’une communauté de croyants.

L’islamophobie comme « diffamation des religions », réintroduction du délit de blasphème

En France, exemple-type d’un pays qui, de par le passé, s’est embrasé à intervalles réguliers autour de guerres de religion, la lutte du temps des Lumières contre l’obscurantisme religieux, poursuivi aux siècles suivants par le combat laïc et républicain de sécularisation ont mené à la conquête d’un droit, garanti comme tel par la loi, de la liberté d’expression religieuse.

En parallèle et par équilibre s’est dressé un arsenal législatif conséquent visant à prévenir la critique ou stigmatisation d’une communauté de croyants présente au sein du corps national.

Si, de nos jours, l’expression de convictions religieuses est une liberté dont jouit tout fidèle, chaque individu est libre de questionner un dogme religieux, d’interroger et de critiquer une religion, démarches intellectuelles et philosophiques qui relèvent du pur et simple usage de la liberté d’expression. Ainsi en est-il de la critique de la religion musulmane, à la stricte et égale mesure de toute autre religion.

Or, l’islamophobie, et c’est là son premier écueil, terme « éponge » qui embrasse et décrit à la fois une situation de fait, les discriminations et traitements inégaux subis par les musulmans ; et son corollaire, à savoir la peur irrationnelle de l’univers mahométan, prête aujourd’hui à un pernicieux amalgame entre critique de l’Islam et racisme anti-musulman.

En entretenant une confusion entre la critique du message, le Coran, et celle de ses messagers, le monde musulman, le concept d’islamophobie, orienté sous couvert de l’anti-racisme, concourt à une mise sous verre de l’Islam. Car, une fois la critique de la religion associée invariablement à celle de ses croyants, l’anathème est jeté sur toute velléité de questionnement tant du dogme que de la pratique coranique.

La notion d’islamophobie, ainsi appréhendée, participe clairement à amalgamer critique de l’Islam et racisme anti-musulman afin de proscrire du champ des débats intellectuels toute objection formulée à l’encontre de la religion mahométane ; réintroduisant de ce biais un « délit de blasphème », ou concept de « diffamation des religions » tel que défendu en mars 2010 par la très peu modérée Organisation de la conférence islamique onusienne.

A cette occasion, l’Union européenne, qui a échoué à s’opposer à l’adoption d’une telle résolution par l’ONU, a tenu à rappeler que le respect d’une communauté de croyants ne saurait pour autant prohiber l’usage de la liberté de s’exprimer au sujet d’une religion. Et de conclure qu’appréhender la lutte -légitime- contre le racisme anti-musulman à travers le prisme conceptuel d’interdiction « de diffamation des religions » concourait à faire le jeu de l’intégrisme islamiste, qui ne sait souffrir de quelconques critiques et n’a pour autre désir que de voir statufiée la religion musulmane.

Poursuivant une lignée traditionnellement voltairienne et héritière d’anciens débats -anti- cléricaux, la France, quant à elle, garantie à ses citoyens tant la liberté d’opinion religieuse que la libre critique des religions. Or, cette libre expression tend à dissimuler de nos jours dans certains milieux politiques un racisme à mots feutrés. Car l’occasion de la critique de l’Islam peut également être celle d’une lente dégénérescence de la liberté d’expression, amenant au rejet tant ethnique (le résident ou français originaire de terres musulmanes) que xénophobe (le musulman, autre et étranger) d’une communauté de croyants.

L’islamophobie comme usage de la liberté d’expression, premier pas vers un « racisme respectable » anti-musulman

Le concept d’islamophobie accuse ici d’un second écueil. A savoir, le danger qui réside dans le fait de verser, sous couvert du libre usage d’une critique de la religion, vers l’adoption d’un point de vue ethnicisant déviant subrepticement en un racisme anti-musulman.

Déjà, dès la fin des années 80, Jacques Julliard estimait que : « l’argument anti-islamique est de longue date un alibi commode qui habille de respectabilité la haine de l’Arabe et le refus de l’accueillir » (Le Nouvel Observateur, 23 novembre 1989).

Depuis lors, l’amalgame semble largement consommé. Le tollé provoqué en début de semaine par les déclarations de Marine Le Pen, comparant les prières de rue à l’Occupation allemande, suffit à lui seul à illustrer une situation de fait. Car ne sépare du rejet de l’Islam en France à celui, par extension, des populations d’origine maghrébine et arabe, qu’un pas, que la vice-présidente du FN se défend d’avoir franchi.

Plus généralement, instrumentaliser peurs et préjugés ne sont pas des éléments discursifs nouveaux puisqu’ils constituent le fonds de commerce même d’une majeure part d’organisations d’extrême droite. La droite nationale a depuis toujours agité, avec plus ou moins de succès, mais avec toujours autant de virulence, l’image fantasmée et quasi-obsessionnelle d’un bouc émissaire, posé en « ennemi de l’intérieur », responsable d’un large panel de maux dont serait accablée la France.

Car l’Islam, à n’en pas douter, nourrit dans l’Hexagone des desseins politiques, martèle Marine Le Pen ; les prières de rue ne sont d’ailleurs que l’arbre cachant la forêt. L’Islam de France serait-il politique ? Vrai ou fausse affirmation, le concept est électoralement porteur, comme l’illustre un récent sondage publié par France Soir : pas moins de 54% de sympathisants UMP sondés approuvent le parallèle établi au sujet des prières de rue des musulmans et l’Occupation allemande.

L’on s’emploie donc à politiser l’Islam afin de dessiner des contours flottants à une menace rampante et souterraine. Qu’on se le dise ! A l’ombre de l’Islam se tapit un vaste projet politique, radicalement incompatible avec les principes et idéaux républicains, fruit d’une communauté de croyants inassimilables et subversifs, condamnés à demeurer, et ce qu’elle que soit la mention adossée à leurs papiers d’identité, au mieux, des français jamais tout à fait français, au pire, d’indésirables parias et parasites étrangers.

Comment ne pas dresser là une comparaison, -qui, certes, a ses limites-, entre le discours antisémite français des années 30 et le ressentiment anti-musulman de ces dernières années ? Hier, le « péril juif » ; aujourd’hui, le « péril musulman » ?

Et c’est ainsi que Marine Le Pen, qui semble ne pas craindre au long de ses propos la contradiction, quémande un retour à la souveraineté nationale dans l’Hexagone, menacée par les pratiques religieuses de fidèles qui, paradoxalement, sont eux aussi et de droit chez eux en France.

Et c’est de la même manière que la dirigeante frontiste, qui n’est pas à un néologisme -ni à une provocation- près, en vient à questionner la visibilité de l’Islam en France, quitte à grossir le tableau, sortant de son chapeau des « mosquées-cathédrales » et autres minarets, agitant l’islamisation du mode de vie des français au travers des hamburgers halal des restaurants Quick…

De fait, la vice-présidente du Front national poursuit une logique pernicieuse mais politiquement porteuse, à savoir, la dénonciation de la religion musulmane en lieu et place de la traditionnelle et abhorrée immigration. Toute à sa stratégie de dédiabolisation du parti frontiste, Marine Le Pen opère ici un virage stratégique : ne pas ouvertement vilipender la présence en France de français musulmans immigrés, mais plutôt croiser le fer au niveau de leur croyance, l’Islam. La cible demeure même alors que l’angle d’attaque varie.

Et, à l’extrême de l’échiquier politique, elle n’est pas la seule responsable politique à développer dans une même optique un discours violemment anti-Islam. De Riposte laïque au Bloc Identitaire, les préjugés nourris envers la religion musulmane sont drapés des plus belles toges républicaines, de la défense de l’égalité homme-femme en passant à celle de la laïcité ; pour autant, ces subterfuges ne sauraient dissimuler le fond des discours, à savoir une lente mais sûre dégénérescence de la critique de l’Islam vers une stigmatisation de ses pratiquants.

Ainsi, l’islamophobie apparaît être un concept suffisamment malléable à tout type d’extrémisme pour qu’il soit justifié de le récuser. Car si le respect d’une communauté de croyants -les musulmans- ne doit pas confisquer l’usage de la liberté d’expression à l’égard d’une religion ; la critique de l’Islam, sous couvert de cette même liberté d’expression, ne doit pas être le terreau au sein duquel se développe à mots feutrés une lente légitimation d’un racisme anti-musulman latent.

L’islamophobie, bien que prêtant aux amalgames, est un exemple intéressant de termes controversés qui rappelle à une réalité simple : les mots ont une signification et se doivent d’être employés avec rigueur dès lors que ceux-ci sont susceptibles d’embraser les haines répandues au sein d’un corps social fragilisé puisque régulièrement clivé. Gageons que la recherche de sens engagée au travers de la bataille des mots ne demeurera vaine…

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Published by valenton rouge - dans France
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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 19:23

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L’emploi qualifié continue de se développer, mais le déclassement des générations qui arrivent sur le marché de l’emploi n’est pas un fantasme. Une analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, extraite du hors série "Générations", du magazine Alternatives Economiques.


Les jeunes générations sont-elles "déclassées" ? Vont-elles connaître un destin social moins favorable que leurs aînées ? La récession a relancé le débat. La réponse dépend des instruments de mesure utilisés. Sur la durée, nos sociétés continuent de s’enrichir, ce qui profite aux générations qui se succèdent. En outre, les mobilités sociales ascendantes [1]demeurent, pour le moment, plus nombreuses que les mobilités descendantes. Mais les jeunes générations n’ont pas rêvé : le déclassement est loin d’être un fantasme. Les mobilités descendantes s’accroissent, les mêmes diplômes ne permettent plus d’accéder aux mêmes emplois et les conditions d’emploi se sont nettement dégradées. Les jeunes subissent bien plus lourdement que les générations précédentes les conséquences de la crise.

L’ascenseur social fonctionne toujours…

La première façon d’appréhender le phénomène consiste à observer l’évolution globale de la structure des emplois. La part des métiers du milieu et du haut de l’échelle sociale continue d’augmenter. Le nombre d’emplois de cadres supérieurs est passé de 1,7 million à 4,2 millions entre 1982 et 2008, selon l’Insee, soit une hausse de 135 %. De la même façon - mais avec une ampleur moindre -, le cœur des classes moyennes (les "professions intermédiaires") a progressé de 4,6 à 6,2 millions (+ 34 %). Ces deux groupes représentaient 28 % de l’ensemble des emplois en 1982, contre 40 % aujourd’hui. La structure globale des emplois continue donc à être tirée vers le haut, du fait notamment de l’essor des services.

Ce mouvement n’est pourtant pas univoque. Si, au bas de l’échelle, l’emploi ouvrier s’est très nettement réduit, de 6,8 à 5,8 millions, le nombre d’employés [2] a progressé quasiment autant en nombre que celui des cadres, de 5,6 à 7,6 millions, devenant la catégorie socioprofessionnelle la plus importante avec 29 % des emplois. Au total, l’ensemble ouvriers-employés continue de représenter un peu plus de la moitié des actifs occupés.

Les jeunes générations ont tiré parti de ce phénomène. Pour le mesurer, il faut s’intéresser au processus de mobilité sociale, c’est-à-dire comparer la situation des individus à un moment de leur carrière à celle de leur père au même âge. De ce point de vue, la mobilité totale demeure très conséquente. En 2003, les deux tiers des 40-59 ans n’appartenaient pas au même groupe social que leur père. Une partie des générations issues de catégories les moins favorisées a grimpé dans l’échelle sociale : 23 % des cadres de 2003 ont un père ouvrier, 11 % un père employé et 8 % un père agriculteur. Comme l’a noté Eric Maurin (voir "pour en savoir plus"), parmi les actifs occupés issus du monde ouvrier, sortis de l’école depuis moins de cinq ans en 2008, 30 % étaient cadres, contre 13 % en 1982. L’ascenseur social n’est pas arrêté contrairement à ce qui est parfois dit.

… mais plus lentement

Bon nombre de jeunes adultes, qui se battent pour prendre pied dans l’emploi, doivent se frotter les yeux à la lecture de telles données. Plusieurs éléments expliquent ce décalage entre leur perception et ce que racontent ces chiffres. D’abord, les données précédentes mesurent une mobilité "totale", où l’évolution de la structure des emplois joue un rôle important. Quand le nombre d’agriculteurs diminue, mécaniquement moins de fils d’agriculteurs occupent le métier de leur père. Et inversement avec les cadres. Pour mesurer précisément l’évolution des "chances" d’accès à telle ou telle profession, les statisticiens calculent une mobilité "nette". Cet indicateur, parfois qualifié de "fluidité sociale", est mesuré en déduisant l’impact des transformations de la structure des emplois. On mesure par exemple la probabilité qu’un fils d’ouvrier devienne cadre en déduisant l’effet de la progression du nombre de cadres. Cette mobilité nette évolue très peu : elle est passée de 37 % à 43 % de l’ensemble des emplois entre 1977 et 1993, puis redescendue à 40 % en 2003. Les fils de cadres ont aujourd’hui huit chances sur dix d’occuper une position sociale supérieure à celle des enfants d’ouvriers, probabilité supérieure à celle de 1993, note l’Insee [3].

Par ailleurs, la mobilité sociale totale rassemble des flux de montée et de descente dans l’échelle sociale. Certes, les montées demeurent plus fréquentes que les descentes. Mais, comme l’a montré Camille Peugny (voir "Pour en savoir plus"), le rapport entre les deux se réduit sérieusement : les montées étaient 2,2 fois plus nombreuses que les descentes pour les 35-39 ans nés entre 1944 et 1948 ; elles ne sont plus que 1,4 fois plus nombreuses pour les générations nées entre 1964 et 1968. Autrement dit, l’ascenseur continue de monter, mais de plus en plus lentement.

Entre ces deux groupes, la part des trajectoires descendantes est passée de 25 % à 35 %. Et cela ne permet pas de juger de ce qui se passe précisément aujourd’hui, car les dernières données disponibles datent de 2003 et portent sur les hommes âgés d’au moins 35 ans. A cet âge, les dés sont globalement jetés et l’espoir de monter dans la hiérarchie sociale devient mince, surtout en France où la formation professionnelle est peu développée. Mais on ne sait rien du sort des générations nées à partir des années 1970 : en 2003, elles n’avaient encore que 33 ans… Or, ce sont elles qui ont subi le plus la montée du chômage de masse. Pour elles, l’ascenseur n’est-il pas réellement bloqué ?Le déclassement en cours de carrière
La mobilité sociale en cours de carrière s’accroît. Entre 1998 et 2003, 17 % des femmes et 21 % des hommes de 30 à 54 ans ont changé de groupe social, contre 11 % et 14 % entre 1980 et 1985 [4]. Certes, la mobilité ascendante a fortement augmenté, passant de 9,7 % à 13,2 % chez les hommes et de 6,6 % à 9,7 % chez les femmes. En partie parce que les emplois de cadres supérieurs se développent. Mais, aussi, comme le note l’Insee, pour une raison moins positive : "Cette forte hausse est sans doute le signe, pour les jeunes, de recrutements effectués de plus en plus souvent en dessous du niveau de compétence, ces déclassements étant compensés ensuite par des promotions vers des métiers plus en accord avec la formation initiale."
Au bout du compte, les trajectoires ascendantes seraient moins marquées, mais, en même temps, ce phénomène tempère l’ampleur du déclassement à l’embauche. L’Insee note que la filière administrative de promotion chez les femmes, d’employée à profession intermédiaire, et la filière technique chez les hommes, d’ouvrier non qualifié à qualifié et d’ouvrier qualifié à technicien ou contremaître, continuent à fonctionner.
Durant la même période, la proportion de trajectoires descendantes a plus que doublé, de 3,2 % à 7,4 % chez les hommes et de 3,1 % à 7,1 % chez les femmes, soit un total de quelques 800 000 personnes concernées. Le déclassement en cours de carrière reste très minoritaire, mais il est loin de n’être qu’un "ressenti". Pour beaucoup, cette dégradation fait suite à une période de chômage, qui implique par la suite d’accepter un poste de niveau inférieur pour revenir dans l’emploi.


Plus diplômés, mais moins bien lotis ou au chômage

De fait, le monde du travail a bien changé entre les générations des années 1940 et 1950, qui ont commencé à travailler au beau milieu des Trente Glorieuses, et les suivantes. En 1975, le taux de chômage des 15-24 ans était de 5 % ; trente-cinq ans plus tard, il approche les 25 %. En outre, pour cette même classe d’âge, le taux de précarité [5] est passé de 18 % à 51 % entre 1982 et 2008. Ceci sans compter le développement du temps partiel subi, des stages et autres formations plus ou moins sérieuses. Bref, si l’on considère le statut d’emploi, le déclassement est loin d’être un fantasme. Pour une part d’ailleurs, on compare des groupes sociaux qui n’ont de commun que le nom : le statut de cadre supérieur a aujourd’hui peu de chose à voir avec celui qu’il avait dans les années 1950. Les conditions de travail des ouvriers se sont améliorées, si l’on se place sur le temps long, mais en haut de la pyramide, la condition des cadres s’est dégradée. Le groupe a intégré des emplois où l’appellation d’"encadrant" se réfère à un niveau de diplôme (la licence), mais qui ne s’accompagnent que de responsabilités - et de salaires - limités.

Un autre élément explique le décalage entre les statistiques sur la mobilité sociale totale et la perception qu’en ont les jeunes générations : l’élévation considérable du niveau de qualification. Entre 1982 et 2008, la part des 15-25 ans ayant au moins le niveau du bac ou du brevet professionnel est passée de 25,1 % à 54,7 %. En 1975, 170 000 jeunes sortaient du système scolaire sans aucune qualification [6], c’est-à-dire au maximum avec le niveau de la troisième. Trente-cinq ans plus tard, ils ne sont plus que 42 000. Même si l’investissement scolaire tend à se réduire depuis le milieu des années 1990, il a été massif en France, notamment dans les années 1980. Or, parce qu’elles sont bien plus diplômées que leurs devancières, les jeunes générations arrivent sur le marché du travail avec des attentes plus élevées.

Mais la crise a raréfié le nombre d’emplois disponibles et a durci la concurrence. Dans toutes les couches sociales, obtenir un bon diplôme est devenu une préoccupation majeure, comme le montre l’exemple des familles ouvrières [7]. Un jeune peut avoir fait des études plus longues que ses parents, mais se retrouver en situation délicate au moment d’entrer sur le marché du travail. Comptant sur un volant important de main-d’œuvre en recherche d’emploi, les entreprises ont en effet élevé leurs exigences en matière de qualifications bien au-delà du nécessaire.

Dans un pays où l’on sacralise le titre scolaire au point qu’il suit le salarié tout au long de sa vie professionnelle, ce phénomène est particulièrement aigu. Comme l’indique Eric Maurin, parmi les jeunes sortis de l’école depuis moins de cinq ans en 2008, 47 % des non-diplômés étaient au chômage, contre 7 % des diplômés du supérieur. Le niveau des diplômes n’a pas baissé et ceux-ci demeurent un atout essentiel contre le chômage. Mais le niveau d’emploi auquel certains diplômes permettent d’accéder a diminué. Le bac général n’offre plus les mêmes débouchés que du temps où seule une minorité y avait accès. Le bac pro a parfois remplacé le CAP pour les emplois d’ouvriers et le BTS pour certains postes d’employés des services [8].

Ce déclassement professionnel par rapport au diplôme (entendu comme le fait de posséder un niveau de formation supérieur à celui requis en théorie pour l’emploi occupé) est loin d’être un fantasme. Les études du Centre d’études des revenus et des qualifications (Céreq) sur les générations entrant sur le marché du travail le montrent. Selon le type de critère utilisé, il concernerait entre 21 % et 28 % des jeunes ayant terminé leurs études en 1998 et en emploi en 2001 [9]. Avec des taux qui vont de 15 % pour les diplômés d’une grande école ou d’un troisième cycle universitaire, à 49 % pour les titulaires d’un bac général seul. Et encore, ces données sous-estiment le phénomène, du fait de la vive croissance qui existait à l’époque.

Peut-on mettre fin au déclassement ? Modifier le cours des choses prendra du temps. Au fil des générations, on peut imaginer que les aspirations finissent par s’ajuster à un marché du travail dégradé. D’ailleurs, des enquêtes du Céreq sur les années 1990 avaient déjà montré une baisse du sentiment subjectif de déclassement chez les jeunes [10]. De façon plus positive, un redémarrage durable de l’activité économique et des créations d’emplois importantes modifieraient la donne à long terme (mais sans doute davantage pour les nouveaux embauchés que pour ceux qui occupent déjà des emplois déclassés).

Au-delà, c’est la logique de classement elle-même qui pose problème : la hiérarchie des places [11] est d’autant plus pesante en France qu’il existe peu de possibilité de rattrapage, notamment en termes de formation professionnelle. Réduire ces hiérarchies, de l’école à l’entreprise, permettrait à la fois de faciliter la mobilité (les échelons moins nombreux se gravissent plus facilement) et de limiter l’ampleur des déclassements.

Louis Maurin

Cet article est extrait d’Alternatives Economiques Hors-série n° 085, avril 2010

En savoir plus

Le déclassement, par Camille Peugny, coll. Mondes vécus, éd. Grasset, 2009.

La peur du déclassement, par Eric Maurin, coéd. La République des idées/du Seuil, 2009.

© Elenathewise - Fotolia.com



[1] Le fait de s’élever dans l’échelle sociale

[2] Catégorie de niveau de vie et de diplôme très similaire aux ouvriers

[3] Voir "En un quart de siècle, la mobilité sociale a peu évolué", par Stéphanie Dupays, Données sociales 2006, Insee, 2006.

[4] Voir "Changer de groupe social", Insee première n° 1112, décembre 2006.

[5] Taux de précarité : nombre de contrats à durée déterminée, intérim et apprentissage rapporté à l’emploi total.

[6] Ce nombre est souvent grossi par confusion avec le nombre de jeunes sans diplôme, dont certains sont allés jusqu’à la fin de la terminale.

[7] Voir "Les familles ouvrières face au devenir de leurs enfants", par Tristan Poullaouec, Economie et statistique n° 371, 2004

[8] Voir "Les diplômes ne valent plus rien", dans "30 idées reçues sur l’emploi et les métiers", Alternatives Economiques poche n° 42, janvier 2010.

[9] Voir "Le déclassement des jeunes sur le marché du travail", Données sociales, Insee, 2006.

[10] Voir "Le déclassement des jeunes diplômés, mythe et réalité", dans "L’état de l’emploi", Alternatives Economiques Pratique n° 32, janvier 2008.

[11] Voir Les places et les chances, par François Dubet, coéd. La Républiques des idées/du Seuil, 2010.



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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 19:17
RomanianJews_HOLO_MEGA.jpg
http://balkans.courriers.info/article16470.html
Un nouveau film évoque le massacre des Juifs perpétré durant la Seconde Guerre mondiale par les autorités roumaines dans les territoires qu’elles administraient. Ce film a l’avantage de révéler un aspect souvent négligé de l’histoire. Toutefois, soucieux de ne pas trop choquer l’opinion roumaine, il poursuit l’amalgame entre les crimes du fascisme et ceux du communisme. Une confusion qui ne peut pas aider à mieux comprendre l’histoire.

Par Nicolas Trifon

Il y a quelques semaines, j’ai reçu dans ma boîte à lettres électronique un film sur les massacres perpétrés par les autorités roumaines contre les Roumains de confession juive dans les territoires qu’elles administraient pendant la Seconde Guerre mondiale, sur les crimes commis sous la houlette des formations politiques antisémites en Roumanie et les spoliations et les humiliations occasionnées par la législation à caractère antisémite en vigueur dans ce pays entre 1938 et 1944.

Réalisé par Cristi Hadji-Culea pour le compte de l’Association des Juifs roumains victimes de l’Holocauste, avec le soutien du département des Relations interethniques auprès du gouvernement roumain et de l’Ambassade d’Allemagne à Bucarest et avec le concours de la Société de télévision roumaine, ce documentaire présente l’avantage de montrer le film des événements, souvent traités jusqu’ici séparément et d’en comprendre la gravité, de faire prendre conscience des énormes et irréparables dégâts provoqués.

Découvrez le film
L’Holocauste au temps du général Antonescu

Ce film appelle toutefois plusieurs observations.

Il existe, certes, une vaste littérature, surtout en anglais mais aussi en français, sur les exactions commises pendant cette période, disponible bien avant 1989. Mais un tel film n’a été possible que grâce au concours d’anciennes victimes qui ont trouvé l’énergie pour rappeler des faits douloureux qui les ont à jamais marquées et à un travail de terrain conséquent pour recueillir des témoignages. À ce titre, on peut citer l’ouvrage de Smaranda Vultur et Adrian Onica intitulé Memoria salvata (La mémoire sauvegardée) paru à Timisoara en 2009 (Editura Universitatii de vest). Un des témoignages les plus bouleversants du film, concernant le pogrome de Herta (département de Dorohoi), figure déjà dans le deuxième tome de ce livre disponible sur la toile.

L’impression qui se dégage du ton de la présentation générale du film est plus mitigée. Le commentaire introductif, forcément succinct, se veut œcuménique, c’est-à-dire soucieux de ne pas heurter les Roumains non juifs, plus précisément la mémoire qu’ils conservent des méfaits du communisme, afin de leur faire comprendre leur part de responsabilité dans les méfaits du fascisme pendant la guerre. Compréhensive, cette précaution présente quelques inconvénients. La « révolution communiste » en Russie a conduit à des crimes de masse, au même titre que le fascisme, qu’elle a précédé et dont elle a fait le lit, nous dit-on en substance. Le problème est que, en renvoyant dos à dos les deux, et en cherchant à les mettre sur le même plan, on perd de vue la spécificité de chacun, sans parler de la confusion qui s’ensuit. Encore un peu et on finirait par rendre les Soviétiques co-responsables du massacre des Juifs par les nazis et leurs alliés, le fascisme étant présenté comme une réaction aux tentatives d’expansion du communisme. Décidément, le communisme a bon dos… Et pourtant, les raisons ne manquent pas pour dénoncer et condamner le communisme. En matière d’exploitation et d’oppression, de répression et de dissuasion, les fondateurs et les administrateurs des régimes communistes ont mis en place des dispositifs et des mécanismes dont le cynisme et l’efficacité ne sont plus à rappeler.

À force de prendre de telles libertés avec l’histoire, on retrouve de fil en aiguille, en filigrane, cette mise en concurrence obsessionnelle des victimes du communisme et du fascisme qui hante les esprits à l’Est et à propos de l’Est. Nous avons déjà évoqué le volet littéraire de cette opération insidieuse, tout aussi macabre qu’inopérante (Retrouvez notre article « Paul Goma et Norman Manea : le témoignage littéraire dans l’engrenage de la concurrence mémorielle).

Plutôt que de se perdre en conjectures malsaines sur ce thème, ne serait-il pas plus sérieux de voir les choses en face : fondés sur le racisme, les régimes fascistes ont de toute évidence battu des records en matière de crimes de masse à travers les guerres qu’ils ont provoquées et les persécutions qu’ils ont perpétrées, mais ont duré somme toute peu de temps, alors que les dictatures communistes à velléités totalitaires issues du coup d’État bolchevique qui a mis fin à la révolution sociale en Russie en novembre 1917 se sont révélées plus durables, plus redoutables pour ceux qui essayaient à échapper à leur emprise, justement parce qu’elles procédaient d’un universalisme, dévoyé certes, mais un universalisme tout de même. Faut-il rappeler que, pour l’essentiel, les premiers ont été défaits au sortir de la Seconde Guerre alors que les seconds ont implosé bien plus tard ? Mieux vaut donc ne pas mélanger les genres et éviter d’associer abusivement le communisme et le fascisme si on veut rendre pertinente et crédible la critique de l’un et de l’autre.

Retrouvez notre dossier sur l’Holocauste en Serbie durant la Seconde Guerre mondiale :
Le camp allemand du Parc des expositions de Belgrade, 1941 – 1944 

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 17:46

charlymarx.vignette

http://www.midilibre.com/articles/2010/12/19/NIMES-La-federation-gardoise-du-PCF-deja-debordee-sur-sa-gauche-1486518.php5

 

L'AFFAIRE À trois mois   des élections cantonales, la stratégie du Front de Gauche est déjà à l'épreuve du feu. La constitution d'un   « Front populaire à vocation majoritaire » vit des débuts difficiles et commence à donner des sueurs froides à l'exécutif départemental du PCF que dirige Martine Gayraud.

L'exécutif communiste se retrouve, depuis quelques semaines, débordé sur sa gauche par quelques candidats et des militants qui annoncent, dans un courrier interne, leur intention de se maintenir au second tour des prochaines cantonales, sous-entendu même face à un candidat PS.

Tout cela n'est pas fantaisie mais écrit noir sur blanc par des   « camarades » du PCF du Gard, plus précisément des cellules de Vézénobres, de Saint-Hilaire-de-Brethmas et de Lédignan, ainsi que les candidats désignés par le Front de Gauche à Vézénobres et Saint-Chaptes. Ces derniers considèrent que   « les positions prises par l'exécutif départemental du PCF ne s'inscrivent ni dans l'esprit ni dans une dynamique de Front de Gauche ». Ils déplorent   « une attitude de second tour qui n'est pas de nature à rassembler les forces issues du mouvement social ». Ce que les signataires appellent en fait   « une logique de renoncement ». Ces derniers écrivent carrément :   « Prendre maintenant position pour le second tour en vue de la seule sauvegarde de la majorité départementale sortante nous semble pour le moins extrêmement prématuré, sinon tout simplement irresponsable. »

Martine Gayraud, mais aussi l'élu cévenol Jean-Michel Suau, qui avaient tenu sensiblement le même discours lors des Régionales contre l'essentiel des élus départementaux du PCF, et surtout les régionaux sortants, se retrouvent piégés. Pris au piège par certains des leurs qui, sous couvert aujourd'hui d'un très sémantique   « rassemblement des forces issues du mouvement social pour transformer radicalement la société », veulent, en fait, historiquement rompre avec le Parti socialiste. Ils l'écrivent d'ailleurs clairement dans cette lettre :   « La social-démocratie portée par le PS est incompatible avec notre ligne politique. » Ils espèrent sans doute que les lendemains chanteront d'autant mieux qu'ils seront nourris de la contestation.

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 16:59

 

 

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 13:29

 

uck.jpg http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/kosovo-2-un-pays-ou-l-on-retrouve-86067

 

Souvenez-vous, c’était il n’y a pas si longtemps. L’une des femmes parmi les plus admirables de cette planète, l’intransigeante Carla del Ponte, lançait un énorme pavé dans la mare médiatique en décrivant dans son livre "La chasse, les criminels de guerre et moi" le comble de l’horreur sur ce qui avait bien pu se passer au Kosovo avec les responsables de l’UCK, qui se seraient livrés à du trafic d’organes, à partir des prisonniers qu’ils abattaient, pour leur prélever aussitôt leurs reins, notamment. Tollé général dans les médias, la voilà quasiment dépeinte comme une folle par les partisans du Kosovo, toujours aussi soucieux de leur honneur. Or, aujourd’hui, on en a la preuve, et surtout des aveux des personnes qui y ont participé : tout ce qu’avait affirmé la procureure du TPI était véridique, et l’horreur décrite bel et bien au rendez-vous, et à un très haut degré. Ce soir, en effet, 14 décembre 2010, le Guardian accuse nommément le premier ministre actuel du Kosovo, Hashim Taçi (ici au milieu de ses troupes), celui-là même que soupçonnait Carla Del Ponte, d’avoir été l’organisateur de cet immonde trafic d’organes ! Le Guardian, premier a révéler le contenu d’un rapport échafaudé pendant ces deux dernières années, et qui est sans aucune ambiguité. Le premier ministre actuel du Kosovo est bel et bien un criminel de guerre. Slobodan Milosevic, et son effroyable nettoyage ethnique, avait été hélas, l’arbre qui cachait la forêt. Dans une prison secrète, au Nord de Tirana, on a abattu des prisonniers pour leur subtiliser leurs reins. Et les auteurs de ce forfait étaient les gens de l’UCK.

Que n'aura-t-on pas caché, au nom du Kosovo ? Que n'aura-t-on pas raconté comme fables, aujourd'hui que l'atroce vérité éclate ? C'est bien là la question aujourd'hui, en effet, fort bien résumé ici, car il aura toujours été délicat d'en parler : "dans les conférences de rédaction, oser mentionner le passé terroriste de Thaci, c’est courir le risque de se faire traiter de néo-nazi, étant donné que seule la presse d’extrême droite en parle. Et pourtant, Human Rights Watch et Amnesty International ont publié des dossiers détaillés sur les exactions de l’Armée de libération du Kosovo". Des dossiers que les rédactions n'ont jamais sorti sous quelles pressions ? Sous les yeux des soldats de la KFOR, qui n'ont jamais rien dit, "en deux ans, sous le commandement de Thaci, l’UCK (KLA) a brulé plus d’églises et de monastères orthodoxes qu’au cours des 500 ans de domination ottomane" raconte pourtant Tim Carr. Tout le dilemme était là, en effet : "Si l’on s’en tient au narratif simpliste sur la guerre en Yougoslavie, fabriqué par les US dans les années 1990 et repris sans broncher par la majorité de la presse à travers le monde, les Kosovars sont des gentils guerilleros qui ont gagné contre des méchants nazis Serbes. Si on ose sortir de l’image d’Epinal, voire tenter de creuser la réalité des affirmations de la presse sur la guerre au Kosovo, on est immédiatement soupçonné de “sympathies pro-Serbes” voire d’être un “rouge-brun”. Alors tout le monde préfère suivre la ligne officielle” Et tout le monde, effectivement, a suivi une ligne dictée...par les Etats-Unis ! Le 8 février 2008, dans Le Figaro, Thaçi, dont on sait qu'il va remporter les élections est ainsi décrit : c'est "l'ancien guérillero en passe de réaliser son rêve"... encore un peu et on lui aurait dressé un portrait à la Che Guevara : dans l'article élogieux signé Isabelle Lasserre, pas un seul mot sur ses exactions passées. Pas un seul ! Ce n'est pourtant pas une débutante dans le métier !

Une image lissée, donc, pour le bourreau des serbes, dictée en effet par les américains qui encore une fois avaient "pacifié" le pays, en le débarrassant d'une belle ordure à vrai dire, nommée Milosevic, quitte à masquer le plus possible les crimes commis par leur infréquentable allié Thaçi, qui porte aujourd'hui costume il est vrai, et a appris trois mots d'anglais, paraît-il. Ce n'était pas la première fois que les USA succombaient à ce genre de pragmatisme de l'horreur : leurs liens étroits avec les dictatures d'Amérique du Sud sont là pour le prouver : en ce moment, le procès qui se tient à Paris est là pour nous rappeler le rôle de la CIA dans la prise de pouvoir du général Pinochet, et du rôle d'individu tels que John Negroponte, et la "philosophie" qui aura animé toute sa carrière. Pas tellement éloignée du nazisme, à voir les exactions, les tortures et les viols commis sous ses ordres dans toute l'Amérique centrale et du Sud.

Des hommes, cependant, dont l'auteur de l'article, ont essayé quand même de toucher un ou deux mots aux responsables US : ce fut pour se faire envoyer paître dans les grandes largeurs. Milosevic chassé, il n'y avait plus rien à voir, ne restait qu'à déguerpir ou à fermer les yeux. Il faut dire que les USA avaient alors tressé un tableau idyllique de leur intervention ; comme il l'avaient fait en Irak en "chassant le dictateur". Le Sénateur Joe Lieberman ira même jusque déclarer avec emphase, cite l'auteur, que : “les Etats-Unis d’Amérique et l’Armée de Libération du Kosovo défendent les mêmes valeurs et principes . . . Se battre avec l’UCK (note : la Kosovo Liberation Army ou KLA en albanais devient Ushtria Çlirimtare e Kosovës ou UCK) c’est se battre pour les droits de l’homme et les valeurs de l’Amérique.” Voilà qui sonne étrangement aujourd'hui : les valeurs de l'Amérique consistent aussi à fermer les yeux sur de pareilles atrocités ? Car, avec la panoplie de matériel de renseignement dont disposait à l'époque, comme aujourd'hui encore, la première puissance militaire mondiale, difficile d'imaginer qu'elle n'ait pas pû être au courant de ses exactions ! Les USA ont-ils été au Kosovo complices de crimes contre l'humanité, à n'avoir rien dit tout en le sachant, voilà aussi la question que révèle cette incroyable histoire ! Voilà aussi qui rappelle le choix de l'avant 1989 en Afghanistan, ou l'allié américain était... taliban, à qui les USA offraient des missiles derniers cri, pour s'apercevoir 15 ans après qu'ils pouvaient abattre les hélicoptères US !

Soupçonné d'avoir fait assassiner des rivaux ou des journalistes compromettants, tel qu'Ali Uka ou Ilir Konushevci, qui l'avait accusé d'avoir bénéficié d'un trafic d'armes, Thaçi, à la tête de son "Groupe de Drenica", avait toujours bénéficié du soutien de Washington : le porte-parole du du département d'État américain, James Rubin, ira même jusqu'à ouvertement mentir au micro en annonçant que les Etats-Unis ne disposaient d'aucune preuve d'un "programme d'assassinats ou d'exécutions dirigé par le commandement de l'UCK"... malgré les allégations parues alors dans le New-York Times (du 25 juin 1999). Le 29 juin pourtant, c'était un autre journal, The Guardian, qui reprenait l'info évoquait les terribles purges menées par Thaçi au sein même de son organisation, en citant également le trafic d'armes via la... Suisse dont aurait bénéficié le KLA. Selon les calculs du journal, les hommes de Thaçi auraient payé 30 millions de livres aux albanais pour leurs armes. C'est en dénonçant ce trafic qu'avait été froidement éxécuté Ilir Konushevci, qui n'était autre qu'un des commandants du KLA, qui avait transporté lui-même les armes albanaises.

Alors même que l'Otan bombardait le pays, Hashim Thaçi continuait donc tranquillement ses purges : ainsi disparaîtront Agim Ramadani, ancien capitaine de l'armée yougoslave et Sali Ceku, soi-disant tombés dans une embuscade serbe ! "Un diplomate de l'ouest", selon le NYT, ira même jusqu'à parler d'un "sniper" comme responsable de la mort du second : déjà, la désinformation souhaitée par les américains pour ne pas trop parler de leur encombrant allié avait fait son chemin ! Un autre responsable, Tahir Zemaj, sentant le vent de la balle de Kalashnikov signée Thaçi se rapprocher de lui, aura de meilleurs réflexes que les deux infortunés opposants à celui que l'on surnomme 'Le Serpent" : il réussira à fuir juste à temps en Allemagne. "Selon Bujar Bukoshi, le premier-ministre en exil d’Ibrahim Rugova, évincé du pays, “Les cadavres n’ont jamais été un obstacle à la carrière de Thaci.” Au lendemain des bombardements US, qu'ont guidé au sol les soldats du KLA, Thaçi est le seul maître du pays ou presque : il peut alors ambitionner de s'autoproclamer premier ministre, ce qui le tentait fort à vrai dire ! Avant lui, du 10 mars 2006 au 9 janvier 2008. il y aura cependant Agim Seku, accusé en 2003 par les serbes de crime de guerre, au même titre que Hashim Thaçi et Ramush Haradinaj.

Agim Seku "a été arrêté à la frontière entre l'ARYM et la Bulgarie, le 23 juin 2009. Il est accusé de crimes de guerre commis lorsqu’il était colonel des forces croates en 1993, puis lorsqu’il était chef d’état-major des forces kosovares (UCK) en 1998-99, et encore à nouveau lors des pogroms anti-serbes au Kosovo en 2004. Les faits qui lui sont reprochés ont été instruits par les forces canadiennes de l’ONU et par la Justice serbe". Le nettoyage ethnique de la province de Krajina au milieu des années 90 a été en effet une horreur de plus. Un rapport implacable d'Human Watch de 1994 en dressera le lourd bilan. "Pendant ces deux dernières années, les non-Serbes de la région de Bosanska Krajina ont été « nettoyés » par une persécution systématique qui inclut la torture, l"assassinat, le viol, les coups, le harcèlement, la discrimination, l'intimidation, les expulsions de logements, la confiscation de la propriété, le bombardement d'entreprises, les licenciements, l'interdiction de tous les écrits à l'exception du cyrillique dans les institutions publiques, et la destruction des objets culturels tels que les mosquées et les églises catholiques". Cet ancien officier croate, redevenu depuis libre, auteur de ses méfaits, avait failli se faire rattraper par la justice en 2009 lors d'une visite en... Colombie, nous rapporte la presse pro-serbe (c'est de Danas). Comme par hasard, il échappera à l'arrestation, et sera expulsé vers... la France, à la demande de Kouchner, selon "Le courrier des Balkans" (dont il ne faut pas prendre tous les dires pour de l'argent comptant !). En Colombie, il "se trouvait en Colombie pour participer à un séminaire international sur le désarmement." On a bien du mal à le croire : l'UCK a toujours fonctionné avec le trafic de l'héroïne : serait-il venu changer d'approvisionnement ? Avant même 1997 en effet, les USA taxent l'UCK de narco-trafic. "En 1998, en Italie, il a été clairement établi par la justice que l'UCK, ayant semble-t-il partie liée avec la Mafia albanaise, participait au trafic d'héroïne ; plus de 100 kg d'héroïne et des armes ont été saisis par le parquet de Milan. Le BIS (services secrets de la République tchèque) et Interpolsignalaient que l'UCK allait faire du Kosovo un état mafieux lié à aux mafias italiennes de Naples, des Pouilles et à la Camorra" précise Wikipedia.

Tout cela donc dans une belle hypocrisie américaine : le 17 décembre 2003, John Negroponte en personne prononçait un discours lénifiant sur le Kosovo au conseil de sécurité de l'ONU, demandant que le pays soit moins violent, et dénonçait l'attaque de trois officiers de la police serbe et celle au nord de Mitrovica, contre le premier ministre Rexhepi ... en feignant d'ignorer qui en était l'auteur, alors que pour le premier cas il semblait bien que Thaçi en ait été responsable. Thaçi, le "protégé de Madeleine Albright", comme on l'appelait déjà avant 2000. Comme le dit JM Vernochet, "à partir de 1997, les américains vont soutenir, vont équiper, vont organiser l’UCK. C’est un secret de polichinelle. (…) En Bosnie, les américains ont permis le transfert de certains jihadistes en provenance d’Afghanistan, qui sont venus prêter main forte aux islamistes bosniaques. Autant l’Islam était modéré en Bosnie et au Kosovo, autant l’Islam s’est radicalisé depuis le milieu des années 1990. il n’y avait pas seulement les américains, mais aussi les alliés des américains qui envoyaient des combattants, les turcs, les saoudiens. Ils envoyaient à la fois des combattants et des fonds. Il y avait aussi des iraniens qui ont prêté main forte". Les américains ont soutenu l’UCK car ils voulaient s’implanter durablement dans la région, comme ils l’ont fait en Afghanistan. L’Afghanistan produisait 180 tonnes d’opium en 2001, 8200 tonnes aujourd’hui. La plus grosse filière passe à travers l’Iran, la Turquie, l’Albanie et le Kosovo. Ce sujet n’est pas abordé par la grande presse, mais il est réel, documenté".  Le but du jeu étant lmplantation d'une base, où les américains, peuvent, comme ailleurs, faire discrètement ce qui leur plaît : "On découvre avec l’indépendance du Kosovo l’existence de la base américaine Bondsteel. C’est une véritable ville de 25 mille hommes (à l’intérieur du camp, il y a un autre camp qui a été qualifié – peut être de manière un peu polémique – de Guantanamo kosovar…)."

Pire encore. L'auteur du texte nous dit qu'il a montré au général Wesley K. Clark une photo où celui-ci serre la main du preneur d'organes, uniquement pour voir sa réaction. Il y avait avec lui Sir Michael Jackson, le général anglais et... Agim Ceku, Or, sur cette photo, une autre personne nous embarrasse tout autant. Ce n'est autre que ce bon docteur Kouchner, lui aussi en train de participer à l'édification de l'image d'Epinal d'un Thaçi libérateur et nécessairement homme de paix ! L'air un peu moins enthousiaste que les autres, il est vrai, mais en train en ce cas d'avaler sa énième couleuvre diplomatique ! "A l’époque où la photo a été prise, Thaci était chef de l’armée de libération (ALK) et venait - sous les yeux de la KFOR - d’assassiner ou de purifier ethniquement des milliers de Serbes kosovars" note l'auteur ! Ce que notre bon docteur devait aussi savoir, logiquement. Le 2 juin 1999, Kofi Annan l'avait nommé Haut-représentant du Secrétariat général des Nations unies au Kosovo : pendant dix-huit mois, il aura largement le loisir de croiser Thaçi et Ceku, et de se faire une idée sur leurs activités. Il aurait dû demander au membre du Congrès US, John Kasich, qui affirmait le 13 décembre 2000, à qui voulait l'entendre, que "les Etats-Unis ont conclu une alliance avec l'UCK qui est elle-même une plate-forme d'Oussama Ben Laden (US Congres, Transcripts of the House Armed Services Committee (Transcriptions du comité interne des services armés)  !!! Il faut entendre rire Kouchner, quand on lui pose la question.... "y'a pas eu de maison jaune" (l'endroit décrit par des survivants) disait-il en riant ! Aujourd'hui, il peut se sentir tout petit, l'ex-médecin ! Jamais il n'aura paru aussi ridicule et aussi... à côté de la plaque ! Aujourd'hui, il est obscène, tout simplement (*).

Des activités dont s'était doutée Carla del Ponte, mais qui n'avait pas eu le temps de réunir les preuves pour condamner l'individu. Aujourd'hui même que le sénateur suisse Dick Marty, remet officiellement son rapport sur les vols d'organes au Kosovo, les jeux sont faits pour Thaçi, nommément cité comme en étant le responsable principal de l'immonde trafic. Ce rapport est également au vitriol... pour les USA, Dick Marty débutant son réquisitoire par le soutien quémandé et obtenu par l'UCK : " la direction de l’UÇK a cherché à obtenir la reconnaissance et le soutien de partenaires étrangers, parmi lesquels figurait notamment le gouvernement des États-Unis. À cette fin, les « porte-parole » de l'UÇK, qui entretenaient d'excellents contacts sur la scène internationale, devaient donner un certain nombre d'assurances à leurs partenaires et contributeurs et/ou prendre des engagements précis qui conditionnaient de fait l'obtention du soutien de l'étranger". Il importait en effet selon Marty de faire de l'UCK le seul interlocuteur valable : "Thaçi doit sans aucun doute son ascension personnelle au soutien politique et diplomatique des États-Unis et d'autres puissances occidentales, qui le considéraient comme le partenaire local favori de leur projet de politique étrangère pour le Kosovo. Cette forme de soutien politique lui aurait notamment donné le sentiment d'être « intouchable » et lui a conféré une stature inégalée de futur dirigeant plausible du Kosovo de l'après-guerre". Ce qui étonne le plus le représentant de l'Union Européenne étant la passivité que je dénonçais au début de ce texte : "Il est particulièrement déconcertant de constater que l'ensemble de la communauté internationale au Kosovo – depuis les gouvernements des États-Unis et des autres puissances occidentales alliées, jusqu'aux autorités judiciaires qui exercent leurs activités sous la tutelle de l'Union européenne – possèdent sans doute les mêmes informations accablantes sur toute l'étendue des crimes commis par le "Groupe de Drenica" mais qu'aucune d'elles ne semble prête à réagir face à une telle situation et à en poursuivre les responsables." En résumé, l'envoyé de l' de l'Union Européenne fait clairement comprendre que Thaçi et son groupe de tueurs ont largement bénéficié d'une aide évidente pour dissimuler leurs crimes. Celle consistant à ne pas les voir et à surtout ne pas en parler !

Et les crimes, Mary les énumère : assassinats, viols pour finir par ces.. prélèvements d'organes, réalisés dans une clinique, la clinique "Medicus :" "les témoignages sur lesquels se fondent nos conclusions évoquent de manière crédible et cohérente la méthodologie suivie pour l'assassinat de tous les prisonniers, en général par une balle en pleine tête, avant qu’ils ne soient opérés pour qu’un ou plusieurs organes leur soient prélevés. Nous avons appris qu'il s'agissait principalement d'un commerce de « reins prélevés sur des cadavres », c'est-à-dire d'un prélèvement posthume des reins, et non d'une série de procédures chirurgicales sophistiquées qui exigeaient des conditions cliniques contrôlées et, par exemple, l'usage intensif d'anesthésiques." Et là, on sombre dans l'horreur : c'est donc bien un Mengele bis qui est le premier ministre depuis deux ans d'un pays situé au bord de l'Europe, et ce, en 2010 !.

Nous n'en n'avons pas fini avec lui : demain, si vous le voulez bien nous irons voir les attenants de ce sordide charcutage de prisonniers froidement abattus : cela, bizarrement, va nous ramener en juillet 2009, à une autre histoire de prélèvements d'organes, organisée au milieu de l'état du New-Jersey, à Hoboken, et qui avait fait (trop) brièvement la une de la presse. Le 12 novembre dernier, en effet, les curieux savaient déjà l'ampleur du trafic kosovar, sans en connaître le plus haut responsable. Interpol avait en effet lancé un avis de recherche contre Ilir Rrecaj, un ancien secrétaire du ministre de la santé kosovar, mais ausssi Moshe Harel et Zaki Shapira, deux israéliens reliés à ce trafic immonde, ainsi qu'un médecin turc de renom, Yusuf Sonmez, et un confrère, Kenan Demirkol (un grand adversaire des OGM semble-t-il !). C'est en fait le quotidien bien informé Haaretz qui avait levé le lièvre avant tout le monde il y a un mois exactement : beaucoup s'attendaient donc à ces terribles révélations. Du côté Kosovar, la justice israélienne est également à la recherche de Lutfi Dervishi, un médecin qui aurait dirigé le groupe de 'transplanteurs" avec Sonmez. La clinique Medicus étant dirigée par le propre fils de Dervishi, Arban.

L'indice que donne le rapport en dit long déjà en citant comme responsable kosovar Shaip Muja.un chirurgien de formation et une "figure historique de l'UCK"  : "Lorsque nous avons cherché à comprendre comment ces actes criminels avaient pu atteindre un degré d'inhumanité supplémentaire, c'est-à-dire aller jusqu'au prélèvement forcé d'organes humains pour en faire le trafic, nous avons identifié une autre personnalité de l’UCK qui semble faire partie des acteurs de premier plan complices de ces méfaits : Shaip Muja. La biographie personnelle de Shaip Muja dans la lutte menée pour la libération des Albanais du Kosovo ressemble, jusqu'à un certain point, à celle des autres membres du « Groupe de Drenica », dont Hashim Thaçi lui-même : militant étudiant au début des années 90, il devient l'un des membres du groupe d'élite des « coordinateurs » de l’UÇK établi en Albanie, puis membre du gouvernement provisoire du Kosovo et commandant en chef du Corps de protection du Kosovo (KPC) ; après s’être mué en responsable politique civil du Parti démocratique du Kosovo (PDK), il exerce finalement des fonctions influentes auprès des autorités actuelles du Kosovo". 

Carla del Ponte avait hélas vu juste, deux années avant tout le monde... l'horreur existait aux portes mêmes de l'Europe.

 

(*) obscène, car il serait étonnant que les services secrets français ne le savaient pas : les suisses, eux, le savaient depuis longtemps, confirme Marty :" A ceux qui trouvent qu'il a trop tardé à livrer un rapport mettant en cause directement le premier ministre kosovar, Dick Marty rétorque que « la communauté internationale est au courant depuis des années des soupçons qui pèsent sur M. Thaci ». Pour le Tessinois, la Suisse aussi savait : « Les services secrets suisses étaient informés et Berne a d'ailleurs décrété une interdiction d'entrée sur notre territoire à l'encontre de M. Thaci. Une telle précaution montre qu'on sait qu'il n'a pas les mains propres, » ajoute Ludovic Rocchi" Ou alors, la France de Kouchner et de Sarkozy ne font pas partie de la "communauté internationale" décrite par Dick Marty....

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 13:28

kouchner_albright_nm.2bqmjrvfbvgggsk0os0os40k.1n4kr7rgh18gs.png http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/kosovo-2-un-pays-ou-l-on-retrouve-86067

 

Avant d’évoquer les ramifications de cette histoire incroyable de prélèvements d’organes, il convient de faire un détour sur l’état actuel du Kosovo, sous l’emprise d’un tel gouvernement et d’un tel premier ministre. Le cas de l’intervention US au Kosovo rappelle par bien des aspects en effet celui de l’intervention en Irak. On sait que les américains, outre les bombardements intensifs visant Saddam Hussein, spécifiés par un étrange individu dont je vous ai aussi conté l’histoire, avaient aussi amené dans leurs bagages les futurs maîtres du pays, même si ces derniers avaient déjà eu des ennuis judiciaires et des amitiés parfois douteuses, comme ils l’avaient fait aussi avec l’Afghanistan en ramenant Karzaï et son encombrante famille. Le système avait été en fait rôdé au Kosovo, où les pires opposants à Milosevic étaient devenus les alliés naturels des américains. Ce sont les troupes de l’UCK qui ont en effet guidé au sol des bombardements US, notamment sur des objectifs qui n’étaient pas toujours militaires. Et comme en Afghanistan et en Irak, une fois la guerre terminée, ce sont les mêmes genres d’individus qui se sont partagés l’argent frais de la reconstruction, à laquelle a participé l’Europe, via ses alliés de l’Otan. Et comme en Irak et en Afghanistan, on a vu apparaître les mêmes noms de firmes américaines, ces profiteuses de guerre si connues, du moins tout autant que leurs responsables, tous liés aux neocons. Les membres de l’UCK étaient corrompus jusqu’à la moelle et les américains le savaient. Ils ont néanmoins conclu avec eux des contrats juteux, sans jamais chercher à faire disparaître le fléau : on peut en conclure que le Kosovo a servi de modèle, par l’ampleur des détournements qu’on a pu y voir, aux deux autres conflits qui lui ont succédé. Le système US a une tendance innée, semble-t-il, à produire partout des clones d’Hamid Karzaï.

A ce moment là, l'Europe hésite encore : certains ont déjà vu les photographies terribles de prisonniers squelettiques enfermés dans des camps ressemblant par trop à ceux libérés en 1945 en Allemagne. Une photo qui les a choqués. Provenant d'une campagne de "sensibilisation" au problème vient d'être lancée par Médecins du Monde, qui a reçu l'année précédente le Prix Nobel de la Paix. Cette histoire, je vous l'avais racontée le 22 mai 2007.  "La photo sélectionnée montre les prisonniers d’un camp serbe en Bosnie, derrière des barbelés. Sur la photo, un directeur artistique mal intentionné a jugé bon de rajouter un mirador emprunté à une autre photo... celle d’un camp nazi, celui d’Auschwitz. Ce qui s’appelle forcer la main. Le texte indique que "là-bas, on exécute en masse". Douze ans plus tard, Kouchner rencontre Izetbegovic, le dirigeant musulman, alors mourant, qui avait crié au crime d’extermination : - Kouchner : "C’étaient d’horribles lieux, mais on n’y exterminait pas systématiquement. Le saviez-vous ?" - Izetbegovic : "Oui. L’affirmation était fausse. Il n’y avait pas de camp d’extermination quelle que fût l’horreur des lieux. Je pensais que mes révélations pourraient précipiter les bombardements". L’affichage a peine terminé, en France, débutent les bombardements intensifs sur le Kosovo. L’image fabriquée a marché au-delà des espérances. Et cela, Kouchner aussi le savait". 

En fait de bombardements, cela va prendre une ampleur démesurée. L'Otan déclenchera les premiers vols le 24 mars 1999, après que Slobodan Milosevic ait refusé un accord pour arrêter la répression des forces serbes contre l'Armée de Libération du Kosovo (autrement dit l'UCK). Les américains ne vont pas y aller de main morte : "quelque 15 tonnes d’uranium appauvri, renforçant plus de 50 000 bombes et missiles, ont été larguées durant les 11 semaines de bombardements de la Serbie en 1999. Les cibles des bombardements de l'Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN) consistaient en 116 sites, surtout au sud de la Serbie et dans la région du Kosovo" précise Vesna Peric Zimonjic. Dix ans après, les retombées des principes actifs qui se dégagent de ses armes se font toujours sentir.  "Le taux des leucémies chez l’enfant au Kosovo était de un pour mille avant 1999. Depuis 1999, il est passé à un pour cent. Le Dr. Srbljak, qui aide dans une clinique de cancérologie de Pristina, la capitale du Kosovo, a déclaré que les médecins albanais lui ont dit aussi qu'il y avait « une augmentation importante » du nombre de patients atteints de cancers depuis 1999. Dans l'ensemble du Kosovo, a-t-il dit, le taux de cancer avant 1999 était de 10 pour 300 000, et « aujourd'hui, il s'élève à 20 pour 60 000. Une augmentation alarmante des cas de cancer a aussi été enregistrée en Bosnie-Herzégovine voisine, où, en début 1995, de l’uranium appauvri a été utilisé par l'OTAN contre les forces serbes de Bosnie". En ce sens, le Kosovo a bien servi de laboratoire d'essai aux armes utilisées après en Afghanistan et en Irak, pays où le taux de leucémies et de naissances d'enfants difformes est en croissance exponentielle. Le 8 janvier 2001, Bernard Kouchner, devenu chef de la Mission de l'ONU au Kosovo (Minuk) avait pourtant bien demandé un rapport sur les effets de l'uranium appauvri pendant le conflit dans les Balkans en 1999. Selon l'OMS et le département de la santé du Kosovo, il n'y aurait eu "aucune augmentation notable du nombre des cancers enregistrés parmi les adultes de la région au cours des quatre dernières années". Mais depuis que l'on sait que pour lui la "maison jaune" où se passaient les prélèvements d'organes n'existait pas, on est tenté de mettre en doute ses propres conclusions sur le sujet.

Les bombardements seront d'une telle intensité que des bavures se succéderont, la pire du genre étant l'attaque de l'ambassade de Chine à Belgrade même, le 7 mai 1999, "confondue avec la Direction yougoslave des services et des approvisionnements" selon l'armée américaine. Elle tentera bien de se disculper en indiquant qu'elle avait utilisé "d'anciennes informations" sur la localisation du bâtiment... qui n'avait pas bougé depuis quatre années auparavant. Le doute était diffcilement crédible : "Selon d'autres sources, la planification de chaque bombardement d'objectif mobilise des douzaines d'officiers en Europe et aux États-Unis chargés de rassembler des renseignements, de calculer le risque de pertes civiles, de décider du type de munitions à utiliser et d'identifier le point moyen des impacts où la bombe est susceptible de causer le plus de dommages." La preuve en étant, quelques années après, la découverte du rôle du planificateur des bombardements visant la seul personne du dictateur de Bagdad qui connaîtra une autre vie étonnante après ce travail de ciblage... aussi râté, Saddam Hussein ayant déjoué toutes les attaques menées contre lui en se déplaçant rapidement... et sans l'aide de sosies comme on a ou le dire à tort.

Des bombardements où l'on va glisser des nouveautés : c'est pendant les attaques contre la Serbie que l'on découvrira les bombes électromagnétiques, larguées au dessus des transformateurs électriques pour faire disjoncter tout le réseau, couper toutes les liaisons téléphoniques, déstabiliser les signaux électromagnétiques des voies de chemin de fer, etc . Les "HPM-E bombs" sur base de bombe classique MK84. Des nuages noirs resteront longtemps en l'air au dessus des zones bombardées, sans qu'une seule goutte de pluie n'en tombe.

Car en dehors de l'ambassade, le pays a été soumis à un déluge de bombes comme rarement vu alors : "Surtout lorsque l'on sait que la tragédie de l'ambassade n'est en fait que le dernier de toute une série de « dommages collatéraux » supposés, dont notamment l'utilisation de bombes à billes qui ont tué plus d'une douzaine de personnes dans un hôpital et au marché de Nis la veille seulement. Mais au lieu de cela, le bombardement de Belgrade et des autres grandes villes yougoslave a atteint une nouvelle intensité dans les nuits de samedi et dimanche derniers. Les jets de l'OTAN ont en effet frappé des objectifs à Kragujevac, ville située à 100 km au sud de Belgrade, y blessant 13 civils, bombardé une gare ferroviaire près de Kraljevo en Serbie centrale, lancé deux missiles sur l'autoroute principale reliant Belgrade et Nis et attaqué un autre pont sur le Danube au centre-ville de Nis." Les images des attaques successives aux bombes cluster, en pleine ville, resteront dans les mémoires et préfigureront étrangement celles des premières heures de l'attaque de Bagdad 4 ans plus tard. Les habitants de Belgrade voient les ponts de Tito sur le Danube devenir ferraille tordue. Les dégâts sont partout considérables. Le Time ose même titrer "un bombardement massif (de la Serbie) ouvre la porte à la paix"  ! Tout le monde a gardé en tête la bavure de Leskovac, le 12 avril 1999, dans laquelle un train civil sera bombardé à la bombe incendiaire, sur le trajet 393, reliant Belgrade à Thessalonique, en Grèce. A Luzina même carnage inutile. Sur la route de Prizren-Djako, même bavure. Pour le cas de Leskovac, les images retrouvées après des caméras des avions US ayant bombardé sont sans ambiguité : il fallait être aveugle pour prendre les wagons pour autre chose que des wagons civils  ! Pourquoi donc, dans ce conflit, avoir autant choisi d'objectifs civils ? Sur les injonctions de l'UCK, qui réglait en même temps des comptes ?

Pour ce qui est de l'ambassade chinoise, c'est une autre affaire, note Mike Head, qui semble bien avoir compris beaucoup de choses avant le 11 septembre 2001 : "Alors que tout indique que l'attaque contre l'ambassade a été préméditée, il est bien possible que le président Clinton n'ait personnellement jamais eu connaissance de ce plan. Connaissant la nature byzantine des luttes entre la Maison Blanche, le Pentagone, la CIA et les autres éléments de l'establishment politique et militaire des États-Unis, il est bien possible que ce raid aérien ait été planifié pour mettre dans l'embarras l'administration Clinton, provoquer l'escalade de la guerre et ainsi adopter un ordre du jour encore plus militariste. Des sections des forces armées ont déjà caché à grand peine leur dégoût pour Clinton. D'importantes factions au sein de l'élite dominante ont également exigé que la politique militaire et diplomatique des États-Unis soit plus unilatérale et, il y a peu, étaient prêtes à destituer Clinton pour y arriver. Une chose est certaine, les éléments les plus brutaux et agressifs des États-Unis exercent une influence énorme dans la politique étrangère de ce pays, ce qui a des conséquences incalculables dans les affaires internationales".

Selon Mike Head, donc, des "éléments" de "factions" au sein de l'armée et de la politique américaine, auraient donc chargé la mule serbe, cherché à ravager avant tout le pays, au mépris des victimes civiles, ces fameux et sinistres "dommages collatéraux" découverts lors du premier conflit contre Saddam Hussein. Ravager le pays, détruire ses capacités industrielles, refaire une Blitzrkrieg, mais dans quel but exactement ? D'écraser un état dont l'armée ne présente que peu de danger, ou plutôt chercher à le ruiner ? Une autre idée apparaîtra très vite dès la fin du conflit et Milosevic chassé : celle de le reconstruire, après l'avoir détruit. En attribuant une majeure partie des projets de reconstruction à ceux qui avaient bombardé le pays : une nouvelle façon de vendre, certainement. Une nouvelle façon d'envisager les rapports économiques et d'enrichir.... l'agresseur, en définitive. En ce sens, le Kosovo a servi de ballon d'essai, pour sûr.

Un ballon d'essai transformé grâce à l'aide des nouveaux maîtres du pays. Le défilé des mercenaires et des fournisseurs de béton va pouvoir commencer. Ainsi, le 25 mars 2008 avec la signature d'un contrat de 16 millions de dolllars pour Dyncorp.  "Le Commandement des forces interarmées de l'OTAN, à Naples a attribué un DynCorp International un contrat pour fournir la base dde services de soutien aux forces de l'OTAN à Pristina, Kosovo. Les travaux seront exécutés par MPC Ltd, une filiale en propriété exclusive de DynCorp International enregistrée en Angleterre et au Pays de Galles. DCH Ltd s'appelait autrefois DynCorp-Hiberna". Apprenait-on. Dès 2002, déjà, Dyncorp avait bénéficié d'un contrat pour former la police nouvelle du pays. Comme en Irak ! Pas moins de 450 américains avaient été détaché pour cela en Bosnie, sous le contrôle des Nations Unies : tous étaient de chez Dyncorp. Salaire des formateurs pour convertir les tueurs de L'UCK en policiers : 101 000 dollars l'année... Manque de chance, certains étaient vite tombés dans le circuit des prostituées du coin, toutes maquées par...L'UCK ! Dès juin 2001, le scandale avait éclaté... pour être vite étouffé. La plainte été venue du dénommé Ben Johnston, un mécanicien de Dyncorp dédié à l'entretien des hélicoptères Apache et Blackhawk au Kosovo, qui avait attaqué son employeur pour "comportement pervers, illégal et inhumain, achat d'armes illégales, prostitution et usage de faux passeports et participation à des actes dégradants". Ce que confirmait en 2002 une autre employée de Dyncorp, Kathryn Bolkovac, devenue depuis sujet d'un film ("The Whistleblower") racontant la dérive mafieuse de Dyncorp en Bosnie. En 1999, Dyncorp avait gagné 1,4 milliard de dollars, essentiellement grâce aux contrats du Pentagone.

La corruption du pays est endémique. Et le Kosovo est devenu un nouvel Irak, à savoir un eldorado pour les firmes américaines profiteuses de guerre bien connues. A l'origine ; les attributions de marchés publics dans des conditions douteuses, à la "no bid" irakienne, ou presque, tant il n'y a pas de concurrence parfois (où l'on crée les critères de respectabilité pour mieux les flouer). Car derrière, on retrouve les mêmes individus ; à savoir les mêmes... américains, dont un sempiternel faucon bien connu , ainsi pour la construction de l'autoroute principale du pays : "L’appel d’offres a été emporté par la filiale turque de la multinationale américaine Bechtel,liée à l’ancien vice-président Dick Cheney, firme qui met la main sur la plupart des contrats dans les pays où l’armée américaine a dirigé une intervention militaire contre les régimes en place. L’attribution du contrat, dont les conditions n’ont pas été rendues publiques, suscite des polémiques. « Huit millions d’euros le kilomètre, c’est l’autoroute la plus chère d’Europe », relève le journaliste du quotidien Zeri, Laudim Hamidi. C’est déjà Bechtel Enka qui a construit l’autoroute traversant l’Albanie, un projet dont le coût a été renchéri de deux fois et demi entre le début et la fin des travaux, et c’est la même firme qui conduit en Roumanie d’interminables travaux contestés. A chaque fois, le mot corruption est lâché." Et à chaque fois, c'est bien l'ombre de Dick Cheney qui réapparaît derrière les contrats mirifiques !

C'est en effet quand même étonnant de retrouver Bechtel à cet endroit ! Et celui de Dick Cheney, décidément présent sur tous les coups tordus dans le monde ! Quand ce n'est pas avec Halliburton (dans le Golfe du Mexique, où la qualité de son béton de colmatage a refait surface dans les débats sur le désastre !), c'est avec... Bechel ! "Les soupçons portant sur "le ministre des Transports, Fatmir Limaj, père du projet autoroutier, mêlé à un détournement de 2 millions d’euros lors de la construction de routes secondaires" précise Libération. C'est le même scénario qui recommence : "mais Fatmir Limaj n’est pas en prison. Et beaucoup doutent qu’il soit jugé un jour. « Depuis qu’il a été mis en cause, raconte Avni Ziogani, de l’ONG anticorruption Cohu, l’ambassadeur des Etats-Unis au Kosovo l’a embrassé deux fois en public devant les caméras de télévision, lui et pas un autre officiel. »  Mieux encore : les USA, n'hésitent pas à afficher leurs préférences, et le disent ouvertement :"Hostile à la vente des Postes et Télécommunications, Ziogani s’est fait traiter de « nostalgique du communisme » par les conseillers américains. « Une diplomate américaine est venue me rendre visite pour me dire que si je continuais comme cela, on m’isolerait. » On est où, là ? Chez une annexe d'Halliburton ou dans un pays "indépendant" ? Fatmir Limaj , alias « Monsieur 20% », plus connu sous le nom de « Commandant Corruption »...

Et ceux qui restent sur le carreau sont les mêmes ...qu'en Irak. « Nous sommes le seul pays d’Europe qui n’a ni sécurité sociale ni système de retraites », déplore le Dr Ferid Agani, leader du Parti de la justice. Un bilan qui interpelle dans un pays qui a touché plus de 3 milliards d’euros d’aides entre l’arrivée des troupes de l’Otan après l’intervention de 1999 contre la Serbie et son accession à l’indépendance en 2008."Des milliards de disparus, exactement comme ceux destinés à la reconstruction irakienne un procédé qui se répète : le Kosovo est bien un autre Irak ! Le procédé, car ça en est un, visiblement est donc au point : on déclare la guerre, où on "intervient", on casse tout, et une fois la paix obtenue, on fait signer à l'Etat dont on tient le stylo des contrats mirobolants privilégiant toujours les mêmes firmes. La "Dickcheneysation" de la politique étrangère devient un modèle à reproduire à chaque fois. C'est à constater ce genre de faits qu'on découvre la faiblesse fondamentale d'un Barack Obama, qui ne peut empêcher ses pratiques qui décident des orientations de sa politique extérieure à sa place. Aux dernières nouvelles, le "système Cheney a déteint au Kosovo jusque dans les urnes, semble-t-il : une partie des dernières élections devra être invalidée... mais jusqu'ici on ne savait pas encore précisément que l'on était allé au bout de l'horreur avec ce gouvernement corrompu. Maintenant on le sait, et c'est ce que je vous propose d'étudier demain, si vous le voulez bien. Le député Marty s'est refusé à dire vers quel pays principalement partaient les organes prélevées. Un quotidien israélien, Haaretz, pour ne pas le citer, un mois auparavant, avait pourtant révélé la mèche.

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 12:35
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La divulgation de centaines de milliers de documents confidentiels, diplomatiques et militaires par Wikileaks ajoute une nouvelle dimension à l’approfondissement contradictoire de la globalisation : la révélation, sur une courte période, non seulement de la documentation dont l’existence était connue, mais dont l’accès public avait été longtemps refusé par ceux qui la détenaient, mais aussi de celle dont personne n’imaginait l’existence. Ceci dramatise les effets de la révolution des technologies de l’information et oblige à reconsidérer la nature des pleins pouvoirs globaux qui nous (dé)gouvernent et les résistances qui peuvent les défier.

La mise en question doit être si profonde qu’elle doit inclure Wikileaks lui-même : tout n’est pas si transparent dans cette orgie de transparence que nous offre le portail. La révélation est impressionnante tant par sa technologie que par son contenu. Par exemple, nous pouvons entendre avec horreur ce dialogue : « Good shooting. Thank you » (« Bon tir. Merci »), enregistré pendant que tombaient des journalistes de Reuters et des enfants qui allaient à l’école ou, autrement dit, pendant que des crimes contre l’humanité étaient commis. Nous apprenons que l’Iran est, par consensus, une menace nucléaire pour ses voisins et, par conséquent, qu’il ne reste plus qu’à décider qui va attaquer en premier, les États-Unis ou Israël.

Qu’une grande multinationale pharmaceutique, Pfizer, avec la connivence de l’ambassade des Etats-Unis au Nigeria, a essayé de faire chanter le procureur général de ce pays pour éviter de payer des indemnités pour l’usage expérimental indu de substances qui ont eu pour conséquences la mort d’enfants.

Que les États-Unis ont fait pression de façon illégitime sur des pays pauvres pour les obliger à signer la déclaration non officielle de la Conférence Mondiale sur le Changement Climatique – qui a eu lieu en décembre dernier à Copenhague — pour pouvoir continuer à dominer le monde sur la base de la contamination provoquée par l’économie du pétrole bon marché.

Que le Mozambique n’est pas un narco-État totalement corrompu, mais qu’il court le risque de le devenir.

Qu’avec le « plan de pacification des favelas » de Río de Janeiro est en train de s’appliquer la doctrine de la contre-insurrection dessinée par les États-Unis pour l’Irak ou l’Afghanistan, c’est à dire la mise en œuvre contre un « ennemi interieur » de tactiques utilisées contre un « ennemi exterieur ».

Que le frère du « sauveur » de l’Afghanistan, Hamid Karzai, est un important trafiquant d’opium.

Etc, etc, dans 250.000 documents.

Le monde changera-t-il après ces révélations ? La question est de savoir laquelle des globalisations qui s’affrontent aujourd’hui tirera le plus profit de ces fuites d’information : la globalisation hégémonique du capitalisme ou la globalisation contre-hégémonique des mouvements sociaux qui luttent pour un autre monde possible ? Il est probable que le pouvoir impérial des États-Unis tirera plus rapidement les leçons de Wikileaks que les mouvements et les partis qui s’opposent à eux dans différentes régions du monde. Une nouvelle vague de droit pénal impérial est déjà en marche, des lois « antiterroristes » pour tenter de dissuader les divers « pirates informatiques » (hackers), ainsi que des nouvelles techniques pour rendre le pouvoir wikisûr. Cependant, à première vue, Wikileaks a un plus grand potentiel pour favoriser les forces démocratiques et anticapitalistes. Pour que ce potentiel se concrétise, deux conditions sont nécessaires : digérer convenablement les nouvelles informations et les transformer en nouvelles raisons de mobilisation.

En ce qui concerne la première condition, nous savions déjà que les pouvoirs politiques et économiques globaux mentent quand ils en appellent aux Droits de l’Homme et à la Démocratie, puisque leur objectif principal est de consolider la domination qu’ils ont sur nos vies et pour cela ils n’hésitent pas à recourir aux méthodes fascistes les plus violentes. Tout cela se vérifie, et plus encore que ce que pourraient admettre les plus avisés. Une meilleure connaissance entraîne de nouvelles exigences en termes d’analyse et de diffusion.

En premier lieu, il est nécessaire de faire connaître l’écart entre l’authenticité des documents et la véracité de leur contenue.

Par exemple, que l’Iran soit une menace nucléaire n’est que « la vérité » pour les mauvais diplomates qui, à la différence des bons, remontent à leurs gouvernements uniquement ce que ces derniers veulent entendre et non la réalité. De même, que la tactique étasunienne de contre-insurrection doive être employée dans les favelas n’est que l’opinion du Consulat général des États-Unis à Río. Il revient aux citoyens d’interpeller les gouvernements nationaux, provinciaux et municipaux sur la validité de cette opinion. De même qu’il revient aux tribunaux mozambicains d’enquêter sur la corruption présumée dans ce pays. L’important, c’est que nous sachions divulguer que de nombreuses décisions, qui peuvent entrainer à la mort de milliers de personnes et la souffrance de millions d’autres, sont prises sur la base de mensonges, et que nous sachions aussi créer une rébellion organisée contre un tel état des choses.

Dans le domaine du traitement de la connaissance, il sera de plus en plus crucial de faire ce que j’appelle une sociologie des absences : ce qui n’est pas divulgué lorsque tout est apparemment divulgué. Par exemple, il semble très étrange qu’Israël, l’un des pays qui aurait le plus à craindre des révélations sur les atrocités commises contre le peuple palestinien, soit si absent des documents confidentiels. Il existe des soupçons fondés qu’un accord ait été conclu entre Israël et Julian Assange pour que ces documents ne soient pas publiés. Cela signifie que nous avons besoin d’une alternative à Wikileaks, encore plus transparente. Sa création est peut-être déjà en marche.

La deuxième condition – les nouvelles raisons et motivations pour la mobilisation – est encore plus exigeante. Il sera nécessaire d’établir une articulation organique entre le phénomène Wikileaks et les mouvements et partis de gauche jusqu’à présent peu enclins à explorer les possibilités offertes par la révolution des technologies de l’information. Cette articulation pourrait créer de meilleures conditions pour révéler une information particulièrement intéressante pour les forces démocratiques anticapitalistes. D’un autre côté, il serait nécessaire que l’articulation inclue le Forum Social Mondial et les médias alternatifs qui le composent.

Curieusement, le Forum Social a été la première nouveauté émancipatrice de la première décennie de ce siècle et Wikileaks, cela reste à confirmer, pourrait se révéler être la première nouveauté de la deuxième décennie. Pour réaliser cette articulation, une intense réflexion est nécessaire au sein des mouvements afin d’identifier les desseins les plus insidieux et agressifs de l’impérialisme et du fascisme social globalisé, ainsi que ses faiblesses insoupçonnées au niveau national, régional et global. Il est nécessaire de créer une nouvelle énergie mobilisatrice à partir de la constatation apparemment contradictoire que le pouvoir capitaliste global est à la fois plus écrasant que nous ne le pensions et plus fragile que ce que nous pouvions en déduire. Le Forum Social Mondial, qui se réunira en février prochain à Dakar, doit être rénové et renforcé et ceci pourrait être une voie pour y parvenir.

Boaventura de Sousa Santos

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi + quelques ajustements par LGS

Source http://www.elcorreo.eu.org/?Fascism...

* Boaventura de Sousa Santos est Docteur en Sociologie du Droit et professeur à l’Université de Coimbra (Portugal) et à l’Université du Wisconsin (USA).

Original : Página 12 . Buenos Aires, 16 décembre 2010. http://www.pagina12.com.ar/diario/e...

URL de cet article 12264
http://www.legrandsoir.info/Fascisme-social-globalise-Repenser-la-nature-des-pouvoirs-et-la-resistance-Pagina-12.html
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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 12:28

 

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Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

Déclaration de Tshwane




La 12ème Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers s'est tenue à Tshwane [l'agglomération de Tshwane comprend la ville de Pretoria], en Afrique du sud du 3 au 5 décembre 2010 sous le thème: « L'approfondissement de la crise systémique du capitalisme. Les tâches des Communistes dans la défense de la souveraineté, l'approfondissement des alliances sociales, et le renforcement de la lutte anti-impérialiste dans la lutte pour la paix, le progrès et le Socialisme ».



102 délégués représentant 51 pays participants de 43 pays et de tous les continents du monde se sont rassemblés afin de faire avancer les efforts déjà réalisés dans les rencontres précédentes, et afin de promouvoir et de développer des actions communes et convergences autour d'une perspective partagée.




L'approfondissement de la crise capitaliste




La situation internationale continue d'être dominée par la persistance et l'approfondissement de la crise du capitalisme. Cette réalité confirme les analyses esquissées dans les déclarations de la 10ème rencontre de Sao Paulo de 2008 et la 11ème de New Delhi en 2009. La crise mondiale actuelle du capitaliste souligne ses limites historiques et la nécessité de son renversement révolutionnaire. Elle montre l'intensification de la contradiction fondamentale du capitalisme entre le caractère social de la production et son appropriation capitaliste privée



La crise est systémique –en dépit des illusions antérieures à 2008 concernant une tendance conjoncturelle contraire, le capitalisme ne peut échapper à sa tendance lourde inhérente, systémique à traverser des cycles d'expansion et de récession. La crise mondiale actuelle est l'expression particulièrement intense d'une crise économique occasionnée par une sur-production capitaliste. Maintenant, comme dans le passé, il n'y a pas de réponse, dans la logique du capitalisme, à ces crises périodiques autres que la crise elle-même, marquée par la destruction massive et socialement irrationnelle de richesses – ce qui comprend des plans sociaux de masse, des fermetures d'usine, et une attaque généralisée contre les salaires, les retraites, la sécurité sociale et l'érosion du niveau de vie des couches populaires. C'est pourquoi, à nos deux précédentes rencontres, nous avons bien affirmé que la crise actuelle n'était pas seulement imputable à des défaillances subjectives, à l'avidité des banquiers ou des spéculateurs financiers. Cela reste une crise ancrée dans les caractéristiques systémiques du capitalisme même.



La persistance de la crise est renforcée par d'importants changements dans le rapport de forces international. En particulier, on constate l'actuel déclin relatif de l'hégémonie mondiale économique des Etats-unis, la stagnation générale de la production dans les économies capitalistes les plus avancées, et l'émergence de nouvelles puissances économiques mondiales, notamment la Chine. La crise a intensifié la concurrence entre les centres impérialistes et également entre puissances établies et puissances émergentes. Ceci comprend la guerre des monnaies menée par les Etats-unis; la concentration et la centralisation de la puissance économique et politique au sein de l'Union Européenne renforce sa nature de bloc impérialiste menée par ses principales puissances capitalistes; une nette accentuation des luttes inter-impérialistes pour les marchés et l'accès aux matières premières; l'expansion du militarisme, comprenant le renforcement des alliances agressives (par exemple, le sommet de Lisbonne de l'OTAN avec son « nouveau » et dangereux concept stratégique), la profusion de points régionaux de tension et d'agression (notamment au Proche-orient, en Asie et en Afrique), les coups d'Etat en Amérique Latine, l'intensification des tendances néo-impérialistes à attiser les conflits ethniques et la militarisation croissante de l'Afrique à travers, entre autres, l'AFRICOM.



Dans le même temps, il devient clair que la course du capitalisme à la maximisation du profit, qui nous jette tête baissée vers la destruction des ressources, et de l'environnement en général, pose une grave menace à la pérennité de la civilisation humaine même. Les élites politiques dans les Etats capitalistes dominants avec leurs diverses propositions pour des « technologies vertes » et de commerce du carbone représente, au mieux, des ajustements qui améliorent la profitabilité du capital tout en approfondissant la marchandisation de la nature, et le transfert des crises du changement climatique vers les pays les moins développés. La crise du système capitaliste que nous affrontons, en tant qu'Humanité, est directement liée à l'incapacité du capitalisme de se reproduire autrement que la poursuite vorace d'une croissance infinie. C'est une crise qui ne peut être dépassée que par l'abolition du capitalisme lui-même.



Confronté à ces réalités, partout le capital contre-attaque, cherchant à maintenir les profits et à transférer le poids de la crise sur le dos des travailleurs en intensifiant l'exploitation basée sur le genre et l'âge, les pauvres ruraux et urbains, et un large éventail des couches moyennes. L'exploitation s'intensifie, l'État est utilisé pour venir à la rescousse des banquiers privés et des établissements financiers tandis que l'on expose les générations futures à des niveaux d'endettement insoutenables, et que des efforts s'intensifient pour revenir sur les acquis sociaux.



Dans l'ensemble du monde capitaliste, les acquis sociaux, économiques, politiques des travailleurs ainsi que le droit à la sécurité sociale sont en train d'être supprimés. Dans le même temps, les systèmes politiques deviennent de plus réactionnaires, restreignant les libertés démocratiques et civiles, en particulier les droits syndicaux. La politique de réduction des dépenses, ce qui comprend les coupes massives dans les dépenses dans le secteur public, ont un impact dévastateur sur les travailleurs et en particulier sur les travailleuses. Il existe également des tentatives de détournement de la détresse et de l'insécurité populaires vers la démagogie réactionnaire, le racisme et la xénophobie, tout comme de légitimation de forces fascistes. Ce sont des expressions de tendances anti-démocratiques et autoritaires également marquées par l'escalade des offensives et campagnes anti-communistes, dans de nombreuses parties du monde. En Afrique, en Asie et en Amérique latine, nous sommes les témoins du fait que sont imposés aux peuples de nouvelles machines d'oppression nationale et de classe, ce par l'utilisation de moyens économiques, financiers, politiques et militaires tout comme par le déploiement de toute une série d'ONG pro-impérialistes.



Cependant, pour la grande masse des peuples, en particulier en Afrique, en Asie et en Amérique latine, il est important de rappeler que, même avant la crise économique mondiale actuelle, la vie sous le capitalisme a été une crise continue, une lutte quotidienne pour la simple survie. Même avant la crise mondiale actuelle, un milliard de personnes vivaient dans des bidonvilles misérables, et la moitié de la population mondiale survivait avec moins de 2 dollars par jour. Avec la crise, ces réalités se sont grandement aggravées.



La plupart de ces pauvres urbains et ruraux, ainsi que les membres de leur famille travaillant comme immigrants vulnérables en pays étrangers, sont des personnes déplacées victimes de ce développement capitaliste agraire accélérée en cours en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Le capitalisme mondial, dont les fers de lance sont les grandes entreprises multi-nationales du secteur agro-alimentaire, a déclaré la guerre à près de la moitié de l'humanité – ces trois millions restant les ruraux d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine.



Dans le même temps, des obstacles inhumains sont mis en place contre les immigrants et les réfugiés. Il y a prolifération constante des bidonvilles urbains et semi-urbains peuplés par des masses marginalisées désespérées généralement impliquées dans une variété d'activités pour survivre. La transformation capitaliste agraire accélérée dans les pays avec un niveau de développement capitaliste moindre a des implications génocidaires.

 

 

 

L'importance des luttes de résistance de la classe ouvrière et des forces populaires

 


Partout dans le monde, les tentatives du capital de faire porter tout le poids de la crise par les travailleurs et les pauvres se heurtent à la résistance du peuple et de la classe ouvrière.



Au cours de l'année écoulée, les offensives anti-populaires contre les droits des travailleurs, le droit à la sécurité sociale et les salaires a provoqué une escalade des luttes populaires, notamment en Europe.



Les agressions impérialistes au Moyen-orient, en Asie et en Amérique latine continue à affronter une résistance populaire résolue.



En Afrique et en Amérique latine, les forces anti-impérialistes, les syndicats et les mouvements soicaux ont intensifié leurs luttes pour les droits du peuple et contre le pillage par les multi-nationales. Ces luttes ont, dans certains cas, mené à l'émergence de gouvernements progressistes, national-populaires qui s'affichent programmatiquement pour la souveraineté nationale, les droits sociaux, le développement et la protection de leurs ressources naturelles et de la bio-diversité, donnant un élan nouveau à la lutte anti-impérialiste.



Dans la réalité actuelle, c'est un impératif historique que les Partis communistes et ouvriers participent au renforcement et à la transformation de ces batailles populaires défensives en luttes offensives pour l'acquisition de nouveaux droits populaires et sociaux et pour l'abolition du capitalisme.



En mettant en avant cet agenda stratégique, les communistes soulignent l'importance que l'organisation de la classe ouvrière, et le développement des luttes du mouvement ouvrier sur des positions de classe, a dans la lutte pour la conquête du pouvoir politique par la classe ouvrière et ses alliés.



Dans le cadre de cette lutte, nous attachons une importante toute particulière à:



  • La défense, la consolidation et le progrès de la souveraineté nationale et populaire;

  • L'approfondissement des alliances sociales;

  • Le renforcement du front anti-impérialiste pour la paix, pour le droit à des emplois stables à temps plein, pour des droits sociaux des travailleurs, tels que la santé et l'éducation gratuites.



La défense, la consolidation et le progrès de la souveraineté populaire




Face à l'intensification de l'agression par le capital trans-national, la lutte contre l'occupation impérialiste de certains pays, contre la dépendance économique et politique et pour la défense de la souveraineté populaire est devenue de plus en plus cruciale. Dans ces luttes, il est important pour les communistes d'intégrer ces luttes à la lutte pour l'émancipation sociale et de classe.



Les communistes, luttant contre l'impérialisme, luttent pour des relations internationales équitables entre les Etats et les peuples, sur une base mutuellement avantageuse.



La défense, la consolidation et le progrès de la souveraineté populaire est d'une importance particulière en Afrique et pour les autres peuples qui ont enduré des décennies voire des siècles d'oppression coloniale et semi-coloniale. 2010 marque le 50ème anniversaire des débuts du processus formel de dé-colonisation en Afrique. Pourtant partout dans le monde, y compris dans la diaspora Africaine, le sombre héritage de la traite des esclaves, de la dépossession et du pillage coloniaux persistent. Malgré 50 ans de décolonisation formelle, partout les interventions impérialistes se renforcent, la domination des monopoles se consolide avec l'aide du capital national. La lutte contre eux nécessite que les masses populaires soient unies et jouent un rôle de premier plan dans la conquête de nouveaux droits démocratiques et populaires.

 



L'approfondissement des alliances sociales




La crise actuelle du capitalisme et sa contre-attaque anti-civilisationnelle crée les conditions de la construction de larges alliances sociales anti-monopolistes et anti-impérialistes capables de conquérir le pouvoir et de faire avancer des transformations profondes, progressistes, radicales et révolutionnaires.



L'unité de la classe ouvrière est un facteur fondamental dans la garantie de la construction d'alliances sociales effectives avec la paysannerie, la masse des pauvres ruraux et urbains, les couches moyennesurbaines et les intellectuels. Une attention particulière doit être apportée aux aspirations et aux défis auxquels est confrontée la jeunesse.



La question de la terre, la réforme agraire et le développement rural sont des questions importantes pour le développement de la lutte populaire dans les pays moins développés. Elles sont inextricablement liées à la souveraineté et la sécurité alimentaires, la pérennité des conditions de vie, la défense de la bio-diversité, la protection des ressources naturelles, et la lutte contre les monopoles agro-alimentaires et leurs agents locaux.



Dans ces luttes, les aspirations légitimes et progressistes des peuples autochtones pour la défense de leurs cultures, langues et environnements ont un rôle important.  

 



Le rôle des communistes dans le renforcement du front anti-impérialiste pour la paix, un environnement durable, le progrès et le socialisme




La crise et la contre-attaque de l'impérialisme mènent à l'élargissement et la diversification des forces qui objectivement prennent une position patriotique et anti-impérialiste. Partout, dans nos réalités diverses, les Communistes ont une responsabilité pour élargir et renforcer le front politique et social anti-impérialiste, les luttes pour la paix, la durabilité environnementale, le progrès et pour les intégrer à la lutte pour le socialisme. Le rôle indépendant des Communistes et le renforcement des partis Communistes et ouvriers est d'une importance vitale pour assurer une perspective anti-impérialiste  conséquente de constitution de fronts et de mouvements plus larges.



Une attention particulière doit être accordée à la relation existant entre les différentes luttes de résistance et la nécessaire offensive idéologique pour la visibilité de l'alternative du socialisme et de la défense et du développement du socialisme scientifique. La lutte idéologique du mouvement communiste est d'une importance vitale afin de repousser l'anti-communisme actuellement à l'œuvre, d'affronter l'idéologie bourgeoise, les théories anti-scientifiques et les courants opportunistes qui rejettent la lutte de classe, et de combattre le rôle des forces sociales-démocrates qui défendent et mettent en oeuvres les politiques anti-populaires et pro-impérialistes en soutenant la stratégie du capital. Nous avons un rôle-clé à jouer en établissant les liens essentiels dans la théorie et surtout en pratique entre les différentes scènes de la lutte populaire dans le développement d'une solidarité internationaliste de classe.



Nous vivons dans une époque historique où la transition du capitalisme au socialisme est devenue un impératif civilisationnel. La crise totale du capitalisme souligne une fois de plus la nature inséparable des tâches de libération nationale et d'émancipation sociale, nationale et de classe.



Face à l'approfondissement de la crise capitaliste, les expériences de construction socialiste démontrent les conditions de la supériorité du socialisme.



Le renforcement de la coopération entre Partis communistes et ouvriers et le renforcement du front anti-impérialiste, devraient aller l'un dans l'autre.



Nous, partis Communistes et ouvriers réunis à Tshwane, dans une situation marquée par une offensive massive contre les travailleurs et les forces populaires, mais également avec de nombreuses possibilités pour le développement de la lutte, exprimons notre profonde solidarité avec les travailleurs et les peuples et leurs luttes intense, réaffirmant notre détermination à agir et à lutter cote à cote avec les masses laborieuses, les jeunes, es femmes et toutes les couches populaires victimes de l'exploitation et de l'oppression capitalistes.



Nous réaffirmons notre appel le plus large aux forces populaires afin de nous rejoindre dans une lutte commune pour le socialisme qui est la seule alternative pour l'avenir de l'humanité.



Nous indiquons les principaux axes suivants pour le développement de nos actions communes et convergentes:



  1. Avec l'approfondissement de la crise capitaliste, nous allons nous concentrer sur le développement des luttes ouvrières et populaires pour les droits sociaux et les droits des travailleurs, le renforcement du mouvement syndical sur des positions de classe; la promotion d'alliances sociales avec les paysans et les autres couches populaires. Une attention particulière doit être accordée aux problèmes des femmes et des jeunes qui sont parmi les premières victimes de la crise capitaliste.

 

  1. Face à l'agression impérialiste tout azimuts et à l'intensification des rivalités inter-impérialistes, nous allons intensifier la lutte anti-impérialiste pour la paix, contre les guerres et les occupations impérialistes, contre la dangereuse « nouvelle » stratégie de l'OTAN et les bases militaires étrangères, et pour le démantèlement de toutes les armes nucléaires. Nous allons étendre la solidarité internationale active avec tous les peuples et mouvements affrontant et résistant à l'oppression, aux menaces et aux agressions impérialistes.

 

  1. Nous allons avec résolution lutter contre l'anti-communisme, les lois, mesures et la persécution anti-communistes; pour demander la légalisation des Partis communistes là où ils ont été interdits. Nous allons défendre l'histoire du mouvement communiste, la contribution du socialisme au progrès de la civilisation humaine.

 

  1. Nous affirmons notre solidarité avec les forces et les peuples engagés dans la lutte pour la construction du socialisme. Nous réaffirmons notre solidarité avec le peuple Cubain et leur révolution socialiste, et nous continuerons à nous opposer vigoureusement au blocus et à soutenir la campagne internationale pour la libération des 5 cubains.

 

  1. Nous contribuerons, dans le contexte particulier de nos réalités nationales, au renforcement des organisations de masses internationales anti-impérialistes, telles que la FSM, le Conseil mondial pour la paix, la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique, la Fédération démocratique internationale des femmes. Nous accueillons et saluons tout particulièrement la tenue du 17ème Festival mondial de la jeunesse et des étudiants en Afrique du sud, du 13 au 21 décembre 2010.

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Published by valenton rouge - dans Monde
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