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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 12:45

arton20861-5dfe9.jpgQuel est l’avenir ? Une attitude raisonnable serait d’essayer d’observer l’espèce humaine de l’extérieur. Alors, imaginez que vous êtes un observateur extraterrestre qui essaie de comprendre ce qui se passe ici ou, mieux encore, imaginez que vous êtes un historien du futur, dans 100 ans - en supposant qu’il y ait des historiens dans 100 ans, ce qui n’est pas évident - et que vous étudiez les événements présents. Vous verriez quelque chose de tout à fait remarquable.

Pour la première fois dans l’histoire de l’espèce humaine, nous avons clairement développé la capacité de nous détruire. C’est vrai depuis 1945. Il est maintenant finalement reconnu qu’il existe des processus à plus long terme, comme la destruction de l’environnement, qui nous entraîne dans la même direction, peut-être pas vers une destruction totale, mais au moins vers la destruction des moyens pour mener une vie décente.

Et il y a d’autres dangers, comme les pandémies, qui ont un rapport avec la mondialisation et l’interaction. Il y a donc des processus en cours et des institutions en place, comme des systèmes d’armes nucléaires, qui pourraient porter un sérieux coup à, ou peut-être détruire, toute vie organisée.

Comment détruire une planète sans vraiment le faire exprès

La question est celle-ci : que faisons-nous à ce sujet ? Rien de tout cela n’est un secret. Tout est parfaitement connu. En fait, il faut faire un effort pour ne pas le voir.

Il y a eu toute une série de réactions. Il y a ceux qui s’efforcent de faire quelque chose au sujet de ces menaces, et d’autres qui agissent pour les renforcer. Si on les examine, cet historien du futur ou cet observateur extraterrestre verraient quelque chose d’étrange. Ceux qui tentent d’atténuer ou de remédier à ces menaces sont les sociétés les moins développées, les populations autochtones, ou ce qu’il en reste, les sociétés tribales et les premières nations au Canada. Ils ne parlent pas de guerre nucléaire, mais de désastre environnemental, et ils sont vraiment en train d’essayer de faire quelque chose à ce sujet.

En fait, partout dans le monde – en Australie, en Inde, en Amérique du Sud - il y a des batailles en cours, et parfois des guerres. En Inde, c’est une guerre majeure par rapport à la destruction directe de l’environnement, avec les sociétés tribales qui tentent de résister à des opérations d’extraction de ressources qui sont extrêmement nuisibles au niveau local et aussi général. Dans les sociétés où les populations autochtones ont une influence, beaucoup prennent une position ferme. Le plus ferme de tous les pays en ce qui concerne le réchauffement climatique est la Bolivie, qui a une majorité indigène et des contraintes constitutionnelles qui protègent les « droits de la nature. »

L’Équateur, qui a également une importante population autochtone, est à ma connaissance le seul pays exportateur de pétrole où le gouvernement cherche de l’aide pour maintenir le pétrole dans le sol, au lieu de le produire et de l’exporter - et le sol est bien l’endroit où il devrait être .

Le président vénézuélien Hugo Chavez, qui est décédé récemment et a fait l’objet de moqueries, d’insultes, et de haines dans le monde occidental, a assisté à une session de l’Assemblée générale de l’ONU il y a quelques années où il a suscité toutes sortes de moqueries pour avoir appelé George W. Bush le diable. Il y a également prononcé un discours qui était très intéressant. Bien sûr, le Venezuela est un important producteur de pétrole. Le pétrole représente à lui tout seul pratiquement tout leur produit intérieur brut. Dans ce discours, il a mis en garde contre les dangers de la surconsommation de combustibles fossiles et a exhorté les pays producteurs et consommateurs à se réunir et essayer de trouver des moyens de réduire l’utilisation de combustibles fossiles. C’était assez étonnant de la part d’un producteur de pétrole. Hugo Chavez était un métisse, en partie indienne, d’origine indigène. Contrairement aux choses bizarres qu’il a faites, cet aspect de ses actions à l’ONU n’a jamais été rapporté par les médias.

Ainsi, à un extrême, vous avez les sociétés autochtones, tribaux qui tentent d’endiguer la course vers la catastrophe. À l’autre extrême, vous avez les sociétés les plus riches, les plus puissantes de l’histoire du monde, comme les États-Unis et le Canada, qui sont lancées dans une course à pleine vitesse pour détruire l’environnement le plus rapidement possible. Contrairement à l’Equateur, et les sociétés indigènes à travers le monde, ils veulent extraire le plus vite possible jusqu’à la dernière goutte d’hydrocarbure dans le sol.

Les deux partis politiques, le président Obama, les médias et la presse internationale semble être impatients et enthousiastes pour ce qu’ils appellent « un siècle d’indépendance énergétique » pour les Etats-Unis. L’indépendance énergétique est un concept pratiquement vide de sens, mais mettons cela de côté. Ce qu’ils veulent réellement dire c’est : nous avons un siècle devant nous pour maximiser le recours aux combustibles fossiles et contribuer à la destruction de la planète.

Et c’est à peu près le cas partout. Certes, lorsqu’il s’agit de développer des énergies alternatives, l’Europe fait quelque chose. Pendant ce temps, aux États-Unis, le pays le plus riche et le plus puissant dans l’histoire du monde, sont le seul pays parmi les peut-être 100 qui comptent qui ne dispose pas d’une politique nationale de restriction de l’utilisation de combustibles fossiles, qui n’a même pas d’objectifs en matière d’énergies renouvelables. Ce n’est pas parce que la population n’en veut pas. Les Américains sont assez proches de la norme internationale pour leur préoccupation au sujet du réchauffement climatique. Ce sont les structures institutionnelles qui empêchent le changement. Les intérêts économiques n’en veulent pas et ils sont extrêmement influents sur la détermination de la politique, de sorte que vous avez un grand écart entre l’opinion publique et les politiques appliquées, sur beaucoup de questions, y compris celle-ci.

Donc, c’est ce que le futur historien - s’il existe - verrait. Il peut également lire des revues scientifiques d’aujourd’hui. Vous pouvez ouvrir pratiquement n’importe laquelle et vous y trouverez un prédiction plus sombre que la précédente.

« Le moment le plus dangereux de l’histoire »

L’autre problème est la guerre nucléaire. Il est connu depuis longtemps que s’il devait y avoir une première attaque par une grande puissance, même sans représailles, le résultat serait probablement la destruction de la civilisation ne serait qu’en raison de l’hiver nucléaire qui suivraient. Vous pouvez lire à ce sujet dans le Bulletin of Atomic Scientists. C’est sans ambiguïté. Le danger a donc toujours été bien pire que ce que nous pensions.

Nous venons de commémorer le 50e anniversaire de la crise des missiles à Cuba, qui a été qualifié de « le moment le plus dangereux de l’histoire » par l’historien Arthur Schlesinger, conseiller du président John F. Kennedy. Ce qui était le cas. Nous avons frôlé la catastrophe, et à d’autres occasions aussi. Cependant, à certains égards, le pire aspect de ces événements tristes, c’est que les leçons n’ont pas été tirées.

Les événements de la crise des missiles d’Octobre 1962 a été embellis pour faire croire qu’ils étaient marqués par actes de courage et de réflexion. La vérité est que toute cette histoire était pratiquement une folie. A un moment donné, alors que la crise des missiles atteignait son apogée, le Premier ministre soviétique Nikita Khrouchtchev a écrit à Kennedy en offrant de régler la crise par une annonce publique d’un retrait des missiles russes de Cuba ainsi que des missiles américains de Turquie. En fait, Kennedy ne savait même pas que les Etats-Unis avait des missiles en Turquie à l’époque. De toute façon, ils étaient en train d’être retirés et remplacés par des sous-marins nucléaires Polaris plus meurtriers et invulnérables.

C’était donc l’offre. Kennedy et ses conseillers l’ont jugé - et rejeté. À l’époque, Kennedy lui-même estimait que la probabilité d’une guerre nucléaire était entre une chance sur trois et une chance sur deux. Kennedy était donc prêt à accepter un risque très élevé de destruction massive afin d’établir le principe que nous - et nous seuls - avons le droit d’avoir des missiles offensifs au-delà de nos frontières, en fait, partout où nous en avons envie, quels que soient les risques pour les autres - et pour nous-mêmes, si les événements échappent à tout contrôle. Nous avons ce droit, mais personne d’autre ne l’a.

Kennedy a toutefois accepté un accord secret de retirer les missiles que les États-Unis étaient déjà en train de retirer, à condition que l’accord ne soit jamais rendu public. En d’autres termes, Khrouchtchev a du retirer ouvertement les missiles russes tandis que les Etats-Unis ont secrètement retiré ses missiles obsolètes ; c’est-à-dire que Khrouchtchev devait être humilié et Kennedy préserver son image de macho. Son nom est grandement loué pour cela : son courage et son sang-froid sous la menace, et ainsi de suite. L’horreur de ses décisions n’est jamais mentionnée - essayez d’en trouver trace.

Et pour en rajouter, quelques mois avant que la crise n’éclate, les Etats-Unis avaient envoyé des missiles équipés d’ogives nucléaires à Okinawa. Ceux-là visaient la Chine, en pleine période de grande tension régionale.

Qui s’en soucie ? Nous avons le droit de faire ce que nous voulons, n’importe où dans le monde. C’est une des tristes leçons de cette époque, mais il y en aura d’autres à venir.

Dix ans plus tard, en 1973, le secrétaire d’État Henry Kissinger a déclenché une alerte nucléaire. C’était sa manière à lui de mettre en garde les Russes de ne pas interférer dans la guerre israélo-arabe en cours et, plus précisément, de ne pas interférer après avoir informé les Israéliens qu’ils pouvaient violer un cessez-le-feu sur lequel les Etats-Unis et la Russie venaient tout juste de convenir. Heureusement, il ne s’est rien passé.

Dix ans plus tard, le président Ronald Reagan était au pouvoir. Peu de temps après son accession à la Maison Blanche, lui et ses conseillers ont demandé à l’Armée de l’Air de commencer à violer l’espace aérien russe pour tenter d’obtenir des informations sur leurs systèmes d’alerte, Operation Able Archer. Il s’agissait en grande partie de procéder à des simulations d’attaques. Les Russes étaient hésitants, certains hauts fonctionnaires craignant qu’il s’agissait d’une étape vers une véritable première frappe. Heureusement, ils n’ont pas réagi, mais nous l’avons échappé belle. Et ça continue comme ça.

Que penser de la crise nucléaire iranienne et nord-coréenne

À l’heure actuelle, la question nucléaire est régulièrement en première page s’agissant de la Corée du Nord et de l’Iran. Il existe des moyens pour faire face à ce genre de crise. Peut-être ne seraient-ils pas efficaces, mais au moins on pourrait les essayer. Mais ils ne sont même pas envisagés, encore moins signalés.

Prenez le cas de l’Iran, qui est considéré en Occident - pas dans le monde arabe, ni en Asie – comme la plus grande menace pour la paix mondiale. C’est une obsession occidentale, et il serait intéressant de se pencher sur les raisons de cette obsession, mais je vais mettre cela de côté pour le moment. Y a-t-il un moyen de faire face à la présumée plus grande menace pour la paix mondiale ? En fait, il y en a un certain nombre. Un, assez sensé, a été proposé il y a quelques mois lors d’une réunion des pays non alignés à Téhéran. En fait, ils ont tout simplement réitéré une proposition qui circule depuis des décennies, appuyée notamment par l’Egypte, et qui a été approuvée par l’Assemblée générale des Nations Unies.

La proposition est d’aller vers la création d’une zone exempte d’armes nucléaires dans la région. Ce qui ne résoudrait pas tout, mais ce serait un pas très important. Et la façon de procéder était proposée aussi. Sous les auspices de l’ONU, il devait y avoir une conférence internationale en Finlande au mois de Décembre dernier pour tenter de mettre en œuvre des plans pour avancer dans ce sens. Qu’est-il arrivé ?

Vous ne pourrez pas lire dans les journaux parce qu’ils n’en ont pas parlé – à l’exception des revues spécialisées. Au début du mois de novembre, l’Iran a accepté d’assister à la réunion. Quelques jours plus tard, Obama a annulé la réunion, affirmant que le moment n’était pas propice. Le Parlement européen, a publié une déclaration appelant au maintien de la réunion, tout comme les pays arabes. Aucun résultat. Nous allons donc vers des sanctions encore plus sévères contre la population iranienne – les sanctions n’atteignent pas le régime - et peut-être vers la guerre. Qui sait ce qui arrivera ?

Dans l’Asie du Nord-Est, c’est la même chose. La Corée du Nord est peut-être le pays le plus fou du monde. C’est en tout cas un bon candidat au titre. Mais il est logique d’essayer de comprendre ce qui se passe dans l’esprit des gens quand ils agissent d’une manière folle. Pourquoi se comportent comme ils le font ? Il suffit de s’imaginer dans leur situation. Imaginez ce que cela signifie, dans les années de guerre en Corée, au début des années 1950, pour votre pays d’être totalement rasé, totalement détruit par un énorme superpuissance qui par ailleurs s’en vantait. Imaginez la marque que ça vous laisse.

Gardez à l’esprit que les dirigeants nord-coréens ont pu prendre connaissance des revues militaires publics de cette superpuissance à l’époque qui expliquaient que, puisque tout le reste de la Corée du Nord avait été détruite, l’armée de l’air avait été envoyée pour détruire les barrages de la Corée du Nord, d’énormes barrages qui contrôlent l’approvisionnement en eau - un crime de guerre, soit-dit en passant, pour lequel des gens ont été pendus à Nuremberg. Et ces journaux officiels parlaient avec enthousiasme de comment il était merveilleux de voir l’eau s’écouler, en ravageant les vallées, pendant que les Asiatiques couraient dans tous les sens pour sauver leur peau. Les journaux se réjouissaient de ce que cela signifiait pour ces « Asiatiques », des horreurs au-delà de notre imagination. Cela signifiait la destruction de leurs récoltes de riz, ce qui signifiait la famine et la mort. Comme c’est magnifique ! Nous avons oublié tout ça, mais pas eux.

Revenons au présent. Il y a une histoire récente qui est intéressante. En 1993, Israël et la Corée du Nord se dirigeaient vers un accord dans lequel la Corée du Nord cesserait d’envoyer des missiles ou des technologies militaires au Moyen-Orient et Israël reconnaîtrait ce pays. Le président Clinton est intervenu et a l’a bloqué. Peu de temps après, en guise de représailles, la Corée du Nord effectué un petit test de missile, Les États-Unis et la Corée du Nord sont ensuite parvenus à un accord-cadre en 1994 qui mit fin à son programme nucléaire et qui était plus ou moins respecté par les deux parties. Quand George W. Bush est arrivé au pouvoir, la Corée du Nord avait peut-être une seule arme nucléaire et sans aucun doute n’en fabriquait pas.

Bush s’est immédiatement lancé dans un militarisme agressif, menaçant la Corée du Nord – l"axe du mal" et tout ça - alors la Corée du Nord s’est remis au travail sur son programme nucléaire. Lorsque Bush a quitté ses fonctions, ils avaient entre huit et dix armes nucléaires et un système de missiles. Voilà une autre grande réussite des néoconservateurs. Entre-temps, d’autres choses se sont produites. En 2005, les Etats-Unis et la Corée du Nord sont en fait parvenus à un accord selon lequel la Corée du Nord devait mettre fin au développement de toutes les armes nucléaires et missiles. En échange, l’Occident, mais principalement les Etats-Unis, devait fournir un réacteur à eau légère pour ses besoins médicaux et mettre une fin aux déclarations agressives. Ils concluraient ensuite un pacte de non-agression et progresseraient vers la réconciliation.

C’était assez prometteur, mais presque immédiatement Bush l’a saboté. Il a retiré l’offre du réacteur à eau légère et lancé des programmes visant à contraindre les banques à cesser de manipuler des transactions nord-coréens, même celles qui étaient parfaitement légales. Les Nord-Coréens ont réagi en relançant leur programme d’armes nucléaires. Et c’est ainsi que les choses sont.

Ces bien connu. Vous pouvez le lire directement dans les grands médias américains. Ce qu’ils disent, c’est : c’est un régime assez fou, mais c’est aussi un régime qui pratique le donnant-donnant. Vous faites un geste hostile et nous répondons avec un geste un peu fou. Vous faites un geste réconciliant et nous allons rendre la pareille en quelque sorte.

Récemment, par exemple, il y a eu des exercices militaires sud-coréens-américaines sur la péninsule coréenne qui, du point de vue du Nord, ont obligatoirement un air menaçant. Nous aussi nous penserions qu’ils sont menaçants s’ils se déroulaient par exemple au Canada et qu’ils nous visaient. Au cours de ces manœuvres, les bombardiers les plus sophistiqués de l’histoire, des B-2 furtifs et des B-52, simulent des attaques nucléaires sur les frontières de la Corée du Nord.

Ce qui doit certainement rappeler des souvenirs du passé. Ils se souviennent de ce passé, ils ont donc réagi de façon très agressive, extrême. Eh bien, la seule chose qui vient à l’esprit de l’Occident c’est que ces dirigeants nord-coréens sont vraiment fous. Oui, ils le sont. Mais ce n’est qu’un aspect de l’histoire, et c’est ainsi que les choses sont.

Ce n’est pas qu’il n’y a pas d’alternatives. Les alternatives ne sont tout simplement pas prises. Ce qui est dangereux. Alors, si vous vous demandez à quoi ressemblera le monde, ce n’est pas vraiment joli. Sauf si nous faisons quelque chose. Et nous pouvons toujours faire quelque chose.

 

Noam Chomsky

 

Source http://www.tomdispatch.com/blog/175707/tomgram%3A_noam_chomsky%2C_the_...

Traduction "si un jour ils te chassent, Noam, il y aura toujours un lit et un bol de soupe pour toi à la maison" par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles

URL de cet article 20861
http://www.legrandsoir.info/l-humanite-en-peril-sur-le-chemin-du-desastre-tom-dispatch.html
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Published by valenton rouge - dans Monde
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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 12:36

 

4981.jpeghttp://www.minorites.org/index.php/2-la-revue/1495-aux-riches-qui-se-marierent-et-eurent-beaucoup-denfants-journalistes.html

 

 

Aujourd’hui, le 29 mai 2013, la France vient de célébrer le premier mariage de personnes de même sexe. Le peuple lui, travaillait. L’histoire aurait pu être belle, elle aurait pu être joyeuse, intéressante, nous apprendre des choses, être symbolique mais je dois être trop idéaliste. À la place, je sens ce soir comme un goût amer dans la gorge et pourtant je ne suis ni enrhumé ni n’ait fait quelque chose qui pourrait prêter à confusion…

P

our tout vous dire, j’aurais préféré voir un bon broutage de minou comme le dirait les lourdingues de Canal qu’un baiser de mec… Lorsque j’ai appelé aujourd'hui un auteur marocain que j’aime beaucoup, j’ai voulu lui exprimer à quel point cette célébration de mariage me saoulait et il m’a répondu qu’il fallait le prendre avec la dérision qui s’imposait… Je vais donc tâcher d’être drôle, au moins un peu… déjà que le temps n’est pas à la fête.

On dit que nous sommes inspirés lorsque nous sommes tristes ou déçus ou nostalgiques mais ce soir je ne suis ni inspiré ni déprimé: je suis juste blasé. On dit aussi que le mieux est l’ennemi du bien et j’ai peur de ne pas vraiment vivre dans cet embryon du monde équitable dans lequel je souhaiterais vivre. Trop de choses malsaines se passent et aujourd’hui ce fut un peu la goutte qui fait déborder ce vase.

 

 

« Nous autres français devrions être heureux des derniers événements qui se sont passés en France. »

 

Ce premier mariage fut le symbole d’une lutte acharnée qui a été menée depuis des dizaines d’années et pourtant j’ai le sentiment qu’on m’a, enfin qu’on nous a volé notre fête. Ce jour devait être historique et le sera dans la mémoire collective mais il a été une revanche du parti socialiste et d’un certain monde gay sur la société entière.

Ce soir, j’ai décidé de peser mes mots car je ne pense pas être dans l’erreur en essayant de comprendre ce qui s’est passé ces derniers mois, ces dernières années. Et même si je n’y trouve pas forcément une grande cohérence, j’y dénote un laxisme certain.

 

Mon pays n’est plus le mien, ma patrie ne l’est plus, mes rêves sont déchus. J’ai grandi dans l'homosexualité absolument seul et puis, un jour, je l’ai découverte ou du moins, j’ai osé me demander si je pouvais l’assumer ou non. Quand j’ai décidé de l'assumer, je me souviens que des proches ont regretté que je ne pourrais pas me marier ou avoir des enfants. D’autres ont pleuré, d’autres m’ont fait remarquer que cela me passerait (des Christine Boutin avant l’heure).

Aujourd’hui, un nouveau droit m’est accordé sauf que je ne l'utiliserai pas, sauf peut-être pour faciliter l’adoption d’enfants. Les temps changent et loin de moi la pensée que la loi sur le mariage était inutile, bien au contraire, elle était indispensable et se devait de porter des messages de paix en ayant comme nécessaire obligation de ne pas diviser.

 

Pourtant ce fut le cas, et que l’on veuille ou non, la responsabilité est individuelle avant tout. Combien parmi nous tous, hétéros ou homos, n’avons pas ouvert notre gueule sur ce sujet ? Combien parmi nous ont osé parler, expliquer, se questionner, questionner les autres ?

 

Finalement, comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi avons-nous, à un moment donné, cessé d’exister individuellement ? Pourquoi avions-nous peur ? Pourquoi avions-nous envie de nous cacher lors de nos premiers émois homosexuels étant plus jeunes, quelles sont les initiatives qui ont manqué, qui n’ont pas été prises au sérieux ? Nous ne trouverons sans doute jamais les réponses à ces questions, mais se les poser serait le point de départ pour expliquer ces longs mois de divergences et de conflits dans la rue.  Nous avons eu plusieurs preuves aujourd’hui de cette inconstance et cette peoplelisation dont nous sommes malgré nous les victimes.

 

Ce soir, j’aimerai adresser mes vœux les plus entiers de bonheur à Vincent et Bruno nouvellement mariés. Car c’est ce que l’histoire retiendra: ces deux mecs ont enfin été mariés ! Pourtant, aujourd’hui, j’ai envie de me ranger, de devenir anonyme parmi les anonymes et d’arrêter de croire que les choses changeront.

Mais comme je pense ne pas être tout le temps dans l’erreur, j’ai décidé d’écrire sur ces longs mois d’exil de ma patrie, de ma dignité et de ma joie, pour partager quelques paroles d’un petit mec qui aura su malgré tout ne pas se suicider à cause des propos scandaleux que nous avons entendu et à cause des milliers de personnes qui nous ont fait mal en allant manifester.

 

Ce soir je pleure, car j’ai l’impression qu’on nous a utilisé, car j’ai l’impression qu’on nous a vraiment pris pour des cons et que les responsables politiques français dans leur ensemble ont été des incapables pendant ces dernières années, à part peut être quelques-uns dont Noël Mamère.

La classe politique française au pouvoir mériterait vraiment qu’on la dégage.

L’Histoire marquera sur ses livres que le premier mariage fut le fruit d’une belle histoire d’amour, du combat d’un militant et de son amoureux, du courage d’une maire socialiste, d’une porte parole incroyable et de toute une équipe de députés, de ministres, d’élus et d’associations qui ont su porter haut et fort le rainbow flag.

 

Et bien pardon pour ce que je vais vous dire mais nous ne retiendrons pas exactement ça. On retiendra surtout à quel point vous avez été nuls, vous qui avez été en position de force, vous qui relayez les informations des politiques, car vous n’avez pas su nous protéger de l’emprise du système médiatique et êtes tombés dans le piège de l’audience à tout prix. À tel point que vous n’avez pas su mettre le « haut-là » à une situation qui devenait juste irrespirable.

 

 

Pourquoi Paris est elle si triste aujourd’hui ? D’où viennent ces milliers de nuages de larmes ?

 

Ce premier mariage fut la consécration d’absolument tout ce que j’ai détesté ces derniers mois… C’est d’ailleurs ce qui me motive à écrire car j’ai réalisé que je n’étais pas seul à trouver quelque chose à redire à ce premier mariage de mecs. Je crois que le point qui m’a le plus dérangé dans cette histoire, c'est le manque d’improvisation et de spontanéité à l’heure ou nous parlons de parité et de diversité. Le PS, disons les choses, voulait faire de ce combat une victoire politique. Je me souviens qu’en septembre 2012, une personne d’un ministère m’a fait comprendre que le mariage homo interviendrait dans l’agenda politique au moment où Hollande serait au plus bas dans les sondages, c’est-à-dire au moins pire du meilleur de l’austérité. C’est pourquoi cet article n’est pas contre les deux mariés mais plutôt contre une certaine conception de la démocratie qui s’est exprimée ces derniers mois.

 

Des 14 pays qui ont légalisé le mariage pour tous, notre pays est de loin celui où absolument toutes les erreurs et toutes les manipulations ont eu lieu. Impossible de se reconnaître dans les valeurs actuellement en place ici. Nous ne voulions pas être comme tout le monde mais apporter quelque chose de différent… À moins que le PS assume son rang et se mette à autoriser le droit de vote des étrangers  résidant en France à TOUTES LES ÉLECTIONS ainsi que se battre contre la finance, pour la PMA, l’emploi et les jeunes. Autrement dit, ce n’est pas demain la veille, surtout dans une situation d’austérité sans précédent…

 

Premièrement, si Hollande avait été du même gabarit que Mitterrand il n’aurait pas attendu plus de 100 jours pour imposer cette loi. Ensuite, pourquoi non plus n’avons-nous pas fait en sorte que le premier couple marié soit un couple féminin ? Ou alors un couple avec des enfants ?

Ça aurait été nettement plus symbolique, et peut-être plus drôle car nous ne serions pas rentrés dans la reproduction d’un modèle que nous connaissons hélas trop: l’homme avant tout.

 

La cérémonie ayant été diffusée un peu partout dans le monde, elle a du apparaître comme incroyable vue de l’étranger: qu’ils sont beaux ces mariés, que leurs messages étaient justes mais vu d’ici, et au vu des nombreux commentaires sur le Huffington Post, sur Facebook,  Têtu ou Yagg, beaucoup regrettent qu’on n'ait pas choisi des aînés, des vrais combattants du « cancer gay » ou des séniors ou alors des vrais jeunes pour donner un poids plus important au symbole.

 

Parce qu’au-delà de tout le bonheur que l'on peut souhaiter à Vincent et Bruno, il faut penser à ce qui restera dans les livres d’histoire. La première image sera ainsi la leur et je trouve que l’image aurait pu être plus marquante, plus à l’image d’une France qui aurait décidé de tourner la page… On aurait aussi pu penser à célébrer plusieurs mariages en même temps, histoire de parité et d’équité. Promis les gars, nous n’oublierons pas.

 

 

Hollande sur un chevalet

 

Que penser du symbole de la Marianne, du portrait sur chevalet de François Hollande, de cette surmédiatisation ? Les crépitements des flashs, la présence des personnalités gays, tout ceci a fait que j’ai eu du mal à m’imaginer en train de me marier… Je ne le ferai d’ailleurs peut-être jamais sans pour autant le regretter. On nous  a bassiné avec le lobby gay et l’image qu’on véhicule lors du premier mariage est exactement celle-là… Aujourd’hui la France célèbre ses premiers mariés, demain elle célébrera ses premières mariées, j’espère qu’elle célébrera bientôt l’unité retrouvée et la recherche d’une plus grande cohésion sociale… Je n’attends pas avec impatience le premier divorce d’un couple homo et toutes les polémiques que ça va pouvoir susciter… même si certains parient déjà dessus en espérant que le taux de 1 divorce pour 2 mariages s’appliquera aussi aux homos. Réfléchissez avant de vous prononcer positivement à une demande en mariage ! Sinon rassurez vous, tout est déjà prévu : http://divorce-gay.com/

 

Nous aurions pu éviter tout ceci si nous avions choisi tout simplement de ne pas arranger le premier mariage et donc de manipuler l’histoire. Oui j’ai été déçu car mon pays n’est plus le pays des droits de l’homme mais bel et bien le pays d’une élite qui n’a toujours pas compris que la France pouvait encore être un modèle, un exemple parmi les exemples. On aurait aimé voir juste une photo ou deux des deux premiers mariés et je répète, on aurait adoré voir un couple de femmes se marier et si possible du niveau du film-documentaire Les invisibles. Du vrai. On voulait juste récompenser celles et ceux qui ont vraiment lutté contre la discrimination, contre l’enfermement, contre la mise au placard, contre la mort et qui auraient pu montrer au monde entier une autre image de notre conception de la démocratie… Parce que c’est elle qui a été attaquée dans toute cette histoire.

 

Parce que tirer au sort le premier mariage (sur la base du volontariat bien sûr) aurait montré que la démocratie s'adresse à tout le monde. Et même si proportionnellement il y avait moins de chances pour que celui-ci fasse dans une petite ville, Montpellier, c’était quand même un peu trop facile, il faudra bien qu’on se le dise, ce n’était pas très risqué de le faire dans la capitale gayfriendly de France. C’est la société dans son ensemble qui devrait se sentir trahie et pour ça il était inutile d’aller voir les manifs anti-mariage, d’entendre les discours des églises et de toutes les religions présentes en France, et d’entendre cette peur frémissante véhiculée au nom de « l’Amour ». Nous avons manqué d’audace et je regrette vraiment que ce débat ait pris une telle ampleur.

 

 

J’ai été déçu ce soir parce que l’aboutissement de tant de luttes se soit terminé dans un univers de non simplicité absolue, encombrée ci et là par les réactions sur Internet toutes aussi pathétiques les unes que les autres pour, au final, faire figurer dans les livres la victoire de deux hommes blancs, oubliant par là les valeurs que je croyais encore présentes de diversité des chances. Et pourtant c’est un privilégié qui vous affirme ceci. Je dois être sans doute trop négatif, comme on a pu me le faire remarquer mais pour tous les idéalistes épris de liberté, d’équité et de simplicité, il sera encore plus dur de ne pas se sentir fou et d’avoir encore envie de contribuer à ce modèle de société basé sur l’hypocrisie.

 

Je pensais sincèrement que la recherche d’une plus grande égalité me réconcilierait avec mon pays. Je n’avais pas réalisé avant ce premier mariage à quel point nous avons été des bêtes de foire et à quel point notre minorité s’est laissé embarquer dans un combat si particulier alors que cela fait des années que le mouvement gay dans son ensemble n’en a rien à foutre de son destin commun et des problèmes qui la traversent. Il n’y a qu’à regarder le nombre de nouvelles infections au VIH, le nombre de LGBT pauvres socialement, culturellement, financièrement, et de constater à quel point il est encore douloureux pour un ou une jeune homo de pouvoir réfléchir librement sur les conséquences de la politique sur notre vie privée. On pensera bien entendu à remercier Boutentrin, les Barges, archevés, curetonnés, et autres salopios tout en n’oubliant pas celles et ceux qui se sont abstenus ces derniers mois, voir ces dernières années, pour le plus grand plaisir de l’extrême droite.

 

 

Le Monde vient de changer, qu’on le veuille ou non. À présent et parce que tout n’est pas si noir, il serait temps de montrer que l’on peut dorénavant consacrer notre énergie à des vrais enjeux de société, de prendre soin de notre environnement, de redonner sa place au social et aux échanges et bien sûr de se pencher sur les problèmes d’énergie, d’éducation, de lutte contre toute formes de racisme et d’élitisme, et bien sûr de commencer à entreprendre des vraies réformes pour éviter la corruption qui mène à l’appauvrissement de nos sociétés du spectacle soit disant modernes. (En bref, bougez votre fion et arrêter de croire tous les contes qu’ont vous sert à longueur de journée, essayez plutôt de les faire exister).


Didier Reynaud
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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 19:50

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http://www.monde-diplomatique.fr/2013/04/CHAUVIER/48998

 

 

 

Vies multiples, passion commune : celles de communistes des « années de feu », des années 1930 aux camps nazis, vichystes. Ou staliniens. Ainsi le parcours exceptionnel de cet avocat belge, Jean Fonteyne, que son petit-fils évoque avec empathie (1). Né en 1899, Fonteyne grandit au sein de l’intelligentsia. Mais il découvre les « tranchées ouvrières », et réalise un film sur le tournage de Misère au Borinage, le remarquable documentaire de Joris Ivens et Henri Storck consacré à une légendaire bataille des mineurs (1932). Bruxelles est alors la plaque tournante de l’Internationale communiste en Europe occidentale. Dans ses coulisses, et dans celles de la première ambassade d’URSS en Belgique (1935-1940), Fonteyne devient le « complice » de l’ambassadeur Evguéni Roubinine. Roubinine est un proche de Maxime Litvinov, le chef de la diplomatie soviétique, dont la politique dite « de sécurité collective » (antifasciste) fut battue en brèche par les accords de Munich de 1938 et par le pacte germano-soviétique de 1939. Mémoire de tragiques occasions manquées. Fonteyne accueille des dirigeants communistes français, dont Maurice Thorez, exfiltré en 1940 vers l’URSS, ainsi que le très secret Eugen Fried (« Clément »), assassiné en 1943, et bien d’autres figures. En 1943, il est arrêté, puis déporté à Buchenwald.


Souvent riches d’éléments romanesques, les biographies de ceux qu’il a croisés ou aidés ont pu, ou pourraient, figurer dans le précieux et déjà mémorable Komintern : l’histoire et les hommes (2). Le principal auteur de ce dictionnaire, l’historien José Gotovitch, signe par ailleurs un livre touffu d’analyses et de portraits de communistes belges (3), dont ceux de Marcelle Leroy, militante féministe et franc-maçonne, et de Marc Willems, ex-dirigeant du parti envoyé au goulag en 1937 alors qu’il vivait en URSS. En défricheur de terres vierges, Gotovitch explore les relations entre le Komintern (l’Internationale communiste) et les « partis frères », le syndicalisme révolutionnaire de l’entre-deux-guerres, la clandestinité sous l’Occupation, les relations compliquées entre les socialistes (confrontés à la trahison de leur président) (4) et le Parti communiste belge (PCB). Celui-ci fut l’initiateur de la principale organisation de résistance populaire, le Front de l’indépendance (FI), pluraliste, de son Armée belge des partisans (les PA « partisans armés »), de ses Comités de lutte syndicale (CLS) et de son Comité de défense des Juifs…


Efraïm Wuzek est un autre représentant de cet idéal qui s’inscrit dans des choix vécus. Communiste polonais et Juif membre du Parti communiste palestinien, il s’engage dans la compagnie Botwin (juive polonaise) des Brigades internationales en Espagne. Survivant, il subira la dure loi des camps vichystes. Sa fille explore avec délicatesse et précision la vie mouvementée d’un militant qui connaîtra le désespoir après la révélation officielle des crimes de Staline. Ses souvenirs d’Espagne sont ici publiés pour la première fois en français, dans un ouvrage qui comprend la liste des combattants de la compagnie Botwin (5).


Jean-Marie Chauvier

Journaliste, Bruxelles.

(1) Jean Lemaître, C’est un joli nom, camarade. Jean Fonteyne, avocat de l’Internationale communiste, Aden, Bruxelles, 2012, 378 pages, 22 euros.

(2) Collectif, Komintern : l’histoire et les hommes. Dictionnaire biographique de l’Internationale communiste, L’Atelier, coll. «  Jean Maitron  », Ivry-sur-Seine, 2001, 604 pages, 46,15 euros.

(3) José Gotovitch, Du communisme et des communistes en Belgique. Approches critiques, Aden-CarCoB, Bruxelles, 2012, 436 pages, 30 euros.

(4) Lors de l’invasion allemande, en mai 1940, Henri de Man, président du Parti ouvrier belge (POB), se rallie à l’occupant. Il dissout le POB et crée le syndicat unique pronazi, l’Union des travailleurs manuels et intellectuels (UTMI).

(5) Efraïm Wuzek, Combattants juifs dans la guerre d’Espagne. La compagnie Botwin, présenté et annoté par Larissa Wuzek-Gruszow, Syllepse, coll. «  Yiddishland  », Paris, 2013, 219 pages, 22 euros.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 19:35
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http://cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=10995

Onze morts dans des combats entre rebelles syriens et miliciens kurdes à Alep ...

« Nous appelons toutes les forces démocratiques (…) à faire face contre la sale collaboration entre AKP, parti au pouvoir, et Al-Qaida »  - Appel du PKK (novembre 2012)

Les combats ont repris entre djihadistes soutenus par Ankara et les milices kurdes du PKK. Onze rebelles syriens ont été tués ce samedi soir dans le nord de la Syrie dans des combats avec des rebelles kurdes du Parti de l'union démocratique (PYD) (*), branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (le PKK, qui mène la lutte armée en Turquie même), a rapporté dimanche une ONG.

"Des combats ont eu lieu hier soir à Aqaiba, dans la région d'Ifrine, entre les membres des Comités de protection du peuple kurde (YPG), bras armé du PYD, faisant onze morts et vingt blessés" parmi les rebelles syriens, a précisé cette source.

Un membre des YPG d'Aqaiba a affirmé à l'AFP que "les combats ont débuté lorsqu'un groupe armé de la katiba djihadiste Liwa al-Tawhid (ndlr : proche des Frères musulmans) a envahi notre village, en exigeant de prendre le contrôle d'un barrage tenu par l'YPG". "Ils reprochaient aux combattants de l'YPG de faciliter le passage des habitants de Nubel", un village à majorité chiite distant de quelques km et encerclé par les rebelles.

Après le refus des combattants kurdes d'obtempérer, des combats ont commencé au cours desquels un commandant djihadiste et six de ses hommes ont été tués, selon lui. Les membres de Liwa al-Tawhid ont "bombardé à partir de Ziyara durant toute la nuit, puis la situation s'est calmée. Nous avons eu des blessés", a-t-il dit.

La confrontation djihadistes-kurdes

Le 19 novembre 2012, des djihadistes appartenant aux groupes islamistes Ghouraba al-Cham et le Front al-Nosra (al-Qaida en Syrie) avaient tué un élu kurde local, président du conseil du peuple de Serekaniye, ce qui avait déclenché une riposte forte de la part du YPG.

De violents combats s’étaient encore déroulés fin novembre 2012 à Serékaniyé (Ras al-Ain) entre les forces kurdes du PKK et des centaines de combattants des katibas djihadistes venus à bord des tanks – précise AZAS News - depuis la Turquie. Au moins neuf « rebelles islamistes » avaient été tués et trois véhicules militaires détruits par les forces kurdes qui virent cette attaque comme « une tentative de l’occupation du Kurdistan syrien par le régime turc ».

Se massant à la frontière, plus de 300 combattants des groupes paramilitaires, comme le Front Al-Nosra et la brigade Ghouraba al-Cham, soutenus par le gouvernement islamiste AKP turc, avaient lancé cette attaque contre les kurdes à Ras al-Ain. Ces groupes ne parvinrent pas à avancer face à la résistance kurde malgré le soutien de la Turquie. Face à la riposte violente des forces kurdes, les combattants des katibas avaient du se retirer vers la frontière avec la Turquie.

« Nous allons nettoyer la ville kurde (Ras al-Ain) de ces bandes armées », avait alors affirmé à l’agence de presse kurde Firat le commandant de la brigade de Serékaniyé des Unités de défense du peuple (YPG), milice kurde syrienne créée en juillet 2012.
Les forces kurdes précisaient détenir aussi des images de vidéo prouvant la collaboration des groupes armées avec la Turquie.

Les kurdes mettent directement en cause le gouvernement islamiste turc

Dans un communiqué publié le 20 novembre 2012, Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), qui lutte depuis 30 ans contre Ankara, avait alors appelé le peuple kurde « à descendre dans les rues pour barrer le passage depuis la Turquie des groupes paramilitaires vers la ville de Ras al-Ain ». Selon le PKK, « un corridor a été ouvert par le régime turc, depuis des villes comme Antep, Mardin et Urfa jusqu’Alep, pour le passage des assassins ».

« L’Etat turc fait tout pour que le conflit syrien se transforme en une guerre arabo-kurde » avait encore déclaré le PKK. « Nous appelons toutes les forces démocratiques (…) à faire face contre la sale collaboration entre AKP, parti au pouvoir, et Al-Qaida » avait ajouté l’organisation. Le mouvement kurde appellait également l’Armée libre syrienne (ASL) à clarifier sa position à l’égard des groupes salafistes. « La Turquie se sert de ces groupes. Nous considérons cette attaque comme une tentative de l’occupation du Kurdistan occidental (Kurdistan syrien) par la Turquie » avait encore affirmé le commandant du YPG Sipan Hamo, sur la chaine kurde Ronahi TV.

Autodefense kurde et souplesse stratégique de Damas

L’Etat syrien s’est retiré de zones incontrôlables (pour l’instant) et se concentre sur le nettoyage des grandes villes. La zone frontière avec la Turquie, où l’ASL et les djihadistes bénéficient du soutien direct d’Ankara, de l’AKP et de l’OTAN, est une devenue une zone grise.

En réponse, depuis juillet 2012, les milices kurdes ont pris le contrôle total de six villes, avec l’accord tacite de Damas. Il s’agit de Kobani (Ain al-Arab), Afrin, Amuda, Dirbassiyé, Til Temur et Dérik. Il ne reste que deux grandes et deux petites villes sous contrôle direct de Damas : respectivement Qamishli, Hassaka, Girké Legué et Tirbaspi.  A part la présence de l’armée syrienne dans les casernes, ces quatre dernières sont également dirigés par les kurdes.

En septembre 2012 était constituée la première brigade de l’YPG.

Les partis kurdes rivaux du PYD dénoncent cette autonomie « comme une tromperie, du fait que le Ba’ath aurait choisi, une fois de plus, de laisser la place libre au PYD, sans combat ». Ils accusent ainsi Damas « d’avoir en fait passé un accord avec Damas » pour « protéger ses zones pétrolières, en permettant ainsi à l’armée syrienne de ne plus avoir à s’y déployer ». Ce qui permettrait au gouvernement syrien « de renforcer le front arabe des troupes déplacées ». « Contre la Turquie, qui fournit une aide logistique aux rebelles de l'Armée syrienne libre, le régime de Bachar al-Assad a réactivé sa vieille alliance avec les séparatistes kurdes du PKK » commentait déjà Intelligence Online en avril 2012.

« Le PYD est globalement perçu par l’opposition syrienne comme un appui du régime. Les liens historiques forts entre l’Etat syrien et le PKK qui ont été tissés sous Hafez el-Assad auraient en effet été réactivés dans le contexte du conflit actuel. Afin de concentrer ses forces sur Alep, Damas et le reste du pays, Bachar el-Assad dont les relations avec la Turquie se sont récemment détériorées, aurait abandonné aux forces du PYD, au cours de l’été 2012, la majorité des zones de peuplement kurde situées au nord. », explique un analyste.

A la mi avril 2012, l’ASL lançait une attaque contre la ville kurdo-chrétienne de Qamishlo, contrôlée à 40% par les forces gouvernementales selon le PYD, le reste par les milices kurdes, et particulièrement contre son aéroport.

Le tout se déroule sur fond d’incertitude pour les Kurdes en raison des négociations amorcées entre l’AKP turque et la direction kurde du PKK. Un panier de crabes compliqués encore par les rivalités entre partis et milices kurdes opposées au PKK. Si Damas devait se retirer complètement du Kurdistan syrien (**) , les milices du PYD « chercheront probablement à sécuriser le plus possible les villes et villages kurdes en en interdisant l’accès à l’ASL. La détestation unanime des Kurdes comme des chrétiens envers les milices jihadistes fera consensus », analyse un expert.

« L’objectif du PYD est donc de conserver ses emprises territoriales en en interdisant l’accès à l’ASL tandis que la Turquie aurait entrepris d’utiliser certains groupes armés affiliés à l’opposition syrienne pour menacer la position du PYD, établi juste derrière sa frontière méridionale » résumait non sans pertinence un analyste fin 2012.

Luc MICHEL pour Syria Committees – Comités Syrie /
avec AFP – AZAD News - PCN-SPO - Firat / 2013 05 27 /

http://www.lucmichel.net/2013/05/26/syria-commi...

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 19:30

 

 

 

Le deuxième album de The Creole Choir of Cuba intègre l'ADN de descendants d'esclaves d'Haïti dans un corpus de salsa et de voix liturgiques.

 

★★★★★

Six femmes et quatre hommes forment The Creole Choir of Cuba: ils chantent en créole d'Haïti, mélange de taino, parlé par les indigènes des Caraïbes lors de la colonisation hispanique, et de locutions empruntées aux ethnies africaines emportées vers les Amériques par l'esclavage. L'espagnol est aussi au programme, mais peu importe, puisque tout se fond dans une jouvence linguistique égale à sa sophistication musicale. Quelques percussions, des congas, et c'est à peu près tout, pour accompagner une collection mirifique de voix: l'ensemble n'est jamais aussi impressionnant que dans le dépouillement, où le chant à lui seul brode les émotions. Explorant l'espace entre gospel et musique liturgique, Soufle Van (Mangaje), Balada de Annaise et Juramento inventent un baroque tropical, sublimé par une spiritualité et des harmonies supérieures. Il ne faut pas comprendre le créole pour sentir l'implication absolue des chanteurs dans Pou Ki Ayiti Kriye, baume vocal sur l'île dévastée des ancêtres. Et au bout d'une heure de musique, on n'a qu'une envie: filer là-bas pour mieux comprendre, mieux entendre, mieux vivre le Choeur. A noter que le label ayant eu le flair de signer cet important talent n'est autre que Real World, la compagnie de Peter Gabriel qui continue donc à prendre la tension du monde en extension. Merci à elle.


The Creole Choir of Cuba, distribué par Rough Trade 

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:55
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Solidarité Internationale PCF

L’idéologie dominante ne se contente pas de ré-écrire l’histoire, elle pratique la mémoire sélective. A côté des crimes qu’elle commémore, ceux attribués aux forces communistes et progressistes, il y a ceux qu’elle passe sous silence, tente d’oublier

La sortie dans les salles françaises du banalement sordide « The act of Killing » nous rappelle un des plus grands massacres du XX ème siècle, absents de nos manuels scolaires, de la scène médiatique, du débat historique : le massacre de masse des communistes indonésiens, en 1965.

Les cadavres remontent désormais à la surface, en Indonésie même, où toute référence aux « événements de 1965 » était proscrite sous le dictateur Suharto et encore largement tue.

Un rapport de la Commission indonésienne des droits de l’Homme (Komnas-HAM) a reconnu en 2012 pour la première fois le « crime contre l’humanité » qu’a constituée la répression anti-communiste de 1965.

En l’absence d’enquête internationale, de nature judiciaire ou historique, les chiffres exacts restent inconnus. Si les estimations ne descendent pas en-dessous de 500 000 morts, la fourchette actuelle – reprise dans The Act of Killing– serait de 1 à 3 millions de victimes.

Le massacre s’intégrait dans un coup d’État de Suharto visant à liquider le PC indonésien (PKI), avec le soutien bienveillant des États-Unis déterminés à éliminer une « menace rouge » qui, après la Chine et le Vietnam, risquait de faire tomber un des États les plus peuplés du monde.

Le premier parti communiste du tiers-monde et l’alliance anti-impérialiste de Soekarno

L’Indonésie d’après-guerre est associée à la figure de Soekarno, dont l’œuvre est résumée dans les cinq principes (Pancasila) qui posent comme fondement un nationalisme unitaire, lui-même inscrit dans une perspective internationaliste, teinté de « socialisme » et de tolérance religieuse.

Dans un État constitué de six grandes religions, 300 dialectes, 17 000 îles et 100 millions d’habitants, Soekarno se posait comme l’arbitre entre les forces sociales et politiques antagonistes, le garant de l’ « unité nationale ».

Sa politique du front national, le « NASAKOM », consiste en une direction par le Parti national indonésien (nas) d’un mouvement unitaire avec d’un côté les groupements religieux conservateurs (agama), de l’autre les communistes indonésiens (kom).

La ligne du PKI était de constituer un « front populaire national » en vue de fonder une nation indépendante de l’impérialisme, une démocratie avancée sociale qui constituerait une étape vers le socialisme. Ce qui était pour Soekarno un but était pour le PKI une période transitoire.

Dans cette politique d’alliances, les communistes connurent une irrésistible ascension : le PKI avait obtenu 16% des voix aux élections de 1955 mais en 1965, le PKI comptait 3,5 millions d’adhérents.

Ses organisations de masse rassemblaient plus de 20 millions de sympathisants, soit un cinquième de la population indonésienne en 1965.

Le syndicat de classe SOBSI contribuait à mener la lutte de classe externe contre les vestiges de l’impérialisme néerlandais et britanniques, interne contre les éléments petit-bourgeois de l’alliance nationale, et la vieille classe dominante « nationale », celle des propriétaires terriens islamiques.

Puissant chez les travailleurs du pétrole, du caoutchouc ainsi que chez les petits paysans de Java et Sumatra,le PKI et ses organisations de masse donnent une perspective aux luttes : réforme agraire pour les paysans, nationalisation des ressources nationales.

Le massacre replacé dans un contexte international : la main de l’impérialisme

Après la chute de la Chine et l’enlisement au Vietnam, la montée du communisme indonésien inquiétait l’impérialisme américain, craignant tant la radicalisation du nationalisme anti-impérialiste de Soekarno qu’une révolution communiste.

Dans un premier temps, les Etats-unis vont apporter un soutien à tous les opposants de la « révolution nationale », finançant notamment le Parti socialiste (PSI), farouchement anti-communiste, et le parti islamiste Masyumi.

En 1958, la CIA offre les bases logistiques et militaires d’une rébellion armée à Sumatra, riche en pétrole. Le « gouvernement révolutionnaire » indonésien, sans base populaire, appuyé par les États-Unis et par les Partis socialistes et islamistes est défait en quelques mois par l’armée indonésienne.

Les Etats-unis changent de stratégie. L’armée constituant le seul rempart contre le communisme, ils lui apportent une aide de 65 millions de $ entre 1959 et 1965. Conscient de la manœuvre, Soekarno avait apostrophé l’ambassadeur américain : « Allez en enfer avec votre aide ! ».

Pour les services secrets américains et britanniques, il s’agissait de favoriser la faction « de droite », anti-Soekarno et pro-impérialiste, conduite d’abord par Nasrution puis par Suwarto, lui-même formé par les Etats-unis, face à la faction dominante « centriste », dirigé par Yani, pro-Soekarno.

Le prétexte à la vague sanguinaire contre-révolutionnaire survient le 30 septembre 1965 : un coup de force d’un quarteron de colonels qui proclame un « gouvernement révolutionnaire » après avoir exécuté six membres de l’Etat-major de la faction « centriste » de l’armée, dont le général Yani.

Suharto, en charge des troupes de réserves nationales (KOSTRAD), prend le contrôle de Djakarta, au nom du maintien du régime de Soekarno. En attribuant le putsch aux communistes, il déclenche « le plus grand massacre du XX ème siècle » selon les termes même d’un rapport de la CIA de 1968.

L’implication de la CIA, de l’ambassade américaine mais aussi des services britanniques ne fait aucun doute. Sans archives complètes américaines et indonésiennes, seule l’ampleur de la collaboration est encore à préciser.

Parmi les certitudes, ce sont les Etats-unis qui contribuent à former les officiers indonésiens, dans l’École des officiers de l’armée indonésienne à Bandoeng (SESKOAD), à la « guerre contre-insurrectionnelle » (territorial warfare).

De 1958 à 1965, la SESKOAD va former les différents échelons de l’armée pour lutter contre toute « insurrection » communiste, jusqu’à former les embryons de milices locales dans les quartiers et villages. Elles furent au cœur de la terreur de 1965.

La CIA va aussi jouer un rôle capital en élaborant la propagande anti-communiste des putschistes : non seulement faire circuler des faux sur les atrocités commises par les communistes mais surtout attiser les haines raciales (contre les Chinois) et religieuses (contre les athées).

L’ambassade et les services secrets auraient même rendu une liste de 5 000 cadres, à tous les niveaux, du PKI à l’armée indonésienne, facilitant ainsi sa traque et la décapitation du parti.

Alors que la répression faisait rage et que les journaux occidentaux étaient contraints, en les minimisant, de faire état du carnage, les ambassades et chancelleries occidentales maintenaient un silence officiel tout en louant en coulisses l’efficacité de la liquidation du PKI.

Le fruit du crime : 35 ans de dictature obscurantiste au service des multi-nationales américaines

Le bilan comptable de la répression ne peut rendre compte de la barbarie des actes : exécutions sommaires par balles ou décapitation, rivières jonchées de cadavres, déportation dans des camps, viols puis prostitution forcée, ce que reconnaît le rapport de 2012 de la Commission indonésienne des droits de l’Homme.

Pour les services secrets américains, le succès de la liquidation du mouvement révolutionnaire en Indonésienne fut une source d’inspiration pour les opérations ultérieures : de l’opération Phoenix au Viet-Nam jusqu’aux coups d’Etat et dictatures latino-américaines, Pinochet en tête.

Le déroulé de la répression est révélateur :

D’une part, le rôle d’impulsion de l’Armée, financée et formée par les États-Unis, comme en Amérique latine : c’est elle qui a lancé la « Terreur », identifiant et listant les ennemis, donnant le mot d’ordre de « Sikat » (liquidation, nettoyage) et surtout armant, formant et encadrant les milices.

Car l’essentiel des massacres revient à des milices civiles issues des partis religieux : NU (Nahdaltul Ulama) – avec sa branche de jeunesse fanatisée, l’ANSOR – et Muhammadiyah, deux organisations islamistes de masse, ancrés dans les communautés rurales, appelant à un djihad anti-communiste.

Ce rôle de bras armé joué par les islamistes ne doit pas occulter l’implication massive des autres forces religieuses : hindous à Bali, pour la défense du système de caste et contre les influences chinoises ; chrétiennes à Java où les forces catholiques ont participé notamment à la formation du KAMI (Forum d’action étudiant), mouvement étudiant qui participa à l’épuration des communistes.

Il ne doit pas non plus masquer l’antagonisme social qui en est à l’origine. Loin d’être tous athées, les sympathisants communistes étaient souvent eux-mêmes musulmans, notamment dans les régions rurales javanaises.

L’antagonisme pendant la crise de 1965 s’est structuré entre santri, musulmans fondamentalistes, proches des propriétaires terriens, colonne vertébrale des milices islamistes ; et abangan, forme religieuse syncrétique, tolérante, ancrée dans les masses rurales sympathisantes du PKI.

L’évocation du motif religieux fut avant tout un puissant facteur de mobilisation pour les propriétaires terriens inquiets par la progression communiste, ainsi que pour une armée soucieuse de faire main basse sur la manne pétrolière.

L’hypocrisie américaine : double discours sur la lutte contre l’islamisme et pour la démocratie

L’hypocrisie américaine du discours de la lutte contre l’islamisme ne fait guère illusion. En Indonésie, comme en Afghanistan, au Yémen hier, comme en Syrie et en Libye aujourd’hui : islamisme, élites économiques conservatrices et impérialisme occidental font bon ménage.

Hypocrisie américaine du discours sur la « démocratie » capitaliste contre la « dictature » communiste. Pendant plus de trente ans, l’ « Ordre nouveau » de Suharto a livré tous les échelons de pouvoir à l’armée dans sa « double fonction » de stabilisation politique et économique.

Les organisations islamistes, coordonnées par l’État dans le cadre du Conseil des Oulémas (MUI), encadraient les masses rurales.

Aujourd’hui encore, NU et Muhammadiyah sont deux des organisations islamistes les plus puissantes du monde,avec le réseau de madrasa (écoles coraniques), d’associations de charité, elles rassemblent plus de 60 millions de membres.

Dans ce schéma, comparable à l’Égypte de Moubarak (y compris dans le rapport aux Frères musulmans), Suharto a organisé la « dépolitisation des masses », diamétralement opposée à la « mobilisation populaire » qui fondait l’action de Soekarno et du PKI.

Pour Suharto, les « masses flottantes » devaient être encadrées par des organisations de masse, tel le syndicat unique FBSI, chargées de la collaboration de classe dans un système corporatiste, semblable au régime fasciste.

Dans ses 32 années de règne, les répressions sanglantes furent la marque de fabrique de Suharto. Pour ne citer que les cas les plus barbares, la répression du mouvement de libération du Timor oriental et celui de Papouasie occidentale firent au moins 300 000 morts.

L’enthousiasme des observateurs occidentaux n’eut pas de limites pour le miracle du « dragon indonésien ».

Suharto, comme Pinochet au Chili avec l’ « Ecole de Chicago », fut prompt à mettre en place les recettes libérales de la « mafia de Berkeley » : austérité budgétaire, suppression des aides sociales (remplacées par la charité islamique), privatisations et fiscalité attractive pour les entreprises.

Gonflée par la manne pétrolière après 1973, les subsides du FMI et de la Banque mondiale, le « miracle indonésien » a profité aux multi-nationales, telles Shell ou BP dans le pétrole, ou encore Nike et Adidas dans le textile, ainsi qu’à une mince oligarchie corrompue.

En dépit de trois décennies de croissance économique, l’Indonésie compte encore 120 millions de pauvres, la moitié de la population vivant avec moins de 2 $ par jour, selon les chiffres de la Banque mondiale, 200 millions vivant avec moins de 4 $ par jour.

L’enrichissement spectaculaire d’une minorité contraste avec la paupérisation de la majorité. L’Indonésie est actuellement le pays où le nombre de millionnaires croît le plus vite : ils seront 100 000 en 2015, concentrant 500 milliards de $, les deux-tiers de la richesse du pays.

A l’heure actuelle, les 40 individus les plus riches d’Indonésie concentrent autant de richesses que 60 millions d’Indonésiens.

L’exemple indonésien met non seulement à jour l’hypocrisie des tenants de l’ordre capitaliste mais aussi ce à quoi conduit cette forme extrême de liquidation d’un Parti communiste de masse : dépendance nationale et paupérisation générale.

Solidarité Internationale PCF

 http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-le-massacre...
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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:46

150.jpgLa Cour constitutionnelle de la Moldavie a qualifié aujourd’hui d’inconstitutionnelle la décision du parlement moldave du 12 juillet 2012 d’interdire l'utilisation de certains symboles, notamment ceux de l'ex-URSS. Le Parti des communistes moldaves avait contesté auprès de la Cour, en septembre dernier, les amendements à la Loi sur les partis politiques introduits par les membres de la coalition libérale-démocrate. (Source : RIA Novosti)

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:31

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http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130603.OBS1741/turquie-je-n-avais-jamais-vu-une-telle-brutalite.html

Au septième jour du mouvement, les manifestants ne plient pas et continuent d'occuper le parc Gezi, dont le projet de destruction a donné le signal de la révolte. Reportage de notre correspondante.

"Vous en voulez ?". La trentaine, chemise blanche, costume noir, l'homme élégant tend un sachet de simit, ces bagels turcs qu'on trouve un peu partout dans Istanbul, à un groupe d'étudiants communistes émergeant d'une tente, place Taksim. Les drapeaux rouges de leur groupe, Partizan, contrastent avec la tenue sombre de leur interlocuteur. Ils refusent poliment, l'homme insiste, ils acceptent, et le bienfaiteur disparaît dans la foule sans attendre de remerciements.

Il est à peine 9 heures ce lundi 3 juin au matin, à l'entrée du parc Gezi. Les jours passent et l'occupation du square prend forme. C'est le septième depuis le début du mouvement. Une chaîne de manifestants armés de sacs poubelles assure le maintien de la propreté des lieux. Tentes et matelas fleuris posés à même le sol ont été apportés dans la nuit, après les averses légères de dimanche soir. Stands de biscuits et de boissons, mis à disposition par des bénévoles, sont réapprovisionnés en vue de la nouvelle journée de mobilisation qui commence.

Occuper le terrain

Comme sur la place Tahrir, en janvier 2011, un réseau spontané de solidarité et d'entraide se tisse entre les commerçants du quartier, les travailleurs de passage et ceux qui occupent le terrain de façon militante. Sur cette place et dans ce carré d'arbres, l'enjeu tacite est bien compris : faire de cet espace à défendre un modèle d'entente citoyenne. Une façon de donner tort au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, qui dimanche encore, étiquetait les manifestants de "çapulcu" ("vandale" en turc).

Almuila, 30 ans, traverse d'un pas assuré les pelouses sur lesquelles sont allongés quelques centaines de jeunes gens aux yeux fatigués, qui sortent d'une nuit un peu courte. "Depuis le début du mouvement, je passe ici tous les matins et tous les soirs", explique avec bonne humeur la jeune femme. Originaire d'Izmir, elle revient justement d'un week-end dans sa ville natale. "Je n'avais jamais vu une telle brutalité dans les rues d'Izmir !", commente-t-elle, faisant allusion à la répression des manifestations par les forces de police.

Comme de nombreux actifs croisés dans les environs de la place Taksim depuis dimanche, Almuila entend revenir occuper le terrain dès la sortie de son travail, lundi, en fin d'après-midi. Le mouvement de contestation, qui la veille encore ne promettait pas de survivre à la fin du week-end, a passé un cap. Alors que les commentateurs anticipaient un ralentissement en milieu de journée, à cause de la reprise de la semaine de travail, ce sont les lycéens qui ont occupé le terrain dès midi, faisant une arrivée plus tonitruante en haut de l'avenue Istiklal que les hélicoptères de l'armée qui survolent le quartier depuis le début de la matinée.

Erdogan, cible des contestations

Elif et Selin, respectivement 16 et 17 ans, ont dormi sur un banc cette nuit. Leurs parents les laissent aller et venir dehors, assurent-elles, timides sous leurs atours de punkettes. D'ailleurs, leurs parents soutiennent le mouvement, réussissent-elles à expliquer par l'intermédiaire de Google Translate, ils doivent revenir sur la place en fin d'après-midi. Comme elles, Ekin Kaan n'ira pas en cours aujourd'hui : il a mieux à faire. Etudiant en journalisme, c'est la cinquième nuit qu'il dort à l'entrée du parc sous une tente. Même s'il n'est pas novice en matière de militantisme, - "ça fait des années que je milite au sein du parti communiste", dit-il – l'ampleur de la contestation l'a pris, comme tout le monde, par surprise.

Abdullah Gül, vice-Premier ministre, a beau assurer entendre le message de la rue ("Les manifestations pacifiques font partie du processus démocratique"), c'est le Premier ministre Erdogan qui, après un florilège de déclarations provocatrices, a cristallisé sur lui tout le mécontentement. Après avoir menacé de mobiliser un million de personnes autour de lui, Erdogan s'est envolé vers l'Afrique du Nord, pour un voyage diplomatique de trois jours qu'il n'a pas jugé bon de reporter.

Isabelle Mayault, à Istanbul, Le Nouvel Observateur

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:27

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http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-claude-pottier/140513/six-caracteristiques-fondamentales-d-un-parti-communiste

 

Six caractéristiques fondamentales d’un parti communiste. Texte d’Alvaro Cunhal, ancien secrétaire général du Parti Communiste Portugais


 

 

 

 

Ecrit en 2001, ce texte est une analyse remarquable de la situation des sociétés capitalistes et du rapport des forces au niveau mondial au début du XXIème      siècle, par ce grand intellectuel communiste qu’était l’ancien secrétaire général du Parti Communiste Portugais, Alvaro Cunhal. Ce texte rend compte des situations les plus complexes avec      grande clarté et simplicité. Il affirme à juste titre que la révolution russe de 1917 a été le plus grand évènement du XXème siècle qui marquera pour toujours l’histoire de l’humanité.      Également, l’auteur met l’accent sur l’offensive généralisée de l’impérialisme qui, sous la houlette des États-Unis, tente de maîtriser les ressources mondiales par la surexploitation et le      pillage des peuples, ce qui a été amplement confirmé depuis par les guerres récentes à caractère colonialiste (Afghanistan, Irak, Lybie...) ainsi que celles dont menacent la planète les      porteurs de guerre du capitalisme comme la nuée porte l’orage (Iran, Syrie…). Combien paraît aujourd’hui dérisoire la phrase de Fiterman, ce pitoyable opportuniste, qui affirmait que      "désormais, la politique de la force avait fait place à la force de la politique" ; on ne voit pas la vie de la même manière lorsque l’on subit la surexploitation capitaliste que lorsque      l’on est calé bien confortablement dans les prébendes des institutions de la "démocratie" bourgeoise.    

 

Ce qui est remarquable, c’est qu’alors qu’en France, Hue, Buffet et la direction du PCF finissaient de se vautrer dans un des pires gouvernements de collaboration      de classe que la France ait connu (1997-2002), Alvaro Cunhal écrivait ce texte d’une lucidité à toute épreuve, soulignant le besoin pour les partis communistes et autres partis révolutionnaires      de ne surtout pas oublier les outils que nous ont légués nos prédécesseurs, à savoir le marxisme-léninisme, la conscience de classe et l’organisation. Son histoire personnelle liée à l’histoire      du Portugal explique sans doute sa détermination, sa lucidité et son refus de succomber aux ors de la démocratie bourgeoise. Rappelons qu’il adhère au PCP à vingt ans, qu’il devient rapidement      secrétaire général des jeunesses communistes et qu’il passera, après la seconde guerre mondiale, onze années dans les geôles du fasciste Salazar, dont huit en isolement total, dont il s’évadera      en 1960 pour devenir secrétaire général du PCP dans la clandestinité. Il décèdera en 2005. Dans le texte ci-dessous, Alvaro Cunhal définit six conditions pour qu’un parti puisse se réclamer du      communisme, et notamment celle d’avoir comme objectif la construction d’une société sans exploiteurs ni exploités, à savoir une société socialiste, "l’échelle qui monte au communisme" comme      dirait ma camarade Danielle… On voit mal comment il pourrait en être autrement dans nos pays gangrénés par une crise systémique du capitalisme, c’est-à-dire qui ne pourra être réglée qu’avec      une rupture, un changement de système… le socialisme.    

 

Pascal Brula    


Texte rédigé pour le meeting international “Force et actualisation du marxisme”, organisé par la fondation Rodney Arismendi à Montevideo le 15 septembre      2001. (Traduction PB pour Lepcf.fr)    

    

1 - Le mouvement communiste, bilan et perspectives    

Le XXe siècle sera éternellement marqué par la révolution russe de 1917, par le pouvoir politique du prolétariat et par la construction durable, pour la      première fois dans l’histoire, d’une société sans exploiteurs ou exploités.    

Avant il y avait des insubordinations, des rébellions et des révoltes, par les esclaves, les serfs, et par les classes exploitées et opprimées. Mais en aucun cas      ces luttes avaient pour but (ou même accepté la possibilité) de construire une nouvelle société de libération.    

Les mensonges de l’historiographie officielle, les grossières et diffamatoires campagnes anticommunistes, ainsi que le déni par certains de leur propre passé,      rend nécessaire pour les communistes de rappeler ce qu’a été et ce qu’a signifié la révolution russe de 1917 et la construction de l’Union soviétique. Pour rappeler et justifier le fait que      c’est le principal événement historique du XXème siècle et l’un des plus remarquables de l’histoire de l’humanité.    

Il faut se rappeler que, lors de la Commune de Paris de 1871 également, évènement ayant précédé la révolution russe, le prolétariat prit le pouvoir et, tout en      faisant preuve d’un héroïsme de masse, commença la construction d’une nouvelle société. A Paris, capitale de la France, le drapeau rouge de la classe ouvrière a claqué au vent pendant      102 jours, hissé sur la mairie. Rappelons-nous aussi, la contre-attaque par les armées réactionnaires suivie d’une monstrueuse répression, le massacre de 30.000 parisiens, avec un      total de 100.000 meurtres, exécutions et condamnations aux travaux forcés.    

Mais il faut aussi souligner qu’avec la Commune de Paris même battue, c’était une nouvelle histoire de l’humanité qui commençait, annonçant l’aube de la      révolution russe de 1917 qui, en fait, allait débuter le cours d’un nouveau système social, sans précédent dans l’histoire. Beaucoup oublient que, pendant plus d’un demi-siècle, ce système a      gagné du terrain comme une alternative au système capitaliste. Ce sont des événements qui resteront à jamais comme des références et des valeurs de l’humanité dans la lutte pour sa      propre libération.    

La construction d’un nouvel État, exprimée dans la devise "tout le pouvoir aux soviets des ouvriers, paysans et soldats", signifiait l’instauration du      pouvoir populaire et un élément fondamental de l’État et d’une démocratie "mille fois plus démocratique que la plus démocratique des démocraties bourgeoises".    

Dans le domaine économique, avec le contrôle des travailleurs, la terre, les usines, les mines, les chemins de fer et les banques sont entrés en possession de      l’État, de tout le peuple, ouvrant la voie à un développement fulgurant.    

De même qu’avec les entreprises d’État, il y a eu un profond changement dans l’agriculture, avec la collectivisation de l’agriculture, dans laquelle les sovkhozes      (unités d’État) et le mouvement de masse des kolkhozes (coopératives) ont joué un rôle clé.    

Au niveau social, le droit au logement, à l’assistance médicale et à l’éducation ont été accordés. L’égalité des droits des femmes a été reconnue de facto. Les      organismes culturels ont été libérés des mains des puissants.    

L’Union Soviétique a réalisé de grands progrès et de telles avancées dans le domaine des sciences et des nouvelles technologies révolutionnaires, que cela lui a      permis, parallèlement au développement économique et social, d’acquérir une puissance militaire qui, pour plusieurs décennies, l’a préservée de la politique agressive du capitalisme. Le fait      qu’un soviétique a été le premier être humain à se libérer de la pesanteur de la terre et voler dans l’espace illustre ce succès spectaculaire.    

Il est également nécessaire de ne pas oublier la contribution de l’Union soviétique au développement de la lutte des travailleurs et des peuples partout dans le      monde, pour de nouvelles révolutions socialistes, pour la réalisation des droits fondamentaux des travailleurs dans les pays capitalistes, pour le développement du mouvement de libération      nationale et, au prix de 20 millions de vies (dans l’action des armées, dans les camps de concentration, dans d’énormes massacres de populations sans défense), à la défaite de l’Allemagne      hitlérienne pendant la Seconde Guerre mondiale, contribuant de manière décisive à sauver le monde de la barbarie fasciste.    

Mais parler seulement de l’objectif et exposer de manière valorisante ces faits n’est pas suffisant. Il est essentiel, dans le même temps, d’effectuer une      analyse critique et autocritique des aspects négatifs, des faits et des phénomènes qui se sont produits.    

C’est une vérité élémentaire que l’effondrement de l’Union soviétique et d’autres pays socialistes résulte d’une série de circonstances externes et internes. Pas      avec la même influence, car les facteurs internes ont eu un poids plus pertinent. Le fait est que, dans la construction d’une nouvelle société, il y avait un éloignement des idéaux et des      principes du communisme, une détérioration progressive de la politique de l’État et du parti, bref, la création d’un "modèle" qui, avec la trahison Gorbatchev, a conduit à la défaite      et à l’effondrement.    

Le "modèle", qui était en cours de création, a donné lieu à un pouvoir fortement centralisé et bureaucratisé, avec une conception administrative des      décisions politiques, de l’intolérance concernant la diversité des opinions et des critiques du pouvoir, l’usage et l’abus de mesures répressives, la cristallisation et la dogmatisation de la      théorie.    

Le pouvoir politique de la classe ouvrière et des masses laborieuses aura été en déclin. La nouvelle démocratie aura été en déclin. Le développement économique      basé sur le militantisme et la volonté du peuple et qui avait atteint un rythme enivrant dans les premières décennies du pouvoir soviétique, aura été en déclin. La dialectique, inventive,      aiguillon créateur de la théorie révolutionnaire, ayant dû nécessairement répondre à l’évolution de la réalité et aux expériences de la pratique, aura été en déclin.    

L’examen de cette fin historique et de ces événements fatidiques, ainsi que les expériences du mouvement communiste international, place les partis communistes      devant la nécessité de redéfinir la société socialiste, ses objectifs et les fondements essentiels de son identité.    

Bien que contenu par le camp socialiste et par le processus révolutionnaire mondial jusqu’à la dernière décennie du 20ème siècle, le capitalisme a enregistré un      développement qui l’a conduit, à la fin du siècle, à la suprématie au niveau mondial.    

Deux facteurs ont déterminé cette situation. D’un côté, la disparition de l’Union Soviétique et des autres pays socialistes, l’affaiblissement du mouvement      communiste international et du mouvement de libération nationale, la régression du processus révolutionnaire. De l’autre côté, les progrès du capitalisme dans le champ de la production, des      sciences, de la recherche scientifique, des technologies révolutionnaires et du pouvoir militaire.    

Il en a résulté à la fin du 20ème siècle, un changement du rapport des forces qui a permis à l’impérialisme de lancer une offensive gigantesque dans le but      d’acquérir une domination complète du monde entier.    

Pour plus des trois quart du 20ème siècle, la tendance générale fut l’avancée du socialisme et des luttes de libération des peuples. Une tendance inverse a pris      place durant la dernière décade de ce siècle. Le changement du rapport des forces a rendu possible pour le capitalisme le lancement d’une offensive "globale".    

 

 

2 - L’offensive "globale" de l’impérialisme et les résistances    

L’offensive impérialiste en cours a comme objectif déclaré et annoncé, d’imposer au monde entier, la domination complète du capitalisme comme seul      système, universel et définitif. C’est le sens fondamental de la théorie de la soi-disant "mondialisation". Il s’agit du plus grand danger et de la menace la plus sinistre de      toute l’histoire de l’humanité.    

Il est vrai que certains aspects et facteurs de développement objectif du capitalisme, conduisant à la "mondialisation", se faisaient déjà sentir. Ce fut      le cas de l’internationalisation des procédés de production, des relations économiques et financières, de l’information et des médias, de la création de zones d’intégration économique. Il est      aussi vrai que l’impérialisme, dans sa lutte "pour une division du monde", avait déjà l’arme des interventions militaires, des agressions et des guerres.    

Cependant, l’offensive "globale" de l’impérialisme relève d’une autre question. Les États-Unis étant une force hégémonique fondamentale,      l’offensive actuelle a lieu sur tous les fronts.    

Comme instruments de l’offensive économique, il y a eu la création d’énormes groupes de sociétés transnationales, différents organismes internationaux avec des      pouvoirs accrus pour imposer des règles et des politiques "légales" (FMI, Organisation Mondiale du Commerce, Banque Mondiale), la saisie des ressources et des secteurs stratégiques des      pays les plus faibles, les coupures de crédit, les politiques économiques imposées par des organismes supranationaux aux états membres d’unions de nature fédérale, des mesures d’étranglement      financier et de blocage économique visant à soumettre les pays qui s’opposent à l’offensive.    

Les zones d’intégration économique sont devenues des zones d’intégration politique, avec des instances supranationales, des ministères supranationaux, la      subordination effective des plus pauvres et des moins développés aux plus riches et plus puissants.    

Ce processus a aiguisé les contradictions du capitalisme. Il a entraîné un élargissement, même dans les pays capitalistes développés, des catégories sociales qui      vivent dans une extrême pauvreté et, dans les pays sous-développés, des millions de gens qui meurent de faim.    

En même temps, la compétition s’est accrue et a créé la possibilité de sérieux conflits entre les gigantesques pôles économiques et politiques, et entre      les pays les plus riches et les plus puissants. En attendant, tous sont réunis (et ceci constitue un facteur nouveau) dans l’offensive "globale".    

L’Accord Multilatéral sur l’Investissement (AMI) est significatif des grands projets et plans. Selon ce projet, les grands potentats économiques et financiers      associés pourraient, avec le soutien militaire nécessaire, imposer, pays par pays, les formes d’exploitation, la saisie des secteurs vitaux de l’économie, le sort du capital investi et créé, et      même, l’obligation aux gouvernements fantoches d’écraser toute les luttes et les révoltes de leurs travailleurs et de leurs peuples avec l’efficacité des mesures répressives. L’AMI est comme      une charte constitutionnelle de l’impérialisme au service de son offensive économique et politique "globale".    

Il est de notoriété publique que la divulgation de ce projet, élaboré sous l’égide des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne, a causé      de telles réactions et indignations, qu’il a été retiré dans l’immédiat. Mais le fait est qu’il n’a pas été enterré et qu’il fera l’objet d’un examen ultérieur.    

Au même niveau, et parfois comme outil direct de l’offensive économique (étroitement liée à l’action politique et diplomatique), l’offensive militaire a      comme instruments une nette supériorité en armes, à savoir les États-Unis et l’OTAN comme force supranationale autonome, mais dominée et commandée, en fait, par les États-Unis.    

L’offensive militaire se traduit par des ultimatums, des bombardements, des interventions armées, l’armement et la promotion de groupes rebelles contre les      gouvernements démocratiques, des interventions pour imposer des gouvernements tyranniques et des gouvernements fantoches, des agressions et des guerres contre les pays qui s’opposent      courageusement à la domination des États-Unis et des autres pays impérialistes, des attaques par des organisations terroristes et des actions militaires de terrorisme d’État.    

En plus de cela, nous devons faire face à la monstrueuse institutionnalisation d’un tribunal politique international commandé par l’impérialisme et permettant de      condamner à la prison à vie, les gardiens éminents de leurs peuples et de leurs pays.    

Et aussi à la destruction massive de l’atmosphère, des fleuves et des océans par les pays les plus développés et le pillage et la destruction des ressources      naturelles des pays sous-développés, entraînant la destruction de l’équilibre écologique dans de vastes régions du globe.    

Tous les aspects de cette offensive atteignent un niveau encore jamais atteint et font partie du processus d’intégration mondiale par les forces      impérialistes et leur offensive "globale".    

Comme perspective, l’impérialisme proclame que son offensive est irrésistible et irréversible, et annonce, au final, la stabilité et la stabilisation définitive      du système. En termes idéologiques, il annonce l’universalisation de la pensée, la fin des idéologies et le règne de la "pensée unique".    

Mais l’offensive n’est ni irrésistible, ni irréversible. Car avec ces idées, propagées par la propagande, en fin de compte, l’impérialisme tente      de se tromper lui-même. C’est-à-dire que, son objectif déclaré, d’une ambition folle, représente l’utopie actuelle du capitalisme. L’utopie parce que, d’un côté, le capitalisme, par sa propre      nature, est déchiré par ses contradictions et les problèmes qu’il ne peut surmonter ; et parce que, d’un autre côté, il y a des forces qui s’opposent, qui résistent et qui, par leur propre      renforcement, peuvent empêcher le capitalisme d’atteindre cet objectif.    

Ces forces sont :    

a) Les pays qui, avec les communistes au pouvoir, ont pour objectif la construction d’une société socialiste, quoique par des chemins bien      différents.    

b) Le mouvement ouvrier, encore appelé le mouvement syndical.    

c) Les partis communistes ou autres partis révolutionnaires, luttant avec détermination et courage.    

d) La résistance potentielle de pays capitalistes actuellement dominés et exploités par l’impérialisme, avec une vraie perte de leur indépendance      nationale.    

e) Les nouveaux mouvements de libération nationale.    

f) Les mouvements défenseurs de l’environnement, contre le pouvoir et les décisions des pays riches et directement contre la      "mondialisation".    

Ces forces sont fondamentales pour empêcher la domination du monde entier par l’impérialisme. Mais en avoir conscience ne suffit pas. Il est essentiel d’avoir      aussi une action correspondante. Il est nécessaire de les renforcer et de s’employer à les faire coïncider et converger.    

C’est le seul moyen pour arrêter, entraver et empêcher l’avance de cette offensive impérialiste afin de créer les conditions de son éventuelle défaite et      déterminer un changement dans la situation internationale.    

Il faut aussi rappeler que l’impérialisme ne se limite pas à une attaque frontale sur plusieurs fronts. Il essaye activement de diviser les forces qui lui      résistent, de les miner de l’intérieur, de les conduire à abandonner le combat, à l’autodestruction et au suicide. Dans certains cas, ils ont pu réussir. Mais, dans beaucoup d’autres, il y a eu      renforcement, revitalisation, influence croissante et initiatives des forces d’opposition. Il est important de faire connaître et valoriser les exemples qui confirment cette      appréciation.    

    

3 - La démocratie et le socialisme    

L’objectif de construire une société socialiste ne gêne en rien le fait que les partis communistes aient des solutions à court et moyen terme et des objectifs qui      proposent des alternatives à la situation actuelle.    

Toutefois, méfiance. Analyser la situation et définir une politique doivent découler des réalités de base du capitalisme, et les concepts      fondamentaux correspondants provenir de la théorie révolutionnaire du prolétariat, à savoir :  La division de la société en classes, quelques-uns exploitent      et tous les autres sont exploités,  La lutte des classes,  Les politiques de classes des gouvernements.    

Ce sont des réalités et des concepts. Leur découverte n’est pas due à Marx et Engels, mais à des économistes et des philosophes. Ce qui est nouveau dans le      marxisme, c’est l’analyse de situations concrètes économiques et politiques basées sur ces concepts.    

Il est vrai que, dans des situations prérévolutionnaires ou autres, dans lesquelles un équilibre temporaire des classes existe, un pouvoir politique fortement      conditionné peut, dans des circonstances particulières, mettre en œuvre une politique qui n’est pas au service du capital. Il peut même mettre en œuvre des mesures progressistes de caractère      anticapitaliste. Ces situations sont toutefois exceptionnelles et de courte durée.    

Ce n’est pas le cas des pays capitalistes avec des démocraties bourgeoises. Dans ces derniers, le pouvoir politique sape les quatre facettes de la      démocratie :    

Economique – par la propriété du grand capital sur les secteurs de base de l’économie et la soumission des politiques au pouvoir      économique.    

Social – par l’exploitation et la misère des travailleurs et du peuple et la concentration des richesses dans un nombre limité de fortunes      gigantesques.    

Culturel – par la propagande idéologique du grand capital, un système éducatif discriminatoire pour les enfants de la classe ouvrière, la      propagande des idées obscurantistes, les attaques contre la créativité artistique, la multiplication des sectes religieuses.    

Politique – par les abus et l’absolutisme du pouvoir et la liquidation des institutions et des mécanismes de contrôle démocratique, les      changements anticonstitutionnels de la légalité et des compétences des institutions souveraines quand la loi s’avère être insuffisante pour l’exercice du pouvoir absolu par le grand      capital.    

Et toutes ces régressions sont développées sous le prétexte de la nécessaire "stabilité" et de "l’État de droit".    

La dégradation de la démocratie politique – conjointement avec les conflits spectaculaires et théâtraux des machinations parlementaires, du carriérisme, de      l’impunité et de la corruption – provoque le discrédit de la politique et des politiciens.    

En attendant, la politique est une activité nécessaire et les communistes et les autres vrais démocrates doivent la faire différemment, avec une bien      meilleure pratique politique, en se distinguant de la discrédité soi-disant "classe politique".    

Les puissants moyens médiatiques (journaux, magazines, stations de radio et de télévision, audiovisuel), propriété et instrument des grands monopoles, ne      constituent pas une nouvelle puissance indépendante, comme le voudraient certains, mais un instrument du grand capital dans sa liaison dominante avec les gouvernements.    

La lutte pour la démocratie est un des objectifs centraux de l’action des partis communistes. Ainsi, il est nécessaire de définir les éléments fondamentaux de      cette démocratie.    

D’un gouvernement, on doit exiger la simultanéité et la complémentarité de ses compétences fondamentales. Il est insuffisant qu’un gouvernement s’affirme      démocratique. Il se doit aussi d’être démocratique dans les faits.    

Il est également nécessaire de définir plus concrètement, dans chaque situation spécifique, le type de démocratie pour lequel on lutte. Dans une situation donnée,      à un moment donné, la lutte pour la démocratie peut, par exemple, donner une grande pertinence à la lutte pour le renforcement des éléments de démocratie directe et participative conjointement      à la démocratie représentative.    

Les élections sont un des éléments de base du régime démocratique, mais seulement si elles respectent l’égalité et s’il n’y a pas d’abus de pouvoir, de      discrimination et d’exclusion. Si ces conditions ne sont pas remplies, les élections deviennent une fraude, un sérieux coup à la démocratie et un instrument de la monopolisation du      pouvoir, par l’alternance des forces politiques au service du capital.    

Une "démocratie avancée", pour laquelle luttent un certain nombre de partis communistes, est définie comme un régime démocratique qui précède des      développements progressifs de caractère non capitaliste (comme les nationalisations de plusieurs secteurs de l’économie et la liquidation des propriétaires terriens).    

Indépendamment de la forme, étant donné l’objectif de la lutte pour la démocratie à un moment donné, les communistes ne peuvent pas être, ne veulent pas être, et      ne sont surtout pas isolés.    

La compréhension de la lutte des classes, réalité omniprésente de la société comme moteur de l’histoire, ne peut rentrer en contradiction, voire exclure le besoin      d’alliances sociales et politiques de la classe ouvrière et de son parti pour des objectifs concrets immédiats, étant donné que les relations des forces politiques sont fixées par les relations      entre les classes sociales. La définition concrète de ce que ces alliances peuvent être, exige, premièrement, l’évaluation concrète des alliances objectivement considérées d’un point de vue      social et, ensuite, la définition, dans la mesure du possible, de ce que représente tel ou tel parti comme classe sociale et de ce qui constitue la base de son soutien social.    

Il n’y a pas deux situations identiques. Elles peuvent être, dans tel ou tel pays, des situations économiques, sociales et politiques similaires. Mais il y a      toujours des différences qui demandent des réponses différentes. Il n’y a pas de solutions universelles ni "recettes". Copier des solutions conduit à des orientations qui ne      correspondent pas aux exigences de la réalité concrète.    

Les grandes découvertes scientifiques et technologiques révolutionnaires provoquent de profonds changements dans la composition de la classe ouvrière et dans la      composition sociale des sociétés des pays développés. La définition des alliances sociales – la base des alliances politiques – est donc devenue particulièrement complexe.    

À cet égard, les définitions sont loin d’être claires. Dans de nombreux pays à démocratie bourgeoise, certains partis démocratiques appelés partis      communistes, ont défini comme objectif une soi-disant politique de "gauche". Il y a des cas où, dans l’orientation de ces partis, le mot "gauche" exclut le soutien ou la      participation à des politiques de "droite". Dans ces cas, il a un sens clair et positif. Cependant, dans la plupart des pays, le mot "gauche" dans le dictionnaire      politique moderne a une signification imprécise, pleine d’incertitude, contradictoire, et objectivement confuse. Lorsque sont définis les partis de "gauche" ou des secteurs de      la "gauche", sont fréquemment inclus, avec l’"extrême-gauche" anticommuniste, les partis socialistes et sociaux-démocrates, qui, dans leur action politique défendent et      pratiquent des politiques de "droite".    

La même chose est valable en ce qui concerne les gouvernements dits de "gauche". L’expérience montre que, dans certains cas, la participation des      communistes dans les gouvernements de partis socialistes ou sociaux-démocrates, compris comme étant de "gauche", implique la participation à la mise en œuvre de politiques de      "droite".    

Nous devons définir comme un objectif, les quatre facettes de la démocratie, nous devons lutter pour cette démocratie et non pas proclamer une politique qui      inclut la participation (ou l’objectif pour l’atteindre) à des gouvernements comme tous ceux qui se proclament de "gauche" et sont en fait les instruments du grand capital, des      sociétés transnationales, des pays riches les plus puissants, et de l’actuelle offensive "globale" de l’impérialisme qui cherche à imposer sa domination au monde entier.    

C’est aussi le cas avec ce que l’on appelle les "pactes de stabilité" signés par les partis et syndicats réformistes, et qui sacrifient les droits      fondamentaux des travailleurs avec l’intention de surmonter la présente crise du capitalisme.    

Ce n’est pas le chemin exigé par la lutte des travailleurs, des peuples et des nations. C’est le rôle des partis communistes (et d’autres révolutionnaires) de      définir le chemin nécessaire, en fonction des conditions concrètes de leurs pays, avec conviction, courage et leur identité communiste.    

    

4 - Les conditions d’existence des partis communistes    

Le cadre des forces révolutionnaires qui existent dans le monde a changé durant les dernières décennies du XXe siècle. Le mouvement communiste international et      les partis le composant ont subi de profondes modifications suite à la chute de l’URSS et des autres pays socialistes et de la victoire du capitalisme dans sa rivalité avec le      socialisme.    

Il y a des partis qui ont nié leur passé de lutte, leur nature de classe, leur objectif d’une société socialiste et leur théorie révolutionnaire. Dans plusieurs      cas, ces partis ont intégré le système et ont fini par disparaître.    

Cette nouvelle situation au sein du mouvement communiste international a ouvert des espaces dans la société dans laquelle d’autres partis révolutionnaires ont      assumé la relève et, dans les conditions concrètes de leur pays, se sont identifiés aux partis communistes sur des aspects importants et parfois avec leurs objectifs et leur action.    

Ainsi, lorsque nous parlons aujourd’hui du mouvement communiste international, nous ne pouvons pas, comme dans le passé, tracer une ligne entre les partis      communistes et tous les autres partis révolutionnaires. Le mouvement communiste a maintenant une nouvelle composition et de nouvelles limites.    

Ces développements ne signifient pas que les partis communistes, avec leur identité propre, ne sont pas nécessaires à la société. Au contraire. Avec les éléments      fondamentaux qui les caractérisent, les partis communistes sont nécessaires, indispensables et irremplaçables. Mais de la même manière qu’il n’y a pas de "modèle" de société      socialiste, il n’y a pas de "modèle" de parti communiste.    

Avec des réponses concrètes différentes à la situation concrète, il est possible d’identifier six caractéristiques fondamentales d’un parti communiste, qu’il ait      ce nom ou un autre :    

1 – Un parti qui est complètement indépendant des intérêts, de l’idéologie, des pressions et des menaces du capital.    

L’indépendance du parti est une composante de l’identité d’un parti communiste. Elle s’affirme dans sa propre action, ses propres objections, sa propre idéologie.      Un écart avec ces caractéristiques essentielles n’est en aucune façon une démonstration d’indépendance, mais, au contraire, un renoncement à l’indépendance.    

2 – Un parti de la classe ouvrière, des travailleurs en général, des exploités et des opprimés.    

Selon la structure sociale de la société de chaque pays, la composition sociale des membres du parti et sa base de soutien peuvent être très diverses. En tous les      cas, il est essentiel que le parti ne soit pas fermé sur lui-même, en confrontation interne, mais tourné vers l’extérieur, vers la société, ce qui signifie qu’il n’ait pas seulement, mais      surtout, des liens étroits avec la classe ouvrière et les masses laborieuses. Négliger cette caractéristique ainsi que perdre son caractère de classe a conduit certains partis à un déclin      vertigineux et, dans certains cas, à l’autodestruction et la disparition.    

Le remplacement de la nature de classe du parti par la conception d’un "parti des citoyens" masque l’existence de citoyens exploiteurs et de citoyens      exploités et conduit le parti vers une position neutre dans la lutte des classes – ce qui, dans la pratique, désarme le parti et les classes exploitées et le transforme en un instrument      appendiculaire de la politique de la classe exploiteuse dominante.    

3 – Un parti avec une démocratie interne et une direction centrale unique.    

Une démocratie interne est particulièrement riche en vertus, à savoir : travail collectif, direction collective, congrès, assemblées, débats dans tout le      parti sur les questions fondamentales d’orientation politique et d’action, décentralisation des responsabilités et élections de toutes les directions.    

L’application de ces principes doit correspondre à la situation politique et historique à laquelle le parti est confronté. Dans des conditions d’illégalité et de      répression, la démocratie est limitée par l’impératif de la défense. Dans une démocratie bourgeoise, la qualité visée peut et doit être largement et pleinement appliqué.    

4 – Un parti qui est à la fois internationaliste et qui défend les intérêts de son pays.    

Contrairement à ce qui était défendu autrefois dans le mouvement communiste, il n’y a aucune contradiction entre ces deux éléments dans l’orientation et l’action      des partis communistes. Chaque parti est solidaire avec les partis, les travailleurs et les peuples des autres pays. Mais, avec conviction, il est un défenseur des intérêts et des droits de son      propre peuple et de son pays. L’expression "parti internationaliste et patriotique" a une signification pleine et entière en cette fin de XXème siècle. On peut inclure comme valeur      internationaliste, la lutte à l’intérieur de son pays et comme valeur de la lutte interne, les relations de solidarité avec les travailleurs et les peuples des autres pays.    

5 – Un parti qui définit comme objectif la construction d’une société sans exploiteurs ni exploités, une société socialiste.    

Cet objectif est également complètement moderne. Mais les expériences positives ou négatives de construction du socialisme dans un certain nombre de pays et les      profonds changements dans la situation globale, demandent une analyse critique du passé et une redéfinition de la société socialiste, objectif des partis communistes.    

6 – Un parti avec une théorie révolutionnaire, le marxisme-léninisme, qui permet non seulement d’expliquer le monde, mais aussi de montrer la voie de sa      transformation.    

Déniant toutes les campagnes anticommunistes diffamatoires, le marxisme-léninisme est une théorie vivante, antidogmatique, dialectique et créative qui est      enrichie par la pratique et les réponses qu’elle est appelée à donner en face de nouvelles situations et phénomènes. Elle dynamise la pratique, s’enrichit et se développe de façon créative avec      les leçons de la pratique. Nous devons à Lénine et à son travail "L’impérialisme, stade suprême du capitalisme", la définition du capitalisme à la fin du XIXème siècle. Ces      développements théoriques ont une valeur extraordinaire. Il en va de même pour la recherche et la systématisation des connaissances théoriques. Dans une synthèse extraordinairement rigoureuse      et claire, un texte séminal de Lénine décrit "les trois sources et les trois parties constitutives du marxisme". En philosophie, le matérialisme dialectique, et dans ses applications à      la société, le matérialisme historique. En économie politique, l’analyse et l’explication du capitalisme et de l’exploitation, dont la pierre angulaire est la théorie de la      plus-value. Dans la théorie du socialisme, la définition d’une nouvelle société avec la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme.    

Tout au long du XXème siècle, avec les transformations sociales, de nouvelles et nombreuses réflexions théoriques ont eu lieu dans le mouvement communiste.      Cependant, elles se sont présentées comme diverses et contradictoires, rendant difficile la distinction du fondement de ces développements théoriques et des positions révisionnistes par rapport      aux principes fondamentaux. Cela amène à conclure au caractère impératif des débats, sans idées préétablies ou vérités absolues, et sans établir de conclusion définitive, mais obligeant à un      approfondissement de la réflexion commune.    

Nous souhaitons que le meeting international de la fondation Rodney Arismendi, en septembre de cette année, apporte une contribution positive à l’accomplissement      de cet objectif.  

 

  

Alvaro Cunhal    

Septembre 2001    

    

Traduction PB pour Lepcf.fr    

Tiré du site du Parti Communiste Portugais   

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:21

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http://www.la-croix.com/Actualite/France/Le-PCF-affiche-ses-ambitions-de-reconquete-aux-elections-municipales-de-2014-2013-06-05-969080

 

Les communistes arbitreront la question des investitures, des listes et des alliances, ville par ville, à l’automne 2013.

Le PCF veut reprendre Le Havre à la droite, ainsi que Montreuil aux écologistes et Aubervilliers au PS.

 

Le Parti communiste français a réaffirmé, mardi 4 juin, son calendrier et ses objectifs en vue des prochaines élections municipales. Un an après l’élection de François Hollande dont ils refusent « le cap de l’austérité », les communistes estiment être « entrés dans une nouvelle période politique ».

Ils veulent désormais « s’affranchir d’une forme ancienne de l’union et du rassemblement », ont expliqué le secrétaire national du PCF Pierre Laurent et le responsable des élections Pascal Savoldelli, lors d’une conférence de presse.

« Un problème de programmes, pas de postures politiques »

Les deux dirigeants ont mis l’accent sur leur mot d’ordre pour préparer le scrutin de mars 2014 : « La place du citoyen et de l’humain d’abord ». Priorité aux questions de fond et aux enjeux de la vie locale : logement, lutte contre la spéculation, services publics, emploi…

Pierre Laurent et Pascal Savoldelli ont appelé à « organiser au plan local des fronts contre l’austérité ». En somme, « faire de l’alternative concrètement » car les municipales, selon eux, c’est « un problème de programmes, pas de postures politiques ».

Difficile toutefois de percevoir une véritable rupture de stratégie par rapport au passé. Entre besoin d’« insurrection » contre l’austérité et désir de « conquête » électorale, le PCF va devoir comme d’habitude composer avec ses partenaires de la gauche, s’il veut conserver un nombre important d’élus municipaux qui contribuent à son financement.

Il le fera dans un calendrier qu’il a choisi de repousser à l’automne 2013, lors d’un conseil national tenu fin mai. Les listes et les alliances pour les municipales seront tranchées en octobre, au milieu des discussions budgétaires et de la réforme des retraites au Parlement.

« Regagner » des communes « volées »

Au total, les communistes affichent des objectifs de conquête dans une quarantaine de villes. Le PCF ambitionne en particulier de « regagner » des communes tenues par l’UMP comme Le Havre, Alès, Sète et Calais, ainsi que les villes de Montreuil et Aubervilliers, « volées » par les socialistes et les écologistes en 2008.

Le PCF prendra aussi en compte la situation de communes que la droite peut reprendre (Metz, Angers, Caen, Rouen, Amiens, Saint-Étienne, Strasbourg ou Paris) et de celles où le Front national pourrait avancer ses pions (Cavaillon, Tarascon et Hénin-Beaumont …)

« Tout ce qui devra être fait pour empêcher une ville de tomber à droite ou à l’extrême droite, on le fera », ont assuré Pierre Laurent et Pascal Savoldelli. Mais ont-ils ajouté, « s’il y avait plus de signes donnés au Front de gauche (NDLR : de la part du gouvernement), ce serait le meilleur rempart contre le FN ».

Les communistes devront également se prémunir des ambitions du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon. Leur partenaire au sein du Front de gauche avait annoncé, fin mars, lors de la clôture de son congrès, qu’il présenterait des listes autonomes dès le premier tour« dans au moins 60 villes moyennes et grandes, et dans toutes les capitales régionales ».

« Nous voulons que les annonces unilatérales de listes s’arrêtent. On préférerait que les discussions avancent entre nous », a conclu Pierre Laurent.

CORINNE LAURENT

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