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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 10:39

PARIS — Le Parti communiste français (PCF) a mis en garde Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche) sur sa façon populiste et trop personnelle de mener campagne en vue de 2012, alors qu'André Chassaigne, député communiste, est à l'affût pour représenter le Front de Gauche (FG) à la présidentielle.

"On ne peut pas mener une campagne sur le thème du populisme", a prévenu lundi soir le numéro un communiste Pierre Laurent, en réponse aux récentes déclarations fracassantes du président du PG, notamment envers les médias.

Le Front de gauche (PCF-PG-Gauche unitaire) doit rester une "construction populaire et citoyenne qui parie sur l'intelligence", a ajouté l'ancien directeur de la rédaction de L'Humanité, avant le meeting du PCF dans un gymnase parisien.

Place du Colonel Fabien, un dirigeant reconnaît le côté populiste - "d'un côté, ça marque des points auprès des gens" - mais "en même temps, les intellectuels et les cadres communistes ne se reconnaissent pas dans cette manière d'abaisser le débat".

Souhaitant ne "pas se lancer dans des polémiques stériles" avec le probable candidat du FG à la présidentielle, Pierre Laurent, qui sera présent au congrès du PG au Mans (19-21 novembre), a aussi affirmé vouloir "aller plus loin, plus vite dans la construction du programme partagé" du FG.

Le PCF, qui craint d'être effacé par Jean-Luc Mélenchon, veut donc pousser les discussions sur le projet pour 2012, avec la mise en place de réseaux citoyens et de forums thématiques annoncés depuis des mois mais sans dates encore arrêtées. "On a tous conscience qu'il faut qu'on accélère", "c'est urgent", confirme Eric Coquerel (PG), faisant valoir que la séquence sur les retraites a fait prendre du retard au FG.

Car les directions des partis doivent soumettre au printemps 2011 au vote de leurs militants un seul candidat défendant un programme.

Il n'y aura "pas d'homme providentiel", mais un candidat "respectueux du contrat partagé que nous construirons avec les citoyens", martèle Pierre Laurent, comme un avertissement. "Qui joue +perso+ perdra, il faut être collectif et constructif", lance Patrice Bessac, un porte-parole du PCF.

Au parti, on pense qu'André Chassaigne correspond à cet état d'esprit. Le député du Puy-de-Dôme est "l'incarnation du peuple", une "plus-value fantastique par son expérience de terrain" et "son obsession, c'est le Front de gauche, levier d'un vrai changement" à gauche, selon Patrice Bessac.

S'il n'est pas le candidat officiel de la direction du parti, l'élu auvergnat, meilleur score du FG aux régionales (14,26%), semble plaire aux communistes à entendre les applaudissements nourris et les quelques "Dédé ! Dédé !" qui ont fusé lundi soir au gymnase Japy lors de son discours, devant 800 militants.

"Mettons tout en oeuvre pour que la question présidentielle ne soit pas réduite à un concours de divas médiatiques, actionné de l'Elysée", a lancé le député, s'adressant à "la France qui veut changer d'ère" entre "progrès social" et "progrès écologique", "la France que l'on aime, debout, fière" qui "dit non à ce misérable maître qu'est l'argent".

Mardi midi, André Chassaigne, en pleine tournée de terrain, a dit, devant des salariés de la RATP, son désir de "redonner ses lettres de noblesse" à la politique et au PCF avec comme maître-mots "rigueur, éthique et honnêteté".

Si Jean-Luc Mélenchon reste favori, la partie n'est pas tout à fait gagnée pour l'eurodéputé ex-PS. "Chassaigne pourrait finir porte parole de la campagne de Mélenchon", reconnaît un cadre, glissant aussitôt : "Mais le porte-parole de Chassaigne peut aussi être Mélenchon".

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 10:30

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Par LILIAN ALEMAGNA

  • C’est ce qui s’appelle vouloir reprendre la main. Après avoir vu - et revu - Jean-Luc Mélenchon parcourir les plateaux télés pour la sortie de son livre «Qu’ils s’en aillent tous», les communistes repointent le bout de leur nez: meeting à Paris lundi dernier avec Pierre Laurent, le nouveau secrétaire national, Marie-George Buffet et André Chassaigne, candidat à la candidature Front de gauche pour 2012; invitation mardi de ce même Chassaigne par les communistes de la RATP.

«On a besoin de remobiliser les troupes», explique-t-on au siège du parti, place du Colonel Fabien. Car après les cartons d’audience de leur camarade du Parti de gauche (PG) — 3,7 millions de téléspectateurs à l’émission de Michel Drucker «Vivement Dimanche» et un livre déjà tiré à plus de 50 000 exemplaires —, il y a grand besoin chez les communistes de refaire exister l’étiquette PCF.

«Pas d’homme providentiel chez nous»

La base et les cadres craignent de voir leur parti éclipsé par Jean-Luc Mélenchon et l’attelage du Front de gauche vampirisé par la personnalisation de l’ex-PS. «La force du Front de gauche sera collective ou ne sera pas, a prévenu Pierre Laurent, lundi soir, devant les siens et sous les applaudissements. Pas de femme ou d’homme providentiel chez nous mais des candidats respectueux du contrat partagé que nous construirons avec les citoyens».

Surtout, le «populisme» «assumé» de Jean-Luc Mélenchon agace. Pierre Laurent a envoyé un premier coup de semonce: «Le populisme ne peut pas être la construction du Front de gauche, a-t-il glissé en marge du meeting. Nous sommes en train de tourner ensemble ce bref épisode.»

Le président du Parti de gauche a d’ailleurs eu son homologue communiste il y a quelques jours au téléphone, conscient de l’inquiétude des cadres PCF.

Mais ne voulant pas de «polémique stérile», Pierre Laurent préfère embrayer sur la «construction populaire et citoyenne qui parie sur l’intelligence» pour préparer 2012. La direction du PCF souhaite ainsi relancer – ou plutôt entamer - le «programme partagé» du Front de gauche pour 2012: «Réseaux», «espaces citoyens», «forums» dont le premier devrait se tenir fin novembre, début décembre.

Mais toutes ces initiatives sont annoncées depuis des mois, sans grandes illustrations concrètes, si ce n’est les mobilisations communes dans les cortèges contre la réforme des retraites.

«Un candidat unitaire ni populiste, ni égoïste»

Et si Jean-Luc Mélenchon n’entend pas le message, la carte André Chassaigne pourrait être jouée davantage par la direction du PCF. Il n’est pas candidat «officiel» mais il fait consensus dans les rangs communistes. Ses discours s’adressent déjà à «la France qui veut changer d’ère», celle «des ouvriers» et «des paysans», «à l’ensemble des travailleurs». Et le message rassure les troupes.

Lundi, au meeting parisien gymnase Japy, tous les militants interrogés, parmi quelque 800 personnes, plaidaient pour une candidature de celui qui a réalisé en Auvergne le meilleur score national d’une liste Front de gauche au premier tour des régionales (14,26%). «On veut un candidat unitaire qui ne soit ni populiste, ni égoïste, explique Bruno, 47 ans. Chassaigne a des élans populaires dans le bon sens du terme.»

Mélenchon? «Il porte des valeurs que j’apprécie mais je ne veux pas qu’il fasse passer son intérêt personnel avant celui du Front de gauche», poursuit ce militant de Champigny-sur-Marne. «Ce côté agressif, sans aller sur le fond, ça me dérange», explique Rodolphe, 33 ans, adhérent à Suresnes.

«Chassaigne apporte une vision du PCF qui me plaît, poursuit Nicolas, militant à la Jeunesse communiste en Seine-Saint-Denis. C’est un élu de terrain, proche du peuple, qui a le souci de la démocratie. Mélenchon a de bonnes idées mais ce n’est pas une bonne chose que ce ne soit pas un candidat du PCF qui représente le Front de gauche alors que nous sommes la formation majoritaire. Si les militants PCF veulent que ce soit Chassaigne, ce sera Chassaigne», tranche-t-il.

Choisi au printemps par les formations politiques, le candidat du Front de gauche sera soumis à l’approbation des militants des différents partis. Pour les communistes, le vote est prévu en juin 2011, au prochain congrès.

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 10:26
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Jorge Enrique BOTERO

Je marche dans les contreforts du massif de la Macarena avec une escouadre de 11 guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), dans les entrailles de l’ultime partie montagneuse de la Colombie avant que le paysage ne s’emplisse de larges plaines, vertes et infinies, qui mènent jusqu’au Venezuela et au Brésil, des milliers de kilomètres à l’est.

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Il y a presque trois ans que j’ai envoyé une demande au Mono Jojoy pour interviewer Tanja Nijmeijer, une jeune néerlandaise qui a intégré les FARC fin 2002. Il y a quelques jours j’ai eu la réponse. J’ai immédiatement préparé mon matériel d’enregistrement, j’ai pris quelques vêtements, et je me suis mis en route.

Maintenant que je suis les traces de Tanja et que je m’approche lentement et difficilement de l’endroit où je l’imagine, ma curiosité pour cette femme augmente. Elle est devenue une véritable légende de ces forêts inconnues où se déroule, depuis le milieu du siècle passé, la guerre la plus longue de l’hémisphère occidental.

Il y a à peine deux semaines j’ai vu à Bogotá un documentaire dans lequel la mère de Tanja demande aux FARC de permettre à sa fille de rentrer à la maison. Le film, œuvre du réalisateur néerlandais Leo de Boer, montre une mère ébahie qui vole au-dessus de la forêt amazonienne dans un hélicoptère de l’armée colombienne, et qui par haut-parleur crie à sa fille de s’enfuir. Hannie, la mère de Tanja, dans le même documentaire demande pardon à un groupe de victimes de la guerre pour les éventuelles actions violentes que sa fille a pu commettre. Tandis que nous descendons et montons des montagnes, dans un silence absolu, le bruit des mortiers faisant écho sur les roches des montagnes, je me souviens du jour où j’ai connu la Néerlandaise, en juin 2003, peu après son entrée dans les rangs de l’insurrection.

L’image d’une Tanja qui serait séquestrée par les FARC ne correspond pas à la guérillera enthousiaste que j’avais eue devant moi. Elle s’appelait déjà Alexandra et elle portait un fusil AK47 qui semblait fait à sa mesure. D’exténuantes journées d’entraînement pendant plusieurs semaines lui avaient sculpté un corps qui rendait jalouses les autres guérilleras – et ses premiers amours faisaient leur apparition dans les feuillages. On percevait aussi son côté éducatrice, raison pour laquelle le Mono Jojoy l’avait déjà remarquée. Quelques mois plus tard je l’avais revue, elle se trouvait déjà dans les campements du commandant du Bloc oriental, donnant des cours d’anglais à un groupe de guérilleros. « We are FARC, we are the people army », faisait-elle répéter à ses élèves, dans la salle de classe très bien aménagée où je l’avais rencontrée de nouveau.

Les jours et les nuits passent jusqu’au moment où Efrén, le commandant du Front 27 des FARC et chef du campement où j’attends, m’annonce, le 19 août, que je dois me préparer, parce que dans quelques heures je verrai Holanda (Tanja). « Le camarade Jorge Briceño vous envoie son salut, qui sait s’il ne vous donnera pas une interview… », ajoute Efrén.

Le 20 août je commence une courte marche à la fin de laquel je découvre Alexandra, fondue dans les feuillages, parmi 300 guérilleros qui se préparent pour une parade militaire solennelle à l’occasion du premier grade donné à 57 novices guérilleros. Par la même occasion on rendra hommage à Jacobo Arenas, l’un des fondateurs de cette mystérieuse force insurgée colombienne.

La caméra est déjà en marche, et déjà amoureuse de Tanja, lorsque soudain, dans un dense tunnel d’arbres, marchant lentement et visiblement affecté par le diabète et par le temps qui passe, apparaît Jorge Briceño, le chef du Bloc oriental des FARC, plus connu sous le nom de Mono Jojoy. Il est escorté par sa garde personnelle, par une petite armée d’infirmières, par son fils Chepe, par son ex petite amie Shirley, par sa nièce Diana et par l’homme chargé de filmer ses déplacements, Julian. Ce dernier est le neveu du Mono Jojoy, le plus redouté des guerriers des FARC et le trophée le plus convoité par le gouvernement de Bogotá.

Lorsque s’achève la parade militaire, après les hymnes et les discours, je salue le chef guérillero. « Je vous félicite d’oser venir jusqu’ici. À partir de demain vous pourrez interviewer Alexandra », m’annonce-t-il, tout en plaisantant à propos des estomacs que la vie et le cancer m’ont confectionnés.

Je remercie Jojoy de m’avoir permis de venir jusqu’à ses terres pour faire un reportage sur Tanja, mais je l’avertis que je ne pense pas m’en aller de là sans avoir enregistré une interview avec lui. « Il y a plus de sept ans que vous n’avez pas donné d’interview », dis-je. Le chef guérillero garde le silence pendant un moment qui semble éternel, avant de répondre : « Je vais y réfléchir, mais pour le moment concentrez-vous sur Holanda ».

Le 25 août, 27 jours avant qu’une tornade de bombes ne mette fin à ses jours, j’ai le Mono Jojoy devant ma caméra. C’est la dernière fois qu’il a donné une interview.


Jorge Enrique Botero : Huit années de gouvernement Uribe sont passées, plus de 10 milliards de dollars provenant des États-Unis sont passés aussi, ainsi que 30 milliards de dollars investis par la Colombie, des dizaines de milliers de soldats, des avions, des débarquements, des bombardements, des récompenses, des délateurs, et pourtant les FARC sont encore là… Comment expliquez-vous cela, commandant ?

Mono Jojoy : Tout simplement parce que le peuple est invincible, et les causes qui sont à l’origine de notre soulèvement existent encore. Et ces causes se sont multipliées avec l’uribisme, et cela fait que les FARC se perfectionnent toujours plus, tant sur le plan politique que sur le plan militaire. C’est la raison pour laquelle ni les impérialistes ni l’oligarchie colombienne ni Uribe ne peuvent nous vaincre : parce que nous sommes un peuple soulevé en armes.

Jorge Enrique Botero : Comment s’est traduit sur le plan militaire ce perfectionnement des FARC dont vous parlez ?

Mono Jojoy : Avec beaucoup plus de mobilité, avec un meilleur respect des consignes à tous les niveaux quant au déroulement tactique des opérations, quant à l’organisation des masses, quant au contact avec le peuple. Nous continuons d’avancer avec davantage de force parce que nous existons depuis 46 ans et nous aurons bientôt 47 ans. Des soulèvements populaires se produiront bientôt, non seulement en Colombie, mais dans toute l’Amérique, comme dans le monde entier.

Jorge Enrique Botero : Les FARC sortaient d’une période de presque trois ans de dialogue, d’une Zone de distension, d’une faible confrontation avec l’armée, et soudain, les dialogues sont rompus. Cela a été dur pour vous de passer de la Zone de distension au plan « patriota » ?

Mono Jojoy : La conception politico-militaire et stratégique des FARC a toujours été basée sur des unités de guérilla mobiles, propres d’une armée irrégulière. Pendant toute la période des conversations cela restait bien clair pour nous. Alors ce qui s’est produit c’est une adaptation à la nouvelle situation. En plus, si durant le gouvernement d’Andrés Pastrana il y avait bien cinq municipalités évacuées par la force publique, ailleurs il y avait confrontation politico-militaire.

Jorge Enrique Botero : Commandant, durant la marche qui m’a mené ici, j’ai eu l’occasion de converser avec beaucoup de guérilleros, qui d’une certaine façon étaient satisfaits de la quantité des entraînements, de l’expérience du combat acquise pendant ces années. Quels changements voyez-vous dans la troupe ?

Un personnel et des cadres beaucoup plus qualifiés, plus politiques, ce sont des artisans de la paix en Colombie, qui voient la confrontation militaire comme une nécessité pour parvenir à des conversations. Nous ne faisons pas la guerre pour la guerre, ou parce que cela nous plaît. C’est l’État qui a inventé cette guerre et c’est à ce même État, avec son oligarchie, avec les Gringos, qu’il revient d’en trouver la solution.

Jorge Enrique Botero : Il y a sept, la dernière fois que j’ai pu vous interviewer, vous aviez pronostiqué à un groupe de prisonniers de guerre qu’avec le président Uribe aucun accord ne se produirait, et votre pronostic s’est avéré juste. Je voudrais vous demander : à votre avis, où va cette guerre ? Comment voyez-vous le futur avec l’arrivée du nouveau président Juan Manuel Santos ?

Mono Jojoy : Santos, comme continuateur d’une politique impérialiste, oligarchique, va utiliser tous les moyens pour détruire la lutte du peuple colombien. Nous, qui faisons partie de cette lutte, nous partons du principe que le peuple est invincible ; alors la guerre doit s’achever autour d’une table de conversation, en réglant les questions signalées dans les documents des FARC. Sinon il n’y a pas d’accord. Elle ne s’achèvera ni avec des tirs ni avec des bombes, ni avec des missiles, ni avec des avions. Elle s’achèvera avec des idées, avec des politiques, en réglant les problèmes du peuple. C’est vers cela que va la guerre. Nous, modestement, très modestement, nous poursuivons la confrontation militaire parce qu’il n’y a pas d’autre issue. C’est l’adversaire qui ne veut pas parler. La guerre continuera tant que l’oligarchie souhaitera la maintenir. Nous ne sommes pas d’accord avec la guerrre, nous la faisons parce qu’ils nous y ont contraints, ils nous l’ont imposée. Il n’y a pas d’autre décision et nous le faisons avec dignité.

Jorge Enrique Botero : Il reste 19 officiers de la force publique retenus par les FARC. Que savez-vous d’eux ? Sont-ils en bonne santé, comment vont-ils ? Que pensez-vous qu’il puisse arriver quant à leur libération ?

Mono Jojoy : Tout d’abord la proposition d’Échange de prisonniers reste valable, c’est l’une de nos propositions, c’est pour cela que nous luttons, et le peuple colombien doit beaucoup lutter pour aller vers la libération de ces sous-officiers et officiers de la police et de l’armée que nous détenons. C’est là une décision politique. Le gouvernement avait dit qu’il allait les libérer en utilisant tous les moyens. Des actions audacieuses et regrettables se sont alors produites ; certains ont pu être libérés, mais rien n’indique que ces opérations connaîtront toujours le succès. L’objectif est l’Échange de prisonniers, et c’est ce pour quoi nous luttons.

Jorge Enrique Botero : Avez-vous des nouvelles des otages ? Quel est leur état de santé ?

Mono Jojoy : Ils sont dans une situation compliquée en raison de la mobilité, en raison des opérations militaires, avec les bombardements qui les mettent en danger, alors qu’ils ont combattu en défense de l’État, en faveur de l’oligarchie colombienne, laquelle n’a pas le moindre intérêt pour eux maintenant. L’oligarchie les utilise comme chair à canon, ils meurent ou ils sont mutilés, alors que ce sont des pauvres comme nous, des gens du peuple.

Jorge Enrique Botero : On a beaucoup parlé de l’isolement supposé dans lequel se trouveraient les FARC, on est allé jusqu’à dire que vous êtes contraints de manger des racines. Tout récemment on a fait beaucoup de publicité à propos de certaines grottes où vous vous trouviez caché… on dit que vous êtes déconnectés du monde. Le Mono Jojoy se sent-il connecté au reste du monde ?

Mono Jojoy : Nous sommes connectés au monde. Nous sommes informés, et aujourd’hui les FARC sont connues partout où il y a des êtres humains. Nous mangeons des racines ? Oui nous mangeons de la yucca, nous mangeons des pommes de terre, des arracachas, et bien d’autres… Nous allons très bien, dans le meilleur état physique, parce que nous sommes des athlètes, nous sommes mobiles, et rien ne nous intimidera.

Jorge Enrique Botero : Le génie politique et militaire de Marulanda manque beaucoup aux FARC aujourd’hui ?

Mono Jojoy : Nous avons été très affectés, tous les guérilleros des FARC, le Secrétariat, l’État major central, les commandements de Bloc, les commandements conjoints, les Fronts, tous, parce qu’il est irremplaçable.

Jorge Enrique Botero : Quelle est la politique des FARC sur la question des frontières ?

Mono Jojoy : Nous préconisons les bonnes relations avec les voisins, pour l’organisation des masses, pour le respect mutuel. Sur ce plan certaines fautes ont été commises à certains niveaux où les consignes n’ont pas été correctement respectées ; et nous avons connu des difficultés. Mais nous défendons la fraternité, parce que nous sommes des peuples bolivariens, qui luttons de la même façon pour la liberté, la justice et l’unité.

Jorge Enrique Botero : Que répond le Mono Jojoy à ceux qui affirment que le temps des armes est révolu ?

Mono Jojoy : Chacun pense à sa façon. Que ce soit le président d’un État, que ce soit le sénateur d’une République, une personne au pouvoir, chacun a sa façon de penser. Nous, qui appartenons à la lutte populaire, nous pensons que la lutte armée révolutionnaire est pleinement d’actualité et c’est pour cela que les documents officiels des FARC ne doivent pas être modifiés. Il s’agit des oligarques et des impérialistes. Le jour où cesse l’agression contre les peuples du monde, le jour où l’oligarchie cesse de tuer les Colombiens, nous réaliserons des changements en conséquence.

Jorge Enrique Botero : Alexandra combat dans votre unité, c’est la jeune holandaise qui a intégré les FARC en 2002. Quelle opinion avez-vous de cette personne ? Comment interprétez-vous le fait qu’une fille comme elle entre dans la guérilla colombienne ?

Mono Jojoy : Elle est arrivée en Colombie pour des questions de travail, en raison de son souhait de connaître le monde. Elle a commencé à connaître les FARC, on lui parlait très mal des FARC, on lui disait que les FARC n’existaient pas, ou que nous étions ce qu’il y a de pire, et elle a commencé à nous connaître et elle est tombée amoureuse de la lutte révolutionnaire à partir des FARC. Finalement, vivant dans la guérilla, elle est une extraordinaire étudiante. Elle fait tout ce que doit faire un guérillero, elle a fait les cours de base, les cours moyens, les cours généraux. Elle travaille très bien et les gens l’aime beaucoup. En plus, elle commence à avoir un rôle dirigeant parce qu’elle en a la capacité. C’est une fille dont on a beaucoup parlé, mais c’est une révolutionnaire européenne, c’est une internationaliste, et par elle beaucoup d’autres peuvent venir, parce que l’exploitation est mondiale.

Jorge Enrique Botero : Lorsque cette fille a intégré les FARC et que vous l’avez vue vous avez pensez qu’elle pouvait être guérillera ou vous avez eu des doutes ?

Mono Jojoy : Au début, la première fois que nous nous sommes vus, étant donnée notre expérience, je me suis dit « elle va pas tenir », c’est en raison du comportement qu’il faut avoir dans la montagne, en raison de son état physique. Mais je me suis trompé et maintenant elle marche plus que moi.

Jorge Enrique Botero

Source : Revue Question (http://questiondigital.com/?p=8016)

Traduction : Numancia Martínez Poggi

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Colombie-La-derniere-interview-du-Mono-Jojoy-les-causes-qui-sont-a-l-origine-de-notre-soulevement-existent-encore.html
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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 10:15

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Par Andreï Fediachine, RIA Novosti

Tous les mémoires politiques constituent un exercice de réhabilitation. Cela paraît banal mais c’est un fait. A plus forte raison s'agissant des mémoires d’un président ou d’un premier ministre. Depuis longtemps cela ne répond plus à l’idée initiale des mémoires qui est de présenter une interprétation sage et sensée des actions accomplies. Désormais c’est une sorte de frappe anticipée : se décrire dans l’histoire avant que les historiens le fassent.

George Bush junior, 43e président américain, a attendu près de deux ans avant de suivre le chemin des autres présidents et premiers ministres. Les Etats-Unis ont été frappés par les 497 pages et 14 chapitres de son livre Decision Points : les moments décisifs ou les étapes décisives, à votre guise. L’anglais et le contenu permettent les deux interprétations.

Les 14 chapitres décrivent précisément ces moments décisifs de la vie et de la présidence, lorsque ‘’ notre ami Bush ‘’ devait soit frapper du poing sur la table en faisant une déclaration historique et monumentale, soit se cacher sous cette même table en se condamnant soi-même et les Etats-Unis à la honte éternelle. En ce qui concerne cette dernière option, Bush en parle ou y fait allusion pratiquement dans chaque chapitre en la qualifiant de pire péché pour un patriote et un Américain.

Les mémoires abordent principalement le 11 septembre 2001, l’Afghanistan, l’Irak, la torture des musulmans prisonniers dans le camp de Guantanamo, l’ouragan Katrina, le crash de Wall Street et la crise financière mondiale. On y trouve également des souvenirs concernant Israël qui exigeait de Bush de bombarder la Syrie et l’Iran pour les punir de leurs tentatives de créer la bombe nucléaire et la manière sage de Bush de refuser, en pesant le pour et le contre.

Le refrain principal de la justification de Bush est prévisible et ennuyeux : certaines erreurs ont sans doute été commises mais dans l’ensemble toutes les décisions étaient justes, et cela a été profitable au monde (l’Afghanistan, l’Irak, le Proche-Orient, les Etats-Unis, l’Europe). Et on ignore où ce monde en serait aujourd’hui sans Bush et ses étapes décisives.

‘’ On m’a confié la protection des Etats-Unis et les décisions que j’ai prises étaient nécessaires. Peu importe ce que l’on pense de moi. J’ai été au service des Etats-Unis. Je m’y suis consacré corps et âme. Je suis un homme satisfait ‘’, a-t-il déclaré dans une interview sur une chaîne américaine à la veille de la sortie du livre.

En fait, de toute la période d’après guerre (depuis la Seconde guerre mondiale), aucun président américain n’avait encore osé de rendre public les souvenirs qui auraient une valeur historique, sans parler de leur valeur artistique. Non pas que tous ces livres soient de la littérature désespérément futile. Même le livre de Bush est lisible, et parfois, entre les lignes, on entend même sa voix spécifique et ses expressions caractéristiques. Comme l’a noté un journal américain, malgré sa platitude le livre est tout de même lisible et compétent… Pour ceux qui étudient la présidence et la psyché présidentielle. Rien de plus. Pour le reste, tout est étonnamment ennuyeux.

En lisant tout cela on a l’impression de discuter avec un Bush junior en carton. Comme ceux vendus aux touristes à chaque coin de Washington ou de New York (comme c’est le cas de Sarkozy à Paris, de Merkel à Berlin ou de Berlusconi à Rome). Il y a trop de vertu sous toutes ses formes qui, de plus, parle la langue des communiqués de presse et des transcriptions.

Bien qu’à première vue les mémoires présidentiels semblent parler du passé, en réalité cela concerne le présent et l’avenir. Et il n’y a aucun doute là-dessus, surtout vu le fait qu’ils sortent juste après les élections au Congrès du 2 novembre (les démocrates ont perdu la Chambre des représentants, plusieurs postes de gouverneurs, le pays est devenu plus à droite). C’est une sorte de chorégraphie de la mémoire, c'est de la musique ou le libretto des événements historiques qui semblaient appartenir au passé. Car George Bush a laissé à Barack Obama un héritage très plutôt lourd : les guerres en Irak et en Afghanistan, la crise économique et financière, les problèmes de l’immigration, le chômage, la réduction des privilèges sociaux, etc. Tout est exact. Tout se présente mal. Pour les républicains.

Mais si les républicains veulent placer leur candidat à la Maison Blanche à la prochaine présidentielle de 2012 (la campagne présidentielle débute de facto dès l’année prochaine), ils ont besoin d’une ‘’ nouvelle lecture de Bush. ‘’ Son livre est précisément l’une de ces relectures. La réhabilitation de Bush ne concerne pas tant Bush personnellement que le parti républicain et sa percée vers la Maison Blanche. Sans le ‘’ nouveau Bush ‘’, avec des erreurs mais des élans profondément patriotiques, et sa consécration ‘’ cœur et âme pour les Etats-Unis ‘’, aucune catharsis n’est possible.

Ils ne devraient donc pas s’attendre à remporter la présidentielle. Et les mémoires ne sont que le début de ce processus de réhabilitation.



Ce texte n’engage pas la responsabilité de RIA Novosti

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 10:12

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http://www.monde-diplomatique.fr/publications/atlashistoire/joffre

Le général Joffre (1852-1931) est à l’origine d’un mot qui, sans que beaucoup le sachent, perpétue son souvenir : «  limoger  ». Il donna l’ordre, en effet, d’assigner à résidence à Limoges, à partir d’août 1914, une centaine de généraux qu’il jugeait incapables. Mais sa propre gloire est-elle bien méritée  ?

Lorsqu’en 1911 le gouvernement français propulse à la tête de l’état-major Joseph Joffre, ce simple général de division est encore inconnu. Formé à l’Ecole polytechnique, il n’est pas breveté par l’école de guerre – il appartient au génie – et ses faits d’armes se limitent à la prise de Tombouctou, le 12 février 1894, à coups de fusils et de canons contre des combattants équipés de javelots.

C’est donc sous l’autorité d’un homme peu expérimenté que l’armée française se prépare à la guerre. Avec le colonel Grandmaison, Joffre élabore une tactique d’offensive à outrance au détriment de la défense du territoire. Le plan XVII, achevé en 1913, encourage les Allemands à déployer leur propre stratégie (le plan Schlieffen), connue du ministère de la guerre français depuis 1904 et qui prévoit d’attaquer la France par la Belgique. Objectif  : attirer les troupes allemandes à la frontière franco-belge pour ouvrir la voie à une victoire rapide en Lorraine.

Désastres

Les opérations d’août 1914 furent ce qu’elles devaient être. Volontairement tenus dans l’ignorance des buts poursuivis, les généraux français appliquent les instructions docilement  ; laissée libre d’envahir la Belgique, l’armée allemande avance vers les Ardennes. Les troupes françaises attaquent à Sarrebourg et Morhange, mais, loin de surprendre l’ennemi, se heurtent à une défense solide  : les Allemands, eux, ont pensé à protéger leurs frontières.

Toutes les batailles livrées entre le 8 et le 24 août 1914 – toutes, sans exception – se soldent par des désastres. Le recul est général, la Belgique submergée, et les Allemands sont installés sur le sol français pour quatre ans. Ces semaines furent les plus sanglantes du conflit : en seize jours, la France déplore autant de morts qu’à Verdun durant les quatre premiers mois de la bataille défensive, de février à juin 1916.

Pendant un an et demi, les défaites se succèdent, mais Joffre reste aux commandes. Ce n’est qu’en décembre 1916 qu’Aristide Briand obtient la démission du général qui, en compensation, est élevé à la dignité exceptionnelle de maréchal de France. Pourquoi ce retard  ? Pourquoi cet honneur  ? En partie parce que, seul maître à bord dans la zone des combats, le généralissime s’est rendu coupable de falsifications qui lui ont permis, grâce aux artifices d’un entourage menacé comme lui d’être congédié, de se maintenir en place.

370 000 morts

Pour cette opération de sauvetage personnel, il fabrique des informations erronées, destinées à tromper le gouvernement sur la réalité de la situation. Taisant les revers subis, il explique avoir disposé ses armées en supériorité numérique dans les meilleures positions, attendant qu’elles accomplissent leur devoir  : «  La parole est maintenant aux exécutants qui ont à tirer parti de cette supériorité  », écrit-il dans un télégramme au ministre de la guerre le 23 août 1914.

Vingt-quatre heures plus tard, affectant l’air navré du chef qui vient d’être contredit dans ses espérances, il avoue des désastres vieux de plusieurs jours et accable les prétendus responsables  : «  Force est de se rendre à l’évidence. Nos corps d’armée, malgré la supériorité numérique qui leur avait été assurée, n’ont pas montré en rase campagne les qualités offensives que nous avaient fait espérer les succès partiels du début.  »

Une «  évidence  », des «  succès partiels  » ? En termes de tués, blessés, disparus et prisonniers, la saignée d’août 1914 touche, côté français, plus de 370 000 hommes. Les généraux présents sur le terrain, qui n’ont fait qu’obéir aux ordres, sont décrétés coupables et «  limogés  ». La supériorité numérique revendiquée n’était pourtant qu’un mensonge.

Si nul ne réfute plus ces faits, le souvenir de cette débâcle a laissé peu de traces dans la mémoire nationale, en raison de la réussite de cette manipulation  : Joffre demeure le fameux «  vainqueur de la Marne  », celui qui réquisitionna les taxis parisiens pour acheminer des hommes au front, celui que la foule ovationna le 14 juillet 1919 sous l’Arc de triomphe, celui qui eut droit à des funérailles nationales et dont le Parlement déclara, en janvier 1931, qu’il «  a[vait] bien mérité de la patrie  ». Combien de rues, places et autres avenues portent encore ce nom, celui d’un chef de guerre médiocre doublé d’un imposteur ?

 

Roger Fraenkel est historien

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 10:11

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Dans la continuité des propos tenus par Nicolas Sarkozy durant sa campagne électorale de 2007 sur le thème du "refus de la repentance" à propos du passé colonial de la France, trois faits témoignent de ce que l'éloge de la colonisation et les tentatives de réhabiliter les plus farouches partisans de son maintien sont, de manière inquiétante, remis à l'ordre du jour.

 

D'abord, la loi du 23 février 2005, qui demandait que "les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord", vient d'être exhumée et réactivée. Bien que, devant les polémiques qu'elle avait suscitées, le président de la République d'alors avait eu la sagesse de faire retirer cette phrase de son article 4 et, en même temps, de ne pas appliquer son article 3, qui prévoyait la création dans le même esprit d'une Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, le secrétaire d'Etat aux anciens combattants, Hubert Falco, a installé, le 19 octobre, à l'hôtel des Invalides, ladite Fondation, avec pour vice-président celui qui avait été le principal artisan de la loi de 2005, Hamlaoui Mekachera.

Parmi les quinze membres de son conseil d'administration, il a annoncé que siégeait, outre Mekachera et cinq représentants de l'Etat, un quarteron de généraux signataires en 2002 d'un manifeste affirmant que "ce qui a caractérisé l'action de l'armée française en Algérie ce fut d'abord sa lutte contre toutes les formes de torture" : les généraux Bertrand de La Presle, François Meyer, Jean Salvan et Pierre de Percin. Le Livre blanc de l'armée française en Algérie dont ce texte constitue la préface, paru la même année, dénonce, comme au plus fort de la bataille d'Alger, la prétendue "campagne de désinformation" sur le recours par l'armée française à la torture, dont se rendraient coupables des quotidiens comme Le Monde, L'Humanité et Libération. Et déplore que des instances universitaires aient permis la soutenance en 2000 de la thèse de l'historienne Raphaëlle Branche, L'Armée et la torture dans la guerre d'Algérie, pourtant primée à l'Institut politique de Paris par la mention très bien et les félicitations d'un jury unanime et qualifié.

C'est à ce conseil d'administration qu'il reviendra de choisir le conseil scientifique de ladite Fondation, en nommant, selon les termes d'Hubert Falco, "les chercheurs qui lui sembleront le plus à même d'apporter leur pierre singulière à l'édifice de la mémoire". Rien d'étonnant qu'en raison de la défiance des historiens face à une telle institution, il ne soit pas encore parvenu à annoncer la composition du conseil scientifique.

Rapprochement alarmant

Bien qu'il mette en avant les thèmes de la réconciliation et de la recherche de l'apaisement, il apparaît que l'objectif réel poursuivi par ce secrétaire d'Etat, par ailleurs maire de Toulon, est de tenter de gagner les faveurs des jusqu'au-boutistes de l'Algérie française et anciens de l'Organisation armée secrète (OAS), nombreux dans la droite extrême, en lesquels il voit une réserve de voix utile pour les prochaines échéances électorales.

Deux autres faits récents témoignent de la même recherche d'un rapprochement alarmant. A Marignane, en 2005, le maire UMP, ex-Front national, Daniel Simonpieri avait, à la demande des anciens de l'OAS regroupés dans l'Amicale pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l'Algérie française (Adimad), permis l'érection dans un cimetière municipal d'un monument en hommage aux tueurs de l'OAS jugés et fusillés, monument dont le tribunal administratif de Marseille avait ordonné en 2008 le retrait (en raison de l'absence d'un vote en conseil municipal).

Le nouveau maire divers droite, Eric Le Dissès, avait appliqué la décision de justice et défendu l'idée que seul un monument voué à tous les morts de la guerre d'Algérie serait légitime. Puis, changeant d'avis à l'approche de prochains scrutins, il a fait voter le 27 octobre par son conseil municipal la réinstallation de la stèle "aux combattants tombés pour que vive l'Algérie française". Tandis que le chef local de l'UMP Simonpieri faisait l'éloge en plein conseil de "ceux qui ont choisi la voie de l'honneur, combattant celui et ceux qui avaient renié leur parole", et qui se sont "engagés dans l'OAS, commandée par le général Salan".

Peu avant, le 22 octobre, à Pau, dans l'enceinte de l'Ecole des troupes aéroportées (ETAP) et en présence du colonel qui la commande et des représentants de diverses autorités militaires, a eu lieu une cérémonie en l'honneur du colonel Pierre Château-Jobert, l'un des organisateurs du putsch d'Alger d'avril 1961, puis commandant de l'OAS dans le Constantinois, au cours de laquelle un buste à son effigie a été inauguré. Cela en présence aussi de plusieurs membres de l'Adimad venus avec leur drapeau, dont son président, Jean-François Collin. Ce dernier a été à l'origine, en février 1962, de la tentative d'assassinat, sur son lit de l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, d'Yves Le Tac, compagnon de la Libération et frère d'un ministre gaulliste, alors soigné pour avoir subi plusieurs attentats de l'OAS en Algérie, dont il avait réchappé.

Quand, sur différents thèmes relatifs aux Roms ou à l'immigration, on a vu les chefs de la majorité présidentielle chercher à recueillir les faveurs de la droite la plus extrême, de nombreuses voix se sont levées. Serait-il concevable que cette façon de réhabiliter ceux qui ont dérivé vers le terrorisme pour tenter de maintenir à toute force l'Algérie française ne suscitent pas la même indignation ?

 

 

François Gèze, éditeur et Gilles Manceron, historien et vice-président de la Ligue des droits de l'homme
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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 10:08

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Pour DiversesCités

 

G20 avorté à Séoul

La réunion du Groupe dit des 20 qui vient de se tenir à Séoul en Corée du Sud s’est achevée comme un non événement. La France va présider ce groupe durant l’année 2011 plus généralement qualifié les « nouveaux maîtres du monde ».

Le groupe des 20 (19 pays plus l’Union européenne) a été créé en 1999 après la succession des crises financières. Il représente 80% du commerce international et 90% du produit mondial brut. L’immense majorité des pays de la planète est exclue de ce club qui regroupe 19 chefs d’Etat et de gouvernement, leurs ministres des finances, les gouverneurs des banques centrales. Pour les experts du FMI actuellement dirigé par Dominique Strauss Kahn, « la gouvernance mondiale ne pourra évoluer qu’à travers le G20 » qui accueille non seulement le FMI mais aussi le président de la banque mondiale, celui du comité monétaire et financier international. Exit l’ONU rangée par les grandes puissances aux rayons des vieilleries.

Quel bilan de la réunion de Séoul ? Selon la plupart des observateurs, ce sommet s’est terminé sur un échec aucune des grandes questions - les problèmes monétaires, les matières premières - n’ayant trouvé un compromis. Les maîtres du monde ont joué à minima en adoptant un texte reportant à plus tard la recherche d’accords.

Lors des dernières réunions du groupe des 20, à Washington, à Londres, à Pittsburg, en pleine crise, les chefs d’Etat et de gouvernement avaient tenu de vifs propos sur « la nécessaire régulation du capitalisme », sur les paradis fiscaux, les traders… en se retrouvant pour débloquer des milliards d’euros et de dollars en faveur des banques. A Séoul, rien de tout cela. La pauvreté dans le monde, l’emploi, la juste répartition des richesses n’ont pas fait l’objet d’échange dans la capitale sud-coréenne, encore moins d’engagement d’actions. La France va présider ce groupe qui a décidé la tenue d’un « séminaire » sur les monnaies en Chine au printemps prochain et rien de plus. Les maîtres du monde ne sont pas en manque d’idées. Ils roulent pour eux et seulement pour eux.

José Fort

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 20:01

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Il en était conscient, averti, prévenu. Vendredi soir dernier, dans sa chronique hebdomadaire au sein de l’émission de Franz-Olivier Gisbert, Nicolas Bedos n’a pas sourcillé en lisant sur son prompteur ses propres mots, défilants en ordre de bataille sous le regard médusé, ou le rire gêné de tous.

La semaine critique , c’est le nom de l’émission en question qui, pour l’occasion, recevait entre autres Michel Rocard, Elisabeth Lévy et Alain Finkielkraut. C’est dire s’il fallait du cran au jeune Bedos, qui décidemment tient beaucoup de son père, pour se livrer à cet exercice périlleux en cette compagnie. En cause ? Une critique franche et directe de la politique menée par l’Etat d’Israël, ainsi que du business éhonté existant autour de la Shoah. Le tout en direct sur le service public s'il vout plait. Le téléspectateur lambda, formaté à l’idéologie dominante depuis l’achat de sa télévision, a eu bien des raisons de se frotter les yeux, perturbé qu’il était par cette chronique fracassante et décalée.

Au départ, l’humoriste oriente son papier sur la critique d’un film récent, Elle s’appelait Sarah, film utilisant avec excès, comme tous ses semblables, « la mémoire de la shoah afin de renflouer les caisses lacrymales du cinéma français », grâce bien entendu au « devoir de mémoire, qui dispense au passage le cinéaste de faire preuve du moindre talent, et lui permet de se hisser vers le million d’entrées en raflant les écoliers d’aujourd’hui pour les parquer de force dans des salles de cinéma pédagogiques ».

Et Bedos de poursuivre, avec encore plus de brio et d’audace : « Jeudi je fais un nouveau rêve, celui dans lequel je pourrais dégueuler sur Netanyahou et sur la politique menée par l’Etat d’Israël sans que personne ne me traite d’antisémite (…) ou d’antisémite inconscient qui, au fond de lui, n’ose le dire consciemment mais rêve de voir pendus : Patrick Bruel, Primo Lévy, Pierre Bénichou et ce qui reste d’Ariel Sharon (…) moi qui suis tellement con que je n’ai pas saisit cette notion très subtile selon laquelle s’indigner devant une politique honteuse c’est vouloir du mal à tous les juifs de la planète ».

Un coup de fouet, une décharge électrique, un rayon de soleil sur le PAF. Quel plaisir de se délecter des sourires crispés d’Elisabeth Lévy, et mieux encore, de l’air effondré du grand Finkielkraut qui, comme par un heureux hasard, venait justement présenter un nouveau livre consacré à - devinez quoi – l’extermination des juifs par les nazis (« L’interminable écriture de l’extermination »). Nicolas Bedos médaillé d’or du courage médiatique de l’année ? L’humoriste a toutes ses chances. Dommage que ce dernier finisse tout de même par en placer une contre Dieudonné, sur un ton malgré tout un brin ironique.

Malheureusement, et vous l’aurez compris, ce genre de courage n’est pas tellement salué et récompensé dans les médias français. Au contraire, il est même bien souvent sanctionné. La sanction en question étant une action en justice menée par la flopée habituelle d’associations « antiracistes », qui n’en manquent pas une pour contribuer au business mémoriel, ou encore, plus classique, une disparition totale des écrans, avec un dénigrement et une diabolisation en guise d’accompagnement. C’est donc à se demander pourquoi le fils Bedos en est arrivé à se tirer une balle dans le pied, en scandant la vérité à qui voulait bien l’entendre en direct sur le service public (France 2). Qu’importe, mieux vaut la sincérité et le courage que l’hypocrisie et la lâcheté. Un coup de maître à saluer aussi ouvertement que possible.

Question : ce probable suicide médiatique sera-t-il logiquement suivi des habituelles conséquences ? Les symptômes pourraient apparaitre très prochainement. Le premier, inquiétant, étant déjà en cours. En effet, les médias ont très peu parlé de cette sortie héroïque – pour ne pas dire pas du tout. Pour le reste, il faudra patienter. En attendant, un grand bravo bien mérité pour Nicolas Bedos, en lui souhaitant de ne pas céder à la pression et de tenir la barre, emporté par le courage et la fougue de la jeunesse.

La chronique en question :

http://www.lepost.fr/article/2010/11/08/2296929_nicolas-bedos-histoire-d-un-suicide-mediatique-en-direct.html
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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 19:44

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Amis du Peuple du Sahara occidental (APSO)

Il n’existe pas de métaphore pour le régime démocratique marocain admiré par M Kouchner, suite aux violentes répressions des manifestations pacifiques sahraouies par les autorités marocaines, la destruction d'un camp de protestation pacifique de 7000 tentes.

Il n'existe pas de métaphore.
Réduire au silence les Sahraouis veut dire les enlever, les torturer, les humilier.
Réduire au silence les Sahraouis, hommes femmes enfants, veut dire les tuer.

Les paroles de M Kouchner le rendent complice des assassinats de femmes et d'enfants sahraouis de ces derniers jours.
La démocratie marocaine assassine à huis clos, les journalistes et les observateurs sont interdits d'entrer au Sahara Occidental occupé.

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Deux bébés blessés, sur les 12 trouvés seuls dans les restes du campement détruit par les autorités marocaines

La cruauté, la violence déchaînée et bestiale des autorités marocaines sur les Sahraouis c'était hier et avant-hier, et ça continue.
Des Sahraouis sont morts, morts violentes, coups et balles : 11 annoncés par le ministère de lIinformation de la République Sahraouie, puis 8 corps découverts prés de la rivière Saguia el Hamra et dans la ville. 18 corps de femmes. 25 corps découverts dans un trou près des campements détruits...
Et 723 sont blessés, 163 arrêtés et 159 portés disparus.

La France hypocrite dénonce la violence et salue ce progrès démocratique.
La France hypocrite interdit à l'ONU de surveiller les atteintes aux droits de l'homme au Sahara occupé et de protéger les civils, violentés depuis 35 ans.
La France hypocrite valide les transferts des fonds par millions d'euros de l'Europe au Maroc, pour son bon voisinage, son accord de pêche, son statut avancé...
La France hypocrite attend que le colonisé se mette d'accord avec son agresseur.
La France hypocrite et médiocre soutient une solution politique d'"autonomie" du peuple, solution impossible au regard du droit international, et qui veut dire abandonner ainsi le peuple sahraoui à l'extermination programmée par son colonisateur.

La France fière doit agir en urgence pour assurer la protection du peuple sahraoui et son indépendance sur sa terre.

Cliquez sur le lien pour  :Vidéos de l'intifada en cours à El Ayoune

Merci à APSO
Source: http://ap-so.blogspot.com/2010/11/loued-saguia-el-hamra-riviere-rouge-de.html
Date de parution de l'article original: 10/11/2010
URL de cet article: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=2364


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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 19:33

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Fausto Giudice

Il suffit de regarder les vidéos qui arrivent à franchir le mur d’acier élevé par les forces d’occupation pour s’en convaincre : au Sahara occidental occupé par le Maroc, une véritable intifada est en cours. Comme en Palestine en 1987, les protagonistes en sont les chebeb – les jeunes,  y compris les très jeunes – et les femmes. Un seul cri retentit sur les barricades bricolées par les insurgés : « Fuera Marruecos ! », Dehors le Maroc. Et s’ils le crient en espagnol, c’est parce que l’espagnol est leur langue de communication principale avec le monde extérieur, le monde tout court, autrement dit nous.

Il y a quelques jours, les salopards qu’on désigne sous le terme de « makhzen », autrement dit le pouvoir du roitelet M6, ont fait preuve d’un culot et d’un cynisme qui n’ont d’égal que la chutzpah de leurs amis, alliés et complices de Tel Aviv : ils ont profité de l’ouverture du énième round de négociations avec le Front Polisario à New York pour célébrer à leur manière le 35ème anniversaire de la sinistre Marche verte, qu’il faudrait plutôt appeler la Marche noire. Avant même le lever du soleil, ils ont donné l’assaut au campement de Gdeim Izik, où des dizaines de milliers de Sahraouis s’étaient rassemblés au fil des jours pour exprimer leur ras-le-bol de l’occupation.

Les forces de répression ont fait preuve de la sauvagerie que permet l’assurance de jouir d’une impunité totale. En effet, l’ensemble des gouvernements des démocraties occidentales, USA, Espagne et France en tête soutiennent inconditionnellement l’occupation illégale du Sahara occidental, qui ressemble de plus en plus à une autre occupation, celle de la Palestine.
 
Là-bas, les sionistes de Ben Gourion avaient pris la relève de la puissance occupante, l’Empire britannique, au nom de droits historiques inscrits dans la Bible. Ici, le Maroc de Hassan II a pris la relève de l’Espagne dès la mort du Caudillo, au nom de la « marocanité » historique du territoire. Là-bas, les sionistes avaient instrumentalisé la souffrance endurée par les juifs en Europe et la mauvaise conscience des Alliés. Ici, le makhzen a exploité la déshérence des masses marocaines, entraînées dans une aventure qui leur promettait du pain et des roses et abandonnées par une gauche, à ce point terrorisée par le pouvoir royal qu’elle avalisa toutes ses saloperies, condition pour elle pour accéder au « pouvoir », aux honneurs et aux Mercedes noires.
L’intifada palestinienne de 1987 était partie de la base, sur le terrain, loin de Tunis, où siégeaient l’OLP et son chef Arafat, après leur fuite de Beyrouth en 1982. Par la suite, les « représentants » du peuple palestinien avaient tenté de prendre le contrôle et de canaliser ce soulèvement autogéré. Et surtout de l’utiliser pour négocier le bout de gras avec les sionistes. On connait le résultat : il n’est pas glorieux pour les « représentants » du peuple palestinien.

Le Front Polisario, sans avoir atteint le degré de corruption et de dégénérescence atteint par l’OLP de Mahmoud Abbas, est lui aussi loin du terrain de l’occupation et de la lutte, cantonné qu’il est entre Tindouf, Alger et New York. Il n’a pas les moyens d’aider pratiquement la population actuellement soulevée dans les territoires occupés du Sahara. Celle-ci en est donc réduite à « compter sur ses propres forces tout en recherchant l’aide internationale », pour reprendre une expression utilisée par les Vietnamiens durant la guerre contre l’occupant yankee.

Que peut-on faire pour les Sahraouis soulevés ?

Au moins, s’informer et informer autour de soi, car les médias planétaires semblent dans leur écrasante majorité s’être pliés à l’interdiction émise par le makhzen d’informer en direct depuis le Sahara occidental occupé.
 
Au plus, interpeller nos dirigeants et « représentants » sur leur appui explicite ou tacite à un régime odieux.
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