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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:16

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http://www.lavoixdunord.fr/region/frederic-naveteur-nouvel-homme-fortdu-parti-communiste-ia32b0n1244523

 

Frédéric Naveteur connaît une ascension fulgurante au sein du Parti communiste français (PCF). Le 16 avril, ce franc-tireur a remplacé Annick Duhamel en tant que secrétaire de section du PCF de Bruay-La Buissière. Il est membre du parti depuis seulement une année.

 

 

Frédéric Naveteur n’est pas un apparatchik. Membre du Parti communiste français (PCF) depuis seulement un an, l’homme âgé de 47 ans est pourtant devenu, à la mi-avril 2013, le nouveau secrétaire de section de Bruay-La Buissière. Mais l’ingénieur en réseau informatique affirme avoir « toujours été communiste ». « J’ai grandi dans l’idéologie marxiste. Comme Obélix, je suis tombé dans la marmite étant petit », raconte-t-il sourire aux lèvres. En effet, ses deux parents sont des militants communistes. Son père, Jean-Claude, a même été maire sous la bannière du PCF à Avesnes-les-Aubert, près de Cambrais, de 1995 à 2008.

Lui n’a jamais voulu s’engager, ni se syndiquer de peur que « cela nuise à [sa] carrière professionnelle ». Jusqu’en 2007, il était responsable informatique dans un organisme lié à la médecine du travail à Lille. Ce père de famille de deux enfants est maintenant à la tête, avec sa compagne, de sa propre entreprise familiale d’informatique située dans la commune bruaysienne où il habite depuis 2006. Créée en 2008, son entreprise ne compte pas de salariés. Mais il s’en satisfait complètement : « Je voulais être mon propre patron. J’en avais plein le dos de toujours avoir un responsable au-dessus de moi. »

Aujourd’hui, le communiste n’a plus peur d’afficher ses opinions politiques. Mais avant de franchir le pas du militantisme, il a attendu les campagnes présidentielles et législatives de 2012 où il a collé et tracté pour le Front de gauche. « Le ras-le-bol de la politique néolibérale de Sarkozy, la campagne de Mélenchon et le retrait de mon père de la vie politique m’ont poussé à m’engager au PCF », explique-t-il.

L’ancien président défait, le militant n’est pourtant pas plus tendre avec François Hollande qu’il accuse de « salir » l’image de la gauche en « menant un politique dans la droite ligne des gouvernements précédents ». « Mis à part le mariage pour tous, qui a fait écran de fumée, le changement n’a pas eu lieu », déplore-t-il.

En bon sniper, le secrétaire de section ne rate pas non plus l’occasion d’épingler le maire socialiste de la ville, Alain Wacheux : « Il est complètement déconnecté de la vie réelle. Comment peut-il comprendre la vie de ses concitoyens qui gagnent pour la plupart 1 000 euros par mois alors que lui en gagne des milliers grâce au cumul de ses mandats ? »

Il affirme que les communistes n’excluent aucune option pour les municipales de 2014, avec notamment une possible liste avec le Parti socialiste (PS) comme en 2008. Malgré ses attaques virulentes contre les socialistes, il n’y voit aucune contradiction avec son discours. « Je veux faire barrage au Front national. Je préfère que le PCF s’unisse avec un parti républicain plutôt que de laisser gagner un parti extrémiste. »

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:13

sportisse.jpgENTRETIEN. C’est à Villejuif, où il vit avec son épouse depuis 1994, que William Sportisse a reçu la rédaction de l’Humanité, ce journal qu’il lit depuis sa jeunesse dans l’Algérie de l’époque du colonialisme. Le fascisme, le colonialisme, l’exploitation de l’homme par l’homme, l’islamisme, il les a combattus au prix de la clandestinité, de la prison, de la torture, au nom de convictions communistes inaltérables.


Votre enfance se déroule dans une famille juive de Constantine. 
Vous décrivez les liens entre les milieux populaires juifs et musulmans dans cette Algérie coloniale. 
Les antagonismes de classes sont-ils plus forts que les différences religieuses ?

William Sportisse. Dans certaines entreprises de Constantine, notamment dans l’ébénisterie, il y avait une majorité d’ouvriers juifs. J’ai connu ces ouvriers dans la période de la montée du fascisme. Ils se sentaient proches des ouvriers arabes. Tout ce contexte, marqué par un racisme particulièrement fort dans le Constantinois, m’a entraîné dans les luttes contre le fascisme et contre le système colonial. La grosse colonisation terrienne a toujours voulu exercer sur la minorité européenne une influence idéologique et politique pour la séparer des Algériens exploités et opprimés par le colonialisme. Son objectif était aussi de neutraliser la population juive, faute de pouvoir la ramener de son côté. Au sein des minorités juive et européenne, il y avait une opposition entre ceux qui avaient intérêt à se mettre du côté de la colonisation et ceux qui n’avaient aucun intérêt à la défendre et qui comprenaient de mieux en mieux qu’il leur fallait s’unir aux travailleurs algériens. La majorité des juifs de Constantine étaient d’origine autochtone judéo-berbère ou étaient les descendants de ceux qui avaient quitté l’Espagne pendant l’Inquisition. Peu nombreux étaient les juifs venus de France.

Quels sont les éléments déclencheurs de votre engagement communiste qui va déterminer toute votre vie ?

William Sportisse. Pour nous, le problème ne se posait pas en termes de judaïté ou non, mais en termes de classe. Nous étions communistes et la chose essentielle qui se posait, c’était d’en finir avec le système colonial et de lutter contre l’exploitation de l’homme par l’homme. Mon grand frère Lucien a été l’élément moteur de notre prise de conscience. Il était instituteur et il a mené des luttes qui lui ont valu la répression coloniale. Après avoir été révoqué de l’enseignement en 1934, il fut rétabli dans sa profession par le Front populaire, mais muté en France. Engagé dans la Résistance, il sera assassiné par la Gestapo à Lyon, en 1944.

Comment se forge le mouvement qui va conduire à la guerre de libération à partir 
du 1er novembre 1954 ?

William Sportisse. Sous des formes diverses, le mouvement d’émancipation en réalité n’a jamais cessé. Au début de la colonisation, après l’échec des révoltes armées, le peuple a cherché d’autres moyens de lutte. Le mouvement de libération moderne a commencé après la révolution soviétique d’Octobre 1917 et la naissance des premières organisations révolutionnaires, notamment l’Étoile nord-africaine (1). Puis ont été créées les premières organisations communistes affiliées au PCF. Jusqu’en 1936, il n’était en effet pas possible de créer un parti communiste algérien, car les Algériens n’avaient pas le droit de s’organiser en raison du Code de l’indigénat (2) et du décret Régnier (3). L’indépendance des colonies avait été posée dès 1920 comme principe par l’Internationale communiste, dont l’une des conditions d’adhésion pour tout parti communiste était la reconnaissance du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

L’objectif de l’indépendance a pourtant été relégué au second plan pendant toute une période, jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale…

William Sportisse. Avec la montée du fascisme, les communistes ont édulcoré leur mot d’ordre. Ils parlaient de liberté, condamnaient le système colonial, mais la revendication de l’indépendance avait disparu du discours. À l’époque, la grosse colonisation terrienne était prête à se séparer de la France et à créer un État ségrégationniste, comme l’Afrique du Sud, et même à s’allier avec Hitler et Mussolini. En conséquence, devant cette perspective, le PCA a édulcoré le mot d’ordre d’indépendance. Mais ce n’était pas juste. Il aurait dû le maintenir tout en se différenciant des séparatistes colonialistes et lier l’indépendance à la lutte contre le fascisme. De son côté, le mouvement nationaliste algérien a sous-estimé l’importance de la lutte contre le fascisme. En 1946, le PCA fera son autocritique sur toute cette période.

Dès les premières années d’après-1945, la possibilité de devoir mener une lutte armée prend corps dans le peuple algérien. Comment cela se manifeste-t-il ?

William Sportisse. Après 1945, je deviens responsable de la Jeunesse communiste dans le Constantinois, puis dirigeant, dès sa création, de l’Union de la jeunesse démocratique algérienne. Au sein de l’organisation, on trouvait surtout des jeunes d’origine juive et musulmane, et peu d’Européens, contrairement à Alger et à Oran, où les jeunes d’origine européenne étaient plus nombreux. Le 1er Mai 1945, il y a eu une manifestation à Alger, puis il y eut le 8 mai et le massacre de Sétif. La grosse colonisation, avec l’aide de l’administration coloniale, a voulu écraser le mouvement de libération nationale. Mais, à partir de là, le mouvement a pris de l’extension. Les communistes s’y sont intégrés. Quand eurent lieu les premières arrestations dans les milieux nationalistes, les communistes ont créé les comités d’amnistie. Le mouvement pour l’amnistie, qui fut très fort en Algérie et fut soutenu en France par tout le mouvement démocratique, a permis la libération de centaines de militants nationalistes. Les luttes de libération nationale qui se développaient dans le monde, et notamment au Vietnam, ont encouragé le mouvement en Algérie. Les dockers qui refusaient de charger le matériel en partance pour l’Indochine témoignent de cette solidarité.

Les Algériens n’auraient-ils pas préféré faire l’économie d’une guerre ?

William Sportisse. Les Algériens ont recherché pendant longtemps une issue pacifique. Mais les gouvernements français se sont pliés aux volontés de la grosse colonisation et ont toujours refusé de discuter. Dès lors, le recours à la lutte armée s’est imposé. Je me souviens être allé dans le sud du Constantinois, chez des paysans, des planteurs de tabac. Dans un discours en langue arabe, j’avais dit qu’il faut utiliser toutes les formes de luttes, y compris « les formes supérieures de lutte », ce que les militants avaient interprété fort justement comme une référence à la lutte armée, pour laquelle, disaient-ils, ils étaient prêts. J’étais allé dans les Aurès rencontrer les jeunes communistes. Ils m’ont accueilli en rang, chantant des chants patriotiques. Les paysans des Aurès venaient aux meetings armés pour se défendre d’éventuelles provocations de l’administration coloniale. Tout cela se passait dans les années de l’immédiat après-guerre. Dès cette période, il apparaissait que l’administration coloniale et les gouvernements n’étaient pas prêts à céder. Ils ont négocié au Maroc et en Tunisie, mais en Algérie, ils ont fait sept années de guerre.

Quel poids pesait le Parti communiste algérien au moment où débute la guerre d’Algérie ?

William Sportisse. Le PCA, créé en 1936, arrivait en tête aux élections dans certaines villes. Il y a eu des grèves ouvrières et les communistes ont apporté une grande contribution à ces luttes. Beaucoup de militants ouvriers nationalistes ont adhéré au PCA. Le PCA travaillait parmi les ouvriers les plus exploités : les mineurs, les dockers, les liégeurs. En même temps, il travaillait chez les paysans pauvres et les ouvriers agricoles.

Les contradictions entre les communistes et d’autres composantes du mouvement 
de libération étaient réelles. Ne les avez-vous pas vécues ?

William Sportisse. Les projets des communistes entraient en contradiction avec ceux qui voulaient faire de l’Algérie un pays capitaliste. Je me souviens d’un député nationaliste qui est venu à Constantine en 1948. Au cours d’un meeting, il a dit : « Cela ne nous intéresse pas de savoir quel sera le devenir de l’Algérie, si elle sera capitaliste ou socialiste. Ce qui compte, c’est l’indépendance. » Nous ne nous posions pas seulement le problème de l’indépendance. Nous voulions construire une société socialiste. Nous ne voulions pas passer de l’exploitation coloniale à l’exploitation capitaliste. C’est une bataille idéologique. Il y a eu des courants anticommunistes et aussi des courants qui se rapprochaient de nous. Mais certains nous ont combattus jusqu’à nous liquider physiquement, comme ils ont liquidé aussi des nationalistes qui n’étaient pas d’accord avec leurs orientations procapitalistes. Si la contradiction principale pendant la guerre de libération opposa le peuple opprimé au colonialisme, cela ne signifiait pas que disparaissait la contradiction secondaire à l’intérieur de ce mouvement sur l’orientation ultérieure du pays une fois libéré.

Le départ massif des Européens et des juifs d’Algérie aurait-il pu être évité après l’indépendance ?

William Sportisse. Le départ massif des juifs et des Européens est le résultat de la politique de la terre brûlée des ultracolonialistes de l’OAS. La minorité a cédé à la peur que lui a inculquée la grosse colonisation terrienne. Le colonialisme avait commis tellement de crimes que les Européens redoutaient une revanche. Elle n’a pas eu lieu. Ceux qui sont restés ou qui sont venus en Algérie après l’indépendance ont été bien accueillis. La situation a été maîtrisée par le FLN pour éviter les représailles à la suite des exactions de l’OAS. Il y a eu des répliques à l’OAS, mais elles furent peu nombreuses.

Au lendemain de l’indépendance, pourquoi le gouvernement a-t-il dissous le Parti communiste ?

William Sportisse. Pour certains nationalistes favorables à la voie capitaliste, c’était tout à fait naturel. D’autres avaient peur d’une influence très forte des communistes. Ils ont argumenté ainsi : si nous laissons les communistes s’organiser, nous serons obligés de laisser la bourgeoisie s’organiser également, et nous risquons de ne pas avancer. C’était une idée fausse, car la bourgeoisie était présente au sein du FLN et de l’administration. Pendant la guerre de libération, nous avions envisagé une telle évolution. Nous ne fûmes pas étonnés de cette pression exercée pour dissoudre le PCA. Mais, au sortir d’une guerre de sept ans, il nous était difficile de nous opposer frontalement. Tout en condamnant cette décision et en maintenant notre parti dans la clandestinité, nous avons travaillé à l’union des Algériens pour l’édification du pays pour empêcher que le néocolonialisme ne prenne le relais du colonialisme. Cette volonté de nous voir disparaître s’était déjà manifestée pendant la guerre de libération. Nous avions déjà refusé de nous dissoudre et de nous fondre dans le mouvement nationaliste. Nous avions cependant accepté d’intégrer nos groupes armés dans l’armée de libération nationale (ALN). Nous avons pris position contre le coup d’État de 1965. Nous avons constitué avec des militants de la gauche du FLN une organisation de la résistance. J’étais à la direction, et c’est ainsi que j’ai été arrêté, torturé. J’ai été jeté en prison pendant trois ans, puis assigné à résidence à Tiaret jusqu’en 1975. Je suis retourné ensuite à Alger pour travailler comme cadre financier dans une société publique. En 1966, nous avions créé le Parti de l’avant-garde socialiste (Pags) qui agit dans la clandestinité jusqu’à sa légalisation, en 1989. Quant au journal historique des communistes algérien, Alger républicain, il fut interdit en 1965.

Les années 1990 furent marquées par une montée de l’islamisme en Algérie, avec son cortège de terrorisme. Quelle est votre analyse de ce phénomène islamiste qui continue de jouer un rôle important dans le monde arabe ?

William Sportisse. La montée de l’islamisme a correspondu avec la disparition de l’Union soviétique. Que défendaient les dirigeants islamistes ? Ils étaient pour le libéralisme. Certains étaient liés à des courants de la bourgeoisie du commerce informel. Parmi eux, il y avait d’anciens propriétaires fonciers touchés par la réforme agraire, des gens qui s’étaient emparés de denrées de première nécessité et du cheptel, qui avaient été soutenus par le gouvernement et les revendaient dans les pays limitrophes (Tunisie et Maroc) à des prix un peu plus élevés C’est ainsi qu’ils construisirent leurs fortunes sur le dos de l’Algérie et des pauvres gens. Leur priorité était de supprimer le monopole de l’État sur le commerce extérieur et de récupérer les terres remises aux paysans pauvres qui en étaient démunis par la réforme agraire des années 1970. Cette conversion au libéralisme, on la constate aujourd’hui en Tunisie avec Ennahdha et en Égypte avec les Frères musulmans.

Enfant du camp des oliviers. Toute la vie de William Sportisse est marquée par l’engagement. Jeune juif du Maghreb, né à Constantine en 1923, tout le rapproche des autres Algériens arabes et musulmans exploités par la colonisation. Devenu communiste dès l’adolescence, il connaîtra les rigueurs de la lutte clandestine contre le fascisme, participera aux combats de la libération de la France, avant 
de s’engager avec le Parti communiste algérien 
dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. 
Son rêve, une Algérie libre et socialiste, lui vaudra 
la prison et la torture après le coup d’État de 1965. Dans des conditions difficiles, avec ses camarades, 
il lutte pour une orientation progressiste de son pays. La montée de l’islamisme et la décennie de plomb des années 1990 marquent un coup d’arrêt au projet porté par la lutte d’indépendance. Mais ce communiste algérien refuse de céder à la désespérance. Son livre le Camp des Oliviers, écrit avec l’historien Pierre-Jean Le Foll-Luciani, en est un passionnant témoignage.

(1) L’Étoile nord-africaine, créée dans les années 1920 en France, fut la première organisation se prononçant pour l’indépendance des pays du Maghreb.

(2) Le Code de l’indigénat fut adopté le 28 juin 1881. Puis c’est en 1887 que le gouvernement français l’imposa à l’ensemble de ses colonies. En général, ce code assujettissait les autochtones et les travailleurs immigrés aux travaux forcés, à l’interdiction de circuler la nuit, 
aux réquisitions, aux impôts de capitation (taxes) 
sur les réserves et à un ensemble d’autres mesures tout aussi dégradantes.

(3) Le décret Régnier 1935 visait à réprimer toute initiative remettant en cause la souveraineté française en Algérie.

  • Lire aussi :

"Faire le procès de la colonisation" par Élisa Pradel, présidente, et Allain Lopez, secrétaire de l’Association Nationale des Pieds-noirs Progressistes et leurs amis (ANPNPA).
Hollande en Algérie, la page est loin d’être tournée ? (Analyse)

L’hommage rendu à Maurice Audin

Entretien réalisé par 
Jean-Paul Piérot

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:11

oscar_niemeyer_dans_le_bureau_de_la_novacap.png

http://www.evene.fr/arts/actualite/brasilia-l-utopie-de-l-architecte-niemeyer-au-siege-du-parti-c-2080236.php

 

Le siège du Parti Communiste français, première œuvre architecturale française de l’architecte brésilien Niemeyer, ouvre ses portes au grand public pour la première fois, du 27 avril au 30 juin 2013 pour l’exposition : « Brasilia – Un demi-siècle de ma capitale du Brésil ». Retour sur une utopie architecturale

 

 

L’espace d’exposition est bien choisi : le siège du Parti Communiste français, situé au cœur du 19ème arrondissement de Paris, est la première œuvre réalisée en France par Oscar Niemeyer. « La lutte commune contre la misère, la discrimination et l'injustice, avec des formes nouvelles simples, sans finitions luxueuses et superflues» tel était ce que devait représenter, selon  Niemeyer, le nouveau siège du PCF. En 1966, à peine 6 ans après l’inauguration de Brasilia, l’architecte communiste débute la construction de cet espace volumineux fait de bois et béton dessiné comme un drapeau qui flotte au vent. Le parvis où trône la coupole blanche, toit de l’auditorium est achevé en 1980. Construit entre terre et ciel, composé de pampilles métalliques, de moquette verte et de mobilier, couleur marron selon la mode des seventies, ce lieu atypique inspire de nombreux cinéastes. Gondry y tourne une scène dans son dernier film, L’écume des jours. En 2007, le siège du PCF est classé monument historique…

Oscar Niemeyer dans le bureau de la Novacap Photographie - 21 x 15 cm Collection des Archives Publiques du District Fédéral

« Brasilia, la capitale de l’espoir »

Entre les reportages photographiques de la transformation du Planalto Central, terrain de la future capitale – à découvrir dans la première partie de l’exposition – et les photographies aériennes de Joao Facó, représentant les artères géométriques de Brasilia, le slogan de  Malraux « Brasilia, la capitale de l’espoir » caractérise à la perfection le projet utopique lancé en 1956 par Juscelino Kubitschek, président du Brésil à l’époque. « Brasilia, l’ambitieuse » aurait pu dire Malraux lors de sa visite à Brasilia en 1959. Partie d’une parole du marquis de Pombal au XVIIIème siècle, l’idée de transférer la capitale brésilienne au milieu de nul part, sur un plateau à 1000 mètres d’altitude sans traces de vie humaine, germe lors de la mission Cruls en 1892 (expédition de l’ingénieur belge Luíz Cruls sur le plateau Central durant laquelle le terrain de la capitale sera délimité). En 1922, la première pierre est posée, en 1956, JK accomplit « cinquante ans de progrès en cinq ans » et donne naissance, là où il n’y avait rien, à Brasilia, ville sortie de terre comptant plus de 2 562 963 habitants en 2010 (selon l’IBGE). Et pour une telle folie, qui de mieux que l’urbaniste brésilien Lucio Costa et l’architecte Oscar Niemeyer.  Le Corbusier mettra également la main à la pâte à travers de longs échanges épistolaires avec ces deux derniers (exposés en vitrine). Les plans pilote de la ville et les dessins de Niemeyer, présentés aux côtés des portraits des pionniers de Brasilia, témoignent de l’énormité du chalenge. C’est assez pour être impressionné par la rapidité des travaux menés par les « candangos » (quatre années seulement avant l’inauguration en 1960), assez pour comprendre le classement de Brasilia au Patrimoine mondial de l’humanité en 1987 et assez pour expliquer la rareté du projet architectural d’Oscar Niemeyer – lauréat du prix Pritzker en 1988 pour ses 19 réalisations à Brasilia.

Fabio Colombini Congrès National, 2010 Photographie - 105 x 70 cm ! Fabio Colombini

Le sculpteur de monument

« Brasilia est une ville pleine de détails. On y respire l’art, la beauté et la modernité dans la verdure de ses 50 ans » raconte Fábio Colombini. Ce photographe rend hommage à Niemeyer, surnommé le « modeleur de béton », décédé à l’âge de 104 ans avec 600 ouvrages à son actif, à travers de véritables portraits de ses monuments. Ces photographies rajoutent d’ailleurs à l’exposition « Brasilia » une touche moderne et palpitante. D’autant plus qu’elles sont exposées près des entrées de la fameuse bulle blanche, faisant office de salle de Congrès pour le PCF. L’accès de l’auditorium est malheureusement barré mais, allez-y, car les ouvertures ultra modernistes laissent, tout de même, entrevoir ce bijou architectural, signé Niemeyer.

 

Brasilia : un demi-siècle de la capitale du Brésil, du 27 avril au 15 juin 2013, au siège du Parti Communiste français, 2 Place du Colonel Fabien, 75019 Paris. http://www.brasilia50.info/

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:08

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La résistance au parc Taksim Gezi, qui se poursuit depuis plusieurs jours, s’est transformée en mouvement populaire ce 31 mai. Des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue à Istanbul et dans plusieurs régions de Turquie pour protester contre l’offensive inhumaine et délirante du gouvernement AKP.

Personne n’a le droit de tromper le peuple, d’essayer de tirer de fausses conclusions du déroulement des événements ou d’essayer de profiter de l’occasion pour en tirer des petites victoires politiques ou réaliser des démonstrations de force personnelles. Le mouvement historique et massif d’hier fut une éruption de colère populaire, qui est l’aboutissement de 11 ans de gouvernement AKP.Ces personnes qui partagent la même colère se retrouvent dans des tendances politiques différentes mais elles se retrouvent dans leur riposte commune contre le gouvernement.

Il ne s’agit pas d’un « printemps turc » comme les médias occidentaux aiment à le définir. Ce mouvement qui monte prend un caractère anti-impérialiste et laïque. Il est étroitement lié à l’opposition populaire à la politique belliciste du gouvernement en Syrie et à l’islamisation rampante de la vie publique. Ainsi, il diffère des autres soulèvements au Moyen-orient.

En dépit d’une brutalité policière sans limites et du manque de direction dans le mouvement, les manifestants ont soigneusement évité toute provocation. Depuis hier matin, plusieurs centaines de milliers de personnes défilent dans les rues sans crainte, parcourant en tout des milliers de kilomètres sans mener la moindre action qui puisse laisser un espace pour dénigrer cette résistance populaire légitime.

La terreur d’État qui s’est fait jour hier a fait plusieurs milliers de blessés et conduit à l’arrestation de centaines de manifestants. Cependant, cela n’a pas fait fléchir la résolution et la détermination populaire. Désormais, la riposte va bien au-delà du projet gouvernemental de construction d’un centre commercial à Gezi Parkı près de la place Taksim. Le gouvernement AKP porte l’entière responsabilité de l’escalade des événements. Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a essayé de minimiser les protestations et il doit désormais être prêt à affronter une dure réalité : les gens n’ont plus peur de son gouvernement et ils veulent s’en débarrasser le plus vite possible.

Notre parti va maintenant proposer de nouvelles initiatives pour améliorer la coordination de la lutte contre ces plans illégitimes du gouvernement.

Le Parti communiste de Turquie appelle ses adhérents et sympathisants à se rassembler place Taskim à 15 h.

Nous appelons notre peuple à boycotter les médias dominants, qui ignorent, déforment les nouvelles des manifestations et minimisent systématiquement le nombre des manifestants. Les gens doivent soutenir les médias alternatifs, qui sont la véritable source d’information.

Maintenant que le peuple s’est soulevé, la fin de ce gouvernement cruel est proche !

Solidarité contre le fascisme !

A bas la dictature du capital !

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:04

31566378-almidan-newspaper.jpg

 

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/service-distribution/actu/reuters-00525455-le-journal-du-parti-communiste-interdit-au-soudan-571367.php

 

Les services de sécurité soudanais ont interdit le journal du Parti communiste, Al Midan, très critique envers le pouvoir du président Omar Hassan al Bachir, a annoncé dimanche sa rédactrice en chef. C'est le troisième organe de presse a être frappé d'une telle mesure en quelques semaines.

"C'est la fin de la version papier de notre journal", a précisé Madiha Abdella, qui a ajouté qu'Al Midan serait toujours consultable sur internet. Elle a décidé d'aller en justice pour faire annuler la décision des autorités.

La semaine dernière, le principal quotidien du pays, Al Intibaha, pourtant propriété d'un oncle de Bachir, a été interdit quelques jours pour avoir publié un reportage sur la lutte contre les rebelles dans le Sud-Kordofan. La parution a repris vendredi.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 11:59

Maduro-dos-banderas.jpg

http://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Cuba-defend-son-allie-venezuelien-face-a-Bogota--16921082/

 

Le gouvernement cubain a exprimé samedi son soutien au président vénézuélien Nicolas Maduro sur fond de querelle diplomatique entre Caracas et Bogota.

Le ministre des Affaires étrangères cubain, Bruno Rodriguez, a déclaré dans un communiqué que la "position de solidarité (de Cuba) vis-à-vis du Venezuela, et de reconnaissance de la légitimité du gouvernement de Nicolas Maduro restait inchangée".

Henrique Capriles, candidat malheureux à l'élection présidentielle vénézuélienne du 14 avril, a rencontré mardi à Bogota le président colombien Juan Manuel Santos, déclenchant l'ire de Nicolas Maduro, qui accuse le chef de l'Etat colombien de comploter contre lui.

L'ancien rival de Nicolas Maduro à la présidentielle s'est rendu en Colombie dans le cadre d'une tournée en Amérique latine visant à démontrer que la victoire de Maduro était entachée de fraudes.

En réponse, le président vénézuélien a rappelé son émissaire aux pourparlers de paix organisés à La Havane entre le gouvernement colombien et les rebelles marxistes des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie).

Bruno Rodriguez a également accusé Henrique Capriles de travailler de concert avec de puissants groupes américains pour déstabiliser le Venezuela.

Le gouvernement de Bogota et les rebelles des Farc ont entamé le 19 novembre 2012 ces négociations pour mettre fin à près de cinquante ans d'une insurrection qui a fait des dizaines de milliers de morts.

Le principal négociateur colombien à La Havane, Humberto de la Calle, a déclaré vendredi qu'il espérait que le Venezuela et la Colombie pourraient rapidement se réconcilier dans la mesure où "le rôle joué par le Venezuela est très important dans les négociations".

Le Venezuela est le principal allié de Cuba, à qui il fournit les deux tiers de ses besoins journaliers en pétrole contre les services de plus de 40.000 ressortissants Cubains, essentiellement dans le secteur médical. (Jeff Franks; Hélène Duvigneau pour le service français)

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 11:55

cuba-china.jpgGuo Jinlong, un haut responsable du Parti communiste chinois (PCC), a déclaré samedi à La Havane que la Chine souhaite élargir la coopération avec Cuba dans plusieurs domaines afin de promouvoir le développement économique des deux pays.

Cuba est le premier pays d'Amérique latine à avoir établi des relations diplomatiques avec la Chine, a indiqué M. Guo, membre du Bureau politique du Comité central du PCC, lors de son entretien avec Mercedes Lopez Acea, vice-présidente du Conseil d'Etat cubain et première secrétaire du Comité provincial de La Havane du Parti communiste cubain.

Le Parti communiste chinois est prêt à maintenir les échanges de haut niveau avec le Parti communiste cubain et à partager les expériences en matière de gouvernance de l'Etat et de construction du parti, a indiqué M. Guo.

La ville de Beijing entend travailler avec La Havane, sa ville jumelle, pour approfondir la coopération et élargir les échanges culturel et ceux entre les populations, a souligné M. Guo, qui est également secrétaire du Comité municipal de Beijing du PCC.

Mme Lopez a affirmé que les relations entre Cuba et la Chine, qui sont basées sur la confiance mutuelle et le respect mutuel, sont devenues un modèle de relations bilatérales.

Les deux pays ont la même tâche de construire le socialisme avec leurs propres caractéristiques nationales, a-t-elle noté, ajoutant que Cuba est prêt à renforcer les échanges et la coopération avec la Chine.

M. Guo est arrivé jeudi à La Havane, à la tête d'une délégation du PCC. Il se rendra par la suite en visite au Brésil.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 11:49

 csc-logo.jpgL’organisation non gouvernementale britannique Cuba Solidarity Campaign a vu ses fonds destinés à l’achat d’un ouvrage sur les sanctions économiques contre Cuba saisis par le Département du Trésor.


Opera Mundi

http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/29149/ong+britanica+e+vitima+das+sancoes+economicas+dos+estados+unidos+contra+cuba.shtml


 The Economic War against Cuba. A Historical and Legal Perspective on the U.S. Blockade a été publié par Monthly Review Press, maison d’édition basée à New York, en avril 2013, traduit du français Etat de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba[1]. L’ouvrage dresse une perspective historique et juridique des sanctions économiques que les Etats-Unis imposent à Cuba depuis 1960 et évalue notamment leur impact dans des domaines tels que la santé, affectant gravement les catégories les plus vulnérables de la population cubaine en empêchant l’île d’avoir accès aux médicaments et équipements médicaux fabriqués sur le territoire étasunien.

Le livre souligne le caractère anachronique, cruel et inefficace d’un état de siège qui date de la guerre froide, qui frappe de manière indiscriminée tous les secteurs de la société – à commencer par les plus fragiles – et qui a été incapable d’atteindre son objectif, à savoir le renversement du gouvernement cubain. De la même manière, il rappelle que les sanctions contre Cuba suscitent le rejet de l’immense majorité de la communauté internationale, avec 188 pays votant pour la 21ème fois consécutive en 2012 contre l’embargo économique, commercial et financier. Par ailleurs, 67% de l’opinion publique étasunienne souhaite une normalisation des relations avec Cuba, car elle ne comprend pas pourquoi elle peut se rendre en Chine, au Vietnam ou en Corée du Nord, mais pas dans la plus grande île de la Caraïbe.

 Un chapitre entier traite du caractère extraterritorial des sanctions économiques, lesquelles violent le droit international. En effet, une législation nationale ne peut pas s’appliquer dans un pays tiers. Par exemple, la loi française ne peut pas s’appliquer en Allemagne et la loi brésilienne ne peut pas s’appliquer en Argentine. Or, la loi sur les sanctions économiques s’appliquent à tous les pays du monde et un bureau spécial du Département du Trésor, le Office Foreign Assets Control (OFAC), est chargé de cela.

 En avril 2013, l’ONG britannique Cuba Solidarity Campaign (CSC) a décidé d’acheter 100 exemplaires de l’ouvrage The Economic War against Cuba et a demandé à sa banque anglaise, la Co-operative, de régler la facture par virement bancaire auprès du compte de la Monthly Review Press chez la Chase Bank.

 Cependant, la transaction n’a pas eu lieu. En effet, l’OFAC a décidé de bloquer les fonds et a exigé de l’ONG britannique qu’elle explique en détail ses relations avec Cuba. Rob Miller, directeur de CSC, a fait part de son étonnement : « On utilise une législation extraterritoriale sur les sanctions économiques pour empêcher la vente d’un livre au Royaume-Uni qui expose l’ampleur du blocus contre Cuba […]. Le caractère ridicule du blocus américain est une nouvelle fois illustré par cette affaire où l’on essaye d’empêcher les lecteurs britanniques de lire un livre publié par une maison d’édition américaine ».

 A l’évidence, ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis appliquent de manière extraterritoriale les sanctions contre Cuba. A titre d’exemple, si l’entreprise allemande Mercedes souhaite exporter ses voitures aux Etats-Unis, elle doit démontrer au Département du Trésor que ses voitures ne contiennent pas un seul gramme de nickel cubain. De la même manière, si un pâtissier français souhaite vendre ses produits sur le marché étasunien, il doit démontrer qu’ils ne contiennent pas un gramme de sucre cubain. Non seulement, les sanctions économiques contre Cuba constituent le principal frein au développement du pays mais représentent également un obstacle aux relations commerciales de l’île avec le reste du monde. Parfois, avec des conséquences insolites.

 

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de la Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 19:54

neruda.jpg

http://www.actualitte.com/justice/le-chili-recherche-un-probable-assassin-de-neruda-42796.htm

 

Deux mois après l'exhumation du corps du poète, le juge chargé du réexamen du dossier a ordonné l'établissement d'un portrait et la recherche d'un probable suspect. Selon la police, l'homme visé par la procédure est soupçonné d'avoir empoisonné Neruda, et par là, causé sa mort à retardement.

 

 

 

 

On se souvient que le chauffeur du poète, Manuel Araya, avait démenti vigoureusement la thèse officielle d'une mort des suites d'un cancer de la prostate. Ce qui relançait deux ans de pression pour ouvrir une procédure judiciaire et éclaircir pour de bon les circonstances du décès. Dernière fracture en date dans l'histoire officielle, le docteur Sergio Draper était revenu sur sa déposition.

 

L'homme avait témoigné de sa présence au moment de la mort de Neruda à la clinique Santa Maria de Santiago avant de revenir sur ses déclarations. Au moment de l'agonie de l'auteur chilien, Draper a finalement indiqué qu'un confrère avait pris sa place aux côtés du mourant, un certain docteur Price. Problème, les archives de l'établissement hospitalier ne mentionnent nulle part ce nom et Draper n'a jamais revu l'homme exercer sur les lieux. Relais de ces aveux, l'avocat de la défense Eduardo Contreras a estimé que de nouvelles évidences prouvaient que le poète avait été probablement assassiné par des agents de l'homme fort du tout jeune régime militaire.

 

Regarder du côté de la CIA

 

Plus troublant encore, la description physique du docteur Price rappelle Michael Townley, reconnu agent-double de la CIA et officiant pour la junte militaire. L'homme avait bénéficié d'un programme de protection rapprochée après avoir avoué le meurtre d'opposants à Pinochet à Washington et Buenos Aires. Mais pour Contreras il ne faut pas perdre de vue que derrière l'exécution, il s'agit de trouver l'homme qui a ordonné la mise à mort.

 

Depuis longtemps à l'état de rumeurs plus ou moins bruyantes, la mort par empoisonnement, prend les formes d' un crime politique orchestré par Augusto Pinochet, quand Pablo Neruda avait été un soutien très symbolique de Salvador Allende, mort dans des circonstances tout aussi troubles. Le corps de Neruda fait toujours l'objet d'expertise médico-légale depuis le 8 avril. Patricio Bustos Streeter, directeur du service médico-légal du Chili qui dirige les opérations a commenté les recherches dans la revue Nature. « La présence de métastases osseuses du cancer de la prostate confirmerait un état avancé de la maladie. De l'autre côté, des traces de toxines peuvent être trouvées dans la partie spongieuse de l'os qui contient la moelle osseuse », a-t-il indiqué.

 

Une difficulté que le médecin tempère. L'absence de documentation sur les traitements pris par Neruda complique la distinction entre poison et protocole médicamenteux. Mais le médecin rassure en rappelant que « plusieurs techniques de camouflage d'empoisonnement dans le corps n'existaient pas il y a quarante ans ».


Sources : The Independent , NY Times , Melville House

 

 

 

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 19:45

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