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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 17:57

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http://www.sudouest.fr/2010/09/16/annette-epaud-matricule-31-724-185719-1391.php

 

« Quand, le 22 février 1943, le camion pour le gaz est arrivé, nous avons vu monter dedans notre amie Annette Epaud […] Annette se tenait bien droite. » C'est à Marie-Claude Vaillant Couturier, qui faisait elle aussi partie du convoi des « 31 000 », ces femmes déportées à Auschwitz, que l'on doit ce témoignage.

Anne-Marie, dite Annette, Epaud, est née à La Rochelle le 14 novembre 1900. Quarante-deux ans plus tard, dans la France occupée, elle tient un café, le Marsouin, à La Rochelle, où elle vit avec son jeune fils, Claude.

Communiste, elle est bien connue des chefs de réseau de la Résistance. Depuis son café-QG, Mme Epaud est en liaison avec le réseau Gironde FTP (francs-tireurs partisans). Les résistants se donnent rendez-vous au Marsouin, devenu le refuge de ceux qui se savent en danger, comme le communiste Ferdinand Vincent.

Des femmes de courage

Annette Epaud n'est pas la seule femme de la région à agir ainsi. Les religieuses ouvrent leurs portes, et les gérantes des bars et des restaurants prêtent leur arrière-salle. Les résistantes de l'ouest se font aussi agents de liaison, transportant messages, renseignements, armes, munitions. Souvent à bicyclette, le cadre ou le guidon servant de cachette. Ou encore dans les langes du bébé ou l'ourlet d'une jupe (1). Toutes prennent leur part de risque.

Le 28 juillet 1942, à 5 heures du matin, des policiers français et des agents de la Gestapo perquisitionnent le café d'Annette Epaud. Ils espèrent y trouver Yves Tasset, responsable militaire de la résistance communiste en Charente. Yves Tasset n'est pas au Marsouin, il s'est réfugié à Paris. Mais les policiers découvrent Ferdinand Vincent, ainsi qu'un jeune résistant communiste, Lucien Dufès. Le jeune homme est abattu par les Allemands en essayant de s'enfuir.

La Marseillaise entonnée

Annette Epaud, dénoncée avec trois amies de la région d'Angoulême et de Cognac (Alice Cailbaut, Marguerite Vallina et Paulette Brillouet), après différents lieux de détention en France, est déportée à Auschwitz, par le convoi du 26 janvier 1943. Il s'agit du convoi dit des « 31000 » (les Bordelaises et les Charentaises).

Les wagons à bestiaux arrivent en gare d'Auschwitz le 26 janvier au soir. Le lendemain matin, les Françaises marchent jusqu'au camp de femmes de Birkenau. à leur entrée, elles chantent La Marseillaise.

Devenue le matricule 31 724, Anne-Marie Epaud meurt gazée le 22 février 1943.

(1) D'après Isabelle Soulard, auteur du livre « Les femmes de l'ouest sous l'occupation » (Geste éditions).

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 17:52

cubacuba.jpgLa Havane met en place différentes mesures destinées à remettre à flot un pays sous embargo. Notamment la réduction du nombre des salariés de l’État, l’incitation à travailler dans les secteurs productifs comme l’agriculture et l’auto-emploi.

L’annonce a évidemment fait son effet. La Centrale des travailleurs de Cuba (CTC) a annoncé, lundi, dans un communiqué, la réduction de 500 000 postes sur les trois millions de salariés de l’État (secteur productif et non productif) que compte la Grande Île, la population active avoisinant les cinq millions. « Cuba affronte l’urgence d’avancer économiquement, de mieux organiser la production, de potentialiser les réserves de productivité et de l’augmenter, d’améliorer la discipline et l’efficacité », explique la confédération dans son adresse « aux travailleurs ». Ce tournant radical dans le modèle étatique entrera « immédiatement » en vigueur et s’appliquera à « tous les secteurs de l’État » dans le cadre du processus « d’actualisation du modèle économique et des projections de l’économie pour la période 2011-2015 », a précisé la centrale.

Cette batterie de réformes, appelée à relancer une économie qui, après des années de forte croissance, a chuté aux alentours de 1,4 %, avait été actée lors de la session parlementaire d’août dernier. À cette occasion, le président Raul Castro n’avait pas hésité à déclarer : « Il faut effacer pour toujours la notion selon laquelle Cuba est le seul pays au monde où l’on peut vivre sans travailler. » Tout en précisant que « personne ne sera abandonné à son sort ».

 

Les services publics

ne seront pas touchés

Les 500 000 postes supprimés, qui pourraient augmenter à l’avenir, n’affecteront pas les emplois jugés indispensables dans les services publics (médecins, infirmiers, enseignants…), assurent le gouvernement et la CTC, qui précisent par ailleurs que certains salariés se verront du reste réorienter vers des secteurs stratégiques que l’État juge prioritaires : le pétrole, la construction, la biotechnologie, l’industrie pharmaceutique ou encore le tourisme. Mais c’est surtout dans la production agricole que l’État entend mettre l’accent, après avoir mis ces dernières années en usufruit de nombreux terrains, ainsi que dans les coopératives. Un axe de développement vital pour la Grande Île qui reste très dépendante de ses importations.

 

revitaliser le principe

de distribution socialiste

L’autre mutation économique à l’œuvre est le développement de « l’auto-emploi ». En avril dernier, le gouvernement avait autorisé les barbiers et les coiffeurs à louer des locaux où ils puissent travailler et payer des impôts au lieu de recevoir un salaire mensuel. Près d’un demi-million de nouvelles licences devraient être ainsi offertes. Dans le cadre de leur négoce, les « auto-emplois » pourront non seulement à leur tour embaucher mais également commercer avec les entreprises d’État. Ce créneau de libéralisation de l’économie à petite échelle ne devrait toutefois pas remettre en cause le principe de propriété de l’État, mais ce dernier doit se « décharger d’un groupe d’activité pour s’occuper en économie de choses plus importantes », avait insisté en août dernier le ministre de l’Économie, Marino Murillo.

Enfin, sur le plan des salaires, insiste la centrale syndicale, il s’agit de «revitaliser le principe de distribution socialiste de payer chacun selon la quantité et la qualité du travail apporté ». Autrement dit, à chacun selon sa capacité, à chacun selon son travail. Une façon pour les autorités de corriger les aberrations qu’a entraînées l’égalitarisme salarial, renforcées par l’existence de la double monnaie (le peso national et le peso convertible), pénalisant les salariés qui n’ont pas directement accès à la devise forte mais sans pour autant remettre en cause le principe d’égalité des chances.

Cathy Ceïbe

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 19:14

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Le métier d'enseignant semble moins attractif



Cette année, les inscriptions aux concours de l’enseignement ont nettement chuté. Les nouveaux masters préparant à ce métier sont, eux aussi, loin de faire le plein

Faut-il y voir un effet de la confusion ambiante, liée à l’introduction de la « masterisation » ?  Ou bien un mouvement de fond qui pourrait changer durablement le visage de la profession ? Largement remaniées, les formations spécifiquement destinées aux futurs enseignants, au total quelque 700 masters proposés dans toute la France, ne font pas le plein. Loin s’en faut.

Le nouveau dispositif varie d’un lieu à l’autre. De manière générale, les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) ont mis en place des masters d’enseignement (1) préparant au concours du premier degré. « Pour l’heure, dans ces formations, le nombre d’inscriptions effectives est en moyenne inférieur de 20 à 25 % à celui des pré-inscriptions », constate Gilles Baillat, président de la Conférence des directeurs d’IUFM. Un chiffre à mettre en perspective avec la baisse d’environ 50 % du nombre de postes ouverts au concours, en 2011, dans le primaire.

Gilles Baillat attend toutefois pour le début octobre les chiffres définitifs des inscriptions. Car beaucoup d’IUFM jouent les prolongations. À Aix-Marseille, la rentrée se déroule aujourd’hui mais les retardataires pourront grossir les rangs jusqu’à la fin du mois… À ce jour, alors que la capacité d’accueil, en première année de master, est d’environ 1 000 étudiants, seuls 485 se sont inscrits. « Avec la réforme, les jeunes sont désorientés, commente-t-on au sein de cet institut. Beaucoup pensent que les IUFM ont purement et simplement disparu… »

"Voyant que le ministère supprime chaque année 16 000 postes les jeunes hésitent"

Ce qui est sûr, c’est qu’en général les personnes souhaitant enseigner dans le secondaire doivent à présent s’inscrire hors des IUFM, dans des masters disciplinaires (histoire, science, langues, etc.). Ils peuvent alors choisir soit une « spécialité » enseignement, qui est habilitée par le ministère, inclut des stages et sera mentionnée sur le diplôme, soit un simple « parcours » enseignement, sans véritable reconnaissance. Mais là encore, beaucoup semblent bouder ces cursus.

« Faute d’étudiants en nombre suffisant, beaucoup d’universités, comme la mienne, Poitiers, ne pourront pas ouvrir de spécialité enseignement dans une bonne partie de leurs masters disciplinaires, assure Gisèle Jean, responsable du Snesup, le premier syndicat du supérieur. Même chose pour les cursus préparant à l’enseignement dans le professionnel. À terme, l’offre de formation s’en trouvera changée, concentrée dans les universités d’une certaine taille. Les étudiants les moins mobiles se verront pénalisés. »

« En moyenne, le nombre d’étudiants inscrits dans les spécialités enseignement des masters disciplinaires est inférieur d’au moins 25 % à celui de ceux qui, l’an dernier, préparaient en IUFM les concours du secondaire, évalue Simone Bonnafous, la vice-présidente de la Conférence des présidents d’université. Voyant que le ministère supprime chaque année quelque 16 000 postes d’enseignants, les jeunes hésitent beaucoup à se lancer dans cette voie. »

« La chute d’inscriptions aux concours avoisine les 50 % dans plusieurs académies »

Certains se disent sans doute qu’ils auront du mal à achever leur master tout en préparant un concours de l’enseignement, et préfèrent donc tenter leur chance une fois obtenu leur diplôme. « Cela pourrait rendre nécessaire la mise en place d’une année supplémentaire, post-master, de préparation au concours, peut-être sous la forme d’un D.U., un diplôme d’université. Ce que le ministère n’a absolument pas prévu », déplore Simone Bonnafous.

Autre préoccupation : un nombre d’inscriptions aux concours en fort recul. « La chute avoisine les 50 % dans plusieurs académies », indique Joël Péhau, secrétaire national du SE-Unsa. Ce syndicaliste dit « craindre, d’ici à trois ans, une pénurie de candidats aux métiers de l’enseignement ».

Directrice des ressources humaines de l’éducation nationale, Josette Théophile dispose, elle, de chiffres précis. « Le nombre de candidats aux concours externes est, pour 2011, de 55 202 dans le premier degré, contre 96 714 en 2010, et de 65 000 dans le second degré, contre 86 500 en 2010 », détaille-t-elle. La baisse est de 25 % pour le Capes et s’élève à environ un tiers pour les concours de l’enseignement professionnel.

Ce phénomène s’explique aussi par l’élévation de niveau requis pour passer le concours

Pour Josette Théophile, ce phénomène, « transitoire », s’explique notamment par l’élévation de niveau requis pour passer le concours et par la proximité temporelle des épreuves 2010, qui se sont déroulées au printemps, et de la session 2011, avec des écrits prévus d’ici à deux semaines pour le premier degré et en novembre pour le secondaire. Pas de crainte à avoir, selon elle. « On conserve un haut niveau de sélectivité, avec respectivement 17 et 7 candidats par poste dans le premier et le second degrés. »

La « DRH » ne voit pas non plus d’objection à ce que beaucoup de futurs professeurs choisissent de se préparer aux concours sans passer par un cursus spécifique ni faire de stages devant élèves. «Beaucoup peuvent, pendant leurs études, effectuer des vacations dans l’éducation nationale », souligne-t-elle. Et de faire valoir que les nouvelles recrues, amenées à enseigner dès l’obtention du concours, bénéficieront au cours de la première année d’une formation et d’un accompagnement équivalent à un tiers de leur emploi du temps.

Deux directeurs d’IUFM, ceux de Lorraine et d’Auvergne, ont indiqué vendredi avoir récemment démissionné pour dire leur opposition à cette réforme.

Denis PEIRON


(1) Le grade et le diplôme de master sanctionnent cinq années d’études après le baccalauréat.

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 18:26

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http://cubasilorraine.over-blog.org/article-l-anecr-se-solidarise-avec-le-peuple-cubain-57075635.html

Paris, 14 septembre (RHC).- L’Association nationale des élus communistes et républicains de France a apporté son soutien à la campagne menée au plan national et international pour la libération des 5 cubains incarcérés arbitrairement aux Etats-Unis.

Dans le cadre de la fête de l’Humanité, des responsables de cette association, Lysiane Alezard, Marie France Vieux-Marcaud, Jean-Claude Mairal et Florian Salazar-Martin ont rencontré la délégation cubaine à la fête en présence de membres de l’Ambassade de Cuba en France.

Au cours de la discussion avec les responsables de l’Anecr, la délégation cubaine a souhaité que la pression sur le Président OBAMA se renforce par la mobilisation citoyenne mais aussi par celle des parlementaires et des élus qui peuvent s’adresser directement à la Maison Blanche.

Un point a été fait sur la situation politique et économique à Cuba. La délégation de l’Anecr a rappelé son soutien au peuple cubain et à la révolution cubaine en dénonçant le blocus imposé par les Etats Unis.

A la fin de la rencontre il a été convenu de renforcer les coopérations entre les élus communistes et républicains et les collectivités cubaines notamment en favorisant les coopérations décentralisées et les coopérations culturelles.

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 18:21

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http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=9092

Sondages en pagaille, suite. Deux nouvelles études d'opinion concernant l'élection présidentielle de 2012 sont en cours de médiatisation avancée. Elles traitent toutes deux du "meilleur candidat de la droite". L'une met Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin "au coude-à-coude", l'autre tranche carrément en faveur de François Fillon, devant le Président. Mais, comme très souvent, leur lecture laisse perplexe.

"Villepin crée la surprise", "Le sondage qui change la donne"… Pour vanter l'intérêt de son sondage, réalisé par BVA, Le Parisien n'y est pas allé de main morte ce matin.

Or, qu'apprend-on en le lisant attentivement ? Une bouleversante révélation : les sympathisants de gauche interrogés sont quatre fois plus nombreux à apprécier Dominique de Villepin que Nicolas Sarkozy. Etonnant, non ?

 
 

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Bien sûr, ce n'est pas ainsi que l'étude est "vendue". Le Parisien préfère insister sur un chiffre global : lorsqu'on leur demande qui ils préfèreraient "voir représenter la droite en 2010", l'ensemble des personnes interrogées placent Sarkozy et Villepin à égalité, à 15%. C'est ce qu'a choisi d'illustrer le journal dans son infographie. Mais en lisant en détail l'article qui l'accompagne, ainsi que l'interview de notre récent invité, Jean-Daniel Lévy de CSA, on apprend que ce dont le journal s'étourdit ("Les deux hommes qui se haïssent le plus se retrouvent au coude-à-coude!") n'a en fait aucun sens : "Il est vrai que Villepin, comme le relève Jean-Daniel Lévy, directeur de CSA, doit sa percée notamment aux sympathisants de gauche (ils sont 20% à souhaiter le voir représenter la droite, alors que la famille UMP, relativement soudée derrière Sarkozy, ne lui accorde que 5%)."

Pour le comprendre, il faut plonger dans les chiffres fournis par CSA (ici en PDF), et qui n'apparaissent pas tous dans le journal : 5% des sympathisants de gauche ont désigné Sarkozy, contre 20% qui ont choisi Villepin. Mais les données changent radicalement lorsqu'on s'intéresse aux sympathisants de droite, qui ont choisi Sarkozy à 39% (et Villepin seulement à 11%), et encore plus lorsqu'on n'interroge que les sympathisants UMP, dont 45% désignent Nicolas Sarkozy, (contre 5% pour Villepin). On constate donc que ce sont les sondés proches de la gauche qui créent artificiellement une bonne cote pour Villepin. Or, même s'ils le "préfèrent", combien de gens de gauche voteraient pour un Villepin intronisé par la droite, face aux candidats traditionnels du PS, du Front de gauche et de la LCR ? Assurément très peu.

Soulignons aussi, comme dans le sondage sur DSK d'hier, que les questions ne portent pas sur les intentions de vote, et qu'elles sont donc à manipuler avec encore plus de pincettes.


Fillon plus fort que Sarkozy ?

Par ailleurs, il est également permis de relever une très forte divergence entre certains chiffres trouvés par CSA et ceux mis en avant par BVA dans une autre enquête, concernant cette fois François Fillon. Dans les chiffres CSA pour Le Parisien, il apparaît que les sympathisants UMP ne choisiraient François Fillon qu'à 25% (contre 45% pour Sarkozy, donc). Or , BVA, dans un sondage commandé par Les Inrockuptibles pour fêter le renouvellement total de leur formule dans leur numéro paraissant demain, indique que 52% des sympathisants UMP choisiraient François Fillon comme "meilleur candidat pour la droite", et que seulement 37% opteraient pour Nicolas Sarkozy (le PDF est ici).

Les questions ont été posées quasiment de la même manière, au même type de public, à des dates équivalentes, et avec des techniques de sondage comparables. En bref, rien n'explique ces différences de chiffres.

Une munition de plus dans notre dossier "Sondages, l'arme fatale".

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 18:14

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Dans un nouvel essai (De quoi la Palestine est-elle le nom ? , Les Liens qui libèrent, Paris, septembre 2010), j’essaie d’inscrire le conflit dans un ensemble plus vaste et d’expliquer pourquoi la Palestine est devenue une cause universelle, notamment parce qu’elle se situe sur la ligne de faille entre le Nord et le Sud, l’Orient et l’Occident, à un moment où l’on assiste à un basculement du monde. L’affirmation de la Chine, de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud marque la fin de deux siècles de domination occidentale et tourne la page de l’entreprise colonialiste. Le chapitre ci-dessous explique quelle fut la vision dominante de l’Histoire durant plus d’un siècle et pourquoi l’Histoire du monde reste souvent racontée du point de vue du Nord.

Où l’on comprend pourquoi certains peuples doivent patienter dans « la salle d’attente » de l’Histoire

« Les forces qui font aboutir le projet grandiose du bonheur parfait ne tiennent nullement compte de la souffrance d’ordre secondaire, et exterminent ces sections de l’humanité qui leur barrent le passage. (…) Qu’il soit être humain ou brut, l’obstacle doit être éliminé. »
(Herbert Spencer, philosophe anglais, 1850).

Il a ce sourire presque débonnaire qu’il affichait déjà sur la couverture du magazine américain Life, le 8 novembre 1943, la même barbichette, le même regard franc. Il s’est dépouillé de son uniforme militaire : la guerre est gagnée et il faut préparer la paix. Il a déjà participé à la création la Société des Nations (SDN) en 1919. En ce 25 juin 1945, à l’opéra de San Francisco, aux côtés de représentants de cinquante et un pays, il lit avec émotion le préambule de la Charte des Nations unies, un texte qu’il a largement contribué à rédiger et qui fonde le monde de demain, un monde plus juste et sans guerre :

« Résolus
 A préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances,
 A proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites,
 A créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international,
 A favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,
Et à ces fins
 A pratiquer la tolérance, à vivre en paix l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinage,
 A unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales,
 A accepter des principes et instituer des méthodes garantissant qu’il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l’intérêt commun,
 A recourir aux institutions internationales pour favoriser le progrès économique et social de tous les peuples,

Avons décidé d’associer nos efforts pour réaliser ces desseins. »

Transportés par ces sublimes paroles, trois mille auditeurs se lèvent et applaudissent l’acte de naissance d’une ère nouvelle, débarrassée du nazisme, du fascisme, du racisme. Seul l’un d’entre eux, sceptique, reste assis, en retrait. Le Dr William E. B. Dubois, un écrivain noir américain considéré comme le père du panafricanisme, raconte :

« J’ai entendu Jan Smuts plaider pour le préambule de la Charte des Nations unies. C’était un paradoxe étonnant. Le “panafricanisme” qu’il représente est l’union des maîtres blancs du Kenya, de la Rhodésie et de l’Union sud-africaine, une union pour diriger le continent africain dans les intérêts des investisseurs blancs et des exploiteurs. »

Car l’homme qui lit l’appel « à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinage », n’est autre que Jan Smuts, le premier ministre de l’Afrique du Sud, un pays où sévit la ségrégation raciale. Il s’est distingué par sa répression brutale des tentatives d’émancipation de la majorité noire à laquelle les droits politiques et sociaux sont refusés. Smuts avait néanmoins choisi le bon camp durant la Seconde Guerre mondiale, celui de l’alliance avec le Royaume-Uni.

S’il est un événement emblématique du XXe siècle, c’est bien la guerre de 1939-1945. Par le nombre de pays concernés et par la diversité des théâtres d’opération, de l’Afrique du Nord au Caucase, du Pacifique aux Balkans, elle peut, bien davantage que celle de 1914-1918, être qualifiée de « mondiale ». Elle continue, à juste titre, de symboliser dans notre monde occidental, même pour les générations qui ne l’ont pas vécue, la lutte titanesque entre « le Bien et le Mal », le combat contre la Barbarie. Pourtant, ce bras de fer, vu du côté des pays colonisés, donc à travers le prisme d’une expérience distincte, ne pouvait être ressenti de la même façon. Aujourd’hui encore, cette guerre n’a pas, pour les ex-colonisés, le statut de référence obligée qui est celle du discours occidental. Tentons de comprendre pourquoi.

Secrétaire général du Parti communiste sud-africain, Joe Slovo (1926-1995), premier Blanc élu à la direction du Congrès national africain (ANC) et l’un des principaux architectes de la transition pacifique vers l’après-apartheid, rapporte dans ses Mémoires inachevées, comment son parti, jusque-là neutraliste, décida de s’engager contre l’Allemagne nazie au lendemain de l’attaque contre l’Union soviétique, le 22 juin 1941 : « Ce tournant fut difficile. Comment expliquer à un Noir de faire la paix avec Smuts – le boucher de Bulhoek et de Bondelswarts [1] ? Pour un membre ordinaire de la majorité noire ne disposant ni de droits ni de la possibilité de voter, l’appel du régime à “sauver la civilisation et la démocratie” a dû paraître comme une cruelle parodie. Et se battre avec quoi ? Un homme noir n’était pas autorisé à porter des armes. S’il voulait servir la démocratie, son seul choix était de devenir le serviteur d’un soldat blanc. L’entrée en guerre du Japon aux côtés de Hitler avait donné un slogan aux racistes blancs : “Luttez contre le péril jaune”. Il était facile de comprendre que, parmi les Noirs, certains espéraient en leur for intérieur que la venue d’autres hommes de couleur leur apporterait peut-être le salut [2]. »

En décembre 1941, alors que son aviation bombarde la flotte américaine à Pearl Harbour, le Japon lance parallèlement une offensive majeure contre l’empire britannique d’Asie et s’empare, presque sans coup férir, de la Birmanie, de Singapour et de la Malaisie. Les troupes de l’Empire du Soleil-Levant atteignent les portes de l’Inde. Deux historiens britanniques d’aujourd’hui, Christopher A. Bayly et Tim Harper, exposent la signification de cet effondrement de « l’homme blanc » en Extrême-Orient, et ce d’un point de vue asiatique d’autant plus important à comprendre que « nous entrons dans le siècle de l’Asie [3] » :

« En 1941, lors de leur première incursion en Asie du Sud-Est, les Japonais n’apparaissaient pas aux yeux de ces peuples comme des envahisseurs féroces, hormis pour les Chinois, très informés d’événements comme le “viol de Nankin” en 1937 [4]. Au contraire, beaucoup percevaient les Japonais comme des libérateurs à même de balayer les colonialismes européens corrompus et décadents et d’ouvrir l’ère de “l’Asie pour les Asiatiques”. »

D’autant, poursuivent les auteurs, que la férule coloniale s’était alourdie avec la Grande Dépression des années 1930, écrasant la paysannerie sous le poids de la dette. La jeunesse asiatique admirait le Japon pour sa modernisation au XIXe siècle et pour sa victoire sur la Russie en 1904-1905. En Inde s’était constituée une Armée nationale de libération qui comptait 40 000 combattants en 1943, pour la plupart d’anciens soldats de l’armée britannique, et qui voulaient lutter contre le colonisateur en alliance avec les Japonais.

A la même période, dans le monde arabe, nombre de nationalistes dissimulaient à peine leurs sympathies pour « les ennemis de nos ennemis ». Le fait a été répété à satiété, le mufti de Jérusalem Amin Al-Husseini, un des leaders du mouvement palestinien, allait collaborer avec les nazis. Jeune officier, Anouar El-Sadate, le futur président égyptien signataire en 1978 des accords de Camp David avec Israël, fut arrêté en 1942 par les Britanniques pour avoir transmis des informations à l’Afrika Korps, les divisions blindées du général Erwin Rommel qui roulaient à tombeau ouvert vers Alexandrie. A ce moment-là, la majorité du peuple égyptien guettait fiévreusement l’arrivée des légions allemandes qui allaient libérer le pays de l’oppression exécrée des Britanniques. Communiste et juif, profondément antifasciste, Henri Curiel, un homme qui savait fort bien ce qu’il y avait à craindre d’une victoire nazie, diffusa un tract expliquant, en substance, que la domination allemande ne valait pas mieux que celle des Britanniques.

Il est difficile de se déprendre de vieux réflexes profondément ancrés, d’abandonner le prisme « occidentalo-centré » qui organise l’espace et le temps à partir du seul point de vue du Nord. Bien sûr, l’issue de la Seconde Guerre mondiale était cruciale pour l’avenir de l’humanité, et une victoire de l’Allemagne nazie aurait signifié non seulement la vassalisation de toute l’Europe, y compris de l’Union soviétique, mais aussi l’aggravation de l’exploitation des colonies. Mais nous devons comprendre la cohérence des illusions entretenues par les peuples vivant sous les férules britannique ou française. Ces illusions s’effacèrent rapidement, et les peuples asiatiques mesurèrent que le joug japonais n’était pas moins féroce que celui des Britanniques ou des Français, et, de la Birmanie à l’Indochine, ils se retournèrent contre leurs nouveaux maîtres. Mais, vu du Sud, le conflit perd ainsi la dimension qu’il a acquise dans « notre village occidental ». En fin de compte, l’impact majeur de la Seconde Guerre mondiale sur le monde colonisé résultera de la capacité des « peuples de couleur » à réclamer à leurs maîtres franco-britanniques affaiblis par le conflit, les valeurs de liberté, de démocratie et de justice au nom desquelles ils avaient combattu.

« Le droit à coloniser »

Les différentes perceptions de la Seconde Guerre mondiale nous permet de mieux appréhender le conflit de la Palestine qui est l’objet de cet essai. Il nous permet de critiquer le prisme que nous utilisons pour l’appréhender. Ainsi, il n’est pas possible de comprendre l’attitude européenne et américaine à l’égard de la création d’Israël en dehors d’une conception du monde, prégnante durant toute une partie du XXe siècle, qui tenait pour négligeable les peuples autochtones. Ceux-ci vivaient et restaient sur place, bien sûr, mais invisibles, sans culture, sans Histoire, qu’ils soient arabes de Palestine ou d’Algérie, aborigènes d’Australie ou Noirs de l’Afrique australe. Nombreux étaient ceux qui croyaient sincèrement que seule l’Europe portait le flambeau de la « civilisation », un terme qui servit à couvrir bien des aventures et à justifier bien des crimes.

Si l’on suit le très documenté Dictionnaire historique de la langue française, publié sous la direction d’Alain Rey, ce n’est qu’en 1721 qu’apparaît le mot « civilisation », défini comme « le processus historique de progrès (…) matériel, social et culturel, ainsi que le résultat de ce processus, soit un état social considéré comme avancé ». Civiliser consiste donc à « faire passer [une collectivité humaine] à un état de plus haut développement matériel, intellectuel, social ». Philosophe et orientaliste, auteur du Voyage en Syrie et en Egypte (1787), Volney opposait déjà l’homme civilisé à… l’anthropophage. Le terme de « civilisation », qui remplace le mot jusque-là utilisé de « mœurs », ne prend donc tout son sens que par opposition à celui de « sauvage ». Il implique une vision hiérarchique à laquelle il est difficile d’échapper.

Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet (1743-1794), dont l’un des plus grands mérites fut d’avoir défendu avec détermination l’égalité entre hommes et femmes, croit à l’unité de l’espèce humaine et s’oppose farouchement aux entreprises coloniales :

« Parcourez l’histoire de nos établissements en Afrique ou en Asie, vous verrez nos monopoles de commerce, nos trahisons, notre mépris sanguinaire pour les hommes d’une autre couleur ou d’une autre croyance, l’insolence de nos usurpations, l’extravagant prosélytisme ou les intrigues de nos prêtres, détruire ce sentiment de respect et de bienveillance que la supériorité de nos lumières et les avantages de notre commerce avaient d’abord obtenu. [5] »

Le respect des peuples de couleur transparaît dans cette condamnation courageuse et sans équivoque des aventures coloniales. Mais il s’accompagne, chez cet humaniste authentique que fut Condorcet, de la croyance de la « supériorité de nos lumières » – terreau de la formidable effervescence intellectuelle qui préparait la Révolution française. Elle le conduisit à une conviction :

La marche en avant des peuples des colonies serait « plus prompte et plus sûre par ce qu’ils recevraient de nous ce que nous avons été obligés de découvrir, et que pour connaître ces vérités simples, ces méthodes certaines auxquelles nous ne sommes parvenus qu’après de longues erreurs, il leur suffirait d’en avoir pu saisir les développements et les preuves dans nos discours et dans nos livres ».

Au nom de cette civilisation dont il est persuadé que l’Europe (et particulièrement la France) représente l’apogée, Condorcet légitime ainsi l’impérieuse obligation de hisser les autres peuples à « notre » niveau. Les restrictions qu’il y met, et notamment l’obligation d’user de moyens pacifiques, d’autres penseurs républicains, d’autres dirigeants politiques de la IIIe ou de la IVe République, les responsables européens en général n’auront aucun scrupule à les violer, camouflant sous cette « mission civilisatrice » des ambitions autrement plus sonnantes et trébuchantes.

A la fin du XVIIIe siècle, en France comme en Grande-Bretagne, se déployait une campagne contre la traite des esclaves et contre les colonies, menée par un courant appelé à un bel avenir, celui des intellectuels libéraux, d’Adam Smith à Edmund Burke. La métropole ne violait-elle pas les principes du marché libre en contraignant ses possessions d’outre-mer à exporter leur production vers la métropole et à y acheter tout ce dont elles avaient besoin ? Cinquante ans plus tard, la plupart des adeptes de ce courant, de James Mill à John Stuart Mill, en passant par Alexis de Tocqueville, bien que toujours attachés au libre-échange et au rôle central du marché, abandonneront pourtant les questionnements de leurs prédécesseurs pour appuyer, sans états d’âme, l’expansion européenne. Ce « revirement pro-impérialiste » des libéraux, comme le montre l’universitaire américaine Jeniffer Pitts, s’explique dans une large mesure par « l’effacement progressif des théories pluralistes et nuancées du progrès au profit de certaines conceptions beaucoup plus méprisantes de l’“arriération” et à une dichotomie beaucoup plus tranchée entre barbarie et civilisation [6] ».

Adam Smith attachait à l’étude des communautés humaines une attention soutenue et il n’aurait certainement pas entériné la formule de Margaret Thatcher, selon laquelle « There is no such thing as society » (« Il n’existe pas de société »). Il consacra, au contraire, des ouvrages approfondis non seulement aux sociétés européennes, mais aussi à celles que le Vieux Monde découvrait, de l’Océanie aux Amériques. Il était un universaliste, convaincu que les êtres humains sont tous rationnels et qu’ils appliquaient cette rationalité à la résolution de leurs problèmes. Pour lui et ses disciples, aucune culture n’était globalement supérieure ou inférieure aux autres : la diversité des croyances et des moeurs était une réponse à des situations différentes.

Sans jamais céder au relativisme, Adam Smith expliquait ainsi dans sa Théorie des sentiments moraux, publiée il y a cent cinquante ans, que la coutume des Amérindiens de mouler les têtes des nouveau-nés, dénoncée par les missionnaires comme absurde et barbare, n’était pas plus saugrenue que le port du corset imposé aux femmes, dont les effets négatifs étaient connus et néanmoins acceptés… Il condamnait avec force tout ce qui pouvait fonder l’idée d’une supériorité globale des sociétés européennes.

En quelques décennies, le monde va profondément changer. Alors qu’au XVIIIe siècle il était encore multipolaire – en 1800, la majorité de la production manufacturière mondiale se faisait en Chine et en Inde –, durant la première moitié du XIXe siècle l’hégémonie du Vieux Continent s’affirme, et ce pour des raisons diverses : avantages tirés de la conquête de l’Amérique ; profits accumulés du commerce triangulaire (Europe-Afrique-Nouveau Monde) dominé par la traite des esclaves ; et, surtout, maîtrise de la technologie et de l’art de la guerre : la multiplication des conflits en Europe donna aux Etats une capacité à mobiliser leurs ressources pour de longues campagnes militaires, capacité dont ne disposaient pas les immenses empires indien ou chinois, qui déléguaient la défense de leurs lointaines frontières à des potentats locaux ou à des tribus.

Cette capacité militaire et les conquêtes elles-mêmes vont constituer, a posteriori, une preuve de la supériorité non seulement militaire et économique, mais aussi « culturelle » et même « morale » du Vieux Continent, laquelle s’enracinerait dans des conceptions philosophiques que certains font remonter jusqu’à la Grèce antique. On vit ainsi, remarque Jennifer Pitts, apparaître des arguments selon lesquels la nature progressiste de leur civilisation donnait une supériorité morale aux Européens, leur permettant d’agir à leur guise dans les régions « barbares ». La Palestine sera, parmi d’autres, un champ d’application de ces théories.

L’évolution de la politique britannique en Inde en témoigne : au milieu du XIXe siècle, l’intérêt naguère porté à la civilisation de ce pays commence à s’estomper. « Il avait antérieurement existé dans les plus hautes sphères de l’administration, remarque Pitts, une certaine forme d’admiration pour les hauts faits de la culture indienne, y compris parmi les Britanniques œuvrant à l’expansion de l’Empire. Au sein des administrateurs coloniaux du XVIIIe siècle figuraient, en bonne place, des orientalistes admirant la civilisation indienne. »

Ces administrateurs avaient même tendance à s’indianiser : ils s’habillaient comme les locaux, adoptaient leurs coutumes, se mariaient à des Indiennes, etc. A partir des années 1850, au contraire, se fixe une vision méprisante des autochtones, laquelle ne se démentira plus jusqu’à l’indépendance.

Dans un ouvrage stimulant et ardu, au titre provocateur, Provincialiser l’Europe [7], l’historien indien Dipesh Chakrabarty revient sur la conception qui s’est finalement imposée selon laquelle l’Europe préfigurerait l’avenir de l’humanité. Les peuples non européens, explique Chakrabarty, sont assignés à « une salle d’attente imaginaire de l’Histoire », attente qui devient ainsi une mesure de la distance culturelle qui sépare l’Occident du non-Occident. La notion de progrès, poursuit-il, s’installe dès le XVIIIe siècle et si « nous » sommes l’avenir, « ils » sont le passé, parfois même notre propre passé : ainsi les Aborigènes d’Australie seront réduits à ressembler à nos ancêtres de la préhistoire qui n’auraient pas su évoluer. En d’autres termes, Karl Marx écrivait que « le pays le plus industrialisé montre aux pays moins développés l’image de leur propre avenir ».

En dépit des puissants mouvements universalistes qui ont marqué l’Europe à partir du XVIIIe siècle, dont les idées étaient en principe peu compatibles avec l’oppression des indigènes, le droit à coloniser s’est donc imposé comme un « droit naturel », voire comme un devoir, de l’Australie à l’Algérie, du Congo à la Cochinchine. En Palestine, il s’agissait aussi d’« une mission sacrée de civilisation » (Henry Laurens). Mais, à la différence d’autres situations coloniales, les Palestiniens ne sont pas assignés à « une salle d’attente » de l’Histoire, mais à en être expulsés définitivement.

Notes

[1] Deux villes sud-africaines où, en 1921 et 1922, Smuts exerça une terrible répression qui fit plusieurs centaines de victimes parmi les Noirs.

[2] Slovo. The Unfinished Autobiography, Ocean Press, Melbourne-New-York 1997.

[3] Christopher A. Bayly et Tim Harper, « Armées oubliées de l’Asie britannique », Le Monde diplomatique, mai 2005.

[4] Selon les sources, entre 100 000 et 300 000 personnes furent massacrées après la prise de la ville par les troupes japonaises.

[5] Tableau historique des progrès de l’esprit humain, publié après la mort de l’auteur, en 1795

[6] Jennifer Pitts, Naissance de la bonne conscience coloniale, L’Atelier-Le Monde diplomatique, 2006.

[7] Dipesh Chakrabarty, Provincialiser l’Europe, Editions Amsterdam, 2009.

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 18:13
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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 18:02

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Communiqué de presse

 

de Pierre GOSNAT

Député du Val-de-Marne

Maire d’Ivry-sur-Seine

 

 

 

ADOPTION DE LA REFORME DES RETRAITES

REGRESSION SOCIALE ET DENI DE DEMOCRATIE

 

 

La réforme des retraites vient d'être votée par les députés de la majorité à l'Assemblée nationale. Je me suis personnellement beaucoup investi dans les débats dans la limite des 8 heures qui nous étaient imparties.

 

Je suis scandalisé par le putsch auquel s'est livré le Président de l’Assemblée Nationale en arrêtant autoritairement les débats, avec l'assentiment manifeste du gouvernement et de la majorité, et ce alors même que la discussion n'était pas terminée. Cela témoigne de leur fébrilité face à l'ampleur de la mobilisation sociale et à l'attachement de tous les français à la retraite à 60 ans.

 

J’accuse tous les députés de la majorité et plus particulièrement les députés UMP et Nouveau Centre du Val- de-Marne d'être les complices de ce coup de force politique et les responsables d'un recul social sans précédent initié par le gouvernement.

 

J'en appelle à l'intervention de tous les citoyens Val-de-Marnais afin qu'ils interpellent leur député respectif sur leur comportement indigne de notre République et sur leur rôle dans cette entreprise de casse sociale qu'est la réforme des retraites.

 

Une chose est sûre, la loi n'est pas encore adoptée, loin de là! La discussion au Sénat commence début octobre.

 

Le 23 septembre prochain la grande manifestation à l'appel de tous les syndicats sera une étape fondamentale dans lutte contre la réforme des retraites. D'ici là faisons grandir la mobilisation !

 

 

 

 

Ivry le 15 septembre 2010

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 17:55

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Féru de musique? Son musée vous ouvre les portes. Pour les sportifs, des marches nordiques sont organisées dans le Parc de la Villette. A vos bâtons !

» Le programme complet des Journées européennes du Patrimoine 2010 à Paris/IDF

LE CENTQUATRE : Le Centquatre, nouveau lieu hybride, bouscule par sa dynamique artistique les frontières entre les arts et les publics. Une démarche favorisée par une étonnante configuration architecturale, sous forme d'un nouveau passage parisien. Ce vaste ensemble de 39 000 m² mêlant fer, brique et pierre, recouvert d'une verrière massive est caractéristique de l'architecture industrielle du XIXe siècle. Edifié en 1873, il a accueilli le Service municipal des Pompes funèbres jusqu'en 1997, date de la cessation de l'activité et de l'inscription des bâtiments à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques. En 2001, le maire de Paris programme la réaffectation du lieu et sur le projet de l'Atelier Novembre, maître d'œuvre de l'opération, réalise un lieu de création et de production artistique unique en Europe.

LE REGARD DE LA LANTERNE (Captages médiévaux des Eaux de Belleville) : Le regard de la Lanterne est un édifice en rotonde, en fortes pierres de taille et surmonté d'une coupole. A l'intérieur, un double escalier de pierre descend vers le bassin qui reçoit les eaux drainées depuis le sommet de la colline. Le soin apporté à la construction de l'ensemble est remarquable. Rare monument de l'Est Parisien, situé dans un jardin public, à l'écart de tous les quartiers touristiques de Paris. Il se trouve au milieu du très populaire quartier de la «Place des Fêtes» (Belleville) au centre d'un des «grands ensembles de logements sociaux» construit dans les années 1970 aux limites extérieures de la capitale.

MUSÉE DE LA MUSIQUE : Récemment rénové, le Musée de la musique, labellisé musée de France, est un lieu unique rassemblant, au sein de la Cité de la musique, une collection permettant de relater quatre siècles d'histoire de la musique occidentale et de présenter un aperçu des principales cultures musicales de par le monde.

PARC DE LA VILLETTE : INSTALLATION PHOTOGRAPHIQUE DE REZA : Sur 55 hectares dont 35 hectares de plein air, le Parc de la Villette mèle nature et architecture, aires et espaces de loisirs, lieux d'expositions, de spectacle et de débats (Grande Halle, pavillon Paul Delouvrier, WIP Villette, espace chapiteau...).

RANDONNÉE RIF «DU PARC DE LA VILLETTE AU PARC DE BERCY» : Parcours de 4h de marche Marche Nordique avec Annick et Michel Cozic, animateurs des Randonneurs d'Ile de France. Paris autrement «journée du patrimoine». Réservé aux adeptes de la discipline équipés de leurs bâtons de marche nordique munis des patins en caoutchouc. Parcours insolite du parc de la Villette en passant par le cimetière du Père Lachaise jusqu'au parc de Bercy.

RATP - ATELIERS DE LA VILLETTE : Avec 7 hectares entre Paris et Aubervilliers, le Parc de la Villette est le site de la RATP où se construisent les appareils de voie (aiguillages) du métro.

SIÈGE DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS : Œuvre de l'architecte brésilien Oscar Niemeyer, qui en dressa l'esquisse dès 1965, l'immeuble du siège du PCF fut achevé en 1971, tandis que la coupole, le parvis et le hall souterrain ne le furent qu'en 1979-1980. Différents architectes entourèrent Oscar Niemeyer dans la réalisation de cet édifice : Jean Deroche, Paul Chemetov, Jean-Maur Lyonnet et enfin Jean Prouvé qui réalisa le mur rideau qui couvre totalement les deux longues façades de l'immeuble. Immeuble de verre et de béton, le siège du PCF se caractérise par la fluidité de ses courbes, la subtilité des jeux d'éclairage naturel. L'édifice est remarquable également tant par le traitement des espaces que par celui du matériau, béton brut de grande qualité dont les traces de bois de coffrage sont le principal ornement.

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 19:42

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http://www.lepoint.fr/le-cabinet-de-besson-informe-de-la-circulaire-ciblant-les-roms-14-09-2010-1236308_19.php

 

PARIS (Reuters) - Eric Besson avait un représentant à la réunion du 4 août au cours de laquelle a été élaborée la circulaire ciblant les Roms pour les expulsions, écrit Le Canard Enchaîné, à paraître mercredi.

Le ministre de l'Immigration a immédiatement démenti mardi, comme il l'avait déjà fait la veille, avoir été informé de ce projet de circulaire qui a suscité une controverse.

"Ni le cabinet, ni moi-même n'avons été saisis du projet de circulaire", a-t-il dit, cité par son entourage. Le ministre a ajouté qu'il n'avait pas été destinataire de la circulaire, datée du 5 août, car elle portait sur le démantèlement de camps qui relève du ministère de l'Intérieur.

Eric Besson avait déjà affirmé lundi qu'il n'était pas informé de cette circulaire qui vaut à la France une vive réprobation internationale. "Je n'en étais pas destinataire et je n'avais donc pas en connaître", avait-il dit.

Mais selon l'hebdomadaire satirique, une convocation par courriel a été adressée le 3 août à Lucien Guidicelli, conseiller d'Eric Besson, par le conseiller chargé de la sécurité au cabinet du ministre de l'Intérieur.

Le Canard enchaîné publie un fac-similé de ce courriel annonçant la première réunion de la "cellule de coordination nationale de lutte contre les campements illicites".

Son ordre du jour : appliquer les consignes du discours de Nicolas Sarkozy le 30 juillet à Grenoble qui demandait de "mettre un terme aux implantations sauvages des campements de Roms".

Cette réunion a débouché sur l'envoi aux préfets d'une circulaire ciblant l'évacuation de campements de gens du voyage, "en priorité ceux des Roms".

Devant le flot de critiques, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a corrigé son texte lundi, de façon à ce que les Roms ne soient plus explicitement mentionnés.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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