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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 12:10

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Depuis longtemps déjà, et encore plus depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République française, pouvoir et patronat mènent une ardente campagne pour faire reculer l’âge de la retraite, que François Mitterrand avait légalement fixé à 60 ans. Leur principal argument : les Français vivent plus longtemps, leur espérance de vie s’est allongée.

Mais ils oublient de dire que lorsqu’ils arrivent à cet âge, s’ils y arrivent, la plupart de leurs compatriotes ne sont plus capables de travailler et ils n’aspirent qu’à une retraite décente, bien méritée. Il y a sept ans, mois pour mois, en juin 2003, le directeur du “Monde diplomatique” d’alors, Ignacio Ramonet, ouvrait ainsi son éditorial : “Occulté par les grands médias, un document décisif est passé inaperçu : le rapport publié par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) dénonçant le fait que, chaque année dans le monde, 270 millions de salariés sont victimes d’accidents du travail et que 160 millions contractent des maladies professionnelles.

L’étude révèle que le nombre de travailleurs morts dans l’exercice de leur métier dépasse, par an, les deux millions (...). En France, chaque année, selon la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), 780 salariés sont également tués par leur travail (plus de 2 par jour !) (…). Et il y a 1.350.000 accidents du travail environ, ce qui correspond à 3.700 victimes par jour. (…) Cette souffrance silencieuse, cette redevance versée à la croissance et à la compétitivité, les défenseurs du peuple l’appelaient jadis l’”impôt du sang”. À l’heure de se pencher sur la question des retraites, il convient de garder ce tribut en mémoire. Et de songer aux centaines de milliers de salariés qui n’atteignent la fin de leur vie active qu’usés, échinés, délabrés. Sans pouvoir profiter de leur troisième âge.

Car, si l’espérance de vie a augmenté, cela se traduit aussi, en raison des séquelles de l’activité professionnelle, par une explosion des maladies du retraité : cancers, affections cardiaques, dépressions, attaques cérébrales, handicaps sensoriels, arthrose, démences séniles, Alzheimer, etc. Cela rend particulièrement répugnante l’attaque contre le régime des retraites. Une attaque coordonnée, entraînée par les moteurs de la mondialisation libérale — G8, Banque mondiale, OCDE... — qui, depuis les années 1970, conduisent une offensive contre la Sécurité sociale et l’État-providence. Relayée par l’Union européenne, dont les chefs d’État, de droite et de gauche (Mr. Chirac et Mr. Jospin pour la France), ont décidé, lors du sommet de Barcelone, en mars 2002, de repousser de cinq ans l’âge de départ à la retraite."

Voilà qui éclaire d’une lumière crue la réalité vécue par un grand nombre de travailleurs, en France et dans le monde. Ce que ce constat nous fait découvrir, ou redécouvrir, sur la base de renseignements les plus officiels, est encore plus vrai aujourd’hui que la mondialisation marchande avance à grands pas, laissant derrière elle d’incalculables dégâts, Et pour revenir à la question des retraites, prenons garde à ce que cette réforme défendue âprement par le gouvernement ne se tourne en définitive contre les travailleurs et qu’elle les sacrifie sur l’autel du capital.


Georges Benne

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 12:06

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Médiapart devient un poids lourd dans la révélation des scandales qui entourent le président. Il y a bien sûr l’affaire Karachi, dont on va un peu parler, avec leur livre en plus de leurs révélations, mais il y a tout récemment une autre bombe, ce matin-même à propos de la possible évasion fiscale de Liliane Bettencourt aidée en cela par la femme d’Eric Woerth, sa gestionnaire de fortune, et des liaisons, selon Médiapart, avec l’ex ministre du budget, - il faut rappeler qu’il est aussi trésorier de l’UMP, j’y reviendrai - ainsi qu’une possible intervention élyséenne dans le procès intenté par la fille à sa mère.

 Pour bien nous rafraîchir la mémoire faisons une petite liste des quelques indélicatesses :

  • la nuit du Fouquet’s offerte par Desmarais
  • le Paloma (plusieurs centaines de milliers d’euros pour 4 jours) payé par Bolloré
  • Air Bolloré pour le voyage en Egypte
  • la villa à Wolfeboro offerte par des amis de Prada et Tiffany
  • le voyage mexicain dans une villa d’un banquier condamné aux USA pour blanchiment d’argent de la drogue
  • 5 Nissan 4X4 mis à disposition gracieuse pour la famille Sarkozy Bruni à Megève quand on licenciait 20 000 personnes
  • cocktail à New Tork qui a coûté 200 000 €
  • concert payé à Jaunni pour le 14 juillet, l’évadé fiscal et ami du couple présidentiel (1 et quelques millions d’euros)
  • le repas de l’UPM à 1 million d’euros et une douche
  • le salaire de Boutin
  • les 12 000 euros de cigares de Christian Blanc en un an payé par l’Etat, puis contrôle fiscal avec suspicion de dissimulation
  • les repas bi-tri hebdomadaires du chef de l’Etat au Bristol (menu à 200 €) alors qu’il y a un chef payé à l’année à l’Elysée
  • les invitations permanentes des élus UMP à des cocktails, repas, déjeuners, petits déjeuners dîners à l’Elysée par centaines d’invités et par dizaines d’invitations
  • le budget voyage de l’Elysée explosé
  • l’aménagement de Air Sarkozy One plusieurs centaines de millions d’euros
  • le fils Bachelot et son poste dans un organisme dépendant du ministère de sa mère
  • la fameuse affaire de l’Epad
  • le fils Pierre emmené, comme le fils Louis, dans des voyages officiels d’agrément comme le Maroc, le Mexique, l’ONU ou les jeux Olympiques, quand ils n’ont aucune charge de responsabilité politique ni industriel
  • la réservation de la suite junior pour Rama Yade (plus de 600 € la nuit) pour son voyage en Afrique du sud
  • l’affaire des préfets saqués (pour des sifflets et pour crime de lèse pelouse)
  • le coût astronomique des voyages sécurisés du Président de la République, coûts directs et indirects par paralysie des villes
  • les sondages et les rémunérations illégales et énormes des conseillers en « sondagistique » Giacometti et Buisson (enquête refusée par le parlement UMP)
  • déclaration new yorkaise concernant la culpabilité avant procès, procès qui a relaxé Villepin
  • l’affaire Tapie avec 45 millions d’euros d’indemnités
  • conseil donnés au Président de la République par un conseiller du ministère de la justice dans l’affaire Clearstream
  • Président attaquant en justice alors qu’il est protégé par son immunité ce qui crée une distorsion devant la justice et une inégalité certaine et préjudiciable
  • le voyage d’Estrosi en jet privé depuis New York payé par l’Etat, 
  • l’appartement de fonction de Fadela Amara illégalement mis à disposition de sa famille
  • Pérol nommé à la tête du regroupement des Caisses d’Epargne et des Banques populaires
  • Richard nommé à la tête d’Orange, Richard condamné pour fraude fiscale, qui a reversé au trésor public 660 000 € en septembre 2007, alors directeur de cabinet du ministère de l’économie (on croit rêver) dont 5 % pour mauvaise foi
  • Michèle Laroque, compagne d’un certain Baroin, ex Chiraquien reconverti, revient d’urgence se fiscaliser en France après une évasion de plusieurs années aux USA dans l’Etat du Nevada le moins fiscalisé,
  • rémunération illégale du Président de la République de septembre 2007 au 31 décembre 2007
  • les légions d’honneur distribuées comme des petits pains aux amis du pouvoir dont le Belge Frère et le Canadien Desmarais, les amis couturiers de Clara, les copains Clavier et Réno…

etc   Venons aux trois gros morceaux.   1- Tout d’abord l’affaire Clearstream. Instrumentalisation de la justice, justice qui passe étrangement à côté d’une certaine Michèle Alliot Marie, ministre de la défense à l’époque des faits, ministre proche de l’espion Rondot, ministre qui donc savait mais n’a même pas été interrogée, ministre étrangement impliquée dans d’autres affaires comme l’affaire Boulin où elle savait avant même que la justice ne rejette pour une troisième ou quatrième fois la demande de révision du procès, les courriers et enveloppes ayant judicieusement disparu en mars 2010. Etrange affaire Clearstream où le principal accusé et accusateur Imad Lahoud avait rencontré de très nombreuses fois un certain Pérol, très proche collaborateur de Nicolas Sarkozy, dont la femme était amie d’une certaine madame Woerth et avait travaillé avec ce même Woerth dans son cabinet (20 minutes) : Imad Lahoud aurait également, selon les policiers, organisé le 25 février 2004, quelques semaines avant l’envoi de listings falsifiés à la justice, une réception à laquelle participait François Pérol, Gilles Grapinet, conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon et le beau-frère de Dominique de Villepin, Michel Piloquet.   Plus loin, on apprend que le 5 mai 2005, c’est l’actuel ministre du Budget, Eric Woerth, qu’invite Imad Lahoud, dont l’épouse, Anne-Gabrielle Heilbronner, dirige alors le cabinet. De même, l’actuelle secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, a partagé à deux reprises avec son époux, à l’époque cadre chez EADS, la table d’Imad Lahoud.   Le rapport révèle enfin que le faussaire présumé a également déjeuné avec Bernard Casanova, alors proche de Bernard Squarcini, l’actuel patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et Brigitte Henri, qui travaillait alors avec le directeur central des Renseignements généraux (DCRG), Yves Bertrand.   On le voit ce cher, très cher Woerth se retrouve partout. Il est évident que dans une démocratie qui se respecte le ministre du budget ne peut en même temps être le trésorier du parti au pouvoir, mais cela est possible en Sarkoland. Ce même Woerth qui est allé en Suisse chercher des financements pendant la campagne électorale d’un candidat, un certain Nicolas Sarkzoy (Le Matin) : Ce 23 mars 2007, Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, était venu en ami à Genève. Patrick Devedjian, à l’époque député des Hauts-de-Seine, l’accompagnait. Cette visite en Suisse avait un but : récolter de l’argent pour financer l’« effort de guerre » du candidat de la droite, opposé à sa rivale socialiste, Ségolène Royal. Le comité de soutien UMP Suisse avait vu grand pour accueillir les émissaires de Sarkozy : une réception à l’Hôtel Crowne Plaza en début de soirée, suivie d’une réunion au Caviar House, dans la très chic rue du Rhône, avec le « premier cercle », autrement dit, les donateurs les plus fortunés.   Banquier français amer « Eric Woerth ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu’on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français », raconte un banquier français opérant dans une banque genevoise. S’il parle au « Matin Dimanche » aujourd’hui, c’est qu’il est dégoûté par les « techniques peu glorieuses » employées en ce moment par le même Woerth pour faire plier les évadés fiscaux.   En 2007, les Français ayant placé illégalement leur fortune en Suisse, « pouvaient espérer qu’une fois élu, Nicolas Sarkozy ferait voter une amnistie fiscale, poursuit le banquier désenchanté. Mais le président de la République préfère écouter la rue, qui lui demande de punir les riches. » […] Avant de devenir président de la République, Nicolas Sarkozy fut, notamment, avocat d’affaires. A ce titre, il accompagnait des clients à Genève et les introduisait auprès de financiers, rapporte le site Rue89 en date du 2 avril 2009.   2- De ce lourd scandale de Clearstream il faut se souvenir que cela a un lien avec le Luxembourg et au départ avec l’affaire des frégate de Taïwan, Luxembourg qui par sa police a fait savoir qu’elle soupçonnait Nicolas Sarkozy d’être clairement impliqué dans la création de la société Heine qui a reçu les commissions des ventes des sous-marins à Karachi mais également aussi semble-t-il des ventes à l’Arabie saoudite ou a essayé. Cette société a été crée avec l’aval obligatoire du ministère du budget dont Nicolas Sarkozy était le ministre. Mais il n’y a pas que la police qui sait. Il y a aussi un certain Boivin, dirigeant de cette société qui a continué ses activités malgré l’interdiction de toucher des commissions de vente d’arme. Ce même Boivin, selon le Nouvel Obs (papier, de la semaine passée) aurait touché les 8 millions d’euros qu’il réclamait. Il avait envoyé des lettres qui ressemblaient fort à un chantage déguisé à différentes personnalités dont Chirac et Sarkozy. Sarkozy qui parle de fable, mais là c’est du lourd et très lourd. Ce même Boivin a changé de nationalité pour devenir Luxembourgeois. Il aurait déposé dans une banque des documents, une sorte d’assurance vie, qui prouveraient les implications des politiques dans les rétrocommissions en particulier le même montant que l’argent déposé en liquide sur les comptes de campagne d’un certain Edouard Balladur avec pour proche collaborateur un certain Nicolas Sarkozy. Et c’est là où l’on retrouve à nouveau MAM. Libération a pu consulter les documents que s’est procurés la police luxembourgeoise. On ne peut qu’être effaré de ce qu’on apprend : Selon des documents inédits obtenus par Libération, cette société offshore a pu servir à violer la législation anticorruption, au moins jusqu’en 2005. Tandis qu’elle a entretenu, au moins jusqu’en 2009, des relations directes avec les plus hautes autorités politiques françaises - dont l’actuel président de la République. Un rôle étonnant pour une société implantée dans un paradis fiscal et qualifiée de « shadow company » (entreprise de l’ombre) par l’un de ses principaux administrateurs, Jean-Marie Boivin, homme-orchestre des commissions sur les marchés de l’armement.Ainsi, dans une lettre du 29 novembre 2006, le comptable luxembourgeois de Heine, Yves Schmit, s’adresse-t-il à Nicolas Sarkozy, pourtant ministre de l’Intérieur, pour régler un problème capitalistique touchant la société. Et en des termes révélateurs d’un lien de subordination : « Votre lettre du 28 septembre nous est bien parvenue. Mais à ce jour, elle n’a pas été suivie d’effet. Nous n’avons toujours pas reçu d’instruction de la part de l’Etat français » (voir fac-similé ci-dessus).   Deux mois plus tard, le 16 janvier 2007, dans un courrier à en-tête de Heine, Boivin demande à Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, devenue depuis ministre de la Justice, de lui « accorder prochainement un rendez-vous ». Une démarche, semble-t-il, fructueuse. Car selon une décision méconnue jusqu’à ce jour émanant de la Haute cour de justice de l’Ile de Man, un accord a été passé sur cette île le 24 janvier 2009, entre Heine et un « représentant du gouvernement français », avec la participation de deux fleurons de l’armement national, Thales et la DCNS (successeur de la Direction des constructions navales). Il prévoit le versement de 8 millions d’euros d’honoraires à Jean-Marie Boivin. Pour prix de son silence ?   Tutelle. Si MAM n’est que l’un des nombreux interlocuteurs de Heine, et pas forcément le plus assidu, son cas soulève un conflit d’intérêt. En 2007, elle intervient comme ministre de la Défense, alors que la DCNS appartient à 74% à l’Etat. Deux ans plus tard, elle est mutée à la Justice, tutelle d’un parquet qui freine des quatre fers une enquête pénale visant les relations entre Heine et la DCNS   Cette affaire est sans doute un des plus gros scandale que la France ait eu à connaître. Non seulement à l’époque des faits des ministres semblent y être impliqués, mais encore aujourd’hui. Les postes dont dépend la justice sont verrouillés. On oublie toujours un autre acteur majeur et pourtant il faut que cela se sache. Il s’agit d’un certain Hervé Morin. A l’époque des faits il est directeur de cabinet de François Léotard, qui l’a impliqué, ministre de la défense. Il ne pouvait évidemment pas ignorer les transactions en cours pour les ventes d’armes. Il était de fait impliqué. Et jusqu’au cou. Il faut également se souvenir de ce fait qui ajoute à son déshonneur. Il semblerait qu’en février 2007, en pleine campagne présidentielle, se disant le soutien de François Bayrou, il aurait négocié sa place de ministre de la défense - à la lumière de cette affaire de Karachi on peut comprendre qu’il avait une monnaie d’échange - auprès de Sarkozy. De nos jours, ce même Morin est ministre de la défense. Il bloque la transmission aux juges chargés de l’enquête, juges qui avec courage s’acharnent à découvrir la vérité, des documents essentiels classés secret défense. Avec les deux postes clés, celui de la justice - on retrouve à nouveau MAM, l’épargnée du procès Clearstream, à nouveau en première ligne - et celui de la défense, détenus par des ministres qui n’ont d’autre choix que de ralentir sinon arrêter le chemin vers la vérité, on ne peut qu’être inquiet de savoir si cela va aboutir, sachant qu’en plus ce n’est rien de moins que le Président de la République qui semble impliqué. Ce dernier peut toujours parler de fable, mais la police luxembourgeoise, les documents saisis, la pugnacité de l’avocat des familles, et le semble-t-il séreux des juges d’instruction finiront peut-être à ce que ce qui semble être une triste et épouvantable réalité soit enfin dévoilée.   3- Après le scandale de niveau supérieur de Clearstream où la justice a été instrumentalisée avec la bonne volonté du procureur Marin, peut-être pour cacher l’autre immense scandale, celui de Karachi, voici un troisième scandale, celui révélé par Médiapart : Stupéfiant rebondissement dans l’affaire Liliane Bettencourt. La fille unique de la milliardaire, convaincue que sa mère est dépouillée de ses biens, a transmis à la police judiciaire des enregistrements pirates de conversations entre l’héritière de L’Oréal et ses principaux conseillers. Ces documents audio, dont Mediapart a pris connaissance, révèlent diverses opérations financières destinées à échapper au fisc, des relations avec le ministre Eric Woerth et son épouse, ainsi que les immixtions de l’Elysée dans la procédure judiciaire. Il faut savoir que la fille accuse la mère ou plutôt accuse un photographe d’avoir dépouillé la mère de près d’un milliard d’euros. Or madame Woerth est la gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt. Il y a là peut-être danger pour elle. Sans compter que dans cet article du Post on liste le nombre inimaginable de sociétés dans des paradis fiscaux appartenant à cette même fortunée dame conseillée pour ce faire par la femme de l’ex-ministre du budget, responsable de la lutte contre la fraude fiscale.   En conclusion, on retrouve souvent les mêmes : MAM, Pérol, Woerth, Morin et bien évidemment Nicolas Sarkozy. Dans n’importe quel pays démocratique cette invraisemblable accumulation de petits et gigantesques scandales aurait déclenché une explosion du pouvoir.

 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/une-effarante-accumulation-de-76929

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 11:44

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On savait que Nicolas Sarkozy était un champion de la défausse, voilà qu’il vient d’être rejoint par Eric Woerth qui vient de gagner la médaille d’or du cynisme et de l’invraisemblable. Ce cher (ah ah) homme a utilisé deux arguments :

- il n’est au courant de rien (classique)- ce n’est pas un hasard si l’affaire sort maintenant (archi-classique) c’est parce qu’il est en première ligne dans le dossier des retraites  Notre cher ex-ministre du budget et toujours trésorier de l’UMP et ex-trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy prend les Français pour le peuple le plus bête de la terre.   Revenons au second argument  : il n’y a aucune coïncidence si cette affaire sort maintenant. En effet avec un courage admirable il se bat comme un lion pour la cause des retraites - que n’oublions pas avait été déjà résolu avec brio par un certain Fillon du gouvernement Villepin - pour le bien de la nation et des générations futures. Ses ennemis politiques, honteux et acerbes adversaires, usent de toutes les armes les plus immondes pour l’attaquer, et c’est pour cette raison que l’affaire famille Woerth-Bettencourt sort maintenant, à la date D et à l’heure H. N’ayant rien à reprocher à ce valeureux ministre on le traîne dans une fange épaisse et malodorante, lui qui est propre comme un sou neuf, lui qui est innocent comme l’enfant qui vient de naître.   Le simple constat des faits démonte comme à la foire au trône cet argument - s’il est classique il n’en est pas moins odieux et une insulte à l’intelligence - foireux. En effet si l’on croit le ministre cela voudrait dire - suivez bien mon raisonnement - :

  • que cet enregistrement du majordome de madame Bettencourt ne l’a été fait qu’en prévision de la future réforme des retraites, tout en sachant à l’avance que ce serait un an et demi plus tard Woerth le futur ministre ;
  • que la fille de Liliane Bettencourt n’a remis à la police cet enregistrement qu’uniquement pour mettre des bâtons dans les roues du cher ministre et certainement pas pour servir ses intérêts ;
  • que le procès, qui va avoir lieu début juillet, n’a eu sa date fixée qu’uniquement en prévision anticipée de la future nomination de Woerth au ministère du travail et que la justice avait calculé la date en regard de celle de déclaration d’Eric Woerth des décisions sarkozyennes pour régler le problème des retraites.

Passons maintenant au premier. Woerth ignore tout. Il ne sait même rien de la fortune de madame Bettencourt, la femme la plus riche de France, lui qui a été tout à la fois ministre du budget - ce qui est moralement complètement incompatible - et trésorier de l’UMP, ce qu’il est toujours, ayant été temporairement trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Il est bon de rappeler comme l’a noté le Matin, que ce même Woerth est allé en Suisse récupérer des fonds pour le candidat Nicolas (un prénom qui doit être le point commun des insulteurs majeurs) Sarkozy au début de l’année 2007 :  Ce 23 mars 2007, Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, était venu en ami à Genève. Patrick Devedjian, à l’époque député des Hauts-de-Seine, l’accompagnait. Cette visite en Suisse avait un but : récolter de l’argent pour financer l’« effort de guerre » du candidat de la droite, opposé à sa rivale socialiste, Ségolène Royal. Le comité de soutien UMP Suisse avait vu grand pour accueillir les émissaires de Sarkozy : une réception à l’Hôtel Crowne Plaza en début de soirée, suivie d’une réunion au Caviar House, dans la très chic rue du Rhône, avec le « premier cercle », autrement dit, les donateurs les plus fortunés.   Il paraît d’une absurdité totale qu’un trésorier de parti, ministre, dont la femme travaille dans la finance ignore qu’en Suisse il y ait de l’argent qui provienne de la fraude fiscale et que vraisemblablement des chèques reçus pour la campagne de Nicolas Sarkozy venaient de banques qui y participent.   Woerth atteint dans cet argument l’Himalaya du mépris de l’intelligence des Français. De plusieurs choses l’une :

  •  soit en tant que ministre il est d’un incompétence rare car il ignore tout de la première fortune de France - qu’est-ce qu’il faisait donc au ministère du budget ? - soit il ment ;
  • soit en tant que trésorier de l’UMP il avait un poste fictif soit il connaissait d’évidence les plus grands donateurs à son parti - comme le prouve l’article du Matin ainsi que le repas offert au Bristol à ceux-ci avec la présence de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République(ce qui n’est qu’un scandale de plus) et il ment ;
  •  soit son épouse (que les conversations enregistrées donc libres et par évidence ne pouvant être un jeu pour accuser l’un ou l’autre), engagée à sa demande (selon ces mêmes conversations enregistrées) dans la société qui gère la fortune de la fortunée dame, n’ignorait rien de ce à quoi sert ce genre d’officine (la fraude fiscale massive) - et le double fait d’être l’épouse d’un ministre et que celui-ci fût celui du budget ne fait qu’empirer les choses - et cela est gravissime (je serais Hermès, je ne serais pas très heureux de cette nouvelle recrue) soit c’est un engagement fictif pour complaire à un ministre du budget et c’est à nouveau gravissime. L’un c’est dire que la femme du ministre - au passage il ment quand il dit qu’il a révélé la liste des fraudeurs, il n’a fait qu’en parler et n’a fait que négocier avec certains fraudeurs - qui a pour vocation de lutter contre l’évasion fiscale, l’organise, l’autre c’est dire que l’on a engagé sa femme fictivement pour obtenir en échange un retour de son ministre de mari car c’est sur son insistance que cela fut fait.

Ce cher ministre semble de tous les coups. N’oublions pas au passage que ce même Woerth avait pour collaboratrice dans son cabinet la femme d’Imad Lahoud, celui qui a accusé Villepin, ce qui au moins aurait dû faire dresser les oreilles de Zig et Puce les deux juges qui ont oublié aussi d’interroger MAM, dans cette fameuse affaire Clearstream (20 minutes) : Plus loin, on apprend que le 5 mai 2005, c’est l’actuel ministre du Budget, Eric Woerth, qu’invite Imad Lahoud, dont l’épouse, Anne-Gabrielle Heilbronner, dirige alors le cabinet. De même, l’actuelle secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, a partagé à deux reprises avec son époux, à l’époque cadre chez EADS, la table d’Imad Lahoud.   On ne peut que se joindre aux diverses voix (comme Eva Joly par exemple traitée d’extrême gauche par le Woerth - et si demander que la justice soit faite et qu’un peu de probité habite le pouvoir est d’être d’extrême gauche je le serais volontiers, mais il y a d’autres petites détails de l’extrême gauche qui ne conviennent pas à mon petit esprit) qui demandent une mise à l’écart de Woerth du pouvoir en y ajoutant une note spéciale pour nous avoir pris pour les plus demeurés de la planète. Il suffit (comme l’on disait au XIXème siècle) ! Il y en a plus qu’assez de ces hommes de pouvoir qui mentent comme il respirent, qui vont au pied du mur de Berlin avant même que les faits ne se soient passés, qui ignorent tout de la la fortune de la plus fortunée famille de France tout en recevant d’elle des chèques (légaux) pour leur campagne électorale, don que la moralité, étant donné le poste de ministre, aurait dû faire refuser. Il y en a plus qu’assez de ces officines de communication qui pour tout fait odoriférant ressortent les mêmes rengaines (on ne sait rien, ce n’est pas le hasard si on m’attaque c’est que je suis au plus fort du combat pour l’honneur et la gloire de la France et des Français), avec leurs strory tellings, leurs éléments de langage et l’immense mépris qu’ils ont de nous et l’insulte insupportable à notre intelligence.   J’allais oublier : les cris d’orfraie, les grandes et bruyantes déclarations d’honneur (détruit), de probité (souillée), de moralité (bafouée), d’intégrité (dégradée), d’âme pure et salie. Un peu comme les vases communicants : plus les voix sont fortes, plus il y a de chance que le mal soit profond.   Les journaux étrangers sont effarés. Les journaux français sont effarants. Dans certains pays ce serait le déchaînement massif et de longue durée. Nous on a des Santini qui restent au ministère poursuivi par la justice, des fraudeurs du fisc directeur de cabinet de la ministre du budget, un président qui touche un salaire illégal pendant 3 mois et s’inscrit illégalement après la date de clôture des listes.  

 

Que la justice passe !   

 

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/l-incroyable-defense-d-eric-woerth-77237

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 11:43

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Lors du précédent article : « Métropoles globales, la finalité de la mondialisation capitaliste » j’avais surtout mis l’accent sur cette partie de la réforme territoriale. Réforme qui a été mise de côté par la médiatisation préférant les retraites et surtout l’amuse-peuple footballistique. Enfumage médiatique afin de conforter le prêt-à-penser capitaliste qui se sert de cet événement prétendu sportif pour noyer dans le consentement subodoré l’hégémonie totalitaire du monde spéculatif. Bref, cette réforme, du moins son projet de loi, dont on a volontairement tu qu’elle était d’une importance primordiale, vient d’être votée en première lecture à l’assemblée le 8 juin 2010 après que le sénat l’eut déjà adopté.

Ce projet de loi est à tel point important que l’on peut relever huit votes « contre » et vingt-six abstentions à l’UMP, ceci confirmé par vingt-deux abstentions avec un seul vote « pour » au Nouveau Centre, le PS ayant à deux exceptions près voté « contre », enfin le GDR a voté « contre » dans son entière majorité. C’est d’ailleurs dans ce groupe que l’on relèvera l’explication de vote la plus déterminée et qui circonscrit bien le problème.

Intervention remarquable que l’on doit à André Chassaigne, Député communiste du Puy-de-Dôme, le mardi 8 juin 2010 lors de la 2ème séance. Comme il n’y a rien à jeter de ce réquisitoire en voici la copie intégrale…

«  Monsieur le président, messieurs les ministres, chers collègues, le projet de loi de réforme des collectivités territoriales n’a malheureusement pas beaucoup fait parler de lui. Il conduira pourtant à un bouleversement complet de notre système institutionnel. C’est aussi un coup terrible contre les territoires pauvres et les zones rurales.

C’est d’abord le délitement organisé de la démocratie locale. Notre réseau de communes, qui fait vivre la République et les services publics sur tout notre territoire, est en danger ! Les maires, élus préférés de nos concitoyens, voient leurs pouvoirs réduits au profit des intercommunalités désormais obligatoires, c’est-à-dire des regroupements décidés administrativement par le préfet et non sur la base de projets de territoire élaborés par les élus et les citoyens. Alors que la fonction de maire est mise en danger, ce projet de loi en créé une nouvelle : celle de « conseiller territorial ». Ces élus de cantons remodelés siégeront au conseil général et au conseil régional, cumulant ainsi deux fonctions tout en étant deux fois moins nombreux. C’est la fin de la proximité entre élus et citoyens. Le conseiller territorial ne pourra qu’être un professionnel de la politique, un élu technicien siégeant dans deux assemblées aux compétences différentes et dans l’impossibilité de conduire des politiques publiques librement choisies, symbole de la libre administration des collectivités territoriales.

Ce nouvel élu bicéphale arrange bien l’UMP : il lui permet de renforcer son bouclier électoral, tout en renouvelant son plaisir à jouer une nouvelle fois avec les ciseaux !

Outre ce redécoupage, ce projet de loi a été l’occasion, pour la majorité, de tester laborieusement différents modes de scrutin et d’imposer par cavalier le nombre de « conseillers territoriaux » affectés à chaque département. Le résultat est catastrophique : en supprimant le mode de scrutin proportionnel des élections régionales, il signe notamment la fin de la parité ! Les femmes devront désormais se contenter des miettes : elles pourront siéger dans les conseils municipaux des villes de moins de 3500 habitants et auront même le droit d’être suppléantes des futurs conseillers territoriaux, évidemment sans véritable statut !

Pour donner le change, le système de financement des partis politiques a été replâtré à la va-vite, jeudi dernier, à deux heures du matin. Le nombre de candidates femmes aux élections territoriales influera à la marge sur le montant de l’aide aux partis. Ce dispositif d’affichage, qui existe déjà pour les législatives, a pourtant fait la démonstration de son inefficacité.

Mais cette réforme des collectivités territoriales, c’est aussi un gigantesque cheval de Troie pour donner des parts de marché au secteur privé dans nos territoires ! Tout d’abord, le développement et l’aménagement du territoire se feront de manière encore plus inégalitaire.

Ensuite, les métropoles et les pôles de compétitivité draineront l’essentiel de l’activité, les subventions, les bonus de notation, les investissements, au détriment des territoires moins favorisés ou relégués. Enfin, les collectivités territoriales seront encore plus asphyxiées financièrement. Quant aux espaces ruraux, ils se trouveront progressivement privés de pouvoir, de représentation et de financement, ce qui accélérera leur désertification. Cette réforme est une mèche lente au bout d’un bâton de dynamite qui fera exploser nos institutions !

Pour parachever l’ouvrage, la casse des syndicats de communes, comme la suppression de la clause générale de compétence, empêcheront les collectivités territoriales de répondre aux besoins des populations et de maintenir les services publics locaux. Les entreprises privées vont pouvoir s’installer sur les ruines du secteur public en reprenant les seules activités rentables. À la clé, les inégalités territoriales exploseront en même temps que les prix ! Avant même d’avoir digéré les jeux en ligne, le MEDEF se délecte déjà de cette nouvelle manne !

Ce texte de loi provoquera aussi la saignée programmée de l’emploi public dans nos collectivités. Elles réalisent 73 % des investissements publics et emploient aujourd’hui 1,8 million d’agents. Pour pouvoir diviser par deux le nombre d’agents de la fonction publique territoriale, la réforme organise une sorte de RGPP en promouvant les fusions et les mutualisations. Non seulement la réforme empêche nos territoires de répondre à la crise et au chômage, mais elle les aggrave !

À l’heure où les associations locales et les défenseurs des services publics de proximité sont en état d’alerte dans toute la France, les députés de la Gauche démocrate et républicaine veulent dire avec force que les citoyens seront les premières victimes de ces réformes !

Nous voterons résolument contre ce texte, et nous impulserons la riposte dans les communes, dans les départements et dans nos régions pour dire halte au massacre ! »


Michel MENGNEAU

http://le-ragondin-furieux.blog4ever.com

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 11:29

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Aucun des candidats ne l’a emporté, les Polonais retourneront voter, le 4juillet, pour choisir entre le libéral Bronislaw Komorowski et le conservateur Jaroslaw Kaczynski, frère jumeau du président défunt, arrivés, hier, en tête du premier tour de l’élection présidentielle, selon les sondages sortis des bureaux de vote. Le troisième candidat, le social-démocrate Grzegorz Napieralski, a obtenu entre 12,4% et 14,% des voix. Si ici comme ailleurs, la campagne en forme de duel a privé les autres candidats de toute ambition. Grzegorz Napieralski, le candidat du parti de gauche SLD, héritier du Parti communiste, arrive en troisième position, réalisant un score plus élevé qu’attendu avec 13% des suffrages. Et il a désormais une position charnière qui révèle l’évolution de la société polonaise.

 

Le candidat de gauche, le social-démocrate Grzegorz Napieralski, a créé la surprise en recueillant 13,7% des suffrages. Si nous soulignons l’importance de ce score c’est pour diverses raisons dont la principale est qu’actuellement dans la quasi faillite du système de réprésentation électorale où il est de plus en plus rare de constater une véritable alternative, ce sont des phénomènes à la marge qui selon nous sont susceptible de refléter l’état réel de l’opinion publique, il en est ainsi du haut taux d’abstention en Colombie, et de cette poussée d’un candidat de gauche. Quand un système est vérouillé, il faut savoir en lire les minuscules dysfonctionnement.

 Cette poussée témoigne paradoxalement du fait que rien n’est joué et qu’entre deux candidats de droite, celui qui peut rallier les suffrages n’est pas celui que l’on croit, même si Kaczynski est un véritable repoussoir pour la gauche.L’issue du second tour dépend en grande partie du choix que feront les électeurs du jeune candidat de gauche ainsi que du taux de participation qui au au premier tour s’élevait à 54,85%, selon les données de la Commission. »Grzegorz Napieralski a gagné un important capital politique qui pourra faire pencher la balance au second tour. On a pu voir déjà les premières tentatives de séduction de la part des deux principaux candidats », a déclaré à l’AFP le sociologue Edmund Wnuk-Lipinski.M. Napieralski s’est borné à remercier ses électeurs, sans indiquer sur lequel des deux candidats il comptait les appeler à reporter leur voix.Selon les sondages, 66,5% de ses électeurs sont prêts à voter Komorowski au second tour, contre près de 30% pour Kaczynski.

Il y a deux faits essentiels, la remise en cause de la politique néo libérale, de l’Europe en fait et de ce fait une inflexion vers la Russie.

Le président par intérim Bronislaw Komorowski, 58 ans, avec 40,7% selon un sondage publié par la télévision publique TVP immédiatement après la fermeture des bureaux de vote, a devancé son rival eurosceptique Jaroslaw Kaczynski, 61 ans, crédité, lui, de 35,8% des voix. Selon un autre sondage, diffusé par la télévision privée TVN24, Bronislaw Komorowski a obtenu 45,7% et Jaroslaw Kaczynski 33,2% des voix.

 Si ces sondages sont confirmés par les résultats officiels, les deux rivaux s’affronteront au second tour du scrutin dans deux semaines.

  »En théorie, Jaroslaw Kaczynski aurait pu se débarrasser de sa xénophobie, mais en pratique, cela est très peu probable », a déclaré M.Komorowski dans une interview au journal Polskа The Times.selon l’agence Ria Novosti qui insiste sur le fait qu’un des enjeux de la campagne serait la russophobie de Kaczynski.

Mais ce n’est pas le seul, loin de là ce qui rend les résultats définitifs beaucoup plus incertains que ne le laisse penser les estimations du premier tour. En effet ces résultats témoignent d’un écart faible entre les candidats de l’ordre de 5%.Et rien n’est assuré vu ce que sont les deux candidats, si Kaczynski est une caricature conservateur, xénophobe, homophobe, j’en passe et des meilleures son adversaire est également de droite et de surcroît libéral, il porte la menace de réformes qui inquiètent la gauche et une grande partie de l’opinion publique qui voit venir un nouveau démantèlement des acquis sociaux dans le contexte européen.

Les Polonais sous l’impact de la crise mondiale reviennent sur le libéralisme, sur la monnaie européenne. Bronisław Komorowski préconise une entrée rapide dans la zone euro, tandis que Kaczynski veut mener une politique monétaire plus stable et indépendante, rendant l’entrée dans cette même zone plus prudente, voir la suspendre.

De même, certaines réformes libérales sous le gouvernement de Donald Tusk ont laissé un triste souvenir en particulier dans l’enseignement public et dans celui de la santé publique.

C’est dans ce contexte qu’il faut estimer la poussée de Grzegorz Napieralski qui est plus ou moins vécu comme l’héritier des communistes même s’il ne revendique pas cet héritage du moins dans sa totalité.

Et dans le même temps, on constate une certaine évolution de l’opinion polonaise vers la Russie. celle-ci a bénéficié de la compassion témoignée par Poutine, mais aussi du désamour envers l’Europe. Kaczynski l’a compris . Le 9 mai dernier, dans un message vidéo sous-titré en russe et dont le ton conciliant contrastait vivement avec celui adopté jusque là par ce chef du PiS, Jaroslaw Kaczynski a remercié les Russes pour leur « compassion » après l’accident qui avait coûté la vie au président Lech Kaczynski près de Smolensk, en Russie. Il a déclaré qu’il y avait dans l’histoire des moments susceptibles de tout modifier, même le déroulement de l’histoire et il a espéré qu’un « tel moment approchait » dans les relations entre Moscou et Varsovie. Aussitôt Bronislaw Komorowski a rétorqué : »M.Kaczynski croît sans doute que tous ont oublié sa russophobie et le mal qu’il avait fait pour les relations entre la Pologne et la Russie (…) Je pense cependant que les Polonais ont une mémoire plus longue que la campagne électorale.Et d’ajouter qu’il restait à savoir si M.Kaczynski s’engagerait désormais pour de bon dans le processus de réconciliation russo-polonaise.

En tout les cas, il est clair que Poutine est en train de réussir un pas dans sa stratégie d’avancée vers l’ouest européen.

 

Danielle bleitrach


http://socio13.wordpress.com/2010/06/21/presidentielle-en-pologne-le-liberal-komorowski-en-tete-mais-rien-nest-joue-bon-resultat-du-parti-de-gauche-par-danielle-bleitrach/

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 11:27

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Pour une autonomie des peuples et des Etats nationaux

 

 

 

 

de Federico Guglielmi pour l'Ernesto (revue et courant marxiste du Parti de la Refondation communiste)



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net



Dans la crise actuelle de l'Union européenne deux questions centrales, au sein de la gauche italienne – et pour bonne partie aussi dans la gauche anti-capitaliste et communiste – sont presque complètement éludées (ou, pour le dire mieux: une éludée et l'autre même diabolisée, nous verrons quelle est l'une et quelle est l'autre). Deux questions qu'il serait bon, au contraire, de replacer au centre de la discussion, au moins comme des questions qui méritent une investigation politique et théorique, digne d'être au moins prises en considération.



La première question à laquelle on se réfère (celle qui est 'seulement' éludée) est celle de la nécessité extrême (non qu'il en ait la conscience totale, mais objectivement) pour le mouvement ouvrier dans son ensemble de répondre à l'unification trans-nationale du capital européen et à sa lutte anti-ouvrière homogène organisée à l'échelle continentale, par un mouvement similaire vers l'unité trans-nationale et l'organisation de sa lutte à l'échelle européenne. Il est vital, en d'autres termes, que face au fait qu'une multi-nationale puisse mener une attaque simultanée dans ses usines, dans ses entreprises situées, par exemple, en France, en Espagne et en Italie, le mouvement communiste et anti-capitaliste européen et le mouvement syndical de classe européen puissent répondre simultanément dans les trois pays où les travailleurs sont attaqués par le même et unique patron. Il est vital que face aux politiques anti-ouvrières que l'UE déclenche de manière homogène à l'échelle continentale le mouvement ouvrier répondre avec une lutte tout aussi homogène et supra-nationale. Cette question de l'unité trans-nationale du mouvement communiste, anti-capitaliste et syndical européen est un objectif, aujourd'hui, tout aussi nécessaire qu'absent du débat et loin de se réaliser.



La seconde question (celle justement diabolisée, aussi par des secteurs très importants des forces de la gauche modérée, et pas seulement, italienne et européenne) c'est celle relatif à un possible mot d'ordre pour la dissolution, le dépassement de l'Union européenne et au retour à l'autonomie des peuples et des Etats nationaux.



L'Union Européenne s'est constituée (en plus des pressions particulières du grand capital) aussi à travers des processus culturels de sanctification et de mythification soutenus par les classes dominantes: de tels processus 'religieux' ont été aussi intensifs et envahissants que nécessaires aux intérêts du grand capital européen. De telle manière qu'aujourd'hui les forces politiques, les tendances, les partis (parfois aussi communistes) qui réussissent à remettre en question l'existence et le 'sens historique' de l'UE ne sont certainement pas majoritaires; alors que nombreuses sont les forces tendant à reconnaître la légitimité et l'inéluctabilité historique de l'UE, faisant abstraction, ainsi, des intérêts des peuples et des travailleurs européens. Et comme si l'idéal pseudo-romantique d'une seule patrie (en réalité d'une seule banque et d'une seule monnaie) européenne avait déjà dépassé depuis longtemps l'idéal de la transformation socialisteet de la défense du mouvement ouvrier européen contre les processus sauvages d'accumulation capitaliste dont le pôle impérialiste européen en constitution a besoin pour s'inscrire dans la compétition avec d'autres pôles impérialistes et les zones économiques mondiales émergeantes.



Elles sont au nombre de deux, les 'certitudes' granitiques par lesquelles, aussi à gauche, on nous injecte la mythification de l'UE, conduisant à sanctionner son indissolubilité et finissant par croire seulement à sa supposée réformabilité, théorie et praxis de la gauche modérée: on croit, d'une part, que l'UE est le fruit d'un processus historique irréversible et, d'autre part, que la monnaie unique est salvatrice pour toutes les économies des pays de l'Union européenne.



En vérité nous ne sommes pas, pour ce qui est de la construction de l'UE, face à un processus soutenu par un élan historique, soutenu par des pays et des peuples traversés par une pulsion historique unitaire; nous avons été et nous sommes, plutôt (nous le répétons) face à l'exigence du grand capital européen de s'unir pour devenir capital supra-national en mesure de concourir et de vaincre économiquement à l'échelle internationale. Comme l'intendance, les peuples, les travailleurs et les Etats doivent suivre. Et ils ont suivi.



Et pour ce qui concerne l'autre mythe – la monnaie unique salvatrice – ce sont les mêmes faits, les grandes attaques spéculatives du dollar avec la crise relative de l'euro dans la période, qui nous disent à quel point l'euro, comme toute monnaie nationale, est exposée aux risques de déstabilisation par des vagues spéculatives financières internationales et combien l'oscillation de sa valeur est subordonnée, en fin de compte, aux crises titanesques de sur-production et de sous-consommation qui aujourd'hui caractérisent le capitalisme mondial. Par ailleurs, pour démontrer combien l'euro est également fragile et exposée aux vents économiques et combien est mythifiée sa fonction de « bouclier » pour les économies européennes, il a suffi que Merkel ait interdit la vente à découvert d'obligations souveraines et de certaines actions pour que la monnaie de l'UE, dans la première moitié du mois de mai dernier, pour qu'il perde à nouveau de sa valeur. Et, d'autre part, c'est même à Carlo de Benedetti, dans sa conférence 'retentissante' organisée le 18 mai dernier à la London School of Economics, que l'on doit l'affirmation selon laquelle « l'euro est désormais entre les mains des allemands » et que « l'Allemagne, dans ces conditions, peut aussi décider que l'expérience monétaire européenne est arrivée à son terme ». La nouvelle crise du 4 juin dernier, avec le danger annoncé de faillite hongroise, l'effondrement des bourses qu'il en suivit (Milan et Madrid – 3,8%) et l'effondrement de l'euro, descendus sous la barre des 1,20 dollar, sa valeur la plus basse depuis le printemps 2006, ne plaide pas en faveur d'un euro comme digue défensive, ni de l'économie trans-nationale européenne ni des économies nationales.



Et que l'Euro – à partir de l'impact matériel qu'il a eu sur les conditions de vie des peuples et des travailleurs européens – ne soit pas aimé, cela est démontré non seulement par la très large méfiance envers cette monnaie de la part des peuples européens moins riches, qui se rappellent, aussi en Italie, le pouvoir d'achat supérieur sur les marchés réels du temps de la lire et des autres monnaies; mais une telle méfiance persiste et s'étend parmi les peuples européens aux plus hauts revenus par tête: le peuple de Grande-Bretagne, qui voit d'un oeil sombre la possibilité de perdre la Livre sterling, et même le peuple allemand. Et c'est bien en ce mois de mai, la leçon d'un sondage mené en Allemagne par la société 'Tns Emnid' et rapporté par le journal historique 'Bild'. Plus de 60% des électeurs allemands – rapporte Bild – voudraient revenir au mark allemandà cause de l'affaiblissement conséquent de l'euro provoquée par la crise. Et en tête du journal, le directeur de Tns Emnid, Klaus-Peter Schoeppner a commenté ainsi le sondage: « L'affaiblissement de l'euro et la crise des derniers mois ont dépouillé les citoyens allemands de leurs dernières illusions. A cause de la crise financière, plus de 60% de la population voudrait un retour au mark allemand ».Un autre sondage mené, dans la même période en Allemagne, le 'Deutschlandtrend' de l'entreprise 'Infratest-Dimap', a révélé de plus que « la moitié des électeurs craint une baisse de leur niveau de vie dans les prochaines années et les deux-tiers craignent pour leurs épargnes. »



Mais si l'euro peut aussi jouer – dans certains moments critiques – un rôle de protection partielle pour les économies nationales européennes, l'écart entre cet éventuel, et assurément occasionnel et quand même précaire, rôle de garant et le prix que les peuples et les travailleurs européens ont du payer pour le Traité de Maastricht de 1992, le Pacte de Stabilité d'Amsterdam de 1997, le Traité de Lisbonne et la directive Bolkestein est tellement important que vraiment le jeu n'en vaut pas la chandelle.



Le fait est que du Pacte de Stabilité d'Amsterdam à Bolkestein on a fait passer, dans son intégralité et dans toute la zone Euro, cette ligne hyper-libérale visant au confinement et ensuite à la réduction des salaires et des retraites, de destruction de l'État social et de privatisations qui a, comme fin ultime, de libérer les forces du grand capital européen, de maximiser ses profits, l'exonérant par ailleurs et de manière presque totale de la participation au soutien du peu de l'État social qui reste, qui fonctionne désormais seulement par la taxation du travail.



Le fait est que cette Union européenne qui, sur le plan institutionnel, ne connaît pas la division des pouvoirs, sans aucun filtre démocratique et soumise à la dictature de la BCE semble toute faite pour subir la domination du néo-impérialisme allemand, qui vise (des développements ultérieurs et plus sophistiqués de la lutte de classe) à séparer l'Europe faible et maigre (Grèce, Portugal, Espagne, Italie) de celle forte et grasse; qui vise à transformer les pays d'Europe de l'est en des nouveaux terrains privilégiés d'accumulation capitaliste pour le pôle impérialiste européen; à faire payer – en somme – la facture imposée par Maastricht et par Amsterdam avant tout aux pays et aux peuples les plus faibles d'Europe.



Les droites qui ont gouverné les pays de l'UE dans les dernières décennies ont déchargé sur une immense dette publique les coûts de Maastricht, tandis que – paradoxalement, mais jusqu'à un certain point – les gauches du réformisme mou ou libérales qui ont gouverné ont souvent impulsé des politiques et des budgets pro-Maastricht du sang et des larmes (celles du premier gouvernement Prodi, avec le soutien des communistes, ont été parmi les budgets les plus restrictifs de toute l'histoire de la République, faits pour « entrer dans l'Europe »). Le même gouvernement Zapatero en Espagne (que Vendola, dans son document pour le VIIème Congrès du PRC de Chianciano a elevé au rang de nouveau guide de la gauche européenne) a par ailleurs déjà annoncé qu'il obéira jusqu'au bout aux ordres allemands pour sauver l'euro en coupant de manière drastiques dans les salaires, les retraites et l'Etat social.



Bien sûr, il faudrait jeter au feu les diktats de Maastricht et le manifester dans la rue, « faire comme en Grèce » (mais là-bas, il y a un Parti communiste et un syndicat de classe et de masse que le mouvement ouvrier italien, pour le moment, ne peut que rêver d'avoir et qui pose le problème – justement – de la construction d'un parti communiste et d'un syndicat de classe dans notre pays).



Toutefois, il y a une question centrale: avec quelle stratégie les forces communistes et anti-communistes européennes doivent-elles aller de l'avant? Avec la stratégie qui a caractérisé la majorité de la gauche européenne (en Italie, souvent, aussi celle communiste) jusqu'à maintenant, c'est-à-dire la ligne de la réformabilité de l'Union européenne? Cette position qui, par exemple, a caractérisé politiquement et culturellement aussi le courant intellectuel et politique venant, dans notre pays, du Manifesto, avec la camarade européiste Luciana Castellina en particulier et qui a fortement influencé les forces communistes italiennes?



Ou alors est-il possible de rouvrir 'l'affaire UE' et (sans préjugés et à partir, de façon matérialiste, tant des souffrances qui sont et seront infligées dans les prochaines années aux jeunes, aux travailleurs et aux peuples européens, en particulier ceux les plus faibles et les plus subordonnés à l'impérialisme allemand, que des processus d'évidement progressif des souverainetés nationales) prendre en considération aussi la possibilité d'une sortie stratégique, pour les pays et les peuples qui le veulent, de l'Union européenne? Nous sommes pour ouvrir cette réflexion, rappelant aussi le fait que le contexte actuel n'est certainement pas celui du bi-polarisme (USA/URSS) dans lequel l'UE a effectué ses premiers pas.



Aujourd'hui, nous sommes dans un monde multi-polaire, avec de nombreuses régions économiques mondiales structurées, politiquement diverses, et chaque pays européen pourrait choisir librement, de manière autonome, quel partenaire économique il désire avoir en Europe et dans le monde, avec qui il désire créer des liens, dans l'optique d'un avantage mutuel, hors d'une prison, comme celle de Maastricht qui garantit une fausse protection en demandant en échange des contraintes sévères, des taxes et des impôts. Car le Portugal, la faible économie portugaise, par exemple, doit être contrainte – par la mythologie de l'Europe unie – à se mouvoir à l'intérieur des diktats européens et ne peut pas librement choisir d'avoir – aussi pour des raisons historiques, culturelles, primaires – un partenaire privilégié comme le Brésil, tout le groupe des BRIC, en voie de développement? Pourquoi l'Italie ne devrait pas relancer sa ligne 'naturelle', libre, d'ouverture – politique et économique – vers le Moyen-Orient et les pays arabes? Pourquoi ne peut-on pas développer pleinement une politique économique vers l'Amérique latine, l'Afrique, la Chine et l'Eurasie entière?



Il y a des économistes, certains d'orientation marxiste, qui posent le problème suivant: du point de vue marxiste – affirment-ils – l'unification du marché, du capital et des forces de travail de l'UE constitue un cadre, une potentialité essentielle pour les destinées du socialisme. Une telle affirmation, qui semble découler d'une certaine rationalité et d'une lecture apparemment scientifique et matérialiste de l'avenir européen, souffre d'une profonde contradiction interne, une contradiction qui risque de faire déboucher une telle analyse sur le mécanicisme; nous sommes face à un processus d'unification du capital qui pour se réaliser a besoin d'un tournant réactionnaire sur long et très long terme et, dans le même temps, face à la situation d'un prolétariat européen qui se retrouve, dans son ensemble, loin d'être prêt à une perspective révolutionnaire



Cela veut dire, concrètement, que la constitution de ce pôle réactionnaire européen ne consiste pas seulement à étendre à l'infini les temps de la transformation socialiste à l'échelle européenne et supra-nationale, mais dans le même temps, par le fait que des politiques réactionnaires s'abattent aussi lourdement sur chacun des pays, elle tend à faire obstacle aussi aux processus de transformation socialiste à l'échelle nationale.



Jusqu'à présent, l'UE est un mythe de la culture dominante: les communistes, au moins eux, ne peuvent-ils pas s'en libérer? Peuvent-il penser tout haut, peuvent-ils oser penser, dire qu'un peuple et un pays européen est plus libre s'il s'évade de la prison de Maastricht et s'aventure en haute mer, dans le grand océan de marchés mondiaux divers, nouveaux et vastes? Discutons-en, et maintenant.

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 20:52

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Une apologie honteuse


Nicolas Sarkozy a exprimé sa "profonde tristesse" à l'annonce du décès du général Bigeard, un "très grand soldat", qui incarnait "pour les Français, la figure héroïque du combattant". "Sa carrière exemplaire restera un modèle pour la République", a-t-il ajouté.

Quant à François Fillion, il a exprimé sa "grande tritesse" et salué la "grande figure des conflits d’Indochine et d’Algérie".

Parmi les pleureuses, on compte aussi Jean-Marie Le Pen, président du Front national, qui a salué le "brave type" et le "grand combattant" de l'armée française.

Jusqu'à Jean-Pierre Masseret, président (Parti socialiste) du Conseil régional de Lorraine, qui  a exprimé son "émotion" et sa "tristesse".

C'est ainsi que la France officielle s'apprête à encenser un de ses soudards, vétéran des guerres coloniales.

La Gestapo française

Le 13 janvier 1955, sous le titre "Votre Gestapo d'Algérie", Claude Bourdet [1], dénonce la torture pratiquée par la police et l'armée en Algérie. Il écrit dans l'hebdomadaire France Observateur :

"Le supplice de la baignoire, le gonflage à l’eau par l’anus, le courant électrique sur les muqueuses, les aisselles ou la colonne vertébrale, sont les procédés préférés, car bien appliqués ils ne laissent pas de traces visibles. Le supplice de la faim est également constant. Mais l’empalement sur une bouteille ou un bâton, les coups de poing, de pied, de nerf de bœuf ne sont pas non plus épargnés. Tout ceci explique que les tortionnaires ne remettent les prisonniers au juge que cinq à dix jours après leur arrestation ... Une fois que les Gestapistes ont dicté et fait signer à leurs victimes à demi-mortes « l’aveu » qu’il leur plaît d’attribuer, le reste du séjour à la police sert à remettre le prisonnier en état, au besoin à le soigner (mais oui !) afin qu’il soit présentable lorsqu’on le mène au juge".

De 1955 à 1960, Bigeard, alors colonel, a été un de ces Gestapistes, mais l'amnistie rapidement proclamée par la France, immédiatement après l'indépendance de l'Algérie, a empêché que ces crimes puissent être largement connus.

Henri Alleg, journaliste à Alger Républicain, lui-même torturé [2], remarque :

"Les délits et crimes liés à la guerre d’Algérie ont été amnistiés [...] Aucun autre événement de l’histoire de France n’a bénéficié d’une mesure aussi rapide et systématique. [...] Un tortionnaire aurait la possibilité de faire condamner en diffamation sa victime si elle l’accusait ! Car l’amnistie est assortie d’une obligation d’amnésie". [3]

Il a fallu attendre juin 2000 et la publication par Le Monde du témoignage de Louisette Ighilahriz pour que ces pratiques soient publiquement et largement dévoilées.

En 1957, âgée de 20 ans, Louisette est une combattante  du Front de libération nationale (FLN) ; tombée avec son commando dans une embuscade tendue par les parachutistes du général Massu, elle est capturée et emmenée, grièvement blessée, au quartier général. Là, elle est sévèrement torturée, sans relâche, trois mois durant.

Dans son récit, Louisette précise comment Massu, ou bien Bigeard, quand ils venaient la voir, l'insultaient et l'humiliaient avant de donner l'ordre par gestes de la torturer.

Elle écrit : "Massu était brutal, infect. Bigeard n’était pas mieux".

Louisette a souvent hurlé à Bigeard : "Vous n’êtes pas un homme si vous ne m’achevez pas".

Et lui répondait : "Pas encore, pas encore !".

Elle ne doit sa survie qu'à un médecin militaire qui la découvrit fin décembre 1957. Il la fit transporter dans un hôpital où elle échappa à ses tortionnaires. C'est cet homme qu'elle voulait retrouver au moyen de son récit dans Le Monde pour pouvoir lui dire merci.

Aujourd'hui encore, à plus de 60 ans, Louisette souffre des séquelles physiques et psychiques des mauvais traitements qui lui ont été infligés.

Son récit a été à l'origine d'un flot de courriers de lecteurs et d'articles dans de nombreux médias français ; parmi ceux-ci, le témoignage d'un autre combattant du FLN - Noui M'Hidi Abdelkader - arrêté à Paris en 1958, incarcéré et torturé à Versailles ; ce qui confirme que la torture était également pratiquée en France.

A la suite de ces révélations, Massu, qui s'est vanté de s'être administrée lui-même la "gégène" (générateur d'électricité utilisé pour la torture) a reconnu que "la torture avait été généralisée en Algérie" et "institutionnalisée avec la création du Centre de coordination interarmées (CCI) et des Dispositifs opérationnels de protection (DOP)". Il affirme toutefois qu'il n'y a "jamais été directement mêlé".

Même ligne de défense de Bigeard, pour qui la torture a été un "mal nécessaire", mais qui dément l'avoir pratiquée lui-même.

"Les crevettes de Bigeard"

Cette expression désigne les personnes qui ont été exécutées illégalement durant la guerre d'Algérie en étant jetées depuis un hélicoptère en mer Méditerranée, les pieds coulés dans une bassine de ciment.

Paul Teitgen [4] - ancien secrétaire général de la police algéroise - a révélé que plusieurs centaines de personnes ont été exécutées par cette méthode, sans procès, sur ordre de Massu et Bigeard.

Ministre et député de la République

En 1975, Bigeard - devenu général quatre étoiles - est nommé secrétaire d'Etat à la Défense par Giscard d'Estaing ; par la suite, et durant dix ans, il demeure un politicien actif, s'employant à se faire élire député UDF de la Meurthe-et-Moselle.

-o-o-o-

A l'annonce de la mort de son tortionnaire, Louisette Ighilahriz, a déclaré : "Chez nous, le nom de Marcel Bigeard est synonyme de mort et de torture. Il aurait pu libérer sa conscience avant de mourir. J'en suis profondément déçue, malade".

-o-o-o-

L'hommage que les autorités de la République française tiennent à rendre au général Bigeard en dépit de ses crimes, en dépit de tout ce qu'il réprésente de haïssable, est une nouvelle démonstration qu'il ne peut y avoir d'unité nationale dans ce pays, quel que soit l'abus que l'on fasse des drapeaux, des hymnes et tutti quanti.

"Pas en mon nom !", comme le proclament les militants anti-guerre américains.

JPD

[1] Claude Bourdet est un ancien Résistant : il a participé à la fondation du mouvement Combat qu'il réprésente au Conseil national de la Résistance. Arrêté en 1944, il est déporté dans plusieurs camps de concentration dont Buchenwald.

[2] Henri Alleg a raconté les sévices dont il a été victime dans un livre publié aux éditions de Minuit et intitulé "La question". Le gouvernement - à direction socialiste - en a immédiatement décrété la saisie au motif de "participation à une entreprise de démolition de l'armée ayant pour objet de nuire à la défense nationale". Réimprimé en Suisse, le livre a été vendu et lu à des milliers d'exemplaires dans le monde entier y compris en France où sa diffusion a été clandestine.

[3] Le seul officier supérieur sanctionné, par l’armée et le gouvernement, est le général de La Bollardière qui a été condamné pour avoir dit au général Massu que les méthodes qu’il employait le dégoûtaient et qu’il n’avait que du mépris à son égard. Cet homme, qui refusait les méthodes de répression coloniales et de torture, a été emprisonné en forteresse.

[4] Ancien résistant et déporté durant la Seconde guerre mondiale, Paul Teitgen démissionne de son poste le 12 septembre 1957 pour protester contre ces actes de tortures (qu'il avait lui même subis de la part de la Gestapo) et ces exécutions extra-judiciaires.

 

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/archive/2010/06/18/art-175.html

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 19:44

 

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Dépenses 2009


1531 milliards de dollars de dépenses militaires mondiales en 2009 : la crise n’affecte pas les marchands d’armes
Portées au niveau de 1531 000 000 000 dollars, l’étude annuelle des dépenses militaires mondiales publiée par le SIPRI indique une nouvelle augmentation des dépenses militaires mondiales en 2009, de près de 6% sur celles de 2008. « C’est un scandaleux record ! » affirme le Mouvement de la Paix. « Au moment où le monde fait face à une nouvelle crise aux conséquences sociales et écologiques dramatiques, ces dépenses sont un véritable crime contre l’humanité ».
Les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’Onu représentent à eux seuls plus de 61% des dépenses militaires mondiales, en contradiction avec les efforts de désarmement de l’institution internationale. Le leadership de cette course à la mort reste incontestablement les Etats-Unis (49%). « Au moment où l'on envisage des coupes sombres dans l'éducation, la petite enfance, les retraites, la santé,..., il est particulièrement indigne que la France se maintienne à la troisième place de ce triste palmarès » poursuit le mouvement pacifiste. Le coût des opérations militaires extérieures atteint un nouveau sommet. « Comment pourrait-il en être autrement quand tout montre que les solutions militaires n’apportent aucune résolution durable des conflits et qu’au contraire, elles les enveniment ? » interroge le Mouvement de la Paix. Il faut d’urgence mettre un terme à cette course infernale et consacrer ces sommes à la construction d’un monde plus juste donc plus sûr. Si les armes garantissaient la sécurité, il y a longtemps que les guerres auraient disparu ! Au contraire, à force de mettre au point des armes toujours plus sophistiquées, les hommes ont rendu leur existence sur terre plus dangereuse et plus précaire. C’est particulièrement vrai avec l’arme nucléaire dont la modernisation des arsenaux coûte des fortunes. Le Mouvement de la Paix réitère sa proposition de mettre en débat la réduction de moitié des budgets militaires pour les 10 ans qui viennent. Dans l’immédiat, le Mouvement de la Paix demande la fermeture du Salon européen de l’armement qui doit s’ouvrir à Villepinte le 14 juin prochain.


Le Mouvement de la Paix Saint-Ouen, le 2 juin 2010

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 15:09

 

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Sous le patronage de Jean-Claude Lefort,
coordinateur du Comité national de soutien à Salah Hamouri,
député honoraire,


Françoise Baud,
maire de Valenton,


Françoise Labat
,
adjointe au maire chargée de la Vie associative, de la paix
et de la solidarité internationale,


Léandre Cortana
,
adjoint au maire chargé de la Jeunesse et des sports,


Bruno Noël,
adjoint au maire chargé de la Politique de la ville
et de la vie des quartiers,


La Municipalité,


vous invitent à l’inauguration de
L’espace Salah Hamouri


jeune franco-palestinien, militant contre la colonisation de la Palestine,
condamné à 7 ans de prison par un tribunal militaire
israélien illégal, après une parodie de procès

 

Dimanche 27 juin à 11h,
Impasse Guérin à Valenton


En présence de

Denise Hamouri, mère de Salah,


Anat Gutman, pacifiste
israélienne,


et Fernand Tuil, président de l’association pour le jumelage entre
les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises.


L’inauguration sera précédée à 10h d’une rencontre de basket
“3 contre 3” et suivie de la plantation d’un palmier-dattier et d’une
animation artistique.


Un vin d’honneur conclura la matinée.


Pour tout renseignement, contactez le 01 43 86 37 58

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 11:55

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Le livre de Gérard Jaeger déplore le refus des autorités américaines de reconnaître l’exécution pour délit d’opinion il y a cinquante ans de deux martyrs de la guerre froide.

Gérard A. Jaeger

 

Les Rosenberg, la chaise électrique pour délit d’opinion

Éditions du Félin, avril 2003. 324 pages, 21 euros.

 

19 juin 1953, prison de Sing Sing (New York). Il est un peu plus de 20 heures. Julius Rosenberg, puis son épouse Ethel, sont assassinés par électrocution " au nom du peuple américain ".

Cinquante ans plus tard, la mémoire du combat pour la paix et la liberté de ces deux militants communistes américains, accusés d’avoir livré les secrets de la bombe atomique aux savants soviétiques et condamnés à mort pour espionnage au profit de l’URSS à l’issue d’un procès truqué, est vivante et toujours d’actualité.

Leur condamnation à mort en 1951, la seule jamais prononcée en temps de paix pour espionnage aux Etats-Unis, avait soulevé un raz de marée de protestation et de solidarité à travers la planète. Des millions de citoyens, des personnalités aussi diverses que le pape Pie XII ou la toute jeune reine d’Angleterre, des intellectuels comme Aragon ou Jean-Paul Sartre, des acteurs parmi lesquels Gérard Philipe et Brigitte Bardot, avaient signé des pétitions pour exiger la vie sauve pour les condamnés.

La presse française, toutes opinions confondues - et notamment l’Humanité - mena inlassablement campagne contre l’exécution des Rosenberg. Le 15 juin 1953, Remy Roure écrivait dans le Figaro : " C’est parce que subsiste ici, en Occident, malgré le prix médiocre de la vie humaine en notre temps, le respect de cette même vie, parce que nous gardons la mesure exacte d’une vie humaine. C’est pour que subsiste ce respect, que soit maintenue cette mesure que s’élève cette immense prière, cette immense protestation. Cela est sans doute consolant. Mais il est triste que cette prière et que cette protestation deviennent nécessaires, car nous ne voulons pas croire qu’elles puissent être vaines. Sans quoi notre civilisation serait menacée. "

On était alors dans les années terribles de la guerre froide, ces années où l’on ne s’endormait le soir que dans la crainte de mourir désintégré par le feu nucléaire, ces années de terreurs de tous les instants.

L’historien Gérard A. Jeager, dans son ouvrage qui vient de paraître, les Rosenberg - la chaise électrique pour délit d’opinion, ouvre un tout nouveau champ de réflexion sur cette époque, où, dès 1945, des " plans " étaient élaborés par le Pentagone pour déclencher une guerre contre l’URSS.

Julius Rosenberg est interpellé par le FBI le 17 juillet 1950, quelque jours après le déclenchement de la guerre de Corée (25 juin) et quelques mois après le triomphe de la révolution chinoise et l’explosion de la première bombe atomique soviétique. Ethel et Julius Rosenberg sont électrocutés trois jours après le soulèvement ouvrier à Berlin contre le régime de la RDA et une semaine avant la fin de la guerre de Corée, alors qu’à Moscou, après la mort de Staline, de nombreux prisonniers politiques sont graciés. Ce ne sont là que quelques-uns des événements qui ont marqué cette période au cours de laquelle le fragile équilibre de la terreur s’instaure au détriment du droit des peuples à disposer librement d’eux-mêmes.

Un demi-siècle est passé. Mais aujourd’hui encore le combat pour la réhabilitation des époux Rosenberg n’a pas abouti. Ils sont devenus le symbole, tout à la fois, de l’honneur de ceux qui au prix de leur vie se battent pour un monde pacifique et de progrès et du sceau de la honte qui continue à marquer les institutions officielles des États-Unis refusant de reconnaître leur faute historique. Depuis cinquante ans maintenant, on cherche de part et d’autre " les preuves " de " l’innocence " ou de la " culpabilité " de ce couple de communistes, des juifs dont les parents avaient fui les pogroms du début du siècle en Europe de l’Est.

" Coupables " ou " innocents ", de quoi ? L’ouvrage de Gérard A. Jaeger a le mérite essentiel de montrer que poser cette question est, en soi, une voie sans issue car elle place le crime dont les époux Rosenberg ont été les victimes dans une fausse alternative : celle du caractère justifié ou non de leur condamnation.

Or, explique l’historien, il ne s’agit pas de savoir si Julius et Ethel s’étaient ou non livrés à l’espionnage, s’ils étaient ou non coupables de ce fait. On sait depuis longtemps - et cela a été confirmé au cours de la dernière période avec l’ouverture d’archives du FBI - que les époux Rosenberg n’étaient pas en capacité de livrer des " secrets " de fabrication de l’arme nucléaire. Ces archives ont notamment révélé que huit jours avant le début du procès, le juge Irwing Kaufman et le chef du FBI, Edgar Hoover, avaient décidé la peine de mort au cours d’un entretien au ministère de la Justice. Greenglass, le frère d’Ethel également accusé, a reconnu dans un entretien télévisé avoir menti sur les rôles de son beau-frère et sa sour, en échange de la mise hors de cause de sa propre femme Ruth et d’une peine plus clémente pour lui.

Mais la question est-elle là ? La véritable interrogation doit porter sur le fait de savoir si, à cette époque-là (les années trente-quarante), informer l’URSS des avancées technologiques militaires était un " crime ", ou au contraire, une pratique normale et logique entre scientifiques et techniciens qui partagent leurs découvertes pour faire avancer leurs recherches.

L’histoire de la bombe atomique américaine a été celle d’une formidable et permanente tricherie. Dès le milieu des années trente, la communauté scientifique européenne et américaine était sur la piste de la fission nucléaire. Aussi, au lendemain de la prise de pouvoir en Allemagne par les nazis, l’inquiétude devint grande : Hitler fabriquerait une arme nouvelle sans commune mesure avec tout ce que l’humanité avait connu jusque-là. Des scientifiques allemands se réfugièrent alors en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Albert Einstein, comme d’autres grands physiciens, Robert Oppenheimer ou encore le Britannique d’origine allemande Klaus Fuchs étaient tout à fait réticents à l’idée de créer un instrument de destruction ultime dont ils étaient le mieux à même de percevoir les conséquences pour l’avenir de l’humanité. Ce n’est que parce que l’on était parvenu à les convaincre que les nazis étaient sur le point de fabriquer une arme nucléaire - l’histoire révéla par la suite que cet argument était une imposture - que ces savants acceptèrent de se lancer dans la course à la bombe atomique. Le projet " Manhattan " fut lancé par le gouvernement américain à Los Alamos en 1941. Pour nombre de ces chercheurs il pouvait aller de soi d’échanger leurs avancées respectives avec leurs collègues soviétiques, dont le pays, agressé par l’Allemagne nazie, était l’allié des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Un argument supplémentaire militait, aux yeux de ces scientifiques, en faveur d’un partage des connaissances : le fait qu’une seule puissance - en l’occurrence les États-Unis - soit en possession du secret du feu nucléaire serait un danger mortel pour l’humanité.

Aux États-Unis, écrit Gérard A. Jaeger, " tandis que la puissance industrielle américaine se nourrit des horreurs de la guerre en Europe, pensaient les progressistes américains, les Russes donnent leur sang à la lutte contre les fascistes. Le département d’État ne voyait pas les choses autrement : la machine industrielle profitait d’une situation où les Russes fournissaient les morts et les blessés. " Et, alors que le grand-père de l’actuel président des États-Unis, Prescott Bush, était membre du conseil d’administration d’une banque par deux fois prise sur le fait de financement d’opérations commerciales avec l’Allemagne nazie (1), pour les communistes américains, le principe de solidarité avec l’URSS était conforté, puisqu’il s’agissait d’un véritable acte patriotique de combat contre le fascisme.

Comme nombre de ses camarades, Julius Rosenberg a, probablement, mis sur pied un réseau de soutien à l’URSS. Et, dès " le début du siège de Stalingrad, la vigilance des services américains se sécurité se renforça quelque peu contre les communistes " car, comme l’avait affirmé le premier ministre britannique Churchill, " il faut interdire à Staline de prendre des gages dans la perspective d’un nouvel ordre européen ".

Il est des destins avec d’étranges similitudes. Les Américains Julius et Ethel Rosenberg ont été condamnés à mort - un mois avant l’ouverture de leur " procès " - pour avoir soutenu l’URSS dans son combat contre le nazisme. Le résistant communiste polonais Leopold Trepper, et son Orchestre rouge, a organisé, au service de l’URSS, un puissant réseau d’espionnage dans l’Allemagne nazie. En 1945, dès son arrivée à Moscou, il est emprisonné plusieurs années par la police secrète de Staline. Trepper a été réhabilité en 1954 par le gouvernement soviétique. La mémoire d’Ethel et de Julius Rosenberg - assassinés pour le délit d’opinion d’avoir combattu le fascisme est, encore aujourd’hui encore, frappée du sceau de l’infamie.

Jusqu’à quand ?

 

Michel Muller

 

(1) Des avoirs de l’Union Banking Corporation ont été saisis les 20 octobre et 8 novembre 1942 par les autorités fédérales pour trafic illégal avec Berlin. (Source : Rick Wiles, American Freedom News, septembre 2001).

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