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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 11:38

 

rosenbergs

 

Il y a cinquante ans, le 19 juin 1953, les époux Rosenberg étaient exécutés aux Etats-Unis. Leur procès comme leur condamnation à mort avaient soulevé une immense émotion. L’ouverture d’archives américaines et soviétiques a apporté de nouveaux éclairages sur l’affaire (1). Le nouveau livre de Gérard Jaeger (2), richement documenté et brillamment raisonné, a la particularité de traiter la « tragédie américaine » qu’étaient la vie courageuse et l’exécution injustifiable du jeune couple sous l’angle du contexte de l’époque : le commencement de la guerre froide sur le plan international et son accompagnement domestique, la « chasse aux sorcières ». « L’ennemi » du moment, comme chacun sait, était les communistes, considérés hystériquement comme des pions de la puissance devenue rivale des Etats-Unis, la « Russie soviétique ». C’est la situation qui a servi de prétexte surtout à une course aux armements si profitable à quelques-uns.

En l’absence des preuves tangibles pour appuyer les accusations extrêmement graves - celles avant tout d’avoir « volé le secret de la bombe atomique au profit des Russes » -, les autorités américaines ont cherché systématiquement les boucs émissaires, dont les Rosenberg, juifs et communistes comme beaucoup d’autres, se sont révélés les plus exemplaires.

Etant donné le contexte général de l’affaire - plus important certes que les détails de l’affaire elle-même -, l’auteur consacre une place prépondérante à la description et à l’analyse de l’époque et à ses événements les plus significatifs : la grande « épuration » contre l’industrie du cinéma, l’élimination des « rouges » ou présumés tels à Hollywood, ainsi que l’imposition des serments de « loyalisme » dans les écoles comme dans les syndicats ouvriers à travers le pays. Sur la scène internationale, le caractère belliciste de Washington a mené à l’intervention militaire des Etats-Unis en Corée, précurseur d’autres guerres lointaines, celle du Vietnam par exemple et plus tard la première puis la seconde guerre du Golfe.

Les Rosenberg - loin d’être simplement des victimes inconscientes d’une situation inexorable - ont, selon l’auteur, parfaitement compris le lien étroit entre ce qu’ils appelaient le « coup monté » devenu meurtrier contre eux-mêmes et le contexte national et international. Ainsi, dans une de ses lettres de prison, Julius écrit à son épouse : « Nous sommes les premières victimes du fascisme américain. » L’originalité de Jaeger tient à son effort pour comprendre et pour expliquer la psychologie des accusés eux-mêmes.

Pour l’auteur - qui, en compagnie d’une collaboratrice, a mené à bien beaucoup d’interviews avec des personnes impliquées dans l’affaire et a examiné quantité de lettres et d’archives (y compris les minutes des messages échangés vers la fin de la guerre entre le Kremlin et ses agents aux Etats-Unis) -, les Rosenberg avaient effectivement transmis aux agents soviétiques des informations non nucléaires, industrielles et techniques. Leur motivation pour cette activité extrêmement risquée était uniquement idéologique - leur volonté de soutenir et d’informer correctement l’URSS comme contrepoids à la puissance des nazis d’abord, mais plus tard des Etats-Unis. Dans ce but, ils n’hésitaient pas à sacrifier finalement leur vie au service de leur idéalisme, même si celui-ci était à certains égards irréaliste, voire dévoyé.

L’ouvrage conclut en ces termes : « Que l’on réhabilite ou non les Rosenberg ne leur donnera pas raison devant l’Histoire si par ailleurs, à force de ne voir en eux que des victimes, on oublie ce qu’ils étaient, ce qu’ils ont donné pour que survivent leurs idéaux. »

Schofield Coryell.

http://www.monde-diplomatique.fr/2003/06/CORYELL/10290

 

 


 

 

 

 

Journaliste américain.

(1) « Le faux témoin de l’affaire Rosenberg », Le Monde diplomatique, avril 2002.

(2) Gérard Jaeger, Les Rosenberg. La chaise électrique pour délit d’opinion, Le Félin/Kiron, Paris, 2003, 265 pages, 21 euros.

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 11:30

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Gilad ATZMON

 

 

Ecoutez ça. Ce n’est pas une blague, et pas une satire non plus. C’est authentique presque autant que pitoyable. Le site israélien Ynet vient d’annoncer que les images des commandos israéliens capturés qui ont été publiées dans les journaux turcs avaient rouvert « des plaies anciennes parmi ces commandos israéliens qui avaient vécu des circonstances similaires. Jusqu’à présent, au moins quatre membres de commandos ont fait état d’une dégradation de leur santé (mentale) ».

Alors que le reste du monde est scandalisé et furieux devant les images de ces commandos de la marine israélienne en train d’exécuter des militants pacifistes de sang froid, les Israéliens, eux, se plaignent, semble-t-il, de leur nouveau traumatisme imaginaire.

Ynet explique : « les images insoutenables de commandos israéliens ligotés et ensanglantés sur le pont du Marmara ont laissé des séquelles graves aux soldats qui ne sont pas retournés au combat depuis plus d’un an. » Apparemment, ces traumatisés sont des soldats qui n’ont même pas participé à l’attaque.

D’abord, permettez-moi de proposer un petit remède à ces « victimes » des commandos israéliens. Sur l’image suivante, ils peuvent voir que l’équipe médicale turque était occupée à soigner, sur le pont inférieur, les soldats qui avaient été légèrement blessés au moment même où leurs camarades exécutaient des militants pour la paix sur les ponts supérieurs. Je veux croire que une fois que les Israéliens auront réalisé que la compassion existe en dehors de leur ghetto hébraïque, ils pourront peut-être même se mettre à ressentir de l’empathie. Mais, là, je suis peut-être un peu trop optimiste.

Ynet a appris qu’au moins quatre commandos d’élite de la marine avaient récemment contacté le Ministère de la Défense pour signaler que les images des soldats blessés qui avaient été diffusées dans les médias avaient engendré une dégradation de leur santé mentale et psychologique. Pas étonnant qu’Israël ait besoin d’autant de bombes atomiques. A voir la façon dont réagissent leurs soldats les plus aguerris devant des images de blessés légers, Israël ferait tout aussi bien d’utiliser son arme suprême contre la prochaine flottille humanitaire pour Gaza.

Un des « membres des commandos souffrants » qui avait été enrôlé dans l’armée l’année dernière et n’avait pas participé à l’assassinat de sang-froid sur le Mavi Marmara raconte qu’il « n’avait pas reçu de formation sur la façon de se comporter dans une situation pareille, ni informé des répercussions possibles », comme par exemple, la perte de sommeil. Le guerrier kasher n’arrive pas à fermer l’œil la nuit. Pas si dramatique, je suppose, à côté des cinq militants pour la paix qui ne verront plus la lumière du jour.

C’est drôle, mais Ynet n’a toujours pas parlé des commandos israéliens traumatisés par le massacre qu’ils ont commis quand ils ont exécuté les militants pour la paix dans les eaux internationales.

Ynet, n’a toujours pas non plus dit si un responsable de la hasbara s’était suicidé après avoir été dénoncé pour avoir truqué et mis en scène les vidéos sur les violences commises sur le Mavi Marmara.

Les Israéliens ne sont peut-être finalement pas si fragiles que ça.

Gilad Atzmon

ORIGINAL
http://www.gilad.co.uk/writings/sho...

Taduction : des bassines et du zèle http://blog.emceebeulogue.fr/ pour Le Grand Soir

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Les-tirs-et-les-larmes.html

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 11:21

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net


 

« On privatise tout, on privatise la mer et le ciel,

on privatise l’eau et l’air, on privatise la justice et la loi,

on privatise le nuage qui passe,

on privatise le rêve, surtout s’il est diurne

et qu’on le rêve les yeux ouverts.

Et finalement, pour couronner le tout et en finir avec tant de privatisations

on privatise les Etats, et on les livre une fois pour toutes

à la voracité des entreprises privées,

vainqueurs de l’appel d’offre international

Voilà où se trouve désormais le salut du monde…

Et, en passant, on privatise aussi

la pute qui est notre mère à tous »

José Saramago, dans les Cahiers de Lanzarote

 

C’est plongé dans une immense tristesse que nos camarades portugais, et plus largement les communistes et progressistes du monde entier, ont appris hier le décès de l’écrivain José Saramago, à l’âge de 87 ans, sur son île de Lanzarote, dans les Canaries.

Du serrurier fils de paysans pauvres du Ribatejo au prix Nobel

Enfant d’une famille de paysans pauvres du Ribatejo, au sud de Lisbonne, serrurier de formation, rien ne prédestinait José Saramago à devenir le premier et unique, à ce jour, prix Nobel de Littérature lusophone. Et pourtant, lui qui ne connut la renommée que la soixantaine passée avec son troisième roman, publié en 1982, Le dieu manchot,sut être le digne continuateur des grandes figures de la littérature portugaise, de Eça de Queiroz à Fernando Pessoa.

Considéré comme un maître dans le maniement de la langue portugaise, adepte d’une prose au style inimitable, faite de longues phrases interminables mêlant discours direct et indirect, José Saramago n’a jamais sacrifié ses inquiétudes par rapport au sens du monde dans lequel il vivait à son imagination débordante. Au contraire, elles l’alimentaient. Dès sa première œuvre postérieure à la Révolution d’Avril, « Levantado do chão » (Redressé du sol), qui relate les luttes des petits paysans de l’Alentejo contre les latifundistes depuis la fin du XIXème siècle jusqu’à la Révolution d’Avril, ses préoccupations sociales et ses opinions politiques imprégnaient ses œuvres sans jamais, pourtant, les alourdir.

De l’Église vaticane à l’Union Européenne: les pouvoirs institués sous le feu de la parabole

Athée et libre-penseur, il ne fut connu du grand public qu’à partir du scandale causé par son « Évangile selon Jésus-Christ », publié en 1991 et qui déclencha les foudres de l’Eglise catholique portugaise et surtout vaticane. L’Osservatore Romanoqualifiant alors sa « vision de profondément anti-religieuse ». Fatigué de cette hystérie cléricale, Saramago s’exilera alors sur son île de Lanzarote, où il continuera son œuvre littéraire ainsi que la rédaction de Cahiers de réflexion politico-philosophiques (les Cahiers de Lanzarote).

C’est dans le genre de la parabole que Saramago parvint à manier, avec le plus de brio, son imagination débordante et sa passion pour l’histoire et la politique. Critique truculente de l’Union Européenne dans le « Radeau de pierre », où Saramago imagine amusé une péninsule ibérique dérivant loin des ambitions hégémoniques de l’Europe et du Nord, et faisant cap sur le sud. Critique de l’expansion phagocytaire capitaliste et de l’argent-roi dans « La caverne ». Critique de la bureaucratie envahissante dans « Tous les noms ».

Un appel à la « Lucidité » pour lutter contre l’ « Aveuglement » ambiant

Saramago préférait interpeller plutôt que donner des leçons, appeler à la vigilance face aux processus de déshumanisation, et dont chacun peut se faire complice, victime d’un « Aveuglement » collectif. Appel à la « Lucidité » avant tout, y compris envers la sacro-sainte démocratie, minée par les forces de l’alternance tuant toute alternative, l’absence de perspectives qui pousse le peuple à la révolte et sert de prétextes à la réaction la plus brutale.

L’immense œuvre du Prix Nobel de Littérature ne peut se synthétiser en quelques formules, ni se résumer à ses engagements politiques. Néanmoins, qui ne comprend son engagement de toute une vie, sans renoncement, ne peut comprendre toute la profondeur de son œuvre.

Militant communiste depuis 1969: une fidélité sans faille, un homme de combats

Car José Saramago fut un militant communiste de 1969, date de son adhésion sous la dictature salazariste, à sa mort. Il n’a jamais renoncé, est toujours resté fidèle au Parti, et n’a jamais cédé aux sirènes modernisatrices et liquidatrices, car le fils de paysan du Ribatejo conserva envers le parti une gratitude éternelle. En 2009, il avait accepté de figurer sur la liste du Parti Communiste Portugais pour les européennes, à titre symbolique.

Il fut un homme de combats, toujours ouverts aux nouveaux élans émancipateurs. Défenseur inlassable du socialisme Cubain, observateur attentif et enthousiasmé des expériences latino-américaines, avocat de la cause palestinienne contre l’occupation israélienne (jusque dans ses romans et « L’Histoire du siège de Lisbonne » qui peut se lire aussi ainsi), il regardait avec amertume et perspicacité les démocraties libérales européennes creuser le fossé entre gouvernants et gouvernés, démocratie proclamée et démocratie de fait, entre peuples élus et peuples déchus. Cette rage au ventre, cet espoir dans le cœur a animé jusqu’à son dernier souffle son élan créateur.

Le PCP regrette « une perte irréparable pour le Portugal (…) ainsi que pour le Parti dont il fut jusqu’à ses derniers jours »

Hier dans la soirée, Jéronimo de Sousa, secrétaire-général du Parti Communiste Portugais (PCP) a tenu à rendre hommage au camarade José Saramago, « dont la mort constitue une perte irréparable pour le Portugal, pour le peuple portugais, pour la culture portugaise ». Pour Jéronimo de Sousa, la « figure majeure de notre histoire »dont « l’œuvre a marqué de manière impressionnante l’histoire de la littérature portugaise »est indissociable de l’homme engagé, « du constructeur d’Avril, acteur de la résistance anti-fasciste, et du processus révolutionnaire qui transforma de manière profonde et positive notre pays avec la construction d’une démocratie qui ait comme première référence les intérêts des travailleurs, du peuple et du Pays ».

Homme de parti et militant communiste avant tout: « José Saramago était militant du Parti Communiste Portuguais depuis 1969 et sa mort constitue une perte pour toute l’organisation partisane communiste – pour le Parti dont il voulait être et dont il fut jusqu’à la fin de sa vie »

Lors de son discours devant l’Assemblée du prix Nobel, José Saramago avait déclaré: « La voix qui a lu ces pages se veut être l’écho des voix de tous mes personnages ».Le secrétaire-général du PCP, en 2008, dix ans après, avait ajouté: « Et toutes ces voix sont un écho du peuple, des travailleurs, des êtres humains imparfaits qui construisent l’histoire ».

En ce triste jour pour tous les communistes du monde entier, le message ne peut être que celui-ci:merci d’avoir été la voix des sans-voix, de s’être fait l’écho de ce peuple, de ces travailleurs qui font l’histoire et qui sont les oubliés de l’histoire.

Dans les prochaines semaines, nous tenterons de publier des textes de José Saramago, représentatif de son engagement social et politique

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 23:41

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L’écrivain et prix Nobel portugais José Saramago est décédé à l’âge de 87 ans sur l’île espagnole de Lanzarote (Canaries), a annoncé vendredi une porte-parole de sa maison d’édition en Espagne.

L’auteur de "Le Dieu manchot", "L’évangile selon Jésus-Christ", ou "Le Radeau de Pierre", qui avait reçu le prix Nobel de littérature en 1998, vivait à Lanzarote depuis 1993 avec son épouse, la journaliste Pilar del Rio.

Il avait été hospitalisé à plusieurs reprises ces dernières années, notamment en raison de problèmes respiratoires.

Selon les médias espagnols, citant des sources dans sa famille, l’écrivain est mort vendredi à son domicile après avoir passé "une nuit tranquille".

Le Nobel ? " C’est comme Miss Portugal, dit-il dans un entretien accordé à l’Humanité, l’an prochain, on l’aura oubliée. "

Lors du Forum social européen de 2003, l’écrivain engagé, membre depuis 1969 du Parti communiste portugais, signataire du Manifeste altermondialiste de Porto Alegre écrivait :

"Une Europe de cultures plurielles, une Europe décentrée, une Europe de différences serait obligée, par sa nouvelle nature, à faire observer une relation de parité opérationnelle entre les diverses cultures qui la composent, toutes les z lcultures sans exception. Elle devrait respecter l’espace propre de chacun comme partenaire de plein et entier droit sans sujétion à ces autres, qui pour des raisons politiques et stratégiques se conduisent encore d’une façon impériale, comme par une espèce de droit divin, en recueillant tous les bénéfices et avantages grossièrement matériels que n’importe quel type d’hégémonisme favorise (…). Ce qui présupposerait certainement la nécessité d’une nouvelle idée de la démocratie, si l’on ne veut pas sombrer dans le désastre, voilà donc ce que je propose aux Européens."

Saramago par lui-même :

"Je suis un écrivain réaliste, se défendait-il. Au sens large du mot. J’estime néanmoins que c’est perdre son temps que de coller des étiquettes sur des tiroirs : réalisme, surréalisme, expressionnisme, symbolisme… La vie, dans sa profusion, jaillit à tout moment hors des catégories édifiées a priori. Imaginons une haute tour. Au sommet, dans une salle ronde, il n’y aurait qu’une fenêtre par où observer le paysage. S’il y avait plusieurs fenêtres, on pourrait embrasser du regard un plus vaste paysage. Si l’on s’obstine à me dire : " Voilà votre fenêtre ", on me prive du plus grand angle de vue possible. J’utilise, dans mon travail d’écrivain, tout ce dont j’ai besoin, que cela vienne du surréalisme, de l’expressionnisme, de l’existentialisme ou de je ne sais quoi. Je prends mon bien où je le trouve, jusque dans les XVIe et XVIIe siècles, véritable âge d’or de la littérature qui pour moi demeure vivant, ne serait-ce que par sa maîtrise de l’allégorie".

"Prene’Aveuglement, cette histoire au cours de laquelle, soudain, la cécité devient une maladie contagieuse… Ç’aurait pu être un roman noir, mais j’ai voulu que ce soit une allégorie, une manière métaphorique de signifier que nous sommes tous des aveugles, qui utilisent la raison contre la vie.

Quatorze producteurs nord-américains, pas moins, m’ont proposé de réaliser un film avec l’Aveuglement. J’ai refusé. Ils auraient fait de mon roman une chose abominable, avec le pourcentage obligé de violence et de sexe. Ce que j’ai cherché à signifier de grave aurait disparu".

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 23:38

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José Saramago vient de nous quitter… Il s’est éteint, à l’âge de 87 ans, sur l’île espagnole de Lanzarote (Canaries), où il résidait depuis 1992. On le savait malade – il avait été hospitalisé à plusieurs reprises ces dernières années pour des problèmes respiratoires –, mais la nouvelle est une onde de choc pour qui aura encore vu l’écrivain, adulé de ses lecteurs, dédicacer cet hiver à Lisbonne, sans défaillir et serein, près de cinq cents exemplaires de son dernier ouvrage polémique, Caïn (1).

L’œuvre et la vie de José Sarmago auront été placées sous le signe de la polémique. Et de l’engagement. Il aimait empêcher de « penser en rond », excécrant l’injustice et l’abus de pouvoir. Il s’affichait communiste et libertaire, comme on affiche un idéal d’utopie et de transformation du monde. Sa voix était aussi celle des sans-voix. Une voix audible et reconnue de par le monde, dont l’écho était porteur de tempêtes, et qui laisse un silence immense.

José Saramago eut un destin hors du commun. Né en 1922 à Azinhaga, un petit village du Ribatejo situé à une centaine de kilomètres de Lisbonne, fils de paysans pauvres, il quitte l’école très tôt pour travailler, enchaînant divers métiers, de serrurier à traducteur. Autodidacte, passionné par les livres, il publiera son premier roman, Terra do pecado (Terre de péché), en 1947. Mais c’est en 1976 avec Levantado do Châo (non traduit en français, littéralement : « soulevé de (la) terre ») qu’il entre véritablement en littérature, et avec Memorial do covento (Le Dieu Manchot, publié en France en 1987) qu’il acquiert une véritable notoriété littéraire internationale.

Entre temps, la révolution des œillets (25 avril 1974) a fait son œuvre et José Saramago s’y engage corps et âme. Il lui consacra d’ailleurs une pièce de théâtre, A noite (La Nuit). Il bascule avec tout un peuple de la dictature à la démocratie. Il est et restera de tous les combats.

En 1992, son livre L’Évangile selon Jésus-Christ est censuré. Il est fortement attaqué par l’Eglise et accusé de « porter atteinte au patrimoine religieux des Portugais ». C’est à ce moment qu’il décide de s’installer en Espagne.

Lorsqu’il reçoit le prix Nobel de littérature en 1998 (attribué pour la première fois à un auteur de langue portugaise), c’est une reconnaissance immense et historique. Nombreux sont les Portugais à s‘identifier à cet écrivain dont l’itinéraire est emblématique.

Romancier et essayiste, Saramago était aussi un poète dont les préoccupations sociales et politiques croisaient les exigences esthétiques. Il s’est élevé contre toutes les injustices. Il a soutenu le combat des paysans sans terre brésiliens, lui qui en connaissait si bien l’histoire, tellement proche des paysans portugais métayers de son enfance. Il a élevé la voix pour les Palestiniens. Il s’est rendu à Ramallah, en mars 2002, dans le cadre de la délégation du Parlement des écrivains (2). Une expérience qui l’avait fortement marqué. Il avait alors commenté la situation des territoires occupés en des termes très abrupts qui lui valurent d’être accusé d’antisémitisme. Malgré cela, il ne transigea jamais et renouvela sans cesse sa dénonciation de l’occupation israélienne et sa solidarité avec les Palestiniens. Notamment dans Le Cahier (3), un recueil des textes écrits pour son blog de septembre 2008 à mars 2009, où il appelle à la levée du blocus de Gaza. Dans un des derniers billets mis en ligne sur le site (4), il y remerciait l’auteur suédois Henning Mankell pour sa participation à la flottille en faveur de Gaza…

Ce Cahier sera sa dernière réflexion philosophique et politique sur un monde « qu’il faut penser  » et ne nous laisse pas d’autre choix que celui de la responsabilité et l’engagement. Des textes écrits souvent rapidement, mais en phase avec son époque et sa société, où il s’est inscrit comme un écrivain immense et comme un homme de combat et de partage.

José Saramago laisse une trentaine d’œuvres – romans, poésie, essais, pièces de théâtre. Indiquons parmi elles :

Le Voyage de l’éléphant, (Le Seuil, 2009)
Les Intermittences de la mort (Le Seuil, 2005)
Pérégrinations portugaises (Le Seuil, 2003)
La Caverne (Le Seuil, 2002)
Tous les noms (Le Seuil, 1999)
Le Radeau de pierre (Le Seuil, 1998)
L’ Aveuglement (Le Seuil, 1997)
Le Dieu manchot (Le Seuil, 1995)
L’ Evangile selon Jésus-Christ (Le Seuil, 1993)
Histoire du siège de Lisbonne (Le Seuil, 1992)
L’Année de la mort de Ricardo Reis (Le Seuil, 1988)

Marina Da Silva

(1) Caïn, Alfaguara, Madrid, 2009. Interprétation libre de l’assassinat d’Abel par son frère Caïn. L’écrivain y qualifie la Bible de « manuel de mauvaises mœurs ».

(2) Voir Ecrivains des frontières, un documentaire de Samir Abdallah et José Reynès, 2003, coproduction L’Yeux ouverts/Les Films du Cyclope.

(3) Le Cahier (Préface d’Umberto Eco). Traduit du portugais par Marie Hautbergue, Le Cherche-Midi, Paris, 2010.

(4) « Obrigado, Mankell », 2 juin 2010

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Les articles de José Saramago parus dans Le Monde diplomatique :

  • « Que reste-t-il de la démocratie ? » (août 2004).
    Qu’est-ce qu’une démocratie réduite au diktat du « marché » ? Où est la place des citoyens quand leurs droits d’expression et d’intervention s’arrêtent aux portes de l’économie et de la finance ? Il faut oser remettre en cause ces tabous.
  • « De la justice à la démocratie, en passant par les cloches » (mars 2002).
    Entre l’initiative d’un paysan de Florence sonnant les cloches pour annoncer la mort de la justice et l’essor du mouvement pour une autre mondialisation, quatre cents ans se sont écoulés. Et pourtant, selon Saramago, la démarche est la même : c’est pour la démocratie que les résistants d’aujourd’hui sonnent les cloches.
  • « Chiapas de douleur et d’espoir » (mars 1999).
    Quelques semaines avant de recevoir le prix Nobel de littérature en 1998, José Saramago s’était rendu au Chiapas pour rencontrer le sous-commandant Marcos et témoigner, aux yeux du monde, des souffrances des Indiens du sud du Mexique. Récit.
  • « A quoi sert la communication ? » (décembre 1998).
    Les nouvelles technologies de la communication multiplient de manière exponentielle la masse d’informations disponible. Ce qui est à la fois fascinant et inquiétant. Il est plus que jamais nécessaire de réfléchir aux problématiques nées de leur explosion et de se demander comment y résister sans sombrer dans l’archaïsme.

    Autour des ses ouvrages :

  • « Fragile humanité », Françoise Barthélémy, juin 2010 (en kiosques).
    Effet d’un humour teinté de malice : c’est en tout petits et humbles caractères, mêlant en une même coulée événements considérables et péripéties, grands personnages et gens du commun, misérables actions humaines et grandioses manifestations de la nature, paysages, animaux, questions et réponses souvent enchaînées sans ponctuation, que l’écrivain portugais a rédigé son roman Le Voyage de l’éléphant.
  • « La parabole des aveugles », par Ramón Chao, août 1997.
    Comme Luis Buñuel dans le film L’Ange exterminateur, José Saramago sait que, pour décrire la situation à laquelle nous aurait conduit la démocratie libérale et postcommuniste, il faut avoir recours à la parabole. C’est ce qu’il a choisi de faire dans L’Aveuglement, pétri de dictons, de métaphores et de mentions au Nouveau Testament.
  • « Jésus-Christ par lui-même », par Rebello Luiz Francisco, août 1992 (à consulter dans notre DVD-ROM d’archives).
    Le septième roman de Saramago, L’Evangile selon Jésus-Christ, combina le scandale d’une discrimination politique et l’éclat du plus prestigieux prix littéraire décerné au Portugal. Son « Evangile » est un long dialogue entre l’humain et le divin. Mais le divin n’est ici que l’envers du diabolique, et le Christ qu’il décrit tire son humanité de cette lutte, de cette confrontation permanente avec ces deux faces d’une même réalité.

 

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-19-Jose-Saramago

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 18:51

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Par Tania Hernandez, correspondante à Cuba pour CCN

http://www.caraibcreolenews.com/caribbean.php



Un nouveau ministre de l’agriculture est nommé à Cuba

 

 

 

La Havane. 15 Juin 2010. CCN. Sur proposition du Président Raul Castro, le Conseil d’Etat de Cuba a décidé, de promouvoir au poste de ministre de l’agriculture, Gustavo Rodriguez, qui était jusqu'à présent son premier vice-ministre.

 

Le nouveau ministre de l’agriculture devra se consacrer à temps complet à la tâche stratégique visant à l’augmentation soutenue de la production agricole.

Ulises Rosales del Toro qui détenait ce portefeuille aura désormais pour mission de s’occuper de l’attention intégrale aux ministères de l’industrie sucrière, de l’agriculture et de l’industrie alimentaire, chargés de la production d’aliments à Cuba.

 

Le CARICOM se prononce une fois de plus pour la levée du blocus de Cuba

 

 

 

La Havane. 15 Juin 2010. CCN. Le CARICOM, la Communauté des Caraïbes, a appelé une fois de plus les Etats-Unis à lever le blocus économique, commercial et financier qui est appliqué contre Cuba, depuis février 1962.



L’Australie fait l’éloge du programme cubain de coopération internationale dans le domaine de la santé

 

   

 La Havane. 15 Juin 2010. CCN. Le gouvernement australien a salué le programme de coopération internationale que Cuba mène à bien à l’égard des pays du Tiers Monde.

 

Un communiqué présenté par le ministre australien des Affaires étrangères, Stephen Smith, au sujet de la récente visite que son homologue cubain à Perth, souligne que Cuba offre une coopération médicale aux pays les plus nécessiteux. Il a annoncé qu’il avait évalué avec Bruno Rodriguez la possibilité d’établir des programmes triangulaires afin d’améliorer les services de santé dans les îles du Pacifique et des Caraïbes, notamment en Haïti.
Le ministre australien des Affaires étrangères a confirmé l’opposition de son gouvernement au blocus de Cuba.



Au cours d’une réunion au sommet organisée à Bridgetown, la capitale de la Barbade, avec la secrétaire d’Etat nord-américaine, Hillary Clinton, le Président du Caricom, Roosevelt Skerrit, lui a fait savoir la position de ce bloc régional.





La Bolivie remercie Cuba de sa contribution aux efforts post-alphabétisation

 


 La Havane. 15 Juin 2010. CCN. Le vice-ministre bolivien de l’éducation, Noel Aguirre, a salué la contribution de Cuba au programme post-alphabétisation que mène son ministère.

 

Il a annoncé que le programme « Moi, oui, je peux suivre » mis au point par une équipe de pédagogues cubains à l’intention des personnes venant d’apprendre à lire et à écrire, est appliqué dans 310 communes de la Bolivie et permet à 2 000 de ses compatriotes de terminer les études primaires.



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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 18:36

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• Parce que trop souvent édulcoré, déformé, caricaturé, il nous apparaît utile de rappeler les objectifs stratégiques et le combat du Parti Communiste Guadeloupéen depuis plus de cinquante ans.

• En fixant dès sa création en 1958, comme objectif politique à la lutte du peuple guadeloupéen la conquête d’un statut d’autonomie, les communistes optaient aussi pour la lutte des masses au grand jour, pour la voie démocratique comme moyen d’accéder au pouvoir.

• Depuis, ils se sont toujours tenus à ce ces principes, recherchant constamment l’adhésion des masses, affichant clairement et ouvertement leur politique et leurs moyens sans jamais chercher par la ruse, les mensonges et les pressions à tromper le peuple.

Malgré les réserves exprimées au Congrès du 24 juin sur la méthode Gillot, en accord avec nos principes, nous avons pris acte du vote de la résolution du Congrès qui annonçait l’ouverture d’un débat citoyen, d’un exercice de démocratie participative sur une période qui  nous paraissait le minimum pour mettre tout le peuple en mouvement.

Sur la base de nos principes, nous étions donc prêts à prendre toute notre place dans ce débat avec les propositions que nous avons depuis longtemps élaborées pour le pays.

Mais, force est de constater une volonté manifeste des exécutifs, en charge tour à tour de la Présidence du Congrès, de ne pas respecter le vote unanime des élus. :

• Cela c’est traduit d’abord par la non mise en place, aux mois de septembre et décembre 2009 des instances du Projet, comme prévu par la délibération. Pendant un an et sans aucune explication au peuple guadeloupéen, les Présidents Lurel et Gillot, avec le silence coupable des élus, ont délibérément enterré la résolution du Congrès. En refusant de reporter d’autant le délai qu’ils avaient eux-mêmes fixé pour une durée de 18 à 36 mois, Ils prétendent réaliser en trois mois ce «chantier colossal» de l’organisation de la parole au peuple.

• Puis, à son tour le Président du Conseil Général, dans sa lettre d’invitation destinée à installer le «Comité de Projet», veut emprisonner l’expression populaire dans le cadre de l’article 73 de la Constitution française.

• L’interpellation publique que nous lui avons alors adressée le 8 mai, l’a contraint à avouer qu’il s’agissait de son choix politique et non du contenu de la délibération.

…/…

Fort de cette réponse, le Parti Communiste Guadeloupéen a mandaté un de ses dirigeants, Jacques Kancel, pour le représenter au sein du «Comité de Projet».

Lors de son installation le 4 Juin, les deux Présidents, dans des styles différents se sont rendus coupables d’un véritable déni de démocratie en dévoyant la résolution du Congrès et en trahissant la confiance du peuple guadeloupéen :

• Jacques Gillot, en dépit des engagements  formulés dans sa réponse à notre lettre ouverte, a de nouveau fixé le débat dans le cadre de l’article 73 ; quant à Victorin Lurel, il  le considère comme clôt au motif que le peuple s’est prononcé le 14 mars.

• La Vérité, c’est que ces deux exécutifs, qui ont fait le choix du statu quo, puis proposés eux-mêmes un moratoire de 18 mois à Nicolas Sarkozy ont enseveli la Guadeloupe dans le droit commun français. Ils sont pris à leur propre piège, et voient aujourd’hui leurs ambitions personnelles de carrière menacées par la  réforme territoriale du gouvernement.

• C’est ce qui explique leur précipitation à faire entériner par le congrès des élus et valider par les Guadeloupéens la proposition d’aménagement institutionnel que Victorin Lurel a déjà négocié en catimini avec le pouvoir français et qu’il a dévoilé devant le «Comité de Projet».

Le Parti Communiste dénonce cette arnaque, cet acte de gangstérisme politique contre le peuple guadeloupéen, et demande à son représentant de quitter le «Comité de Projet».

Les propositions du Parti Communiste Guadeloupéen, présentées devant le congrès des élus le 24 juin 2009 et adressées depuis le mois de mai 2009aux organisations politiques, sociales et culturelles de la Guadeloupe en les sollicitant pour un échange et une confrontation de nos analyses, demeurent plus que jamais valables et d’actualité.

De même que la nécessité de rechercher dans la plus grande transparence des convergences nous permettant d’avancer vers la Constitution d’un front patriotique pour conduire la lutte de décolonisation de la Guadeloupe.

Personne ne peut plus nier la situation de crise généralisée qui affecte la Guadeloupe :  faillite économique, détresse sociale, délabrement sociétal.

Il est difficile de contester que le cadre départemental mis en place en 1946  et  toutes ces adaptations n’ont pas permis un réel  développement de  la Guadeloupe en faveur des guadeloupéens.

Cette  situation, traduit l'échec de six décennies  de politique assimilationniste. appliquée par les gouvernements français en Guadeloupe.

Elle démontre la nécessité de sortir de nos relations de dépendance économique, politique, sociale avec la France et l'Union Européenne et de rompre avec les liens d'assimilation à la France et d'intégration à l'Union Européenne. 

Dans le contexte socio-économique, culturel et politique de la Guadeloupe, la revendication politique que nous proposons aux Guadeloupéens, c'est de conquérir un statut d’Etat autonome, dans le cadre de la République française pour sortir le pays de la domination coloniale, et réaliser un développement harmonieux répondant aux besoins et aux intérêts fondamentaux du peuple.


Cette revendication a pour fondement le droit inaliénable et imprescriptible du peuple guadeloupéen à l’autodétermination.

Pour rendre effectif l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple guadeloupéen, nous proposons la démarche suivante :

• Une action politique unitaire et de masse associant les parlementaires guadeloupéens pour imposer de rayer le nom de la Guadeloupe de la liste des pays cités dans L’article 72.3 de la Constitution française ,comme population dans le peuple français.

• La réinscription de la Guadeloupe sur la liste des pays à décoloniser à L’ONU.

• L'élection d'une assemblée constituante élue à l’élection proportionnelle intégrale, pour : une représentation de tous les courants de pensée, chargée d’élaborer un projet de statut. politique pour la Guadeloupe.

Le peuple étant dans le cadre de l’autodétermination, le seul maître de son choix.


POINTE A PITRE LE 09 JUIN 2010

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 17:59

 

FVER-PCF

 

Communiqué à l’occasion de l’ouverture du Congrès extraordinaire du PCF, 18 juin 2010

 

Le « congrès d’étape » du PCF n’a rien d’un congrès normal. Il a été organisé dans des conditions de précipitation qui ont tenu à l’écart une grande majorité des adhérents. Le choix de la direction de ne pas soumettre de texte à amendement a transformé les conférences locales et départementales en assemblées « cause toujours ». Sur tous ces points et d’autres, ce congrès si situe hors des statuts du Parti. Il est même illégal.

 

La réunion « au sommet » du Front de gauche le 9 juin, plusieurs déclarations de dirigeants du parti ont confirmé l’impression que les conclusions du congrès sont ficelés d’avance, en particulier la poursuite de la stratégie du Front de gauche, les candidatures communes jusqu’en 2012, la structuration du Front.

 

Nous n’admettons pas qu’un congrès non statutaire avalise ces choix au nom des communistes.

 

Nous avons déposé un texte alternatif intitulé « face au capital, aujourd’hui plus que jamais, le peuple a besoin du PCF ». Il est signé par plus de 700 communistes de 61 fédérations, dont 9 membres du Conseil national et 28 secrétaires de section ou de fédération. Il a été adopté par trois congrès départementaux : Haute-Saône, Tarn et Meurthe-et-Moselle.

 

La direction du Parti l’a réceptionné mais a refusé de l’envoyer à tous les adhérents et de le soumettre au vote conformément aux statuts. Elle n’a pas tenu l’engagement de Marie-George Buffet de le publier dans le bulletin « Info-Hebdo ».

 

Le débat contradictoire qu’ouvre notre texte doit faire peur.

 

Le 34ème congrès du PCF n’a pas décidé du Front de gauche. Les communistes y ont clairement fait le choix de maintenir et de renforcer le PCF.

 

Nous affirmons que le Front de gauche poursuit et aggrave le processus de mutation-disparition du PCF, que c’est une fuite en avant.

Le Front de gauche n’est pas un choix de rassemblement et d’ouverture mais représente un enferment du PCF dans une logique politicienne et électoraliste.

 

On peut le mesurer à l’aune des débats stériles et piégés dans lesquels s’enferme ce congrès. Le PCF devrait-il se diluer dans un cartel d’organisations (« une unité de petits ») ou bien laisser se structurer une organisation factice du « Front de gauche » qui va le supplanter ? Ni l’un, ni l’autre ! Pourtant les deux sont programmés avec le « comité de liaison » avec le PG et GU, la proposition de Marie-George Buffet de créer une association des « amis du front de gauche ».

Le PCF doit-il s’embourber dès à présent dans des négociations politiciennes pour la présidentielle ou renoncer à une candidature communiste ? Là encore, le choix préalable du Front de gauche et de candidatures communes nous entraîne, sous la pression inévitable de Mélenchon, vers les deux perspectives à la fois.

 

En rien non plus, le Front de gauche n’émancipe le PCF de la social-démocratie. Sa perspective politique, centrée sur 2012, en fait une force d’appoint de l’alternance autour du PS avec l’illusion de le « tirer à gauche ». On a déjà donné entre 1997 et 2002.

 

Ce congrès extraordinaire est l’illustration de l’impasse dans lequel la poursuite de la stratégie du « Front de gauche » jette notre parti.

Plus que jamais, nous devons avancer nos positions communistes dans les luttes, nous écarter du piège institutionnel de 2012. La bataille des retraites se gagne maintenant et sur des positions offensives, non dans des promesses pour 2012 et sur la ligne du PS.

 

Il y a une attente dans le monde du travail, parmi les militants syndicaux, dans le peuple, face à la violente offensive antipopulaire, l’attente d’un parti de classe et de masse, du parti que seul le PCF a été, l’attente de propositions et d’actions nationales en rupture avec le consensus de l’idéologie dominante, par exemple contre l’UE du capital, pour des nationalisations, pour la défense du financement solidaire de la Sécurité sociale…

 

Face au discrédit du capitalisme avec la « crise », la perspective socialiste et internationaliste que notre parti a portée depuis sa naissance, il y a 90 ans à Tours, est plus que jamais à l’ordre du jour.

 

A l’occasion de ce « congrès d’étape » du PCF, nous lançons un appel à tous les communistes, aussi aux dizaines de milliers de camarades qui sont à l’égard du Parti depuis notamment le congrès de Martiques en 2000, à se réapproprier leur parti, à faire vivre et renforcer ses organisations de base.

Ne laissons pas les calculs de groupes dirigeants, qui pensent que le PCF n’aurait plus de raison d’être, que le PCF ne pourrait vivre que sous perfusion du PS ou qu’il faudrait se rallier à tel ou tel « sauveur », entretenir une image de déliquescence du parti.

 

La raison d’être du PCF est plus actuelle que jamais. Le peuple a besoin du PCF. Voilà ce que nous allons exprimer avec force à ce « congrès ». 

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 12:51

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Mediapart pousse son avantage. Hier, le site d'info révélait le contenu de bandes audio enregistrées chez Liliane Bettencourt, principale actionnaire de l'Oréal, montrant notamment que la milliardaire entretient des relations privilégiées avec l'Elysée et le couple Woerth. Le scoop a fait du bruit, et a poussé le ministre du travail Eric Woerth à affirmer aujourd'hui sur RTL n'avoir jamais touché d'argent de la part de Bettencourt : "Enfin, je ne sais même pas de quoi il s'agit." Quant à sa femme, qui travaille dans la structure gérant la fortune de l'héritière L'Oréal, elle "travaille dans le family office de madame Bettencourt. Elle ne le dirige pas, elle y travaille. Elle est salariée, c'est une salariée normale".

Aujourd'hui, Mediapart publie de plus larges extraits des bandes, "portant sur les troublantes relations de la femme la plus riche de France et de son entourage avec le pouvoir politique en place".

 

Pas de nouvelles révélations, pas de nouvelle discussion dévoilée, mais une plus large place faite aux dialogues captés par le maître d'hôtel indélicat, qui avait dissimulé un dictaphone dans la salle de réunion de Bettencourt. Cet employé de maison a été placé en garde à vue mercredi par la police judiciaire, chargée par le parquet de Nanterre d'une enquête préliminaire pour "atteinte à la vie privée".

Hier, Mediapart indiquait avoir scrupuleusement trié les extraits publiés : "Toutes les allusions à la vie privée et à l'intimité des personnes ont bien entendu été exclues. Figurent dans ces verbatims les seuls passages présentant un enjeu public: le respect de la loi fiscale, l'indépendance de la justice, le rôle du pouvoir exécutif, la déontologie des fonctions publiques, l'actionnariat d'une entreprise française mondialement connue." Pourtant, certains des propos détaillés aujourd'hui par le site laissent une plus grande part à la vie privée, laissant deviner plus de choses quant aux traits psychologiques des protagonistes. Ainsi, un dialogue entre Liliane Bettencourt et Patrice de Maistre, le gérant de sa fortune donne par exemple à entendre une vieille dame diminuée, soit un peu perdue, soit sourde :
"- J'ai eu l'Elysée et l'Elysée m'a dit...
-: Qui?-: L'Elysée. Le palais de l'Elysée. Le conseil de Nicolas Sarkozy. Il m'a appelé il y a..
.
-: Sarkozy?
-: Non, son conseiller juridique, à l'Elysée, que je vois régulièrement pour vous."

Dans un autre, ce même gérant, qui dit avoir embauché Florence Woerth, femme du ministre, à la demande de ce dernier, indique le fond de sa pensée sur sa recrue. De manière peu délicate :
- "C'est le ministre du budget. Il est très sympathique, c'est un ami. »

-
Elle aussi?
- Moins. Elle se pousse un peu. Elle me fatigue un peu. Elle se trouve un peu femme de ministre. (...) Lui est un type très simple."

Pourquoi avoir inclus ce passage, qui ne donne pas vraiment d'information décisive ? "Parce qu'il montre que de Maistre a manifestement très peu d'estime pour Mme Woerth, ce qui corrobore une autre de ces citations, selon laquelle c'est Eric Woerth qui lui a demandé d'embaucher sa femme", réplique Fabrice Arfi, co-auteur de l'article.

Effectivement, cet autre extrait est clair : "Je me suis trompé quand je l'ai engagée. C'est-à-dire quand en fait avoir la femme d'un ministre comme ça, ça n'est pas un plus, c'est un moins. Voilà. Je me suis trompé. Pourquoi? Parce que comme vous êtes une femme, la femme la plus riche de France. Le fait que vous ayez une femme de ministre, chez nous, tous les journaux, tous les trucs disent, euh, oui tout est mélangé, etc., bon. J'avoue que quand je l'ai fait, son mari était ministre des finances (du budget, NDLR), il m'a demandé de le faire."

Suite à la médiatisation de ces révélations, Mediapart fait par ailleurs remarquer à @si que l'AFP a effectué une sélection de citations qu'il juge contestable dans sa dépêche reprenant l'affaire aujourd'hui. En effet, si l'agence cite bien de larges passages sur les relations entre les Woerth et Bettencourt, elle ne signale pas que selon de Maistre, c'est Woerth qui lui a demandé d'embaucher sa femme, ou que le gérant estime que "c'est trop dangereux" de continuer à l'employer.

 

 

http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=8362

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 12:46

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De nombreux commentateurs (par exemple sur BFM radio mercredi soir) soulignent l’habileté manœuvrière du gouvernement, en particulier du ministre Woerth, dans la présentation et l’équilibrage du projet de loi. N’étant pas spécialiste de la communication politique, on se gardera de porter un jugement sur cette affirmation. Peut-être le gouvernement a-t-il bien communiqué ; mais a-t-il fait autre chose ? En effet, un examen superficiel de ce projet révèle de graves défauts de construction et des choix politiques discutables. S’il était mis en œuvre, ce projet réduirait les pensions et accroîtrait les inégalités, sans rétablir pour autant l’équilibre financier des régimes de retraite.

L’équilibre en 2018… mais ni avant ni après

Commençons l’analyse par l’examen de l’objectif de la réforme : rétablir l’équilibre financier des régimes. “Je garantirai la pérennité du régime de retraite”, affirmait le président Sarkozy le 11 juin sur TF1. C’est raté et c’est grave, car il s’agit de notre sécurité financière et de notre modèle social. Mais, bien entendu, cet échec n’apparaîtra pas avant 2012. Les projections dévoilées par le gouvernement soulignent que les projections du COR étaient fondées sur des hypothèses étranges : dans le but manifeste de faire apparaître un déficit plus élevé que la réalité observée, le COR avait supposé que la contribution de l’Etat au paiement des retraites de ses fonctionnaires restait gelée à son niveau de 2000. Or, elle est 15,6 milliards plus élevée. Le déficit à combler est donc moins élevé qu’affirmé.

Au cours des années à venir, le gouvernement prévoit des déficits qui seront financés par le fonds de réserve des retraites (FRR) mis en place par le gouvernement Jospin il y a une dizaine d’années. Le FRR, au lieu de servir à amortir le choc démographique des années 2020-2030, sera donc utilisé pour éponger les déficits conjoncturels liés à la crise de 2008 et sera vide en 2020. Avec ce genre de mesure, les retraites sont tout de suite plus « pérennes » !

En 2018, l’équilibre est supposé restauré, le déficit prévu de 30 milliards d’euros étant couvert par les mesures d’âge (apportant 20 milliards), les recettes nouvelles (5 milliards) et la dégradation de la retraite des fonctionnaires (5 milliards). Cette estimation est-elle crédible ? Le « gain » de 20 milliards correspond aux projections du COR ; ce qui laisse de côté trois questions :
- relever de deux ans le seuil de départ se traduit-il par un relèvement de l’âge de départ effectif ? Les deux tiers des partants n’étant pas en emploi au moment où ils liquident leur retraite, le passage à 62 ans va permettre une économie par la réduction de leurs droits, mais ils ne cotiseront pas plus longtemps. Quant à ceux qui sont en emploi, décaleront-ils leur départ ? Rien n’est moins sûr, à la fois parce que les employeurs continuent de pousser les seniors vers la porte et parce que l’état de santé de nombreux salariés n’est pas bon à cet âge.
- Que se passe-t-il après 2020 ? Après tout, la dégradation de l’équilibre financier des régimes est surtout prévue entre 2020 et 2030, avec une stabilisation progressive par la suite. Or, les mesures proposées ne répondent pas aux déficits prévus pendant cette période.
- Quel est le coût pour la société de ce report ? Les chômeurs, les invalides, les pré-retraités ou les malades toucheront leurs allocations deux ans de plus. N’oublions pas que le passage à 60 ans a été soutenu par l’administration, en 1982, car c’était la seule solution pour empêcher le coût des préretraites d’exploser. En outre, les employeurs recruteront moins de jeunes, ce qui aura des effets néfastes sur le chômage.

En résumé, le gouvernement propose une réforme qui consiste à financer les déficits jusqu’en 2018 par le recours au FRR, assure l’équilibre autour de 2020 et laisse l’avenir aux suivants. C’est donc effectivement une réforme « emblématique » du sarkozysme.

Les retraités paieront

Le seul tabou, avait dit le ministre Woerth, est le niveau des pensions. C’est pourtant ainsi que l’ajustement va se faire. Reculer l’âge de départ minimal à 62 ans cache un seuil tout aussi important : pour partir sans décote malgré une carrière incomplète, il faudra partir à 67 ans et non plus 65. Par exemple : Marc a commencé à travailler à 23 ans, mais a passé 3 ans à l’étranger comme expatrié. Il souhaite prendre sa retraite à 64 ans et son salaire moyen est de 2 500 euros. Avec les règles actuelles, sa décote est de 65 – 64 = 1 an, soit un taux de remplacement amputé de 5 points (il touchera 1612 euros). Avec la nouvelle loi, elle serait de 67 – 64 = 3 ans et il toucherait 1362 euros.

Les fonctionnaires seront particulièrement pénalisés, puisque le minimum garanti est aligné sur le minimum contributif, ce qui veut dire en clair que les fonctionnaires (femmes en particulier) ayant une carrière incomplète et un petit salaire verront leur pension baisser. D’autre part, les possibilités de départ avantageuses pour les mères de trois enfants au moins sont supprimées à compter de 2012.

Toutefois, la baisse des pensions sera moindre que ce qu’aurait donné un allongement de la durée d’assurance. Le gouvernement prend ainsi acte de ce que les réformes Fillon et Balladur vont entraîner une baisse des pensions de 10% à 12% d’ici 2020 et qu’il ne faut pas charger la barque. Il prend également acte de l’inefficacité de ces mesures pour décaler les départs : l’INSEE attend de la loi Fillon de 2003 un décalage de 8 mois seulement des départs en retraite d’ici 2030. Cette inefficacité est due à l’absence de politique d’ensemble favorisant l’emploi des seniors

Une réforme injuste

Le gain financier que permet le passage à 62 ans est moins dû, nous l’avons vu, à la prolongation d’activité qu’à la diminution des pensions liée à la décote. Il faut y ajouter que les employés et ouvriers, qui commencent à travailler tôt après des études courtes (surtout parmi les actuels quinquagénaires) ont plus que la durée d’assurance nécessaire. Jusqu’ici, s’ils partaient à 62 ans avec 42 ans d’assurance, par exemple, ils touchaient une surcote ; elle disparaît dans ce cas. Ils pouvaient partir à 60 ans avec 40 annuités ; ils ne le peuvent plus et doivent rester deux ans de plus, en cotisant gratuitement. En clair, le passage à 62 ans fait que les ouvriers financent la retraite des cadres.

On peut ajouter à cette argumentation le point suivant : l’espérance de vie  sans incapacité à 35 ans (définie, au niveau III, comme l’absence de problèmes sensoriels et physiques) est de 24 ans  pour les hommes ouvriers. Autrement dit, en moyenne, un homme ouvrier souffre d’incapacité à partir de 59 ans. 60 ans est donc l’âge pertinent si on veut éviter aux salariés une fin de carrière très douloureuse et aux employeurs d’avoir à gérer des salariés diminués qui ne peuvent plus accomplir efficacement leur travail.

Il faut souligner que l’espérance de vie sans incapacité à 35 ans des hommes cadres est de 34 ans, 10 ans de plus qu’un ouvrier. L’écart d’espérance de vie sans incapacité est donc beaucoup plus important que l’écart des espérances de vie brutes. Relever l’âge minimal de départ pour tout le monde est donc particulièrement injuste.

Certes, les situations de handicap ou d’inaptitude seront prises en compte au cas par cas, nous dit-on, sans qu’on sache comment. Mais ça n’a rien à voir avec une prise en compte sérieuse de la pénibilité, telle que le rapport Struillou (approuvé à l’unanimité au sein du COR lors de sa présentation) la proposait (pour plus de détails, voir le post de Camille Peugny). Qu’on songe par exemple au cas d’un ouvrier travaillant en milieu cancérigène, qui ne présente pas de pathologie grave à 60 ans et doit donc continuer à travail et qui est emporté en un an par un cancer généralisé à l’âge de 63 ans, après avoir bénéficié de sa retraite un an. Qu’on songe à la caissière de supérette qui ne sait pas que ses problèmes d’épaule et de poignet sont des maladies professionnelles (mal) reconnues et qui travaille à temps partiel jusqu’à 62 ans faute de pouvoir continuer à temps plein, alors qu’elle aurait le droit de partir à 60 ans si elle voyait un médecin.

Les fonctionnaires sont également particulièrement visés par le projet de loi. Ainsi, les mères de famille bénéficient de deux ans de majoration de durée d’assurance par enfant dans le secteur privé. Alors que toutes les mesures défavorables aux fonctionnaires sont justifiées par l’équité et le rapprochement des régimes, pourquoi le projet gouvernemental ne prévoit-il pas d’étendre cette mesure aux femmes fonctionnaires ? Quant à la baisse de salaire de 2,7% qu’ils vont subir du fait du relèvement du taux de cotisation, il ne compense pas des pensions plus élevées : selon le COR, le taux de remplacement (pension / ancien salaire) est de 64% pour un cadre du privé, 69% pour un fonctionnaire et 84% pour un non cadre du privé.

Ce projet est né d’une confusion entre les problèmes de long terme de nos régimes de retraite, liés à la démographie, et les problèmes de court terme liés à la crise et à la montée de la dette publique. Comme le dit la ministre de l’économie, il est d’abord fait pour rassurer les marchés financiers. Pour faire bonne mesure, à quelques encablures de la campagne présidentielle, une (modeste) contribution des entreprises et des hauts revenus est annoncée à grands sons de trompe. Comme il implique des politiques de long terme, l’emploi des seniors est une fois de plus évacué (pour être juste, deux mesures très limitées mais positives sont prévues). Bref, ce projet de loi est un bricolage qui ne résout rien et accroît les inégalités face à la retraite.

 

http://alternatives-economiques.fr/blogs/parienty/2010/06/17/retraites-etait-il-possible-de-faire-pire/

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