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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 19:58

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S’élever contre la diabolisation d’Israël ne doit pas vous empêcher de voir ce qui a fait de Gaza une région de réfugiés désespérés et vous faire nier les effets tragiques du blocus, écrit Gidéon Lévy dans Ha’Aretz.

 

Cher Bernard-Henri Lévy,

Nous ne nous connaissons malheureusement pas. Nous nous sommes brièvement croisés dans les décombres fumants de Gori pendant la guerre de Géorgie. Vous y avez fait un passage éclair et, comme d’habitude, vous avez attiré l’attention, là comme dans d’autres zones de conflit où vous vous êtes rendu.

J’admire profondément les intellectuels de votre stature, qui se font fort de visiter les champs de bataille et de faire entendre leur voix. Votre tentative de protéger Israël, dont témoignait votre article publié le 8 juin dans Ha’Aretz (“Il est temps de cesser de diaboliser Israël”), a fait plaisir à beaucoup d’Israéliens, qui avaient grand besoin que quelqu’un dise un peu de bien de leur pays, chose rare par les temps qui courent.
Je ne gâcherai pas leur plaisir. Mais, au nom de votre appel à mettre un terme à la désinformation, je souhaiterais attirer votre attention sur des informations qui ont peut-être échappé à votre mémoire. On pourrait se risquer à penser que, dans votre jeune temps, vous auriez été l’un des membres de la flottille. A cette époque, un blocus de plus de quatre ans imposé à 1,5 million d’individus aurait éveillé en vous un impératif moral vous poussant à vous joindre à la contestation. Mais, aujourd’hui, pour vous comme pour la plupart des Israéliens, il n’y a pas de blocus de Gaza. En parler relève pour vous de la “désinformation”.
Au fait, puisque vous étiez sur place, pourquoi n’en avez-vous pas profité pour faire un saut à Gaza, à l’instar de votre ami Mario Vargas Llosa, pour voir de vos propres yeux s’il y avait ou non un blocus ? Les médecins de l’hôpital Shifa [à Gaza], par exemple, vous auraient parlé de leurs patients qui décèdent à cause du “non-blocus”. Certes, personne ne meurt de faim. Pourtant, l’association Gisha pour la liberté de mouvement a publié cette semaine un rapport expliquant qu’Israël autorise l’importation de 97 produits à Gaza, contre 4 000 avant le siège. Vous n’appelez pas cela un blocus ?
Un grand supermarché israélien propose 10 000 à 15 000 articles ; à Paris, il y en a sûrement plus encore. Pourtant, Gaza n’a droit qu’à 97 produits. S’il est quelqu’un dont on aurait attendu davantage de compréhension à l’égard des besoins gastronomiques, c’est bien le bon vivant raffiné que vous êtes. Vous dites, comme si vous vous faisiez le porte-parole de Tsahal, qu’Israël laisse entrer 100 à 125 camions par jour à Gaza. Une centaine de camions pour 1,5 million de gens : ne s’agit-il pas là d’un “siège impitoyable”, comme l’écrivait [Laurent Joffrin dans] le journal Libération, contre lequel vous vous élevez ?
8O % des habitants de Gaza vivent de l’aide humanitaire ; 90 % des usines de Gaza sont fermées ou tournent au ralenti. Vraiment, Bernard-Henri Lévy, ne sommes-nous pas là face à un blocus ? Ne devrait-on pas s’attendre que, plus que tout autre, un grand intellectuel comme vous sache que les gens, y compris les Gazaouis, ont besoin d’autre chose que de pain et d’eau ? Mais oublions les statistiques car, après tout, les philosophes ne s’encombrent pas de chiffres. Vous écrivez qu’Israël a été accusé “jusqu’à la nausée” d’être responsable de ce blocus – tiens, voilà que maintenant vous parlez de blocus ? –, imposé autant par Israël que par l’Egypte. C’est exact. La participation de l’Egypte est en effet scandaleuse et inexplicable, mais on ne peut juger selon les mêmes critères l’Egypte et Israël. L’occupation de Gaza n’est pas terminée, elle a simplement été levée, pour arranger l’occupant, mais Israël n’en reste pas moins responsable.
La monnaie officielle de Gaza est le shekel, les registres d’état civil sont établis par Israël, qui surveille également toutes les entrées dans la bande de Gaza. Des décennies d’occupation ont rendu Gaza dépendante d’Israël, et Israël ne saurait s’en défaire par un simple “désengagement”.
Mais cessons de parler du blocus, que vous le niiez ou que vous le justifiiez. Comment pouvez-vous ignorer le contexte ? Depuis quarante-trois ans, des millions d’individus – dont certains auraient pu espérer devenir Bernard-Henri Lévy, au lieu de perdre leur vie à se battre pour survivre – connaissent une situation d’occupation et de désespoir. Quelles chances un jeune Palestinien a-t-il de faire quelque chose de sa vie ? Regardez les photos des Gazaouis qui se pressent au poste-frontière de Rafah et observez l’expression imprimée sur leur visage.
Le concept de liberté ne vous est certainement pas étranger. Vous ne pouvez reprocher l’occupation à personne d’autre qu’à nous, les Israéliens. Il y a beaucoup d’excuses pour cette occupation, mais aucune ne change quoi que ce soit à l’ultime réalité : Israël est une puissance occupante. C’est la racine de tous les maux et c’est ce que vous avez dissimulé. Vous n’en dites pas un mot. Israël avait peut-être le droit d’empêcher des armes de pénétrer à Gaza, mais vous n’avez pas le droit d’ignorer ce qui a fait de Gaza une région de réfugiés désespérés.
Vous avez raison, Bernard-Henri, de souligner que le monde est plus exigeant envers Israël qu’envers des dictatures. Ce n’est pas la “confusion d’une époque”, comme vous le dites, mais une époque nouvelle (et juste) dans laquelle le monde exige qu’en tant que démocratie Israël paie le prix de sa conduite.
Alors, diabolisation ? Possible, mais la façon de la combattre est de faire le siège de son arsenal. Sans le blocus de Gaza, sans l’occupation, il n’y aurait aucune raison de diaboliser Israël. Est-ce trop attendre de vous, naguère la voix de la conscience, que vous compreniez cela ?

 

http://www.courrierinternational.com/article/2010/06/17/lettre-ouverte-a-bernard-henri-levy

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 21:19

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Les Polonais avec Souchon. (c’est le Che qu’on assassine).

 

Vous avez pu lire ici (http://www.legrandsoir.in fo/+J-ai-l...) que le défunt chef d’Etat polonais mort dans un accident d’avion avait institué la loi dite de « lustration » visant tous ceux qui avaient travaillé avec les communistes. Il avait également voulu, « abolir les retraites des anciens brigadistes en Espagne républicaine », c’est-à-dire contraindre à l’indigence dans leur grand âge les héros qui partirent en terre espagnole combattre le sinistre Franco.

C’était un début. Le parlement polonais de centre-droit de Donal Tusk vient d’approuver une réforme du Code pénal qui renforce la répression contre la diffusion « de la propagande des idéologies criminelles ». Par suite, porter un tee-shirt décoré de la faucille et du marteau, du portrait du Che ou de Lénine est passible d’une amende, voire de prison.

Le nasillard chanteur bobo Alain Souchon y était allé de son crachat dans une chanson de son dernier album où Ernesto Che Guevara est décrit comme un tueur froid, fable inventée par les nostalgiques de la dictature de Batista et contredite avec horreur par des centaines de compagnons du « guérillero héroïque » qui ne cessent de dire son humanité et de pleurer son assassinat par un soldadito boliviano armé par les USA.

Le Che interdit en Pologne, Paco Ibañez vieillissant (« Tu apprendras petit soldat bolivien qu’on ne tue pas un frère »), Souchon est invité cette année à la fête de l’Humanité : on vit une époque formidable.

 

Théophraste R.


Le Grand Soir
http://www.legrandsoir.in fo/

PS. C’est le droit des polonais de se vêtir comme ils veulent. C’est celui de Souchon de chanter partout où il veut et même de se promener dans les allées de la fête de l’Huma. Souhaitons-lui de ne pas avoir à dire ensuite : « Je sais maintenant « d’où ma peine vient ».

16 juin 2010

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 21:00

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Premier coup de semonce pour le gouvernement : dès la fin de février, un large mouvement de grève, essentiellement dans le secteur public, a paralysé Athènes. Les Grecs réclament surtout que les mesures prises soient équitablement réparties.

Par Niels Kadritzke

Même les jeux de hasard sont touchés par la déprime ! Le chiffre d’affaires de l’industrie des jeux et paris a reculé de 16 %. Non qu’il y ait moins de parieurs. Au contraire. De plus en plus de Grecs jouent. Ils ont simplement moins d’argent en poche. Cette chute brutale dans le pays européen le plus « accroché » aux jeux de ce type reflète la crise durable de l’économie réelle.

Pour 2009, le produit intérieur brut (PIB) grec est en retrait de 2,6 %, et une baisse de même ampleur est prévue cette année. On constate aussi une augmentation du chômage, qui, à la fin de 2009, atteignait déjà officiellement 10,6 % mais dont le niveau réel est estimé à 18 %.

Les jeunes sont les plus durement touchés : en septembre 2009, un jeune de moins de 24 ans sur quatre n’avait pas de travail régulier (1). Ce qui accroît encore la pression à la baisse des salaires pour le premier emploi. Lors des émeutes athéniennes de décembre 2008, on a parlé de la « génération des 700 euros ». Elle pourrait bien sous peu devenir celle des 500 euros.

« La Grèce guettée par la faillite » fait depuis le mois de décembre les gros titres de la presse économique internationale. De fait, les chiffres sont impressionnants : le gouvernement de M. Georges Papandréou (Mouvement socialiste panhellénique, Pasok), qui n’a remplacé celui du conservateur Costas Caramanlis que début octobre 2009, a dû annoncer à Bruxelles un nouveau chiffre de déficit : 12,7 % du PIB pour 2009, deux fois plus que ne l’avait indiqué, trois mois plus tôt, le précédent pouvoir. La dette publique a, elle aussi, grimpé à 298 milliards d’euros — soit 112,6 % du PIB. Certains pronostiquent que la barre des 124,9 % sera franchie en 2010. La Grèce — qui a vu sa note de crédit dégradée par les agences de notation internationales — remplacerait alors l’Italie comme pays le plus endetté de l’Union européenne.

Le déficit public a plusieurs causes. Côté recettes, la fraude fiscale, largement répandue, prive chaque année l’Etat de 20 milliards d’euros. Côté dépenses, le poste principal est le budget inflationniste d’un service public inefficace et gonflé à outrance.

Le Pasok a promis à ses partenaires de l’Union de baisser le déficit de 4 points en 2010 pour le ramener à 8,7 % du PIB, et en dessous de 3 % d’ici à 2012. Pour ce faire, le gouvernement doit renoncer à nombre de ses promesses électorales et affronter une rude résistance à ses réformes alors que la consolidation budgétaire exigée par la Commission européenne menace de repousser un redémarrage de l’économie réelle... aux calendes grecques.

Il peut sembler injuste que le « sale boulot » échoie au Pasok. La majeure partie des dépenses importantes vient des conservateurs de la Nouvelle Démocratie (Nea Dimokratia, ND) et particulièrement du gouvernement Caramanlis. Mais le Pasok n’est pas non plus exempt de tout reproche, loin s’en faut, lorsqu’on se tourne vers le passé.

La réduction des dépenses salariales représente l’un des points cruciaux du programme de stabilité concocté par le ministre des finances Georges Papakonstantinou. Ce dernier prévoit un gel des embauches dans le secteur public et, à partir de 2011, le remplacement par un seul fonctionnaire de cinq départs à la retraite. Plus généralement, chaque ministère doit réduire son budget de 10 %, en coupant principalement dans les salaires. Mais ces mesures ne peuvent apporter que la moitié des 9 milliards d’euros d’économies prévues pour 2010. L’autre partie doit provenir d’une augmentation des recettes : vente de biens immobiliers appartenant à l’Etat et, surtout, hausse de 20 % des taxes sur l’alcool, le tabac et l’essence. Celle des impôts directs touchera en priorité les contribuables les plus aisés : taxes spéciales sur l’immobilier de luxe et relèvement de l’impôt sur les successions.

Selon le fisc, les plus riches
sont les employés...

Toutefois, la lutte contre la fraude fiscale est déterminante. Dans sa déclaration de politique générale, M. Papandréou a appelé les Grecs à se montrer « de fiers contribuables » au motif qu’il est de leur devoir de financer les dépenses collectives. L’appel est héroïque, car il s’adresse à une société dont le héros incontesté, tous milieux sociaux confondus, reste le plus habile des fraudeurs du fisc : Aristote Onassis. Le ministre des finances prévoit un durcissement des contrôles. Il a reproché aux médecins du quartier de Kolonaki, le plus riche d’Athènes, de déclarer un revenu annuel « proche du salaire minimum des ouvriers ». En 2008, les membres des professions libérales (médecins, avocats, architectes) déclaraient un revenu annuel de 10 493 euros, les hommes d’affaires et les traders de 13 236 euros en moyenne, tandis que celui des salariés et des retraités se montait à 16 123 euros. Pour le fisc, les plus riches sont les ouvriers, les employés et les retraités (2).

La lutte contre la fraude fiscale pourrait rapporter 3 milliards d’euros par an, affirme le pouvoir, mais pas avant 2011. Les partenaires européens de la Grèce et les marchés n’ont pas cette patience. Aussi poussent-ils à des coupes plus franches dans les dépenses. Déjà il se dit, depuis le sommet européen du 11 février, qu’un « plan B » aurait été établi par Bruxelles, au cas où le programme de stabilité ne produirait pas de résultats « satisfaisants » : augmentation de la TVA d’un point et réduction généralisée des salaires de la fonction publique de 5 % à 7 %. Les Européens pointent également un problème que les différents gouvernements ont toujours soigneusement évité d’aborder de front : le déficit croissant des caisses d’assurances sociales.

Pour M. Yannis Stournaras, directeur de l’institut de recherches économiques IOBE, la question des retraites est « le facteur central qui détermine à moyen terme l’évolution des finances publiques de notre pays (3). » La caisse générale de retraites et d’assurance-maladie, qui a reçu 2,9 milliards d’euros de l’Etat, devrait être déficitaire de 13 milliards cette année.

Le ministre du travail et des affaires sociales, M. Andréas Loverdos, a présenté en février un vaste train de mesures axé sur trois points principaux : le regroupement des treize caisses de retraite existantes en trois grands organismes, ce qui permettrait des économies d’échelle ; une chasse aux bénéficiaires indus de pensions ; l’intégration des travailleurs au noir au système de couverture sociale.

M. Loverdos a même osé s’attaquer au problème sensible des retraites. Dans le secteur privé, il veut porter l’âge moyen effectif de départ de 61,5 ans à 63,5 ans, par un ensemble de réglementations et une pénalisation de la retraite anticipée. Système qu’il propose d’étendre plus tard au secteur public. Mais, là encore, l’Union réclame des règles plus sévères : le fameux « plan B » exigerait un allongement jusqu’à 67 ans pour le privé comme pour le secteur public.

Les protestations vont-elles
bientôt virer à la révolte sociale ?

Le second point concerne le calcul du montant des droits à la retraite. La nouvelle loi changerait la règle appliquée par la plupart des caisses, qui fixent le montant des pensions sur la base des trois à cinq dernières années d’activité professionnelle, et non sur l’ensemble de la carrière. Mais les sondages d’opinion montrent que deux Grecs sur trois ne sont pas prêts à faire de tels sacrifices. Ils ont d’ailleurs raison : déjà bas, les revenus réels de la plupart d’entre eux n’ont pas augmenté depuis des années. Et s’ils travaillent dans le secteur privé, ils ont doublement raison, car leurs impôts sur le salaire sont prélevés à la source tandis que les membres des professions libérales, qui font partie des classes moyennes, jouent les indigents.

Le Pasok, qui a promis durant sa campagne une société plus juste et une relance « verte » de l’économie, va devoir affronter une prévisible opposition. Pour que les protestations ne virent pas à un vaste mouvement de révolte, le gouvernement cherche à valoriser la dimension « justice sociale ». D’où l’augmentation prévue des impôts sur les hauts salaires, sur les grandes fortunes, sur les successions, une taxation à 90 % des bonus bancaires, la baisse drastique des salaires des grands dirigeants dans les entreprises nationales... Mais tout cela ne rapportera pas suffisamment. L’autre volet est la lutte à mener contre la corruption, devenue un sport national qui profite principalement aux privilégiés. C’est ce qui explique que la « tolérance zéro » proclamée par le gouvernement soit si populaire dans l’opinion.

Le gouvernement doit toutefois faire face au même obstacle que pour l’ensemble de son plan d’assainissement : le temps. C’est particulièrement vrai de la lutte contre la fraude fiscale. Les dispositifs techniques pour le renforcement des contrôles des innombrables petites entreprises et des membres des professions libérales sont encore inexistants. Et le blocage des salaires des fonctionnaires du fisc pourrait bien avoir pour effet de renforcer encore leur disponibilité pour quelques petits arrangements lucratifs. En outre, des redressements fiscaux très stricts ont toutes les chances de mettre en difficulté nombre de petites sociétés.

Il en va de même pour la lutte contre l’économie souterraine : les revenus tirés du travail au noir, ou « au gris », contribuent en temps de crise à amortir les conséquences sociales et même à stabiliser la conjoncture (4). De plus, retarder l’âge de départ à la retraite a pour conséquence que de nombreux emplois demeurent occupés plus longtemps, ce qui réduit d’autant les chances de la jeune génération d’y accéder.

La Grèce se tourne vers l’Union. Mais, depuis son adhésion en 1981, le pays a perçu plus de 100 milliards d’euros de fonds communautaires (5). Où est passé cet argent ? Une grande partie a servi à des infrastructures. Grâce à quoi l’Etat a pu, dans une large mesure, ménager ses contribuables — à commencer par les plus riches d’entre eux. Il leur a appliqué un taux d’imposition parmi les plus bas de l’Union d’avant l’élargissement. Une autre partie, importante mais difficile à évaluer, a atterri sur des comptes privés.

Cette dilapidation des fonds et la modération de l’imposition sur les hauts revenus se reflètent dans les yachts et les voitures de luxe, et plus encore dans les villas de week-end des faubourgs résidentiels d’Athènes. C’est là que se matérialisent les sommes d’argent qui étaient destinées à financer des programmes et des projets d’avenir (pour l’industrie, mais aussi pour l’agriculture et le tourisme) et à promouvoir un développement économique durable. Ce détournement de fonds s’est aussi opéré aux dépens de l’environnement : les incendies de forêts qui font rage presque chaque année dans l’Attique et le Péloponnèse s’apparentent à une déforestation criminelle par le feu, visant à libérer de lucratifs terrains à bâtir pour des Athéniens fortunés.

Le plan de redressement devrait également concerner les dépenses militaires. Depuis des années, elles engloutissent plus de 4 % du PIB. D’un côté, la Commission européenne recommande donc à Athènes, comme en novembre 2009, de réduire ses dépenses d’armement. Mais, par ailleurs, l’Allemagne et la France en particulier poussent le gouvernement à acheter leurs chars, leurs avions de combat ou leurs frégates.

Accepter la dureté
ou être sanctionné
par les marchés

En janvier, le gouvernement d’Athènes a exposé devant les représentants de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE), venus sur place, les détails de son programme de stabilité et de croissance. Certains partenaires de la zone euro, surtout les Allemands, se sont plaints de retards, mais semblaient prêts à l’accepter. Toutefois, le 11 février, le sommet de l’Union a adopté une stratégie plus dure, qualifiant le programme grec « d’ambitieux » — ce qui, dans le langage des experts, signifie « irréaliste ». Le message est clair : accepter le « plan B » ou être sanctionné par les marchés. Athènes a jusqu’au 15 mars pour présenter les premiers résultats.

Le gouvernement de M. Papandréou admet ainsi très ouvertement que les Grecs ont perdu une part importante de leur souveraineté. Il peut se le permettre : dans aucun autre pays de l’Union on ne rencontre une acceptation plus grande de l’idée européenne qu’en Grèce. Mais surtout, presque tout le monde a compris que, sans la zone euro, le pays aurait probablement connu la banqueroute.

Quant à sortir de la zone euro pour revenir à la drachme, cela paraît absurde à nombre de dirigeants. Une dévalorisation massive de la monnaie ne ferait que grossir encore la montagne de dettes du pays — sous forme d’obligations en euros. Il faudrait alors renoncer à la manne financière de Bruxelles, dont la Grèce peut encore espérer, d’ici 2013, toucher jusqu’à 23 milliards d’euros. Les partenaires d’Athènes ont, eux aussi, tout intérêt à éviter une faillite du pays pouvant entraîner d’autres nations (Espagne, Portugal...).

Non seulement il serait injuste d’imposer un programme de « super austérité », faisant de la Grèce une « Lettonie du Sud » comme on le dit à Athènes, mais cela s’avérerait contre-productif. Ce « plan B » diminuerait les chances de relever les recettes publiques et saperait toute possibilité d’un retour à la croissance, même modeste en 2011... et donc la possibilité de réduire les déficits.

Certains soupçonnent quelques pays européens de chercher une dévaluation « contrôlée » de l’euro, pour faciliter leurs exportations mondiales. Faut-il que la situation de la Grèce en soit l’alibi ?

 

Niels Kadritzke

Journaliste, Athènes et Berlin.

 

(1) Ta Nea, Athènes, 10 décembre 2009. Cf. aussi le rapport pour le quatrième trimestre 2009 de l’Institut de recherche économique IOBE (p. 62-68) : www.iobe.gr

(2) Seulement 7,5 % des membres des professions libérales et 13 % des chefs d’entreprise et commerçants ont déclaré plus de 30 000 euros. Ta Nea, 30 décembre 2009.

(3) Kathimerini, Athènes, 8 novembre 2009.

(4) Cf. Deutsche Bank Research, « Krisenfest mit Schattenwirtschaft » (« L’économie souterraine permet de résister à la crise », PDF), Dbresearch.com, 17 décembre 2009.

(5) Le chiffre exact est impossible à établir. Mais des analyses de l’Organisation de coopération et de développement économiques considèrent que les subventions en provenance de Bruxelles représentent chaque année, depuis 1981, environ 0,7 % du PIB en moyenne.

 

 

http://www.monde-diplomatique.fr/2010/03/KADRITZKE/18886

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 20:46

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 20:45

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Le score réalisé par les nationalistes flamands toutes tendances confondues (séparatistes du NVA et autres formations ainsi que l’extrême droite de Vlaams Belang, réunissant près de 50% des suffrages) fait planer une lourde menace sur l’unité de la Belgique. Bart de Wever, le leader de la NVA, avait clairement affiché ses intentions pendant la campagne électorale en déclarant : « Il y a deux pays, deux sociétés, deux opinions, il faut adapter les institutions à cette réalité. » L’avenir de la Belgique est suspendu à des négociations entre socialistes majoritaires en Wallonie et séparatistes flamands. Elles prendront du temps.

Le soir du scrutin, le chef de la NVA, a prononcé un discours devant un drapeau européen dont l’une des étoiles avait été remplacée par le lion de Flandre, jaune et noir, symbole du nationalisme flamand. Le message est clair : il s’agit d’affirmer une Europe des régions et la fin de l’Europe des nations.

La tendance prend de l‘envergure. En Espagne, la Catalogne affiche sa distance avec Madrid. En Italie, la droite lombarde ne veut pas « payer » pour la Sicile, le Pays basque, l’Ecosse etc… Les revendications autonomistes se multiplient et pendant que l’Europe a bien du mal à se faire, les nations qui la composent subissent des pressions tendant à les défaire. Nous connaissions les conflits pré-nationaux avec, par exemple, l’Irlande du Nord et même la Corse. Voici les conflits post-nationaux qui sont le fait de régions nouvellement riches voulant amoindrir les solidarités interrégionales.

La machinerie européenne bruxelloise et les marchés ne camouflent plus leur préférence : l’Europe des régions. Celle qui se débarrasserait des nations constituées au fil des siècles par les peuples et préservant encore leur souveraineté et leur identité dans le cadre de la coopération et des échanges. Les marchés et de nombreux « penseurs » de la CE rêvent d’une Europe à plusieurs vitesses. Des régions, comme par exemple la Catalogne, le Languedoc Roussillon, la Flandre, prenant ensemble la tête du peloton et laissant à l’abandon d’autres régions de France et d’ailleurs, le profit rapide restant la préoccupation unique.

Il ne faut pas se tromper. Les revendications autonomistes, séparatistes, nationalistes brandies au nom de la langue et de l’identité cachent souvent d’autres desseins : ceux d’aventures dangereuses pouvant accoucher du pire.

 

 

 

 

  1. Le Monde diplomatique Février 2004

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 21:44

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Parmi les nombreux et graves problèmes auxquels sont confrontés les pouvoirs institués du système-monde capitaliste actuel, il en est un - cela semble ne faire aucun doute - qui a à voir avec les mathématiques. Ce n'est qu'ainsi que l'on pourrait expliquer que le jeûne volontaire de 2 individus à Cuba mobilise davantage l'attention du Parlement européen, du Secrétariat d'État des États-Unis et des grands moyens d'information que les plus de 1000 millions d'êtres humains qui, selon la FAO, souffrent quotidiennement de faim involontaire dans le monde. De même, et il s'agit de Cuba, il semble y avoir de graves erreurs de calcul arithmétique quand la mini-manifestation d'un petit groupe de femmes vêtues de blanc, qui tiennent toutes dans une “guagua” (minibus) cubaine, reçoit un écho beaucoup plus grand dans les médias internationaux que la méga-marche multicolore de millions de Cubains qui ont envahi toutes les rues principales de toutes les villes les plus importantes du pays le 1er mai dernier, en soutien au socialisme et contre précisément l'inflation médiatique de faits qui - vus sous leur seul aspect quantitatif - auraient été statistiquement négligeables dans tout autre lieu du monde. Il faut dire que ces mêmes médias ont également minimisé la preuve énorme d'engagement social qu'a représentée la participation au scrutin du 25 avril dernier de 8.207.946 votants (95.86 % de l' électorat cubain) et le fait que le nombre de votes valables atteigne le chiffre de 7.478.760 (91.11 % des bulletins), données qui contrastent nettement tant avec l'image de chaos social et de crise politique que l'on tente de coller à Cuba, qu'avec l'appel à l'abstention ou au vote nul lancé avant les élections par les détracteurs du processus révolutionnaire - soutenus une fois de plus par les médias internationaux.
Mais malheureusement, il ne s'agit pas d'une simple inaptitude au calcul arithmétique de la part des statisticiens et des journalistes engagés dans cette campagne féroce de déformation de la réalité cubaine. Si tel était le cas, la solution serait relativement simple : nous pourrions modestement leur suggérer de commencer par recourir à la méthode cubaine d'alphabétisation Yo sí puedo (Oui, je peux), fondée précisément sur l'association de lettres et de nombres, et grâce à laquelle ont pu être alphabétisés plus de 3 millions de personnes de 30 pays - encore des chiffres qui échappent aux médias. Ensuite, ils pourraient passer à la méthode Yo sí puedo seguir (Oui, je peux continuer), équivalente à l'enseignement primaire. Enfin, si tel était le problème, la solution est à portée de main. C'est à dessein - et ce pourrait être un thème suggestif pour tous ces journalistes qui s'intéressent à Cuba - , que ces méthodes ont été créées dans le pays caraïbe près de 40 ans après l'éradication “à la maison” de l'analphabétisme et alors qu'il y avait longtemps que le système éducatif avait garanti l'enseignement primaire gratuit pour 100% de ses enfants (filles et garçons). Autre énigme à résoudre par la grande presse sur le cas étrange de Cuba. Reprenant le fil de ce que nous exposions, il ne s'agit pas d'une simple erreur de calcul. Le contraste entre ce que les médias voient à Cuba et ce que les Cubains eux-mêmes vivent et perçoivent de sa réalité n'est rien d'autre que l'expression du conflit radical d'intérêts entre les pouvoirs institués internationalement, que ces médias représentent en grande partie, et les aspirations authentiques de l'immense majorité du peuple cubain, majorité représentée dans les chiffres bien clairs exposés ci-dessus.
Ces chiffres ne pointent en rien une homogénéité de pensée des Cubains ni l'acceptation conformiste de l'état de choses actuel dans l'île. Le Cubain moyen est très critique de son système social, il souhaite et exige des changements. Mais ce ne sont pas les mêmes changements que ceux que demandent à Cuba le Parlement européen et le Secrétariat d'État des États-Unis. La différence fondamentale réside en ce que ces derniers souhaitent que Cuba abandonne sa voie alternative et reconstruise sa réalité sociale à l'image de la leur, partant du principe qu'ils sont eux-mêmes le modèle souhaitable pour l'île caraïbe rebelle. Mais c'est précisément ce que souhaite le moins la majorité écrasante des Cubains qui défilent par millions dans la rue le 1er mai pour défendre le socialisme, une semaine après s'être empressés de voter en nombre égal ou supérieur non seulement pour que soit élu le candidat de leur choix, mais parce qu'ils savent qu'en participant au vote, ils renforcent un système social et politique différent, en remplacement de cet autre système, marqué la plupart du temps par l'apathie et l'abstention, que l'on prétend leur imposer comme le seul réellement valable. Alors que les changements promus par les pouvoirs impériaux présupposent la mort de la révolution, les changements que la majorité des Cubains recherche signifient davantage de révolution. C'est là la véritable racine du contraste. Il s'agit de deux orientations absolument opposées, bien que toutes deux réellement possibles dans les circonstances actuelles.

 


Et laquelle de ces deux orientations possibles est réellement souhaitable ? Laquelle serait préférable sous l'angle des valeurs humaines qui sous-tendent l'une et l'autre ? Je m'imagine la réponse pressée de cette “grande presse”. En attaquant Cuba, elle a tant fait appel à des catégories axiologiques grandiloquentes telles que “liberté”, “démocratie” et “droits de l'homme” qu'il lui paraîtrait évident que les valeurs sont de son côté.
Mais n'allons pas si vite, “grande presse”. Bien que cela paraisse à tous points de vue impossible, essayons de penser ensemble le plus objectivement possible aux conséquences éventuelles du choix par Cuba de l'une ou l'autre orientation.
Commençons par les changements que souhaitent les Cubains dans leur majorité. Abstraction faite des nombreuses nuances qu'il peut y avoir et sans prétendre à un inventaire exhaustif, ces changements visent :


a. Le dépassement du monopole de l'État sur les moyens de production en faveur d'une propriété sociale diverse, qui comporte une multitude de formes coopératives et qui garantisse toujours une véritable relation de maîtrise des travailleurs quant aux moyens et aux résultats de leur production;


b. Le véritable mise au pouvoir des bases sociales avec un appareil bureaucratique minimum, toujours soumis au contrôle, non d'autres bureaucrates, comme c'est souvent le cas aujourd'hui, mais de ces bases sociales elles-mêmes. Ce serait le véritable antidote contre la corruption et cela éviterait le danger de l'éloignement de la bureaucratie des positions sociales de classe du travailleur;


c. Préservation de l'être humain en tant que centre de tout tissu social, mais pas seulement comme homme générique abstrait ou homme-statistique (réduit souvent à n'être qu'un numéro, de sa naissance à sa mort, dans les données sur la mortalité infantile, l'espérance de vie à la naissance, le niveau d'éducation, etc.), mais aussi et surtout comme un homme concret et divers, avec des aspirations et des projets de vie propres, pas nécessairement homologables avec ceux des autres.


d. Meilleure exploitation en faveur des changements nécessaires de la capacité critique que la révolution elle-même a créée parmi les différentes générations de révolutionnaires, notamment les jeunes, dont dépendra inévitablement l'avenir de la révolution. Dépassement, enfin, du paternalisme intergénérationnel excessif qui, loin de garantir la continuité, pourrait engendrer de l'incommunication. Prise en compte, par conséquent, de chaque génération comme interlocutrice dans la réélaboration toujours nécessaire du projet révolutionnaire et sa mise en pratique.


Comme on peut le voir, ces changements ne signifient en rien l'adoption des modèles sociaux que le capitalisme central veut universaliser et perpétuer à tout prix. Bien au contraire, ils impliquent un approfondissement des changements révolutionnaires que le processus cubain lui-même a défendus depuis ses origines : a) une propriété qui soit véritablement sociale, b) un pouvoir qui soit véritablement populaire, c) un être humain qui soit véritablement central, d) une révolution qui soit véritablement celle de tous les révolutionnaires.


Journée Mondiale du Milieu Ambiant à Cuba :
Si le climat change, il change pour tous. C'est à nous à changer.
 
S'agissant de la supériorité en termes de valeurs d'un projet de changements qui préserve la voie alternative que Cuba a choisie, je renvoie le lecteur à l'article excellent de Carlos Fernández Liria intitulé : “Qui a sa place sur terre ?”, [3] dans lequel il démontre de manière catégorique, en se fondant sur le modèle de Mathis Wackernagel sur “l'empreinte écologique” appliqué à l'étude de 93 nations, que Cuba est le seul pays présentant un indice de développement humain relativement élevé (supérieur à 0,8) qui, dans le même temps, affiche un développement durable et une empreinte écologique qui, si elle était la même pour l'ensemble de la planète, permettrait d'en garantir la survie. L'étude montre que l'universalisation de l'empreinte écologique de la Grande-Bretagne, par exemple, nécessiterait 3 planètes Terre et celle des États-Unis, 5. De nouveau, les mathématiques nous aident. Il va de soi qu'un modèle social qui assure la préservation de l'unique planète Terre dont nous disposons et, en même temps, un niveau élevé de développement humain est supérieur. Si le monde était Cuba, l'humanité aurait bon espoir de survivre à sa propre autodestruction. Et mieux encore : en assurant une vie digne à chacun de ses habitants. Il est clair que si le monde était la Cuba d'aujourd'hui, il aurait aussi besoin de changements, ceux-là mêmes que nous avons exposés plus haut. Il aurait besoin de changements mais pas si importants ni si radicaux que ceux qu'il nécessite, de fait, aujourd'hui faute d'être ce qu'est Cuba ou d'y ressembler.
Mais, attention, les deux orientations de changement aujourd'hui proposées comme possibles pour Cuba ne sont pas les seules alternatives. Une troisième est l'immobilité, le non-changement. Et il ne s'agit pas non plus d'une possibilité abstraite, elle est aussi très réelle et possède une force significative. Peut-être cette position est-elle celle qui possède le plus de pouvoir réel en sa faveur à l'intérieur du pays parce que c'est celle qui répond le mieux aux intérêts d'une bureaucratie qui, comme quasi-classe sociale, tire des avantages significatifs de la situation actuelle et perdrait des privilèges avec les changements signalés ici comme nécessaires. Position très dangereuse, plus sûrement que les campagnes internationales contre Cuba ou les shows médiatiques que celle que l'on nomme la dissidence interne monte à tout moment à l'intention des spectateurs étrangers. Immobilisme est synonyme de conservatisme et le conservatisme est le contraire de la révolution. Si la révolution cessait de changer, elle cesserait d'être la révolution et perdrait le consensus d'approbation qui l'entretient aujourd'hui. À la longue, l'immobilisme favoriserait l'orientation des changements qu'il dit aujourd'hui combattre. Nous devons rester en alerte. Les changements fondamentaux que le peuple réclame et que la haute direction du pays a reconnus comme nécessaires devront se faire de manière très bien pensée, mais aussi avec la célérité que les circonstances exigent. 
José Ramón Fabelo Corzo

[1]. Ce texte a été publié à l'origine sous le titre “Cuba necesita cambios, aunque muchos menos de los necesita el resto del mundo” dans la revue argentine Sudestada, No. 89, juin 2010 (version électronique : http://www.revistasudestada.com.ar/web06/article.php3?id_article=695)

[2]. L'auteur est chercheur titulaire de l'Institut de philosophie de La Havane, professeur-chercheur titulaire de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université autonome de Puebla.

[3]. http://blogs.publico.es/dominiopublico/267/%C2%BFquien-cabe-en-el-mundo/ (NDT : Version française : http://www.legrandsoir.info/Qui-a-sa-place-sur-terre.html)

(*) José Ramón Fabelo Corzo (La Havane, 1956). Docteur en Sciences Philosophiques de l'Université d'Etat de Moscou (1984). Il est actuellement chercheur titulaire à l'Institut de philosophie de La Havane et professeur-chercheur titulaire de la faculté de Philosophie et Lettres de l'Université Autonome de Puebla. Il s'est consacré à l'étude de l'Axiologie, de la Pensée latino-américaine et de l'Esthétique.

Source en français : ARLAC
Source en espagnol : Suestada

Amérique Latine des Peuples

Par cuba si lorraine

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 21:22

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http://www.bakchich.info/Boulin-l-en-vol-des-scelles,11069.html

 

Quatre fois que la Justice refuse de rouvrir l’enquête sur l’assassinat de Robert Boulin. Avec ce nouvel épisode, la thèse officielle du suicide a encore pris du plomb dans l’aile.

Le quatrième rejet d’une demande de réouverture de l’information sur l’assassinat de Robert Boulin, avec l’annonce concomitante de « l’(en)vol des scellés », a, le 8 juin, nettement déstabilisé la thèse, officielle depuis 30 ans, du « suicide » du ministre du travail de Giscard.

Pourquoi la justice s’est-elle intéressée aux lettres attribuées à Robert Boulin ?

Le jour de sa prise de fonction, le 23 mars 2010, François Faletti, le nouveau procureur général prés la cour d’appel de Paris, reçoit une nouvelle requête aux fins de réouverture de l’information sur l’assassinat de Robert Boulin. Ce document s’appuyant sur le précédent Gregory, souligne l’impérieuse nécessité de pratiquer une recherche ADN sur les enveloppes et les timbres des lettres annonçant son suicide, que Robert Boulin est censé, selon la Justice, avoir seul manipulées. Si tel fut le cas, son ADN serait encore décelable 30 ans après.

Que pense la famille Boulin des "vols" de ces lettres ?

Quand le dossier a-t-il été examiné précédemment ?

C’est le quatrième rejet de réouverture. A la sortie du rendez-vous du procureur général, sur les marches du palais de justice, l’avocat de Fabienne Boulin (fille de Robert Boulin) Me Olivier Morice ignore le rejet de sa demande de réouverture. Seul, un communiqué du parquet général, diffusé au même moment, en fait clairement état. En revanche est établi que 6 (sur 8) de ces lettres (en réalité des photocopies d’un même original jamais trouvé) sont des scellés annexés au dossier, qui avait été très méticuleusement examiné à l’automne 2007 par l’équipe du prédécesseur de M. Faletti, le procureur général Le Mesle, avant son annonce du troisième rejet… (cf les méticuleuses constatations de Le Mesle en bas de l’article)

Quand les lettres ont-elles disparu ?

Au lieu de reconnaître une évidence, relevée entre autre par France 2 - les scellés ainsi que l’ensemble du dossier Boulin étaient dans un coffre-fort à l’accès restreint, d’où ils se sont récemment (en)volés - M. Faletti tente d’expliquer à Fabienne Boulin et ses conseils que les scellés ont été « égarés » et que«  d’actives recherches sont toujours en cours pour les retrouver ». Un faisceau de présomptions cale le larcin après le 23 mars, date à partir de laquelle la demande de recherche ADN sur les lettres est connue. Qui, avant ce jour, aurait eu des raisons de s’inquiéter d’une recherche de l’ADN de Robert Boulin sur ces photocopies d’un original inconnu ?

Pourquoi la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a-t-elle annoncé la non-réouverture du dossier le 31 mai ?

A qui profite le "crime" ?

Si le parquet général avait la certitude que les lettres attribuées à Boulin ne sont pas de lui, il ne se serait pas exprimé autrement que dans son communiqué du 8 juin :«  Il apparaît en premier lieu que des analyses ADN ne pourraient en aucune façon faire l’objet d’une comparaison utile, dans la mesure ou jamais aucune personne n’a été mise en cause ou hors de cause dans ce dossier ». La demande était pourtant explicite et motivée : chercher l’ADN de Boulin…

Comment les procureurs généraux s’abstiennent de répondre ?

Dans son communiqué, M. Faletti, s’aligne sur les conclusions de M. Lemesle, en s’abstenant toutefois de les expliciter. Pour rejeter la question capitale de la double découverte du cadavre de Boulin à 7 heures d’intervalle, M. Lemesle n’avait pas hésité à prétendre que Raymond Barre, (à l’époque premier ministre) était pour ainsi dire gâteux, ayant, selon lui, confondu découverte du cadavre et lancement des recherches, alors qu’à l’évidence, on ne réveille pas un ministre de l’intérieur et un premier ministre pour les aviser de cela !

Pour rendre publique cette fine analyse, M. Lemesle avait attendu le décès de M. Barre, et s’était bien gardé d’interroger Christian Bonnet, toujours vivant ! Christian Bonnet, ministre de l’intérieur en 1979 a toujours affirmé avoir été réveillé vers 2 heures du matin dans la nuit du 30 octobre, par le conseiller technique de permanence place Beauvau, qui l’informe de la découverte du cadavre de son collègue Boulin.

Triste remake du « la question ne sera pas posée » de l’affaire Dreyfus ?

L’actuel épisode de l’(en)vol des scellés est la confirmation que la justice française est depuis trente ans enfermée dans un bogue majeur. Malgré l’intervention de 4 magistrats instructeurs, c’est en permanence le seul parquet qui a mené l’information. Quelle meilleure illustration que l’ordonnance de non-lieu, rendue en 1991 par Laurence Vichnievsky, à laquelle se réfèrent constamment M. Lemesle, et par transition, M. Faletti. Ce document est la fidèle reproduction des réquisitions du parquet… Le Parquet général validant l’oeuvre du parquet, un cercle vicieux de nature à redorer le blason de la Justice ?

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 21:12

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L’agent du FBI George Kiszynski, que Luis Posada Carriles a qualifié de « très bon ami » dans son entrevue du New York Times, a enquêté sur les attentats que ce terroriste international a avoué avoir provoqué à La Havane, en 1997, confirme un rapport officiel de la police fédérale nord-américaine déclassifié le 18 mai dernier.

Le document de trois pages a été déposé comme un élément de preuve de plus, auprès du tribunal de El Paso, qui doit juger Posada sous divers chefs d’accusation, à une date toujours indéterminée.

Rédigées le 13 novembre 1998, les deux premières pages du document déclassifié rapportent que le 17 juin antérieur « un examen sur le terrain de quatre détonateurs électriques A été réalisé à La Havane, Cuba » et donnent les « spécifications des spécimens examinés », de marque DuPont et e fabrication étasunienne.

La troisième page - une lettre adressée explicitement au chef du FBI de Miami - se rapporte à trois échantillons d’explosifs examinés, en précisant que les résultats de leur analyse se trouvent en pièces jointes. Juste après le dernier paragraphe, apparaît de façon énigmatique, écrit à la main, le nom KISZYNSKI.

Ce qui indique clairement que l’agent du FBI George Kiszynski, constamment lié au terrorisme contre Cuba depuis des décennies, a participé d’une façon ou d’une autre à l’enquête menée par la police nord-américaine sur les attentats de 1997 à Cuba.

Comme on sait, ces attentats ont été organisés depuis le Salvador par Posada, qui a qualifié Kiszynski de « très bon ami » au cours d’une entrevue avec Ann Louise Bardach et Larry Rother, publiée par le New York Times les 12 et 13 juillet 1998.

TROIS ENVOYÉS DU FBI À LA HAVANE

Le 15 juin 1998, résultat direct d’une communication alors faite au président US Bill Clinton le mois antérieur par l’écrivain colombien Gabriel García Márquez, à la demande du président cubain Fidel Castro, une délégation du FBI est arrivée à La Havane et s’y est réunie le 16 et le 17 juin avec des experts cubains.

Les trois officiers nord-américains ont alors reçu une ample information sur les attentats survenus à Cuba l’année précédente, comprenant, entre autres, 64 dossiers dans lesquels on apportait des preuves en relation avec 31 actions et plans terroristes contre Cuba menés entre 1990 et 1998 sur l’ordre de la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA) de Miami.

Parmi ces preuves, se trouvaient aussi les échantillons d’explosifs utilisés dans la fabrication de bombes désactivées avant d’exploser.

Les officiers du FBI se sont alors engagés à informer la partie cubaine des résultats de leurs analyses des échantillons dans les délais les plus brefs.

Ce qui ne fut jamais fait.

Quelques semaines après le séjour à Cuba des enquêteurs nord-américains, le chef du FBI de Miami, Héctor Pesquera, non seulement n’a pas procédé à l’enquête des éléments signalés à La Havane, mais encore a-t-il ordonné l’arrestation de Cubains infiltrés dans les rangs d’organisations terroristes, à la demande de chefs mafieux, parmi lesquels se trouvait le congressiste fédéral Lincoln Díaz-Balart, que l’on tiendra constamment informé.

Le jour même du 18 juin, tandis que les agents du FBI en visite à La Havane rentraient dans leur pays, Posada se trouvait dans l’île néerlandaise de Aruba accordant tranquillement l’entrevue au The New York Times dans laquelle il se vante – « avec orgueil », dit le texte - d’avoir organisé la campagne de terrorisme contre Cuba jusqu’à s’offrir le luxe de parler ouvertement de ses commanditaires de la FNCA.

C’est précisément au cours de cette entrevue que le terroriste international identifie l’agent spécial du FBI George Kiszynski comme un « très bon ami » qu’il connaît depuis longtemps.

TOUTE UNE SUCCESSION D’ACTES COMPLICES

L’histoire connue de la complicité de l’officier Kiszynski avec la mafia cubano-américaine commence en 1979 quand les détectives Sergio Pinion et Ozzie Austin lui communiquent des plans de terroristes liés à la Coordination des Organisations Révolutionnaires (CORU) d’Orlando Bosch pour détruire un avion, qui réalisait des vols entre Miami et La Havane. Les enquêteurs de la police de Miami ont alors demandé à leur collègue son appui pour déjouer la conspiration. Immédiatement, Kiszynski s’est réuní avec les suspects dénoncés, sous le prétexte de les interroger, et en sortant de la rencontre, a « oublié » sa serviette.

Informés par un collaborateur infiltré dans le CORU, Pinion et Austin ont dénoncé Kiszynski à ses supérieurs hiérarchiques pour qu’ils fassent une enquête dont les résultats - inconnus - ont été rapidement classés.

Peu après le scandale Iran-Contra, Kiszynski a été celui qui a communiqué au colonel Oliver North, gérant du complot au service de George Bush pére, un rapport ultrasecret du FBI, dans lequel on révèle de façon détaillée les éléments d’une enquête qu’avait réalisé la police de Miami sur les Contras et le trafic de drogue. Un trafic auquel participait activement l’agent CIA Luis Posada Carriles.

Le 7 février 1992, le même Kiszynski - désigné par le FBI pour satisfaire un ordre du Congrès d’assistance au bureau du Procureur indépendant faisant enquête sur l’affaire Iran-Contra - a interrogé Luis Posada Carriles durant plusieurs heures à l’ambassade nord-américaine du Honduras, pays où le terroriste résidait.

La conversation - agréable - entre le policier et le terroriste se déroule sans que le premier ait l’idée de détenir le second. Posada pourra ainsi continuer avec ses tentatives d’assassinat, en ayant la confirmation d’une sympathie de la part des étasuniens envers ses activités. Et il le fera tant au Venezuela comme en République Dominicaine et au Panama.

« JE N’AI JAMAIS PLUS EU DE NOUVELLES D’EUX »

Il y a encore d’autres anecdotes surprenantes au sujet de cet agent trop spécial. En 1997, l’ingénieur guatémaltèque Antonio "Tony" Jorge Álvarez dirigeait la succursale de la firme WRB Enterprises au Guatemala avec laquelle travaillait Posada Carriles. Le terroriste dirigeait alors la campagne d’attentats contre des hôtels de Cuba et préparait un attentat contre le président cubain Fidel Castro, que l’on prévoyait effectuer au Sommet ibéro américain de Margarita, au Venezuela.

Álvarez, aujourd’hui résident de Greenville, Caroline du sud, a informé le FBI. Il a signalé que Posada et ses complices ont acheté des détonateurs - ceux-là même qui réapparaîtront à La Havane - pour la fabrication d’engins explosifs, et qu’il avait vu du plastic en sa possession.

Selon les déclarations faites par Álvarez au New York Times que l’on a ensuite publiées, le FBI a été « étonnamment » inefficace. Le quotidien a confirmé qu’un agent - George Kiszynski - s’est mis en contact depuis Miami avec Álvarez.

« Il (Kiszynski ) m’a dit que ma vie était en danger, que ces gens-là étaient très dangereux, et que je devais quitter le Guatemala. Je nai jamais plus eu de nouvelles d’eux », a déclaré Álvarez au quotidien.

Le New York Times a dû lui-même conclure que si le FBI avait interrogé Álvarez, il aurais appris que Posada planifiait les attentats de La Havane.

Mais ce n’est pas tout.

Le même Kiszynski réapparaîtra le 26 mars 2001 comme témoin au procès des Cinq cubains accusés d’espionnage pour avoir infiltré des groupes terroristes de Miami.

La défense le convoque après avoir été informée par le FBI qu’il avait enquêté à Miami sur la présence de bateaux suspects.

Kiszynski, dont on ignorait alors les antécédents, a raconté au tribunal qu’il avait effectivement enquêté, en juillet 1998, sur deux embarcations ancrées dans une marina de Miami, dont le propriétaire préparait une opération terroriste contre Cuba.

Kiszynski a affirmé que, au cours d’une opération qu’il a réalisé, on a recherché des explosifs ou des armes et que l’on n’a rien trouvé. Il est ensuite allé interroger le propriétaire, Enrique Bassas, qu’il connaissait depuis longtemps, a-t-il avoué.

Ce que n’a pas précisé Kiszynski, c’est que Bassas est l’un des individus qui a rencontré Luis Posada Carriles, précisément en juillet 1998, entre le 19 et le 21, à l’hôtel Holiday Inn, de Ciudad de Guatemala, pour préparer un autre plan d’attentat contre le président cubain, qui allait participer au sommet des chefs d’état des Caraïbes à Saint-Domingue.

Il n’a pas non plus précisé que Bassas a connu Posada dans la ville cubaine de Cienfuegos, où ils sont tous deux nés, puisqu’il a été membre de l’Armée secrète cubaine du terroriste notoire Sixto Reynaldo Aquit Manrique.

La présence du nom KISZYNSKI à la fin de l’inventaire des échantillons d’explosifs, rédigé par le FBI après la visite de ses envoyés a La Havane, constitue une preuve de plus de mauvaise foi dans le dossier de la relation entre la police fédérale des Etats Unis et le terrorisme cubano-américain.

Presque douze ans après la visite à Cuba des envoyés du FBI, les terroristes dénoncés par Cuba - y compris Posada - sont libres à Miami, conspirant impunément avec la complicité du FBI.

Tandis que les Cinq antiterroristes, qui n’accomplissaient que leur devoir en protégeant leur Patrie, demeurent séquestrés dans cinq prisons nord-américaines, victimes d’une odieuse machination qui l’on prétend, avec un cynisme absolu, appeler Justice.

 

JEAN-GUY ALLARD

 

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« Nous ne paierons pas votre crise. » Les banderoles déployées fin février à Athènes, où se succèdent les grèves contre les plans d’austérité, n’auraient pas déparé en Islande, dont la population fulmine à l’idée de rembourser les dettes pharaoniques héritées de l’effondrement bancaire. Ni dans les mains des manifestants espagnols protestant contre le report de l’âge de départ à la retraite. Ni dans celles des millions de travailleurs privés d’emplois depuis le début de la récession économique. Prônant la « stabilisation » des dépenses sociales, le Fonds monétaire international (FMI) a averti : l’assainissement, en Europe, « sera extrêmement douloureux ».

Par Laurent Cordonnier

Contrairement à un ménage ou à une entreprise, un Etat placé dans l’incapacité ultime de payer ses dettes... ne les paye plus, sans disparaître pour autant du registre du commerce ou de la surface de la terre, c’est-à-dire sans être contraint à la liquidation de son patrimoine pour rembourser ses créanciers. Dans le cas d’un ménage, la faillite se solde par une liquidation : vente du manoir et de l’argenterie de famille pour payer comme il se peut les derniers salaires dus aux domestiques et les ardoises laissées chez le traiteur, le notaire ou le banquier — nous laissons au lecteur le soin de transposer à un ménage vivant sous le seuil de pauvreté. Dans le cas d’une entreprise, on vend (tant bien que mal) les machines, les immeubles, les brevets, le parc automobile, etc., pour régler (plutôt mal que bien) les fournisseurs, les banquiers, les autres prêteurs et les employés qui patientent avec leurs salaires restés en souffrance.

A la différence d’une entreprise en difficulté, qui ne peut guère tenter de se « refaire » en augmentant ses prix au moment où ses clients la quittent, et qui n’a pas toujours la possibilité de réduire ses coûts (passé un certain seuil), l’Etat dispose de moyens politiques pour conjurer le scénario-catastrophe d’un défaut de paiement, en augmentant ses recettes ou en comprimant ses dépenses. Côté recettes, il lui suffirait pour tenter de « se refaire » d’augmenter les impôts, en « visant juste » (lire « L’urgence du contre-choc »). C’est-à-dire en faisant porter les nouveaux prélèvements sur les catégories sociales les plus aisées, celles qui épargnent le plus (1) — l’opération aurait donc un faible impact sur les dépenses de consommation — et qui sont de facto les créanciers de l’Etat.

La ponction équivaudrait en pratique à supprimer cette sorte de droit censitaire de l’ère néolibérale qui revient à laisser le libre choix aux classes aisées concernant l’affectation de leur surplus de revenus non consommable : soit le destiner au paiement de l’impôt, soit le placer à rente pour financer la dette publique que leur renoncement au premier terme de l’alternative rend ipso facto nécessaire. Il suffit de formuler les choses ainsi pour anticiper que le relèvement des impôts sur les classes aisées sera toujours l’option repoussée aux dernières extrémités par les gouvernants européens.

Une fois exclu le volet recettes, si l’on renonce à relever l’impôt, l’Etat conserve la possibilité de tailler à la hache dans les dépenses publiques (et forcément dans la production de services collectifs) en réduisant les salaires, les retraites et le nombre des fonctionnaires, ou les commandes publiques. On en prend le chemin. Mais cela ne fera sûrement pas l’appoint. Par exemple, le non-remplacement en France d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite fait économiser à l’Etat 500 millions d’euros par an... à comparer aux 3 milliards d’euros de baisse de TVA accordée au secteur de la restauration (en année pleine), ou encore aux 25 milliards d’exonération de cotisations patronales que l’Etat doit (théoriquement...) compenser à la Sécurité sociale.

L’hypothèse d’un défaut de paiement
des dettes publiques ne constitue plus
un scénario totalement impossible

Si, en plus de ces cadeaux fiscaux, le produit de l’impôt continue de plafonner à cause d’une croissance médiocre, entretenue par un régime financier et globalisé profondément dépressionnaire, l’hypothèse d’un défaut de paiement des dettes publiques — pas seulement celle de la Grèce, mais aussi celles de l’Espagne, du Portugal, de l’Italie, de la France, du Royaume-Uni, du Japon ou des Etats-Unis — ne constitue plus un scénario totalement impossible. D’autant que, en la matière, ce n’est pas un examen rationnel de la situation financière de chaque Etat qui fera la loi mais bien plutôt l’idée que les prêteurs et les spéculateurs se font eux-mêmes de la situation. Or dès que ces acteurs s’entichent de la plausibilité d’un scénario-catastrophe (rien ne les délecte plus que les tendances permettant de faire des paris), ils déclenchent les mouvements de vente ou d’achat qui font advenir la tendance, haussière ou baissière, sur laquelle sont basés leurs paris. De ce fait, la hausse des taux d’intérêt sur les dettes publiques (ce qu’on appelle le « crash obligataire ») résulte largement d’une prophétie autoréalisatrice dont la conséquence tangible confirme leurs paris initiaux.

Pour les Etats, le moment précis où le seuil d’endettement et la charge critique des intérêts paraîtront atteints, ou au contraire sembleront évités, par l’effet boule de neige combinant le cumul des déficits et le relèvement des taux d’intérêt exigés, ne figure évidemment pas dans les manuels d’économie. Il dépend du seuil de tolérance social et politique qui permet de voir détruites sans réaction les capacités productives de l’Etat au bénéfice du paiement des intérêts privés de la dette. Avant que la coupe ne déborde, cela peut parfois prendre un « certain temps », selon le théorème de Fernand Raynaud. Mais jusqu’à quand ?

Une fois le seuil atteint, le défaut de paiement n’est plus très loin. Hormis un renflouement d’urgence du Fonds monétaire international (FMI) — ce qui serait une « humiliation », selon M. Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), évoquant le cas de la Grèce —, il ne reste plus que la possibilité d’un financement par création monétaire. L’économiste postkeynésien américain Thomas Palley suggère que la BCE devrait se doter d’un système de droits à refinancement monétaire d’une partie des dettes publiques. Ces droits à emprunter auprès de la BCE — de la monnaie créée à cette occasion — seraient octroyés aux pays de la zone euro sur la base de quotas annuels tenant compte de l’importance de chaque pays et de sa conjoncture (2). Cela créerait une sorte de « stabilisateur automatique ». En leur prêtant de l’argent à bas coût, l’institut dirigé par M. Jean-Claude Trichet agirait ainsi avec les Etats comme il le fit pour renflouer les banques en 2008 et 2009.

Une très modeste contribution
de la finance à la réparation
de ses propres dégâts

L’inconvénient de cette proposition (pourtant pertinente sur le fond) tient à ce que les statuts de la BCE ont précisément été conçus pour lui interdire de refinancer directement les Etats membres, afin de prévenir toute dérive budgétaire jugée « laxiste » — mais, là comme ailleurs, la méthode paraît manquer d’efficacité...

Il y a sûrement une autre piste. Sans vouloir usurper le rôle de conseiller du grand vizir, tenu avec profit par Goldman Sachs (3), les Etats européens pourraient obliger les banques exerçant sur leur territoire à refinancer les pays en difficulté. A mesure que les titres de dette arriveraient à échéance, elles seraient obligées de souscrire aux titres nouvellement émis. En se substituant aux rentiers trop près de leurs sous, elles feraient crédit à ces Etats sur la base d’un taux d’intérêt plafonné. Au fond, cet emprunt contraint ne ferait que forcer l’âne à boire un peu au-delà de sa soif — et de l’eau un peu plus salée, il faut en convenir.

Les institutions monétaires et financières de la zone euro détiennent déjà 1 000 milliards d’euros d’encours de prêts, sous forme de crédits faits aux collectivités publiques (Etats, régions, établissements publics, etc.) et 1 500 milliards sous forme d’acquisition de titres. Soit huit à dix fois le montant total de la dette publique grecque (4). Les établissements financiers, d’ordinaire avides de titres d’Etat autrefois réputés sans risques — autrefois, c’est-à-dire avant que les banques elles-mêmes ne fassent courir tous les risques à l’économie et aux Etats —, recevraient de la sorte la monnaie de leur pièce.

Réticence des rentiers
face à la perspective
de leur propre euthanasie

Au-delà de cette facilité, cette façon de faire présenterait plusieurs avantages. Elle permettrait à la BCE de camper sur son quant-à-soi, en ne se portant pas directement prêteuse, alors que la solution reviendrait finalement quelque part à cela. Car les banques, forcées d’acheter de la dette grecque ou autre, devraient se refinancer en partie auprès de la BCE en lui livrant en contrepartie des titres bien notés... parmi lesquels des titres de dette d’Etats membres de la zone euro, qu’elles possèdent déjà et qui sont régulièrement admis au refinancement par l’institut de Francfort (5) ? Rien d’impossible, donc, à tout cela.

Le deuxième mérite de la proposition est qu’elle instaurerait une sorte de réciprocité entre les banques et les Etats : ces derniers étant intervenus massivement pour sauver les premières, celles-ci auraient maintenant l’occasion de se montrer reconnaissantes en se portant à leur tour au secours des Etats (pour qui aime les fables morales...). Enfin, l’opération n’étant pas sans frais pour les banques, elle retournerait une partie de la facture de la crise financière à ses commanditaires. Sans forcer l’addition, d’ailleurs. Car si, comme l’admet le consensus des économistes, la crise financière explique la moitié du creusement des déficits publics (via le ralentissement de l’activité économique et les pertes de recettes fiscales qui s’ensuivent), le plafonnement des intérêts perçus par les banques serait une très modeste contribution de la finance à la réparation de ses propres dégâts.

Mais une telle mesure (qu’il faut raisonnablement situer à l’extrême centre droit de l’échiquier politique) aurait en définitive peu de chances d’aboutir, pour une foule de raisons assez éloignées de la logique économique : procédé jugé inflationniste et donc incompatible avec l’orthodoxie monétaire ambiante ; réticence des rentiers face à la perspective de leur propre euthanasie ; divergences d’intérêts entre les pays du nord et du sud de l’Europe, etc.

L’ultime phase pourrait alors être envisagée : celle de la répudiation de la dette. Les Etats se trouvant dans l’impossibilité de se financer, même à des conditions indécentes, ont ultimement le loisir de décider de se débarrasser d’une partie du fardeau, sans pour autant cesser d’être des Etats. L’ampleur du rabais peut alors être négociée avec les prêteurs (mais qui sont-ils et où sont-ils ?) ou imposée, soit sous la forme d’un abattement sur le montant nominal des titres de dette parvenus à échéance, soit encore en suspendant pendant quelques semestres (et sans espoir de rattrapage) le versement des intérêts dus. On conseillerait cependant, et volontiers, une fois parvenu à cette extrémité, de ne pas jouer « petit bras », et de répudier totalement la dette. Car quelle que soit l’ampleur du rabotage, il vaudra à son auteur la même réputation durable de mauvais payeur. Et comme la partie ne se rejoue pas cent fois, autant que ce soit pour un maximum de bienfaits.

En supprimant d’un coup sa dette, un Etat au bord de l’asphyxie retrouve immédiatement un bol d’oxygène conséquent, correspondant au montant annuel des intérêts versés à ses créanciers. C’est-à-dire presque de quoi reprendre une vie normale, si l’économie réalisée est à la hauteur de son déficit courant (6). Pour les prêteurs, le moment serait certes dur à passer : il consisterait en effet à payer d’une seule traite le montant des arriérés d’impôt qu’ils ont accumulés depuis vingt ans en préférant des gouvernements qui s’endettent auprès d’eux plutôt que des gouvernements qui lèvent l’impôt sur eux.

Laurent Cordonnier.

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Laurent Cordonnier

Economiste, auteur de L’Economie des Toambapiks et de Pas de pitié pour les gueux, Raisons d’agir, Paris, respectivement 2010 et 2000.

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(1) En 2003, les 20 % des ménages les plus riches, en France, épargnaient un tiers de leurs revenus, contre moins de 10 %pour l’ensemble des autres ménages. Source : « Comptes nationaux », Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), Paris, 2009 ; www.insee.fr

(2) « Euroland is being crucified upon its own cross of gold », par Thomas Palley, Financial Times Economists’ Forum, ft.com/economistsfor um, 10 février 2010.

(3) La banque d’affaires aurait joué sur trois tableaux : en aidant l’Etat grec à habiller la présentation de sa dette pour la faire coïncider avec les exigences européennes ; en conseillant Athènes sur les moyens de financer sa dette (explorant la piste chinoise… un bon moyen de signifier que la situation est désespérée) ; en prenant simultanément position à la hausse sur les contrats de risques de défaut (CDS) de la dette grecque. Face, je gagne, pile, tu perds !

(4) ECB Monthly Bulletin, Banque centrale européenne, Francfort sur-le-Main, janvier 2010.

(5) La BCE détenait pour 333 milliards de titres publics en décembre 2009 ; ECB Monthly Bulletin, janvier 2010.

(6) Selon une étude citée par CFO-news du 12 février 2010 (www.cfo-news.com), si les taux d’intérêt de la dette grecque grimpaient jusqu’à 8 %, et la dette elle-même jusqu’à 140 % du produit intérieur brut (PIB), la charge des intérêts en viendrait à représenter 9 % du PIB... soit bien plus que l’ampleur du déficit annuel sur lequel la Grèce peut tabler, une fois effacé le creux de la récession. Quel Etat pourrait renoncer à gagner 9 % du PIB sur son budget annuel et, du même coup, à redevenir en un tour de main un modèle de vertu budgétaire ? Réponse : un Etat néolibéral.

 

http://www.monde-diplomatique.fr/2010/03/CORDONNIER/18883

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Published by valenton rouge - dans Monde
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