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Thierry MENGUY

 


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une avocate

au service

du salarié

 

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  94430 Chennevières-sur-marne
 Téléphone : 01.49.62.04.45
 Fax : 01.45.76.13.17
 verrier.ouahmane@wanadoo.fr





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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 11:58

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EN LIBRAIRIE


Avant propos de Jean-François BÈGE


Jean-François BÈGE, éditorialiste et directeur de la rédaction du quotidien Sud Ouest à Paris de 1988 à 2003 a été pendant onze ans président de la presse accréditée auprès du Premier ministre

I. La Bible et le Capital

II. Au coeur de l’appareil d’État

III. Éloge de la décomposition

IV. Héritage et engagement

V. Le retour du citoyen

 

Entretien avec Jean-François Bège, 192 pages, 18 euros.

Acteur et témoin de la vie politique française de la Ve République, Anicet Le Pors revient dans cet ouvrage, sur son parcours d’économiste, parlementaire, ministre et conseiller d’État. Il répond avec franchise aux questions du journaliste Jean-François Bège et présente sa pensée à travers le récit d’évènements et d’expériences.
Il confie son attachement au pays des abers où plongent ses racines bretonnes et il évoque les rêves qui ont déterminé ses engagements dans le syndicalisme et la vie politique.
Il raconte son enfance catholique, sa découverte de Karl Marx après Teilhard de Chardin, son militantisme au sein du parti communiste, de l’engagement à la rupture.
Proche de Georges Marchais, écouté par François Mitterrand, Anicet Le Pors retrace sa carrière et analyse avec rigueur les causes du déclin du communisme et les insuffisances du débat politique actuel. Plus intéressé par l’avenir que par le passé, il se penche sur le futur de la citoyenneté, de la fonction publique, des territoires et des institutions dans le contexte de la mondialisation ainsi que sur son rôle de juge du droit d’asile. Une belle invitation à la réflexion.

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 11:55

 

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Actu France-Soir 

 

Etre un élu apparenté communiste n'empêche pas de jouer en bourse... pour la bonne cause. Le député Jean-Pierre Brad a ainsi acheté des actions pour se faire entendre contre la spéculation.

L'initiative est cocasse. Un député apparenté PCF qui achète des actions en bourse, cela sonne faux. Sauf que les « achats » entrepris par Jean-Pierre Brard, député de Seine-Saint-Denis, le sont pour attirer l'attention sur la spéculation boursière. « J'ai acheté une action GDF, une action Air France et une action Renault pour porter la parole de la Nation face à la spéculation dès les prochaines assemblées générales des actionnaires », a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse sur les propositions du groupe communiste contre la crise économique.

Mais le député ne se contente pas de lutter contre la spéculation. Il a également indiqué qu'il se rendrait dès la fin de semaine à Athènes « pour envoyer un message solidarité à nos camarades grecs ». Concernant la crise qui touche la péninsule hellène, Jean-Pierre Brard a ouvertement demandé à l'Allemagne de payer « leurs dettes de guerre à la Grèce ». Une dette qu'il estime à hauteur de 50 milliards d'euros et qu'il avait déjà revendiqué lors du débat à l'Assemblée nationale sur le collectif d'aide à la Grèce il y a dix jours.

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 11:30

 

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« Nous vivons une drôle d’époque... On a l’impression d’une espèce de vague qui nous surplombe, nous écrase et qui est en train de déferler. » Le politiste Bernard Lacroix pourrait ainsi résumer le désarroi de syndicalistes, d’intellectuels, d’élus ou de citoyens confrontés aux restructurations de l’Etat (1).

Les réformes se succèdent apparemment en ordre dispersé ; la technicité les rend opaques ; leurs effets ne sont perçus qu’après coup, lorsque, les décrets d’application adoptés, arrive leur mise en pratique. Et pourtant, derrière ce brouillard, une mobilisation sans précédent est à l’œuvre pour fabriquer un Etat réduit dans sa surface et renforcé dans ses structures de commandement.

La compression du format de ce dernier s’exprime de manière particulièrement radicale dans la révision générale des politiques publiques (RGPP). Lancée en conseil des ministres, le 20 juin 2007, celle-ci accélère (et met en cohérence) les entreprises antérieures enserrant l’activité publique dans des impératifs budgétaires, fixés a priori. Six mois plus tard seulement, quatre-vingt-seize mesures programment fusions, regroupements et suppressions de services d’Etat. Dès octobre 2007, les hauts fonctionnaires de la chancellerie, nonobstant leurs réticences, modernisent à marche forcée la carte judiciaire et projettent que, au 1er janvier 2011, cent soixante-dix-huit tribunaux d’instance et vingt-trois tribunaux de grande instance seront supprimés, au nom de l’« efficacité ». L’éducation nationale ferme les collèges de moins de deux cents élèves, jugés trop coûteux. Conformément aux souhaits de son ancien ministre, M. Claude Allègre, elle « dégraisse le mammouth » et élimine plus de quinze mille postes d’enseignant par an (2).

Dans la dénégation,
par étapes ou par contournement

Aucun ministère, d’ailleurs, ne prend le risque de demeurer hors jeu. Chacun cherche au contraire à disposer d’un coup d’avance en matière de « rendu d’emplois », nouvel impératif catégorique d’un Etat proclamé « en faillite » par le premier ministre François Fillon en septembre 2007. Au ministère de l’intérieur, préfectures et sous-préfectures subissent une cure d’amaigrissement. Les concours de police nationale prévus en septembre 2009 ont été annulés, et huit mille postes budgétaires seront supprimés d’ici à 2012  (3). Ministère voisin mais rival, la défense avait précédé le mouvement : fermetures de casernes et liquidation de quarante-cinq mille emplois avant 2014. Le ministère de la santé condamne les maternités des hôpitaux publics, considérées comme trop onéreuses à moins de trois cents accouchements par an, et impose un seuil de mille cinq cents actes annuels, pour les services de chirurgie. Des dizaines de consulats disparaissent au ministère des affaires étrangères, et celui de la culture restructure les archives nationales. Les finances « rationalisent » à tous niveaux leurs services.

La compression de l’Etat s’accompagne de transferts d’activités publiques vers le privé, sorte de vente à la découpe des entreprises publiques. Ces privatisations s’opèrent dans la dénégation, par étapes ou par contournement. Elles épousent les anticipations de rentabilité financière des acquéreurs, mais aussi l’histoire de ces secteurs, avec leurs luttes passées et le statut spécifique de leurs salariés. Les tempos différents des réformes de France Télécom et de La Poste l’illustrent. Des mécanismes proches déterminent les trajectoires de Gaz de France (GDF) et d’Electricité de France (EDF), ou de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF).

Le retrait de l’Etat débute à chaque fois par la séparation structurelle des branches de l’entreprise publique. Ainsi, la dissociation des « postes » et des « télécommunications », en 1990, démarque le segment d’activité à « ouvrir à la concurrence ». Déjà, les télécoms apparaissaient, en effet, comme une activité à haute rentabilité, à l’inverse du secteur postal, qui nécessite une importante main-d’œuvre (4), connue de surcroît pour sa combativité syndicale. Le transfert vers le privé s’opère rarement de front, plutôt par glissement. Ce qui concourt à son efficacité, chaque étape étant vécue comme un prolongement normal de la précédente. La première ouverture du capital de France Télécom a ainsi lieu en 1997, la deuxième en 2000. Et, malgré l’investissement de 78 milliards d’euros pour renflouer le déficit de l’entreprise (dû à l’éclatement de la bulle spéculative autour d’Internet et des téléphones mobiles), l’Etat passe en 2004 sous le seuil des 50 % du capital, puis sous la barre du tiers — qui constitue la minorité de blocage — en 2005.

La grève massive des personnels en 1994 avait formellement permis le maintien de leur statut de fonctionnaire. Il n’empêche : graduellement, mais en continu, l’entreprise publique devient firme privée dans son organisation : mobilité obligée, management par objectifs et harcèlements qui vont avec d’incessantes restructurations des services, des compressions de personnel (vingt-deux mille emplois en moins de 2005 à 2008), l’intensification du travail, etc. Les techniciens de l’électronique doivent se reconvertir en vendeurs de services. Mise en concurrence avec Bouygues, SFR, Cegetel ou Free, l’entreprise, qui avait hier mission d’équiper le pays en réseaux de télécommunications et d’aménager ainsi le territoire, ne retient plus qu’impératifs de profits et retours sur investissement.

A La Poste ou à la SNCF, la découpe du service public prend une forme différente. Le transfert d’activité vers le privé, plus lent, plus insensible, est réalisé par morcellement (filialisation et délégation au privé) suivant les types de missions. Mme Hélène Adam, du syndicat SUD-PTT, restitue la mécanique : « L’ouverture à la concurrence se fait d’abord en fonction du poids des objets à distribuer. Le colis est le premier à être ouvert à la concurrence, et FedEx ou DHL pénètrent les marchés domestiques en imprimant leur style purement commercial. La garantie, la vitesse, tout se paye comptant. La Poste crée sa filiale Geopost pour s’aligner et gérer selon les mêmes critères de rentabilité pure. La forme juridique choisie est celle d’une holding dirigée par l’un des directeurs de La Poste [le directeur de la branche colis et logistique]. La holding “chapeaute” plusieurs filiales, dont Chronopost ; dix-neuf mille agents sont employés des filiales de la holding Geopost, tandis que sept mille sont restés à la maison mère dans la branche correspondante. Le deuxième secteur “rentable”, les services financiers, est lui aussi déjà filialisé par l’intermédiaire de la création d’une holding, La Banque postale, qui s’aligne sur les activités de n’importe quelle banque. »

A Pôle emploi, le mode opératoire est proche. Faute d’embauche d’agents publics, le suivi de trois cent vingt mille demandeurs d’emploi a été délégué à des cabinets de recrutement (Sodie) ou à des agences d’intérim (Manpower). C’est aussi par l’organisation d’un mélange entre salariés de statuts divers (publics et privés) qu’imperceptiblement s’effectuent les privatisations. « Le personnel de La Poste, rappelle Mme Adam, est de plus en plus précarisé et divisé entre agents publics et salariés sous contrats privés des multiples filiales très cloisonnées par l’intermédiaire des holdings. Le recrutement de fonctionnaires a cessé en 2002. Pas celui de salariés de droit privé [en contrat à durée indéterminée ou déterminée]. L’effet ciseau, avec le vieillissement des fonctionnaires et leur retraite, joue à plein. En 2003, La Poste comptait 315 364 agents : 200 852 fonctionnaires, 114 512 agents de droit privé. En 2008, sur 295 742 employés, elle compte 152 287 fonctionnaires et 143 455 salariés privés. Cette année les deux statuts feront jeu égal. » La privatisation de La Poste est déjà engagée. Elle précède, de beaucoup, la loi qui ouvrira son capital — et qui, par élargissements successifs, finira par la transformer officiellement en société anonyme.

Les moyens alloués
ne couvrent pas
les charges transférées

Enfin, il ne faudrait pas oublier le transfert de charges vers les collectivités territoriales. La décentralisation de 1982, et son acte II, impulsé dès 2002 par le premier ministre Jean-Pierre Raffarin — qui la qualifiait de « mère de toutes les réformes » —, ont donné aux élus locaux nombre de compétences nouvelles : formation professionnelle, transports, gestion des locaux et des personnels techniques, ouvriers et de service (TOS) des lycées et collèges, action sociale relèvent désormais largement des conseils généraux et régionaux. Sans, bien souvent, que les moyens alloués par l’Etat couvrent l’ensemble de ces missions. Comme l’indique M. Gilles Garnier, président du groupe communiste du conseil général de Seine-Saint-Denis, « on a considéré que, sur un certain nombre de droits, comme le revenu minimum d’insertion [RMI], les compteurs s’arrêtent le jour du transfert. Le 1er janvier 2004, tous les allocataires du RMI devaient être payés par la collectivité territoriale, avec bien sûr les sommes afférentes, mais tout nouvel allocataire devient un allocataire départemental, qu’il faut financer ».

La vice-présidente Verte du conseil régional d’Ile-de-France, Mme Francine Bavay, fait la même observation pour la formation sanitaire et sociale : « Dix millions d’euros sur un budget de 160 millions n’ont pas été couverts. Et nous en sommes là après trois années de discussion pied à pied, de réévaluation des masses transférées et de quatre recours. De facto, nous n’avons obtenu que le maintien de l’existant. » Et l’élue de conclure que la motivation de la réforme « n’est pas d’essayer de rendre les institutions plus innovantes ou plus proches des ayants droit. Il s’agit de limiter l’engagement public d’Etat ».

Resserrer les chaînes
de commandement

Ce rétrécissement multiforme de la surface de l’Etat s’accompagne d’un mouvement moins visible de « caporalisation » de l’action publique : renforcement des hiérarchies et du contrôle pesant sur les agents du service public, et resserrement des chaînes de commandement. Imposer politiquement de nouvelles priorités aux institutions n’a rien de facile. On peut nommer des hommes de confiance à la tête des administrations — les gouvernements ne s’en privent pas — mais sans garantie de l’effectivité des mesures prises. Car les agents chargés de les mettre en œuvre les retraduisent, les aménagent, les adaptent aux routines professionnelles (5). Certaines élites sectorielles font même de la résistance. Médecins, universitaires, magistrats ou ingénieurs arguent ainsi qu’ils connaissent peut-être mieux que leur ministre les priorités de leur champ d’activité. Il en va de même pour une partie des inspecteurs généraux. Issus des administrations dans la tourmente et, par fonction, avocats des réformes, ils y introduisent néanmoins des nuances, des médiations qui atténuent la radicalité des projets initiaux.

Une situation inadmissible pour les responsables politiques qui sont à leur origine. Mais aussi pour les hauts fonctionnaires du ministère des finances qui, depuis des années, tentent d’imposer une nouvelle définition de l’intérêt général réduite au maintien des « équilibres financiers », face aux revendications de ceux qu’ils nomment avec mépris les ministères « dépensiers » (6). Jusqu’alors, leur zèle était partiellement contrarié par les règles de fonctionnement de l’administration qui protégeaient certaines plages d’autonomie. Ils ont donc accueilli avec enthousiasme les projets politiques qui mettent au pas les anciennes structures collégiales de décision, et nomment à cette fin des gestionnaires dotés de pouvoirs élargis.

C’est le cas à l’hôpital. A la tête des nouvelles Agences régionales de santé (ARS), se trouve maintenant un véritable « préfet sanitaire », désigné en conseil des ministres, responsable de toute la chaîne de soins au niveau de la région. Dans la première version de la loi « Hôpital, patients, santé et territoires », votée en juillet 2009, il pouvait même choisir les directeurs d’hôpitaux et les révoquer à tout moment. Ces derniers se sont mobilisés avec succès pour faire amender le texte sur ce point. Tout en prenant bien soin de renforcer leur propre autorité au sein des établissements... La loi élargit ainsi leur pouvoir pour fixer des objectifs et gérer les personnels, conformément aux vœux de M. Nicolas Sarkozy qui souhaitait donner « un patron et un seul à l’hôpital ». Ce qui ne facilite pas le dialogue. Comme l’indique le professeur André Grimaldi, chef du service de diabétologie à l’hôpital Pitié-Salpêtrière : « Avant, on était dans une logique de cogestion. Le directeur devait associer les médecins à ses décisions. Là, c’est fini, ils n’auront rien à dire »

Une reprise en main
des secteurs jouissant
d’une relative autonomie.

Dans l’enseignement supérieur, le mouvement est étonnamment semblable. La loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), qui instaure l’« autonomie », affaiblit tout pouvoir collégial. « Avec les réformes — celle avortée de 2003 et celle de 2007 —, on est dans le cadre d’une gestion managériale autoritaire », explique le sociologue Frédéric Neyrat. La loi donne aux présidents, qui y sont pour l’essentiel favorables, des pouvoirs considérables face à leurs pairs universitaires. Ils peuvent notamment recruter des fonctionnaires ou des contractuels, ou casser les décisions collectives des commissions et des conseils de l’université.

Une même dynamique est à l’œuvre dans la justice. Au parquet, d’abord, avec la loi du 9 mars 2004 qui place les procureurs sous l’autorité hiérarchique de leur ministre, conférant à ce dernier un pouvoir d’intervention et d’orientation de la procédure dans chaque affaire. Chez les juges du siège ensuite, dont il s’agit de limiter l’indépendance par la « mobilité ». S’ils ne peuvent être mutés géographiquement, ils peuvent se voir affectés à des fonctions diverses en fonction des impératifs de gestion du tribunal. Comme le rappelle le magistrat Gilles Sainati : « Un juge de la liberté et de la détention dont la jurisprudence apparaîtrait trop “laxiste” en regard des normes préfectorales de reconduite à la frontière des étrangers pourra sans difficultés être renvoyé aux affaires familiales ou aux tutelles »... Pour couronner l’édifice, depuis 2009, les magistrats sont minoritaires au sein du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), chargé de leur nomination et de leur discipline, face à des personnalités extérieures, désignées par l’Elysée et par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Ce renforcement du contrôle passe également par la reprise en main de secteurs qui jouissaient d’une relative autonomie. Ce que relève M. Noël Daucé, secrétaire général du Syndicat national unitaire de Pôle emploi, qui parle d’« étatisation » pour décrire la fusion entre l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) et des Associations pour l’emploi dans l’industrie et le commerce (Assedic) dans le nouvel ensemble Pôle emploi, en janvier 2009. L’ANPE était un établissement public à caractère administratif, l’Unedic — qui chapeaute les Assedic — une association de droit privé, gérée paritairement par les organisations patronales et syndicales. Le regroupement au niveau local des deux structures renforce largement le poids des acteurs étatiques.

Le conseil d’administration de Pôle emploi comprend cinq représentants de l’Etat et deux personnalités qualifiées choisies par le ministre, aux côtés des cinq membres représentant les employeurs et des cinq délégués des salariés (7). Quant au délégué général — actuellement M. Christian Charpy, membre du cabinet du premier ministre de 2003 à 2005, puis directeur de l’ANPE —, il est nommé directement par le gouvernement, l’avis du conseil restant consultatif. On pourrait également citer le cas de la gestion des fonds du 1 % logement — dont on pouvait certes critiquer l’opacité —, mais qui échappe aujourd’hui largement aux partenaires sociaux, pour passer sous tutelle de l’administration.

Les candidats à ces nouveaux postes de manager public ne manquent pas. Pour y accéder, sont déterminants les liens personnels avec le prince ou ses conseillers — qui par là se constituent une clientèle d’obligés. Ces nominations ne sont pas seulement rétributions symboliques : primes, salaires indexés sur les « objectifs » viennent compléter ou remplacer les grilles indiciaires de la fonction publique.

Sous des formes et des temporalités variables, ce double mouvement de réforme de l’Etat (compression, privatisation, délégation et transfert de compétences d’une part ; étatisation et renforcement du contrôle de l’autre) affecte à un titre ou un autre l’ensemble des services publics. Au nom de la « performance », érigée en nouveau fétiche de l’action publique.

« On a oublié que l’hôpital
soignait les pauvres »

Une telle volonté de contrôler les administrations n’est pas nouvelle. Le Parlement, la Cour des comptes, l’inspection des finances s’y emploient depuis longtemps. Mais ce n’est que récemment que des « indicateurs de performance » ont pris le pas sur toute autre considération. En l’espèce, la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), votée en 2001, signe plus que toute autre le triomphe des conceptions des hauts fonctionnaires du ministère des finances, convertis aux idées managériales (8). La LOLF impose un pilotage stratégique des administrations, avec des objectifs à atteindre et des indicateurs à renseigner. Les fonctionnaires chargés de l’action publique doivent présenter un projet annuel de performance (PAP) dont ils sont responsables (9).

Dans les faits, toute activité est réduite à une logique comptable, proche des bilans financiers des entreprises. Ce que résume le professeur Grimaldi pour l’hôpital : « On a créé artificiellement l’idée qu’il existe des patients rentables et non rentables. Qu’est-ce qui est rentable ? Au fond, ce qui est facilement quantifiable, numérisable, vendable. Ce sont les procédures techniques, de gravité moyenne, programmables, chez des gens qui n’ont pas de problèmes psychologiques et sociaux. La cataracte simple, faite en série. Et qu’est-ce ce qui n’est pas rentable ? Tout ce qui est dans la complexité : la pathologie chronique, le sujet âgé, les facteurs psychologiques et sociaux. (...) On a simplement oublié que l’hôpital soignait les pauvres et les cas graves... »

Les accommodements de cet idéal gestionnaire sont connus. Si les personnels d’encadrement consomment beaucoup de leur temps et de leur énergie pour remplir les indicateurs, ils apprennent aussi à les domestiquer. Comme le signalait ce haut responsable policier lors du 32e congrès du Syndicat des commissaires et hauts fonctionnaires de la police nationale (SCHFPN), à Montluçon en 2003 : « Le risque évident est de présenter une copie “propre”. On ne triche pas avec les chiffres, mais on devient malin. » Ainsi, pour faire baisser la délinquance enregistrée et augmenter les taux d’élucidation, qui constituent les priorités du PAP de la police nationale, l’imagination des agents est débordante : refus de prendre les plaintes, renvoi du plaignant d’un commissariat à l’autre, regroupement ou requalification des faits constatés, concentration de l’activité des services sur les délits les plus « rentables » statistiquement (les stupéfiants ou les étrangers)  (10). La contrainte de la production de « bons » chiffres dépasse la police. Elle s’est imposée à tous les niveaux de la hiérarchie du service public.

Au quotidien,
le métier devient impossible

Revenir à l’histoire fait saisir l’ampleur de cette modernisation managériale. En Europe occidentale, le développement de l’administration a été la condition de la naissance d’une raison d’Etat distincte de celle du monarque. On est ainsi passé d’une gestion privée et personnelle des affaires publiques (la Maison du roi) à celle, collective et impersonnelle, des administrations. La construction de l’Etat moderne s’appuya sur l’émergence d’une vision du service public comme activité « désintéressée », orientée vers des fins universelles (11). Or c’est précisément cette représentation des fonctions de l’Etat qui est au centre des tirs. Avec les redéfinitions des métiers — que ce soit aux impôts, avec les conseillers des agences pour l’emploi, parmi les enseignants ou ailleurs — se défait le rapport à des professions hier vécues comme « service rendu ». Bien des fonctionnaires vivent désormais leur fonction douloureusement, dans une situation de porte-à-faux qui enveloppe toute leur activité professionnelle. Le sens de sa tâche (et de soi-même l’accomplissant) entre en contradiction avec les nouveaux critères d’évaluation. Quotidiennement, le métier devient mission impossible dans les relations aux usagers. L’épuisement professionnel qui s’ensuit est incompatible avec les diverses formes de « management par objectifs ».

Reste la fuite : suicides, tentatives de suicide, arrêt-maladie, psychotropes chez les agents soumis à la « culpabilité du chiffre ». « On vient au boulot chaque matin à reculons. Les discussions entre collègues tournent autour de la retraite, combien de temps te reste-t-il à tirer ? », confie M. Pierre Le Goas, du service des impôts des particuliers de Lannion (12). Reste l’effondrement. « Les ambiances sont tellement tendues, avec l’augmentation de la charge de travail, que les agents pleurent sur les sites », témoigne Mme Delphine Cara, responsable vendéenne du SNU-Pôle emploi (13).

Mais la « modernisation » de l’Etat entre dans les faits, car elle s’immisce dans les actes les plus anodins des employés du secteur public. Parce qu’indépendamment des sacrifices, des souffrances, du déboussolement et des tensions, les salariés qui la subissent n’ont d’autre choix que d’y participer et de la mettre en œuvre à tout instant. En l’habitant à leur manière. En s’en accommodant. Mieux : ils trouvent d’eux-mêmes les meilleures façons de faire, afin que tiennent des situations intenables, malgré la surcharge de travail. Entre autres, parce que subsiste de l’état antérieur des métiers d’Etat une forme de dévouement hier constitutif de la « mission de service public ». Ce qui pousse, cas parmi tant d’autres, Marie-Jo, du Pôle emploi de Nice, à sauvegarder ses fichiers professionnels sur sa clé USB personnelle, pour les regarder à la maison. Survivent encore les façons auparavant apprises d’accomplir son devoir, « lorsqu’on avait des gens, pas des dossiers », commente Françoise, du Pôle emploi de Grasse (14).

Plaire au ministre,
au chef de cabinet, au président

En matière de démantèlement de l’Etat, l’efficacité tient à ce paradoxe : la situation antérieure d’accomplissement du service public — la relation au métier, les dispositions sociales (de dévouement, d’implication) constitutives de celle-ci — permet l’application des réformes qui détruisent les formes habituelles de son exercice et les raisons de s’y impliquer.

Cette transformation ne peut donc être réduite à la mobilisation des noblesses d’Etat qui la promeuvent et s’en font gloire, de plaquettes d’instructions en bilans satisfaits. Bien sûr, les compétitions « pour plaire » — au ministre, au chef de cabinet, au président de la République — et les rivalités qui les traversent, de même que leur incessante circulation du public au privé et inversement, y contribuent.

Mais l’avènement d’un Etat manager résulte aussi, chaque jour, de l’activité incessante et cumulée des milliers d’agents publics, qui peut-être n’en veulent pas, mais qui, réalisant leur métier, quoi qu’il en coûte, « font avec », et l’intègrent comme ils peuvent aux « choses à faire ».

Certes, les protestations abondent. Magistrats, avocats, greffiers se sont mobilisés contre la carte judiciaire. Près de quarante-six mille salariés de Pôle emploi étaient en grève en octobre 2009. Les enseignants du supérieur ont longuement refusé la réforme de leur métier. Les médecins hospitaliers défilaient au printemps pour sauver l’hôpital public. Les professeurs du primaire et du secondaire multiplient les journées d’action. Mais, dans leurs soucis professionnels, dans leurs patrimoines (économiques et culturels), dans leurs origines sociales et leurs façons d’agir (même pour se mobiliser), les professeurs de médecine ne sont pas des postiers, des conseillers pour l’emploi, des greffiers ou des policiers. Comment les uns se soucieraient-ils des autres, spontanément, et a fortiori pratiquement ?

Personne ne semble alors pouvoir soutenir personne, ce qui alimente le sentiment général d’écrasement. Or c’est précisément des confrontations nouvelles qu’elle installe (entre usagers et agents publics, et entre agents publics de différents niveaux et de différents services) que cette vague de transformation tire sa force. Et de leur dissimulation. En restituer les mécanismes dans leur ensemble, c’est déjà les contrarier et signifier qu’est en jeu la défense d’un modèle de civilisation.

Laurent Bonelli et Willy Pelletier.

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Laurent Bonelli et Willy Pelletier

Respectivement auteur de La France a peur. Une histoire sociale de l’« insécurité », La Découverte, Paris, 2008 ; et sociologue, coordinateur général de la Fondation Copernic.

(1) Cet article reprend les grandes lignes d’un colloque intitulé « L’Etat démantelé », organisé par Le Monde diplomatique et la Fondation Copernic à l’Assemblée nationale en juin 2009. Les interventions auxquelles il est fait référence seront publiées dans un ouvrage à paraître aux éditions de La Découverte au printemps 2010.

(2) Avec, conjointement, l’allégement du nombre d’heures de cours dispensées aux élèves, l’accroissement de la taille des classes, le non-remplacement des professeurs absents et l’incitation à ne pas inscrire les enfants en maternelle avant 3 ans.

(3) Le Figaro, Paris, 17 août 2009.

(4) La Poste comptait trois cent mille agents, quasiment tous fonctionnaires en 1991.

(5) Cf. notamment Vincent Dubois, La Vie au guichet. Relation administrative et traitement de la misère, Economica, Paris, 2003.

(6) Sur les politiques volontaristes d’assèchement des recettes de l’Etat comme levier de réforme, cf. Sébastien Guex, « La politique des caisses vides. Etat, finances publiques et mondialisation », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 146-147, Paris, mars 2003.

(7) Loi no 2008-126 du 13 février 2008 relative à la réforme de l’organisation du service public de l’emploi. Le conseil comporte également un représentant des collectivités territoriales.

(8) Cf. Philippe Bezes, Réinventer l’Etat. Les réformes de l’administration française (1962-2008), Presses universitaires de France, Paris, 2009, p. 451-455.

(9) L’ensemble des PAP est accessible sur « Le forum de la performance ».

(10) On trouvera une liste étoffée de ces pratiques dans l’ouvrage de Jean-Hugues Matelly et Christian Mouhanna, Police. Des chiffres et des doutes, Michalon, Paris, 2007.

(11) Pierre Bourdieu, La Noblesse d’Etat. Grandes écoles et esprit de corps, Editions de Minuit, Paris, 1989, p. 544.

(12) L’Humanité, Paris, 21 octobre 2009.

(13) Le Monde, 22 octobre 2009.

(14) L’Humanité, 20 octobre 2009.

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 11:27

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Cela fait quatre mois qu’un violent séisme a dévasté Haïti, temps suffisant pour que la situation dans le pays le plus pauvre du continent ait disparu des manchettes des grands journaux et des transnationales de l’information donnant ainsi lieu à ce qui est peut-être la principale tragédie historique du peuple haïtien : le silence, la solitude et l’indifférence.

A l’exception des pays membres de l’ALBA, l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique dont plusieurs, comme cela est le cas de Cuba, apportaient leur collaboration à Haïti bien avant la catastrophe, presque tous ont d’ores et déjà quitté Port-au-Prince et rares sont les autres pays qui, comme des îles dans une mère de désolation, maintiennent leur engagement solidaire.

C’est fini les beaux discours et les visites de luxe et il n’y a, dans le Fonds International pour la Reconstruction, ouvert dans la Banque Mondiale, qu’un chèque de 55 millions de dollars, remis par le gouvernement du Brésil, le premier à faire un apport monétaire.

C’est un grain de sable dans le désert si l’on prend en considération le fait que rien que pour reconstruire ce qui a été détruit et faire revenir le pays à l’état où il se trouvait avant le séisme, on a besoin de 14 millions de dollars, selon des calculs de la Commission Economique de l’ONU pour l’Amérique Latine et les Caraïbes, la CEPAL.

Le violent tremblement de terre a causé de graves dégâts à l’infrastructure, mais il a endommagé aussi de façon sévère le tissu social d’Haïti : plus de 200 000 morts, des dizaines de milliers de blessés dont beaucoup mutilés qui ont survécu mais qui auront besoin d’un suivi spécial permanent et plus d’un million de sinistrés.

À compte goutte, à cause du manque de machines lourdes, les décombres disparaissent des rues, mais seules quelques familles aisées ont commencé à reconstruire, tandis que les autres familles restent sur les places et les camps de tentes aménagés pour les accueillir.

La reprise des cours dans les établissements scolaires est la seule chose qui a changé ces 120 derniers jours mais cette mesure a plutôt des objectifs prophylactiques à cause du manque d’établissements et d’enseignants qui ont également été affectés par le désastre.

Tout reste en l’état ou pire peut-être : un très grand nombre de personnes en proie à une faim chronique dont les besoins se sont multipliés soudain juste quand des signes positifs étaient perceptibles dans l’économie du pays.

Bien que la Secrétaire Exécutive de la CEPAL, Alicia Bárcena, ait lancé un appel en février à transformer Haïti en un modèle de reconstruction à travers une combinaison stratégique d’investissements publics et privés pour obtenir le développement, il n’y a encore aucun signe de la réalisation de ce projet.

Les espoirs, puisqu’il y en a toujours, sont fondés sur le Sommet Mondial sur la Reconstruction qui se tiendra en juin en République Dominicaine. Une réunion préparatoire aura lieu ce vendredi.

Il se peut qu’alors le gigantesque mouvement qu’a éveillé la tragédie se revitalise car il a été érodé au fur et à mesure que les jours passaient jusqu’au moment où les yeux et le cœur d’une bonne partie du monde se sont éloignés de ce coin des Caraïbes, guidés par ceux qui manipulent les informations et qui établissent les priorités en la matière.

On n’aura jamais assez répété, car ce sont des exemples à imiter, que l’aide de Cuba, du Venezuela et d’autres pays frères de l’Amérique Latine se maintient et s’élargit. Mais elle est insuffisante face à l’ampleur des besoins.

Sortir Haïti du retard et de l’opprobre et le ramener au 21e siècle avec toutes ses opportunités et potentialités exige des efforts concertés de la part de la communauté internationale qui a contracté une dette envers le peuple haïtien, historiquement laissé pour compte plongé dans sa misère et sa douleur dont nous sommes tous un peu responsables.

Par cuba si lorraine

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 22:36

 

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Dans l’océan de désinformation qui prévaut en ce qui concerne les deux conflits actuels, en Irak et en Afghanistan, chaque semaine amène son lot de nouveautés. La dernière en date est double : d’un côté l’annonce de l’arrestation de deux "chefs talibans", un type d’annonce tonitruante à laquelle le Pentagone et la CIA nous ont habitué, et celle de l’arrivée sur le marché d’un nouvel homme, remplaçant de l’un des deux, et présenté dans la presse américaine comme une sorte de Superman Taliban. Décrit comme un acteur d’Hollywood, et vite auréolé d’exploits que visiblement il n’a pas commis. Qui est donc ce nouveau Zorro à turban noir, c’est que je vous propose de décrypter aujourd’hui.

Revenons-en donc à cette nouvelle d’il y a quelques semaines : à grand coups de trompette médiatique, le Pentagone annonçait la capture de deux "chefs talibans". On avait déjà eu, les mois qui précédaient, treize fois le coup des "top leaders" arrêtés, le plus souvent des sous-fifres, pour rester un peu sur nos gardes. Et puis non, cette fois, il s’agissait bien de membres un peu plus importants du mouvement, "capturés", nous apprenait-on, par l’armée américaine. Superbe prise de guerre, de la taille des exploits survenus lors de la "bataille de Marjah" sur laquelle nous reviendrons bientôt. Mullah Abdul Salam et Mullah Abdul Ghani Baradar étant les noms des des deux capturés, le premier étant le "gouverneur" taliban de la province de Kunduz, restée célèbre pour deux évènements particuliers. Le massacre d’une bonne centaine de civils, enfants compris, lors de cet incroyable bombardement de camion d’essence par l’Otan sous responsabilité allemande. Et cette rumeur persistant de l’arrivée, lors de combats, de talibans débarqués d’hélicoptères MI-8 appartenant à la police ou à l’armée afghane, à moins que ce ne soient ceux des "special ops" US, dont on a déjà décrit l’histoire ici-même. En tout cas, une vieille rumeur tenace de mic-mac... toujours dans le même secteur d’Helmand-Kunduz. Une rumeur soutenue par Hamid Karzaï en personne !   "Dans le district de la province de Baghlan, à Baghlan-e-Markazi, les résidents ont été témoins d’une bataille le mois dernier dans laquelle ils affirment que deux hélicoptères étrangers avaient livré les combattants talibans qui ont ensuite attaqué leur centre de district. "J’ai vu les hélicoptères de mes propres yeux", a déclaré Sayed Rafiq de Baghlan-e-Markazi."Ils ont atterri à proximité des contreforts et des dizaines de talibans débarqués avec des turbans, et enveloppés dans des patus (les châles typiques afghans)" nous dit Asia Times : étrange vision à vrai dire. Une étrange livraison, vu par plusieurs personnes et confirmée par des responsables locaux. " Le commandant Amir Gul, gouverneur du district de Baghlan-e-Markazi, a insisté sur le fait que les combattants talibans avaient été livrés par hélicoptère. Je ne sais pas à quel pays appartenaient les hélicoptères", a-t-il déclaré à Institute for War & Peace Reporting. "Mais ce sont les mêmes hélicoptères qui emportent les talibans d’ Helmand, à Kandahar, et de là vers le nord, en particulier à Baghlan"... Etrange action, celle signée manifestement par les Forces Spéciales US, dont le look extérieur est aussi celui de talibans. On sait que certains d’entre eux, retournés, sont aussi utilisés, distingués par un ruban jaune...   Etrange situation, en effet, si on en revient au premier annoncé comme "capturé" : Mullah Abdul Salam, qui faisait la une des journaux anglais en janvier 2008... pour quelle raison, me direz-vous ? Parce qu’il désirait négocier la paix, pardi ! Etonnante redécouverte !!! Et autre redécouverte : le diplomate anglais avec qui il discutait était bien celui que Karzaï avait fait virer !!! Il avait en effet été approché par Michael Semple, un diplomate Irlandais travaillant pour l’Union européenne à Kaboul (et par Mervyn Patterson, d’Irlande également). Semple, un vétéran parlant couramment le pashtoune expulsé en décembre 2007 par le Gouvernement de Kaboul pour avoir pris des contacts directs avec les talibans ! Les contacts duraient donc depuis deux années au moins maintenant en 2010... et Mullah Abdul Salam, aujourd’hui "dangereux chef taliban",  "top leader" était bien prêt à se rendre.... mais visiblement pas à Karzaï !!! N’est pas "modéré" qui veut ? D’autres mauvaises langues diront qu’en 2008 Salam était pour l’éradication du pavot... et que le propre frère de Karzaï en vivait grassement, d’où une incompatibilité de fait, disons...   Les anglais qui négociaient avec lui le trouvaient même parfait en 2008, et envisageaient même d’en faire un gouverneur de province ! "La première fois que nous avons entendu le mollah Salaam, il parlait vachement bien ", a déclaré le Major Guy Bartle-Jones, à la tête de l’équipe de stabilisation militaire britannique. En fait, il a dominé tout le spectacle. Il a donné au gouvernement un message : anti-Taliban, de lutte contre les stupéfiants, entrecoupés de versets coraniques. Il paraissait être un politicien accompli, loin des rapports de Kaboul, où il avait été cloué au pilori comme un homme brutal et fanatique. Aussi avons-nous donc remonté l’info comme quoi il était plutôt un bon orateur, charismatique. la question s’est même posée : « ferait-il un gouverneur crédible ?"... en 2008, il est au bord d’être gouverneur, en 2010 on le jette en prison alors que ça fait deux années qu’il négociait avec ceux qui l’ont jeté au cachot ? De qui se moque-t-on là ?   Or cette fameuse capture de deux "dangereux top leaders", on en apprend aujourd’hui les arcanes. En fait de capture, c’est bien d’un piège dont il a s’agît pour s’emparer de Salam et de Baradar. Les deux ont été tout simplement séduits par une offre financière, faite par le gouvernement de Karzaï et d’autres gouvernements (européens !), s’ils acceptaient de rendre les armes. Ce qu’ils ont fait, à part que la suite des événements ne s’est pas passée comme prévu. Alors qu’il attendait de recevoir son argent, Salam a vu sa maison investie par un raid conjoint de la CIA et de l’ISI à Faisalabad, où il vivait. Baradar idem, au même endroit. Voilà qui nous ramène à ce très bien interview de Sarah Daniel qui décrivait dans le détail la maison de l’intermédiaire, le fameux Farouk ou Farouki, qu"avaient rencontré les journalistes de Paris-Match, vivant tranquillement à Islamabad, à deux pas d’un MacDonald !    "On les imaginait bivouaquant dans leurs campements d’Uzbin, près du lieu où ils ont tendu l’embuscade meurtrière du 18 août aux soldats français, ou allant chercher leurs ordres plus à l’est, dans les grottes du Kunar, dormant à même le sol dans leurs chadar, les châles de laine afghans, autour des feux de camp, leurs armes serrées contre eux (...) Les commandants talibans et une bonne partie des hommes qui ont lancé l’assaut contre les soldats français et tué dix d’entre eux ne vivent pas en Afghanistan mais... au Pakistan. Ils habitent de confortables maisons avec leurs femmes et leurs enfants dans le centre embouteillé d’une grande ville proche de la capitale, Islamabad, entre un supermarché et le fast-food d’une célèbre chaîne américaine".  "Capturés au MacDo du coin", voilà qui n’est pas très vendable en effet, comme titre.   Voila aussi qui nous ramène à un nœud gordien du conflit, à savoir l’entremise et les interactions entre les services secrets pakistanais et ceux des USA. Les deux sont de mèche, on ne peut plus le nier. A partir de là, les assassinats ciblés par drones interposés doivent obligatoirement avoir le blanc-seing de l’ISI, se dit-on. Et en même temps les (faibles) râleries de l’état pakistanais. Selon le journaliste Wayne Madsen, habituellement plutôt bien informé, les deux ne devaient pas se rendre à Karzaï mais devaient d’abord rencontrer une délégation d’européens et de japonais, qui auraient été à l’origine des promesses de versements annoncés. Le programme, initié plutôt par les saoudiens, était apparu en décembre 2009. Du "cash" étaient promis à ceux qui se rendraient : sachant que la motivation primordiale de ces chefs de guerre était l’argent... au milieu du dispositif, on avait même retrouvé un frangin de Karzaï, qui en a plusieurs il est vrai... Qayyum Karzai, qui avait participé à des réunions préliminaires auxquelles assistait le chef des talibans modérés évincé en 2001 : Ahmad Mutawakil, sorti de sa résidence surveillée de Bagram spécialement pour aller négocier. Nous reviendrons également bientôt sur son cas.   Au lieu de ça, Baradar se fait arrêter, molester et même torturer, selon Madsen, pour lui faire avouer où se cache le mollah Omar. Baradar, présenté partout comme le "père des bombes de bords de routes". L’un des proches, justement, du Mollah Omar tant recherché. Les américains ruinent ainsi toute velléité talibane de réconciliation.... et dans la foulée.... un autre chef taliban remplace Baradar. Sauf que celui-là est d’une tout autre espèce. Fini les négociations place à l’action, même si elle doit être virtuelle comme à Marjah... "Qayyum Zakir", présenté aussitôt dans la presse américaine comme le "taliban qui monte", le "nouveau chef promis à un grand avenir"... et la presse US de largement tartiner. Une presse qui va faire un peu fort, à le présenter comme un nouveau...Zorro taliban. " C’est un homme charismatique de taille moyenne, aux yeux intenses, et au talent certain pour l’éloquence enflammée. Dans une brève réunion, il a rallié les les troupes, a discuté stratégie, et a disparu dans la nuit." Encore un peu et on entonnerait la chanson....    Il y a longtemps qu’on n’avait pas entendu un tel lyrisme.... l’occasion de rallumer automatiquement quelques doutes, car doutes sérieux il y a, sur ce remplaçant de taliban faussement capturé bombardé nouveau numéro 2. Oui, numéro 2, comme dans le Prisonnier ! Plus fort encore : il y a trois mois, pas un taliban ne le connaissait : "la plupart des commandants présents à la fin de janvier ne l’avaient jamais vu. Mais dans le sud de l’Afghanistan, il n’avait pas besoin d’introduction. C’est le mollah Abdul Qayyum Zakir, l’homme que les responsables occidentaux et les insurgés décrivent maintenant comme le nouveau leader des talibans". Quelle rapide ascension ! Et tout l’inverse d’un Baradar prêt à négocier depuis deux ans (l’aurait-on arrêté en définitive car il demandait trop cher, l’idée est à creuser ! ) ! Et quelle publicité déjà dans la presse, pour quelqu’un qui a à ce moment-là trois mois à peine comme carrière de leader taliban ! Le nouveau Zorro à turban noir est tout neuf !   C’est un homme de 36 ans, appelé aussi Abdul Qayyum Rasoul, ou Abdullah Ghulam Rasoul, venu de la région "sensible" de l’Helmand, qui venait juste d’être reprise en main par les opérations autour de Marjah, une vaste opération de propagande dont on reparlera ici bientôt. L’homme est plus que curieux, disons, avec cette carrière météoritique. Il faut dire que son curriculum a une drôle d’odeur. C’est tout d’abord un ancien détenu de Guantanamo, après avoir engagé la profession de foi talibane en 1997, et avoir combattu contre les troupes de Massoud. Le 12 décembre 2001, il se serait rendu aux troupes du Général Dostum à Mazar-e-Sharif . Pour l’envoyer à Guantanamo en 2006, on lui trouvera comme seules charges de posséder une Kalachnikov, que tout le monde possède là-bas, et deux montres Casio comme celles qui servent à déclencher des bombes. C’est un peu mince, mais ça suffit. Il y reçoit dès son arrivée le numéro 008. Des blogueurs amusés font remarquer que c’est tout prêt de James Bond, agent secret... un agent qui serait resté fort peu de temps à Guantanamo, en définitive...   Très vite, en effet on souhaite le relâcher. Le 23 avril 2007, l’Angleterre avait déjà accepté de le recevoir : pourquoi elle, nul ne le sait : il n’a aucun lien particulier avec le pays (sauf le MI5 dirons les mauvaises langues, plutôt avec les anglais qui contrôlaient sa province en fait ; avec qui il était "en contact"). En réalité, en décembre 2007, on l’avait déjà ramené à Kaboul, avec 13 autres de ses camarades, dans l’aile américaine de la prison de Pul-e-Charkhi, dans le Block D. Il y restera jusqu’en mai 2008, où il sera libéré : c’est bien avant l’arrivée d’Obama au pouvoir ! Or, dans la presse, ça ne rate pas : plus on le montre aujourd’hui comme leader taliban, plus on accuse Obama de l’avoir relâché. Or c’est le gouvernement de Karzai ("remis au gouvernement afghan") et celui de G.W. Bush qui ont pris la décision. Ne serait-ce que son fort court séjour à Guantanamo intrigue : il est resté de 2001 à 2006 en Afghanistan "remis à Dostum", puis envoyé seulement après à Cuba, où il ne reste que quelques mois. Qu’a-t-il fait entretemps, où a-t-il été détenu on ne le sait pas. Et le voilà bien tardivement arrivé à Guantanamo : étrange parcours. Comme si à cette occasion on avait tenu à en faire un vrai taliban, estampillé "tunique orange". D’ailleurs, sur de nombreux sites, on insiste beaucoup sur l’aura dont bénéficient ceux qui ont porté la tenue orange. A peine libéré en 2008, il aurait rejoint les talibans, dit-on. Quel empressement : Guantanamo ne l’avait donc pas vacciné ? Il était si pressé que cela de montrer son ancien uniforme coloré en orange ?   Pas vraiment, mais cet homme surprenant à plus d’un titre resurgit très vite à un poste assez inattendu : on le rend responsable d’un ouvrage tout aussi surprenant, un petit livre bleu censé contenir le code de conduite du parfait petit jihadiste, attribué au Mollah Omar. Un étrange ouvrage, où l’on indique par exemple que les attaques suicides ne doivent être qu’exceptionnelles et ne pas viser de civils, que les groupes de talibans doivent obligatoirement se soumettre au mollah Omar, ou que les prises d’otages doivent se faire sans brutalités et pas en échange d’argent : étrange, très étrange ouvrage, très bien réalisé en impression, et qui dénote complètement. Les maos avaient leur petit livre rouge, les talibans héritent d’un petit livre bleu. A la télévision, un général en retraite déguisé en conseiller vient faire la promotion du contenu, et à la fin de l’interview surgit... Hamid Karzaï, venu prêcher la réconciliation avec les "talibans modérés", cette nouvelle espèce découverte en Afghanistan, via l’intercession d’un député tel que Ahmad Shah Ahmadzai, ressorti pour l’occasion. Tout le reportage sent la commande gouvernementale.... pour faire passer la pilule "modérée".    Bizarrement, au moment où sortait , ce fameux petit livre bleu qui ordonne de ne pas tuer les otages sans en référer au grand maître taliban, les américains en ont un d’otage, justement : un soldat capturé nommé Bowe R. Bergdahl, 23 ans. Et dans le petit livre, ou l’on répète que la décision de le tuer ou pas revient au mollah principal et non à un petit chef de groupe... l’ouvrage sonne particulièrement faux, donc. Un dernier couplet évoquant même le comportement des talibans vis-à-vis des populations, où il est dit qu’ils doivent éviter toute sorte de racisme... on croirait l’ouvrage édité spécialement pour les militaires US.... car le fait est qu’on ne croit pas deux minutes à l’origine talibane de cet ouvrage, qui sent très fort la manipulation de la CIA. Le 7 avril, le pauvre Bergdahl était montré une nouvelle fois, barbu et chevelu. Depuis, il n’y a pas d’autres nouvelles le concernant après une déposition fort poignante... de pure propagande, ne nous leurrons pas.   Mieux encore : en janvier dernier, notre Zakir-Zorro avait une nouvelle fois été arrêté, au Pakistan, cette fois par l’ISI. Avec lui, 15 personnes de la Quetta Shura (*), (un joli lot de terroristes) ayant pour fief Quetta, que les américains soupçonnent depuis toujours d’avoir été la ville où se cachait Ben Laden. Or entre Ben Laden et la Quetta Shura ça n’a jamais été le grand amour... déjà sous le régime taliban en Afghanistan, Ben Laden avait été prié d’aller se faire voir ailleurs ! Mustafa Hamid, du haut conseil taliban, en 2001, avait recommandé d’exclure Ben Laden du pays ! Selon le journal, les talibans arrêtés puis relâchés étaient en discussion avec Kai Eide, l’envoyé spécial de l’ONU, qui avait démenti une telle rencontre (on retombe sur les envoyés précédents !). Un leader taliban présenté comme un nouveau Zorro partisan de la guerre mais qui aurait fait partie d’un lot de talibans négociant leur reddition ? Quelque chose cloche... Il avait été une nouvelle fois relâché, sans qu’aucune explication ne soit donnée par les autorités pakistanaises.   Relâché, cela nous en rappelle un autre, détenu en prison et retrouvé dehors après une évasion rocambolesque, et présenté lui aussi comme le "grand espoir" du camp Ben Laden, son successeur putatif, encensé par les militaires US eux-mêmes qui ne tarissaient pas d’éloge sur ses capacités et son "intelligence" : c’est fou comme ceux qui sont passés dans les prisons US et ont rejoint leurs petits camarades terroristes sont présentés comme étant plus intelligents que les autres... il y aurait une "prime au séjour", un "label" accordé à certains terroristes : ceux passés entre les mains des américains, de la CIA, (et ici de l’ISI) et relâchés dans la nature.... non, c’est bien trop gros comme méthode, mais il semble bien qu’elle marche à pleins tubes ! L’évasion d’ Abu Yahya al-Libi, déjà racontée ici, avait été en effet un grand moment de manipulation des médias : "le 11 juillet 2005, les quatre terroristes s’échappent en effet dans des conditions rocambolesques. Ils crochètent leur serrure après la dernière visite du gardien, un soir, à 1h 50, se changent complètement (l’orange serait-il voyant en plein désert ?), rampent au travers du camp, passent sous les barbelés et un mur endommagé, traversent la route principale en macadam, et rejoignent un véhicule qui les attend dehors... dans les champs, juste après avoir traversé sans encombre un champ de mines soviétique resté là depuis le précédent conflit ! Même Steve Mac Queen dans "La grande évasion" fait office d’amateur au regard de leurs exploits ! Du James Bond, du Hollywood : jamais il n’auraient dû réussir ce genre d’exploit ! A moins, bien entendu de complicités à l’intérieur !" ... Al-Libi, le plus virulent désormais, mais encensé par l’armée US elle-même, quel "hasard" : "Question propagande toujours, les américains voient en lui une "carrure" un "leader", comme l’affirme Jarret Brachman, un ancien de la Central Intelligence Agency, qui n’en démord pas : ce gars-là, dit-il est"un poète, un guerrier, un homme cultivé, un érudit, un commandant, et il est vraiment charismatique "... bref un nouveau leader d’Al Qaida en devenir... "voilà qui nous change du mollah Omar l’illettré, sans doute, ou d’Adam Gadahn, le benêt de service" avais-je alors précisé. Abdul Qayyum Rasoul est de la veine d’Al-Libi : vanté par les médias américains, recevant les "memos" du Pentagone et les recopiant sans vergogne et sans aucun recul : "échappés" ou "relâchés", ces hommes-là sont plus que douteux. Et ont trop fricoté avec la CIA pour être honnêtes. C’est quand même fort de café de constater que les "protégés" des services secrets sont toujours décrits comme des Superman talibans, ou des Zoros terroristes !   Bon, OK, mais à quoi pouvait-il servir une fois relâché, celui-là ? Ah ça aussi, figurez-vous, c’est trop beau encore. Les américains ont mené à Marjah une "offensive" contre du vent : je vous l’expliquerai plus en détail, bientôt, mais toute l’opération était de propagande. Il n’y avait pas un seul taliban en face, tous prévenus au préalable de l’arrivée des Marines... or, que trouve-t-on dans la presse US à propos de cet événement granfguignolesque ? Je vous le donne en mille : Zakir ! Le nom du leader des talibans sur place, c’est bien entendu notre nouveau Zorro, qui n’a pas eu à combattre, mais qui aurait paraît-il exercé une "résistance opiniâtre"... "Alors que les États-Unis vont de l’avant avec la massive Opération Khanjar dans la province méridionale de l’Afghanistan, Zakir est à la coordination des combattants talibans. Quelque 4.000 Marines U. S. et des centaines de forces afghanes ont fait face à une certaine résistance car ils nettoient la province, afin de reprendre le contrôle des quartiers où Zakir et ses camarades organisaient un gouvernement fantôme". Zakir ; ou l’homme idéal pour justifier une opération de propagande montée de toutes pièces. A opération bidon, taliban bidon. Sur le site du CF2R c’est à se rouler par terre : " C’était un chef militaire réputé pour sa brutalité et les nombreuses exécutions qu’il aurait commandité", mais surtout "le mollah Abdul Qayum Zakir est actuellement considéré comme un des meilleurs commandants militaires afghans. Il se serait « couvert de gloire » à l’occasion de la résistance contre l’offensive menée par les forces coalisées et l’Armée nationale afghane (ANA) en février-mars 2010 dans la région de la ville de Marjah. " Sachant qu’il n’y a pas eu seul combat à Marjah, cela prouve à quel point le site censé "renseigner" recopie les dépêches américaines. Encore une belle équipe ! A lire le CV du patron, on comprend mieux : Matra Défense., DCI, Geos, Argos Engineering & Consulting SA et Total....   On va faire mieux encore, et répandre une nouvelle fois l’idée que ce sont bien les forces armées US qui l’avaient relâché : "Pour expliquer pourquoi Zakir a été libéré de Guantanamo, un fonctionnaire dela défense a déclaré : « Nous étions sous la pression incroyable du monde pour libérer les détenus à Gitmo. Nous ne savions pas ce que ces gens allaient faire". Double propagande, donc : une pour faire de Zakir un danger public, l’autre pour faire d’Obama un président relâchant un véritable danger public !   En voilà donc un homme emprisonné mystérieusement et relâché bien souvent... Les américains ont bien réussi à nous fabriquer un Ben Laden présentable, ils doivent bien savoir nous faire un chef taliban du même tonneau, on suppose ! L’homme n’a plus qu’à signer du bout de son cimeterre ses prochains forfaits d’un Z qui signifiera Zakir !!! Reste plus qu’à entonner : "Un cavalier, qui surgit hors de la de la nuit
Court vers l’aventure au galop 
Son nom, il le signe à la pointe de l’épée 
D’un Z qui veut dire Zakir 
 Zakir, Zakir, renard rusé qui fait sa loi   Zakir, Zakir, vainqueur, tu l’es à chaque fois"   PS : Entretemps, le massacre continue : les Marines américains viennent d’autoriser l’usage de balles creuses de type Trophy Bonded Bear Claw pour leurs fusils-mitrailleurs : ce qui déchiquète littéralement les tissus et les corps. L’explication donnée est "comme les talibans n’ont pas signé de conventions internationales, ni les Etats-Unis"... c’est purement infect comme réponse. Amnesty va s’y intéresser j’espère, comme pour celles de la police suisse : cette sorte de munition est interdite depuis 1899, logiquement !    

 

 

(*) pour la Quetta Shura, lire ici ce que c’est.  

 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/zakir-le-nouveau-zorro-taliban-74365

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 19:19

 

Socialement et politiquement engagée, la grande voix de Stormy Weather s’est éteinte à l’âge de 92 ans.


Lena Horne est décédée le 9 mai. L’immense chanteuse de jazz devenue célèbre en 1943 pour son interprétation du standard Stormy Weather était âgée de 92 ans.

Dans les années 1940, Lena Horne avait été l’une des premières interprètes afro-américaines à signer un contrat avec un studio hollywoodien. En 1943, elle avait été choisie pour incarner Selina Rogers, dans la comédie musicale Stormy Weather. Son interprétation de la chanson titre avait été un immense succès.


Née le 30 juin 1917 dans une famille de la bourgeoisie noire, Lena Horne a seulement deux ans lorsque sa grand-mère l’enrôle au sein de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), fer de lance du mouvement pour les droits civiques. Elle se tiendra à l’écart de tout activisme jusqu’en 1945, lorsqu’elle donnera un concert dans une base de l’armée américaine et verra des prisonniers de guerre allemands assis aux premiers rangs, tandis que les soldats afro-américains étaient cantonnés au fond…

A partir de cet épisode, Lena Horne s’impliquera dans plusieurs organisations sociales et politiques et figurera sur les listes noires pendant le McCarthysme. En 1963, elle s’était jointe à la marche de Martin Luther King à Washington.

En 1947, Horne avait épousé un des arrangeurs de la Metro-Goldwyn-Mayer Lennie Hayton, un homme blanc. Une union qui portera un violent coup de frein à sa carrière… Elle avait remporté un Tony Award pour son one-woman show à Broadway en 1981, Lena Horne : The Lady and Her Music.
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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 18:12

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La polémique déclenchée par le dernier livre de Michel Onfray enfle et déraille. Pour beaucoup, elle n'est qu'une vulgaire bataille de chiffonniers en regard des drames qui secouent le monde. D'autres la réduisent à une simple guerre de religion entre psychanalystes ou à un combat d'égos. Ces deux interprétations sont commodes. Elles évitent de penser aux enjeux plus dérangeants que soulève cette controverse. Revenons sur chacune d'entre elles.

Une bataille de chiffonniers révélant la pauvreté de la vie intellectuelle française? Peut-être, mais on a les intellectuels qu'on mérite. Michel Onfray vend ses livres à des centaines de milliers d'exemplaires. Il est aujourd'hui l'auteur le plus vendu dans la catégorie "Essais" et fait vivre la maison Grasset à lui tout seul. Ses cours d'histoire de la philosophie sont diffusés tous les étés sur France Culture et édités en CD. Il est souvent invité sur les plateaux télés et ses livres, traduits en presque trente langues, sont salués par la critique. Qu'on le veuille ou non, Michel Onfray occupe donc une place centrale dans la culture de masse. Protester qu'il n'est pas universitaire n'est évidemment pas un argument sérieux pour contester cette popularité ni pour invalider ses idées. Aux yeux de nos concitoyens et même de l'étranger, Michel Onfray est un nouvel avatar de l'"intellectuel français" médiatique et engagé. Cette reconnaissance suffit pour prendre au sérieux ce qu'il dit ou écrit sans le balayer d'un revers de main. Critiquer Onfray, ce n'est pas le mépriser mais au contraire saluer la place qu'il occupe dans la culture populaire. Par l'influence qu'elles exercent sur le grand public, les thèses de Michel Onfray sont de fait, des éléments non seulement légitimes mais centraux, de l'actualité culturelle.

Une guerre entre psychanalystes ou un règlement de compte personnel? Peut-être, mais on ne peut réduire à cela un débat dans lequel sont aussi intervenus des journalistes, des historiens, des philosophes et des spécialistes de littérature. La focalisation sur Freud et sur les « clans » opposés a détourné l'attention du public de l'enjeu que soulève en réalité l'affaire Onfray : la recomposition idéologique à laquelle nous assistons en France, plongeant la gauche dans un marasme sans fin.

Michel Onfray a toujours revendiqué son soutien à la gauche antilibérale. Ses premiers (et meilleurs) livres ainsi que son activité au sein de la belle Université populaire de Caen témoignent de l'authenticité d'un engagement alternatif répondant à une demande populaire de culture, en dehors des institutions scolaires. Pourtant, après avoir gagné la confiance de ce fidèle public, Onfray a insensiblement dérivé vers des thèses jusqu'ici identifiées à la droite et même à l'extrême droite. Bien au-delà des problèmes internes à la psychanalyse, le nouveau livre d'Onfray jette une nouvelle lumière sur ses anciennes publications.

Enfonçons le clou sur son éloge de Charlotte Corday (La religion du poignard, Galilée, 2009), puisque Michel Onfray n'a jamais voulu répondre sur ce point. Cette histoire est une attaque contre Marat, dont la mémoire n'a été historiquement défendue que par une partie de la gauche, et une apologie de Charlotte Corday, qui, sauf exceptions, n'a été héroïsée que par la droite cléricale au 19esiècle puis par l'extrême droite au siècle suivant. En somme, Michel Onfray inflige à Corday ce que Nicolas Sarkozy a fait à Jean Jaurès, Léon Blum, Guy Môquet et Marc Bloch : un viol idéologique. Les travaux les plus récents démontrent que Charlotte Corday n'était pas la libertaire ni l'athée qu'Onfray cherche à fabriquer, mais une noble catholique et girondine, c'est-à-dire socialement très conservatrice. Venant d'un des porte-parole de la gauche antilibérale qui fut choisi en 2007 pour débattre avec le candidat Nicolas Sarkozy, tel renversement des rôles pose question, d'autant qu'il s'accompagne d'une description pour le moins péjorative du peuple, réduit à une masse de sauvages se livrant à leurs pulsions les plus primaires comme le cannibalisme.

Drôle de conception de la participation populaire à la politique. Quel homme de gauche peut écrire cela ? Dans cette histoire, le plus dérangeant n'est pas seulement que l'auteur utilise sans le dire (sans le savoir ?) un grand nombre d'écrits provenant de la littérature monarchiste et qu'il devient de ce fait, le Monsieur Jourdain de la droite extrême. Le véritable problème, c'est que Michel Onfray prétend tirer de ce livre une morale visant la classe politique d'aujourd'hui qui, comme celle de la « gauche de ressentiment » sous la Révolution, doit être rejetée avec la même violence au nom de la pureté morale. Ce pamphlet révèle ainsi toute la haine d'une partie de la gauche pour elle-même et pour son propre patrimoine idéologique, auquel L'Ami du peuple, malgré sa responsabilité dans les violences de la Terreur, a néanmoins bien plus contribué que son assassin.

Au-delà de ses protagonistes, l'affaire Onfray est donc emblématique car elle fait symptôme des recompositions idéologiques qui restructurent actuellement le monde intellectuel et politique. Cette seule réalité suffit à élever le débat au-dessus des querelles germanopratines auxquelles ont tente maintenant de le réduire.

Guillaume Mazeau, Institut d'histoire de la Révolution française.

A paraître le 27 mai au Seuil : Elisabeth Roudinesco, Mais pourquoi tant de haine ? Avec les contributions de Guillaume Mazeau, Christian Godin, Franck Lelièvre, Pierre Delion et Roland Gori.


http://www.mediapart.fr/club/blog/guillaume-mazeau/080510/retour-sur-laffaire-onfray

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 18:06

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UN ROMAN JEUNESSE  DE MAXIME VIVAS, PARUTION LE 28 MAI 2010.

 

 

 

Chicharra et les vautours.

Quatrième de couverture :

 

Pierre souffre de solitude dans sa grange transformée en habitation, à flanc de montagne. Malgré la pureté de l’air, l’aigle royal et la marmotte, malgré une jeune cavalière aux yeux verts qu’il entrevoit parfois dans la forêt. De plus, un voisin convoite sa grange.

 

Un jour, son copain Manolo lui ouvre les portes d’un avenir exaltant. Manolo veut créer avec Pierre un commerce de produits dérivés à l’effigie de son cousin, le célèbre chanteur Chicharra, qui milite en faveur des enfants esclaves. Les deux amis inondent le monde avec des tee-shirts, des agendas, des stylos, des casquettes… ornés du portrait de Chicharra. La moitié des bénéfices est versée à un orphelinat de Bolivie.

Mais, très vite, Pierre et Manolo vont découvrir que leurs fournisseurs ne répugnent pas à exploiter les enfants. Le rêve menace de virer au cauchemar. Chicharra n’hésite alors pas à voler au secours des deux amis. Un terrible danger guette le mythe chantant…

 

***

 

Auteur de onze livres, Maxime Vivas (prix Roger Vailland 1997), signe ici son premier roman destiné à  la jeunesse.

 

 

BIBLIOGRAPHIE. Maxime Vivas.

 

1997 : « Paris brune » roman, récompensé par le prix Roger Vailland, éditions le Temps des Cerises.

1998 : « La bousculade », roman, éditions de l’Aube.

1999 : « Ecran total », polar humoristique, Sélectionné par les jurys de trois prix littéraires, éditions Jigal.

2002 : « La cathédrale au fond du jardin » (ou « Pourquoi j’ai voulu tuer Louis-Ferdinand Céline »), roman historique, prix du Zinc (sous l’égide de Régine Deforges). Atout Editions. (Epuisé).

2003 : « Comme le scorpion, mon frère », roman altermondialiste, éditions Le Temps des Cerises.

Mai 2005 : « La tour Eiffel et le cocotier », humour, éditions le Léopard Masqué.

Septembre 2005 : « Les Etats-Unis, de mal empire », essai, en collaboration, éditions Aden.

Novembre 2007 : « La face cachée de Reporters sans frontières », enquête, éditions Aden (sélectionné par 17 médias pour le prix « Lire la politique »).

Mai 2008 : « Chroniques littéraires et impertinentes sur Radio Mon Païs », recueil de causeries radiophoniques, éditions la Brochure.

Septembre 2009 : « Victor Hugo à La Havane », guide touristico-littéraire, éditions la Brochure.

Mai 2010 : « Chicharra et les vautours », roman jeunesse, éditions Le Griffon bleu.

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 13:18

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L'Espagne annonce une cure d'austérité radicale

Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a annoncé ce mercredi une cure d'austérité radicale pour accélérer la réduction de ses déficits publics. Le gouvernement va notamment réduire de 5% les salaires des fonctionnaires à partir de juin 2010 et les geler en 2011.

 

Le chef du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, a annoncé ce mercredi une cure d'austérité radicale. Il s'agit de mesures qu'il s'est engagé à adopter au sommet de l'Eurogroupe, dimanche, dans le cadre du plan massif de soutien à zone euro.

L'Espagne avait déjà entériné un plan d'économies de 50 milliards d'euros pour tenter de ramener ses déficits publics de 11,2% du PIB en 2009 à 3% du PIB en 2013. Les mesures annnoncées aujourd'hui représentent 15 milliards d'euros d'économies supplémentaires (5 en 2010 et 10 en 2011).

Salaires et retraites de la fonction publique dans la ligne de mire

Le gouvernement va ainsi réduire de 5% en moyenne les salaires des fonctionnaires à partir de juin 2010 et les geler en 2011. Les hauts salaires de la fonction publique seront les plus lourdement affectés. Les membres du gouvernement vont baisser leur salaire de 15%.

La revalorisation des retraites sera également gelée en 2011, sauf pour les plus basses d'entre elles. A partir de 2011, l'aide à la naissance de 2.500 euros instaurée en 2007 pour soutenir la natalité sera également supprimée.

L'exécutif socialiste va aussi réduire de 600 millions d'euros l'aide au développement en 2010-2011, un domaine dans lequel il se voulait à la pointe des pays riches. L'investissement public sera diminué de 6,045 milliards d'euros d'ici 2011 et le gouvernement va demander aux régions et aux municipalités de faire 1,2 milliard d'euros d'économies supplémentaires.

Ces nouvelles mesures auront une "incidence sociale évidente", a reconnu le chef du gouvernement, confronté un taux de chômage supérieur à 20% de la population active.

Une incidence sur la croissance

Le gouvernement, qui il y a encore une semaine excluait toute nouvelle mesure d'austérité, pour ne pas gêner la timide reprise économique, a également reconnu que ces mesures affecteraient de "quelques décimales" à la baisse la croissance de l'économie espagnole en 2011.

Madrid table sur une croissance du PIB de 1,8% en 2011, une prévision supérieure à celles du FMI et de la Commission européenne, qui contribue à faire douter les marchés sur la capacité de l' Espagne à atteindre ses objectifs officiels.

Selon les chiffres de l'Institut national espagnol des statistiques publiés ce mercredi, le PIB espagnol a enregistré une croissance de 0,1% au premier trimestre, après s'être soit contracté, soit avoir stagné, lors des sept trimestres précédents. Ce chiffre est conforme aux prévisions.

 

latribune.fr

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 13:12

 

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« Sa Majesté a fait savoir sa satisfaction », déclarait mardi soir une voix autorisée de Buckingham. Un accord venait d’être passé entre les conservateurs emmenés par David Cameron nommé Premier ministre et les libéraux démocrates de Nick Clegg désigné vice-Premier ministre. Quelques instants auparavant, Gordon Brown avait démissionné.

Les politiques des conservateurs et des libéraux démocrates ont souvent été présentées pendant la campagne électorale comme « séparées par un fossé ». Alors sur quoi se sont mis d’accord Cameron et Clegg ?

En l’absence d’informations officielles, la presse britannique avance quelques pistes sur le compromis adopté après plusieurs jours de négociation. Les Libéraux démocrates auraient mis un bémol à leur inclination européenne notamment en renonçant à l’euro et de soumettre à référendum tout nouveau transfert de pouvoir. Les libéraux auraient accepté de renoncer à leur demande d’amnistie pour les clandestins et soutiendraient l’imposition d’un quota d’immigrants. Ils auraient également abandonné leur volonté de ne pas renouveler le programme de missiles Trident qu’ils estimaient durant la campagne trop coûteux et inutile. En revanche, ils auraient obtenu la réforme du mode de scrutin, les conservateurs acceptant l’organisation d’un référendum. Concernant le déficit budgétaire et la dette, un nouveau resserrement des dépenses publiques sera annoncé très rapidement.

 

Qu’on ne s’y trompe pas. Les trois principales formations politiques britanniques sortent affaiblies des élections. Les conservateurs donnés grand gagnant du scrutin par les sondages n’obtiennent pas la majorité absolue ; les travaillistes reculent nettement y compris dans leurs bastions ; les libéraux démocrates dont on annonçait « une percée fulgurante » se maintiennent sans plus. Ces derniers présentés comme « plus européens », plus «  progressistes » ont préféré aux travaillistes le parti des conservateurs à l’issue d’une cuisine aboutissant à l’obtention de cinq postes ministériels. Pour quel objectif ?

Les proches de Nick Clegg expliquent qu’il était temps que les centristes « participent aux affaires » tandis que des conseillers de Cameron indiquent qu’il fallait bien « construire une coalition » tout en caressant l’espoir de tenir en laisse les libéraux démocrates. Ces derniers ne sont pas dupes du calcul de leurs alliés, mais tente le coup. Quitte à laisser sur le bord de la route leurs illusions et autres certitudes.

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