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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 18:37
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La croissance du produit intérieur brut (PIB) de la France pour 2013 reste un sujet de dissension entre le gouvernement et les économistes. Le premier maintient, officiellement, sa prévision d’une croissance faible, mais positive, de 0,8 %. Il a fondé le calcul de son budget sur cette prévision. Cependant nombre d’officiels admettent, en privé et sous réserve de ne pas être cités, que l’on sera « quelque part » entre 0,5 % et 0,3 %. Ceci est cohérent avec calculs réalisés par diverses institutions.

Prévisions pour 2013


FMI (octobre 2012) [1] : 0,4 %
OCDE (mai 2012) : 1,2 %
Commission européenne (mai 2012) : 1,3 %
Gouvernement (septembre 2012) : 0,8 %
Consensus (octobre 2012) : 0,3 %

 

On peut déjà noter qu’un réajustement a eu lieu entre les prévisions de l’OCDE ou de la Commission européenne - qui datent du printemps dernier - et celles du FMI - publiées en octobre, mais faites fin août et début septembre - et enfin du « consensus des économistes », réalisées au début du mois d’octobre. On constate que plus tardive est la prévision, plus mauvais en est le résultat. Cela n’a rien d’étonnant, la France étant clairement sur une pente d’entrée en récession. Les derniers résultats impliqueraient que sans mesures fiscales supplémentaires - pour l’instant exclues par le premier ministre - l’objectif des 3 % de déficit budgétaire pour 2013 ne pourra être tenu. Des personnalités de premier plan, comme le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone [2], ont déjà lancé des ballons d’essai sur ce point. Mais la réalité risque de se révéler bien plus sérieuse qu’un écart de 0,5 % entre les prévisions et le résultat définitif.

 

Facteurs positifs et négatifs

Commençons par un inventaire des facteurs qui vont peser sur la croissance.

(a) L’ajustement budgétaire et fiscal.

Cet ajustement doit porter sur 30 milliards d’euros, soit 1,5 % du PIB. L’impact sur la croissance dépendra bien évidemment du « multiplicateur des dépenses publiques » [3]. On sait que ce dernier oscille de 0,7, dans les modèles utilisés en prévision, à des valeurs constatées (et non prévues) de 1,7 à 2,2 dans les cas de l’Espagne et de l’Italie. Si la valeur effective du multiplicateur n’est que de 1,2, cela signifie qu’une conjonction de hausse des impôts et de baisse des dépenses de 1,5 % du PIB devrait entraîner une contraction de 1,8 % de ce dernier.
Si la valeur du « multiplicateur » atteint 2 (intermédiaire entre la valeur observée sur l’Espagne et sur l’Italie), c’est à une baisse de 3 % de la croissance qu’il faut s’attendre. Ces projections, appliquées à la prévision réalisée en mai 2012 par l’OCDE impliquent une contraction de l’activité en 2013 comprise entre -0,6 % et -1,8 %.

(b) L’impact des politiques d’austérité menées dans les autres pays
Les pays dans le voisinage immédiat de la France (Espagne, Italie, Grande-Bretagne) conduisent aussi des politiques violentes d’austérité. Ceci devrait avoir un effet très négatif sur les exportations françaises en 2013.

(c) La contraction de la demande intérieure
Par ailleurs, la contraction de la demande intérieure risque d’être plus élevée que prévu car, avec la détérioration rapide de la situation de l’emploi, il faut s’attendre à une augmentation de l’épargne de précaution des ménages (variable traitée de manière très discutable dans les modèles de prévision). Dès lors, outre les prélèvements sur les revenus des ménages et des entreprises, une partie supplémentaire du revenu des ménages restant ne sera pas dépensée en consommation, mais sera épargnée. Ceci va entraîner une baisse plus profonde que prévu de la consommation, et donc de la demande pour les entreprises.

(d) Les anticipations des entrepreneurs
C’est aujourd’hui un cliché de dire que ces anticipations sont assez négatives. Les entreprises, escomptant une baisse de la demande, vont elles-mêmes réduire leur volume de production, quitte à accroître leurs prix si elles ont sous-estimé la demande. La baisse de l’investissement qui en résultera va contribuer d’autant plus à la baisse de la demande globale.

Face à ces perspectives peu engageantes, de quels outils dispose le gouvernement pour relancer l’activité ?

(a) La Banque publique d’investissement
Elle doit procurer aux petites et moyennes entreprises des financements de l’ordre de 10 % de leurs besoins (20 milliards d’euros par rapport à 200 milliards de besoins exprimés). Ce n’est pas négligeable, mais ne saurait en aucun cas être suffisant pour relancer l’investissement.

(b) Une petite partie des 40 milliards annuels d’investissements que le gouvernement a arrachés à l’Allemagne en contrepartie de son engagement à faire voter le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG).
Ces éléments positifs - et on le regrette - sont très loin de compenser les éléments négatifs cités plus haut. La croissance réelle en 2013 sera plus probablement comprise entre -0,5 % et -0,8 % que proche des +0,8 % auxquels le gouvernement s’accroche avec l’énergie du désespoir.

 

Conséquences

Entre les prévisions du gouvernement et la réalité on doit donc s’attendre à un écart compris entre -1,3 % et -1,6%. Cet écart signifie deux choses :

  • le PIB sera inférieur aux prévisions de 26 à 32 milliards d’euros en 2013. D’où une baisse des recettes fiscales de 11,7 milliards à 14,4 milliards ;
  • la hausse du chômage sera supérieure à ce qui est attendu aujourd’hui, comme nous l’avons déjà indiqué à de multiples reprises. Ceci devrait entraîner entre 3 et 5 milliards de dépenses supplémentaires.

On aboutit donc à un surcroît de déficit compris entre 15 milliards et 19,5 milliards. Autrement dit, le déficit devrait se monter non pas à 3%, mais entre 3,75 % et 4 % du PIB. Le gouvernement devra alors soit prélever entre 15 et 19,5 milliards d’impôts supplémentaires (ou réaliser de nouvelles compressions de dépenses publiques), avec des effets désastreux pour la croissance [4], soit se décider à laisser filer le déficit budgétaire. Il est en fait probable qu’il choisisse la seconde solution. Néanmoins, la France ne pourrait toujours pas atteindre en 2014 l’objectif des 3% de déficit budgétaire, et ceci même sans choc externe majeur en provenance d’Espagne ou d’Italie.

La question maintenant posée est de savoir pourquoi le gouvernement s’enferre dans une politique qui n’a aucune chance de réussir et qui, par-dessus le marché, mettra la France en contravention avec un traité qu’elle a ratifié. Il n’y a là ni raison ni logique. Seule l’idéologie commune à une partie de la « gauche » et de la droite peut expliquer ce comportement. Ce qui est effrayant, dans la situation actuelle, est moins la réalité de l’économie, qui – on l’accorde – n’a rien de réjouissant, que l’écart entre une représentation « officielle », appuyée par une partie de la presse, et cette même réalité qui, inéluctablement, finira par s’imposer.

Lénine faisait remarquer que « les faits sont têtus » [5]. Ces faits ne conduiront certes pas à l’insurrection (du moins pas encore) mais ils condamnent de manière irrémédiable la politique du gouvernement qui consiste à s’aligner sur le cours austéritaire dicté par Angela Merkel. Quand il ne passe pas son temps à se déchirer ou dans combinaisons politiques aux accents ubuesques, ce qui reste de l’UMP ne propose d’ailleurs pas autre chose.

La politique économique du gouvernement appartient à une époque révolue. Contre la récession dans laquelle la France est déjà engagée, et surtout contre la dépression qui menace de s’abattre sur elle, avec une terrible et rapide augmentation du chômage, il faut d’urgence une autre politique.

 

Notes

[1] Voir http://russeurope.hypotheses.org/300

[2] Le 14 octobre, il a qualifié d’« absurde » l’objectif des 3 % de déficit. Voir : http://www.europe1.fr/Deficit-a-3-un-cote-absurde-Bartolonne

[3] Sur ce point voir Jacques Sapir, “Quelques commentaires sur le rapport du FMI World Economic Report, octobre 2012 (II). Billet publié sur le carnet Russeurope le 14 octobre 2012 : http://russeurope.hypotheses.org/300

[4] En utilisant la même méthodologie, un nouveau prélèvement de 15 milliards devrait aboutir à une nouvelle contraction du PIB de 18 à 30 milliards, soit de 1 à 1,5 %. En admettant qu’une partie de l’effet soit décalée sur 2014, la croissance serait ainsi réduite de -0,5 % à -0,7 5%, soit, compte tenu des projections à moyen terme un pronostic de -0,1 à -0,4 % pour cette année.

[5] Lénine, « Lettre aux camarades », Œuvres Complètes, Éditions du Progrès, T. 26, pp. 139-196, 198-216 et 222-226.

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 11:53

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Le magazine était poursuivi pour diffamation par un maire qu'il accusait d'avoir fermé les yeux sur des agressions sexuelles. Le parquet n'a requis aucune condamnation.

 


Mauvaise presse pour Rémi Pauvros. Le maire PS de Maubeuge (Nord) poursuivait Causette pour diffamation, pour un article intitulé « Droit de cuissage à la mairie » dans son numéro d'avril 2012 (le début de l'article ici).
Le magazine y relayait, en autres, les accusations de viols et de harcèlement sexuel d'une ancienne employée de mairie de Maubeuge à l'encontre de quatre membres du Parti socialiste. Et affirmait que Rémi Pauvros, alerté par la jeune femme, n'avait pas signalé les allégations aux autorités : « une entorse à la loi », jugeait Causette .

Le maire, qui demandait 30 000 euros de dommages et intérêts, ne s'est pas déplacé à l'audience, mercredi 24 octobre au tribunal d'Avesne-sur-Helpe. Bien lui en a pris, car l'accusation s'est retournée contre lui. La vice-procureure a confirmé la version de Causette et estimé qu'en effet Rémi Pauvros « aurait dû alerter le parquet ». Elle n'a en conséquence requis aucune condamnation. Le jugement sera rendu le 19 décembre.

« Bon, maintenant, je lis Causette »

Le magazine pourrait à son tour demander des dommages et intérêts au maire de Maubeuge pour procédure abusive. Et il en a profité pour gagner un lecteur supplémentaire. Le directeur de la publication, Grégory Lassus-Debat, s'amusait à l'issue de l'audience de ce que l'avocat de Remi Pauvros est venu lui dire : « Bon, maintenant, je lis Causette, que je ne connaissais pas avant ! ».

Comme le soulignait, à la veille de l'audience, l'Association contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), qui accompagne l'employée de mairie, « les informations délivrées par Causette sont en tous points conformes à celles que nous avons nous-mêmes pu recueillir dans le cadre d’un travail méthodique dans chacun de ces dossiers ». Entre temps, la justice a ouvert une instruction sur ces faits présumés de violences sexuelles à la mairie de Maubeuge.

 

 

http://lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/49-ca-fait-du-bien/2272-droit-cuissage-mairie-causette-marque-un-point-au-tribunal

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 21:02

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Chers amis,

 

Comme vous le savez, Mumia Abu-Jamal, l’une des figures emblématique du combat pour l’abolition universelle de la peine capitale, est enfin sorti de l’enfer du couloir de la mort en décembre 2011. Sa peine a été commuée en réclusion à perpétuité (plus d’information sur www.mumiabujamal.com).

 

Cette décision a été saluée par ses soutiens dans le monde entier comme une première grande victoire contre le déni de justice que constituait sa condamnation à mort. Plus généralement, les abolitionnistes se sont réjouis de ce revers infligé à la peine capitale aux Etats-Unis, pays où les condamnations et les exécutions se pratiquent encore en toute légalité.

 

Mumia est sauvé mais il restera en prison à vie car la porte à un nouveau procès a été juridiquement fermée. Toutes les juridictions, jusqu’à la Cour Suprême des Etats-Unis, ont en effet refusé, sans le moindre examen, toutes les demandes déposées en ce sens par sa défense depuis plus de 30 ans. Le seul espoir réside dans une initiative que pourrait prendre le Ministre de la justice des Etats-Unis. C’est ce qui a motivé la grande manifestation organisée à Washington au printemps dernier du ministère jusqu’à la Maison Blanche, avec pour mot d’ordre « Libérez Mumia Abu-Jamal ». Une importante délégation française a participé à cette manifestation.

 

C’est dans ce contexte de victoire inachevée qu’il nous faut envisagez la suite du combat pour la libération de Mumia.

 

Le Collectif français, créé en 1995, fédère aujourd’hui l’engagement d’une centaine d’organisations et de collectivités territoriales dont l’objectif est d’obtenir « justice et liberté » pour cet homme qui n’a jamais renoncé à se battre pour faire reconnaître son innocence.

 

… /

 

La sentence de mort a été annulée mais le fond de cette affaire et ses conséquences restent insupportables : Mumia ne sera pas exécuté mais il est toujours condamné à mourir en prison !

 

Cette situation nous a conduits - en concertation avec les organisations américaines de soutien à Mumia, sa défense et avec Mumia en personne à l’occasion d’une longue visite que lui avons rendue en avril dernier - à réaffirmer l’incontournable nécessité de poursuivre le combat jusqu’à sa libération. La rencontre avec Mumia (récit sur www.mumiabujamal.com) a aussi été un moment de réflexion partagée sur la nécessité de ne pas oublier les autres condamnés du couloir de la mort, notamment en Pennsylvanie. Rappelons que cet Etat qui avait programmé l’assassinat de Mumia est toujours le champion de la discrimination raciale aux Etats-Unis.

 

Plus généralement, notre engagement collectif s’inscrit dans le combat pour les droits humains et en particulier pour l’éradication de la peine capitale aux Etats-Unis et partout dans le monde. Notre présence très active au sein de la Coalition Mondiale contre la peine de mort, forte aujourd’hui de 140 membres (ONG de défense des droits de l’Homme, barreaux d’avocats, syndicats et collectivités), ne saurait donc connaître de retrait.

 

En résumé, le combat continue, avec pour mots d’ordre « Une seule justice pour Mumia, sa libération » et « Abolition universelle de la peine de mort » !

 

En ce sens, nous proposons de renommer le Collectif Unitaire National « ENSEMBLE, LIBERONS MUMIA ».

 

Nous souhaitons recueillir votre assentiment et votre adhésion pour poursuivre ensemble ce beau et grand combat unitaire.

 

Avec nos plus amicales salutations abolitionnistes.

 

 

Le Collectif Unitaire National de soutien à Mumia Abu-Jamal

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 20:50
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Nous étions ce samedi 20 octobre environ 200 000 manifestants (150 000 selon la police) à marcher dans les rues de Londres contre l’austérité. Si les perspectives de lutte sont moins ouvertes qu’en Espagne, au Portugal et bien sûr en Grèce, pays qui connaîtront une nouvelle grève générale le 14 novembre, et où les manifestations sont quasi quotidiennes, nous pouvons dire au regard de l’Histoire de la Grande-Bretagne que les mouvements de lutte reviennent de loin.

En effet, à la suite des mesures antisyndicales imposées par Margaret Thatcher et de la défaite du mouvement ouvrier dans les années 80, les luttes ont pendant longtemps quasiment déserté les lieux de travail. Seuls les mouvements de quartier semblaient avoir perduré, que ce soit dans les luttes contre les expulsions, contre le racisme, ou lors d’émeutes aussi impressionnantes qu’éphémères. Pour beaucoup, l’engouement semble être revenu via les manifestations contre la guerre en Irak, rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes en 2003. Quant à eux, les étudiants sont passés par l’occupation des universités pour appeler au boycott d’Israël lors du massacre commis à Gaza à l’hiver 2008-2009, avant de les occuper de nouveau et d’être 50 000 à défiler en novembre 2011 contre l’augmentation des frais d’inscription.

En Angleterre, le montant des frais d’inscription est passé d’environ 300€ à plus de 1000€ pour une année en licence, entraînant une baisse de 14% du nombre d’inscrits dans les universités. En 2011-2012, l’endettement moyen d’un étudiant à la fin de son cursus est de 33 000€. Un certain nombre des étudiants débiteurs sont conscients de leur future impossibilité à rembourser, et tant pis pour les banquiers. A l’inverse des manifestations étudiantes en France, beaucoup des slogans entendus à l’intérieur du « cortège éducation » visaient directement le capitalisme, l’Etat et la police, et il n’y avait qu’une étudiante du parti travailliste pour brandir sans ironie un panneau avec inscrit « I love responsible capitalism » (« J’aime le capitalisme responsable ») …

Plus globalement, la politique d’austérité a débuté en 2010 par une hausse de la TVA de 17,5 à 20%, et un recul de l’âge légal de départ à la retraite à 66 ans (auparavant 65 pour les hommes et 60 ans pour les femmes). Ce mois-ci, Georges Osborne, chancelier de l’Echiquier (ministre « responsable des finances et du trésor ») annonçait 12,5 milliards d’euros de coupes dans les aides sociales, à ajouter au 18 milliards de livres étalées de 2010 à 2018. Demandant « Comment l’on peut justifier des aides au logement pour des gens qui n’ont jamais travaillé », Osborne a annoncé la suppression des aides au logement pour les moins de 25 ans, et demandé aux parents de réfléchir au nombre d’enfants qu’ils prévoyaient de faire, prévoyant une réduction des allocations familiales …

Parallèlement, au nom de la bien connue « lutte pour la compétitivité », le taux d’imposition sur les entreprises est passé de 50% à 45%, et l’impôt sur les sociétés de 26% à 22%. Sur le chemin de la manifestation, les locaux de Starbucks, entreprise connue pour les conditions de travail désastreuses et son refus de payer ses impôts, étaient particulièrement protégés par les cordons policiers. Un peu avant, des dizaines de jeunes cachant leur visage avec un foulard ou un masque de la mouvance Anonymous (repris du film V pour Vendetta) avaient déjà dévié du cortège, pour aller titiller les flics et les bourgeois en bloquant l’entrée des magasins de la très chic Oxford Street.

Si beaucoup de manifestants défilaient en scandant « Hey ! Ho ! David Cameron’s got to go » (« Hey ! Ho ! David Cameron doit dégager ! »), beaucoup ne semblaient pas résignés à remplacer l’austérité de droite par une austérité de gauche. Lors d’une allocution prononcée à la fin de la manifestation, Ed Miliband, leader du parti travailliste a été copieusement hué lorsqu’il a commencé une phrase par « Je ne promets pas des jours heureux, il y aura des choix difficiles … ». Les allocutions les plus acclamées furent celles des leaders des syndicats du service public et des cheminots, réclamant la préparation par le TUC (Trade Union Congress, la confédération syndicale), d’une grève de vingt-quatre heures.

Une partie de l’extrême-gauche semble être dans la même logique. Tout au long du cortège, le Socialist Party faisait signer une pétition appelant à l’organisation d’une grève générale de 24 heures « pour montrer qui fait tourner l’économie ». De son côté, le Socialist Workers Party, principale organisation de la gauche radicale, s’est prononcé en faveur de cette éventualité, tout en appuyant sur le fait que ce n’était « pas suffisant ». Par ailleurs, pour le SWP, il n’y a pas non plus à attendre l’organisation d’une telle journée pour agir, de nombreux conflits en cours dans les entreprises ou les quartiers pouvant pousser des milliers de personnes à la révolte.

Officiellement, les directions syndicales « se penchent sur la possibilité d’une grève générale », bien que les lois antisyndicales imposent de déclarer toute grève deux mois à l’avance, les seules actions spontanées restant la grève étudiante, l’émeute ou le blocage. Si l’on ne semble pas pour l’instant près du blocage généralisé qui pourrait faire sauter le gouvernement, le fait que cette discussion soit à l’ordre du jour symbolise un niveau de conflictualité politique augmentant, la dernière grève générale au Royaume-Uni remontant à 1926 …

Par ailleurs, bien que nous ayons insisté sur les lois antisyndicales rendant difficile le blocage de la production (et la lutte en général), il est évident que si le niveau de conflictualité venait à augmenter, beaucoup de personnes seraient prêtes à s’émanciper de toute référence à un cadre légal.

 

Vivian PETIT

 

http://emi-cfd.com/echanges-partenariats/?p=1335

Illustrations : Outerfield Photography

URL de cet article 18075
http://www.legrandsoir.info/hey-ho-david-cameron-s-got-to-go.html
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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 20:46

a9c4d396-e1be-11df-9ef2-a97876a65005.jpgC’est la nouvelle grande idée des néolibéraux britanniques : renoncer à ses droits en tant que salarié en échange d’actions en bourse de son entreprise. Tel est le projet du ministre des Finances britannique George Osborne, présenté le 8 octobre lors du congrès annuel du parti conservateur (Tories).

Selon sa proposition de loi, les salariés renonceraient à s’opposer à un licenciement et à demander des indemnités de départ. Ils accepteraient également des horaires de travail flexibles et de se former sur leur temps libre. En échange, les entreprises leur « offriraient » entre 2 500 et 62 000 euros d’actions boursières. Le tout exonéré d’impôts. La réforme doit entrer en vigueur en avril 2013. Les salariés présents dans l’entreprise ne devraient pas être forcés d’accepter cet échange, qui s’appliquera cependant à toute nouvelle embauche.

Pour le ministre anglais des Finances, cette réforme permettra aux employés « de remplacer [leurs] vieux droits à contester un licenciement abusif par de nouveaux droits de propriété. Et nous ne prélèverons pas d’impôt sur les gains que vous ferez sur ces actions » Ou comment détruire le droit du travail tout en ruinant les finances de l’État, pour l’unique profit des gros actionnaires de l’entreprise [1].

Après avoir considérablement réduit les budgets de la protection sociale et des services publics, augmenté les frais d’inscription à l’université et la TVA (voir notre article ici), le gouvernement britannique conservateur poursuit la casse sociale. Et s’oppose à toute régulation de la spéculation financière à la City.

 

http://www.bastamag.net/article2702.html 

Notes

[1] Lire aussi cet article de The Independant (en anglais).

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 20:37
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http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=12729
Washington devrait se faire une raison et comprendre pourquoi le Venezuela préfère Chavez.

Scène de liesse à Caracas - Avec plus de 7,44 millions de voix contre 6,15 millions à Henrique Capriles, Chavez rassemble plus de suffrages que lors de sa précédente réélection, en 2006, lorsqu’il avait pourtant battu l’opposant Manuel Rosales de plus de 25 points, avec 62% des voix - Photo : Tomas Bravo/Reuters

Il l’a fait. Encore une fois. Lors de la 14e élection en 13 ans, Hugo Chavez Frias - celui que les réactionnaires atlantistes détestent jusqu’à la haine - a été sans appel possible réélu président, dans des conditions absolument transparentes, contrôlées par le personnel des Nations Unies, de l’Union européenne et de l’Organisation des États Américains (OEA).

Deux élections étaient en jeu ici. Une mettait Chavez face au représentant des compradores [gros propriétaires], néolibéral et réactionnaire reconverti en démocrate, Henrique Capriles Radonski - un avocat représentant les intérêts de Washington au Venezuela. L’autre concernait la sud-Amérique progressiste face au désir de Big Brother de disposer d’un État en position de client et malléable.

Chavez a gagné d’abord parce que le projet bolivarien est populaire. Les années de chavisme - malgré tous leurs défauts et un culte effréné de la personnalité - ont permis de rétablir la souveraineté nationale vénézuélienne, de redistribuer les richesses au profit des services publics et des exclus par l’intermédiaire de missions sociales et d’un salaire minimum décent. On peut l’appeler, comme le fait Chavez, le « socialisme du 21e siècle ». En Amérique latine, selon les termes qui y prédominent, c’est certainement une voie vers une société plus égalitaire.

Dans la période qui a précédé l’élection, Chavez a mis un point d’honneur à rappeler la figure de Guacaipuro - un leader indigène qui commandait les tribus Teque et Caracas contre la colonisation espagnole - comme un symbole-clé de la résistance du Venezuela. « Nous sommes tous des Guacaipuro » était un appel qui sonnait bien, qui mettait l’accent sur ​​les racines autochtones du pays : « la résistance indigène et noire menant la lutte des opprimés ».

Pas d’analphabétisme en échange de pétrole !

Les faits sont parlants. Le Venezuela détient ce qui est maintenant reconnu comme la plus grande réserve de pétrole de la planète - encore plus que l’Arabie Saoudite. Mais jusqu’à récemment, le Venezuela était un « Graal » pétrolier, géré par l’habituelle petite élite arrogante et avide, où les masses n’avaient pas la possibilité d’un enseignement décent, d’un logement décent ou d’un salaire décent.

Le succès du chavisme est d’avoir su mettre progressivement à l’horizontal une société alors verticale. Le chavisme a consacré pas moins de 43 pour cent du budget de l’État à un éventail de politiques sociales.

Le taux de chômage est passé de plus de 20 pour cent à moins de 7 pour cent. Pas moins de 22 universités publiques ont été construites au cours des 10 dernières années. Le nombre d’enseignants est passé de 65 000 à 350 000. L’analphabétisme a été éradiqué. Et une réforme agraire est en cours - encore un rêve dans la plupart des latitudes d’Amérique du Sud.

La classe dirigeante de toute évidence n’était pas à la fête - comme elle ne l’a pas été au Brésil, en Argentine ou en Bolivie (mais elle a tout de même réussi à organiser un « coup d’État constitutionnel » au Paraguay pour renverser un gouvernement démocratique et légitime). Au Venezuela, il y a dix ans, cette même classe avait également réussi à concocter un coup de force - avec le soutien des grands médias - qui a duré trois misérables jours. Les masses ont alors dit « No Pasaran ».

Le candidat battu à la présidentielle, Henrique Capriles Radonski, soit dit en passant une sorte de nouveau né démocrate, puisqu’il avait été directement impliqué dans le coup d’État d’avril 2002 et avait même dû passer un certain temps en prison pour cette raison.

Le Venezuela a le meilleur coefficient de l’index Gini - qui signifie que c’est le pays avec le moins d’inégalités - sur l’ensemble de l’Amérique latine. Dans son rapport de janvier 2012, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (connu sous son acronyme espagnol, Cepal) atteste que le Venezuela et l’Équateur, entre 1996 et 2010, étaient les champions en matière de réduction de la pauvreté à travers toutes les Amériques.

Pendant ce temps, les Américains vivant aux États-Unis pourraient être surpris de savoir que l’index Gallup a classé le Venezuela, le « 5e plus heureux pays dans le monde ». Et pas seulement à cause de la Salsa...

Pas étonnant alors que les médias aux États-Unis, en Europe occidentale et en Amérique du Sud aient colporté des histoires de Vénézuéliens rêvant d’exil et de siroter des martinis à Miami. Mais le fait est qu’un grand nombre de jeunes Espagnols sans avenir en Europe vont au Venezuela pour trouver un emploi.

La diabolisation de Chavez dans les grands médias occidentaux est pitoyablement caricaturale - comme dans la récente obstination à proclamer sa mort imminente pratiquement sur une base journalière. Il leur a été difficile d’admettre que le cancer dont souffrait Chavez a été traité avec succès par des médecins cubains.

La raison principale de l’industrie de diabolisation de Chavez, c’est qu’il refuse d’être aligné sur les fantaisies géopolitiques de Washington. Il maintient des liens à la fois proches et complexes avec les dirigeants de la Chine (le Venezuela va dans un avenir proche, fournir à la Chine un million de barils de pétrole par jour), il soutient le droit de l’Iran à un programme nucléaire civil, il a soutenu Kadhafi jusqu’au bout contre ce qu’il a considéré comme une guerre illégale de l’OTAN, il soutient le gouvernement syrien contre ce qu’il considère comme étant des terroristes salafistes-jihadistes qui tentent de le renverser, et il a été une source ininterrompue d’inspiration en Amérique latine - de la Bolivie au Nicaragua, en passant par l’Équateur.

C’est un pile ou face pour savoir si Obama version 2.0 - pour ne pas mentionner une possible administration Romney encore aujourd’hui à distance - voudra réellement « s’engager » avec le Venezuela dans des conditions de respect mutuel.

Le Chavisme rencontre le Lulismo

Le Venezuela va connaître un taux de croissance de 5 pour cent en 2012 - bien au-delà de l’Argentine (2 pour cent) et du Brésil (1,5 pour cent). Il s’agit d’une économie partiellement socialisée qui produit plus d’emplois, plus de crédit, plus d’investissements étatiques ​​- et le résultat est une croissance économique soutenue.

En interne, la lutte des classes ne va pas magiquement disparaître. Les pauvres vont consolider leur situation, au moins dans un état de classe moyenne inférieure. Quant à la classe moyenne émergente et la classe moyenne supérieure, elles aspirent à plus de consommation. Le cancer au cœur du chavisme est essentiellement l’inefficacité et la corruption ; c’est la grande bataille interne à gagner. Comme le soutient James Petras, la clé de la réussite progressive des politiques sociales de Chavez est dans une lutte sérieuse contre la corruption dans la politique locale et dans l’administration.

En termes d’intégration de l’Amérique latine, il y a aussi de bonnes nouvelles. Le Venezuela est maintenant membre du Mercosur. Avec une intégration économique renforcée, il connaîtra une plus grande intégration politique dans l’Unasur - véritable syndicat de l’Amérique du Sud.

L’Amérique du Sud est engagée aujourd’hui dans un débat plus large sur l’émergence d’un inévitable consensus avec Washington. Deux écoles s’opposent : le chavisme, et ce qui a été présenté comme le consensus de Brasilia.

Le Chili, la Colombie et l’Uruguay peuvent être considérés comme des partisans du consensus de Brasilia - et même le Pérou, sous la présidence d’Ollanta Humala. Le consensus de Brasilia est évidemment synonyme de « Lulismo » - d’après le très populaire président brésilien Lula, qu’Obama a bien voulu considérer comme « un bon bougre ».

Le chavisme est cependant populaire en Bolivie et en Équateur. Puis il y a ceux qui hésitent - comme l’Argentine et le Paraguay, ce dernier avant le coup d’État contre Fernando Lugo.

Pourtant, pour l’essentiel ce qui est en jeu représente des différences mineures du point de vue du degré de socialisation de l’économie et de la poursuite d’une politique étrangère indépendante. Le modèle de base est partagée par tous : mettre l’accent sur la croissance économique, l’égalité sociale, la démocratie réelle et l’intégration progressive.

Un chavisme plus sobre, moins conflictuel et moins personnalisé fera des merveilles pour l’intégration latino-américaine. Mais d’énormes obstacles subsistent sur cette voie - comme le coup d’État au Paraguay, le coup d’État au Honduras, la manipulation des préoccupations écologiques afin de déstabiliser la Bolivie, l’obsession perpétuelle à Washington de diaboliser Chavez. Et il y a quelque chose que la majorité écrasante de l’Amérique latine ne peut pas oublier : la quatrième flotte américaine qui la surveille.

 

* Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007) et Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge. Son dernier livre vient de sortir ; il a pour titre : Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).

Du même auteur :

  Obama applique Syriana (*) ! - 11 août 2012
  Pourquoi le Bahraïn n’est pas la Syrie - 15 février 2012
  Tout ce qui brille est... pétrole - 28 janvier 2012
  L’OTAN rêve d’une guerre civile en Syrie - 15 décembre 2011
  Guerre de l’ombre en Syrie - 4 décembre 2011
  Ce chemin de Damas semé d’embûches - 1° décembre 2011
  Un mauvais procès de l’iranophobie nucléaire - 14 novembre 2011
  Comment l’Occident a fait main basse sur la Libye - 23 octobre 2011
  Libye : à présent, c’est la vraie guerre qui commence... - 17 septembre 2011

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 20:32

eric-hobsbawn.jpg« Il y a un temps pour tout, un temps pour les larmes, un temps pour les rires, un temps pour se lamenter et un temps pour danser. Si tu crois encore qu'il nous faut descendre Dans le creux des rues pour monter au pouvoir Si tu crois encore au rêve du grand soir Et que nos ennemis, il faut aller les pendre Dis-le-toi désormais Même s'il est sincère Aucun rêve jamais Ne mérite une guerre L'avenir dépend des révolutionnaires Mais se moque bien des petits révoltés L'avenir ne veut ni feu ni sang ni guerre. (J. Brel, La Bastille)


Lundi 2 octobre mourait à Londres, à l'âge de 95 ans, le grand historien britannique Eric Hobsbawm. Né en Allemagne, très tôt il fut intéressé par le marxisme et par la révolution bolchévique. Il dut quitter l'Allemagne après les lois anti-juives du IIIe Reich. Il s'installa en Grande-Bretagne Il resta fidèle au Parti communiste même après le rapport de Nikita Khrouchtchev qui avait dénoncé le stalinisme, lui. D'abord professeur en 1947 au Birkbeck Colleege de Londres, il fréquenta de nombreuses universités américaines tout en bâtissant une oeuvre consacrée à l'histoire européenne au regard du nationalisme et de l'impérialisme d'une part, des phénomènes révolutionnaires de l'autre.


L'oeuvre d'Eric Hobsbawm L'ouvrage le plus connu d'Eric Hobsbawm est sans aucun doute L'Age des extrêmes : consacré au "court XXe siècle" (1914-1991), qui a été traduit en près de quarante langues, et a reçu de nombreux prix internationaux. Ses travaux ont influencé des générations d'historiens et de politiciens. Il a beaucoup travaillé sur la question des nations et des nationalismes en Europe aux XIXe et XXe siècles. Ce dernier essai, paru en 1994 en Grande-Bretagne, ne fut traduit et publié en France qu'en 1999, après que les éditions Gallimard aient refusé le manuscrit.(1)


Le décès d'Eric Hobsbawm, constitue non seulement la perte d'un des plus grands historiens marxistes du XXe siècle mais aussi d'un des analystes les plus fins, à défaut d'être toujours le plus juste, du « siècle des extrêmes ». Hobsbawm laisse à la discipline historique une oeuvre riche et complexe, alliant, qualité rare, érudition et art de la synthèse. Une oeuvre marquée par un parti pris courageux, l'affirmation de toute la pertinence de la grille d'analyse marxiste pour l'étude de l'histoire contemporaine. Un parti pris forgé dans le « groupe des historiens du Parti communiste », centré autour de l'Université de Cambridge. Un parti pris marxiste incarné par trois grandes synthèses qui le firent connaître -l'Age de la révolution, l'Age du capital et l'Age des empires - couvrant le grand XIXe siècle, de 1789 à 1914. Son triptyque est ainsi un manifeste intelligent pour une histoire marxiste : illustration du rôle des révolutions dans la transformation des sociétés, les liens dialectiques entre infrastructure et superstructure, la formation du capitalisme moderne et sa main-mise directe et indirecte sur l'appareil d'Etat, son rôle dans l'émergence du colonialisme et de l'impérialisme, les contradictions internes et externes du système laissant un espace à une transformation révolutionnaire socialiste. » (2)

« Sans déterminisme ni dogmatisme de pensée, Hobsbawm a livré dans ses ouvrages des pistes d'analyse pour comprendre ce « court XXe siècle », si hâtivement déformé et caricaturé dans une certaine tradition académique comme désormais dans les manuels scolaires. Prenant à contre-pied la thèse « choc des totalitarismes », devenu pensée dominante - tout du moins dans le champ académique français - Hobsbawm livre l'analyse plus subtile de ce « choc des extrêmes ». Son ouvrage, unanimement salué par les critiques anglo-saxons comme une contribution majeure à l'histoire du XXe siècle, a pourtant dû affronter l'anti-communisme de l'intelligentsia française acquise aux thèses pourtant contestées ailleurs, sur le « communisme totalitaire » ou même « les révolutions totalitaires ». (2)


« Dès les années 1960, toutefois, il se fait un des partisans, avec certains de ses anciens camarades ayant quitté le parti comme E.P.Thompson, de la « New Left », une nouvelle gauche inscrite de plus en plus en rupture avec la tradition politique communiste. Cette position conduit Eric Hobsbawm à devenir un des principaux propagandistes outre-manche de l'« euro-communisme », ce courant promu par Santiago Carrillo et Enrico Berlinguer, les secrétaires des Partis communistes d'Espagne (PCE) et d'Italie (PCI), mettant en avant un européisme constructif, des politiques d'union de la gauche ou au-delà et enfin une perspective institutionnelle réformiste. (...) En 1991, il quitte le Parti communiste de Grande-Bretagne qu'il a contribué à liquider. Son interview dans The Guardian, en 2009, en est l'illustration. Pour lui, si « le capitalisme est en faillite », le « socialisme a échoué ». Hobsbawm se fait le défenseur d'une « économie mixte », défendant une politique réformiste dans lesquelles les références sont désormais le Labour et Amartya Sen, plutôt qu'un parti révolutionnaire ou Lénine. » (2)

 

Les acquis et les libérations des masses laborieuses

Si l'Urss en tant que superstructure a disparu, les luttes sociales - qui ont vu l'émancipation des peuples dans les pays capitalistes - n'ont pas disparu, au contraire elles sont plus que jamais d'actualité. Alain Gresh nous retrace les acquis du XXe siècle qui rendent pertinent le jugement de Hobsbawm : « La destruction du passé, ou plutôt des mécanismes sociaux qui rattachent les contemporains aux générations passées, est l'un des phénomènes les plus caractéristiques et mystérieux de la fin du "court XXe siècle" . (...) Mais, sous cette amnésie qui domine aujourd'hui, se cache une vision du siècle qui s'est achevé avec la chute du mur de Berlin en 1989, une lecture désespérée et désespérante des décennies passées : massacres, guerres mondiales, génocides, goulag, nazisme - un siècle réduit à une succession de cataclysmes. Ce pessimisme implique aussi que toute perspective de changement des rapports sociaux est vouée à l'échec. C'est l'historien François Furet qui dressera la philosophie de cette conception : il faut accepter le monde tel qu'il est... » « Pourtant, cette période qui va de 1914 à 1989 fut aussi celle de grandes avancées pour l'humanité. D'abord, et c'est sans doute le plus important, la chute des empires coloniaux « éternels » : alors que, en 1914, la grande majorité du genre humain vivait sous domination étrangère, que l'Afrique et l'Asie n'étaient pas maîtresses de leur destin, à la fin du XXe siècle, les indépendances politiques ont partout triomphé, et le colonialisme - malgré quelques tentatives de « réhabilitation » - a été renvoyé aux poubelles de l'Histoire. D'autre part, durant ce laps de temps, les luttes ouvrières ont abouti dans la majorité des pays européens à de grandes conquêtes : disparition progressive du travail des enfants la journée de huit heures et la semaine de quarante heures ; la sécurité sociale ; le salaire minimum ; la reconnaissance du droit syndical. Parallèlement, l'élargissement des droits politiques s'est accompagné d'une avancée sans précédent de l'émancipation des femmes. (..) » (3)


La vision étroite et le conformisme des éditeurs et intellectuels français Eric Hobsbawm explique lui-même les raisons du refus des éditeurs français : « L'ouvrage que voici est paru en 1994 en Grande-Bretagne et, peu après, aux Etats-Unis sous le titre Age of Extremes : The Short Twentieth Century, 1914-1991. Il devait être bientôt publié dans toutes les grandes langues de culture internationale, sauf une. (...) L'explication la plus concise nous vient, dit-il, de Lingua Franca, revue universitaire américaine dont la spécialité est de rendre compte des débats et des scandales intellectuels : « Il y a vingt-cinq ans de cela,L'Age des extrêmes eût été traduit dans la semaine, observe Tony Judt, historien de la New York University. Que s'est-il donc passé ? Il semble que trois forces se soient conjuguées pour empêcher la traduction de ce livre : l'essor d'un antimarxisme hargneux parmi les intellectuels français ; les restrictions budgétaires touchant l'édition des sciences humaines ; et, ce n'est pas le facteur le moins important, le refus ou la peur de la communauté éditoriale de contrer ces tendances. » Que ce livre soit paru peu avant le dernier grand succès de François Furet, Le Passé d'une illusion, « analyse tout aussi ambitieuse de l'Histoire du XXe siècle, mais beaucoup plus conforme aux goûts parisiens dans sa manière de traiter le communisme soviétique », a fait « hésiter les éditeurs français à sortir un ouvrage comme celui de Hobsbawm ».(4)


« Que Hobsbawm soit demeuré un homme de gauche impénitent serait « une gêne » pour la mode intellectuelle qui a cours aujourd'hui à Paris. Tel est aussi le point de vue de Pierre Nora, des éditions Gallimard.(...) On ne sait pas très bien si - ni dans quelle mesure - l'éditeur lui-même se reconnaît dans cette France où l'attitude de l'auteur « passe mal ».(...) La situation internationale demeure telle que je l'ai esquissée dans la première partie du chapitre 19. Que le « court XXe siècle » se soit terminé par une crise générale de tous les systèmes, et pas simplement par un effondrement du communisme, est l'une des thèses centrales de ce livre. Si besoin est, l'éruption, en 1997-1998, de la crise de l'économie capitaliste la plus grave depuis les années 30 le confirme ».(4) Pour Pierre Nora des éditions Gallimard, tous les éditeurs « bon gré mal gré, sont bien obligés de tenir compte de la conjoncture intellectuelle et idéologique dans laquelle s'inscrit leur production ». Toujours selon l'historien français, ce livre est apparu dans un contexte d'hostilité au communisme : « L'attachement, même distancié, à la cause révolutionnaire » de la part d'Eric Hobsbawm, « en France, et en ce moment, il passe mal ». L'historien britannique Tony Judt propose une autre analyse : le fait que L'Âge des extrêmes soit sorti peu avant le grand succès de François Furet, Le Passé d'une illusion, « beaucoup plus conforme aux goûts parisiens dans sa manière de traiter le communisme soviétique », a fait « hésiter les éditeurs français à sortir un ouvrage comme celui de Hobsbawm ».


Hobsbawm et Furet : deux visions du monde


En fait, c'est une lutte sourde entre deux visions de l'histoire,celle de François Furet du capitalisme triomphant et celle d'Eric Hobsbwam,- malgré la charte de l'Ursss ne se renie pas les intellectuels français s'explique aussi par l'anticommunisme ambiant de la classe intellectuelle française qui se reconnait plus dans l'oeuvre de François Furet avec « le passé d'une illusion » qu'avec « l'âge des Extrêmes ». Ouvrages traitant tous deux du communisme. Pour rappel, l'ouvrage de François Furet a consisté à « retracer la mythologie de l'Urss et du communisme dans l'opinion en général ». En préface, Furet, qui a été militant du PCF entre 1949 et 1959 considère que lui aussi a fait partie des « illusionnistes-illusionnés qui ont bâti le mirage du communisme ». « J'ai vécu écrit -il de l'intérieur l'illusion dont j'essaie de remonter le chemin à une des époques où elle était le plus répandue [...]. J'en suis sorti avec un début de questionnaire sur la passion révolutionnaire et vacciné contre l'investissement pseudo-religieux dans l'action politique ».


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 titre est une allusion à l'ouvrage de Sigmund Freud, L'Avenir d'une illusion Pour François Furet, la fin de l'adoration de l'Urss ne viendra pas que de la mort de Staline en 1953 mais aussi des débats suscités par le Rapport Khrouchtchev à partir de 1956. L'Urss disparaît en 1991 du fait de la gabegie des dirigeants et aussi du long travail de sape de l'Occident aidé par la papauté. Souvenons-nous du « N'ayez pas peur » d'un certain Karol Woytila, pape de son état, s'adressant aux mineurs à Gdansk haut lieu de la contestation et d'un certain Lech Walesa futur président de la Pologne et nobelisé pour services rendus au même titre d'ailleurs que Mikhaïl Gorbatchev.

« Il est vrai qu'à l'époque, la tendance était plus à la "fin de l'Histoire "et au "choc des civilisations" et que la vision historique d'Éric Hobsbawm n'était pas vraiment en phase avec de telles idées. Son ouvrage fut l'objet de refus de la part des éditeurs français et il fallut finalement l'initiative du Monde diplomatique pour voir traduite de la langue de Shakespeare à la langue de Molière les thèses historiques d'Éric Hobsbawm. Autant de difficultés à publier un tel ouvrage sur l'Histoire du XXe siècle reflète bien l'état de la pensée en France. Hors des dogmes libéraux-conservateurs, point de salut ! Ceux qui dérogent à cette règle sont ostracisés ! Le monde intellectuel français n'aime pas les idées contradictoires. Qu'un intellectuel ose encore s'affirmer comme marxiste est une injure pour ce petit monde constitué en partie d'anciens gauchistes trotskistes maoïstes convertis aujourd'hui au libéralisme et ayant abandonné leurs idéaux de jeunesse. Qu'un historien soit resté fidèle à ses idées, fussent-elles à contre-courant, cela est contraire à la tradition des girouettes que sont nos intellectuels français. Aujourd'hui, ceux qui sont restés fidèles à leurs valeurs sont en deuil, ils viennent de perdre l'un des leurs. Les tenants de la pensée unique libérale gagnent un peu plus de terrain : rares sont ceux qui s'étiquettent encore à gauche, plus rares encore sont les vrais marxistes. »(5)

 

Le journaliste Phillippe Marlière eut à l'interviewer en janvier 2005. Il nous livre quelques échanges : « (...) Il me demande quelle est mon opinion de Pierre Bourdieu, dont il était devenu proche. Je lui explique que le climat dans le monde intellectuel français a changé depuis les désespérantes années soixante-dix/quatre-vingts (« nouveaux philosophes », postmodernisme, ralliement d'ex-communistes à la droite conservatrice et au néolibéralisme). Je lui dis que les choses auraient tendance à repartir dans la bonne direction (essor des mouvements sociaux, succès d'Attac, nouvelle génération d'universitaires plus ancrée à gauche et davantage ouverte vers l'extérieur...). Il me parle de ces anciens marxistes, qu'il a bien connus et qui sont allés rejoindre les rangs des néolibéraux ou de la droite de combat : François Furet (« qui n'a pas produit grand-chose »), Annie Kriegel, Emmanuel Le Roy-Ladurie (« Je comprends mieux le passage à droite d'Emmanuel, en fait, il s'agit pour lui d'un retour a la maison' étant donné qu'il a été élevé dans un milieu réactionnaire. En outre, c'est un historien de talent. En tout cas, Braudel me disait toujours que Le Roy-Ladurie était le plus doué de sa génération »). (...) Voyageur infatigable, conférencier invité dans le monde entier, il concède une affection particulière pour l'Italie et l'Amérique latine, un continent où il fut reçu avec les égards réservés aux hommes politiques de tout premier plan.(...) »(6)

 

Le néo-libéralisme ne nous a pas amené le bonheur, au contraire, les masses laborieuses n'ont jamais été aussi désespérées. Le capitalisme sauvage le néolibéralisme prédateur et la mondialisation-laminoir sont les nouveaux cavaliers de l’Apocalypse. Les peuples souffrent les détresses sont partout. Partis de la Grèce, la protestation gagne du terrain. Pendant que les Cac40, les requins de la City s’empifrent les besogneux sont angoissés par les lendemains de plus ne plus problématiques. Eric Hobsbwam croyait en la nature humaine et au progrès. Ce qu’en ont fait les hommes, c’est une autre histoire. « Reposez en paix Eric Hobsbwam : que la terre vous soit légère. » Amen

 

 

1.L'historien britannique Eric Hobsbawm est mort Le Monde.fr avec AFP 01.10.2012

2. http://solidarite-internationale-pc...

3. Alain Gresh : Une autre histoire du XXe siècle. Le Monde diplomatique 5 juin 2008

4. Eric Hobsbawm : « L'Age des extrêmes » échappe à ses censeurs » http://www.monde-diplomatique.fr/19...

5.http://www.agoravox.fr/tribune-libr... 2 10 2012

6.http://blogs.mediapart.fr/blog/phil...

Professeur émérite Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mort-de-l-historien-eric-hobsbawn-123911

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 20:24

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La crise de la dette est là et pourtant, les députés sont appelés à voter le 7 novembre un budget de la Défense de plus de 39 Milliards d'euros. Ce choix budgétaire, morbide pour une économie moderne dans un monde globalisé, doit-il demeurer celui de la France ?


Ce budget est la conséquence de la réintégration de la France dans le commandement militaire de l'Otan et du vote de la Loi de programmation militaire 2010-2013 qui engloutira ces prochaines années 186 milliards d’euros au bénéfice de la Défense, dont 102 milliards seront consacrés à l’équipement des forces.


Ces sommes colossales devraient servir à éradiquer la faim dans le monde, assurer un accès à l'eau potable à tous, garantir une éducation primaire pour tous partout sur la planète. Ces objectifs sont sous-financés et pourtant ils correspondent à des engagements de la communauté internationale regroupés dans le "Programme d'action pour une culture de la paix et de la non-violence".


Le Mouvement de la Paix vous invite à vous mobiliser pour refuser ce budget intolérable et exiger des investissements dans les besoins sociaux, qui sont les seuls à permettre de résoudre la crise.


Pour cela :

  • Signez la cyber-pétition en ligne qui sera envoyée en votre nom aux parlementaires, députés et sénateurs, de votre département - cela ne prend que quelques instants;
  • Faites signer cette pétition autour de vous (en téléchargeant la pétition en un fichier pdf) et renvoyez les signatures au comité du Mouvement de la Paix de votre département ou au siège national du Mouvement de la Paix, Maison de la Paix, 9 rue Dulcie September, 93400 Saint Ouen;

  • Demandez un rendez-vous aux parlementaires de votre département pour les mettre devant leur responsabilité;

  • Faites suivre ce message (en format html) à vos connaissances pour former la chaîne de la paix.

Nous comptons sur vous.

Le Mouvement de la Paix

www.mvtpaix.org

 
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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 19:28

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Marie-Geneviève, Aïcha et Carine de l'Amicale du Pont-Blanc à Sevran


http://banlieue.blog.lemonde.fr/2012/10/24/a-sevran-trois-femmes-menent-la-fronde-contre-un-bailleur-indelicat/

 


Cela fait un an que les trois femmes se battent contre la Logirep. Un an de démarches, d’épluchage de documents abscons, d’espoirs et de désillusions. Dans leur petit local au rez-de-chaussée d’un bâtiment de la cité du Pont-Blanc, Aïcha, Marie-Geneviève et Carine ne décolèrent pas. Début septembre, le couperet est tombé : la filiale du groupe Polylogis, un des plus gros bailleurs indépendants de France, réclame aux quelque mille habitants de cette cité HLM de Sevran (Seine-Saint-Denis), quatre ans d’arriérés de charges locatives. 1,36 millions d’euros.

Les familles installées dans cette résidence sociale d’une des communes les plus pauvres de Seine-Saint-Denis doivent donc s’acquitter d’un rappel qui s’élève entre 100 et 274 euros pour 146 foyers mais entre 450 euros et 850 euros pour 577 foyers. Alors les trois battantes ont ressorti leurs armes : une lettre individuelle que chaque résident doit envoyer au bailleur pour lui signifier son refus de payer. Une centaine sont déjà parties. Une mobilisation collective qui est une première dans cet ensemble de logements très modestes.

"Une cité à l'abandon"

Les trois femmes ont monté, voici un an, l’Amicale des locataires de la cité. C’était en juin 2011, deux mois après que les habitants aient reçu un rappel de charges. Le coup de massue financier ne passe pas dans ce quartier déshérité. Aïcha lance la fronde en appelant les habitants à venir en masse à la permanence de la Logirep tenue pour recevoir les locataires. « Les gens se sont lâchés en parlant de leur cité à l’abandon et criant qu’ils ne paieraient pas », se souvient la trentenaire, jolie brune au chômage.

« Les représentant de la Logirep avaient tellement de mépris en nous renvoyant la responsabilité des dégradations », renchérit Marie-Geneviève, une sexagénaire à la mise soignée. Le soir même, lors d’une assemblée générale improvisée, elles lancent l’association. Quelque 150 personnes vont y adhérer, apprenant d’un coup à sortir de l’isolement. Le boycott est décidé. « Ici on a des gens qui ne mangent pas tous les jours. Payer pour des conditions de vie aussi dégradées, c’est non ! », justifie Aïcha.

531 634 euros d’"erreurs de calcul"

Car derrière l’aspect presque propret des bâtiments - « la « cité basse » faite d’immeubles de quatre étages, « la cité haute » de tours de 15 niveaux -, la réalité du Pont blanc est d’abord celle du délabrement. Ce sont les rats qui courent dans les canalisations, les fuites dans les plafonds, les ascenseurs régulièrement en panne, la chaussée pleine de nids de poule, des allées plongées dans le noir dès la nuit tombée, le trafic de drogue et les armes qui circulent. Le soir, les femmes avouent ne plus sortir et pour toute installation récréative, les enfants s’amusent à construire des cabanes avec des caddies retournés sur le terrain défoncé.

Le salarié de la Logirep responsable de la cité est aux abonnés absents. Les mères de famille, aidées de l’antenne départementale de la Confédération nationale du logement (CNL), vont réclamer les factures d’opérations de rénovation annoncées pour justifier l’augmentation des charges, et les éplucher minutieusement. Elles vont découvrir 531 634 euros d’erreurs de calcul, de factures fantaisistes et de travaux non faits.

"Si on ne fait pas payer, il n’y a plus de bailleur"

Devant la mobilisation des habitants, le bailleur envoie un nouveau responsable, reconnaît des « erreurs de gestion » et fait effectuer quelques travaux pour éviter le rats. L’ardoise n’est cependant pas effacée. « On a régulé avec retard mais on reste dans le cadre de la loi qui nous autorise à réclamer jusqu’à cinq ans d’arriérés », justifie Patrice Vitteaux, le directeur général de la Logirep. A ses yeux, en opérant un abattement - qui en fait correspond aux fameuses « erreurs de calculs » - et en étalant le remboursement, la Logirep aurait pris en compte que « les habitants sont des gens modestes » : « avec l’étalement, nous réclamons 15 euros par mois en moyenne », argumente-t-il.

L’association réclame aujourd’hui l’effacement de la dette jusqu’en 2010. « Impossible, rétorque M. Vitteaux. Ce sont des charges dues, le chauffage a été consommé et le gardiennage effectué. Si on ne fait pas payer, il n’y a plus de bailleur ». Aïcha et ses deux amies n’en démordent pas : en refaisant l’installation de chauffage en 2006 - 850 m2 de panneaux solaires primés par l’ADEME ! - le bailleur avait promis une baisse des charges. Or elles ont doublé en quatre ans. La mairie de Sevran s’en est mêlé comme le député François Asensi (Front de gauche) qui a réclamé, à son tour, une annulation de la dette. En vain. Les nouvelles militantes ne veulent pas s’arrêter, « prêtes », disent-elles « à aller en justice si la Logirep ne bouge pas ».

En attendant, elles savourent étonnées la nouvelle ambiance créée au Pont-Blanc. « La solidarité s’est réveillée », constate Aïcha. « On a appris à être plus fortes à plusieurs », renchérit Carine, jeune mère en congé parental. Elles sont aujourd’hui fières du chemin parcouru. Juste avant l’été, elles ont emmené une soixantaine de femmes au théâtre à Paris voir le comique Cartouche  parce que comme le résume Aïcha, « c’est toujours les femmes qui sont en réunion, qui se mobilisent ». « Alors on a voulu se faire plaisir. Et on a toutes tellement ri… ».

Sylvia Zappi

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 13:03

ericjalade.jpgQuelques remarques critiques sur le projet de base commune.


Intervention d’Éric Jalade (Fédération du Tarn) lors du Conseil National du PCF.


13 octobre 2012. 


Je dis cela, en découvrant le texte depuis hier1, avec une première lecture attentive depuis lors.

Je partage évidemment, comme vous, l'ambition initiale, à la fois d'avoir un texte qui fasse événement – sous forme pourquoi pas d'un manifeste – et qui parle à notre peuple et aux communistes, au vu des enjeux.

Il y a, heureusement, des paragraphes et des idées dont les développements me semblent utiles, pertinents et nous rassemblent, nous sommes tous adhérents au PCF …

J'ai entendu quelques camarades, ce matin parler d'un « texte qui a du souffle » … Je ne partage pas cet avis, je vais essayer de m'en expliquer. Il y manque, selon moi, un souffle révolutionnaire, à la hauteur des souffrances de notre peuple qui est écrasé par le capitalisme.

 

D'abord quelques mots sur le style.

Ce texte me donne trop souvent l'impression d'une écriture ampoulée, parfois confuse ou redondante, émaillée de références dont on pourrait se dispenser et qui n'apportent rien à la cohérence et à la précision du propos (« quelle humanité voulons-nous être ? », p.12 - « le tranquille autochtone seul face aux barbaresques menaçants » ; un « lieu essentiel du faire peuple » p.10 ; « nous voulons écrire la saison deux » , p.28 ...).

Évidemment, ces remarques ne sont pas exhaustives.

Je centrerai l'essentiel de mes remarques sur le fond.

On relève une prédominance des thématiques idéologiques issues de la mutation, impulsée par Robert Hue il y a déjà une quinzaine d'années, avec le succès que l'on connaît... Ces thématiques font une part prédominante, me semble-t-il, aux questions sociétales, au détriment des questions sociales, en s'éloignant du marxisme, alors que nous vivons une crise terrible du capitalisme, en France comme en Europe : 9 millions de pauvres, 5 millions de chômeurs, travail partiel, bas salaires, retraités dans des situations de grande détresse et de grande pauvreté ...

Ce sont ces questions là qui préoccupent notre peuple, pas les « faux débats » montés et agités par les médias dominants comme autant de contre-feux pour masquer la dureté de la situation sociale et détourner l'attention des questions fondamentales et de la lutte des classes.

Je ne prendrai qu'un exemple, la mise sur le même plan du « patriarcat » et de la domination capitaliste dans la société française du début du XXIe siècle m'interroge vivement.

Selon moi, ce texte ne parle pas suffisamment aux classes populaires, en raison de son approche et de sa cohérence (ou plutôt de sa confusion) idéologique.

Ce discours peut peut-être concurrencer le PS ou EELV pour tenter de séduire la petite et moyenne bourgeoisie (pour ne pas dire les « bobos »), mais il ne me semble pas forcément de nature à convaincre ou à (re)conquérir les classes populaires, ce qui est notre fonction historique. Nous sommes historiquement le « parti de la classe ouvrière » – et nous devons viser des alliances de classes - évitant ainsi le « solo funèbre » (pour reprendre la formule de Marx).

Comme cela a été dit, le mouvement des retraites de 2010 est absent du texte, alors que cela a été une lutte d'ampleur historique, certes conclue par une défaite, mais encore faut-il tenter d'en tirer les enseignements et en faire l'analyse.

Je veux bien admettre que ce type de texte ne vise pas à l'exhaustivité et n'a pas la dimension d'un programme. Néanmoins, il manque des axes programmatiques et des batailles - avec des mots d'ordres rassembleurs - nous permettant de mettre notre parti en mouvement et par là même d'entraîner notre peuple dans de grandes luttes.

Il manque, dans la philosophie du texte, nombre de fondements théoriques qui aident à la compréhension du réel, du monde tel qu'il est – la référence au marxisme, la perspective du socialisme, notre rapport à la classe ouvrière et plus largement au monde du travail, pas seulement aux « individus ».

Pour prendre un exemple simple, Bernard Arnault ou les prétendus « pigeons » sont autant des individus que les travailleurs victimes des plans de licenciements - dans le privé comme dans le privé - ou les salariés qui subissent la répression patronale.

L'antagonisme entre les forces du capital et du travail est extrêmement violent et avec la crise, il s'accentue terriblement dans cette période.

 

Sur les nationalisations, je relève, qu'il y a à nouveau, très timidement, le mot, mais comment pourrait-on ignorer ce qui est en train de devenir une aspiration populaire et une revendication syndicale. Cette question mériterait que nous impulsions de grandes batailles politiques dans la durée, elles correspondraient évidemment à la nécessité de reconstruire un appareil productif que la grande bourgeoisie démantèle aujourd'hui sur le territoire national.

Ainsi, nous pourrions agir, en défendant constamment les services publics qui continuent d'être attaqués (voir Budget 2013) et les statuts des personnels, pour des avancées progressistes et des nationalisations démocratiques dans les secteurs de l'eau, de l'énergie (EDF-GDF), l'industrie automobile (PSA, Renault), dans l'agroalimentaire, l'industrie pharmaceutique ...

Par ailleurs, je voudrais indiquer mon désaccord sur l'articulation entre les batailles nationales et la dimension européenne.

L'Union Européenne n'est pas définie comme ce qu'elle est, c'est à dire un outil au service du capital avec des institutions qui corsètent les peuples, laminent les droits des travailleurs et empêchent l'expression démocratique.

L'outil qu'est le PGE, complètement intégré à l'appareil de l'Union Européenne, ne permet pas de se défendre – et pour cause ! - face aux attaques que l'UE porte aux acquis sociaux et aux droits des peuples.

Le bilan de la construction européenne est largement vécu négativement par l'électorat populaire, tout comme la mondialisation et ses corollaires. L'expérience concrète de notre peuple - austérité, casse, depuis des décennies, de pans entiers de notre industrie - se traduit par un rejet croissant de l'intégration européenne. Peut-on faire comme si cela n'existait pas? Nous ne pouvons pas continuer dans ce déni. Ce serait en outre courir le risque que cette colère populaire soit plus encore récupérée et détournée par les fascistes et l'extrême droite xénophobe.

Sur le plan international, il manque là encore des axes d'intervention et de mobilisations concrètes en faveur de la paix et contre l'impérialisme et notamment l'OTAN – Proche-Orient, Syrie, Iran, Israël, Afrique ... - comme notre parti a pu l'impulser de manière remarquable tout au long de son histoire. Nous devrions agir pour la sortie de la France de l'OTAN, en faveur du désarmement (y compris unilatéral) ce qui serait là, pour le coup, un vrai changement en matière de politique de défense. Il y a, sur l'état du monde, une vision idéaliste et qui n'analyse pas correctement les rapports de force actuels, les rivalités inter-impérialistes, et surtout la politique de l'impérialisme américain et ses responsabilités actuelles dans les conflits et les guerres.

Sur la question du parti et du Front de gauche.

Il manque un vrai bilan sur la dernière période. Je voudrais me faire l'écho d'une inquiétude qui existe, celle de l'effacement du parti, au profit d'un « Front de gauche » qui se transformerait peu à peu en parti.

La question de la visibilité de notre parti dans la vie publique, dans les médias est une question qui est largement posée. D'autres composantes du front de gauche avancent nettement dans le sens de la transformation de celui-ci en parti ...La poursuite du front de gauche, sous sa forme actuelle risque d'aboutir à la constitution d'un parti, subornant le PCF à celui-ci, de surcroît dans le cadre institutionnel du Parti de la Gauche Européenne.

 

Notre parti doit donc impulser des batailles avec l'ambition d'avancer vers des ruptures décisives, d'abord à l'échelle de notre pays. Le cadre national demeure un cadre pertinent d'intervention car, c'est, je crois d'abord à l'échelle nationale que les ruptures révolutionnaires peuvent s'opérer (toute l'histoire depuis l'époque moderne le démontre, notamment celle de notre pays, ou si l'on regarde aujourd'hui du côté de l'Amérique Latine). 

Enfin, le texte fait référence à la figure de Jaurès, à juste titre. En revanche, il ne fait nullement référence à celle de Lénine …

Donc, Jaurès, oui, bien sûr, mais sans oublier Lénine ! 

 

1 Il s'agit de la version initiale (avant amendements) que nous avons eu à disposition avant le CN. A noter, également, que la discussion sur les amendements n'a eu lieu que dimanche matin, de 10 heures à 12 heures …

2Il s'agit des numéros de pages issus de la version initiale.

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