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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 20:03

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A l'attention de :

la section PCF

et de la Jeunesse Communiste

20 rue emile gueymard

38000 Grenoble

 

 

Valenton,

LE 21/10/2012

 

 

 

La section du Parti Communiste Français de Valenton (94), condamne avec la plus grande fermeté, l'agression dont ont été victimes 6 militants de la Jeunesse Communiste à Grenoble et ce de la part d'un groupe fascisant.

 

Nous souhaitons à nos jeunes camarades blessés, un prompt rétablissement et les assurons de notre entière solidarité.

 

Alors que l'extrême-droite tente, avec un certain succès du côté de l'Ump, de stigmatiser des pans entiers de la population,

 

Alors que le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, tergiverse quand à interdire les groupuscules de nazillons qui paradent dans les rue de Lyon et d'ailleurs, préférant l'exclusion des Roms à celle des barbares,

 

Alors que les gestes doivent , très rapidement, se joindre aux promesses électorales de François Hollande pour un véritable changement à gauche,

 

Alors qu'agir contre l'austérité qui affaiblit et affaiblira la France et son peuple et portera des coups terribles aux solidarités, est un devoir de citoyenneté,

 

Alors que les capitulations face au Medef, à l'ensemble du patronat tendent à désarmer le mouvement populaire, ravivant ainsi les espérances des Le Pen, père et fille, nièce et consorts.

 

Alors que pour riposter à la peste brune, il faut rompre avec le capital et ses serviteurs les déterminés que sont, partout, les milices d'extrême-droite.

 

Alors ce n'est certainement pas un hasard, ces agressions qui se multiplient autour de la date de la mise à mort des héros de Châteaubriand, et parmi eux, Guy Môquet.

 

C'est en même temps, la reconnaissance que les communistes et, notamment les plus jeunes d'entre eux, ont été, sont et seront toujours présents pour la défense des libertés démocratiques, car « le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde ». 

 

La section du PCF et le groupe communiste et Républicain

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Published by valenton rouge - dans Parti Communiste Français
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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 20:00

manif-JC-bastille.jpgSix jeunes communistes ont été agressés à Grenoble par des militants se revendiquant "sans ambiguïté possible de l'extrême droite", l'un d'eux souffrant "d'une fracture importante au nez", a annoncé lundi le parti communiste. Ces jeunes militants ont été victimes de deux agressions distinctes à 23H00 et 23H30 alors qu'ils sortaient du local du parti communiste de l'Isère, près de la gare de Grenoble, indique le communiqué en parlant de "traquenard" et de "piège".

"Une plainte a été déposée et nous espérons une réponse ferme de la part des pouvoirs publics pour condamner ces agissements", ont ajouté les Jeunes communistes dans un communiqué distinct.

La police n'a pu être jointe dans l'immédiat pour confirmer ces informations.
En soutien à ses jeunes militants, le parti communiste appelle à un "rassemblement pacifique" mardi 30 octobre à 18H00 à Grenoble.

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 11:41

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Paris- Réplique sismique de la décapitation de la hiérarchie militaire syrienne, le 18 juillet dernier à Damas (1), l’assassinat du Général Wissam Al-Hassam, l’homme lige du clan Hariri sur le plan sécuritaire au Liban, a retenti comme un revers stratégique majeur du camp atlantiste, à forte charge symbolique, à forte portée psychologique.

 

Se superposant à la destruction des sanctuaires de Tombouctou (Nord Mali) par les affidés du Qatar, Ansar Eddine, et à l’assassinat de l’ambassadeur des Etats-Unis en Libye, Christopher Evens, à la date hautement symbolique du 11 septembre à Benghazi par les obligés néo islamistes de l’Amérique, le dégagement sanglant de Wissam al Hassan, va sans nul doute opérer un profond bouleversement du paysage politique tant au Liban, qu’au-delà, sur l’ensemble du Moyen orient.

 

Survenant trois mois jour pour jour après l’attentat de Damas, la déflagration de Beyrouth, le 19 octobre, en plein fief chrétien de la capitale libanaise, constitue une parfaite illustration des dérives incontrôlées du conflit syrien et de ses retombées sur le Liban, dont les conséquences pourraient s’avérer gravement dommageables tant pour le clan Hariri au Liban, que pour son parrain saoudien, que pour leur parrain commun, les Etats-Unis, par ricochet pour la Syrie elle-même et le clan Assad et ses alliés, alors que la zone frontalière syro libanaise paraît complétement gangrénée par des trafics en tous genres, d’infiltrations de djihadistes de tous poils et d’apprentis sorciers sulfureux surgis de nulle part à la recherche d’odeurs de poudre, prélude à la constitution d’un «Sunnitoland».

 

A cinq mois de l’ouverture du procès Hariri à la Haye, la disparition de ce témoin faisandé, embourbé dans la gestion d’un nouveau mystérieux faux témoin de l’affaire Michel Samaha, Milad Kfouri, pour cruel que soit ce constat, arrangerait bon nombre de protagonistes de cette épreuve de force interminable entre le camp atlantiste et ses contestataires régionaux en vue de la maîtrise du jeu régional.

Quelle soit ou non impliquée dans cet attentat, quelle que soit son degré d’implication, la Syrie va immanquablement être pointée du doigt et criminalisée selon un processus identique à celui qui a prévalu lors de l’attentat contre l’ancien premier ministre Rafic Hariri, le 15 Février 2005.

 

Au-delà des accusations fondées ou pas, force est toutefois d’admettre que le fait que l’attentat se soit produit en plein fief chrétien de la capitale libanaise, à proximité d’une permanence du parti Phalangiste, une des principales formations chrétiennes libanaises, témoigne, sept ans après le retrait syrien du Liban, sinon de la dextérité des services syriens, si les charges anti syriennes étaient fondées, à tout le moins de la négligence coupable de la victime et de ses services qui n’auront su, en dépit des considérables moyens mis à leur disposition, déjouer les menées hostiles.

 

L’homme bénéficiait d’une sorte de passe-droit et ses services d’un quasi de statut d’extra-territorialité du fait de ses protections pétro monarchiques, dont il a usé et abusé pour impulser, malgré ses déboires, sa promotion aux plus hauts échelons de la hiérarchie militaire et doté ses services d’un important budget et d’équipements sophistiqués fournis abondamment par les pays occidentaux.

 

L’élimination du chef d’un service de renseignements à la dévotion de la famille Hariri, ancien garde de corps rescapé lui-même de l’attentat contre ancien premier ministre Rafic Hariri, au rôle primordial dans la mise en circulation de «faux témoins» du procès Hariri et de l’enquête à charge du Tribunal Spécial sur le Liban, paraît devoir fragiliser considérablement le leadership politique du Clan Hariri au Liban, rendant même problématique le retour dans l’immédiat à Beyrouth du chef du clan Hariri son chef, l’ancien premier ministre Saad Hariri, en exil depuis le début du «printemps arabe», il y a deux ans.

Personnage clé des opérations de déstabilisation anti-syriennes, interlocuteur privilégié des services français et américains, artisan de l’arrestation de l’ancien ministre libanais pro syrien Michel Samaha, maître d’œuvre du rapprochement franco syrien sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Wissam Al Hassan était surtout et avant tout la dague sécuritaire du dispositif régional saoudien.

 

Son assassinat revêt dans cette perspective un magistral camouflet au maître d’œuvre de la contre-révolution arabe, le Prince Bandar Ben Sultan, le chef des services de renseignements saoudiens en ce qu’elle le prive d‘un de ses plus fidèles lieutenants, alors que le Royaume se trouve en phase de turbulence avec les révoltes populaires de la région d’Al Assir, fragilisé par l’absence des principaux dirigeants du pays, Le Roi Abdallah, en hospitalisation prolongée hors du pays depuis trois mois, de même que le ministre des Affaires étrangères, Saoud Al Faysal.

Dans la tradition des chefs du renseignement du Moyen-Orient, le général Hassan est un personnage énigmatique, redouté dans son propre pays, comme l’était son modèle maronite Johnny Abdo. Et si le masque énigmatique masquait en fait une réputation non justifiée?

 

Johnny Abdo, le mentor maronite

 

Les légendes ont la vie dure, quand bien même l’état de service ne le justifie pas.

Bachir Gemayel, président du Liban en 1982, et Rafic Hariri, chef du gouvernement en 1992, auront eu le même mentor: Johnny Abdo, ancien chef du service des renseignements de l’armée libanaise, dont son parrainage leur sera fatal en même temps qu’il le discréditait. Mais cet homme énigmatique, au rôle occulte, interface des services occidentaux pendant trente ans, continue de bénéficier d’un halo de mystère.

 

Conseiller militaire du chef phalangiste durant la guerre civile en infraction à ses fonctions officielles au sein de l’armée régulière libanaise, son agent de liaison auprès des services occidentaux et de leurs alliés régionaux, cheville ouvrière de la campagne visant à son élection à la tête de l’état libanais en remplacement du président Elias Sarkis, dans la foulée de l’invasion israélienne du Liban, en 1982, puis de la campagne visant après son assassinat à propulser son frère aîné Amine à sa succession, Johnny Abdo est un homme de l’ombre par excellence.

Le flou entretenu sur ses origines, il serait de souche palestinienne, la rapidité avec laquelle il aurait été naturalisé, sa facile incorporation dans l’armée qui plus est dans un service aussi sensible que le renseignement, la consonance anglo-saxonne de son prénom dans un environnement arabe, la singularité pour ce colonel de décliner son identité selon son statut civil et non par son grade dans l’armée, contrairement à l’usage observé par tous les officiers libanais passés à la notoriété, ont accentué le mystère qui l’entoure.

 

Ancien bras droit du Colonel Gaby Lahoud, véritable patron du renseignement moderne libanais et artisan de son intrusion dans la vie politique locale après la première guerre civile libanaise, en 1958, homme de sang-froid sans état d’âme apparent, d’origine étrangère cultivant le secret de surcroît, Johnny Abdo focalise une large part de la vive suspicion que les Libanais nourrissent à l’égard d’une institution qui pendant près de deux décennies est apparue comme le gouvernement occulte du Liban aux procédés jugés sans rapport avec l’éthique démocratique et républicaine.

 

S’il peut se targuer d’avoir propulsé ses deux poulains au pouvoir, son bilan est sujet à caution. Bachir Gemayel, éphémère président du Liban, a été tué dans un attentat quelques jours avant sa prise fonction, alors que Rafic Hariri, s’il a battu un record de longévité gouvernementale dans l’histoire du Liban avec un double mandat de dix ans, a implosé en pleine trajectoire après avoir mis en coupe réglée l’économie du pays et grevé le trésor d’une dette publique de 42 milliards de dollars.

Mais le reproche le plus grave que cet homme de l’ombre encourt est d’avoir fourvoyé le camp chrétien dans une alliance exclusive avec les Israéliens au mépris du voisinage arabe du Liban, accentuant son isolement; d’avoir instrumentalisé son propre camp pour satisfaire des ambitions présidentielles, et, au niveau de l’armée, d’avoir rompu la traditionnelle fraternité d’armes lors de l’élection présidentielle libanaise de 1998.

 

La ténébreuse affaire du faux témoin syrien Mohamad Zuheir Siddick, témoin à charge contre la Syrie dans le procès en instance de l’assassinat de Rafic Hariri, qui lui aurait été partiellement imputée, aura été fatale à sa réputation, le signe patent de l’échec d’un homme qui aura sinistré son pays plus qu’aucun autre et voué au bûcher deux de ses poulains pour la satisfaction de ses ambitions présidentielles contre les intérêts à long terme de son pays.

Johnny Abdo fait l’objet d’une citation à comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris, sur requête du Général Jamil As Sayyed, ancien directeur général de la sûreté libanaise, un des quatre officiers arbitrairement détenus pendant trois sur la base des dépositions du faux témoin en question. Un épisode qui a couvert de ridicule le Tribunal spécial sur le Liban et les auteurs de la manipulation. L’échec est patent. Mais la légende perdure.

 

Le disciple: Wissam Hassan, la version sunnite de l’homme de l’ombre

 

Son zèle scolaire lui a sauvé la vie, mais gâché sa vie. Lors du plus fort séisme politique de l’histoire moderne du Liban, le plus important attentat meurtrier de l’histoire de ce pays, qui a emporté 23 personnes et blessés plus d’une centaine blessés, dont l’assassinat de l’espoir de l’Occident en terre arabe, Rafic Hariri, l’homme en charge de sa protection était tranquillement assis sur les bancs d’un amphithéâtre de l’Université libanaise, entrain de noircir sa copie.

Un hasard qui lui a certes sauvé la vie, mais gâché sa vie, l’empoisonnant même au-delà de toute attente, tant est lourde la suspicion qui pèse sur cet homme animé d’un pressant besoin de respectabilité universitaire.

 

Son nom sera ainsi irrémédiablement associé au grand ratage de sa vie, l’assassinat de Rafic Hariri, dont il était chargé de sa protection rapprochée, qu’il n’a ni prévu, ni anticipé, ni entravé, ni déjoué, davantage préoccupé par sa promotion universitaire que par la sauvegarde de son bienfaiteur.

 

En pleine épreuve de force entre la Syrie et son patron, au paroxysme d’un conflit régional, dont des personnalités libanaises, notamment Marwane Hamadé, ministre des télécommunications (octobre 2004), en étaient déjà les victimes, au titre de dommage collatéral, signe annonciateur de plus grands malheurs, sur fond d’un traumatisme psychologique majeur provoqué par l’éviction du pouvoir des sunnites d’Irak et la propulsion, pour la première fois depuis Saladin (Salah Eddine Al Ayoubi), d’un Kurde à la tête de l’ancien siège de l’Empire, Bagdad, ancienne capitale des abbassides, (Janvier 2005), à l’arrière-plan d’un bain de sang quotidien et d’une fermentation intégriste au Liban, Wissam Al-Hassan, avait demandé d’anticiper la soutenance de sa thèse, couronnement d’un enseignement en informatique à l’Université libanaise sous la conduite du professeur Yahya Rabih.

 

Une thèse qui portait, non sur la stratégie de contre guérilla, ou, les règles d’engagement des actions armées en milieu insurrectionnel urbain, voire même le décryptage des réseaux de télécommunications, alors noyautées par les services occidentaux et Israéliens, mais en Sciences Humaines sur le “Management et relations humaines” sans qu’il ait été possible de savoir si cet intitulé anodin couvait l’art de la manipulation de l’opinion ou la gestion de faux témoin comme cela se révélera par la suite.

 

Un étrange alibi

 

Responsable de la sécurité de Rafic Hariri au moment de son assassinat, il était devenu le principal point de contact entre l’enquête et les Forces de sécurité intérieure. Sauf que le chef des gardes de corps, grassement payé, n’était pas dans le convoi le jour de l’explosion. Et son alibi manque de conviction.

 

Selon les révélations de la télévision publique canadienne CBC, en date du 22 novembre 2010, le Colonel Wissam Hassan dira aux enquêteurs de l’ONU, le 9 juillet 2005, que la veille de l’assassinat, le 13 février, son professeur, Yahya Rabih, lui avait téléphoné pour l’informer qu’il devait passer un examen le lendemain.

 

Vingt minutes plus tard, a-t-il dit aux enquêteurs, Hariri l’a appelé pour lui demander de venir le voir. Le colonel Hassan s’est présenté à la résidence de Hariri à 21 h 30 ce soir-là, et a obtenu la permission de son patron d’aller passer son examen le lendemain. Il a passé toute la matinée du lendemain à étudier pour cet examen, a-t-il expliqué aux enquêteurs de l’ONU, et a débranché son téléphone à son arrivée à l’université, soit à peu près au moment où Hariri est mort. “Si je n’avais pas passé cet examen, a dit Hassan aux enquêteurs, j’aurai été avec Hariri au moment de sa mort.

 

Mais le relevé des appels téléphoniques de Hassan donnait une toute autre version des faits. En réalité, c’est en fait tait le colonel Hassan qui avait pris l‘initiative d’appeler son professeur, et non l’inverse.

 

Les stations cellulaires autour de la maison du colonel Hassan montraient également que, le lendemain, il avait passé les heures précédant l’assassinat de Hariri au téléphone, soit le temps qu’il avait soi-disant passé à étudier. Il a fait 24 appels, soit en moyenne un appel toutes les neuf minutes.

Ce que les enquêteurs de l’ONU trouvaient également bizarre, c’était que, normalement, les hauts responsables des services de sécurité du Liban ne passent pas d’examens. “Son alibi est faible et incohérent, dit un rapport confidentiel de l’ONU, qui qualifie Hassan de “possible suspect dans le meurtre de Hariri”.

 

Le rapport, dont CBC News a obtenu une copie, a été rédigé fin 2008 pour Garry Loeppky, un ancien haut gradé de la GRC qui avait repris le poste d’enquêteur en chef de l’ONU cet été là. L’alibi de Hassan, pouvait-on lire dans le document, «ne semble pas avoir fait l’objet d’une vérification indépendante”. Ce n’était pas par manque de volonté de la part des enquêteurs de l’ONU. Ceux-ci auraient voulu vérifier l’alibi de Hassan. Mais M. Serge Brammertz, le deuxième commissaire de l’ONU, avait catégoriquement rejeté l’idée. Il considérait Hassan comme un contact trop important et que toute enquête de ce genre serait trop dérangeante.

 

Une enquête sous tension

 

Le rapport confidentiel concède qu’une enquête sur Hassan pourrait avoir des inconvénients: “Les relations de la commission avec les FSI pourraient en souffrir et si, d’une manière ou d’une autre, il a été impliqué dans le meurtre de Hariri, le réseau pourrait décider de l’éliminer”.

 

Néanmoins, le rapport affirme que le colonel Hassan “est un interlocuteur clé pour la commission – il est particulièrement bien placé pour influencer notre enquête. C’est pourquoi il importe de résoudre certaines questions concernant sa loyauté et ses intentions. Il est donc recommandé de mener une enquête discrète sur WAH ” Mais même cela n’a pas été fait.

 

La direction de la commission de l’ONU a ignoré la recommandation. Aujourd’hui encore, d’anciens enquêteurs de l’ONU ont des soupçons sur Hassan qui, font-ils remarquer, a finalement été éliminé du cercle de l’enquête. “C’était un personnage louche, a dit de lui un ancien haut responsable de l’ONU. Je ne crois pas qu’il ait participé au meurtre, mais il est impossible de dire ce qu’il savait”.

 

Bien qu’il leur ait été intimé l’ordre d’abandonner cette piste, les enquêteurs de l’ONU ont réussi à récupérer les registres des appels téléphoniques de Hassan pour la fin de 2004 et pour 2005 au complet. Durant cette période, il avait eu 279 discussions avec Hussein Khalil, l’adjoint principal du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Khalil, de son côté, avait parlé 602 fois avec Wafik Safa, connu dans le milieu du renseignement comme étant l’homme fort du service de sécurité interne du Hezbollah.

 

Mais personne n’a interrogé Hassan non plus au sujet de ces appels.

 

Toutefois, Hassan avait également ses défenseurs. Il est resté un proche allié du fils de Hariri, Saad, l’ancien premier ministre du Liban, qui lui a renouvelé sa confiance après ses révélations.

 

L’homme pouvait rendre service et le prouvera dans sa gestion du faux témoin Zuhayr Muhammad Siddiq remonte à septembre 2005. Le 26 septembre 2005, la commission d’enquête internationale entend la déposition de Siddiq en présence du Colonel Hassan. Le lendemain, Siddiq établit une reconnaissance de sa participation directe à l’assassinat de Hariri, un document contresigné par l’officier libanais.

 

Depuis, Hassan était accusé d’avoir participé à la falsification de la déposition. Le colonel rejettera cette accusation assurant que sa présence était uniquement justifiée pour les besoins de la traduction des propos tenus en arabe par Siddiq. Des accusations persistantes de l’opposition libanaise désignent le Colonel Hassan comme l’homme qui, sous l’autorité du clan Hariri, a assuré la gestion du dossier du faux témoin Zouheir Siddiq.

 

Dans un zèle compensatoire, Wissam Hassan veillera à maintenir l’enquête sur les rails menant à la Syrie, dégageant de son passage, pour s’y substituer, les quatre officiers supérieurs en charge de la sécurité du pays, qu’il expédiera en prison, tant pour mettre la main sur les dossiers sensibles de l’affairisme syro-Haririen au Liban, que pour pourvoir au ravitaillement du Tribunal Spécial sur le Liban de son contingent de faux témoins.

 

L’homme que l’héritier vouait à prendre la tête d’un appareil sécuritaire ultramoderne, à l’effet de faire contrepoids à l’armée et au Hezbollah, la milice chiite armée, l’homme destiné à être le commandant en chef de l’armée sunnite, représentée par les Forces de Sécurité Intérieures (FSI), est, en fait, le talon d’Achille de Saad Hariri dans sa confrontation avec son opposition. Dans le feu de la bataille, alors que le tribunal international menaçait de faire des révélations sur l’implication des plus hautes autorités iraniennes et syriennes, l’Ayatollah Ali Khaménéi, via les troupes d’élite des Pasdarans -la brigade Al Qods »- une fuite opportune révélait au grand jour la nature duplique de cet homme de l’ombre.

 

La chaîne de télévision libanaise « New TV » diffusait, le 15 janvier 2011, à l’avant-veille de la remise des conclusions de l’enquête internationale, un documentaire montrant Saad Hariri, Wissam Al Hassan, Gerhard Lehman, l’assistant du procureur international, et le faux témoin Zouhair Siddiq, dans des conciliabules s’apparentant à une conjuration de cloportes. Sous réserve de son authenticité, ce document a démasqué, au grand jour, la connivence entre les divers protagonistes du clan pro occidental dans la fabrication des « faux témoins ».

 

L’origine de la fuite est sujette à controverse. Une hypothèse privilégie la piste de Gerhard Lehman, se fondant sur les précédentes accusations d‘Hassan Nasrallah selon lesquelles l’enquêteur allemand avait cherché à vendre la déposition des témoins de l’enquête internationale. Une autre hypothèse pencherait plutôt vers la piste Wissam Al-Hassan qui, selon cette thèse, aurait fait fuiter la vidéo vers les services syriens pour se prémunir contre un éventuel retour de bâton.

Dans la tradition des chefs du renseignement du Moyen-Orient, le général Hassan est un personnage énigmatique, redouté dans son propre pays, comme l’était son modèle maronite. Et si le masque énigmatique masquait en fait une réputation non justifiée? Et si ces fameux hommes de l’ombre n’étaient que l’ombre de leur réputation? Une meilleure exposition aurait-elle bridé les corrosives nuisances de leurs sombres manigances? Rendue la démocratie au Liban moins ténébreuse?

 

Le mentor maronite a assisté impuissant à l’implosion de ses deux poulains, le disciple, lui, s’est débattu de l’accusation de désertion, consécutive à son soupçon d’abandon de poste, en pleine bataille politique qui a coûté la vie au sens de sa mission.

Wissam Al Hassan a échoué dans les trois missions majeures à lui assignées durant sa carrière: la protection de Rafic Hariri, la gestion du dossier des faux témoins et le maintien sous verrou des quatre officiers libanais, qui seront libérés après quatre ans de détention avec leur concert de révélations.

 

Dans la grande épreuve de leur vie, tous les deux ont glané, non le prix d’excellence, mais le zéro pointé. Wissam Hassan, étymologiquement “la distinction honorifique au meilleur”, a assurément démérité son nom. De sa vie, il en a payé le prix.

Pour solde de tout compte sans pour autant que cette mort ne mette un terme à la guerre de l‘ombre que se livrent les deux grands fauves de la guerre clandestine interarabe, Bandar Ben Sultan, l’ancien Great Gatsby de l’establishment américain et son rival syrien, et son rival syrien, le colonel Hafez Makhlouf, l’home secret du régime baasiste.

 

Références

 

1 – Un attentat-suicide a visé mercredi 18 juillet 2012 à Damas le centre du pouvoir syrien, emportant l’une des figures le plus emblématiques du clan Assad, le général Assef Chawkat, le propre beau-frère de Bachar Al-Assad. L’attentat, qui aurait été mené par un membre de la garde rapprochée d’un des participants à une réunion du Conseil national de sécurité, a emporté plusieurs hauts responsables de l’appareil militaro sécuritaire syrien, notamment le ministre de la défense, Daoud Rajha et le responsable de la cellule de crise chargée de la rébellion, le général Hassan Turkmani.

 

L’attaque est survenue deux semaines après la défection d’un membre du premier cercle du pouvoir baasiste, le général Manaf Tlass, officier supérieur de la garde présidentielle et fils de l’ancien ministre de la défense, le général Moustapha Tlass..

Cauda

 

La polémologie du Moyen orient recense de nombreux attentats infiniment plus spectaculaires et meurtriers que l’attentat de Damas du 18 juillet 2012, dont voici les plus importants

 

• 1980 : Attentat des Moudjahidine Khalq contre le centre du pouvoir à Téhéran, entraînant l’élimination des certains des principaux dirigeants la hiérarchie politico religieuse de la République islamique iranienne.

• 6 octobre 1981 : Assassinat du président égyptien Anouar El Sadate

• 15 septembre 1982 : Assassinat du président élu libanais Bachir Gemayel, la veille de son entrée en fonction

• 1983 : Attentat de Beyrouth contre l’ambassade américaine provoquant la décapitation de l’Etat-major de la CIA au Moyen orient.

• 1984 : Attentat contre le QG israélien à Tyr, faisant deux cent vingt victimes, dont le commandant des forces israéliennes au Sud Liban.

• 1984 : Double attentat de Beyrouth contre le Quartier général des forces américaines et le Drakkar, le PC français, provoquant une hécatombe, fauchant près de quatre cents soldats et civils.

• 1986 : Attentat d’Aden ourdi par le propre premier ministre Ali Nasser Mohamad contre ses rivaux entrainant la décapitation de toute la hiérarchie marxiste du Yémen sud, provoquant par ricochet une guerre civile et la fuite de M. Ali Nasser vers Damas.

 

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 13:59

arton18018-6c630.jpg« On peut tuer un homme mais pas ses idées », avait l’habitude de dire Thomas Sankara, le « président du Faso », comme l’appellent encore les Burkinabés.

Sankara a été tué il y a vingt-cinq ans, le 15 octobre 1987, mais ses idées, ses valeurs, ses enseignements sont plus vivants que jamais. Le jour de ce sinistre anniversaire, nous devons nous rappeler qui était Thomas Sankara, le Che Guevara de l’Afrique. Son histoire révolutionnaire commence en Haute-Volta le 4 août 1983 lorsque, capitaine de l’armée voltaïque, il prend le pouvoir à la faveur d’un coup d’État sans effusion de sang. Le pays, ancienne colonie française, abandonne bientôt son nom colonial et devient officiellement le Burkina Faso, qui signifie « terre des hommes intègres ».

Et c’est cette intégrité qui poussa Sankara à changer les choses. « Nous ne pouvons pas faire partie d’une riche classe dirigeante alors que nous sommes dans un pays pauvre », disait-il. Les actes valant souvent mieux que les paroles, il fit très rapidement remplacer les très confortables voitures bleues des hauts fonctionnaires du gouvernement par des voitures plus « utilitaires ». « Il est inacceptable qu’il y ait des hommes propriétaires d’une quinzaine de villas à cinq kilomètres de Ouagadougou quand les gens n’ont même pas assez d’argent pour acheter de la nivaquine », disait le Président du Faso qui continuait de vivre dans un foyer modeste. Á lire sa déclaration de revenus de 1987, on estime qu’il possédait à l’époque une vieille Renault 5, des livres, une moto, quatre vélos, deux guitares, des meubles et un appartement d’une chambre avec un prêt hypothécaire. Afin de relancer l’économie du pays dont la terre n’a jamais été fertile, il décida de compter sur ses propres forces, de « vivre à l’africaine ».

« Il n’y aura pas de salut pour notre peuple si nous ne tournons pas résolument le dos aux modèles que des charlatans ont essayé de nous vendre à tous crins pendant des années ».

« Nous consommons Burkina Faso », pouvait-on lire sur les murs de Ouagadougou, tandis que, pour encourager l’industrie textile locale, les ministres étaient obligés de revêtir le faso dan fani, le vêtement traditionnel de coton, tout comme Gandhi l’a fait en Inde avec le khādī. Sankara a utilisé les ressources de l’État pour lutter contre l’analphabétisme, les maladies telles que la fièvre jaune, le choléra ou la rougeole, et fournir au moins dix litres d’eau et deux repas par jour à chaque Burkinabé, tout en faisant en sorte que l’eau ne tombe dans l’escarcelle des multinationales étasuniennes et françaises.

En très peu de temps, le président du Burkina a acquis le rang de célébrité en Afrique, ce qui soulève l’inquiétude des grandes puissances et des multinationales. Et ses grands combats - le problème de la dette en Afrique, la lutte contre la corruption, l’émancipation de la femme, les problèmes des zones rurales, l’éducation - ont été très vite considérés comme des exemples à suivre. Mais sa renommée et sa détermination ont fini par lui coûter cher. C’est à l’occasion de l’assemblée de l’Organisation de l’unité africaine réunie le 29 juillet 1987 à Addis-Abeba, en Éthiopie, que Sankara signa son arrêt de mort en annonçant son intention de ne pas payer la dette : « Nous sommes étrangers à la création de cette dette et nous n’avons donc pas à payer pour cela. (...) La dette sous sa forme actuelle est une reconquête coloniale organisée avec soin. (...) Si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas, soyons-en sûrs ; par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir, soyons-en sûrs également ».

En outre, dans son discours à Addis-Abeba, Sankara a déclaré, en présence de dirigeants africains : « Nous devons dans la lancée de la résolution de la question de la dette trouver une solution au problème de l’armement. Je suis militaire et je porte une arme. Mais monsieur le Président, je voudrais que nous désarmions. Parce que je ne possède qu’une unique arme, alors que d’autres ont camouflé les leurs. Alors, chers frères, avec le soutien de tous, nous pourrons faire la paix chez nous. Nous pouvons également utiliser ces immenses potentialités pour développer l’Afrique parce que notre sol et notre sous-sol sont riches ».

Quelques mois après ce discours, le président Sankara a été assassiné avec ses camarades lors du coup d’État orchestré par son meilleur ami Blaise Compaoré, avec le soutien de la France, des États-Unis et de la Côte d ’Ivoire. Sur le certificat de décès du président assassiné, la mention « mort naturelle » apparaissait encore en 2008, date à partir de laquelle l’ONU a contraint les autorités du Burkina Faso à supprimer le mot « naturel ». Son corps a été jeté dans une fosse commune à Ouagadougou, situé à un jet de pierre d’une décharge à ciel ouvert. Vingt-cinq années plus tard, la justice n’a toujours pas été rendue et la plupart des protagonistes de sa mort, parmi lesquels figure en bonne place l’actuel président Blaise Compaoré, sont encore au pouvoir. Mais le mythe de Sankara est plus vivant que jamais ...

Capitaine Martin

 

 

Résistance http://www.resistance-politique.fr/article-vingt-ans-apres-l...

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 13:55

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http://www.article11.info/?Bettina-Cruz-Velasquez-indigene

 

L’Isthme de Tehuantepec est cette mince bande de terre séparant l’Atlantique et le Pacifique, au Sud du Mexique. Un territoire à l’écart, dont on parle généralement très peu. Les luttes menées par les peuples indigènes de la région méritent pourtant un large coup de projecteur. Présent sur place, l’ami Alèssi s’en charge, avec cet entretien conduit en mai 2012.

Bettina Cruz Velasquez habite Juchitan, petite ville dans l’Isthme de Tehuantepec, au sud de l’État d’Oaxaca. En mai dernier, elle nous parlait de la résistance des communautés indigènes de sa région contre les multinationales qui veulent en faire le plus grand parc éolien d’Amérique latine, et ce avec la complicité d’une classe politique régnant par un savant mélange de corruption et d’intimidation violente. Mais les gens de l’Assemblée des Peuples Indigènes de l’Isthme de Tehuantepec en Défense de la Terre et du Territoire ne se laissent ni corrompre ni intimider. Où l’on voit que la soi-disant énergie propre et renouvelable passe par des procédés bien sales...

***

Tu es engagée dans le combat de l’Assemblée des Peuples Indigènes de l’Isthme en Défense de la Terre et du Territoire. Comment est-elle née et quels sont ses objectifs ?

Il s’agit d’une assemblée qui s’oppose aux mégaprojets éoliens actuellement en cours dans l’Isthme de Tehuantepec. Elle regroupe des camarades ikoots de San Mateo del Mar, San Dionisio del Mar, San Francisco del Mar ainsi que des camarades zapotèques de Santa Maria Xadani, Alvaro Obregon, Juchitan, La Ventosa, La Venta, Union Hidalgo, et San Blas Atempa (ce dernier pueblo n’est pas menacé par les projets éoliens mais est en lutte contre l’imposition de ses autorités communales1 et pour la récupération de ses terres communales). L’assemblée s’est formée en 2007 pour réagir à la présence dans la région de compagnies éoliennes multinationales ayant commencé depuis un certain temps à faire signer des contrats à des paysans indigènes. Des contrats léonins : tous les avantages et tout le profit vont à ces entreprises tandis que les gens ne récupèrent même pas 1 % de l’argent généré par ces projets.

Il s’agit de projets conçus sur trente ans. Quand leurs promoteurs ont présenté aux gens les contrats de location, ceux-ci étaient rédigés exclusivement en espagnol. Ils ne leur parlèrent qu’en espagnol alors que nous-autres ici parlons des langues indigènes. Nous appelons notre idiome didxaza, et les peuples ikoots parlent ce qu’ils appellent umbeyajtz. À aucun moment, les contracteurs ne leur ont parlé en ces langues. Beaucoup de paysans indigènes étant analphabètes et monolingues, il y avait dès le départ violation claire des droits des peuples indigènes. En outre, ils leur ont affirmé qu’il s’agissait seulement d’occuper une petite partie de leur terre et qu’ils pourraient continuer à utiliser la plus grande partie de celle-ci comme ils voudraient. Ce n’est pas du tout ce qui se passe. À présent que se déploie ce projet dans l’Isthme, nous voyons qu’il produit un désert, avec des conséquences désastreuses pour l’agriculture. En outre, le projet spécifique qu’ils veulent réaliser dans la zone lacustre de l’Isthme de Tehuantepec prévoit 132 aérogénérateurs sur la barre Santa Teresa. Ils veulent également y construire des quais de débarquement qui, à terme, détruiront les mangroves. Tout cela, ils ne l’ont jamais dit au début du projet, mais l’ont avoué bien plus tard. Comme il s’agit de contrats d’usufruit, ils peuvent modifier le projet quand ils veulent et utiliser les parties du territoire concerné comme ils veulent. Beaucoup de pueblos ont changé d’avis en apprenant cela.

Notre assemblée fournit des informations - que nul n’a jamais donné aux gens - sur les impacts écologiques de tels projets et passe beaucoup de temps à expliquer ce qu’impliquent les innombrables clauses des contrats civils qu’ils ont signé, contrats qui octroient aux entreprises l’usage et l’usufruit de leurs terres. Quand les gens s’en avisent, ils réfléchissent, et beaucoup décident ensuite de lutter pour défendre leur terre, leur territoire.

Il y a un précédent avec les parcs éoliens qui fonctionnent depuis une dizaine d’années à La Venta…

Dans les années 1980, l’éolien a commencé à se développer dans le monde et des entreprises se sont mises en quête des meilleurs emplacements pour produire cette énergie. C’est ainsi qu’ils ont découvert qu’il y avait beaucoup de vent dans cette partie de l’Isthme de Tehuantepec. Ils y ont ouvert en 1994 un premier parc éolien de six aérogénérateurs qui produisaient ensemble 1,5 megawatt. Et en tirèrent de tels profits que le gouvernement mexicain décida d’impulser l’éolien dans cette région et convoqua les investisseurs pour exploiter nos ressources et s’installer sur notre territoire. Différentes rencontres se déroulèrent en 2000, et les gouvernants ont commencé à proposer le territoire de l’Isthme aux entreprises multinationales. Ces rencontres se déroulaient à Huautulco, dans l’État d’Oaxaca, un centre touristique « de classe mondiale »... Ils n’ont jamais invité aucun représentant du monde paysan, seulement des investisseurs. En fait, ils se sont répartis le territoire, exactement comme à l’époque coloniale ils se répartissaient l’Afrique ou l’Amérique entre chaque pays : une partie échoit à Prénéal, une partie à Endesa, à Emesa, à EDF, à ENEL… Tous ont récolté un morceau et sont ensuite allé trouver les paysans et les embobiner, leur raconter qu’ils allaient avoir le plein emploi et le développement en échange de ce qu’eux allaient gagner avec leur terre en produisant de l’énergie électrique. Ils ont commencé à recourir à diverses tactiques déjà utilisées à l’époque coloniale, allant jusqu’à s’introduire dans notre propre système d’us et coutumes : certains de leurs représentants ont tenté d’être nommés mayordomos2 ou de distribuer de la nourriture, de la bière. En parallèle, ils ont commencé à corrompre les autorités agraires, civiles…

En plus de la dépossession territoriale, il y a les dégâts écologiques considérables. En Europe, pourtant, les compagnies éoliennes parlent d’énergie propre…

Ce projet a des conséquences écologiques, sociales, culturelles et économiques sur toute la région de l’Isthme. Et ils n’ont jamais évoqué l’impact écologique, jamais. Alors qu’il est évident à plusieurs niveaux. Il y a déjà l’impact sur les oiseaux : l’Isthme est l’une des zones de migration les plus importantes en Amérique, des millions d’oiseaux y passent chaque année. En juillet dernier fut déclassifiée une note de la Banque Mondiale où il était dit que 6 000 oiseaux et 3 200 chauves-souris meurent chaque année à cause des hélices des 98 aérogénérateurs du second parc éolien qui a été installé ici, celui de La Venta. Quant on sait que dans notre région, ils veulent imposer une capacité de production éolienne de 33 000 megawatt… L’impact est trop brutal pour être ignoré. Non seulement parce que nous devons protéger les oiseaux qui font partie de l’équilibre écologique de notre planète, mais aussi parce que nous allons subir des conséquences sanitaires : les oiseaux et les chauves-souris mangent les moustiques, dispersent les semences, ils tiennent un rôle important dans la nature. De même, les entreprises éoliennes rasent d’énormes surfaces boisées bien entretenues jusqu’ici, ou des taillis où vivent de nombreuses espèces, depuis les fourmis jusqu’aux cerfs en passant par les tortues. Eux arrivent, rasent tout, arrachent de grands arbres, creusent des cavités énormes qu’ils remplissent de ciment et où ils viennent planter les aérogénérateurs… Leurs excavations atteignent jusqu’à nos ressources en eau : dans l’Isthme, les nappes phréatiques sont situées près de la surface, et ils sont en train de les endommager.

Et puis, le projet s’installe dans des zones agricoles importantes, dans ce que nous nous appelons le district d’irrigation. C’est là que nous produisons nos aliments, le maïs qui est la base de notre alimentation, le sorgo qui sert pour le bétail. Sans parler du bétail lui-même qui est affecté, notamment au niveau de la reproduction à cause du champ magnétique.
Ces projets remettent donc en cause notre souveraineté alimentaire, au moment même où nous voyons surgir des méga-entreprises comme Wal Mart et Soriana qui ouvrent des supermarchés dans l’Isthme… Ils veulent que les gens renoncent à semer, à cultiver, qu’ils soient payés pour louer leurs terres et qu’ensuite ils aillent acheter leur nourriture dans ces supermarchés.

Ils sont également en train de rompre tous les nœuds du tissu communautaire en provoquant des conflits entre familles, entre proches : certains acceptent les projets après avoir reçu de l’argent ou bien la promesse d’un emploi, ou quelque bénéfice que l’entreprise leur a octroyé via son réseau de corruption ; cela entraîne des litiges dans les familles, mais aussi entre pueblos, entre quartiers. Cette conflictualité nous fait perdre la base de notre identité : pour qu’un peuple indigène se perpétue, il faut avant tout qu’il conserve sa propre organisation et cohésion. Dans ce cas précis, les entreprises multinationales essayent de rompre notre cohésion pour pouvoir pénétrer.
Il y a aussi autre chose. Ces entreprises faisant venir leurs travailleurs d’Europe, notamment d’Espagne, cela a provoqué une vague de prostitution féminine. Cette exploitation sexuelle de nos femmes nous renvoie aux pires temps du colonialisme.

Nous n’avons jamais été consultés sur ces projets en tant que peuples indigènes. Le Mexique a pourtant signé en 1990 un traité international qui devrait s’appliquer à notre cas : l’article 169 de l’OIT prévoit l’organisation d’une consultation libre et informée avant d’entreprendre la réalisation d’un quelconque projet en territoire indigène. Il dit également qu’il faut respecter la décision finale des peuples. Rien de tout cela n’a été fait ici. Ni information ni consultation.

Au final, il se développe une situation de conflit global, conséquence du projet éolien. Les gens qui protestent et exigent qu’on respecte leurs droits sont menacés, voire agressés. Dans la communauté de San Dionisio del Mar, quarante camarades ont reçu des ordres d’arrestation envoyés par le président municipal, allié des compagnies éoliennes. Il se dit que ce dernier a reçu 20 millions de pesos en échange de sa signature sur le décret de changement d’usage du sol (qui d’agricole est subitement devenu industriel, et ce sans consulter en rien l’assemblée des comuneros).
À Union Hidalgo, des camarades en lutte contre le projet éolien ont été emprisonnés sur la demande de ces mêmes entreprises. Il y a persécution, il y a affrontement. Le 28 octobre 2011, ils nous ont délogés de La Venta où nous bloquions les accès au chantier. Là, c’étaient des transporteurs travaillant pour les entreprises Acciona et Eurus et des agents municipaux armés qui nous ont évacués et frappés. Ils m’ont personnellement frappée et menacée de mort ainsi que d’autres camarades. En plus, une personne a perdu la vie dans cette affaire, qui n’a toujours pas été éclaircie3.

Puis, voici deux mois, tu as été arrêtée par les flics…

Le 28 février dernier, la Policia Federal m’a arrêtée, sans me dire quel était l’ordre d’appréhension. Ils m’ont embarquée dans une camionnette et m’ont amenée à Salina Cruz. Je suis restée cinq heures sans pouvoir contacter personne, les camarades ne savaient pas où j’étais. L’ordre d’appréhension stipulait «  Privation illégale de la liberté  » et « atteinte à la richesse nationale  ». La « privation de liberté », c’était pour une manif que nous avons faite à Santa Maria Xadani dans une officine de la Compagnie Fédérale d’Électricité [CFE] ; et le délit d’ « atteinte à la richesse nationale  », pour avoir dit publiquement qu’il faut se défendre, ne pas se laisser déposséder de nos terres, ne pas abandonner le territoire et refuser de payer les tarifs exorbitants.
Ce dernier point renvoie au fait que les tarifs électriques ne cessent d’augmenter dans la région, dans des proportions hallucinantes. Cela peut paraître paradoxal. La raison en est pourtant simple : du moment que l’énergie électrique se retrouve entre des mains privées, les soutiens et subsides que l’État pouvait accorder aux usagers disparaissent4.
La CFE est l’une des entreprises la plus étroitement liée aux entreprises éoliennes - c’est sur sa requête que j’ai été appréhendée, parce que je participe aux mouvements de lutte contre les tarifs élevés. Je suis sortie assez vite, sous caution. L’affaire suit son cours et maintenant je suis censée démontrer mon innocence – au Mexique, les magistrats n’ont pas à démontrer ma culpabilité mais c’est à moi de prouver mon innocence et démontrer que nous avons le droit, après tout garanti par la Constitution, de manifester et de dénoncer ce qu’ils nous imposent…

Dans beaucoup d’autres États du Mexique on retrouve cette même lutte contre les tarifs élevés de la CFE, non ?

Oui, nous participons à un réseau national regroupant de nombreux pueblos du pays, de Campèche jusqu’à Chihuahua et qui a assuré une mobilisation dans tout le pays le 29 mars dernier. Nous souffrons tous de ces tarifs. Un paysan qui possède un frigo, quatre lampes, une radio et une télé payait récemment encore 300 pesos bimestriels ; aujourd’hui, il reçoit des notes de 800, 1 000, voire 1 500 pesos. Ce n’est pas possible.
En plus, le gouvernement mène actuellement une campagne visant à remplacer nos compteurs manuels par des digitaux, parce qu’il prépare la privatisation totale de l’énergie et qu’ils entend contrôler notre consommation par satellite. Il ne sera même plus possible d’exiger une facture. Ils prétendent que tout fonctionnera bien mieux de manière digitale, mais nous savons qu’il n’en est rien, qu’il ne s’agit que d’un pas vers le contrôle et la privatisation totale de l’énergie. Voilà pourquoi nous disons à tout le monde de refuser de changer son compteur manuel pour un digital. Le pire, c’est qu’ils sont censés demander l’autorisation aux gens mais que la CFE entre clandestinement chez eux pour changer les compteurs. Et si les gens s’opposent, ils s’énervent et les menacent. Notre mouvement lutte donc aussi contre les nouveaux tarifs et les nouveaux compteurs.

Autre point : nous exigeons que les pueblos indigènes où existe une source d’énergie en soient les premiers bénéficiaires. Pour l’heure, nous n’en retirons aucun bénéfice. Dans l’État voisin du Chiapas est produite la majeure partie de l’énergie que consomme le pays, quasiment les ¾, et pourtant beaucoup de pueblos n’ont même pas l’électricité. Dans l’Isthme, on trouve dans la région montagneuse des Chimalapas des pueblos qui n’ont pas l’énergie électrique. Cette région est pourtant une importante productrice d’électricité : elle est passée de 1,5 megawatt en 2006 à presque 1 300 actuellement ; ils disent même qu’en 2014 ils pourront en produire 5 000, et 14 000 en 2020.
Il s’agit d’une appropriation totale de notre territoire de la part d’entreprises multinationales qui veulent imposer leur vision du futur. Elles ne considèrent en rien qu’il s’agit d’une zone habitée : pour elles, ce n’est qu’un espace vide où elles ont toute latitude de faire ce qu’elles veulent. Malheureusement, nos gouvernements, tant au niveau fédéral que régional et municipal, sont totalement corrompus. Ces entreprises achètent tout : les autorisations administratives, les gens, les consciences, les autorités communautaires... Et les compagnies qui vont bénéficier de ces projets sont des mastodontes du type Coca-Cola, Oxxo, Heineken, Moctezuma, Bimbo, les Ciments de Mexico, Walt Mart, Soriana, Aurera…

Il y a un véritable matraquage médiatique en faveur de l’éolien avec l’argument du développement : j’ai vu un nombre incalculable de fois en première page des journaux de Oaxaca que « L’Isthme a une forte potentialité dans l’éolien »…

Positionner l’énergie éolienne comme une énergie verte est un objectif politique du gouvernement de Calderon. Parmi les engagements qu’ils ont signé dans le protocole de Kyoto, il y a celui d’avoir en 2012 au moins 4 % de l’énergie qui soit renouvelable. Ils mettent le paquet là-dessus, font de la promotion tous azimuts comme si c’était la panacée, en prétendant que cela va amener du travail et du développement. Mais nous ne voyons rien de tel, ni travail ni développement, nous voyons seulement que c’est synonyme de conflit, d’appauvrissement et de toutes sortes de problèmes dans l’Isthme ; ils sont en train de nous briser en morceaux.
Concernant l’emploi, par exemple : pendant les travaux, 300 à 500 personnes travaillent dans la maçonnerie, le démontage ; mais une fois le projet terminé, il ne restera qu’une personne pour dix ou quinze aérogénérateurs. Ces techniciens viennent tous d’Espagne, il n’y a même pas d’emploi pour les gens d’ici. Quant au reste, comment parler de développement quand ils nous enlèvent nos moyens de subsistance, ce dont nous vivons, la terre, l’eau, l’air, tout ce que nous offre la nature ? Que nous apporte le développement ?
Le gouvernement parle lui en termes d’investissements millionnaires dans chaque parc ; mais 80 % de l’investissement sert à l’achat du matériel qui vient d’Espagne, d’Allemagne, du Danemark. Tout cet argent ne profite ni à l’Isthme ni au Mexique. Les 20 % restants sont destinés aux travaux d’installation, à payer la main d’œuvre et la maintenance des installations. Et ce qu’ils donnent aux gens dont ils occupent les terres est simplement dérisoire : 12 500 pesos annuels pour installer un aérogénérateur sur un hectare de terrain, quelque chose comme 100 $ par an. Autrement dit, ils paient un peso par mètre carré affecté –avec un peso mexicain, tu n’achètes même pas un chewing gum...

Quand les gens viennent ensuite leur demander une contribution pour un projet d’intérêt communal, comme une salle de classe par exemple, ils répondent «  Nous ne sommes pas une oeuvre de bienfaisance, nous vous payons la somme prévue par le contrat et c’est tout... » Tout ce matraquage médiatique est un mensonge ; il n’y a pas d’emploi, pas de développement. Par contre, il y a des dommages écologiques, il y a arnaque, il y a appauvrissement, il y a violence, il y a prostitution... Voilà ce que nous apporte le projet éolien dans l’Isthme de Tehuantepec.

Pour terminer : comment vois-tu la suite ? Étant donné que les entreprises viennent d’Europe, vous envisagez une internationalisation de la lutte ?

Ce serait une très bonne chose. Nous sommes une organisation encore jeune, née de cette problématique précise ; mais nous nous sommes également joints à d’autres luttes dans le pays : contre les projets miniers ou contre les projets hydroélectriques, qui font partie d’un processus de dépossession territoriale de la part d’entreprises multinationales. C’est une phase que le capitalisme mondial doit mener à bien pour se recapitaliser en ces temps de crise : il a besoin d’autres espaces et d’autres ressources à exploiter, et il les cherche en grande partie dans les territoires indigènes où se trouvent l’eau, l’air, les minerais qui vont ensuite servir à la consommation des grandes métropoles. Voilà pourquoi ils nous dépossèdent. Et pas seulement dans l’Isthme, mais dans tous le pays, dans toute l’Amérique latine, où des fortes résistances sont en cours contre les mêmes entreprises - Endesa, Union Fenosa... - qui font assassiner des gens en Colombie, en Équateur, au Nicaragua, ou qui sont en train de privatiser l’eau au Guatemala...

Pour cela il est important de construire des réseaux de résistance au niveau local, au niveau national et au niveau international. Je crois que beaucoup de gens en Europe en ont aussi marre de ces entreprises, qui agissent de la même manière partout. Le capital n’a pas de nation, dit-on.

Il ne s’agit pas d’une lutte étrangère. Nous nous battons pour la reconnaissance du fait que les peuples indigènes sont ceux qui savent le mieux conserver l’habitat, ce qui reste de cette planète, à l’encontre du marché. Mais c’est une responsabilité qui incombe à tous, pas seulement aux peuples d’Amérique latine. Nous devons tous défendre ce patrimoine universel. Parce que la question des énergies renouvelables laissée aux mains de ces multinationales va tous nous conduire à un semblable désastre. On parle du changement climatique tout en confiant la solution aux entreprises qui en sont responsables ! Celles-ci prônent la marchandisation de tout type d’énergie alors qu’il faudrait s’en remettre au peuple : c’est seulement aux mains du peuple qu’elle produirait une valeur d’usage et non de vente. Voilà ce que nous autres pensons depuis ce territoire de l’Isthme. La lucha sigue...

***

A lire également, sur le Mexique, par Alèssi Dell’Umbria : Mexique : La paranoïa et la terreur comme paradigmes de gouvernement



1 « Imposition » : de plus en plus de gens au Mexique se rendent bien compte que les mots travaillent, et qu’ils travaillent contre eux. Ils savent bien que les candidats ne sont pas élus mais imposés par des rapports de force : pression médiatique, corruption et intimidation ouvertes. Ainsi l’actuel mouvement contre l’arrivée de Peña Nieto à la Présidence se définit comme « Movimiento contra la imposicion de Peña Nieto ». Il en va souvent de même au niveau municipal : à San Blas Atempa une assemblée dénonce l’imposition d’une cacique PRIiste particulièrement hargneuse.

2 La mayordomia est une institution du monde indigène d’Amérique centrale. Le mayordomo est désigné chaque année par l’assemblée communale pour organiser, sur ses fonds propres, la fête de la communauté. Il paie la nourriture, l’alcool, la musique et autres prestations durant la fête qui dure généralement plusieurs jours. Il peut y avoir plusieurs mayordomos selon l’importance de la communauté. Assumer cette charge est un honneur, et vouloir s’y soustraire est proprement impensable. La mayordomia permet aussi une égalisation des ressources au sein de la communauté, les gens disposant de revenus plus importants les redistribuant ainsi.

3 La victime travaillait comme vigile pour la compagnie éolienne, et il est à peu près certain qu’elle a succombé à des tirs d’intimidation opérés par les siens. Vu que ces groupes paramilitaires sont souvent chargés à la cocaïne ou ivres, une maladresse aboutissant à la mort d’un des leurs n’a rien d’improbable. Quoi qu’il en soit, et alors que les opposant n’étaient pas armés, les autorités leur imputèrent ce meurtre, bien qu’aucun ordre d’appréhension n’ait été ensuite émis.

4 L’État fédéral a longtemps pris en charge une partie des factures d’électricité, ce qui est en train de changer avec la privatisation.

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 13:51

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http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/10/09/sanofi-supprime-des-emplois-mais-lance-une-boisson-avec-coca-cola-236017

Sanofi, qui supprimera 900 postes d’ici à 2015, s’allie à Coca-Cola pour une boisson beauté. Une diversification qui inquiète les chercheurs du groupe pharmaceutique.

Alors que les salariés de Sanofi continuent de protester contre des réductions d’effectifs, qui visent particulièrement le secteur recherche, le « champion français de la pharmacie » s’apprête à s’enraciner sur le marché des cosmétiques. Selon un document de présentation que Rue89 s’est procuré, Sanofi lance « une combinaison UNIQUE entre le rafraîchissement, le goût et le pouvoir d’actifs de beauté », en partenariat avec Coca-Cola.


Voir le document

(Fichier PDF)


Sous le nom de projet « Paris », Beautific Oenobiol a été présenté en interne au cours d’un comité d’entreprise du groupe Sanofi Aventis France, le 20 juin dernier. Mi-septembre, Bakchich publiait des captures du mémo et posait la question de la rentabilité de la recherche contre le cancer.

Selon Laurent Ziegelmeyer, salarié du site de Vitry (Val-de-Marne) et représentant CGT, le document a rapidement circulé entre les salariés, provoquant l’incrédulité :

« Quand je l’ai reçu, je n’y ai pas cru. J’ai cru à un canular ou à un montage. Sur le document, il y a des filles en maillot de bain, et puis c’est un partenariat avec Coca-Cola...

Ça fait vingt ans que je suis à Sanofi, j’ai déjà vu un certain nombre de choses, mais là, je me suis dit : “C’est pas possible.” Et en fait, si. »

Contactée à plusieurs reprises, la direction de Sanofi n’a pas souhaité répondre à nos questions.

« Là, ça fait épicerie »

Beautific Oenobiol
Destiné à un usage « en relais ou en complément de la prise de gélules Oenobiol », Beautific Oenobiol cible en particulier « les femmes entre 25 et 45 ans, urbaines, actives, de catégories socio-professionnelles supérieures », selon le document de présentation

Le produit sera vendu au prix de 2 ou 3 euros, en pharmacie et parapharmacie. D’ici début 2013, quatre boissons devraient être commercialisées, chacune répondant à un « objectif beauté ciblé » : « colaire intensif », « cheveux & ongles »,« copslim minceur » et « vitalité ».

Certaines d’entre elles ont déjà été mises en vente à Paris, Lyon, Marseille et Nice, avec valeur de test pour Sanofi.

Qu’un grand laboratoire se lance sur le marché des cosmétiques, pourquoi pas, concède Laurent Ziegelmeyer :

« C’est un complément de revenus pour l’entreprise. Mais ça ne correspond pas du tout à l’état d’esprit général des chercheurs de l’entreprise. L’industrie pharmaceutique, c’est pas ça ! Là, ça fait épicerie. »

Surtout, rappelle le représentant du personnel :

« Il y a des vraies urgences de santé, que ce soit en France ou ailleurs. Nous, on a envie de faire notre métier, de travailler sur des médicaments utiles plutôt que de faire des pilules autobronzantes.

Il ne faut pas que cette diversification se fasse au détriment de la recherche sur des thérapies plus importantes, or c’est notre sentiment. »

« Sanofi se désengage du médicament »

Beautific Oenobiol est essentiellement constitué d’eau, de jus de fruits et de mystérieux « ingrédients actifs pour maximiser un objectif beauté ciblé ». Cette boisson est donc bien éloignée des médicaments traditionnellement commercialisés par Sanofi.

Le numéro trois mondial de l’industrie pharmaceutique a en effet bâti son succès sur un certain nombre de « blockbusters » – Plavix, Lantus ou Stilnox – et, surtout, sur le secteur des vaccins, grâce à son laboratoire Sanofi Pasteur.

Laurent Besson-Imbert, du syndicat SUD Chimie Toulouse, y voit une stratégie de long terme qui vise à supprimer petit à petit l’activité recherche du groupe :

« Depuis l’arrivée de Christopher Viehbacher à la tête du groupe en 2008, la direction a procédé à des coupes dans les effectifs et à de nombreuses suppressions de produits dans le portefeuille de projets de recherche, motivées par leur prétendue “ inefficacité ”. C’est du meurtre avec préméditation. »

Une chercheuse sur le site de Toulouse – dont le sort reste à préciser – depuis douze ans confirme :

« Ils stoppent unilatéralement le développement de certaines molécules, ce qui leur permet ensuite de dire que nous n’avons rien produit et donc qu’on ne sert à rien. Comme ça, ils justifient les réductions d’effectifs. »

Pour Florence Faure, secrétaire du comité d’entreprise de Sanofi Aventis France, le constat est simple :

« Sanofi se désengage du marché du médicament. »

« Falaise des brevets »

Ces dernières années, l’industrie pharmaceutique s’est trouvée confrontée à l’arrivée à expiration de nombreux brevets protégeant ses médicaments phares. Le phénomène est connu sous le nom de « falaise des brevets » : les inventions, propriétés de leur découvreur, tombent dans le domaine public au bout de vingt ans, autorisant leur reproduction et donc la mise au point de médicaments génériques.

Sanofi se trouve ainsi placé dans une situation concurrentielle inédite : entre 2008 et 2011, le groupe a, selon Challenges, vu un tiers de son chiffre d’affaires et la moitié de ses profits partir en fumée devant la fameuse « falaise des brevets ».

Les cosmétiques, plus lucratifs

Le groupe a alors fait le choix de diminuer l’importance de sa recherche en interne et de diversifier ses activités. Une analyse de la commission économique et sociale du comité central d’entreprise Sanofi Aventis montre ainsi qu’entre 2008 et 2011 :

  • le nombre de sites de recherche et développement a été divisé par deux ;
  • les budgets recherche, réduits de 15% ;
  • les effectifs, de 22%

On peut lire également :

« De plus, la direction ne cache pas sa volonté de se diversifier dans des domaines ne touchant pas à la santé publique (ex. boisson beauté) qu’elle estime plus lucrative et moins risquée. »

En 2009, Sanofi rachetait Oenobiol, numéro un des compléments de beauté en France, dans le but de faire du groupe « une entreprise globale et diversifiée dans le domaine de la santé ».

Le chiffre d’affaires de l’entreprise de cosmétiques est estimé à environ 60 millions d’euros annuels. Le groupe Sanofi, quant à lui, réalise plus 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, pour un bénéfice net de 9,2 milliards d’euros en 2010.

Une stratégie payante, puisque Sanofi pourrait bientôt détrôner Total de sa première place au CAC 40.

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 13:46

action-fakir.jpgLe journal Fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

 

 

 


Ça y est : le Comité d’intervention en assemblée générale des actionnaires (Ciag) est lancé. Il compte déjà 152 membres. Il vous attend. Et il attend aussi vos dénonciations...

 

 

L’histoire que nous allons vous raconter se déroule dans la City, en 2004.
Imaginez-vous à cinq heures du matin, dans les rues de Londres, avec ces grandes tours illuminées.

« Cinq heures, c’est l’heure du nettoyage. C’est l’heure où des petits travailleurs et travailleuses besognent dans les tours. Pour aspirer, astiquer, ranger et vider les poubelles pleines de chiffres à plusieurs zéros qui ne sont que des sous-estimations de montants qui vont être tradés lorsque le matin sera levé.
L’un de ces travailleurs est Abdul Durrant. Pour astiquer les bureaux de HSBC, Abdul est payé la somme faramineuse de 6,5€ de l’heure. Qui dit mieux ? Abdul à six enfants, et est le seul à avoir des revenus à la maison.
Aidé par des activistes, Abdul se rend à l’assemblée générale des actionnaires pour se confronter directement au patron de HSBC, John Bond.


Abdul Durrant rentre dans la grande salle peuplée de financiers en costards cravates, parfumés aux billets et prend la parole sans la demander :
- Bonsoir, je m’appelle Abdul Durrant, et je suis actuellement la personne qui nettoie votre immeuble. Je suis venu ce soir pour vous poser quelques questions.

John Bond, bien embêté :
- OK. D’accord.

-Je nettoie votre bureau tous les jours de ma semaine, et j’y vois toujours les photos de vos enfants sur votre bureau. Vous savez, ça me rend triste. Ça me rend triste car je réalise que mes propres enfants n’auront pas la même vie que les vôtres pour une raison très simple : je reçois le salaire minimum et chaque mois je dois me battre pour nouer les deux bouts. La plupart du temps, ils vont à l’école sans un repas convenable, sans avoir pu acheter les livres dont ils ont besoin et le matériel nécessaire.
Vous savez ce qui attend es enfants ? La même que tous les autres du quartier ! A ces gamins, vous leur donnez le choix soit de faire comme moi, nettoyer le bureau des autres pour un salaire de misère, soit de voler. Devenir ce que vous appelez des délinquants. Vous choisiriez quoi à leur place ?
On travaille dans le même bureau, mais nous vivons dans des mondes différents.
Moi, tout ce que je vous demande, c’est de vous rencontrer. Qu’on puis parler de mon salaire et de celui de mes collègues. On ne vous demande pas la lune. On ne veut pas vos bureaux. On ne veut pas vos emplois. On veut même bien garder les nôtres. Mais on ne veut pas travailler pour ce salaire-là.

John Bond, énervé :

- OK OK, je vais vous rencontrer, faites ce que vous voulez mais arrêtez de parler ! Laissez continuer notre réunion. Je ferai ce que vous voulez, mais arrêtez de parler !

Cette petite histoire, un peu naïve, est celle de petites gens qui ont augmenté le salaire des travailleurs de 42% par rapport au salaire minimum ! Cette petite histoire est celles de gens qui ont acquis un droit à se syndiquer, le droit d’avoir des jours de congés payés, le droit de tomber malade sans se faire licencier. »


Cette anecdote, les Belges Nic Gortz et Daniel Zamora sont venus la raconter à la fête de leurs défaites, le 6 juin dernier. ET ça collait parfaitement avec nos expériences : pourquoi, dernièrement, Jean-Charles Naouri, PDG de Casino, a-t-il abandonné ses poursuites contre Fakir et  ? Parce qu’il redoutait qu’on intervienne, pour la troisième année d’affilée, en assemblée générale des actionnaires. Pourquoi Bernard Arnault, le PDG de LVMH, a-t-il reculé, un peu, temporisé au moins, dans la délocalisation de ses usines de costumes vers la Pologne ? Parce que Marie-Hélène Bourlard, déléguée CGT d’ECCEE, l’a chahuté en pleine AG à nos côtés.


C’est une forme d’action qu’ils redoutent : rares sont les lieux, comme ces AG, où Travail et Capital peuvent se confronter en direct. Nous allons donc, désormais, pratiquer ces incursions avec méthode, constance, organisation. Qu’on transforme leurs réunions en carnaval ! Qu’on colle des insomnies à nos dirigeants !


Notre comité compte déjà 152 membres, prêts ) devenir actionnaires d’un jour -dont Jean-Pierre Garnier, Gérard Mordillat, Leïla Chaibi, la Compagnie Jolie Môme, Le Pavé, etc. Venez grossir nos rangs !


Surtout, il nous faut désormais monter des dossiers. Repérer des entreprises en lutte. Contacter des syndicalistes ou des ONG. Car une chose est sûre : nous ne ferons rien sans les premiers concernés, les salariés – ou les exploités du Sud. Nous serons là en appui, pour les aider – mais pas pour les remplacer.

Voici donc, en gros, notre calendrier :

D’ici l’automne, nous montons des dossiers – c’est le moment, donc, de dénoncer votre patron !

Dans le courant de l’hiver, nous sélectionnons quelques multinationales – et en informons les adhérents ( de façon clandestine).

En début d’année 2013, vous passez à votre banque, vous achetez une action.

Au printemps, la saison des AG, nous devenons le cauchemar du CAC 40 !

Ils ont les millions.
Nous sommes des millions !

Ils ont l’argent,
Nous avons les gens !

Et c’est pour ça qu’à la fin
c’est nous qu’on va gagner !

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 13:44

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Une étude médicale révèle de désastreuses conséquences de la guerre en Irak. Selon une étude menée par le professeur Mozhgan Savabieasfahani, les handicaps de naissance, malformations et fausses couches ont considérablement augmenté depuis l’intervention militaire de la coalition américaine en Irak.

Photo : DVIDSHUB/Flickr / cc

Les armes utilisées en Irak en 2003 par les forces armées des États-Unis et du Royaume-Uni ont conduit à une augmentation des malformations congénitales chez les enfants irakiens nés après la guerre, selon une étude publiée dans le Bulletin de la toxicologie et de la contamination environnementale.

Fausses couches, malformations et handicaps comme conséquences de la guerre en Irak

Le journal britannique The Independent révèle que, selon cette étude, l’Irak aurait enregistré une augmentation des fausses couches, malformations, dérèglements cardiaques congénitaux, troubles cérébraux ou encore difformités, qui seraient liés à une présence dans l’environnement d’un taux considérable de produits chimiques et notamment de mercure.

Mozhgan Savabieasfahani, toxicologiste à l’université de santé publique du Michigan et un des principaux auteurs de l’étude, affirme qu’il y a « certaines preuves irréfutables » selon lesquelles l’augmentation de ces malformations serait liée aux attaques militaires survenue pendant la guerre.

L’Organisation mondiale de la santé a également étudié l’impact des substances toxiques sur les bébés et les familles qui vivent dans les villes bombardées. Selon ce rapport, qui devrait sortir le mois prochain, une « augmentation sensible des malformations » chez les enfants nés après la guerre en Irak a été constatée par les scientifiques.

Des métaux toxiques retrouvés sur les zones de guerre

L’étude, menée par Mozhgan Savabieasfahani, affirme qu’entre 2007 et 2010, plus de la moitié de tous les bébés placés sous surveillance après leur naissance sont nés avec des difformités, un taux quatre fois supérieur à celui enregistré avant la guerre.

La chaîne panarabe Al Arabiya révèle également que sur des échantillons de cheveux prélevés sur des habitants de la ville de Falloujah, des traces de métaux toxiques ont été retrouvées. Sur les échantillons prélevés sur les enfants atteints de malformation congénitale, des niveaux de plomb cinq fois supérieurs à la normale ont été détectés.

L’armée américaine reconnaît avoir utilisé des obus au phosphore blanc

La ville de Falloujah a été, il y a huit ans, la cible d’une violente attaque après le meurtre de quatre Américains travaillant pour une entreprise de sécurité. Une deuxième attaque a suivie, sept mois plus tard. Selon Al Arabiya, les forces américaines ont admis avoir utilisé des obus au phosphore blanc lors de ces assauts.

Un porte-parole du ministère américain de la Défense cité dans The Independent affirme : « Nous n’avons pas connaissance de tous les rapports officiels qui indiquent une augmentation des malformations congénitales à Al Basrah ou Falloujah et qui pourraient être liés à l’explosion de métaux contenus dans les munitions utilisées par les partenaires des États-Unis ou par la coalition. Nous prenons toujours très au sérieux les problèmes de santé publique d’une population qui vit sur un ancien théâtre de conflit. Les munitions non-détruites et notamment les explosifs improvisés sont un danger reconnu. »


Global Post - Adaptation Sybille de Larocque / JOL Press


http://www.jolpress.com/international-irak-guerre-augmentation-bebes-malformes-handicapes-etude-armes-chimiques-etats-unis-article-814128.html

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 13:40

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http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20121019trib000726045/la-misere-des-retraites-allemands.html

 

Marc Meillassoux, à Berlin | 19/10/2012

 


En Allemagne, un nombre croissant de retraités tombent dans la pauvreté. Nombre d'entre eux retournent donc travailler, majoritairement en mini-job, les contrats les plus précaires.
Sur le même sujet.

Mis en place par Bismarck en 1883, le système de retraites le plus ancien du monde a survécu à deux guerres et réussi l’intégration de l’ex-RDA. Aujourd’hui pourtant, il est l’objet de nombreuses critiques dont celle d’avoir paupérisé les retraités. Près de 4 millions de retraités seraient en effet menacés de pauvreté outre-Rhin. Il y a un mois, Ursula von der Leyen, ministre fédérale des Affaires sociales a évoqué plusieurs exemples de ce qui attendait la jeune génération si sa réforme n’aboutissait pas. En 2030, un travailleur indépendant ayant exercé 35 années et gagné 2500 euros brut par mois ne gagnera pas plus que le minimum vieillesse allemand, soit 688 euro par mois. Un salarié ayant cotisé 40 années pour un salaire brut de 2200 euros percevra aussi l’équivalent du minimum vieillesse. Pour la ministre des Affaires sociales, «la légitimité du système de retraites est aujourd’hui en jeu ».


Les retraités retournent travailler…


En 2012, 2,5% des retraités, soit 400 000 personnes, touchent le minimum vieillesse. Un nombre qui qui ne compte que les retraités les plus démunis. Beaucoup pourraient prétendre à cette allocation au regard de petites leurs retraites, mais les conditions pour en bénéficier sont draconiennes : le bénéficiaire ne peut pas être propriétaire ou disposer d’épargne. Nombreux retournent donc travailler. « Depuis 2000, le nombre de minijobs a progressé de 60% chez les plus de 65 ans, soit 761 000 retraités en minijob en Allemagne. Les minijobs sont les contrats les plus répandus chez les retraités, étant les moins chers pour l’employeur (pas de charges sociales, ndlr) » explique à la Tribune Benedikt Dederichs, porte-parole de l’Association d’aide sociale en Allemagne (SoVD). Parmi ces retraités titulaires de minijobs, 120 000 auraient plus de 75 ans.


… ou ramassent les bouteilles


A ceux-là, il faut rajouter les retraités embauchés sous d’autres formes de contrat. Il y a également les retraités que l’on voit au quotidien ramasser les bouteilles dans la rue ou faire les poubelles pour récupérer les consignes, un phénomène à l’ampleur grandissante. Parmi ces retraités qui travaillent, certains sont volontaires, d’autres non. « D’après notre expérience, il y a évidemment des personnes qui n’ont pas besoin de continuer le travail et souhaitent augmenter leur pouvoir d’achat ou avoir une activité mais pour la très grande majorité c’est une nécessité financière. L’augmentation récente des bénéficiaires du minimum vieillesse en atteste » constate Benedikt Dederichs.


Un minimum de 850 euros sous conditions ?


Pour remédier au problème, la ministre des Affaires sociales Ursula von der Leyen a proposé une subvention de l’Etat qui assurerait une retraite minimum de 850 euros à quiconque aurait cotisé 35 années. A partir de 2018, le salarié devra également cotiser au moins une année à une retraite privée. Pour Benedikt Dederich, le financement de la subvention par l’augmentation des cotisations et l’obligation pour ses bénéficiaires d’avoir cotisé auprès de caisses privées limitera sensiblement le nombre de bénéficiaires. Thomas Desray, conseiller financier à Munich et Berlin, conteste également le financement de la subvention. « Nous allons retrouver un problème qui existe déjà en Allemagne dans le système de santé : on exige du bénéficiaire qu’il passe par un tiers privé, tout en assurant des droits minimums à ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas payer les cotisations. Un financement par l’impôt serait plus réaliste » juge Thomas Desray. Aujourd’hui, la ministre n’a pas réussi à dégager un consensus et la classe politique reste très divisée sur cette question fondamentale.

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 12:11

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http://fr.euronews.com/2012/10/19/pedophilie-les-archives-des-boy-scouts-d-amerique-livrent-leur-noir-secret/

 

 

Scandale aux Etats-Unis. Les archives secrètes des Boy-Scouts d’Amérique viennent de livrer leurs secrets les plus noirs.

Les documents rendus publics montrent comment les autorités policières et religieuses ont couvert pendant des années des affaires de pédophilie.
Dans un tiers des cas, la police n’a jamais été informée. Quand elle l’a été, elle a souvent choisi de fermer les yeux pour protéger le mouvement scout.

“Nous voulons que des leçons soient tirées de cette affaire, que les associations comprennent comment les pédophiles opèrent, comment les violeurs d’enfants infiltrent les associations dédiées à la jeunesse”, explique un avocat des victimes, Paul Mones.

Certains reprochent à l’association d’avoir tout fait pour empêcher la divulgation de ces dossiers qui couvrent trois décennies.

Le président des Boy-Scouts d’Amérique s’inquiète surtout pour la réputation de l’association, Wayne Perry : “Je voudrais demander aux parents de regarder les programmes que nous avons et de nous juger, non pas par rapport au passé, mais par rapport à ce que nous sommes aujourd’hui. Nous juger par rapport aux autres associations de jeunesse au monde pour bien voir que vos enfants sont vraiment, vraiment plus sécurité qu’ailleurs, voire même plus en sécurité qu‘à la maison”.

Selon les documents, entre 6.000 et 30.000 enfants auraient été abusés. Près de 1200 chefs scouts auraient été couverts. Certains responsables ont déjà été condamnés. Mais la justice a encore du pain sur la planche.

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