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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 07:55

L’impérialisme est défini généralement comme « la politique d’un pays qui cherche à conserver ou à étendre sa domination sur d’autres peuples ou d’autres territoires ».

Les États-Unis n’ont pas une politique coloniale traditionnelle en ce sens qu’ils ne visent pas à occuper ou à annexer directement des territoires. Leur hégémonie s’exprime de préférence à travers l’expansion de sphères d’influence. Pour ce faire, ils allient des moyens culturels, médiatiques, économiques, politiques, etc.

Cette approche pluridimensionnelle n’exclue pas pour autant l’usage de la force militaire qui reste le pilier de leur stratégie de domination globale. Les Etats-Unis conçoivent le monde comme un vaste champ de bataille dont les bases militaires constituent l’épine dorsale. La subdivision de la surface terrestre en unités de commandement renvoie à cette approche. On dénombre pour l’heure plus d’un millier de bases militaires usaméricaines disséminées dans le monde et une présence armée dans plus de 150 pays (http://www.globalresearch.ca). Ce réseau s’ajuste et se renforce suivant les nécessités tactiques. Le moindre bouleversement géopolitique ou cataclysme naturel est mis à profit par l’empire pour accroître sa capacité de projection comme l’illustre le déploiement massif de soldats en Haïti.

Les interventions militaires des Etats-Unis n’ont pas exclusivement des motivations économiques mais s’expliquent aussi par des considérations géopolitiques : il s’agit pour les Etats-Unis d’asseoir leur ambition impériale à travers le contrôle des flux énergétiques.

Sous couvert de lutte contre le terrorisme, les Etats-Unis tentent de mettre au pas tous les pays réfractaires à leur autorité et à l’ordre néo-libéral. En première ligne de ce combat, on retrouve les pays latino-américains regroupés au sein de l’ALBA, principalement Cuba et le Venezuela. Les USA s’efforcent par tous les moyens de mettre en échec les efforts d’intégration et de coordination politico-économique des pays socialistes. Ils viennent d’implanter sept nouvelles bases le long de la frontière vénézuelienne au point de menacer dangereusement la paix régionale.

L’expansion impérialiste ne s’appuie pas seulement sur des éléments objectifs (innovation technologique, production économique, puissance militaire,…) mais aussi sur les relais culturels : production audiovisuelle, domination de l’anglais en tant que référent universel, contrôle de l’information, etc. La production culturelle n’est jamais neutre ; elle charrie une certaine vision du monde, des concepts et des valeurs idéologiques qui sont presque mondialement intériorisés.

Dans cette optique, le cinéma joue un rôle clef. Hollywood a toujours entretenu des relations électives avec les autorités publiques. Depuis les événements du 11 septembre, ces liens se sont encore renforcés. Un des raisonnements récursif de la production cinématographique est la lutte contre un ennemi irréductible qu’il faut par toutes les voies anéantir. Hollywood accompli scrupuleusement son rôle idéologique : redorer l’image des forces publiques et légitimer d’un point de vue morale les menées militaires et l’inflexion autoritaire des Etats-Unis.

Le néo-impérialisme cherche à imposer ses valeurs pour mieux assurer ses intérêts. Les déclarations de supportourtroops.thumbnail.jpg

 

George W. Bush qui vont dans ce sens sont abondantes (http://www.commondreams.org/headlin...) : « La stratégie de sécurité nationale des États-Unis sera fondé sur un internationalisme typiquement américains, qui reflète l’union de nos valeurs et nos intérêts nationaux. L’objectif de cette stratégie est de contribuer à rendre le monde non seulement plus sûr mais mieux. Nos objectifs sur la voie du progrès sont clairs : liberté politique et économique, les relations pacifiques avec les autres Etats et le respect de la dignité humaine… Les États-Unis saisiront cette opportunité pour étendre les avantages de la liberté à travers le globe. Nous allons travailler activement pour apporter l’espoir de la démocratie, le développement, les marchés libres et de libre-échange aux quatre coins du monde ».

La fin de l’ère coloniale n’a pas mis un terme à l’exploitation économique, sociale et culturelle des peuples du Sud qui, drapé dans le manteau de la mondialisation, se poursuit sous des formes plus sournoises. Les crocs de l’impérialisme sont plantés encore plus profondément dans la chaire des pays les plus démunis qui se font inlassablement dépouiller de leurs ressources et de leur identité.

Les observations de Lénine dans « Impérialisme, stade suprême du capitalisme » n’ont rien perdues de leur vigueur : « Les savants et les publicistes bourgeois défendent généralement l’impérialisme sous une forme quelque peu voilée ; ils en dissimulent l’entière domination et les racines profondes ; ils s’efforcent de faire passer au premier plan des particularités, des détails secondaires, s’attachant à détourner l’attention de l’essentiel par de futiles projets de "réformes" tels que la surveillance policière des trusts et des banques, etc. Plus rares sont les impérialistes avérés, cyniques, qui ont le courage d’avouer combien il est absurde de vouloir réformer les traits essentiels de l’impérialisme ».

Emrah Kaynak

Voir en ligne : Le Grand Soir
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 07:52

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1. Le fait migratoire est planétaire : des frontières chinoises aux frontières mexicaines, des frontières russes à celles du désert et de la méditerranée, des frontières africaines à celles du Sinaï, tous les continents et les pays vivent les mouvements de populations. Ces derniers sont, au sein des pays, deux fois plus importantes que celles qui sont à l’extérieur des pays. Les effets sont considérables. Il devient de plus en plus insupportable de multiplier les murs, de celui de la frontière mexicaine à celui de la frontière israélienne. Ils sont poreux et inutiles. La guerre climatique (sécheresse) et la guerre tout court ont toujours été et sont plus que jamais les deux sources qui font des migrations un fait planétaire. Les sécheresses et la multiplication des conflits, se sont étendues à plusieurs continents, Afrique, Europe Centrale, Asie Centrale et Chine. Le caractère massif des migrations issues de nouvelles contrées, jusque là épargnées par les déplacements de populations, tel que l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, indique leurs origines que sont les guerres, l’instabilité chronique, et les sécheresses. Aussi, aux migrations sud-nord, succèdent les migrations sud-sud, sud- sud-est, nord-est-nord-ouest. Aux migrations de la simple force de travail, succèdent les migrations politiques d’asile, celles de compétences qui hypothèquent le développement des pays d’origine et en particulier des pays africains.

1. Le statut de la mobilité : la mobilité est à considérer comme un bien public mondial, à défendre, à accompagner et à sécuriser. La réinsertion de la circulation des hommes dans les négociations internationales fera l’objet d’un nouveau rapport de forces. Sa préparation pourrait en être accélérée par les migrants eux mêmes au sein même des sociétés d’accueil du fait de leur place dans les circulations de compétences. La place nouvelle du migrant dans la hiérarchie des compétences fait de lui, déjà, un enjeu mondial, que révèle les formes nouvelles de circulation migratoire . L’inclusion des sociétés d’origine dans la circulation des compétences de leurs propres migrants est un élément majeur d’une nouvelle division internationale du travail .

2. Le migrant doit redevenir un acteur majeur de la lutte des classes : historiquement, les différentes migrations selon leur histoire dans leur pays d’origine se sont plus ou moins insérées au cour des luttes des travailleurs. Ce fut le cas des migrants de l’Inde en grade Bretagne, des espagnols et des italiens en France et en Belgique. Ce le fut tardivement pour les migrants maghrébins en France et en Belgique à partir des années 60-80. La faiblesses des syndicats et des luttes sociales en Europe proviennent, face aux patronats et aux gouvernements européens, à la sous estimation des syndicats, la négligence, voire au mépris vis à vis des travailleurs migrants. Les migrants avaient permis à la grande masse de la classe ouvrière européenne de bénéficier de la mobilité sociale, de passer à un statut social supérieur, celui d’une aristocratie ouvrière. Un éveil, un sens nouveau, encore faibles, réapparaissent au sein des la conscience et des luttes sociales, notamment avec la menace de déclassement de larges fractions de la classe ouvrière et des classes moyennes. Les actes de solidarité se multiplient désormais alors qu’ils faisaient défaut il y a peu encore. Il y a lieu de rappeler parce que c’est un épisode douloureux que la place des migrants dans la lutte des classes a été un marqueur de la division de la gauche dans tous les pays européens à partir des années 60-70 du siècle dernier. Les migrants ont été la base mythique de la gauche radicale dans les années 65-85 autorisant leur isolement dans les luttes ouvrières et la méfiance des organisations syndicales à l’égard de leur inexpérience des luttes et de leur « fragilité » idéologique. Elles sont devenues enjeux et otages des luttes au sein de la classe ouvrière européenne.

3. Les migrants sont devenus des acteurs sociaux au sein de toutes les classes sociales de la société européenne. Ils sont dans les travaux les plus durs, dans les arrières cuisines, aussi bien que dans l’encadrement des industries et services. Ils sont passés des positions d’ouvriers dans la production industrielle à celle de nouveaux bagnards dans les services sans papiers et rejetés. En même temps, certains des enfants des anciens migrants ne sont plus les héritiers des places occupées par leurs pères dans la production. Ils bénéficient à leur tour, mais bien moins, de la mobilité sociale. Ils occupent une place devenue centrale dans la production capitaliste, celui des petits patrons ou de salariés des services à l’industrie. Ainsi, des sociétés de maintenance ou le vaste spectre services externalisés, à celui de salariés dans les sociétés de services, experts comptables, avocats, auditeurs. (prés de 20% des salariés des grandes sociétés de consultation et d’audit sont des jeunes de la troisième génération des migrations maghrébines et africaines)

4. Le migrant est un passeur. C’est un passeur de cultures et de civilisations. Il est l’indicateur du niveau d’humanisation possible du monde. Il témoigne de la difficulté d’être des Etats nationaux autant que d’une mondialisation au service des pays du nord. Ceux du sud ne peuvent plus nourrir leurs enfants, ceux du nord ne peuvent plus protéger les siens par l’Etat providence. Le migrant devient la figure du nouveau siècle.

5. Le migrant est passeur dans les deux directions : il est porteur de valeurs de solidarité, d’une autre manière de vivre la ville, d’autres valeurs culturelles au sein des sociétés d’accueil tout comme il transmet dans sa société d’origine les idées et les valeurs auxquels il est perméable durant son séjour dans les sociétés d’accueil, tels les éléments d’une culture économique, de l’autonomie de la femme, les comportements sur la fécondité des non migrants

6. Le migrant est un agent qui révèle les sociétés d’accueil. On commence par des lois de répression contre le migrant dans la société européenne et on finit par réprimer avec les mêmes lois et les mêmes méthodes ultra policières les peuples européens eux mêmes. Tout le monde a lu l’histoire de la petite Anne, 14 ans, conduite menottée au commissariat de police parisien au petit matin. Les autorités politiques affirment que les procédures ont été respectées. Exact. C’est bien de cela dont il s’agit. De la déshumanisation produite par les lois sécuritaires adoptées contre les migrants.

7. Le migrant est le bouc émissaire qui permet à la droite dans tous les pays européens d’établir et consolider la contre réforme politique et sociale, adoubée en France, par l’idéologie vichyste et le renforcement considérable de l’appareil policier. Le discours sécuritaire motivée par « l’invasion » étrangère, servi depuis vingt ans, est rendu efficace par la division des forces de gauche et par leur positions honteuses et timorés. Ce discours et les actes de répression ont servi d’alibi et de dérivatif aux contradictions pour « unifier » les autochtones contre « l’étranger » hier et le musulman aujourd’hui. Il est clair que cette opération idéologique, politique et policière a bien fonctionné au détriment de l’unité des travailleurs et des intérêts de classe des exploités. Le foulard de Ilhem candidate du NPA est la dernière démonstration du bon fonctionnement du mécanisme de la division de la gauche, de l’indiscipline génétique de la petite bourgeoisie, de la « peur » manipulée du musulman.

8. L’universalisme européen a dérivé depuis deux décennies vers le racisme ouvert. Le discours dominant insuffle et gère la peur de l’autre. Il ne se donne plus la peine du masque humaniste européen. Ce dernier procède d’une conviction profondément ancrée dans la conscience pan-européenne : la suprématie de la civilisation occidentale. Elle est construite sur l’ignorance mais aussi sur le rapport de forces qui lui même, autorise l’ignorance. L’opinion ignore qu’au XI siècle déjà, l’on pouvait émettre un chèque à Bassora et l’encaisser au Maroc alors que les simples marchés des villes n’existaient pas encore en Europe. Le rapport de forces permettait, comme disait Ghandi, que « pour développer l’Angleterre, il lui fallait envahir les Indes ». Et pour développer l’Inde ?... Nous en sommes là, là où s’interrogeait Ghandi.

9. La représentation du migrant dans le discours politique occidental : c’est l’un des problèmes majeurs qui se posent aux sociétés occidentales. La gestion politique par la peur est une phase du court terme. Dans le moyen et long terme, l’enjeu est la recomposition des sociétés européennes. L’objectif de la période sera l’élaboration d’un discours audible par les acteurs majeurs du rapport de forces politiques. Cela sera d’autant plus difficile que l’Europe aura du mal à se retrouver simple province du monde.

10. La représentation du migrant dans la réalité des sociétés occidentales. Les sociétés européennes, à divers degrés, sont déjà, bien au delà de la conscience qu’elles ont de leur propre image. Le quart des mariages, en France, sont ceux de couples mixtes . Tous les jours, par mille et un actes quotidiens, par capillarité, la culture urbaine métissée chargée de touts les cultures, diffuse ses prégnances. Dans tous les transports urbains, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, ipod aux oreilles écoutent toutes les musiques du monde. Toutes les villes du monde déploient les richesses revendiquées des métissages de cultures. Les migrants sont les véhicules et les moteurs de la transformation des paysages de la culture urbaine. Ils sont parties prenantes dans les vies de chacun. C’est aussi l’une des raisons de la peur. Ils ne sont plus uniquement rivés aux chaînes des usines, dans les quartiers périphériques. Ils sont dans les bureaux, les enseignants supérieurs, les médias, les staffs des entreprises, les quartiers résidentiels.

11. Comment lever cette contradiction du discours de la peur de l’autre et du vivre ensemble culturel et urbain ? La fabrique du discours de la peur est purement à usage d’accès au pouvoir politique. Ce n’est que de l’ordre du court terme. Mais de court terme en court terme... De la représentation des autres cultures présentes en Occident est générée par celle là même qui a prévalu durant les siècles de colonisation : des cultures asiatiques africaines et arabes, ne sont retenues que les « infériorités » techniques actuelles. L’hégémonie culturelle avait pour base la technique. Aujourd’hui, un demi siècle après les périodes de décolonisation, l’hégémonie culturelle se fissure. Après avoir été porté de nouveau à son paroxysme par la guerre entre l’axe du mal et celui du bien, l’exercice de la suprématie culturelle de l’Occident, connait les limites que sont l’émergence de nouveaux acteurs mondiaux porteurs de vieilles civilisations et valeurs.

12. Le double statut de la migration : c’est autant celui du mouvement, du voyage, de l’anthropologie du voyage , que celui de la participation des migrants venus à une société européenne. La migration est pour le migrant, à la fois une recherche de sécurité matérielle, mais aussi une recherche d’être dans le monde, un raccourci pour un nouveau statut et dans le monde, et auprès de sa société d’origine.

13. Penser les articulations entre sociétés d’accueil et sociétés d’origine. C’est un nouvel ordre des choses que la mobilité des hommes inscrit dans les nouvelles configurations des sociétés. Ce nouvel ordre demande un examen approprié des la multitude et la floraison des articulations urbaines , culturelles, sociales, économiques, entre sociétés d’accueil et sociétés d’origine. Ces articulations sont en oeuvre depuis longtemps et pourtant les représentations dominantes aujourd’hui les ignorent. Elles sont pourtant au coeur des perceptions collectives.

14. Changer d’échelle : l’État national, ni l’Union Européenne ne sont pas en mesure de faire face, seuls, à l’enjeu mondialisé des flux migratoires. Un cadre international, des négociations internationales sont devenues indispensables pour régir la circulation des hommes. En ce sens, les pays du sud ont à élaborer une plateforme migratoire commune.

15. Les migrations ont introduit une cascade de contradictions au coeur des sociétés capitalistes. Les rapports internationaux actuels, où les pays du Nord, préconisent et imposent la liberté de circulation des capitaux et des marchandises mais interdisent ou limitent fortement la circulation des hommes, cette contradiction va devenir insoutenable. Une autre contradiction réside dans le fait, que les pays du nord, qui calculent au nom de la rationalité économique les gains politiques, économiques et sociaux de la limitation d’accès des hommes des pays du sud, en obère les pertes considérables et les coûts internes pour les pays du nord en termes démographiques, de recherche et développement, de marchés, d’influence, culturelles, et les coûts en termes de tension intérieures. C’est aussi, la contradiction qui oppose l’aide publique aux développements menées par les pays du nord et les embargos à l’immigration. C’est celle qui préconise les vertus de la mondialisation chantées par les pays du nord qui développe simultanément la pensée de clôture de l’identité nationale. C’est la floraison des peuples migrants (diasporas chinoise, philippine, indienne, indo- pakistanaise, kurde, dioula, banbara, etc..) qui se faufilent et heurtent doucement les contours de la souveraineté nationale et de l’identité.

16. Le rôle des pays d’origine. Le premier rôle des pays d’origine et en particulier, les pays africains, est de rompre le silence face au vacarme manipulateur des pays de nord sur la migration. Ils se doivent de défendre leurs ressortissants, de mettre en exergue les apports multiformes de leurs ressortissants aux sociétés d’accueil. Leur silence est aussi celui de la culpabilité. Les autorités publiques des pays d’origine auront à trouver les modalités précises pour prendre en charge la réponse adéquate aux problèmes concrets qui handicapent les migrants. Il s’agit des coûts de transferts des fonds des migrants, des conditions d’investissements, de la circulation des compétences, des économies solidaires en cours de réalisation entre les migrants et leurs communautés d’origine.

17. Les questions économiques sont majeures pour les pays d’origine. Les montants importants des transferts participent au maintien des équilibres macro économiques par l’entrée massive de devises. Les montants des transferts dépassent de loin les montants de l’aide au développement. De ce fait, un tel phénomène crée une situation nouvelle. Il modifie l’état de dépendance vis à vis des transferts des pays étrangers. Les coûts de transferts, par exemple, dans le corridor Afrique sub saharienne- Europe figurent parmi les plus élevés du monde. Il y a une forte différence entre les coûts entre le Maghreb et l’Europe et ceux entre le reste de l’Afrique et l’Europe. Les raisons sont multiples : le faible taux de bancarisation, le très faible réseau de guichets bancaires, et l’importance des transferts informels, là aussi parmi les plus élevés du monde. Une action des Etats et des associations de migrants en direction des banques et des STA, est devenue indispensable pour diminuer les coûts de transferts Les montants des transferts à destination de l’Afrique atteignent cette année le montant de 40 Milliard de dollars. Ils couvrent à la fois, les besoins familiaux de consommation, et ceux des communautés villageoises, les besoins en équipement collectifs de santé, d’éducation, d’adduction, d’irrigation, etc...Faire face aux besoins de consommations des familles élargies, des besoins d’éducation des enfants, de leur installation dans les villes, des mariages et des autres événements de la vie familiale et villageoise, fêtes, décès, besoins de financement de la construction d’écoles, de centres de santé, de pistes, de creusement de puits et/ou d’arrivée d’eau et d ’électricité,...suppose une organisation communautaire en amont et en aval, dans le pays d’accueil et le village ou le quartier du pas d’origine.

18. Les interrogations légitimes Plusieurs interrogations se posent relatives, au choix, à la fiabilité, à la validité des destinations des fonds. Par exemple, si les dépenses d’éducation constituent incontestablement un investissement, encore faudrait il préciser de quelle éducation s’agit il ? Une série de propositions d’activités, par pays tenant compte des acquis, et tendant à améliorer les choix économiques, les gestions, et les effets sociaux des transferts pour les besoins d’équipement participera à la fois à l’efficacité des investissements et au renforcement des liens entre les migrants et leurs sociétés d’origine. A défaut, il y a lieu de relever le risque fort élevé de voir les montants considérables transférés devenir des rentes de consommations des villes et des campagnes avec un effet pervers majeur qui délite les capacités de production

19. Les trois perspectives d’évolution. Sur la consolidation de l’Etat national : l’essaimage des investissements collectifs fournit une indication forte de l’expression par le bas des besoins réels des communautés villageoises. Y a-t-il lieu de réintroduire les projets de l’Etat à partir de cette expérience multiforme en les intégrant dans les plans régionaux et sectoriels de développement ? Dans ce cas, nous serons dans la perspective de la consolidation des Etats en Afrique. Il s’agira alors pour les Etats de produire les outils de fiabilité et de confiance. Une seconde figure d’évolution est possible : laisser faire les spontanéités des rapports établis. Une troisième figure consiste pour les Etats à encourager, faciliter, les liens et les relations entre migrants et sociétés d’origine. C’est peut être cette dernière qui correspond le mieux à la période. Nous nous trouvons face à une nouvelle situation. Deux faits majeurs se présentent aux pays africains démunis. Le premier, la conditionnalité que furent les plans d’ajustement structurel pour mettre à genoux les Etats africains durant les décennies 80-90, a fait place à une nouvelle conditionnalité de l’actuelle décennie, celle de la migration dans les négociations multiples entre l’UE et les pays africains. Le second, nous assistons à une organisation du rapt et de la captation par les Etats du nord et par leurs systèmes bancaires des fonds des migrants pour légitimer la baisse de l’APD.

http://www.reseau-ipam.org/spip.php?article1883
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 07:48
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l est apparu, depuis peu, dans l’imaginaire médiatique, une nouvelle figure : celle de la beurette méritante, fragile créature à mi-chemin entre Antigone [1] et Cendrillon. Une histoire telle que les médias les aiment, un parcours de la misère vers la lumière avec pour bonne fée la République bienveillante.

Article

Cette dernière transformerait avec sa baguette magique "école-républicaine" cette brune Cendrillon : sa pauvre djellaba devenant un joli tailleur, ses babouches (pour faire couleur locale) devenant de vertigineux talons, ses cheveux hirsutes se domestiquant pour acquérir tout le lustre et la raideur requise, bref toute la panoplie établie de l’executive woman.

Une brune Antigone habiterait également cette figure médiatique, se dressant contre tous les Créons familiaux (le Mâle-Mal). A la tradition inique, au culturalisme, elle opposerait tous ses diplômes et sa modernité nouvelle chèrement acquise sur les bancs émancipateurs de l’école.

Happy end donc. Clap de fin.

Deux personnes (faut-il dire personnages ?) ont illustré cette jolie histoire médiatique : Rachida Dati et Fadela Amara. L’une comme l’autre ont plus qu’obsédé les médias (enfin, l’une plus que l’autre) ces dernières années. Toutes les deux ont lutté, toutes les deux ont un eu une blessure secrète qui nous est bien sûr révélée (car il faut bien faire pleurer notre Marianne thaumaturge), et toutes les deux ont triomphé. Leur histoire a été disséquée, enrobée de bandelettes médiatiques et couchée dans le sarcophage du mérite individuel, prête à passer à l’éternité républicaine et laïc.

De la république émancipatrice

Rachida Dati représenterait la version classique : une beurette travailleuse, ayant gravi une à une les marches de la méritocratie, essayant successivement la chaussure de vair de comptable, puis de magistrate et enfin de ministre.

Fadela Amara, quant à elle, figurerait le versant associatif de l’histoire : la passionaria, "grande gueule" (selon ses propres termes), épousant des combats, les construisant, les déconstruisant hélas parfois. Elle serait celle, qui à défaut d’avoir des diplômes, a des "colères".

Pourtant tout n’est pas aussi simple que dans ces médiatiques chansons de geste. Alors que tous célébraient les nominations de ces deux femmes à des postes ministériels, un soupçon s’est glissé. Un simple soupçon lancinant mais tenace, une question qui ébranlerait l’échafaudage narratif de ce joli conte émancipateur. Rachida Dati et Fadela Amara sont-elles vraiment des exemples d’intégration républicaine ou traduisent-elles, par leur mise en avant, un imaginaire plus trouble, directement hérité de la colonisation ?

La question peut surprendre. Mais c’est justement la mise en avant de ces deux femmes, la façon qu’ont eue les médias et les politiques de les présenter qui a instillé ce doute.

Tout d’un coup, elles sont devenus des figures sublimées : de deux parcours singuliers, tout en chemins de traverses, on a fait des archétypes, artefact médiatique du visage de l’intégration à la française.

Leurs histoires ont été constamment envisagées sous le seul point de vue réducteur et facile de leur culture d’origine, rarement sous l’angle social et économique de leur milieu. Dans un renversement commode, on ramenait alors le curseur explicatif vers le poids religieux ou des traditions pour mieux éviter de pointer une société française figée, où les élites sont dans une scissiparité sociale constante, et où la paupérisation est le vrai drame et le vrai frein.

Dans un balancement schizophrénique, les médias soulignaient à tout va leurs origines, pour mieux ensuite tenter de les acculturer, les "déculturer", les "reculturer" au gré des vicissitudes de la narration.

Leur parcours, sublimé à l’extrême, est celui d’une avancée vers le souverain "Bien" républicain, d’une re-naissance citoyenne qui se serait faite contre l’obscurantisme supposé des origines.

Et c’est justement cette référence constante et inconsciente à une culture ontologique totalisante sous-jacente à de nombreuses analyses qui fait poser cette question. Verbatim à Nicolas Sarkozy : "Quand je choisis Rachida Dati pour être ma porte-parole, le fait qu’elle soit Rachida, ça compte". N’est-ce pas leur "exotisme" qui les a fait choisir ?

Toute entreprise de colonisation est surtout censée avoir été une entreprise de civilisation et de libération de peuples arrachés ainsi à l’obscurantisme, quel qu’il soit. Le colon débarquait le fusil dans une main, dans l’autre soit la Bible, soit la Déclaration des droits de l’homme, et la tête remplie d’une bouillie de certitudes impérialistes.

Mais Edward Saïd [2] a également finement montré le lien subtil existant entre l’entreprise coloniale et la sexualité : il s’agissait de terres "vierges" à "découvrir", à "conquérir" ; on colonisait parce qu’on était viril et fort, qu’on appartenait à un peuple mâle qui se devait de soumettre des peuples dits plus faibles, des peuples femelles ou infantiles. D’où l’imaginaire colonial qui revêtait ces peuples conquis des attributs de l’enfant ou de la femme : "naïf", "grands enfants", "neuf", "ingénu".

L’imaginaire colonial se cristallisera de façon presque libidinale sur la femme indigène, objet d’émancipation par rapport à une culture prétendument inférieure et coercitive, objet d’une lutte insidieuse entre l’homme indigène et le colon pour sa protection et sa possession et enfin allégorie charnue de cette terre à conquérir et à dévoiler.

La peinture dite orientaliste ainsi que les premières photos prises notamment au Maghreb conquis parlent d’elles-mêmes : les hommes sont peu représentés. Les seuls à y être individualisés sont la femme et parfois l’enfant a-sexué. La femme, peinte ou photographiée, est toute offerte, dénudée. Que ce soit la femme d’intérieur, odalisque alanguie, ou la femme d’extérieur vaquant à ses occupations ménagères, peu nous est caché de leur anatomie. Tout se passe comme si les artistes orientalistes avaient voulu créer un imaginaire d’une terre nue, à la population féminine totalement accessible, soumise par avance au colon. Dans une société du 19ème siècle corsetée, crinolinisée, cet exotisme de bon aloi, cette nudité non transgressive devaient avoir quelque chose de délicieusement exotique et pourtant de moralement décent puisque ce n’était, tout compte fait, que des indigènes. Car le corps, et Foucault l’a bien montré, est un enjeu politique, lieu de marquage symbolique de la domination, quelle qu’elle soit. Et dans ce cadre spécifique, le corps de la femme indigène était assurément un enjeu de domination coloniale.

Tous cela n’est pas sans rapport avec Rachida Dati et Fadela Amara. La question est de savoir si il y a eu réactivation ou continuité de l’imaginaire orientaliste et colonial au travers de ces deux femmes en particulier et plus généralement de la "beurette" ?

L’Odalisque et la Mauresque

Deux figures féminines de l’imaginaire colonial traversent les parcours "narrativés" de Dati et Amara : l’odalisque et de la mauresque.

L’Odalisque a souvent été magnifiée dans le peinture, pour des raisons évidentes de non accès au Harem pour tout homme, a fortiori occidental. Les peintres orientalistes avaient donc plus qu’imaginé ces véritables houris, somptueusement féminines, toutes en poses alanguies, dans l’attente de leur maître. Elles étaient ainsi dans l’attente du seul plaisir d’un homme jamais représenté, mais auquel le contempleur européen de la toile était invité à s’identifier. C’est un imaginaire béat qui tient des mille et une nuits, très masculin et paradoxalement très occidental dans ce qu’il a de fabriqué. C’est l’Orient imaginaire, l’Orient iconographique dans lequel l’homme européen débarquait avec des idées somme toute bien simplistes.

 

L’Odalisque de la République

Rachida Dati, au travers des médias, a inconsciemment été comparée à une Odalisque. Dés le début, les journalistes se sont attardés sur sa joliesse et sa façon de s’habiller jusqu’au trop plein de la couverture de Match. Cette image d’elle en Dior rappelle d’ailleurs étrangement certaine des toiles orientalistes : Madame Dati y est photographiée quasi de plein pied, robe léopard fushia sur fond pourpre, couleurs fauves foisonnantes. La pose est séductrice, le bras droit replié derrière la tête, comme certaines femmes peintes par Delacroix ou d’Ingres.

 

Ensuite, au temps du désamour, les médias s’attarderont sur ses "manigances", ses "caprices", "son autoritarisme", "ses folles dépenses", "son goût du luxe", ses "rivalités" avec Rama Yade, puis avec Carla Bruni...toute une atmosphère de harem, de stratégies autour d’un seul homme, de complots féminins accompagneraient cette odalisque de la république.

Le livre Belle amie de Michaël Darmon et Yves Derai est en cela intéressant par ce qu’il dit de Rachida Dati mais également des politiques et des journalistes eux-mêmes. Les auteurs y dressent le portrait peu flatteur d’une femme qui serait parvenue à de hautes fonctions grâce à ses connivences avec des personnalités influentes. Elle aurait d’abord admirablement interprété la "beurette apeurée et travailleuse", jouant avec maestro des clichés habituels pour mieux les maîtriser. Ensuite, dans une atmosphère de drame conjugal, elle aurait été l’intermédiaire entre la Sultan et sa première épouse, pardon entre Nicolas Sarkozy et Cécilia.

Il est intéressant de noter que c’est à partir du moment où elle ne joua plus sur cette gamme éculée de la gentille beurette-travailleuse-et-méritante, réfutant même au hasard d’interviews ces stéréotypes, que les médias ont pu lui tomber dessus à plumes raccourcies. Sans cette mythologie de brune cendrillon, qui l’avait faite et la protégeait, elle ne pouvait être que démystifiée, ramenée à une construction médiatique bancale, mettant les médias devant leur propre artifice. Coquille vide, refusant désormais d’habiter son rôle, elle ne bénéficiait plus de la mansuétude originelle. Cela Rachida Dati l’a finalement compris, faisant ce constat amère : "ils me font un procès en illégitimité (...). Ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que je fais partie de leur monde, je connais leurs codes (...).".

Effectivement, on ne lui demandait pas de prétendre être l’égale de cette élite politico-médiatique mais de demeurer dans un état de gratitude constante. On lui demandait de jouer et re-jouer sa partition "culturaliste" pour mieux permettre aux hommes politiques, aux intellectuels médiatiques, aux journalistes de s’auto-congratuler dans l’idée de cette République si généreuse. Paradoxalement, on l’enfermait ainsi dans sa culture tout en prétendant l’en libérer. On prétendait la libérer tout en maintenant une subordination symbolique. On la sommait d’"avoir été" sans lui permettre d’être de façon autonome et de devenir de façon singulière. Curieuse vision d’une émancipation péremptoire...

Plus tard, quand sa répudiation politique sera consommée, quand on lui demandera de se retirer gentiment dans les chambres intérieures de l’Europe, et de jouer la tête de gondole aux élections européennes au côté de Barnier, Nicolas Sarkozy aura cette phrase : "Elle ne connaît rien à l’Europe. Et ce n’est pas avec Barnier (...) qu’on va faire bander les gens. Rachida peut être utile pour ça".

Dans cette crudité de verbe et de pensée, tout était dit.

La Mauresque de la République

Si Rachida Dati peut figurer le côté "femme de l’intérieur" de l’imaginaire oriental, Fadela Amara est indubitablement la "femme de l’extérieur", la mauresque du souk ou de la Casbah si souvent photographiée.

 

Fadela Amara est présentée comme une "self-made-woman" à la base associative. Son association, à la crudité incongrue pour beaucoup, semble parfois plus correspondre aux attentes des marteleurs d’opinion qu’à celles de banlieues où elle ne semble pas avoir la même popularité que celle qui lui est prêtée dans et par les médias.

Elle est devenue ministre es-banlieue en raison d’une expertise qui semble inversement proportionnelle à son exposition médiatique. Elle dénonce à tout va, opacifiant et privatisant sur sa seule voix de véritables souffrances sociales. Sauf qu’à ne faire que dénoncer, on n’énonce pas forcément.

Mais peu importe car à travers elle, Fadela Amara raconte l’histoire d’une France qui donnerait sa chance à tous quelque soit son capital universitaire, social ou culturel. Elle rassure également les élites parisiennes pour lesquelles dépasser le périphérique reviendrait à s’aventurer dans des réserves tribales : elle leur offre de l’exotisme de bon aloi, caricature lénifiante de ce qu’ils s’imaginent être ces allogènes si récemment français. Tout comme les représentations coloniales tenaient plus à une projection de fantasmes qu’à la réalité, Fadela Amara tient plus d’une projection chimérique, d’un habit chargé et construit qu’elle a docilement endossé et qu’elle fait placidement vivre.

Et il n’est pas peut dire que Fadela Amara a cultivé avec soin ce côté populaire et pittoresque. Sa façon de parler, son accent, mélange auvergnat et arabe (copyright à Hortefeux), ses fautes de syntaxe, sa coiffure à la diable, sa mise approximative, tout cela semble faire partie d’une pantomime pré-écrite qu’elle interprète admirablement.

Elle est ainsi devenue la caricature de la beurette populo, celle qui parle verlan et djeun’s. Elle appelle "franchise" sa façon d’émailler ses propos de mots d’argots et arabes, de tautologies qui médusent les plus aguerris des journalistes (Aphatie par exemple). Son outrance, sa tchatche d’échappée de la cité lui servent d’unique viatique pour des problèmes sociaux pourtant infiniment urgents. Lors de son premier conseil des ministres, elle racontera fièrement avoir dit :: "Monsieur le Président, pour la banlieue, il faut y aller à donf’"...fin de l’expertise !

Tout comme Rachida Dati, elle s’est pliée à des injonctions culturalistes et performatives, les a même poussé à l’outrance, devenant une caricature utile et débonnaire.

Et si Rachida Dati est celle qui flatte une République-pygmalion face à sa Galatée [3] exotique, Fadela Amara est là pour rassurer en raison même de son côté populo-exotique. Elle est là pour conforter et réconforter à la fois. Car la République ne peut que s’aimer, ne peut que s’auto-célébrer pour sa générosité envers Fadela Amara, dans un artificiel feux compassionnel. Et plus cette dernière creusera le sillon, plus la République pourra s’élever. Encore une fois, comme pour Rachida Dati, l’argument culturaliste est à la fois souligné pour être ensuite mieux déconstruit ou dénoncé, dans une dialectique continue et continuelle.

Elles disent beaucoup aussi d’un über-président qui semble obnubilé par les femmes en détresse, des infirmières bulgares, en passant par Ingrid Bettencourt, Florence Cassez, les françaises en République dominicaine, auprès de qui il pourrait se poser aisément en protecteur. On pourrait chercher l’explication, dans un "psychologisme" facile, du côté d’une enfance où il aurait décidé de protéger sa mère tôt divorcée et déclassée. Mais on peut aussi rechercher du côté d’un inconscient général où la beurette figure la nouvelle victime à sauver, dans un occident où le féminisme cuissardé ne permet plus ces fantaisies héroïques et masculines. Et ce serait encore, au travers de cette figure "orientalisée", tout l’Occident sûr de lui et paternaliste qui fait encore entendre sa voix et indique la seule voie.

Marianne et les frères

Revenons un temps à la peinture dite orientaliste : les hommes y étaient rarement représentés si ce n’est en groupe, rarement seul, comme pour mieux souligner leur côté tribal. Car lors de la conquête et de l’expansion, le colon, notamment le colon français en Algérie, a vite rencontré une menace évidente à son dessein : les hommes autochtones. Ceux-ci ont été réifiés en une masse informe, dangereuse, anonymisée, "barbarisée". L’indigène homme était fantasmé en un être doté d’une sexualité agressive, primaire et concurrente de celle du colon. Aussi si la femme était hyper-érotisée dans une attitude totalement passive, l’homme, quant à lui, était hyper-sexualisé, prédateur à la fois de la femme du colon et de la femme indigène. Il devait donc faire l’objet d’une surveillance accrue et d’une coercition constante. Par opposition, la femme indigène a été parfois appelée à se libérer de cet homme : au moment de la guerre d’Algérie, avaient été instituées des cérémonie de "dévoilement" au cours desquelles des femmes indigènes, sous l’égide des autorités locales, retiraient leur voile et le brûlaient, comme pour mieux permettre à la France de conjurer un désir d’indépendance général en réanimant ce mythe de la république émancipatrice.

La France s’interroge sur la place de ces enfants d’immigrés, interrogations qui se cristallisent surtout sur l’Islam avec des débats byzantins sans fin sur les signes ostentatoires ou ostensibles des signes religieux.

Et si finalement, c’est précisément cette population qui est devenue par elle-même trop ostensible, c’est-à-dire trop visible, et trop ostentatoire, c’est-à-dire réclamant à la France le respect du principe d’égalité des citoyens et la mettant face à ses contradictions ? L’immigration maghrébine en France n’est pas un phénomène récent ; mais là où les parents rasaient les murs souvent construits par eux, dans une double "visibilité-invisibilité" commode, les enfants ont une présence exigeante et perturbante pour certains.

Là encore traduire politiquement en termes de religion, de culture, de tradition ce qui est surtout un fait social et économique permet de transformer aisément les premières victimes de l’inégalité, les hommes issus de l’immigration, en ennemis. Bourreaux de leurs soeurs d’abord, qui elles bénéficieront en contre partie de toute la mansuétude républicaine. Epouvantails dangereux aussi qui cristallisent sur leur seule existence toutes les exigences sécuritaires d’une France qui joue à se faire peur. En saturant l’espace médiatique avec ces deux femmes, les médias et les politiques ont ainsi permis l’occultation de cette autre partie de la diversité, trou noir et angle mort dans la construction de l’intégration à la française. Réalité qu’une République, qui tire sa légitimité de mythes fondateurs comme l’égalité, n’est pas prête à accepter.

Or, nous sommes, avec ces deux femmes, dans une République, non pas égalitaire, mais dans une République qui s’aime d’être généreuse, charitable, avec ce que cela suppose de condescendance et de mépris social inconscient.

Archétypées, Rachida Dati et Fadela Amara sont devenues de simples prénoms qui claquent comme une "dé-nomination" et une réduction. "Dé-nomination" forcée de leur patronyme, c’est à dire de leur identité paternelle, de l’homme de la famille forcément férocement prédateur. Réduction aussi à un impératif d’exemplarité sous peine d’être renvoyées dans les limbes de leur culture et de voir cette dernière devenir le mode explicatif du moindre de leur comportement.

Devenues "Rachida" et "Fadela", leurs exemples, en dehors duquel il n’y a pas de salut (républicain et laïc s’entend), enferment ainsi toute la masse silencieuse des Français issus de l’immigration : la réussite de ces deux femmes devient le modèle à suivre et les renvoie, en cas de difficultés, à un échec personnel qui n’aurait rien à voir avec une société française frileuse. Car l’archétype a ceci de pratique qu’il occulte la règle générale et la réalité

Dati et Amara sont des simulacres médiatiques et politiques : des créatures incertaines pour lesquelles on a substitué un paternalisme culturel ou religieux à un autre paternalisme, républicain celui-là. Tout se passe comme si elle avaient été nommées pour être des "ethno-ministres", pour une "ethno-politique" et maniant un "ethno-langage" en direction d’"une ethno -frange" de la population française.

Elles sont les "icônes utiles", palimpsestes édifiants qui couvrent volontairement de bien tristes tropismes.

Textes de Hassina Mechaï

Dati et Amara : icônes de la diversité ou archétypes de l’imaginaire colonial ?

http://lmsi.net/spip.php?article1005,
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 23:25

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Après les audiences de nouvelles sentences, Fernando González, Antonio Guerrero et Ramón Labañino ont été renvoyés dans les mêmes prisons.


Les courriers sont un soutien psychologique très important pour les Cinq, et une façon de dire à l’administration étasunienne que nous continuons le combat pour leur libération.

 

La prison de Gerardo est en "lock down" depuis près d'un mois: Si un incident grave se produit dans la prison, tous les prisonniers sont punis. La longueur de la peine dépend de la gravité de 'l'incident": Les prisonniers sont enfermés dans leur cellule sans aucune communication, pas de douche, pas de repas chaud...

Ecrivez, envoyez des cartes postales, quelques mots, même s'ils ne peuvent répondre à tout le monde... continuons d'écrire.

Gloria Gonzalez Justo

  

  • Pour écrire à Fernando González, indispensable d’écrire sur l’enveloppe:


Rubén Campa
# 58733-004
FCI  Terre Haute
PO Box #33
Terre Haute, IN 47808 

USA

 

  • Pour écrire à Ramón Labañino, indispensable d’écrire sur l’enveloppe :


Luis Medina
# 58734-004
U.S.P.  McCreary
P.O. BOX, 3000
Pine Knot, KY 42635

USA

  • Antonio Guerrero
    # 58741-004
    USP Florence
    PO BOX 7000
    Florence, CO 81226

USA 

  • Gerardo Hernández
    # 58739-004
    USP Victorville
    PO BOX 5300
    Adelanto, CA 9230

USA

  • René González
    # 58738-004
    FCI Marianna
    P.O. Box 7007
    Marianna, FL 32447
  • USA

 

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 23:20


brecht.jpg

"Er ist vernünftig, jeder versteht ihn. Er ist leicht.
Du bist doch kein Ausbeuter, du kannst ihn begreifen.
Er ist gut für dich, erkundige dich nach ihm.
Die Dummköpfe nennen ihn dumm, und die Schmutzigen nennen ihn schmutzig.
Er ist gegen den Schmutz und gegen die Dummheit.
Die Ausbeuter nennen ihn ein Verbrechen.
Aber wir wissen:
Er ist das Ende der Verbrechen.
Er ist keine Tollheit.
Er ist nicht das Chaos
Sondern die Ordnung.
Er ist das Einfache
Das schwer zu machen ist.
"

 

"Il est raisonnable, à portée de tous. Il est facile.

Toi qui n'es pas un exploiteur, tu peux le comprendre.

Il est fait pour toi, renseigne-toi sur lui. 

Les sots l'appellent sottise et les malpropres, saleté.

Il est contre la saleté et contre la sottise.

Les exploiteurs disent que c'est un crime,

Nous, nous savons :

Il est la fin des crimes.

Il n'est pas une absurdité,

Mais la fin de l'absurdité.

Il n'est pas le chaos.

Mais l'ordre.

Il est chose simple,

Difficile à faire."
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 22:49

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DEVENIR FRIDA KAHLO
Sans doute fallait-il une institution belge pour aborder l’œuvre picturale d’une artiste qui, durant toute sa vie, dénonça et méprisa la décadence de l’occident capitaliste, avec le glamour que l’on réserve habituellement à une star hollywoodienne. Ce qui pourrait paraître déplacé à un regard et une compréhension superficiels me semble au contraire très pertinent.

Frida Kahlo s’était effectivement fabriqué un personnage de star, bien avant que Hollywood ne s’en empare et porte sa vie à l’écran en 2003. Par sa vie publique et son œuvre, curieuse et singulière, faite en grande partie d’autoportraits témoignant des différentes étapes de sa vie, Frida Kahlo s’est inventé une image de marque, un look et une attitude: le mono sourcil sur un œil sévère, la moustache surlignant une bouche durement fermée, la nuque raide, les costumes et parures de Tihuana.

Bozar ouvre son exposition, qui compte 19 tableaux et quelques dessins, par une bio qui retrace la vie mouvementée de l’artiste: la jambe atrophiée par la polio, l’accident de bus à 18 ans, la découverte de la peinture sur son lit d’hôpital, la rencontre avec Rivera de 20 ans son aîné, le mariage tumultueux avec cet ogre du muralisme mexicain, les conquêtes masculines et féminines de Frida, ses coups d’éclats en public. Un véritable “biopic” hollywoodien! La scénographie est aussi surprenante: dans une salle plongée dans la pénombre, des cloisons inclinées et des miroirs renvoyant des images des tableaux créent un drôle de labyrinthe où les images peintes par l’artiste apparaissent dans des halos lumineux, comme pourraient le faire des bijoux.

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 22:47

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Entre le 23 mars 1941 et le 12 août 1944, 1014 résistants et otages ont été fusillés dans la clairière du Mont-Valérien. 125 venaient de l'Ouest, dont Albert Abalain, né le 13 janvier 1915 à Quimerc'h, fusillé le 17 septembre 1943.

Un enfant du pays, résistant, qui a donné sa vie à son idéal communiste et à son pays. Laissant toute une famille meurtrie. Désormais, il figure, avec les autres victimes, sur le monument mémoire érigé à Suresnes (commune où est situé le Mont-Valérien), ainsi qu'un centre d'information. Sa famille, présente sur la localité, a fourni ces lettres alors qu'il était captif et conscient de son destin funeste.

Extraits de missive de juillet 1943, quelques jours avant son exécution. « Je n'ai aucun espoir de sauver ma vie, l'officier instructeur m'a déclaré que je serais fusillé. Cela ne m'effraie pas, je mourrai brave en communiste, je suis fier d'avoir lutté pour l'indépendance de mon pays et de sauver de l'esclavage le peuple de France. Ceux qui m'ont livré aux Allemands, des policiers français ou soi-disant tels, ceux qui se sont fait les pourvoyeurs de cours martiales, auront à rendre des comptes, un jour, de leur conduite répugnante. Ce que j'ai pu souffrir par eux, vous ne le saurez jamais. Impossible d'imaginer le sadisme de ces chiens de garde du capitalisme. Privés de soins, de nourriture, cravaché jour et nuit, exposé durant des nuits durant aux courants d'air du mois de novembre, sans paillasse et sans couverture, dans une cellule si petite qu'il n'est pas possible de remuer pour tenter de se réchauffer. J'imaginais mal, avant mon arrestation, que les Français puissent se conduire ainsi avec les bons patriotes. La justice est en marche, là-bas du côté de l'Est de l'Europe où les héros de l'Armée Rouge infligent aux fauteurs de guerres capitalistes de sévères pertes. »

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Albert-Abalain-fusille-au-Mont-Valerien-en-1943-_29302-avd-20100220-57706717_actuLocale.Htm
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 22:37

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Au mur de la permanence de la liste Front de gauche, ce rappel : « Samedi 20 février, tournée dans les rues de Bastia. Départ 9 heures 30. » La veille au soir, Marie-Georges Buffet a tenu meeting dans le quartier populaire de Lupino et il s'agit en quelque sorte de battre le fer encore chaud.

Façon de parler, car à l'heure où le petit cortège s'ébranle derrière un Dominique Bucchini d'humeur badine, le vent violent qui souffle sur la ville incite tout un chacun à remonter son col et à glisser ses mains dans ses poches.

« La foi plus forte que le froid » annonce toutefois Toussainte Devoti dont la formule vaut pour signal de départ après que Dumé Fusella, qui a organisé le circuit, eût lancé un « à droite toute » qui lui vaut évidemment d'être gentiment hué !

Quelques instants (et commerces visités) plus tard, la troupe a déjà trouvé son rythme « de croisière ». Preuve d'une évidente maîtrise de l'exercice.

La carte du « capital sympathie »

Sillonnés l'une et l'autre pour moitié, la rue Campinchi et le boulevard Paoli « absorbent » une bonne part des tracts qu'il s'agit de distribuer. Il faut dire que de nouveaux camarades ont rejoint le groupe, désormais assez étoffé pour bien quadriller le terrain.

Choisi pour la première halte café, le Bar du lycée - géré par le jeune élu communiste de la mairie de Bastia Philippe Ristorcelli - est propice à un bilan de l'heure et demie qui, l'air de rien, vient déjà de s'écouler.

« Le contact est bon. Même les gens qui avouent ne pas être de « notre bord » nous réservent un bon accueil », se félicite Dominique Bucchini. qui peut effectivement vérifier que le capital sympathie dont il jouit ne s'arrête pas aux frontières de la Corse « sudiste ». Ce que confirme ce vieux Bastiais qui vient d'échanger quelques mots courtois avec l'ancien maire de Sartène : « Je ne suis pas communiste, loin de là, mais je respecte cet homme pour son intégrité, la clarté de sa position et la fidélité à sa ligne de conduite... » Fait hors la présence de Dominique Bucchini, le compliment est vite rapporté à l'intéressé... qui y est très sensible. À l'heure de la pause apéritif, le champagne, sans couler à flots au Bar du Palais, salue toutefois « les 8 % voire plus » que certains observateurs (et c'est l'avis de ceux-là qui compte !) prédisent à la liste.

La famille D'Ulivo ayant mis ici les petits plats dans les grands, c'est à regret qu'il faut se remettre en ordre de marche.

Le quai sud, ce « petit kremlin »

Saluer la maîtresse de maison donne au chef de file du Front de gauche l'occasion de souligner que seules deux listes ont choisi, à l'occasion du débat public organisé par Corse-Matin et Frequenza Mora, d'être représentées par une colistière.

« Ce qui témoigne de l'idée qu'ont certains de la parité. S'ils n'étaient pas contraints, par la loi, de se plier à cette règle, on imagine la place qu'ils laisseraient aux femmes... »

Au Bar Pigalle, sur le vieux-port, Ange Rovere, premier adjoint au maire de Bastia, se fait un plaisir de rappeler que le quai sud était jadis surnommé le « petit Kremlin » tandis que son alter ego ajaccien Paul-Antoine Luciani, déclenche l'enthousiasme de l'assistance quand il évoque l'énorme surprise que ce Front de gauche va, selon lui, créer au premier tour !

À l'heure où cessent les assauts portés aux plats de beignets, anchois, charcuterie et autre torta di ceciu, c'est à la musique qu'il est fait appel pour ranimer la flamme idéologique. Et à trois voix quasi professionnelles (celles de Francis Marcantei, Charly Levenard et Jean-Charles Adami) qu'est confié le soin d'ouvrir le feu.

Du chiffon rouge de la liberté au Partigianu en passant par Che Guevara où à Ma France de Jean Ferrat, les grands standards de la cause communiste et (ou) révolutionnaire sont ainsi repris en choeur.

Quand le discours se fait tranchant !

Parce que le timing prévu a parfaitement été respecté jusque-là, il est pris soin de n'accuser aucun retard quand l'heure est venue de mettre le cap sur la commune de Biguglia, fief du député UMP de Haute-Corse. Un choix qui se veut hautement symbolique, comme se plaisent à le souligner les deux élus communistes locaux, Josette Risterucci et Patrick Fazzini, en accueillant la troupe devant la salle polyvalente de Ficabruna. Entre ses murs, le discours va se durcir. En territoire « ennemi », inutile de mettre des gants ! Parce qu'il ne s'agit plus ici de convaincre mais de combattre, c'est donc à boulets... rouges que Michel Stefani se plaît à tirer le premier sur ceux « qui bafouent la justice sociale et ont fait régresser la Corse ces six dernières années ». Dans la foulée, Dominique Bucchini qui a tombé la veste, fait montre de beaucoup de tranchant tout au long d'un discours d'une vingtaine de minutes parsemé de formules chocs. Alors même que cette réunion publique est la 78e qu'il anime en l'espace de quatre mois, l'homme ne donne aucun signe de lassitude. Au contraire, le leader du Front de gauche apparaît en grande forme.

Pour preuve : à l'heure de conclure cette journée sur le coup des 17 heures, il saisit au vol la proposition de Michel Stefani d'aller prêcher la bonne parole dans un centre commercial voisin. Ce n'est pas hasard qu'est choisi celui de La Rocade : les caissières CGT de la grande surface Géant Casino sortent à peine d'une grève de quelques jours. « Leurs revendications ayant abouti, leur victoire méritait d'être saluée in situ ».

Il y a donc, là encore de la symbolique dans l'air comme le concède volontiers Dominique Bucchini.

Jean-paul Cappuri.

http://www.corsematin.com/ra/corse/241689/bastia-dominique-bucchini-le-vent-bastiais-en-poupe
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 22:02

090110-pierre-laurent

 

C'est sa première campagne électorale et Pierre Laurent, numéro deux du PCF, a encore l'embarras du "bleu". Celui qui a damé le pion à Patrick Braouezec pour conduire la liste du Front de gauche en Ile-de-France n'est pourtant pas un débutant. Mais c'est au sein du giron communiste qu'il a fait carrière. Jamais comme candidat. Alors pour ses sorties publiques, il est très entouré. Par les élus locaux qui viennent donner un coup de projecteur à cet inconnu du public. Et presque toujours par Marie-George Buffet.

 

Ce lundi 22 février, c'est à Aubervilliers que la tête de liste régionale arpente les rues, entourée de sa secrétaire nationale et de Pascal Beaudet, l'ancien maire de la ville.

Devant la poste centrale, les communistes ont installé la vieille camionnette rouge et bleu de la fédération qui affiche les slogans du Front de gauche : "Priorité aux besoins sociaux et écologiques". "Vous connaissez notre tête de liste, Pierre Laurent ?", lance une militante à un passant intrigué. Lui : "Le Front de gauche, c'est plusieurs partis de gauche qui se sont mis ensemble." Un peu à l'écart, Mme Buffet remarque : "Les militants apprécient ses raisonnements, sa disponibilité." Et d'ajouter aussitôt en se tâtant le nez : "J'en étais sûre, je le sentais." Elle a adoubé son poulain voici un an, poussant en avant cet ancien rédacteur en chef de "l'Huma" en annonçant qu'il serait son successeur.

Devant son manque de charisme et son absence de notoriété, beaucoup ont douté. Pas elle. Avec Michel Laurent, le frère aux manettes de l'appareil communiste, ils ont fini par l'imposer.

Depuis, l'ancien journaliste affiche son sourire timide - celui qui fait craquer les grands-mères. Force sa nature pour aller "au contact". Enchaîne diffusions de tracts sur les marchés, réunions publiques, rencontres avec les salariés... et media training.

Lors de sa première conférence de presse, à la mi-janvier, certains étaient encore dubitatifs devant son débit de mitraillette. Depuis, il s'est apaisé. "Il apprend et il y prend goût", note un de ses proches. "La campagne prend, le climat a changé. Sur le terrain, je sens une envie de sanctionner la droite", assure Pierre Laurent.

Les derniers sondages donnent le Front de gauche à 7 % en Ile-de-France, les troupes commencent aussi à y croire. "Il porte bien les idées qu'on défend", souligne Sébastien Dethorey, militant du Parti de gauche pour qui l'identité du candidat importe peu. "Il s'en sort pas trop mal", remarque Jean-Jacques Karman, conseiller général et "opposant à Marie-George".

Devant le Franprix, un peu plus tard, c'est encore avec Mme Buffet que les salariés se font photographier avec leur portable. Lui sourit. Il sait qu'il aura bientôt son "moment médiatique" : il a proposé à Valérie Pécresse un débat contradictoire ; la candidate UMP a accepté. Ce sera le 4 mars, à Saint-Denis, avec 100 sympathisants de chaque côté. Et cette fois, sans "Marie-George".

Sylvia Zappi
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 21:50


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Le général d’armée Raul Castro a assisté aux séances de travail du
22 février
Il a eu des entretiens avec quelques-uns de ses homologues

Lazaro Barredo Medina

• RIVIERA Maya, Mexique. - Cuba apporte sa contribution à l’effort du Sommet de l’Unité Amérique latine - Caraïbes, qui a débuté le 22 février par un discours unitaire et intégrationniste du président mexicain, Felipe Calderon, dans lequel il a signalé que l’engagement contracté en décembre 2008 à Sauipe, au Brésil, a été tenu: il s’agissait d’organiser cette deuxième réunion de chefs d’Etat et de gouvernement de la région, pour qu’ils se mettent d’accord sur l’essentiel et progressent dans la voie de l’intégration, dans le cadre du respect des différences. Autrement dit, l’objectif est de renforcer le dialogue politique et d’avancer vers le consensus.

Le général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, a partagé une intense journée de travail entre des entretiens avec d’autres présidents et des réunions de consultations et d’échanges sur les principaux points de l’ordre du jour.

Après le discours d’inauguration de Felipe Calderon, de nombreux présidents ont pris la parole pour se prononcer sur les aspects les plus cruciaux de l’agenda de travail. A quelques nuances près, ils ont été unanimes à souligner qu’il s’imposait de créer une organisation régionale, en marge des Etats-Unis, dont la vocation serait d’identifier les intérêts communs aux pays membres, au-delà des différences politiques et idéologiques.

Plusieurs présidents se sont exprimés avec véhémence contre la politique néocoloniale d’hégémonie qui est celle de la Grande-Bretagne sur la question des îles Malouines, dénonçant le fait que les résolutions de l’ONU sur ce conflit n’ont pas été respectées. De la même manière ils se sont élevés contre l’hostilité des Etats-Unis envers Cuba et ont exigé la levée du criminel blocus économique et financier imposé à l’île.

Le président équatorien Rafael Correa a dénoncé en termes éloquents les politiques de discrimination et de représailles appliquées à l’encontre de gouvernements qui, en prenant des mesures sociales et populaires, s’écartent de la voie tracée par les grandes puissances. Ces mêmes idées ont été défendues énergiquement par le président bolivien Evo Morales et par son homologue vénézuélien Hugo Chavez, qui a exigé davantage de transparence au-delà des différends et la fin des campagnes de dénigrement contre un pays ou un chef d’Etat, comme celle dont le Venezuela est aujourd’hui la cible.

Hommage a été rendu aux présidents du Chili, Michelle Bachelet, et de l’Uruguay, Tabaré Vazquez, dont le mandat expire prochainement. Les participants ont souhaité la bienvenue à la nouvelle présidente du Costa Rica, Laura Chinchilla. Pour sa part, le président du Guatemala, Alvaro Colom, a remercié les pays du Groupe de Rio pour leur confiance et le soutien qu’ils ont apporté à son gouvernement l’an dernier lorsque lui-même a été vilement calomnié et accusé d’assassinat, dans le cadre d’une manœuvre de déstabilisation.

Le Sommet a exprimé sa solidarité avec le peuple haïtien et remercié le président René Préval de sa présence. Le déjeuner des chefs d’Etat et de gouvernement d’Amérique latine et des Caraïbes s’est transformé en une séance de travail sur la situation haïtienne et l’aide matérielle et financière à apporter à ce pays pour l’aider à se relever de la catastrophe et à entreprendre des tâches contribuant à son développement.

Après une longue attente à l’aéroport international José Marti, dont la piste était noyée par les pluies bienfaisantes mais torrentielles qui se sont abattues sur La Havane et la région occidentale de Cuba dans la nuit du 21 au 22 février, Raul est arrivé à la Riviera Maya au moment précis où débutait le Sommet de l’Unité Amérique latine - Caraïbes.

Après avoir parcouru les 50 kilomètres qui séparent l’aéroport de l’hôtel Grand Velas, siège de la rencontre, dans la commune Solidaridad de l’Etat de Quintana Roo, le président cubain a participé à la cérémonie de bienvenue offerte par son homologue mexicain Felipe Calderon et engagé un dialogue chaleureux avec plusieurs présidents et Premiers ministres.

La Riviera Maya, sur la côte Caraïbe, s’étend sur 130 km de littoral et est devenue, avec Cancun, le principal pôle touristique du pays aztèque. •


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