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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 11:36

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http://www.lesinrocks.com/2012/10/17/actualite/des-personnalites-dextreme-droite-font-de-lentrisme-sur-des-sites-dinfos-11315043/

Effet collatéral de la banalisation du FN de Marine Le Pen ? Depuis quelques mois, nombre d’extrémistes de droite trouvent des tribunes sur des sites grand public bien peu regardants sur l’origine de leurs contributeurs.

“Boulevard Voltaire, le cercle des empêcheurs de penser en rond” : voici le nom et la devise du site d’information lancé au début du mois d’octobre par les journalistes Robert Ménard et Dominique Jamet. “Deux idées président au lancement. La première est ‘liberté’, d’expression, de ton, de parole. La seconde est ‘pluralisme’, afin de permettre à des opinions qui ne sont pas forcément officielles et autorisées par les grands groupes de presse et les grands partis politiques de s’exprimer”, a résumé Dominique Jamet lorsqu’il a été interrogé par l’AFP. Pour concrétiser ce programme, les deux compères n’ont pas hésité à faire appel aux vieilles gloires de l’ultradroite.

Parmi la trentaine de contributeurs de Boulevard Voltaire, des anciens du Front national tels Jean-Yves Le Gallou, ex-député européen frontiste qui a théorisé le concept de “préférence nationale”, mais aussi l’historien Bernard Lugan, ancien membre du conseil scientifique du FN. Parmi les autres plumes du site, on retrouve le militant complotiste et souverainiste Pierre Hillard, l’avocat pro-israélien radical Gilles-William Goldnadel mais aussi l’écrivain André Bercoff, qui vient de publier Apéro saucisson-pinard,un livre d’entretiens avec, entre autres, le président du Bloc identitaire, Fabrice Robert.

D’autres profils n’échapperont pas au lecteur de Minute mais sont moins connus du grand public. Pour Boulevard Voltaire, Mathilde Gibelin a ainsi interviewé Nicolas Dupont-Aignan mais également François Delapierre, le bras droit de Jean-Luc Mélenchon. Alors qu’elle est présentée comme une simple journaliste, un rapide tour sur son blog personnel permet de comprendre qu’elle est l’une des figures d’Europe-Jeunesse, le mouvement de scouts du GRECE (un think tank ayant pour but de fournir à la droite et l’extrême droite un logiciel de pensée identitaire et ethnodifférencialiste). Introduit de la même manière, Nicolas Gauthier, qui publie des analyses géopolitiques sur le site, est l’ancien directeur de publication du journal d’extrême droite Flash.

Ce ne sont pas les seuls militants d’extrême droite qui réussissent à accéder et à contribuer à des sites d’informations grand public. Le phénomène a même tendance à se généraliser. “Les sites participatifs ont besoin d’une grande quantité d’intervenants pour s’autoalimenter ou pour susciter le débat. Ils font donc parfois appel à des gens sans tenir compte de leurs stricts domaines de compétences”, analyse Jean-Yves Camus, chercheur associé à l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques). “Beaucoup d’intellectuels déclassés trouvent sur le web une nouvelle visibilité en se présentant comme des parias ostracisés à cause de leurs discours pseudopolitiquement incorrects sur l’islam ou l’immigration”, confirme l’historien des droites extrêmes Nicolas Lebourg.

C’est ainsi, par exemple, que Jean-Paul Gourévitch, “spécialiste autoproclamé des migrations”, adoré par l’extrême droite pour avoir livré un rapport tout à fait farfelu sur le coût économique de l’immigration, intervient sur Le Plus (site participatif du Nouvel Obs) ou bien encore sur le pure player conservateur Atlantico.

Sans doute moins regardant sur sa droite, Atlantico héberge aussi les papiers de Christian Rol, ancien militant de l’organisation étudiante d’extrême droite le GUD, coauteur d’un livre avec Maxime Brunerie (l’homme qui avait tiré sur Jacques Chirac en 2002), simplement présenté au lecteur comme un “écrivain et journaliste”, ou bien encore ceux de Patrice de Plunkett, dont le passé militant au sein de la Nouvelle droite est également passé sous silence.

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 10:40

 

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http://lmsi.net/17-octobre-1961-cheque-en-blanc-a

Dans son livre paru l’année dernière, Emmanuel Blanchard restitue les résultats d’une enquête sur la police parisienne. Il montre comment, de 1947 à 1958, la préfecture de police, en réponse à ce qu’elle perçoit comme le « problème nord africain », constitue, de façon non encore publique, des unités ciblant spécifiquement les Algériens. Alors que la guerre d’indépendance algérienne s’étend à la métropole en 1957 et 1958, les forces de police s’engagent dans une politique « d’élimination des indésirables ». A l’automne 1961, le préfet Maurice Papon obtient du gouvernement un véritable « chèque en blanc » pour démanteler le FLN et mener une bataille qui débouchera sur la perpétuation d’un massacre colonial au cœur de Paris, le massacre du 17 octobre 1961. Cette enquête historique inédite est précieuse en ce qu’elle permet de réinscrire ce déchaînement de violence exceptionnel dans des généalogies plus longues. En faisant la socio-histoire de l’institution policière et de ses liens avec le gouvernement, en restituant le rôle de Maurice Papon et la responsabilité très claire de Michel Debré et du Général de Gaulle, on voit réfutées les thèses d’un gouvernement politique dépassé ou alors celle d’une simple « crise » au sein de la police. Tout en recommandant la lecture du livre dans son entier, nous reproduisons ici son épilogue.

Les policiers sont devenus les combattants sans merci d’une lutte sournoise et sans merci, car c’est d’une guerre raciale qu’il s’agit. Et voici la conséquence : l’État, lui, est devenu dépendant de sa police – de son armée aussi, de cette armée dont certains organes ont été démesurément développés par leurs fonctions répressives : l’esprit de corps est la source de tout notre malheur comme il l’était déjà du temps de Dreyfus. F. Mauriac, Le Figaro littéraire, 11 novembre 1961 [1]

 

En octobre 1961, toutes les conditions de possibilité d’une violence extrême étaient réunies. L’histoire longue des pratiques de police vis-à-vis d’une population racialisée et soumise à une emprise spécifique des forces de l’ordre ; l’état de quasi-belligérance entre une organisation armée et des policiers voulant venger leurs morts ; la désobéissance organisée à un « couvre-feu » qui, sans fondement légal, était le symbole d’une forme de souveraineté policière ; l’atteinte symbolique à la souveraineté nationale défiée par la parade d’une « organisation terroriste » avec laquelle il n’était possible de négocier qu’à condition qu’elle soit défaite ; le format du dispositif de maintien de l’ordre ; la tolérance hiérarchique et politique vis-à-vis de violences quotidiennes et de pratiques extra-légales considérées comme nécessaires ou pour le moins inévitables, sont au nombre des logiques qui permettent d’appréhender ce massacre inscrit dans la situation coloniale.

Ce serait cependant céder à « l’illusion étiologique [2] » que d’expliquer le massacre du 17 octobre 1961 seulement par ces généalogies et ce contexte. Pour que les rafles au faciès dégénèrent en quasi-« pogrom [3] », il a fallu que se mêlent, de façon en apparence paradoxale, les encouragements de la hiérarchie et l’insubordination d’agents subalternes que leurs encadrants laissèrent souvent seuls pour ne pas avoir à les sanctionner. Ces brisures dans la chaîne hiérarchique et cette forme de démission temporaire des autorités policières, qui savaient pouvoir compter sur leurs agents pour que le seul objectif qui valait à leurs yeux – arrêter le maximum d’Algériens afin que force reste à la « loi » – soit atteint, donnèrent la possibilité à chacun des policiers d’utiliser toute la gamme des moyens en sa possession pour gagner la bataille engagée contre le FLN.

Cette enquête ne permet pas de savoir comment les agents s’accommodèrent individuellement de ce chèque en blanc. C’est pourtant au niveau des groupes de référence professionnels (la brigade, l’unité, les quelques collègues habitués à « marcher » ensemble…) que se jouèrent les ajustements, les processus d’alignement [4] (dans la violence effrénée ou, plus rarement semble-t-il, dans une certaine retenue) et l’ensemble des micro décisions qui donnèrent à ce massacre – proche par ses caractéristiques de certains de ceux perpétrés en Afrique du Nord [5] – les contours qu’on lui connaît.

Si des policiers plus nombreux avaient répondu au relâchement des contraintes qui pesaient sur eux autrement que par une forme d’hyperconformisme aux attentes de l’institution, le 17 octobre aurait pu n’être qu’une gigantesque rafle aux mailles trop lâches pour permettre l’arrestation des 12 000 Algériens interpellés ce soir-là. De nouvelles études, des changements d’échelles seraient donc nécessaires pour rendre compte de la diversité des attitudes et des ressorts de l’engagement différentiel dans une répression dont la radicalisation conduisit à des comportements sortant du répertoire policier habituel.

Le « manifeste des policiers républicains [6] » qui dénonçait une « situation de pogrom permanent », l’état de choc de certains délégués du SGP face aux exactions commises par des collègues appartenant parfois au même syndicat démontrent d’ailleurs l’absence d’homogénéité des comportements et des sentiments face au rôle joué par les différentes unités de la police parisienne. Au-delà du seul moment « octobre 1961 », des témoignages indiquent que, même dans les moments et les quartiers les plus durement touchés par l’état de guerre, il y eut des policiers qui se démarquèrent anonymement de leurs collègues et firent connaître leur solidarité avec les Algériens. Une militante du FLN interviewée par Danièle Amrane-Minne évoque des « policiers gentils » et plus particulièrement le cas d’un brigadier du poste de la rue Fleury (18e arr.) qui renseignait les cadres locaux du FLN en affirmant : « C’est normal vous êtes des résistants, moi aussi j’ai fait de la résistance [7] ».

Il s’agissait cependant de cas singuliers et il semble que le mot d’ordre du FLN de braver collectivement le couvre-feu fut avant tout ressenti comme une occasion de régler des comptes, de pouvoir enfin sanctionner collectivement une population dont la présence et la résistance n’avaient cessé de poser « problème », bien avant que les nationalistes algériens ne prennent les policiers pour cibles [8]. Cela explique que le commandement n’eut pas à motiver les troupes, à tel point que pour nombre de policiers il apparaissait a posteriori qu’ils étaient en état de quasi-désobéissance.

Un délégué du SGP témoigna ainsi devant ses collègues syndicalistes : « Il y a eu des moments où le commandement ne pouvait pas s’opposer au personnel, qui ne voulait rien écouter et qui se serait retourné aussi bien contre ses chefs. Je l’ai vu au 3e [district], où un gardien a menacé de son arme son brigadier [9].  » Le déroulement de la manifestation du 13 mars 1958 (au cours de laquelle deux directeurs de la préfecture de police avaient été frappés par des gardiens [10]) ou la manière dont l’affrontement physique était utilisé pour dénouer les conflits entre subordonnés et gradés [11] donne du crédit à une anecdote de prime abord surprenante.

Il ne faudrait pas pour autant en conclure que ce massacre fut le fait d’une base soudée par la violence contre une hiérarchie accusée de ne pas assez la protéger ou de la brider dans ses pratiques de « maintien de l’ordre [12] ». Ce n’était d’ailleurs pas l’interprétation des dirigeants du SGP et pas simplement en raison d’une logique corporatiste qui aurait consisté à tenter de dédouaner les responsabilités des personnels subalternes qu’ils représentaient.

Depuis des mois, le principal syndicat des gardiens n’avait eu de cesse de dénoncer la vacance d’une hiérarchie qui ne faisait pas son travail d’encadrement, d’explication et de recommandation. Il avait aussi alerté la direction de la police municipale sur l’état d’esprit des gardiens et même obtenu que le préfet Papon fasse une tournée des services. Rouve et ses adjoints avaient en effet parfaitement compris que ces silences étaient une manière de conforter les éléments les plus engagés dans le combat activiste et prêts à outrepasser leur mandat habituel. Les sympathies pro-OAS de certains directeurs de la police parisienne étaient d’ailleurs bien connues et ne pouvaient que conforter ces analyses [13].

Le SGP fut ébranlé par le 17 octobre 1961, déchiré entre la justification des pires atrocités par certains de ses délégués et les contributions à un « manifeste des policiers républicains » qui émanait de ses rangs. Piégé par Maurice Papon qui, au nom de la revendication syndicale d’instauration d’un couvre-feu, l’avait enjoint de porter plainte à ses côtés contre les rédacteurs de ce long tract, ces remises en cause ne touchèrent pas l’ensemble de la police parisienne.

Ainsi, les articles sur le « malaise policier » qui se multiplièrent à la fin de l’année 1961 et au début de l’année 1962, doivent être avant tout vus comme un indice de la proximité entre le SGP et certains journalistes [14], et non comme le symptôme d’une crise de l’institution policière. Le 17 octobre 1961 permit au contraire de resserrer les rangs et alors même qu’au début du mois certains pouvaient « sentir venir un nouveau 13 mars [1958] [15] » toute menace sérieuse d’insubordination fut ensuite écartée.

Plus fondamentalement, les autorités politiques eurent certes à gérer le mensonge d’État devant permettre de mettre fin aux protestations nées de l’application à Paris de techniques de maintien de l’ordre jusqu’alors cantonnées à l’empire colonial mais elles ne remirent nullement en cause l’action de la préfecture de police. De Gaulle n’était pas homme à considérer que quelques dizaines de morts étaient un prix à payer trop élevé pour préserver l’autorité symbolique de l’État et affermir sa position dans des négociations qui reprirent quelques jours après le 17 octobre [16].

Il n’y eut nul atermoiement au sommet de l’État : Michel Debré était parfaitement informé par Michel Massenet de la multiplication des violences policières intervenues depuis septembre et fit part au général de Gaulle que « la police parisienne, au cours du mois d’octobre, avant et après les manifestations musulmanes s’est comportée avec brutalité [17]. » Il n’était pourtant pas question de « jeter le trouble » parmi les forces de l’ordre et les velléités du Premier ministre de « s’occuper personnellement de cette affaire » ne furent suivies d’aucun effet.

Dans les années suivantes, ni Michel Debré ni le général de Gaulle ne tarirent d’éloges sur Maurice Papon et ils ne lui reprochèrent d’aucune façon les dispositions mises en oeuvre le 17 octobre 1961. L’affaiblissement de la Fédération de France induit par les internements et les expulsions massives en Algérie furent même portés au crédit du préfet de police qui contribua ainsi à montrer que même si l’État français négociait avec le FLN, il le faisait en position de force et sans y être contraint par les « attentats » perpétrés par les indépendantistes.

Cette reconnaissance de l’action de la police incarnée dans la manière dont l’ensemble des acteurs du massacre d’octobre 1961 furent couverts au plus haut niveau est un des éléments qui explique qu’on ne puisse pas parler de « crise policière » : à cette époque, l’institution policière resta globalement dans ses frontières sectorielles. Ni ses dirigeants, ni les personnels ne cherchèrent à s’approprier des prérogatives propres au champ politique [18], ni même à redéfinir leurs missions au-delà des larges marges de manoeuvre concédées par les gouvernants. Il fut par la suite certes difficile de faire rentrer la police parisienne dans le lit des pratiques des « temps ordinaires » et Maurice Papon eut à faire preuve d’autorité pour faire valoir « qu’il faut faire cette conversion de l’armée en campagne qui passe au régime de garnison ».

Il ajoutait que « c’est toujours assez difficile, c’est toujours très délicat mais ceci est à notre mesure et nous devons, par conséquent maîtriser facilement ce passage [19] ». Explicitant très clairement que les usages inconsidérés de la violence ne seraient plus « couverts » mais donneraient lieu à des « sanctions extrêmement sévères », Maurice Papon reconnaissait pleinement la nécessité et l’utilité passées d’une violence d’État au service de la stratégie gouvernementale de résolution de la « crise algérienne ».

Malgré ce qu’écrivait François Mauriac dans son « bloc-notes » cité en exergue de cet épilogue, les polices métropolitaines [20] ne s’affranchirent donc jamais du cadre politique fixé par le chef de l’État. L’écrivain, qui, lorsqu’il collaborait à L’Express, s’était élevé à plusieurs reprises contre les tortures pratiquées par les polices d’outremer, affirmait pourtant : « La police demeure étrangère [à de Gaulle]. Il la subit comme nous tous [21] ».

Si le chef de l’État et le gouvernement étaient bien dépendants de la police, c’est en pleine connaissance de cause qu’ils lui avaient accordé un chèque en blanc que Maurice Papon honora sans qu’ils eurent à s’en plaindre.

p.-s.

Cet article est l’épilogue du livre d’Emmanuel Blanchard, La police parisienne et les Algériens (1944-1962), Éd. Nouveau Monde Editions, 2011. Lire la présentation.

Voir aussi le numéro de la revue Vacarme sur le 17 octobre 1961.

notes

[1] Ce texte est une réponse de F. Mauriac à un courrier privé de J.-M. Domenach qui lui reprochait son silence sur la répression du 17 octobre 1961. Il est publié dans le cadre du « bloc-notes » de François Mauriac.

[2] « L’illusion étiologique » est, selon M. Dobry, la posture qui consiste à arrêter l’explication des crises à la mise en évidence de leurs « déterminants » et autres « sources historiques », Dobry (1986, p. 48-60).

[3] Selon l’expression utilisée à l’époque par les défenseurs des Algériens (voir supra), mais aussi trente ans plus tard dans les interventions médiatiques de C. Melnik, chargé des questions de sécurité dans le cabinet de M. Debré. Einaudi (2001, p. 12, 27).

[4] Ermakoff (2008).

[5] Outre les manifestations marocaines de décembre 1952, ou algériennes de décembre 1960, il aurait notamment fallu citer les répressions sanglantes de nombreuses grèves en Tunisie de la fi n de l’année 1950 à l’indépendance, où le « service d’ordre, en perpétuelle tension nerveuse, s’accoutuma à tirer et à abattre les manifestants ». Julien (2002, p. 194).

[6] Rédigé par un policier communiste syndiqué au SGP, le tract « Un groupe de policiers républicains déclare » fit l’objet d’une plainte du préfet de police, soutenu par les tous les syndicats de la préfecture de police – y compris le SGP, très divisé sur la question, mais soumis à d’intenses pressions de Papon – pour « diffamation publique envers la police ». House, MacMaster (2008a, p. 185-189).

[7] Amrane-Minne (1994, p. 174).

[8] Le récit de vie de Raoul Letard témoigne de l’excitation qui saisit des services entiers, avides d’en découdre, le 17 octobre 1961.

[9] SGP, conseil syndical mixte (gardiens et gradés), 5 décembre 1961, p. 8.

[10] Voir supra chap. 8 et Blanchard (2011a).

[11] Ces anecdotes sont présentes dans un certain nombre de récits de vie, voir en particulier entretiens avec M. Marcel, op. cit.

[12] Ces logiques furent à l’oeuvre le 14 juillet 1953.

[13] F. Rouve alimentait les articles de L’Express sur le sujet. Voir « La police avec qui ? » article saisi de L’Express, 27 décembre 1961, reproduit in Témoignages et documents, n° 34, janvier 1962.

[14] En particulier, dans le cas des deux articles très informés de Michel Legris, « Le malaise de la police », Le Monde, 11 et 12 janvier 1962.

[15] Conseil syndical des gardiens, 3 octobre 1961, p. 12.

[16] Sur la psychologie du général de Gaulle et ses réactions à la violence d’État, voir Melnik (2010). Pour une analyse de la place du 17 octobre dans les affrontements entre négociateurs français et algériens, House, MacMaster (2008a, p. 178-182).

[17] Note de M. Debré au général de Gaulle, 3 novembre 1961, archives de Sciences Po, 2 DE 30.

[18] Pour reprendre le cadre d’analyse de M. Dobry, il n’y eut donc pas de « désectorisation conjoncturelle de l’espace social », caractéristique des situations de « conjoncture politique fluide », autrement dit des « crises politiques », Dobry (1986, p. 140-150).

[19] Allocution du 3 mai 1963 devant les cadres de la PP, APP HA 88.

[20] Il n’en fut pas de même en Algérie où pour reprendre la main sur des services de police acquis à une OAS qui n’hésitait pas à abattre les policiers qui s’opposait à elle, le ministère de l’Intérieur fut notamment obligé d’envoyer des renforts de métropole, Delarue (1990, 1994).

[21Le Figaro littéraire, 11 novembre 1961, p. 20.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 20:33

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http://dupin-bernard.over-blog.com/

 


Depuis le 1er octobre dernier, le plafond du Livret A est passé de 15 300 € à 19 125 € et le Livret de développement durable (LDD) a vu son plafond doubler, de 6 000 à 12 000 €.

Cette mesure qui ne correspond qu’en partie à une promesse de campagne de François Hollande est sensée aider « à la construction de 150 000 logements sociaux par an ».

Or, depuis le 1er octobre et jusqu’à fin décembre 2012, La Banque postale incite les épargnants qui viennent verser sur leur livret A ou leur livret développement durable à ouvrir une assurance vie ou un livret épargne logement.

Ainsi par exemple, pour tout versement de 1 000 € minimum sur le Livret A et un versement simultané sur un contrat d’assurance vie (adhésion et/ou versements libres), les frais sur versements sont attractifs sur les contrats d’assurance vie concernés : 0,50% si le versement est supérieur ou égal à 50 000 € ou 1% si le versement est inférieur à 50 000 €.

En temps normal, les frais sur versements se montent à 3,50% pour la gamme de contrats Vivaccio et à 3% pour le contrat Cachemire.

Par ces offres promotionnelles, la Banque Postale détourne donc une partie de l’épargne qui devait aller sur le livret A, vers d’autres produits financiers, ce qui est contraire à l’objectif poursuivi.

L’épargne populaire et notamment le livret A doivent être en effet au service du financement de l’intérêt général et de la réponse aux besoins sociaux.

La mission première du livret A est le financement du logement social car la crise du logement touche de nombreux territoires avec des besoins qui sont toujours aussi criants et qui se sont même encore aggravés ces dernières années.

Le montant des loyers demeure de plus en plus insupportable particulièrement pour les ménages à revenu modeste.

L’épargne réglementée, dont le livret A mais surtout le livret de développement durable, a aussi vocation à répondre à d’autres besoins cruciaux et enjeux sociaux et économiques.

C’est en particulier le cas du financement de l’industrie et du développement du tissu économique local et des infrastructures de transport ou de développement durable.

Pour répondre à ces enjeux, la création d’un pôle financier public, qui serait alimenté, entre autres, par l’épargne populaire apparaît de plus en plus indispensable.

L’utilisation de l’épargne populaire de même que la centralisation des dépôts collectés auprès de la CDC doivent répondre à ces différentes priorités, mais pour cela, il convient avant tout d’augmenter les salaires qui sont à l’origine de cette épargne.

En jouant sur des incitations promotionnelles face à l’accroissement de versements dus à l’augmentation des plafonds du livret A et du livret LDD, la Banque Postale « s’assoie » donc sur le principe même de créations de logements sociaux voulu par le gouvernement.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 20:28

ihs94_memo-luttes-50_17_octobre_61_d.jpgLe 17 octobre 1961, sous l’autorité de Maurice Papon, alors Préfet de Police de Paris, les forces de l’ordre ont pourchassés puis assassinés des manifestants algériens pacifiques appelés alors « français musulmans d’Algérie » et qui protestaient dignement contre le couvre-feu discriminatoire et raciste de Maurice Papon qui leur était imposé depuis le 5 octobre. Plusieurs centaines d’entre-eux ont péris « noyés par balle » ou battus à mort.


Depuis plusieurs décennies, le MRAP exige la reconnaissance de ce crime par les plus hautes instances de l’État. François Hollande s’est engagé durant la campagne présidentielle à faire reconnaître par l’État cette page honteuse de l’histoire de France.


Le MRAP attend du Président de la République et de la majorité présidentielle le respect de ces engagements et l’annonce, pour ce 17 octobre 2012, de la reconnaissance de ce crime d’État.


Le MRAP appelle à participer massivement au rassemblement du 17 octobre 2012 à 18h sur le pont Saint-Michel à Paris.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 20:21

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http://www.editoweb.eu/nicolas_maury/Percee-des-communistes-tcheques-KS%C4%8CM-aux-elections-senatoriales-et-regionales-_a5694.html

Les élections régionales et sénatoriales de ce week-end ont été marquées par une spectaculaire avancée des communistes (KSČM) qui ont obtenu 20% des suffrages au niveau national, leur score le plus élevé depuis la chute du communisme, en 1989

 


La coalition de centre-droit du Premier ministre Petr Necas, partisan de la rigueur budgétaire, a subi une déroute aux élections régionales et au premier tour des sénatoriales tchèques, marquées par une large victoire de l'opposition sociale-démocrate CSSD et communiste KSČM.

Le CSSD, qui considère le scrutin régional comme une sorte de référendum sur les réformes d'austérité du gouvernement, s'est imposé dans 9 des 13 régions et le KSČM a gagné dans deux régions, selon les résultats communiqués par l'office national des statistiques (CSU), après le décompte de 99,9% des voix. Le parti ODS de Petr Necas a remporté une seule victoire, dans la région de Pilsen (ouest).

538.953 voix, 20,43% et 182 élus

Les grands vainqueurs des élections sont les communistes, même si la sociale démocratie arrive en tête, elle perd plus de 75 mandats régionaux (et 400.000 voix) là ou les communistes en gagent 68 (+100.000 voix). Le Président du comité central du Parti Communiste de Bohème-Moravie (KSČM), Vojtech Filip, se dit satisfait de ces résultats "C'est une large réussite, nous démontrons que le Parti communiste est perçu comme un parti moderne de gauche qui possède une vrai ligne, il est en mesure de faire face à la corruption en République tchèque et à résoudre les problèmes qui accompagnent la République tchèque".

 

RÉSULTATS DÉTAILLÉS DES ÉLECTIONS RÉGIONALES TCHÈQUES

Bohême centrale
20 CSSD (-6), 19 KSCM (+9), 16 ODS (-9), 10 TOP09 et maires de Bohême centrale (+6).
71975 voix 20,57% 19 élus

Bohême-du-Sud
18 CSSD (-4), 13 KSCM (+3), 9 Bohême-du-Sud 2012 (+9), 8 ODS (-11), 4 KDU-CSL (-), 3 Top9 et maires de Bohême-du-Sud (+3).
37187 voix 19,37% et 13 élus

Hradec Králové
12 CSSD (-6), 11 KSCM (+4), 7 Coalition KDU-CSL, HDK (social-libéral) et VPM (libéral) (+3), 6 ODS (-7), 5 TOP 09 et maires de Hradec Králové (+5), 4 divers (+4), 0 SNK-ED (-3).

Karlovy Vary
14 KSCM (+6), 13 CSSD (-3), 5 ODS (-4), 5 Mouvement indépendant pour un développement harmonieux des villes et des communes (HNHRM, conservateur) (+2), 4 TOP09 et maires de Karlovy Vary (+4), 4 Alternative (-1), 0 divers (-4).
16580 voix 22,98% et 14 élus

Liberec
13 Maires pour Liberec (+6), 10 KSCM (+2), 10 Changement pour la région de Liberec (coalition du parti Changement et des Verts) (+10), 7 CSSD (-8), 5 ODS (-7), 0 SOS (social-libéral) (-3).
23167 voix 17,89% 10 élus

Moravie du Sud
23 CSSD (-3), 16 KSCM (+6), 14 KDU-CSL (-4), 7 ODS (-4), 5 TOP09 et maires de Moravie du Sud (+5).
64805 voix 18,65% et 16 élus

Moravie-Silésie
24 CSSD (-7), 20 KSCM (+9), 9 ODS (-9), 7 KDU-CSL (+2), 5 Indépendants (+5).

Olomouc
19 CSSD (-8), 16 KSCM (+6), 8 Coalition de la KDU-CSL et des Verts (+3), 8 ODS (-5), 4 TOP09 et maires d’Olomouc (+4).

Pardubice
12 CSSM (-7), 11 KSCM (+5), 10 coalition KDU-CSL, SNK-ED et indépendants (+1), 6 ODS (-5), 3 Top09 et maires de Pardubice (+3), 3 SPOZ (social-démocrate) (+3).
29332 voix 18,86% et 11élus

Pilsen
15 ODS (+1), 15 CSSD (-4), 12 KSCM (+3), 3 TOP09 et maires de Pilsen (+3), 0 KDU-CSL & SNK ED (-3).
34919 voix 20,93% et 12 élus

Ústí nad Labem
20 KSCM (+8), 13 CSSD (-9), 9 Bohêmes du nord (régionalistes) (+1), 7 ODS (-6), 6 PRO! (coalition réunissant la KDU-CSL, les Verts et le HNHRM) (+6).
53819 voix 25,26% 20 élus

Vysočina
17 CSSD (-1), 11 KSCM (+6), 7 KDU-CSL (+2), 5 ODS (-6), 3 divers (+3), 2 TOP09 et maires de Vysočina (-3).
32119 voix 19,57% et 11élus

Zlín
12 CSSD (-6), 10 KDU-CSL (+4), 9 KSCM (+4), 5 TOP09 et maires de Zlín (-), 5 ODS (-6), 4 SPOZ (social-démocrate) (+4).
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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 20:17

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Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

A l'occasion du 12ème anniversaire du début de la seconde Intifada, le Front populaire de libération de la Palestine déclare que l'Intifada représentait un référendum actant dans le sang l'échec du dit processus de paix et des accords d'Oslo.



La seconde Intifada a éclaté après l'assaut d'Al-Aqsa par le ministre de la guerre sioniste et son armée, à la suite de l'échec des négociations de « Camp David 2 » en 2000. L'Intifada fut un mouvement d'auto-défense qui s'est fait jour après le massacre par l'armée d'occupation de centaines de Palestiniens dont le seul tort était de manifester pacifiquement contre l'occupation et les colonies.



Douze ans après, il est tout aussi clair aujourd'hui que cela l'était il y a douze ans, les négociations bi-latérales sous les auspices nord-américaines, les engagements sécuritaires et économiques avec l'occupant sont des instruments servant à pérenniser l'occupation, à soutenir son économie, à défendre l'idée d'un « État avec des frontières temporaires », à étendre les colonies, à judaïser Jérusalem et la Cisjordanie et à nier les droits des Palestiniens.



Le Front estime que la tache nationale immédiat est de construire l'unité nationale et d'adopter une alternative politique et sociale, unissant l'ensemble de la Résistance, à l'approche de Madrid-Oslo, y compris de nouvelles élections au Conseil national palestinien, portant l'idée de réconciliation et reconstruisant l'OLP comme le représentant et la force dirigeante de la résistance du peuple Palestinien, afin de vaincre l'occupation, libérer nos prisonniers et gagner la liberté, l'auto-détermination et le droit au retour.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 20:09

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Valenton,

le 14/10/2012

 

 

Chers(es) camarades,

 

 

 

Je tiens, au nom des communistes valentonnais, à saluer votre progression lors des élections locales de ce jour. La Radio Télévision Belge titre : « Wallonie: percée spectaculaire du PTB+ en région liégeoise ». c'est un fait !

 

Ainsi la seule force de gauche, non compromise avec le capital, engrange les succès et devient une force qui compte dans l'ensemble du pays.

 

Cette force sera indispensable pour contrer les dépeceurs de la Belgique et l'extrême droite, qu'elle soit en Flandre ou en Wallonie.

 

Elle sera incontournable, nous en avons la certitude, dans le combat pour la défense de services publics et du monde du travail.

 

Elle comptera dans le rapport de force qui oppose le travail au capital.

 

Après le succès de Québec Solidaire (7 % des voix ), celui de notre Front de gauche en France, le vôtre désormais, ce n'est pas seulement les peuples d'Europe qui sont en résistance mais également ceux de notre planète.

Ajoutons à cela la victoire d'Hugo Chavez qui, de plus, a recueilli 500 000 voix venues du parti communiste vénézuélien (qui multiplie ses voix par 5), voilà la démonstration que présents partout, ne nous lâchons rien nulle part.

 

 

Notre fraternel salut aux militants(es) de la gauche de Belgique, de toute la Belgique et particulièrement aux cheminots de Liège, visiteurs de notre stand à la fête de l'Huma, si souvent, si fraternellement.

 

 

Alain Girard

Secrtétaire de la section PCF

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 20:07

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Article AC

pour

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Les élections communales et provinciales du 14 octobre mettaient à l'épreuve non seulement la « grande coalition » menée par le PS et soutenue par les principaux partis de centre-droit (chrétiens-démocrates, réformateurs du MR, centristes humanistes), mais aussi l'unité même de la Belgique.

 

Si le Parti socialiste est parvenu à maintenir ses positions dans ses bastions du bassin minier wallon et des grandes villes de Flandres, les partis de la « grande coalition » ont globalement souffert de la politique de « rigueur » menée par Bruxelles, laissant un espace à des partis aux marges du système.

 

Le premier enseignement, c'est naturellement la progression des nationalistes flamands conservateurs du NV-A (Nouvelle alliance flamande), symbolisée par la conquête de la deuxième ville du pays : Anvers. Les nationalistes arrivent également en tête des élections provinciales en Flandres avec 28,5% des voix.

 

Le second est plus positif pour les communistes et les progressistes, c'est la percée du Parti du travail de Belgique (PTB), qui obtiendrait – dans la mesure où les scores puissent être agrégés, pour ce qui est une élection locale – autour de 4% en Wallonie et 5% en Flandres, si on prend en compte les communes et les provinces où se présentaient des candidats du PTB.

 

Un résultat du PTB à valoriser triplement pour les communistes et les progressistes

 

Ce résultat se révèle, pour les communistes et progressistes des triplement positif :

 

  • d'une part parce que le PTB se revendique du marxisme et du léninisme, s'inscrit dans la démarche de coordination des Partis communistes et ouvriers et combat le projet de dissolution des Partis communistes dans une gauche réformiste euro-compatible porté par le PGE (Parti de la gauche européenne) ;

     

  • d'autre part parce que le PTB est le seul parti véritablement national et unitaire, refusant la division de la vie politique belge entre francophones et néerlandophones ;

     

  • enfin, parce que le PTB a noué des alliances historiques avec le Parti communiste (les listes PTB+) dans certaines villes Wallones comme à Liège, Verviers, Seraing ou Herstal, au moment même où le projet de « Front des gauches » porté par la direction du PC belge, en collaboration avec la LCR trotskiste est en pleine décrépitude.

 

 

Analyse des résultats du PTB : spectaculaire progression en Flandres, percée en Wallonie

 

Si toute généralisation en terme de pourcentages est problématique, le PTB a obtenu en tout 80 000 voix aux élections communales et 135 000 voix aux élections provinciales.

 

Dans les communes dans lesquelles le PTB s'est présenté, les scores tournent en moyenne autour de 4% en Wallonie et 5% en Flandres, ce qui révèle une homogénéisation d'un parti historiquement implanté plutôt en Flandres.

 

Le PTB obtient finalement 31 conseillers communaux, 17 élus de district (à Anvers) et 4 conseillers provinciaux

 

L'analyse plus détaillée des résultats, ville par ville, révèlent l'ampleur de la progression du PTB :

 

En Flandres même, le PTB réalise une progression spectaculaire. A Anvers, deuxième ville du pays il quadruple son score, passant de 1,8 à 8%, obtenant 4 conseillers communaux, 17 conseillers de district et 2 conseillers provinciaux. A Genk, il passe de 5,6 à 8,8%, obtenant trois conseillers communaux.

 

Le PTB réalise ses meilleurs scores dans les communes de Houthalen, dans la province de Limburg, avec 16% et 3 conseillers communaux, et dans la ville ouvrière de Zelzate en Flandres orientale, avec 22% et 6 conseillers.

 

Il obtient des scores honorables dans les autres villes moyennes dans lesquelles il s'est présenté, récoltant autour de 3% des voix à Malines, Gent ou encore Leuven.

 

Les résultats du Parti en Wallonie sont eux une relative nouveauté, tirant profit de l'alliance historique avec certaines sections du Parti communiste, dans l'agglomération liégeoise

 

A Liège, le PTB+ réalise ainsi 6,5% (1,4% en 2006) mais obtient des scores à deux chiffres dans la banlieue ouvrière Liégeoise, avec 14% des voix à Seraing et Herstal. Le PTB+ obtient en tout 12 places de conseillers dans l'agglomération.

 

Les résultats dans le « pays noir » du Hainaut sont également positifs : 3,5% à Charleroi (2% en 2006), 3,6% à Mons (1,2% en 2006), 4,5% à La Louvière, avec un conseiller communal dans chacune de ses municipalités.

 

Enfin, dans l'agglomération Bruxelloise, si les résultats restent modestes dans la commune de Bruxelles (1,5%), les bons résultats dans la banlieue obtenus à Molenbeek (4,5%) et Schaerbeek (3,5%) permettent à deux élus du PTB de faire leur entrée dans les conseils communaux de leur cité.

 

« Transformer notre score en une opposition forte et en pression venant de la base »

 

 

Selon le porte-parole du PTB+, Raoul Houdebouw, tête de liste à Liège et nouveau conseiller communal, le succès du PTB est aussi celui de l'accent mis sur des revendications concrètes et sur une alternative de gauche à la politique dominante :

 

« Nous avons pu imposer à l’agenda politique nos thèmes de campagne comme le logement, de l’emploi et la taxation des déchets. Et nous avons ressenti, parmi la population, le besoin d’un véritable parti de gauche, en paroles et en actes. »

 

Raoul Houdebouw en a également profité pour saluer l'importance du soutien du Parti communiste, dont un candidat a par ailleurs été élu à Seraing.

 

Pour Peter Mertens, président du PTB+, tête de liste à Anvers, le score du PTB est une bonne nouvelle pour la population anversoise qui permet de contre-balancer la victoire des nationalistes flamands :

 

« Nous allons mener, dans les prochaines années, une opposition constructive, sociale, mais forte face au futur bourgmestre Bart De Wever. »

 

Il s'agit désormais de faire de ses bons scores électoraux un point d'appui pour les luttes à l'échelle de la commune et du pays : « Le changement commence à Anvers ; nous devons transformer notre score en une organisation forte et en une pression venant de la base ».

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 19:58
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Nominé à Cannes dans la catégorie "Meilleur Maquillage" ?

En sciences expérimentales, l’exploration des propriétés d’un matériau est souvent réalisée en soumettant un échantillon à un certain signal. L’analyse de la réponse de l’échantillon à cette perturbation permet de déterminer des caractéristiques souvent insoupçonnées du matériau.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, il en est de même pour les sciences humaines.

À cet égard, les réactions politiques et sociales suscitées par le navet islamophobe intitulé « L’innocence des musulmans » sont instructives à plus d’un titre. En effet, bien que de très mauvaise qualité, ce « signal perturbateur » a permis de révéler au grand jour d’intéressantes informations concernant aussi bien les pays « démocratiseurs » que les pays arabes « démocratisés » par la grâce d’un récent printemps.

Tout d’abord, et en guise de préambule, précisons qu’il est inacceptable qu’une personne, quels que soient ses actes, ses fonctions ou ses appartenances idéologiques, soit jetée à la vindicte populaire, suppliciée sur la place publique ou lynchée par des foules hystériques.

En plus, notons qu’il n’y a rien de plus dégradant que de se réjouir de la mort d’un être humain, de se délecter des scènes sordides de sa torture ou de prendre plaisir à avilir, souiller ou railler sa dépouille.

Seule la justice doit être invoquée et suivre son cours conformément aux lois et aux traités internationaux en vigueur.

Tortures, assassinats et behaviorisme

La triste mine arborée sincèrement par Mme Clinton à la suite de l’abominable exécution de son ambassadeur en poste en Libye contrastait nettement avec son impudent (et aussi sincère) gloussement de plaisir à l’annonce de l’atroce lynchage de Kadhafi.. Elle s’était même laissée aller à une indécente tirade à saveur césarienne « We came, we saw, he died » (Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort) qui, en fait, référait plus au film « Gostbusters » [1] qu’à la célèbre phrase de Jules César [2].

Plus encore, et contrairement à celles du diplomate américain, les odieuses images de l’ancien « guide » libyen, massacré puis exposé comme un trophée de chasse aux côtés de son fils, ont fait un buzz sur la toile et la une des journaux télévisés de toute la planète.

Deux ignobles évènements similaires, mais deux traitements médiatiques aux antipodes l’un de l’autre.

D’autre part, il est à mentionner que l’exposition des cadavres des deux membres de la famille Kadhafi est non seulement en contradiction complète avec les règles de base de la justice, mais aussi avec les principes fondamentaux de la religion musulmane et le respect de la dignité humaine.

En terme de justice, les personnes qui ont torturé et sauvagement trucidé Kadhafi sont identifiables puisqu’ils apparaissent à visage découvert sur les vidéos postés sur Youtube et que certains parmi eux ont même revendiqué leurs actes. Néanmoins, aucun d’entre eux n’a été inquiété par une quelconque juridiction et cela n’a offusqué personne, ni en Libye, ni en Occident, ni ailleurs.

Une autre thèse sur l’exécution de Kadhafi vient d’être révélée par l’ancien premier ministre libyen Mahmoud Jibril. Ce dernier a déclaré à Dream TV (Égypte) que l’auteur du tir mortel « était un agent étranger qui s’était mêlé aux brigades révolutionnaires ». Selon le journal italien Corriere Della Sera, il s’agirait probablement d’un agent de nationalité française [3], ce qui impliquerait directement la France dans l’assassinat de Kadhafi en plus de l’aide militaire apportée par ce pays à ces mêmes insurgés qui ont torturé l’ancien leader libyen.

Dans le cas du diplomate américain, la condamnation internationale a été unanime, ce qui est tout à fait naturel et conforme au bon sens, contrairement à l’attitude adoptée par la « communauté internationale » à l’égard de Kadhafi et de son horrible fin.

En outre, le courroux des États-Unis a été entendu par les autorités libyennes qui se sont empressés à chercher les coupables [4] et à rendre publiquement hommage à l’ambassadeur étasunien défunt, lors d’une cérémonie officielle [5].

Mais au-delà de cette comparaison macabre entre la différence de traitement concernant ces deux personnes sauvagement assassinées, ce qui attire l’attention dans cette affaire est plus profond. Primo, la réaction de la rue à l’égard du film islamophobe a été extrêmement plus virulente dans les pays arabes « printanisés » que dans ceux qui ne l’ont pas été. Secundo, les classiques et virulents slogans antiaméricains ont refait leur apparition dans les pays arabes « démocratisés » alors qu’ils avaient complètement disparu de ces pays depuis le début du « printemps » arabe.

La Libye

Ce brusque revirement de situation dans ces pays qui auraient dû être « tellement reconnaissants » envers ceux qui les ont « démocratisés » en a surpris plus d’un, en particulier la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton qui, comme on le sait, s’est fortement impliquée dans cette tâche [6]. « De nombreux Américains se demandent aujourd’hui, je me le suis demandé moi-même, comment cela a pu se produire. Comment cela a-t-il pu se produire dans un pays que nous avons aidé à libérer, dans une ville que nous avons aidée à échapper à la destruction ? », a-t-elle déclaré, à propos de la Libye [7]. Ce qui l’a poussée à demander spécifiquement aux « nations du printemps arabe » de protéger les ambassades américaines et de mettre fin aux violences [8].

On est loin des déclarations dithyrambiques du Sénateur McCain qui, en visite à Benghazi en avril 2011, avait exprimé son opinion sur les insurgés libyens : « J’ai rencontré ces braves combattants, et ils ne sont pas d’Al-Qaïda. Au contraire : Ce sont des patriotes libyens qui veulent libérer leur nation. Nous devons les aider à le faire » [9].

On est encore plus loin de la position de Bernard-Henry Lévy (BHL), défenseur suprême de la « cause libyenne », dont Natalie Nougayrède disait : « Et peu importait, à ses yeux, le passé « kadhafiste » de certains membres du CNT, les mentions de la "charia", ou encore, la présence parmi les rebelles d’anciens soutiens d’Al-Qaïda. Malgré des inquiétudes, rien n’a découragé le philosophe, grand pourfendeur de l’"islamo-fascisme", d’ériger les insurgés, en bloc, en combattants de la liberté » [10].

En effet, et quoiqu’en disent McCain et BHL, il était de notoriété publique que d’anciens membres d’Al-Qaïda étaient non seulement très actifs dans la rébellion libyenne, mais y occupaient des postes de commandement [11].

Certains d’entre eux étaient des membres influents du Groupe islamique combattant (GIC) libyen qui, lorsqu’avalisé en 2007 par Ayman Al-Zawahiri en personne (n° 2 d’Al-Qaïda à l’époque) appellera alors les Libyens à se révolter contre, je cite, « Kadhafi, les États-Unis et les infidèles » [12].

Peut-être est-ce là un élément de réponse à la question de Mme Clinton.

La Tunisie

En Tunisie, la réaction de la rue a aussi été violente. Aucun diplomate étranger n’a été tué mais des manifestants tunisiens ont perdu la vie et des intérêts américains ont été saccagés à Tunis.

Comme en Libye, le courroux de l’administration américaine s’est fait entendre et la réponse des autorités tunisiennes ne s’est pas fait attendre.

Moncef Marzouki, le président tunisien, a dénoncé l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis, y voyant un acte « inacceptable » contre un « pays ami ». Dans un entretien avec la secrétaire d’État américaine, il a déclaré que « Nous ne faisons pas l’amalgame aujourd’hui entre ce que cet homme (le créateur du film, ndlr) a fait et l’administration et le peuple américains (...) » [13].

Le premier ministre tunisien, Hamadi Jebali, a de son côté promis d’arrêter tous les salafistes impliqués dans les évènements de l’ambassade américaine. « Nous avons les preuves, nous avons la légitimité et la force publique, nous les utiliserons pour imposer l’ordre », s’est-il empressé de signaler [14].

Dans une déclaration au journal « Al Hayet » de Londres, le président du parti Ennahda, Rached Ghannouchi, a quant à lui déclaré que les attaques des ambassades américaines dans les pays arabes visaient à faire rompre le dialogue instauré entre les États-Unis et les islamistes [15].

Il est intéressant de noter que la fermeté et l’unanimité des positions adoptées par les plus hautes personnalités politiques de la « nouvelle » Tunisie à l’égard des salafistes contrastent singulièrement avec la relative mansuétude avec laquelle étaient traitées ces mêmes personnes dans les nombreuses affaires de violence qui ont marqué la vie sociopolitique tunisienne depuis la chute de Ben Ali. C’est ce qui fit dire à l’éditorialiste Abdellatif Ghorbal : « D’un côté, [Ghannouchi] en encourageant ses « enfants » (par sa complaisance, par ses paroles et par ses silences) à s’en prendre aux femmes non voilées, aux artistes, aux journalistes, aux universitaires, aux intellectuels, aux théologiens, ou de l’autre, en invitant des prêcheurs de haine qui n’ont rien à envier à leurs homologues islamophobes occidentaux, et en empêchant de toutes ses forces que la moindre sanction soit prise contre sa descendance salafiste. Lorsque le pompier est un pyromane, il est normal et prévisible que le pays brûle » [16].

L’Égypte

En Égypte, les violences ont rappelé les pires journées de la place Tahrir. Les alentours de l’ambassade des États-Unis aux Caire ont été témoins d’accrochages entre les manifestants et les forces de l’ordre qui avaient bloqué l’accès à l’édifice par des blocs de béton. Comme dans les autres pays, ce sont les salafistes qui ont été tenus responsables des violences. De leur côté, des chaînes de télévision ont montré les visages de personnes arrêtées, les accusant d’être des casseurs à la solde de je ne sais quel pouvoir occulte.

Le président égyptien Mohamed Morsi, issu de l’influente confrérie des Frères musulmans, a d’abord soutenu les manifestations pacifiques contre le film anti-islamique avant de changer d’avis lorsque les protestations ont embrasé les rues cairotes. Il a alors fermement condamné les attaques brutales contre l’ambassade des États-Unis au Caire [17].

Dans une communication téléphonique avec le président américain, Mohamed Morsi lui a dit « qu’il fallait prendre des mesures juridiques de dissuasion à l’encontre de tous ceux qui veulent nuire aux relations entre les peuples, et tout particulièrement entre le peuple égyptien et celui des États-Unis » [18].

Comme on peut le remarquer, cette déclaration du président Morsi ressemble étrangement à celle de Rached Ghannouchi citée précédemment.

De leur côté, les Frères musulmans avaient initialement appelé à manifester pacifiquement à travers toute l’Égypte le 14 septembre 2012, après la prière du vendredi, pour dénoncer le film islamophobe. La veille, Khairat El-Chater, le numéro 2 et éminence grise de la confrérie s’est fait accuser par le porte-parole de l’ambassade américaine au Caire de double jeu. Dans un subtil échange de tweets, le diplomate indiqua à l’islamiste qu’il prônait l’apaisement dans ses micromessages en anglais, mais appelait à manifester dans ceux rédigés en langue arabe [19]. Un véritable camouflet pour Khairat El-Chater, lui qui aurait dû être le « vrai » premier président civil d’Égypte.

L’appel à manifester pacifiquement a alors été retiré par la confrérie. Un second camouflet pour ceux qui se disaient les « défenseurs » de l’islam et de son prophète et qui viennent de découvrir, une fois au pouvoir, que les principes religieux et la raison d’état ne faisaient pas toujours bon ménage.

Afin de plaire à l’administration américaine et pour rester dans l’air du temps islamiste post-printanier, Khairat El-Chater a signé un article dans le New York Times afin de présenter les condoléances de la confrérie au peuple américain pour la perte de leur ambassadeur en Libye ainsi que de ses collaborateurs. Il y indiqua également que « la violation des locaux de l’ambassade des États-Unis par des manifestants égyptiens est illégale en vertu du droit international » et que « l’échec de la protection de la police [égyptienne] doit être étudiée », ou encore « En dépit de notre ressentiment concernant l’apparition continue de productions comme le film antimusulman qui a conduit à la violence actuelle, nous ne tenons pas le gouvernement américain ou ses citoyens responsables d’actes de quelques-uns qui violent les lois protégeant la liberté d’expression » [20].

Il faut dire que le président égyptien et la confrérie des Frères musulmans dont il est issu jouent gros dans cette affaire. Il s’agit effectivement d’un premier test à grande échelle de maintien de l’ordre et de protection des intérêts américains au sein du pays. En échange du soutien et du support prodigués par l’administration américaine à la confrérie islamiste au pouvoir dans ce pays [21], les États-Unis s’attendent (au minimum) que la sécurité de leur personnel et de leurs représentations diplomatiques soient assurée. C’est d’ailleurs aussi le cas pour tous les pays arabes touchés par le fameux « printemps » et dont les manifestations intempestives, inattendues et antiaméricaines ont décontenancé le département d’État et sa secrétaire.

Dans le cas de l’Égypte, le timing de ces troubles publics ont causé des soucis supplémentaires.

En effet, dans un article publié par le Washington Post, A. Gearan and M. Birnbaum mentionnent que « les violentes manifestations déclenchées par le vidéo anti-islam et la réponse initialement maladroite de l’Égypte ont temporairement interrompu les négociations [entre les États-Unis et l’Égypte] sur un allégement de la dette égyptienne d’un milliard de dollars et sur l’accélération de l’obtention d’autres millions en aide diverses » [22].

D’un autre côté, la capitale égyptienne a accueilli, du 8 au 11 septembre 2012, une très importante délégation, regroupant pas moins de 118 hommes d’affaires américains représentant une cinquantaine de grandes compagnies étasuniennes dont IBM, Pepsi, Coca-Cola, Chrysler, Google, Microsoft, Visa, etc. [23].

Cette délégation américaine, la plus imposante à avoir visité un pays du Moyen-Orient jusqu’à présent, a été reçue par le président Morsi le 9 septembre. Néanmoins, les manifestations antiaméricaines en Égypte ont débuté le 11 septembre, soit le jour même de la clôture des travaux de la mission commerciale, ce qui n’a pas dû donner une image attrayante du pays hôte à ces décideurs que le marché égyptien semblait intéresser.

La « lucidité » d’un célèbre téléprédicateur

Le portrait de la situation serait certainement incomplet sans l’avis de Youssef Al-Qardaoui, prédicateur vedette de la chaîne Al-Jazira et président de l’Union mondiale des Oulémas musulmans. Membre influent de la confrérie des Frères musulmans, Al-Qardaoui a consacré son sermon du vendredi 14 septembre 2012, dans une mosquée de Doha, à la colère des musulmans à travers le monde. Il « conseilla » aux fidèles qui veulent protester contre le film offensant l’islam produit aux États-Unis à « s’éloigner de la violence et de ne pas assiéger les ambassades américaines » [24].

Cette position très « civilisée » et si bienveillante envers les intérêts américains tranche considérablement avec ses appels au meurtre contre Kadhafi ou ses exhortations au djihad contre le régime de Bachar Al-Assad.

Rappelons qu’Al-Qardaoui, d’origine égyptienne, est détenteur d’un passeport diplomatique qatari, qu’il a été interdit de séjour en France par Sarkozy en personne en mars 2012 [25], que son visa pour la Grande-Bretagne a été refusé en 2008 [26] et qu’il est considéré persona non grata aux États-Unis [27].

Finalement, on peut dire que le brûlot cinématographique « L’innocence des musulmans » a permis de révéler au grand jour que le respect de la dignité humaine est un concept très relatif, contrairement à ce qui est si souvent péroré dans les cérémonies pompeuses, en Occident ou ailleurs. D’autre part, il a montré que les gouvernements islamistes qui exercent actuellement le pouvoir dans les pays touchés par le « printemps » arabe se comportent comme des vassaux du « grand ami » américain pour rester dans ses bonnes grâces et ne pas exacerber son ire. Cela semble indiquer que le « printemps » arabe n’a en réalité rien changé à l’inféodation des dirigeants de ces pays aux États-Unis.

Néanmoins, il y a un aspect important du problème posé par le film islamophobe que les Occidentaux (et les Américains en particulier) ne semblent pas vouloir comprendre : il n’y a pas que les salafistes qui ont été insultés par ce navet. La très grande majorité des musulmans à travers le monde l’a été, même si cette majorité n’a ni manifesté, ni hurlé, ni cassé.

 

Ahmed Bensaada

 

Références

1- « We came. We saw. We kicked its ass. » (Nous sommes venus. Nous avons vu. Nous lui avons botté le derrière). Expression tirée du dialogue du film Ghostbusters. Voir le site : Dedefensa, « We came, we saw, he died » (mais, “Assez, c’est assez”…) », 21 octobre 2011, http://dedefensa.org/article-_we_came_we_saw_he_died_mais_as...

2- « Veni, Vidi, Vici » (Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu). Célèbre expression prononcée par Jules César.

3- Lorenzo Cremonesi, « Un agente francese dietro la morte di Gheddafi », Corriere Della Sera, 29 septembre 2012, http://www.corriere.it/esteri/12_settembre_29/gheddafi-morte...

4- AFP, « Libye : cinquante arrestations après la mort de l’ambassadeur américain », Jeune Afrique, 16 septembre 2012, http://www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120916160719/al-...

5- RFI, « La Libye rend hommage à l’ambassadeur américain tué à Benghazi », 21 septembre 2012, http://www.rfi.fr/afrique/20120921-libye-rend-hommage-ambass...

6- Ahmed Bensaada, « Arabesque américaine : Le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe », Éditions Michel Brûlé, Montréal (2011) ; Éditons Synergie, Alger (2012)

7- IIP Digital, « Déclaration de Mme Clinton sur la mort d’Américains en Libye », 16 septembre 2012, http://translations.state.gov/st/french/texttrans/2012/09/20...

8- Joe Sterling and Greg Botelho, « Clinton demands Arab Spring nations protect embassies, halt violence », CNN, 14 septembre 2012, http://articles.cnn.com/2012-09-14/middleeast/world_meast_em...

9- John McCain, « Statement by Senator McCain in Benghazi, Libya », U.S. Senate, 22 avril 2011, http://www.mccain.senate.gov/public/index.cfm?FuseAction=Pre...

10- Natalie Nougayrède, « BHL, porte-étendard libyen », Le Monde.fr, 8 novembre 2011, http://www.bernard-henri-levy.com/bhl-porte-etendard-libyen-...

11- Jean-Pierre Perrin, « Abdelhakim Belhaj, le retour d’Al-Qaeda », Libération, 26 août 2011, http://www.liberation.fr/monde/01012356209-abdelhakim-belhaj...

12- Ibid.

13- AFP, « Film anti-islam : le monde arabe a vécu un vendredi sanglant », LeParisien.fr, 14 septembre 2012, http://www.leparisien.fr/international/direct-film-anti-isla...

14- Tunisie Numérique, « Tunisie : Jebali promet d’arrêter un à un les salafistes impliqués dans les événements de l’ambassade US », 28 septembre 2012, http://www.tunisienumerique.com/tunisie-jebali-promet-darret...

15- Bissane El-Cheikh, « Ghannouchi à al-Hayat : attaquer les ambassades est un complot visant à stopper le dialogue de l’Amérique avec les islamistes », Al Hayat, 30 septembre 2012, http://alhayat.com/Details/439628

16- Abdellatif Ghorbal, « Les enfants de Ghannouchi ne sont pas Tunisiens », Leaders, 19 septembre 2012, http://www.leaders.com.tn/article/les-enfants-de-ghannouchi-...

17- Catherine Le Brech, « L’attitude mouvante de Mohamed Morsi après les violences », FranceTV.fr, 14 septembre 2012, http://www.francetv.fr/geopolis/lattitude-mouvante-de-mohame...

18- Le Nouvel Observateur, « Mohamed Morsi condamne l’attaque contre la mission US au Caire », 13 septembre 2012, http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120913.REU5821/mohame...

19- Benjamin Barthe, « Prise de bec sur Twitter entre l’ambassade américaine et les Frères musulmans égyptiens », Le Monde.fr, 13 septembre 2012, http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/09/13/prise-de-be...

20- Khairat al-Chater , « ‘Our Condolences,’ the Muslim Brotherhood Says », The New York Times, 13 septembre 2012, http://www.nytimes.com/2012/09/14/opinion/our-condolences-th...

21- Ahmed Bensaada, « Égypte : des élections présidentielles sous haute influence », Le Quotidien d’Oran, 28 juin 2012, http://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&am...

22- Anne Gearan and Michael Birnbaum, « U.S. aid to Egypt stalled », The Washington Post, 17 septembre 2012, http://www.washingtonpost.com/world/national-security/us-aid...

23- American Chamber of Commerce, « U.S. Business Mission to Egypt. List of Participating U.S. Companies », http://www.amcham.org.eg/us_delegation/list.asp

24- AFP, « Al-Qardaoui : sont dans l’erreur ceux qui tuent les ambassadeurs et répondent par la violence aux insultes contre l’islam », Elaph, 14 septembre 2012, http://www.elaph.com/Web/news/2012/9/761750.html?entry=arab

25- Georges Malbrunot, « Sarkozy contre la venue de Youssef Al-Qaradawi », Le Figaro.fr, 26 mars 2012, http://www.lefigaro.fr/international/2012/03/26/01003-201203...

26- BBC News, « Muslim cleric not allowed into UK », 7 février 2008, http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/7232398.stm

27- Middle East Online, « Qaradawi ‘persona non grata’ in France », 26 mars 2012, http://www.middle-east-online.com/english/?id=51397

 

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 19:49

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Lors d’une interview accordée à un représentant des médias turcs en Juillet 2012 [1], le Président syrien Bachar al-Assad avait déclaré : « Les deux pires phases qui ont traversé l’Histoire des relations syro-turques ont eu lieu en 1998 lorsque la Turquie a massé son armée à nos frontières et dans les années cinquante, en 1955 je crois, au moment du « Pacte de Bagdad » ; cependant, nous n’avons pas vu la Turquie comme un ennemi. Il est donc évident que nous ne la verrons pas comme un ennemi ni aujourd’hui, ni demain, même si nous sommes en désaccord entre gouvernements. Pour qu’il y ait hostilités entre la Syrie et la Turquie, il faudrait qu’il y’ait hostilités entre les deux peuples… L’hostilité entre les gouvernements n’est pas suffisante… ».

À la lecture de cet article de Ghaleb Kandil, il devient clair que face à la Turquie, transformée en sanctuaire du « terrorisme international » par la volonté de son gouvernement, le peuple syrien vit aujourd’hui la tragédie d’une troisième phase extrêmement pire que les précédentes, mais toujours motivée par le même projet atlanto-sioniste de dépeçage de la Syrie avec, si possible, le règlement de « la question kurde » sur le dos de l’Irak et de la Syrie sauvagement agressée [2] par les révolutionnaires tortionnaires chéris de l’Occident… du gouvernement français en particulier !

Quant à Abdullah Öcalan, sujet de l’article, la question n’est pas de savoir s’il est un héros ou un terroriste puisque désormais tout est affaire de propagande… La question est de savoir si être Kurde en Turquie est la même chose qu’être Kurde en Syrie [NdT].

La crise turco-syrienne d’octobre 1998 [3], exacerbée par les déclarations politiques et médiatiques hautement menaçantes d’Istanbul accusant abusivement la Syrie de soutenir les opérations terroristes du PKK [Parti des travailleurs du Kurdistan] à partir de son territoire, a mené les deux pays au bord de l’affrontement militaire et a plongé la région dans une atmosphère de guerre imminente pouvant éclater à tout moment sur la frontière nord de la Syrie, autrement dit la « mâchoire nord » selon les termes utilisés par l’OTAN et Israël depuis 1948…

À l’époque, Abdullah Öcalan [le chef emprisonné du PKK [4]] commentant les événements m’avait dit être convaincu que les menaces de la Turquie et de l’OTAN devaient être prises au sérieux car, de tout le monde arabe, la Syrie était désormais la seule citadelle de liberté, de souveraineté, et de résistance contre le colonialisme ; que c’est pour cela qu’elle était visée ; et que c’est aussi pour cela qu’elle méritait tous les sacrifices pour la défendre et la protéger… Ces mots ont été prononcés au cours d’un long entretien portant sur l’analyse stratégique détaillée des conséquences de l’effondrement de l’Union soviétique et des déséquilibres mondiaux qui allaient en résulter… C’est dans cet état d’esprit qu’il se préparait à prendre sa décision de quitter la Syrie ; décision qu’il m’a confirmée quelques mois plus tard et qui, comme on le sait, s’est soldée par un périple chaotique suivi de sa capture au cours d’une opération menée conjointement par les services secrets turcs, américains et israéliens.

Notre entretien de 1998 a eu lieu à Damas en réponse à son invitation personnelle en tant que Chef du PKK. Elle m’a été transmise par un militant kurde résidant au Liban et qui, trente ans auparavant, avait déjà fait office d’interprète lors de mes premières rencontres avec celui qu’on surnomme « le camarade Apo ». C’était donc avant la fondation du PKK et alors qu’il dirigeait un groupe de ses camarades engagés dans la défense du Sud Liban contre l’agression sioniste aux côtés de combattants issus de divers partis libanais et factions palestiniennes… Mes compagnons du Sud m’ayant parlé de ce groupe de jeunes turcs particulièrement motivés et cultivés qu’ils avaient côtoyés au poste avancé de Quasmiyé, j’ai cherché à les rencontrer pour en savoir plus sur leur pensée et leur ligne politique, et aussi pour leur présenter notre revue quotidienne distribuée par de jeunes bénévoles, filles et garçons. C’est ainsi qu’en 1978 j’avais obtenu mon rendez-vous à Beyrouth et que j’ai rencontré, pour la première fois, ce groupe qui n’était encore que le noyau de ce qui allait devenir le PKK et dont le chef s’est présenté comme « le camarade Ali »… Je n’ai su qu’il s’agissait d’Abdullah Öcalan que lorsque j’ai vu ses photos dans la presse, un an après l’invasion israélienne du Liban en 1982.

Je me suis donc rendu en voiture avec l’un de ses camarades qui m’a accompagné tout au long du trajet depuis la région libanaise du Bekaa jusqu’à son domicile situé dans le quartier Mazzé à Damas. C’était la première fois que je le revoyais en personne après trente années d’une correspondance ininterrompue. Son accueil fut des plus chaleureux avant de me déclarer qu’il avait réfléchi à certaines de mes idées dont nous avions discuté par écrit. Notamment celle concernant le projet d’une « Union du levant » qui réunirait la Syrie, la Turquie, l’Iran et l’Irak en un cadre stratégique pour résoudre la question kurde, plutôt que d’adopter les idées séparatistes qui serviraient les plans des puissances colonialistes visant à démolir les peuples du Moyen Orient, en parfait accord avec le plan sioniste. Le « Camarade Ali » a ajouté qu’il avait révisé sa position concernant les religions et l’avait consignée par écrit, insistant auprès de notre interprète de faire en sorte que je saisisse pleinement le sens de certaines phrases. Il est aussi revenu sur nos discussions à propos du marxisme et mon insistance à renoncer à la tendance athéiste du communisme traditionnel avec, par conséquent, la nécessité pour les forces révolutionnaires de faire l’effort d’un travail intellectuel, et culturel, pour saisir la dimension progressiste et libératoire des expériences historiques et des textes religieux… Ce qui permettrait de lutter contre les forces colonialistes qui cherchent à utiliser la religion comme arme idéologique pour tromper les misérables et les embrigader à leur service. Ainsi, l’héritage religieux très fortement ancré dans la mémoire des peuples d’Orient, dont l’Histoire semble se confondre avec celle des religions, pourrait stimuler des forces religieuses de progrès là où le colonialisme n’engendre que des mouvements réactionnaires inféodés, que ce soit sous une bannière de la religion ou sous un « étendard de la Gauche ». En réponse, je lui ai réaffirmé qu’en matière de politique, je refusais la catégorisation idéologique et ne m’intéressais qu’à son contenu réel et pratique en lui rappelant toutes les trahisons et désillusions auxquelles nous assistions depuis la chute de l’Union soviétique…

[…] Pendant le déjeuner où nous n’étions plus en tête à tête, je me demandais encore quel était le but de cette invitation. Était-elle motivée par le seul besoin de remonter dans nos souvenirs et de prolonger nos débats intellectuels et politiques ? M’ayant proposé de reprendre notre aparté après déjeuner, Öcalan avait-il quelque chose d’autre à m’apprendre ?

En effet, Öcalan avait quelque chose à me dire puisque dès que nous nous sommes retrouvés seuls, il m’a déclaré : « Je ne t’ai pas invité pour la seule raison que tu me manquais et que je souhaitais que tu saches où nous en sommes, mais aussi parce que je veux te parler d’un sujet dangereux me concernant et dont tu pourrais parler au bon moment… peut-être dans quelques années. J’ai décidé de quitter la Syrie parce que ma présence est désormais un fardeau pour l’État syrien et son valeureux Président Hafez al-Assad. Je sais que les menaces turques sont sérieuses, planifiées par l’OTAN et Israël. Je suis convaincu que tu penses aussi que si nous perdons la Syrie, cette citadelle libre en ces temps difficiles, tous les peuples du Moyen-Orient auront à en souffrir et toutes les équations seront déséquilibrées en faveur des sionistes et des colonialistes ». Étant parfaitement d’accord avec ses déductions, je l’ai interrogé sur les solutions alternatives qu’il entrevoyait. Il m’a répondu : « Comme tu le sais, au niveau international la situation actuelle ne nous est pas favorable en raison de la rupture des grands équilibres depuis l’effondrement de l’Union soviétique et de l’activisme sioniste partout dans le monde. En ce qui me concerne, il est essentiel que je délivre la Syrie, son Président et son projet libératoire pour la région, du poids de notre présence. Le Président continue à nous soutenir malgré les pires difficultés en la circonstance. Mon peuple et moi-même resterons reconnaissants à la Syrie et à ses autorités notre vie durant. Je dis cela car je ne mesure pas notre situation sous l’angle des seules revendications des Kurdes en Syrie, ces problèmes trouveront facilement leurs solutions et se résoudront par le dialogue. Non, je mesure notre situation du point de vue de tous les Kurdes de la région et dont les centres de gravité se situent en Turquie et en Irak. Au cours des trente dernières années, la Syrie a assumé avec honneur une lourde charge politique, économique, sécuritaire et stratégique. Mon peuple est à jamais dépositaire de ce fait et nul ne pourra prétendre qu’Abdullah Öcalan a autorisé un Kurde à porter atteinte à la Syrie !

Quelques mois après Abdullah a donc quitté Damas… enlevé puis transféré en Turquie selon un plan ourdi conjointement par les services de renseignement turcs, israéliens et la CIA [5]. Tant d’allégations mensongères ont été colportées suite à ce coup monté : la Syrie l’aurait forcé à quitter, ou alors elle aurait été complice de son arrestation, etc… Je fus probablement l’une des rares personnes [6] à savoir que c’est Öcalan qui a pris cette décision parce qu’il a considéré qu’il ne devait pas mettre dans l’embarras les dirigeants syriens, ce qu’il a résumé en ces mots : « Après tout ce que le président Hafez al-Assad a assuré à mon peuple et à ma cause, je ne peux envisager de lui faire prendre le risque d’une guerre visant à détruire cet État souverain et indépendant que les syriens, sous sa direction, ont réussi à construire au prix de tant de sacrifices. Il nous a aidés et nous a soutenus dans nos moments les plus sombres. Aujourd’hui, notre mouvement est devenu suffisamment fort pour garantir sa propre continuité. Il est donc temps de le libérer du danger que nous représentons pour lui ».

C’est de sa prison qu’il a renouvelé ce pacte de fidélité lorsqu’il y a quelques années des troubles, imputés à son parti, sont survenus entre les syriens d’origine Kurde et les autorités syriennes. Il s’est arrangé pour m’informer qu’il refusait en bloc tout ce qui se passait, et que des éléments dissidents du PKK s’étaient fourvoyés dans l’entreprise visant à fragiliser le Syrie, au profit du plan des néo-colonisateurs occidentaux.

Aujourd’hui, beaucoup sont surpris qu’Öcalan déclare que son parti se battrait contre l’armée turque si jamais elle tentait d’envahir la Syrie. Nul doute que ses calculs tiennent compte essentiellement de son combat pour les Kurdes de Turquie, mais une autre considération tout aussi importante découle de sa compréhension de la position et du rôle stratégiques de la Syrie pour l’avenir des peuples d’Orient, qu’ils soient arabes, kurdes, turcs ou iraniens. Un rôle de citadelle libératoire et résistante face à un projet colonialiste qui vise tous ces peuples, sans aucune exception !

 

Ghaleb Kandil


10/10/2012

Ghaleb kandil est le Directeur du Centre New Orient News (Liban)

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Article original en 2 parties : New Orient News
http://www.neworientnews.com/news/fullnews.php?news_id=73958
http://www.neworientnews.com/news/fullnews.php?news_id=74077

 

Références :

[1] Syrie : Interview du Président Al-Assad avec un représentant des médias turcs.
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=31...

[2] La Syrie sauvagement agressée…ses enfants maltraités, brûlés, décapités…ses monuments et ses habitants outragés…par les révolutionnaires tortionnaires chéris de l’Occident…
http://www.youtube.com/verify_controversy?next_url=/watch%3F...
http://documents.sy/videos.php?id=2364&lang=ar...
NB : cette vidéo a été supprimée, car elle ne respecte pas les règles de YouTube concernant les contenus choquants et dégradants !!!
http://www.informationclearinghouse.info/article32656.htm... « It Is Our Soul ! »

[3] La fuite en avant des militaires turcs
http://www.monde-diplomatique.fr/1998/12/A/11394

[4] Conflit kurde en Turquie : le chef emprisonné du PKK appelle à l’apaisement
http://www.lepoint.fr/monde/conflit-kurde-en-turquie-le-chef...

[5] La capture d’Abdullah Öcalan / PDF
http://www.confluences-mediterranee.com/La-capture-d-Abdulla...
Extrait :
Les services secrets turcs, le MIT, ont kidnappé le leader du PKK, Abdullah Öcalan, à Nairobi dans des circonstances rocambolesques, le 15 février 1999. Réfugié à l’ambassade de Grèce au Kenya, il aurait été exfiltré sur la route de l’aéroport par les seuls services turcs. La réalité est un peu différente… La capture d’Öcalan est donc l’oeuvre conjointe des services américains et israéliens avec l’aide de taupes dans l’EYP grecque. Le MIT n’a fait que transporter « le colis » de l’aéroport de Nairobi à Imrali…

[6] Kurdistan de Turquie : La dernière interview d’Abdoulla ocalan
http://www.chris-kutschera.com/ocalan_derniere.htm

Extrait :
Q : Pourquoi êtes-vous parti de Syrie ?
Rester là-bas, c’était provoquer une guerre régionale. C’était mettre en jeu le destin du régime de ce pays. La Turquie avait décidé de lancer une opération terrible. Ils voulaient commencer par moi, continuer avec la Syrie, puis avec l’Irak, pour dominer toute la région. Je suis parti de moi-même, et un peu à la demande des amis grecs. Mais cette invitation grecque n’a pas marché. Je n’ai pas pu entrer en Grèce, je n’ai pas pu sortir de l’aéroport d’Athènes, je n’ai pas pu faire une demande d’asile. Donc je suis allé en Russie, suite à une invitation de la commission des affaires étrangères de la Douma…


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