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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 21:43

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Du chatoyant spectacle qu’offre la « crise grecque » il est probable que l’élément le plus pittoresque demeurera ce racisme réjoui et déboutonné qui conduit chaque jour spéculateurs et commentateurs, par là parfaitement unis, à nommer sans le moindre scrupule « PIGS » les États dont les finances publiques sont contestées sur les marchés financiers. Portugal, Ireland, Greece, Spain, les trois petits cochons sont maintenant quatre. C’est bien là le genre d’erreur de dénombrement qui en un instant trahit toute une vision du monde : ce sont les bronzés qui sont des porcs — et si l’Irlande a le mauvais goût de contredire le tableau d’ensemble, il suffit de lui substituer l’Italie, mal en point également, pour faire PIGS à nouveau en rétablissant l’homogénéité quasi-ethnique des abonnés à l’indolence méditerranéenne et à la mauvaise gestion réunies.

Erreur de dénombrement en effet, établie par The Economist qui, grand utilisateur de ce subtil humour de salle de marché, dresse pourtant un palmarès international de la déconfiture budgétaire qui le contredit lui-même puisqu’on y voit certes la cochonnaille proliférer, mais pas exactement où il croit. Le Portugal ne va pas bien, c’est entendu (8 % de PIB de déficit)… mais les États-Unis sont à 10,5 %. Heureusement voilà l’Espagne (11,5 %). Hélas doublée par l’Irlande (12 %). Arrive la Grèce, l’affaire doit être dans le sac (12,5 %), les basanés sont les rois. Malheur : c’est le Royaume-Uni qui décroche le pompon (14,5 %). Curieusement on n’a pas le souvenir d’avoir entendu les États-Unis ni le Royaume-Uni traités de porcs. Le Monde, parangon de distinction, s’amuse même de la « mauvaise Grèce » [1] — n’est-ce pas tout à fait spirituel ? La nature humaine est une et partout la même rappelait Spinoza, et le racisme des élites ne le cède en rien à celui qu’il se plaît à dénoncer chez le peuple

Faux et vrais débats autour de la « dette »

Il y a cependant des enseignements plus strictement économiques (et politiques) à tirer de la crise grecque qui n’aurait pas lieu complètement pour rien si, par delà les sauvetages d’urgence, elle permettait de poser à nouveaux frais la question du financement des déficits publics. Peut-être y aurait-il avantage à rappeler préalablement que le problème des dettes publiques n’a pas plus à être sur-estimé que sous-estimé. Par les temps qui courent, la légère asymétrie qui découle du matraquage sans précédent dont ces questions font l’objet rend le second risque très relatif… Contre l’empressement instrumental qui monte en épingle « la dette » (par défaut, et presque par définition, la « dette » est toujours publique…) pour mieux préparer un programme sans précédent de démantèlement de l’État [2], on se doute que le rappel d’une ou deux données de fait ne pèsera pas grand-chose — au moins on aura essayé... Pendant des années, la dette publique belge a gravité autour des niveaux grecs actuels — elle a sensiblement baissé depuis son plus haut de 133,5 % en 1993 jusqu’à 84 % en 2007, avec une remontée sensible, comme tout le monde, du fait de la crise financière à 90 % en 2008. De même l’Italie, revenue de 120 % environ dans les années 1990 à 105 % en 2008, avec un 116 % prévu à fin 2010. Et bien sûr le Japon, insurpassable détenteur du record mondial avec 200 % (!) mais presque aussi systématiquement oublié quand il est question de comparaisons internationales de dettes publiques que les pays scandinaves quand il s’agit d’examiner les taux de prélèvements obligatoires…

À l’évidence, il y a là une brochette de candidats de première force, mais dont aucun ne suscite pourtant ni hystérie médiatique, ni cauchemars d’éclatement de l’euro, ni déchaînement spéculatif — en attendant que ça vienne ? mais alors, pourquoi plus tard et pas maintenant puisque tous les éléments objectifs sont déjà là ? Il y a aussi que, au train où vont les choses, les PIGS se sentiront bientôt beaucoup moins seul dans l’opprobre et que la race des seigneurs (États-Unis, Royaume-Uni, France, etc.) pourrait bien connaître à brève échéance un devenir porcin, avec sans doute des effets d’inconfort sur la stigmatisation vaguement raciste puisque stigmatiser est affaire de différences…

Ajoutons que, par une habitude maintenant solidement établie, le problème de la dette publique est le parfait paravent de celui des dettes privées. Pendant que toutes les années 2000 ont retenti des glapissements à l’impécuniosité étatique, c’est la dette des ménages, notamment immobilière, qui s’accumulait dangereusement et ceci du fait même que lui avait été remise la fonction de tirer la croissance autrement embourbée dans l’insuffisance de demande propre au capitalisme de basse pression salariale [3] — 90 % du PIB aux États-Unis, 100 % au Royaume-Uni tout de même, mais à l’époque trouvés parfaitement sains par tout le monde. Dans un océan d’indifférence ou presque, l’économiste en chef d’UniCredit rappelle que l’hypothèque principale pesant sur la reprise dans la zone euro tient maintenant principalement à la dette… des entreprises, passée de moins de 70 % à presque 100% à la mi-2009 [4] — inintéressant également. Et puis, qui se souvient que l’explosion des dettes publiques est le corrélat direct de la crise financière qu’il faudra bien à jour se décider à rebaptiser de son vrai nom : « crise de la dette privée » ?

Financement des déficits publics :
monétaire ou obligataire ?

Ceci étant dit, et en laissant de côté la situation présente, poser à nouveau, et en toute généralité, la question du financement des déficits est un exercice qui suppose, par construction, d’envisager comme une éventualité toujours possible une situation de « sur-endettement » public, sachant que la chose ne relève d’aucun constat d’évidence mais répond à des critères multiples et n’ayant rien de parfaitement objectif — à la vérité le sur-endettement (public ou privé) ne peut être davantage que pressenti avant, et n’est formellement avéré que lorsqu’on en voit les effets… c’est-à-dire trop tard. Comme beaucoup de « structures » dont la rupture risque d’entraîner des dégâts faramineux et nécessitent par conséquent d’être dimensionnées d’après les contraintes extrêmes — on envisage pour un pont suspendu l’hypothèse de vents d’ouragan et non d’une aimable brise de printemps —, celles de la dette publique — entendons par là l’ensemble des constructions institutionnelles au sein desquelles s’organise leur financement — doivent par principe envisager le cas du surendettement. Or il faut bien dire les choses comme elles sont : une explosion de dette publique échappant à tout contrôle, comme d’ailleurs pour n’importe quelle dette, n’est pas belle à voir. Comment y faire face sans tomber symétriquement dans l’hystérie, ou la comédie intéressée de l’hystérie, qui fait hurler « à la dette publique ! » comme on hurle « au feu ! » alors qu’elle n’est pas un problème au moment où sont poussés des hurlements dont la fonction manifeste est ailleurs, ou bien alors qu’elle ne serait pas un problème si elle était inscrite dans une autre configuration institutionnelle : voilà la question qu’il est utile de se poser en toute généralité.

Le financement des déficits publics s’envisage selon deux solutions polaires : soit le financement obligataire par émission de titres sur les marchés, soit le financement monétaire par ouverture de lignes de crédit de la banque centrale à l’État. Or, depuis la fin des années 1970, la solution du financement monétaire a été intellectuellement rayée. Le déclin de la pensée keynésienne, son remplacement par la doctrine monétariste devenue hégémonique dans le champ de la « science » économique ont conduit à l’idée que : i) les interventions de politique économique de l’État étaient au mieux inefficaces et le plus souvent nuisibles ; ii) parmi celles-ci le maniement de la politique monétaire était pire que tout ; iii) que la lutte contre l’inflation était le seul objectif pertinent de la politique économique, iv) que la meilleure façon de l’atteindre consistait à restreindre la croissance des agrégats monétaires ; v) et qu’une bonne synthèse de tout ce qui précède devait logiquement conclure que le financement monétaire des déficits publics était une sorte de comble de l’horreur à prohiber formellement.

Il faudrait revenir sur le contexte d’ensemble d’où est sortie la loi de 1973, tirant avantage d’une modification des statuts de la Banque de France pour interdire à l’État de se présenter directement à ses guichets pour y escompter ses propres effets (c’est-à-dire les titres de sa propre dette). Cette interdiction n’a pas signifié pour autant, comme on l’entend souvent, la fermeture de toute possibilité d’avance de la Banque au Trésor (art. 19 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France), encore moins que l’État renonçait par là à un financement gratuit puisque les avances de la Banque au Trésor, avant comme après 1973, ont souvent été consenties à intérêt. Il est cependant certain que l’interdiction de l’escompte direct de l’État au guichet de la Banque anticipe — et c’est là la chose curieuse dans un pays comme la France, où, en 1973, l’héritage keynésien est encore loin d’avoir été liquidé [5] — le grand tournant en matière monétaire qui ne se produira que plus tard : pratique, aux États-Unis, avec le « choc Volcker » de 1979 [6] ; doctrinal tout au long des années 1980 avec la domination des thèses de la « désinflation compétitive » [7] ; institutionnel avec l’indépendance de la Banque de France en 1993.

Pertinence économique
du financement monétaire

Or la victoire apparente du financement purement obligataire des déficits et la prohibition de leur financement monétaire sont moins absolues qu’il n’y paraît. Il faut tout de même rappeler que la théorie keynésienne en cette matière n’a pas perdu une once de sa pertinence pourvu qu’on sache la lire munie de tous ses codicilles ! Le minimum de l’honnêteté intellectuelle aurait consisté, d’une part, à ne pas la réduire aux usages sommaires qu’en faisaient les gouvernements et, d’autre part, à la créditer d’avoir été capable de penser ses propres conditions d’application. Il est vrai que l’entreprise idéologique du monétarisme, et le poids des intérêts auquel elle offrait une si belle expression, se sont conjugués pour donner de la théorie keynésienne une vision caricaturale, bien faite pour la discréditer plus facilement. Le monétarisme, après plus de deux décennies de règne sans partage, connaissant à son tour quelques difficultés et bien obligé d’assumer son triomphal bilan, le moment n’est peut-être pas le plus mal choisi pour rappeler que, d’un point de vue macroéconomique, le financement monétaire des déficits trouve tout son sens lorsque l’output gap, c’est-à-dire l’écart entre le PIB effectif et le PIB potentiel (la capacité de production) est aussi marqué qu’il l’est actuellement, qui plus est dans une situation où le risque dominant est au moins autant celui de la déflation que de l’inflation. S’il ne s’agit donc pas de dire que le financement monétaire des déficits publics est universellement possible ni d’une parfaite innocuité, il n’est, symétriquement, pas davantage question de le prétendre « toujours et partout » [8] inefficace et fauteur d’inflation. En d’autres termes : ça se regarde. Mais les intérêts à ne pas voir sont si puissants…

Le financement monétaire est praticable…
parce qu’il est pratiqué !

Ils sont peut-être puissants mais ils sont également passablement abusés car, ironie sans rapport avec des arguments doctrinaux, il se trouve que, contre toutes les catégoriques injonctions à la prohibition, le financement monétaire des déficits publics est en fait largement pratiqué — où l’on verra, si cette tautologie est permise, la preuve formelle qu’il est praticable ! Les traités européens se gargarisent de l’interdiction faite à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres de procéder à « l’acquisition directe auprès [des autorités publiques, des autres organismes ou entreprises publics des États membres] des instruments de leur dette » (Traité de Lisbonne, art. 123). Mais comme souvent le diable est dans les détails, et en l’espèce il tient à un mot seulement : « directe ». C’est l’acquisition directe de titres souverains par la BCE qui est interdite. Mais pas l’acquisition tout court. Celle-ci n’est pas seulement possible : elle est quotidienne. Car les titres de dette publique, abondamment détenus par les banques, sont l’un des instruments privilégiés de leur refinancement auprès de la banque centrale. Et pour cause : quoi qu’on daube à leur sujet ils demeurent les plus sûrs, fût-ce en termes simplement relatifs. C’est pourquoi ces titres, les mieux cotés, sont prioritairement éligibles dans la gamme des collatéraux que la banque centrale accepte en contrepartie de ses opérations de prise en pension, pour ne rien dire des acquisitions fermes auxquelles elle procède par ses opérations dites d’open market [9]. Par conséquent, tous les jours, des volumes considérables de titres publics quittent les bilans bancaires privés pour rejoindre l’actif de la Banque centrale qui se retrouve ainsi en avoir fait l’acquisition… mais indirecte et par la médiation de ses procédures de refinancement du secteur bancaire.

Quelle différence entre l’acquisition directe et l’acquisition indirecte, demandera-t-on alors, sous le rapport du partage entre financement obligataire et financement monétaire (qu’on croyait d’ailleurs prohibé) ? La réponse est : aucune. Elle est tellement aucune que même le Trésor français s’en était aperçu dès le début ! Ne fut-il pas le grand ingénieur en 1985-1986 de la déréglementation des marchés financiers, dont on ne rappellera jamais assez qu’elle a été le produit d’une décision politique, mais aussi qu’elle avait précisément pour finalité originelle d’installer les structures du financement obligataire des déficits publics ? Or le Trésor eut si bien conscience que le financement monétaire chassé par la porte revenait inévitablement par la fenêtre (du refinancement bancaire privé auprès de la banque centrale) qu’à l’époque même il renonça sagement à tout objectif de financement monétaire vs. non monétaire… Et pour cause : comme les titres de la dette publique changent de mains à chaque instant du fait des incessantes transactions sur les marchés secondaires, il suffit qu’ils passent d’un investisseur non bancaire à un investisseur bancaire pour changer aussitôt de nature. Au moment en effet où ils deviennent propriété d’une banque, ils deviennent par le fait même de possibles collatéraux pour des opérations de refinancement et, susceptibles de finir acquis par la Banque centrale contre fourniture de liquidité, ils représentent par conséquent un potentiel de financement monétaire de la dette publique – potentiel généralement matérialisé !

L’État, sans doute, n’obtient pas directement de la liquidité auprès de la Banque centrale mais il vend ses titres de dettes à des investisseurs-souscripteurs qui les revendent à des banques privées qui elles-mêmes les cèdent à la Banque centrale… contre liquidité. À la fin des fins il y a bien eu émission de dette publique contre création monétaire centrale, et les aficionados les moins épais du financement obligataire feignent de n’avoir rien vu passer — les plus bêtes n’y ont vu que du feu. Il y a surtout qu’aucune des calamités promises au financement monétaire au son des crécelles ne s’est jamais produite.

Voudrait-on une preuve supplémentaire, mais cette fois-ci à grand spectacle, de la possibilité, et même du bien-fondé, dans certaines circonstances, du financement monétaire, il suffirait d’observer la formidable expansion du bilan de la Réserve Fédérale étasunienne, dans laquelle les acquisitions de bons de l’US Treasury ont pris une part très significative puisque leur volume à l’actif de la banque centrale a grossi de 300 milliards de dollars sur l’année 2009, « l’année du déficit ». C’est donc un bon quart du déficit 2009 qui fait ainsi l’objet d’un financement monétaire de fait, et les inquisiteurs de la rigueur obligataire devront expliquer pourquoi ils s’esquintent à pourchasser l’impie pour des nèfles.

Les marchés de capitaux,
ou la structure d’une tutelle délirante

C’est une chose de restaurer intellectuellement la possibilité du financement monétaire des déficits publics, c’en est une autre de dire qu’il faut y passer séance tenante, en totalité et (surtout) sans en préciser les conditions institutionnelles. Si le financement du déficit prend la forme polaire de l’alternative entre financement obligataire et financement monétaire, alors il va falloir naviguer entre les inconvénients symétriques de : 1) s’exposer à la tutelle des fous (la communauté des investisseurs et ses mouvements d’opinion), et 2) prendre le risque inflationniste, voire hyper-inflationniste, de l’abus des facilités monétaires. Il y a finalement peu à dire à propos du premier écueil dont l’expérience est devenue depuis deux décennies une donnée permanente de la conduite de la politique économique. Peu à dire, donc, si ce n’est que seule la force de l’habitude telle qu’elle a conduit les gouvernants à intégrer la contrainte des marchés financiers comme une seconde nature, peut faire oublier ce qu’il y a de profondément problématique à soumettre les décisions économiques de la collectivité à un tiers — les investisseurs — qui, n’étant nullement partie au contrat social, n’en détient pas moins la capacité de lui imposer certaines de ses clauses les plus importantes. Il faudrait faire la liste des choses rendues obligatoires et des choses rendues impossibles du seul fait de la contrainte des marchés financiers ; d’où l’on ne conclura pas d’ailleurs au caractère rédhibitoire de ces impossibilités, mais simplement à la nécessité de changer les structures pour rendre possibles les choses impossibles dans la configuration actuelle des structures… Au premier rang desquelles précisément les marchés de capitaux déréglementés tels qu’ils constituent la structure déterminant le plus lourdement le partage présent du possible et de l’impossible.

Contre les discours de la normalisation, proclamant l’inexistence de toute alternative, il faut donc rappeler que le partage du possible et de l’impossible renvoie toujours en amont à des structures qui sont elles-mêmes contingentes, c’est-à-dire faites de main d’hommes, et par là susceptibles d’être défaites, afin d’être refaites. Ou pour le dire plus simplement et presque tautologiquement : rien n’est impossible… à condition qu’en soit créées les (toujours possibles) conditions de possibilité. Or, assez logiquement, la contrainte des marchés financiers dominés par les investisseurs ne rend pas grand-chose d’autre possible que la satisfaction des investisseurs. Et toute la vie économique de la collectivité — à laquelle ils n’appartiennent pas — s’y trouve subordonnée et de fait soustraite à la souveraineté de la délibération collective — il devrait y avoir là un motif suffisant d’y réfléchir un peu sérieusement.

Les marchés de capitaux constituent ainsi la forme institutionnelle appropriée pour régler le rapport entre débiteurs et créanciers… selon les seuls intérêts des créanciers. L’appréciation de la qualité des dettes y est entièrement sous leur jugement, et la conduite des débiteurs sous leur commandement. Car la négociabilité (largement spéculative) des titres sur les marchés secondaires a pour effet, en faisant varier leur cours, donc les taux, de modifier en permanence les conditions du service de la dette — comme la Grèce est en train de s’en apercevoir au moment où, les investisseurs « déclarant » qu’il y a un « problème grec », sa prime de risque monte en flèche, alourdit son coût de financement global (à commencer par l’encours de sa dette libellé à taux variable), et aggrave le problème initialement déclaré. Ainsi donc les gouvernements doivent se conformer rigoureusement aux injonctions de la communauté des investisseurs, sauf à voir leurs titres faire l’objet d’une défiance spéculative, leur qualité de signature contestée (plus encore si une agence de notation vient donner sa bénédiction à cette contestation), leur coût de financement accru et leur monnaie attaquée… Et ceci quel que soit le bien — ou (assez souvent) le mal — fondé de ces injonctions.

Il faut bien admettre que l’envie d’utiliser des noms d’oiseaux est difficilement résistible quand il s’agit de qualifier ces comportements spéculatifs et, hors des entreprises de manipulation rampante mais concertée des marchés (comme des fonds spéculatifs peuvent parfois s’y livrer), les divagations collectives des marchés, jusqu’à l’hystérie, donnent l’effroyable spectacle d’un groupe de tarés auxquels ont été remises les clés de la vie financière des États. Mais l’analyse y perd ce qu’y gagne seulement le soulagement biliaire, car on ne peut pas reprocher à des agents économiques de poursuivre leurs intérêts, ici la perception régulière de l’intérêt et le recouvrement du principal, quand bien même ils le font de la manière la plus désordonnée pour eux (il faut alors se demander ce qui détermine ce désordre) et la plus nuisible pour les autres (leurs créanciers souverains et, derrière, les populations). C’est pourquoi il faut sans cesse en revenir aux structures qui installent ces situations et les font irrésistiblement fonctionner — structures qui, dans le cas présent rendent simultanément compte et de l’ingérence du tiers financier dans le contrat social et des conditions délirantes dans lesquelles fonctionne le plus souvent ce rapport de subordination.

De même en effet qu’elles soumettent les États, les structures des marchés de capitaux ont la propriété d’embarquer les investisseurs dans des ruées collectives qui les dépassent, et il est rationnel pour chacun d’eux de suivre un mouvement de défiance, fût-il sans fondement assuré, ceci par la même « rationalité » qui commande de participer à une bulle parce que, dans les deux cas, nul ne peut se mettre seul en travers du marché. Dès lors qu’un tel mouvement est lancé –- et il peut l’être aussi bien par l’effet de la coalescence d’une opinion collective inquiète que par le jeu d’entreprises de déstabilisation spéculative ouverte, à coup de rumeurs dirigées vers une cible qui n’est pas objectivement en situation critique mais suffisamment faible pour rendre crédibles des attaques —, dès lors, donc, qu’un tel mouvement est lancé, ses propriétés puissamment autoréalisatrices convainquent tous les opérateurs de le rejoindre, donc de contribuer à leur tour à l’enchaînement fatal : défiance → ventes spéculatives → baisse des cours → hausse des taux → alourdissement du service de la dette de l’État attaqué → dégradation de sa situation financière → défiance justifiée ex post, etc.

Un opérateur moins idiot que les autres pourrait parfaitement avoir conscience et de l’infernal mécanisme et, le cas échéant, du peu de justification objective qui l’a mis en marche, en n’ayant pourtant pas d’autre choix que de le rejoindre à son tour, car demeurer seul à conserver des titres dont la valeur plonge est un luxe que nul ne peut se permettre. Et pendant ce temps, l’État dont les finances publiques entrent en agonie n’a pas d’autre espoir pour retourner l’opinion collective de la finance que de promettre une livre de chair... Si des structures accumulent des aberrations aussi profondes, on se demande comment résister à la conclusion logique qu’il faut les détruire.

La possibilité du financement monétaire…
et ses risques

Mais pour mettre quoi à la place ? Le financement monétaire est possible, c’est déjà une bonne chose à savoir. Est-il toujours souhaitable ? Est-il toujours sans risque ? Autant il est d’une parfaire irrationalité de refuser les avantages du financement monétaire des déficits quand les conditions macroéconomiques s’y prêtent, autant il ne faut pas perdre de vue les risques que comporte de remettre le robinet monétaire directement dans les mains de l’État. Parler de « l’État » est d’ailleurs encore céder à une abstraction quand la main concrète qui se trouve sur le robinet est celle du gouvernant. Le bonhomme (ou la bonne femme) en question a surtout en vue la prochaine élection et le désir d’avoir la paix d’ici là. Or rien n’est plus simple que le règlement à gros sous des conflits de sociaux surtout quand on a : 1) le robinet à gros sous en libre-accès, 2) pas le courage de taxer ceux qui devraient l’être pour payer les prestations de ceux qui devraient les recevoir, 3) quelques difficultés politiques à l’arbitrage en situation de finances publiques contraintes. Rien n’est plus simple donc, et rien, également, n’est plus irrésistiblement tentant que la facilité de la liquidité, tentation de la puissance monétaire d’autant plus grande qu’elle est sécrétée comme par génération spontanée puisque la monnaie est créée ex nihilo, absolument parlant quand il s’agit de la monnaie centrale, celle dont il est présentement question.

En matière monétaire, il faut donc par principe et a priori suspecter d’abus l’agent (quel qu’il soit, ici étatique) qui en aurait la possibilité. Car la monnaie est un instrument de puissance au service des puissances qui s’en emparent, et l’illimité entre dans le concept même de la puissance qui va toujours au bout de ce qu’elle peut. Aussi ne faut-il escompter aucune modération spontanée de celui qui, hors de tout contrôle, aurait la main sur la création monétaire directe — pas plus de l’État (peut-être même moins…) que d’aucun autre. Or la métamorphose de l’endettement public en abus monétaire n’est pas un très beau spectacle. L’inflation « raisonnable » n’est pas un problème en soi, elle peut même avoir bien des avantages, mais son emballement hyperinflationniste laisse les sociétés dans des états de chaos social qui ne le cèdent en rien au risque systémique de la finance dérégulée. Il n’y a aucune fatalité à la mutation de l’inflation en hyperinflation, simplement un risque réel, et d’autant plus inquiétant que nul ne maîtrise véritablement les processus de cette éventuelle mutation, très largement liés à la dynamique des anticipations et des croyances — typiquement le genre de chose qui ne se régule pas par décret.

L’architecture institutionnelle
du « compromis de financement monétaire »

Il s’agit donc de tenir ensemble et la possibilité rationnelle du financement monétaire (éventuellement partiel) des déficits publics et le risque surplombant de l’abus (hyper)inflationniste (avec les destructions qui s’ensuivent). Comme toujours c’est par l’inscription dans une architecture institutionnelle adéquate que peuvent être agencés les compromis permettant d’accommoder des tendances contradictoires. La seule chose qui soit bien certaine est que la pire des solutions consiste en la remise unilatérale et inconditionnelle du pouvoir de création monétaire à l’État. Le compromis consistera donc nécessairement à agencer un rapport de puissance entre instances à logiques opposées et dont le travail conflictuel-commun permettrait de cerner au plus juste les conditions économiques justiciables d’un financement monétaire.

D’une certaine manière la banque centrale indépendante pourrait typiquement constituer l’une des composantes de cet agencement institutionnel. Mais à la condition expresse (la première mais pas la seule, voir infra) qu’elle admette préalablement la logique du financement monétaire et qu’elle soit débarrassée de toutes les dispositions juridiques qui le lui interdisent (à l’image de l’article 123 du traité européen par exemple). Il faudrait même dire que la possibilité du financement monétaire devrait être la contrepartie sine qua non de l’indépendance ; en d’autres termes que l’idée même de la banque centrale indépendante ne se justifie que du seul fait que la logique de l’indépendance est requise en certains lieux institutionnels du « compromis de financement monétaire ».

C’est donc peu dire que considérer le principe de « banque centrale indépendante » peut avoir de tout autres sens que ce qu’en donne à voir sa réalisation actuelle ! Et il va sans dire également — quoique mieux en le disant — que cette indépendance ne peut être envisagée sans avoir réfléchi préalablement les deux questions de la confiscation du pouvoir monétaire (économique en général) par les « experts » et de l’impérative subordination de la banque centrale (comme de toute institution « indépendante ») à la souveraineté démocratique. Ça n’est pas parce que tout le mouvement néolibéral d’évidement de l’État par des agences indépendantes, régulateurs extérieurs et autres autorités extra-étatiques a eu pour évidente vocation de déposséder le débat démocratique de ses plus élémentaires prérogatives et, par une contre-révolution de principe, de substituer le pouvoir des compétents (généralement incompétents) au pouvoir du peuple (pourtant déjà si édulcoré du fait des mécanismes de la représentation), ça n’est pas, donc, parce que toute l’histoire récente de « l’indépendance » n’a été que la longue déclinaison de cette confiscation que l’idée d’agencer un compromis de politique économique par le jeu délibérément contradictoire entre institutions indépendantes perd son sens et sa possibilité.

Rendre la politique économique
à la démocratie

Un tel compromis précisément suppose des institutions qui, pour faire valoir avec quelque chance de succès leur logique contre celle de l’État, ne doivent pas être entièrement dans la main de l’État. La difficulté vient alors du fait que, pour devoir éviter absolument la confiscation « experte », ces institutions, au moins certaines d’entre elles, n’en auraient pas moins pour tâche spécifique de faire valoir un point de vue qu’on dira technique, celui de l’appréciation de l’opportunité macroéconomique d’un financement monétaire et des conditions de soutenabilité de la monétisation de la dette publique, sans pour autant tomber dans la mythologie mensongère de l’expertise neutre et de l’objectivité a-politique à laquelle le politique n’aurait plus qu’à se soumettre. C’est pourquoi, compromis dans le compromis, celles des institutions en charge de produire ces avis macroéconomiques doivent elles-mêmes réaliser l’équilibre entre un certain degré de technicité, auquel on n’échappera pas, et le rappel du caractère toujours politiquement surdéterminé du discours d’expertise, que ce caractère politique se manifeste par du dissensus (éventuellement non résolu) entre expertises contradictoires au sein même de l’institution, ou bien par des avis d’impossibilité mais toujours référés à la configuration des structures, et en renvoyant explicitement le corps politique à sa responsabilité de les changer ou les garder.

Ce compromis secondaire à passer entre les nécessités hétérogènes de l’appréciation technique et de la décision politique devrait s’exprimer d’abord dans la composition des collèges, notamment par la diversité des points de vue économiques, donc par la diversité de ceux qui nomment les « experts », par exemple d’après des quotas de nominations établis sur une base proportionnelle reflétant la composition des chambres parlementaires et/ou régionales-départementales, base de proportionnalité pourquoi pas étendue aux syndicats représentatifs, voire d’autres associations qualifiées… ou toute autre formule plus ingénieuse que celle-ci — qui, sans beaucoup d’imagination, s’est rendue au plus facile et sans doute au moins enthousiasmant.

Car tout est à inventer et, pour le coup, cette invention institutionnelle étant entièrement politique, elle revient entièrement au corps politique — en tout cas à aucun méta-comité d’experts qui dirait comment organiser les comités d’experts. Nombre des institutions (Trésor, Parlement, Banque centrale, Conseils divers), rapports hiérarchiques entre elles, distribution du pouvoir de décision, modalités de nomination, durée des mandats, alignement ou non sur les mandats politiques, procédures d’accountability [10], etc., tout est à inventer donc, et surtout ceci : à l’opposé des institutions « expertes » d’aujourd’hui qui, pour mieux entretenir l’illusion de leur objectivité, donc de la Science neutre certaine et univoque parlant par leur bouche, s’emploient à ne rien laisser paraître au dehors de leurs débats contradictoires (enfin de ceux que l’homogénéité de leur personnel n’a pas réussi à réduire ex ante), il faut convertir les institutions d’expertise à la logique politique, logique du dissensus publiquement reconnu, du différend non résolu argumentativement, mais tranché politiquement — par les autres instances parties à la structure institutionnelle du « compromis de financement monétaire ».

Une longue marche sans doute : celle qui cherche à rendre au corps politique les abstractions de la politique économique.

Notes

[1] « La “mauvaise Grèce” met l’euro sous tension », Le Monde, 6 février 2010.

[2] Voir mon article dans Le Monde Diplomatique de mars 2010, à paraître.

[3] Voir F. Lordon, Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières, éditions Raisons d’agir, 2008, épilogue, et La crise de trop. Reconstruction d’un monde failli, Fayard, 2009.

[4] Marco Annunziata, « Corporate debt’s role in eurozone recovery », Financial Times, 10 février 2010.

[5] En témoigne par exemple le plan de relance de Chirac, premier ministre de Giscard, d’un impeccable keynésianisme et dont par parenthèses, l’ampleur dépasse celle du plan Mauroy de 1981, seul resté face à la postérité comme le comble de l’égarement de politique budgétaire. Se souvient-on qu’au plus fort de sa relance, le déficit Mauroy avait atteint le gouffre abyssal de… 3,2 % de PIB en 1983, ce qui, à l’époque, n’avait épargné aucune vaticination relative à « la France en faillite », dont on voit qu’elles sont tout à fait autonomes et absolument indépendantes de toute donnée chiffrée.

[6] Paul Volcker, président de la Réserve Fédérale, décide d’élever les taux d’intérêt aussi haut qu’il le faudra pour briser l’inflation – les taux atteindront 18 %... C’est la première application à cette échelle et à cette intensité de la doctrine monétariste.

[7] Voir F. Lordon, Les quadratures de la politique économique, Albin Michel, 1997.

[8] Selon l’expression favorite du monétarisme pour qui l’inflation est « toujours et partout un phénomène monétaire ».

[9] La banque centrale peut d’une part concourir au refinancement des banques en leur offrant des liquidités temporaires à 24 heures ou 48 heures contre dépôt (« mise en pension ») des titres qu’elles ont en portefeuille (titres du Trésor ou effets de commerce de premier rang) et ceci selon des concours individualisés (banque par banque), ou bien, d’autre part, intervenir pour régler la liquidité bancaire globale par des achats (détente) ou des ventes (resserrement) fermes de titres du Trésor dans l’open market.

[10] L’idée anglo-saxonne d’accountability recouvre l’ensemble des voies par lesquelles des responsables institutionnels comparaissent (le plus souvent devant des commissions parlementaires) pour justifier leur action, répondre à toute question et plus généralement « rendre des comptes ».

http://blog.mondediplo.net/2010-02-17-Au-dela-de-la-Grece-deficits-dettes-et-monnaie
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 21:31

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http://voila-le-travail.fr/2010/02/21/stress-la-liste-rouge-retrouvee/

 

Le ministère du Travail a publié jeudi une liste sur son site www.travailler-mieux.gouv.fr., qui classe 1500 entreprises de plus de 1000 salariés en “vert, orange et rouge”, suivant le degré d’avancement de leur politique anti-stress.

Mais, à peine 24h après la diffusion du classement, le gouvernement a retiré de son site les listes orange et rouge, à la demande des entreprises mal classées.”A l’issue de la première classification, de nombreuses entreprises classées en rouge ou en orange ont fait part au ministère du travail de leurs intentions d’engager ou de poursuivre des démarches en matière de lutte contre le stress”, a écrit le ministère dans un message sur le site Internet pour justifier ce retrait. Ces deux listes rassemblaient la majorité des entreprises questionnées.

Certains ont eu la présence d’esprit de copier la liste avant disparition. C’est le cas de “Carla“, qui m’invite à recopier la liste des entreprises qui ont répondu négativement au questionnaire du ministère et n’ont apporté aucun élément permettant de constater un engagement de négociation ou d’action sur le stress ainsi que toutes les entreprises qui n’ont pas demandé de mot de passe pour répondre au questionnaire ou n’ont pas validé ce dernier.
La voici donc:

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 13:26

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Ben voila nos  zébres à la Havane en 2009, pour le cinquantième anniversaire du triomphe de la Révolution Cubaine, vous noterez l'élégant profil de Charly Bouhana, Président des Amis de Cuba.

Un article publié dans "l'Humanité" du 23/2/2010


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Mais que nous fait-il Georges? Une petite déprime, un moment de nostalgie ? Voilà qu’en refermant son dernier ouvrage « Pitié pour Wolinski » (1) on verserait presqu’une larme. Le petit juif de Tunis raconte sa jeunesse, sa famille, ses amours, ses drames, ses copains avec sa patte talentueuse de dessinateur et son humour décapant. Mais il prévient ses juges : « Je préfère mourir idiot que mourir odieux » réplique-t-il dans une bulle destinée à son éditeur qui lui demande « moins de cul » et plus « d’insultant, d’obscène, de méchant, de cruel, de malsain… »

Wolinski met en scène sa vie familiale, amoureuse (ses parents, sa première femme disparue dans un accident, Maryse sa compagne dont il reste follement amoureux) son parcours professionnel. Avec, comme à son habitude, des seins nus et des scènes cocasses. Il y a aussi  une certaine tristesse  lorsqu’il fait dire à son héros – lui même à vingt ans - : « Je n’aime pas cette époque, son indécence, son immoralité, sa littérature écrite à la va vite, l’escroquerie de l’art contemporain, les chansons sans romantisme, le rire sans humour. »

Ses vieux copains de Hara-Kiri, Cavanna, Cabu et les disparus Reiser et Choron en prennent une louche, toujours  avec une forte amitié et une complicité sans faille. Quant aux lecteurs de « l’Humanité », ils en sauront un peu plus sur son entrée au journal (1976) et les réactions qu’elle a suscitées puis son départ vers d’autres aventures. « Es-tu libre de faire ce que tu veux chez les cocos » lui demande un de ses interlocuteurs. « Je t’assure on ne me censure jamais », répond Wolinski qui s’attire cette réplique : «  Alors, ils sont plus malins que je le pensais ces fumiers ! »

Georges Wolinski n’a jamais été communiste et encore moins membre du PCF. Cet homme que j’ai approché lors de voyages ou au cours de dîners est un humaniste, un révolté par toutes les injustices d’où qu’elles viennent. On connaît son talent (un jour ouvrira-t-il son atelier secret et ses toiles?), on connaît moins sa sensibilité, son sens de l’écoute, sa générosité. Deux personnages à « l’Humanité » l’ont marqué à jamais : René Andrieu et Roland Leroy à qui il voue une grande amitié. D’autres n’auraient certainement pas convaincu l’ami Georges de dessiner à la « une » de « l’Huma ».

Il ne loupe aucune fête du journal, hier à la Courneuve, aujourd’hui au Bourget. Pour une simple raison : « J’y suis chez moi et je rencontre de vrais gens, des gens qui ne trichent pas. »

Wolinski est un type bien. Plongez-vous dans son dernier ouvrage. Pour rire, bien entendu. Mais pas seulement : découvrez l’autre facette du personnage, celle d’une célébrité qui a su rester un honnête homme et qui en rigole encore et encore.

José Fort

 

Pitié pour Wolinski. Editions Drugstore. A commander de préférence à Cuba si France – Wolinski en est le président d’honneur - 94 bld Auguste Blanqui, 75013 Paris. 14 euros (plus 4 euros de frais de port). Les bénéfices seront versés aux équipes médicales cubaines qui travaillent actuellement en Haïti. Par José Fort
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 13:20
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Nadir Dendoune plonge dans la tourmente sociale grecque alors qu’un collectif de citoyens a décidé de lancer sa Journée Sans Immigrés… Une chronique à suivre toute la semaine sur humanite.fr

Le dernier arrivé ferme souvent la porte. Toujours le métèque d’un autre. En France, on retrouve beaucoup de descendants espagnols, italiens, ou polonais dans les organes internes du Front National.

Toujours là pour faire du zèle, comme obligés de faire de la lèche au patriotisme. Sarko, premier fils d’immigrés de la Gaule actualisée, a également une mémoire très sélective. Son daron, un Hongrois, a débarqué en France en 1948. Cependant, le collectif « La Journée Sans Immigrés 24h Sans Nous » a un énorme cœur et offre aujourd’hui à Nicolas 1er, empereur des Francs, une chance inouïe de se rattraper. On espère qu’il répondra favorablement au courrier que nous lui avons adressé il y a quelques semaines en lui demandant d’être solidaire avec l’action du 1er mars 2010. Nicolas, Président de pas tous les Français, ce jour-là, tu ne vas pas travailler, tu ne consommes pas. Mate un DVD et reste sagement avec Carla à l’Elysée. En plus, ton absence nous fera des vacances !

 

Ne pas t’entendre dire des conneries pendant 24h, ouf ! En attendant, à Athènes, près d’un millier de personnes s’étaient donné rendez-vous Place Omonia, en plein centre ville. La plupart d’entre eux étaient des immigrés. Des gens qui n’ont pas eu d’autre choix que de faire le voyage. Les manifestants patientaient sagement avant que le cortège démarre. Les étrangers étaient rassemblés par communautés. En France, on agiterait tout de suite le spectre du communautarisme. Ici, ce soi-disant sectarisme n’empêche pas la solidarité, la fraternité, la revendication des mêmes droits pour tous, qu’on soit métèques (du grec metoikon !), ou Grecs pure-souche. Il était 17h. Peggy portait des lunettes de frimeuse, le ciel était marron : une tempête de sable venant d’Afrique, tout un symbole, avait réussi à se frayer un chemin jusqu’à la capitale grecque.

L’ambiance était très festive : un groupe jouait du tam-tam, on discutait en franche camaraderie. On affichait ses slogans sans complexe, avec fierté même. Les Nigériens avec les Somaliens demandaient plus de « solidarité avec les immigrants ». Les Sri-lankais, venus en grand nombre (3000 d’entre eux vivent en Grèce) « réclamaient les mêmes droits » que leurs homologues salade-tomate-oignons, soutenant que ce sont aussi eux qui « participent activement à la société grecque ». Le défilé a fini par partir vers 17h30, direction Syntagma. Une marche d’un kilomètre le long des rues qui auraient sérieusement besoin d’un lifting.

Un peu plus en arrière, de manière très discrète, deux Congolais, Henri et Freddie, tenaient une banderole. On leur demandait la traduction : « L’immigration clandestine est le résultat des politiques orchestrées par le FMI et l’Union Européenne ». Devant eux, Mireille et son fils de cinq ans Elilel, un beau-gosse de 5 ans, veste bleue en costard à l’appui, les accompagnaient. Originaire de Kinshasa, arrivée en Grèce il y a plus de dix ans, la maman redoutait qu’avec le nouveau projet de loi, son fils ne puisse jamais devenir Grec, pire elle redoutait à terme que sa petite famille soit expulsée.

« Elilel est Noir mais il est né ici. Son pays c’est la Grèce, il ne connait pas le Congo. Il va à l’école ici, ses copains sont Grecs », s’indigne-t-elle. Partout, les slogans en toutes les langues (grec, français, arabe, sri lankais, anglais, etc…) étaient repris avec le sourire. Sur les côtés, des badauds regardaient le défilé avec étonnement, comme s’ils découvraient pour la première fois le visage d’une Grèce de toutes les couleurs. On remontait la rue, heureux d’être là, parmi tous nos frères. J’ai eu envie de crier merde à tous les fachos. La manifestation était très étirée.

Les Philippins étaient devant. Avec à leur tête, Joe Venturia, représentant de la communauté. « La plupart d’entre nous sont venus en Grèce dans les années 70, parce qu’ailleurs, comme le Canada ou la France, c’était plus difficile, souligne ce sexagénaire. Nous avons occupé les postes les plus pénibles. Des emplois que les Grecs ne voulaient pas faire. Aujourd’hui, nous sommes montrés du doigt et certains nous accusent d’être responsables de la crise ». Même discours que chez nous. Comme quoi… La manif’ est arrivée à bon port. Un groupe de rock s’est installé sur l’estrade, devant le Parlement. Le jour posait ses valises, sans doute, la même envie de profiter de l’ambiance chaleureuse. Un rappeur grec s’est emparé du micro. Les poings brandis vers le ciel, les hanches qui déambulaient.

On comprenait que dalle mais qu’est-ce qu’on était bien. Il faisait doux et la foule riait à en pleurer. Pendant cette soirée, j’ai oublié Berlusconi, Sarkozy, et ses sbires de la Haine. J’ai voulu, dans un geste de folie, monter sur la scène, pour leur dire qu’ils n’arriveront jamais à tuer l’espoir qui vit en nous. J’ai pensé au 1er mars 2010, à Peggy, à Nadia, à Xavier, à Soraya, à Thomas, Karima, Nora, Marie-Dominique, Jean-Michel, Christine, Luc, Moussa, Amel, Fouad, Rachida, Djam, Sonia et Madjid, et tous les autres. A leur engagement, à leurs forces aussi. Des moments de stress, où tout semblait s’écrouler. Je me suis retourné. L’Assemblée Nationale grecque semblait vide. Je l’ai regardée avec rage. J’ai pensé à tous les Parlements du monde. J’ai fermé les yeux et j’ai imaginé le premier mars 2020 où tous les chefs du gouvernement du monde, acclamés par l’ensemble des parlementaires, rappelleraient le rôle essentiel de l’immigration. L’espoir est permis…
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 13:19
Exclue-3-jours-pour-avoir-soutenu-la-Palestine-libre large

Une collégienne a été exclue durant trois jours pour « prosélytisme ». Elle portait un tee-shirt « Palestine libre ».

Ce pourrait presque être un sujet de philosophie. Où donc s’arrêtent la citoyenneté et le débat politique ? La direction du collège Claude-Bernard de Villefranche-sur-Saône (Rhône) a visiblement tranché : ce sera à la porte de la classe. À la mi-février, Zeyneb D., élève de troisième, est exclue de son établissement pour trois jours pour avoir porté un tee-shirt sur lequel il était inscrit « Palestine libre ». Après la loi de 2004 qui réglementait le port de signes religieux ostentatoires dans le milieu scolaire, peut-être pourrait-on suggérer d’adapter la législation aux tee-shirts.

Selon le collectif caladois pour le peuple palestinien (CCPP), qui compte parmi ses membres des enseignants, actifs ou retraités, ainsi que des organisations syndicales (FSU), et soutient la jeune fille, le « professeur d’histoire-géographie avait, dans un cours précédent, fait l’éloge d’Israël et repris à son compte et devant les élèves toute la rhétorique justifiant la colonisation de la Palestine ». Le lendemain, Zeyneb revient en cours avec son tee-shirt ; son professeur pousse des cris d’orfraie et la somme de le cacher ou de prendre la porte. Elle choisit de quitter la salle.
Plus intéressant encore, le professeur s’est sans doute senti contraint d’expliquer « politiquement » son geste. Le CCPP rapporte ainsi qu’il s’en serait « pris aux défenseurs de la cause palestinienne, les taxant de charlots et de charlatans ».

Dans la foulée, la direction de l’établissement rédige une notification de la mesure disciplinaire dans laquelle elle tient à peu près ce langage : « Considérant que les faits commis, à savoir l’acte de prosélytisme et le départ d’un cours sans autorisation avec refus d’obéissance, constituent une faute justifiant une sanction, une exclusion provisoire est prononcée à l’encontre de Zyneb. » Reste à savoir comment interpréter la référence au « prosélytisme » qui renvoie de fait au religieux. Est-ce à dire que la question de la création d’un État palestinien est circonscrite au conflit interreligieux  ? Voire que Zeyneb, par extension et du fait de ses origines, distille, par la voie de son tee-shirt, une propagande promusulmane ? Et, par là même, peutêtre extrémiste ?

Le collectif caladois pour le peuple palestinien interroge de son côté : « Estce là l’enseignement ? L’humiliation et la violence traumatisantes infligées à une adolescente, est-ce là la pédagogie ? Nous entendons dénoncer une faute grave, et professionnelle et humaine, une attitude indigne d’un enseignant responsable. » Le collectif ainsi que la mère de Zeyneb réclament le retrait de la sanction. « Ma fille porte ce tee-shirt depuis deux ans. Cela n’a jamais posé de problème. Nos enfants ont le droit de s’exprimer. Palestine libre, c’est un message de paix. »

Lina Sankari
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 13:17
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D’après notre sondage exclusif CSA-L’Humanité, 65 % des Français sont prêts à soutenir la journée de mobilisation du 23 mars décidée par les syndicats, ils font plus confiance aux syndicats qu’au gouvernement et au Medef pour trouver des solutions.
Témoignages de retraités du Nord.

Nord, correspondance.

Avec leurs pensions, en économisant sur tout, ils arrivent tout juste à s’en sortir Ils ont consacré leur vie au travail ou à élever leurs enfants. Á l’âge de la retraite, ils doivent tout calculer pour pouvoir se payer le minimum. Ils ne s’en sortent qu’au prix d’une rigueur quotidienne. Qu’ils vivent en couple ou seuls, des retraités du Nord témoignent.

Dans le Nord, à Haubourdin, la savonnerie Lever était là depuis 1914. Une « bonne boîte ». Mimi s’y voyait jusqu’à la retraite. Mais en 2000, l’usine a fermé. Cinq ans de chômage, cinq ans de perdus sur la retraite complémentaire. Jamais il n’est parti en vacances du temps ou il travaillait, nuit et jour. Son épouse a élevé les trois enfants, et cumulé quelques « petits boulots ». Son secret à elle pour « bien vivre » : traquer les promotions sur les prospectus, méticuleusement, depuis toujours. « De plus en plus compliqué avec tous leurs trucs pour nous faire croire qu’un produit vaut le coup ! » Les cahiers de comptes du couple sont tenus à jour, au centime près, depuis toujours. Á soixante-quatre ans, Mimi a même déjà tout réglé côté obsèques. « Pour ne pas peser sur les enfants », qu’il faut parfois encore aider financièrement bien qu’ils aient plus de quarante ans. Maintenant, les vacances et le resto de temps en temps, c’est possible. Un « luxe » que ce couple d’ouvriers doit à une rigueur implacable.

« C’est depuis que je suis en retraite que je paye des impôts »

Rose-Marie, soixante-cinq ans, n’a pas d’enfant et c’est son grand regret. Dès quatorze ans, ouvrière du textile puis auxiliaire de vie à domicile, au smic, veuve depuis 2002. Son mari, ouvrier du bâtiment, a vécu le chômage, l’intérim et la longue maladie. La petite maison en impasse (en « courée », comme on dit dans le Nord, à Loos) a été acquise pour 30 000 francs il y a trente ans, « avec beaucoup de travaux et même pas de toilettes ». Encore aujourd’hui la salle de bains est au fond du jardinet. « J’ai 900 euros par mois de retraite et environ 300 euros de pension de réversion de mon mari, et c’est depuis que je suis en retraite que je paye des impôts, 55 euros par mois ! » s’insurge-t-elle. « Heureusement », elle aime manger des abats, se fiche un peu d’avoir des meubles dépareillés, et réussit à faire durer les chaussures dans lesquelles elle se sent bien. « J’ai une voiture aussi… », soupire-t-elle. Un poids financier pour se garantir une autonomie, même si elle ne s’en sert qu’au minimum, pour la faire durer elle aussi. Rose-Marie n’a jamais pris le train de sa vie. Sa consommation d’électricité a diminué, mais « la facture a augmenté de 3 euros par mois » ! Pas question pourtant de renoncer au médicament qui soulage sa hernie hiatale. Même s’il est de moins en moins bien remboursé, il lui évite pour l’instant une opération. Elle en veut surtout à l’euro, Rose-Marie. « La laitue est passée d’un coup de 3 francs à 1,50 euro et la retraite n’a pas augmenté d’autant ! »

« Travailler plus, pour gagner moins ! », peste Christian

Odette, soixante-quatre ans, et Christian, soixante-cinq ans, sont, « heureusement », eux aussi propriétaires. « Mais pourvu que la chaudière ne lâche pas cette année. » Cinq enfants qu’ils ont tous menés au bac ou au BEP. Ouf ! Ils ont tous une situation. Des ménages toute sa vie, Odette. Christian, dix ans pour retrouver un emploi après un licenciement. Pas les moyens de prendre une assurance pour le prêt de la maison, remboursé péniblement. Avec 1 400 euros de retraite pour deux, « on végète ». Ils récupèrent l’électroménager quand les enfants se payent du neuf, font les courses dans les « discounts » et les boucheries arabes de Lille-sud. Christian a décidé de retravailler un peu. Six semaines d’extra, au smic, au marché de Noël 2008. Résultat : imposable de 80 euros, donc redevable de la taxe d’habitation de 540 euros et 6 % de perte sur le montant de la retraite. « Travailler plus, pour gagner moins ! », peste Christian. Alors, ils attendent le rappel pour payer la facture d’eau. Et quelquefois, ils envoient sciemment le chèque sans signature, pour retarder encore l’échéance de quelques jours… Diabétiques tous les deux. « Mon veinotonique n’est plus remboursé, donc pas de générique et une boîte qui vient encore d’augmenter de 1 euro », commente Odette. Christian appréhende les dépassements d’honoraires dans le cadre de ses problèmes d’yeux. Déjà deux greffes de cornée. Cinéma et cirque une fois par an et dernièrement un voyage à Saumur. « Nos sorties, ce sont des cadeaux de nos enfants. » La maman de Christian, quatre-vingt-neuf ans, souffre de la maladie d’Alzheimer. La maison de retraite, c’est 2 000 euros par mois, qu’elle peut encore payer grâce à la vente de sa propre maison. Pour combien de temps ? « Si un jour on a besoin d’être placés, on aura peut-être droit à un petit lit pour deux », ose plaisanter Odette, qui a surtout « peur, peur, peur pour les générations à venir » et pour ses quatorze petits-enfants.

Laurence Mauriaucourt
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 07:48

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Arrêt des poursuites à l’encontre de Fahem Boukadouss et Hassan Ben Abdallah

 

Fahem Boukadouss, correspondant de la chaîne Al Hiwar Attounoussi, et Hassan Ben Abdallah, coordinateur du comité local des diplômés enchômagés à Redeyef, vont comparaitre le mardi 23 février 2010 devant le tribunal d’appel de Gafsa. Tous les deux, avaient fait opposition à leur condamnation par contumace dans le procès des animateurs du mouvement social du bassin minier de Gafsa. Ils avaient été condamnés à des peines de prison ferme, 10 ans pour Hassan Ben Abdallah et 6 ans pour Fahem Boukadouss.

 

Fahem Boukadouss et Hassan Ben Abdallah risquent la prison pour de longues années à l’issue de ce procès. Leur seul tort étant d’avoir exercé librement son métier de journaliste pour le premier et d’avoir exigé le droit au travail et à une vie digne pour le second.

 

La libération conditionnelle des détenus du bassin minier le 4 novembre dernier, est loin de signifier une volonté d’apaisement et de dialogue avec la population de la part du pouvoir tunisien. Bien au contraire, les jeunes de M’Dhilla qui ont fait opposition aux peines prononcées à leur encontre par contumace, se sont retrouvés en prison. Adnane Hajji et les autres animateurs du mouvement subissent filature et harcèlement policiers au quotidien. Aucun des détenus renvoyés de son travail n’a été réintégré dans son emploi. La misère et la pauvreté continuent à sévir dans la région.

 

Nous exprimons notre entière solidarité avec Fahem Boukadouss, Hassan Ben Abdallah et l’ensemble de la population du bassin minier de Gafsa dans leur lutte légitime.

 

Nous exigeons :

 

  • L’arrêt des poursuites à l’encontre de Fahem Boukadouss, Hassan Ben Abdallah et de toutes les personnes poursuivies dans le cadre des procès du mouvement du bassin minier.

  • La promulgation d’une amnistie en faveur des détenus du bassin minier et leur réhabilitation dans leurs droits.

  • La mise en place des moyens nécessaires pour une véritable politique de développement dans la région au profit de l’emploi, de l’amélioration des conditions de vie de la population et du respect de l’environnement.

Paris, le 22 février 2010

 

Premiers signataires : Ligue des Droits de l' Homme (LDH), Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), Association pour la Taxation des Transactions Financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC), Association de Défense des Droits de l'Homme au Maroc (ASDHOM), Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Assemblée de la communauté originaire de Turquie (ACORT), Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des Tunisiens en France de Paris (ATF-Paris), Union syndicale Solidaires, Confédération Nationale du Travail (CNT), Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Les Verts, Parti Communiste Français (PCF), La Voie Démocratique, Parti Démocratique et Progressiste (PDP), Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie (PCOT), Ettajdid France, Le Congrès pour la République (CPR).
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 07:45

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Plusieurs livres récents, dont celui du philosophe slovène Slavoj Zizek, alimentent l'hypothèse d'un retour de l'idée communiste, épurée du vieux marxisme, à la faveur, notamment, de la crise.            

Après la tragédie, la farce ou comment l’histoire se répète par Slavoj Zizek, Flammarion, 242 pages, 20 euros.
L'idée du communisme Conférence de Londres, 2009 par Alain Badiou et Slavoj Zizek, Ed. Lignes, 348 pages, 22 euros.
  L'hypothèse communiste par Alain Badiou, Ed. Lignes, 205 pages, 15 euros.

On se souvient des premières formules du « Manifeste du Parti communiste » de Marx-Engels (1847) : un « spectre » hante l'Europe, celui du communisme. Cent cinquante ans plus tard, avec la chute du mur de Berlin, la disparition de l'URSS et l'entrée résolue de la Chine dans l'économie de marché, on a pu croire que le « spectre », avec son cortège de goulags, de drames et de misères, était définitivement dissipé. Pas du tout ! Voici que l'on assiste à une renaissance de l'« hypothèse » ou de l'« idée » communiste.

On peut chercher à se rassurer : ce qui renaît, ce n'est pas le communisme de l'Union soviétique, mais le communisme comme « idée » ou comme « hypothèse ». Il ne s'agit pas de ressusciter le vieux marxisme, mais de retrouver l'idée communiste dont le marxisme n'aura été qu'une des manifestations historiques. Le communisme est cette idée qui accompagne depuis toujours un projet d'émancipation, le soulèvement d'une subjectivité qui s'engage à interrompre l'exclusion d'un certain « prolétariat ». Pour Badiou, le communisme est comme une idée éternelle, qui peut se réactiver dans des contextes différents. C'est une possibilité qui structure toute communauté politique. Si bien que l'idée communiste ne peut pas être démentie par les échecs successifs de sa réalisation. La position est quelque peu terrifiante, qui passe par pertes et profits les millions de morts du goulag, et tout ce que le communisme réalisé a pu détruire.

L'idéologie de la fin des idéologies

Voilà qui permet à Slavoj Zizek de construire un récit en deux temps : le premier consiste à soutenir que, loin d'être dans une période privée d'idéologie, nous sommes au contraire dans un moment marqué par une lutte féroce pour rendre l'« hypothèse » communiste impossible. Précisément, le thème de la fin des idéologies est lui-même une idéologie. Le mot d'ordre de la fin des idées -de l'idée du communisme et du communisme comme idée -est une manière de combattre la renaissance de l'idée communiste, la présence d'idées en politique. La première partie de « Après la tragédie, la farce » est consacrée à décrire par le menu la bataille idéologique qui serait actuellement menée contre l'hypothèse communiste.

Le deuxième temps consiste à savoir ce qu'on peut entendre par ce communisme qui ne serait plus marxiste. Badiou-Zizek ne proposent aucun « manifeste » à l'instar de leur prédécesseurs de 1847. C'est trop tôt. Le moment, soutiennent-ils, est à la philosophie, à la réaffirmation d'une position subjective qui pourrait redonner un sens à une histoire « désorientée ». Le contexte s'y prête, marqué par le fait que, en raison de la crise financière, le capitalisme est pour longtemps privé de la parole.

Pareilles tentatives de redonner vie à l'idée communiste méritent-elles qu'on s'y arrête ? Sans doute, quand on constate qu'une conférence qui s'est tenue à Londres en 2009 a permis à une quinzaine des plus importants intellectuels européens d'exprimer, sous des formes il est vrai fort variées, leur attachement à l'idée communiste. Il s'agit de trouver les formes d'un nouveau radicalisme, qui n'est pas sans rappeler celui qui pouvait inspirer les premières communautés chrétiennes. Il est fondamentalement hostile à la démocratie parlementaire. Et à l'idée de la liberté qui l'accompagne. Après les radicalismes religieux (islamiques, en particulier) et écologiques, voici que s'affirme un autre radicalisme. Affaire à suivre.

FRANÇOIS EWALD
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 07:41
p7 20
par Primitivi

Récemment en Colombie on a découvert la plus grande fosse commune de l’histoire contemporaine du continent américain [1], cette découverte terrible a presque été totalement occultée par les mass-médias en Colombie et dans le monde. La fosse commune contenant les restes d’au moins 2.000 personnes est située à côté du village de La Macarena, département de Meta. Dès 2005 l’Armée, déployée dans la zone, a enterré là des milliers de personnes, ensevelis comme NN. [2]

La population de la région, alertée par les infiltrations dans l’eau potable d’eau polluée par les cadavres et touchée par des disparitions de proches, avait déjà dénoncé l’existence de la fosse à plusieurs occasions durant 2009 : en vain, le ministère public ne procédant à aucune recherche. C’est grâce à la persévérance des parents des disparus et à la visite d’une délégation de parlementaires et syndicalistes britanniques qui enquêtaient sur la situation du respect des droits de l’homme en Colombie, en décembre 2009, que l’on a réussi à découvrir ce crime horrible exécuté par des militaires dont l’État garantit l’impunité.

Il s’agit de la plus grande fosse commune du continent. Deux mille corps dans une fosse commune, c’est un sujet grave pour l’État Colombien, mais les médias colombiens, et les médias internationaux, complices du génocide, passent quasiment totalement sous silence cette affaire, alors que pour retrouver pareil atrocité il faut remonter aux fosses communes nazis... Ce silence médiatique est sans doute lié aux immenses ressources naturelles dont dispose la Colombie, et les méga-business qui sont entrain de se monter là, à coups de massacres.

La délégation sur la situation des droits de l’homme en Colombie, qui a visité la Colombie en janvier 2010, (moins d’un mois après la mise à jour de la fosse) a posé des questions aux autorités sur cette affaire... les réponses ont été inquiétantes : le ministère public, le procureur de la république, le ministère de l’Intérieur, l’ONU... tous prétendent éviter le sujet... Et pendant ce temps l’État essaie de "manipuler" la fosse pour la minimiser. Mais la délégation britannique a pu la voir, et les autorités ont dû reconnaitre au moins 2000 cadavres. En décembre “le maire, du parti au pouvoir, avait lui-même dénoncé la présence de ces corps enterrés”, mais ensuite les pressions officielles lui ont fait "diminuer ses appréciations sur le nombre de corps NN...”

La délégation britannique a dénoncé une volonté non dissimulée de ne pas empêcher la dégradation de la scène du crime : “personne ne protège le lieu. Personne n’empêche que l’on puisse modifier les preuves. Un engin agricole peut très bien rentrer et manipuler ces cadavres anonymes, à les sortir et à les emporter dans un autre lieu” [3] “, nous demandons aux institutions responsables, du gouvernement et de l’État colombien qu’ils mettent en application les mesures de précaution nécessaires pour garantir les informations déjà enregistrées dans les documents officiels, qu’ils prennent toutes les mesures de précaution nécessaires pour mettre en place un périmètre sécurisé afin d’empêcher toute modification des preuves de ce massacre, l’exhumation illégale des cadavres et la destruction des preuves matérielles présentes sur les lieux (...) la création d’un Centre d’Identification Légiste au village de La Macarena est fondamentale pour obtenir l’individualisation et la pleine identification des cadavres NN ensevelis là.” [4]

La délégation a transmis aux autorités une autre plainte à propos de la municipalité d’Argelia dans le Cauca : "Un" abattoir". Les autorités ont fait part de leur ignorance, et ont déclaré leur incapacité à agir "il y a tant de fosses communes dans notre pays que...". Argelia où les familles n’ont pas pu aller chercher les corps de leurs disparus, les paramilitaires les empêchant de revenir vers les villages : ils ont déplacé les survivants. Les survivants ont raconté : “il y avait des gens attachés usr lesquels ils lâchaient des chiens affamés pour les tuer lentement.”

En Colombie, la Stratégie Paramilitaire de l’État Colombien, combinée avec les actions policières et militaires a été l’instrument de l’expansion des grandes propriétés terriennes. L’État colombien a fait disparaître plus de 50 000 personnes grâce à ses services armés (policiers, militaires), et de son service caché : sa Stratégie Paramilitaire [5]. L’État colombien est l’instrument de l’oligarchie et des multinationales pour sa guerre élitiste contre la population : il est le garant du pillage, la Stratégie Paramilitaire s’inscrit dans cette logique économique. [6]

La dissimulation d’une fosse commune aux dimensions de la fosse du village de La Macarena obéit au fait que les affaires des multinationales et de l’oligarchie sont basées sur cette horreur, et que cette fosse est le fruit des assassinats perpétrés par l’armée nationale colombienne, ce qui prouve encore plus le caractère génocidaire de l’État colombien dans son ensemble (au-delà de son président Uribe, dont les affaires et liens avec le trafic de stupéfiants et le paramilitarismo sont plus que vérifiés [7]. La complicité des mass-médias est criminelle, tant au niveau national qu’international.

Les populations doivent rompre le silence avec lequel on cherche à cacher ce génocide. Un élan de solidarité internationale est urgent : La Colombie est, sans doute, l’un des lieux sur la planète où l’horreur du capitalisme se concrétise de la manière la plus évidente, dans son paroxysme le plus absolu.


Source : Rebelion "Los Medios ocultan la mayor fosa común de América, mientras el Estado colombiano busca alterarla"
Traduction : Primitivi

Notes

[1] Voir : les morts commencent à reparaître, il y en a ... des milliers !

[2] NN (nigun nombre), "sans nom" c’est la dénomination générique pour les cadavres non identifiés. Cette appellation était utilisée à la base par l’armée colombienne pour les soldats (ou guérilleros) inconnus morts au combat.

[1] Voir : les morts commencent à reparaître, il y en a ... des milliers !

[2] NN (nigun nombre), "sans nom" c’est la dénomination générique pour les cadavres non identifiés. Cette appellation était utilisée à la base par l’armée colombienne pour les soldats (ou guérilleros) inconnus morts au combat.

[3] voir http://www.pachakuti.org/textos/hem... (es)

[4] voir http://www.rebelion.org/noticia.php..."europa-no-puede-firmar-un-tlc-con-un-estado-violador-de-los-derechos-humanos"- (es)

[5] Information du 16 février 2010 des paramilitaires confessent 30 470 assassinats : http://www.telesurtv.net/noticias/s... (es)

[6] en savoir plus à propos d’une fosse commune et de la Terreur d’État : http://www.rebelion.org/noticia.php... (es)

[7] Voir : http://www.kaosenlared.net/noticia/... (es)

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 07:39

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« Le problème, avec le Mossad, c’est qu’il agit comme un fief indépendant qui ignore les intérêts vitaux politiques et stratégiques à long terme d’Israël, tout en bénéficiant du soutien automatique d’un Premier ministre irresponsable, » écrit Uri Avnery, qui compare ce service secret à un « canon désarrimé » balayant le pont du navire dans sa course folle. Vécue comme un succès en Israël, le dommage sur la scène internationale provoqué par cette opération est pourtant considérable, juge-t-il. « L’affaire de Dubaï renforce l’image d’un Etat d’Israël brutal, d’une nation voyou qui traite avec mépris l’opinion internationale, d’un pays qui mène une guerre de gang, qui envoie à l’étranger des équipes semblables à celles de la mafia, d’une nation paria que devraient éviter les gens sensés. » Et de poser à ses concitoyens la question suivante : « était-ce utile ? »

Par Uri Avnery, Gush Shaom, 20 février 2010 - extrait

La semaine dernière, on a assisté à un déluge de mots sur l’assassinat à Dubaï de Mahmoud Al-Mabhouh, un haut dirigeant du Hamas.

Les israéliens ont reconnu dès le premier instant qu’il s’agissait du travail du Mossad. Quelles capacités ! Quel talent ! Comment ont-ils su longtemps à l’avance quand l’homme irait à Dubaï, quel vol il prendrait, dans quel hôtel il séjournerait ! Quelle planification remarquable !

A l’écran, les « correspondants militaires » et « les correspondants sur les affaires arabes » étaient radieux. Leurs visages disaient : ah....si le sujet n’était pas sous embargo ... Si seulement je pouvais vous dire ce que je sais ... je peux seulement vous dire que le Mossad a prouvé à nouveau qu’il avait le bras long et pouvait agir n’importe où ! Ah ! Que vivent dans la peur les ennemis d’Israël !

Lorsque les problèmes ont commencé à se manifester, et que les photos des assassins sont apparues sur les télévisions du monde entier, cet enthousiasme s’est refroidi, mais seulement légèrement. Une méthode israélienne ancienne et éprouvée a été utilisée : se saisir d’un détail annexe et en discuter avec passion, en ignorant la question principale. Se concentrer sur l’arbre et détourner son attention de la forêt.

Pourquoi donc les agents ont-ils utilisé les noms de personnes réelles qui vivent en Israël et jouissent de la double nationalité ? Pourquoi, parmi tous les passeports possibles, ont-ils utilisé ceux de pays amis ? Comment pouvaient-ils être sûrs que les propriétaires de ces passeports ne seraient pas en voyage à l’étranger au moment critique ?

Par ailleurs, n’étaient-ils pas conscients qu’à Dubaï les caméras sont omniprésentes et enregistrent chaque mouvement ? N’avaient-ils pas prévu que la police locale montrerait les images de l’assassinat dans presque tous ses détails ?

Mais cela n’a pas soulevé énormément d’intérêt en Israël. Tout le monde a compris que les Britanniques et les Irlandais étaient obligés de protester pour la forme, mais que cela n’était qu’un geste obligé. Dans les coulisses, il existe des liens intimes entre le Mossad et les autres agences de renseignement. Après quelques semaines, tout sera oublié. Voilà comment cela s’est déroulé en Norvège après Lillehammer [à la suite d’une opération du même type, où le Mossad s’était trompé sur l’identité de sa cible - ndlr], et comment cela s’est passé en Jordanie [après la tentative ratée d’empoisonnement de Khaled Meshal]. Ils vont protester, réprimander, et ce sera tout. Alors, quel est le problème ?

Le problème, avec le Mossad, c’est qu’il agit comme un fief indépendant qui ignore les intérêts vitaux politiques et stratégiques à long terme d’Israël, tout en bénéficiant du soutien automatique d’un Premier ministre irresponsable. Il s’agit, comme le disent les anglais d’un « canon désarrimé - le canon d’un navire d’antan qui a rompu ses fixations et roule sur le pont, écrasant tout malheureux marin placé sur son chemin.

Sur le plan stratégique, l’opération de Dubaï provoque des dommages importants pour la politique du gouvernement, qui consiste à présenter la supposée bombe nucléaire de l’Iran comme une menace existentielle pour Israël. Cette campagne contre l’Iran l’aide à détourner l’attention du monde entier de l’occupation continue et de la colonisation, et elle amène les États-Unis, l’Europe et d’autres nations à danser à son rythme.

Barack Obama tente de rassembler une coalition mondiale pour imposer des « sanctions épuisantes » pour l’Iran. Le gouvernement israélien lui sert - volontairement - de chien méchant. Obama dit aux Iraniens : les Israéliens sont fous. Ils peuvent vous attaquer à tout moment. Je les retiens très difficilement. Mais si vous ne faites pas ce que je vous demande, je vais lâcher la laisse et qu’Allah aie pitié de votre âme !

Dubaï, un pays du Golfe situé face à l’Iran, est une composante importante de cette coalition. C’est un allié d’Israël, tout comme l’Egypte et la Jordanie. Et voici que ce même gouvernement israélien l’humilie et fait naitre parmi les masses arabes le soupçon que Dubaï collabore avec le Mossad.

Dans le passé, nous avons embarrassé la Norvège, nous avons rendu furieuse la Jordanie, et aujourd’hui nous humilions Dubaï. Est-ce avisé ? Posez la question à Meir Dagan, que Netanyahou vient de confirmer pour une huitième année dans ses fonctions de chef du Mossad, circonstance presque sans précédent.

L’impact de cette opération sur notre réputation dans le monde sera peut-être encore plus significatif.

Par le passé, il était loisible de minimiser cette dimension. Laissez les « goyim » dire ce qu’ils veulent. Mais depuis l’opération Plomb Durci, Israël est devenu plus conscient des répercussions, qui sont d’une portée considérable. Le verdict du juge Goldstone, les échos des pitreries d’Avigdor Lieberman, la campagne mondiale grandissante en faveur d’un boycott d’Israël - tout cela laisse à penser que Thomas Jefferson ne parlait pas pour ne rien dire lorsqu’il a affirmé qu’aucune nation ne peut se permettre d’ignorer l’opinion de l’humanité.

L’affaire de Dubaï renforce l’image d’un Etat d’Israël brutal, d’une nation voyou qui traite avec mépris l’opinion internationale, d’un pays qui mène une guerre de gang, qui envoie à l’étranger des équipes semblables à celles de la mafia, d’une nation paria que devraient éviter les gens sensés.

Était-ce utile ?


Publication originale Gush Shalom, traduction Contre Info
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