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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 12:59

Le Commandant Jorge Briceño (FARC) répond au général Padilla

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AUTEUR:  Jorge BRICEÑO SUÁREZ

Traduit par  Esteban G. Edition de Michèle Mialane.


Lettre ouverte du commandant farien, Jorge Briceño au général Padilla León. Preuve que les FARC maîtrisent avec réalisme et sérieux, les subtilités du conflit social et armé qui se développent en Colombie. 

Lettre ouverte 

à Monsieur Freddy Padilla de León. 

Compatriote,  

J’ai écouté attentivement votre allocution radio du 21 janvier 2010 et votre invitation nous incitant à nous livrer et à rendre les armes m’a semblé être inspirée à des fins de propagande, de fanfaronnade et de guerre psychologique, plutôt qu’animée d’un esprit sincère de réconciliation et de grandeur. 

Vous n’êtes pas un pionnier dans ce type “d’invitations”. Notre célèbre Commandant Manuel Marulanda Vélez, avait l’habitude de nous raconter comment, au début de ce combat pour la libération de notre peuple, le général Álvaro Valencia Tovar usait lui aussi fréquemment de messages de cette teneur ; il les adressait au Commandant Ciro Trujillo, en lui offrant des pots-de-vin, pendant que les troupes se concentraient, que le cercle se refermait et que s’affinaient les mécanismes pour lancer l’assaut contre la population civile des régions de Marquetalia et Riochiquito, dans le cadre du Plan LASO et dans une situation politique au sein de laquelle les Forces Militaires s’initiaient au rôle d’instrument d’élite de la répression au service des propriétaires terriens afin de déposséder les paysans de la terre. 

Comme c’est mal nous connaître, Monsieur Padilla de León !  En toute sincérité, sans haine ni ressentiments et avec le respect que tout révolutionnaire accorde à ses adversaires, je vous réponds : Non, merci beaucoup, général. 

Au sein  des  FARC il n’y a pas de traîtres, mais des patriotes et des révolutionnaires. 

Nous avons combattu et nous continuerons à le faire, avec courage, ardeur et esprit de sacrifice pour renverser ce régime putride des oligarchies et pour construire un autre ordre social, ou pour parvenir à des accords qui aident à la construire une patrie où chacun aura une place. 

Jamais nous n’avons préconisé le principe de la guerre pour la guerre, ni assumé ce combat comme une chose personnelle, puisque nos objectifs sont ceux de parvenir à de profonds changements dans la structure sociale de la Colombie, pour qu’enfin les intérêts des majorités nationales et des secteurs populaires soient pris en compte et que ces changements conduisent au démantèlement de l’actuel régime politique, criminel, oligarchique, corrompu, arbitraire et injuste, comme cela est stipulé dans notre Plateforme Bolivarienne pour la Nouvelle Colombie. 

Avec l’honnêteté de notre engagement pour le changement social et la loyauté que nous devons à notre peuple, nous vous assurons que nous n’allons pas abandonner après plus de 40 ans de combat, ni accepter une fausse paix. Nous ne trahirons pas les rêves de justice de cette Colombie qui clame la paix et la justice sociale, ni la mémoire des milliers de morts, ni les victimes des nombreuses tragédies occasionnées par cette guerre sanglante que l’oligarchie a déclarée au peuple voici plus de 50 ans. 

La Colombie à besoin de trouver les chemins qui conduisent à mettre un terme à cette guerre entre frères, des sentiers de réconciliation qui nous mènent à des accords de paix. Mais cela ne se fera pas à travers d’une fausse paix où une minorité oligarchique continue de s’accaparer toutes les richesses, alors que la plus grande majorité de la nation est écrasée par le poids de la pauvreté, de la terreur militaire, de la misère et de la déchéance morale d’une classe dirigeante corrompue jusqu’à la moelle. La Colombie mérite de trouver le chemin le plus sûr pour parvenir à la reconstruction de la patrie et à la réconciliation des Colombiens. 

Une paix interprétée comme une reddition ou un renoncement est un fantasme de l’oligarchie et ne serait qu’un crime , une trahison envers le peuple et ses désirs historiques d’obtenir, au final, la justice sociale pour tous. 

Des accords de paix oui, mais, le point fondamental est : Avec ou sans changements structurels en ce qui concerne le politique et le social ? 

Plus de démocratie ou plus d’autoritarisme et plus de répression et de  soumission à l’Empire ?

 

Nous vous invitons à réfléchir sur ces paroles sereines, pleines de bon sens et d’actualité, tirées du message que le Commandant Manuel Marulanda Vélez avait adressé aux membres des Forces Militaires : 

« L’avenir de la Colombie ne peut pas être celui d’une guerre sans fin, ni celui de la spoliation des richesses de la patrie, ni l’abandon honteux de notre souveraineté à la voracité des politiques impériales du gouvernement US. Nous sommes aptes à nous asseoir à la table des négociations et à tenter sérieusement de surmonter nos différences, par le biais d’un échange civilisé d’opinions, afin d’évoluer vers la suppression définitive des causes politiques, économiques et sociales qui génèrent le conflit interne, et pour le bien des futures générations de nos compatriotes ». 

Aujourd’hui, nous voulons partager cette manière de voir avec vous et aussi, comme toujours, avec les sergents, les caporaux, les lieutenants, les capitaines et les colonels, et avec tous les hommes d’expérience qui sont en première ligne dans les combats et auxquels il est interdit d’accéder au grade d’officier à cause de leur origine sociale, leur couleur de peau ou de leur race. 

Je vous rappelle, général, que l’implication dans les milices de plusieurs d’entre vous pour défendre les intérêts étrangers et oligarchiques, même s’il dure, n’est qu’éphémère, et que vous serez très bientôt appelés à rendre compte de ces services, et il est certain que le peuple ou la justice internationale vous demandera compte de vos responsabilités en tant que commandant des Forces militaires dans les crimes contre l’humanité commis envers notre peuple, hypocritement nommés « faux positifs » ou, de  votre rôle en tant que chef, au temps de la néfaste « XX Brigade d’intelligence contre intelligence » (B.I.N.C.I), de bien triste mémoire pour les Colombiens, de même que de l’émergence et de l’extension des forces paramilitaires suite à votre passage par le commandement de la Seconde Division de l’armée, aux côtés d’un homme d’aujourd’hui en taule, le général Iván Ramírez. 

Nous avons réitéré nos appels à tous les patriotes et démocrates de Colombie pour discuter de tous ces sujets afin d’empêcher la perpétuation d’une dictature ou d’un gouvernement totalitaire et despotique dans notre patrie. 

Nous, les FARC, invitons aujourd’hui  tous les militaires et membres de la Force Publique à reprendre le chemin de la défense de la patrie souveraine, à travailler pour la formation d’une armée bolivarienne patriotique qui ne retourne pas ses armes contre ses concitoyens, qui soit intégrée dans les luttes populaires, et qui travaille à rétablir la paix et l’échange humanitaire et à poursuivre l’œuvre que le Libertador Simón Bolívar avait laissée inachevée, afin que la Colombie n’ait plus jamais à souffrir l’affront de voir les soldats que vous commandez soumis et dépossédés de leurs armes pour être contrôlés par les représentants de l’armée de la puissance étrangère à laquelle nous sommes assujettis, comme cela s’est produit lors de la dernière visite du président Bush. 

Votre compatriote,

Jorge Suárez Briceño.

Membre du Secrétariat de l’État Major Central des FARC EP. 

Montañas de Colombia, janvier 2010 



Source : http://anncol.eu/noticias-del-mundo/4/briceño-le-responde-a-padilla423?templateId=423

Sur l’auteur

Tlaxcala est le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, l'éditrice et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=10045&lg=fr
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 12:53

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Ce mardi 16 février, notre chambre basse du parlement adoptera la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI 2),[1] après une semaine de débats pas si agités que cela au regard des enjeux essentiels en matière de libertés publiques [2]. À travers cet acronyme remarquable, il faut savoir que la majorité de gouvernement a souhaité rendre un hommage appuyé à la loi de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI 1) votée par la représentation nationale le 20 août 2002 [3], outil législatif qui aurait permis à la délinquance de reculer de manière significative. À l’évidence, propagande bien ordonnée commence par soi-même, serait-on tenté de penser. Nul doute que la France continue d’avoir peur, et c’est bien là le terreau fertile sur lequel peut opérer ce que nous nommerons la Loppsisation des esprits, à l’insu du plein gré de citoyens désormais acclimatés à ce basculement initié depuis maintenant un temps certain.

Les plus jeunes ne se souviennent pas de la loi dite « sécurité-liberté » apparue dans le champ de notre droit positif le 2 février 1981, prenant appui sur un contexte socio-politique délétère particulièrement favorable [4]. Ce texte emblématique contribuera largement à un rétrécissement important des libertés individuelles en étendant considérablement les prérogatives du pouvoir policier ainsi que celles des magistrats du parquet [5]. La période qui suivra permettra à un certain Jean-Marie Le Pen de s’immiscer significativement dans l’espace politique français et de connaître l’ascension que chacun sait - il se murmure qu’un certain président socialiste aurait eu quelque influence dans cette péripétie politique -. La « lepénisation des esprits » commençait ainsi à faire son œuvre, lentement mais sûrement, tel un processus de sédimentation irrésistible déjà inquiétant. Cette période est riche d’enseignements et il convient de la replacer dans une chronologie de lois pénales fort évocatrice [6]. Pourtant, quatorze années durant, la France aura à sa tête un président socialiste qui fera le choix de cohabiter, proposant ainsi une lecture inédite de la cinquième République. Toutefois, en 1983, l’assemblée nationale, encore largement au bénéfice de la gauche, abrogera une grande partie de la scélérate loi « sécurité-liberté » (on remarquera que le mot sécurité précède le mot liberté, ce qui, au plan symbolique apparaît comme puissant révélateur).
A ce titre, Jean-Pierre Dubois, professeur de droit public et Président de la ligue des droits de l’homme, dans un entretien récent publié sur le site du journal Le Monde [7] remet en perspective la notion de libertés publiques [8], confessant ici ses inquiétudes légitimes, n’hésitant pas à affirmer : « on pourrait démontrer qu’une bonne moitié du programme présidentiel de Jean-Marie Le Pen en 2002 est passé au journal officiel ». Dés lors, des esprits au parlement il n’y a parfois qu’un pas puisque notre loi s’est manifestement « lepénisée », ce qui ne manquera pas de mettre en joie notre national histrion extrême en fin de parcours politique.
La législature 2002/2007 ne fera que prolonger ce mouvement désormais porté par un ministre de l’intérieur particulièrement zélé en la matière, agitant peurs et préjugés dans un populisme sans limite, et d’afficher une volonté de punir[9] frénétiquement décomplexée [10]. Il n’y a pas meilleur moyen pour fabriquer du consentement [11] si ce n’est de dénoncer sans cesse violences et insécurité [12], quitte même à orienter les chiffres de la délinquance, cet obscure menaçant fléau qui n’aurait de cesse de progresser affreusement, désignant chaque quidam comme la cible potentielle d’une frange de la population dénoncée comme dangereuse [13]. Pourtant, historiquement, c’est tout le contraire qui est vérité. Tous les chercheurs accordent ici leur pensée et leurs travaux démontrent, s’il en était besoin, que la société occidentale suit un mouvement jamais démenti de pacification pour ce qui est des relations interpersonnelles [14]. Mais qu’à cela le tienne, s’il faut donner un nouveau visage à la dangerosité pour maintenir dans l’angoisse une société craintive, introvertie, et par là même très proche d’une logique paranoïaque, certains de nos plus habiles politiciens disposent de savoir-faire redoutables et éprouvés [15]. Ils savent remplir nos geôles d’une population largement paupérisée en proie aux affres d’un système économique qui s’évertue à fabriquer de l’injustice [16]. Tout un programme politique que voilà, si bien mené qu’il permet à son premier thuriféraire de se hisser à la tête de l’État, promettant sécurité sans mesure ni discernement, siphonnant sans vergogne à cette occasion l’électorat le plus à droite de l’échiquier politique. Maintenant, il s’agit bien de le conserver et, pour y parvenir, rien de plus efficace qu’une nouvelle LOPPSI puisque le citoyen semble toujours prompt à en quémander.
Au diable les libertés individuelles, les sacrifier sur le bûcher de la sécurité est une notion qui a largement pénétré les esprits de nos contemporains ; la liberté ne guide donc plus le peuple. Pas un manifestant [17] frondeur devant le Palais Bourbon, mais juste quelques habitués vigilants et éparpillés [18] qui essayent d’alerter une opinion publique largement préoccupée soit par la survie au quotidien, soit par la conservation de ses privilèges, selon la classe sociale à laquelle on appartient.
C’est ainsi que nous assistons, quasiment impuissants, à la Loppsisation rampante des esprits, façonnés et habitués progressivement à se soumettre à la dictature de la sécurité couplée à un sentiment d’insécurité largement entretenu par un certain environnement médiatico-politique. Peu à peu, c’est le seuil de tolérance au contrôle et aux moyens de coercitions qui est augmenté ,de sorte que les citoyens finissent par y adhérer normalement. C’est ici que réside la puissance et la subtilité de cette mécanique parfaitement insidieuse. Et ce n’est pas une petite révolte contre un fichier policier supplémentaire qui permettra d’affirmer le contraire. Rien n’empêchera le contrôle de plus en plus serré de populations consentantes. Depuis l’invention du système des empreintes digitales, les avancées technologiques permettent désormais des virtuosités encore improbables il y a peu, et ce n’est pas les quelques velléités d’une poignée d’activistes éclairés, si motivés soient-ils, qui pourra inverser ce processus captieux et pervers.
Toutefois, rien n’étant définitif ici-bas, il est permis de toujours de rêver - aucune loi n’est encore venue le prohiber - et d’imaginer un tout autre monde. Mais cela imposerait une rupture épistémologique avec les idéologies dominantes qui mènent et manipulent aujourd’hui une majorité de consciences. Seul l’avenir parlera.

[1] Consulter le texte
[2] Regarder les débats parlementaires
[3] Consulter le texte
[4] Quelques documents audiovisuels de l’époque
[5] Parquet et politique pénale depuis le XIXe siècle en France
[6] Proposition de chronologie
[7] Lire l’entretien
[8] Léon Duguit, Traité de droit constitutionnel (Tome 5) : Les libertés publiques, Bocard 1925 (pour lui rendre hommage).
[9] Denis Salas, La volonté de punir. Essai sur le populisme pénal, Hachette littératures, 2005.
[10] Sous la direction de Laurent Mucchielli, La frénésie sécuritaire. Retour à l’ordre et nouveau contrôle social, La Découverte 2008.
[11] Noam Chomsky, Edward Herman, La fabricaton du consentement. De la propagande médiatique en démocratie, nouvelle édition, Agone 2009.
[12] Laurent Mucchielli, Violences et insécurité. Fantasmes et réalités dans le débat français, La Découverte, 2002.
[13] Ouvrage collectif, Mon délit ? Mon origine. Criminalité et criminalisation de l’immigration, De Bœck Université 2001.
[14] Robert Munchembled, Une histoire de la violence, Le Seuil 2008.
[15] Robert Castel, La discrimination négative. Citoyens ou indigènes ? Seuil 2007.
[16] Loïc Wacquant, Les prisons de la misère, Le Seuil 2004.
Du même auteur, Parias urbains. Ghetto – Banlieues – État, La Découverte 2006.
[17] Le guide du manifestant, Syndicat de la Magistrature.
[18] Lire l’analyse du Syndicat de la Magistrature.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/de-l-inquietante-loppsisation-des-70053
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 12:43
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On peut ne pas être partisan de Chávez ou le considérer comme un despote, voire comme un dictateur. Mais on peut s'étonner dans le même temps du traitement médiatique qu'on lui fait subir, de la désinformation dont il fait systématiquement l'objet dans les médias européens.

Devinette. Qui a dit: «Le tremblement de terre en Haïti est le résultat clair d'un essai de la marine américaine. Un séisme expérimental des Etats-Unis a dévasté le pays»? Réponse: Hugo Chávez, bien sûr. C'est en tous cas ce qu'affirment les médias français et européens.

Dans un blog hébergé par Le Monde, Audrey Fournier assure que «M. Chávez soupçonne Washington d'être directement à l'origine du séisme.» Quant au JDD, le titre du papier est sans équivoque: «Haïti: les divagations de Chávez». Et Nicolas Moscovici de certifier:

Hugo Chávez ne recule devant rien. Pourfendeur de "l'impérialisme américain" aussi notoire qu'obstiné, le chef de l'Etat vénézuélien est allé très loin dans la provocation ces derniers jours en attribuant aux Etats-Unis la responsabilité directe du tremblement de terre qui a ravagé Haïti le 12 janvier dernier. Selon le leader populiste, citant des informations en provenance de la déliquescente "flotte russe du Nord", l'US Navy aurait provoqué le séisme en testant en mer des Caraïbes une arme d'un type tout particulier.

Seulement voilà, Hugo Chávez n'a jamais déclaré que les Etats-Unis avaient provoqué le tremblement de terre.

Comment en est-on arrivé là?

Tout démarre par un article du quotidien conservateur espagnol ABC le 20 janvier dernier. «Chávez accuse les Etats-Unis de provoquer le séisme en Haïti», titre le journal de droite. Pour ABC, le gouvernement du Venezuela est antiaméricain et paranoïaque (je cite ABC: «dans son habituelle paranoïa contre l'impérialisme yankee»). Mais ça, ce n'est pas un scoop. En revanche, le quotidien ne cite jamais directement Chávez, mais parle uniquement d'un article publié sur le site de la chaîne d'Etat Vive qui se fait l'écho d'un rapport préparé par la flotte russe du Nord. On est loin des déclarations tonitruantes d'un président qui aurait des hallucinations. D'ailleurs, l'Agence bolivarienne de presse (l'AFP locale) ne s'est même pas fait l'écho de cette nouvelle.

C'est alors que la chaîne de télévision Russia Today, par le biais de son canal anglophone, entre en scène en reprenant cette «information» pour se moquer du président du Venezuela, comme le prouve le lancement du sujet cité par un article de l'agence de presse indépendante Latinreporters (basée à Madrid et dirigée par le journaliste Christian Galloy, ancien de l'AFP et fin connaisseur du continent).

Le leader vénézuélien Hugo Chavez a une fois de plus accusé les Etats-Unis de se prendre pour Dieu. Mais cette fois, c'est du séisme catastrophique en Haïti qu'il croit responsables les Etats-Unis. Cité par le journal espagnol ABC, Chavez dit que l'US Navy a lancé une arme capable de provoquer un puissant séisme au large d'Haïti. Il ajoute que cette fois c'était seulement un exercice et que l'intention finale est la destruction et le contrôle de l'Iran.

On peut faire dire ce que l'on veut aux images. Et la chaîne russe ne s'en prive pas, puisqu'elle utilise un enregistrement d'Hugo Chávez datant du 30 décembre dernier à Caracas lors de la présentation de son bilan annuel et les fait passer pour une déclaration du 20 janvier sur Haïti. Impossible pour les hispanophones d'entendre les propos de Chávez, doublés en anglais. Cette vidéo a immédiatement fait le tour du Net.

Ah, juste un détail, les Etats-Unis travaillent bien au développement d'une arme sismique et ne s'en cachent pas puisque le programme Haarp, c'est son nom, dispose même d'un site Internet.

Caricaturé, diabolisé, le président vénézuélien l'est tous les jours. Dans l'article du JDD, par exemple, il est systématiquement affublé de qualificatifs -«sulfureux» et «maître de Caracas» étant nos préférés.

Il faut avouer que Chávez est l'auteur de quelques diatribes surprenantes. A l'ONU, par exemple, en septembre 2006, lors d'un discours devant l'Assemblée générale, il arrive avec un exemplaire d'un livre de Noam Chomsky (Hégémonie ou Survie) et affirme sans sourciller:

Hier le Diable est venu ici, dans ce même endroit. Ça sent encore le soufre sur ce pupitre où je parle maintenant. Hier mesdames, messieurs, depuis cette même tribune, Monsieur le président des Etats Unis, que j'appelle Le Diable, est venu ici en parlant comme le maître du monde.

Rien que ça. On peut ne pas être partisan de Chávez ou le considérer comme un despote, voire comme un dictateur. Mais on peut s'étonner dans le même temps du traitement médiatique qu'on lui fait subir, de la désinformation dont il fait systématiquement l'objet dans les médias européens.

Car le système Chávez existe, qu'on le veuille ou non, et il serait bon de s'y intéresser sereinement. Ce que la révolution bolivarienne a de bon, ce qui ne marche pas. Il est difficile d'avoir des chiffres fiables et non manipulés, mais, d'après l'Unesco, la politique de lutte contre la faim menée par le pays est un exemple à suivre, la pauvreté semble diminuer, une politique de redistribution des terres est mise en place, tout comme l'alphabétisation de la population. Le système de microcrédits à destination des plus défavorisés a reçu les honneurs du Haut Commissariat des Nations Unies. Tout n'est pas parfait, la corruption atteint des niveaux records, les dividendes du pétrole continuent d'être mal redistribués, la liberté de la presse est bafouée (même si l'attitude des médias privés laisse à désirer). Hugo Chávez a remporté l'élection présidentielle de manière assez nette, sans que les accusations de fraudes n'aient pu être prouvées. Idem pour d'autres scrutins surveillés de près par des observateurs internationaux.

Ne soyons pas dupes, Chávez est sans doute populiste, despote et/ou autocrate. De là à le montrer du doigt, le stigmatiser à chaque fois qu'il ouvre la bouche et même quand il ne l'ouvre pas, il y a un pas que de nombreux médias franchissent allègrement. C'est dommage. La compréhension de la situation vénézuélienne, très complexe, n'a pas besoin de ça.

Marc Fernandez

 

http://www.slate.fr/story/17487/chavez-responsable-mais-pas-toujours-coupable

Image de une: Hugo Chavez, le 12 février 2010 à Caracas. REUTERS/Jorge Silva

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 12:41

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Plus que trois jours avant l’audience très attendue de Tony Blair à la commission d’enquête sur l’Irak. Le célèbre journaliste et militant de gauche, George Monbiot, un genre de Noam Chomsky moins intellectuel, en profite pour offrir une rançon à toute personne qui procède à son “arrestation citoyenne” pour le massacre perpétré en Irak.

Ce n’est pas une blague. Monbiot a mis en ligne un site internet où il recueille des dons pour la rançon et où il explique les précautions légales qu’un citoyen doit prendre pour arrêter Blair. Tout d’abord, la loi britannique stipule que tout citoyen peut arrêter un suspect s’il a des raisons de croire qu’il a commis un acte criminel (même chose au Canada). Le crime de Blair, écrit Monbiot, est d’avoir attaqué l’Irak sans avoir épuisé les recours diplomatiques et sans avoir attendu une seconde résolution de l’ONU. Dans ce dernier cas, la loi internationale spécifie que l’aval de l’ONU n’est pas nécessaire si le pays, dans ce cas-ci la Grande-Bretagne, est attaqué.

Il a du culot ce Monbiot. Il a lui-même déjà tenté une arrestation citoyenne envers John Bolton, l’ancien ambassadeur américain, hyper arrogant, à l’ONU. Il a été éconduit par deux “gorilles” avant même d’arriver à quelques mètres de l’Américain.

Vous croyez que personne ne se portera volontaire pour arrêter Blair? Rien n’est moins sûr. Même sept ans plus tard, les Britanniques ne lui ont pas pardonné d’avoir attaqué l’Irak contre leur gré. Souvenez-vous, ils étaient plus d’un million à manifester dans les rues, du jamais vu.

Et la rançon? En 24 heures, Monbiot a déjà amassé 6000 livres sterling.

http://blogues.cyberpresse.ca/paquin/2010/01/26/m-blair-vous-etes-en-etat-darrestation/
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 12:33

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Georges Frêche a bien sûr trouvé de zélés avocats dans les (fournis) maquis de la Résistance au bien-pensisme, après avoir déclaré que Laurent Fabius avait « une tête pas très catholique ».

Ivan Rioufol, du Figaro et de l’ASAPU [1], s’est par exemple fait un long et goûteux bain de bouche de « la popularité que semble récolter Georges Frêche depuis qu’il a été accusé par le clergé de l’antiracisme d’avoir tenu un propos antisémite contre Laurent Fabius ».

(Personnellement : j’ai de l’admiration, pour cet Ivan qui a le courage un peu fou de fustiger dans Le Figaro, sous le règne d’Éric Besson, le clergé de l’antiracisme.

De même que j’ai de l’admiration (rétrospective) pour qui eut naguère la témérité de fustiger, dans la feue Правда, et sous le règne du grand Сталин, le clergé de l’anticommunisme.

Le mec a des yeuks dont le volume égale au moins celui de celles des toros du marquis d’Albaserrada.)

Jean-François Kahn (connu dans l’ASAPU sous le nom de guerre de JFK) est du même avis que Rioufol, et voudrait, lui aussi, qu’on cesse de faire des procès d’intention à Georges Frêche, bordel, ça commence à bien faire, la tyrannie de la bien-pensance.

Ainsi, quand Georges Frêche observe qu’« il y a neuf Blacks sur onze » joueurs dans l’équipe de France de football, alors que « la normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre » (là, oui, d’accord, « ce serait le reflet de la société », mâme Dupont) - précisant que « s’il y en a autant », de ces nègres, « c’est parce que les Blancs sont nuls » au foot ?

C’est pas (du tout) raciste, assure JFK - ou alors si, mais, à bien y réfléchir, c’est du racisme anti-Whites, puisque, mâme Dupont, Georges Frêche nous dit là que les Blancs sont nuls, au foot.

Dans la vraie vie, manifestement : Georges Frêche a de la difficulté à envisager que les Noirs puissent être, en certains endroits sociaux, plus de trois ou quatre sur onze.

De son point de vue : c’est pas normal.

(Un Reunoi, je dis pas.

Deux, ou trois, ou même quatre ?

Passe encore.

Mais cinq Noirs ?

Dans un même groupe de onze individus ?

C’est anormalement trop.

En vérité, je vous le dis : trop de Noirs tuent la normalité.)

Georges Frêche, d’autre part, ne s’émeut jamais, quand les Noirs sont, en certains autres endroits, moins de trois (ou quatre) sur onze - et quand par conséquent la normali-de-mes-deux-té qu’il prétend défendre est quelque peu malmenée, voire franchement fucked up, mais au détriment des Keublas.

Georges Frêche, pour autant qu’on le sache, ne s’est jamais lancé dans une déclamation du style, merde alors, il y a trop de Blancs au Parlement, la normalité serait qu’il y ait quand même des Blackos, dans ces blanches travées nationales.

Quand les sentinelles de la normalité statistique (je pense notamment au fameux commentateur sportif Alain Finkielkraut) font dans le comptage, t’auras noté ?

Ça tombe toujours sur les Noirs.

Jamais sur les Blancs.

Et à mon avis, ça veut confusément dire quelque chose - mais ce minuscule détail, et quelques autres, échappent complètement à JFK.

Le gars n’en démord pas : « Si » la « phrase » de Georges Frêche « sur les footballeurs noirs majoritaires dans les équipes est raciste, alors elle était anti-blancs puisqu’en vérité il déplorait que ceux-ci fussent footballistiquement si médiocres ».

(De même Raymond : si tu excrètes publiquement que les Noirs sont quand même terriblement nombreux sur les trottoirs des boulevards de Ménilmontant et de Belleville ?

C’est pas (du tout) que t’es raciste, mon Raymond.

Only stupid bastards soutiendraient que tu l’es quand même peut-être un peu.

C’est juste que tu déplores, et comme tu as raison, Raymond, que les Blancs soient très nuls, dans l’occupation des sols.

Oublie pas de bien le préciser, la prochaine fois que tu compteras des Noirs : on pourrait, sans quoi, se méprendre.)

Il est vrai : JFK est d’une constance qui force l’admiration, dans sa déploration des ravages que fait dans nos âmes l’immonde pensée unique.

De sorte que si des bien-pensistes, mais que ces gens sont chiants, s’étonnent qu’on fasse tenir le rôle d’Alexandre Dumas père, « qui avait du sang noir dans les veines, comme on dit », par Gérard Depardieu, qui a plutôt les globules blancs ?

JFK s’emporte : c’est une réaction idiote, car « quand une femme noire américaine joua Carmen dans l’opéra de Bizet, la cause de la ségrégation raciale recula - et cela joue dans les deux sens ».

Depardieu, jouant Dumas, fait donc reculer, ne l’a-t-on pas trop tu, la pénible cause de la ségrégation des Blancs, qui en ont un peu marre, et comme on les comprend, d’être esclavagisés.

 

Quel dommage, hein, que Blondin Eastwood n’ait pas confié à Brice Hortefeux le rôle de Mandela.

Naturellement - et suivant la même logique : Georges Frêche n’est pas (du tout) antisémite, nonobstant qu’il juge que Laurent Fabius a « une tête pas très catholique ».

Allons, allons, qu’allez-vous imaginer là.

En guise de preuve, JFK produit cet argument décisif : « Compte tenu de ses positions systématiquement pro-israéliennes, pro-sionistes, jusqu’à l’excès – la communauté juive locale votant massivement pour lui, contrairement à la communauté musulmane qui a contribué à son échec à la députation -, il est difficile, et même dérisoire, d’utiliser sa lourde saillie anti-Fabius afin de le faire passer pour un antisémite ».

François Rebsamen, qui serait me dit-on quelque chose rue de Solférino (où le Parti « socialiste » a le siège), est du même avis que JFK : « Georges Frêche est tout sauf un antisémite », jure-t-il, et d’ailleurs, « certains lui reprochent » même« ses prises de position pro-Israël et sionistes », alors, hein, faut quand même pas déconner.

Surprise : Georges Frêche, quant à lui, est complètement d’accord avec JFK et François Rebsamen.

Je suis pas antisémite, voyons, assure-t-il (dans un livre dont Marianne publie ce matin (et fort gentiment) les bonnes feuilles), « c’est impossible, voyons », mâme Dupont : « Je suis un des rares au PS à défendre Israël », et d’ailleurs, « les gens connaissent mon attachement à l’État d’Israël ».

Mâme Dupont.

(Si tu veux faire une pose dans ta lecture, c’est maintenant, parce que, j’aime autant que tu le saches : on n’est pas du tout au bout de ce billet.)

Si tu veux bien, laissons temporairement de côté Georges Frêche, que nous retrouverons bientôt, et penchons-nous sur le cas de l’écrivain Renaud Camus.

Le gars, tu sais, qui a dressé naguère, dans un bouquin paru en 1997, sa « petite liste de juifs » que « vraiment » il n’aimait « pas ».

(Je sais pas ton avis, là-dessus, mais pour ce qui me concerne, je dirais que c’est pas tout le monde, qui répertorie des Juifs.

Genre, tiens, et si je comptais combien ils sont, que j’aime pas ?

De mon point de vue : ça témoigne quand même d’une tournure d’esprit assez particulière.)

Trois ans plus tard, dans un autre bouquin paru (donc) en 2000, grosse récidive : le gars juge que les Juifs sont quand même trop nombreux, à certaines heures, à l’antenne de France Culture.

Il trouve ça pénible, tous ces Juifs.

Renaud Camus est avec les Juifs de France Culture exactement comme Georges Frêche est avec les Noirs de l’équipe de France de football (ou comme Brice Hortefeux est avec les Arabo-musulmans) : il trouve que tant qu’il y en a quelques-uns, tout va bien, mais que point trop n’en faut, tout de même - sinon ça devient anormal.

Renaud Camus écrit alors que « les collaborateurs juifs du « Panorama » de France Culture exagèrent un peu tout de même : d’une part ils sont à peu près quatre sur cinq à chaque émission, ou quatre sur six ou cinq sur sept, ce qui, sur un poste national ou presque officiel, constitue une nette surreprésentation d’un groupe ethnique ou religieux donné ; d’autre part, ils font en sorte qu’une émission par semaine au moins soit consacrée à la culture juive, à la religion juive, à des écrivains juifs, à l’État d’Israël et à sa politique, à la vie des juifs en France et de par le monde, aujourd’hui ou à travers les siècles » [2].

Ça pue, hein ?

Mais si j’ouvre maintenant la dernière livraison de la (burlesque) revue Médias, je tombe, aux pages 12 à 19, sur un looooong (et d’un fooooort taux de complaisance) entretien avec Renaud Camus, qui est ainsi présenté : « Il est à l’évidence l’inverse même d’un antisémite ».

Le gars trouve qu’il y a trop de Juifs, certains midis, sur « un poste national » (nul(le) ne sait, d’ailleurs, à quoi il reconnaît un collaborateur juif de France Culture), mais, bien évidemment : il n’est pas du tout antisémite.

Sur quoi se fonde cette affirmation de la revue Médias ?

Cette affirmation de la revue Médias se fonde sur cette affirmation de la revue Médias.

Renaud Camus n’est pas (du tout) antisémite, mâme Dupont : cela se vérifie à ce qu’il n’est pas (du tout) antisémite.

(J’aime, quand l’investigation monte vers de si hauts niveaux de moustachisme.)

Lui-même, d’ailleurs, est d’un avis assez voisin : le « parti de l’In-nocence », qu’il a « créé en 2002 », est, glisse-t-il, « plutôt judéophile et nettement pro-israélien ».

(Que de grâce, dans ces quelques mots...)

Et en réalité : il suffit de lire, d’affilée, trois ou quatre communiqués du parti en question, que ronge une obsession maladive de la « contre-colonisation » de l’Occident par des hordes mahométanes, pour bien assimiler que nous avons là un mec dont les phobies sont les mêmes que celles du Pen - alias « l’homme politique français des trente dernières années qui, globalement, a eu le plus souvent raison ».

(La revue Médias, pudiquement, résume ça comme ça : « Vous ne faites guère assaut de prudence, si l’on en juge ce que vous écrivez sur les Arabes, l’immigration, l’islam » - et prend le gentil soin de ne pas (du tout) livrer à son lectorat le moindre échantillon de la prose camusique.)

Mais en effet : le parti de l’In-nocence publie aussi, en sus de ces prêches, de vigoureux messages de soutien aux forces israéliennes, quand elles font du hachis d’Arabes - c’est toujours ça, n’est-ce pas, qui viendra plus nous contre-coloniser.

Si je résume, nous avons là, d’une part, un Georges Frêche qui trouve que Laurent Fabius a « une tête pas très catholique », mais dont les avocats médiatiques nous assurent qu’il n’est pas (du tout) antisémite, voyons, puisqu’il défend des positions « pro-israéliennes » et « sionistes ».

Puis nous avons un Renaud Camus qui trouve qu’il y a certaines fois trop de Juifs, à l’antenne d’un « poste national », mais dont les avocats médiatiques nous jurent qu’il est tout sauf antisémite, et tiens, d’ailleurs, il a fondé un parti « nettement pro-israélien ».

Puis enfin, nous avons, dans l’air du temps, depuis maintenant pas mal d’années, le fameux théorème de Philippe Val (et de Frédéric Lefebvre, et de bien d’autres hauts penseurs), qui édicte formellement que si tu t’émeus du sort des Palestinien(ne)s, ben t’es « antisioniste », forcément - et que si t’es antisioniste, ben c’est que t’es aussi antisémite, non moins forcément, vu que : « L’antisionisme est bel et bien le faux nez de l’antisémitisme » [3].

Et on savait la fonction d’intimidation d’un tel sophisme, mais plus nouveau est qu’il serve maintenant de justification aux Frêche & Camus de l’époque, et que, s’inversant, il autorise désormais à considérer que si t’es « pro-israélien », t’es forcément pas antisémite : c’est, pour les racistes, une excellente nouvelle.

Notes

[1] Armée secrète against pensée unique

[2] Tu veux une bassine, ou tu as ce qu’il faut ?

[3] Philippe Val, Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous, Grasset, 2008.

http://www.politis.fr/Georges-Freche-N-Est-Pas-Du-Tout,9635.html
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 12:23

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vendredi 19 février 2010, par Primitivi

Des organisations paysannes continuent le processus de récupération des terres usurpées par les producteurs de palmier à huile. Interview de Yony Rivas et Rudy Hernández, membres du MUCA.

Au conflit dans la propriété de Palo Alto en Colombie, s’ajoute maintenant une autre situation de violence impliquant des plantations de palmier à huile. Depuis le Honduras, on nous informe que plus de 20 000 hectares semés de palmiers africains dans la région du Bas Aguán, dans la région atlantique-nord du Honduras, sont la scène d’un des nombreux conflits agraires qui affligent le pays. L’ex-président constitutionnel Manuel Zelaya Rosales avait essayé de trouver une solution en appuyant le décret législatif 18-2008 sur la mora agraire[NDT : ??] , et à travers des négociations divisées en trois entre les organisations paysannes, les entrepreneurs et l’Institut National Agraire (INA).

Le coup d’État a paralysé et il a fait reculer les avances obtenues durant les dernières années. Le Mouvement Unifié Campesino de l’Aguán (MUCA), affilié à la Centrale Nationale de Travailleurs Ruraux (CNTC), a repris la lutte pour la récupération des terres usurpées par les entrepreneurs putschistes.

Avec l’appui solidaire de la Résistance, les membres du MUCA ont commencé la récupération de ces 20 000 hectares et elles ont été des victimes de trois évacuations violentes par l’armée et la police, qui se sont soldées par plusieurs blessés.

Malgré la répression systématique, le MUCA continue fermement à défendre ses droits sur les terres en conflit, dénonçant en même temps les violations continues aux droits du travail des travailleurs des plantations de palmier à huile, et la situation de pauvreté extrême dans laquelle vit la population de la zone. Population à laquelle les entrepreneurs Miguel Facussé, René Morales et Reynaldo Canales ont vanté le fait que cette monoculture allait résoudre tous ses problèmes.

Sirel s’est entretenu sur cette situation avec Yony Rivas et Rudy Hernández, membres du MUCA.

Il y a quelques jours il y a eu une autre évacuation violente. Comment est-elle arrivé ?

YR : Devant la paralysie des négociations à la suite du coup d’État, le 9 décembre passé nous décidons de reprendre la lutte pour récupérer les terres qui nous appartiennent dans les marges une droite et une gauche de la rivière Aguán. Nous avons été violemment délogés le 8 janvier, tandis que 14 du même mois décidons d’abandonner le lieu avant l’arrivée de la Police pour éviter un bain de sang.

Cependant, nous continuons à projeter de nouvelles actions et le 27 janvier, profitant que toute l’attention était focalisée sur l’investiture du président Porfirio Lobo Sosa, nous avons recommencé à reprendre la terre.

Quelques heures après la police est arrivée et nous a sauvagement réprimés. Quatre compagnons ont été blessés par balle et l’un d’eux, Marco Antonio Estrada, touché à la tête, est dans un état très grave.

Nous vivons sous un régime qui répond aux intérêts de l’oligarchie. Nous avons tous les documents qui légalement nous donnent des droits sur cette terre usurpée par les entrepreneurs Miguel Facussé, René Morales et Reynaldo Canales. Un total de 20 000 hectares, actuellement planté de palmiers à huile en quasi totalité.

Dans quelles conditions vit la population dans ces zones ?

RH : Il y a beaucoup de chômage, la pauvreté chronique et la famine sévit, ces urgences nous obligent à lutter pour récupérer nos terres et aussi pour mettre en application des projets de production alimentaire. Quand ces terres étaient aux paysans, plus de 60% servait à produire des céréale classiques, tandis qu’une partie était semée de palmiers à huile pour gagner de l’argent avec et pour satisfaire d’autres nécessités. Maintenant, la production de céréales a quasiment disparu.

Sur l’acte de donation au Honduras d’une usine pour raffiner de l’huile de palmier, le président colombien, Álvaro Uribe, a parlé de la possibilité que les petits producteurs s’associent avec les grands entrepreneurs pour qu’ils les aident avec les semences, le payement et la formation. Est-ce quelque-chose de réel au Honduras ?

RH : C’est une chose impossible. Il y a années, les coopératives de cette zone étaient réunies dans la Coapalma, une entreprise paysanne qui à ce moment là était l’unique unité de production d’huile de palme.

Quand la terre de 28 coopératives est passé aux mains des grands entrepreneurs ils ont construit leurs usines, et dans leur volonté d’accaparer tout le marché ils ont fait monter les prix pour que les petits producteurs arrêtent de vendre leur production à la Coapalma. L’entreprise paysanne a été à deux doigts de faire faillite.

Dans toute la zone les liquidités ont radicalement diminué, les gens ont commencé à travailler comme journaliers dans les plantations et nous n’avons jamais vu la croissance qu’ils avaient promise. C’est plutôt le chômage et le sous-emploi qui ont augmenté, la faim et le désespoir, parce que maintenant l’argent que touchent les travailleurs ne leur permet pas d’acheter assez de nourriture.

Ce type de production génère de la richesse uniquement pour les grands entrepreneurs, et c’est mensonge de dire qu’ils vont faire alliance avec les pauvres, parce que leur objectif est de tout accaparer.

C’est pourquoi nous devons récupérer nos terres, et bien que dans le passé la peur de la répression ait paralysé beaucoup de gens, maintenant le peuple s’est éveillé et nous savons que nous devons recommencer à avoir le contrôle sur les moyens de production.

Quand nous regardons la terre, nous ne regardons pas le palmier, mais la terre elle-même, pour la travailler avec nos familles et ainsi recommencer à reprendre confiance. Il est nécessaire qu’à côté du palmier se développent des projets qui nous sortiront de la crise alimentaire. C’est pourquoi nous n’allons pas arrêter notre lutte.

Comment sont les conditions de travail dans les plantations de palmier ?

YR : Il y a une situation de grande exploitation. Presque tous les travailleurs sont des journaliers qui ne jouissent d’aucun droit, ni des prestations sociales. Ils gagnent en moyenne 5.5 dollars par jour et leur salaire est en dessous du salaire minimum national que le président Manuel Zelaya avait augmenté par décret.

Ils travaillent de 5 heures du matin à une heure de l’après-midi en accomplissant des travaux très lourds et sans aucune garantie de pouvoir conserver leur travail.

Dans mon cas, j’ai une soeur qui a travaillé trois ans à l’usine d’extraction, propriété de l’entrepreneur Miguel Facussé. Quand ils se sont aperçus qu’elle était sympathisante des mouvements de récupération de terre, ils l’ont jetée sans lui payer ce qu’ils lui devaient.

Dernièrement on a vu tellement de cas pour lesquels, afin d’éviter de payer ce qui est dû et les cotisations sociales, les entrepreneurs engagent un permanent pour qu’il paie les autres travailleurs qui, de cette manière, se retrouvent sans aucun type de protection. Comme cela se fait en Colombie.

Quelles actions comptez-vous faire prochainement ?

YR : Nous sommes prêts à reprendre la négociation qui s’est arrêtée à la suite du coup d’État. Cependant, s’il n’y a pas la volonté de la reprendre du côté gouvernement, nous sommes disposés à continuer la lutte pour la récupération de nos terres.


Source : Rel Uita Palma ensangrentada
Traduction : Primitivi
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 12:19
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Si l’effacement de sa dette est une bonne nouvelle pour Haïti, cela n’est rien au regard de ce que l’Occident doit à l’île. Dans ce texte inédit en français, publié le 11 février dans The Nation, la journaliste Naomi Klein revient sur les quatre raisons qui font d’Haïti notre créditeur : l’esclavage, l’occupation US, la dictature et le changement climatique. Un texte limpide, dont voici la traduction.

« Haïti : un pays créditeur, pas débiteur » - un texte de Naomi Klein

samedi 20 février 2010, par Benjamin

Retour sur polémique. Le 13 janvier, Naomi Klein publie un très court billet intitulé « Alerte sur le capitalisme du désastre en Haïti : les arrêter avant qu’ils n’imposent le choc encore une fois » (disponible ici). La journaliste canadienne, auteur de No Logo et de la Stratégie du Choc, y vilipende un petit texte publié quelques heures après le tremblement de terre sur le site de l’Heritage Fondation, « un "think-tank" de l’élite de la classe dominante américaine qui formule les politiques et les idéologies mises en application par les gouvernements US  ». Et pointe une phrase en particulier :

Au milieu de la souffrance, la crise en Haïti offre des opportunités aux États-Unis. En sus de fournir une aide humanitaire immédiate, la réponse des États-Unis face au tragique tremblement de terre donne l’occasion, outre la possibilité d’améliorer l’image des États-Unis dans cette région, de restructurer le gouvernement et l’économie d’Haïti qui sont en dysfonctionnement depuis un certain temps.

La phrase est retirée du site peu de temps après, mais le mal est fait, la stratégie mise à nu : certains souhaitent profiter du désastre pour imposer des réformes néo-libérales. Comme ce même think-tank l’avait fait dans le cas de l’ouragan Katrina, publiant 32 propositions néo-libérales quelques jours seulement après le passage de l’ouragan.

Les États-Unis ne sont, à l’évidence, pas présents à Haïti par altruisme [1], mais pour un ensemble de raisons purement pragmatiques, la reconstruction d’un pays recelant de très "belles" possibilités d’ingérence. Comme Naomi Klein l’a limpidement démontré dans La Stratégie du choc (dont Article11 parlait ici), une catastrophe, qu’elle soit politique ou d’origine naturelle, est toujours une occasion en or de prospérer pour ce néolibéralisme vampire qui gouverne le monde.

 

Si « la stratégie du choc » est de nouveau d’actualité, c’est aussi qu’Haïti, outre les terribles destructions subies en matière d’infrastructures, ploie sous le fardeau d’une dette gigantesque, qui ne demande qu’à s’alourdir. Et Naomi Klein de réagir sur le plateau de l’émission Democracy Now (intervention traduite ici par l’indispensable site Primitivi) :

 Mais le point important est que nous devons nous assurer que l’aide qui va en Haïti est un don, pas un prêt. C’est absolument crucial. C’est un pays qui est déjà lourdement endetté. C’est un désastre qui […] d’un côté est naturel, le tremblement de terre, et d’un autre côté créé, accentué par la pauvreté dans laquelle nos gouvernements ont aidé Haïti à plonger. […] Mais il doit être absolument clair que cette tragédie, qui est en partie naturelle, en partie non-naturelle, ne doit - sous aucune circonstance - être utilisé, un, pour endetter Haïti et deux, pour pousser à travers des politiques corporatistes impopulaires les intérêts de nos compagnies. Et ceci n’est pas une théorie de la conspiration. 

C’est justement sur ce point crucial, celui de la dette d’Haïti [2], que la journaliste est revenue récemment dans un article publié le 11 février dernier, dans The Nation, et intitulé Haïti : un pays créditeur, pas débiteur, article traduit (ci-dessous) par nos soins.


"Haïti : un pays créditeur, pas débiteur". Texte de Naomi Klein publié le 11 février 2010 dans The Nation

À en croire les ministres des finances du G7, Haïti est en bonne voie d’obtenir quelque chose que l’île méritait depuis très longtemps : l’ « oubli » total de sa dette extérieure. A Port-au-Prince, l’économiste haïtien Camille Chalmers a observé ces développements avec un optimisme prudent. L’annulation de la dette est un bon début, a-t-il déclaré à Al Jazeera Angleterre, mais « il est temps d’aller bien plus loin. Nous devons dorénavant discuter de réparations et de dédommagements pour les conséquences dévastatrices de la dette. » Dans cette optique, toute idée d’Haïti comme débiteur doit être abandonnée. Selon lui, Haïti est créditeur - et c’est nous, en Occident, qui sommes profondément endettés à son égard.

Notre dette envers Haïti a quatre raisons principales : l’esclavage, l’occupation américaine, la dictature et le changement climatique. Ces affirmation ne sont ni fantaisistes, ni le moins du monde rhétoriques. Elles reposent sur de multiples violations de normes et accords juridiques. Voilà quelques - trop brefs - éclaircissements concernant Haïti.

La dette esclavagiste. Lorsque les Haïtiens ont conquis leur indépendance contre la France en 1804, ils auraient pu en toute bonne foi réclamer des dédommagements de la part de puissances qui avaient profité durant trois siècles d’un travail volé. Mais la France était convaincue de l’inverse, persuadée que les Haïtiens avaient spolié la propriété des esclavagistes en refusant de travailler gratuitement. C’est ainsi qu’en 1825, avec une flottille de vaisseaux de guerre mouillée au large des côtes haïtiennes et menaçant de réduire à nouveau en esclavage l’ancienne colonie, le Roi Charles X vint chercher ce qu’il considérait comme son dû : 90 millions de francs-or – dix fois le revenu annuel d’Haïti à l’époque. N’ayant aucun moyen de contester ni de payer, la jeune nation fut enchaînée à une dette qu’elle mit 122 ans à rembourser.

En 2003, le Président haïtien Jean-Bertrand Aristide, qui faisait face à un embargo économique écrasant, annonça qu’Haïti lancerait un procès contre le gouvernement français concernant cette vieille spoliation. « Notre argumentation  », m’a dit l’ancien avocat d’Aristide, Ira Kurzban, « était basée sur le fait que le contrat n’était pas valable, parce que signé sous la menace de nous réduire à nouveau en esclavage à une époque où la communauté internationale considérait l’esclavage comme un mal ». Le gouvernement français se sentit suffisamment concerné pour envoyer un médiateur à Port-au-Prince, afin d’éviter au contentieux de finir devant les tribunaux. Le problème fut finalement réglé : durant les préparatifs du procès, Aristide fut éjecté du pouvoir. Le procès fut annulé, mais beaucoup d’Haïtiens continuent à réclamer des réparations.

La dette dictatoriale. De 1957 à 1986, Haïti a été gouvernée par le régime arrogant et kleptocratique de Duvalier. À la différence de celui de la dette Française, le procès contre les Duvalier s’est déroulé devant plusieurs tribunaux, qui retrouvèrent la trace des fonds haïtiens dans un inextricable réseau de comptes bancaires suisses et de fastueuses propriétés. En 1988, Kurzban gagna un procès mémorable contre Jean-Claude « Bébé doc » Duvalier lorsqu’un tribunal de Miami considéra que le dirigeant défait avait « détourné plus de 504 millions de dollars d’argent public  ».

Les Haïtiens, évidemment, attendent toujours leur remboursement - mais ce n’était que le début de leurs pertes. Durant plus de deux décades, les créditeurs du pays insistèrent pour que les Haïtiens honorent l’énorme dette contractée par les Duvalier, estimée à 844 millions de dollars et dont une bonne partie était due à des institutions internationales comme le FMI et la Banque mondiale. Pour le seul service de la dette, les Haïtiens ont payé 10 millions de dollars chaque année.

Était-ce légal de la part des bailleurs de fonds étrangers de se faire rembourser la dette des Duvalier alors qu’une immense partie de cette dernière ne fut jamais dépensée à Haïti ? Il est fort probable que non. Comme Cephas Lumina, l’expert indépendant des Nations-Unies sur la dette extérieure, me l’a expliqué, «  le cas d’Haïti est l’un des exemples les plus frappants de dette odieuse dans le monde. Rien que pour cette raison, la dette devrait être annulée sans conditions. »

Mais quand bien même Haïti verrait sa dette totalement annulée (ce qui reste très hypothétique), cela ne change rien à son droit d’obtenir des compensations pour les dettes illégales déjà remboursées.

La dette climatique. Défendue par plusieurs pays en développement au sommet sur le climat de Copenhague, la question de la dette climatique est simple. Les pays riches qui ont si spectaculairement échoué à faire face à la crise qu’ils ont causée sont débiteurs envers les pays en développement. Ces derniers sont peu responsables de la crise, mais font disproportionnellement face à ses effets. Pour faire court : le pollueur paye. Haïti y a particulièrement droit. Sa contribution au changement climatique a été négligeable ; les émissions de CO2 par tête d’Haïti représentent seulement 1% de celles des États-Unis. Cependant Haïti fait partie des pays les plus durement touchés - une étude (carte visible ici) a montré que seule la Somalie est plus vulnérable face au changement climatique.

La vulnérabilité d’Haïti au changement climatique n’est pas seulement - ou même principalement - une question de géographie. Oui, l’île fait face à des tempêtes incroyablement dévastatrices. Mais c’est la faiblesse des infrastructures d’Haïti qui change les difficultés en désastres, et les désastres en catastrophes à part entière. Le tremblement de terre, bien qu’il ne soit pas lié au changement climatique, en est un exemple typique. Et c’est là que tous ces remboursements de dettes illégales risquent de représenter un coût encore plus dévastateur. Chaque paiement à un débiteur étranger est de l’argent qui n’a pas été dépensé dans une route, une école ou une ligne électrique. Et cette même dette illégitime donnait le pouvoir au FMI et à la Banque mondiale d’associer d’onéreuses conditions à chaque nouveau prêt, nécessitant la dérégulation de l’économie Haïtienne et des sabrages toujours plus importants dans son secteur public. L’impossibilité de s’exécuter a été renforcée par un embargo sur l’aide humanitaire de 2001 à 2004, sonnant le glas de la sphère publique haïtienne.

IL faut dès à présent faire face à cette question, parce qu’elle menace de se répéter. Les créditeurs d’Haïti utilisent déjà le besoin désespéré d’aide lié au tremblement de terre pour tenter d’obtenir un quintuplage du secteur de la confection vestimentaire, dont les emplois sont parmi les plus exploités du pays. Les Haïtiens n’ont aucun poids dans ces pourparlers, parce qu’ils sont considérés comme de passifs bénéficiaires de l’aide et non comme de dignes participants à part entière d’un processus de redressement et de restitution.

La reconnaissance des dettes du monde envers Haïti changerait radicalement cette dynamique. Il n’y a qu’une seule manière de réparer les dommages : commencer par reconnaitre le droit des Haïtiens à des dédommagements.

Notes

[1] Si le régime de Jean-Pierre « Bébé Doc » Duvalier s’est perpétré longtemps si près des côtes Américaines, c’est aussi que les Américains n’y étaient pas totalement opposés.

[2] Il semblerait que le FMI vient d’accepter de donner - et non prêter - les 100 millions de dollars promis à Haïti (Cf, cet article de la même Naomi Klein dans le Huffington Post) sans assortir les « prêts d’urgence » de conditions dégradant un peu plus le secteur public haïtien (sa pratique habituelle), mais a aussi promis d’effacer l’ensemble des créances qu’il détenait jusqu’ici à l’égard d’Haïti (165 millions de dollars), et que d’autres pays se rallient progressivement à cette idée. Un pas intéressant, mais qui reste loin de l’annulation totale de la dette.

http://www.article11.info/spip/spip.php?article709
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 23:33
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 23:32
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 23:28
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