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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 19:59

Exclue-3-jours-pour-avoir-soutenu-la-Palestine-libre_large.jpg

ne élève de 16 ans de Villefranche-sur-Saône va être temporairement exclue de son collège pour avoir arboré un tee-shirt portant l’inscription « Palestine libre ». Un collectif se mobilise contre cette décision.

Faut-il interdire les inscriptions « Tibet libre » ou les effigies de Che Guevara à l’école ? Elève du collège Claude-Bernard à Villefranche-sur-Saône, Zeyneb ne s’attendait sans doute pas à être renvoyée à cause d’un tee-shirt qu’elle porte depuis deux ans et qui comporte la mention « Palestine Libre ».

« C’est un message de paix »

Tout commence le 28 janvier par un cours d’histoire-géo sur la Russie. L’enseignant fait une digression sur Israël dont il soutient l’extension. « Choquée, même révoltée » par ce parti pris, cette élève de 16 ans lève la main pour prendre la parole. Le prof la lui refuse. Zeyneb est militante de la cause palestinienne : il lui arrive d’accompagner sa mère Amel à des réunions du collectif caladois pour le peuple palestinien.

Frustrée, la jeune fille se présente le lendemain en cours avec ce tee-shirt. Une façon habile d’exprimer un point de vue qui ne semble pas audible en salle de classe. « C’est un message de paix », soulignent mère et fille. Mais le prof, réputé caractériel, en fait une toute lecture, enrage et lui ordonne de cacher ce vêtement.

La collégienne fond en larmes, quitte la pièce et le collège pour rejoindre sa mère qui travaille à côté. Pendant ce temps, ne souffrant d’aucune contestation, l’enseignant aurait taxé les défenseurs de la Palestine de « charlots » et de « charlatans ». Quid de la neutralité du service public et de l’obligation de réserve des fonctionnaires ?

"Il a sa pédagogie à lui"

C’est pourtant Zeyneb qui sera convoquée le 11 février, face au proviseur et à la principale adjointe. Elle est coupable d’actes de « prosélytisme » mais est sanctionnée pour « départ d’un cours sans autorisation avec refus d’obéissance ». L’élève prétend que c’est l’enseignant qui lui a demandé de quitter la salle si elle n’obtempérait pas. Au final, elle sera exclue trois jours, les 2, 3 et 4 mars prochain. L’impétueux enseignant est défendu par sa hiérarchie qui considère simplement qu’il a « sa pédagogie à lui ».

« C’est pourtant bien lui qui aurait mérité une sanction plus que l’élève, estime Jacques-Louis Kreiss, membre du collectif. Nous avons vécu ces faits comme une injustice profonde ». Ils en appellent à écrire au proviseur du collège (claudeb69@gmail.com avec copie à : ccpp69400@yahoo. fr). « Il doit revenir sur sa décision », exhorte le collectif. Hier, l’inspection académique a décidé de rouvrir le dossier.
http://www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Actualite/Education/Exclue-3-jours-pour-avoir-soutenu-la-Palestine-libre
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 19:35
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 19:18
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 18:55

180px-Bundesarchiv_Bild_183-L0911-029-_Berlin-_Erich_Honeck.jpg

Angéla avec E Honecker

C'était à Lille, sans doute la seule fois de ma vie où je suis allé en Fac. La salle pleine et une émotion  comme à chaque fois quand  l'histoire vivante se présente à vous.

Angela Davis en chair et en os, Angéla, mes premières affiches collées, Liberté pour Angéla.
C'est sans aucun doute et de manière incontestable,le fait: de militer au sein du Parti Communiste Français qui m' a donné ainsi le droit de rencontrer celles et ceux qui font, souvent dans la douleur, l'histoire du mouvement ouvrier et révolutionnaire.
J'ai entendu Angéla chante Francesca Solleville, et quand on a entendu Angéla, on devient différent, on sent moins la douleur du combat quotidien, on s'identifie et cela nous rend particulièrement déterminés.
Bien sur j'ai contemplé Angéla et comme à chaque fois que j'ai entendu et vu chacune et chacun des nôtres je me suis enrichi et endurci.
Mon fils m'a dit "papa, j'ai vu Diams" et moi mon fils j'ai entendu Angéla, Angéla Davis et elle fait pas de CD, pas de cinéma, elle fait la Révolution au pays d'Obama, sans lui mais avec les siens, les nôtres et c'est déjà ça.

Alain Girard

Angela Davis est née dans une famille afro-américaine habitant l'Alabama des années 1940, alors que les lois Jim Crow imposaient toujours la ségrégation raciale dans le Sud des États-Unis. Son père était diplômé de St Augustine’s College, une institution réservée aux Noirs Américains située à Raleigh en Caroline du Nord. Il fut brièvement professeur d’histoire dans l’enseignement secondaire mais, estimant son salaire insuffisant, il quitta son emploi de professeur pour acquérir une station service dans le quartier noir de Birmingham (Alabama). Sa mère, qui mena aussi ses études jusqu’au supérieur, était professeur dans le primaire. La famille Davis occupe dans un premier temps les logements sociaux de Birmingham. En 1948, elle quitte les petites maisons uniformes en briques rouges qui composent le logement social de la ville pour une vaste maison en bois[2], dans un quartier qu’elle est la première famille noire à occuper[3]. Rapidement après son arrivée, elle est suivie par de nombreuses autres familles noires. Cette mixité nouvelle exacerbe les tensions raciales. En 1949 a lieu le premier attentat contre une des maisons nouvellement construites par des Noirs. Il est le premier d’une longue série qui donne au quartier son surnom de « Dynamite Hill »[4].

Durant sa jeunesse, Davis est profondément marquée par son expérience du racisme, des humiliations de la ségrégation raciale et du climat de violence qui règne dans son environnement quotidien[5]. Cette expérience s’accompagne des premiers éléments de socialisation politique. La famille d’Angela y joue un rôle important. Ses deux parents possèdent une expérience militante : au lycée, sa mère a participé à des mouvements antiracistes, militant notamment pour la libération des Scottsboro Boys[4]. Ses deux parents sont par ailleurs membres de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP). Sa grand-mère maternelle, née quelques années après la Proclamation d'émancipation, lui parle de l’esclavage qu’avait connu ses propres parents[6]. Ses premières vacances à New York, où elle goûte aux joies d’une vie non ségréguée dans la famille de son amie Margaret Burnham, sa future avocate, avive encore sa conscience des humiliations quotidiennes qu’impose la ségrégation[7]. Plusieurs nouveaux épisodes viendront lors de ses visites ultérieures- entre six et dix ans, elle passe la plus grande partie de ses étés à New York-, réviser son jugement sur la situation idéale des Noirs dans le Nord[8].

Elle fréquente l’école primaire de Birmingham réservée aux Noirs. Abritée dans des bâtiments vétustes, elle est moins bien dotée financièrement que l’école réservée aux Blancs[9]. Davis note toutefois que la ségrégation avait aussi pour effet de laisser aux enseignants noirs une marge de liberté qui leur permettait d’orienter le contenu de leur enseignement dans un sens qui favorisait l’émergence d’une identité spécifiquement noire. Outre The Star Spangled Banner, l’hymne national américain, les enfants apprenaient et chantaient en classe l’Hymne national noir de James Weldon Johnson. Ils se voyaient enseigner la vie des personnages historiques noirs qui avaient marqué la vie du pays comme Frederick Douglass, Sojourner Truth ou Harriet Tubman[10]. Le modèle de réussite qui était proposé aux enfants noirs par les enseignants s’appuyait néanmoins selon elle sur une morale de la réussite individuelle qui masquait la dimension collective de la lutte qu’elle pensait devoir être mise en œuvre pour renverser le système raciste et libérer les Noirs de leur oppression[11].

À quatorze ans, alors qu’elle se dit ennuyée par « le provincialisme de Birmingham »[12], elle doit choisir son orientation pour le lycée. Deux opportunités s’offrent à elle : elle est acceptée dans l’école préparatoire de l'Université Fisk de Nashville, une des institutions réservées aux Noirs les plus prestigieuses du pays, et au sein d’un programme expérimental de l’organisation quaker American Friends Service Committee qui place des étudiants noirs du Sud dans des écoles mixtes du Nord[12]. Intégrer l’Université Fisk lui ouvrirait la voie des études médicales auxquelles elle se destine alors pour devenir pédiatre. La seconde option lui permettrait de rejoindre le lycée Elisabeth-Irwin, une école privée de Greenwich Village (New York) défendant les principes de l’éducation nouvelle. Après de longues hésitations, elle finit par choisir New York.

Les années new-yorkaises

Son arrivée à New York marque une nouvelle étape dans sa socialisation politique. Elle est logée chez le révérend William Howard Melish. Pasteur de la plus grande église épiscopale de Brooklyn dans les années 1950, il avait perdu ses fonctions au terme d'un long bras de fer avec sa hiérarchie à cause de ses prises de position contre le maccarthisme et son affiliation à la Soviet-American Friendship Organization (Organisation de l’amitié américano-soviétique)[13]. Le corps enseignant du lycée Elisabeth Irwin que Davis a rejoint est dans sa grande majorité interdit d’enseignement dans le secteur public à cause de son positionnement politique marqué à gauche[14]. C’est dans ce nouvel environnement qu’elle entend pour la première fois parler du socialisme, s’avouant notamment fascinée par les expériences utopiques, comme celle de Robert Owen[5]. Elle lit le Manifeste communiste qui la conduit « à replacer les problèmes du peuple Noir dans le contexte plus large d’un mouvement de la classe ouvrière »[5].

Elle est introduite au sein d’une organisation de jeunesse marxiste-léniniste nommée Advance. C’est sa première expérience du militantisme. Elle y côtoie des amies de longues dates comme Margaret Burnham ou Mary Lou Patterson mais rencontre aussi à cette occasion Bettina Aptheker, la fille de l’historien communiste Herbert Aptheker dont le domicile accueille la plupart des réunions du groupe[15]. Elle participe aux manifestations de soutien au mouvement des droits civiques qui connaît un nouvel élan avec la campagne de sit-in initiée le 1er février 1960 à Greensboro (Caroline du Nord). Davis a cependant le sentiment d’avoir quitté le Sud au moment où le mouvement prenait véritablement de l’ampleur et en éprouve une vive frustration. Elle se range néanmoins à l’avis de ses parents qui lui enjoignent de finir son année scolaire à New York[15].

Études supérieures

En 1962, elle obtient une bourse pour étudier à l’université de Brandeis dans le Massachusetts. Elle est l’une des trois étudiantes noires de première année[16]. Davis décrit cette première année comme une année d’isolement qu’elle « cultive de façon quelque peu romantique »[16], se plongeant notamment dans les œuvres des existentialistes français (Jean-Paul Sartre, Albert Camus...). Son année universitaire est marquée par une série de conférences de l'écrivain James Baldwin sur la littérature qui est interrompue par la crise des missiles de Cuba ; Baldwin refuse de poursuivre son exposé mais s’exprime sur le conflit lors d’une assemblée générale, aux côtés du philosophe Herbert Marcuse que Davis entend pour la première fois[17]. Elle occupe divers emplois pour financer un voyage en Finlande où se déroule le Festival mondial de la jeunesse et des étudiants[18]. Elle s’arrête à Londres et passe quelques jours à Paris et à Lausanne. À Helsinki, elle se montre particulièrement impressionnée par l’énergie dégagée par la représentation que donne la délégation cubaine[19].

Lors de sa deuxième année à Brandeis, elle étudie la littérature et la philosophie française contemporaine ; Sartre en particulier continue de susciter son intérêt. Elle voit Malcolm X haranguer un amphithéâtre composé quasi exclusivement d’étudiants blancs, en leur annonçant la prochaine punition divine de leurs pêchés envers les Noirs[20].

À l'issue de son cursus, Davis obtient une prolongation de sa bourse pour suivre le programme français de troisième année du Hamilton College. En septembre 1963, elle passe ainsi un mois à Biarritz [21]. C’est dans la station balnéaire française qu’elle apprend l’attentat qui a frappé l’église baptiste de sa ville natale de Birmingham où quatre jeunes filles sont tuées. Trois étaient de proches connaissances. Refusant d’y voir le résultat d’un comportement extrémiste isolé, elle analyse « cet événement violent et spectaculaire » comme l’expression paroxystique de « la routine quotidienne, souvent monotone, de l’oppression raciste »[22]. Elle passe novembre à Paris, puis l’été à Francfort où elle assiste à des conférences de Theodor W. Adorno. Sa formation intellectuelle se poursuit : elle lit Marcuse et de retour à Brandeis se rapproche du philosophe après avoir assisté à sa série de conférences sur la pensée politique européenne depuis la Révolution française[23]. Sur ses conseils, elle décide de partir étudier la philosophie à Francfort. Elle quitte les États-Unis en 1965, au milieu des émeutes de Watts.

En Allemagne, elle côtoie des étudiants allemands membres de l’Union socialiste allemande des étudiants, participe à des manifestations contre l'intervention militaire américaine au Viêt Nam ou contre la projection du film documentaire italien pro-colonisation Africa Addio et visite régulièrement Berlin-Est[24].

Pendant son séjour en Allemagne, le mouvement de libération des Noirs connaît de profondes évolutions et tend à se radicaliser dans le sillage du slogan Black Power. Frustrée de ne pouvoir participer à l’effervescence militante qui semble régner dans son pays, elle décide de rentrer aux États-Unis à l’issue de sa deuxième année en Allemagne. Marcuse, désormais en poste à l’Université de San Diego, accepte de reprendre la direction de sa thèse, initialement tenue par Adorno[25].

Parcours politique

 

À son arrivée à San Diego, elle est privée de tout contact au sein du mouvement noir californien et adhère en désespoir de cause à l’organisation radicale des étudiants du campus dont l’action se tourne principalement vers la lutte contre la guerre du Viêt Nam[26]. Elle subit à cette occasion sa première arrestation suite à une distribution de tracts[27]. Souhaitant s’impliquer dans une action spécifique à destination des Noirs, elle travaille à organiser un conseil des étudiants noirs de l’université de San Diego, jusqu’alors inexistant. Sa première action est de participer à un comité de soutien à Ed Lynn, un soldat qui avait lancé une pétition contre la discrimination raciale dans l’armée[28].

Son implication militante lui révèle la profonde désunion du mouvement de libération des Noirs et les très fortes rivalités qui le traversent. Elle-même occupe une position très minoritaire au sein mouvement.

Sur le plan des objectifs, elle s’oppose au séparatisme de certaines des organisations du Black Nationalism qui pensent que la libération du peuple noir doit passer par une séparation de la société blanche et la fondation d’une Nation Noire sur le sol américain ou africain. Sur le plan des moyens, elle refuse la méthode consistant à exacerber les antagonismes entre Noirs et Blancs dans le but de provoquer des soulèvements spontanés similaires à ceux de Watts ou de Détroit dans lesquels certaines organisations voyaient les prémices d’un soulèvement généralisé du peuple afro-américain[29].

Elle n’en refuse pas moins l’intégrationnisme qui fut la position de Martin Luther King. Le marxisme constitue un des éléments centraux de son positionnement : elle pense que la lutte de libération des Noirs doit s’insérer dans le mouvement révolutionnaire dont le socialisme constitue l’horizon[30]. Or le marxisme est rejeté par une grande partie des organisations nationalistes qui le désigne, à l’image de Stokely Carmichael, le leader du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC), comme étant « la chose de l’homme blanc »[31]. Les Blancs ont d’ailleurs été écartés des leviers de commande du SNCC à partir du printemps 1966. Pour les nationalistes, les Noirs ne doivent compter que sur leurs propres valeurs, leurs propres analyses et leurs propres forces pour se libérer.

Si Davis affiche son marxisme, elle hésite plus longuement avant de s’affilier au mouvement communiste. Elle met cette réticence initiale sur le compte de son parcours militant. En Allemagne notamment, elle s’est imprégnée d’un discours libertaire très critique à l’égard du communisme soviétique. Elle finit par adhérer en 1968 au Che-Lumumba Club, une section du parti communiste américain réservée aux Noirs. Elle rejoindra aussi le Black Panther Party dont la position révolutionnaire se caractérise par un égal refus de l’intégrationnisme et du séparatisme.

Une autre composante de son identité militante est son féminisme. Ce dernier est en partie nourri par son parcours militant au cours duquel elle se heurte au sexisme d’une partie du mouvement nationaliste noir voire d’une partie des organisations auxquelles elle appartient. On lui reproche notamment le rôle de leader qu’elle est amenée à assumer au sein du mouvement. Pour l’organisation Unided Slaves de Ron Karenga ou le poète Amiri Baraka (alors nommé Leroi Jones), le leadership masculin est un moyen pour les hommes noirs de regagner leur dignité face aux Blancs. La place des femmes au sein du mouvement ne peut être par conséquent que subordonnée à celle des hommes : les tâches domestiques et l’inspiration des leaders masculins sont les rôles qui leur sont dévolus. Davis estime au contraire qu’un authentique mouvement de libération doit lutter contre toutes les formes de domination : l’homme noir ne peut se libérer s’il continue d’asservir sa femme et sa mère[32].

Le procès

Son adhésion au parti communiste américain et au mouvement des Black Panthers lui vaut d'être surveillée par le FBI. Elle enseigne en 1969 à l'UCLA - l'université de Californie à Los Angeles - mais en est renvoyée à cause de son activisme politique. Elle s'investit dans le comité de soutien aux Frères de Soledad, trois prisonniers noirs américains accusés d'avoir assassiné un gardien en représailles de l'assassinat d'un de leur codétenu. Elle est accusée d'avoir organisé une prise d'otages dans un tribunal dont l'issue a été meurtrière : Jonathan Jackson, le jeune frère de George Jackson, le juge et deux autres prisonniers sont tués après que la police a ouvert le feu sur leur véhicule. Commence alors une cavale à travers les États-Unis : elle apparaît sur la liste des femmes les plus recherchées par le FBI. Ce dernier, dirigé par J. Edgar Hoover, lutte dans le cadre du programme COINTELPRO contre les Black Panthers et les communistes dans un contexte de guerre froide et de guerre au Viêt Nam . Après deux semaines de cavale, elle est arrêtée dans un hôtel, puis emprisonnée pendant seize mois avant d'être jugée et acquittée[33]. Cette affaire connaît un retentissement international. En France, Jean-Paul Sartre, Gerty Archimède, Pierre Perret et des milliers de manifestants la soutiennent.

Dès sa sortie de prison en 1971, Angela Davis se met à publier. Ses essais autant que ses discours véhéments en font l'une des intellectuelles radicales les plus connues de l'époque : la paix au Vietnam, l'antiracisme, le féminisme constituent son credo.

En 1980 et en 1984, Angela Davis se présente aux élections présidentielles américaines comme vice-présidente du candidat communiste Gus Hall.

Angela Davis : rebelle à la politique de son propre pays[34], enseigne aujourd'hui l'Histoire de la Prise de conscience dans une université californienne.

De nos jours, Angela Davis est professeur d'histoire de la conscience à l'Université de Californie (campus de Santa Cruz). Elle fait campagne contre la guerre en Irak. Elle a reçu le Prix Thomas Merton en 2006. Angela Davis rejoint le « Comité international de soutien aux victimes vietnamiennes de l'agent orange et au procès de New York » (CIS) conduit par André Bouny. Elle lutte contre l'industrie carcérale et la peine de mort aux États-Unis et dans le monde.

Hommages

  • The Rolling Stones a publié en 1972 une chanson de soutien à Angela Davis, Sweet Black Angel, sur l'album Exile on Main Street.
  • John Lennon et Yoko Ono ont soutenu Angela Davis dans une chanson intitulée Angela.
  • Pierre Perret dans la chanson Lily : « Mais dans un meeting à Memphis Lily / Elle a vu Angela Davis Lily / Qui lui dit viens ma petite sœur / En s'unissant on a moins peur / Des loups qui guettent le trappeur ».
  • Elle a été reprise par beaucoup d'artistes, notamment Shepard Fairey (Obey Giant) qui l'ont soutenue.
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 18:45
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Biographie de Malcolm Little (alias Malcolm X)

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MALCOLM LITTLE, connu plus tard sous le nom de Malcolm X, est né le 19 mai 1925 à Omaha, son père Earl était pasteur de l'Eglise bâptiste et militant de la Universal Negro Improvement Association, fondé par Marcus Garvey (pasteur d'origine Jamaïquaine et qui préconisait le retour des noirs d'Amérique vers l'Afrique), sa mère Louise était d'origine antillaise et avait la peau très blanche car sa mère avait été violé par un blanc ; elle détestait son tint blanc. Malcolm était le quatrième enfant né du couple mais le septième de son père qui avait eu trois enfant d'un précédent mariage, après lui vinrent encore deux enfants. Malcolm est de ses frères et soeurs celui qui à le tint le plus blanc, ses cheveux crépus, comme sa peau, sont roux.

Après l'assassinat de son père par des blancs du sud, les services sociaux brisent le foyer familiale et arrache les enfants Little à leur mère qui petit à petit perdra la tête excédé par la dureté de la vie qu'elle mène, et par sa dignité de femme noire perdue.

Le jeune Malcolm est alors envoyé chez des amis de la famille, pour finalement atterrir à 13 ans dans une maison de détention où l'on envoyait les "mauvais garçons" dans le Michigan, ce centre n'étant qu'une étape vers la maison de redressement. Malcolm habite alors chez une dame blanche qui prendra en charge son éducation. Il suit l'école au milieu des blancs, est très bon élève, et devient la "mascotte" de la classe : le gentil nègre que tout le monde aime. Il ne partira finalement pas en maison de redressement et commençera des études dans un lycée où il s'apercoit vite que bien qu'étant le nègre dont tout le monde recherche la compagnie, il n'en n'est pas moins un nègre et de ce fait les portes des professions réservé au blancs se ferme à lui.

Malcolm décide alors de quitter ce lycée et ce milieu blancs qu'il ne veux plus fréquenté. Il part s'installer à Boston chez sa demi-soeur Ella qui habitait une maison dans un bon quartier de la ville. Mais Malcolm n'a que faire des noirs qui fréquente ces quartiers et qui se croient supérieur aux autres noirs, plus pauvres. C'est donc dans le ghetto noir de Boston que Malcolm forgera sa personnalité. Voulant trouver un job, il rencontre Shorty qui originaire de la même campagne que Malcolm, le prend rapidement sous son aile. Malcolm se fait alors relooké, et défrisé les cheveux. Il travaille dans une salle de bal comme cireur de chaussure, mais son travail consiste moins en cireur de pompes qu'en dealer de marijuana. En cirant les chaussures des plus grands musiciens de l'époque, et en fournissant en drogue les habitués du club, Malcolm devient vite une personnalité dans le ghetto. Il rencontre alors une blanche, avec laquel il entretien une relation qui durera un certain temps.

Mais Malcolm dont la voie de délinquant ce trace devant lui, décide de partir à Harlem, alors centre culturel des noirs américains. Là encore il gagne sa vie en fréquentant les dealers et macro du coin. Beaucoup de noirs laissent leur peau dans ce genre de vie dangereuse, mais Malcolm que certains trouve indésirable à Harlem, se voit dans l'obligation de retourner à Boston et monte avec Shorty, son amie Rudie, son amie blanche et la soeur de cette dernière qui sortait avec Shorty, un gang de cambrioleur. Les affaires marchent très bien, les jeunes voleurs s'enrichissent, jusqu'à ce que la police les arrête. Malcolm et Shorty seront condamné à dix ans de prison, plus pour avoir coucher avec des blanches que pour avoir volé.

En 1946 Malcolm est incarcéré à la prison de Charleston, là il est réfractaire à tout discours religieux, mais est très marqué par Bimbi un détenu noir, qui discute de tous les sujets, avec un langage et un vocabulaire bien pesé. Malcolm est ensuite transféré à la prison de Norfolk où la vie y est moins dure, il reçoit des visites de ses frères et soeur, récemement convertit à une religion que Malcolm ignorait : l'Islam. Malcolm se laisse attiré par les doctrines islamique prêchées alors par un noir du nom d'Elijah Muhammad (les 2 photos ci-contre à gauche), leader de la "Nation of Islam" (NOI). L'Honorable Elijah Muhammad, de son ancien nom Elijah Poole, répend l'Islam auquel il s'est convertit après sa rencontre avec le Maître Wallace Fard Muhammad (photo ci-contre à droite), qui a fondé la NOI en 1930 pour guider les noirs vers l'Islam qu'il disait être la vrai religion de l'homme noir, et qui s'est présenté à Detroit, comme étant celui que les chrétiens appel Messie et que les musulmans nomme Madhi. Il enseignait que les noirs étaient les descendant de la tribu asiatique des Shabazz. Après avoir enseigner jour et nuit pendant 3 ans et demi à Elijah Muhammad, il partit en lui laissant la mission de guider et convertir son peuple. Les doctrines très spéciale propre à l'Islam pratiqué par Elijah Muhammad, préfigure l'homme blanc comme le diable, qui auraient été créé il y a 6000 ans par un savant généticiens du nom de Yakub, pour créer une race faible facilement influençable par le diable, dont la nature maléfique est la responsable des attrocitées subit par les esclaves africains, déporté par dixaine de millions sur les terres d'amérique, séparer de leur famille, de leur communauté parlant la même langue, et réduit à l'esclavage le plus total pour servir leur maître blanc.

En prison, Malcolm apprend à connaître sa négritude, il lit un maximum de livres, recopie le dictionnaire de A à Z, apprend l'histoire de l'Afrique et de l'esclavage, et cesse de se défrisé les cheveux, cette défrise qui le faisait ressembler au diable blanc.

Quand Malcolm sort de prison après 7 ans d'incarcération, il décide de consacré sa vie à prêcher l'Islam, et faire voire la vérité à ses frères afro-américains, qu'il voit priés dans les Eglises chrétienne le Dieu du blanc : le Dieu du démons...


En août 1952, Malcolm Little sort de prison. Il part vivre à Détroit chez son frère Wilfried, et est embauché comme vendeur de meuble par les commerçant juifs qui étaient propriétaire du magasin que tenait son frère, en plein coeur du Ghetto noir. Malcolm prend alors conscience de l'étau qui enferme l'économie de la communauté noir : "l'argent, loin de servir à mes congénères, était empochées par les commerçant blancs qui habitaient généralement un quartier résidentiel où les Noirs n'avaient pas raison de mettre les pieds s'ils n'y travaillaient pas pour le compte d'un blanc". Malcolm fréquente alors le temple musulman de la ville, et très vite grâce à sa connaissance des comportements des habitants du ghetto, prêche la parole d'Allah pour attirer ses frères vers l'Islam. Cette même année il rencontre pour la première fois l'Honorable Elijah Muhammad, à Chicago. Sûr de la voie qu'il suit, Malcolm Little devint alors Malcolm X, le X représentant l'inconnue : le vrai nom de famille africain des noirs d'Amérique dont le nom anglophone est celui du maître blanc qui possédait toutes sa famille.

En 1953, Malcolm quitte le magasin de meuble, pour travailler à l'usine de bois et dans l'été 53, est nommé pasteur du Temple Numéro Un de détroit. En 54, Malcolm déménage pour New York, où il devient pasteur du Temple Numéro Douze de Philadelphie puis du Temple Numéro Sept de New York; il commence alors ses prêches dans les rues de Harlem où il avait par le passé séjourner en tant que gangster. Il n'a alors de cesse à recruter de nouveau fidèle musulman, à la sortie des églises chrétienne, dans la rue, Malcolm X fait voire la véritable nature de l'homme blanc et du Dieu des blancs aux noirs hommes et femmes réceptifs aux doctrines d'Elijah Muhammad. Les Musulmans noirs sont disciplinés, il pratique l'Islam, et appliquent ses principes à leur vie quotidienne afin de se détourner des vices que leur offre la société américaine : la drogue, l'alcool, la grossièreté, le mauvais traitement des femmes, l'adultère, le vole, le crime, le mensonge sont des fléaux, dont les noirs sont les plus touchés. L'homme blanc utilise ses drogues pour maintenir l'homme noirs dans l'ignorance de lui-même, et ainsi dans l'esclavage mental. Malcolm fonde alors un nouveau Temple à Springfield, puis à Hartford s'ouvrit le Temple Numéro Quatorze, où il allait prêché tous les jeudi. Malcolm était devenu incontournable au sein de la nation d'Islam (NOI), en 1955, il se rend à Atlanta pour fonder le Temple Numéro Quinze, la NOI touche alors un nombre croissant de noirs de toutes couches sociale et de toutes profession et Malcolm y est pour beaucoup.

En 1956, Malcolm rencontre la soeur Betty X, qui enseignait le jeudi soir aux femmes musulmane l'hygiène et la santé. Ne la fréquentant d'abord que comme une soeur d'Islam, Malcolm voit grandir en lui son intérêt pour Betty qui semble lui convenir parfaitement. Malcolm la demande en mariage par téléphone, et la réponse positive de cette dernière empli de joie les coeurs des hommes et femmes de la nation d'Islam, ils se marièrent dans l'Indiana, puis habitèrent dans le Queens (NYC), où naquit en 1958, leur première fille Attilah.

La grandissante nation d'Islam, commence alors à inquiéter la haute société blanche américaine, les actions des musulmans noirs sous la direction de Malcolm X, font parler d'elles, la discipline et la parfaite organisation des musulmans augmentent leur popularité chez les noirs, que la prise de conscience d'alors nomme désormais afro-américains. En 1959, Malcolm X fonde le journal de la nation d'Islam : "Muhammad parle". Cette même année, il fonde un nouveau Temple à Los Angeles et voyage en Afrique, où certain pays avaient fait savoir à la nation d'Islam qu'ils appréciaient l'action mené par les musulmans pour la communauté des africains d'Amérique descendant d'esclaves. Les musulmans noirs sont alors montrés par les médias et la société américaine comme des extrémistes qui enseignent la haine.

Elijah Muhammad, réclame un état noir indépendant sur le sol d'amérique, il pense que blancs et noirs ne pourront etre reconnu égaux que si les blancs laissent les noirs fondé leur propres état, contrairement à d'autres leader noirs, Elijah Muhammad ne veux pas l'intégration des noirs dans la société blanche : "égaux mais séparés". Des noirs expriment ouvertement leur désaccord et leur mécontentement avec les idées mises en avant par le nation d'Islam ; les blancs quant à eux sont terrorisés : "C'est là une constante du comportement du Blanc à l'égard du Noir. Chez le Blanc l'autosatisfaction n'a d'égal que sa stupéfaction lorsqu'il découvre que ses victimes ne partagent pas ce sentiment. Tout allait bien en Amérique, pendant des siècles, au temps où ses victimes exploitées, brutalisées, lui donnait du "Oui m'sieur", du "Oui, maître" et jouaient les Oncle Tom. Maintenant c'est différent". Malcolm devient très médiatisé, participe à de nombreuse émission de télévision, et s'exprime lors des grands meeting de la nation d'Islam. La popularité de Malcolm, ne va pas tarder à inquiéter et les autorités du pays et les autres membres de la nation d'Islam craignant que Malcolm ne vole la vedette.

 

En 1960 naît la deuxième fille de Malcolm et Betty : Kubilah, deux en plus tard c'est Ilyasah qui naît, puis en 1964 naîtra la quatrième fille du couple : Amilah. Malcolm est sans cesse occupé, tout son temps est consacré à la nation d'Islam et à Elijah Muhammad, dont il est le représentant officiel. Il est désolé de ne pouvoir passé plus de temps avec sa femme et ses filles, mais Betty comprend que la mission de Malcolm est d'ouvrir les yeux des noirs d'Amérique.

Malcolm dont chacun des propos est abondamment commenté par les journaux ne manque pas d'exprimé son désaccord avec les autres leaders noirs. Malcolm X ne prône pas l'intégration, il veut apprendre aux noirs l'auto-défense face aux agressions et violences des blancs et de sa police. Lors de la grande marche sur Washington, durant laquel le pasteur chrétien Martin Luther King fera un célèbre discours, Malcolm ne manque pas de fustigé cette marche : "Peut-on imaginer pareil spectacle ? Les révolutionnaires en colère, aux pieds nus, et leurs oppresseurs marquaient la mesure ensemble au bord des bassins des jardins publics, dans des parterres de lys, chantaient des hymnes et grattaient leurs guitares en écoutant des discours de bons samaritains. Oui peut-on imaginer pareil spectacle alors que les masses noires d'Amérique vivaient - vivent encore - un cauchemar éveillé ?".

Au début des années 60, la nation d'Islam compte plus de cent Temples, elle est présente dans tous les Etats d'Amérique, et Malcolm est pour beaucoup dans cette réussite. Mais des jalousie se font sentir au seins de la nations à l'égard de Malcolm. Betty s'inquiète quand à leur situation financière, elle veut mettre de l'argent de côté, mais Malcolm ne veut pas paraître comme tirant un profit personnel de l'argent de la nation d'Islam, il convint Betty que si il devait disparaître, la nation s'occuperait d'elle et des filles, il se rendit plus tard compte que cela aurait été une erreurs. Dès 1962, Malcolm n'était même plus cité dans le journal de la nation d'Islam qu'il avait pourtant créer. Alors que les menaces de la part de la société blanche se faisait de plus en plus sentir, d'autre menace émanait de la nation d'Islam elle-même. Des rumeurs concernant Elijah Muhammad selon lesquels ils serait le père de plusieurs enfants illégitimes dont les mères se seraient vues excluent de la NOI, apparaissent aux yeux de Malcolm comme véridique, bien qu'ayant du mal à le croire. Il apprend aussi de la bouche d'autres musulmans excluent que Elijah Muhammad tenait, en privé, des propos contre Malcolm. En avril 63, Malcolm rend visite à Elijah Muhammad, qui se justifie en citant des passages bibliques dans lesquels les prophètes ne sont malgré tout que des hommes, avec leur défauts.

Le 22 novembre 63, le président Kennedy est assassiné à Dallas, Malcolm X interviewé sur ce sujet commentera que la violence de l'homme blanc à finit par se retourner contre lui, que l'on récolte ce que l'on sème. Elijah Muhammad désapprouve les propos tenu par Malcolm et que la presse met en première page. Malcolm se voit être exclus de la NOI pour 90 jours. Les membres de la Nation critiquent alors Malcolm au sein même des milieux musulmans.

"Je ne craignais pas la mort. La trahison était bien pire". Malcolm se rend vite compte qu'un piège s'est refermé sur lui. Le réconfort de Betty l'aide à surmonté cette épreuve, mais Malcolm est abattu par cette trahison. Il est désormais indésirable au sein de la nation d'Islam. Un proche de Malcolm fut chargé de piégé sa voiture, mais ce dernier trop fidèle ne le put. Il en fit part à Malcolm. désormais la NOI représentait le plus grand danger pour Malcolm. Il décide de rompre totalement les liens avec la nation. Mais il ne peut supporter l'inactivité, il a la lutte dans le sang, il vient du ghetto, et sa vie est consacrée à sortir les noirs de la misère. Il crée alors sa propre organisation. Une organisation regroupant des noirs de toutes religions, il accepte de s'associer à d'autre leader, et désormais il accepte l'aide extérieur des blancs. Il fonde alors une nouvelle Mosquée à New York. Les buts de cette nouvelle organisation sont : "éliminer l'oppression politique, l'exploitation économique et la dégradation sociale dont vingt-deux millions d'Afro-américains sont victimes". C'est alors que Malcolm décide d'effectuer le pèlerinage de la Mecque.

Le pèlerinage à la Mecque est l'un des 5 piliers de l'Islam, tout musulman en ayant la possibilité financière et physique doit l'effectuer au moins une fois dans sa vie. Ella, la demi-soeur de Malcolm, convertit à l'Islam grâce à lui, et qui des dizaines d'années plus tôt l'avait aceuillit à Boston lui avança l'argent qu'elle avait réservé à son propre pèlerinage pour qu'ainsi Malcolm puisse goûter au "vrai valeurs de l'Islam". Malcolm n'ignorait naturellement pas que les musulmans à travers la planète sont de toutes couleurs de peau. Il avait déjà rencontré des étudiant arabe et du moyen orient qui lui avait parlé de l'Islam qu'ils pratiquaient, mais en fervent disciple d'Elijah Muhammad, Malcolm X n'avait jamais plus approfondit la question. Malcolm fut présenté au docteur Youssef Chawarbi, un éminent savant, qui délivrai des visa pour la Mecque, nécessaire aux musulmans convertit aux USA. Arrivé au Caire, Malcolm se rendit compte que son combat n'y était pas inconnu et qu'il y jouissait d'une grande popularité. Malcolm rencontra nombre d'autre musulman de tous pays et de toutes couleur de peau qui s'apprêtaient à faire le pèlerinage. Par contre, tout le monde s'étonnait de voire un musulman américain. Malgré tout Malcolm trouva sa place parmi le groupe de pèlerin avec qui il était. Malheureusement il lui fut d'abord interdit l'accès au sanctuaire de la Mecque, car seul les musulmans peuvent y pénétrer et les autorités musulmane doutaient de cet américain musulman. La "mahgama charia", la haute cour musulmane examina le cas de Malcolm, qui responsable de la création de la casie totalité des Temples musulmans au Etats-Unis, se voyait aujourd'hui interdire l'accès à la ville Sainte. Les autorité musulmanes finir par accordé à Malcolm l'autorisation d'effectuer le pèlerinage, et ils lui apprirent les rites que Malcolm ignoraient. Malcolm effectua les rituelles accompagné de son moutawaf (guide), il fit 7 fois le tour de la Kabba, but l'eau du puits de Zem Zem, courra entre les collines de Safa et de Marwa, et gravit le mont Arafat, là en toute fraternité, il partagea ses impression avec d'autres musulman parlant anglais et partagea un dernier repas avec se coreligionnaire aux couleurs de peau si varié.

L'expérience spirituelle que représente le pèlerinage à la Mecque fit atteindre à Malcolm un nouveau stade de pensée. Il avait goûté au véritable Islam, à la véritable fraternité, qui le forçait à reconsidéré complètement nombres des pensées et croyances qu'il avait jadis, aux côté d'Elijah Muhammad. Désormais il était persuadé que la vrai pratique de l'Islam pouvait guérir les sociétés du fléau du racisme. Le pèlerinage à la ville Sainte a transformé Malcolm, comme son premier contacte avec l'Islam, en prison, l'avait déjà transformé. Désormais Malcolm Little devenu Malcolm X porte le nom musulman d'El-Hadj Malik El-Shabbazz.

Après un tour par quelques pays d'Afrique, où Malcolm constate encore une fois la réceptivité des africains à son message, il rentre aux USA, accueillit par la presse et par les mêmes problèmes, le même racisme.

En 1965, l'activité de Malcolm et de son organisation continue, Malcolm s'adresse alors à tous les noirs, à tous ceux qui veulent changer la société américaine. Mais la presse continue de le marginaliser comme un extrémiste, un violent qui veut armé les noirs. Plus la pensée de Malcolm s'affinait et s'emplissait de vérité et d'efficacité, plus il devenait un danger pour la société blanche américaine, et pour la nation d'Islam d'Elijah Muhammad.

"Je me réveille tous les matins sachant que j'ai gagné un jour de plus. Je vis comme un mort en sursis". Au début de l'année 65, Malcolm X est prié de quitter le territoire français, où il devait participer à un meeting d'étudiant africain. Il rentre alors à New York le 13 février. Dans le nuit du 14, un incendie d'origine criminel ravage sa maison, lui, Betty (enceinte) et les 4 filles s'en sortiront indemne. Malcolm accuse la NOI, de vouloir sa mort et celle de sa famille. Le dimanche 21 février, Malcolm doit tenir une conférence à la salle de bal de l'Audubon. Sa famille doit y assister. Malcolm avait depuis quelques temps refusé les fouilles à l'entrée des meeting. Il entra dans la salle de bal d'un pas lourd, vers quatorze heures. Il commençait à regretter d'avoir attribué à la NOI l'incendie de sa maison. "Il est arrivé depuis des choses trop importante pour être l'oeuvre des musulmans. Je sais ce qu'il sont capable de faire. Depuis les choses sont allées plus loin, elles les dépassent. Au fond je ne devrai pas prendre la parole aujourd'hui. Je vais essayer de détendre l'atmosphère en disant aux Noirs de ne pas se bagarrer entre eux. Ca fait partie de la manoeuvre du Blanc. Moi je ne me bats contre personne. On n'est pas là pour ça". Le révérant Milton Galamison, qui devait participer au meeting n'arrivait pas. Benjamin X prit la parole pour ouvrir le meeting. Quand Malcolm monta au pupitre, il salua l'assemblée par la salut musulman As Salam Aleikoum. La foule lui répondit. Au 8e rang un homme se leva s'écriant "Otez votre main de ma poche". L'assemblée surprise se retourna. Malcolm demanda aux frères de se calmer. Au premier rang trois hommes se levèrent et déchargèrent leurs armes sur Malcolm X qui s'éfondra sur les chaises derrière lui. L'assemblée plongea à terre. Betty protégea ses filles, puis accouru vers son mari. Malcolm X transporté à l'hôpital était déjà mort.

"Cher Papa, je t'aime tant. Mon Dieu, mon Dieu, comme je voudrais que tu ne sois pas mort". (Attilah Shabbazz, 6 ans)

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Du 23 au 26 février, le corps de Malcolm X fut exposé. De nombreux hommes et femmes, noirs, blancs, jaunes, de toutes origines et religions vinrent lui rendre un dernière hommage. Le Cheikh Ahmed Assoun, accomplit les rites funéraires musulmans ; alors qu'Elijah Muhammad de son côté proclamait : "c'est une étoile qui a quitté le droit chemin ! Et celui qui tentera d'étouffer le souffle d'Elijah Muhammad court déjà à sa propre fin !".


Commentaires :

Malcolm X est sans doute avec Marcus Garvey et Martin Luther King le leader noir le plus important de l'histoire contemporaine. Malcolm avait non seulement un talent d'orateur incontestable, mais il avait aussi une vrai vision du monde qui l'entourait, de plus il ne s'est jamais contenté de beau discour, il est toujours passé aux actes, et a oeuvré pour sa comunauté à l'instar de Nat Turner et John Brown, et d'autres noirs qui, quelques décénnies plus tôt, aidaient les esclaves à s'enfuir de leur plantation. A chaque époque de sa vie Malcolm a été sincère dans tous ce qu'il a entreprit ce qui ne l'a pas empêché d'éfectuer des changements de direction complet dans ses idées et son comportement : quand il a découvert l'Islam ou encore après son pélerinage à la ville sainte de la Mecque.

Marcus Garvey a été l'instingateur de l'unité africaine, son message s'adressait à tous les noirs d'"Afrique et d'ailleur". Jomo Kenyatta, Léopold Senghor, Kwame Nkrumah, sont en Afrique les hérités de l'oeuvre de Garvey ; Malcolm X est l'héritier du message de Garvey en Amérique. Comme Garvey, Malcolm X était détesté du pouvoir blanc et riche américain. L'ignoble J.Edgar Hoover, chef du FBI le détestait. Malcolm X oeuvrait pour le bien, pour la paix. Il décrivait dans ses discours le réél portrait de l'amérique, dans lequel l'Homme noir n'avait pas sa place. Comment les noirs auraient ils put s'intégrer dans une société où ils sont la victime consante de la haine et de la violence. Malcolm X ne pronait pas l'intégration. C'est à la société blanche d'évoluer, si elle est incapable de reconnaître ses propres crimes et mensonges, l'homme noir n'a pas à s'y intégré. Comme l'enseignait l'Honorable Elijah Muhammad, Malcolm pronait la sépararation de l'amérique en 2 pays différent pour les blancs et les noirs. Malcolm enseignait à ses frères la vérité, sur l'Afrique, l'esclavage, il leur ouvrait les yeux, leur redonnait foi en eux-même. Il leur apprenait à se défendre face à la violence des blancs, de ses organisations racistes et de sa police, qui était l'organe oficielle des racistes pour aller casser du nègre. Malcolm enseignait le nationalisme noir, c'est-à-dire, qu'il essayait d'apprendre au noir à oeuvrer pour eux, à s'occupé de leurs affaires, et à s'organiser. Les propriétaires des magasins tenu par des noirs était blanc et l'argent que dépensait les noirs dans ces magasins allait dans la poche des blancs, pas 1 dollar ne revennait dans la communauté, pour créer des écoles, ouvrir des bibliothèques... Les noirs étaient "tenu dans un étau".

L'amérique blanche désignait Malcolm X comme un violent, un extremiste, mais il n'a jamais été impliqué dans quelques formes de violences que ce soit, si ce n'est celles dont il a été la victime. Le message de Malcolm s'adressait à tous les hommes et femmes, Yuri Kochiyama amie japonaise de Malcolm X dira plus tard de lui, qu'"il détestait tous ce qu'un hommes devrait detester. Il détestait le racisme et l'hypocrisie, l'oppression et la tyranie des gens au pouvoir, et il aimait l'Humanité, bien-sûr l'humanité des gens de ce pays à cause de leur racisme, n'est pas le genre d'humanité que l'on aime spontanément".

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 18:36
DizzyGillespie40.jpg
Coluche n'était pas, loin de là, le premier artiste célèbre candidat à une élection présidentielle. Il eut un prédécesseur célèbre aux États Unis. Il ne faisait pas dans le burlesque - encore que - il n'était pas dénué du sens de l'humour, mais dans le groove jazz ou l'afro cuban jazz.
En 1963, dans une Amérique encore secouée par l'assassinat de JFK et par la montée du mouvement noir pour les droits civiques, pendant quelques mois, le trompettiste Dizzy Gillespie fût un éphémère candidat face au duo Républicrate.
Dizzy aimait les plaisanteries. Mais cette candidature atypique n'était pas qu'une grosse blague ou un coup d'éclat médiatique.
Le trompettiste, chef de bande dans l'âme, entrainait dans son sillage bon nombre de jazzmen. Beaucoup des musiciens avaient une conscience politique. Évidemment, la question des droits civiques et le combat pour l'égalité raciale étaient au centre des préoccupation. Max Roach, Charles Mingus et bien d'autres avaient des opinions très tranchées, que certains "tièdes" qualifieraient aujourd'hui d'extrémistes.
Diz' avait établi un programme politique pour cette campagne : des idées farfelues, mais pas seulement. Il réclamait le retrait de l'armée US du Vietnam, l'abolition de la ségrégation raciale entre autre et proposait un gouvernement pour le moins inattendue.
Le trompettiste Miles Davis, directeur de la CIA, Malcolm X (certes qui n'était pas musicien) general attorney (Ministre de la Justice), le contrebassiste Charlie Mingus, secrétaire d'état à la paix, le batteur Max Roach, à la défense, la très pieuse pianiste Mary Lou William, ambassadrice au Saint Siège et j'en passe.
Des Etats ont connu des artistes qui entraient en politique ; le plus souvent pour des rôles qui restaient dans leur "champ de compétence", comme récemment Gilberto Gil au Ministère de la Culture du Brésil.
Mais un gouvernement entier avec une telle brochette, du jamais vu !
Finalement, l'aventure ne dura que quelques mois. Dizzy Gillespie se retira et apporta son soutien à Lyndon Johnson. Ironie du sort, c'est ce président américain qui intensifiera les bombardements sur le Vietnam.

Petit jeu de PCCistes : imaginez votre gouvernement d'artistes (possible ou imaginaire, on s'en fout de la cohérence chronologique) avec la répartition des portefeuilles ministériels.

http://www.pointscommuns.com/dizzy-gillespie-commentaire-musique-85180.html
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 18:22

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L'économiste Samir Amin décrypte le dernier rapport de la CIA sur l'état du monde. Des travaux qui montrent que les experts de l'agence de renseignements ne voient toujours qu'un seul horizon : la domination du modèle américain. Dans cette première partie, Samir Amin évoque l'aveuglement libéral des experts.



Majorvols - Flickr - CC La lecture du dernier rapport de la CIA sur « le monde en 2025 » ne fournit guère de renseignements qu’un observateur ordinaire de l’économie et de la politique mondiale aurait ignoré. Par contre elle nous permet de mieux connaître le mode de pensée de la classe dirigeante étasunienne et d’en identifier les limites.

Je résumerai mes conclusions de cette lecture dans les points suivants :
  • la capacité de « prévoir » de Washington étonne par sa faiblesse ; on a le sentiment que les rapports successifs de la CIA sont toujours « en retard » sur les évènements, jamais en avance ;
  • cette classe dirigeante ignore le rôle que les « peuples » jouent parfois dans l’histoire ; elle donne le sentiment que les opinions et les choix des classes dirigeantes comptent seuls, et que les peuples « suivent » toujours ces derniers choix pour s’y adapter sans jamais parvenir à les mettre en échec et encore moins à imposer des alternatives différentes ;
  • aucun des « experts » dont l’opinion aurait été retenue n’imagine possible (et encore moins « acceptable ») un mode de gestion de l’économie autre que celui dont l’économie conventionnelle reconnait le caractère prétendu « scientifique » (l’économie capitaliste « libérale » et « mondialisée »), il n’y aurait donc pas d’alternative crédible (et donc éventuellement possible) au « capitalisme libéral » ;
  • l’impression qu’on tire de cette lecture est que, de surcroit, l’establishment étasunien conserve quelques solides préjugés, notamment à l’égard des peuples d’Afrique et d’Amérique latine

La CIA n'a pas vu venir la crise

Le rapport précédent – le monde en 2015 – n’avait pas imaginé que le mode de financiarisation du capitalisme des oligopoles devait nécessairement conduire à un effondrement comme cela s’est produit en 2008 et avait été prévu et décrit des années auparavant par des analystes critiques que les experts de l’establishment étasunien ne lisent jamais (dont François Morin, John Bellamy Foster et moi-même).

De la même manière l’échec militaire en Afghanistan n’avait pas été imaginé et c’est seulement donc dans ce dernier rapport que l’idée d’un abandon partiel de la stratégie de Washington de contrôle militaire de la planète est envisagée – évidemment suite à son échec !

Aujourd’hui encore donc (dans la perspective de 2025) le rapport affirme sans hésitation « qu’un effondrement de la mondialisation » reste impensable. Notre hypothèse est au contraire qu’il y a une forte probabilité de « dé-globalisation » par la constitution de régionalisations robustes et déconnectées (au sens que les rapports que ces régions entretiendraient entre elles seront l’objet de négociations ne remettant pas en cause gravement leur autonomie relative).

D’une manière générale « l’hégémonie » des Etats Unis, dont le déclin est visible depuis plusieurs décennies, affirmée pourtant dans le rapport précédant comme toujours « définitive » est désormais imaginée comme « écornée », mais néanmoins toujours robuste.

Myopie fatale

Il est coutumier que les classes dirigeantes n’imaginent pas le terme possible du système qui assure la perpétuation de leur domination. Les « révolutions » sont donc toujours, pour elles, non seulement des « catastrophes », mais encore des accidents imprévisibles, inattendus, « irrationnels ».

Cette myopie fatale leur interdit de sortir du cadre d’une prétendue « real-politik » (fort peu réaliste en réalité !) dont le parcours est façonné exclusivement par les effets des calculs, des alliances et des conflits concernant les seules classes dirigeantes.

La géopolitique et la géostratégie sont alors strictement enfermées dans l’horizon des possibilités conformes à ces jeux. Les raisonnements développés par les analystes de la CIA, concernant les différentes options possibles de la classe dominante étasunienne (et de ses alliés subalternes européens et japonais), en réponse à celles de leurs adversaires sérieux (les pays « émergents », Chine en premier lieu) et aux oscillations chaotiques possibles d’autres, sont certainement fondées.

Mais il reste que l’éventail des objectifs et des stratégies mises en œuvre par les Etats, les nations et les peuples des périphéries du système mondial (qu’il s’agisse des pays émergents ou de ceux qui sont marginalisés) est sérieusement rétréci par le préjugé « libéral » fondamental.

La contradiction fondamentale à laquelle les classes dirigeantes des pays concernés sont confrontées est ignorée. Que ces classes soient « pro-capitalistes », au sens large du terme, n’est pas discutable, mais évident. Il reste que leurs projets capitalistes ne peuvent se déployer que dans la mesure où les stratégies mises en œuvre contraignent alors, avec succès, les centres impérialistes à reculer.

La fin de la "belle époque"

Le rapport sous estime largement cette contradiction pour se satisfaire de ce qui paraît encore correct aujourd’hui, à savoir que les pouvoirs en place (en Chine, en Inde, au Brésil, en Russie et ailleurs) ne remettent pas (encore ?) en cause les fondements de l’ordre international. Il en est ainsi parce que dans la phase précédente de déploiement de la mondialisation, celle que j’ai qualifiée de « belle époque » (1980-2008) les pays émergents étaient effectivement parvenus à « tirer profit » de leur insertion dans la mondialisation en opération.
 
Mais cette phase est désormais close et les classes dirigeantes des pays concernés devront le constater et, partant, mettre en œuvre des stratégies de moins en moins « complémentaires » de celles déployées par les oligopoles du centre impérialiste, en fait donc de plus en plus conflictuelles avec celles-ci.

Un facteur décisif – ignoré par les analystes de la CIA – accélèrera probablement cette évolution : la difficulté à concilier une croissance « capitaliste » forte et des réponses acceptables aux problèmes sociaux associés à celle-ci, à laquelle se heurtent les pouvoirs en place dans les périphéries du système.

Les experts de la CIA ne font pas la distinction entre les classes dirigeantes du centre impérialiste et celles des périphéries, puisqu’elles sont toutes « pro-capitalistes ». Pourtant, à mon avis, cette distinction est essentielle. Les classes dirigeantes de la triade impérialiste – les serviteurs fidèles des oligopoles – ne sont effectivement pas « menacées », du moins dans l’avenir visible. Elles garderont donc probablement l’initiative dans la gestion de la crise, en faisant marginalement si nécessaire quelques concessions aux revendications sociales.

Par contre les classes dirigeantes des périphéries sont dans des positions beaucoup moins confortables. Les limites de ce que peut produire la voie capitaliste sont ici telles que leur relation aux classes populaires demeure ambiguës.

Des évolutions dans les rapports sociaux de force, favorables à des degrés divers aux classes populaires sont ici possibles, et même probables. La convergence entre le conflit qui oppose l’impérialisme aux peuples et nations des périphéries d’une part et celui qui oppose le capitalisme à la perspective socialiste d’autre part est à l’origine de la position inconfortable des classes dirigeantes pro-capitalistes au pouvoir dans le Sud.

Le libéralisme rend aveugle

Faute de saisir la nature de cette contradiction majeure, les experts de l’establishment étasunien considèrent que l’option du « capitalisme d’Etat » (de la Chine et de la Russie) n’est pas viable et doit conduire un jour ou l’autre à une restauration du capitalisme libéral. L’autre possibilité, qui leur échappe, est que ce capitalisme d’Etat évolue « à gauche », sous la pression victorieuse des classes populaires.

Les scénarios envisagés dans le rapport sont de ce fait fort peu réalistes. L’imaginaire de Washington ne va pas au-delà du préjugé selon lequel le succès même de la croissance forte des pays émergents renforcera les classes moyennes qui aspireront à la fois au capitalisme libéral et à la « démocratie », définie bien entendu selon la formule en cours en Occident (pluripartisme et système électoral de la démocratie représentative), la seule formule de démocratie reconnue par l’establishment occidental.
 
Que les classes moyennes en question n’aspirent pas à la démocratie parce qu’elles savent que le maintien de leurs privilèges exige la répression des revendications populaires ne vient pas à l’esprit de nos « experts ». Qu’en conséquence la démocratisation, associée au progrès social et non dissociée de celui-ci comme c’est le cas dans le modèle de la « démocratie » représentative » préconisée, doive emprunter d’autres voies, est tout également étranger à leur mode de pensée.

D’une manière générale, les « experts » du libéralisme ignorent la possibilité d’une intervention des peuples dans l’histoire. En lieu et place ils survalorisent le rôle des « individus exceptionnels » (comme Lénine et Mao, à l’intervention desquels les révolutions russe et chinoise est attribuée, comme s’il n’y avait eu aucune situation objective qui rendait prévisible ces révolutions, quelqu’ait été le rôle de ses dirigeants !).

Ce qu’on peut tirer du jeu des « scénarios », imaginés dans le cadre du mode de pensée limité des experts libéraux est finalement maigre. Beaucoup de détails intéressants (et sans doute correctement saisis), aucune vue d’ensemble qui entraîne la conviction, puisque les contradictions majeures qui donnent sens et portée aux luttes et aux conflits sont ignorées.

Par exemple la longue liste des innovations technologiques susceptibles de s’imposer n’apprend pas grand chose. Sauf que – mais nous le savons déjà -  les pays émergents (la Chine et l’Inde en particulier) sont capables d’en maîtriser le contrôle.

La question véritable qui se pose ici, pour ces pays comme pour les pays « nantis » de la triade, concerne l’usage de ces technologies, les intérêts sociaux au service desquels elles seront mises en œuvre, les « problèmes » à la solution desquels elles peuvent contribuer et en contrepoint, les « problèmes » sociaux supplémentaires que ces usages génèrent. Aucune de ces questions majeures n’est étudiée dans le rapport.
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 18:16

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L'économiste Samir Amin décrypte le dernier rapport de la CIA sur l'état du monde. Des travaux qui montrent que les experts de l'agence de renseignement ne voient qu'un seul horizon : la domination du modèle américain. Dans cette première partie, Samir Amin évoque l'aveuglément libéral des experts.



  Les experts de l’establishment étasunien ne s’intéressent qu’aux choix « possibles » des classes dirigeantes des « pays qui comptent » (la Chine en premier lieu, ensuite la Russie et l’Inde, puis l’Iran et les pays du Golfe, enfin le Brésil).

L’Europe, à leur avis, n’existe pas (et sur ce point ils ont certainement raison) et de ce fait restera forcément alignée sur les choix de Washington. L’illusion qu’ils peuvent se faire sur les pays du Golfe est instructive : « riches » ces pays doivent « compter », le fait qu’on puisse être riche et insignifiant (ce que je crois être le fait pour ces classes dirigeantes) ne leur paraît pas « imaginable ».

J’avais pourtant écrit une critique amusante du projet de Dubaï, avant son effondrement prévisible. Leur crainte concernant l’Iran, non pas pour son « régime islamique » mais parce que cette grande nation n’accepte pas la résignation, est par contre fondée.

L'Europe et l'Afrique oubliées

Il reste certainement un zeste de racisme dans le jugement porté par ces experts sur l’avenir de l’Afrique et de l’Amérique latine.

L’Afrique ne comptera toujours pas, et restera ouverte au pillage de ses ressources. Le seul problème pour eux est qu’ici les Etats Unis (et leurs alliés subalternes européens) se trouveront désormais en concurrence difficile avec les appétits de la Chine, de l’Inde et du Brésil. La crainte n’est pas sans fondement.

Mais la possibilité d’un rapport Sud/Sud associant les « pays émergents » (Chine, Inde et Brésil) et l’Afrique d’une nature quelque peu différente au rapport impérialiste de pillage classique, et que ce rapport puisse contribuer à sortir l’Afrique de sa situation de région « marginalisée » (« exclusion programmée ») pour entrer enfin dans l’ère de l’industrialisation, ne leur paraît pas être digne de réflexion.

L’Amérique latine de son côté n’inquiète toujours pas Washington. Le seul pays « émergent »  –  le Brésil – restera « sage ». Le modèle de l’intégration irréversible dans l’espace dominé par les Etats Unis que le Mexique illustre, leur paraît être à la longue la destinée inévitable du continent.

Les « avancées » révolutionnaires (Cuba, le Venezuela, la Bolivie) sont considérées comme destinées à faire faillite. Les « scénarios » dessinés dans le rapport, dans ces conditions, renseignent plus sur les limites de la pensée dominante aux Etats Unis que sur les probabilités de leur réalisation.

Le spectre du "péril jaune"

Le premier de ces scénarios consacre une victoire éclatante de la Chine s’imposant comme nouvelle « puissance hégémonique », entrainant dans son sillage une Russie rénovée (c'est-à-dire ayant réussi à diversifier et moderniser son industrie et en particulier ses industries de pointe fondées sur un système d’éducation performant ; sortie donc de la situation réduite à celle d’un exportateur de pétrole et de gaz), une Inde autonome mais résignée, un Iran (« islamiste » ou pas) devenu acteur dominant au Moyen Orient.

La « Conférence de Shanghai » victorieuse, réduit l’OTAN au statut d’une alliance impuissante – voire ridicule – contrainte de renoncer définitivement à son projet de « contrôle militaire de la Planète » et à ses interventions sous le prétexte de « guerre au terrorisme ». L’alliance de Shanghai garantit l’accès de la Chine et de l’Inde à 70% des productions de pétrole et de gaz du Moyen Orient.

Cette image – outrageusement forcée – remplit une fonction idéologique évidente. Il s’agit d’agiter le spectre du « péril jaune » et de mobiliser les Européens, voire les Arabes (du Golfe en particulier) derrière le plan de « résistance » de Washington. L’image est forcée parce que la Chine (ses classes dirigeantes – fussent-elles « pro-capitalistes ») n’a pas l’objectif de s’imposer comme puissance « hégémonique » planétaire. Beijing est suffisamment réaliste pour savoir que cela serait un objectif démentiel par son irréalisme.

Par contre et précisément parce que la Chine sait que les moyens qu’elle peut déployer pour imposer aux Etats Unis, à l’Europe et au Japon le respect de ses droits (en autre d’accès au pétrole) sont limités, Beijing pourrait concevoir que leur puissance serait renforcée si la Chine parvenait à entraîner, avec elle (et non « derrière » elle) l’ensemble du Sud.

Le second « scénario » consacre, à l’opposé, l’échec retentissant du « Plan de Shanghai », l’éclatement du groupe éphémère que représente le BRIC, la montée en ligne du conflit Chine/Inde, la stagnation de la Russie et l’avortement du projet nationaliste de l’Iran. Rien de cela n’est rigoureusement impossible. Il reste que ce succès « total » des Etats Unis ressemble trop à ce que Washington souhaiterait pour être crédible.

Un autre point de vue social

L’analyse que je propose – en contre point des élucubrations de Washington (et de bien d’autres inspirés par la même méthode de pensée) – est fondée sur d’autres principes de réflexion, associant ouvertement celle-ci aux objectifs de « transformation » du monde (c'est-à-dire à la fois de l’ordre social dans les pays concernés et des équilibres internationaux) qu’on souhaite promouvoir. La méthode exige qu’on donne sa place à un « autre point de vue social », celui qui répond aux intérêts des classes populaires et des nations.
 
Un « monde meilleur » implique à la fois des équilibres sociaux à l’intérieur de chacune de composantes des composantes nationales du système plus favorables aux classes populaires et simultanément un ordre international négocié plus favorable aux pays du Sud, « émergents » ou « marginalisés ». La seule question qui se pose est donc : quels sont les agents possibles qui peuvent agir dans ce sens et quelles stratégies sont-ils en mesure de déployer à cet effet ?

Dans cet esprit le « conflit Nord/Sud » et la lutte pour le dépassement socialiste du capitalisme sont indissociables du point de vue des peuples, même s’ils sont « dissociés » en fait dans les stratégies déployées par les classes dirigeantes du Sud aux postes de commande.

Toutes les « avancées », même modestes, encore fragmentées et partielles, qui vont dans le sens de nos espoirs et souhaits doivent être soutenues. Par exemple une réorientation du développement donnant plus de place au marché interne, et moins d’importance décisive aux exportations. Par exemple un renforcement des relations de coopération Sud/Sud.

Mais il reste nécessaire d’aller bien au-delà de ce qu’on voit déjà amorcé ici et là, en réponse à la crise, en particulier en ce qui concerne la nouvelle coopération Sud/Sud. Celle-ci n’aura de sens que si elle permet aux pays encore « exclus » (l’Afrique en particulier) d’entrer dans l’ère de l’incontournable industrialisation.

Associer le renforcement du progrès social à l’intérieur des nations et celui de l’autonomie dans les rapports internationaux implique nécessairement des avancées démocratiques.

Mais la démocratisation passe ici par la lutte des classes, qui est le seul moyen par lequel les classes populaires peuvent imposer leur plus grande participation aux pouvoirs réels de décision et non par le renforcement des pouvoirs de la « classe moyenne », obtenu par une démocratie représentative « à l’occidentale », la seule évidemment que connaissent les experts de l’establishment étasunien.
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 18:15
17715.jpgMondialisation.ca, Le 19 février 2010
L'aut'journal
 

Affecté par la crise économique mondiale et la baisse du prix du pétrole, éprouvé par une sécheresse qui menace l’approvisionnement électrique du pays, le Venezuela traverse une période difficile comme cela arrive dans de nombreux pays du monde.

Mais le pays est entouré de bases militaires et d’espions de la CIA, scruté à la loupe par les grands médias locaux et internationaux de même que par les gouvernements occidentaux, tous attendent un faux pas de sa part.

Ce faux pas, l’opposition interne, très minoritaire mais très appréciée à l’extérieur des frontières vénézuéliennes, est prêt à tout pour le provoquer de sorte que la moindre mesure prise par l’administration Chavez prend des proportions démesurées.

Par exemple, une dévaluation partielle de la monnaie, annoncée le 8 janvier, suivie par l’expropriation de la chaîne de supermarchés Exito qui en avait profité pour spéculer sur les prix des aliments et accaparer des stocks, a déclenché un tollé médiatique accusant le président Chavez de fermer « par centaines des commerces constamment menacés d’expropriation ».

La dévaluation vise, sagement et en toute souveraineté, à réduire les importations pour relancer la production nationale et diversifier les exportations puisque celles reliées au pétrole représentent 90% des revenus en devises du Venezuela.

Une autre mesure, décriée partout comme une preuve d’inefficacité de la révolution bolivarienne, est la baisse drastique de 20% de la consommation d’énergie qui, depuis le début de cette année, affecte les secteurs public et privé.

La mesure est causée par une longue période de sécheresse qui fait dramatiquement baisser le niveau d’eau des barrages hydro-électriques, principalement celui de la centrale El Guri qui, à elle seule, alimente en électricité 73% du pays.

L’état « d’urgence électrique », décrété officiellement le 8 février dernier, provient aussi de l’arrêt « temporaire » de vente d’électricité au Venezuela par la Colombie voisine, également très touchée par la sécheresse.

Une troisième mesure, qui ailleurs serait passée inaperçue, a relancé l’agression médiatique permanente envers le gouvernement vénézuélien, cette fois sous la forme d’accusations de « faire taire les médias d’information critiques » et de « s’attaquer à la liberté d’expression ».

Il s’agit de la suspension temporaire par la Commission nationale des télécommunications (CONATEL) des activités d’une demi-douzaine de chaînes télévisées qui ne se conformaient pas aux exigences de la Loi de responsabilité sociale en matière de radio et télévision (RESORTE).

La chaîne RCTV, qui a participé activement au coup d’état raté de 2002 contre Hugo Chavez et se retrouve aujourd’hui parmi les fautives, ignore volontairement cette loi.

Alors que toutes les autres chaînes suspendues s’y sont rapidement conformées et ont repris leur programmation, RCTV a un tout autre agenda : agiter les rues et espérer qu’un gouvernement sous haute surveillance commette les erreurs qui précipiteront sa chute.

Contre les mesures mentionnées, les médias vénézuéliens et les recteurs de certaines universités ont mobilisé un mouvement étudiant issu des classes riches. Des affrontements qui ont duré toute la dernière semaine de janvier ont fait deux morts et 16 blessés.

À leur tour, ces violences ont alimenté une nouvelle campagne médiatique annonçant « la fin imminente du cycle Chavez ». Le 25 janvier, le Washington Post publie un éditorial affirmant que « Hugo Chavez et le socialisme du 21e siècle ont été défaits et sont en train de s’écrouler ».

« Le pays, poursuit l’éditorialiste, s’enfonce dans la récession, l’inflation à deux chiffres et le possible effondrement du réseau électrique national. »

Quatre jours plus tôt, en pleine entrevue télévisée, le président de la Fédération des chambres de commerce et de production du Venezuela (FEDECAMARAS), Noel Alvarez, lance à un animateur hilare que « la solution pour sortir du régime Chavez est la solution militaire. »

Le plus terrible est que cette dernière est réellement là.

Les États-Unis, rappelle Ignacio Ramonet, sur le portail internet Mémoire des luttes, ont immédiatement réagi à l’entrée en fonction du président Chavez, le 2 février 1999.

Obligés par le traité Torrijos-Carter de 1977 d’évacuer l’importante base militaire de Howard, au Panama, le Pentagone choisit alors de disperser ses installations à Manta (Équateur), Comalapa (Salvador) et dans les îles d’Aruba et Curaçao, situées à quelques kilomètres de la côte vénézuélienne.

Dès le début, l’un des objectifs est de surveiller le Venezuela et aider à déstabiliser la révolution bolivarienne.

En même temps, après les événements du 11 septembre 2001, Washington abandonne définitivement les grandes bases militaires avec un personnel nombreux et des équipements lourds pour les remplacer par des installations dotées de très peu d’effectifs mais d’une technologie avancée en matière de détection.

La base de Manta a participé au coup d’état manqué contre Hugo Chavez, en avril 2002, et, en 2005, les États-Unis renouvellent l’accord avec les Pays-Bas pour Aruba et Curaçao où s’intensifie rapidement l’activité militaire.

C’est au cours de cette même année qu’est créée l’ALBA et que, facilement réélu, le président Chavez commence à évoquer le « socialisme du 21e siècle ».

Les États-Unis réagissent encore en imposant un embargo sur la vente d’armes et de matériel militaire au Venezuela sous le faux prétexte que le pays ne collabore pas suffisamment à la lutte contre le terrorisme.

L’embargo force le gouvernement Chavez à se tourner vers la Russie pour équiper l’armée bolivarienne dont les avions F-16 de fabrication états-unienne se retrouvent sans pièces de rechange.

Les États-Unis ont alors beau jeu de dénoncer un « réarmement massif » du Venezuela omettant de mentionner la colossale aide militaire qu’ils fournissent eux-mêmes à la Colombie et les budgets d’armement brésilien et chilien, infiniment plus élevés que celui du Venezuela.

En 2008, Washington réactive la quatrième flotte, abolie depuis 1948, dont la mission est de surveiller et contrôler la côte Atlantique de l’Amérique du Sud.

L’encerclement du Venezuela s’accélère ensuite. La base de Manta, évacuée en 2009, est remplacée par l’utilisation de plusieurs bases militaires colombiennes dont certaines proches de la frontière sud-ouest du Venezuela. Puis, en octobre dernier, le président conservateur du Panama, Ricardo Martinelli, cède l’usage de quatre autres bases de son pays aux États-Unis.

À cela, l’expert en géopolitique, Michel Chossudovsky, ajoute l’invasion d’Haïti déguisée en aide humanitaire, qui, depuis le tremblement de terre du 12 janvier dernier, permet à Washington de disposer d’une véritable armada à la fois proche de Cuba et de Venezuela.

Sans oublier le coup d’état du 28 juin dernier, au Honduras, que l’administration Obama a largement aidé à réussir, encourageant clairement les aspirants putschistes de la droite vénézuélienne.

« Le Venezuela et la révolution bolivarienne, conclut Ignacio Ramonet, se retrouvent donc encerclées par pas moins de 13 bases états-uniennes (…) ainsi que par les porte-avions et les vaisseaux de la quatrième flotte. »

« Le président Barack Obama semble avoir donné carte blanche au Pentagone. Tout paraît annoncer une agression militaire. Les peuples du monde accepteront-ils que soit commis un nouveau crime contre la démocratie en Amérique latine? »


André Maltais est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de André Maltais publiés par Mondialisation.ca
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 13:47
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AFP/Jana BirchumJoe Stack a précipité volontairement son petit avion sur un immeuble de l'administration fiscale à Austin, au Texas, le 18 février.

 

"Le credo communiste : de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ; le credo capitaliste : de chacun selon sa crédulité, à chacun selon son avidité. Joe Stack (1956-2010)." Ainsi finit le long message laissé, sur Internet, par l'Américain qui a précipité volontairement son petit avion sur un immeuble de l'administration fiscale à Austin, au Texas, jeudi 18 février. Agé de 53 ans, l'homme est vraisemblablement mort dans l'accident, un employé des impôts étant également porté disparu, et deux autres grièvement blessés.

Sur le site, fermé peu de temps après le crash, de la société de logiciel informatique qu'il avait créée en 1983, Joe Stack a laissé un testament de six pages, désormais disponible sur le site du Washington Post, dans lequel il s'attache à démonter le mythe du rêve américain. "Malheureusement, écrit-il, dans ce pays, nous subissons un lavage de cerveau dès notre plus jeune âge pour nous faire croire qu'en échange de notre dévouement et de nos services, le gouvernement œuvre pour la justice pour tous (...), qu'il y a de la liberté dans ce pays, et que nous devrions être prêts à donner notre vie pour les nobles principes de nos pères fondateurs. (...) J'ai passé toute ma vie d'adulte à essayer de me sortir tout ce bordel de la tête."

 ême sujet Portfolio Crash fiscal au Texas Les faits Un pilote précipite son avion sur un immeuble texan

Dans sa ligne de mire, les hommes politiques, "des voleurs et des menteurs qui ne pensent qu'à leur propre intérêt", le sauvetage des banques et des grandes entreprises "qui se sont écroulées sous le poids de leur gloutonnerie", comme General Motors, le système de santé et les compagnies d'assurances qui "tuent des dizaines de milliers de gens", ou encore les lois : "On demande une signature sur la déclaration d'impôts, mais qui peut dire qu'il comprend vraiment ce qu'il signe ? (...) Si ceci n'est pas une mesure digne d'un régime totalitaire…"

DÉBOIRES FINANCIERS

Stack situe son entrée dans ce qu'il appelle le "vrai cauchemar américain" au début des années 1980, moment où il monte sa propre société en tant qu'ingénieur indépendant spécialisé dans les logiciels informatiques. A l'origine des multiples déboires financiers qu'il raconte, une réforme fiscale adoptée en 1986 au profit du géant informatique IBM qui a rendu très difficile, pour les ingénieurs en informatiques, de rester indépendants. Dans le New York Times, un avocat qui défend l'abrogation de la loi, confirme que ce texte a "ruiné la vie de beaucoup de gens". Joe Stack écrit avoir dépensé au moins 5 000 dollars, et mille heures de son temps à essayer de convaincre des politiciens de sa nocivité. En vain, la loi, bien que très critiquée, existe toujours.

En moins de trente ans, Joe Stack raconte avoir perdu plusieurs fois toutes ses économies avant de rebondir, pour retomber de nouveau. Mal conseillé par un avocat fiscaliste, il finit par se retrouver "planté au milieu du désastre", poursuivi par le fisc. Selon Associated Press, il a, durant sa carrière, monté deux sociétés de logiciels informatiques, toute deux suspendues par l'administration fiscale, en 2000 et 2004.

BILAN DES MORTS

"J'en ai eu plus que je ne peux supporter. Dire que les gens ne meurent plus pour leur liberté dans ce pays est un mythe (...). Je sais qu'il y a eu des victimes avant moi, qu'il y en aura d'autres après. Mais je sais aussi que si je n'ajoute pas mon corps au bilan des morts, rien ne changera", écrit Stack en conclusion.

"Je choisis de ne pas continuer à regarder Big Brother me désosser, je choisis de ne pas ignorer ce qu'il se passe autour de moi, je choisis de ne pas prétendre que le 'business as usual' ne continuera pas, j'ai eu mon compte. Je peux juste espérer que le nombre [de cadavres] sera bientôt trop important pour (...) être ignoré et que les zombies américains vont se réveiller et se révolter", ajoute-t-il.

Ces derniers mots lui valent déjà une certaine popularité sur la Toile. Plusieurs pages Facebook ont été créées pour lui rendre hommage. Sur l'une d'elle, nommée "La philosophie de Joe Stack", qui compte déjà plus de 770 fans, l'administrateur a cru bon de préciser dans un encadré : "Cette page n'a pas pour but de glorifier ses actions mais simplement de dire, après avoir lu son message, que nous sommes d'accord avec les réflexions de Joe Stack." Il reprécise sur le mur que la page veut "réveiller les gens". "Je ne cautionne pas le fait de précipiter un avion dans un immeuble !"


Aline Leclerc
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