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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 19:09

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« Vous entrez en territoire zapatiste en rébellion. Ici le peuple commande et le gouvernement obéit. » Patiné par le temps, attaqué par la rouille, le grand panneau métallique qui annonce le passage en zones insurgées est toujours bien visible. A Oventic et dans les quatre autres Caracoles qui fédèrent les municipalités zapatistes de l’Etat du Chiapas, « l’autonomie de fait » est une réalité qui perdure depuis une quinzaine d’années. Avec plus de détermination encore à partir du début des années 2000, lorsque les rebelles décidèrent progressivement de réorienter leur stratégie vers le local, échaudés par le bilan de leur marche de 2001 sur Mexico où, soutenus par plus d’un million de sympathisants mobilisés dans le centre ville, ils étaient allés demander – en vain – la réforme constitutionnelle promise . S’en est alors suivi une période de repli, mal comprise dans un premier temps par les « zapatisants » hors Chiapas, du Mexique, d’Amérique et d’Europe, interprétée ensuite comme un renoncement définitif à l’espoir d’un changement par la voie politique institutionnelle ; comme un recentrage sur l’organisation alternative de la vie quotidienne dans les communautés indigènes. Cette tentative de construire « un autre monde » précisément là où les discriminations et la marginalisation avaient poussé des milliers de paysans mayas à se soulever en armes le 1er janvier 1994, constitue aujourd’hui de facto l’essentiel de la réalité de cette rébellion hors normes.

Autonomie réussie ?

C’est en 2003 que la quarantaine de municipalités zapatistes fut répartie par la direction du mouvement en cinq Caracoles : Oventic, Morelia, La Garrucha, Roberto Barrios et La Realidad. Et autant de Juntas de Buen Gobierno furent constituées pour administrer chacune de ces régions autonomes. A tour de rôle, des délégués – hommes et femmes – des communautés viennent y assumer leurs responsabilités, durant une ou deux semaines. Fonctionnement collectif, horizontal et rotatif. Le meilleur moyen, selon le sous-commandant Marcos, toujours porte-parole du mouvement et chef militaire de son armée (l’EZLN, Ejercito zapatista de liberacion nacional), d’éviter les pièges du pouvoir, tels la corruption ou l’éloignement des soucis du quotidien... Avec succès ? Une poignée d’études universitaires menées ces dernières années sur place confirment les impressions du visiteur de passage. Si les municipalités autonomes zapatistes ne sont pas devenues des paradis sur terre, les indices d’absentéisme scolaire, de dénutrition et de mortalité infantile – les plus élevés du pays avant 1994 – y sont en baisse. Différence plus manifeste par rapport aux villages voisins non zapatistes, l’application stricte de la ley seca revendiquée par la composante féminine du mouvement rebelle dès 1993 y a fait chuter l’alcoolisme – endémique jusque-là – et donc les violences conjugales et plus globalement le mauvais traitement des femmes.

En matière de justice, le recours aux usages communautaires – fussent-ils émancipés du caciquisme traditionnel – n’est pas sans risque et instille de fait des situations complexes de « pluralisme juridique ». Parmi d’autres, l’anthropologue Mariana Mora explique toutefois que dans le Caracol de Morelia où elle a réalisé sa thèse pour l’Université du Texas à Austin, tant des métis et indigènes zapatistes que des non zapatistes préfèrent désormais, pour résoudre leurs problèmes de terre, de vol, de divorce…, s’adresser aux instances autonomes plutôt qu’aux cadres officiels. Avec la conviction que les premières sont plus « justes » et « efficaces ».

Economie confisquée

Le volet économique est forcément plus problématique. Dans les communautés autonomes, la dépendance à l’égard du clientélisme et de l’assistancialisme de l’Etat, bannie totalement depuis 2003, a fait place à une autre dépendance, celle vis-à-vis de la solidarité non gouvernementale, nationale et internationale, certes plus respectueuse des dynamiques et des priorités zapatistes, mais qui ne peut rompre pour autant avec le schéma aléatoire ou obligeant de l’aide. Au-delà, c’est l’ensemble des régions indigènes rurales du Chiapas qui continuent à faire les frais d’une insertion pour le moins désavantageuse au sein de l’économie nationale et mondiale. En atteste l’émigration, qui touche aussi fortement les communautés rebelles. Zapatiste ou non, l’indigène chiapanèque sait qu’à Cancun, aux Etats-Unis ou ailleurs, dans le bâtiment ou dans un autre secteur, il pourra mieux gagner sa vie qu’en s’acharnant sur son maigre lopin de terre, pour y produire un maïs devenu non rentable depuis que les accords de libre-échange nord-américains ont ouvert la voie aux excédents de l’agro-industrie états-unienne .

Le Chiapas, riche en ressources naturelles, reste certes une terre d’investissements, mais, dans leurs formes actuelles, qu’ils soient agricoles, pétroliers, gaziers, forestiers, miniers ou touristiques, ils confirment d’abord l’extraversion de l’économie de la région : appropriation privative et concentration des ressources ; approvisionnement du marché national et mondial en hydro et agro-énergie, en carburants fossiles, en pharmacopée brevetée, en minerais, en destinations de vacances… Ce modèle d’« insécurité alimentaire » et du « tout à l’exportation » persiste à sacrifier, en dépit d’une sensibilité croissante à ses limites, l’essentiel de la raison sociale et environnementale à la logique motrice du profit, au bénéfice prioritaire des capitaux nord-américains, colombiens, espagnols et autres qui l’irriguent.

Facette la plus outrancière – parce que la plus visible – de ce hold up des richesses chiapanèques, l’organisation du marché touristique local. Le Sud du Mexique demeure en effet de loin la première destination latino-américaine des vacanciers internationaux, et pour peu que ces derniers ne se cantonnent pas aux plages de la péninsule du Yucatan, le « pittoresque des Indiens » du Chiapas, le « mystère » de ses ruines précolombiennes et la « luxuriance de sa nature préservée » ont fait de la région l’endroit rêvé pour touristes en quête de dépaysement culturel soft, de décor humain exotique et de rapport enchanté au monde… Premiers bénéficiaires de l’affluence : une poignée de tour-opérateurs transnationaux et leurs « formules écotouristiques all in » ; derniers bénéficiaires : les Mayas eux-mêmes, dont quelque 71% souffrent de malnutrition … En cela, la modique quote-part additionnelle que les rebelles zapatistes font actuellement payer « en toute illégalité » à l’entrée des cascades d’Agua Azul, aux voyagistes qui y déversent leur lot quotidien de visiteurs émerveillés, apparaît plus comme l’expression symbolique inoffensive d’une volonté légitime de réappropriation que comme le tremplin d’un improbable renversement de tendance. Les freins à la construction de l’autoroute qui facilitera les flux touristiques entre les pyramides de Palenque et San Cristobal de Las Casas, la « fascinante cité coloniale », semblent d’ailleurs aujourd’hui plus d’ordre économique et logistique que sociopolitique, bien que plusieurs des territoires indigènes à traverser affichent leur identité zapatiste…

Guerre d’usure « de basse intensité »

A écouter les commandants rebelles, si les menaces principales qui pèsent sur leur projet autonomiste et sur « ses résultats sanitaires et économiques encourageants » sont effectivement extérieures au mouvement, elles se situent avant tout dans la stratégie « contre-insurrectionnelle » privilégiée par les autorités mexicaines ces dernières années. Stratégie aux variantes multiples, mais qui pour l’essentiel, à défaut d’avoir accepté de payer le prix politique d’une éradication militaire de l’EZLN ou, à l’inverse, de négociations abouties, parient depuis 1994 sur la lassitude des populations insurgées, en entretenant activement le harcèlement physique et psychologique des communautés autonomes. Quadrillage militaire des zones rebelles – 118 bases ou postes de l’armée fédérale , dont 57 installés sur des terres communautaires –, menaces et déplacements forcés, « parrainage » de groupes paramilitaires anti-zapatistes, coupures d’électricité et sabotages divers, exacerbation des divisions et conflits entre organisations paysannes indigènes, notamment par l’octroi de titres de propriété sur des terres occupées par les zapatistes… L’ensemble participe du pourrissement de la situation. Pas une semaine ne se passe sans l’écho d’une escarmouche plus ou moins violente à tel ou tel endroit d’un tissu social déchiré pour longtemps. Dans les ONG locales proches des communautés rebelles, on reste optimiste, contre vents et marées. On y reconnaît que le poids social du zapatisme est sapé, qu’« ils sont moins qu’il y a dix ans » – même si « l’EZLN elle-même est incapable de quantifier précisément ses bases d’appui », « certains quittent le mouvement, d’autres le rejoignent » –, mais la conviction que l’on a affaire à « un mouvement antisystémique », « irréversible », « plus déterminé que jamais » et « inscrit dans le long terme » est intacte. « La conscience croît, la nouvelle génération est née dans le zapatisme, un sujet et un ordre alternatifs sont en construction dans les municipalités autonomes, basés sur de nouveaux rapports sociaux. Les collectifs de production agro-écologique donnent vie à l’autonomie, en étroite relation avec les systèmes d’éducation et de santé zapatistes ». Un enthousiasme et une confiance dans l’avenir que même le Coca-cola qui continue de couler à flots dans la cantine cooperativa Che Guevara d’Oventic ne tempère que le temps… de le boire.

Isolement politique

Ce qui ajoute aujourd’hui à la vulnérabilité sociale, économique et militaire de la rébellion zapatiste dans le Chiapas, c’est son relatif isolement politique dans le reste du Mexique. Marcos lui-même en convient : « le zapatisme est passé de mode ». Et nombreuses sont les voix au sein des gauches mexicaines qui en attribuent la responsabilité au sous-commandant en personne ! Au-delà de l’inévitable retombée de tout phénomène médiatique et de l’essoufflement inéluctable de toute mobilisation sociale, c’est la stratégie nationale et internationale du leader de l’EZLN qui est en cause, et plus encore son discours paradoxal, souvent plus clivant que son humilité affichée le laissait penser. Si les raisons de l’éloignement progressif des organisations, intellectuels et mouvements vis-à-vis du zapatisme sont multiples, les élections présidentielles de 2006 ont cristallisé la fracture. De l’« Autre Campagne » lancée par Marcos en marge de la campagne électorale officielle, pour mobiliser et articuler les luttes « en bas à gauche », c’est surtout son « antipolitisme » qui a filtré dans l’opinion, et plus particulièrement les attaques répétées à l’encontre du candidat favori de la gauche, Lopez Obrador. Pour légitimes qu’elles soient – au Chiapas et au Congrès, le Parti de la révolution démocratique (PRD) de Lopez Obrador a souvent « trahi » la cause zapatiste –, les diatribes du sous-commandant n’en ont pas moins irrité les gauches mexicaines qui, dans leur majorité et toute leur diversité – des radicales au centristes –, ont fait corps derrière le candidat du PRD. Plus encore aux lendemains des élections, lorsqu’il s’est agi de contester les fraudes qui lui ont coûté la victoire et reconduit à la tête du Mexique un président de la droite conservatrice et néolibérale.

Outre sa « superbe » et ses « zigzags politiques », on reproche à Marcos d’avoir « auto-exclu » le zapatisme de la scène mexicaine et internationale, en snobant d’autres dynamiques révolutionnaires ou altermondialistes, en commettant l’un ou l’autre péché d’orgueil (comme son intervention en 2002 dans la question basque en Espagne, erreur confessée l’année suivante), mais surtout en balisant comme jamais la voie à suivre, tout en réitérant ne pas vouloir guider le processus... Lucide, le sous-commandant reconnaît lui-même certaines erreurs d’appréciation, mais s’il regrette particulièrement l’ultrapersonnalisation de l’EZLN au moment de sa forte médiatisation , il a beau jeu de s’étonner aujourd’hui de son propre discrédit auprès de ceux qui hier encore l’encensaient comme génial porte-parole d’une rébellion qui, sans lui, n’aurait pas retenu l’attention du monde plus de 48 heures.

L’isolement actuel, réel, n’est toutefois que relatif. Officiellement, dans la foulée de son « Autre Campagne » qui l’a vu sillonner le pays en quête des minorités rebelles – sociales, ethniques, sexuelles, générationnelles… –, l’EZLN continue à croire en « la possibilité d’un mouvement national anticapitaliste de gauche », horizontal, de base, en marge de toute représentation, médiation ou institution politique. Début 2009, une nouvelle rencontre internationale a été organisée dans le Chiapas à l’occasion du 15e anniversaire du soulèvement : le « Festival de la digna rabia » (colère digne). Certes moins couru que les précédentes « Rencontres intergalactiques » organisées dès 1996, le happening a tout de même réuni un bel échantillon d’intellectuels et de politiques latino-américains, de mouvements indigènes et paysans nationaux et internationaux, dont La Via Campesina, dans laquelle les zapatistes semblent se reconnaître.

« Egaux parce que différents »

Reste que, quoi qu’il advienne de cette rébellion des confins du Mexique, elle garde aujourd’hui le mérite d’avoir donné vie, à partir de son ancrage local, à un idéal éthique et politique désormais universel : l’articulation de l’agenda de la redistribution à celui de la reconnaissance. En prenant les armes d’abord, pacifiquement ensuite, au gré des circonstances, des rapports de force et de l’adaptation de ses propres stratégies. « Nous voulons être égaux parce que différents », répètent ses commandants sous leur cagoule devenue le symbole incongru d’une affirmation identitaire.

Insurgés en 1994 pour « la démocratie, la liberté et la justice », ils ne seront certes pas parvenus à refonder la Constitution, à décoloniser les institutions, à démocratiser le pays, mais ils auront doté les luttes paysannes et indigènes pour la dignité d’une visibilité et d’une portée inédites. Et ils entendent continuer à peser sur les choix de société, dans un Mexique bloqué politiquement et grand ouvert aux vents dominants de l’économie globalisée.

Le zapatisme participe ainsi pleinement de ces mouvements indiens qui, en Amérique latine, « illustrent la possibilité, aux yeux du sociologue Yvon Le Bot, de conflictualiser le culturel, à condition de le lier – sans le fusionner – au social et au politique, et de l’inscrire dans une perspective d’approfondissement de la démocratie » . Au Mexique, en Bolivie et ailleurs, de la base au sommet, ils font la preuve – fragile – que la mobilisation pour la reconnaissance des diversités n’implique pas nécessairement crispation identitaire ou « clash des civilisations » et qu’elle peut aller de pair avec la lutte pour la justice sociale et l’Etat de droit.

.

P.-S.

1- Bernard Duterme est Directeur du CETRI (www.cetri.be, Louvain-la-Neuve). 2- Réforme constitutionnelle contenue dans les accords de San Andres signés en février 1996 par le gouvernement et les zapatistes, au terme d’une première phase de négociation portant sur les droits et les cultures indigènes. Faute d’application de ces accords, les autres phases de négociation prévues – notamment sur les revendications socioéconomiques de l’EZLN – n’ont pu être tenues. 3- Lire Anne Vigna, « Le jour où le Mexique fut privé de tortillas », Le Monde diplomatique, mars 2008. 4- D’après le ministère du développement social du Chiapas, 2006. 5- D’après le ministère de la défense nationale, 2005. 6- D’après le CAPISE (Centro de Análisis Político e Investigaciones Sociales y Económicas), 2009. 7- Conflits meurtriers sporadiques dans le Chiapas entre indigènes zapatistes et indigènes se réclamant du PRD, vote du PRD en 2001 en faveur de la « loi indigène » qui équivaut à une fin de non-recevoir des accords de San Andres, actes d’opportunisme politique et de corruption avérés au sein du PRD, ambiguïtés du programme économique de Lopez Obrador…, l’ostracisme du zapatisme à l’égard du PRD n’est pas dénué de justifications. 8- Lire Laura Castellanos, Corte de Caja – Entrevista al Subcomandante Marcos, Mexico, Alterno – Bunker, 2008. 9- Yvon Le Bot, La grande révolte indienne, Paris, Robert Laffont, 2009.
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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 19:05

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Le sociologue et économiste Camille Chalmers dirige la Plate-Forme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif. Il évoque le contexte géopolitique de la Caraïbe. 

Comment analysez-vous la dispute entre la France et les États-Unis pour imposer leur leadership sur Haïti  ?

Camille Chalmers. Nous sommes habitués à être victimes de ce genre de rivalités impérialistes. Elles durent depuis le XIXe siècle. Mais il est inconcevable que l’on profite de cette situation tragique pour installer une domination militaire. Il faut replacer ce scandale dans le cadre des relations entre Haïti et ces deux pays, mais également dans le contexte géopolitique de la Caraïbe. La région connaît une offensive militariste avec la création de nouvelles bases militaires en Colombie, comme réponse à l’indépendance des peuples. Il faut prendre conscience de la nature de cette occupation militaire.

Que répondez-vous à l’argument 
selon lequel cette intervention pallie les faiblesses de l’État haïtien  ?

Camille Chalmers. Encore faut-il comprendre pourquoi il y a faiblesse de l’État haïtien. Au XIXe siècle, 
il y a eu un processus de construction d’un État néocolonial. Il s’articulait autour des intérêts 
des « négociants du bord 
de mer », c’est-à-dire d’une couche oligarchique très réduite qui divorce d’avec la société populaire. 
Cette minorité installe une structure administrative mimétique qui copie d’autres pays. À partir de 1915, cela s’aggrave avec l’occupation américaine, l’hypercentralisation autour de Port-au-Prince et 
la création d’une structure étatique contrôlée par les forces armées d’Haïti, elles-mêmes sous contrôle de l’extérieur. Ces vingt dernières années, on a assisté à de nouvelles offensives d’affaiblissement de l’État à travers l’application des politiques néolibérales. Celles-ci ont réduit 
les possibilités financières de l’État, sa taille et ses compétences qui ont été transférées aux ONG, 
au secteur privé et, entre guillemets, 
à « la communauté internationale ».

Nous avons vécu un drame lié 
à un phénomène naturel, mais 
son ampleur et la quantité des victimes sont liées au fait que l’État n’a jamais mis en place de politique sociale de logement. Il ne répond 
pas aux flux migratoires liés 
à la paupérisation des provinces 
et à la libéralisation commerciale, source de chômage. L’État 
a laissé le marché de l’immobilier 
se débrider avec des spéculateurs 
qui ne respectent aucune norme 
de sécurité, à commencer par l’équilibre écologique et la nature des sols. L’État est dépouillé face 
à l’actuelle crise, mais il est important, dans ce genre de situation, de placer la population aux commandes car c’est elle qui s’est mobilisée. Nous allons aboutir à davantage d’affaiblissement, 
voire à la disparition de l’État haïtien. On sera incapables 
de répondre aux besoins liés 
à la catastrophe, mais aussi aux besoins liés aux faiblesses structurelles de la société haïtienne.

Pourquoi cette nation, qui figure parmi les pays pauvres, est-elle à ce point source d’enjeux  ?

Camille Chalmers. Il y a d’abord le rôle historique d’Haïti. Ce pays rebelle a aboli l’esclavage et est entré en contradiction avec la logique dominante du marché de l’époque. Ce fait n’a jamais été accepté par les différentes puissances. Le goût amer de la défaite de Napoléon reste très vivace. Ensuite, la position d’Haïti est très stratégique. Nous sommes au centre de la Caraïbe et au cœur des enjeux idéologiques. Il est très important pour les États-Unis de contrôler le bassin de la Caraïbe à l’heure où Cuba n’est plus isolée, à l’heure également de la révolution bolivarienne au Venezuela, et des activités de l’Alba (Alliance bolivarienne pour les peuples d’Amérique). Enfin, Haïti est un pays appauvri, mais il possède des ressources minières importantes, de l’iridium. On parle également de réserves pétrolières.

Les mouvements de contestation qui existaient avant le séisme et le dénuement d’aujourd’hui ne constituent-ils pas des facteurs d’explosion sociale  ?

Camille Chalmers. Oui. Les stratèges du département d’État ont toujours présenté Haïti comme un pays imprévisible. D’où le caractère rapide de leur réponse militaire dans le cadre des guerres préventives de l’ancien président G. Bush. La situation explosive est structurelle en raison des niveaux de paupérisation extrêmes, que le tremblement de terre va encore aggraver. La nation haïtienne doit prendre la mesure de cette occupation déguisée en humanitaire. Il faut construire des réseaux de solidarité pour répondre à la conjoncture d’urgence, mais également pour entrer dans une construction véritable.

Entretien réalisé par Cathy Ceïbe

Voir en ligne : Humanité

P.-S.

Camille Chalmers fut membre du CA d’Alternatives entre 2003 et 2006
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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 18:57
par Jeronimo Carrera, président du Parti Communiste Vénézuelien (PCV)

Traduction AC pour
http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Apparemment, ici au Vénézuela, il y a encore beaucoup de gens qui ne savent pas faire la différence, ou font semblant de ne pas savoir la faire, entre le communisme et le socialisme. Peut-être certains croient-ils que le peuple vénézuélien peut être trompé sur le sujet, au point d'accepter les socialistes comme les bons et de rejeter les communistes comme les mauvais.



Ce qui est sûr, c'est qu'il y a une énorme différence entre ces deux grands mouvements politiques, tous les deux internationaux, par leur nature et par leur activité.



Mais l'idée fondamentale à retenir: c'est que, dans aucun pays dans le monde, sur les deux derniers siècles, les socialistes ont aboli, ou ne serait-ce que tenté d'abolir, la propriété privée des moyens de production, ce qui constitue une étape indispensable dans la construction d'une nouvelle société. Bien que des partis socialistes aient été au gouvernement plus d'une fois – et que certains le sont encore aujourd'hui – en de nombreux endroits et à de nombreux moments dans l'histoire.



En revanche, chaque fois qu'un Parti Communiste a pris le pouvoir, immédiatement et dans des situations pourtant bien différentes, la première chose qu'il ait faite est de commencer à mettre en oeuvre son programme. Parce qu'il ne s'agit pas d'expliquer le monde mais bien de le transformer... comme l'a si bien dit Karl Marx dans sa 11ème Thèse.

 

Que nous ayons commis des erreurs, parfois énormes, c'est certain. Mais cela a toujours été en accomplissant notre devoir, celui de construire un monde meilleur.

 

Aujourd'hui, dans notre pays, on commence à parler de la fondation d'une nouvelle internationale, mais sans préciser ses orientations idéologiques et encore moins sa composition de classe. Il a même été dit à ce sujet d'énormes bêtises, comme ceux qui l'ont présenté comme étant une Vème Internationale, une héritière et une continuatrice de la soi-disant IVème Internationale qui aurait été fondée par Leon Trotsky, et dans laquelle on trouverait aujourd'hui jusqu'à des résidus de la gauche social-chrétienne... ou comment réunir d'irréductibles adversaires (Tirios y Troyanos).



Il est nécessaire de dire tout cela maintenant pour que l'on comprenne mieux ce que signifie, en réalité, une décision aussi grave que celle de créer une nouvelle internationale. C'est quelque chose que les quelques disciples qu'a laissé dans le monde Trotsky, assassiné au Mexique en 1940, juste avant le déclenchement de la seconde guerre mondiale, ont essayé de réaliser à partir de ce moment et de bien des manières, mais toujours avec l'intention d'affaiblir le plus possible les partis communistes.



Mais nous savons bien que les trotskystes n'ont jamais rencontré aucun écho ici au Vénézuela, au point de n'avoir eu, jusqu'à une époque très récente, aucun groupe se revendiquant ouvertement de ce courant. C'est dans les derniers temps qu'a fleuri un travail de sape, y compris dans les plus hautes instances gouvernementales, d'agents provenant de leurs fiefs étrangers, en particulier de Bruxelles.



Car c'est une de leurs tactiques typiques, celle d'infiltrer des agents partout où éclate un mouvement révolutionnaire, et de chercher à gagner des positions gouvernementales quand ce mouvement arrive au pouvoir.



comunismo1.gif

ce texte du président du PCV n'est pas l'émanation de toute la direction de ce parti, cependant il démontre avec lucidité et clarté quel est le rôlr, la place, quels sont les nejeux de classe  au Vénézuéla. La pression des socialistes vénézuéliens et de Hugo Chavez est forte pour pousser ce parti à l'implosion et l'incorporer au parti socialiste.

Récemment H Chavez appelait les communistes à le rejoindre, précedemment il les insultait, preuve s'il en est que le PCV est bien le poil à gratter indispensable à la révolution au Vénézuéla.

 

Alain Girard

Il est également nécessaire que l'on connaisse bien la position des communistes vis-à-vis des sociaux-démocrates en général. Déjà à partir de 1935, l'Internationale Communiste a appelé à constitué ce que l'on a appelé des Fronts Populaires, les plus larges possibles, et ils ont été des succès, par exemple en France et au Chili. Et cela continue à être une politique suivie par les communistes partout dans le monde.



Mais cela ne peut en aucun cas signifier que nous allons vouloir faire ce qu'en créole on appelle « un riz à la mangue » (arroz con mango), en mélangeant des personnes partageant des idées et des buts différents. Nous gardons toujours à l'esprit que, lorsque les révolutionnaires bolchéviques russes ont pris le pouvoir, en 1917, la première chose qu'ils aient décidé, c'était de ne plus s'appeler socialistes mais bien communistes.



Lénine, qui avait proposé cette idée, disait qu'il était temps de jeter le linge sale... C'est pourquoi je termine comme lui en disant: nous sommes communistes et non socialistes.



Site du Parti communiste du Vénézuela: http://www.tribuna-popular.org/

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 13:44
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La Colombie est horrifiée par l’ampleur des massacres commis depuis les années 1980 par des miliciens d’extrême droite qui reconnaissent aujourd’hui leurs crimes

Plus de 30 000 assassinats, 2 500 disparus en moins de vingt ans. Ces chiffres parlent d’une violence effroyable, tout juste comparable, en Amérique latine, à la répression de la dictature argentine qui aurait fait disparaître 30 000 opposants. Pour la première fois, le parquet colombien a donné le 17 février les statistiques officielles d’une vague de meurtres longtemps niée par le pays.

Elles correspondent aux crimes avoués par les milices paramilitaires dans le cadre d’un processus dit de « justice et paix » mis en place depuis leur démantèlement en 2003. Une loi, polémique, avait alors été adoptée : moyennant des aveux complets, les paramilitaires qui rendaient les armes ne pourraient pas être condamnés à plus de huit ans de prison.

Ces remises de peine ont permis de commencer à lever le voile sur des années de violences. Dans les salles d’audience, bien des mères de victimes se sont effondrées en écoutant les bourreaux raconter d’un ton mécanique comment ils avaient découpé le corps de leur fils à la machette pour le jeter dans un fleuve.

Une ascension éclair avec la complaisance des autorités

Créées dans les années 1980 par des propriétaires terriens et des militaires pour lutter contre le racket de la guérilla marxiste, les « Autodéfenses » colombiennes ont contrôlé des régions entières, assassinant non seulement des guérilleros, mais aussi ceux qu’ils considéraient comme leurs complices.

Paysans, militants de gauche, étudiants ou simples villageois ont été supprimés, parfois pour avoir vendu une cigarette à l’ennemi. Leur ascension éclair, avec la complaisance des autorités et l’appui d’une partie de l’opinion colombienne qui les voyaient comme un mal nécessaire, en avait fait la faction armée la plus puissante du pays.

En 2002, alors qu’Ingrid Betancourt était enlevée par la guérilla des Farc, histoire qui faisait alors la une des journaux, les 30 000 combattants des groupes d’autodéfense expulsaient des milliers d’Indiens de la Sierra Nevada colombienne, brûlaient dans des fours certaines de leurs victimes, ou les jetaient aux caïmans dans les immenses haciendas de leurs chefs.

Un tiers des parlementaires soupçonnés de complicité

Le pays n’a pas fini d’entendre leurs confessions macabres. Luis Gonzalez Leon, chef de l’Unité de justice et paix qui reçoit les aveux de ces combattants, affirme qu’ils pourraient reconnaître 120 000 meurtres. Une règle mathématique : « Nous en sommes au quart du processus », explique-t-il.

Certains parlent de leurs liens incestueux avec la politique. Associés aux cartels de la drogue, qui ont parrainé leur naissance, les paramilitaires avaient fini par prendre directement le contrôle du négoce de la cocaïne. Leur puissance leur permettait de choisir leurs candidats dans les régions.

Près du tiers des parlementaires colombiens élus en 2002 font l’objet d’une enquête pour complicité avec ces escadrons de la mort. La grande majorité portait l’étiquette de partis proches de l’actuel président Alvaro Uribe. Parmi eux figure même l’ancien sénateur Mario Uribe, son cousin. Selon l’éditorialiste Leon Valencia, les paramilitaires étaient alliés « à une partie de l’élite régionale qui a servi de support au projet politique du chef de l’État ».

De nouvelles bandes armées : les "néoparamilitaires"

Or, cette élite est toujours là. L’an dernier, la presse a révélé que les juges qui enquêtaient sur ces dossiers avaient été placés sur écoute par les services secrets colombiens. Le procureur de la Cour pénale internationale s’en est inquiété lors d’une visite en Colombie. « Les plus hauts responsables doivent être jugés », a-t-il martelé à Bogota.

D’ici là, d’autres pourraient bien avoir récupéré le négoce des Autodéfenses. On parle aujourd’hui dans le pays de « néoparamilitaires ». Ces bandes armées, héritières de leurs anciens chefs, ont fait remonter les indices de violence de Medellin, Cali et la côte pacifique colombienne à des niveaux préoccupants.

Dans ces régions, certaines familles ont eu à peine le temps de récupérer les restes d’un proche tué par les Autodéfenses, qu’il leur fallait déjà enterrer une victime de ces nouveaux groupes.
 
Christine RENAUDAT, à Bogota

http://www.la-croix.com/Les-paramilitaires-colombiens-avouent-30-000-meurtres/article/2415418/4077
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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 12:56

arton1525-e4f95.jpgDidier Kala, jeudi 18 février 2010

Robert Pandraud est mort ce matin à Suresnes à l’âge de 81 ans. L’ancien ministre de la Sécurité Publique était apprécié pour son caractère entier - on disait volontiers de lui qu’il démarrait au quart de tour. L’annonce du décès de ce membre du bureau politique de l’UMP a eu un effet lacrymogène rue la Boétie, où ses camarades le pleurent à chaudes larmes.

Les feux de la rampe qui s’étaient braqués sur Robert Pandraud lors des désordres civils suivant l’annonce de la réforme Devaquet [1] ne lui rendaient pas justice. Car l’éclairage aveuglant sied mal au grand flic, plus habitué à se trouver de l’autre côté du spot dans la gueule.
Pour ce Ponot rugueux mais pudique, pendant janusien de son exubérant ami et ministre de tutelle Charles Pasqua, la célébrité passait mal. Il préférait de loin s’imprégner dans l’ombre des murmures du non-dit et déceler la poésie des sentiments que révèle en filigrane la rumeur sourde de la ville. Il faut dire que les RG aidaient bien de ce côté-là.

L’incident médical dont avait alors été victime un jeune étudiant avait bouleversé Robert Pandraud. Car Malik Oussekine était ce qu’on appelle aujourd’hui un Auvergnat, tout comme le ministre tant attaché à sa chère terre de volcans.
Marqué dans sa chair par ce triste événement, il redouble d’ardeur à la tâche. Dans le même temps, ébranlé par la fragilité d’une vie humaine, il laisse paraître un aspect de sa personnalité qu’on connaissait moins, la grâce aérienne d’une écuyère debout sur sa motocyclette.

Il se fait tour à tour défenseur d’un amour paternel total (« Je suis père de famille, et si j’avais un fils sous dialyse je l’empêcherais de faire le con dans la nuit ») et promoteur acharné de l’avancement au mérite et de la justice de la vérité (« Malik n’a jamais pu passer son bachot. [...] Ce n’était pas le héros des étudiants français qu’on a dit. »).
En laissant libre cours à ses sentiments, Robert Pandraud a ainsi su rendre à la riche matière qui faisait sa vie, la police, une valeur humaine. On la méprisait auparavant, dorénavant on la craint. Ce qui est vachement plus humain en effet.

L’UMP unanime se presse aujourd’hui pour rendre hommage à Robert Pandraud, et les éloges s’accumulent, en tout cas jusqu’à ce qu’on soit sûr d’avoir retrouvé tous ses dossiers.
Mais nous ne trouvons en définitive rien de plus à dire, en guise de salut, que l’épitaphe que ce cultivateur de jardins secrets s’était choisie : « Si j’étais mort, j’empêcherais ma nécro de faire la conne sur internet. »

Notes

[1] Pour les plus jeunes de nos lecteurs : il s’agissait en termes d’agitation publique d’une espèce de CPE, mais avec des couilles.

http://bravepatrie.com/politique/robert-pandraud-voltige-vers-les,1525
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 20:08
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À partir de cette année, le fisc leur supprime le bénéfice d’une demi-part supplémentaire pour le calcul de l’impôt.

L’avis d’imposition 2010 devrait réserver une désagréable surprise à plusieurs millions de contribuables. Fin 2008, dans le cadre du projet de loi de finances, la majorité UMP a adopté une mesure, passée relativement inaperçue, qui modifie le calcul de l’impôt sur le revenu (IR). Applicable à partir de cette année, elle va se traduire par un véritable racket au détriment de foyers à ressources souvent modestes. Jusqu’alors, tout contribuable vivant seul, qu’il soit célibataire, divorcé ou veuf, bénéficiait d’une demi-part supplémentaire s’il avait élevé un enfant. Cette disposition tenait compte du coût de la vie, plus élevé pour une personne vivant seule par rapport à ceux vivant en couple, et, clairement, participait d’une politique familiale. À partir de 2010, cet avantage est subordonné à une nouvelle condition, qui va en restreindre considérablement le champ d’application  : pour avoir droit à la demi-part, le contribuable doit avoir élevé seul un enfant pendant au moins cinq années depuis qu’il vit seul. Ce qui exclut de nombreuses personnes, qui se sont retrouvées seules, suite au décès de leur conjoint ou à une séparation, et qui ont bien assumé la charge d’un enfant, mais en couple.

Sur les 4,3 millions de bénéficiaires actuels de cette demi-part, 3,2 millions, dont beaucoup de retraités, devraient la perdre. L’addition s’annonce salée. La suppression de la demi-part va avoir pour conséquence soit de rendre imposable des contribuables qui ne l’étaient pas, soit d’augmenter, jusqu’à plus de 800 euros, le montant de leur impôt sur le revenu (voir tableau) (1). Au total, le fisc devrait ainsi récupérer la bagatelle de 1,2 milliard d’euros.

Ce n’est pas tout. Pour nombre de contribuables, la perte de cet avantage entraînera des conséquences en cascade. En devenant imposables, ou en voyant leur revenu fiscal de référence augmenter, ils perdront le bénéfice de l’exonération ou d’allégements d’impôts locaux (ainsi que de la redevance télé). Des retraités, qui en étaient jusque-là exonérés, seront assujettis à une cotisation maladie sur leur pension. Des aides pourront aussi leur être supprimées  : prise en charge d’une aide ménagère, gratuité des transports… Mais la poignée de privilégiés protégés par le bouclier fiscal (19 000 personnes, assujetties à l’ISF, se sont vu restituer un total de 600 millions d’euros en 2008) peut, elle, dormir sur ses deux oreilles  : déficit budgétaire astronomique ou pas, il n’est pas question pour Nicolas Sarkozy et sa majorité UMP de chercher à faire la moindre économie de ce côté-là.

Yves Housson

(1) Pour les contribuables qui bénéficiaient de cet avantage jusqu’à présent, et qui ne satisfont pas la nouvelle exigence, la suppression de la demi-part va s’étaler jusqu’en 2012. Tous les détails sur ce sujet, comme sur l’ensemble de la déclaration d’impôts, dans la VO Impôts 2010, le n° 1 des guides fiscaux, en vente dans les kiosques.
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 19:22
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Pr Chems Eddine Chitour

 

« Je suis juif parce que le sort a voulu que je naisse juif. Je n’en rougis pas et je ne m’en glorifie pas. Être juif pour moi, c’est une question d’"identité", une "identité" à laquelle, je dois le préciser, je n’ai pas l’intention de renoncer. »

Primo Levi (survivant d’Auschwitz)

Traditionnellement, le Conseil représentatif des institutions juives de France mis en place sous Laurent Fabius en 1985 invitait à un dîner toute la classe politique et les autorités religieuses. C’était à l’époque de Théo Klein, un espace de discussion loin de toute emprise idéologique. Depuis Roger Cuckermann, fidèle zélé d’Israël, le Crif « convoque » la classe politique française et lui trace les lignes directives. En 2008 et pour la première fois nonobstant, le président de la République y assiste. En 2010, le président de la République, Nicolas Sarkozy a, comme l’année dernière, effectué un bref passage le mercredi soir 3 février à Paris. (...) Le chef du gouvernement, qui était l’invité d’honneur de ce dîner, est largement revenu sur la situation au Moyen-Orient, s’en prenant au régime iranien qui menace régulièrement l’Etat hébreu de destruction. « La sécurité d’Israël est pour la France une priorité absolue », a dit François Fillon pour expliquer que Paris « partage pleinement la préoccupation d’Israël quant au développement du programme nucléaire iranien ».« Alors que nous n’avons pas ménagé nos efforts (...), le régime iranien n’a pas voulu saisir nos offres de dialogue. Il a au contraire poursuivi sa fuite en avant. Le moment est donc venu d’agir. » Selon François Fillon, « il n’est pas trop tard pour empêcher par la voie politique, l’Iran d’acquérir une capacité nucléaire militaire. Mais le temps presse ». (1)

Un rendez-vous très couru

« Le rendez-vous annuel du dîner, écrit Hicham Hamza du Crif, est devenu, pour sa 25e édition, un moment incontournable de la vie publique. Le 3 février au soir, ils étaient environ 800 invités, triés sur le volet, à vouloir en être et y paraître. Acteurs politiques, décideurs économiques, personnalités religieuses et sociétaires du spectacle se sont rendus à cette cérémonie d’un genre particulier : (...) Avec un tel pouvoir reconnu par les plus hautes autorités de l’Etat, dont Nicolas Sarkozy, de passage "quelques instants", et François Fillon en "invité d’honneur", le président Prasquier peut, dès lors, énoncer, durant un discours-programme, ses exigences pour la nouvelle année : une meilleure "surveillance" d’Internet pour pénaliser davantage toute forme de "racisme ordinaire", le rejet par la France d’un rapport onusien dénonçant des crimes de guerre commis par Israël, la reconnaissance tacite de Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu et la recrudescence d’efforts pour libérer le soldat Gilad Shalit. Ainsi, par exemple, pour convaincre l’auditoire de la nécessité de renforcer le contrôle sur la Toile, le président du Crif contesta l’authenticité de la révélation journalistique, largement reprise sur Internet depuis l‘été dernier, faisant état d’un trafic d’organes en Israël à partir de corps de Palestiniens décédés. Contre-vérité ou grossière erreur de la part de Richard Prasquier puisque l’armée israélienne vient elle-même de confirmer la réalité d’une telle allégation. Quant à la sempiternelle menace iranienne, le propos belliciste a largement été amplifié par le Premier ministre, François Fillon, qui avait curieusement attendu le dîner du Crif pour annoncer, sur un ton martial, l’initiative de la France pour réclamer d’éventuelles sanctions plus fortes au travers d’une nouvelle résolution de l’Onu ». (2)

« (...) De même que le souhait d’un appel par le ministère de la Justice -pour condamner plus lourdement les complices de Youssouf Fofana- avait été exaucé par Michèle Alliot-Marie, garde des Sceaux, cet amendement à la loi est réclamé, depuis le début de la procédure judiciaire, par les avocats de la famille Halimi, en partenariat singulier avec le Crif. (...) L’homme, qui se dit "immensément satisfait" d’avoir accédé à ses nouvelles fonctions en même temps que le président de la République, ne nie pas son attachement sentimental à Israël, même s’il prétend demeurer "légitimiste" à l‘égard de la France.(...) Des intellectuels vont même jusqu’à dénoncer cette crispation idéologique : ainsi, le journaliste Jean Daniel n’hésite plus à comparer les responsables actuels du Crif à des "représentants français du Likoud" tandis que Rony Brauman et Elizabeth Lévy, pour une fois d’accord, qualifient cette institution de "seconde ambassade d’Israël". Même le philosophe Alain Finkielkraut, surnommé jadis "le porte-flingue d’Ariel Sharon", semble pourtant, lui aussi, excédé quand il en vient à juger comme étant "légèrement grotesque" le rendez-vous annuel du Crif, ce "tribunal dînatoire" qui s’apparente à une "convocation du gouvernement" [...]. » (2)

« Très souvent, par le passé, déclare le président Sarkozy, je suis venu au dîner du Crif. Je connais cette tradition. (..)En invitant chaque année les plus hautes autorités de la Nation à partager votre dîner, en invitant en particulier le Premier ministre, et cette année, pour la première fois, le président de la République, vous entendez renouveler votre attachement indéfectible à la République et à la France. (....) Il est sain que vos invités rassemblés dans cette salle, dont certains exercent d’éminentes responsabilités, fassent mémoire de ces moments douloureux qui précipitèrent tant de familles dans l’abomination, et notre pays dans la honte. [...] (3) »

On remarquera que le président fait preuve d’une repentance à géométrie variable. Il admet que la France puisse avoir honte de la façon dont elle a traité les Juifs en laissant le pouvoir hitlérien les déporter, mais il n’a pas à avoir honte de la colonisation directe de la France qui, pendant plus d’un siècle, a pillé volé, incendié, violé et déstructuré la société algérienne qui en porte encore les stigmates.

Pour pouvoir juger du réel pouvoir du Crif, qu’il nous suffise de rapporter un article du Canard enchaîné du mercredi 16 mai 2007, où nous apprenons que le président sortant du Crif, le très sioniste Roger Cukierman est intervenu personnellement pour s’opposer à la nomination de Hubert Védrine au poste de ministre des Affaires étrangères : « Dès que les dirigeants du Crif ont appris ce projet du nouveau chef de l’Etat, Roger Cukierman, président sortant du Crif, a appelé au téléphone Claude Guéant pour une violente mise en garde . » « On a eu une réunion au Crif, aujourd’hui, et la rumeur d’une nomination de Védrine aux affaires étrangères a circulé. Cela a provoqué la panique parce que, pour nous, Védrine est pire que les anti-israéliens habituels du Quai d’Orsay. » (...) Un peu plus tard, Cukierman a joint directement Sarkozy et lui a dit que la communauté juive prendrait la nomination de Védrine comme un « casus belli. » (4)

Les responsables du Crif qui prétendent représenter les intérêts des juifs en France viennent de démontrer une nouvelle fois qu’ils sont avant tout les représentants en France des intérêts d’Israël. L’intervention de Roger a, semble-t-il, porté ses fruits, et même au-delà, puisque Védrine sera remplacé par Bernard Kouchner le va-t-en guerre dont l’affection pour les Musulmans est connue.

Déjà en 2009, écrit Dominique Vidal, le dîner 2009 du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) avait battu tous les records (...) Le président Richard Prasquier et, à sa suite, le chef du gouvernement, auront, hélas, battu un autre record : celui de la manipulation politique et idéologique. (...) Là où la légitimité s’arrête, c’est quand M.Prasquier - malheureusement suivi par le Premier ministre - dénonce comme antisémites les participants aux défilés de solidarité avec Ghaza,(...) Quand, à l’issue d’un cortège du Crif, le 7 avril 2002, les nervis du Betar et de la Ligue de défense juive (LDJ) s’en prirent aux passants d’origine arabe, accusa-t-on M.Roger Cukierman, alors président du Crif, d’avoir conduit une « ratonnade » ? Question toujours d’actualité : qui protège la LDJ, interdite aux Etats-Unis et en Israël, mais autorisée en France malgré ses violences récurrentes ? (...) Dernière preuve en date : dans le climat du dîner, M.Fillon s’est cru obligé de menacer de boycotter la seconde conférence des Nations unies sur le racisme à Durban, si Israël y était « stigmatisé » ! (5)

Au-dessus de tous

Lors d’un dîner du Crif, le 27 janvier 2003, Roger Cukierman a dénoncé une « alliance brun-vert-rouge » antisémite, Dans le quotidien israélien Haaretz du 23 avril 2002, le président du Crif, Cukierman, s’était réjoui du succès de Le Pen au premier tour de la présidentielle, en y voyant, selon ses termes, un motif d’espérer que les musulmans de France se tiendraient tranquilles. Le 13 décembre 2009, Brice Hortefeux se posait en pourfendeur du racisme. Le ministre de l’Intérieur recevait ce jour-là le « Prix de la lutte contre le racisme et contre l’antisémitisme » de la part de...l’Union des patrons et des professionnels juifs de France (Upjf). Cette distinction suscitait immédiatement la polémique. (...) Voilà que l’Upjf remet le couvert. Cinq jours seulement après avoir honoré le ministre de l’Intérieur, un « billet » était publié sur l’Upjf.org, le site de l’organisation. Intitulé « Sur Mars comme sur la terre : photos exceptionnelles de la planète ! », ce « billet » est une succession de clichés de la planète rouge. La dernière image vaut le détour : on y voit un groupe de Martiens manifester sous une banderole « Musulmans, restez chez vous », une pancarte à leurs pieds : « Mars for Martians ! » (6) La France leur appartient !

Pourtant, il s’est trouvé des Français de confession juive qui sont scandalisés par le comportement du Crif. Parmi eux, Maurice Szafran qui fit un éditorial à ce propos dans le journal Marianne n°642. « Quelle que soit la qualité de certains qui en font partie et qui se déclarent à regret minoritaires, il faut bien constater que les dérapages communautaristes du Crif deviennent de plus en plus nombreux et alimentent un antisémitisme à la fois insidieux et secret. Pour le moment, personne n’ose dire que le roi est nu et que dans certaines affaires qui relèvent soit de la solidarité inconditionnelle et aveugle avec l’extrême droite de l’Etat d’Israël, soit d’un judéo-centrisme obsessionnel et névrotique, les juifs ne peuvent plus se sentir en sécurité intellectuelle. » « Soulignons que le Crif n’a pas toujours été ce qu’il est devenu. Sous l’impulsion de personnalités de droite ou de gauche, d’Adolphe Steg à Théo Klein, il s’est évertué à maintenir un équilibre subtil entre la multitude des sensibilités juives et les courants contradictoires qui travaillent le pays. Le Crif était alors respecté, écouté et envié par d’autres communautés. Depuis quelques années, spécialement sous le règne de M.Prasquier, on ne le reconnaît plus. Il ne sait plus que mordre et griffer à tort et à travers. Qui conteste que Fofana ait perpétré un crime antisémite ? Mais est-ce vraiment dans la vocation d’un corps politique d’intervenir rageusement dans une procédure judiciaire, comme l’a fait le Crif à la manière d’un lobby de caricature ? Les avocats, la famille étaient dans leur rôle, pas M.Prasquier, qui a offert une image accablante de ceux qu’il est censé représenter. (..) La vérité est platement politique. Le Crif, comme d’autres institutions juives, est tombé entre les mains de courants alignés sur la droite israélienne la plus intransigeante. Insensibles aux tourments palestiniens, réfractaires aux concessions réciproques qui conditionnent la paix, ils ont inventé la recette pour ne se faire entendre ni des juifs de France, ni du pays dans son entier. Il est grand temps que le Crif retrouve le chemin de la raison et de l’apaisement. » (7)

« J’aurais pu écrire votre article, s’indigne Jean Daniel. Je le signe et le contresigne. Cela fait désormais trop longtemps que le Crif s’autoproclame une représentation, qui est infondée et souvent nocive. Quelle que soit la qualité de certains qui en font partie et qui se déclarent à regret minoritaires, il faut bien constater que les dérapages communautaristes du Crif deviennent de plus en plus nombreux et alimentent un antisémitisme à la fois insidieux et secret. Pour le moment, personne n’ose dire que le roi est nu et que dans certaines affaires qui relèvent soit de la solidarité inconditionnelle et aveugle avec l’extrême droite de l’Etat d’Israël, soit d’un judéo-centrisme obsessionnel et névrotique, les juifs ne peuvent plus se sentir en sécurité intellectuelle. Je vous laisse libre de faire de cette lettre l’usage qui vous conviendra. » (8)

En définitive, une dépêche courageuse de l’AFP passée inaperçue et pour cause, eu égard au maillage serré des médias à l’époque, s’interrogeait sur la place du Crif. Le Conseil représentatif des institutions juives (Crif), s’est interrogée l’Agence, est-il devenu un nouveau département ministériel, au même titre que celui de l’Intérieur, de l’Agriculture ou encore de la Défense ? On est en droit de se poser la question, qui fait état d’une « Réunion interministérielle contre l’antisémitisme », en présence de représentants du Crif. La dépêche de l’AFP était intitulée ainsi : « Une réunion interministérielle pour lutter contre les actes antisémites à l’école, s’est tenue jeudi au ministère de l’Intérieur, a indiqué le ministère dans un communiqué. Cette réunion était destinée à "identifier des outils pratiques et efficaces permettant de mieux prévenir, signaler et réprimer les actes antisémites commis dans le cadre scolaire", selon ce communiqué. Cette réunion regroupait des représentants du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), des ministères de l’Intérieur, de la Justice et de l’Education nationale, du corps préfectoral, ainsi que des policiers et des parquetiers. » (9)

La République qui dit lutter contre les communautarismes et se doit d’être équidistante des religions, continuera-t-elle longtemps à exacerber les tensions en obéissant à une communauté qui clame haut et fort sa fidélité première à un autre pays ? La question est posée.  [1]

[1] 1. Nicolas Sarkozy au dîner du Crif. La-Croix.com 4 février 2010 (avec AFP)

2. Hicham Hamza-La tranquille impudence du Crif Oumma.com 5 février 2010

3. Discours de M. le Président de la République lors du dîner annuel du CRIF le 13-02-08

4. L’ennemi d’Israël - Le Canard enchaîné 16 mai 2007

5. Dominique Vidal : Dérapages du Crif, relaxe pour Siné Le Monde Diplomatique 7 mars 2009

6. Gérald Andrieu : L’Union des patrons juifs de France remet le couvert Marianne 24 12 2009

7. http://www.bakchich.info/Jean-Danie...

8. Jean Daniel - Une lettre de Jean Daniel à Maurice Szafran Samedi 15 août 2009

9. Le Crif nouveau ministère de la République ? AFP 18 décembre 2003

Pr Chems Eddine Chitour Ecole Polytechnique, enp-edu.dz

publié par Le Grand Soir

http://www.legrandsoir.info/Le-CRIF...
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 19:12
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e Front de gauche appelle les électeurs qui veulent une « victoire totale sur la droite » à voter pour ses listes. En Île-de-France, l’UMP accepte l’idée d’un débat public lancée par Pierre Laurent.

Bonne nouvelle pour le débat pluraliste qui fait cruellement défaut dans la campagne des régionales. Valérie Pécresse, tête de liste UMP en Île-de-France, a accepté la proposition du Front de gauche d’une confrontation publique de leurs projets pour la région. L’équipe de campagne de la ministre candidate va contacter celle du Front de gauche en Île-de-France « pour déterminer les modalités » de ce débat, a-t-elle indiqué à l’AFP. Mardi, Pierre Laurent (PCF), tête de liste francilienne du Front de gauche, avait lancé ce « défi » à la ministre candidate, déplorant un « traitement médiatique dominant » en décalage avec « la réalité de la campagne de terrain », sa liste étant quasi systématiquement écartée des débats contradictoires. Un ostracisme injustifiable aux yeux de Pierre Laurent, d’autres listes pourtant moins bien placées dans les sondages ayant la faveur des débats télévisés, à l’instar du Modem, a-t-il observé. C’est dans ce contexte que Pierre Laurent a lancé, mardi, devant 700 personnes réunies pour un meeting à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), un appel national aux électeurs à ne pas se laisser voler le premier tour des élections régionales. « La victoire de la gauche dont nous avons tant besoin semble désormais à portée de main dans la plupart des régions, a déclaré Pierre Laurent. Mais pour que la défaite de la droite soit totale, il faut donner le 14 mars au premier tour le plus de force possible à une gauche de combat, audacieuse et déterminée (…) en votant pour les listes du Front de gauche et de ses partenaires. »

« Tout va se jouer maintenant »

Prenant l’exemple de la réforme de casse des retraites que prépare la droite et des tergiversations du PS sur le sujet, ou encore de la nécessité de se rassembler contre les attaques contre les collectivités ou contre le pouvoir des financiers qui délocalisent, « nous aurons besoin d’une gauche qui ne cède pas, qui tienne bon », a souligné le candidat, « une gauche qui ne se couche pas devant la finance, devant les actionnaires, une gauche qui relève la tête, une gauche qui ne va pas chercher ses alliances à droite, qui se bat et propose ses solutions. Oui, la gauche que nous allons élire, il faut qu’elle soit taillée pour affronter une droite décidément brutale et arrogante ». Rappelant qu’« il y a deux tours dans cette élection », Pierre Laurent appelle les militants à tout faire pour aider les électeurs à choisir le bon bulletin pour « sanctionner la droite » et rendre « possible au second tour une victoire sur la droite qui soit totale ». « Tout va se jouer dans les trois dernières semaines de campagne. Ensemble, permettons dans les jours qui restent à toutes celles et ceux qui cherchent une alternative efficace à la droite de la trouver dans notre rassemblement », a-t-il martelé.

Sébastien Crépel
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 19:05
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Traduit par Alain de Cullant

Les idées d'identité, de civilisation et d'universalité laissent leur empreinte sur les notables événements actuels. La défense de notre identité, de notre droit à une civilisation plus élevée et pour que l'universalisation de la richesse serve aux buts de la solidarité passe de nos jours par le rejet de la globalisation néolibérale et les tentatives de violenter le droit souverain des peuples. Pour ceci il est nécessaire d'exalter l'humanisme latino- américain et caribéen.

Il faut se poser le thème du réel avec la rigueur philosophique et non de la façon fragmentée et superficielle comme il est généralement abordé. L'insuffisance des sciences sociales dans le système dominant à l'échelle internationale est telle qu'elles ne prennent pas en compte un aspect clef de la réalité objective. Et quel est cet aspect qui n'est pas pris en compte ? La misère actuelle et croissante qui touche la plus grande partie de la population en Afrique, en Asie et en Amérique Latine et, même, d'importants secteurs des pays les plus développés. Surmonter cette situation ainsi que la destruction systématique de la nature est le plus grand défi qu'a l'homme pour le XXI ème siècle.  

Ce thème abordé depuis le plan scientifique avec tant d'ignorance du réel, est l'essentiel d'une éthique véritablement humaniste qui aspire à se développer sur des bases solides vers le futur. Ignorer la douleur humaine est le grand crime du système social prédominant. L'Apôtre a signalé l'insoutenable des analyses partielles dans le paragraphe suivant : « Celui qui met de côté, par volonté ou par oubli, une partie de la vérité, tombe à long terme par la vérité qui lui a manqué, qui croît dans la négligence, et déroute celui qui s'est levé sans elle » (1).

Hegel affirmait qu'il y avait autant de réalité dans la monarchie française du XVIII ème siècle que dans la révolution que cette société portait en elle. Nous défendons l'expression d'universalité comme complexe d'identités et nous soulignons que la civilisation à laquelle on aspire doit satisfaire les nécessités matérielles et spirituelles des hommes.

Ici aussi est requise la plus élevée pensée dialectique. Il est nécessaire de trouver les liens les plus étroits entre eux et les articuler comme si nous soyons des artistes de l'histoire. Nous sommes dans le devoir, en philosophie, de faire dans le XXI ème siècle ce qui a été fait au début du XX ème dans la littérature, c'est- à- dire, assumer le legs intellectuel européen, le renouveler et le mettre à jour, et faire en sorte, avec originalité, qu'il s'avère efficace pour trouver de nouveaux chemins pour notre Amérique. Il est nécessaire que l'analyse que nous faisons soit menée à bien indépendamment des processus intellectuels et historiques qui ont eu lieu sous d'autres latitudes, ensuite nous pourrions faire les comparaisons nécessaires. De cette manière nous agissons comme nous le recommandait Karl Marx.

Cuba peut l'accomplir car elle est une conséquence historique des meilleurs idéals de l'âge moderne. Quand de telles valeurs ont été jetées par- dessus bord le matérialisme vulgaire et grossier imposé dans le monde qu'ils appellent unipolaire, nous devons défendre avec plus de force les idées de l'humanisme, de la justice et de la dignité humaine.

Dans Notre Amérique il existe une longue et enracinée tradition de spiritualité et d'éthique qui se manifeste dans la recherche d'un lendemain de meilleure portée universelle. Ceci explique les importants mouvements d'idées qui ont eu lieu durant le dernier demi- siècle :

• La rénovation de la pensée socialiste qu'a générée la Révolution cubaine et que nous représentons en Fidel Castro et Ernesto Guevara.

• L'explosion artistique et littéraire, et la dimension esthétique en rapport ayant son point fort chez Alejo Carpentier et le réalisme magique.

• La pensée sociale et philosophique, et la dimension éthique que nous observons dans la théologie de la libération quand nous l'analysons en fonction du royaume de ce monde.

• Le mouvement d'éducation populaire. 

• Aujourd'hui, la promotion de la pensée latino- américaine est plus nécessaire que jamais.

Amérique Latine doit présenter comme réponse à la fragmentation et à la décadence bien évidentes de la pensée occidentale, la solidité de notre tradition culturelle et de sa valeur utopique visant au but de l'intégration et de l'équilibre entre les hommes et les nations. Dans notre secteur, dans ce sens, nous pouvons apporter énormément. Nous n'arriverons jamais à une identité ayant ces propositions avec des débats simplement théoriques, nous pourrons nous perdre dans des discussions byzantines qui ne conduisent à rien, toutefois, si nous étudions l'histoire concrète de nos meilleurs penseurs et de nos grands hommes, de leurs idées concrètes, nous pourrions trouver plus facilement le chemin de notre identité commune.

Le Héros National cubain a dit de Simon Bolivar qu'il y avait encore beaucoup à faire en Amérique. De Martí nous pourrions dire qu'il a encore beaucoup à dire à Cuba, à l'Amérique et au monde. Les cubains seuls ne peuvent pas soutenir l'immense poids de cet héritage spirituel. Nous demandons des penseurs de notre Amérique qu'ils extraient de la copieuse littérature martiana des enseignements valables pour le débat intellectuel contemporain et qu'ils nous aident dans la persistance d'exposer ces idées.

Nous défendons et représentons une tradition qui a laissé en arrière les concepts arrogants et sectaires et qui, à son tour, a créé des possibilités pour une alliance d'une énorme signification parmi les peuples exploités. Nous sommes les descendants de la population aborigène, des latins et des saxons qui sont arrivés comme conquérants, et de ceux qui, en vagues successives, sont arrivés sur nos côtes provenant d'Afrique, d'Asie, en ample et contradictoire processus formant ce que le Libérateur Simon Bolivar a défini comme un petit genre humain. Nous nous sentons tous et nous pouvons le sentir avec davantage de force chaque jour, des fils d'une Amérique qui se forge dans l'idéal utopique de la rédemption universelle de l'homme. Martí nous a exhorté à sauvegarder et à exalter, sans dogmes ni préjugé, et en défendant les intérêts les sacrés des pauvres qui sont ceux qui souffrent le plus, toutes ces valeurs spirituelles sans aucune exception. Il nous a orienté à situer chacun au long de l'histoire de l'homme à la place qui s'avère la plus utile pour entreprendre le chemin de la rédemption définitive.

 

Personne ne sera exclu, personne ne sera rejeté. Il n'y aura aucune valeur perdue et aucune héroïcité qui ne soit reconnue. Il n'y aura aucune tragédie ou méchanceté qui sera dissimulée, ni aucune injustice à dénoncer qui soit oubliée. Il n'y aura pas impiété, ni même pour l'impie. Il n'y aura rien juste que ne soit pas exalté. Tout est compris si avec la boussole de sa pensée, avec le guide de son héroïcité et de son exemple, nous savons comprendre la synthèse de science et d'amour, qu'il y a dans la culture de cette être exceptionnel, à celui qui la conscience de la Notre Amérique , présent dans la sensibilité poétique de Gabriela Mistral, il a caractérisé comme l'homme le plus pur que la race.

Je propose, finalement, qu'on étudie les chemins du socialisme du XXI ème siècle à partir de l'analyse scientifique de la confrontation avec la réalité d'aujourd'hui par rapport à plusieurs courants de deux siècles d'histoire, c'est- à- dire, depuis la fin du XVIII ème jusqu'au début du XXI ème :

• Le libéralisme d'origine européenne née au XVIII ème siècle et qui a parmi ses fondements ce qui est appelée l'Encyclopédie et la philosophie française.

• Le libéralisme latino- américain et caribéen né à partir de la Révolution d'Haïti pour la libération radicale des esclaves et qui s'est imposée chez les grands hommes et les penseurs de notre Amérique, dont les symboles plus hauts se trouvent en Bolivar et Juarez.

• La pensée de José Martí a émergé des enseignements du Libérateur, du «  Benemérito  » des Amériques et des grands hommes et des penseurs indépendantistes du XIX ème siècle. José Martí a vécu aux Etats- Unis les quinze dernières années de sa vie et là, il a étudié profondément l'impérialisme quand il était dans le cloître maternel.

• La pensée latino- américaine du XX ème siècle, que nous pouvons initialement représenter dans la Révolution mexicaine (1910) et dans la réforme universitaire de Cordoba, Argentine, (1918).   

 

Nous proposons que nous fassions une analyse de ces courants à la lumière des problèmes d'aujourd'hui ; le socialisme du XX ème siècle, après la mort de Lénine, nous l'assumons au bénéfice de l'inventaire, c'est- à- dire, sans le charger avec les dettes.

Ces principes, confrontés avec la réalité et sous le postulat bolivarien que « nous sommes un petit genre humain » nous obligent, par conséquent, d'assumer les courants de pensée de tous les pays, que ce soient les aborigènes ou ceux qui sont arrivé ensuite, entre eux, et fondamentalement ceux d'origine africaine, ainsi nous atteindrons les méthodes et les voies nécessaires au socialisme du XXI ème siècle.

(1) José Martí, Œuvre Complète, tome 6, page 18

 

Lettres de Cuba 01-01-2009

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Published by valenton rouge - dans Cuba socialiste
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 14:05

arton386-29a67.jpgPour vous avoir bastonné ? Hideuse, cette image de la masse compacte de blouses blanches, compressée par une grille de ferraille. C’était, il y a quelques jours à l’entrée principale de l’hôpital Mustapha. Par le choix du lieu de la protesta, la symbolique était forte. Le message en filigrane, déclinait plus la sacralité spatiale que l’insurrection retranchée. Pour la première fois, praticiens généralistes et spécialistes de santé publique se serrent les coudes, pour exprimer leur perdition. Malheureusement, l’autisme ambiant s’exprimera violemment pour donner la charge à une expression, somme toute légitime, mais interdite par le contexte. Sans trop revenir sur les motifs de cette déferlante, il est maintenant connu, par tous, que le salaire d’un omnipraticien, ne dépassera guère la barre de 49000 DA après 25 ans de service. Une dame, médecin de longue date, à qui une journaliste demandait les raisons qui l’obligent encore à opter pour le service public, asséna cette réponse qui ne souffre d’aucune équivoque : « Je trouve que la relation d’argent avec le patient est immorale ! ».

Tout est dit dans cette sentencieuse assertion. Un autre médecin affirme que son seul souci, il dit ne pas aspirer au luxe, est simplement de pourvoir aux besoins élémentaires de sa petite famille : charges domestiques et loyer. Oui ! Il loue son espace habitable, il n’a plus droit au bénéfice du logement social ; il ferait partie des nantis. Le sentiment que l’on se forge après de telles déclarations, c’est que le service public n’a pas perdu tout son crédit, en dépit des aléas de parcours des un et des autres. Il est fort probable que ce même service public, offrirait paradoxalement plus de sécurité de l’emploi et un zeste de dignité. Vision idyllique, peut être, mais la militance ringarde est patente. Il faut en tenir compte. Piteuse, cette image de dames d’un certain âge, foulard au vent, bousculées par les agents de maintien de l’ordre, qui ne font d’ailleurs, que le travail pour lequel ils sont mandatés. Pourquoi en arriver jusqu’à la dissuasion musclée, les espaces de dialogue et d’arbitrage n’ont, certainement pas, tous été épuisés. Interrogés par la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée populaire nationale, deux hauts fonctionnaires du département sectoriel, déclaraient que la plateforme de revendications négociée et validée par les deux parties, Administration centrale et syndicats, n’a pas reçu l’aval de la commission arbitrale de la Fonction publique, au motif que le secteur est non productif ?! Depuis quand, la Fonction publique gérerait elle le secteur productif, pour prononcer de tels arrêts ? Si tant était le cas, est ce que la grogne du secteur industriel du mois dernier, est définitivement apaisée par la satisfaction de ces désirata ?

La qualification du secteur de la santé de non productif, est une contre vérité que beaucoup de pays, moins dotés financièrement que le nôtre, ont démentie depuis fort longtemps. La productivité n’est nullement l’apanage exclusif du matériel, elle est aussi le fait de l’esprit. Quand des compétences nationales évitent en intra muros des transferts de malades vers l’extérieur, ne font elles pas fructifier les réserves de change de la nation ? La lointaine Cuba et la proche Jordanie, pour ne citer que ces deux pays, ont rendu leur service de santé plus que productif, exportant leur technologie médicale vers d’autres pays dont le nôtre. Sans intention délibérée de remettre en cause les attributions de cette respectable institution, le mieux pour les députés aurait été, d’interviewer directement les personnes qui ont émis le rejet et d’en analyser les motifs. S’il est vrai que les équilibres financiers doivent guider toute décision rétributive, il n’en demeure pas moins que le capital humain, peut ne pas avoir de prix, même s’il a un coût, expression consacrée du purisme économique de pure forme. Il aurait été judicieux que les membres de la Commission d’arbitrage délibèrent à proximité d’un service des urgences médico chirurgicales, de maternité ou d’enfants malades, pour mesurer toute l’angoisse, d’un personnel médical et paramédical mis face à la détresse humaine.

Il n’est jamais agréable d’aller à l’hôpital, même pour une fugace visite de malades, que dire de personnels à majorité féminine plus est, qui passent la moitié de leur vie à l’intérieur. Evoluant professionnellement dans un milieu que nul ne peut qualifier de sain, ils sont sujets à toutes sortes de contamination : infectieuse, chimique et ionisante par effets nocifs du rayonnement des équipements d’imagerie médicale, cette élite nationale crie son désarroi. Les états dépressifs ne sont pas rares. Les risques de survenue de pathologies liées au milieu sont réels, invalidants et parfois mortels. Il est des profils de poste en chirurgie générale ou spécialisée et réanimation soins intensifs qui usent jusqu’à la corde leurs détenteurs. La prestation de psychiatrie est assurée, la peur au ventre ; ces retombées sont démoniaques le plus souvent. La durée de la vacation de garde est démentielle, elle peut aller jusqu’à 24 heures. La législation du travail, ne peut rien contre l’abus, les effectifs en place font que tout le monde s’engouffre dans la même galère, gestionnaire compris. En astreinte, le sommeil n’est jamais continu ; entrecoupé, il constitue à lui seul, une nuisance préjudiciable que nulle indemnité matérielle ne pourra réparer.

Pour revenir à la bruyante protestation, et si on devait lâcher la bride à l’esprit pour gambader, on pourrait planter un décor autant virtuel que plausible. C’est que tout juste au moment du déroulement des joutes et par un satanique sort, les lieux (Place du 1 er Mai) soient ébranlés, à Dieu ne plaise, par une calamité naturelle ou un attentat terroriste, qu’elle attitude auraient pris aussi bien, les médecins que les forces chargées de les contenir ? Il est évident qu’ils se seraient tous précipités, les premiers pour enfiler leur camisole stérile, scalpel en main, les seconds pour les protéger et offrir éventuellement un peu de leur sang. La situation antinomique à laquelle les deux corps ont, momentanément, été confrontés relève beaucoup plus de l’irrationnel que du généralement admis. Le citoyen lambda qui d’habitude, qualifie le médecin de « Hakim » (sage), n’en revient pas de voir ce « sanctuaire » profané. C’est tout simplement de l’hérésie ! Ce même citoyen a eu à rencontrer son « T’bib » à Al Asnam et à Boumerdès juste après les séismes, il l’a vu travailler sans rechigner presque dans le noir et parfois sans protection. Il l’a encore revu dans les grandes épidémies de choléra et de typhoïde du siècle dernier. Ne faisant pourtant pas partie du corps diplomatique, ce même corps médical qu’on fustige pour avoir demandé à vivre dignement, a représenté son pays avec honneur et constance à Beyrouth lors du siège, à Baghdad, à Gaza et tout récemment à Sanâa lors des inondations.

Leurs chemins se sont croisés à In M’Guel (Tamanrasset) et à Oum Lassel, (Tindouf) le médecin y accomplissait son service national comme tout le monde. Quant au spécialiste qui fut exempté du service civil en 1990, il a vite déchanté, on l’a rappelé à cette obligation en 1998 ; il y est depuis lors. Il est d’ailleurs, le seul universitaire à y être astreint, n’est ce pas encore un autre déni ? Cette obligation a crée, tout au début de sa réintroduction, des déchirements sociaux dans les couples de même profil spécialisé. Ce même citoyen, agressé par la horde terroriste n’a, pratiquement, eu pour seul recours, que les structures sanitaires « hantées » par des corps de santé. Craignant certes pour leur intégrité physique, dans des villes rendues fantômes par la terreur, ils étaient néanmoins présents.
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