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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 12:59

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Il est demandé, ici et là, légitimement, de respecter la position de Monsieur Gérin, bon respectons, seulement l'argument  qui consiste à mettre en avant que ce dernier reçoit le soutien (unanime? ) de sa section et que cela suffirait à légitimer sa démarche relève d'une argumentation pour le moins fragile. Jacques Doriot avait la majorité dans le rayon de Saint denis, avait-il raison pour autant ? Robert Hue avait la majorité dans les congrès, cela en fait il le marxiste léniniste du siècle ? Les communistes(unanimes) ne se trompent ils jamais, individuellment ou collectivement ? Nous prend on pour des enfants pour croire à une telle chose ?!
Penser qu'André Gérin se fourvoie relèverait du lèse-majesté et André Gérin précise qu'il ne prend plus ses ordres depuis longtemps à Fabien mais il ne les prend pas plus auprès des communistes qui ont soutenu le texte 3et l'ont porté par leurs siuffrages au Conseil National.
Je me suis battu pour que Gérin soit le "porteur", le leader de ce texte 3 , j'ai commis là une lourde faute politique et moi et mes camarades en payons le prix.
Lorsque l'on est élu au Conseil National du PCF la moindre des choses et d'une part, de respecter celles et ceux qui vous y ont porté, et d'autre part la restitution de l'activité politique cela existe, c'est démocratique et cela conforte l'unité des communistes, je n'ai rien vu de cela, je ne trouve que les élus représentant leurs organisations pour avoir  ce respect et cette démarche démocratique.
J'ai voté, fait voter le texte 3 par la burqa et si division il y a,elle est du fait d'électrons libres et bravo pour les camarades de cette section qui apportent une clarification bienvenue, rassurante et communiste.
Je viens de découvrir ce texte avec André Gérin qui a fait miam miam avec Besson au diner du Crif, même MGB ne s'y rnd pas à ce genre de raoult, euh pardon de raout.
Certes il est en Palestine et à Gaza occupée sans doute des burqa à traquer mais que cela ne trouble pas l'appétit de nos dineurs, les obus au phosphore blanc d'obama utilisés par Tsahal s'en occupent fort bien. C'est d'ailleurs une idée ça tiens, plutôt que de coller des PV une grenade au phosphore blanc, en plus on peut suivre les traces et y pourront pas aller dans les hostos, because lieux publics interdits à la burqa.

Je vous quitte pour l'instant, je dosi sortir, je vais avoir froid, je peux plus mettre de bonnet ni de cagoule pour cause de délinquance anticipée et quand je pense qu'une campagne contre le Sida nous disait de sortir coiffés...
Je me dis, en dérision, que cette affaire pourrait rapporter gros, je vais de ce pas créer le radar à burqa, c'est cela ou vomir.

Alain Girard 

 

Article paru sur le blog du PCF Paris 15ème

 

Pour la deuxième année consécutive, le CRIF n’invitera pas de « représentants officiels du Parti communiste et des Verts » à son dîner annuel qui aura lieu le 3 février 2010.

 

Son président Richard Prasquier l’a annoncé dans le Parisien du 31 janvier.  Il reproche au PCF de défendre des « mesures de boycott d’Israël », dénonce « l’empressement de certains maires communistes à nommer citoyen d’honneur de leur ville Marwan Barghouti », le dirigeant de l’OLP, emprisonné dans les geôles israéliennes depuis bientôt 8 ans.

 

En 2009, il n’avait pas supporté pas la dénonciation par notre parti de la guerre israélienne à Gaza et la participation des communistes « à des manifestations de solidarité avec les Palestiniens au moment de l’intervention militaire d’Israël à Gaza ».

 

Ce qui est clair pour le CRIF doit l’être aussi pour les communistes :

 

Qui combat la politique colonialiste de l’Etat d’Israël, ses crimes, l’oppression du peuple palestinien n’a pas sa place au dîner du Conseil « représentatif » des institutions juives de France !

Le CRIF n’a d’ailleurs de représentatif que sa prétention à tenir ses positions réactionnaires au nom de toutes les personnes d’origine juive, à tenter de les enrôler derrière son soutien indéfectible à la politique des gouvernements israéliens. L’Union juive française pour la paix, entre autres organisations et personnalités, le dénonce régulièrement.

 

La décision de Robert Hue, alors secrétaire du PCF, de participer à ce dîner politique à partir de 1997 avait suscité une incompréhension chez de nombreux militants de la cause palestinienne, de la paix, de l’anti-impérialisme et une large réprobation dans les rangs du Parti. Marie-George Buffet l’a suivi jusqu’en 2008.

 

Depuis 2009, les choses sont claires. C’est tant mieux.

Encore davantage cette année, avec le choix du CRIF de faire d’Eric Besson l’invité d’honneur de son dîner lyonnais du 28 janvier dernier, en signe évident de soutien à la campagne écoeurante lancée par le « ministère de l’identité nationale et de l’immigration ». La plupart des parlementaires et invités de gauche ont boycotté l’invitation.

 

Comme le précise M. Prasquier pour le dîner parisien, certains « élus communistes pourront venir à titre personnel ». Comme M. André Gerin à Lyon jeudi, seul parlementaire de gauche présent avec Gérard Collomb, maire PS de la ville, ils ne sauraient représenter le PCF.

 

Il y a des invitations que les communistes s’honorent de ne pas honorer, s’honorent encore davantage de ne pas recevoir !

Par Vive le Parti Communiste Français
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 12:48

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Dans les derniers mois, les adolescents anglais, les militants anticapitalistes, les pirates somaliens, les civils irakiens ou les grévistes thaïlandais ont eu l’occasion de tester les armes soniques à très hautes fréquences. Inutilisées en France pour l’instant, elles pourraient bien y débarquer dans un avenir proche : leurs qualités ont tout pour plaire aux états-majors policiers et militaires.

Le son comme arme [3/4] : les hautes fréquences & ultrasons

jeudi 4 février 2010, par Juliette Volcler

 


Un article en 4 parties : 1. aspects techniques de l’audition & infrasons - 2. les fréquences moyennes & la musique - 3. les hautes fréquences & ultrasons - 4. le son du pouvoir & les résistances sonores (c’est pour demain)

« No matter what your purpose is, you must leave » [2]

Contrairement aux infrasons, les hautes fréquences et les ultrasons sont des ondes courtes, extrêmement directionnelles (elles filent droit devant la source d’émission), qui ne traversent pas (ou peu) les matériaux, et qui, avec peu d’énergie, peuvent avoir une forte intensité – d’où les expressions science-fictionnesques employées dans le langage courant pour les décrire : « canons soniques », « balles acoustiques », « rayons sonores ».

Les hautes fréquences (2.000 à 20.000 Hz) et les ultrasons (au-delà de 20.000 Hz) ont été utilisés, parmi d’autres armes non-létales [3], dès les années 1970 par l’armée américaine au Vietnam : aux côtés des cassettes diffusées par hélicoptère, les Opérations Psychologiques avaient mis au point le « Curdler » (« Le glaceur de sang ») ou « People Repeller » (« Le répulsif »), qui envoyait un sifflement extrêmement aigu à un très fort niveau [4]. Au même moment, la Grande Bretagne faisait usage de sa « Squawk Box » (« La boîte à cris ») en Irlande du Nord pour diperser les émeutes : cette arme émettait « deux hyperfréquences différentes [par exemple 16.000 Hz et 16.002 Hz], qui une fois mixées par l’oreille devenaient insupportables, et causaient des étourdissements, des nausées et des évanouissements » [5]. En 2005, l’armée israëlienne mettait en action le « Shriek » (le « Cri perçant ») contre des Palestiniens protestant contre le Mur, et envisageait son usage contre ses propres colons s’ils refusaient de quitter la bande de Gaza [6]. L’aviation israëlienne a d’ailleurs employé le son d’une autre manière, en jouant non plus sur ses propriétés acoustiques mais sur sa vitesse : les jets passaient le mur du son à basse altitude, créant des explosions sonores extrêmement violentes, que les Palestiniens comparaient à un tremblement de terre ou à une énorme bombe [7]. L’ONU a demandé l’arrêt de ces attaques, qui visaient à paniquer les populations civiles.

Le LRAD

Le LRAD, qu’on a déjà vu utilisé ci-dessus comme haut-parleur extrêmement puissant pour diffuser de la musique ou une voix au micro, peut également émettre une haute fréquence allant, selon les modèles, de 1 kHz (1.000 Hz) à 2,5 kHz (2.500 Hz). Il a d’abord été employé par les navires états-uniens, pour entrer en contact avec d’autres embarcations, et éventuellement pour s’en défendre : quand le bateau étranger approche trop près, le LRAD est employé comme mégaphone, pour demander un éloignement – si le bateau étranger continue à s’approcher de la zone de sécurité définie, le LRAD est employé comme émetteur de hautes fréquences. C’est ainsi qu’en 2005, le Seabourn Spirit, un navire de croisière, a usé d’un LRAD contre des pirates somaliens. L’armée américaine l’a également employé en Irak, non seulement pour bombarder Falloujah de hard rock, mais, en mode hyperfréquences, comme arme pré-létale – le Sergent Major Herbert A. Friedman, engagé dans les PsyOps en Irak, indiquait ainsi : « Le LRAD s’est montré efficace pour nettoyer les rues et les toits pendant les opérations de sécurisation et de recherche, pour diffuser des instructions, et pour déloger des tireurs ennemis embusqués, que nos propres tireurs ont ainsi pu éliminer. » [8] En clair, les snipers irakiens lâchaient leurs armes pour se protéger les oreilles et tentaient de fuir la zone, et les GIs pouvaient tranquillement les descendre.

Car le LRAD est insupportablement douloureux à l’oreille. Selon Jürgen Altmann [9], dans les très hautes fréquences, c’est surtout l’intensité du son qui joue : à 160 dB une sensation de chaleur intense apparaît, à 140 dB, des perturbations de l’équilibre voire des étourdissements ont pu être relevés, même avec une protection – les possibles pertes d’audition, ainsi que les témoignages de nausées ou de maux de tête restent mal documentés pour l’instant. Le LRAD à son intensité maximale émet à 152 dB, et à son intensité normale à 120 dB. Dans les 300 premiers mètres, il rend impossible toute action autre que la recherche de protection ou la fuite - car le LRAD offre peu de moyens de lui échapper : les boules quiès et autres casques antibruit sont d’un effet limité, la seule solution est de sortir du champ d’émission, en partant derrière (les opérateurs du LRAD ne sont pas incommodés outre mesure par le son, puisqu’il est très directionnel), sur les côtés (l’angle d’émission, selon le site du constructeur, est de +/- 15°), ou à une distance qui en atténue l’impact.

En 2004, la police de New York en fait usage lors de la Convention Républicaine annuelle. En 2005, la police de Santa Ana utilise le LRAD pour déloger des personnes d’une maison, puis il sert dans les zones sinistrées par l’ouragan Katrina à New Orleans [10]. En 2007, la police géorgienne l’emploie contre des opposants à Tbilissi [11]. En février 2009, un baleinier japonais s’en sert contre des activistes écologistes de Sea Shepherd [12], qui se sont depuis également équipés d’un LRAD [13]. En août 2009, c’est la police thaïlandaise qui le lance à Bangkok contre des travailleurs protestant contre des licenciements à l’usine Triumph [14]. En septembre 2009, il est employé par la police de Pittsburgh contre des opposants au G20 [15]. Et simultanément au Honduras lors du siège de l’ambassade du Brésil par les putschistes, en alternance avec de la musique [16]. Les Etats-Unis l’ont employé non seulement pour sécuriser leurs convois militaires, mais également dans les prisons, notamment en Irak à Camp Bucca - et sur le site du constructeur, ATC, un ancien GI regrette qu’il n’ait pas déjà existé lorqu’il était en mission dans un camp de réfugiés [17]...

Une version moins puissante, de « moyenne portée », est commercialisée en Grande-Bretagne sous le nom de MRAD (Medium Range Acoustic Device) [18]. La société HPV Technologies a également mis sur le marché des armes similaires, appelées les Magnetic Audio Devices (MAD, dispositif audio magnétique) [19]. Et des armes plus mobiles sont en développement, comme le Banshee II mis au point par Lee Bzorgi, directeur du National Security Technology Center de l’usine d’armes nucléaires Y-12, située à Oak Ridge, dans le Tennessee [20]. Le principe est le même : une très haute fréquence envoyée à 144 dB, sauf que ça tient dans la main [21] et que c’est beaucoup moins cher - la démocratisation des armes soniques est en marche. Aux Etats-Unis, la recherche dans le domaine des armes acoustiques « de toutes formes et de toutes tailles, allant de la taille d’un crayon à celle d’une berline », est notamment portée par SARA [22], Scientific Application and Research Associates.

D’autres armes ont des propriétés similaires quoiqu’elles ne soient pas forcément soniques : elles se classent dans la catégorie des « armes à énergie dirigée », et le développement est dynamique dans le domaine, comme en attestent les informations sur le site du Joint Non Lethal Weapons Program [23] (Programme commun sur les armes non léthales) du Department of Defense américain. On peut citer, notamment, les armes optiques (grenades aveuglantes), l’Active Denial System (ADS, qui envoie des micro-ondes donnant une impression de brûlure intense sur la peau) et son pendant civil le Silent Guardian développé par la société Raytheon [24], le Pulsed Energy Projectile (PEP, un « laser à deutérium fluoré », qui provoque une paralysie temporaire) [25], ou des recherches plus intrusives encore, comme celles du WRAIR, le Walter Reed Army Institute of Research (WRAIR), qui développa notamment à partir de 1973 le Projet Pandora (envoi d’audiogrammes par des ondes pulsées, donnant l’impression à la cible de ces ondes d’entendre des voix) [26]. Le constructeur du LRAD, American Technology Corporation, a développé et mis en vente un procédé similaire, le HSS, Hypersonic Sound System [27], dont il évoque sur son site les avantages pour les commerces et lieux publics : le HSS est un haut-parleur extrêmement directionnel, qui permet de cibler très précisément la zone d’émission. A tel point qu’il peut se substituer aux audioguides dans les musées (plus besoin de casque, le visiteur devient la seule cible du son), ou envoyer de la publicité de manière très localisée devant tel ou tel magasin [28]. On imagine aisément des usages policiers, comme d’adresser un ordre précis à une personne ou un groupe de personnes dans une foule.

Le Mosquito

Les HSS peuvent ainsi trouver leur place, sur les façades des boutiques, aux côtés des « Mosquitos » (les « moustiques »), inventés par Howard Stapleton et commercialisés par la société britannique Compound Security Systems (CSS) [29]. Ces émetteurs de hautes fréquences ont fait leur apparition en 2005 : ils jouent dans la vie de tous les jours le même rôle que les LRAD en situation de conflit, c’est-à-dire qu’ils produisent un son insupportable pour éloigner une population donnée d’un endroit donné. Le système, qui peut monter de 95 dB à 108 dB, peut fonctionner sur deux modes : sur la fréquence 17 kHz (17.000 Hz), il n’incommode que les oreilles de moins de 25 ans, puisqu’une des caractéristiques de l’audition humaine, à mesure qu’elle vieillit, est de ne plus entendre les très hautes fréquences. Sur la fréquence de 8.000 Hz, l’ensemble de la population peut entendre le Mosquito et en être gênée. Le seuil de douleur n’est pas atteint, mais le désagrément, après plusieurs minutes d’exposition, est suffisant pour quitter la zone. Selon CSS, il est « la solution au problème éternel des jeunes et des adolescents qui squattent dans les centres commerciaux, devant les magasins et tout autre endroit où ils créent des problèmes. La présence de ces adolescents décourage les vrais acheteurs et clients de venir dans votre magasin, vous faisant ainsi perdre de la clientèle et des bénéfices. » - en un mot comme en cent, l’outil indispensable pour un capitalisme apaisé, contre les graffitis, le squattage, et tous les « comportements anti-sociaux face auxquels la police reste impuissante ». CSS, qui a pensé à tout, commercialise également « l’alternative au Mosquito », un « Lecteur de musique – Système d’apaisement de l’humeur » [30], qui diffuse de la musique classique ou paisible libre de droits [31].

Le Mosquito, bien accueilli par les commissariats, les commerces et les transports en commun britanniques, a néanmoins suscité une forte opposition dans le public : une campagne intitulée « Buzz off » [32] demande son interdiction. Le Défenseur des droits des enfants, Albert Aynskley-Green, a critiqué à la fois la diabolisation de la jeunesse sur laquelle jouait ce dispositif, et l’exposition à ces hautes fréquences des bébés et des jeunes enfants, que leurs parents ne peuvent pas protéger puisqu’eux-mêmes n’entendent pas le Mosquito [33]. La légalité du dispositif a par ailleurs été questionnée en Irlande, puisqu’il contredit le Non-Fatal Offences Against the Person Act de 1997 [34], qui qualifie de crime l’exposition d’autrui à toute force, que ce soit « de la chaleur, de la lumière, de l’électricité, du bruit, ou toute forme d’énergie », sans motif légal et sans consentement. Des pédiatres se sont inquiétés des effets sur la santé, mais les études britanniques sur la question s’étant gardées de conclure quoi que ce soit, le boîtier poursuit son chemin. En France, le Mosquito a été commercialisé en 2006 par la société IPB sous le nom de Beethoven, « Un son qui adoucit les meurs » [35], disent-ils sans rire, mais ni l’accueil public ni la jurisprudence ne s’y sont montrés favorables : en 2008, le Tribunal de Grande Instance de Saint-Brieuc, suivant en cela la demande de l’association de commerçants Val Tonic, qui le qualifiait « d’arme sonore illicite », en a interdit l’usage à un particulier de Pléneuf Val-André, en arguant d’un « trouble anormal de voisinage » et de la « gêne auditive pour toutes les personnes » [36]. Des riverains s’étaient plaints de migraines, de nausées, d’acouphènes, et les enfants se bouchaient les oreilles en passant devant la maison en question. Aujourd’hui, le site d’IPB renvoie à celui de CSS. La Commission européenne, en revanche, a refusé en 2008 d’interdire le Mosquito.

Un rapport allemand plus courageux est pourtant paru en décembre 2007. Commandé par le Ministère des affaires sociales, des femmes, de la famille et de la santé du Land de Basse-Saxe, et intitulé « Einsatz von Ultraschall-Störgeräusch-Sendern nicht ganz unbedenklich » [37] (« l’usage des canaux ultrasoniques n’est pas entièrement sûr »), il évoque les risques d’exposition prolongé aux ultrasons des bébés et jeunes enfants, et parle également des effets sur la santé : « Les ultrasons n’affectent pas seulement l’audition. Des troubles de l’équilibre et autres effets non auditifs sont connus. Au niveau d’intensité que peut atteindre le dispositif, l’apparition d’étourdissements, de maux de tête, de nausée et de faiblesse est certaine. D’autres risques pour la sécurité et la santé sont possibles. »

Mais en attendant, les vendeurs de « nausées soniques » [38] et autres « dévastateurs soniques » [39] peuvent s’en donner à coeur joie, et à des intensités supérieures à celles du Mosquito (quoiqu’à des fréquences moins hautes) : c’est le cas, par exemple, des Infernos [40], « les alarmes du futur » produites par la société suédoise Indusec. Ces « barrières soniques », telles qu’elles sont appelées par le constructeur, émettent une fréquence de 2 à 5 kHz, à un volume pouvant aller jusqu’à 127 dB : « Inferno Intenso entraîne une modification immédiate du comportement de la personne, qui a le réflexe instantané de mettre ses mains sur ses oreilles, puis de sortir de la zone d’intensité. » Parmi les utilisateurs de l’Inferno Intenso, sont aussi bien citées des usines d’armement nucléaire russes, que des magasins ou des bureaux.

(Suite et fin demain)

 

Notes

[1] dont le site est sur bordmann.free.fr

[2] « Peu importent vos raisons d’être ici, quittez immédiatement ce lieu » - la police de Pittsburgh aux manifestants anti-G20 en août 2009, en usant du LRAD

[3] La liste est longue, comme en atteste cet index de 1996 rédigé par l’United States Air Force Institute for National Security Studies, « Non-lethal weapons : terms and references » (Robert J. Bunker)

[4] L’ensemble de ces opérations étaient regroupées sous le nom d’Urban Funk Campaign

[5] Jürgen Altmann, « Acoutic weapons – A Prospective Assessment : Sources, Propagation and Effects of Strong Sound » (Cornell University, Peace Studies Program, 1999), une des très rares études scientifiques disponibles sur les armes acoustiques

[6] Melissa Block, « For a Non-Lethal Weapon, Israel Uses Sound » (National Public Radio, radio public états-unienne, 13/06/2005)

[7] Chris McGreal, « Palestinians hit by sonic boom air raids » (The Guardian, 03/11/2005)

[8] Rapport sur l’activité de la 361ème Unité d’Opérations Psychologiques en Irak

[9] Jürgen Altmann, Acoutic weapons, op. cit.

[10] Bradford Non-Lethal Weapons Research Project 2006 (pdf)

[11] Voir une vidéo ici

[12] Andrew Darby, « Whalers attack activists at sea » (The Age, 06/02/2009)

[13] Raffi Khatchadourian, « Street fight on the high seas » (The New Yorker, 12/01/2010)

[14] « Leaders of Peaceful Protest Against Triumph Threatened with Arrest » (Clean Clothes Campaign, 07/09/2009)

[15] « Testés en Irak, appliqués au G20 : les nouveaux canons anti-émeute » (Numéro Lambda, 03/10/2009), avec cette remarque judicieuse : « Notez bien l’autre arme acoustique, plus conventionnelle : la voix synthétique de la police façon Robocop »

[16] David Hambling, « Sonic Warfare Erupts in Pittsburgh, Honduras », op. cit.

[17] Voir la vidéo, où l’on apprend comment « contrôler les foules violentes », en l’occurrence des irakiens qui ont l’air plutôt pacifiques

[18] Bradford Non-Lethal Weapons Research Project 2006, op. cit.

[19] Voir le site du constructeur, www.getmad.com, où l’on appréciera le jeu de mot « get mad », qui signifie à la fois « achetez un MAD » et « devenez fous ».

[20] Frank Munger, « Creator : Banshee II nonlethal weapon assaults only ears » (Knoxnews, 01/09/2009) (un article pas franchement opposé à ces armes...)

[21] Frank Munger, « What does Banshee II look like ? » (Atomic City Underground, blog de Knoxnews, 10/09/2009)

[22] dont tu trouveras la description de ses recherches soniques

[23] www.jnlwp.com

[24] http://www.raytheon.com/capabilitie...

[25] Georges-Henri Bricet des Vallons, « L’arme non létale dans la stratégie militaire des Etats-Unis : imaginaire stratégique et genèse de l’armement »

[26] Dont on trouve un descriptif déclassifié sur le site du Department of Defense américain : http://www.dod.mil/pubs/foi/reading... (pdf)

[27] http://www.atcsd.com/site/content/v...

[28] Une explication pédagogique est disponible ici

[29] http://www.compoundsecurity.co.uk/

[30] CSS Music Player - Mood Calming System

[31] Mais ça, cet usage de la musique pour anesthésier les foules, ça fera l’objet d’un autre article

[32] Qui signifie « dégage », en jouant sur les mots avec le bzzz d’un (vrai) moustique

[33] « Sonic Youth Weapon should be banned » (Indymedia Irlande, 12/02/2008)

[34] http://www.irishstatutebook.ie/1997...

[35] http://www.ibpfrance.fr/ultrasonbee...

[36] Pierre-Henri Allain, « Le “boîtier anti-jeunes” du Val André devant la justice » (blog de Libération à Rennes, 24/04/2008)

[37] http://www.baua.de/nn_5858/de/Press...

[38] http://www.amazing1.com/ultra.htm

[39] http://www.futurehorizons.net/sonic.htm

[40] http://www.inferno.se/

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 19:23

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LILLE — Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a affirmé mercredi à Lille qu'"un véritable plan de rigueur" était en préparation et que, pour cette raison, "il n'y a aucune raison d'attendre" pour se mobiliser.

Rappelant devant le congrès de la FSU que Nicolas Sarkozy avait "commandé une série de rapports" lors de la conférence sur les déficits publics la semaine dernière, Bernard Thibault a déclaré: "c'est bien un plan de rigueur qui se prépare", sans concertation "et qui risque de durer des années".

"Nous sommes avertis, il n'y a aucune raison d'attendre", a-t-il ajouté, en évoquant la réunion de l'intersyndicale, qui aura lieu lundi prochain au siège de la CGT selon des sources syndicales concordantes.

Le patron de la CGT a répondu sans le nommer à FO, qui avait exclu à la fois toute participation à cette intersyndicale et "la perspective de manifestation en période électorale" après que M. Thibault eut souhaité une action interprofessionnelle début mars.

"Comme s'il y avait une trêve aux licenciements lorsqu'il y a des élections!", s'est exclamé le numéro un de la CGT, dont l'intervention a été saluée par un tonnerre d'applaudissements. Selon lui, "il y a urgence" à réagir.

Concernant le controversé projet de décret d'application de la loi de juillet 2009 sur la mobilité dans la fonction publique, M. Thibault a estimé qu'"il devient insupportable d'entendre cette stigmatisation des personnels de la Fonction publique, +trop nombreux, trop coûteux, paresseux, privilégiés+ et maintenant +trop protégés+".

"Cultiver les clivages dans la société devient un mode de gouvernement pour préserver les bases du système en place: public contre privé, retraités contre actifs, salariés des petites entreprises contre ceux des plus grandes, le travailleur français contre le travailleur immigré...", a-t-il dénoncé.

Selon lui, le ministre de la Fonction publique, Eric Woerth, "veut convaincre que le licenciement express doit être la norme pour tous".

Le secrétaire général a d'autre part averti le gouvernement, comme il l'avait fait au congrès de la CGT en décembre dernier, que "le dossier des retraites sera le marqueur de la volonté de résistance des salariés en 2010".

Selon M. Thibault, "la CGT n'acceptera aucune mascarade de concertation qui ne mettrait pas sur la table toutes les données du problème et écarterait d'emblée les propositions des organisations syndicales".

M. Thibault a ironisé sur les réformes des retraites d'Edouard Balladur à l'été 1993 et de François Fillon à l'été 2003 pour lancer à l'adresse des congressistes un sonore "méfions-nous de l'été 2010!".
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 14:01

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Les paroles lancées par Georges Frêche à Hélène Mandroux, à propos du vote pour Laurent Fabius, pouvaient être interprétées comme une répartie lancée à la cantonade. Certes, si c’était bien le cas, cette manière seyait peu à la dignité habituellement conférée à la fonction d’un président de région. Mais c’est surtout les extraits de la lettre de mise au point qu’il a adressée à Laurent Fabius qui m’ont interpellé, bien qu’ils n’aient suscité aucune réaction. Pour parer l’accusation d’antisémitisme, Georges Frêche s’y présente en effet comme un « ami d’Israel », enchaînant aussitôt sur ses excellentes relations avec la communauté juive. Le fait de faire état de son soutien à Israel pour récuser l’accusation d’antisémitisme, et qui plus est l’amalgame entre Israel et la communauté juive et Israel me paraissent inacceptables et dangereux, de nature à importer le conflit du Moyen-Orient sur notre sol et à faire passer les adversaires de la politique d’Israel pour des antisémites.

Mais une autre retombée de cette affaire ne peut qu’interpeller les militants progressistes : les propos de Jean-Luc Mélenchon, et plus encore l’absence de réaction à ces propos. A une exception près, celle de Jean-Paul Boré qui a fait la déclaration suivante : _ « Avant de faire observer la paille dans l’œil de son voisin Jean-Luc Mélenchon ferait bien de prendre garde à la poutre qui est dans le sien. Il s’en prend maintenant au physique des personnes (...)Après avoir comparé le Conseil Régional aux écuries d’Augias, voilà que Jean-Luc Mélenchon persiste dans l’insulte. Lors de sa venue à Montpellier, il vient de parler de Georges Frêche en ces termes : un "énergumène hirsute, claudiquant et vociférant", "Néron de Septimanie", "le pire de la droite et de la gauche réunies". Voilà que les donneurs de leçons et vigies du vocabulaire s’octroient le droit d’insultes les plus basses s’attaquant au physique de la personne, en l’occurrence G Frêche. Le terme claudiquant est infâme. Les personnes en situation de handicap apprécieront qu’un homme prétendument de gauche et s’affichant comme humaniste stigmatise les différences et se permette des propos discriminants. Ainsi tous les coups seraient permis. Quand on veut faire observer à son voisin la paille qu’il a dans son œil, l faut être sûr de ne pas avoir une poutre dans le sien. Partager une tribune avec quelqu’un qui prononce de tels propos sans réagir pose de singulières questions quant à la morale en politique. De quel honneur de la gauche parle-t-on quand on adopte un tel langage digne de l’extrême pour exprimer des désaccords politiques ? Je demande à Marie George Buffet, à Gérard Revol, tête de liste du front de gauche en Languedoc-Roussillon et Olivier Besancenot de se désolidariser de ces propos. »

D’aucuns rappelleront que Jean-Paul Boré fait partie des élus communistes au Conseil régional du Languedoc-Roussillon qui ont décidé de se présenter sur la liste Frêche. Cela n’enlève rien à la pertinence de sa réaction. De tels faits ne peuvent que nous inviter à la réflexion. J’en tire comme première conclusion qu’il n’est pas si facile, même lorsqu’on prétend avoir rompu avec toute attitude dogmatique, de ne pas céder à la tentation de faire feu de tout bois contre un adversaire politique, et, à l’inverse, de fermer les yeux sur les écarts de celui qui est de notre côté. J’ajoute qu’il reste toujours difficile de ne pas décrypter des propos, ou un évènement, à la seule aune de la pression médiatique (parmi bien d’autres, l’exemple qui me vient en tête est celui du boeing sud-coréen abattu par la chasse soviétique, où la vérité d’aujourd’hui est bien différente de la version fournie sans la moindre précaution par les médias sur le moment). La capacité à résister au pouvoir médiatique, à ce que Pierre Musso désigne comme « la démocratie de l’instant », me semble une qualité à cultiver impérativement pour tous ceux qui n’acceptent pas le cadre de pensée dominant.
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 13:54
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Sous la pression du gouvernement, l’Assistance publique des Hopitaux de Paris projette de démanteler le réseau hospitalier pour faire des économies. Depuis ces annonces, l’inquiétude monte du côté des médecins et des syndicats qui craignent pour leurs emplois et la qualité de l’offre de soins.

La casse de l’hôpital public menace d’atteindre un point de non-retour. Le plan de regroupement et de restructuration voulu par le ministère de la Santé par l’entremise du directeur général de l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP), Benoît Leclercq, détruit le paysage hospitalier parisien. Les 37 structures de l’AP-HP vont être rassemblées en 12 groupes hospitaliers, eux-mêmes organisés en zone Nord, Est, Sud, Ouest. L’objectif de ce démantèlement est, comme toujours, de faire des économies.

3 000 à 4 000 emplois menacés

L’AP-HP enregistre un déficit de 1,9 milliard d’euros en 2009. D’ici à 2012, elle devrait diminuer de 300 millions d’euros ses coûts de fonctionnement. Après avoir lâché quelques informations en novembre, les membres du conseil exécutif de l’AP-HP ont annoncé les mesures pour 2010-2012. De 3 000 à 4 000 emplois sont menacés sur un total de 92 000. La nouvelle a soulevé un tollé général  : la CGT dénonce « une gangrène qui détruit l’offre de soins de proximité », c’est « un grand gâchis » pour FO, la CFE-CGC et le Mouvement de défense de l’hôpital public (MDHP) fustigent les risques accrus d’erreurs médicales dans un contexte de pénurie de soignants. Ambiance.

Les hôpitaux commencent donc à partir en lambeaux. Armand Trousseau devrait perdre 70 % de ses activités. Le conseil exécutif a décidé le regroupement des services de pédiatrie spécialisés à Robert-Debré et à Necker. Trousseau recueillera les activités obstétriques de Saint-Antoine. Et ce dernier verra arriver 15 000 urgences de Tenon. Saint-Vincent-de-Paul serait presque entièrement démantelé. « L’AP-HP veut vendre le bâtiment, justifie Olivier Cammas de la CGT de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Sur les 347 employés à reclasser à l’hôpital Necker (qui fait partie du même groupe que Saint-Vincent-de-Paul), seuls 150 pourraient y aller, mais le bâtiment n’est pas encore fini », poursuit-il. La fusion de Bichat et Beaujon est aussi en marche. D’autres hôpitaux comme Fernand-Widal, Paul-Brousse, Saint-Vincent-de-Paul et l’Hôtel-Dieu sont carrément voués à la disparition, pour faire un maximum d’économies. « La réfection de l’Hôtel-Dieu coûterait 280 millions alors que la création de 450 nouveaux lits à Necker ne coûte que 180 millions », tente de justifier Benoît Leclercq.

Des centaines de postes supprimés, des habitudes de travail chamboulées et des soins dégradés  : voilà ce qui attend l’AP-HP d’après les syndicats. Quand on sait que les chiffres, les estimations, les dates annoncées par le conseil exécutif sont plus qu’approximatifs, l’incertitude est totale. Pour le professeur Bernard Granger, secrétaire du Mouvement de défense de l’hôpital public, regrouper n’est pas forcément une mauvaise chose. « Des rénovations sont nécessaires mais pas dans une telle panique  ! » constate-t-il. S’il y a urgence, c’est que les hôpitaux publics sont maintenant sous le joug d’une logique plus économique que de service public. Depuis l’instauration de la T2A (la tarification à l’acte) en 2007, la logique comptable régit le fonctionnement de l’hôpital. Les recettes des hôpitaux sont amoindries, car les actes médicaux ne sont pas facturés à leur juste prix, selon les détracteurs de la T2A. Ce qui contribue encore plus à creuser le déficit des hôpitaux, un cercle sans fin. La réformes HPST (hôpital patient santé territoire) a achevé de mettre en place cette logique. « Le mode de gestion actuel ne prend pas en compte les besoins des patients », estime Bernard Granger. Après le choc de la découverte du plan dans la presse, les syndicats ont rencontré jeudi la direction de l’AP-HP . « Nous n’avons pas de marge de négociations, nous subissons le projet. Les conséquences sur l’offre de soins avec les suppressions d’emplois vont être désastreuses », constate Rose-May Rousseau, secrétaire de la CGT à l’AP-HP.

L’intersyndicale contre le démantèlement

Les syndicats de l’AP-HP (FO, Usap-CGT, SUD et CFTC), organisés en intersyndicale, s’érigent contre le démantèlement de l’Assistance publique. Ils s’opposent à la destruction du plus grand CHU européen et appellent à organiser des assemblées générales. Deux ont déjà eu lieu à Trousseau et à l’Hôtel-Dieu. Ils exigent l’arrêt des suppressions d’emplois et des fermetures de services. De leur côté, les professeurs du Mouvement de défense de l’hôpital public menacent toujours de démissionner de leur fonction administrative de l’AP-HP si les suppressions de postes venaient à se faire « sans justifications médicales ». C’est-à-dire sans impact sur la qualité des soins. Médecins et syndicats sont en contact pour mener une lutte commune contre la mort de l’hôpital public.

Cécile Rousseau
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 13:34
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 PROPOS RECUEILLIS PAR BENITO PEREZ    

SOLIDARITÉ - Militaire et civil, l'engagement de Cuba au côté des mouvements de libération, en particulier africains, est un «cas unique dans l'histoire», assure le Pr Piero Gleijeses.
On peut appartenir à ce qu'on appelle le tiers-monde et être un pilier de la coopération internationale. Piero Gleijeses, professeur de politique étrangère américaine, est catégorique. A Cuba, la solidarité internationale est «intrinsèque» à l'expérience révolutionnaire. Invité samedi dernier par l'université de Genève, le chercheur italien de la Johns Hopkins University (Baltimore-Washington) a évoqué le rôle de la petite île des Caraïbes dans la décolonisation de l'Afrique. Au-delà des contingences de la Guerre froide, toile de fond de son ouvrage Conflicting Missions: Havana, Washington and Africa, 1959-1976, qui lui valut le Prix Robert Ferrell1, le Pr Gleijeses relève le sincère engagement internationaliste des leaders cubains. Une mission qui, aujourd'hui, a remplacé la kalachnikov par le stéthoscope.

Les partisans de la Révolution cubaine disent que sans l'intervention de La Havane en Afrique, l'apartheid ne serait pas tombé. N'est-ce pas exagéré?

Piero Gleijeses: Nelson Mandela ne dit pas autre chose! Ce que Cuba a fait a été décisif pour sauver l'Angola, puis permettre l'indépendance de la Namibie [en 1990, ndlr]. Le lien avec la chute de l'apartheid [entre 1990 et 1994, ndlr] est, lui, indirect. D'autres facteurs ont été plus importants en Afrique du Sud. Mais il est vrai que la défaite militaire des Sud-Africains en Namibie a eu un énorme impact sur les Noirs d'Afrique du Sud. Il ne faut pas sous-estimer l'élément psychologique dans un processus colonial. La victoire de la SWAPO (guérilla namibienne, ndlr) et des Cubains a remis en cause l'idée de la supériorité blanche. Avant la Namibie, certaines sources liaient déjà le soulèvement populaire de Soweto, en 1976 à l'échec des Portugais et des Sud-Africains en Angola.


Plus largement, quel rôle peut-on attribuer à la solidarité cubaine avec les mouvements de libération africains dans la décolonisation?

Cela dépend des pays et des époques. La première intervention date de 1961, lorsqu'un bateau cubain débarque à Casablanca chargé d'armes pour le FLN algérien et repart avec des blessés et des orphelins. [Ahmed] Ben Bella (leader indépendantiste et premier président algérien, ndlr) estimera l'aide suffisamment significative pour se rendre à La Havane remercier les Cubains dès après sa première intervention à New York devant l'ONU... D'autres interventions, comme celle mal préparée du Che au Congo-Léopoldville seront moins réussies. Certaines seront, au contraire, décisives, en Guinée-Bissau ou au Congo-Brazzaville. En tout quelque 350 000 soldats cubains fouleront le sol africain sur trois décennies. Plus de deux mille y laisseront la vie. Au-delà de l'aspect militaire, la solidarité cubaine a aussi eu un impact très positif dans ses dimensions techniques, éducatives et matérielles. Quelque 50 000 coopérants cubains ont apporté leurs compétences au continent. Et 40 000 Africains ont pu étudier et se former à Cuba! C'est une très belle histoire, un cas unique dans l'histoire. Aucun pays – même pas la Suède – n'a exprimé un tel internationalisme. Il n'y a pas d'exemple d'une coopération internationale similaire, ni de la part des pays du bloc de l'Est ni des occidentaux. On cite le cas des volontaires américains des Peace Corps2. Mais ce sont des jeunes gens de 20 ans. Cuba a mis à disposition ses professionnels, ses spécialistes. C'est très différent.
Qu'en reste-t-il aujourd'hui en Afrique? Une grande reconnaissance envers Cuba, en tous cas de la part de certains pays comme la Namibie. D'autres préfèrent oublier, en partie parce que les Etats-Unis ont gagné la Guerre froide et qu'il ne fait pas bon avoir une relation avec Cuba. En Afrique du Sud, la jeunesse méconnaît complètement la lutte de libération nationale. Une histoire qui, de plus, est réécrite, déformée de façon scandaleuse...

Vous avez étudié les archives cubaines. Quelles raisons ont amené ce petit Etat à intervenir – militairement et humanitairement – à l'étranger, notamment en Afrique?

Plutôt que les sources cubaines – qu'on pourrait accuser d'être partiales – dans mon livre, j'ai utilisé les documents déclassifiés de la CIA. Ceux-ci évoquent, en premier lieu, une volonté d'autodéfense de la jeune révolution. Durant les années 1960, Washington refusait d'accepter tout modus vivendi avec La Havane. «Les Yankees nous harcelaient, alors nous sommes partis les affronter sur les chemins du monde», m'a dit un jour [Léonard] Dreke, No 2 du Che au Congo. Pour Cuba, c'était donc une façon de rompre son isolement. Mais les documents américains mettent en avant une seconde raison: l'engagement internationaliste de Fidel Castro et des leaders cubains,. Ils estimaient être investis d'une mission contre le sous-développement et l'oppression.
Le contexte change à partir du milieu des années 1970. Au moment où Cuba envoie 36 000 soldats en Angola pour stopper l'avancée des troupes sud-africaines, on ne peut plus parler d'autodéfense, car les Etats-Unis – sous l'impulsion d'Henry Kissinger – sont désormais disposés à discuter.
Dans ses mémoires, l'ancien secrétaire d'Etat américain écrit qu'à l'époque, il avait pensé que les Cubains agissaient sur commande de l'Union soviétique. Or, on apprît par la suite que La Havane avait mis Moscou devant le fait accompli. Au risque d'une crise avec son allié. Pour Kissinger, une telle attitude, qui allait contre les intérêts nationaux de Cuba, contre la Realpolitik, ne pouvait répondre qu'à un élan idéaliste de Castro, qu'il qualifie de révolutionnaire le plus sincère.
Je pense que Kissinger a vu juste. Fidel Castro a qualifié un jour la lutte contre l'apartheid de «plus belle cause de l'Humanité». Or, il savait qu'une victoire de l'Afrique du Sud en Angola aurait renforcé l'emprise de ce régime sur les peuples d'Afrique méridionale.

Pourquoi Cuba est-elle davantage intervenue en Afrique qu'ailleurs?

La priorité des Cubains était l'Amérique latine. Mais agir dans ce que les Etats-Unis considéraient comme leur «arrière-cour» était beaucoup plus difficile. Quant à l'Asie, si les Cubains admiraient beaucoup la lutte de libération des Vietnamiens, ceux-ci ne voulaient pas de combattants étrangers. L'Afrique a servi de terrain de substitution. I
Note : 1 Attribué par la Society for Historians of American Foreign Relations.
2 Les Corps de la paix sont un programme humanitaire créé par John Kennedy qui a mobilisé 180 000 volontaires en quatre décennies.
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 12:42
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Le PS sortant Jean-Paul Huchon ou la Verte Cécile Duflot remporteraient les régionales en Ile-de-France par 52 % contre 48 % pour l'UMP Valérie Pécresse, selon un sondage Ifop-Maximiles pour le jdd.fr.

Ce taux est le même, selon que le président socialiste du conseil régional ou la numéro un des Verts conduise l'alliance de second tour contre la liste de la ministre de l'Enseignement supérieur.

Celle-ci arriverait cependant en tête détachée au premier tour, avec 34% des voix, si les élections avaient lieu dimanche prochain. Elle devancerait de 11 points son adversaire socialiste (23%). Ce dernier distancerait de 7 points la liste Verts-Europe écologie dirigée par Mme Duflot (16%).

Le Front de Gauche (PCF-PG) est crédité de 7 % des intentions de vote, un demi-point devant le Front national (6,5 %). Le MoDem aurait 5 % des suffrages, le NPA 3,5 %, Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan 3 % et les écologistes indépendants 2 %.

Au second tour de scrutin, Jean-Paul Huchon et Cécile Duflot réalisent tous deux 52 % face à Valérie Pécresse 48 %.

*Étude réalisée en ligne (système autoadministré Cawi) du 8 au 10 décembre auprès d'un échantillon de 940 personnes, représentatif de la population de la région Ile-de-France âgée de 18 ans et plus, inscrite sur les listes électorales.
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 12:32
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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 21:39
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Pimbèche /
Slim Bagga 

Il n’y a pas de petite arnaque : Chez les Trabelsi, et même chez la première du clan, mettre la main à la poche est un exercice qui ressemble aux légendaires Travaux d’Hercule.

Tout le monde doit encore avoir en mémoire la spectaculaire tentative d’arnaque de la Maison de couture Dior au milieu des années 2000, lorsque Zinochette avait fait son marché, faisant l’acquisition de manteaux d’une valeur de 30 000 euros (60 000DT). La Maison de couture avait expédié la facture à l’ambassade, et l’ambassadeur de l’époque, Moncer Rouissi, fit la sourde oreille. Téléphonant à Carthage pour réclamer la dette, la comptabilité de Dior a entendu ce qu’elle a entendu.

Les arnaques de ce genre se comptent par centaines et sont du plus bel exemple pour la respectabilité de la Tunisie. Mais enfin, qu’y pouvons-nous ? Ces gens-là, comme dirait le poète éternel, sont une race à part : ça vole les bâteaux de personnalités sans connaitre un jour de prison ; ça trafique des voitures de luxe sur la côte d’Azur notamment ; ça deale de la drogue et en blanchit l’argent ; ça fait passer des clandestins vers l’Europe comme les 130 kurdes de Syrie jetés sur les rives corses pour une somme entre 2500 et 10 000 euros la tête de….miséreux. Tout le monde sait et tout le monde se tait ou lève lève ses bras au ciel…impuissant !

Le fisc chez JAJA

Alors vint récemment le tour de jouer un mauvais tour à JAJA Couture.. Célèbre pour fournir des robes de mariées, de confectionner des habits féminins haut de gamme, JAJA a pour clientèle la crème des femmes fortunées de Tunisie, et bien sûr Hayet Ben Ali, soeur de Zinochet entre autres.

La maison de couture fait des affaires juteuses ; mais chez JAJA, on n’avait pas encore réalisé que s’i l’on a fait des bénéfices, c’est grâce à la toute puissance des Trabelsi. On a dû oublier cela, et on le paye au prix fort aujourd’hui.

L’affaire commence lorsqu’en été, Leïla commanda 3 caftans pour sa fille Nesrine, épouse le pieux gominé Sakhr Materi, pour la petite dernière Halima et pour elle-même. La styliste effectua même deux passages à Paris pour s’approvisionner en pièces manquantes en Tunisie pour ces joyaux de princesses et "leur reine-mère". Coût des 3 caftans : 35 000DT (18 000 euros).

La commande est essayée, puis livrée. Trois mois plus tard, la comptabilité de JAJA ne vit rien venir. Sans doute un oubli, ou des problèmes de trésorerie chez Madame Ben Ali.

Alors, on expédie la facture à l’intéressée. Et l’intéressée déteste les factures : ce n’est pas sa lecture favorite. Au lieu de chercher son chéquier et de griffonner une signature, elle décrocha son téléphone et somma le fisc de faire une descente chez JAJA. Sympa, non ? Parions qu’on trouvera sûrement quelques poux dans la tête de la styliste.

Le fiasco américain

A la décharge de la belle Leïla, concédons-lui qu’elle a quelques raisons de se trouver en colère et de regarder par deux fois avant de débourser les pécules qu’elle a mis 20 ans à voler au peuple et à amasser dans les paradis fiscaux. N’est-elle pas récemment allée dare-dare, toujours accompagnée de sa fllle Nesrine, à New-York pour s’enquérir de l’état de ses placements qui ont fait pschitt ?

Pour l’Histoire, le propriétaire de l’hôtel George V à Paris, un certain Walid Ben Talel, grand ami du producteur Tarek Ben Ammar devant l’Eternel, lui avait conseillé d’effectuer quelques placements chez Robert Madoff, le plus gros escroc du monde qui a mis sur la paille des centaines de familles américaines, en flambant 50 milliards de dollars. Après les commissions d’Orascom parties en fumée dans des investissements à Dubaï qui a connu son crash boursier (Près de un milliard de dollars), voilà Madoff qui se met lui aussi de la partie pour percer le panier de Zinochette. Un sou étant un sou, alors JAJA et ses 35 000 dinars, c’est déjà ça pour renflouer la caisse.

C’est ce qu’on appelle une femme avisée…Et je suis personnellement torturé à l’idée qu’elle va bientôt nous manquer à tous.

Encore des projets

Elle va peut-être nous manquer, mais résolument optimiste, Zinochette est encore la seule à croire s’éterniser au pouvoir dans cette Tunisie exsangue. Et elle a plein de projets : Remarquez que de source certaine, il s’est trouvé que cette tentative de fermeture de l’Université libre de Tunis, appartenant à Mohamed Bouebdelli entre dans le cadre d’arrière-pensées à but lucratif.

On a beaucoup parlé, dans cette affaire, de la vengeance du couple présidentiel et de l’acharnement contre un couple qui ne se soumet pas aux passe-droits car pour les Bouebdelli, on ne triche pas avec l’Education et l’enseignement.

Mais il se trouve que derrière les méthodes contestables et les prétextes fallacieux d’un larbin de ministre aux ordres, il y a bel et bien une volonté de Leïla Trabelsi d’ouvrir dans le Lac de Tunis une Ecole privée de formation d’ingénieurs en coopération avec une Ecole française. C’est du Leïla, c’est du Trabelsi pur jus !

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 21:34

Il comparait en correctionnelle vendredi. Douze ans après les faits, c'est l'heure des comptes pour l'ancien ministre.

 

Lors de leur audition, elles ont expliqué quel était leur quotidien : « ménage, repassage, lavage, vaisselle, et quelques fois à la demande de Madame, préparation du repas de midi » ou des courses « dans les commerces aux alentours ».

L'une précise que le repassage prenait la plus grande partie de son temps « compte tenu du grand nombre de personnes habitant cet appartement ».

Des « bonnes à tout faire“pour le couple Millon et quatre enfants

On les appellera Chantal, Marie, Josie et Sylviane. Des prénoms d'emprunt car elles n'avaient rien à faire dans une instruction pénale. Elles, ce sont les femmes de ménage qui se sont relayées pendant dix ans, 8 à 9 heures par jour, tous les jours de la semaine, toute l'année, au domicile de Charles Millon et de sa compagne Chantal Delsol.

Ce sont ces femmes dont le couple Millon a ‘oublié les noms’, sauf d'une, alors qu'elles faisaient leur lit, tous les matins. Mais ce sont elles, aussi, qui vaudront à Charles Millon d'avoir à répondre, le 5 février prochain devant le tribunal correctionnel, d'une possible ‘prise illégale d'intérêt’.

Officiellement, elles avaient été mises à disposition du président de la région, de manière ‘exceptionnelle’, pour les réceptions officielles qu'il pourrait avoir à donner à son domicile. Et c'est le conseil régional qui réglait la note à la société Morel, qui les employait.

En réalité, elles étaient les ‘bonnes à tout faire’ du quotidien pour le couple Millon et les quatre enfants vivant à l'époque encore chez eux. Face aux enquêteurs, qui avaient réuni bien d'autres preuves, elles n'ont pas démenti. Et reconnu simplement qu'elles n'avaient ‘jamais eu à exécuter des tâches liées à des réceptions officielles ou même des invitations’.

Le tribunal n'aura à juger que le bout de la comète de cette affaire

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Comme le confie une source judiciaire, ce genre de pratiques était ‘monnaie courante’ dans les années 90. Certains élus ont été lourdement condamnés pour des faits similaires. Ce ne sera probablement pas le cas de Charles Millon. L'affaire arrive trop tardivement devant le tribunal, 12 ans après des faits qui se sont produits entre 1989 et 1998, pour susciter une volonté d'exemplarité judiciaire.

Autre facteur d'indulgence : la justice administrative s'est, elle, prononcée et a déjà contraint Millon à rembourser le ‘gros’ des avantages indûment perçus, soit 326 000 euros. Et surtout, le tribunal n'aura à juger que le bout de la comète de cette affaire.

Au départ de l'affaire, Étienne Tête (Les Verts), avait mis le doigt sur des avantages estimés à près de 600 000 euros. L'élu écologiste avait en effet pointé l'illégalité de la prise en charge par la région du loyer de l'appartement occupé par le couple Millon, mais aussi des charges et factures diverses (eau, gaz, électricité, téléphone), ainsi que du personnel de maison. Le tout pendant une dizaine d'années !

À l'issue d'une procédure harassante, dont le détail n'intéresserait que des doctorants en droit (et Étienne Tête), la justice pénale n'aura à juger que la seule mise à disposition de personnel, lors des trois derniers mois de l'occupation de l'appartement par le couple Millon.

Tout le reste a été ‘zappé’ ou prescrit. Un peu comme la carrière politique de Charles Millon. Mais ça, ce sont les électeurs qui s'en sont chargés, punissant ainsi une ‘faute’ bien plus grave, même si elle n'avait rien de pénal : sa réélection en 1998 à la présidence de la région, avec l'appui des élus du Front National.

En partenariat avec Lyon Capitale :

Photo : Charles Millon, lors d'un meeting politique à Lyon en 1998 (Robert Pratta/Reuters)
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