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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 07:30

f2.jpgApparu il y a un demi-siècle, l’usage des neuroleptiques, en dépit de ses piètres résultats, est devenu massif dans la médecine psychiatrique américaine. Il repose sur une vision particulièrement fruste de la maladie mentale, que propage également, au niveau mondial, le répertoire des pathologies le plus souvent utilisé par la profession.


par Olivier Appaix, décembre 2011

Créée en 2008 à Denver (Colorado), l’entreprise d’imagerie médicale CereScan prétend diagnostiquer les troubles mentaux à partir d’images du cerveau. Diffusé sur la chaîne Public Broadcasting Service (PBS) (1), un documentaire montre le mode opératoire. Assis entre ses parents, un garçon de 11 ans attend, silencieux, le résultat de son IRM (2) du cerveau. L’assistante sociale lui demande s’il est nerveux. « Non », répond-il. Elle montre alors les images à la famille : « Vous voyez, là c’est rouge, ici orangé. Or, ça aurait dû être vert et bleu. » Telle couleur signale la dépression, telle autre les troubles bipolaires ou les formes pathologiques de l’angoisse.

CereScan satisfait aux demandes croissantes d’une société américaine qui semble de plus en plus mal supporter les signes de déviance. L’entreprise affirme qu’un Américain sur sept âgé de 18 à 54 ans souffre d’un « “désordre” ou “trouble” pathologique lié à l’angoisse », soit dix-neuf millions de personnes (3). Un marché pour lequel elle voit un brillant avenir : CereScan compte ouvrir vingt nouveaux centres à travers les Etats-Unis. Avant de partir à la conquête des cerveaux du reste du monde ?

Les normes qui définissent le comportement attendu ne sont pas clairement établies, mais les critères de diagnostic des déviances ou des troubles considérés comme pathologiques, tel le « déficit d’attention », sont, eux, très précisément énoncés et classés par le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM). Référence absolue des praticiens aux Etats-Unis — et de plus en plus ailleurs dans le monde —, ce manuel leur permet d’identifier les « troubles pathologiques » à des âges de plus en plus précoces (lire « La bible américaine de la santé mentale »). Aux Etats-Unis, depuis le début des années 2000, des « troubles bipolaires » ont été diagnostiqués chez un million d’enfants. D’un peu moins de 16 000 en 1992, le nombre d’autistes chez les 6-22 ans est ainsi passé à 293 000 en 2008, et même à 338 000 si on inclut les enfants de 3 à 6 ans — une catégorie d’âge apparue en 2000 dans les statistiques.

Dans la population générale, chaque jour 1 100 personnes (850 adultes et 250 enfants) s’ajoutent à la liste des bénéficiaires de l’aide financière fédérale pour cause de trouble mental sévère. Les mailles du filet se resserrent sans cesse. Pourtant, les essais cliniques réalisés chez les adultes se révèlent assez peu concluants quant aux bénéfices à long terme de la réponse pharmacothérapeutique aux affections mentales. Si, pendant quelques semaines, des réactions positives peuvent apparaître (généralement équivalentes, toutefois, à celles provoquées par des placebos), les effets sur une plus longue période incluent des altérations irréversibles du cerveau et des dyskinésies tardives (4).

La réponse pharmacothérapeutique aux affections mentales est apparue dans les années 1950, à partir des travaux d’Henri Laborit sur le paludisme, la tuberculose et la maladie du sommeil. Le médecin français constate la « quiétude euphorique » provoquée par la prométhazine. En 1951, il parle de « lobotomie médicinale », en référence à l’intervention chirurgicale qui détruit les connexions du cortex préfrontal (5) inventée par le neurologue portugais Egas Moniz, Prix Nobel de médecine-physiologie en 1949.

L’usage du premier neuroleptique (nommé plus tard Thorazine) se répand bientôt dans les asiles psychiatriques, puis franchit l’Atlantique, de même que la lobotomie. On introduit alors l’idée que les troubles mentaux résultent d’un déséquilibre chimique du cerveau. Dès lors, les effets « miraculeux » du lithium et des formulations qui lui succèdent, du Prozac (mis sur le marché en 1988) au Zoloft en passant par le Zyprexa, sont chantés par l’ensemble des médias.

L’apparition des neuroleptiques donne aux psychiatres, puis aux personnels d’infirmerie et d’assistance sociale, un statut de prescripteurs de médicaments dont ils étaient encore largement dépourvus, marginalisant la réponse psychothérapeutique et les nombreuses autres solutions possibles : exercice, meilleure nutrition, socialisation, etc. Depuis, c’est l’escalade pharmacologique. On étend et on densifie le champ de la pathologie avec le DSM, et on intensifie la réponse pharmaceutique, avec la bénédiction des autorités sanitaires.

Passés maîtres dans l’art de communiquer, les laboratoires ne révèlent souvent pas tout ce qu’ils savent des effets des médicaments. Le message adressé aux parents, aux enfants ou aux jeunes adultes affectés par un épisode de « trouble mental » se résume à ceci : « Vous avez besoin de médicaments, comme le diabétique a besoin de l’insuline. »

Ayant bénéficié pendant des années des largesses de l’industrie pharmaceutique, dont il a été l’un des plus fidèles promoteurs, le docteur Daniel Carlat dénonce à présent son emprise (6) : « On dit aux patients qu’ils ont un déséquilibre chimique dans le cerveau, parce qu’il faut bien accréditer médicalement à leurs yeux le fait qu’ils sont malades. Mais on sait que ce n’est pas prouvé (7). »

Chercheurs critiques mis à l’écart

Toutes les études longitudinales (qui ne sont pas menées par les laboratoires) montrent que les effets des neuroleptiques s’estompent avec le temps, que les crises réapparaissent, souvent plus fortes, et que les symptômes s’aggravent, plus encore que chez les patients traités avec des placebos. Les praticiens en concluent que les doses sont… insuffisantes, ou la thérapie inappropriée ; on passe donc à quelque chose de plus fort. Les troubles s’aggravent et le handicap s’approfondit. Des millions de personnes aux Etats-Unis subissent cet engrenage infernal, qui s’apparente souvent à ces « lobotomies médicinales » décrites par Laborit dès 1951.

Face à ces constats qui dérangent, laboratoires et chercheurs n’hésitent parfois pas à biaiser les essais cliniques ou la présentation de leurs résultats, voire à mentir par omission. Une équipe de l’université du Texas a ainsi publié de faux résultats sur le médicament Paxil, administré à des adolescents, en omettant de rapporter la très forte augmentation du risque de suicide des patients étudiés. La profession a suivi, louant la tolérance du médicament par les adolescents. Glaxo SmithKline, le fabricant, avait pourtant reconnu dans un document interne que son médicament ne valait pas mieux qu’un placebo. Assignée en justice pour promotion frauduleuse, l’entreprise a préféré s’acquitter d’un dédommagement : un procès risquait de nuire fortement à son image et à ses profits (8). Une pratique courante dans cette industrie, qui rappelle en cela celle du tabac. Certains chercheurs ont démontré l’inefficacité des neuroleptiques ou même leur contribution à l’augmentation des taux de suicide chez les personnes traitées ; ils ont été marginalisés (9). En grande partie financés par les laboratoires, les départements universitaires de psychiatrie vivent un conflit d’intérêts patent, et risquent de pâtir du discrédit jeté sur les médicaments et leurs fabricants.

Ainsi, entre 2000 et 2007, le chef du département de psychiatrie à l’école de médecine de l’université Emory (Atlanta) avait perçu — sans les déclarer — plus de 2,8 millions de dollars en tant que consultant pour les compagnies pharmaceutiques, en rétribution de centaines de conférences. Un ancien directeur de l’Institut américain de la santé mentale (National Institute of Mental Health, NIMH) avait, lui, perçu 1,3 million de dollars entre 2000 et 2008 pour promouvoir les « stabilisateurs d’humeur » pour le compte de GlaxoSmithKline. Il animait aussi une émission de radio très populaire sur la radio publique (National Public Radio, NPR). Interrogé sur ces pratiques, il avait répondu au New York Times que « tout le monde [dans sa spécialité] fait pareil (10) ». Si la déclaration des sources de financement et des montants reçus est obligatoire, du moins pour les scientifiques, les fraudes sont nombreuses.

Meilleurs résultats sans médicaments

Les laboratoires, et à leur suite bon nombre de prescripteurs, encouragent une consommation toujours plus intense, prolongée et diversifiée de psychotropes et autres neuroleptiques. Novartis a ainsi été condamné à verser une amende de 422,5 millions de dollars pour avoir, entre 2000 et 2004, poussé à recourir au Trileptal, un médicament contre l’épilepsie, pour le traitement des troubles bipolaires et des douleurs nerveuses — des applications non approuvées par la Food and Drug Administration (FDA).

Les conférences où des médecins prescrivant beaucoup un certain médicament sont grassement payés pour discourir devant des parterres de collègues eux-mêmes payés pour écouter la bonne parole sont monnaie courante. Le coût astronomique de ce marketing est, in fine, répercuté sur celui des médicaments, et donc sur les malades.

Comment fixer les frontières de ce qui est considéré comme pathologique ? La modalité de la réponse illustre les excès d’un système de santé qui pousse à la surconsommation médicale et même au surdiagnostic, avec la multiplication des catégories de « troubles ». Il encourage en outre une prise en charge moins personnalisée (on « fait du chiffre », particulièrement dans les systèmes de paiement à l’acte), le recours à des tests de diagnostic lourds et à une réponse chimique automatique.

Pourtant, les études longitudinales s’accumulent pour établir la supériorité du traitement des affections mentales sans produits pharmaceutiques, y compris de la schizophrénie — sauf dans des cas très minoritaires et de façon limitée dans le temps (11). A la longue, l’exercice, la socialisation, le travail rendent la vie des personnes affectées par des troubles mentaux bien plus supportable. La rupture du lien social, la discrimination au sein de la famille ou de la communauté sont les premières causes de folie. Des études transculturelles menées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans les années 1970 à 1990 sur la schizophrénie et la dépression à travers le monde ont montré que les personnes non soumises à une pharmacothérapie bénéficiaient d’un « meilleur état de santé général » à moyen terme comme à long terme (12).

Mais les neuroleptiques ont très largement contribué à la croissance faramineuse des ventes et des profits des compagnies pharmaceutiques. Ce secteur est l’un des plus rentables aux Etats-Unis depuis cinquante ans. Les législations en place lui sont très favorables. Lors de la discussion du projet de loi de réforme du système de santé en 2009, 544 millions de dollars ont été dépensés pour assurer auprès des législateurs les intérêts des assureurs, des entreprises pharmaceutiques et des fournisseurs de soins. Ceux qui gagnent bien leur vie voient d’un très mauvais œil l’intervention de la puissance publique dans leur chasse gardée. La santé mentale représente le premier poste des dépenses de santé, avec 170 milliards de dollars en 2009. Un chiffre qui devrait s’élever à 280 milliards de dollars en 2015  (13).

Paradoxalement, si la pharmacothérapie des troubles mentaux se massifie, des centaines de milliers de personnes souffrant de ces troubles ne bénéficient d’aucune sorte de prise en charge : celles qui n’ont pas de couverture médicale (16 % de la population) — l’obligation d’en contracter une ne sera effective qu’en 2014 — et celles qui sont incarcérées. On estime qu’un demi-million de détenus auraient besoin d’aide, d’autant que l’enfermement et les conditions d’incarcération aggravent les affections. Mais les institutions n’y sont absolument pas préparées. Une fois libérés, ces prisonniers se tournent vers l’usage de drogues en guise de thérapie, et, dans un cercle vicieux, retombent souvent dans la délinquance.

 

Olivier Appaix

Economiste de la santé et du développement.
http://www.monde-diplomatique.fr/2011/12/APPAIX/47036

(1) The Medicated Child, documentaire de l’émission «  Frontline  », janvier 2008.

(2) Imagerie par résonance magnétique. Aux Etats-Unis, une IRM du cerveau coûte de 1 500 dollars à plus de 3 000 dollars pour une procédure qui dure de quarante à soixante minutes.

(3) «  Anxiety disorder  », CereScan Imaging, 2009.

(4) La dyskinésie se caractérise par des mouvements incontrôlables du visage.

(5) La lobotomie visait à soigner les patients souffrant de certaines maladies mentales, comme la schizophrénie. Elle est désormais interdite dans la plupart des pays.

(6) Daniel J. Carlat, Unhinged. The Trouble with Psychiatry. A Doctor’s Revelations about a Profession in Crisis, Free Press, New York, 2010.

(7) Interview de Daniel Carlat dans «  Fresh air  », National Public Radio, 13 juillet 2010.

(8) «  When drug companies hide data  », The New York Times, 6 juin 2004. La même entreprise vient de payer 3 milliards de dollars pour mettre fin à une série de procès concernant ses produits, dont Paxil. Cf. «  Glaxo settles cases with US for $ 3 billion  », The New York Times, 3 novembre 2011.

(9) Robert Whitaker, Anatomy of an Epidemic. Magic Bullets, Psychiatric Drugs, and the Astonishing Rise of Mental Illness in America, Crown, New York, 2010.

(10) «  Radio host has drug company ties  », The New York Times, 21 novembre 2008.

(11) Robert Whitaker, op. cit.

(12) Etudes citées par Whitaker. L’état de santé selon l’OMS inclut la santé physique, mentale et sociale.

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 07:25
Sudanese-refugee-Israel-008.jpgUne réfugiée soudanaise se mire dans le miroir fêlé d’un logement de fortune à Kadesh Barnea, dans le sud d’Israël, après avoir traversé la frontière égyptienne. (Photo : Gali Tibbon/AFP/Getty)

 

« Quittez le quartier ! »

Quelques jours auparavant, des incendiaires avaient mis le feu à la maison de 10 migrants africains à Jérusalem, faisant quatre blessés, et laissant un graffiti sans équivoque : « Quittez le quartier ! ».

Le lundi, la télévision israélienne rapportait que le Conseil de Haifa avertissait les entreprises locales qu’elles risquaient de perdre leur licence si elles employaient des réfugiés africains, et que des boutiquiers dans la ville de Sderot, au sud, refusaient de servir des immigrants.

Les statistiques montrent qu’environ 60.000 immigrants africains sont entrés dans le pays au cours des sept dernières années via le désert égyptien du Sinaï - beaucoup de demandeurs d’asile fuyant la répression ou la guerre au Soudan, au Sud-Soudan et en Erythrée. Comme l’Europe, Israël semble très inquiète de se voir « submergée » de réfugiés de pays en développement - même si en Israël, peut-être à cause de sa situation géographique, les peurs paraissent plus viscérales. Jusqu’à présent, l’approche israélienne a été de construire une barrière d’acier sur la frontière égyptienne et un centre de détention géant dans le sud, puis de voter une loi permettant la détention de migrants jusqu’à trois années. Depuis sa création, moins de 150 personnes ont été reconnues comme réfugiées par Israël.

La fruste réponse des politiciens a été aussi dérangeante que les scènes de rue. La semaine dernière le Ministre de l’Intérieur Eli Yishaï a dit : « La plupart des gens qui arrivent ici sont des musulmans qui croient que le pays ne nous appartient pas, à nous hommes blancs ». Il a également décrit les réfugiés comme des violeurs et des criminels. Il y a plusieurs semaines, Miri Regev, membre Likoud de la Knesset, évoquait les personnes soudanaises en Israël comme un cancer. Le mois dernier l’ancien présentateur vedette de télévision Yaïr Lapid, récemment reconverti en politique, vilipendait certains membres de la Knesset comme « incitateurs » de pogroms, écrivant : « Je me demande comment ils ont le culot de s’appeler des juifs ».

Cette vue n’est pas facile à supporter

La vue de juifs israéliens - fils et filles de réfugiés - se faisant l’écho acte pour acte - briseurs de vitres et racistes - et trait pour trait, des scènes de pogroms antisémites historiques qu’a connues l’Europe, cette vue n’est pas facile à supporter. Pas davantage, l’inconfortable réalité que la haine des réfugiés est alimentée si facilement en Israël. Le pays pratiquant depuis des années une politique de séparation entre juifs et Palestiniens assujettis, à la fois dans les territoires occupés et en Israël, il a incubé une forme de racisme ordinaire et une évaluation puritaine de « l’autre », qui permettent à des sentiments anti-migrants de s’épanouir.

Le mois dernier, l’historien et commentateur Tom Segev déclarait à AP : « Ce qui me dérange le plus, c’est l’atmosphère raciste. Cela fait plusieurs années maintenant que la société israélienne va dans cette direction ». Lors d’une manifestation contre les immigrants l’an dernier, une manifestante expliquait son hostilité : « Ils ne sont pas juifs. Pourquoi devraient-ils être ici avec nous ? ». Le langage en soi est révélateur : de la même manière, manifestants, politiciens et journalistes ont catalogué les Africains comme « infiltrés » - le même terme anxiogène et sécuritaire utilisé pour décrire les Palestiniens. Pas étonnant dès lors que la Loi sur la Prévention de l’Infiltration, introduite dans les années ’50 pour empêcher les Palestiniens de retourner chez eux, vient d’être amendée pour s’appliquer aux Africains.

Bombardement par taux de natalité

Entre-temps l’angoisse viscérale de la démographie est partout - les rabbins et les ministres mettent en garde que les immigrants, tout comme les Palestiniens, vont se servir d’une sorte de tactique de bombardement par taux de natalité en Israël, dépassant en nombre la population juive et torpillant ainsi la nation.

La rhétorique est peut-être renforcée mais les ministres israéliens d’extrême-droite répètent fondamentalement les sentiments anti-immigration et anti-islam des partis d’extrême-droite en Europe. Ce n’est pas une coïncidence, parce que, paradoxalement, les deux ont récemment fait cause commune. Ces dernières années, les ministres israéliens ont accueilli des dirigeants européens d’extrême-droite et exprimé clairement qu’ils partageaient leurs valeurs quant à la prétendue menace de l’islam et en particulier, des immigrants musulmans. Geert Wilders, leader du Parti de la Liberté néerlandais, est l’un des nombreux personnages qui ont visité Israël et rencontré des ministres de la droite dure [1]. Au cours d’un de ses voyages, Wilders a rencontré le Ministre des Affaires Etrangères Avigdor Lieberman et a parlé d’Israël comme d’une ligne de front dans le combat contre l’Islam. « Si Jérusalem tombe » avertit-il, « Amsterdam et New York seront les suivants ».

Un arrangement toxique

Cette affiliation est une grande nouvelle pour les partis d’extrême-droite en Europe, qui cherchent à assainir leur image, et dont le passé antisémite bloquait la conquête d’une acceptabilité par le grand public. L’Institut pour le Dialogue Stratégique (IDS), un groupe de recherche, a mis en garde contre le fait que les partis d’extrême-droite en Europe progressent, notamment parce qu’ils ont opportunément enterré l’antisémitisme en faveur d’une posture apparemment plus acceptable, contre l’islam et les migrants musulmans. Quelle chance pour eux que les politiciens juifs israéliens les aident à le faire.

Il est sans doute réconfortant pour l’extrême-droite israélienne de trouver des alliés qui font chorus sur les revendications d’une bataille aux frontières. Mais quand les gens qui vous comprennent parfaitement sont justement ceux qui ont une histoire de haine et de violence contre vous, il est temps de vous demander ce que signifie exactement cette relation. Les attaques israéliennes actuelles contre les réfugiés africains sont déjà assez pénibles, mais si cette éruption signifie, même partiellement, un ordre du jour concordant entre fascistes européens et nationalistes israéliens d’extrême-droite, il s’agit d’un arrangement toxique - une source de problèmes pour les migrants, musulmans et juifs, où que ce soit.

Note :

[1] Geert Wilders affirme entretenir une relation personnelle forte avec Israël. Il s’est rendu en Israël une quarantaine de fois au cours des 25 dernières années. Selon ses propres déclarations, il y aurait rencontré plusieurs fois Ariel Sharon et Ehud Olmert. Il revendique des liens étroits avec le Mossad - Wikipédia - (NdT)

Rachel Shabi

* Rachel Shabi, Née en Israël de parents irakiens, a été élevée au Royaume-Uni. Écrivain et enseignante, elle a écrit de nombreux articles sur le conflit israélo-palestinien et a publié en 2009 « Not the Enemy : Israel’s Jews from Arab Lands »

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 21:11

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 19:12

arton16627-319b5.jpgFrançais, aimez-vous que l’on vous crache à la figure ? Moi pas, et que vous soyez de droite ou de gauche, vous non plus je suppose. Et pourtant.

En mai 2005, à la question « approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe ? », 54,68 % d’entre vous ont répondu « non ». Trois ans plus tard, le 8 février 2008, les députés et sénateurs français se sont réunis en congrès pour adopter et ratifier le Traité de Lisbonne, à savoir une version légèrement édulcorée du texte que le peuple souverain avait rejeté.

Pour un crachat, ce fut un beau crachat.

Les partisans du « oui » au référendum qui ont poussé un soupir de soulagement après la ratification du traité par le Congrès ont eu tort car lorsque les « représentants élus du peuple français » (de droite comme de gauche) ont craché, ils ont craché en direction du peuple tout entier, sur la démocratie, sur vous, sur moi, sur nous tous, de droite comme de gauche, partisans ou adversaires du traité.

Il n’y a probablement jamais eu de démonstration aussi claire, nette et précise de leur mépris. Sur ma joue, ça dégouline encore et sur la vôtre aussi, droite ou gauche, même si vous ne sentez plus rien ou si vous vous y êtes habitués.

Nous le savons : la meilleure manière d’encourager des crapuleries est de leur accorder l’impunité. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Ca tombe bien, ils vont bientôt revenir, tous frais tous chauds, pour quémander des voix. Et la meilleure chose à faire, c’est de les leur refuser. Vous n’êtes même pas obligés de changer de vote, l’important ici est de faire tomber les sortants (de gauche comme de droite) qui ont sali l’idée même de la démocratie représentative.

Français, allez-vous oublier et voter pour quelqu’un qui vous a craché à la figure ?

Pour les reconnaître, c’est simple : il suffit de consulter la liste des élu(e)s qui ont adopté le traité en 2008 et vous aurez la liste des vauriens (de gauche comme de droite). Si un de ces noms figure parmi les candidats de votre circonscription, évitez le soigneusement.

Je ne sais pas à quoi ressemblera la prochaine Assemblée Nationale, mais ne plus voir ces noms-là sera déjà un très grand progrès et une belle leçon qu’on leur infligerait et aussi un joli avertissement à leurs remplaçants. Et puis, qu’est-ce que vous voulez, j’aime bien aussi voir de temps en temps de nouvelles têtes.

Et aussi parce que quand on me crache à la figure, je retourne une claque.

Pas vous ?

BB

(*) titre inspiré d’une chanson du chanteur/compositeur/interprète Sarcloret, dit Sarclo. J’espère qu’il ne m’en voudra pas

Pour vous faciliter la tâche, voici la liste des élus, de droite comme de gauche, à faire tomber (s’ils sont encore en place) :

Élie Aboud, Manuel Aeschlimann, Yves Albarello, Alfred Almont, Mme Nicole Ameline, MM. Jean‑Paul Anciaux, Benoist Apparu, Jean Auclair, Mme Martine Aurillac, MM. Pierre‑Christophe Baguet, Patrick Balkany, Jean Bardet, Mme Brigitte Barèges, M. François Baroin, Mme Sylvia Bassot, MM. Patrick Beaudouin, Jean‑Claude Beaulieu, Jacques Alain Bénisti, Jean‑Louis Bernard, Marc Bernier, Jean‑Yves Besselat, Gabriel Biancheri, Jérôme Bignon, Jean‑Marie Binetruy, Claude Birraux, Etienne Blanc, Emile Blessig, Roland Blum, Claude Bodin, Philippe Boennec, Marcel Bonnot, Jean‑Yves Bony, Jean‑Claude Bouchet, Gilles Bourdouleix, Mme Chantal Bourragué, MM. Loïc Bouvard, Michel Bouvard, Mmes Valérie Boyer, Françoise Branget, MM. Xavier Breton, Philippe Briand, Bernard Brochand, Mme Chantal Brunel, MM. Michel Buillard, Yves Bur, Dominique Caillaud, Patrice Calméjane, François Calvet, Bernard Carayon, Pierre Cardo, Olivier Carré, Gilles Carrez, Mme Joëlle Ceccaldi‑Raynaud, MM. Hervé de Charette, Jean‑Paul Charié, Jérôme Chartier, Gérard Cherpion, Jean‑François Chossy, Jean‑Louis Christ, Dino Cinieri, Eric Ciotti, Pascal Clément, Philippe Cochet, Georges Colombier, Mme Geneviève Colot, MM. Jean‑François Copé, François Cornut‑Gentille, Louis Cosyns, René Couanau, Edouard Courtial, Jean‑Yves Cousin, Alain Cousin, Jean‑Michel Couve, Henri Cuq, Mme Marie‑Christine Dalloz, MM. Olivier Dassault, Marc‑Philippe Daubresse, Bernard Debré, Jean‑Pierre Decool, Bernard Deflesselles, Lucien Degauchy, Rémi Delatte, Richard Dell’Agnola, Mme Sophie Delong, MM. Jean‑Marie Demange, Yves Deniaud, Bernard Depierre, Vincent Descoeur, Patrick Devedjian, Nicolas Dhuicq, Eric Diard, Michel Diefenbacher, Jacques Domergue, Jean‑Pierre Door, Dominique Dord, Jean‑Pierre Dupont, Renaud Dutreil, Mme Marie‑Hélène des Esgaulx, MM. Gilles d’ Ettore, Daniel Fasquelle, Yannick Favennec, Georges Fenech, Jean‑Michel Ferrand, Alain Ferry, Daniel Fidelin, André Flajolet, Jean‑Claude Flory, Nicolas Forissier, Mme Marie‑Louise Fort, MM. Jean‑Michel Fourgous, Marc Francina, Mme Arlette Franco, MM. Pierre Frogier, Yves Fromion, Mme Cécile Gallez, MM. Sauveur Gandolfi‑Scheit, Jean‑Paul Garraud, Daniel Garrigue, Claude Gatignol, Gérard Gaudron, Jean‑Jacques Gaultier, Hervé Gaymard, Guy Geoffroy, Bernard Gérard, Alain Gest, Franck Gilard, Georges Ginesta, Charles‑Ange Ginesy, Jean‑Pierre Giran, Louis Giscard d’Estaing, Claude Goasguen, François‑Michel Gonnot, Didier Gonzales, Philippe Gosselin, Philippe Goujon, François Goulard, Michel Grall, Jean‑Pierre Grand, Mme Claude Greff, MM. Jean Grenet, François Grosdidier, Jacques Grosperrin, Mme Arlette Grosskost, M. Serge Grouard, Mme Pascale Gruny, M. Louis Guédon, Mme Françoise Guégot, MM. Jean‑Claude Guibal, Jean‑Jacques Guillet, Christophe Guilloteau, Gérard Hamel, Michel Havard, Michel Heinrich, Laurent Hénart, Michel Herbillon, Antoine Herth, Mme Françoise Hostalier, MM. Philippe Houillon, Guénhaël Huet, Sébastien Huyghe, Mme Jacqueline Irles, MM. Christian Jacob, Denis Jacquat, Paul Jeanneteau, Yves Jego, Mme Maryse Joissains‑Masini, MM. Marc Joulaud, Alain Joyandet, Didier Julia, Christian Kert, Jacques Kossowski, Mme Fabienne Labrette‑Ménager, MM. Marc Laffineur, Jacques Lamblin, Jean‑François Lamour, Mmes Marguerite Lamour, Laure de La Raudière, MM. Pierre Lasbordes, Charles de La Verpillière, Thierry Lazaro, Robert Lecou, Frédéric Lefebvre, Jean‑Marc Lefranc, Marc Le Fur, Jacques Le Guen, Michel Lejeune, Pierre Lellouche, Bruno Le Maire, Dominique Le Mèner, Jacques Le Nay, Jean‑Claude Lenoir, Jean‑Louis Léonard, Jean Leonetti, Pierre Lequiller, Céleste Lett, Mme Geneviève Levy, MM. Michel Lezeau, François Loos, Gérard Lorgeoux, Daniel Mach, Guy Malherbe, Richard Mallié, Jean‑François Mancel, Alain Marc, Jean‑Pierre Marcon, Thierry Mariani, Mme Christine Marin, M. Hervé Mariton, Mme Muriel Marland‑Militello, MM. Jean Marsaudon, Philippe‑Armand Martin, Mme Henriette Martinez, MM. Patrice Martin‑Lalande, Alain Marty, Jacques Masdeu‑Arus, Jean‑Claude Mathis, Jean‑Philippe Maurer, Pierre Méhaignerie, Christian Ménard, Damien Meslot, Jean‑Claude Mignon, Mme Marie‑Anne Montchamp, M. Pierre Morange, Mme Nadine Morano, MM. Pierre Morel‑A‑L’Huissier, Jean‑Marie Morisset, Georges Mothron, Etienne Mourrut, Alain Moyne‑Bressand, Renaud Muselier, Jean‑Marc Nesme, Jean‑Pierre Nicolas, Yves Nicolin, Patrick Ollier, Mme Françoise de Panafieu, MM. Bertrand Pancher, Yanick Paternotte, Christian Patria, Mme Béatrice Pavy, MM. Jacques Pélissard, Dominique Perben, Bernard Perrut, Etienne Pinte, Michel Piron, Henri Plagnol, Serge Poignant, Mme Bérengère Poletti, M. Axel Poniatowski, Mme Josette Pons, MM. Daniel Poulou, Christophe Priou, Jean Proriol, Didier Quentin, Michel Raison, Eric Raoult, Frédéric Reiss, Jean‑Luc Reitzer, Jacques Remiller, Bernard Reynès, Franck Reynier, Franck Riester, Jean Roatta, Camille de Rocca Serra, Mme Marie‑Josée Roig, M. Jean‑Marie Rolland, Mme Valérie Rosso‑Debord, MM. Jean‑Marc Roubaud, Max Roustan, Martial Saddier, Francis Saint‑Léger, Bruno Sandras, François Scellier, André Schneider, Jean‑Marie Sermier, Jean‑Pierre Soisson, Michel Sordi, Daniel Spagnou, Eric Straumann, Alain Suguenot, Mme Michèle Tabarot, MM. Lionel Tardy, Jean‑Charles Taugourdeau, Guy Teissier, Michel Terrot, Jean‑Claude Thomas, Dominique Tian, Jean Tiberi, Alfred Trassy‑Paillogues, Georges Tron, Jean Ueberschlag, Yves Vandewalle, Christian Vanneste, François Vannson, Mmes Isabelle Vasseur, Catherine Vautrin, MM. Patrice Verchère, Jean‑Sébastien Vialatte, René‑Paul Victoria, Philippe Vitel, Michel Voisin, Gérard Voisin, Jean‑Luc Warsmann, André Wojciechowski, Gaël Yanno, Mme Marie‑Jo Zimmermann et M. Michel Zumkeller, MM. Jean‑Pierre Abelin, Christian Blanc, Charles de Courson, Stéphane Demilly, Jean Dionis du Séjour, Francis Hillmeyer, Michel Hunault, Olivier Jardé, Yvan Lachaud, Pierre Lang, Maurice Leroy, Claude Leteurtre, Nicolas Perruchot, Jean‑Luc Préel, François Rochebloine, Rudy Salles, François Sauvadet, Marc Vampa, Francis Vercamer et Philippe Vigier, MM. Abdoulatifou Aly, François Bayrou, Thierry Benoit et Jean‑Pierre Schosteck.

Si vous êtes bien remontés, vous pouvez aussi inclure les abstentionnistes :

Mme Patricia Adam, M. Jean‑Marc Ayrault, Mmes Delphine Batho, Chantal Berthelot, M. Jean‑Louis Bianco, Mme Gisèle Biémouret, MM. Serge Blisko, Patrick Bloche, Daniel Boisserie, Maxime Bono, Jean‑Michel Boucheron, Mmes Marie‑Odile Bouillé, Monique Boulestin, M. Pierre Bourguignon, Mme Danielle Bousquet, MM. Alain Cacheux, Jérôme Cahuzac, Jean‑Christophe Cambadélis, Mme Martine Carrillon‑Couvreur, MM. Guy Chambefort, Gérard Charasse, Mmes Marie‑Françoise Clergeau, Catherine Coutelle, Pascale Crozon, M. Frédéric Cuvillier, Mme Claude Darciaux, M. Michel Debet, Mme Michèle Delaunay, MM. Guy Delcourt, Michel Delebarre, Bernard Derosier, Michel Destot, René Dosière, Julien Dray, Tony Dreyfus, Yves Durand, Mmes Odette Duriez, Corinne Erhel, Aurélie Filippetti, Geneviève Fioraso, MM. Jean‑Louis Gagnaire, Guillaume Garot, Jean Gaubert, Mme Catherine Génisson, MM. Jean‑Patrick Gille, Joël Giraud, Gaëtan Gorce, Mme Pascale Got, MM. Marc Goua, Jean Grellier, Mmes Elisabeth Guigou, Danièle Hoffman‑Rispal, M. François Hollande, Mme Monique Iborra, MM. Eric Jalton, Henri Jibrayel, Mme Marietta Karamanli, MM. François Lamy, Jean‑Yves Le Bouillonnec, Mme Marylise Lebranchu, MM. Jean‑Yves Le Déaut, Jean‑Marie Le Guen, Mme Annick Le Loch, MM. Bruno Le Roux, Bernard Lesterlin, Louis‑Joseph Manscour, Mme Jacqueline Maquet, M. Jean‑René Marsac, Mme Sandrine Mazetier, MM. Michel Ménard, Pierre Moscovici, Pierre‑Alain Muet, Mmes Marie‑Renée Oget, Françoise Olivier‑Coupeau, George Pau‑Langevin, Marie‑Françoise Pérol‑Dumont, Martine Pinville, MM. Philippe Plisson, François Pupponi, Jean‑Jack Queyranne, Dominique Raimbourg, Alain Rodet, Marcel Rogemont, René Rouquet, Alain Rousset, Michel Sainte‑Marie, Michel Sapin, Mme Marisol Touraine, MM. Jean‑Louis Touraine, Jean Jacques Urvoas, Daniel Vaillant, André Vallini et Philippe Vuilque. MM. Yves Cochet, Noël Mamère et François de Rugy, Mme Françoise Vallet.

Sans oublier les sénateurs (pour mémoire) :

Jean‑Paul Alduy, Pierre André, Gérard Bailly, José Balarello, Bernard Barraux, René Beaumont, Michel Bécot, Claude Belot, Pierre Bernard‑Reymond, Roger Besse, Laurent Béteille, Joël Billard, Jean Bizet, Paul Blanc, Jacques Blanc, Pierre Bordier, Joël Bourdin, Mme Brigitte Bout, MM. Jean‑Guy Branger, Dominique Braye, Mme Paulette Brisepierre, MM. Louis de Broissia, François‑Noël Buffet, Christian Cambon, Jean‑Pierre Cantegrit, Jean‑Claude Carle, Auguste Cazalet, Gérard César, Jean‑Pierre Chauveau, Marcel‑Pierre Cléach, Christian Cointat, Gérard Cornu, Raymond Couderc, Jean‑Patrick Courtois, Philippe Dallier, Serge Dassault, Mme Isabelle Debré, MM. Robert Del Picchia, Christian Demuynck, Gérard Dériot, Mme Béatrice Descamps, MM. Denis Detcheverry, Eric Doligé, Philippe Dominati, Michel Doublet, Alain Dufaut, André Dulait, Mme Catherine Dumas, M. Ambroise Dupont, Mme Bernadette Dupont, MM. Louis Duvernois, Jean‑Paul Émin, Jean‑Paul Emorine, Michel Esneu, Jean‑Claude Etienne, Hubert Falco, Jean Faure, André Ferrand, Gaston Flosse, Alain Fouché, Jean‑Pierre Fourcade, Jean François‑Poncet, Yves Fréville, Yann Gaillard, René Garrec, Mme Joëlle Garriaud‑Maylam, M. Jean‑Claude Gaudin, Mme Gisèle Gautier, MM. Jacques Gautier, Patrice Gélard, Alain Gérard, François Gerbaud, Charles Ginésy, Francis Giraud, Paul Girod, Alain Gournac, Adrien Gouteyron, Francis Grignon, Louis Grillot, Georges Gruillot, Charles Guené, Michel Guerry, Hubert Haenel, Mme Françoise Henneron, M. Pierre Hérisson, Mme Marie‑Thérèse Hermange, MM. Michel Houel, Jean‑François Humbert, Mme Christiane Hummel, MM. Benoît Huré, Jean‑Jacques Hyest, Soibahaddine Ibrahim Ramadani, Pierre Jarlier, Jean‑Marc Juilhard, Mmes Christiane Kammermann, Fabienne Keller, MM. Alain Lambert, Marc Laménie, Mme Elisabeth Lamure, MM. Robert Laufoaulu, Jean‑René Lecerf, Dominique Leclerc, Jacques Legendre, Jean‑François Le Grand, Philippe Leroy, Gérard Longuet, Simon Loueckhote, Mme Lucienne Malovry, M. Pierre Martin, Mme Colette Mélot, MM. Alain Milon, Jean‑Luc Miraux, Dominique Mortemousque, Bernard Murat, Philippe Nachbar, Mmes Jacqueline Panis, Monique Papon, MM. Jean Pépin, Jackie Pierre, François Pillet, Xavier Pintat, Louis Pinton, Rémy Pointereau, Christian Poncelet, Ladislas Poniatowski, Hugues Portelli, Mme Catherine Procaccia, MM. Jean Puech, Jean‑Pierre Raffarin, Henri de Raincourt, Charles Revet, Philippe Richert, Yves Rispat, Josselin de Rohan, Roger Romani, Mme Janine Rozier, MM. Bernard Saugey, Bruno Sido, Mme Esther Sittler, MM. Louis Souvet, Yannick Texier, Henri Torre, André Trillard, Mme Catherine Troendle, MM. François Trucy, Jacques Valade, Alain Vasselle, Jean‑Pierre Vial et Jean‑Paul Virapoullé. MM. Robert Badinter, Jean Besson, Mmes Nicole Bricq, Monique Cerisier‑Ben Guiga, MM. Charles Josselin, Alain Journet, Gérard Miquel, Bernard Piras, Jean‑Pierre Plancade, Daniel Raoul, André Rouvière, Mme Patricia Schillinger, M. Jean‑Pierre Sueur, Mme Catherine Tasca et M. Richard Yung, MM. Nicolas About, Jean‑Paul Amoudry, Philippe Arnaud, Jean Arthuis, Denis Badré, Claude Biwer, Didier Borotra, Jean Boyer, Marcel Deneux, Yves Détraigne, Mme Muguette Dini, MM. Daniel Dubois, Jean‑Léonce Dupont, Pierre Fauchon, Mme Françoise Férat, MM. Christian Gaudin, Adrien Giraud, Mme Jacqueline Gourault, MM. Jean‑Jacques Jégou, Joseph Kerguéris, Jean‑Claude Merceron, Michel Mercier, Mme Catherine Morin‑Desailly, M. Philippe Nogrix, Mme Anne‑Marie Payet, MM. Yves Pozzo di Borgo, Daniel Soulage, André Vallet, Jean‑Marie Vanlerenberghe et François Zocchetto, MM. Nicolas Alfonsi, Gilbert Barbier, Jean‑Michel Baylet, André Boyer, Yvon Collin, Gérard Delfau, François Fortassin, Mme Nathalie Goulet, MM. Pierre Laffitte, Daniel Marsin, Aymeri de Montesquiou, Georges Mouly, Georges Othily, Michel Thiollière et François Vendasi, M. Philippe Adnot, Mme Sylvie Desmarescaux et M. Alex Türk.

dont les absentionnistes :

MM. Gérard Larcher, Philippe Marini et Jacques Peyrat, Mmes Jacqueline Alquier, Michèle André, MM. Bertrand Auban, Jean‑Pierre Bel, Mme Marie‑Christine Blandin, MM. Yannick Bodin, Didier Boulaud, Mme Yolande Boyer, M. Jean‑Pierre Caffet, Mme Claire‑Lise Campion, MM. Bernard Cazeau, Gérard Collomb, Yves Dauge, Jean‑Pierre Demerliat, Mme Christiane Demontès, MM. Claude Domeizel, Bernard Dussaut, Jean‑Claude Frécon, Bernard Frimat, Jacques Gillot, Jean‑Noël Guérini, Yves Krattinger, Philippe Labeyrie, Serge Lagauche, Serge Larcher, Louis Le Pensec, Mme Raymonde Le Texier, MM. Claude Lise, Roger Madec, Philippe Madrelle, Jacques Mahéas, François Marc, Pierre Mauroy, Louis Mermaz, Jacques Muller, Jean‑Marc Pastor, Jean‑Claude Peyronnet, Jean‑François Picheral, Mme Gisèle Printz, MM. Daniel Reiner, Thierry Repentin, Roland Ries, Mme Michèle San Vicente‑Baudrin, MM. Michel Sergent, Jacques Siffre, René‑Pierre Signé, Simon Sutour, Michel Teston et Mme Dominique Voynet, M. Jean‑Louis Masson.

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Published by valenton rouge - dans France
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