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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 19:09

cliquez sur l'image et écouter ce cher Présidnet , un bilan éloquent !
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Published by valenton rouge - dans Neuilly et le 9.2
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 14:43

Jean-Claude Lefort
Député honoraire


Paris, le 23 novembre 2009
M. Daniel Shek
Ambassadeur d’Israël
en France
3, rue Rabelais
75008 Paris


Monsieur l’Ambassadeur,

Sur la chaine nationale de télévision « France 2 », au cours de l’émission « 13h15 » diffusée le dimanche 22
novembre 2009, vous avez parlé d’un jeune Français, Salah Hamouri, en prison depuis près de 5 ans dans votre
pays.
On se doit de reconnaître que votre intervention a le mérite d’une certaine clarté.
En effet, vous avec expliqué que s’il est en prison pour 7 ans c’est tout simplement parce qu’il a eu « le projet »
« de commencer des préparatifs » contre un rabbin ultra orthodoxe qui « aurait pu » être assassiné.
Il a eu le « projet » de « commencer » des « préparatifs »… contre un rabbin qui « aurait pu être »…
Voilà quel est, pour vous, son premier délit. Un délit qui est tout sauf établi puisque que votre raisonnement est
basé sur des suppositions. Vous êtes, et pour cause, dans l’impossibilité de prouver quoi que ce soit de concret et
ne pouvez vous appuyer sur des faits, des preuves tangibles ou des actes effectifs commis puisqu’il n’y en a pas.
Nous sommes là dans le monde des supputations et non dans celui des actes formels. Elles ne peuvent donc
valoir condamnation.
Vous ajoutez que le second chef d’accusation contre Salah Hamouri est qu’il « est membre du FPLP » et qu’il
joue « un rôle majeur » dans cette organisation « terroriste ». Cette affirmation est tout simplement inexacte,
Monsieur l’Ambassadeur.
Le tribunal n’a en aucune façon déclaré l’appartenance de Salah Hamouri au « FPLP » ni non plus un quelque
« rôle majeur » joué par lui au sein de cette organisation qui, je vous le rappelle, est membre de l’OLP dirigée
par le Président Mahmoud Abbas et qui est considérée officiellement comme le « représentant légitime du
peuple palestinien ».
Notons par ailleurs que Salah n’avait que 20 ans quand il a été arrêté, ce qui rend tout simplement impensable
son soi disant rôle « majeur » au sein de cette organisation dont il n’est pas membre de surcroît ni non plus des
« Jeunesses du FPLP ». Aucun fait, là non plus, n’a été établi ou prouvé sur ce plan contrairement à ce que vous
dîtes.
Je vous rappelle, à cet égard, que plus de 20 audiences de son procès ont été annulées faute de témoins se
présentant à la barre pour confirmer cette « accusation » que vous avez reprise à tort et à charge. Les « témoins »
annoncés étant pourtant tous des prisonniers, eux aussi…
C’est sur la base d’une « accusation anonyme » qu’il a été arrêté trois mois après - trois mois après – être passé,
ceci étant un fait avéré, en voiture devant le domicile du rabbin Yossef Ovadia que vous « défendez »
étonnement eu égards ses prises de positions connues comme étant des plus extrémistes contre les Arabes mais
aussi contre les Juifs.
2
Je résume donc les deux « charges » qui auraient été émises selon vous : une « intention », « un projet », d’une
part, et une affirmation d’appartenance de Salah Hamouri au FPLP qui n’a pas été reprise ni prouvée par le
tribunal militaire, d’autre part. Je n’insiste pas sur ce « rôle majeur » supposé que vous attribuez à notre jeune
compatriote au sein de cette organisation dont il n’est pas membre. C’est une affirmation extravagante à
l’évidence.
Vous avez poursuivi vos déclarations par un raisonnement très « intéressant » puisque vous avez déclaré que les
« Territoires palestiniens ne sont pas israéliens, qu’ils sont occupés et que pour cette raison c’est un tribunal
militaire qui accuse ». Précisons : c’est un tribunal militaire israélien, en l’occurrence celui d’Ofer situé en plein
coeur de la Cisjordanie occupée qui a accusé et condamné notre jeune compatriote.
Ces propos sont toutefois à rapporter avec le fait que Salah Hamouri habite Jérusalem-Est.
Il résulte de vos dires que, pour la première fois depuis 1967, un responsable israélien d’importance, chargé
notamment représenter son pays à l’étranger, reconnaît que Jérusalem-Est est bien occupée. Dont acte !
Cela dit, et par définition, un tribunal militaire d’occupation est tout aussi illégitime, illégal et condamnable que
l’occupation elle-même. La preuve est formellement établie : quiconque « passe » devant pareil tribunal en Israël
est à coup sûr condamné. Les exceptions à cette « règle de non-droit » qui sont infinitésimales le confirment.
Ajoutons que le recours devant la « Cour suprême » que vous avez évoqué est strictement impossible eu égard la
procédure utilisée devant le tribunal militaire (un « arrangement » selon un vocabulaire effroyable). Le tribunal
militaire ne peut donc qu’examiner, selon les lois israéliennes, qu’une « remise de peine » au bout des 2/3 de la
peine exécutée. Ceci a été fait et la Commission ad hoc l’a refusée récemment et plus que très sèchement.
De l’ensemble de vos propos il ressort avec force que Salah Hamouri a bien été condamné pour raison politique.
C’est ce que nous ne cessons de dire. Et donc puisque c’est la politique, et uniquement la politique, qu’il l’a
conduit en prison, c’est la politique qui l’en sortira. Il en va de même, notons-le car ce n’est pas sans second ou
sans lien, pour la libération du caporal Gilad Shalit. Elle sera elle aussi de nature politique de même que la
libération des prisonniers palestiniens en échange. Ce ne sera pas la première fois que , sur décision politique et
non pas juridique, Israël libère des prisonniers.
C’est pourquoi, Monsieur l’Ambassadeur d’Israël en France, après vos déclarations télévisées de ce dimanche
nous sommes confortés dans notre exigence, dont le ministre français des Affaires étrangères a dit tout
récemment qu’il la plaidait auprès des autorités de votre pays, à savoir que nous demandons la libération de notre
compatriote Salah Hamouri en prison en Israël depuis près de 5 ans pour délit d’intention.
Il est vrai, et cela est tout à fait exact, que notre jeune compatriote dont la seule nationalité de jure est la
nationalité française bien qu’il soit binational de naissance n’accepte pas l’occupation des Territoires
palestiniens, inclus Jérusalem-Est, dont vous avez reconnu la réalité. Il utilise en la circonstance, et
pacifiquement, un droit de l’Homme fondamental et imprescriptible.
En vous remerciant infiniment des confirmations directes ou indirectes que vous avez apportées à nos arguments
et en souhaitant une action déterminée de votre part en faveur de notre compatriote pour que cesse ce déni de
justice et que Salah Hamouri retrouve sa famille à Jérusalem,
Je vous prie de croire, Monsieur l’Ambassadeur d’Israël en France, à l’expression de nos salutations
distinguées.

Jean-Claude Lefort
Coordinateur du
Comité national de soutien
à Salah Hamouri
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 22:49

L’organisation de défense des droits de l’homme non-gouvernementale israélienne B’tselem a vingt ans. Fondée pendant la première intifada, à une époque où le camp de la paix israélien était encore puissant, elle tient depuis cette date la chronique de la violence qui ensanglante régulièrement l’ancienne Palestine mandataire.

Dans un communiqué publié dimanche 22 novembre à l’occasion de son anniversaire , B’tselem fait état de 8 881 morts recensés en deux décennies , parmi d’autres bilans d’étape, avec les détails qui suivent:

7 398 Palestiniens, dont 1 537 mineurs.

1 483 Israéliens, dont 139 mineurs.

L’année la plus meurtrière pour Israël a été 2002 (420). Pour les Palestiniens, c’est en 2009 que le nombre le plus important de morts a été enregistré (1033), du fait de l’offensive contre Gaza concentrée en trois semaines.

En 1999, il y a dix ans, seulement 12 personnes (8 Palestiniens et 4 Israéliens) avaient été tuées en douze mois. Une autre époque.

Seul progrès enregistré par l’ONG, l’arrêt de la torture, qui relevait de la routine dans les centres d’internement israéliens au moment de la création de B’tselem, qui contribua à sa manière à une prise de conscience.
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 20:33


 

 [1]

Quant on se penche sur les affaires internationales, il est important de garder à l’esprit plusieurs principes considérablement répandus et utilisés. Le premier est la maxime de Thucydide : les forts agissent tel qu’ils le veulent, et les faibles souffrent tel qu’ils le doivent. Elle a un corollaire majeur : les États puissants s’appuient sur des spécialistes de l’apologie dont la tâche est de démontrer que les actions des forts sont nobles et justes et que si les faibles souffrent, c’est de leur faute. Dans l’occident contemporain, ces spécialistes sont appelés « intellectuels » et, à quelques exceptions près, ils remplissent leurs fonctions avec habilité et bonne conscience, quelle que soit l’incongruité de leurs déclarations. Cette pratique remonte aux origines de l’histoire écrite.

Un second thème directeur fut exprimé par Adam Smith. Il parlait de l’Angleterre, la plus grande puissance de son époque, mais son observation peut se généraliser. Smith observait que les « architectes principaux » de la politique anglaise étaient les marchands et les fabricants, lesquels s’assuraient que leurs intérêts personnels soient bien servis par la politique, quelles qu’en soient les conséquences néfastes sur les autres (y compris sur le peuple anglais). Les plus durement touchés étant ceux qui souffraient de la « sauvage injustice des Européens », hors de l’Europe. Smith fut l’une des rares figures de son temps à s’éloigner de la pratique consistant à décrire l’Angleterre comme un pouvoir angélique unique dans l’histoire mondiale et se consacrant avec altruisme au bien-être des barbares. On a une illustration frappante de cette pratique intellectuelle dans la personne de John Stuart Mill, l’un des intellectuels occidentaux les plus intelligents et respectés. Dans un essai classique, il expliqua ainsi que l’Angleterre devait compléter la conquête de l’Inde à de pures fins humanitaires. Il l’écrivit alors que l’Angleterre y commettait ses pires atrocités. La véritable motivation de la poursuite de cette conquête était de lui permettre d’obtenir le monopole de l’opium et d’établir l’entreprise narcotique la plus extraordinaire de toute l’histoire mondiale, ceci afin de forcer la Chine, via des navires armés et du poison, à accepter les usines britanniques qu’elle ne voulait pas.

La description de Mill est la norme culturelle. La maxime de Smith est celle de l’histoire.

Aujourd’hui, les principaux architectes politiques ne sont pas des « marchands et fabricants », mais plutôt des institutions financières et des sociétés multinationales. Il existe une version mise à jour de la maxime de Smith : la « théorie d’investissement des politiques », élaborée par l’économiste politique Thomas Ferguson, qui considère que les élections sont des occasions pour des groupes d’investisseurs de s’allier afin de contrôler l’État, fondamentalement en achetant les élections. Ferguson a démontré que cette théorie était un très bon outil pour prévoir la politique sur une longue période.

En 2008, donc, nous aurions dû anticiper le fait que les intérêts des industries financières auraient la priorité dans l’administration Obama : elles étaient ses plus gros donateurs et nombre d’entre elles préféraient Obama à McCain. On en eut très vite confirmation. Le principal hebdomadaire économique, Business Week, exulte maintenant que le secteur des assurances a gagné la bataille du système de santé et que le secteur financier, responsable de la crise actuelle, en ressort indemne et même renforcé par cet énorme renflouage public, préparant déjà le terrain pour une prochaine crise comme l’indique le rédacteur en chef.

« En 2008, nous aurions dû anticiper le fait que les intérêts des industries financières auraient la priorité dans l’administration Obama. »

Les autres sociétés ont tiré de profitables leçons de ces triomphes et organisent désormais de grandes campagnes contre toute tentative, y compris modérée, de mise en place de mesures énergétiques et environnementales, sachant pertinemment que leurs succès priveront leurs petits-fils de tout espoir quant à une survie décente. Ce n’est pas que leurs dirigeants soient mauvais ou ignorants bien sûr, mais plutôt que les décisions sont des impératifs institutionnels. Ceux qui choisissent d’ignorer les règles sont exclus, quelquefois par des voies surprenantes.

Les élections aux États-Unis sont des aberrations largement dirigées par l’énorme industrie des relations publiques, laquelle s’est développée il y a un siècle de cela dans les pays les plus libres, l’Angleterre et les États-Unis, là où les luttes populaires avaient arraché assez de liberté pour que le public ne puisse facilement être contrôlé par la force. Par conséquent, les architectes politiques en ont déduit qu’il serait nécessaire de contrôler les attitudes et opinions. Le contrôle des élections est un des éléments de ce travail. Les États-Unis ne sont pas une « démocratie dirigée » comme l’Iran, où les candidats doivent être approuvés par les ecclésiastiques régnants. Dans les sociétés libres comme les États-Unis, ce sont les concentrations de capital privé qui approuvent les candidats, et pour ceux qui passent ce filtre, les résultats sont quasi déterminés par les sommes dépensées pendant la campagne.

Les dirigeants politiques sont bien conscients que l’opinion n’est pas du tout du même avis que les architectes sur de nombreux sujets. Par conséquent, les campagnes électorales se détournent des problèmes au profit des slogans, des bons mots, des personnalités et des commérages. Chaque année, l’industrie publicitaire décerne un prix pour la meilleure campagne marketing. En 2008, ce prix a été remporté par Obama devant Apple. Les cadres politiques étaient euphoriques. Ils se vantaient ouvertement du fait que c’était leur plus grand succès depuis qu’ils avaient commencé à vendre des candidats comme ils le font pour du dentifrice et des médicaments branchés. Cette technique a décollé pendant la période néolibérale, avec Reagan.

« Chaque année, l’industrie publicitaire décerne un prix pour la meilleure campagne marketing. En 2008, ce prix a été remporté par Obama devant Apple.  »

Dans un cours d’économie, on apprend que les marchés sont basés sur des consommateurs éclairés qui prennent leurs décisions de manière rationnelle. Mais quiconque regarde une publicité télé sait que les entreprises consacrent de grosses ressources à créer des consommateurs standardisés prenant des décisions irrationnelles. Les méthodes utilisées pour ébranler les marchés sont adaptées afin de saper la démocratie, créant un électorat profane qui prendra des décisions irrationnelles sur un faible éventail d’alternatives compatibles avec les intérêts des deux partis, lesquels devraient être considérés comme des factions concurrentes du parti unique des affaires. Dans le monde des affaires et celui de la politique, les architectes politiques ont régulièrement été hostiles aux marchés et à la démocratie, sauf en cas d’avantages temporaires. La rhétorique est différente bien sûr, mais les faits sont là.

La maxime d’Adam Smith comporte quelques exceptions très parlantes. Les politiques américaines envers Cuba depuis son indépendance il y a 50 ans en sont une illustration contemporaine essentielle. Les États-Unis sont une société libre tout à fait inhabituelle, nous avons donc un accès facilité aux documents internes qui révèlent la pensée et les plans des architectes politiques. Dans les mois qui suivirent l’indépendance, l’administration Eisenhower avait élaboré des plans secrets pour renverser le régime et avait mise en œuvre des programmes de guerre économique et de terreur, lesquels ont été brutalement intensifiés par Kennedy. Ces programmes ont continué de manières variées jusqu’à notre époque. Au départ, l’objectif déclaré était de punir suffisamment le peuple cubain afin qu’il renverse le régime criminel. Son crime fut identifié comme un « défi réussi » aux politiques états-uniennes, lesquelles remontaient aux années 1920, lorsque la doctrine Monroe annonça la volonté américaine de domination de l’hémisphère occidental, sans aucune tolérance pour toute interférence intérieure ou extérieure.

Alors que les politiques bipartisanes [2] envers Cuba s’accordent avec la maxime de Thucydide, elles rentrent en conflit avec le principe de Smith et nous donnent donc un aperçu particulier sur la formation des politiques. Depuis des dizaines d’années, le peuple américain est en faveur de la normalisation des relations avec Cuba. Si ignorer la volonté de la population n’a rien d’inhabituel, ce qui est plus intéressant dans ce cas c’est que de puissants secteurs du monde des affaires sont en faveur de la normalisation : l’agroalimentaire, les industriels de l’énergie, les sociétés pharmaceutiques et bien d’autres qui forment d’habitude le cadre politique. Leurs intérêts dans ce cas sont supplantés par un principe des affaires internationales délaissé par la littérature universitaire spécialisée. C’est ce qu’on pourrait appeler le principe de la Mafia. Le parrain ne tolère pas les exemples de « défi réussi », même de la part d’un petit épicier qui ne peut payer pour sa protection. C’est trop dangereux. Par conséquent, il faut le réprimer, et ce de manière brutale, afin que les autres comprennent que la désobéissance, le « défi réussi », n’est pas une option valable. Un défi réussi envers le maître peut être un « virus  » qui « répand la contagion », pour emprunter un terme d’Henry Kissinger lorsqu’il préparait le renversement du gouvernement Allende. Cela a été et cela reste une doctrine importante de la politique étrangère américaine depuis sa période de domination globale, et a bien sûr de nombreux précédents. La politique américaine envers l’Iran depuis 1979 en est une autre illustration, que je n’ai pas le temps d’analyser ici.

« Un défi réussi envers le maître peut être un ’virus’ qui ’répand la contagion’, pour emprunter un terme d’Henry Kissinger lorsqu’il préparait le renversement du gouvernement Allende. »

La réalisation des intentions décrites dans la doctrine Monroe prit du temps, et il existe encore aujourd’hui des obstacles, mais l’objectif n’a pas changé et reste incontesté. Il a même pris plus d’importance vu que les États-Unis sont devenus le pouvoir mondial dominant après la Seconde Guerre mondiale, en évinçant leur rival britannique. Le raisonnement fut clairement expliqué. Par exemple, lorsque Washington se préparait à renverser le gouvernement Allende, le Conseil National de Sécurité nota que, si les États-Unis ne pouvaient pas contrôler l’Amérique Latine, ils ne pouvaient prétendre « obtenir un ordre satisfaisant ailleurs dans le monde  », c’est-à-dire imposer leur domination efficacement au reste du monde. La « crédibilité  » de Washington en aurait été entamée, comme l’a avoué Henry Kissinger. D’autres pourraient se tourner vers la désobéissance, s’inspirer des « défis réussis  », si le virus chilien n’était pas détruit avant qu’il ne puisse « répandre la contagion ». Par conséquent la démocratie parlementaire au Chili devait disparaître, comme ça s’est passé à l’occasion du premier 11 Septembre, en 1973. Cet événement a disparu de l’histoire occidentale, bien qu’en termes de conséquences pour le Chili et ailleurs, cela surpasse de loin les terribles crimes du 11 septembre 2001.

Bien que ces trois principes (celui de la Mafia et les maximes de Thucydide et Smith) n’expliquent pas toutes les décisions de politique étrangère, ils en couvrent une large partie, tout comme le corollaire sur le rôle des intellectuels. Ils ne sont pas l’alpha et l’omega de la sagesse mais sont tout de même un bon début.

Avec cet arrière-plan en tête, tournons-nous vers le « moment unipolaire  », sujet d’un grand nombre de discussions universitaires et populaires depuis l’effondrement de l’Union Soviétique il y a 20 ans, qui fit passer les États-Unis de principale superpuissance mondiale à seule superpuissance mondiale. Nous apprenons beaucoup sur la nature de la Guerre Froide et des évènements survenus depuis lors en regardant la façon dont Washington a réagi à la disparition de son ennemi mondial, de cette « impitoyable et monolithique conspiration » visant à s’emparer du monde pour reprendre la description de John F. Kennedy.

Quelques semaines après la chute du mur de Berlin, les États-Unis ont envahi le Panama. L’objectif était de kidnapper une brute mineure qui fut emmenée en Floride et condamnée pour des crimes qu’il avait pour la plupart commis alors qu’il était employé par la CIA. Il était passé d’ami estimé à suppôt de Satan en tenant tête aux politiques américaines : il traînait en longueur pour soutenir les guerres terroristes de Reagan au Nicaragua. L’invasion tua plusieurs milliers de pauvres gens selon des sources locales et remit en place le régime des narcotrafiquants et banquiers liés aux États-Unis. Ce n’était pas plus qu’une note de bas de page pour l’histoire, mais cela sortait du schéma habituel à bien des égards, notamment parce qu’il leur fallait trouver un nouveau prétexte. Il fut vite donné : la menace des narcotrafiquants hispaniques focalisés sur la destruction des EU. La « guerre contre la drogue » fut certes lancée par Nixon, mais elle prit un rôle nouveau et plus important au cours du moment unipolaire.

Le besoin d’un nouveau prétexte guida aussi la réaction officielle à l’effondrement de la superpuissance ennemie. En quelques mois, l’administration de Bush père exposa le nouveau cap de Washington : en bref, tout restera comme avant, mais sous de nouveaux prétextes. Nous avons toujours besoin d’un gros système militaire, mais pour une nouvelle raison : la « sophistication technologique » des puissances du Tiers-monde. Nous devons maintenir la « base industrielle de défense  », un euphémisme pour désigner l’industrie de haute technologie soutenue par l’État. Nous devons maintenir les forces d’intervention pour les régions du Moyen-Orient riches en énergie, où les menaces importantes contre nos intérêts ne peuvent plus être rejetées sur le Kremlin, contrairement aux décennies de mensonges précédentes. Tout ceci passa discrètement et fut à peine signalé. Mais pour ceux qui cherchent à comprendre le monde, c’est très instructif.

« En quelques mois, l’administration de Bush père exposa le nouveau cap de Washington : en bref, tout restera comme avant, mais sous de nouveaux prétextes. »

Comme prétexte à interventions, la « guerre contre la drogue » était utile mais trop limitée. Un prétexte plus général était nécessaire. Les élites intellectuelles se mirent rapidement au travail et remplirent leur mission. Elles annoncèrent une «  révolution normative » qui accordait aux États-Unis le droit d’ « intervention humanitaire », ceci pour les plus nobles des raisons bien entendu. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les victimes traditionnelles n’étaient guère convaincues. Au Sud, des conférences de haut-niveau condamnèrent amèrement « le soi-disant ’droit’ d’intervention humanitaire ». Un affinage était donc nécessaire, et le concept de la « responsabilité de protection » fut échafaudé à sa place. Ceux qui prêtent attention à l’histoire ne seront pas surpris de découvrir que les puissances occidentales exercent leur «  responsabilité de protection  » de manière extrêmement sélective, en parfaite correspondance avec les trois maximes. Les faits concordent de manière troublante et requièrent une agilité considérable de la part des classes intellectuelles – mais ceci est une autre histoire pertinente que je dois mettre de côté.

Une autre question qui passa au premier plan à l’aube du moment unipolaire fut celle du destin de l’OTAN. La justification traditionnelle de son existence était la défense contre l’agression russe. Avec la disparition de l’Union Soviétique, le prétexte s’évapora. Les esprits naïfs, qui font confiance à la doctrine en vigueur, s’attendaient à ce que l’OTAN disparaisse aussi. Bien au contraire, l’OTAN fut rapidement renforcé. Les détails en révèlent autant sur la guerre froide que sur ce qui a suivi et, plus généralement, sur la conception et l’application d’une politique étatique.

Alors que l’Union Soviétique s’écroulait, Mikhaïl Gorbatchev fit une concession sidérante : il accepta que l’Allemagne réunifiée rejoigne l’alliance militaire hostile dirigée par la superpuissance mondiale, malgré le fait que les Allemands aient à eux-seuls quasi anéanti la Russie deux fois au cours du siècle. Il y avait cependant un quid pro quo [3]. L’administration Bush promit à Gorbatchev que l’OTAN ne s’étendrait pas à l’Allemagne de l’Est, et encore moins plus loin à l’Est. Elle garantit aussi à Gorbatchev que « l’OTAN se transformera elle-même en une organisation plus politique  ». Gorbatchev proposa aussi la création d’une zone dénucléarisée de l’Arctique à la Mer Noire, afin d’établir une « zone de paix  » pour lever toute menace sur l’Europe, de l’Est ou de l’Ouest. Cette proposition fut rejetée sans examen.

Clinton a pris ses fonctions peu de temps après. Les engagements de Washington ont rapidement disparu. Il est inutile de faire des commentaires sur la promesse que l’OTAN deviendrait une organisation plus politique. Clinton a élargi l’OTAN à l’Est, et Bush a surenchéri. Obama a apparemment l’intention de poursuivre cette expansion. Juste avant le premier voyage d’Obama en Russie, son assistant spécial pour la Sécurité Nationale et les affaires eurasiennes informa la presse que « nous n’allons pas rassurer ou donner ou échanger quoi que ce soit aux Russes en ce qui concerne l’expansion de l’OTAN ou le système de défense anti-missiles  ». Il faisait référence au programme américain de défense anti-missiles en Europe de l’Est et à l’adhésion de deux voisins de la Russie, la Géorgie et l’Ukraine, à l’OTAN. Ces deux décisions sont considérées par les analystes occidentaux comme de sérieuses menaces pour la sécurité russe, propres à enflammer les tensions internationales.

Il y a quelques jours l’administration Obama annonçait un réajustement de ses systèmes anti-missiles en Europe de l’Est. Cela a entraîné une foule de commentaires et de débats, qui, comme par le passé, ont habilement évité la question centrale.

Les systèmes sont vendus comme défense contre une attaque iranienne. Mais ce ne peut être le motif réel. Les chances d’une attaque iranienne par missile, nucléaire ou non, sont de l’ordre de celles d’un astéroïde percutant la Terre, à moins bien sûr que les dirigeants religieux n’aient une envie fanatique de mourir et de voir l’Iran instantanément incinéré avec eux. L’objectif des systèmes d’interception états-uniens, s’ils fonctionnent un jour, est d’empêcher toutes représailles en cas d’attaques américaine ou israélienne sur l’Iran, c’est-à-dire éliminer toute dissuasion iranienne. Les systèmes anti-missiles sont une arme de première frappe [4], et chaque côté l’a compris. Mais cela semble être un de ces faits qu’il vaut mieux laisser dans l’ombre.

« Les chances d’une attaque iranienne par missile, nucléaire ou non, sont de l’ordre de celles d’un astéroïde percutant la Terre. »

Pour en revenir à l’OTAN, sa juridiction déclarée s’étend désormais encore plus loin que les frontières de la Russie. Le conseiller d’Obama à la Sécurité Nationale, le commandant de la Marine James Jones, préconise un élargissement de l’OTAN au sud et à l’est afin de renforcer le contrôle américain sur les sources énergétiques du Moyen-Orient. Le général Jones recommande aussi une « force de riposte OTAN  », ce qui donnerait à l’alliance militaire dirigée par les États-Unis « beaucoup plus de flexibilité pour agir rapidement à très grande distance  », un objectif sur lequel les États-Unis travaillent ardemment en Afghanistan. Lors d’une conférence de l’OTAN, le secrétaire général, Jaap de Hoop Scheffer, indiquait que « les troupes de l’OTAN doivent surveiller les oléoducs de gaz et de pétrole à destination de l’Occident » et, plus globalement, protéger les routes maritimes empruntées par les tankers et les autres « infrastructures cruciales » du système énergétique. Cette décision explique plus clairement les politiques post-guerre froide visant à réformer l’OTAN en une force d’intervention mondiale dirigée par les États-Unis, particulièrement préoccupée par le contrôle de l’énergie. Le rôle inclut vraisemblablement la protection du futur oléoduc de 7.6 milliards de dollars qui doit acheminer le gaz naturel du Turkménistan au Pakistan et à l’Inde en passant par la province afghane de Kandahar, où les troupes canadiennes sont déployées. La presse canadienne a rapporté que l’objectif était de « bloquer l’oléoduc concurrent qui devrait acheminer le gaz vers le Pakistan et l’Inde depuis l’Iran » et de « diminuer la domination russe sur les exportations d’énergie de l’Asie Centrale  », soulignant sans détours quelques-uns des contours de ce nouveau « Grand Jeu  » dans lequel la force d’intervention internationale sous direction américaine sera un protagoniste majeur.

Dès la fin de la seconde guerre mondiale, il était clair que l’Europe occidentale pouvait choisir de mener une politique indépendante, peut-être en conformité avec la vision gaulliste d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural. Dans ce cas le problème n’était plus qu’un « virus  » puisse « répandre la contagion », mais qu’une pandémie abatte le système tout entier de contrôle global. L’OTAN était considéré comme un remède à cette menace. Son expansion actuelle et les ambitieux objectifs de la nouvelle OTAN continuent dans cette même voie.

Des questions se sont posées depuis l’avènement de ce moment unipolaire, et les solutions apportées correspondaient bien aux principes régissant les affaires internationales. Plus spécifiquement, les politiques se conforment de près aux doctrines d’ordre mondial formulées par des planificateurs américains de haut niveau durant la Seconde Guerre mondiale. Dès 1939, ils savaient que quelque soit le résultat de la guerre, les États-Unis deviendrait une puissance mondiale, évinçant la Grande-Bretagne. En conséquence, ils développèrent des plans pour que les États-Unis exercent leur contrôle sur une substantielle partie du globe. Cette « Grande Aire », comme ils la nommaient, devait comprendre au minimum l’hémisphère occidental, l’ancien empire britannique, l’extrême-Orient et les ressources énergétiques de l’ouest-asiatique. Dans cette « grande aire », les États-Unis détiendraient le « pouvoir incontesté » grâce à leur « supériorité militaire et économique » et agiraient de manière à s’assurer la « restriction de tout exercice de souveraineté » des États interférant avec leurs plans. Au début, les planificateurs pensèrent que l’Allemagne serait prédominante en Europe, mais lorsque la Russie commença à broyer la Wehrmacht, la vision devint plus large et la Grande Aire se dut d’ incorporer le plus de territoires possibles en Eurasie, avec au minimum l’Europe occidentale, cœur économique eurasien.

Des plans précis et rationnels d’organisation globale ont été développés, une “fonction” étant assignée à chaque région. Le Sud en général devait avoir un rôle de service : fournir des ressources, une main d’œuvre bon marché, des opportunités d’investissement et de marchés, ainsi que d’autres services comme l’importation des déchets et de la pollution. A cette époque les États-Unis n’étaient pas tellement intéressés par l’Afrique, elle fut donc confiée à l’Europe afin qu’elle l’ « exploite  » pour sa reconstruction après-guerre. On aurait pu imaginer des relations différentes entre l’Europe et l’Afrique vu leur passé historique, mais cela n’a pas été envisagé. Par contraste, les réserves de pétroles du Moyen-Orient étaient considérées comme étant « une prodigieuse source de pouvoir stratégique » et l’ « un des plus formidables trésors matériels de l’histoire mondiale  », la plus « importante aire stratégique dans le monde  », selon les mots d’Eisenhower. Les planificateurs influents admettaient que le contrôle du pétrole moyen-oriental fournirait aux États-Unis un « contrôle important sur le monde  ».

«  Par contraste, les réserves de pétroles du Moyen Orient étaient considérées comme [...] la plus ’importante aire stratégique dans le monde’ selon les mots d’Eisenhower.  »

Ceux qui cherchent à mettre à jour de signifiantes continuités historiques se souviendront peut-être que les planificateurs de Truman faisaient écho aux doctrines des démocrates jacksoniens, un siècle plus tôt, à l’époque de l’annexion du Texas et de la conquête de la moitié du Mexique. Ces prédécesseurs avaient anticipé le fait que ces conquêtes fourniraient aux États-Unis un quasi monopole sur le coton, carburant de la première révolution industrielle : « Ce monopole, maintenant solide, place les autres nations à nos pieds  », déclara le président Tyler. Par cet avantage, les États-Unis pourraient l’emporter sur la dissuasion britannique, le grand problème de l’époque, et se constituer une influence internationale sans précédent.

Des conceptions similaires ont guidé Washington dans ses politiques pétrolières. En conséquence, le Conseil National de Sécurité d’Eisenhower précisa que les États-Unis devaient supporter des régimes brutaux et sévères, bloquer la démocratie et le développement même si cela déclenchait une « campagne de haine contre nous », comme l’a observé le président Eisenhower, 50 ans avant que George W. Bush ne demande plaintivement « pourquoi nous haïssent-ils ? », avant de décider que ce doit être ainsi car ils haïssent notre liberté.

En ce qui concerne l’Amérique Latine, les planificateurs post-Seconde Guerre mondiale concluaient que la menace principale sur les intérêts des États-Unis était le fait de « régimes nationalistes radicaux [qui] séduisent les masses » et cherchent à satisfaire la « demande populaire d’amélioration immédiate des conditions de vie médiocres des masses  » ainsi que le développement selon les besoins domestiques. Ces tendances rentrent en conflit avec l’exigence d’ « un climat politique et économique favorable à l’investissement privé », avec un rapatriement satisfaisant des profits et avec la « protection de nos matières premières ». Une part conséquente de l’histoire ultérieure provient de ces conceptions non-contestées.

Si on prend le cas particulier de Mexico, un atelier du Pentagone sur la stratégie de développement pour l’Amérique Latine constatait en 1990 que les relations mexico-américaines étaient « extraordinairement positives », indifférent aux élections volées, à la violence étatique, à la torture, au traitement scandaleux des travailleurs et paysans et à d’autres menus détails. Les participants à l’atelier avaient cependant un souci en perspective : la menace d’une « ouverture démocratique  » au Mexique, qui, ils le craignaient, pourrait « installer un gouvernement plus intéressé à défier les États-Unis sur des bases économiques et nationalistes  ». Le remède recommandé était un traité EU-Mexique qui « verrouillerait le Mexique dans » les réformes néolibérales des années 1980 et « lierait les mains des présents et futurs gouvernements  » mexicains en ce qui concerne la politique économique. En bref, le NAFTA, dûment imposé par le pouvoir exécutif, en désaccord avec la volonté populaire.

«  Les participants à l’atelier avaient cependant un souci en perspective : la menace d’une ’ouverture démocratique’ au Mexique.  »

Lorsque le NAFTA entra en vigueur en 1994, le président Clinton lança aussi l’opération Gatekeeper [5], qui militarisa la frontière mexicaine. Comme il l’expliqua, « nous n’abandonnerons pas nos frontières à ceux qui veulent abuser de notre passé de compassion et justice  ». Il n’avait rien à dire sur la compassion et la justice qui avaient inspiré l’établissement de ces frontières, et n’expliqua pas comment, Grand Prêtre de la globalisation néolibérale, il gérait l’observation d’Adam Smith selon laquelle « la libre circulation de la main d’œuvre » est l’un des fondements du libre échange.

Le moment choisi pour l’opération Gatekeeper n’était certainement pas accidentel. Les analystes sensés avaient anticipé qu’ouvrir le Mexique à un flot d’exportations agroalimentaires fortement subventionnées ébranlerait tôt ou tard l’agriculture mexicaine, et que les entreprises mexicaines ne seraient pas capable de soutenir la compétition avec d’énormes sociétés aidées par l’État, lesquelles devaient être autorisées à opérer librement au Mexique selon le traité. Une conséquence probable était une hausse de l’émigration vers les États-Unis, à additionner à celle fuyant des pays d’Amérique Centrale, ravagés par la terreur reagannienne. La militarisation de la frontière fut une solution naturelle.

L’attitude populaire envers ceux qui fuient leurs pays (appelés “étrangers illégaux”) est complexe. Ils exécutent des services de grande valeur en tant que main d’œuvre très peu coûteuse et facilement exploitable. Aux États-Unis, l’agroalimentaire, le bâtiment et d’autres industries reposent massivement sur eux, et ils contribuent à la richesse des communautés où ils résident. D’un autre côté, ils réveillent le traditionnel sentiment anti-immigration. C’est un trait persistant et frappant de cette société d’immigrants, laquelle a un passé de traitement honteux envers les migrants. Ces dernières semaines, les frères Kennedy ont été érigés en héros américains. Vers la fin du 19e ils auraient dû passer devant des restaurants à Boston où des affiches indiquaient « Pas de chien ou d’Irlandais ». Aujourd’hui les entrepreneurs asiatiques sont à la tête de l’innovation dans le secteur de la haute technologie mais il y a un siècle, les actes d’exclusions racistes les auraient tenus à l’écart en tant que menace pour la pureté de la société américaine.

«  Ces dernières semaines, les frères Kennedy ont été érigés en héros américains. Vers la fin du 19e ils auraient dû passer devant des restaurants à Boston où des affiches indiquaient ’Pas de chien ou d’Irlandais’.  »

Quelles que soient les réalités historiques et économiques, les immigrants ont été perçus par les pauvres et les travailleurs comme une menace pour leurs boulots, quartiers et modes de vie. Il est important de garder à l’esprit que les gens qui protestent aujourd’hui ont de réels doléances. Ils sont victimes de la financiarisation de l’économie et des programmes néolibéraux de mondialisation conçus pour transférer la production à l’étranger et les mettre en compétition avec les travailleurs du monde entier, et donc baisser leurs salaires et avantages. Pendant ce temps, les professionnels diplômés sont protégés des forces du marché et les propriétaires et dirigeants s’enrichissent. À nouveau la maxime de Smith. Les répercussions sont sévères depuis les années Reagan et se manifestent de façon extrêmement déplaisante, comme on peut le voir actuellement en unes des journaux. Les deux partis politiques se battent pour savoir lequel des deux pourra proclamer avec le plus de ferveur son attachement à la doctrine sadique selon laquelle les soins médicaux doivent être refusés aux « étrangers illégaux ». Leur position est cohérente avec le principe juridique, établi par la Cour Suprême, selon lequel ces créatures ne sont pas des « personnes  » selon la loi, et qu’ils ne disposent donc pas des droits accordés aux personnes. Au même moment, la Cour examine si les grandes sociétés ne devraient pas avoir la permission d’acheter les élections librement au lieu de le faire de manière détournée C’est un problème constitutionnel majeur, puisque les tribunaux ont établis que, contrairement aux sans-papiers, les entreprises sont des personnes réelles selon la loi, et ont en fait des droits bien supérieurs à celles faites de chair et de sang, tels ceux accordés par le mal nommé « accord de libre-échange ». Ces coïncidences parlantes ne suscitent aucun commentaire. La loi est bel et bien une solennelle et majestueuse affaire.

«  Les tribunaux ont établis que, contrairement aux sans-papiers, les entreprises sont des personnes réelles selon la loi, et ont en fait des droits bien supérieurs à celles faites de chair et de sang. »

Le champ de planification est serré mais il permet quelques variations. L’administration Bush II est allée loin dans l’extrême du militarisme agressif et du mépris arrogant, y compris pour ses alliés. Elle a été durement désapprouvée pour ces pratiques, même par le courant traditionnel. Le second mandat de Bush fut plus modéré. Quelques-unes des personnalités les plus extrêmes furent renvoyées (Rumsfeld, Wolfowitz, Douglas Feith et d’autres) ; Cheney ne pouvait pas l’être car il était l’administration. La politique commença à se rapprocher de la norme. Alors qu’Obama entrait en fonction, Condoleezza Rice prévoya qu’il suivrait les politiques du second mandat de Bush, et c’est en gros ce qui s’est passé, hormis un style rhétorique différent qui semble avoir charmé beaucoup de monde, peut-être grâce au soulagement dû au départ de Bush.

Une différence fondamentale entre Bush et Obama fut très bien formulée par l’un des hauts conseillers de l’administration Kennedy, à l’époque de la crise des missiles à Cuba. Les planificateurs de Kennedy prenaient des décisions qui menaçaient littéralement l’Angleterre d’extinction, mais n’en informaient pas les Britanniques. A ce moment là, le conseiller définissait ainsi la « relation spéciale » avec la Grande Bretagne : elle est , disait-il, « notre lieutenant – le terme en vogue étant ’partenaire’  ». Naturellement, l’Angleterre préfère le terme en vogue.
Bush et ses sbires traitent le monde comme « nos lieutenants ». Ainsi, en annonçant l’invasion de l’Irak, ils informèrent l’ONU qu’elle pouvait suivre les ordres américains ou « ne plus avoir de raison d’être ». Une telle arrogance a bien évidemment suscité de l’hostilité. Obama a choisi une autre méthode : il reçoit les dirigeants et les peuples du monde poliment, en tant que « partenaires  », et c’est seulement en privé qu’il continue à les traiter comme des « lieutenants  ». Les dirigeants étrangers préfèrent cette approche et le public est aussi parfois hypnotisé par cette attitude. Mais il est sage de s’en tenir aux faits et non au comportement rhétorique et plaisant. Les faits racontent une histoire différente d’habitude, et ce cas là ne fait pas exception.

« Obama a choisi une autre méthode. Il reçoit les dirigeants et les peuples du monde poliment, en tant que ’partenaires’, et c’est seulement en privé qu’il continue à les traiter comme des ’lieutenants’. »

Le système mondiale actuel reste unipolaire dans un domaine, celui de la force. Les États-Unis dépensent quasiment autant pour la force militaire que le reste du monde réuni, et sont bien plus avancés en ce qui concerne la technologie de destruction. C’est aussi le seul pays à avoir des centaines de bases militaires tout autour du monde et à occuper deux pays dans les régions cruciales pour la production d’énergie. Il y établit des méga-ambassades gigantesques, de l’ordre d’une ville à l’intérieur de la ville, ce qui est une claire indication de ses intentions futures. A Bagdad, les coûts prévisionnels de la méga-ambassade sont de 1.5 milliard de dollars cette année et de 1.8 dans les prochaines années. Le coût de leurs équivalents au Pakistan et en Afghanistan est inconnu, tout comme le futur des énormes bases militaires établies en Irak.

Le système mondial de bases est maintenant étendu à l’Amérique Latine. Les États-Unis ont été expulsés de certaines bases en Amérique du Sud, le plus récemment de Manta en Équateur, mais se sont arrangés ces derniers temps pour en utiliser sept nouvelles en Colombie, en espérant probablement garder celle de Palmerola au Honduras, qui a joué un rôle centrale dans les guerres terroristes de Reagan. Dissoute en 1950, la quatrième Flotte US a été réactivée en 2008, peu de temps après l’invasion colombienne de l’Équateur. Son champ d’action couvre les Caraïbes, l’Amérique Centrale et du Sud ainsi que les eaux environnantes. La marine définit ses « diverses opérations » comme la lutte contre les trafics illégaux, la coopération régionale en matière de sécurité, l’interaction entre les forces armées et les formations militaires bilatérales ou multinationales. La réactivation de la flotte a naturellement provoqué un tollé et l’inquiétude des gouvernements brésilien, vénézuélien et autres.

Les inquiétudes sud américaines ont aussi été éveillées par un document d’avril 2009 de la US Air Mobility Command (Commandement de la Mobilité Aérienne), qui propose que la base de Palanquero en Colombie devienne un « endroit de sécurité coopérative » à partir duquel les « opérations de mobilité pourraient être effectuées ». Le rapport notait que de Palanquero, « presque la moitié du continent peut être couvert par un C-17 (avion militaire) sans ravitaillement ». Ceci pourrait former un élément de la « stratégie d’acheminement global  » , qui « aide à la réalisation de la stratégie d’engagement régional et facilite la mobilité de l’acheminement vers l’Afrique ». Pour le présent, le document conclut que « la stratégie de placer [la base] à Palanquero devrait être suffisante concernant la capacité de portée aérienne sur le continent sud-américain », mais poursuit en envisageant des options pour étendre le système à l’Afrique avec des bases additionnelles, qui doivent former une partie du système de surveillance, de contrôle et d’intervention globale.

Ces plans font partie d’une politique plus générale de militarisation de l’Amérique latine. L’entraînement des officiers latino-américains a fortement augmenté dans la dernière décennie, bien au dessus des niveaux de la Guerre Froide. La police se forme aux tactiques d’infanterie légère. Leur mission est de combattre les « gangs de jeunes  » et le «  populisme radical  », ce dernier terme n’étant que trop bien compris en Amérique latine.

«  Ces plans font partie d’une politique plus générale de militarisation de l’Amérique latine. »

Le prétexte est celui de la « guerre contre la drogue ». Mais, même si nous acceptons la singulière affirmation selon laquelle les EU ont le droit de mener cette « guerre  » dans des pays étrangers, il est difficile de le prendre au sérieux. Les raisons sont connues, elles ont été redites en février par la commission sur les drogues et la démocratie, dirigée par les anciens présidents sud américains Cardoso, Zedillo et Gaviria. Leur rapport conclut que la guerre contre la drogue a été un échec complet et appelle à changer radicalement de politique, en se détournant des mesures brutales vers d’autres plus efficaces et beaucoup moins coûteuses.

Des études menées par le gouvernement américain et d’autres ont démontré que les mesures les plus efficaces en terme de rentabilité pour contrôler l’usage de drogue était la prévention, le traitement et la pédagogie. Elles ont aussi démontré que les mesures les moins efficaces et les plus coûteuses sont les opérations à l’étranger telles que la prohibition et la fumigation. Le fait que les méthodes les moins efficaces et les plus coûteuses soient constamment choisies à la place d’autres bien supérieures suffit pour nous indiquer que les buts de la « guerre contre la drogue » ne sont pas ceux annoncés. Pour déterminer les véritables buts, nous pouvons adopter le principe juridique, selon lequel les retombées prévisibles donnent une indication de l’intention. Et les conséquences ne sont pas inconnues. Les programmes impliquent une contre-insurrection à l’étranger et une forme de « purge sociale » à domicile, en envoyant un grand nombre de personnes superflues, principalement des hommes noirs, en prison. C’est un phénomène néolibéral qui a mené au plus haut taux d’incarcération mondial, et de loin, depuis que le programme a débuté il y a 30 ans.

Les raisons de la renaissance à grande échelle de la « guerre contre la drogue  » de Nixon n’étaient pas du tout occultées. Nixon et la droite, rejoint par une majorité des élites, faisaient face à deux problèmes cruciaux au début des années 1970. Le premier était l’opposition grandissante à la guerre du Vietnam, qui commençait à franchir une limite qu’il fallait défendre avec zèle. Quelque-uns accusaient même Washington de crimes, et non pas simplement d’erreurs commises par excès de naïveté et bienveillance comme le déclaraient les commentateurs libéraux, obéissant en cela à la logique bien établie de Thucydide. Un problème apparenté était l’activisme, particulièrement parmi les jeunes, qui provoquait un « excès de démocratie » selon les avertissements d’intellectuels libéraux. Ils demandaient la restauration de l’obéissance et de la passivité ainsi que l’application par Nixon de mesures beaucoup plus brutales.

La guerre contre la drogue fut le remède parfait. Avec la participation enthousiaste des médias, le mythe d’une « armée d’accro  » renversant la société lorsque les troupes brisées rentreraient à la maison fut cuisiné, le tout sur fond de complot sournois des communistes. Walter Cronkite, chef des médias libéraux, déclara que « Les communistes [Au Vietnam] combattent les troupes américaines non seulement avec les armes mais aussi avec les drogues ». Ses collègues se lamentaient que la « pire horreur à avoir émergé de la guerre  » était le fléau de la dépendance à la drogue des troupes américaines (Stewart Alsop). D’autres intervinrent aussi sur ce sujet, de manière étonnamment similaire. Le fléau était un mythe complet, comme l’a démontré l’historien Jeremy Kuzmarov, bien qu’il y ai eut en effet une dépendance extrêmement forte à l’alcool et plus encore au tabac. Mais le mythe fit admirablement affaire pour son double rôle. Les EU étaient devenues les victimes des Vietnamiens, non les auteurs de crimes contre eux, et l’image sacrée de la « ville sur la colline » [6] fut préservée. Les fondations étaient posées pour une campagne nationale « Loi et Ordre » visant à discipliner ceux qui s’égaraient au-delà des limites de subordination à la doctrine et au pouvoir. Le succès fut conséquent. Sans susciter aucune critique ou commentaire, le président Carter pouvait expliquer que nous n’avions aucune dette envers les vietnamiens, car la « destruction était mutuelle ». Pour Reagan la guerre était une « noble cause » et le président Bush Sr. put continuer à informer les vietnamiens, sans aucune objection publique, que nous ne pourrions jamais pardonner leurs crimes envers nous, mais que par compassion nous serions d’accord pour les laisser rejoindre le monde que nous dirigions. Pour cela, il fallait qu’ils démontrent leur bonne volonté en s’occupant du seul problème moral subsistant : cette « noble cause  » qui consistait à se dévouer afin de retrouver les ossements des pilotes américains abattus alors qu’ils bombardaient le Vietnam.

« Le président Bush Sr. put continuer à informer les vietnamiens, sans aucune objection publique, que nous ne pourrions jamais pardonner leurs crimes envers nous, mais que par compassion nous serions d’accord pour les laisser rejoindre le monde que nous dirigions. »

Si les succès ont été conséquents, ils furent loin d’être complets. L’activisme a non seulement continué mais s’est aussi développé, ce qui a eu pour la société des effets civilisateurs importants.

Bien que le monde soit unipolaire sur le plan militaire, cela n’est plus le cas depuis quelque temps sur le plan économique. Au début des années 1970 le monde devenait économiquement « tripolaire  », avec des centres comparables en Amérique du Nord, Europe et dans le nord-est de l’Asie. De nos jours l’économie mondiale est devenue encore plus diverse, particulièrement avec la rapide croissance d’économies asiatiques défiant les règles néolibérales du « consensus de Washington ». L’Amérique latine aussi se défait de ce joug. Les efforts états-uniens pour la militariser sont une réponse à ces développements (particulièrement en Amérique du Sud), qui, pour la première fois depuis les conquêtes européennes, commencent à s’adresser aux problèmes fondamentaux qui ont empoisonné et continuent d’empoisonner le continent. Il y a les prémices de mouvements vers l’intégration de pays auparavant orientés vers l’Ouest, et aussi de diversification de l’économie et des relations internationales. Les questions d’intégration interne sont encore plus significatives. Il y a enfin des efforts sérieux pour s’adresser à la pathologie latino-américaine de gouvernance par d’étroits secteurs nageant dans l’opulence au beau milieu d’un océan de misère, les riches étant exempts de responsabilité si ce n’est de celle de s’enrichir, contrairement à l’Asie de l’est. Une de ces mesures concerne la fuite des capitaux. En Amérique Latine elle atteint presque le montant de l’étouffante dette. Dans les pays d’Asie de l’est elle a été fermement contrôlée. En Corée du Sud par exemple, pendant la période de forte croissance, l’exportation de capital était passible de peine de mort.

Ces développements en Amérique latine, parfois menés par d’impressionnants mouvements populaires de masse, sont d’une grande importance. Ils suscitent bien évidemment des réactions amères de la part des élites traditionnelles, supportées par la superpuissance voisine. Les obstacles sont immenses mais s’ils sont surmontés, cela pourrait changer de façon significative le destin de l’Amérique latine et entraîner de véritables conséquences ailleurs.

Notes

[1] Noam Chomsky, 21 septembre, prononçant la conférence en question.

[2] NdT : démocrates & républicaines

[3] Expression latine qui désigne un échange de bon procédés : donnant-donnant.

[4] « First strike weapon » : à savoir une arme basée sur l’agression, non sur la riposte.

[5] NdT : «  Opération Garde-barrière. »

[6] « A city on a hill ». Probable référence à un passage de l’évangile selon Saint Matthieu dans lequel Jésus s’adresse aux habitants d’une ville censée jouer le rôle de modèle : « You are the light of the world. A city that is set on a hill cannot be hidden.  »

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 20:29
sur Bakchich

Pierre Bergé s’est lâché contre le Téléthon samedi 21 novembre 2009 sur France Info, mais qu’en est-il de l’opération concurrente titrée « Sidaction » qu’il préside ? Test comparatif.

Je suis opposé par principe à ce que les opérations caritatives (à la télévision ou ailleurs) se substituent au droit à la santé, en prétendant combler les trous béants laissés par le démantèlement de la protection sociale au détriment des plus pauvres et des plus malades.

Pour autant, pour ceux qui pensent que nous devons nous résigner au recours à la charité — en l’absence d’un rapport politique suffisant pour obtenir l’égalité des droits de tous face à la maladie — voici quelques informations à méditer pendant les quelques jours entre le 1er décembre, Journée mondiale contre le sida dont tente de s’approprier Sidaction (alors que l’association n’est qu’un acteur parmi d’autres dans la lutte contre le sida), et le 5 décembre, date du premier jour du Téléthon organisé par l’Association française contre les myopathies.

Frais de fonctionnement et de structure

Selon le rapport de l’IGAS, Sidaction consacre 36% des emplois de l’association aux frais de structure (dont 27% au titre des coûts directs d’appel à la générosité du public).

Ces coûts pour Sidaction posent question d’autant plus que l’association n’a pas à supporter les coûts de l’organisation des opérations de télévision, financées par les chaînes publics avec l’argent de la redevance et par les chaînes privées avec la publicité.

À titre de comparaison, le tableau en page 4 du rapport annuel 2007 de l’AFM montre que cette association consacre 9,5% aux frais de collecte et 6,8% aux frais de gestion, soit 15,3%.

Gouvernance

L’AFM est gérée conjointement par les familles d’enfants touchés par la myopathie, des médecins et des chercheurs.

Selon l’IGAS, « Sidaction reste une association très fermée où les nouvelles adhésions ne peuvent intervenir qu’avec l’accord des 2/3 des membres », et l’Inspection souligne également que « le rôle premier que s’attribue l’association tend parfois à minimiser l’action menée par les autres organismes engagés dans la lutte contre le Sida »…

Contrôles externes

L’AFM a été contrôlée 3 fois par la Cour des comptes en 10 ans (1998-2008). En 1988, elle reçoit le Prix Cristal de la transparence financière de la Compagnie Régionale des Commissaires aux Comptes de Paris

Sidaction a été contrôlée deux fois en 15 ans par la Cour des comptes, en décembre 2000, avec ses Observations sur les comptes d’emploi pour 1994 à 1996 des fonds SIDACTION, et en 2009.

Résultats des collectes

L’AFM récolte aujourd’hui environ 100 millions d’euros, pour environ 6 millions pour Sidaction. Pourtant, en 1994, le premier Sidaction avait récolté un montant équivalent à celui du téléthon de l’époque, alors que la stigmatisation des malades du sida était d’autant plus présente qu’il n’y avait pas encore les trithérapies…

Succès de l’opération de télévision ?

Selon le quotidien 20 Minutes du 2 avril 2008 :

Des dons en stagnation et peu de téléspectateurs. (…) Les Français ont boudé les principaux programmes autour du Sidaction. La semaine dernière, la première partie du téléfilm n’a touché que 14,8 % du public. Et la grande soirée de samedi, « Les stars chantent contre le sida », toujours sur France 2, n’a fait guère mieux, avec 15,3 % de part d’audience. « Ce programme reste celui qui génère le plus de dons (30 % des appels du week-end) », nuance-t-on à la chaîne. Rien n’y fait : malgré un dispositif médiatique fort de nouveaux partenaires, dont Jimmy, Comédie et Planète, Sidaction atteint 5,55 millions d’euros, le chiffre de 2007 à la même date.

Caveat emptor.

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 20:26

 

Le 20 novembre 1959, l’ONU votait à l’unanimité la déclaration des droits de l’enfant pour, 30 ans plus tard, aboutir à une convention. Pourtant deux pays, Etats-Unis et Somalie, n’ont toujours pas ratifié le texte. 

 

Il y a tout juste 50 ans, l’Organisation des Nations Unies a adopté une charte en 10 principes lors d’une déclaration des droits de l’enfant. Plus qu’une réelle loi il s’agissait d’énoncer de grand principes fondateurs plutôt consensuels qui, 30 ans plus tard, aboutirent à une convention internationale des droits de l’enfant. Au total, 192 pays ont ratifié la convention, la plupart durant les années quatre-vingt-dix. Actuellement, seuls deux pays n’ont pas encore adhéré au texte. Officiellement l’ONU ne “reconnaît pas” de gouvernement Somalien, freinant une potentielle ratification. Plus surprenant, les Etats-Unis n’ont toujours pas signé le texte pour des considérations morales:

 

Ce Pays ne s’engage pas sur la Convention parce que plusieurs de ses États refusent d’abolir la peine de mort pour des crimes commis par des mineurs ou des handicapés, mais l’argument le plus significatif relève des droits des parents. En effet, de nombreux lobbies, soutenus par le Sénateur Jesse Helms, pensent que cette convention ôte les droits des parents sur leurs enfants. Et c’est d’abord cet argument, avec celui de l’avortement, qui est mis en avant.
Décembre 2003 : Les États-Unis ont fait savoir qu’ils désiraient ratifier la Convention, mais ils souhaitent auparavant déposer une réserve sur l’article 37 qui condamne le recours à la peine de mort contre les enfants. En effet, actuellement 25 états conservent la peine de mort, applicable à des mineurs, dans leur arsenal juridique. Certains d’entre eux n’hésitent pas à l’appliquer concrètement y compris pour des mineurs atteint de maladies mentales avérées.
Janvier 2005 : Les Etats-Unis abolissent enfin la peine de mort contre les mineurs. “

Si on regarde l’article 37 de plus près, on comprend que deux freins interviennent dans la non-ratification de ce texte. La question de la peine de mort aux mineurs est la mesure la plus symbolique, mais la question de la majorité mérite également d’être soulevée:

 

Les États parties veillent à ce que :
a) Nul enfant ne soit soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants: ni la peine capitale ni l’emprisonnement à vie sans possibilité de libération ne doivent être prononcés pour les infractions commises par des personnes âgées de moins de 18 ans ;
b) Nul enfant ne soit privé de liberté de façon illégale ou arbitraire: l’arrestation, la détention ou l’emprisonnement d’un enfant doit être en conformité avec la loi, être qu’une mesure de dernier ressort et être d’une durée aussi brève que possible :
c) Tout enfant privé de liberté soit traité avec humanité et avec le respect dû à la dignité de la personne humaine, et d’une manière tenant compte des besoins des personnes de son âge: en particulier, tout enfant privé de liberté sera séparé des adultes, à moins que l’on n’estime préférable de ne pas le faire dans intérêt supérieur de l’enfant, et il a le droit de rester en contact avec sa famille par la correspondance et par des visites, sauf circonstances exceptionnelles ;
d) Les enfants privés de liberté aient le droit d’avoir rapidement accès à l’assistance juridique ou à toute assistance appropriée, ainsi que le droit de contester la légalité de leur privation de liberté devant un tribunal ou une autre autorité compétente, indépendante et impartiale, et à ce qu’une décision rapide soit prise en la matière.

 

L’arrivée de Barack Obama sur la scène internationale permettra-t-elle de signer la convention des droits de l’enfant? Cette potentielle signature serait plus que symbolique et n’engagerait en rien des sanctions internationales, à l’image des enfants soldats enrôlés de force en Sierra Leone, pays parmi les plus pauvre du monde, qui a pourtant ratifié le texte dès  le 18 juin 1990…

http://quineditmot.free.fr/index.php/2009/11/20/20-ans-apres-la-convention-des-droits-de-lenfant-les-etats-unis-refusent-de-ratifier-le-texte/
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 19:53
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 12:48


Monsieur le Président des Etats-Unis d’Amérique


YOANI SANCHEZ a pu par le biais d’Internet, parait-il, vous poser 7 questions auxquelles vous avez jugé utile de répondre.


Gageons qu’il en serait de même pour tout afghan inquiet de la prolifération des la corruption chez lui, ou soucieux de recevoir une indemnisation pour les siens tombés sous les bombardements de vos forces armées, ou pour un palestinien assoiffé dans Gaza ravagé par Tsahal et son armement Made in USA,


Vous êtes formidable Monsieur le Président, votre société tremble sur ses fondations et vous trouvez le temps de répondre à cette chère, très chère Yoani, que Dieu vous bénisse, comme il bénit les détenus, les torturés de la base de Guantanamo, ce camp de concentration qui ne figure pas dans les 7 questions de Yoani mais je comprends que faute de temps vous en soyez demeuré à l’essentiel.


Etant moi-même un militant des droits des humains , assurant la vie d’un blog, coopérant à d’autres (je suis journaliste d’office donc) je me permets de vous transmettre, à mon tour, mes 7 questions et vous comprendrez bien qu’elles ne puissent se cantonner à Cuba, n’étant pas, comme vous par ailleurs cubain, mais seront plus larges et qui nous offriront ainsi l’occasion de démontrer votre totale implication à la défense des droits humains, actions quotidiennes qui sont vôtres au Honduras, en Colombie, en Palestine occupée et même en Europe où nous avons l’immense satisfaction de savoir que nos mails, nos blogs, nos échanges téléphoniques ne font l’objet d’aucune interception dans de supposées bases situées en Grande Bretagne, comme le prétendent d’abjects individus qui s’opposent ainsi à la vérité,


Certains prétendant même que lors du débarquement de vos troupes en 1944 , votre pays envisageait de mettre le mien en occupation, ces mêmes abjects personnages oubliant les 30 millions des vôtres tombés pour la libération du monde face au fascisme ( je me trompe peut-être avec l’URSS mais elle n’est plus là pour contester).


J’ai lu récemment des ouvrages révisionnistes, on nomme ainsi chez moi ceux qui effacent l’Histoire pour la réécrire, qui prétendaient que des firmes de votre sublime nation avaient eu de gros, de kolossals intérêts économiques avec les firmes du père Adolphe.


J’ai lu, à ma grande stupeur, ce mensonge éhonté que vos troupes de libération auraient utilisé un certain « Agent Orange » contre les niakoués du Vietnam, alors que Monsieur MC Donald m’affirmait encore hier qu’il s’agissait, en fait, d’un test alimentaire grandeur nature d’une sauce hamburger+frites.


C’est également avec une grande tristesse que j’ai du en découdre avec certains droits de l’hommistes des pays d’Amérique latine qui tentaient de m’embarquer sur une histoire de Condor, une faribole de plus.


Comme vous? je n’ignore pas que Victor Jara n’eut jamais les doigts tranchés par un fasciste soutenu par la CIA, d’ailleurs personne n’a jamais démontré que ladite CIA existe, mais qu’il s’est bien pincé les doigts dans les cordes de sa guitare preuve que la musique n’adoucit pas toujours le cri des mauvais guitaristes.


D’ignobles individus ont tenté également de me faire croire, faux témoignages à l’appui, que ces anti américains primaires qui se jetaient du haut d’hélicoptères dans une première version du saut à l’élastique n’étaient que des crétins infoutus de régler la longueur dudit élastique avec pour conséquence, fâcheuse, c’est juste, de se faire alpaguer par les rochers ou les requins.


HEUREUSEMENT il y a Yoani et tous ses amis dont son mari. Cette femme est d’un courage extraordinaire, battue, humiliée, embarquée, lapidée, euh non là c’est chez Karzai, elle ressuscite chaque fois, il semble même qu’elle soit bien partie pour dépasser le nombre de tentatives d’assassinats que connut le sinistre Fidel Castro Ruiz, bourreau de Batista, ce pauvre croupier du gigantesque bordel qu’était alors Cuba avec sa clientèle qui faisait fortune dans le jeu, le meurtre, le rackett et la drogue comme Monsieur Karzai, mais karzai c’est en Afghanistan, et c’est votre ami.


Là aussi de sinistres personnages prétendent que votre démocratie est un modèle afghan et que c’est celui qui triche qui est élu, celui qui opiumise les résultats est déclaré vainqueur, mais nous savons vous plus que moi, que lors de votre campagne électorale l’argent qui se déversait à flot dans votre tirelire était de l’argent frais, sans odeur de maquereaux, de plante opiacées, sans un relent de licenciement de millions de nouveaux pauvres états-uniens qui aimeraient bien pour certains vous entendre répondre (pas vous lire y’ a pas internet sous les ponts et dans les fossés, dans les trous et les épaves de bagnoles où ils crèvent loin de vous),à une seule de leurs questions voire supplication: J’ai faim Monsieur le Président ….


J’avoue me mêler ainsi de la politique intérieure et porter ainsi atteinte à son intégrité, je concède avec humilité que ce n’est ni fait ni à faire, pourtant permettez-moi…pour Mumia vous ne pour…et pour les 5 de Miami…Excusez-moi Monsieur le Président, vraiment pardonnez-moi, je n’insiste pas…


Pour en revenir à notre Yoani bionique, qui dans une de ses questions souligne l’état déplorable d’Internet sur l’ile de Cuba, occupée malheureusement par des cubains, et en démonstration elle peut vous transmettre 7 questions qui je n’en doute pas, aurons pu transiter par la représentation américaine sur l’île dotée de moyens modernes de transmissions ou à défaut de pigeons voyageurs, la côte américaine se situant à un petit vol d’oiseau mais c’est un grand pas pour Yoani, journaliste en herbe, maquilleuse en diable, fortunée par un don du ciel mais comme nous le savons, vous et moi et eux, la CIA ça n’existe pas.


Donc Monsieur le Président des Etats-Unis, pour mieux cerner, pardonnez-moi cette fois encore cette expression déplacée, je n’ai nulle intention de vous pousser dans vos retranchements même si vous disposez en cela de quelques bases en Colombie, au Honduras, en Irak, en Afghanistan…

Il est vrai qu’il existe des résidences secondaires plus proches mais qui jouissent d’un exotisme moindre mais avec des approches culturelles identiques: on tue les innocents en Afghanistan, on électrocute les mêmes innocents au Texas, c’est incroyable cette universalité des droits de l’homme, pour ceux de la femme et de l’enfant on verra à une prochaine session, mais que de progrès depuis Sacco et Vanzetti, depuis Julius et Ethel Rosenberg.


J’en demeure confondu et nous avons bien là, preuve que les cubains sont bien des enragés …..ils n’appliquent plus la peine mort à tout va, un manque de civilité qui démontre bien là un choc de civilisation…


Vous n’ignorez pas qui mérite réponses à ses questions, alors merci de répondre aux 7 suivantes mais je dois vous préciser que nous sommes des syndicalistes pourchassés par le Medef, une organisation paramilitaire communiste, que traqués nous émettons ce message sous une couverture tendue au dessus de nos têtes, de manière à ce que les drones de Sarkosy, un homme de l’Est, une famille sans doute d’origine bolchéviste, ne nous repèrent et n’anéantissent notre Freedom Voice of France.


Déjà lors d’un rassemblement nous avons eu maille à partir, moi et tant d’autres, avec leurs sbires qui voulaient étouffer la voix populaire dans une ville qui se nomme Strasbourg, ce jour là un chef d’état étranger venu sur notre territoire a contemplé du haut de son destrier, les pauvres manifestants que nous étions se faire arroser de gaz lacrymogènes, se faire matraquer, charger par des hommes casqués sur leur propre sol et cet étrange Président étranger restera de marbre et picolera notre champagne (Clinton préférait le Havana, plus long et plus robuste) devant ces violences et manifestes atteintes aux droits des humains.

Ah, gageons que si vous aviez été présent ce jour là, les choses se seraient passées bien autrement mais vous ne sauriez être partout au moins Yoani a cette chance…


Voici donc Monsieur le Président des Etats-Unis d’Amérique les “seven “questions établies en compagnie de nos amis des Renseignements Généraux qui depuis des lustres s’illustrent dans le rapport sans préjugé ni autre fichage.


D’avance merci Monsieur le Président des Etats-Unis d’Amérique pour vos réponses et votre temps précieux versé à notre égard dans le sablier de la vie,


Question numéro 1


En 1985, Posada Carriles qui détient la nationalité vénézuélienne, s’est évadé, avec l’aide de la CIA, d’un pénitencier à proximité de Caracas où il attendait d’être jugé pour sa responsabilité dans l’attentat, le 6 octobre 1976, d’un avion civil cubain. de Cubana de Aviacion.

Le Venezuela a présenté en bonne et due forme un dossier d’extradition aux autorités étasuniennes aussitôt que la presse a révélé le retour clandestin de Luis Posada Carriles aux Etats-Unis. A quelle date pensez-vous permettre que ce tueur et opposant farouche aux droits de l’homme soit jugé pour les attentats commis et comment et quand comptez-vous faire enquêter sur de supposées complicités au sein de l’administration américaine, celles-ci ayant abouties à la perte de la vie pour des dizaines de civils cubains ?


Question numéro 2


Vous vous êtes engagé à fermer le camp de déportés de Guantanamo, camp situé sur le territoire cubain et occupé par vos forces armées, Vous aviez fixé la date du 31 janvier 2010 pour mettre un terme à la barbarie qui consiste à enfermer sans jugements et avec tortures des civils privés de leurs droits d’hommes.

Devant ces atteintes flagrantes aux libertés les plus fondamentales, accepteriez-vous Monsieur le Président des Etats-Unis d’Amérique que le reste de la planète décide de placer votre nation sous embargo et le souhaitez-vous?


Question numéro 3


5 citoyens cubains croupissent dans vos cellules pour avoir tenté de déjouer des attentats contre leur pays, attentats ordonnés et préparés sur votre territoire,

Considérant votre attachement aux droits de l’homme, quand allez-vous libérer ces hommes qui par leurs sacrifices ont évité la honte pour votre pays de figurer au tableau des nations dont les dirigeants devraient être jugés pour crimes contre l’humanité ?


Question numéro 4


Dans le cadre de la lutte contre les narco-trafiquants qui écoulent leur sinistre marchandises sur le sol de votre patrie êtes-vous enclin à accepter que les gouvernements Cubain et vénézuélien installent des bases militaires de manière çà assister votre nation dans sa lutte contre le fléau de la drogue. Les troupes cubaines et vénézuéliennes pourront ainsi intervenir sur les narco-trafiquants qui seraient passés au travers de votre cordon sanitaire, notamment en Colombie.


Question numéro 5


Puisque les droits de l’homme sont universels, qu’envisagez-vous pour juger et faire juger les fonctionnaires de l’administration américaine qui ont participé à l’opération Condor, au coup d’état en 1973 au Chili et meurtre du Président, élu comme vous-mêmes, Salvador Allende ?

 

Question numéro 6


Comment comptez-vous enquêter ou faire enquêter sur les fonctionnaires des Etats-Unis d’Amérique qui interviennent dans la vie politique de la nation cubaine, entre autres, fonctionnaires qui vous ont sans doute mis en contact avec Yoani Sanchez, puisque selon ses propres propos Internet ne fonctionne pas sur l’île de Cuba, ou très mal, elle est donc passée par un autre biais, donc allez-vous accepter d’être condamné en tant  “qu’employeur “comme les 5 de Miami, pour conspiration mais cette fois contre le peuple cubain ?


Question numéro 7


Quand allez-vous respecter les représentants du monde à l’ONU, garants du respect des droits des peuples, et quand pensez-vous mettre un terme au blocus de Cuba et verser les indemnités afférentes à ce blocus illégal ? (Rendre les vies détruites cela vous ne le pouvez pas).


Dans l’attente de vos réponses qui ne sauraient tarder, Internet en France fonctionne très bien, malgré quelques indiscrétions d’un état étranger, je vous prie, Monsieur le Président des Etats-Unis d’Amérique de recevoir mes sentiments révolutionnaires.

et viva Cuba socialista !

 

Marie Leclerc-Alain Girard

Blogueurs français

Pour Cuba Si Lorraine, Cuba Si Valenton,  et pour tous ceux qui souhaitent reprendre, diffuser ce texte et peut être l’envoyer sous forme de lettre pétition à l’ambassade des Etats Unis en France…

 


A l’attention de:

Monsieur B. Obama
Président des Etats-Unis
via
l’Ambassade des Etats-Unis
2, avenue Gabriel – 75008 Paris Fax : 01.42.66.97.83

http://cubasilorraine.over-blog.org/

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 21:35

 

 

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, vient de se rendre une nouvelle fois au Proche-Orient. A la fin de la semaine dernière, sous le sceau de la « confidentialité absolue », un message verbal était transmis directement par le Consulat général de France de Jérusalem à la famille Hamouri précisant que le ministre la recevrait en personne à sa demande. La date, l’heure et le lieu étaient précisés : lundi 16 novembre à hôtel « American Colony ».

Quelques heures seulement avant la rencontre, fixée par le ministre en fonction de son agenda établi bien à l’avance, la famille Hamouri recevait un message par la même voie : le ministre était empêché, le rendez-vous prévu était purement et simplement annulé ! Comble de la désinvolture, de l’indélicatesse ou de la provocation, comme on voudra, il était précisé que si Madame Hamouri venait à passer à Paris le ministre pourrait la recevoir. S’il était là bien sûr…

Pour couronner le tout, mercredi 18 novembre, la presse israélienne faisait état, photos à l’appui, d’une autre rencontre cette fois non annulée et non « confidentielle » du ministre français : il avait rencontré, mardi, large sourire aux lèvres et sous le feu des caméras, la famille de Guilad Shalit…

Tout est dit de la politique française et de ses « dirigeants » dans ces deux attitudes : pour la famille Hamouri c’est la claque ; pour la famille Shalit c’est la main tendue.

Comment accepter un seul instant pareil comportement inqualifiable ? Quel républicain, attaché aux principes fondamentaux de notre pays, à son « identité nationale », pourrait accepter pareil camouflet particulièrement grossier et violent jeté par le ministre à la face des droits de l’homme et de l’égalité entre les citoyens ?

C’est inacceptable et inexcusable.

Nous exprimons toute notre solidarité et notre fraternité à la famille de Salah.

Que la France défende un soldat d’un armée d’occupation capturé sur son char les armes à la main est une chose ; qu’elle se refuse à tout faire pour libérer un jeune, dont il est établi qu’il n’est « que » Français qui a été condamné à 7 ans de prison, sans le moindre fait établi constitutif d’un délit, par un tribunal militaire d’occupation tout aussi illégal que l’occupation elle-même en est une tout autre.

Que le Président reçoive à plusieurs reprises la famille du premier est une chose. Qu’il se refuse obstinément à rejeter toute entrevue avec la famille du second en est une tout autre.

A cela s’ajoute l’attitude d’associations « communautaires » qui, bien que formellement françaises, reprennent à la lettre les vues, les dires et décisions israéliennes se comportant de la sorte de manière dangereuse pour la cohésion nationale et pour la cause du soldat Shalit.

Ce n’est pas en « crucifiant » Salah Hamouri qu’elles rendront leur combat pour Shalit plus efficace car elles risquent d’allumer des contre-feux dont il n’est pas certain qu’ils simplifieront la libération du caporal israélien.

Notre « Comité de soutien » s’est toujours refusé d’entrer dans pareille « compétition » sordide et ô combien contreproductive. Ce qui l’anime, quant à lui, c’est uniquement le droit et la non-discrimination de traitement, autrement dit l’égalité.

Si notre « Comité de soutien » existe ce n’est pas contre quiconque mais pour c’est pour une égalité de traitement concernant deux de nos compatriotes dans des situations certes différentes mais dont le destin devrait être identique : la liberté.

Force est de constater qu’on déploie des « trésors » d’énergie pour l’un, les grands médias n’étant pas en reste, et qu’on ne fait rien pour l’autre qui a déjà effectué près de 5 ans de prison.

Ce nouvel épisode est indigne et effarant mais par trop significatif de toute une politique. Nous ne laisserons pas faire. On continue !

Dimanche 22 doit avoir lieu une émission sur « France 2 », le « 13h15 », consacrant un reportage à Salah. Il a été déprogrammé dimanche dernier. Ce report a-t-il à voir avec tout cela ? On peut se poser légitiment la question d’autant plus que l’avocat, interviewé le 11 novembre pour expliquer la situation « juridique » de Salah, s’est déjà entendu signifier que ses propos ne seraient pas retenus dans le reportage...

Le terrible « deux poids, deux mesures » que nous dénonçons sans relâche fera-t-il tâche d’huile au point que cette chaine de télévision devienne dimanche : « France deux poids deux mesures » ?

Pour continuer plus que jamais à exiger « justice » et « vérité », nous avons le « buzz » à notre disposition. Amplifions-la ! Rien de plus simple : il faut démultiplier au maximum les contacts pour faire connaître cette vidéo présente sur de nombreux sites. Nous en sommes à 2000.000 « clics » !

Dès dimanche après-midi, on avisera…

 

Le 21 novembre 2009

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 16:49


Alain Boquet.. un dirigeant communiste discret au CV pourtant impressionnant :
 responsable des cadres au bureau politique au moment du passage de Marchais à Hue,
 maire réélu avec 70% dans une ville prise à la droite,
 responsable du groupe communiste à l’assemblée,
 ancien secrétaire fédéral de la puissante fédération du Nord...
 ...

Après des années d’hésitation et une longue gestation, il vient de publier un livre qui peut être le support d’une embellie pour les communistes, le début d’une histoire de reconstruction du parti communiste

Il était accueilli à Vénissieux par André Gerin qui l’avait invité pour venir présenter son livre. Les deux députés qui se côtoient depuis longtemps sur les bancs de l’assemblée se connaissent bien...

Ils étaient accompagnés à la tribune par Serge Truscello, secrétaire de section PCF de Vénissieux et délégué syndical de l’usine Bosch, Marie-christine Burricand, conseillère générale du canton de Vénissieux sud, et Michèle Picard, maire de Vénissieux et député suppléante.

André dira en introduction combien ce livre était attendu, et combien, comme beaucoup d’autres, il avait souhaité depuis longtemps qu’Alain Boquet s’exprime. Alain commencera son introduction en soulignant que son livre arrivait sans doute au bon moment, en dehors des périodes électorales ou de congrès, et qu’il était porteur de sa manière d’être un dirigeant communiste, tentant de faire vivre sa "famille", pourtant très éclatée... Visiblement, son expérience de responsable des députés communistes l’a marqué.. confirmant ce qu’on savait plus ou moins... sur de nombreux projets de lois, notamment sous le gouvernement de gauche plurielle, les députés communistes étaient divisés, parfois sur des positions diamétralement opposées !

Il présentera son livre qui réunit trois parties, une histoire du parti communiste à travers sa trajectoire personnelle, une interview sur la situation politique et son origine, enfin des témoignages recueillis de personnalités diverses... Son livre retrace ainsi sous différentes formes trois questions clefs qu’il a présenté avec simplicité..
 le marxisme est indispensable pour décrypter le monde d’aujourdh’ui et si nous avons été pendant 20 ans sous le choc de l’écroulement de l’URSS, la crise du capitalisme nous montre combien le point de vue communiste est nécessaire et actuel...
 pour celà, il faut une organisation, un parti communiste !
 enfin, il faut pour les communistes trancher un vieux débat entre union au sommet et rassemblement populaire.

C’est sur ce dernier point que l’apport d’Alain Boquet est sans doute le plus original et utile aux communistes, surtout pour tout ceux qui partagent ses deux premières affirmations !

Car la question de l’union est posée depuis toujours au parti communiste, et les deux grandes expériences historiques "réussies" pour les communistes peuvent être vues comme deux réponses stratégiques différentes. Le Front populaire qui était d’abord un mouvement social mais qui est souvent présenté comme une forme d’union de la gauche. Et la référence à 36 a été un élément clef de l’analyse que le PCF a fait du retour du général de Gaulle en 58, le présentant comme un fascisme contre lequel il fallait choisir l’union pour retrouver une forme de front populaire... Sauf que cette union posée comme un préalable au rassemblement allait être une union de sommet, qui allait conduire les dirigeants communistes à proposer un inconnu, François Miterrand comme candidat unique aux présidentielles, car.... il n’était pas socialiste !

Et après des années de bataille pour le programme commune, cette stratégie s’est révélé une stratégie de sommet, qui a installé des ministres communistes pris au piège d’un capitalisme en pleine forme, sans un mouvement populaire suffisament autonome et organisé pour bousculer l’ordre établi... Et tout communiste sait que l’ordre établi ne peut pas se bousculer d’en haut !

Or, l’expérience de la résistance montre une autre stratégie possible, qui a été historiquement le moteur de la plus grande transformation sociale et politique de la France depuis la révolution française... Car avec un parti interdit, des dirigeants chassé, une organisation défaite, des militants communistes ont choisis partout la résistance, rassemblant sans aucune exclusive, sans visée électorale, sans étiquettes, des gens de droite et de gauche, des chrétiens, des protestants, des juifs, des athées... tout ceux qui voulaient entrer en résistance ! Et ce rassemblement populaire construit d’en bas, est devenu un rassemblement majoritaire, si fort qu’il a joué un rôle essentiel dans la libération nationale, qu’il s’est imposé à tous, y compris aux USA, et qu’il permis la mise en œuvre large du programme du conseil national de la résistance...

Ce que la droite défait aujourd’hui, ce sont les acquis de ce mouvement populaire construit par les communistes dans la résistance..

Et Boquet conclura en constatant qu’aujourd’hui, nous sommes dans une guerre mondiale plus meurtrière que les précédentes à l’échelle de la planète, ce qui veut dire que la question la plus importante pour les communistes, c’est celle de la résistance, et du rassemblement sans exclusive contre les drames de ce capitalisme du désastre, comme le dira Gerin.

Impossible de retracer la multitude d’anecdotes ou de bons mots de ce député jovial et populaire... à chacun d’aller lire le livre pour découvrir les coulisses de la nomination de Robert Hue par Marchais (après avoir misé sur Fiterman, puis Gayssot, il fallait tenter de ramener des élus qui avait tendance à s’éloigner...)... " 20 ans après, qui est où, et où est qui... ?"...

L’introduction était passionnante, et personne n’a vu le temps passer, mais à vrai dire, le temps a manqué car la discussion n’a fait que commencer...

De premières questions ont permis à Alain Boquet de préciser son point de vue sur 1958, les élus, la possibilité de rassembler les communistes... et de confirmer avec son sens aigu des formules qu’il avait effectivement répondu qu’il pouvait être candidat aux présidentielles si les communistes le lui proposait. Il précise malignement qu’il l’a fait pour rappeler à ceux qui pensent qu’une candidature communiste est désormais dépassée que la question serait posée ("tatie, je suis là")

Bref, un livre à faire connaitre, et surtout, à utiliser dans la discussion pour l’avenir du parti communiste

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Published by valenton rouge - dans Parti Communiste Français
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