Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

0
parti.jpg 
thumbnail-copie-3.jpeg
4cb23c12e9-copie-1.jpg8071d6d8-f802-11df-a4d8-fa25b9579a36-copie-2.jpg 
Capture-du-2012-05-09-21-11-58.png
0
saint-communiste.jpg
00
0
soviet_propaganda.png

 vps-final.jpg

 

BDS-boycott-produits-israel.jpg

  

Recherche

lp.jpg

Léonard PELTIER 

 

arton1476.jpg

Archives

 free-the-miami-5-logo-colour.jpg

 

 rubon1-54e3a.jpgcuba-si.jpg

 

c.jpg

France  Cuba

cuba-si-3.jpg 

cuba_linda.jpg 

 

 

 

motocollant 2010 small

 

 

Thierry-copie-2.jpgHommage à

Thierry MENGUY

 


index.jpg 

une avocate

au service

du salarié

 

Maître

  Verrier Ouahmane Aicha

 

1 RESIDENCE DU PARC
  94430 Chennevières-sur-marne
 Téléphone : 01.49.62.04.45
 Fax : 01.45.76.13.17
 verrier.ouahmane@wanadoo.fr





Articles Récents

  • POUR LES FEMME D'ESPAGNE EN 2014 La nuit, la Résistance ... reprise d'un texte de 2009 Alain Girard Je hais les coups d’état, je hais la violence aveugle d’hommes de pouvoir quant ils ne sont pas de simples nervis, ceux là sont sans doute les pires. Je...
  • Obsèques d'Henri Alleg
    Sa famille, ses amis, ses camarades lui rendront un hommage fraternel le lundi 29 juillet à 10h30, au crématorium du Père Lachaise, salle de la Coupole. Le même jour, à 16 h, une courte cérémonie d'inhumation aura lieu au cimetière de Palaiseau (Esso...
  • Décès d'Henri Alleg
    Les communistes sont en deuil, les communistes valentonnais bien plus encore. Henri Alleg, Henri l'infatiguable du combat anticolonialiste, de celui pour un Etat palestinien, de celui pour une société à laquelle il donnait un nom: socialiste. Henri, ce...
  • METROPOLES
    METROPOLES Déclaration de l’ANECR Assemblée Nationale Affirmation des métropoles : discuter en 3 jours d’un remodelage profond de la République est un scandale ! Les amendements gouvernementaux adoptés par la commission des lois de l’Assemblée Nationale...
  • Un nouveau club politique prend racine | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr CHAUNY - Le club Nouveau siècle verra le jour en septembre. Ou plutôt son antenne régionale. Une réunion d’information s’est tenue samedi matin. Objectif : réfléchir sur la société actuelle.
  • Il n'y a plus rien Ferré
    merci tovaritchi mais l'"vènement cd'est le rassemblemnt réusii des communistes azinbt quentinnois, aussi fort que Léo www.youtube.com Une œuvre magistrale, qui présente notre temps alors qu'elle le précède. Merci Léo, tu nous a marqué à jamais et ce...
  • Alain Girard shared Le libre service de la...
    Alain Girard shared Le libre service de la solidarité's photo.
  • Le candidat rouge sera Olivier Tournay | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr SAINT-QUENTIN - Le militant Olivier Tournay a profité de la Fête des libertés ce dimanche au stade Bienfait pour annoncer sa candidature aux municipales 2014.
  • Alain Girard shared Sinn Féin shop's photo.
  • Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's...
    Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's photo.

 

Découvrez la playlist valentonrouge avec Francesca Solleville

Red_Cavalry_Riding.jpg
La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
sainr-just.jpg
   

A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

KM.jpg


27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 11:52
Repost 0
Published by valenton rouge - dans Cuba socialiste
commenter cet article
26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 21:58

Le 24 septembre, l’International Herald Tribune publiait un article sur la situation de l’électricité en Irak (« Iraq’s economic development minefield », par Steven Lee Myers). Le journaliste montre le délabrement de l’équipement électrique dans ce pays, et les difficultés de sa remise à niveau. Une phrase et un oubli m’ont fait bondir. « Les industries étatiques qui dominent l’économie irakienne sont aussi pléthoriques et inefficaces qu’elles l’étaient sous Saddam Hussein, peut-être même plus. » Et comme solution, le texte, bien évidemment, défend la privatisation...

Il ne mentionne pourtant pas un fait majeur : que l’industrie électrique irakienne fonctionnait relativement bien avant 1990, et que les coupures d’électricité étaient alors rares. En réalité, sa destruction a été le résultat de la première guerre d’Irak (1991 — et, surtout, de la terrible politique de sanctions imposées par les Etats-Unis et leurs alliés dont la France (lire « Des sanctions qui tuent », par Denis Halliday, Le Monde diplomatique, janvier 1999). Cette politique a été à l’origine de la destruction de l’Etat irakien durant les années 1990 et explique son effondrement lors de l’invasion américaine de 2003. La plupart des responsables et commentateurs occidentaux le reconnaissent aujourd’hui et, pourtant, ce fait a disparu de nos mémoires. Nous nous souvenons, à juste titre, des crimes de Saddam Hussein ; pas des crimes commis par les alliés. Qui paiera pour l’invasion et la destruction de l’Irak depuis 2003 ? Nombre de gouvernements réclament des sanctions contre Kadhafi ou Ahmadinejad ; lesquels en ont fait de même pour le président Bush, qui porte la responsabilité de la destruction d’un pays et de dizaines de milliers de morts ?

Pour éviter les malentendus, je pense que Saddam Hussein et Kadhafi sont des dictateurs et, comme je l’ai écrit ici, qu’Ahmadinejad a truqué l’élection présidentielle de juin. Mais les crimes commis par un leader élu démocratiquement sont-ils moins terribles pour ses victimes ? Et la destruction de tout un pays est-il un crime moindre ?

Ce qui se passe à Gaza, par exemple. Indépendamment de ce que l’on peut penser du Hamas (et de ses atteintes aux droits individuels, à ceux des femmes ou à ceux des opposants), comment expliquer le silence sur l’étranglement de ce petit territoire, de l’étranglement de sa population, du fait que la rentrée des classes s’est faite dans des conditions épouvantables ? Pas un mot des gouvernements européens, pas un geste... Les médias s’intéressent à ce territoire quand il s’agit de savoir si le Hamas impose le foulard aux jeunes filles dans les écoles ! « Nous » avons oublié Gaza.

En Europe et aux Etats-Unis, nous tournons la page des massacres que nous commettons avec une grande facilité. On parle beaucoup de la repentance, mais on ne la voit nulle part. Les Etats-Unis ont voulu ramener le Vietnam à l’âge de pierre dans les années 1960 ; l’agent orange, un puissant défoliant, a été déversé massivement sur pays et continue, plus de trente ans après, à tuer et à mutiler des milliers de personnes, qui s’en soucie ? Les plaignants vietnamiens ont été déboutés devant des tribunaux américains (lire « Au Vietnam, l’“agent orange” tue encore », par Francis Gendreau, janvier 2006). En revanche, les victimes américaines d’attentats terroristes commis à l’étranger obtiennent des tribunaux américains d’importantes indemnisations.

Nelson Mandela est devenu une icône reçue dans le monde entier. A écouter les dirigeants américains ou français (et aussi les médias), on peut croire que les Etats-Unis ou la France ont été toujours contre le régime de l’apartheid. Il n’en est rien. Dans les années 1970, Henry Kissinger organisait la coopération avec Pretoria pour combattre le terrorisme (lire « Regards sud-africains sur la Palestine », août 2009) et le président Valery Giscard d’Estaing soutenait activement l’Afrique du Sud. Tout cela, bien sûr, au nom de la lutte contre le communisme. Nous avons ainsi longuement contribué à la survie d’un régime raciste (alors que l’Union soviétique et Cuba étaient du bon côté !). Si cela est oublié dans les capitales occidentales, cela ne l’est pas à Pretoria où, malgré les pressions, se maintient une solidarité tant avec les Palestiniens qu’avec les peuples d’Amérique latine.

De nombreux crimes sont commis dans les pays du Sud. De nombreuses atteintes aux droits de la personne aussi. Mais « nous » les voyons quand cela nous arrange. Nicolas Sarkozy dénonce le trucage de l’élection en Iran, mais il le fait depuis le... Gabon ! Enfin, il a fallu bien des efforts pour que la France reconnaisse que les élections en Afghanistan ont été truquées ; en revanche, elle reste silencieuse sur ce qui se passe en Tunisie.

 

 

Source : Les blogs du Diplo
http://blog.mondediplo.net/...
Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 13:31

A l’occasion de la sortie de son cinquième ouvrage, voici une interview exclusive de Salim Lamrani pour Cuba Sí France suivie d’un chapitre du livre intitulé : "Les mercenaires de la Maison-Blanche".

Cuba Sí : Vous venez de publier un nouveau livre. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Salim Lamrani : Ce livre traite de la désinformation médiatique en Occident au sujet de Cuba et illustre le gouffre énorme qui existe entre la représentation faite de Cuba par notre presse et la réalité de ce pays. Cet ouvrage permet également de questionner le rôle des médias : sont-ils chargés de fournir une information fiable et objective aux citoyens ou bien s’évertuent-ils à défendre l’ordre politique, économique et social établi ?

Cuba Sí : Quels en sont les principales problématiques ?

Salim Lamrani : Il en a plusieurs mais j’évoque surtout celles que les médias occidentaux traitent en général, à savoir la question des droits de l’homme, l’opposition cubaine, l’émigration, et le futur de Cuba.

Cuba Sí : Votre ouvrage comporte un prologue de Nelson Mandela.

Salim Lamrani : Nelson Mandela est un personnage extraordinaire qui est une source d’inspiration pour tous ceux qui luttent contre l’injustice et en faveur d’un monde meilleur. Il m’a fait l’immense honneur de lier sa plume à mon livre et j’ai à son égard une dette de gratitude infinie.

Extrait du chapitre 4 : "les mercenaires de la Maison Blanche"

La dissidence cubaine jouit d’une couverture médiatique exceptionnelle en Occident, largement disproportionnée par rapport à sa taille et son influence. Aucune opposition latino-américaine n’est autant choyée par les transnationales de l’information. D’après la presse, elle serait sauvagement réprimée par les autorités cubaines et ne disposerait d’aucun espace d’expression. Pourtant, il ne se passe pas une semaine sans que les médias occidentaux ne publient des interviews de ces fameux opposants censés être muselés par le « régime castriste ». Sont-ils représentatifs de la société cubaine ? Sont-ils indépendants de toute influence étrangère ?

1. Les « opposants »

L’opposition cubaine dispose d’un statut particulier. D’une part, elle est extrêmement prisée par la presse occidentale. En effet, aucun groupe d’opposants en Amérique latine, hormis peut-être l’opposition vénézuélienne, ne bénéficie d’une telle aura médiatique. D’autre part, elle reçoit des financements colossaux de la part des Etats-Unis, dont les médias ne disent mot, et jouit d’une liberté d’agir qui scandaliserait les procureurs du monde entier.

Le 21 juin 2007, la Chambre des Représentants étasunienne a décidé de voter le budget de 45,7 millions de dollars pour l’année 2007-2008, présenté par le président Bush, à destination des dissidents cubains. Ainsi, 254 congressistes, dont 66 démocrates, ont approuvé la stratégie de la Maison-Blanche destinée à renverser le gouvernement cubain. Le législateur de Floride, Lincoln Díaz-Balart, descendant direct de l’ancien dictateur Fulgencio Batista, s’est réjoui de cette aide. « Cette victoire constitue un soutien pour l’opposition politique interne » cubaine, a-t-il souligné. « L’aide aux opposants n’est pas symbolique mais concrète », a-t-il ajouté. Il a également rendue publique une lettre de certains éminents dissidents cubains qui affirment que l’aide étasunienne « est un élément vital pour la survie des militants (1) ».

Pour l’année 2007-2008, la Chambre a également alloué une somme de 33,5 millions de dollars (6 millions de plus qu’en 2006) à Radio et TV Martí. Ces deux médias étasuniens diffusent illégalement des émissions subversives en direction de Cuba dans le but d’inciter la population à renverser l’ordre établi (2).

Ce même jour, le 21 juin 2007, le chef de la diplomatie étasunienne à La Havane, Michael Parmly, a reçu en grande pompe les célébrissimes dissidents René Gómez Manzano, Félix Bonne, Martha Beatriz Roque et Vladimiro Roca dans sa somptueuse résidence personnelle. Ces derniers étaient venus remercier leur précieux mécène pour sa générosité (3) .

Les médias occidentaux, pourtant si prolixes à l’égard de Cuba, sont restés étrangement silencieux sur ces deux évènements. Les raisons en sont relativement simples. Les personnages qu’ils s’évertuent à présenter depuis des années comme de valeureux militants à la recherche de la démocratie ne sont en réalité que de vulgaires mercenaires qui se vendent au plus offrant. Le mot mercenaire n’est pas un terme hors de propos ou exagéré. Selon le Littré, il s’agit de tout individu « qui travaille pour de l’argent, à qui l’on fait faire tout ce qu’on veut pour de l’argent (4)». Manzano, Bonne, Roque et Roca entrent pleinement dans cette définition.

Pourtant, il n’y a rien de nouveau à tout cela. Depuis des décennies, les Etats-Unis tentent par tous les moyens de fabriquer et de diriger une opposition interne à Cuba, afin de mettre un terme au processus révolutionnaire cubain. Les archives étasuniennes sont éloquentes à cet égard. Par ailleurs, de nombreux documents étasuniens, officiels et publics, attestent de cette réalité qu’aucun journaliste ou analyste politique digne de ce nom ne peut ignorer. La loi Torricelli de 1992, et plus particulièrement l’article 1705, stipule que « les Etats-Unis fourniront une assistance, à des organisations non gouvernementales appropriées, pour soutenir des individus et des organisations qui promeuvent un changement démocratique non violent à Cuba (5) ». La loi Helms-Burton de 1996 prévoit, à l’article 109, que « le Président [des Etats-Unis] est autorisé à fournir une assistance et offrir tout type de soutien à des individus et des organisations non gouvernementales indépendantes pour soutenir des efforts en vue de construire la démocratie à Cuba (6) ».

Le premier rapport de la Commission d’assistance à une Cuba libre, adopté le 6 mai 2004, envisage la mise en place d’un « solide programme de soutien favorisant la société civile cubaine ». Parmi les mesures préconisées, un financement à hauteur de 36 millions de dollars est destiné au « soutien de l’opposition démocratique et au renforcement de la société civile émergeante (7) ». Le second rapport de la même Commission, rendu public le 10 juillet 2006, prévoit également un budget de 31 millions de dollars pour financer davantage l’opposition interne (8).

En 2003, la justice cubaine avait condamné 75 personnes stipendiées par les Etats-Unis, suscitant une réprobation médiatique internationale. Dans n’importe quel autre pays du monde, des individus tels que Manzano, Bonne, Roque et Roque se trouveraient actuellement derrière les barreaux (9). Ricardo Alarcón, président de l’Assemblée nationale cubaine a averti les membres de la « dissidence » du fait que ceux qui conspireraient avec Washington et accepteraient ses émoluments devront en « payer les conséquences (10)».

« Tant que cette politique existera, il y aura des personnes qui se trouveront impliquées […]. Elles conspireront avec les Nord-américains [et] accepteront l’argent. Cela est un délit selon les lois cubaines. Je ne connais aucun pays qui ne classe pas une telle activité comme un délit », a souligné Alarcón. « Imaginez que quelqu’un aux Etats-Unis soit soutenu, entraîné, équipé et conseillé par un gouvernement étranger. Cela est un délit en soi. C’est un délit très grave aux Etats-Unis et cela peut coûter de nombreuses années en prison, beaucoup plus que ce que l’on peut risquer ici à Cuba », a-t-il conclu (11).

Il en est de même en France comme le stipule l’article 411-4 du code pénal et une affaire survenue en 2004 illustre éloquemment cette réalité. Le 28 décembre 2004, les autorités françaises ont procédé à l’arrestation de Philippe Brett et Philippe Evanno, deux collaborateurs de M. Julia. Ils avaient été à l’origine d’une tentative infructueuse destinée à libérer les deux otages français en Irak, Christian Chesnot et Georges Malbrunot en septembre 2004. Ces deux personnes ont été mises en examen pour « intelligence avec une puissance étrangère de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». Ils ont été présentés aux juges antiterroristes Jean-Louis Bruguière et Marie-Antoinette Houyvet, qui s’occupent des affaires ayant trait à la sûreté de l’Etat. Ils ont été accusés d’avoir pris contact avec la résistance iraquienne et d’avoir reçu une assistance logistique de la Côte-d’Ivoire. Brett et Evanno étaient passibles de dix ans de réclusion criminelle et de 150 000 euros d’amende. M. Julia a échappé à la justice grâce à son immunité parlementaire. La gravité des charges retenues contre eux n’a suscité aucun émoi au sein de la presse occidentale (12).

Le rapport de 2006 prévoit également 24 millions de dollars additionnels pour Radio et TV Martí, afin d’amplifier les transmissions de programmes subversifs vers Cuba, en violation de la législation internationale. Les membres de la « dissidence » cubaine disposent d’une partie de cette somme pour acquérir et distribuer des équipements radiophoniques et télévisuels permettant de capter les programmes émis depuis les Etats-Unis. D’autres pays sont invités à transmettre des émissions subversives vers Cuba. Le rapport prévoit également « d’entraîner et d’équiper des journalistes indépendants de la presse écrite, radiophonique et télévisuelle à Cuba (13)».

La presse occidentale, qui a censuré cette réalité, avait stigmatisé l’action des autorités cubaines, en dénonçant les sanctions prises à l’encontre de « militants pacifiques et de journalistes indépendants ». Selon elle, les inculpés auraient été châtiés pour avoir ouvertement exprimé leur désaccord avec la ligne officielle et avoir publié des articles diffamatoires dans la presse d’extrême droite de Miami (14).

Il sied de s’arrêter un instant sur ces accusations. Les deux « dissidents » cubains qui disposent de l’influence médiatique la plus importante au niveau international, qui lancent les invectives les plus acerbes contre la Révolution cubaine et qui jouissent de la bienveillance la plus soutenue auprès des extrémistes d’origine cubaine de Miami sont Oswaldo Payá et Elizardo Sánchez (15). Face à eux, Raúl Rivero passe pour un opposant relativement modéré et frileux (16). Or ce dernier avait été condamné à une peine de vingt ans de réclusion criminelle. Payá et Sánchez n’ont eu aucun ennui avec la justice, alors que leurs écrits politiques sont beaucoup plus virulents que ceux de Rivero. L’explication est assez simple : Payá et Sánchez ont, jusqu’à présent, toujours refusé le financement généreusement offert par Washington, tandis que Rivero a commis l’erreur de profiter des largesses financières de l’administration Bush. C’est cela qui a été condamné, et non la production littéraire ou politique supposément hétérodoxe.

Intégrer l’univers de la « dissidence » est un juteux commerce. Les avantages économiques de cette profession sont conséquents et attisent la convoitise d’individus peu scrupuleux. Les 75 personnes condamnées n’exerçaient aucun métier et vivaient des émoluments offerts par les autorités étasuniennes, en échange des tâches réalisées. Les appointements considérables pour le niveau de vie de la société cubaine ont conduit certains personnages à amasser de petites fortunes personnelles, s’élevant jusqu’à 16 000 dollars en liquide, alors que le salaire moyen oscille entre quinze et vingt dollars par mois (17). Ils menaient ainsi un train de vie largement supérieur à celui des Cubains, et profitaient également des incomparables privilèges que procure le système social cubain.

Pour évaluer précisément l’importance d’une telle somme, il convient de appeler la valeur du dollar à Cuba. Pour l’équivalent d’un dollar, un Cubain peut s’offrir au choix : cent quatre litres de lait, quarante-cinq kilos de riz, vingt-six tickets pour des matchs de base-ball, entre cinq et vingt-six places de théâtre ou de cinéma, 5200 kilowatts d’électricité ou cinq cours d’anglais télévisés de cent soixante heures chacun. Tous les autres aliments de première nécessité (pain, haricots, huile.) sont dans le même ordre de prix. A cela s’ajoute la gratuité des services d’éducation et de santé. Etant donné que 85% des citoyens cubains sont propriétaires de leur logement, ils ne payent aucun loyer. De plus, l’impôt n’existe pas à Cuba. Autre fait unique au monde : les médicaments achetés dans les pharmacies coûtent deux fois moins cher que ce qu’ils valaient il y a cinquante ans (18). Tout cela est possible grâce aux subventions octroyées annuellement par l’Etat cubain, tant vilipendé par les mêmes « dissidents » qui ne manquent pas de profiter des conditions de vie avantageuses qu’offre la société cubaine.

Suite à l’intervention diplomatique de l’Espagne, plusieurs personnes incarcérées depuis mars 2003, dont Raúl Rivero, ont été libérées fin novembre 2004 pour des raisons humanitaires (19). Il convient de souligner que Rivero a profité d’une médiatisation internationale uniquement parce qu’il était, avec Oscar Elias Biscet, le seul individu écroué sur les 75 à avoir réellement exercé le métier de journaliste. Son cas est intéressant dans la mesure où il jette une lumière sur l’ampleur de la campagne de désinformation lancée contre Cuba. Dans une interview accordée à Reporters sans frontières, Blanca Reyes, femme de Rivero, affirmait que celui-ci se trouvait dans des « conditions de détention infrahumaines et inacceptables ». Elle ajoutait par la même occasion qu’il avait perdu quarante livres (19,5 kilos). « [Il] a faim. Je veux que l’on sache [que] Raúl Rivero souffre de la faim », déplorait-elle dans un élan mélodramatique de circonstances (20). Cette information avait été reprise en grande pompe par l’ensemble de la presse internationale.

Or, lors de sa sortie de prison, Rivero est apparu en excellente santé, avec un embonpoint notable, comme l’illustres les photos prises par la presse et comme n’ont cessé de le clamer les autorités cubaines (21). Alors que Washington et ses relais dénonçaient avec une remarquable répercussion médiatique les « effroyables conditions de vie » des prisonniers, Rivero lui-même avoua avoir eu un accès sans restrictions à la lecture et avoir dévoré avec avidité le dernier roman de l’écrivain colombien Gabriel García Márquez, Historias de mis putas tristes, ouvrage difficile à trouver dans les librairies françaises à l’époque (22). Rivero n’a pas vécu dans un hôtel quatre étoiles, certes, mais pas dans un « goulag tropical » non plus comme les âmes bienséantes se plaisent à qualifier les prisons cubaines, comme si les pénitenciers du reste du monde étaient des lieux de villégiature (23).

Sans doute, les prisons d’Abu Ghraïb en Irak, où la torture de prisonniers de guerre a été institutionnalisée par Washington, sont-elles plus confortables. Que dire des geôles de Guantanamo, zone de non droit où la torture appliquée aux détenus est telle que de nombreuses tentatives de suicide ont eu lieu chez des personnes très pieuses pour qui le fait de mettre un terme à ses jours constitue le pire des pêchés (24) ? Dans tous les cas, très peu de réclusionnaires peuvent se vanter d’avoir eu accès au dernier roman de García Márquez, avant même certaines librairies européennes spécialisées.

Mais cela n’est guère nouveau. En effet, la transformation de criminels en « dissidents » ne date pas d’aujourd’hui. L’histoire d’Armando Valladares, le « poète paralytique condamné pour délit d’opinion », selon la propagande de Washington, est riche d’enseignements. Arrêté en 1960 pour terrorisme, cet ancien officier de police de la dictature de Batista reçut le soutien d’une grande campagne internationale lancée par l’extrême droite cubaine de Floride au début des années 80. Après des tractations effectuées par le gouvernement français de François Mitterrand, sous l’égide de Régis Debray, le prisonnier fut libéré et perdit, par la même occasion, ses talents de poètes et son hémiplégie. Par contre, il conserva soigneusement ses aptitudes de comédien et, ayant obtenu la nationalité étasunienne, il s’engagea auprès du gouvernement de Ronald Reagan, devenant ambassadeur auprès des Nations unies. Dépité, Régis Debray avait écrit dans son livre Les Masques : « L’homme n’était pas poète, le poète n’était pas paralytique, et le Cubain est aujourd’hui américain (25) ».

Luis Ortega Sierra est un journaliste cubain qui s’est exilé aux Etats-Unis en 1959, au triomphe de la Révolution. C’est un farouche adversaire du gouvernement de La Havane comme l’illustrent ses écrits. Il était lié à l’ancien dictateur cubain Fulgencio Batista qui finançait ses activités. Dans une lettre du 22 septembre 1961 à l’ancien homme fort de Cuba, Ortega avait exprimé sa « sympathie » et son « admiration » à son égard (26).

A propos des opposants cubains, Ortega déclare la chose suivante :

Les dissidents à Cuba sont des gens sans importance politique et tout le monde partage cet avis, même ceux qui vivent à leurs dépens. Ce sont des marionnettes de la mafia de Miami. Ils sont au service de la Section d’Intérêts des Etats-Unis qui les balade d’un endroit à un autre […]. Ce sont des gens qui reçoivent un salaire et une orientation idéologique du gouvernement américain. Cela n’est un secret pour personne. C’est le gouvernement nord-américain qui leur octroie de l’argent pour financer les activités de ces messieurs dans l’île. Penser que cet élément puisse représenter un mouvement puissant d’opposition au gouvernement est une bêtise (27).

Si l’Iran ou la Chine finançaient des opposants aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en France, ces derniers tomberaient immédiatement sous le coup de la loi. Si les médias occidentaux étaient intellectuellement libres, ils n’utiliseraient qu’un seul terme pour se référer à ceux qui se présentent comme des opposants au gouvernement cubain : mercenaires.

Notes

(1) Wilfredo Cancio Isla, « La Cámara da sólido apoyo a la democracia en Cuba », El Nuevo Herald, 22 juin 2007.

(2) Ibid.

(3) Andrea Rodriguez, « Disidentes cubanos usan casa de diplomático de EEUU », The Associated Press, 21 juin 2007.

(4) Le Littré, V. 1.3.

(5) Cuban Democracy Act, Titre XVII, Section 1705, 1992.

(6) Helms-Burton Act, Titre I, Section 109, 1996.

(7) Colin L. Powell, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, mai 2004). www.state.gov/documents/organization/32334.pdf (site consulté le 7 mai 2004), pp. 16, 22.

(8) Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, juillet 2006). www.cafc.gov/documents/organization/68166.pdf (site consulté le 12 juillet 2006), p. 20.

(9) Salim Lamrani, Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).

(10) BBC, « Cuba Warns Dissidents Over US Aid », 12 juillet 2006.

(11) Ibid.

(12) Salim Lamrani, Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis, op. cit.

(13) Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, juillet 2006). www.cafc.gov/documents/organization/68166.pdf (site consulté le 12 juillet 2006), p. 22.

(14) Reporters sans frontières, « Un an après l’arrestation de 75 dissidents, Reporters sans frontières mobilise l’Europe contre la répression à Cuba », 18 mars 2004. www.rsf.org/article.php3?id_article=9547 (site consulté le 20 mars 2004).

(15) Oswaldo Paya, « Mensaje de Oswaldo Paya Sardiñas a Vaclav Havel, Presidente de la República checa en su visita a la ciudad de Miami, Florida », 23 septembre 2002. www.pdc-cuba.org/paya_havel.htm (site consulté le 25 septembre 2004) ; El Nuevo Herald, « Piden a Europa más firmeza contra el régimen », 7 octobre 2004. www.miami.com/mld/elnuevo/news/world/cuba/9853178.htm (site consulté le 8 octobre 2004).

(16) Raúl Rivero, « El cartel del queso blanco », Luz Cubana, Janvier/Février 2003, n°1 : 9-10.

(17) Felipe Pérez Roque, « Conferencia a la prensa nacional y extranjera », MINREX, 25 mars 2004 : 5-7.

(18) Gouvernement révolutionnaire de Cuba, « Documents », 18 avril 2003. www.cuba.cu/gobierno/documentos/2003/fra/n180403f.html (site consulté le 2 décembre 2004).

(19) Andrea Rodríguez, « En libertad el poeta y disidente cubano Raúl Rivero », El Nuevo Herald, 30 novembre 2004. www.miami.com/mld/elnuevo/news/world/cuba/10303056.htm (site consulté le 1 décembre 2004).

(20) Reporters sans frontières, « La mujer del periodista encarcelado Raúl Rivero denuncia unas condiciones de detención ‘inaceptables’ », 5 août 2003. www.rsf.org/imprimir.php3?id_article=7698 (site consulté le 17 décembre 2004).

(21) Nancy San Martin, « Cubans Tell Rivero to Consider Leaving », The Miami Herald, 1 décembre 2004. www.miami.com/mld/miamiherald/10308130.htm?1c (site consulté le 2 décembre 2004).

(22) Nancy San Martin, « Cubans Tell Rivero to Consider Leaving », The Miami Herald, 1 décembre 2004. www.miami.com/mld/miamiherald/10308130.htm?1c (site consulté le 2 décembre 2004).

(23) Olivier Languepin, « Dans les prisons de Castro », Le Monde, 31 décembre 2004.

(24) Robert Scheer, « A Devil’s Island for Our Times », Los Angeles Times, 28 décembre 2004.

(25) Gianni Miná, Un Encuentro con Fidel (La Havane : Oficina de Publicaciones del Consejo de Estado, 1987), pp. 43-60 ; Jean-Marc Pillas, Nos Agents à La Havane. Comment les Cubains ont ridiculisé la CIA (Paris : Albin Michel, 1995), pp. 145-51.

(26) Ivette Leyva Martínez, « Despierta singular interés vida y obra de Batista », El Nuevo Herald, 3 mai 2008.

(27) Luis Ortega Sierra, « Fidel rebasó la historia », in Luis Báez, Los que se fueron (La Havane : Casa Editora Abril, 2008), p. 221.

Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais Prologue de Nelson Mandela Paris, Editions Estrella, 2009. 300 pages 18€

Pour commander le livre : lamranisalim@yahoo.fr

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Cuba socialiste
commenter cet article
26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 13:12
Par Vincent Artuso | universitaire | 17/09/2009 | 

« Apocalypse : la Seconde Guerre mondiale » est incontestablement l'événement de la rentrée chez France Télévisions. Cette série documentaire, en six épisodes de 52 minutes, s'est donnée pour ambition de « raconter la véritable histoire de la Seconde Guerre mondiale, pour que les générations se souviennent de l'Apocalypse ».

Pour cela, ses auteurs, Daniel Costelle et Isabelle Clarke, se sont appuyés sur près de deux ans de recherches, qui leur ont permis de collecter 650 heures d'archives filmées, dont la moitié sont inédites. Mais surtout, les images ont été colorisées, le son d'époque a été remasterisé et la narration confiée à Mathieu Kassovitz.

Clarke et Costelle confient avoir volontairement choisi de « faire d'Apocalypse une œuvre cinématographique », pour « aborder l'Histoire d'une façon nouvelle » et ainsi « transmettre aux jeunes générations la mémoire de cette folie meurtrière généralisée ».

Impressionnés par le dispositif, les médias ont, dans l'ensemble, encensé le projet. Sans plus d'explications, le fonds historique a tout naturellement été crédité de la rigueur et de la nouveauté reconnues à la forme.

Pourtant, à y regarder de plus près, le traitement de l'histoire dans « Apocalypse » n'a non seulement rien de nouveau, mais il véhicule même un discours franchement réactionnaire.

« Douce France » des années 30 regrettée, Vichy présenté de manière indulgente, sa responsabilité dans la déportation des juifs de France éclipsée, partis de gauche accusés d'avoir permis l'arrivée au pouvoir des nazis, chambres à gaz et bombardements des villes allemandes juxtaposés : telle est la manière d » « aborder l'Histoire d'une façon nouvelle » dans Apocalypse.

La « Douce France » des années 30 n'était pas si paisible

Prenons d'abord la méthode. Elle est purement événementielle et s'abstient de toute analyse économique ou sociale. Mince concession à l'histoire des mentalités, la vie quotidienne est parfois abordée, mais sans troubler un récit rythmé par les grandes figures historiques et les faits militaires.

Ce qui fait que de l'espace est accordé à des détails, tant qu'ils ont un rapport quelconque avec les combats. Dans l'épisode 2, vingt-et-une secondes (ce qui est long en télé) sont ainsi consacrées à la découverte de la réserve de caleçons de l'armée française par la Wehrmacht.

La situation sociale et politique de l'Allemagne de l'entre-deux-guerres, puis la mise en place du régime nazi sont en revanche survolées en à peine douze minutes.

La même chose vaut pour la description de la France d'avant-guerre. Oubliés la crise économique, les tensions politiques et sociales, les ligues fascistes ou encore le Front populaire. Après tout, « la France est encore un pays très agricole » et c'est, finalement, un paquebot de luxe qui, selon Clarke et Costelle, semble le mieux la décrire :

« Normandie, symbole d'une époque qui va disparaître. Ce magnifique transatlantique représentait l'apogée d'un style, d'une douceur de vivre, du progrès et de la paix. »

Confusion sur les responsabilités de la débâcle de juin 40

En conséquence, la défaite n'est considérée qu'à travers un argumentaire d'ordre militaire qui, neutre en apparence, est en réalité fort orienté.

A propos du nombre de chars dont son armée dispose, l'on apprend que « la France en produit bien trois cents par mois [en mai 1940, les Alliés disposent d'autant de chars que la Wehrmacht sur le front ouest, note de l'auteur] mais les disperse dans tous les secteurs, en appui de l'infanterie. »

Après un blanc de près de dix secondes, le texte reprend :

« L'aviation française souffre aussi d'un grand retard. La France a commandé aux Etats-Unis 4 000 avions. »

Comment peut-on n'avoir aucun retard dans la production de chars et en avoir aussi dans la production d'avions ?

Pour comprendre ce curieux paradoxe, il faut revenir aux débats qui, pour schématiser, ont longtemps opposé la gauche à une certaine droite. Selon la gauche, la défaite était due au conservatisme de l'état-major qui n'avait pas compris que l'heure était à la création de puissantes unités de chars, non à leur dispersion. Pour la droite non-gaulliste, c'était le Front populaire qui, en payant des congés aux ouvriers au lieu de réarmer le pays, portait la responsabilité du désastre.

L'effort de Clarke et Costelle tend à mettre en avant cette dernière interprétation sans attaquer de front la première.

Autre exemple : les erreurs du général Gamelin, commandant en chef des troupes alliées au début de la guerre, sont exposées par la voix-off dans une langue neutre, en évitant tout jugement.Quand il s'agit par contre de mettre en évidence le manque d'équipement, la parole est donnée à un soldat de 2e classe qui déclare :

« Il fallait vraiment qu'on manque de matériel de guerre… On avait un fusil pour deux, par camion. On avait une boîte de dix cartouches qu'on n'avait pas le droit d'ouvrir. Quelle misère ! Parce que si on avait eu de quoi se battre, on se serait battu. On n'est pas du genre à aimer les Boches ! »

C'est également grâce à cette approche en apparence neutre, car événementielle, que Vichy peut être présenté sous un jour un peu moins négatif.

Une présentation indulgente de Vichy

Malgré son impréparation et une gestion politique lamentable (voix off : « Personne n'a envie de la faire cette guerre, pas même le gouvernement, qui a bien été obligé de gesticuler, mais sans convictions »), l'armée française s'est tout de même battue durant la « Drôle de guerre ».

Clarke et Costelle en veulent pour preuve « les incursions de commandos de choc, les corps-francs, dont le héros, Joseph Darnand, est nommé premier soldat de France. Il deviendra l'un des plus féroces collaborateurs des Allemands et finira fusillé. L'armée française, malgré ses héros et sa supériorité numérique, ne bougera plus. »

Sous-entendu : Joseph Darnand, le fondateur de la Milice, fut un héros qu'un funeste destin détourna du droit chemin, pour des raisons qui ne sont pas indiquées. Evidemment, en évitant de parler du développement dans l'avant-guerre d'une extrême-droite révolutionnaire, au sein de laquelle Darnand était particulièrement actif, il est possible d'interpréter son engagement ultérieur sur l'air mélancolique du « soldat perdu ».

Autre point. Malgré la défaite, la flotte française est quasiment intacte :

« Hitler a demandé seulement qu'elle soit désarmée dans ses ports d'attaches, car il a eu peur qu'elle se joigne à l'Angleterre. Churchill a la crainte inverse : que les Allemands ne s'en emparent. Il donne l'ordre à la Royal Navy de la neutraliser. »

Une forte escadre britannique se dirige alors vers Mers-el-Kébir, l'une des principales bases navales françaises :

« Churchill ne veut prendre aucun risque, il fait envoyer ce signal : rejoignez-nous ou sabordez-vous ou partez pour les Antilles. Vichy n'est informé que des deux premiers points et refuse. »

Le message implicite de ce passage est que, s'il en avait eu connaissance, Pétain aurait éventuellement choisi cette option, ce qui lui aurait permis de reprendre un jour la lutte aux côtés du général De Gaulle. Cette douloureuse zone d'ombre qu'est aujourd'hui Vichy ne serait donc que le résultat d'une transmission défectueuse.

Ce soupçon d'apologie -non de connivence- se confirme dans la suite de la série, moins par ce qui est dit que par ce qui ne l'est pas. Dans l'épisode 3, la politique de collaboration avec l'Allemagne est condamnée. Le statut des juifs du 3 octobre 1940, qui évince les Français israélites de la vie publique, y est aussi évoqué.

Il n'en va pas de même de la progression criminelle de cette politique antisémite de Vichy, sa responsabilité dans les rafles, les milliers d'hommes, de femmes et d'enfants juifs livrés à l'Allemagne nazie.

Pire encore, bien que l'épisode 4 évoque la venue d'Heydrich à Paris en 1942, il y est juste dit que cette visite avait un rapport avec la « solution finale » et non que le bras droit d'Himmler venait négocier directement avec les autorités françaises les modalités de déportation des Juifs de France. Pourquoi frôler cette information sans la donner ?

La gauche allemande responsable de la guerre

Clarke et Costelle racontent l'histoire de la Seconde Guerre mondiale de manière partielle car partiale. Leur vision du monde est d'ailleurs moins frappante lorsqu'on se contente d'isoler les acteurs de l'histoire qui sont décrits avec indulgence. Il faut les mettre en rapport avec ceux qui n'ont pas droit au même traitement pour en saisir la cohérence.

Revenons au début de l'épisode 1. L'Allemagne y est certes présentée comme un pays endeuillé par la Première Guerre mondiale et frappé par la crise des années 30, mais aussi comme la patrie de Marlene Dietrich et de Thomas Mann.

Berlin, y apprend-on, est « l'une des capitales de la culture européenne, l'une des villes les plus libres au monde ». Rien donc ne laisse pressentir l'arrivée au pouvoir des nazis qui, à en croire la narration, va frapper l'Allemagne comme une sorte de catastrophe naturelle :

« Tout bascule en 1933. Hitler et ses milices armées comme les SA (…) font main basse sur l'Allemagne par l'intimidation, par la démagogie, par l'exploitation de l'amertume des anciens combattants allemands. »

La seule explication d'ordre politique à cette apparition intempestive serait la suivante :

« Les nazis profitent de la désunion des partis de gauche que même Hitler semble vouloir séduire en levant le poing. Les communistes allemands sont aux ordres de Moscou pour qui les socialistes sont les vrais adversaires. Pas d'alliance avec eux. »

Cela n'est pas faux. Il est par contre étonnant de l'affirmer en occultant complètement la coalition avec les conservateurs, qui a permis aux nazis d'arriver légalement au pouvoir. Rien non plus sur le vieux maréchal Hindenburg qui, en tant que président, contribua à légitimer le chancelier Hitler.

Le poids du pacte germano-soviétique

Les communistes ne sont, par ailleurs, pas seulement responsables de l'arrivée au pouvoir d'Hitler, mais également du déclenchement de la guerre. Un peu plus loin, il est dit :

« Pour dissuader Hitler, l'URSS est le dernier recours. Elle est liée à la France par un traité d'assistance mutuelle. (…) Malgré leur crainte du communisme, les Occidentaux comptent sur l'URSS. Mais Hitler va les prendre de vitesse. »

Un accord est signé en août 1939. « Pour le monde entier, le pacte germano-soviétique, c'est le signal de la guerre. »

Question : comment les Occidentaux peuvent-ils se laisser « prendre de vitesse » alors que la France est déjà liée à l'URSS par un traité d'assistance mutuelle ? Ce paradoxe s'explique peut-être par le fait que la signature de ce traité en 1935 ne fut jamais suivie de gestes concrets, la crainte du communisme l'emportant finalement au sein de la classe politique française.

Et puis la France était aussi liée à la Tchécoslovaquie par un tel traité d'assistance militaire, ce qui ne l'a pas empêchée de consentir au dépeçage de ce pays en faveur d'Hitler. Or, en évoquant les accords de Munich un peu plus tôt, Clarke et Costelle n'ont pas mentionné ce fait.

Evidemment, cela aurait expliqué les doutes de l'URSS quant à la volonté de la France de rester ferme face à l'Allemagne et, par là même, gêné leur argumentation.

Un parallèle entre les bombardiers alliés et les chambres à gaz ?

Mais laissons là ces débats et venons-en enfin au fait : Clarke et Costelle reprennent des thèses qui font fortement songer à celles défendues par les historiens révisionnistes au cours de la « querelle des historiens », dans les années 80.

En substance, ceux-ci mettaient en doute l'existence d'une « voie singulière » de l'histoire allemande, menant inévitablement au nazisme ; interprétaient les crimes nazis comme une réaction aux crimes communistes ; établissaient un parallèle entre l'holocauste et les revers subis par le IIIe Reich.

Nous avons déjà vu que, dans Apocalypse, l'arrivée au pouvoir des nazis est présentée comme une rupture historique. En ce qui concerne le second point, voyons la façon dont est décrite la « shoah par balles », à partir de l'épisode 3.

On commence par nous montrer des images de liesse qui auraient été tournées dans des villes baltes, à l'arrivée des troupes allemandes :

« La terreur a été telle que tout vaut mieux que le NKVD, la terrible police politique soviétique, qui s'est retirée en assassinant les Baltes anticommunistes dans les prisons.

Les antisémites locaux accusent les juifs d'être complices des communistes. Ils les rassemblent, leur font porter les corps. Les Baltes se livrent ensuite à des pogroms, des violences contre les Juifs, que les Allemands favorisent avec comme consigne : ne pas laisser de traces. »

Non seulement les massacres de Juifs sont explicités par l'évocation d'un lien de causalité avec les exactions du NKVD, mais l'initiative en est, de plus, imputée aux populations locales, les Allemands se contentant de les « favoriser ».

Cette même structure narrative est reprise pour décrire les massacres en Ukraine. Ce n'est qu'ensuite qu'entrent en scène les Einsatzgruppen, les « commandos d'exécution », mis en place, nous dit-on, par Himmler et Heydrich -donc les SS. La complicité de la Wehrmacht, pourtant connue aujourd'hui, est tue.

Troisième point. L'interprétation de la « solution finale » par Clarke et Costelle n'est pas « intentionnaliste » mais « fonctionnaliste », c'est-à-dire qu'ils estiment qu'Hitler n'avait pas d'emblée prévu le génocide mais que cette solution s'imposa à lui au gré des événements.

En soi, cela n'a rien de révisionniste, d'autres historiens le pensent. Ce qui l'est par contre, c'est de voir dans l'holocauste une action de représailles des Allemands. Cette thèse n'est pas exprimée explicitement dans « Apocalypse », mais elle est induite par la construction narrative.

Une fâcheuse erreur de chronologie

Au bout d'un quart d'heure, l'épisode 4 évoque les bombardements massifs des villes allemandes par les Alliés. Des raids qui feront de centaines de milliers de victimes civiles. Sur des images de villes dévastées et de civils allemands sous le choc, le texte dit :

« Quant aux Allemands, ils commencent à mesurer les conséquences de la politique hitlérienne. Le régime hitlérien qui s'enfonce dans la démesure meurtrière. Hitler, Goering, Himmler, son adjoint Heydrich mettent en place ce qu'ils appellent la “solution finale”, l'extermination des juifs d'Europe, organisée à la conférence de Wannsee, près de Berlin, en janvier 1942. »

L'intention est-elle de suggérer un lien de cause à effet entre ces deux sujets, abordés l'un à la suite de l'autre, ou est-ce simplement une construction hasardeuse ?

D'un strict point de vue chronologique, parler d'abord des bombardements massifs, puis de la « solution finale » est, en tous cas, incorrect. La première ville allemande à subir un tel sort fut Lübeck, dans la nuit du 28 mars 1942. La conférence de Wannsee avait eu lieu deux mois plus tôt, le 20 janvier 1942.

L'impressionnant dispositif déployé pour produire « Apocalypse » a à ce point réussi à faire diversion que même les rares critiques négatives n'ont visé que sa forme : était-il vraiment nécessaire de coloriser les images ? Pourquoi celles liées à l'Holocauste n'ont-elles pas subi le même traitement ?

Cette dernière question n'a d'ailleurs pas été poussée au bout de sa logique. Interrogé dans le Parisien du 8 septembre, sur la raison pour laquelle les images en rapport avec l'Holocauste avaient été laissées en noir et blanc, Daniel Costelle a répondu que c'était pour ne pas risquer d'offrir des arguments aux négationnistes, tentés de crier à la manipulation.

Clarke et Costelle croient-ils donc si peu en leur propre affirmation de vouloir « raconter la véritable histoire de la Seconde Guerre mondiale » ? Si leur approche était réellement convaincante, ne pourrait-elle pas, au contraire, faire taire définitivement les assassins de la mémoire ? Il n'est pas à exclure que, conscients de leur tartufferie, ils aient préféré ne pas la pousser aussi loin.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
Repost 0
26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 12:38

         

Porté par de magnifiques acteurs, « L'Armée du crime » retrace efficacement l'histoiredu groupe Manouchian.

En février 1944, les nazis exécutaient 23 résistants appartenant au réseau clandestin dirigé par Missak Manouchian. Ce groupe de FTP-MOI (Francs-Tireurs Partisans de la main-d'oeuvre immigrée) était essentiellement composé d'Arméniens, d'Italiens, d'Espagnols, de Hongrois, de Polonais, de Roumains, pour la plupart juifs et communistes. Onze ans plus tard, le poète Louis Aragon saluait leur mémoire en ces mots : « Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes/Noirs de barbe et de nuit, hirsutes, menaçants/L'affiche qui semblait une tache de sang/Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles/Y cherchait un effet de peur sur les passants. » De ce poème, Léo Ferré fit une magnifique chanson : « L'Affiche rouge », qui stigmatisait ce placard de la honte exposant les visages en noir et blanc des fusillés du Mont-Valérien accompagné de légendes : Rayman, Juif polonais, 13 attentats ; Manouchian, Arménien, chef de bande, 56 attentats, 50 morts, 600 blessés ; Boczov, Juif hongrois, chef dérailleur, 20 attentats ; Alfonso, Espagnol rouge, 7 attentats… Sur le fond écarlate se détachait ce slogan accusateur : « Des libérateurs ? La libération par l'armée du crime ! ».

Destins individuels

Porté par de magnifiques acteurs, « L'Armée du crime » retrace efficacement l'histoire du groupe Manouchian en suivant plusieurs destins individuels : Manouchian, ouvrier et poète arménien qui répugne à se servir d'une arme ; Marcel Rayman, champion de natation, qui ne se déplace jamais sans son petit frère ; Thomas Elek, qui fait sauter une librairie collabo à l'aide d'un livre artisanalement piégé par ses soins ; Monique Stern, qui va trahir ses copains de la rue des Immeubles-Industriels ; Petra, le dirigeant communiste qui, sous la torture, va dénoncer la plupart des membres du réseau FTP-MOI. On est frappé, surtout, par la jeunesse, l'enthousiasme, frisant l'inconscience parfois, le sens moral de ces jeunes gens qui, plus tard, dans les caves de la Gestapo ne parleront pas.

Cette histoire, Robert Guédiguian la portait en lui depuis longtemps, mais il en a retardé la réalisation, justement parce que ce sujet paraissait lui trop évident. « L'Arménien Manouchian, l'occupation allemande (ma mère est née en Allemagne) et le communisme, ces trois éléments réunis me touchaient sans doute de trop près, »explique-t-il. Mais le temps était venu de transmettre cette histoire exemplaire qui menaçait de disparaître de la mémoire collective. « Depuis un quart de siècle, une coupure s'est opérée avec cinq ou six générations de luttes et de contre-culture. Les gens sont désorientés, sans doute la conséquence la plus grave de l'effacement du Parti communiste français. » Guédiguian revendique la vocation pédagogique de son film : « C'est du cinéma national populaire en écho au Théâtre national populaire de Jean Vilar. »Et si, par moments, « L'Armée du crime » s'affranchit de la vérité historique - Henri Krasucki, par exemple est arrêté sept mois avant Manouchian et non en même temps -, Guédiguian s'en explique sans fard : « J'en ai eu besoin pour la fluidité du récit, mais jamais je ne fais de contresens. » Et de citer Hegel : « L'Histoire, c'est autant l'interprétation que les faits. »

 

THIERRY GANDILLOT, Les Echos

Repost 0
26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 12:32

Le succès d’audience de l’excellent film-documentaire sur la Seconde guerre mondiale diffusée sur France 2 devrait mettre en alerte les chaînes privées qui cherchent à améliorer leur audimat en proposant des programmes toujours plus médiocres et consternants. Apocalypse ou l’honneur et l’avenir de la télévision publique...

Nous étions 7,5 millions de téléspectateurs à regarder mardi soir les deux derniers volets de la série Apocalypse sur France 2 réalisée par Daniel Costelle et Isabelle Clarke, soit 28,9% de part d’audience et mieux que Les Experts sur TF1. 650 heures d’archives sur la Seconde guerre mondiale et quatre ans de travail ont été nécessaires pour accoucher de ce formidable film au ton très pédagogique. Excellente nouvelle en effet de savoir qu’un documentaire historique puisse réunir autant de monde, et autant de jeunes téléspectateurs. Un succès populaire, déjà vendu à l’exportation et largement amorti financièrement, qui vient battre en brèche l’idée que la télévision ne serait finalement tout juste bonne qu’à “vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola” selon Patrick Le Lay, l’ancien dirigeant de TF1, et qu’il faudrait pour cela ne proposer que des programmes débilitants pour retenir l’attention du plus grand nombre de téléspectateurs. Car c’est bien de l’essence et de l’avenir de la télévision publique dont il s’agit. Si la réforme annoncée brutalement par Sarkozy a suscité bien des inquiétudes légitimes (le financement de France Télévisions n’était pas sécurisé), il faudrait être vraiment malhonnête pour remettre en cause la qualité des programmes proposés par l’équipe de Patrick de Carolis et regretter la disparition de la publicité sur les antennes du groupe audiovisuel public.

Plus que jamais, la différence avec les télévisions privées saute aux yeux et légitime le maintien d’un service public de la télévision. Je paye volontiers ma redevance pour voir ce genre de programmes, pas pour que France Télévisions diffuse les mêmes séries américaines que TF1 ou rémunère à prix d’or des animateurs bébêtes qui vont et viennent d’une chaîne privée ou publique à l’autre. J’en viendrais même à penser, dans un accès d’optimisme peut-être exagéré, que les télévisions privées qui voudraient vendre plus de publicité (et cette intention est tout à fait légitime vu qu’il s’agit de leur seule ressource) devraient consacrer une part croissante de leur budget à produire des documentaires et des téléfilms historiques plutôt qu’à nous resservir ad nauseam des jeux, des émissions de télé réalité pathétiques ou des séries à l’eau de rose affligeantes de nullité. Une piste à creuser…

Quelques mots encore sur Apocalypse. Ce film n’arrive toutefois pas, selon moi, au niveau du légendaire De Nuremberg à Nuremberg du regretté Frédéric Rossif. Le choix des images et le montage, le texte magistralement écrit et lu par Philippe Meyer d’un ton monocorde, la musique glaçante de Vangelis donnaient à ce documentaire de la fin des années 1980 une place à part, inégalable dans le genre. Mais Apocalypse tombe à pic pour faire découvrir l’histoire de ce conflit fatidique à des jeunes générations qui n’ont pas forcément les repères historiques, le backgroundRossif visait un autre public, une autre époque. Profitons en pour rendre aussi hommage à Patrick Rotman, auteur en 2004 d’un somptueux Eté 44 sur la libération de la France. Quant à la colorisation des images d’archives, n’en déplaise à certains, elle n’est pas inutile mais rend plus vivants les acteurs de l’époque. Même si le noir et blanc avait aussi son charme… En tout cas, au vu du succès populaire de cette série, les auteurs auraient l’intention de se remettre au travail en vue de réaliser des documentaires sur les conflits de l’après-guerre. Si c’est le cas, ce serait assurément une bonne nouvelle pour la télévision…
comme on dit en bon français, pour appréhender cette période.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/apocalypse-l-honneur-de-la-62078
Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 12:13

Des inondations catastrophiques ont frappé durement la région de Redeyef en Tunisie, provoquant des destructions importantes. Des maisons se sont écroulées sur leurs habitants. Il faut déplorer plus de 20 morts et un nombre considérable de blessés.

Le Parti communiste français réaffirme sa pleine solidarité avec la population de cette région déjà victime d’épreuves dramatiques qui lui ont été imposées par les agressions et la répression systématique du régime policier du Président Ben Ali.

Dans ces circonstances dramatiques, les autorités Tunisiennes se doivent d’apporter aux populations concernées le respect et tous les soutiens qu’elles attendent, notemment la libération des prisonniers du mouvement de protestation sociale du bassin minier.

La France doit intervenir dans ce sens et rappeler avec fermeté le régime tunisien aux règles essentielles d’un Etat de droit.

A un mois des élections générales en Tunisie, la France et ses partenaires européens ne peuvent que s’inquiéter du verrouillage politique total de la vie politique dans le pays et de la sophistication des méthodes employées pour faire du Président Ben Ali, le Président à vie d’un Etat sans pluralisme, sans démocratie, sans les libertés civiles et politiques essentielles...

Parti communiste français

Paris, le 25 septembre 2009.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 22:07
Repost 0
Published by valenton rouge - dans Cuba socialiste
commenter cet article
25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 19:32
  Devenue l’arme ultime des producteurs qui travaillent à perte, la grève des livraisons de lait est un acte d’accusation pour la Commission européenne, le gouvernement français et la FNSEA après sa caution de l’accord du 4 juin sur le prix du lait.

Le mardi 15 septembre, Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, était vivement pris à partie lors de l’inauguration du Salon de l’élevage à Rennes. Ceux qui l’interpellaient étaient des producteurs de lait. Comme lui. Ils ne peuvent pas comprendre comment le premier responsable du syndicat majoritaire chez les paysans peut cautionner un prix du lait entre 260 et 280 euros la tonne. Car, à ce prix-là, plus personne ne gagne vraiment sa vie, et faire perdurer une telle situation ne manquera pas de causer des dégâts irréparables, dont les plus visibles sont déjà le suicide de certains paysans, les autres étant un risque de disparition à terme de fromages de qualité liés aux terroirs, d’emplois perdus dans l’agro-industrie et dans l’agriculture. On peut donc se demander sur quelle planète vivait le président de la FNSEA quand son syndicat a approuvé cet accord du 4 juin, signé par la FNPL et les industriels laitiers trois jours avant l’élection des députés au Parlement européen.

AVEUGLEMENT ET INCOMPÉTENCE

Mercredi 16 septembre, c’est le ministre de l’Agriculture lui-même qui s’est fait chahuter au Space de Rennes. Au point de devoir joindre sous la protection des gendarmes le salon officiel où il devait prononcer un discours. Ensuite, quand il a parlé de la crise laitière, Bruno Le Maire a déclaré : « L’ancienne régulation ne marche plus », pour justifier l’abandon des quotas laitiers. Or, si cette régulation n’a pas bien fonctionné depuis un an, c’est parce que 27 ministres européens de l’Agriculture ont, sous la présidence de Michel Barnier en automne 2008, accepté la fin prochaine des quotas laitiers, obéissant aveuglément à une seule personne : Mariann Fischer Boel, la commissaire incompétente en charge de l’Agriculture. Une incompétence que l’on avait déjà pu observer lors de la réforme de l’organisation commune du marché du vin en 2007, ou lors de la tentative avortée de mélanger du vin blanc et du vin rouge pour en faire du rosé. Bruno Le Maire avance une argumentation fausse et malhonnête quand il affirme que l’on ne peut pas réguler et gérer la production laitière par les quotas. Car il oublie, délibérément, que les quotas ont été augmentés à contretemps en volume sur proposition de la Commission européenne, au moment même où les débouchés se réduisaient pour les produits laitiers, du fait de la crise financière mondiale et de la montée du chômage qui l’a accompagnée.

UNE PRIME MAIS A QUEL PRIX ?

Jeudi 17 septembre, Mariann Fischer Boel est revenue à la charge à Strasbourg devant le Parlement européen. Pour elle, revenir sur la décision d’arrêter à terme le système des quotas « n’est pas une option ». Sauf qu’elle n’a jamais rien démontré à l’appui de cette affirmation. Plutôt que de reconnaître qu’elle avait fait fausse route, la commissiare en fin de mandat s’est dite favorable à un marché à terme et spéculatif du lait, et a déclaré qu’elle autorisait les Etats à verser des aides ponctuelles aux producteurs de lait en difficultés, avec un plafond de 15 000 euros par exploitation. Mais que changera cette prime si le prix du lait reste aussi bas qu’aujourd’hui ?

L’IRRESPONSABLE, L’ÉXÉCUTANT ZÉLÉ ET... LEMÉTAYER

Vendredi, sur la chaîne Public Sénat, Michel Barnier a estimé qu’il fallait remettre en place les quotas laitiers dont il avait accepté la suppression un an plus tôt, alors qu’il présidait le Conseil agricole européen lors du bilan de santé de la PAC ! Chacune à son niveau, les personnalités dont nous venons d’évoquer le comportement sont, à leur corps défendant, en train de donner raison aux hommes et aux femmes qui ont choisi la grève des livraisons de lait comme ultime moyen pour tenter de sauver leur métier et l’avenir de la production laitière en France. Mariann Fischer Boel aura été pendant cinq ans une commissaire à l’agriculture arrogante, irresponsable et incompétente. Cela fait beaucoup de défauts pour la même personne quand elle occupe un poste aussi stratégique. Michel Barnier aura été le ministre de de la capitulation dans les négociations européennes durant les deux ans passés rue de Varenne. Bruno Le Maire n’en finit pas d’étaler ses lacunes depuis sa nommination au ministère de l’Agriculture, mais il est un point sur lequel il ne change pas : il donne le sentiment de vouloir être l’exécutant le plus zélé des ordres et injonctions de la commissaire Fischer Boel depuis qu’il est ministre de l’Agriculture. Jean-Michel Lemétayer n’a jamais été aussi mal inspiré que depuis qu’il défend, en dépit du bon sens paysan, un accord qui prive aujourd’hui une majorité de producteurs de lait de toute marge susceptible de dégager un revenu décent pour un travail particulièrement astreignant. Le scandale aujourd’hui n’est pas le spectacle des tonneaux de lait déversés dans les champs comme on épand du lisier. Il est dans la situation faite aux hommes et aux femmes qui n’ont plus que cette solution pour se faire entendre.

PARLEMENT EUROPÉEN Sauver l’agriculture paysanne

Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen et viceprésident de la Gauche unitaire européenne - Gauche verte nordique, présent à Strasbourg le 17 septembre 2009 pour la session parlementaire, a répondu à l’intervention de madame la commissaire Fisher Boel qui soulève des inquiétudes et ne prend pas en compte les « souffrances sociales que subissent les producteurs de lait et tous les agriculteurs ». « Il s’agit d’une crise structurelle, et non conjoncturelle, due aux déréglementations que vous initiez et voulez poursuivre. Vous voulez, avec la contractualisation entre industriels et producteurs, placer les paysans dans les griffes des industriels capitalistes » a-t-il expliqué avant de demander, d’urgence, une réunion exceptionnelle d’un Conseil européen spécial pour sauver l’agriculture paysanne. Via cette proposition, Patrick Le Hyaric appelle à la mise en place de trois mesures urgentes : « La création d’un fond exceptionnel d’aide à la production laitière non industrielle, la fixation immédiate d’un prix minimum intra-européen que les centrales d’achat seraient obligées de respecter, sans augmentation des prix à la consommation, le blocage des quotas de production nationaux, et l’arrêt des importations extracommunautaires abusives. »


par Gérard Le Puill
Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article
25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 19:29

Une délégation du MODEF conduite par son président Jean MOUZAT va rencontrer le ministre de l’Alimentation de l’Agriculture et de la Pêche, Bruno LEMAIRE lundi 28 septembre à 10 heures.

Une délégation du MODEF conduite par son président Jean MOUZAT va rencontrer le ministre de l’Alimentation de l’Agriculture et de la Pêche, Bruno LEMAIRE lundi 28 septembre à 10 heures.

Le MODEF va insister sur la gravité de la crise dont sont victimes les exploitants familiaux et le climat explosif qui règne dans les campagnes.

Les femmes et les hommes sont touchés dans leur chair, dans leur dignité par une précarité qu’ils n’avaient jamais connu auparavant.

A situation exceptionnelle mesures exceptionnelles, c’est ce que le MODEF va réclamer. Au-delà ces aides conjoncturelles, le MODEF portera au ministre les attentes des exploitants familiaux, pour sortir durablement de la crise.

Il s’agit notamment d’instaurer des prix garantis et rémunérateurs, d’encadrer les marges de l’agroalimentaire et de la grande distribution, de garantir un financement à 0% des investissements nécessaires à l’agriculture, de réguler l’offre, de maîtriser les importations.

Derrière ces revendications, il n’y a qu’un seul mot d’ordre : les paysans veulent pouvoir vivre de leur métier.

Le secrétariat du MODEF
Repost 0
Published by valenton rouge - dans France
commenter cet article