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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 12:06
Comme annoncé, le principal campement de clandestins de la ville du Pas-de-Calais a été démantelé. Résultat : 276 arrestations, dont une moitié de mineurs.
Le récit, heure par heure, de notre envoyée spéciale.

2 h 35. Il fait nuit noire dans la jungle de Calais. Un grand feu de bois réchauffe les bénévoles venus apporter leur soutien aux migrants alors que le démantèlement du campement est annoncé pour l’aube. Autour du feu, une dizaine d’Afghans, décidés à ne pas dormir, offrent le thé. Pourquoi restent-ils alors que les forces de l’ordre doivent débarquer dans quelques heures ? Safioula, seize ans, explique qu’il reste pour le passeport. Une rumeur a en effet circulé ces derniers jours, promettant des papiers à ceux qui resteraient dans la jungle. « _ Mais c’est faux ! » s’irrite Sylvie Copyans, de l’association Salam.

4 h 20. Une cinquantaine de personnes se réchauffent autour du feu. Parmi eux, quatre jeunes filles d’une vingtaine d’années, bénévoles de Salam à Dunkerque. « Nous avons trois petites jungles là-bas, explique Jessica. Tous les deux mois, la police détruit tout au bulldozer, les migrants ne peuvent même pas récupérer leurs affaires. Ils sont arrêtés et relâchés douze heures après. » Le doute s’insinue parmi les journalistes, de plus en plus nombreux. « Et si ce n’était pas pour aujourd’hui ? » s’inquiète l’un d’eux.

5 h 38. Un surréaliste appel du muezzin résonne dans le noir. Ruée de caméras vers la mosquée, une cabane de fortune à l’intérieur de laquelle tapis et bougies ont été posés. Le migrant qui appelle à la première prière de la journée est filmé par une vingtaine de caméras. 6 heures. Hurlant dans un mégaphone, un Afghan fait le tour de la jungle. « Je leur explique que la police va venir et qu’il faut se réveiller. La jungle est finie. » Les migrants, tout juste réveillés, se pressent près du feu, l’air hagard, emmitouflés dans des couvertures. Le jour se lève.

6 h 57. Alors que la jungle est encerclée par les forces de l’ordre, plusieurs centaines de migrants se serrent, en silence, derrière une banderole sur laquelle on peut lire : « The jungle is our house » (la jungle est notre maison). Les mines sont graves, les regards inquiets. Beaucoup sont incroyablement jeunes.

7 h 35. Il fait totalement jour quand policiers, gendarmes et CRS pénètrent en nombre à l’intérieur du camp, entourés par une nuée de caméras. Rapidement, ils encerclent le groupe de migrants, auxquels se sont joints plusieurs dizaines de militants « No border » qui hurlent : « No nation, stop déportation ! » Des mouvements secouent violemment le groupe. Un migrant s’évanouit. Des cris fusent. La confusion est totale. Par petits groupes, les Afghans sont écartés de la foule par les policiers. Les plus jeunes pleurent. L’un d’entre eux, inconsolable, sanglote violemment dans les bras de Sylvie Copyans, elle aussi en pleurs : « Vous êtes fiers de vous ? crie-t-elle à l’intention des policiers. Ce sont des gamins ! » Plusieurs bénévoles sont en larmes.

8 heures. « 68, 69… » Derrière la mosquée, un policier compte les Afghans. Au total, 278 migrants, dont 132 mineurs, ont été interpellés. Deux hélicoptères survolent en permanence le campement. Les mineurs sont séparés des adultes. « Groupe 6, vous faites une colonne ! » hurle un CRS. Une file de migrants se met en marche. Direction les parkings, de l’autre côté du sous-bois. Des dizaines de bus les attendent pour emmener les adultes en centres de rétention et les mineurs en foyers.

8 h 40. Les journalistes sont évacués vers les sorties. La zone est bouclée par les forces de l’ordre. En tout, 500 policiers, gendarmes et CRS auront été mobilisés. Sylvie Copyans dénonce une opération « complètement disproportionnée » : « Y avait plein de gamins à l’intérieur, les traiter comme ça, c’est infâme ! Tout ça pour un coup médiatique… »

11 heures. Lors d’une conférence de presse organisée à la sous-préfecture de Calais, Éric Besson se félicite du bon déroulement d’une opération qui « ne vise pas les migrants eux-mêmes mais les logistiques des passeurs ». Toutefois, le ministre de l’Immigration ne cache pas que la question du retour forcé vers l’Afghanistan est à l’étude : « Pour ceux qui continuent de refuser ces propositions, nous envisageons une procédure de retour contraint dans le pays d’origine. » Et d’ajouter : « D’autres pays européens le font déjà et ce sont de grandes démocraties. » Une concertation serait en cours avec les ministères de la Défense et des Affaires étrangères.

13 heures. Le bruit des tronçonneuses résonne dans la jungle. Trois jours seront nécessaires pour vider entièrement le terrain, selon la société Carpentier recrutée pour l’occasion. « On doit tout mettre à nu, explique David Sagnard, salarié de cette entreprise calaisienne. Nous avons trois bulldozers, trois pelles hydrauliques et une quinzaine de camions pour tout envoyer à la déchetterie. » Il ne doit rester que du sable. Prix estimé : entre 30 000 et 40 000 euros. Lors de sa conférence de presse, Éric Besson avait estimé que le coût de l’opération serait « limité » : « Le salaire des policiers mobilisés sera versé, de toute façon. Je ne connais pas précisément (le coût total), mais il ne paraît pas très important. »

13 h 25. Arrivée d’Éric Besson dans la jungle. Une cinquantaine de journalistes l’entourent. Une pelle mécanique abat les cabanes, qui tombent comme des châteaux de cartes. De la mosquée, il ne reste que les fondations. Le ministre se félicite qu’elle ait fait l’objet d’un traitement particulier : la cabane a été détruite à mains nues et pas à coups de bulldozer. En revanche, le mausolée que les migrants avaient érigé en hommage à l’un des leurs assassiné l’an dernier devrait tomber sous les coups de pelleteuse. Personne n’ira pleurer sur la fin de ce campement sordide, mais la violence de la destruction est stupéfiante. Quelques heures auparavant, ces morceaux de tôle étaient le seul refuge de centaines de personnes. Dans l’après-midi, les réactions pleuvaient dénonçant une « opération médiatico-policière » (PCF), « honteuse pour (notre) pays » (Noël Mamère, les Verts) et un « acte totalement inhumain qui ne réglera pas le problème » (Martine Aubry, PS).

Marie Barbier
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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 12:56
Emmanuel Martinez

 Une crise alimentaire, c’est du déjà-vu pour Cuba qui l’a vécue dans les années 1990 à la suite de l’effondrement du bloc soviétique et de l’entêtement des États-Unis à maintenir son embargo. À cette époque, les Cubains ont vu leur diète moyenne passée de 3 000 à 1 900 calories par jour. Mais ils ont trouvé un moyen original pour se nourrir : les jardins urbains.

Privés du pétrole bon marché fourni par l’Union soviétique et de ses produits dérivés comme les engrais et les pesticides, les Cubains ont été forcés de délaisser le modèle agro-industriel pour se tourner par nécessité vers des pratiques plus durables et mieux adaptées aux besoins de la population avec les jardins urbains.

Puisque 80 % des Cubains sont urbains, ce sont d’abord les villes qui ont dû trouver rapidement un moyen de produire la nourriture nécessaire. Afin de favoriser le développement de jardins productifs, l’État a permis, sans frais, l’utilisation de terrains vacants pour cultiver des fruits et des légumes.

Le résultat : la Havane et toutes les autres villes de l’île ont maintenant des jardins qui sont bien insérés dans le tissu urbain. On y cultive par exemple des tomates, des carottes et des laitues, une variété de fruits tropicaux ainsi que des plantes aromatiques, médicinales et ornementales. « Nos produits sont d’une grande qualité, explique Orelvis Bernal, responsable de jardins à Sancti Spiritus. Nous n’utilisons aucun produit chimique. Nous faisons notre propre compost. »

Les fruits et légumes sont donc d’une fraîcheur incomparable parce qu’ils sont soit vendus sur place ou dans des commerces à proximité. Pour le consommateur, les produits récoltés à maturité sont meilleurs. Ils n’ont pas été entreposés, réfrigérés ou transportés sur de longues distances. Ceci facilite aussi la vie des agriculteurs. Ils ne se préoccupent ni du stockage ni du transport, qui nécessitent des infrastructures (entrepôts, routes) souvent déficientes ou qui engendrent des coûts en carburant impossibles à payer.

Dans un pays où le rationnement existe toujours, et où les œufs et le fromage sont souvent absents des tablettes, ces jardins urbains permettent de diversifier l’alimentation des Cubains.

Les bienfaits de l’encadrement de l’État

Selon Ismaël Hautecoeur, le responsable du programme d’agriculture urbaine Des jardins sur les toits chez Alternatives, le modèle cubain fonctionne parce qu’il a été encouragé par l’État : « Les jardins sont entretenus par des professionnels. Ce ne sont pas des jardiniers du dimanche. De concert avec des agronomes et des chercheurs, ils redécouvrent des semences ancestrales pour avoir des plantes qui poussent sans pesticides ou engrais chimiques, parce que les semences industrielles ne fonctionnent pas sans cela. Leurs expérimentations leur ont permis d’atteindre une très bonne productivité. »

L’État a aussi offert l’encadrement institutionnel et technique pour encourager les citadins à produire dans des jardins communautaires. Les citoyens peuvent se procurer des semences dans de petits commerces étatiques qui fournissent aussi des conseils. Des spécialistes se déplacent pour offrir des formations à ceux qui veulent faire pousser des fruits et des légumes.

En plus de fournir de l’emploi aux agriculteurs urbains qui obtiennent un salaire décent, ces jardins contribuent à améliorer paysage et qualité de vie en ville : les terrains vagues sont remplacés par la verdure.

Ce modèle pourrait donc être exporté, selon Ismaël Hautecoeur. « L’idée, c’est d’intégrer ces jardins dans l’urbanisme des villes. Faut pas que ce soit une mesure temporaire. Le danger, c’est que tout ça soit abandonné si la situation économique s’améliore. »
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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 12:44


par Romain Migus

Pour préparer l’opinion publique internationale à une action militaire contre le Venezuela, la propagande US soutient que l’administration Chavez facilite les cartels de la drogue. Cette accusation est d’autant plus extravagante que le gouvernement révolutionnaire considère de son devoir d’éduquer et d’émanciper les toxicomanes et qu’il lutte durement contre les trafiquants. Tel n’est pas le cas des États-Unis, à l’abri desquels la production prospère en Colombie et en Afghanistan. Romain Migus revient sur quelques chiffres éloquents.


 

   
Saisie de drogues par les Forces armées bolivariennes.

La fin des accords qu’entretenait au Venezuela le Gouvernement bolivarien avec la Drug Enforcement Administration (DEA) a été la pierre angulaire d’une guerre médiatique et psychologique contre lui. Nombreuses sont les déclarations du gouvernement des États-Unis qui laissent croire que les mafias de la drogue règnent en paix sur le Venezuela. Ces calomnies —pourtant contredites par de nombreux rapports d’organismes internationaux— sont amplifiées par les grandes entreprises transnationales de communication. Le consommateur de ce type d’information a alors tendance à dénigrer le gouvernement bolivarien. Or c’est bien là l’effet recherché : faire passer la Révolution socialiste vénézuélienne pour un complice du trafic de drogue international au yeux de l’opinion publique mondiale, et ce, à fin de justifier n’importe quelle action belliqueuse mené au nom de la légitime guerre contre ce problème de santé public. Le récent accord que les États-Unis viennent de conclure pour pouvoir utiliser sept bases colombiennes afin de lutter contre le trafic de drogue et le terrorisme concrétisent ces menaces guerrières. Mais plutôt que de tirer à boulet rouge sur le gouvernement bolivarien, il convient de se demander d’où vient notre information, et que vaut la crédibilité des sources principales de cette campagne continue de mensonges médiatiques, à savoir le gouvernement des États-Unis et les multinationales qui voient dans la Révolution bolivarienne un obstacle à leurs intérêts. Nous revenons ci-dessous sur les cinq principaux mythes qui font du Venezuela un allié du narcotrafic [1].

1er mythe : le Venezuela ne collabore pas à la lutte internationale contre le trafic de drogue

Le 8 août 2005, le gouvernement vénézuélien mettait fin à la collaboration qu’entretenaient, au Venezuela, ses services de lutte contre la drogue avec leurs homologues états-uniens de la Drug Enforcement Administration (DEA). La raison invoquée : les agents nord-américains passaient le plus clair de leur temps à des activités d’espionnage au lieu de la dite coopération. La DEA possédait notamment des bureaux au sein même du Bureau national antidrogue vénézuélien (ONA, en espagnol, Oficina Nacional Antidrogas [2]), auxquels le propre directeur de l’ONA n’avait même pas accès.

Or le renvoie des agents de la DEA installés à Caracas n’isole pas le Venezuela dans la lutte anti-drogue puisque d’une part, ce pays maintient 50 accords internationaux dans ce domaine avec 37 pays, la plupart européens, et d’autre part, le Venezuela continue d’établir un lien permanent avec les autorités états-uniennes pour combattre ce fléau comme en témoigne l’extradition de trafiquants de drogue vers les États-Unis.

De même, afin d’honorer les accords de collaboration que les autorités vénézuéliennes maintiennent avec de nombreux pays, plusieurs trafiquants internationaux, quand ils ne sont pas jugés au Venezuela, sont remis aux mains de la Justice des pays qui en font la demande comme ce fut le cas en 2008 lors d’extraditions vers la Colombie, l’Italie, les États-Unis, la Belgique et la France.

En plus des accords bilatéraux, le Venezuela collabore pleinement avec la Commission interaméricaine pour le Contrôle de l’abus de drogues, instance rattachée à l’Organisation des États américains (dans laquelle siège les États-Unis), avec la Commission des stupéfiants de l’Organisation des Nations Unis (ONU) ainsi qu’avec INTERPOL.

Durant l’année 2008, les ambassadeurs d’Espagne, d’Allemagne et de France au Venezuela ont réalisé conjointement avec la ONA plusieurs séminaires et réunions de travail durant lesquels fut réaffirmé l’engagement commun dans la lutte contre la drogue.

En septembre 2009, le Venezuela accueillera la réunion annuelle, pour Amérique Latine et les Caraïbes, des directeurs des agences nationales chargées de combattre le trafic de drogue (HONLEA par ses sigles en anglais ; Head of National Drug Law Enforcement Agencies). Ces réunions placées sous lles auspices de l’ONU ont pour but de renforcer la coopération entre les pays et coordonner la répression du trafic de drogue à l’échelle régionale. Les pays européens, asiatiques et africains participent à cette réunion en qualité d’observateurs.

Dire que le Venezuela ne collabore pas à la lutte internationale contre le trafic de drogue est une contrevérité qui ne résiste pas un seul instant à l’examen objectif du travail du Venezuela en la matière, et des accords que le pays bolivarien honore avec de nombreux pays et organismes internationaux.

2ème mythe : le président Chavez est un facilitateur du trafic de drogue international

Le 20 janvier 2008, lors d’une visite en Colombie, l’ancien directeur du Bureau de la politique de Contrôle des drogues de la Maison-Blanche, John Walters, a déclaré « qu’Hugo Chavez est en train de devenir un important facilitateur du trafic de cocaïne vers l’Europe et d’autres régions de l’hémisphère », comprendre les États-Unis. Si aucune preuve ne viendra jamais étayer l’affirmation du fonctionnaire états-unien, son intention est facilement compréhensible. Il s’agit d’accuser Hugo Chavez de collusion avec le trafic de drogue international. Cette accusation fut la pierre angulaire médiatique qui avait légitimé l’intervention des États-Unis au Panama en 1989, et dans une moindre mesure l’invasion de l’Afghanistan en 2001 (en plus du terrorisme). Ce fut aussi la raison invoquée pour la mise en place du Plan Colombie et le renforcement de l’aide militaire au gouvernement colombien dans sa guerre contre la guérilla [3]. En bref, c’est une puissante arme dans la propagande de guerre préalable à toute intervention militaire.

Or, selon l’ONU, 50 % de la cocaïne présente sur le territoire états-unien entrent par la côte Pacifique et 38 % entrent en longeant le littoral des pays d’Amérique centrale. Autrement dit, 88 % de la cocaïne présente aux États-Unis ne transitent pas par le Venezuela.

Si Hugo Chavez et le Venezuela ne facilitent en rien le trafic de drogue international (en 2008, le nombre de détenus vénézuéliens en Europe pour trafic de drogue a même diminué passant de 121 à 30 condamnations), en revanche on ne peut dire la même chose pour les États-Unis.

Le rapport mondial sur les drogues de l’ONU pour 2008 rappelle quelques chiffres éclairants. Le plus grand producteur de cocaïne est la Colombie avec 61 % de la production mondiale, le plus grand producteur d’opium au monde est l’Afghanistan qui concentre 92.5 % de la production. Ces deux pays comptent sur une présence massive de l’armée des États-unis sur leur territoire, par le Plan Colombie pour l’un et l’opération « Liberté Immuable » pour l’autre. Malgré l’occupation militaire états-unienne, le rapport de l’ONU nous enseigne que les résultats en matière de lutte anti-drogue dans ces pays sont catastrophiques. En ce qui concerne la Colombie, la production de cocaïne n’a pratiquement pas baissé en 10 ans d’aide technique et militaire des États-Unis à travers le Plan Colombie. Dans le cas de l’Afghanistan, la production d’opium a, selon l’ONU, augmenté de 141 % depuis la présence de troupes militaires US et de la DEA dans ce pays. Qui est le « facilitateur » ?

3ème mythe : le Venezuela héberge et protège des trafiquants de drogue internationaux

Il ne fait pas bon être trafiquant de drogue au Venezuela depuis que le gouvernement a décidé de renvoyer les fonctionnaires de la DEA. Les chiffres parlent d’eux même. En 2004, avec l’aide des fonctionnaires états-unien, la justice vénézuélienne a condamné 1 179 trafiquants (dont 273 étrangers). Quatre années plus tard, et sans la présence de la DEA, le Venezuela mis sous les verrous 9 133 trafiquants (dont 419 étrangers). Sans les fonctionnaires de la DEA, les condamnations ont augmenté de 675 % pour l’année 2008 !

Si nous cumulons les résultats des quatre dernières années de coopération avec la DEA et que nous les comparons aux quatre premières années d’une politique vénézuélienne indépendante et souveraine de lutte contre le trafic de drogue, les résultats sont éloquent et encourageant pour l’État vénézuélien. Lors des quatre dernières années de présence de la DEA, 8 823 personnes ont été arrêtées. Lorsque le Venezuela assume seul sa politique antidrogue, 15 174 délinquants ont été traduits en justice. Soit une augmentation de 72 %. Pour la seule année 2007, 68 fonctionnaires de police accusés de collaborer avec le crime organisé ont eux aussi été mis en détention.

En cours de l’année 2008, 14 parrains de la drogue qui pensaient avoir trouvé refuge au Venezuela furent arrêtés et extradés, principalement vers la Colombie et les États-Unis. Parmi eux se trouvaient, entre autres, les Colombiens Marcos Orozco Wilches, Aldo Alvarez Duran, Farid Dominguez, et Gustavo Otero Borrero, recherchés pour trafic de drogue et blanchiment d’argent. Mais surtout, le Venezuela peut être fier de l’arrestation de Hermagoras Gonzalez Polanco alias « Le Gros », chef du cartel de La Guarija et principal dirigeant de l’organisation paramilitaire colombienne Autodefensas Unidas de Colombia (AUC) dans cette région. Quant au chef du cartel colombien de l’Atlantique-Nord, Libardo de Jesus Parra Gonzalez, il fut interpellé à Maracaibo. Ces criminels internationaux ont tous été extradés en Colombie ou remis à INTERPOL.

De même, l’Italien Giovanni Civile, arrêté en septembre 2008 et sollicité par la France pour trafic de stupéfiant est en attente d’extradition.

Malgré la fermeture des bureaux de la DEA à Caracas, les autorités vénézuéliennes continuent de collaborer avec la Justice des États-Unis. Les narco-trafiquants Daniel Ervin Davis et le mexicain Luis Ramon Guerra en savent quelque chose : ils ont été extradé vers le grand voisin du Nord.

Alors que, durant les années de collaboration avec la DEA, l’organisme états-unien se réservait l’exclusivité du traitement des sollicitudes d’extraditions sans en aviser leurs partenaires vénézuéliens, depuis la rupture des accords avec cette organisme, le Venezuela a expulsé ou extradé 23 barons internationaux du trafic de drogue.

En récupérant sa souveraineté dans la lutte contre le narco-trafic, le Venezuela est aujourd’hui plus un véritable enfer qu’un havre de paix pour les trafiquants internationaux.

Le gouvernement révolutionnaire considère que c’est par absence d’idéal que la jeunesse se tourne vers les drogues. C’est pourquoi l’ONA multiplie les activités culturelles et sportives pour offrir aux jeunes une perspective d’accomplissement personnel.

4ème mythe : la consommation de drogues a explosé au Venezuela depuis le renvoie des agents de la DEA

Une des orientations de la ONA est de considérer que « les saisies de drogue doivent se mesurer en gramme, et non en tonne ». En effet, si les saisies record de drogue effectuées par l’agence vénézuélienne sont des coups très durs portés au narco-trafic, il n’en demeure pas moins qu’une attention première doit être porté sur le consommateur, et pas seulement en terme de répression sinon en insistant sur la prévention.

Dans ce domaine, la ONA a tissé des partenariats avec toutes les organisations et les secteurs de la vie sociale vénézuélienne afin de sensibiliser la population aux effets dévastateurs de la consommation de drogue. Pour systématiser ses différentes politiques de prévention, la ONA a lancé, en 2008, le plan « Semons des valeurs pour la vie » dont le but est de former des citoyens vénézuéliens pour qu’ils combattent la racine du fléau de la drogue.

Ainsi, des ateliers de formation ont été réalisés au sein des écoles de la République pour perfectionner le message pédagogique que les enseignants délivrent à leurs élèves. Dans les universités, des bureaux internes anti-drogues ont été crées pour développer des projets de prévention au plus proche de la communauté universitaire.

Dans le monde du travail, l’ONA collabore avec toutes les entreprises publiques et privées de plus de 50 employés afin de réduire l’absorption de drogues et d’alcool sur les lieux de travail. De juillet à novembre 2008, une formation à la prévention a été dispensée à des représentants du patronat vénézuélien pour qu’ils la répercutent au sein de leurs entreprises.

De nombreux événements sportifs, comme des tournois de basket-ball, de football, de boxe ou d’échec, ont été organisé par l’ONA dans les communautés populaires des grandes villes du pays pour encourager les jeunes à s’investir dans une activité sportive régulière et se détourner ainsi des drogues. Ces rencontres sportives furent aussi le scénario idéal pour propager le message de l’ONA en matière de prévention.

De plus, l’agence vénézuélienne s’est particulièrement investie dans le travail auprès des populations les plus exposées au problème des drogues pour des raisons socio-culturelles : enfants et adolescents des rues, population carcérale, Peuples Premiers, personnes soufrant de handicap moteur ou physique, ou encore communautés vivant à la frontière avec la Colombie, premier producteur de cocaïne au monde.

Comme agence gouvernementale, l’ONA a su s’adapter aux changements structurels de l’appareil étatique vénézuélien en donnant priorité à la collaboration avec les Conseils communaux. En vertu des articles 8 et 9 de la Loi sur les Conseils communaux, l’ONA participe à l’élaboration de Comités de prévention communaux afin de déléguer aux organisations de base la réalisation du travail local d’information sur les dangers des drogues. De plus, pour renforcer son réseau social, l’ONA a désigné avec l’aide des communautés institutionnelles, des responsables anti-drogues à tous les niveaux de l’État vénézuélien (régional, municipal et parroquial) incorporant ainsi 11 296 citoyens au travail préventif de lutte contre les drogues.

Ce travail quotidien de prévention s’est traduit par de bons résultats. Selon les chiffres de l’ONU, le Venezuela a une consommation de drogues par habitant nettement inférieure à celle des pays européens et sans aucune comparaison possible avec le second pays consommateur au monde : les États-Unis [4]. À titre d’exemple, la ville de New York a une consommation de cocaïne par habitant prés de 12 fois supérieure à celle de la ville de Paris, et l’emporte de très loin sur n’importe quelle grande ville vénézuélienne.

5ème mythe : les résultats obtenus par le Venezuela dans la lutte contre les drogues sont déplorables

S’il y a bien des personnes qui ne croient plus à ce mensonge médiatique, ce sont bien les trafiquants eux même. Les résultats du gouvernement bolivarien en matière de lutte contre le narcotrafic n’a eu de cesse de croître depuis le renvoi des fonctionnaires de la DEA.

Alors que le gouvernement vénézuélien avait saisi 43 tonnes de drogues en 2004, grâce à la collaboration de la DEA, ce chiffre allait augmenter à 77.5 tonnes en 2005 lorsque les fonctionnaires états-uniens étaient expulsés. Les bons résultats de cette politique souveraine en matière de lutte contre le narco-trafic se trouvent confirmés dés lors que l’on analyse les saisies des quatre premières années sans la collaboration de la DEA (250 298,19 kilos de drogues saisis) avec les quatre dernières qui ont précédé (153 884,65 kilos de drogues saisis). On constatera une augmentation de prés de 63 % des tonnes de drogues saisies sur le territoire vénézuélien lorsque la DEA ne pratique pas d’ingérence dans les affaires du pays.

Mais les bons résultats du Venezuela ne s’arrêtent pas là. Lors de l’Opération Boquete, qui a eu lieu au cours de l’année 2008, 223 pistes d’atterrissage clandestines utilisées par les trafiquants de drogues ont été détruites. Cette Opération a été menée conjointement par 600 fonctionnaires provenant de l’ONA, des Forces armées nationales bolivariennes et de la Garde nationale bolivarienne, appuyés en cela par des hélicoptères MI-17, par des avions de chasse F-16 ainsi que par dix nouveaux radars chinois récemment acquis pour lutter contre le narco-trafic.

De même, la destruction de laboratoires clandestins, généralement installés le long de la frontière avec la Colombie, est une priorité du gouvernement vénézuélien. Pour la seule année 2007, le Venezuela a démantelé 12 laboratoires clandestins qui produisaient jusqu’à une tonne de cocaïne par mois.

En règle générale, les bons résultats du Venezuela en matière de lutte contre le trafic des drogues sont fréquemment salués autant par des organismes internationaux comme l’ONU ou l’Organisation des États américains (OEA) à travers son mécanisme d’évaluation multilatéral, que par les nombreux pays qui maintiennent des accords bilatéraux avec le Venezuela dans ce domaine.

  Romain Migus
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[1] Les chiffres que nous utilisons sont extraits du Rapport mondial sur les drogues réalisés par l’ONU en 2007, et 2008 ainsi que sur les résultats du Bureau national antidrogue vénézuélien.

[2] Site officiel de l’ONA.

[3] « Le Plan Colombie : Cocaïne, pétrole et mercenaires », par Paul Labarique, Réseau Voltaire, 25 février 2004. « L’extension régionale du Plan Colombie », par Diego Mince Jara (Altercom/Red Voltaire), 25 février 2005. « El Plan Colombia utiliza armas biológicas », par Amparo Sigcha et « Plan Colombia : un peligro latente », par Edison Solís Vargas (Opcion/Red Voltaire), 1er septembre 2005, 29 mai 2009. « El Plan Colombia, una política de (in)seguridad », par Henry Salgado Ruiz (Actualidad colombiana/Red Voltaire), 15 avril 2004. « En las fronteras del Plan Colombia », par Hernando Calvo Ospina (Question/Red Voltaire), 28 février 2005.

[4] Le premier pays consommateur au monde est l’Arabie saoudite.

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 12:34

Youssef Girard - Comité Action Palestine



Ce texte de Youssef Girard constitue une excellente analyse de la Résistance palestinienne. Il montre que le puissant ressort de cette résistance tient à son lien organique avec le peuple...

...D’après l’auteur, « la résistance populaire est la principale expression du refus des peuples arabes de capituler devant l’hégémonie occidentale et la colonisation sioniste ». Ce sont les mêmes mécanismes qui ont animé les résistances victorieuses en Algérie ou au Vietnam. «  Du fait de la supériorité technique des puissances hégémoniques, les guerres conventionnelles ne font qu’entériner la domination technico-militaire des nations impérialistes et de leurs alliées. En revanche, les résistances populaires ont toujours réussi à faire reculer les puissances impérialistes », précise l’auteur.

Dans les sociétés arabo-musulmanes ces résistances ne deviennent populaires que lorsqu’elles puisent leur force et leur légitimité dans le référent islamique. Cette lecture s’applique parfaitement aux évolutions de la Résistance Palestinienne de ses origines à nos jours.

CAP


La guerre d’octobre 1973 marque un basculement fondamental dans la résistance à la colonisation sioniste. Pour la première fois des armées arabes parvinrent à tenir tête à l’ennemi sioniste qui fut contraint de reculer. Après la perte du quart de son potentiel militaire, les sionistes, inquiets de voir leurs réserves s’épuiser, furent obligés de faire appel aux Etats-Unis pour organiser d’urgence leur ravitaillement en arme. Le pont aérien organisé entre Washington et Tel-Aviv permit aux sionistes de préserver les positions conquises durant la guerre de juin 1967.

Toutefois, si la guerre d’octobre 1973 vit un rééquilibrage des forces en faveur des armés arabes, elle fut aussi la dernière guerre conventionnelle entre une armée arabe et l’Entité sioniste. Après la guerre, Anouar as-Sadate déclara ouvertement : « cette guerre est la dernière. » (1) Cette déclaration heurta les résistants arabes mais elle exprimait clairement les projets des dirigeants de la région plus soucieux de mettre en œuvre l’intifah - l’« ouverture » au capitalisme et à l’impérialisme occidental liquidant les acquis sociaux de la période nassérienne - que de résistance à l’hégémonie occidentale et la colonisation sioniste. A partir de là, tel les hypocrites suivant David, ils affirmèrent : « nous ne nous sentons pas aujourd’hui de force à résister à Goliath et à ses hommes . » (2)

Face à la forfaiture de leurs dirigeants, les peuples arabes répondirent comme ceux qui étaient convaincus de rencontrer leur Créateur parmi les hommes de David : « Combien de fois une troupe peu nombreuse a, par la grâce d’Allah, vaincu une troupe très nombreuse. » (3) Ainsi, alors que les gouvernements et les armées arabes abdiquaient devant la puissance de feu sioniste, la résistance populaire devint le principal acteur de la lutte de libération du Machrek, notamment en Palestine et au Liban. La résistance populaire devint la principale expression du refus des peuples arabes de capituler devant l’hégémonie occidentale et la colonisation sioniste.

Avant le renoncement des officiels égyptiens, la résistance populaire commença à s’organiser à partir des camps de réfugiés palestiniens de Jordanie ou du Liban. En 1959, le Fatah qui se proposait d’organiser la résistance du peuple palestinien, fut créé par des dissidents de l’organisation des Frères Musulmans, tels que Yasser Arafat, Khalil al-Wazir [Abou Jihad] et Salah Khalaf [Abou Iyad], et un proche du parti Ba’ath, Farouk Kaddoumi [Abou Loutof]. Fraîchement indépendante, l’Algérie, alors dirigée par Ahmed Ben Bella, fut le premier Etat arabe à accorder son soutien politique et militaire à l’organisation palestinienne qui souhaitait mener des actions armées. Dans cette perspective le Fatah créa une branche militaire, al-Asifa [la tempête], qui mena ses premières opérations commandos contre l’Entité sioniste à partir de la fin de l’année 1964. Dans le même temps, certains membres du Mouvement Nationaliste Arabe [MNA], tel que Georges Habache, envisageaient de plus en plus le développement de la lutte armée comme principal mode de résistance à la colonisation sioniste.

Au-delà de la lutte armée, ces organisations réussirent à donner aux Palestiniens dispersés dans les camps du Liban, de Jordanie et de Syrie et dans divers pays une structuration constituant la ‘assabiyya - l’esprit de corps - de leurs nations éclatées par la colonisation. A partir du 1968, cette ‘assabiyya se structura au sein de l’OLP qui représentait l’identité et les aspirations nationales du peuple palestinien.

La débâcle de juin 1967, donna une nouvelle impulsion à la résistance populaire qui se développa dans les territoires nouvellement occupés et dans les camps de réfugiés de Jordanie et du Liban. Les organisations palestiniennes voulaient développer la guerre populaire sur le modèle de la résistance algérienne ou vietnamienne. Faire de Amman un nouvel Hanoi devint l’un des objectifs du Front Populaire de Libération de la Palestine, créé au lendemain de la défaite par Georges Habache et des dissidents du MNA. La bataille de Karamé marqua l’affirmation politico-militaire de cette résistance populaire. Le 21 mars 1968, l’armée sioniste attaqua le camp de Karamé en Jordanie mais elle fut repoussée par la résistance palestinienne qui remportait sa première bataille. Ce succès contribua à renforcer la popularité de la résistance palestinienne dans le monde arabe où le feddayin devint l’incarnation vivante de la moumana’a - résistance - arabe.

Contre cette montée puissance de la moumana’a arabe, le roi Hussein de Jordanie se plia aux injonctions de l’Occident impérialiste et des sionistes en éradiquant la résistance palestinienne en septembre 1970. Les impérialistes et la réaction arabe refusaient que le Jordanie serve de base arrière à la résistance palestinienne. La terrible répression de Septembre noir fut un coup extrêmement dur pour les organisations palestiniennes qui furent contraintes de se replier au Liban où la résistance avait installé des bases militaires dans le sud du pays après l’attaque de l’aéroport de Beyrouth par les sionistes le 28 décembre 1968. A partir de ces bases, la résistance palestinienne commença à lancer des attaques contre l’Entité sioniste. Cette résistance restera active jusqu’à l’invasion du Liban par les troupes sionistes en juin 1982. Suite à cette invasion, la résistance palestinienne fut contrainte de quitter le Beyrouth. Installé à Tripoli dans le nord du Liban, Yasser Arafat et 4 000 de ses partisans furent une nouvelle fois contraints de quitter cette ville, le 21 décembre 1983, sous la pression des troupes syriennes et de certaines organisations palestiniennes hostiles à sa politique. S’installant à Tunis, la direction de l’OLP fit de cette ville, éloignée des théâtres d’opérations, son nouveau quartier général.

Ce départ marqua une évolution dans la moumana’a arabe. Premièrement, malgré l’opposition d’une grande partie de ses dirigeants palestiniens, la direction de l’OLP qui n’était plus directement en contact avec le peuple palestinien, s’engagea dans une politique de « compromis » avec l’ennemi. Deuxièmement, après le départ de la direction de l’OLP du Liban, la moumana’a arabe vit l’émergence d’organisations ayant l’islam comme référence centrale. Le Hezbollah fut créé en 1982 et pris rapidement la tête de la résistance à l’occupation sioniste au Liban alors qu’en Palestine une nouvelle organisation de résistance émergeait en 1981, le Jihad Islamique fondé par Fathi Chakaki, un nationaliste arabe passé à l’islam politique révolutionnaire. Mais cette évolution de la moumana’a arabe était portée en germe par les modalités d’actions propres à la guerre populaire.

Selon Ho Chi Minh, dans la guerre populaire « les troupes régulières, régionales ou de guérilla doivent rester étroitement unies à la population ; si elles s’en détachent, elles connaîtront la défaite. » (4) Cette nécessité d’être dans la population « comme un poisson dans l’eau » obligeait les militants à se mettre à l’écoute du peuple afin d’entreprendre un travail politico-militaire à partir de sa culture spécifique et de ses besoins réels. Les militants étaient appelés à se fondre dans les masses et non à se placer au dessus d’elles en « guide » omniscient. Toute rupture avec la culture des masses populaires arabes au sein desquelles la résistance déployait son action risquait de compromettre sa lutte.

Cette conception de la résistance populaire amena nombre d’acteurs à repenser les rapports de moumana’a arabe à la culture et à la civilisation arabo-islamique avant l’émergence d’organisations ayant l’islam comme référence centrale. En 1973, Monah as-Solh écrivait : « quand les masses arabes parlent de leur islamité et ce, quand elles parlent d’une situation politique ou civilisationnelle, elles veulent le plus souvent souligner qu’elle refusent la vassalité à l’égard de l’Occident, entendant souligner ainsi qu’elles se sentent faire partie d’un tout historique et géographique, détenteur d’un héritage, de valeurs, de racines. [...] Parfois même, en proclamant leur islamité, les masses populaires entendent signaler leur attachement positif à cette dimension, signifiant aux intellectuels, aux occidentalisés, aux pseudo avant-gardes : "J’appartiens à un monde et vous appartenez à un autre monde ; et nous sommes différents de vous." » Il ajoutait : « L’attitude de l’intellectuel progressiste arabe consiste toujours à redouter de reconnaître cette unité profonde qui unit ces deux contenus [islamité et arabisme], en apparence vu son attachement à la pureté révolutionnaire et à l’entière rectitude idéelle, mais, en réalité, étant donné qu’il redoute, s’il venait à cet aveu, de donner au mouvement de libération arabe la densité et l’efficacité qui ferait de lui [une force], allant bien au-delà de l’engagement, du sacrifice, de l’esprit combatif qu’il est prêts à prodiguer. [...] lui-même, en réalité, n’est pas encore devenu arabe au degré d’arabité vécue par les masses et que son arabité n’est pas haussé au niveau de l’islamité des masses. »

Monah as-Solh concluait ses propos en posant la question : « islamité des masses populaires constitue-t-elle un fardeau pour le mouvement nationalitaire arabe, ou bien plutôt une dimension supplémentaire de ce mouvement ? Telle est la question qui est ici posée aux gauchistes de l’aliénation idéelle comme à la droite [que cimente] l’intérêt -unis les uns et les autres dans leur acharnement à placer l’Islam hors la révolution. » (5)

Cette réflexion sur l’identité culturelle et civilisationnelle des masses arabes et la volonté de se fondre en elles, fut la base des réflexions des militants des Brigades étudiantes du Fatah ou de la Résistance Populaire dirigée par Khalil Akkaoui dans le quartier populaire de Bab at-Tabbané à Tripoli. Ces militants commencèrent à étudier l’héritage islamique afin d’être en phase avec les milieux populaires au sein desquels ils développaient leurs activités. Dirigeant des Brigades étudiantes du Fatah, Mounir Chafiq expliquait : «  la ligne de masse, ça m’a aidé à redécouvrir une culture et un fond civilisationnel historique, l’islam. Et je crois que la ligne de masse, d’écouter les masses, de ne pas les mépriser dans leurs sentiments et leurs vécus, c’était très important.  » (6)

Partis du marxisme, dans sa version tiers-mondiste, ces militants révisèrent leur conception idéologique du fait de leur pratique militante. Deux responsables des Brigades étudiante du Fatah, Mohammed Bassem Sultan et Mohammed Bohaïss affirmaient : « Marx, en ignorant la réalité de la pluralité des modes de civilisation et en considérant que la voie universelle du progrès était celle de l’Europe, a conclu, s’agissant de l’Inde par exemple, que la Grande-Bretagne y avait une double mission historique : détruire les vieilles structures traditionnelles et y implanter la civilisation européenne. L’hypothèse selon laquelle la destruction des structures civilisationnelles et du système social traditionnel des peuples non européens et la greffe de la civilisation européenne signifiait le progrès et la naissance du capitalisme n’a pas été confirmée par les évènements ultérieurs. Au contraire, les conséquences réelles de ce processus ont conduit à la construction de systèmes occidentalisés dépendant des métropoles capitalistes et impérialistes. La destruction des systèmes sociaux traditionnels était la condition pour saper les fondements de l’indépendance des peuples non européens et leur imposer un état de dépendance permanente qui allait se perpétuer après même les indépendances politiques... Dans l’une des phases de notre réflexion, nous avons affirmé que les processus révolutionnaires sont toujours singuliers, qu’ils sont liés aux spécificités des sociétés qui les engendrent. Indépendamment de nos convictions et de nos vœux, la question qui se posait était : Quel type de révolution sera engendré par la nation arabe ?... En étudiant les spécificités de nos pays, nous avons constaté que le seul système porté en germe par nos sociétés était l’islam. » (7)

Ces discussions sur les fondements idéologiques de leur action amena les militants à repenser le rôle de « l’avant-garde » au sein de la moumana’a arabe. Mounir Chafiq expliquait : « Je crois que le mouvement islamique au Liban et en Palestine a essayé d’aboutir à un autre concept d’avant-garde. Une avant-garde qui ne soit justement qu’une accoucheuse. Lorsque la sage-femme aide l’enfant à venir au monde, elle ne fait justement que l’aider en un sens. Ce n’est pas l’accoucheuse qui va changer les traits physiques de l’enfant, son poids, son code génétique : elle peut favoriser des éléments, ou les défavoriser, c’est vrai. Mais il y a une donnée qui est déjà là. Pour l’avant-garde révolutionnaire, c’est la même chose : tu peux favoriser un processus révolutionnaire, mais il y a des données qui sont là, historiques. Tu ne peux intervenir dans une société sans prendre en compte son histoire politique, sociale, culturelle, tous ces éléments enchevêtrés. [...] Cela signifie, pour moi, avec Marx : les conditions d’une révolution viennent de l’intérieur d’une société, de son intérieur profond. Et dans cet intérieur profond, ici, que tu le veuilles ou non, que ça plaise ou non, il y a l’islam, qui a été un courant civilisationnel historique, profond. » (8)

Ces réflexions posées dans les années 1970 prirent une nouvelle ampleur dans les années 1980 avec l’émergence d’organisations de résistance ayant l’islam comme référence centrale et le développement de la lutte des Palestiniens de l’intérieur en dehors du cadre de l’OLP repliée à Tunis. Cette émergence politique des Palestiniens de l’intérieur qui se manifesta publiquement au cours de manifestations durement réprimées par les autorités sionistes en 1982, prit une ampleur nouvelle avec le déclanchement de la Première Intifadah en décembre 1987. Les émeutes populaires puis les grèves de commerçants firent de la résistance des Palestiniens de l’intérieur le point focal de la moumana’a arabe contre l’Entité sioniste. Une nouvelle étape de la résistance contre colonisation commençait au cours de laquelle le caractère national et islamique de la résistance pris une nouvelle dimension. Au niveau politique, différents mouvements politiques, dont le Fatah, le FPLP ou le Jihad Islamique, constituèrent une Direction patriotique unifiée pour soutenir et organiser l’intifadah.

Parallèlement à la Direction patriotique unifiée, l’organisation des Frères Musulmans en Palestine qui ne participait pas à la résistance populaire concentrant son travail sur la prédication religieuse et l’action sociale, entra dans la lutte en créant le Hamas dirigé par le cheikh Ahmed Yassine. La création du Hamas correspondait à l’intensification de la résistance des Palestiniens de l’intérieur et à la montée en puissance d’une nouvelle génération de militants au sein de l’organisation des Frères Musulmans en Palestine, tel que Abdelaziz ar-Rantissi, résolus à engager la résistance armée à la colonisation sioniste. Rapidement le Hamas mit sur pied sa branche paramilitaire, les Brigades Izz ed-Din al-Qassam, chargée d’organiser la lutte armée.

Refusant d’abdiquer, contestant la conférence de Madrid de 1991 et les accords d’Oslo de 1993, le Jihad Islamique et le Hamas jouèrent un rôle central dans la résistance populaire à la colonisation sioniste dans les années 1990-2000. Au Liban, le Hezbollah remporta des victoires décisives contre l’Entité sioniste en 2000 et surtout 2006. Ce qu’aucune armée arabe conventionnelle n’avait réussi à faire, la résistance populaire du Hezbollah y parvint : faire reculer durablement l’ennemi sioniste. Durant l’attaque de Gaza en janvier 2009, le Hamas et l’ensemble des organisations de résistance empêchèrent, par leur lutte héroïque, l’avancée des troupes sionistes. Comme l’écrivait Ibn Khaldoun en évoquant les mouvements fondés sur la religion, « quand les croyants voient clair dans leurs affaires, rien ne peut les arrêter, parce qu’ils sont unis dans leurs perspectives. » (9)

L’expérience historique a prouvé que les guerres conventionnelles ne sont pas le moyen le plus efficace pour mener à bien les luttes de libération nationale. Du fait de la supériorité technique des puissances hégémoniques, les guerres conventionnelles ne font qu’entériner la domination technico-militaire des nations impérialistes et de leurs alliées. En revanche, les résistances populaires ont réussi à faire reculer les puissances impérialistes comme la France en Algérie, les Etats-Unis au Vietnam et maintenant l’Entité sioniste au Machrek. La victoire de la résistance libanaise dirigée par le Hezbollah et la lutte héroïque de la résistance palestinienne à Gaza marquent le couronnement de la résistance populaire comme modalité principale de lutte contre la colonisation sioniste et la réussite d’organisations de résistance en symbiose avec l’identité civilisationnelle des peuples arabes et palestiniens.




Notes de lecture :

[1 ] El-Bechry Tarek, Les arabes face à l’agression, Paris, al-Bouraq - GEBO, 2009, page 63
[2 ] Coran 2 : 249
[3 ] Ibid.
[4 ] Ho Chi Minh, Sur la guerre de guérilla, 1952
[5 ] Monah Al-Çolh, Islamité et arabisme, in. Abdel-Malek Anouar, La pensée politique arabe contemporaine, Paris, Ed. Seuil, 1970, page 226-230
[6 ] Interview, in. Dot-Pouillard Nicolas, De Pékin à Téhéran en regardant vers Jérusalem : la singulière conversion à l’islamisme des « Maos du Fatah », Cahiers de l’Institut Religioscope , n°2, Décembre 2008
[7 ] Mohammed Bassem Sultan et Mohammed Bohaïss, Question autour de l’islam et du marxisme derrière les barreaux, Cité par Walid Charara et Frédéric Dumont, Le Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste, Paris, Fayard, 2004, page 93-95
[8 ] Interview, art. cit.
[9 ] Ibn Khaldoun, Discours sur l’Histoire universelle, al-Muqaddima, Paris, Sindbab, 1997, page 242.

18 septembre 2009 - Comité Action Palestine

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 12:28

(AFP)

PARIS — Le Parti communiste a condamné mardi le démantèlement du campement des migrants sans papiers de Calais, se disant "indigné par l'opération médiatico-policière menée par le ministre de l'Immigration" Eric Besson.

"Le PCF est scandalisé, indigné par l'opération médiatico-policière menée par le ministre de l'Immigration contre les migrants de la région de Calais. Comment peut-on traiter ainsi des hommes, des femmes, des enfants qui n'ont d'autre tort que d'avoir fui des guerres, la misère, et de tenter un avenir meilleur?", déclare le parti de Marie-George Buffet dans un communiqué.

"Pour justifier son acte", M. Besson "prétend qu'il y aurait une remontée très forte de la délinquance dans le Calaisis", "il agite le chiffon rouge de l'immigration en opérant un amalgame insupportable entre délinquance et étranger", dénonce-t-il.

Le PCF "demande la régularisation pour ces personnes qui ont largement démontré leur détermination à ne pas revenir en arrière pour, à nouveau, fuir la peur, le danger et la misère". "Il faut, selon lui, que soient rétablis les principes d'accueil et du droit d'asile, en France et en Europe".
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 19:03

Pul-e-Khumri (nord de l'Afghanistan) Envoyé spécial

Une vidéo circule à Pul-e-Khumri, suscitant un accablement assez général. On y voit une quarantaine de policiers afghans, impuissants, désemparés, se laisser désarmer par une demi-douzaine de talibans. La scène s'est déroulée le 17 août, trois jours avant le scrutin présidentiel, à Dand-e-Ghori, un fief insurgé à la sortie de Pul-e-Khumri, le chef-lieu de Baghlan, une des provinces du nord de l'Afghanistan. Dans cette zone, les rebelles ont intensifié ces derniers mois leur infiltration. L'image est légèrement floue, mais la scène est fort explicite. Les talibans lourdement armés hurlent des ordres à des policiers tétanisés. Ces derniers, encerclés, se rendent. Ils livrent tout, armes, munitions, gilet pare-balles, aux assaillants. Un taliban, cheveux ras et longue barbe, a l'air d'être le chef. On repère aussi un adolescent. Imberbe, à peine 15 ans, calot vissé sur la tête, il se réjouit de l'exploit. Les policiers sont sommés de grimper sur leur pick-up et autorisés à regagner leur caserne, dépouillés, humiliés, porteurs à leur hiérarchie d'un message clair : à cinq kilomètres à peine du chef-lieu d'une grande province afghane, les talibans règnent en maîtres.

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Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts Barack Obama a des doutes sur le scrutin afghan

Le président américain Barack Obama a exprimé, dimanche 20 septembre, pour la première fois en public, ses doutes sur la présidentielle afghane. L'élection "ne s'est pas déroulée aussi bien que je l'aurais espéré et le déroulement du scrutin dans certaines régions pose de graves questions (...). Des fraudes ont été signalées, cela ne fait pas de doute et semble plutôt grave", a dit M. Obama sur la chaîne NBC.

De son côté, le commandant des forces internationales en Afghanistan, le général McChrystal, a prévenu que sans moyens militaires accrus, la coalition risque "un échec", selon un texte révélé lundi dans le Washington Post. "Echouer à reprendre l'initiative et à arrêter l'offensive insurgée à court terme (dans les douze mois) - en attendant que les capacités de sécurité afghanes mûrissent - risque de nous amener à une situation où il ne serait plus possible de vaincre", écrit-il.

A première vue, l'incident est à ranger dans la liste des faits d'armes qui enfièvrent le nord de l'Afghanistan depuis peu. Jusqu'à présent confinée dans le sud et l'est du pays, l'insurrection multiplie désormais les coups de main dans l'Afghanistan septentrional, non loin de la frontière avec le Tadjikistan. Les affrontements deviennent ordinaires. Le plus tragique fut le raid aérien de l'OTAN, le 4 septembre, sur deux camions-citernes saisis par les talibans à Aliabad, dans le sud de la province de Kunduz, voisine de Baghlan : plusieurs dizaines de personnes, dont de nombreux civils, périrent.

Le lendemain, deux journalistes du New York Times, Stephen Farrell et son assistant afghan, Sultan Munadi, étaient enlevés au même endroit alors qu'ils interrogeaient des villageois sur le drame. Leur libération par les forces spéciales britanniques, dans la nuit du 8 au 9 septembre, se solda par la mort de quatre personnes, dont M. Munadi. A Pul-e-Khumri, tous ces événements ont été suivis de très près, car les climats politiques de Kunduz et Baghlan sont étroitement imbriqués. "Dès que le district de Char-Dara, au sud de la province de Kunduz, a basculé dans la rébellion, la sécurité a commencé à se détériorer dans la province de Baghlan", dit M. Hashemi, le gouverneur adjoint de la province. "Il y a avec eux des Tchétchènes, des Ouzbeks et des combattants proches d'Al-Qaida", ajoute-t-il.

Un incident comme un autre ? Dans cette affaire de policiers désarmés aux portes de Pul-e-Khumri, il est toutefois des détails qui plongent nombre d'habitants dans la perplexité. Ces détails troublants nous ont été fournis par l'un de ces policiers dépouillés. Appelons-le Ahmed Ghulam - un nom d'emprunt. On le rencontre dans un logis de Pul-e-Khumri à l'heure de la rupture du jeûne du ramadan, en cet instant précis où l'appel du muezzin déclenche un assaut généralisé sur les plats d'aubergines ou d'épinards étalés sur un tapis rouge sang. Le récit d'Ahmed Ghulam prouve à quel point ces nouveaux groupes insurgés de la province de Baghlan bénéficient de complicités haut placées.

En ce 17 août, raconte-t-il, la brigade de policiers s'était mise en branle avec pour mission de distribuer dans les villages les urnes destinées au scrutin présidentiel. "Nous sommes tombés dans une embuscade, se souvient Ahmed Ghulam. Nous avons riposté. Le face-à-face, ponctué d'échanges de coups de feu, a duré six heures. Nous avons multiplié les appels à notre hiérarchie afin d'obtenir le soutien de renforts. Or ces renforts ne sont jamais arrivés. Nous avons été obligés de nous rendre." Ahmed Ghulam est écoeuré. A ses yeux, les policiers ont été délibérément "trahis" par leur chef. "C'est un complot, précise-t-il. Le but était de nous évincer de ces villages afin de laisser les talibans bourrer les urnes le 20 août." En faveur de qui ? "Karzaï", répond le policier.

L'incident souligne l'extrême complexité des microclimats locaux en Afghanistan, où les réseaux politiques se croisent ou s'interpénètrent avec pour effet de brouiller la frontière entre pouvoir et insurrection. La province de Baghlan est un cas d'école. Le gouverneur provincial, Akbar Barakzaï, est le frère d'un ancien commandant local (aujourd'hui décédé) du Hezb-e-Islami, un groupe fondamentaliste qui combat aux côtés des talibans. "Le gouverneur est proche du Hezb-e-Islami", précise un observateur local. En d'autres termes, le gouverneur est lié à un groupe rebelle.

Depuis les années 2006-2007, le président Hamid Karzaï a multiplié les nominations de ministres et gouverneurs affiliés au Hezb-e-Islami dans le cadre de sa politique dite de "réconciliation nationale". La manoeuvre pourrait se comprendre si elle avait pour effet de démobiliser les "militaires" du Hezb-e-Islami. Or, s'étonnent les habitants de Pul-e-Khumri, les promus dans l'appareil d'Etat ont conservé leurs liens avec des groupes armés à l'activisme croissant. "Cette montée de l'insécurité ne pourrait pas se produire sans la complicité de certaines institutions", assure Paikan Haidari, le président du conseil provincial de Baghlan.

Ainsi protégés, ces noyaux du Hezb-e-Islami, qui ont des contacts opérationnels avec les talibans, n'ont cessé ces dernières années de reconstituer leurs bases historiques dans les poches pachtounes à Baghlan ou Kunduz, provinces à majorité tadjike.

Les insurgés ont abondamment joué sur le syndrome minoritaire des Pachtounes du nord, victimes, au lendemain de la chute du régime taliban, fin 2001, de nombreuses discriminations ethniques de la part des Tadjiks ou des Ouzbeks. Ces "poches" pachtounes tracent aujourd'hui l'itinéraire par lequel les insurgés montent vers le nord à partir de leurs fiefs historiques du sud et du sud-ouest, le long d'un arc formé par les provinces de Farah, Herat, Badghis, Faryab, Sar-e-Pul, Samangan, Baghlan et Kunduz.

TALIBANISATION DU NORD

La pression militaire exercée par les forces de l'OTAN dans le sud explique pour partie cet exode vers le Nord. A cet "effet mécanique", selon la formule d'un observateur international à Kaboul, s'ajoute le projet plus stratégique de perturber les lignes d'approvisionnement de l'OTAN qui transitent de plus en plus par le Tadjikistan. Après l'offensive des talibans pakistanais qui avaient multiplié, fin 2008-début 2009, les attaques de convois destinés à l'OTAN dans la zone tribale de Khyber, le principal poste-frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan, l'Alliance atlantique avait décidé de redéployer ses circuits logistiques vers le nord afghan. Les insurgés n'ont pas tardé à s'ajuster à cette nouvelle géopolitique.

"C'est grave", s'indigne Nooreya Hamidi. Drapée de noir, la jeune femme, élue au conseil provincial de Baghlan, s'exprime avec ferveur et colère. Les informations qu'elle reçoit des zones proches des districts pachtounes en voie de talibanisation l'inquiètent au plus haut point. "Au sud de Dahana-e-Ghori, témoigne-t-elle, les écolières commencent à recevoir des menaces. On leur annonce qu'elles seront défigurées à l'acide si elles continuent à se rendre à l'école."

Derrière le fauteuil du salon où est installée Nooreya Hamidi, une fenêtre donne sur le ciel sans nuages de Pul-e-Khumri où flottent des cerfs-volants filés par des gamins insouciants. Pour combien de temps encore ?

Frédéric Bobin
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 18:34
A la suite d'un contact avec l'ARAC à la Fête de l'Humanité la semaine dernière, j'ai ramené un stock de revues utiles, Le Réveil (qui est le journal de leur association) bien sûr, mais aussi les cahiers de l'Institut de documentation et de recherche sur la Paix de juin 2009 dans lequel je trouve un bon article de Daniel Durand "Sécurité paneuropéenne : un mythe dépassé" à propos des débats sur l'avenir de l'OTAN, les ambiguités du concept de "sécurité paneuropéenne" telle que l'entendent les Russes, et les absurdités de la politique de M. Sarkozy (en revanche les lecteurs de cette brochure pourront s'abstenir de lire les pauvres analyses de Dérens et Samary sur les Balkans).

Je lis aussi le numéro 108 la revue "Défense et citoyen" (en ligne sur Internet, il exite aussi en version papier) de la Fédération des Officiers de Réseve  républicains et de la Fédération des Officiers Mariniers et Sous Officiers de Réserve Républicains (FORR-FOMSORR), des structures basées à Ivry et qui sont nées dans l'atmosphère anti-fasciste des années 1930. J'y trouve un très bon article de Jacques Sapir sur le livre du général Vincent Desportes "La guerre probable" qui nourrit une réflexion intéressante sur l'incapacité d'un Etat néo-libéral à consolider une conquête militaire (comme on l'a vu avec les Etats-Unis en Irak), sur la forte capacité d'apprentissage d'une armée citoyenne comme le Hezbollah et sur l'importance d'entourer les moyens militaires d'une stratégie politique de soutien aux populations (ce que les auteurs américains de la Révolution dans les affaires militaires, qui ne pensent qu'en termes de technologie, sont incapables de comprendre).

Parallèlement cette semaine, je reçois le bulletin trimestriel de l'association grenobloise "Initiatives Citoyenneté Défenses" (ICD) "L'arme et le paix" dont l'édito signé par Denis Anselmet (le responsable de l'association qui m'avait contacté à août) est consacré à l'alignement de la France sur les USA et à la privatisation de la torture, un sujet qu'ils avaient aussi examiné dans leur numéro de juillet 2005 téléchargeable ici.

Toutes ces revues baignent dans la dénonciation de l'alignement de la France sur la notion d' "Occident" et le projet de démantèlement de l'héritage du Conseil national de la Résistance.

Bien que je n'aie jamais été un passionné de stratégie ni de la chose militaire, je continue de penser que  ces revues qui touchent au coeur régalien du pouvoir français et veulent l'infléchir "à gauche", devraient être mieux diffiusées dans des cercles progressistes qui, de plus en plus coupés de l'armée, envisagent les relations internationales sous un angle anti-militariste assez abstrait (je pense aux cercles anticapitalistes, à diverses composantes du PC, aux associations d'immigrés). Le lien intellectuel entre ces diverses nébuleuses de la gauche n'est pas facile à faire. Mon Programme pour une gauche française décomplexée faisait un peu signe vers cela. On ne peut pas penser un monde pacifique sans réfléchir à l'usage que la France doit faire de son armée dans cette perspective.


http://delorca.over-blog.com/
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 18:23

 

Agence France-Presse

 

Le premier ministre indien, Manmohan Singh, a jugé mardi que l'Inde ne parvenait pas à juguler une insurrection croissante des maoïstes dans le pays, s'inquiétant d'une infiltration importante de militants basés au Pakistan.

Le premier ministre, qui s'adressait à de haut-responsables de la police, a estimé que les rebelles maoïstes représentaient la plus grande menace pour la sécurité du pays et qu'une nouvelle stratégie s'imposait pour la déjouer.

«Je dois honnêtement dire que nous n'avons pas atteint le succès que nous aurions voulu pour contenir la menace», a-t-il déclaré.

Vingt des 29 États indiens sont confrontés depuis 1967 à des poches de rébellions maoïstes. Au total, 165 des 600 départements du pays seraient, à des degrés divers, sous l'influence de ces 10.000 à 20.000 guérilleros d'extrême gauche que les Indiens appellent les «naxalites» ou les «terroristes rouges».

Les maoïstes disent se battre pour les droits des tribus et des paysans sans terre. Environ 800 personnes avaient trouvé la mort en 2007 dans des violences liées aux maoïstes et l'on compte déjà 580 morts cette année.

M. Singh a aussi souligné une infiltration croissante de militants traversant la ligne de contrôle qui divise la partie du Cachemire administrée par l'Inde et celle administrée par le Pakistan, ainsi que d'autres frontières avec l'Inde, comme le Népal, le Bangladesh, certains passant même par la mer.

«Des affrontements avec des militants armés sont devenus plus fréquents ces derniers mois», a-t-il noté.

New Delhi accuse Islamabad d'envoyer des militants armés dans la zone indienne de la région disputée du Cachemire pour fomenter une insurrection contre l'administration indienne dans cet État divisé de l'Himalaya, ce dont le Pakistan se défend.

New Delhi a officiellement interdit en juin le Parti communiste de l'Inde-Maoïste (PCI-Maoïste), créé en 2004 de la fusion de deux organisations clandestines, en le classant parmi les organisations terroristes.
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 11:56
privatisations  par Pierre Wassermann

A deux semaines des élections fédérales allemandes, la patate chaude berlinoise porte un nom : la privatisation progressive du réseau ferré allemand. Dont aucun candidat n’assume la dégradation.

« S-Bahn Chaos ». Cette expression, les usagers de l’équivalent du RER français, à Berlin, l’ont sans cesse à la bouche. Depuis l’hiver dernier, les pannes se suivent… et ne se ressemblent pas : des portes qui n’arrivent plus à fermer, des systèmes de freinage qui se révèlent défaillants, des wagons qui prennent feu dès que le chauffage se déclenche. Chaque pièce des machines est devenue un sujet d’angoisse pour les usagers, d’accidents potentiels et de retards permanents.

Conséquences : des foules qui s’amassent sur les quais de la capitale allemande, les chaînes locales, de radio comme de télévision, qui énumèrent les désagréments de la journée ou tout simplement, les Berlinois qui sont obligés de changer leur trajet afin d’éviter d’emprunter la S-Bahn.

Une privatisation sous cape

« J’ai mis 2 heures ¼ hier soir pour rentrer. D’habitude, il me faut entre ¾ d’heure et une heure » explique Dirk, au bord de la crise de nerfs, car il pressent déjà qu’il va arriver en retard, ce matin-là, au travail, alors même qu’il a « prévu plus que large ». Pour ce cadre dans l’électronique qui a décidé d’installer son nid dans la proche banlieue, tout allait bien jusqu’à l’an passé. Depuis, son malheur a un nom  : « les défauts d’entretien ». « Il faut d’autant plus que la S-Bahn soit rentable que la coalition au gouvernement [la CDU, le parti de la Chancelière, allié à la SPD, les sociaux-démocrates NDLR], a décidé la privatisation du réseau ferré ».

Et pour cause. A Berlin, l’ensemble du réseau est géré par la BVG (Berliner Verkehrs-Betriebe). C’est aussi la BVG qui détient le métro, les tramways et les bus. La S-Bahn, elle, est cogérée avec la Deutsche Bahn (DB), entreprise publique, l’équivalent de la SNCF. Et si la Mairie a son mot à dire dans l’ensemble, elle reste dépendante des décisions nationales. C’est là, justement, où le bât blesse. Et où Dirk a lâché le mot qui fâche : « privatisation ». Avec la privatisation programmée de la DB, toutes les filiales en subissent les conséquences. Coupes budgétaires, suppressions d’emplois, filialisation de la partie vente, externalisation de l’entretien  : l’Allemagne, prétendu modèle d’économie sociale de marché, applique les mêmes recettes que partout ailleurs, et oublie toujours plus le qualificatif « social ».

40% des effectifs de la Deutsche Bahn supprimés

En pleine période électorale, où la CDU d’Angela Merkel caracole toujours en tête des sondages, Klaus Wowereit, le maire SPD, en profite pour donner de la voix. Oubliant un peu vite qu’il a été l’un des artisans des privatisations dans la capitale… Faisant dernièrement acte de contrition, aux motivations que l’on devine, sur « la privatisation qui est la cause première du malaise dans lequel nous nous trouvons ».

Un dernier élément apporte de l’eau au moulin des détracteurs de la privatisation. Il provient de la DB elle-même. Selon son porte-parole, l’entreprise suppose que les protocoles d’entretien auraient été manipulés… Histoire, sans doute, de faire baisser leurs coûts. Morale de l’histoire ? Pour des raisons d’économie, 40% des effectifs ont déjà été supprimés. Un nouveau plan de restructuration a été annoncé… et personne, au gouvernement ni dans la direction de la DB, ne le remet en cause.

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 11:39

Par Mademoiselle le 16/09/09, 10:05 - Le dictionnaire bilingue de Mademoiselle
Filed under: Petite Rengaine Sous-Sol Sous-titrage


"On prend les bêtes par les cornes et les hommes par la parole."

Proverbe Auvergnat.



J'ai rencontré Mehdi à la fac. Il était en maîtrise de droit privé, mais personne n'est parfait. On s'est plu, on est tombé amoureux, on a vécu ensemble quelques années. C'est grâce à lui que j'ai réalisé que le répertoire de blagues et de poncifs sur les auvergnats était impressionnant.

D'abord, disons le, Mehdi avait vraiment une gueule d'Auvergnat typique : peau mate, barbe noire, cheveux noirs et yeux noirs. On le voyait à cent mètres qu'il était d'origine Auvergnate. Et je ne vous raconte pas le nom de famille, volcanique à souhait.

Quand je l'ai présenté à ma famille, parce que j'ai fait les choses bien comme il faut, il y a tout de suite eu deux camps : ceux qui n'ont rien dit à propos de ses origines auvergnates et ceux qui ont tiqué. Quand on allait manger chez ces derniers, on sentait toujours qu'il était pénible de leur imposer ces foutues origines auvergnates :

- Mais, je comprends pas.... Il peut manger quoi Ahmed ? 

- Mehdi, il s'appelle Mehdi.

- Oui, pourquoi ?

- Tu l'as appelé Ahmed.

- Ah. il mange quoi alors... Mehd...

- Mehdi.

- Mehdi, oui. C'est compliqué, j'arrive pas à le retenir.

- Si tu sais dire "Mais, dis...", tu tiens le bon bout...

- Oui, bon il mange quoi alors...

- Ben comme moi, pas de soucis.

- Mais il est pas auvergnat ?

- Si, mais pas pratiquant.

- Ah bon, ça existe ?

- Oui, tu sais, l'Auvergne, il n'y a jamais habité. Hormis le Saint Nectaire, qu'on achète de temps en temps, on ne mange pas souvent auvergnat.

 

Un Saint-Nectaire, préalablement égorgé dans une baignoire.


Ensuite, j'ai eu le droit à :

"Si vous faites des enfants, attention qu'il ne les ramène pas en Auvergne"

Mais il y eu aussi :

"Tu sais, les Auvergnats, ils sont gentils au début, mais il faut faire attention quand même."

Au début, ils font des bisous. C'est après que ça se gâte...


Ou encore :

"Il ne t'a pas demandé d'adopter les coutumes auvergnates ?"


L'Auvergne : une vision rétrograde de Lafâme.


Du coup, il a fallu que je fasse attention. Si je m'amusais à dire "J'adore les volcans" ou "Clermont, c'est sympa finalement" (on dit de ces trucs, parfois), ils ouvraient tout de suite des yeux ronds et bavaient un : "Ah, parce que tu te sens auvergnate maintenant ?".

Une Auvergnate en costume traditionnel, cheveux couverts, foulard sur les épaules.



Mais le plus drôle, ça restait les petites choses de la vie courante. En voiture, à la douane, au péage... Ses origines auvergnates rendaient les contacts avec les autorités fréquents et sympathiques. Parce qu'il paraît que les auvergnats sont voleurs. Ce n'est pas moi qui le dit, d'autant plus que je n'ai jamais vu Mehdi voler quoique ce soit. Ah si, une fois : il a piqué un bout de fourme d'ambert sur le plateau de fromage alors que ma grand-mère avait le dos tourné. Mais ça, c'est c'est parce qu'autour de la table, il y avait un autre auvergnat. Et on le sait, les problèmes commencent quand ils sont plusieurs.

Un gang de malfaiteurs auvergnats : mêmes les enfants sont enrôlés.


Toujours est-il que Mehdi, il avait l'habitude de ces blagues sur les auvergnats, ses potes le vannaient, ses collègues juristes aussi. Ils en avaient de bonnes. Vous allez voir, c'est hilarant :

Mehdi est au boulot, il sort de son bureau pour aller faire signer des papiers à sa patronne, qui n'est pas auvergnate du tout. Mais alors pas du tout. Ça fait deux mois qu'il travaille là bas, mais elle n'arrive pas à l'appeler par son nom, alors elle se contente de "jeune homme". Bref, il va la voir, elle signe le papier, remercie le "jeune homme" et ajoute : "Tout à l'heure, je reçois des auvergnats comme vous jeune homme, pour une signature de contrat, ça va être compliqué... pour la signature, je leur demanderai de faire une croix !". Ah Ah Ah !


Ces derniers temps, j'ai beaucoup repensé à Mehdi. Je me suis souvenue du moment où on s'est séparé. J'ai été souvent obligée d'expliquer que, non, il n'était pas devenu violent... Certains n'ont pas voulu me croire. "On te l'avait bien dit..." assénaient-ils, l'air malin. Parce qu'il paraît que c'est pas commode, un auvergnat.


Si tu regardes ma femme, je te défonce à coup de guitare auvergnate.

Et la semaine prochaine, nous traiterons du "Bruit et de l'odeur" des néanmoins très respectables picards.


[Erratum : On vient de me signaler qu'il ne s'agit absolument pas d'une guitare, mais d'une vielle à roue. En effet, il semblerait que l'instrument ait été présenté au JT de JP Pernaut un jour où j'étais absente. Vous m'en voyez sincèrement navrée, soyez assurés que je regrette ces mots. J'espère tout de même ne pas devoir affronter une "polémique injuste"]
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