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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 22:07

Déclaration de l’Association Nationale des Élus Communistes et Républicains


La Direction de La Poste et le Gouvernement ont décidé d’ouvrir le capital de La Poste et de transformer l’Etablissement Public en Société Anonyme (S.A.), ouvrant la voie à la privatisation totale. La Poste est un des principaux services publics de proximité. C’est surtout un service ouvert à tous, qui garantit l’égalité d’accès et de tarification sur tout le territoire national et qui joue un rôle de lien social irremplaçable pour nos concitoyens, notamment les plus fragiles et les plus isolés.

Le changement de statut et l’ouverture du capital de La Poste soumettraient la gestion de l’entreprise aux seules exigences de ses actionnaires, au détriment des missions de service public. Cela conduirait à l’abandon des activités jugées peu rentables, avec des conséquences graves pour la population et pour l’aménagement du territoire.

Les élus communistes et républicains ne sont pas dupes des promesses réservant le capital aux seuls acteurs publics. Le changement de statut entraînera inéluctablement l’ouverture du capital à des acteurs privés et, de fait, une privatisation à court terme.

C’est pourquoi ils demandent que le projet de changement de statut et d’ouverture du capital de La Poste soit abandonné. Ils exigent au contraire que des moyens nouveaux soient accordés à l’établissement.

Un financement pérenne doit ainsi être assuré afin que la qualité du service public soit restaurée puis améliorée. Le service public postal s’est en effet fortement dégradé ces dernières années du fait des décisions des instances dirigeantes de l’établissement. Les députés communistes, républicains et du Parti de Gauche ont à cet égard demandé le mois dernier la création d’une commission d’enquête sur la politique de présence territoriale de La Poste.

Partie prenante du « Comité National contre la privatisation de La Poste », l’Association Nationale des Elus Communistes et Républicains soutient l’initiative de Consultation citoyenne le 3 octobre 2009 « contre la privatisation de la Poste, pour un débat public, pour un référendum sur le service public postal ».

Nous appelons tous les élu-es, les salarié-e-s, les usagers à participer massivement et à faire reculer le gouvernement. Les élus communistes et républicains mettront en particulier tout en œuvre pour que cette consultation puisse notamment se tenir dans les collectivités où ils siègent.
Le gouvernement a décidé de changer le statut de la Poste

sans demander leur avis aux citoyens.

Usagers, salarié-e-s, élu-es locaux,

nous avons notre mot à dire !
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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 14:00

repris sur Grand Soir

 

« j’ai ramené un morceau de chair à la maison et je l’ai appelé mon fils. »

Aux premières lueurs de l’aube, vendredi dernier, dans le district de Chardarah de la province de Kunduz dans le nord de l’Afghanistan, les villageois s’étaient rassemblés autour des carcasses de deux camions citernes qui avaient été bombardés par l’OTAN. Ils se sont frayés un chemin à travers prés de cent cadavres calcinés et de membres enchevêtrés mélangés aux cendres, à la boue et au plastic fondu des jerrycans, à la recherche d’un parent, d’un frère ou d’un cousin. Ils ont crié leurs noms mais n’ont pas reçu de réponse. A l’heure qu’il était, il n’y avait plus de survivants.

Les événements qui ont suivi constituent une de ces scènes macabres de la guerre, celle-ci ou une autre. Les parents en deuil ont commencé à se quereller et à se disputer les restes de ceux qui, quelques heures auparavant, cherchaient du carburant dans les carcasses des camions citernes. Pauvres dans un des pays les plus pauvres du monde, ils cherchaient à constituer des stocks en prévision de l’hiver qui s’annonçait.

« Nous n’avons reconnu aucun corps lorsque nous sommes arrivés, » a dit Omar Khan, le chef enturbanné du village d’Eissa Khail. « C’est comme si une bombe chimique avait explosé, tout était brûlé. Les corps étaient comme ça, » et il a joint ses mains en pliant ses doigts comme des griffes. « Ils étaient comme des troncs d’arbres calcinés, comme du charbon. »

« Les villageois se disputaient les cadavres. Les gens disaient celui-là c’est mon frère, celui-ci c’est mon cousin mais personne n’arrivait à identifier qui que ce soit. »

Alors les anciens du village sont intervenus. Ils ont ramassé tous les corps qu’ils ont pu et ils ont demandé aux gens de leur indiquer combien de proches ils avaient perdus.

Une queue s’est formée. Un par un, les personnes endeuillées ont donné les noms des frères, cousins, fils et neveux disparus, et chacun a reçu en retour son quota de cadavres. Leurs identités n’avaient pas d’importance, de toute façon ils étaient entremêlés au-delà de toute reconnaissance. La seule chose qui importait était d’avoir un corps à enterrer et de pouvoir prononcer les prières.

« Un homme se présentait et disait « j’ai perdu mon frère et un cousin », alors on lui donnait deux corps, » a dit Omar Khan. « Un autre disait qu’il avait perdu cinq membres de sa famille, alors on lui donnait cinq corps qu’il pouvait ramener et enterrer. Puis lorsqu’il n’y avait plus de corps, nous avons commencé à distribuer des membres, des jambes, des bras, des troncs. » A la fin, il ne restait que cinq familles qui sont repartis les mains vides. « Leurs fils sont toujours portés disparus. »

Omar Khan a plissé ses yeux et a fait une grimace de dégout. « L’odeur était terrible. Pendant trois jours, je sentais la chair et le carburant calciné. »

Omar Khan était un des 11 villageois que le Guardian a interviewé. Nous étions arrivés dans la région au début de la semaine avec l’intention de visiter le site, mais l’enlèvement d’un journaliste du New York Times et les échanges de tirs qui ont précédé sa libération ainsi les quatre morts rendaient le voyage trop dangereux. Alors les villageois se sont rendus à la ville pour nous raconter leur histoire.

Nous nous sommes assis autour d’une table dans le sous-sol d’un hôtel et un par un ils nous ont raconté la frappe aérienne – qui a fait entre 70 et 100 victimes, soit une des frappes les plus dévastatrices de toute la guerre. Les villageois ont raconté que les Taliban avaient détournés les camions citernes vers 19h, le Jeudi soir, et voulaient les emmener dans leur fief à Chardarah, au sud-ouest de Kunduz.

Pour arriver à Chardarah, ils devaient traverser à gué une rivière pour éviter un pont occupé par un poste de l’armée afghane. Mais lorsqu’ils ont commencé à traverser, les camions se sont enlisés, alors les Taliban ont appelé les villageois des alentours pour leur donner un coup de main.

Jamaludin, une fermier de 45 ans, était en train de prier dans la mosquée lorsqu’il a entendu le bruit d’un tracteur. « Je suis rentré à la maison et j’ai vu que trois de mes frères et un neveu étaient partis avec mon tracteur, » dit il. « J’ai appelé mon frère pour lui demander ce qui se passait. Il m’a répondu que les Taliban lui avaient demandé de ramener le tracteur pour les aider à sortir un camion citerne. » Jamaludin était alarmé. « J’ai demandé quel camion ? Ce ne sont pas nos affaires, que les Taliban ramènent leurs propres tracteurs. Je l’ai rappelé une heure plus tard. Il m’a dit qu’ils n’arrivaient toujours pas à sortir les camions et que les Taliban refusaient de le laisser partir, alors je suis retourné me coucher. »

Lorsque les Taliban ont réalisé que les camions citernes étaient coincés, ils ont décidé de siphonner les citernes et ont invité les gens à partager le ghanima, le butin de guerre. Du carburant gratuit pour tous.

Assadullah, un jeune homme de 19 ans avec une mèche qui lui tombait sur le front, reçut un appel d’un ami qui disait que les Taliban distribuaient du carburant.

« J’ai emporté deux jerrycans avec moi, j’ai appelé un frère et un ami et nous sommes partis. C’était une nuit de pleine lune et on voyait très clairement. Il y avait déjà beaucoup de monde sur place. Tout le monde se bousculait pour se servir. Nous sommes pauvres, et nous voulions tous en avoir un peu pour l’hiver.

« J’ai rempli mes bidons et je me suis éloigné tandis que mon frère tentait toujours de remplir les siens. J’ai marché cent mètres, peut-être deux cents. »

Il était environ 1h du matin, le vendredi, lorsque les avions ont attaqué. « Il y a eu un grand éclair dans le ciel suivi d’explosions, » dit Assadullah. « Je suis tombé. Lorsque j’ai récupéré mes esprits, il y avait une fumée épaisse et je ne voyais rien. J’ai appelé, j’ai crié, mais mon frère n’a pas répondu. Je ne pouvais pas le voir. Il y avait du feu partout, et le silence et les corps qui brûlaient. »

Il a soulevé sa chemise pour me montrer quatre blessures provoqués par des éclats et deux marques de brûlures sur le cou.

Jamaludin s’est réveillé vers 1 h pour préparer à manger. C’était la Ramadan, et il fallait préparer le Sehur, le dernier repas avant le lever du soleil. « J’ai appelé mon frère de nouveau et je lui ait dit que j’entendais beaucoup d’avions dans le ciel, et je lui ai demandé pourquoi il n’était pas revenu. Il m’a dit qu’il allait rapporter du carburant et qu’il allait bientôt rentrer. J’ai raccroché et je suis sorti dans la cour, et puis il y a eu un grand feu, comme une grosse lampe à pétrole en plein ciel. J’ai appelé mon frère à nouveau mais le téléphone ne répondait plus. Je suis sorti et j’ai couru jusqu’à la rivière. L’odeur de fumée venait de là. »

« Lorsque je suis arrivé, je ne voyais pas mon frère. J’ai crié son nom. J’ai vu des gens transporter des blessés, alors je suis rentré et j’ai prié et j’ai attendu le lever du jour. »

Jan Mohammad, un veillard avec une barbe blanche et des yeux verts, dit avec colère « J’ai couru, j’ai couru pour retrouver mon fils parce que personne ne voulait m’emmener. Je n’arrivais pas à le trouver. »

Il a posé sa tête sur sa main qui reposait sur la table, et a commencé à se cogner la tête contre sa main blanche flétrie. Puis il s’est relevé et ses yeux étaient rouges et des larmes coulaient. « Je n’arrivais pas à trouver mon fils, alors j’ai ramené un morceau de chair à la maison et je l’ai appelé mon fils. J’ai dit à ma femme que nous l’avions retrouvé, mais je n’ai pas autorisé ses enfants ni personne d’autre à le voir. Nous avons enterré le morceau de chair comme si c’était mon fils. »

Puis il a craqué et s’est mis à crier sur le jeune Assadullah qui avait frappé à la porte de la maison du vieux et avait dit à son fils qu’il y avait du carburant gratuit pour tous. « Tu as détruit mon foyer ». Assadullah s’est détourné et a fixé le mur. « Tu as détruit mon foyer » a-t-il crié de nouveau. Jan Mohammad a laissé retomber sa tête sur sa main et s’est mis à balancer son corps, son turban faisant des allers-retours comme une énorme pendule. « Taouba (le pardon), » a-t-il murmuré. « Des gens ont perdu leurs parents et leurs enfants pour un peu de carburant. Taouba. »

Ghaith Abdul-Ah - The Guardian

Traduction partielle par VD pour le Grand Soir

La suite de l’Opération Démocratie Tombée du Ciel (mais vue d’en bas) ici (en anglais) :

http://www.guardian.co.uk/world/2009/sep/11/afghanistan-airstrike-victims-stories

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Afghanistan-frappes-aeriennes-de-l-OTAN-les-familles-des.html
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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 13:47

La crise pourrait entraîner la perte de 25 millions d'emplois au sein de l'OCDE d'ici la fin 2010, avec un taux de chômage global qui approcherait un niveau record de 10 %, selon un rapport publié mercredi.

L'Organisation de coopération et de développement économiques, qui compte 30 pays, chiffre à 15 millions les emplois détruits entre la fin 2007 et juillet 2009, et estime que 10 millions de plus sont menacés d'ici à la fin de l'année prochaine en dépit des signes de reprise de l'activité. "L'un des principaux risques qui se posent est de voir une grande part de cette forte hausse du chômage prendre un caractère structurel avec le glissement de bon nombre de personnes privées d'emploi vers le chômage de longue durée ou leur sortie de la vie active", souligne l'édition 2009 des Perspectives de l'emploi de l'OCDE publiées mercredi à Paris.

"Or, un chômage élevé et persistant a un coût social et économique important : dégradation de l'état de santé, baisse du niveau de vie et moindre satisfaction des chômeurs et de leur famille à l'égard de leur vie ; augmentation de la délinquance et de la criminalité et diminution du potentiel de croissance pour la collectivité."

Le pire de la récession s'agissant de l'emploi est encore devant nous, notamment en Allemagne, en France et en Italie, souligne l'OCDE. Selon les projections de l'organisation, si "la plus grande part de la hausse attendue du chômage se sera déjà produite à la mi-2009 en Espagne, aux Etats-Unis, en Irlande et au Japon, elle restera à venir dans d'autres pays comme l'Allemagne, la France et l'Italie".

De 5,6 % en 2007, son point le plus bas depuis vingt-cinq ans, le taux de chômage de la zone de l'OCDE est passé à 8,3 % en juin 2009, un niveau sans précédent depuis la guerre, et il pourrait monter jusqu'à 9,9 % au deuxième semestre 2010, note le rapport.
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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 13:42

Pour France Télécom, il n’a plus de nom. Comme ses collègues, à chaque fois qu’il doit effectuer une transaction, il est identifié par un code comportant quatre lettres et quatre chiffres. Le sien, c’est DYDO 5 403 et c’est donc ainsi qu’il a choisi de signer cette « lettre ouverte » à son PDG. Il y a six ans, déjà, en 2002, il avait tenté de mettre fin à ses jours dans le bureau d’un cadre. Le service dans lequel il officiait comme technicien qualifié à la gestion du réseau était promis à la fermeture. France Télécom lui avait proposé trois postes, tous des emplois de plate-forme téléphonique, n’ayant rien à voir avec son métier. « Je suis un technicien, pas un commercial », répétait-il alors, refusant les offres. Il fut donc « muté d’office ». C’est la procédure. J’avais vingt-six ans de carrière, et deux mois ont suffi pour tout démolir », raconte-t-il. Après dix mois d’arrêt, DYDO 5 403 a dû accepter un poste « bas de gamme », comme il dit.

Il tire des fils toute la journée mais il a choisi « de ne plus se taire ». Dans sa commune de 6 000 habitants où il se fait élire comme conseiller municipal, puis dans son syndicat, la CGT, il retrouve un nom. Et contribue à créer un groupe de travail sur la question. « Il fallait briser le tabou, combattre l’idée que les suicides tiennent à des causes personnelles. c’est le travail qui fait craquer. Depuis que la CGT se préoccupe de la souffrance au travail, certains salariés reprennent nos tracts », témoigne Marie Barot, secrétaire générale de la CGT Fapt du département de Haute-Savoie, qui soutient son initiative. DYDO 5 403 a choisi personnellement de s’adresser à Didier Lombard, PDG de France Télécom, convoqué aujourd’hui par le ministre du Travail, Xavier Darcos. Pour lui, ne plus se taire c’est aussi un moyen de tenir le coup. Son « J’accuse », que vous pouvez lire ci-après, a été transmis, hier, à son chef afin de remonter les échelons hiérarchiques : direction des ressources humaines locale, direction territoriale Centre-Est, puis, direction générale.

Paule Masson

Lettre ouverte

Devant le désastre humain de ces derniers jours, je me permets de vous interpeller pour apporter ma vision d’agent France Télécom sur ce séisme que vous n’avez pas vu venir, enfermé que vous êtes dans votre tour de Babel. J’estime de mon devoir de vous faire part de mes réflexions pour comprendre comment on en est arrivé là. Je suis convaincu que vous n’avez pas le monopole de la vérité, malgré votre fonction de PDG.

Avec les PDG qui vous ont précédé, MM. Bon et Breton, vous avez planifié, programmé avec des juristes, des experts, des consultants, des organismes de formation pour cadres, une politique de management et organisationnelle pour mettre sur les rails du capitalisme pur et dur notre entreprise. À travers cette politique, vous avez laminé les syndicats, vous avez éloigné inexorablement les centres de décisions en augmentant les territoires des directions régionales, ne laissant sur le terrain au plus près de vos agents que quelques petits chefs issus de leurs rangs pour servir de liens.

La première grosse erreur de cette politique a été de spolier l’identité professionnelle de la majorité de vos agents venant des PTT avec de réelles formations de métiers. Le lien sur le terrain dévolu à ces cadres « N+1 » n’avait plus rien de social. Ce n’était, ce n’est qu’un relais pour mettre en place vos méthodes, vos processus, vos directives, vos aspirations de suppressions d’emplois, pour être crédible auprès des marchés financiers. Beaucoup ne se rendent pas compte du rôle que vous leur avez fait jouer ou qu’ils jouent encore.

Les syndicats, parlons-en… Stratégiquement, là aussi tout était planifié. Par des restructurations incessantes, vous les avez confinés année après année, changement de périmètre après changement de périmètre, dans un travail de réorganisation permanent pour répondre à votre mise en place des institutions représentatives du personnel (lRP). Vous avez voulu des syndicats affaiblis. Vos fiançailles avec les marchés financiers, les actionnaires, vous ont poussé à détruire insidieusement les contre-pouvoirs garants des équilibres sociaux. Certainement au-delà de vos espérances…

Oui, pendant des années, devant le peu de lutte collective d’envergure, vous avez cru gagner. Vous pensiez, comme notre président de la République, que « quand il y a une grève à France Télécom, on ne s’en rend plus compte ». En surfant sur la démagogie et sur l’individualisation à outrance, vous avez mis en place votre politique de restructurations incessantes de vos services.

Après la perte d’identité professionnelle, la perte d’identité géographique : mobilités forcées, imposées. Avec à la clé un travail répétitif, sans autonomie, à la place d’un vrai métier.

Quel projet proposez-vous à ces personnels en errance pour se reconstruire ? Votre projet d’entreprise ? Croyez-vous sincèrement qu’ils puissent y adhérer ? Quel manque de discernement !

Pour casser toute velléité, mise en place d’un management impitoyable, infantilisant, ou dans chaque parole des cadres on entend les mêmes réponses, les mêmes allégations, les mêmes phrases, les mêmes arguments, à la virgule près, pour nous faire accepter l’inacceptable. Sans oublier les chiffres, les indicateurs… Ces années que vous avez planifiées sont d’une violence inouïe. Je suis sûr que l’histoire le jugera un jour ou l’autre. Et voilà que cette violence vous revient en pleine figure, comme un boomerang.

Vous avez cru gagner mais vous avez perdu. Ne laissant que peu d’espace à l’expression démocratique, aux luttes collectives, aux résistances organisées, en méprisant la représentation syndicale (il suffit de lire les réponses faites aux questions des délégués syndicaux et des délégués du personnel où ne transpirent qu’arrogance, suffisance, mépris), vous n’avez pas vu ou pas voulu voir apparaître depuis quelques années une nouvelle forme de lutte insidieuse, souterraine : le suicide… La nature a horreur du vide. Sur les conseils éclairés de certains experts ès communications à la solde des décideurs économiques et politiques, vous avez fanfaronné, dénié ce sujet. Vous avez sali la mémoire des premiers collègues disparus en les méprisant, en cantonnant leur geste désespéré dans des problèmes familiaux, personnels.

Quelle erreur, quel dédain, quelle suffisance ! À force de ne côtoyer que les arcanes des pouvoirs politiques, économiques, médiatiques, on en devient aveugle… Les travailleurs, les gens de peu, les millions de personnes n’ayant pas de Rolex à cinquante-cinq ans n’existent plus…

Et pourtant, la médecine du travail, malgré son peu de moyens, vous alertait. Les comités d’entreprises (CE), les comités d’hygiène et de sécurité (CHSCT) aussi. Mais la victoire est une drogue douce, elle enivre, elle isole, elle grise. Votre rouleau compresseur écrasait tout sur son passage. Les bénéfices année après année justifiaient vos choix auprès des marchés. Vos actionnaires vous remerciaient…

Devant ce no man’s land de luttes dignes de ce nom, ces signaux puérils de détresse ne vous inquiétaient pas. La puissance de votre communication étouffera à travers les médias ces résidus de gêne d’image de la marque, pensiez-vous. La voie royale du libéralisme était dégagée. On a gagné ! on a gagné ! Et puis le grain de sable. Vos agents hommes, femmes qui veulent vivre debout, dignes, devant votre mutisme, osent symboliquement perpétrer leur suicide sur leur lieu de travail. Crime de lèse-majesté…

En réponse, toujours votre mépris. Pour calmer les médias, vous faites dire par un de vos directeurs : « À France Télécom, on ne se suicide pas plus qu’ailleurs. » Quelle gaffe ! Quel camouflet pour ces hommes et ces femmes ! Vous rendez-vous compte où vous a mené votre aveuglement ? Obliger vos agents avant leur dernier geste à bien préciser qu’ils n’avaient pas de problèmes familiaux, financiers ou autres. Leur problème, c’est bien France Télécom, c’est bien la politique managériale que vous avez mise en place. C’est une violence supplémentaire à laquelle je ne trouve pas de nom. C’est une insulte à la dignité de ces personnes et à leur famille. Ce que j’ai écrit et affiché sur mon lieu de travail avant les événements du 10 septembre 2009 (un collègue qui se poignarde) et du 11 septembre (une collègue qui se défenestre), malheureusement me donne raison : « Le pire est à venir. »

Votre réunion du 10 septembre dernier n’apporte qu’une partie des réponses aux attentes de ces centaines d’agents en stand-by. La mise en place d’un audit extérieur, quelle désillusion, quel manque de respect pour vos équipes de médecine du travail, des élus du CE et du CHSCT qui n’ont eu de cesse de vous alerter, signaler les dérives, les ravages de votre politique à travers des rapports. Peut-être étaient-ils rédigés en chinois et vous n’avez pas daigné les traduire ?

Il est encore temps de les lire…

À l’heure où nous en sommes, que vous reste-t-il pour demeurer crédible auprès de vos agents ?

Soit vous reconnaissez publiquement votre responsabilité dans la souffrance de vos agents, avec en parallèle de véritables négociations avec les syndicats pour infléchir cette politique.

Cette décision serait un geste fort, à même de calmer cette spirale infernale. Elle demande du courage et du coeur… Soit vous restez droit dans vos bottes en niant les relations de cause à effet de votre politique et là, effectivement, je redoute le pire…

Je n’accepterai pas, pour ma part, la troisième solution qui se dessine. C’est-à-dire la mise en place du repérage des agents potentiellement à risque pour un traitement individualisé pour les éradiquer, les gommer, les culpabiliser, les stigmatiser et recommencer comme si rien n’était arrivé.

Veuillez accepter cette humble contribution à votre réflexion ; humainement, pour tous mes collègues, je ne pouvais plus me taire.

Malgré la souffrance qui m’écorche, recevez mes respects.

Ceci est mon « code alliance » à France Télécom, car en tant qu’être humain, je n’existe plus depuis 2002 dans votre entreprise.

DYDO 5403
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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 13:10

15.09.2009

Obama en difficultés sur ses terres réagit comme tout bon petit bourgeois, il donne des gages à son extrême droite et à la Mafia de Miami plutôt que d'en appeler à son propre peuple.

L'attitude du Président américain est en parfaite contradiction avec se promesses de campagne, nul ne saurait s'étonner de ses désormais, multiples cabrioles pour laisser croire à un changement réel.

14 millions de "sous-citoyens" américains resteront exclus de son projet de protection sociale à minima, il a capitulé en rase campagne.

Il est Obama, son slogan change we can constitue son mode de pensé, il change constamment, telle la girouette sur le toit sensible aux vents mauvais.

Les démocrates ont un âne, mérité, comme emblème, lils changent et ont désormais un vol au vent.

AG

 

 


Barack Obama a signé, le 14 septembre, la prorogation pour un an de l'embargo commercial contre Cuba. Malgré les espoirs suscités pendant sa campagne et le récent assouplissement de certaines sanctions économiques, le président américain n’a donc pas dérogé à la coutume qui existe depuis 1963. La décision a été accueillie avec "déception" par les habitants de l’île, note le correspondant de BBC Mundo à La Havane. Le gouvernement cubain n’a pas encore réagi officiellement. Dans une très courte déclaration, Barack Obama a estimé que "la prorogation de ces mesures contre Cuba convenait aux intérêts nationaux des Etats-Unis".

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 12:51

AUTEUR:  Jutta DITFURTH

Traduit par  Fausto Giudice


La  Frankfurter Allgemeine Zeitung, dont nul n’ignore que c’est ma lecture de chevet, regrettait récemment la disparition d’une « scène intellectuelle d’inspiration de gauche », qui lui manquait « surtout maintenant», «à un moment où la critique sociale serait dans son élément ... pas un seul chuchotement  révolutionnaire à la ronde. Le rouge fait le mort (Rot stellt sich tot) »(1). La bourgeoisie a des problèmes d'identité. Elle a besoin de contradicteurs, pour que les lignes de front soient claires.


Mais il y a la Linkspartei, un parti de gauche, non ? « Maintenant nous allons faire une autre redistribution, qui sera plus juste", a déclaré Gregor Gysi la nuit dernière sur la ZDF ( "TV- Dreikampf", 10.9.2009 [2ème chaîne de télévision publique, NdT]).

Ah oui ? Voyons donc de quoi le Parti de la gauche est capable, là où il est associé au gouvernement, par exemple à Berlin, où SPD et Linkspartei gouvernent ensemble depuis 2002.

 


Le gouvernement SPD/Linkspartei a supprimé les aides pour les sans-abri et les personnes handicapées (2002), a aboli l’indemnité pour les aveugles (2005), a supprimé les tickets sociaux pour les transports publics (2004) pour les réintroduire plus tard, à cause des protestations violentes,  à un prix trois fois plus élevé. Berlin a été un pionnier dans l'abolition de la gratuité du matériel scolaire (2003), a augmenté les tarifs des crèches  (2003), baissé le budget de la jeunesse de 400 millions (2001) à 230 millions d'euros (2005) et créé 24.000 emplois à 1 Euro (de l’heure), ce qui a permis d’éliminer des emplois bien rémunérés aux tarifs des conventions collectives.

Beaucoup de personnes qui, auparavant, avaient été licenciées de leurs emplois à durée indéterminée en crèche par exemple, se sont retrouvées au même poste, cette fois-ci pour 1 € de l’heure.

Le Parti de gauche est coresponsable de la privatisation de  sociétés municipales de logement. En 2004, la Gemeinnützige Siedlungs- und Wohnungsbaugesellschaft (GSW) a été vendue à un consortium de sociétés internationales de gestion de fonds, Whitehall (Goldman Sachs) et Cerberus, pour 405 millions d'euros. Le Sénat SPD/Linkspartei a vendu 1700 appartements de la Wohnungsbaugesellschaft Berlin-Mitte (WBM) à l'investisseur Puma Brandebourg Limited, qui a spéculé ouvertement sur la hausse des loyers (2). Rien qu’avec la vente de plus de 4500 appartements entre début 2007 et l'automne 2008, les sociétés immobilières berlinoises ont été en mesure de réaliser un chiffre d'affaires d'environ 272 millions d'euros (3).

Simultanément, les subventions aux associations d’aide aux locataires ont été réduiets ou supprimées. Ce serait quand même assez embêtant que des locataires mieux informés se défendent. La conséquence de la vente des logements appartenant au Land de Berlin [qui est une ville-région, NdT] ont été des augmentations de loyer et donc l’évacuation de locataires socialement vulnérables.

Sur les 209.000 logements municipaux privatisés à Berlin de puis 1995, plus de 57%, environ 120.000, l’ont été entre 2002 et 2005, alors que le Parti de gauche était au pouvoir (4).

Jamais depuis 1945, la santé publique de Berlin n’a été autant démolie que sous le règne SPD/Linkspartei au Sénat. De nombreux hôpitaux sont désormais privatisés. Le nouveau propriétaire est l’entreprise Vivantes, qui porte un ajout à consonance alternative à son nom : "Réseau pour la santé." Ce «réseau» n’est autre qu’un Konzern (grande entreprise), dans la gueule duquel presque tous les secteurs de soins aux patients hospitalisés et gestion du troisième âge sont jetés morceau par morceau.

De 2003 à 2004 39 millions d'euros pu être économisés dans le secteur de la santé de Berlin, en grande partie, parce que 13.000 salariés ont du renoncer à leurs primes de Noël et de congés payés, sous la menace de licenciement, du Sénat  de "gauche" et des patrons de Vivantes. Depuis que l'entreprise a été créée, près de 4.000 emplois à plein temps  et environ 1.000 places de formation ont été supprimés. Les travailleurs sont soumis à un chantage: la faillite ou la baisse des salaire.  Le cabinet de consultants McKinsey a empoché des honoraires de 2,7 millions d'euros. Les licenciements et la réduction drastique du personnel font des cliniques Vivantes un objet très attractif pour les investisseurs.

Les soins médicaux aux patients des caisses-maladie au niveau des capacités scientifiques et techniques actuelles ne sont plus garantis. La pénurie de personnel et le stress du personnel hospitalier mettent la vie des patients en danger. Il n’est pas recommandé d’être livré à une clinique Vivantes dans une ambulance Vivantes avec un soupçon d'accident vasculaire cérébral.

C’est de gauche, ça ? Il n'y a pas de parti de gauche pour lequel on puisse voter.

Notes:
(1) Christian Geyer, »Rot stellt sich tot«, Frankfurter Allgemeine Zeitung v. 8.4.2009. L’expression fait allusion au slogan des années 1970-1980 : „Lieber rot als tot, plutôt rouge que mort, réponse au slogan des années 1950 Lieber tot als rot [NdT]
(2) Ralf Schönball: »Wohnhäuser in Berlin für eine Milliarde gesucht«, in: Tagesspiegel v. 15.3.2006
(3) IHK Newsletter Bau- und Immobilienwirtschaft Nr. 7 v. 9.9.2008
(4) www.bmgev.de/privatisierung/konferenz-dokumentation/praesentationen/praesentation-andrej-holm.pdf, consulté le  10.9.2009


Oskar Lafontaine, chef de la Linkspartei, dans le miroir d'Angela Merkel. Ludvik Glazer-Naudé

Un bilan détaillé et critique de 20 ans de PDS / Linkspartei, se trouve dans le livre de Jutta Ditfurth »Zeit des Zorn. Streitschrift für eine gerechte Gesellschaft« [«Temps de la colère. Pamphlet pour une société juste »]. München: Droemer Verlag 2009, 272 S., 16,95 Euro  .

 


Source : www.jutta-ditfurth.de et http://blog.prinz.de/wahl09/2009/09/11/%c2%bbsackgasse-linkspartei%c2%ab/-  »Sackgasse Linkspartei«

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 12:47

AUTEUR:  Leonard PELTIER

Traduit par  Fausto Giudice


La libération conditionnelle de Leonard Peltier, le militant amérindien Anishinaabe/Lakota, membre de l'American Indian Movement, emprisonné depuis 1977 pour la mort de deux agents du FBI dans la réserve de Pine Ridge, vient d’être refusée après que les autorités ont décidé que le remettre en liberté – comme le permet la loi - diminuerait la gravité de son crime.
Bien qu’il ait reconnu avoir été présent lors des incidents ayant débouché sur ces morts violentes, en juin 1975, Leonard Peltier a toujours nié avoir tué les deux hommes et a répété, lors de ses nombreux procès en appel, avoir été victime d’un coup monté par le FBI. Peu après les événements, il avait fui au Canada, avant d’être extradé en 1976 vers les USA.
Peltier ne sera pas admissible à une libération conditionnelle avant... juillet 2024. Il aura alors 79 ans.
Considéré comme l’un des plus anciens prisonniers politiques du monde. Leonard Peltier est, pour nombre d’Amérindiens, un symbole de la lutte et de la résistance autochtone.

Voici sa déclaration rendue publique le 11 septembre, à la veille de son 65ème anniversaire.

Le département usaméricain de la Justice a de nouveau fait de son appellation arrogante et prétentieuse un objet de risée.

Après avoir fait libérer un adepte authentique et persistant de Charles Manson, leader d’un culte de la mort, qui avait tenté d’assassiner le président Gerald Ford, un terroriste croate reconnu, ainsi qu’un autre auteur d’une tentative d’assassinat contre le président Ford, en application de la loi sur les mises en liberté obligatoires après 30 ans de réclusion, la Commission US des mises en liberté conditionnelle (Parole Commission) a estimé que ma libération « ferait la promotion d’un manque de respect pour la loi ».

Si seulement le gouvernement fédéral avait respecté ses propres lois, pour ne pas parler des traités qui sont, en vertu de la Constitution US, la loi suprême du pays, je n'aurais jamais été condamné ni forcé de passer plus de la moitié de ma vie en captivité. Sans parler du fait que toute loi dans ce pays a été créée sans le consentement des peuples premiers et qu’elle est appliquée de manière inégalitaire à nos dépens. Mon expérience devrait pour le moins remettre sérieusement en cause la compétence juridique douteuse du FBI sur les terres indiennes.

La phrase de la Commission était une citation de la formule employée par le futur ex-Procureur fédéral Drew Wrigley, qui apparemment espère conquérir le poste de gouverneur du Dakota du Nord à la tête de la cavalerie du FBI.
Ce faisant, il marche sur les traces de William Janklow, qui a construit  sa carrière politique sur sa réputation de chasseur d’Indiens, passant du poste de procureur tribal (et violeur présumé d'une mineure indigène) à celui de Procureur général de l'État, puis de gouverneur  du Dakota du Sud et de membre du Congrès. Certains se souviendront que Janklow avait revendiqué  la responsabilité d’avoir dissuadé Président Clinton de m’accorder le pardon avant d’être reconnu coupable d’homicide (et démis de sa charge au Congrès). Le prédécesseur historique de Janklow, George Armstrong Custer, espérait de même qu’un massacre glorieux de Sioux le propulserait à la Maison Blanche, et nous savons tous ce qui lui est arrivé.

Contrairement aux barbares qui réclament mon sang dans les couloirs du pouvoir, les peuples premiers sont de vrais humanitaires : nous prions pour nos ennemis. Mais nous devons être assez réalistes pour nous organiser afin de gagner notre propre liberté et l'égalité en tant que nations. Nous constituons 5% de la population du Dakota du Nord et 10% de celle du Dakota du Sud et nous pourrions utiliser cette influence pour promouvoir notre propre pouvoir sur les réserves, où nous devrions nous concentrer. Si nous étions organisés comme un bloc électoral, nous pourrions défaire la base même de la compétition entre Dakotas pour savoir qui est le plus raciste. Dans les années 1970 nous avons été obligés de prendre les armes pour affirmer notre droit à la survie et l'auto-défense, mais aujourd'hui, la guerre n’est qu’une idée parmi d’autres. Il nous faut maintenant résister à l'oppression et la colonisation armées avec nos corps et nos esprits. Le droit international est de notre côté.

Compte tenu du profil de ces trois détenus fédéraux mis en liberté conditionnelle récemment, il pourrait sembler que mon plus grand crime est d’être un Indien. Mais la vérité est que mon plus grave crime est d’être innocent. En Iran, les prisonniers politiques sont parfois libérés s'ils s’avouent coupables des accusations ridicules pour lesquelles ils sont traînés en justice, afin de les discréditer et de les intimider, eux et les citoyens qui pensent comme eux.

Le FBI et ses commis ont suggéré la même chose, tout comme la Commission des mises en liberté conditionnelle, lorsqu’elle a décidé en 1993 que mon refus d'avouer motivait son refus de libération conditionnelle.


"Obama ! Le changement et l'espoir, pour les Indiens américains, commence par la liberté de Leonard Peltier" (Manifestation de l'AIM, American Indian Movement)

 

Se proclamer innocent,  c’est suggérer que le gouvernement a tort, si ce n’est qu’il est lui-même coupable. Le système judiciaire usaméricain est configuré de telle sorte que l’accusé n'est pas condamné pour le crime lui-même, mais pour avoir refusé d'accepter un quelconque plaidoyer de marchandage (reconnaissance préalable de culpabilité) et pour avoir osé contraindre le système judiciaire à lui reconnaître le droit de rejeter les charges retenues contre lui dans un procès. Une telle insolence est invariablement punie par des réquisitions du ministère public en faveur de peines maximales, quand il n’exclut pas carrément l’échelle de peines proposées par le tribunal dans ses directives, ainsi que toute possibilité de mise en liberté conditionnelle.

Pour autant que les non-autochtones détestent les Indiens, nous sommes tous dans le même bateau.

Tenter de copier ce système au sein de l’administration tribale est pitoyable, pour le moins.

Ce n'est que cette année, dans l’affaire Troy Davis, que la Cour suprême a reconnu la proclamation d’innocence comme un moyen de défense juridique légitime. Comme les témoins qui ont été contraints de témoigner contre moi, ceux qui ont témoigné contre Davis ont renoncé à leurs déclarations, et pourtant Davis a frôlé a mise à mort. J’aurais pu moi-être exécuté, si le gouvernement du Canada n’avait mis comme condition à mon extradition une renonciation à la peine de mort.

L'ordre ancien est bien représenté par le juge Antonin Scalia de la Cour suprême, qui a déclaré dans son avis dissident dans le cas Davis : " "Cette Cour n’a jamais considéré que la Constitution interdit l’exécution d’un accusé reconnu coupable qui a eu un procès complet et équitable mais a ensuite été en mesure de convaincre un tribunal d’habeas corpus  qu’il est « effectivement » innocent. Bien au contraire, nous avons à plusieurs reprises laissé la question sans réponse, tout en exprimant des doutes importants sur le fait qu’une quelconque proclamation d’ « innocence effective » alléguée puisse avoir valeur constitutionnelle. »

L’estimé sénateur du Dakota du Nord , Byron Dorgan, qui est actuellement le président de la Commission permanente du Sénat aux Affaires indiennes, a utilisé sensiblement le même raisonnement lorsqu’il a écrit que «notre système juridique a jugé Leonard Peltier coupable du crime dont  il était accusé. J'ai passé en revue les actes du procès, et je pense que le verdict était équitable et juste ».

Pour les autochtones, c'est une déclaration bizarre et incompréhensible tout comme l’est l’assertion que l'innocence et la culpabilité ne sont qu’un simple statut juridique, pas nécessairement ancré dans des faits matériels.

C'est un truisme de dire que tous les prisonniers politiques ont été reconnus coupables des crimes dont ils étaient accusés.

La vérité est que le gouvernement veut obtenir de moi une fausse confession dans le but de valider une opération qui était un coup monté plutôt bâclé, dont l’exposition publique pourrait ouvrir la porte à une enquête sur le rôle des USA dans la formation et l’équipement de milices de goons [Guardians of the Oglala Nation, milice mise en place par Dick Wilson président du conseil tribal de la réserve oglala-lakota de Pine Ridge dans le Dakota du Sud, en 1972 ; goon signifie aussi jaune, au sens de briseur de grève, NdT] pour éliminer le mouvement de base contre la dictature fantoche à Pine Ridge [le conseil tribunal corrompu de la réserve, NdT].

 

En Usamérique, il ne peut par définition pas y avoir de prisonniers politiques, mais seulement des gens dûment  jugés coupables par un tribunal légal. Il est jugé trop controversé ne serait-ce que d’envisager publiquement que le gouvernement fédéral pourrait fabriquer et supprimer des preuves pour provoquer la défaite de ceux qu’il considère comme ennemis politiques. Mais c'est un fait démontrable à chaque étape de mon affaire.

Je suis aujourd'hui  un prisonnier politique de Barack Obama, et j'espère et je prie pour qu’il adhère aux idéaux qui l’ont poussé à briguer la présidence.   Mais, comme Obama lui-même pourrait le reconnaître, si nous l'attendons pour résoudre nos problèmes, nous passerons à côté du message de sa campagne. C’est seulement en nous organisant dans nos propres communautés et en faisant pression sur ceux qui sont censés être nos dirigeants que nous pourrons susciter les changements dont nous avons tous un tel besoin.
 S'il vous plaît soutenez le Leonard Peltier Defense Offense Committee dans notre effort pour amener le gouvernement des USA à respecter sa propre parole.

Je vous remercie, vous tous qui êtes restés à mes côtés pendant toutes ces années, mais nommer qui que ce soit en exclurait bien d’autres.

Nous ne devons jamais perdre l'espoir dans notre lutte pour la liberté.

Dans l'esprit de Crazy Horse,

Leonard Peltier

Leonard Peltier #89637-132
USP-Lewisburg
US Penitentiary
PO Box 1000
Lewisburg, PA 17837
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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 12:42

Nous pouvons être fiers de ce que nous avons fait, de ce que nous faisons.

Byen bonswa tout moun,

Pèp Gwadloup, nous avons le soutien fraternel de beaucoup de travailleurs sur la terre. Nous avons [lors du déplacement de 5 jours en France] des travailleurs camerounais, gabonais, mauritaniens, commoriens, togolais, des travailleurs français, des représentants des partis politiques, et même monseigneur Gaillot... Et tous nous ont dit de ne pas lâcher, que nous avons raison (de lutter).

Camarades, à la Fête de L’Humanité, nous sommes intervenus dans plusieurs meetings et conférences et les responsables de la Fête sont venus nous confier que c’était la première fois qu’ils voyaient autant de monde présent aux conférences. Nous sommes aussi intervenus le dernier jour devant plus de 40 000 personnes et je peux vous affirmer que nous pouvons être fiers de ce que nous avons fait, de ce que nous faisons.

Nous pouvons en être très fiers, et nous étions même à certains moment gênés car il arrivait que des participants nous regardent comme des "maîtres" ; et à certains moments ils venaient nous demander des "conseils". Nous leur avons à tous répondu que chacun fait ce qu’il faut, mais qu’il s’agit avant tout de se battre.

Le gouvernement Sarkozy est un état policier qui a délibérément choisi de faire de l’action syndicale un crime.

Nous pouvons être fiers. Contrairement à ce que quelques journalistes du Figaro et de L’Express écrivaient, à savoir que les guadeloupéens sont racistes, eh ben les français eux ne le pensent pas du tout. Les travailleurs de France nous apprécient et voient en nous un modèle de lutte à développer chez eux aussi. Et à plusieurs reprises, ils nous ont interrogé sur ce qu’il leur fallait faire pour nous aider. Nous leur avons dit que ce qu’ils avaient à faire, eh ben, c’est justement de "mettre en route" [enclencher la vitesse supérieure, mettre la pression] sur Sarkozy aussi.

Nous avons rencontré les travailleurs de MOLLEX, de CONTINENTAL, de GOODYEAR, de la POSTE, et tous sont sur la même ligne que le LKP. Et ils nous ont affirmé s’être aussi inspirés de notre lutte pour entrer en mouvement.

Nous avons également rencontré les travailleurs kanaks de L’USTKE qui sont actuellement en France, parce que nous savons tous que 7 de leurs dirigeants ont été arrêté puis condamnés. Et qu’aujourd’hui la cour d’appel [de Nouméa] a condamné le président du syndicat [ Gérard JODAR ] à neuf mois de prison ferme. Parce qu’ils avaient pénétré sur une piste d’aéroport fermée et dans un avion vide, la justice a considéré qu’ils avaient entravé la circulation des avions. Alors, là aussi ils nous adressent leur solidarité et nous aussi nous leur adressons notre solidarité. Car aujourd’hui on comprend bien que le gouvernement Sarkozy est un état policier qui a délibérément choisi de faire de l’action syndicale un crime.

Jodila, nous avons plusieurs militants de L’UGTG qui ont reçu la visite à leur domicile de la gendarmerie pour des prélèvements de leur ADN.
Jodila, un militant syndicaliste est considéré comme étant pire qu’un pédophile ; avec des prélèvements d’ADN.
Nous avons vu la manière dont ils ont condamné les salariés de CONTINENTAL à 5 mois de prison avec sursis pour avoir défendu leur emploi.
Jodila, pour L’USTKE en Nouvelle Calédonie qui se rebellent contre l’ordre colonial, c’est la même chose.

Nous le redisons à ce préfet : mettez vous au travail !

Nous avons vu tous les rapports qu’ils ont produit (rapports sur l’essence, rapport sur les prix qui affirme que ni l’octroi de mer ni les coûts du transport ne peuvent justifier de tels écarts) qui démontrent très clairement qu’ils nous volent. Mais ces rapports prétendent aussi qu’il n’y a pas assez de concurrence, qu’il faut plus de concurrence pour faire baisser les prix. Et là dessus monsieur Willy ANGELE [président du MEDEF Guadeloupe] a déjà annoncé la couleur en affirmant qu’ils voulaient [eux le patronat] faire de la Guadeloupe le Singapour de la Caraïbe. A Singapour, c’est la prostitution légalisée, c’est le travail des enfants, il n’y a pas de couverture sociale, il n’y a pas de syndicats, les gens travaillent 40 heures et dorment debout. Voilà ce qu’ils nous proposent ! Le Singapour de la Caraïbe...

On comprend donc encore mieux les choses à la lecture de tous ces rapports qui disent qu’il y a quelques groupes, pour ne pas dire quelques grandes familles possédant plus de 40% des surfaces commerciales dans ce pays ; qu’il y a des ententes illicites entre les grossistes et les distributeurs ; qu’il y a des accords d’exclusivité qui permettent à certains d’imposer leurs prix...

Et bien évidemment l’Etat est au courant. Mais il faut dire la vérité : Tous ces fonctionnaires de l’Etat présents à la DRIRE, à la DIREN, à la préfecture, ne sont qu’une bande de pistonnés fainéants qu’on nous envoie ici en Guadeloupe. Monsieur Ambroise [Jean Jacques, directeur régional de la direction de la concurrence et de la répression des fraudes, remercié discrètement en juillet dernier] était membre de l’Observatoire des prix. Il est resté six ans comme directeur de la DRCRF en Guadeloupe sans jamais effectuer un contrôle. Ils sont ici , et ils se la coulent douce... Mais ils se la coulent douce entre eux : avec les DESPOINTES[un des clans békés installés en Guadeloupe] ; sur les yachts des HAYOT[première fortune békée de la Martinique] le week-end ; en participant à des soirées piscines dans leurs résidences... Comment dès lors peuvent-ils aller ensuite contrôler le magasin de leurs hôtes ?

Voilà la triste vérité ! Lorsqu’il s’agissait de donner des autorisations d’organiser des vivanderies (soirées) au Mercury Day, c’est les mêmes que l’on y retrouvait : Les Affaires Maritimes et la Préfecture ! Ils sont eux, ils organisent leurs vivanderies, ils se la coulent douce dans notre pays... Et après cela, ils iraient contrôler un quelconque magasin ? !

Le préfet a prétendu que les brigades de contrôle des prix que nous mettons en place sont illégales. Mais nous le redisons à ce préfet : sortez de votre sieste et mettez vous au travail !

L’Etat français, le principal garant de la pwofitasyon est associée aux malfaiteurs qui nous volent

C’est écrit dans le protocole : l’Etat s’engageait à mettre sur pieds des brigades de la répression des fraudes pour contrôler et sanctionner les dérives ! Ils ne l’ont jamais encore fait ! Et curieusement, lorsqu’il a su que nous mettions sur pied des brigades, il s’est empressé de demander à ses services de s’activer pour procéder à des contrôles...

Mais nous savons déjà que cela n’aboutira à rien : car comme je l’ai expliqué à l’instant, le samedi ils sont sur la plage ou autour d"une piscine à manger ensemble leurs grillades et à savourer ensemble... Voilà la réalité : c’est une association de malfaiteurs.

Jodila, l’Etat français, qui est le principal garant de la pwofitasyon, est associé aux malfaiteurs qui nous volent !

Et jodila, ils ont choisi une Guadeloupéenne, Marie Luce Penchard, pour être leur bras armé afin qu’ils continuent à nous spolier ! Et le camarade de L’UNSA [Gérard Alidor, "camarade parrain", secrétaire de L’UNSA] a raison : si elle avait réellement la fierté d’être guadeloupéenne, elle n’aurait pas accepté ce vol et aurait démissionné. Car comme nous le disons ici : apa paskè zèl a ravèt vewni, kè sé bon vyann...

Voilà ainsi qu’ils entendent nous avoir : comme elle est guadeloupéenne, ils nous demandent d’être "responsables", "raisonnables", d’être "gentils"... Mais "gentils" = kouyon !!! Et c’est cela qu’a également réclamé sa mère [Lucette Michaux-Chevry, ancienne secrétaire d’état à la francochonie, ancienne présidente du conseil général puis du conseil régional de Guadeloupe, aujourd’hui sénatrice] qui nous demande de nous assoir autour d’une table pour discuter... Nou paka palé ankò ! Que chacun fasse son boulot, que chacun prenne ses responsabilités... Car tous ces rapports prouvent une nouvelle fois que leurs états généraux n’était qu’une vaste blague...

Dernièrement je suis tombé sur le texte de quelqu’un qui a participé à l’atelier sports des états généraux... Et ces jours-ci, il fulmine car là encore car tout ce qui a été produit par cet atelier a été "oublié" dans la synthèse finale... Comme s’il pouvait l’ignorer... Pendant notre visite en France, nous avons également rencontré des personnes en colère qui avaient participé aux "états généraux de la métropole" et qui considéraient qu’on les avait "roulé dans la farine" (dixit).

Ainsi, l’Etat français organise des états généraux, vous berce d’illusions, vous manipule, et vous continuez pour autant à y croire... C’est ce même Etat qui affirmait qu’il allait prendre des décisions à l’issue d’une réunion interministérielle... Mais madame Penchard, elle, n’attend pas pour prendre des décisions en faveur de la SARA [Société Anonyme de Raffinerie des Antilles].

C’est extraordinaire ! Elle a pris des décisions : elle a baissé les marges de la SARA, elle a baissé les marges des compagnies pétrolières, elle a baissé la taxe de dépôt, supprimé la taxe sur les huiles usées, ... Et malgré cela l’essence augmente de 22 centimes...
Car bien évidemment cette hausse nous est administrée par petites doses pour qu’on ne la "sente" pas : mais c’est bien 22 centimes d’augmentation qu’ils ont décidé.

Nous n’avons pas d’autre solution : la mobilisation et l’action.

Ils ont déjà donné à TOTAL 44 millions et prévoient de lui en verser autant encore d’ici la fin de l’année. Le gouvernement est donc allié aux pwofitan et madame Penchard est leur bras armé. Alors camarades, nous n’avons d’autre solution que celui de la mobilisation et de l’action.

Mais seulement, nous leur disons que nou paka bwè soup annou cho... Nous organisons tous ces jours des meetings dans les communes et distribuons des tracts. Camarades, participez à ces meetings, lisez les tracts, faites un peu de sport... pour que le moment venu on puisse les affronter. Parce que de toutes les façons, nous n’avons pas le choix : c’est soit eux, soit nous, sé swa Yo, swa Nou. Et nous avons choisi le Nou, car c’est notre pays, camarades !

Ansanm nou ka lité, Ansanm nou ké gannyé !
Jou nou ké mété a jounou, péké vwè jou !

Mèsi !

Elie Domota,
Meeting du LKP, mardi 15 septembre 2009
An bik la, palais de la Mutualité

Source : http://ugtg.org/
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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 23:02


la fête de l'Huma à ses rythmes, ses scènes, ses générations, ses concerts, ses débats,

 

Ma fête de l'Huma à moi c'est une autre fête, celle de derrière les fagots, au front des friteuses, au bal du petit matin à la garde de nuit, du repas servi dans un stand monté et démonté au quotidien,

 

Ma fête à moi c'est Malika et sa maladie qui la ronge elle servira des repas deux jours pleins et à qui je présenterai Abdallah, deux Kabyles de la meilleur veine.

 

Ma fête à moi c'est Kiki, un cheminot, amoureux transi, 4 jours sur le stand, de bons offices pour un stand sur les rails,

 

Ma fête à moi c'est deux frangines, une adjointe au maire l'autre pas. Service repas assuré deux jours durant, Martine et Françoise c'est presque un titre de la bibliothèque verte,

 

Ma fête à moi c'est Christian fidèle au bar, pas un mot plus haut, un coeur en éveil.

 

Ma fête à moi c'est Nicole et son fils, plateau après plateau, là aussi on est riche de sa générosité.

 

Ma fête à moi c'est Patrick, pas facile à gérer, là depuis le mardi, comme Dédé, Jeannot et notre Grégory, ceux là prennent une semaine de congés pour monter et démonter le stand, je suis l'un de d'entre eux.

 

Ma fête à moi c'est ma maire qui passe sur le stand, qui connait tout le monde, que tout le monde connait, demeurée elle-même, valentonnaise dans l'âme.

 

Ma fête à moi c'est Danielle et Daniel, un couple, le couple, elle fait les entrées avec Geneviève, elles se farcissent deux jours salades, melons, gésiers, Popeye (Daniel) est aux entrées lui aussi mais celles du restaurant avec ses 400 repas servis comme des pros.

 

Ma fête à moi c'est Christian, l'autre, derrière la friteuse, le couteau entre les dents en bon normand, pas causant ce bestiaux mais un rouge vif, très vif d'ailleurs il fait les pavés de boeuf.

 

Ma fête à moi c'est Youri de la Cnt, avec son look redskin, il sert au bar Youri, sans complexe, c'est un enfant de chez nous, il a été conseiller municipal Youri l'anar.

 

Ma fête à moi c'est Sandrine qui passe au stand , venue de sa Lozère, l'ancienne valentonnaise est en sécurité de nuit, dormez braves gens.

 

Ma fête à moi c'est Mariette, la caissière qui slame et qui ne lâcherai pas sa caisse, celle du parti.

 

Ma fête à moi c'est Cédric et Magalie, la fille de la caissière qui assurent aux crêpes, la dernière trouvaille.

 

Ma fête à moi a les yeux d'Hélène, adjointe au maire, elle sert, elle lave,elle essuie, elle veille, une mère tendresse.

 

Ma fête à moi c'est cela.

 

Ma fête à moi c'est Mathilde, couvée par Jean-Pierre, elle c'est l'Uec lui notre secrétaire de section, il fait tourner ce truc impossible, un stand d'une ville de 12 000 habitants avec ses 70 militants accrochés aux branches et à la voilure d'une ville éphémère.

 

Ma fête à moi c'est vous qui passez, vous êtes montés dans le bus sur la place du marché, tous les âges, les retrouvailles de l'année, le passage par notre bien commun, la fête d l'Huma.

 

Ma fête c'est Charly, Raoul, Jacques de Cuba Si, ils bossent comme des barjots aussi et ne voient que leur stand.

 

Et puis vous qui passez par hasard, par le bouche à oreille, qui revenez, qui découvrez, qui nous dites à l'an prochain, comme une promesse fraternelle.

 

Ma fête c'est pas banal, je ne vois quasi rien, pas de concert, pas d' expo, pas de village du livre.

Pourtant ce livre qui compte une page de plus chaque fois nous l'écrivons ensemble, vous dans les allées, nous là dans les stands et vous savez, en fait l'essentiel est sans doute cela, que nous ne nous soyons pas loupés, les uns et les autres.

 Comme dans chaque partie, chaque infime parcelle du terrain les militants communistes assurent avec générosité, avec fraternité, avec solidarité.

 Alors je ne suis guère politique dans ces mots jetés pourtant la politique commence sans doute comme cela, quand un groupe d'individus appartenant à une classe sociale décide de construire son destin. Il s'organise, se donne une pensée collective, se bat et fait la fête et celle de l'Huma c'est vivement l'an prochain.

 Peut-être que je verrai un concert et que je m'offrirai un bouquin, peut-être mais je serai à ma place, avec les miens.

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 21:25

Pourquoi la pochette de Horses nous est-elle apparue tout de suite comme une évidence ? Mieux, une perfection ? On y voit des choses indéfinies : le sexe, l'époque, le lieu. Mur et chemise d'un blanc virginal. Patti Smith approche la trentaine et elle vient de naître à nos yeux.

Bien des fantômes l'habitent (Rimbaud, Dylan, Keith Richards…) mais le portrait de Robert Mapplethorpe sait les rendre invisibles. Elliott Murphy la comparait à Jeanne d'Arc et Bonaparte. Il y a du défi dans son regard, de la morgue, une ardeur guerrière ? Au moment de la photo pourtant rien n'est joué, tout est à faire. C'est peut-être le secret de son impact.

Avant l'album est sorti un 45-tours avec Gloria d'un côté, My Generation de l'autre (et encore avant, l'incunable Hey Joe / Piss Factory). A l'enseigne du Patti Smith Group, détail qui compte.
Lenny Kaye, guitariste, ex-critique, compilateur de l'anthologie Nuggets, y figure en quasi-jumeau de Patti (ils sont nés à 3 jours d'intervalle). Le Gloria des Them était un des chevaux de bataille des garage-bands 1965-66 et le PSG (hum) est un garage-band conceptuel monté par un collectif d'artistes beatnik-punks. New York est leur base, Patti venant de Chicago est la provinciale, middle-class émancipée littéraire, conquérante. Sa mère était témoin de Jéhovah, Patti sera prêtresse, poète et rock'n'roll.

Jesus died for somebody's sins but not mine, lâche la voix traînante au début de son Gloria (version précise la parenthèse).
En une phrase, elle fonde une espèce de religion débraillée, païenne, un peu poseuse aussi. Le reste du traitement infligé au standard dépasse toutes les espérances. Gloria est sens dessus dessous, c'est un nigger man nigger man nigger man qui vient knockin' at my door, knockin' at my door… Van Morrison n'avait pas pensé à ça. Patti Smith, mi-fée, mi-sorcière, fait des trucs auxquels les petits gars du rock n'avaient jamais pensé. Elle les toise du haut de son immaculée conception.

à suivre

Patti Smith : Gloria (1975)
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Published by valenton rouge - dans le coin du poête
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