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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 21:41

Les huit organisations syndicales réunies lundi soir 9 février à Paris ont décidé d'appeler les salariés à une nouvelle journée d'action nationale, le jeudi 19 mars, afin de réclamer du gouvernement des mesures sociales contre la crise. Ils entendent ainsi maintenir la pression sur le gouvernement dans l'optique de la rencontre programmée le 18 février avec Nicolas Sarkozy.

 

Réunis au siège du SNES, les syndicats ont préservé l'unité qui leur avait permis de faire de la mobilisation du 29 janvier un succès, avec 1 à 2,5 millions de manifestants qui ont défilé dans les rues des villes françaises.

Les syndicats - CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, UNSA et Solidaires - considèrent que le "sommet social" du 18 février est "un élément important", mais regrettent que le président de la République maintienne "pour l'essentiel ses orientations", ont indiqué les huit organisations dans une déclaration commune, lue par le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, à l'issue d'une réunion de près de trois heures.

Lors de son intervention radiotélévisée, jeudi dernier, le chef de l'Etat avait convié les partenaires sociaux le 18 février à l'Elysée pour discuter d'une série de propositions : meilleure indemnisation du chômage partiel, meilleure indemnisation pour les fins de contrats à durée déterminée et amélioration de la couverture chômage des jeunes.

Pour les classes moyennes, il s'est dit ouvert à la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu, à une augmentation des allocations familiales et à l'octroi de chèques emploi-service pour les personnes âgées ou les femmes seules qui travaillent. Il a par ailleurs proposé de rediscuter du partage des profits des entreprises selon la règle des trois tiers, un tiers pour les salariés, un tiers pour les actionnaires et un tiers pour les entreprises.

Les syndicats avaient fait part de leur "déception" au lendemain de cette intervention. Lundi soir, dans leur déclaration commune, ils évoquent des réponses qui "restent loin des attentes et des exigences de la mobilisation du 29 janvier".

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 20:01
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PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy subit un choc de défiance et les Français sont de plus en plus sceptiques sur ses réponses à la crise, selon un sondage Viavoice publié dans l'édition de lundi de Libération.

Seules 41% des personnes interrogées émettent désormais une opinion positive sur le chef de l'Etat, contre 53% d'un avis contraire, soit un repli de 5 points par rapport à son score du mois dernier, et de 7 points par rapport à celui de novembre.

Pour Viavoice, ce contexte d'impatiences économiques "plaide en faveur des mouvements sociaux."

Ce sont les Français dont la situation économique est la plus modeste qui retirent le plus massivement leur soutien: le chef de l'Etat ne recueille plus que 34% d'opinions positives auprès des ouvriers, souligne l'institut.

Concrètement, les Français apparaissent de plus en plus sceptiques à l'égard de l'action engagée par le chef de l'Etat face à la crise: 66% déclarent ne pas être "satisfaits" des "actions menées par Nicolas Sarkozy face à la crise économique", soit une progression des insatisfactions de 10 points en un mois.

Dans le sillage du président de la République, le Premier ministre voit lui aussi son image se dégrader; François Fillon enregistre une popularité de 44%, en baisse de 4 points par rapport à janvier, et de 10 points par rapport à novembre.

Pour 53% des Français, c'est "justement le moment de faire des mouvements sociaux", seulement 38% se rangeant à l'opinion inverse.

Cette lecture s'explique par des clivages politiques majeurs: les sympathisants de gauche militent massivement (74 %) en faveur de la contestation, alors que ceux de droite sont favorables à l'apaisement (69%).

Ce sondage a été effectué les 6 et 7 février, après l'intervention télévisée du président français, auprès d'un échantillon de 1.014 personnes.

Gérard Bon, édité par Henri-Pierre André

© Thomson Reuters 2009 Tous droits réservés.

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 18:07

Un bateau humanitaire intercepté par la Marine israélienne, escorté au port d'Ashod (Sud d'Israël)le 5 février 2009.

Un bateau humanitaire intercepté par la Marine israélienne, escorté au port d'Ashod (Sud d'Israël)le 5 février 2009.

Les passagers et l'équipage d'un bateau transportant de l'aide humanitaire vers Gaza en provenance du Liban, arraisonné jeudi, ont été libérés et expulsés vendredi 6 février, apprend-on de source militaire israélienne.
Dix d'entre eux ont expulsés vers le Liban. L'ancien archevêque grec-catholique de Jérusalem, Monseigneur Hilarion Capucci, 84 ans, a été expulsé vers la Syrie et d'autres militants pro-palestiniens doivent être renvoyés vers l'Europe en avion, a-t-on ajouté.
Un millier de poches de sang transportés par le bateau ont été transférées vers la bande de Gaza en attendant le transfert de médicaments et nourriture trouvés à bord.

"Acte de piraterie"


Un porte-parole de l'armée a précisé "qu'aucune arme n'a été découverte à bord du bateau" qui est resté à quai en Israël.
Le bateau battant pavillon togolais, escorté par la marine de guerre israélienne, avait été conduit au port israélien d'Ashdod après avoir tenté de forcer le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, depuis que ce territoire est tombé sous le contrôle du mouvement islamiste Hamas en 2007.
Le "bateau de la fraternité" transportait des tonnes de médicaments, produits alimentaires, jouets, vêtements, détergents, matelas et poches de sang offerts par des ONG libanaises et palestiniennes, selon les organisateurs du voyage.
Un porte-parole du gouvernement du Hamas, Taher al-Nounou, avait condamné "l'acte de piraterie de l'occupation israélienne à l'encontre du bateau de nos frères libanais".

Journalistes maltraitées

Une journaliste arabe qui était à bord a accusé les Israéliens de l'avoir maltraitée, ainsi qu'une consoeur.
"Ma collègue (de la chaîne libanaise NTV) Ougarit Dandache et moi-même avons été frappées par un soldat israélien", a assuré Salam Khodr, correspondante de la chaîne qatarie Al-Jazira.
"Ils nous ont lié les poings et bandé les yeux puis ont pris des photos", a ajouté la journaliste, indiquant que les soldats ont obligé les passagers à "se coucher par terre ou à se mettre à genoux".
"Ils nous ont séparés et interrogés après avoir confisqué nos papiers d'identité et nos équipements", a-t-elle ajouté.
"Nous étions leurs otages, ils nous ont traités comme des criminels", a ajouté Salam Khodr.
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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 18:03

Après l'intervention de Nicolas Sarkozy

Un nouveau rendez-vous de mobilisation s'impose

vendredi 6 février 2009

De l'entretien télévisé de Nicolas Sarkozy d'hier, on retiendra surtout qu'il réagissait à l'immense mobilisation des salariés du 29 janvier. Force est de constater que si le Président de la République s'est présenté à l'écoute des inquiétudes, il n'apporte aucune réponse concrète aux revendications exprimées.

Le Chef de l'Etat convoque le 18 février une rencontre entre les pouvoirs publics, le patronat et les syndicats. Ce cycle de discussions pourrait notamment porter sur le partage des profits entre les actionnaires et les salariés. Cela confirme la force des revendications pour la revalorisation des salaires, la profondeur du sentiment d'injustice suscité par les réponses gouvernementales à la crise financière et économique. Mais Nicolas Sarkozy continue de justifier sa politique opposant la relance de l'investissement à celle de la consommation, pour mieux rejeter toute idée de revalorisation du SMIC et des salaires.

Face à l'expression des préoccupations sur l'emploi, il a dû occuper le terrain. Il s'est prononcé pour l'arrêt des délocalisations de l'industrie automobile, mais est resté muet sur les moyens qu'il entend mettre en œuvre pour y parvenir. Il n'a apporté aucune réponse à la revendication de nouveaux droits collectifs d'intervention des salariés pour s'opposer aux suppressions d'emplois et aux fermetures d'entreprise. Pire, la seule décision prise est un nouveau cadeau accordé sans contrepartie aux entreprises : la suppression de la taxe professionnelle, annonciatrice d'un alourdissement de la fiscalité locale, au détriment du pouvoir d'achat des salariés, chômeurs et retraités.

Il a dû reconnaître que l'accord sur l'assurance chômage, non signé par 4 confédérations sur 5 et auquel la CGT s'est opposée, ainsi que celui sur le chômage partiel, ne répondait pas à l'évolution des besoins d'indemnisation des chômeurs. Il a envisagé des mesures complémentaires en matière de chômage partiel, pour les précaires et pour les jeunes. Mais aucune disposition immédiate n'a été annoncée, tout a été renvoyé à de nouvelles discussions.

En revanche, la politique de non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite est confirmée. Alors que les instituts officiels pronostiquent des centaines de milliers de suppressions d'emplois en 2009 dans le secteur privé, cela ne peut que réduire encore plus les offres d'emploi et aggraver le chômage.

Ni les propos du Président de la République ni ceux de la Présidente du MEDEF ne répondent aux revendications de la déclaration commune du 5 janvier des 8 organisations syndicales. Ils confirment le bien fondé de la mobilisation des salariés et la nécessité de la poursuivre et de l'amplifier. Dans les entreprises, le nouveau rapport de force créé par l'ampleur de la mobilisation doit se traduire en actions pour les salaires et l'ensemble des revendications. La pression de la mobilisation doit s'exercer sur la rencontre du 18 février. Un nouveau rendez-vous de mobilisation national interprofessionnel unitaire doit être proposé aux salariés.

Ces perspectives seront l'objet de la réunion de lundi des 8 organisations syndicales ayant appelé à l'action du 29 janvier, sur la base de leur déclaration revendicative commune.

Montreuil, le 6 février 2009

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 12:38

OTAN: le Pitbull Impérial
Edward S. Herman
 
L'un des clichés les plus fallacieux de l'histoire des pays occidentaux après la Seconde Guerre mondiale est que l'OTAN fut créée comme une organisation défensive pour contrer la menace d'une attaque soviétique contre l'Europe de l'Ouest. C'est parfaitement faux !
 
Février 2009

Source: Z Magazine

Certes, la menace soviétique joua un rôle majeur dans la propagande occidentale, mais bon nombre des plus grands dirigeants U.S. ou d'Europe de l'Ouest reconnaissaient en coulisse que ladite invasion soviétique n'avait rien d'une menace réelle. L'Union Soviétique venait d'être dévastée et, bien que disposant d'une armée considérable, elle était exténuée et avait besoin de temps pour récupérer. Les USA pour leur part étaient en plein essor, la guerre avait revitalisé leur économie, ils n'avaient subi aucun dommage de guerre et disposaient dans leur arsenal d'une bombe atomique dont ils avaient démontré l'efficacité à l'Union Soviétique en tuant un quart de million de Japonais à Hiroshima et Nagasaki [ndt : soit quelque 250 000 personnes en moins de 4 jours, dont une majorité de civils]. A Washington, on envisagea sérieusement de frapper l'Union Soviétique avant qu'elle ne se remette ou ne se dote elle-même de l'arme atomique, mais cette option fut rejetée en faveur des politiques de « Containment », de guerre économique et d'autres formes de déstabilisation. En avril 1950, le rapport NSC 68 [National Security Council Report 68], tout en décriant la grande menace soviétique, appelait explicitement à un programme de déstabilisation visant un changement de régime dans ce pays, lequel se concrétisa finalement en 1991.

De fait, même un partisan de la ligne dure comme John Foster Dulles déclarait en 1949 : « Je ne connais aucun haut responsable militaire ou civil [...] dans ce gouvernement ou dans aucun autre gouvernement, qui croie que les Soviétiques préparent actuellement une conquête sous la forme d'une agression militaire ouverte ». On peut souligner ici que Dulles parle seulement d'une « agression militaire ouverte ». Pour les Occidentaux, la « menace » consistait davantage en un éventuel soutien soviétique à des formations politiques de gauche en Europe de l'Ouest. Le Sénateur Arthur Vandenberg, l'un des pionniers de l'OTAN, déclarait ouvertement que le but d'un renforcement des dispositifs militaires de l'OTAN « devait être avant tout l'objectif pratique d'assurer une défense adéquate contre une subversion interne ». Bien évidemment, le soutien infiniment plus conséquent des USA aux formations de droite ne pouvait nullement sembler appuyer une subversion interne ou constituer une quelconque menace pour la démocratie. Seule une éventuelle aide soviétique à la gauche pouvait s'inscrire dans cette catégorie. (Adlai Stevenson, en 1960, n'appelait-il pas « agression intérieure » la résistance conduite au Sud Vietnam par des populations hostiles au régime minoritaire imposé par les Etats-Unis ?)

Les élites occidentales non-allemandes s'inquiétaient bien davantage d'un possible réveil de l'Allemagne et d'une « menace allemande », et étaient bien plus préoccupées à l'instar des responsables américains, par le moyen de juguler la montée en puissance des forces de gauche en Europe, que par une quelconque menace militaire soviétique. Les Américains n'en pressaient pas moins les Européens de développer leurs forces armées en achetant de l'armement aux industriels U.S. ! Bien que délibérément exagérée, voire fabriquée de toute pièce, la menace militaire soviétique était des plus utiles pour discréditer la gauche en l'associant d'office à Staline, au bolchevisme et à une prétendue invasion soviétique ou à un mythique projet de conquête mondiale.

En réalité, le Pacte de Varsovie était une organisation infiniment plus défensive que l'OTAN. Il fut mis en place après la création de l'OTAN et très clairement en réponse à celle-ci. C'était une union des plus faibles et dont les membres étaient moins fiables. C'est d'ailleurs elle qui finit par s'effondrer, tandis que l'OTAN gardait une place centrale dans le processus à long terme de déstabilisation et de démantèlement de l'Union Soviétique. Cela pour une bonne et simple raison : la puissance et l'armement de l'OTAN faisaient partie intégrante de la stratégie U.S. qui avait consisté à pousser les Soviétiques à des dépenses colossales en armement, au détriment de celles liées à l'amélioration des soins, de la qualité de vie et de tout ce qui leur assurait le soutien de leurs populations. Au contraire, parce qu'elle constituait une menace réelle pour la sécurité, l'OTAN encourageait un niveau de répression aussi néfaste à la loyauté envers l'Etat, qu'à la réputation de celui-ci sur le plan international. Pendant toute cette première période, les dirigeants soviétiques s'efforcèrent vainement de négocier des accords de paix avec l'Ouest, quitte à céder l'Allemagne de l'Est, mais les USA comme leurs alliés et clients dédaignèrent toute proposition de cet ordre.

Comme nous venons de le voir, le point de vue officiel aux Etats-Unis - et de fait celui des médias - est que seule une intervention soviétique en Europe de l'Ouest après la Seconde Guerre mondiale pouvait sembler choquante ou représenter un risque de « subversion interne ». Pour autant, dans un univers moins Orwellien que le nôtre, on conviendrait volontiers que les USA dépassaient largement l'URSS en matière de soutien, non seulement à une « subversion interne », mais au terrorisme pur et simple, dès après 1945. Pour avoir réellement combattu contre l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste, la gauche avait considérablement gagné en puissance au cours de la Seconde Guerre mondiale. Les USA s'opposèrent donc par tous les moyens possibles au pouvoir de la gauche et à sa participation politique, y compris par les armes comme en Grèce [ndt : première utilisation de bombes au napalm contre des civils], ainsi qu'en finançant massivement les partis et personnalités politiques anti-gauche à travers toute l'Europe. En Grèce, ils soutinrent l'extrême droite, et notamment bon nombre d'ex-collabos fascistes, et parvinrent à mettre en place [ndt : avec l'aide des Britanniques] un épouvantable régime autoritaire d'extrême droite. Ils continuèrent aussi à soutenir l'Espagne fasciste et acceptèrent le Portugal lui aussi fasciste comme membre fondateur de l'OTAN, l'armement de l'OTAN permettant notamment au Régime des Généraux portugais de poursuivre ses guerres coloniales [ndt : et à Franco de continuer ses purges]. Un peu partout dans le monde, les USA, puissance dominante de l'OTAN, soutinrent des hommes politiques de droite et d'anciens nazis, tout en se prévalant bien sûr d'être pro-démocratiques et de combattre les totalitarismes.

Le plus intéressant est sans doute le soutien des USA et de l'OTAN à des groupes paramilitaires et au terrorisme. En Italie, ils fonctionnaient main dans la main avec les factions politiques, des organisations secrètes (Propaganda Due : la fameuse loge maçonnique P-2), et des groupes paramilitaires d'extrême droite qui, forts du soutien des forces de l'ordre, mirent en place ce qu'on appela la « Stratégie de la Tension », dans le cadre de laquelle furent menées diverses actions terroristes imputées ensuite aux activistes de gauche. La plus célèbre fut l'attentat de la Gare de Bologne, en 1980, qui fit 86 morts. L'entraînement et l'intégration d'anciens fascistes et d'ex-collabos au sein d'opérations conjointes CIA-OTAN-police, atteignit des sommets en Italie mais n'en était pas moins courant dans le reste de l'Europe. (Pour ce qui concerne l'Italie, cf. Herman et Brodhead « The Italian Context : The Fascist Tradition and the Postwar Rehabilitation of the Right », dans l'ouvrage "Rise and Fall of the Bulgarian Connection", New York: Sheridan Square, 1986). Concernant l'Allemagne, cf. William Blum, "Germany 1950s," dans Killing Hope, Common Courage, 1995).

L'OTAN prit notamment part à la dite "Opération Gladio", un programme organisé par la CIA en collaboration avec les gouvernements des pays membres de l'OTAN et l'establishment de leurs forces de l'ordre, qui mit en place dans différents Etats européens des installations secrètes et des caches d'armes, prétendument pour parer la menace d'une invasion soviétique, mais en réalité destinées à une éventuelle « subversion interne » et à disposition pour soutenir d'éventuels coups d'Etat. Elles furent utilisées en diverses occasions pour mener des opérations terroristes (tels que l'attentat de la gare de Bologne [ndt : ou celui de la Piazza Fontana en 1969] et divers attentats terroristes notamment en Belgique et en Allemagne). [ndt : la mise en place des GAL en Pays Basque entre aussi dans ce cadre]. Les plans du Gladio et l'OTAN furent aussi utilisés pour combattre une « menace intérieure » en Grèce, en 1967 : à savoir, l'élection démocratique d'un gouvernement de gauche. Pour y faire face, les militaires grecs mirent en place un « Plan Prometheus », qui remplaça tout bonnement le mode démocratique par une dictature militaire tortionnaire. L'OTAN et l'administration Johnson n'y trouvèrent absolument rien à redire. D'Italie ou d'ailleurs, d'autres forces du Gladio purent ainsi venir s'entraîner en Grèce pendant cet interlude fasciste, afin d'y apprendre les moyens de gérer une « subversion interne ».

En définitive, dès sa création, l'OTAN s'avéra être une organisation offensive et non défensive, politiquement orientée, diamétralement opposée à toute idée de diplomatie ou de paix, et intrinsèquement liée à des opérations terroristes de très grande envergure ainsi qu'à d'autres formes d'interventionnisme politique anti-démocratiques et menaçant même directement la démocratie (et qu'on aurait évidemment dénoncées comme ouvertement subversives si elles avaient pu être imputées aux Soviétiques).


L'OTAN post-soviétique

Avec l'effondrement de l'Union Soviétique et du si menaçant Pacte de Varsovie, l'OTAN perdait théoriquement sa raison d'être. Or, bien que cette raison d'être n'ait jamais été qu'une supercherie pour que le public reste dupe, l'OTAN devait redéfinir sa raison d'être et se trouva aussitôt investie de prérogatives infiniment plus étendues et agressives. N'ayant plus aucun besoin de soutenir la Yougoslavie du fait de l'effondrement soviétique, l'OTAN collabora bientôt avec les USA et les services allemands pour affronter puis démanteler cet ancien allié de l'Ouest, violant au passage la Charte des Nations Unies qui interdit les conflits transfrontaliers (c'est-à-dire les guerres d'agression).

Curieusement, au beau milieu des bombardements de la Yougoslavie par l'OTAN, en avril 1999, l'Alliance fêta son cinquantenaire, à Washington, célébrant ses succès et rappelant, avec une rhétorique typiquement Orwellienne, qu'elle avait vocation à imposer le respect du droit international, alors qu'elle était en pleine violation patente de la Charte des Nations Unies. En réalité, le texte fondateur de l'ONU, de 1949, ouvrait précisément sur l'engagement solennel de ses membres à « rester fidèles à la Charte des Nations Unies ». Dès son article premier ils prêtaient serment « conformément aux règles de la Charte des Nations Unies, de régler tous les conflits internationaux par des moyens pacifiques ».

La session d'avril 1999 de l'OTAN rendit publique la nomenclature d'un « Concept Stratégique » établissant le prétendu nouveau programme de l'Alliance Atlantique, à présent que son rôle préventif de « défense mutuelle » contre une invasion soviétique avait cessé d'être plausible (à savoir : "The Alliance's Strategic Concept," Washington, D.C., April 23, 1999 (http://www.nato.int/docu/pr/1999/p99-065e.htm ). L'Alliance y insiste toujours sur la « sécurité », mais elle s'y déclare « dédiée à de nouvelles activités essentielles, dans l'intérêt d'une stabilité élargie ». Elle y accueille ses nouveaux membres et de nouveaux accords de « partenariat », bien qu'à aucun moment la nécessité de cet élargissement ou de ces accords - et d'une telle position de force des USA et de leurs plus proches alliés - n'y soit clairement définie. Le document reconnaît qu'une « agression conventionnelle de grande envergure contre l'Alliance demeure extrêmement improbable », mais bien évidemment il élude totalement l'éventualité d'une « agression conventionnelle de grande envergure » PAR des membres de l'Alliance, et de célébrer le rôle de l'OTAN dans les Balkans comme la plus parfaite illustration de son « dévouement à une stabilité élargie ». Non seulement ce document officiel visait seulement à légaliser une agression caractérisée - « illégale mais légitime » selon l'euphémisme Orwellien de ses principaux apologistes - mais contrairement à ses revendications, l'OTAN jouait un rôle central de déstabilisation dans les Balkans, en stimulant la dimension ethnique du conflit et en faisant obstacle à toute possibilité de règlement diplomatique du conflit du Kosovo. Il justifiait de facto l'attaque de la Yougoslavie et une campagne de bombardements d'ores et déjà en cours au moment même où ce document était rendu public. (Pour une analyse plus détaillée du rôle de l'OTAN, cf. Herman and Peterson, "The Dismantling of Yugoslavia," Monthly Review, Oct. 2007: http://monthlyreview.org/1007herman-peterson1.php )

Ce « Concept Stratégique » se prétend en outre favorable à une limitation de l'armement. En réalité, depuis sa création l'OTAN a toujours promu une politique inverse et tous les nouveaux membres, à l'instar de la Pologne et de la Bulgarie, ont été contraints à développer substantiellement leur armement « inter-opérable », c'est-à-dire à acheter plus d'armes et à les acheter aux Etats-Unis et aux autres fournisseurs occidentaux. Depuis la publication de ce document en 1999, l'élément leader de l'OTAN (les Etats-Unis) a plus que doublé ses budgets militaires, et ses ventes d'armement à l'étranger ont très fortement augmenté. Son programme militaire spatial a considérablement avancé, il s'est retiré du traité ABM de 1972 [ndt : traité de limitation des missiles balistiques dont il était signataire], refusé de ratifier le « Comprehensive (nuclear) Test Ban » [ndt : nouveau moratoire international sur les essais nucléaires (le précédent ayant été rompu par la France en 1995)], et rejeté à la fois le traité concernant la production et l'utilisation des mines antipersonnel et armes à sous-munitions et un Accord International de l'ONU visant à réduire les ventes illicites d'armes légères [ndt : celles qui font le plus de victimes dans les conflits dits « de basse intensité » (Rwanda, Congo, Colombie, etc.)]. Forts de l'appui de l'OTAN, les Etats-Unis ont lancé une nouvelle course aux armements à laquelle nombre de leurs alliés et clients (et de leurs adversaires ou cibles potentielles) n'ont pas manqué de se joindre.

Le document de 1999 rappelle aussi le prétendu soutien de l'OTAN au Traité de Non-Prolifération Nucléaire, mais non sans insister au passage sur l'importance de l'armement nucléaire dans ce qui fait la puissance de l'OTAN. Il rejette donc de facto l'un des points fondamentaux de ce traité, à savoir l'engagement des puissances nucléaires d'œuvrer activement à l'élimination de ce type d'armement. En clair, cela signifie que la non-prolifération à laquelle l'OTAN demeure si attachée concerne exclusivement ses cibles et adversaires potentiels (l'Iran par exemple). Les armes nucléaires « offrent une contribution cruciale en rendant les risques d'agression contre l'Alliance incalculables et inacceptables ». Mais si l'Iran possédait de telles armes, « les risques d'agression » nucléaires par « l'Alliance » - ce que les USA, membre de l'OTAN et Israël menacent de faire - seraient-ils jugés inacceptables ? Bien sûr que non ! (1)

Au chapitre Sécurité, le « Concept Stratégique » déclare lutter pour un environnement sécuritaire « reposant sur le développement d'institutions démocratiques et sur un engagement à résoudre les conflits pacifiquement, de sorte qu'aucun pays ne soit en mesure d'en intimider ou contraindre un autre par la menace ou le recours à la force ». Un tel degré d'hypocrisie laisse pantois. L'essence même des politiques et des pratiques de l'OTAN est de menacer constamment de recourir à la force, et la politique de Sécurité Nationale U.S. est aujourd'hui parfaitement explicite sur l'intention des Etats-Unis de maintenir leur supériorité militaire et de veiller à ce qu'aucune puissance rivale ne puisse remettre en cause leur hégémonie, de façon à pouvoir conserver leur emprise globale [ou mondiale]. En d'autres termes, ils tiennent à gouverner par intimidation.

L'OTAN prétend aujourd'hui n'être plus une menace pour personne et évoque même dans ce Concept Stratégique l'éventualité « d'opérations » conjointes avec la Russie. Ici encore, le niveau d'hypocrisie est ahurissant. Comme nous avons pu le voir dans de précédents articles, en acceptant le principe de réunification de l'Allemagne, Gorbatchev avait fait promettre aux Américains qu'en échange l'OTAN s'engageait à ne pas avancer d'un centimètre plus à l'Est. Clinton et l'Alliance Atlantique s'empressèrent de rompre cet engagement, en incorporant dans l'OTAN toutes les ex-satellites soviétiques d'Europe de l'Est ainsi que les Pays Baltes. Seuls ceux qui sont assez sots pour se persuader du contraire et les propagandistes pourraient ne pas y voir une menace directe pour la Russie, l'unique puissance de la région à pouvoir, ne fût-ce que théoriquement, constituer une menace pour les pays membres de l'OTAN. Mais le document de l'Alliance joue les idiots et seules les menaces contre ses membres y sont prises en compte.

De même, bien que la nouvelle Alliance Atlantique se prétende très préoccupée par « l'oppression, les conflits ethniques [et la] prolifération des armes de destruction massive », ses relations avec Israël restent des plus étroites. Aucune disposition, de quelque nature que ce soit, n'est venue (ni ne saurait venir) faire obstacle à l'oppression exercée par Israël, à son nettoyage ethnique, à son arsenal nucléaire considérable (dont on reconnaît à peine l'existence), ni bien sûr à sa nouvelle agression du Liban, en 2006 ou à ses dernières attaques meurtrières contre Gaza. Il n'est pas plus question de laisser ternir d'aussi bonnes relations que de voir l'agression/occupation anglo-américaine illégale de l'Irak entamer le moins du monde l'inaltérable solidarité des Etats membres de l'Alliance. Israël étant de très loin le client privilégié des Etats-Unis, il va sans dire que ce pays est parfaitement libre de violer les nobles idéaux dont se prévaut le Concept Stratégique. En 2008, l'OTAN et Israël ont signé un pacte militaire. On verra donc peut être bientôt l'OTAN collaborer aux opérations de sécurité d'Israël à Gaza. Voilà plus d'un an que l'actuel Conseiller à la Sécurité Nationale d'Obama, James Jones, réclame à cor et à cris l'envoi de troupes de l'OTAN pour occuper la bande de Gaza et la Cisjordanie. Et dans l'administration américaine, il est loin d'être le seul...

Ce nouvel OTAN est littéralement le pitbull des USA et de l'OTAN. Il contribue activement au réarmement mondial, encourage la militarisation des Pays Baltes et des anciens satellites de l'URSS en Europe de l'Est - qui soutiennent activement Israël, en tant que partenaire de l'OTAN, dans son travail de nettoyage ethnique et de spoliation de ses « untermenschen » - il aide son maître à établir aux portes de la Russie, des Etats clients - endossant très officiellement l'installation par les USA de missiles anti-balistiques en Pologne, en République Tchèque, en Israël, et menaçant d'en installer davantage ailleurs, très loin des Etats-Unis - et il fait son possible pour arracher l'aval des pays membres sur les projets américains de « bouclier » élargi de l'OTAN. Cette attitude accule littéralement la Russie à des positions plus agressives et à un réarmement accéléré (à l'instar de ce qu'a fait l'OTAN il y a quelques années).

Bien évidemment, l'OTAN soutient l'occupation américaine de l'Irak. Le Secrétaire Général de l'Alliance, M. Scheffer, se flatte régulièrement que tous les Etats membres sont engagés dans l'Opération Liberté Irakienne, soit en Irak, soit au Kuwait. Tous les pays des Balkans, à la seule exception de la Serbie, ont envoyé des troupes en Irak et en envoient aujourd'hui en Afghanistan. Ces deux pays sont devenus des terrains d'entraînement pour apprendre aux nouveaux « partenaires » à être « inter-opérationnels », et permettent le développement d'une nouvelle assise mercenaire pour les opérations « hors périmètre » de l'OTAN, de plus en plus fréquentes depuis que l'OTAN s'investit plus activement que jamais dans les campagnes américaines d'Afghanistan et du Pakistan.

Comme on l'a vu plus haut, l'OTAN se targue du rôle qu'elle a joué dans les guerres des Balkans, alors que celles-ci violaient la Charte des Nations Unies au même titre que celles d'Afghanistan et du Pakistan. L'illégalité fait manifestement partie intégrante du nouveau « Concept Stratégique ». Succédant au concept frauduleux « d'autodéfense collective », les pouvoirs sans cesse élargis de l'OTAN l'autoproclament légitimement habilité à conduire des campagnes militaires « hors périmètre » ou de prétendues missions « non-article V », hors du territoire initial de l'OTAN. Comme l'observait en 1999 l'universitaire spécialiste du droit Bruno Simma, « le message dont ces voix sont porteuses dans notre contexte est très clair : s'il s'avère que le mandat ou l'aval du Conseil de Sécurité [de l'ONU] pour de futures missions de l'OTAN 'non-article V' engageant des forces armées ne peut être obtenu, l'OTAN doit rester en mesure de poursuivre ce type d'opérations. Sa capacité à agir de la sorte, l'Alliance en a déjà fait la démonstration dans la crise du Kosovo ». ("NATO, the UN and the Use of Force: Legal Aspects," European Journal of International Law, Vol. 10, No. 1, 1999, accessible sur : http://www.ejil.org/journal/Vol10/No1/ab1.html).

Le pitbull OTAN sert bien sûr avec joie les ambitions hégémoniques planétaires de son maître. Outre qu'elle contribue à encercler et menacer la Russie, l'Alliance accumule les « accords de partenariat » et mène des manœuvres militaires conjointes avec les pays du prétendu « Dialogue Méditerranéen » (Israël, Egypte, Jordanie, Maroc, Tunisie, Mauritanie et Algérie). L'OTAN a aussi signé de nouveaux partenariats avec le Conseil de Coopération des Etats du Golfe (Bahrayn, Kuwait, Arabie Saoudite, Oman, Qatar et Emirats Arabes Unis) élargissant d'autant ses ambitions militaires de la rive atlantique de l'Afrique jusqu'aux confins du Golfe Persique. Dans le même temps, on a assisté à un continuum de visites et de manœuvres militaires maritimes avec la plupart de ces nouveaux partenaires, et à la signature l'année dernière du premier traité militaire bilatéral officiel entre l'OTAN et Israël.

Le pitbull a désormais toute latitude pour aider Israël à poursuivre ses violations massives du droit et des conventions internationales, pour aider les Etats-Unis et Israël à menacer voire attaquer l'Iran, pour élargir son propre programme de coopération et de pacification des lointaines populations d'Afghanistan, du Pakistan (et certainement d'ailleurs), et tout cela dans le prétendu intérêt de la paix et de la fameuse « stabilité élargie » évoquée dans le Concept Stratégique. L'OTAN, à l'instar de l'ONU elle-même, offre en définitive une confortable image de multilatéralisme à ce qui n'est en réalité qu'un expansionnisme impérial totalement hors la loi et littéralement hors de contrôle. Dans les faits, l'OTAN, comme bras armé mondial et agressif des Etats-Unis et d'autres impérialismes affiliés, constitue une très sérieuse menace contre la paix et la sécurité internationales. A la veille de la célébration de son soixantième anniversaire et alors qu'elle aurait dû être liquidée dès 1991, l'Alliance Atlantique ne cesse de s'étendre et de s'affirmer dans le rôle de menace permanente où la consacrait dès 1999 le texte du Concept Stratégique, avec une satisfaction malveillante qui donne vraiment froid dans le dos.


1. [ndt : En fait la phrase du document de l'OTAN est à double sens : « ... en rendant les risques d'agression contre l'Alliance incalculables et inacceptables » signifie en principe que la prise de risque (pour l'agresseur) est trop grande pour être seulement envisageable. C'est le « principe de dissuasion ». Mais si l'Iran venait à se doter de telles armes, « les risques d'agression contre l'Alliance » seraient alors jugés « inacceptables », d'où le projet très officiel d'attaque nucléaire préventive contre l'Iran s'il poursuit son programme nucléaire. La Turquie étant membre de l'OTAN et frontalière de l'Iran, elle serait considérée comme directement menacée et les autres pays membres tenus de réagir de par leurs engagements]


Traduit de l'anglais par Dominique Arias
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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 23:44

Régulièrement les gouvernements de droite comme de gauche rêvent de prendre le contrôle sur l'Université et de transformer la Recherche en un vaste bureau d'études. Cette fois l'attaque est particulièrement brutale. Profitant de la crise profonde qui frappe des établissements universitaires dépourvus de moyens et confrontés à un afflux sans précédent d'étudiants, le gouvernement souhaite instaurer un système inégalitaire, localiste, autocratique, de plus en plus dépendant de la commande publique et privée.

Dans ce film chercheurs, enseignants, syndicalistes viennent démonter les pièges d'une réforme rétrograde et rappeler quelles sont les conditions de production et de transmission d'un savoir universel accessible au plus grand nombre qui devraient guider une réforme réellement progressiste de l'Université.


Nous vous invitons à faire connaître, circuler et projeter le film "Université, le grand soir". Merci de nous tenir informés de vos initiatives publiques afin que nous les relayons depuis notre site. Ce film peut être aussi publié sur des sites internet. Nous vous demandons cependant une seule mention obligatoire :

Pour soutenir cette initiative vous pouvez acheter le DVD 12€ frais de port inclus) par paiement en ligne,


ou par chèque à l'ordre de L'Autre association, 3, rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris.

Pour toute demande d'information, veuillez utiliser la rubrique contact du site.

Chapitre I

Chapitre II

Chapitre III

Chapitre IV



Nous vous invitons à faire connaître, circuler et projeter le film "Université, le grand soir". Merci de nous tenir informés de vos initiatives publiques afin que nous les relayons depuis notre site. Ce film peut être aussi publié sur des sites internet. Nous vous demandons cependant une seule mention obligatoire :

Pour soutenir cette initiative vous pouvez acheter le DVD 12€ frais de port inclus) par paiement en ligne,


ou par chèque à l'ordre de L'Autre association, 3, rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris.

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 15:56

Pétition en ligne : La santé, notre bien le plus précieux



La conserver et l'améliorer : notre priorité !

La loi « Hôpital, Patient, Santé et Territoires » n'est pas la loi qu'il nous faut. Elle conduit à moins de protection sociale, moins de service public, moins de démocratie, moins de solidarité.
Face aux défis des besoins de santé grandissants, des progrès considérables permettant de mieux soigner et d'améliorer l'espérance de vie pour tous, nous avons besoin d'un système de santé et de protection sociale performant et au service de tous.
Salariés, retraités, privés d'emplois, jeunes, étudiants, nous revendiquons un grand débat national afin d'aboutir à une loi qui améliore la réponse à nos besoins de santé.

Pour :
- le développement d'un service de santé public performant, de proximité et accessible à tous ;
- le développement d'une politique de prévention sur le lieu de travail, à l'école, dans des centres de santé... ;
- une couverture du risque maladie solidaire et de haut niveau, avec la suppression des franchises, forfaits, dépassements d'honoraires médicaux.... ;
- un autre financement de la sécurité sociale, permettant de dégager des recettes nouvelles au service de la solidarité nationale : cotisations sur l'ensemble des richesses crées, modulation de la cotisation des entreprises en fonction de l'investissement dans l'emploi et l'outil de travail ;
- une gestion démocratique : création de chambres territoriales de santé au plus près des besoins de la population et d'une instance nationale représentative, le retour à l'élection des représentants des assurés sociaux dans les caisses de sécurité sociale, de représentants des salariés et de la population dans les chambres territoriales de santé.

Le système de santé français, longtemps considéré comme un modèle de référence, n'est pas à déconstruire mais à renforcer et à mieux coordonner.

 

pour signer, cliquez sur le logo



133 Signatures

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 15:46









en photo Madame Pécresse,

voyante et un cancre là pas par hasard




La première journée d'action lancée par la coordination nationale des universités pour protester, notamment, contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs a été un succès, jeudi 5 février. Plus de 50 000 personnes (enseignants, personnels, étudiants), selon le Snesup-FSU, le syndicat majoritaire chez les universitaires, et 36 000, selon la police, ont manifesté dans toute la France.


Au quatrième jour de la mobilisation des professeurs, les étudiants, jusqu'à présent assez discrets, ont rejoint les défilés. "De l'argent pour étudier, pas pour les banquiers", "on veut un capes pour ne pas finir CRS, on veut un doctorat pour ne pas finir comme Nicolas", scandaient les Parisiens.

A Paris, 3 600 manifestants selon la police, 10 000 selon les organisateurs, ont défilé dans le Quartier latin. Les manifestants étaient de 3 800 à 6 000 à Toulouse, de 3 800 à 10 000 à Bordeaux, de 3 000 à 4 000 à Rennes, de 2 600 à 8 000 à Lyon et de 1 500 à 5 000 à Marseille.

A Strasbourg, la ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pécresse, venue inaugurer la nouvelle université, a été accueillie par quelque 2 000 étudiants et enseignants. Des chaussures et des oeufs ont été lancés contre le bâtiment. Les interventions de Mme Pécresse et du président de l'université ont été chahutées par une dizaine d'enseignants-chercheurs venus remettre une pétition de 2 200 signatures. De retour à Paris, invitée du Grand Journal de Canal+, la ministre a été interpellée par deux étudiantes qui s'étaient glissées dans le public.

A Montpellier, la manifestation a rassemblé un millier de personnes. Le trafic du tramway a été bloqué en début d'après-midi. Pour Laurence Dreyfus, enseignante-chercheur, déléguée du Snesup-FSU à l'université Paul-Valéry, "ce qui distingue ce mouvement, c'est qu'il n'y a pas de blocage de l'université. La grève est bien suivie, les cours ne sont pas assurés, mais l'université reste un lieu ouvert, qui permet le dialogue entre enseignants et étudiants". Elle ajoute : "Nous ne sommes pas contre l'évaluation, mais contre un système qui dit que les bons chercheurs auront droit de faire moins d'enseignement, les moins bons devant en faire plus. L'enseignement n'est pas une punition !"

Une manifestation nationale est prévue, mardi 10 février, à Paris. Une première coordination étudiante pourrait se tenir à Rennes, les 14 et 15 février. Les manifestations "revêtent une ampleur exceptionnelle", a estimé le Snesup-FSU, et "tout prépare une journée de grève et de manifestations sans précédent le 10 février".

Catherine Rollot et Anne Devailly (à Montpellier)
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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 14:10
Propres propos de sionistes pour J. Attali, BH. Lévy et Cie
 BRAHMI Rachid

« Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes. » (J. Prévert)

Si l'émotion provoquée par le massacre de Ghaza peut s'estomper, la tragédie des Palestiniens chassés de leur terre demeure entière. Selon maintes analyses et déclarations de responsables politiques ou d'observateurs de divers camps, il est totalement clair que l'opération « Plomb durci », minutieusement préparée depuis six mois, n'obéissait pas aux besoins sécuritaires de l'Etat hébreu, le lancement de roquettes par le Hamas n'étant pas pourvu de l'efficience attendue. Ce qui s'est passé à Ghaza, le mot guerre étant parfaitement inadapté, a mis deux protagonistes l'un face à l'autre : une armée suréquipée usant d'armes non conventionnelles et des civils, hommes, femmes et enfants entassés dans une région où la densité de population est la plus forte au monde.

Avec l'élan de solidarité manifesté un peu partout à travers la planète et particulièrement eu Europe, beaucoup maintenant ne se font plus berner par les intenables thèses des sionistes et le parti-pris très peu moral de certains « intellectuels » Occidentaux. Nous pensons à Jacques Attali, Bernard-Henri Lévy et compagnie. Comment un intellectuel peut-il soutenir des subterfuges, alors que les positions d'hommes politiques israéliens ont été toujours nettes depuis la déclaration de Balfour en 1917 ? Ces intellos en question connaissent parfaitement les déclarations des dirigeants successifs de l'Etat hébreu. Nous nous contenterons ici d'un petit échantillon des propos de ceux qui prétendent vouloir la paix et la sécurité.

Monsieur Attali n'ignore pas que Menahem Begin, lors d'un discours à la Knesset, avait traité les Palestiniens de bêtes marchant sur deux pattes. Et que David Ben Gourion avait affirmé dans ses mémoires que « nous devons tout faire pour nous assurer que les Palestiniens ne reviendront jamais, les vieux mourront et les jeunes oublieront ». Est-ce votre avis aussi Monsieur Attali ? En outre, BH. Lévy n'ignore sûrement pas que le 15 juin 1969, Golda Meir, alors Premier ministre israélien, avait affirmé : « Il n'y a pas semblable chose que les Palestiniens, ils n'ont jamais existé. » Qu'en pensez Monsieur Lévy ? Les intellos sionistes occidentaux savent également que Yitzhak Shamir a promis d'« écraser les Palestiniens, comme des sauterelles ». Ce sont ses propres mots. Par ailleurs, le président Heilbrun du comité pour la réélection au poste de maire de Tel-Aviv du général Shlomo Lahat proclame en octobre 1983 : « Nous devons tuer tous les Palestiniens jusqu'à ce qu'ils soient résignés à vivre ici comme des esclaves. » Vous êtes pour l'esclavage aussi, Monsieur Attali ? « Nous devons réduire la population arabe à une communauté de coupeurs de bois et de serveurs », dixit Uri Lubrani, conseiller spécial de Ben Gourion aux affaires arabes, en 1960.Lubrani voulait probablement dire serf, n'est-ce pas Monsieur Lévy ? Enfin, plus près de nous, le 14 avril 1998, Rafael Eitan, chef d'état major des forces israéliennes, affirmait dans le New York Times : « Lorsque nous aurons colonisé le pays, tout ce que les Arabes seront capables de faire sera de détaler tout autour comme des cafards drogués dans une bouteille. » Oui, la déclaration de R. Eitan date bien de 1998, c'est-à-dire bien après les accords de Camp David de septembre 1978, ses poignées de mains et ses accolades historiques entre deux chefs d'Etat. Et bien après aussi, la reconnaissance officielle d'Israël par l'OLP et Arafat en décembre 1988. Dix années après. Ceci pour dire le cynisme, la mauvaise foi, les feintes et les fourberies d'Israël, imbu de sa supériorité militaire pour massacrer des enfants et défier le bon sens. Les sionistes parlent donc de bêtes, de sauterelles, de cafards, de départ sans retour ; donc de chasse, d'inexistence d'un peuple, d'écrasement, de tuerie collective ; donc d'extermination, d'esclaves, de colonisation... Les écarts de langage sont révélateurs. Et aujourd'hui, l'occupation se poursuit, la répression s'intensifie et le mépris s'amplifie : de l'arrogance et de la démesure en toute impunité. Voilà donc la vérité sur ceux que vous soutenez, vous Monsieur Attali ou vous Monsieur Lévy.

Oui Messieurs, vous avez plus d'affinités avec ceux qui traitent les Palestiniens de sauterelles et de cafards, qu'avec des hommes et des femmes du pays de la Déclaration des droits de l'homme et de Victor Hugo. Vous avez balisé votre terrain. Il est donc difficile de vous suivre. De vous croire. Si la mauvaise foi chez un joueur de poker est, somme toute, prévisible, elle devient terrible quand elle émane d'intellectuels qui misent sur la vie d'enfants. Concernant l'Etat hébreu, intouchable, sournois, ravageur, agressif et lâche, c'est l'acronyme d'Israël qui circule sur la toile. Votre intellectualité, Monsieur Attali, a déjà été malmenée par l'Angolagate, cette histoire d'armements qui vous a valu une mise en examen pour « recel d'abus de biens sociaux et trafic d'influence », et vous n'avez échappé à l'incarcération que grâce au paiement d'une très forte caution. Ne parlons pas de la fameuse histoire de votre plagiat et du brocard à votre adresse de François Mitterrand.

Et vous Monsieur Lévy, les reproches à votre encontre de la part de vrais intellectuels français nécessitent des pages de journaux. Est-il décent de parler comme vous le faites de fascisme et de totalitarisme, sachant votre connivence avec Israël, ses tours et ses détours ? Il paraît que vous êtes un philosophe. En ce qui concerne l'auteur de ce texte, il sait seulement, après avoir consulté un dictionnaire, lui le profane en la matière, que la philosophie, synonyme de sagesse, de modération et de sérénité, étudie les fondements des valeurs humaines. Etes-vous sage ou serein, Monsieur Lévy, quand vous traitez vos concitoyens pacifistes de brailleurs ? Etes- vous sérieux, en affirmant que les Arabes israéliens ont les mêmes droits que les autres, alors qu'ils n'ont pas le droit, à titre d'exemple, d'acheter des terres, ces terres qui leur appartiennent ? Bref, les Palestiniens ont gagné une bataille, car le formidable élan de sympathie des peuples envers les victimes civiles de Ghaza nous a montré la chute de la crédibilité de certains intellectuels et dirigeants occidentaux. Les Palestiniens ont gagné une bataille, la machine médiatique de l'Occident s'étant grippée, en dépit de ceux qui détiennent la puissance et le pognon. Que pouvons-nous dire alors aux intellectuels occidentaux ? Nous ne leur demandons pas d'être nos amis, comme certains d'entre eux le prétendent souvent. Nous leur demandons simplement d'être neutres ou justes envers la terrible crise du Proche-Orient qui risque d'emporter non seulement les Palestiniens, mais la planète entière. Oui Messieurs Attali, Lévy et compagnie, même si nous fabulons, nous vous disons : « Vos positions nécessitent un lifting, cela ne demande qu'un peu de courage qui ne peut que vous grandir. Pour rattraper une crédibilité perdue auprès de vos concitoyens et de l'opinion publique. » Si selon le Talmud, « l'ambition détruit son hôte ». Que dire alors de l'intransigeance et de la démesure de vos amis, de vos frères ?

Alors, à quoi joue Israël puisque l'Autorité palestinienne ne demande que 22% de la Palestine historique ? A quoi joue Israël quand il affirme ne pas reconnaître le Hamas, considérant ce mouvement comme une organisation terroriste, alors que pour une question de trêve on cause quand même, bien que par personnalités et Etats interposés ? A quoi joue Israël qui « phosphorise » et terrorise ? Ghaza, ses civils, ses enfants, ses femmes, sa terre, ses champs, ses décombres et son ciel, enrichis par Israël en uranium appauvri. Pourquoi cette frilosité et cette connivence des puissances occidentales ? Enfin, quand et comment peut-on se prévaloir d'être un intellectuel, ce terme désignant pour beaucoup une personne engagée qui défend des valeurs ? Quelles valeurs ? En guise de conclusion et pour paraphraser une citation bien connue, je dirais : « On ne peut pas duper tout le monde tout le temps. »

Rachid BRAHMI
Universitaire (Oran. Algérie)

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 14:05

Cuba, cinquante ans de révolution, notre hors-série

Cuba 1959-2009 : Il était une fois la révolution
Le nouveau hors-série de l'Humanité est en kiosque. A lire, l'entretien avec Fernando Martinez Heredia, professeur d'histoire et de philosophie marxiste.

Pour vous procurer ce hors-série, cliquer ici

Le cinquantième anniversaire de la révolution cubaine est-il finalement une date propice pour mesurer la portée de cet événement à Cuba mais également à l'échelle du continent ?

Fernando Martinez Heredia. Pour Cuba, il s'agit sans aucun doute de l'événement le plus important de la seconde moitié du XXe°siècle. Pour l'Amérique latine, ce fut un partage des eaux. Ce continent sortait de l'étape de la post-guerre. Dans plusieurs pays, les gouvernements de bases populaires perdaient du terrain. Nous assistions à l'étape de substitution des importations. Ils s'intégraient sérieusement au capitalisme mondial et aux États-Unis. Cuba, à l'époque, est depuis soixante ans la néo-colonie modèle pour l'Amérique latine. Et le modèle pour les États-Unis, principal agent néocolonialiste de l'histoire. Cuba est un petit pays mais d'une importance stratégique. Il a une forte dynamique économique depuis le XIXe siècle. Le montant des investissements des États-Unis, qui était le plus important en Amérique latine, reposait sur la mono-production, et la concentration de la terre. Cependant, le modèle politique était extraordinairement développé. Cuba a une histoire propre, nationale. Il se constitue comme République démocratique à l'aune du XXe siècle au terme d'un processus politique où l'énorme division ethnique et culturelle a été conjurée.

Car, pour mémoire, Cuba, qui a reçu un million d'esclaves africains, 125 000 Chinois, a connu un apartheid. C'était un pays de castes. La première révolution, à la différence de beaucoup de pays d'Amérique latine, a été abolitionniste en plus d'être indépendantiste. La population a bravé un génocide, Cuba ayant connu les premiers camps de concentration à la fin du XIXe siècle où un cinquième de la population a péri. De là surgit une République. Elle s'est présentée à la nation comme un conflit culturel et idéologique : à qui appartient la nation ?

Pour beaucoup d'Européens, l'idée de nation est un concept bourgeois. À Cuba, il n'en est rien. Lorsque l'on comprend cela, on commence à saisir le sens du triomphe de la révolution de 1959. Dans le même temps, une autre idée s'impose : la justice sociale, car la liberté, seule, n'était pas suffisante. Le capitalisme s'est développé tout comme les idées socialistes et communistes dans le monde. Cuba connaît des résistances de travailleurs et de luttes armées, y compris une révolution nommée « la révolution des années 1930 ». Le socialisme s'est donc acclimaté à Cuba comme idée populaire. On comprend donc mieux l'existence du mouvement 26 juillet (M. 26-7) de Fidel Castro qui survient une vingtaine d'années plus tard. Au vu de cet ensemble culturel et structurel, et de l'existence d'un capitalisme sans issue, la situation est explosive. En parvenant à faire triompher la révolution, et j'insiste sur ce point car le plus difficile reste toujours le triomphe sur l'impossible et la réalisation de ce qui paraissait impossible, alors tout paraît plus facile. Mais, à mes yeux, il est essentiel de saisir les problèmes qu'a dû résoudre Cuba, faute de quoi on ne comprend pas la révolution d'aujourd'hui, qui est la fille de 1959. Ces acteurs sont morts ou vieux. Mais il y a une continuité née de la rupture de tous les moules de comportements (familial, social et national) de subordination aux États-Unis et de la tentative de créer une société totalement différente.

L'histoire n'est pas séquentielle, néanmoins peut-on dessiner les contours d'étapes et de ruptures ?

Fernando Martinez Heredia. Il y a vingt ans de cela, j'ai avancé l'idée d'une périodisation en trois étapes. La première débute avec le triomphe de la révolution jusqu'aux années 1970. La seconde s'étale jusqu'au début des années 1990 et la troisième -encore faudrait-il s'interroger si elle est en train de s'achever ou non. Durant la première période, les bases de la nouvelle société ont été jetées. Le système politique, très élaboré, qui existait à Cuba comme République démocratique, bourgeoise, néocoloniale mais discréditée, a été totalement supprimé. Bien plus que la création d'un nouveau système politique, l'acquis le plus important a été la rencontre des organisations révolutionnaires. L'armement général du peuple, à travers les milices, a été également une démocratisation du pouvoir. Le pouvoir populaire, indépendamment de sa forme, était au service du peuple, à commencer par l'économie.

Ici, les chiffres de la macroéconomie ont cessé d'avoir de l'importance. En revanche, on questionnait l'amélioration des problèmes quotidiens (alimentaires, vestimentaires). L'État a pris alors en charge les services sociaux, santé, éducation, sécurité sociale. L'enjeu était de rendre ces services universels. La distribution à fond de la richesse nationale a été une caractéristique importante de cette période. Il est d'ailleurs difficile de trouver un autre exemple dans le monde. Le processus éducationnel s'est mis en marche alors qu'auparavant le système éducatif était à charge de la famille (la moitié des enfants n'allaient pas à l'école et 20% des adultes étaient analphabètes). Puis vint l'idée que cela n'était pas suffisant. À la fin des années 1960, Cuba a commencé à investir un pourcentage élevé de son PIB dans la recherche scientifique et la recherche en développement. L'éducation s'est multipliée. Le plein-emploi s'est instauré dans un pays où un tiers des personnes en âge de travailler n'avaient pas de travail. Mais nous n'avions pas accès à la substitution, à l'amplification et l'amélioration des technologies, d'une part ; et d'autre part, le PIB n'était réalisé que par le commerce extérieur. Nous étions donc dans l'incapacité de contrôler notre économie. C'est là qu'intervient le vieux Karl Marx et l'idée selon laquelle la révolution doit être mondiale. Mais nous ne pouvions que répondre que « chacun devait faire la sienne ». Et cette problématique est toujours là : les données de l'économie nous appartiennent partiellement et, de ce fait, les relations de travail se mesurent par les insuffisances comme la production au travail. Comment créer une nouvelle discipline de travail après avoir rompu avec les précédentes ? Ce problème aussi subsiste en dépit d'un pouvoir révolutionnaire qui assure à tous la satisfaction des besoins élémentaires et offre des services gratuits.

Quand débute la seconde phase ?

Fernando Martinez Heredia. En 1971, lorsque Cuba est face à deux réalités basiques. La première relève du développement économique socialiste accéléré. Cuba a été contraint de produire une énormité de sucre pour le marché soviétique et allemand afin de faire la balance dans ses relations internationales. Mais de ce fait, il a éternisé cette mono-exploitation, éloignant ainsi le projet d'une économie indépendante. L'autre réalité est la suivante : le triomphe de la révolution a constitué un espoir absolu en Amérique latine. Mais elle impliquait que ce continent soit aussi le champ fondamental, culturel, historique et politique de projet de futur pour Cuba. C'est-à-dire l'existence d'autres pouvoirs ouvertement révolutionnaires ou capables de se déclarer indépendants de l'empire et de promouvoir une autre politique nationale. De ce fait, le projet cubain s'est vu limité.

Et Cuba de s'appuyer sur l'Union soviétique à un degré qui n'était pas convenable. Cette seconde étape est très importante et très contradictoire. Cuba parvient alors à l'universalité de l'éducation, de la santé, de la sécurité sociale grâce aux efforts entrepris mais également grâce à ses échanges internationaux. Si ces derniers ne lui permettent pas un développement économique autonome, ils lui offrent, en revanche, un nouveau modèle de consommation de masse et confortable que j'ai nommé état de bien-être socialiste. Son internationalisme rayonne. Cependant, cette période est contradictoire car nous allons souffrir d'un profond processus de bureaucratisation.

En 1985, il y avait 2,5% de fonctionnaires de plus qu'en 1971 (1%). Le fond de cette bureaucratisation repose sur un changement de mentalité : la créativité et la capacité d'initiative des êtres humains, ce que Cuba a de plus précieux, vont être freinées alors qu'elles favorisent la réalisation de chacun dans la société. Cette bureaucratisation, et ce qu'elle suppose comme cassure et atomisation de la pensée sociale, a empêché toute réflexion sur nos problèmes mais également sur notre projet. Elle a fait en sorte que l'enthousiasme retombe et qu'il se substitue par des formules rituelles. Que le langage se vide de contenu. Tout ce processus de détérioration s'est poursuivi durant la seconde étape. Celle-ci sera précipitée par deux facteurs° : le processus appelé de rectification des erreurs et des tendances négatives. Initié à la moitié des années 1980, entre autres, par Fidel Castro, il a secoué profondément la société. Mais ce processus sera contrecarré par la phase finale et la disparition de l'Union soviétique. Et ce d'une manière à laquelle personne ne s'attendait : elle s'est auto-éliminée. Le socialisme connaît alors un discrédit à l'échelle planétaire. Pour Cuba, cela a signifié une immense cassure de son économie et une détérioration de la qualité de vie puisque, du jour au lendemain, ses relations de dépendance ont été brisées sans que le pays puisse agir dessus, ni les compenser, ni même ouvrir un autre horizon.

Le blocus n'a-t-il pas été également un facteur de blocage du projet ?

Fernando Martinez Heredia. Le blocus américain a été une constante. Il n'a pas été décisif mais, sans nul doute, a énormément joué contre la révolution. Le blocus surgit logiquement parce que Cuba s'est libéré des États-Unis, et ces derniers ne s'en sont jamais accommodés. Face à l'hostilité, l'agressivité y compris les agressions, Cuba s'est vu obligé de créer un instrument militaire disproportionné par rapport à sa taille et à ses besoins. C'est ce à quoi nous a obligés l'impérialisme. L'hostilité ne s'opère pas seulement au niveau des échanges commerciaux, elle est systématique. Ses dommages le sont tout autant. Et c'est une constante durant ces trois périodes.

Pour en revenir à la troisième étape, il s'agit de la période spéciale ?

Fernando Martinez Heredia. Je ne l'appellerai jamais ainsi. Je préfère la précision : la crise économique très profonde et le discrédit mondial du socialisme. Au détour de 1991 et 1994, ce ne sont pas seulement la production et les réserves économiques qui se sont effondrées mais beaucoup d'aspects de la qualité de vie des Cubains. Le pays a été contraint de prendre des mesures très dures pour survivre. Certaines allaient même à l'encontre des propres idées de la révolution, comme la double monnaie, en juillet 1993. Le dollar, la monnaie de nos ennemis, allait circuler légalement à Cuba et obtenir une capacité de décision incroyable, et changer la relation au travail. Les « remises », c'est-à-dire l'argent que les Cubains se trouvant à l'étranger envoyaient à leurs familles, sont devenues extrêmement importantes : plus de mille millions de dollars par an. Elles étaient précieuses parce qu'elles permettaient d'obtenir des devises. Ces remises ont été source de différence sociale qui ne naît pas du travail, des études ou d'un mérite individuel, c'est-à-dire qui n'a rien à voir avec les valeurs socialistes mais d'un hasard. Dans le même temps, le tourisme a augmenté rapidement au point de devenir au milieu des années quatre-vingt-dix la première source de devises. La crise économique a été extrêmement aiguë jusqu'en 1995. Après, le pays a commencé à se récupérer et aujourd'hui il enregistre une efficacité économique non négligeable. Cela tient de l'accumulation d'hier et d'une extraordinaire habilité tactique du pouvoir révolutionnaire : la réorientation des relations internationales, des réformes qui ont permis non seulement une survie mais une viabilité à l'économie.

Cependant nous n'avons toujours pas récupéré dans certains aspects de la qualité de la vie d'avant 1989. Autre point essentiel : les attentes des Cubains sont incomparablement plus importantes qu'il y a vingt ans. Alors que l'économie et la qualité de vie s'effondraient, mûrissait, notamment chez les plus jeunes, de l'attente tant du point de vue de la consommation que du propre travail. Et la contradiction sociale se fait d'ailleurs peut-être plus importante.

Ne voyez-vous pas une autre contradiction dans la relation révolution sujet d'histoire et à la fois acteur en construction ?

Fernando Martinez Heredia. Non. Je comprends que la transition socialiste est la forme correcte pour nommer la période qui va de l'établissement d'un pouvoir populaire dans un pays à une société de producteurs libres et associés, sans État, sans classe sociale. Mais le communisme ne me paraît pas possible à l'échelle d'un pays. Donc ce que nous pouvons faire, dans un pays comme le nôtre et dans d'autres, c'est un passage socialiste le plus profond possible. De mon point de vue, cela doit partir de révolutions successives de la propre révolution. Car si elle ne se révolutionne pas elle-même, elle commence à se contenir et peut reculer. Comment faire alors° ? Il n'y a pas de manuels. Tout comme, il a été démontré depuis longtemps que la révolution n'est pas irréversible. Il y a donc bien des raisons d'être dynamiques et éveillés.

Entretien réalisé par Cathy Ceïbe et Bernard Duraud

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Published by valenton rouge - dans Parti Communiste Français
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