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 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 17:21

arton3210.jpgLa vie politique « exige la démocratie. Et la démocratie n’existe que lorsque la liberté est donnée aux « adversaires ». Dans tous les cas sa suppression, à l’origine donc de la dépolitisation, est responsable du désastre ultérieur. Que celui-ci prenne la forme de retours aux passéismes (religieux ou autres). Ou qu’il prenne celle de l’adhésion au « consumérisme » et au faux individualisme proposée par les médias occidentaux, comme ce fut le cas chez les peuples de l’Europe orientale et de l’ex URSS » L’économiste franco-égyptien Samir Amin insiste sur l’importance du processus de maturation politique, de repolitisation, qui doit accompagner le retour à la démocratie.


Par Samir Amin, Pambazuka, janvier 2012


Note de l’auteur : Les évènements importants qui se sont déroulés après la sortie de mon livre (Le monde arabe dans la longue durée, le printemps arabe ?, Le temps des cerises, septembre 2011), appellent les commentaires qui suivent.

LES VICTOIRES ELECTORALES DE L’ISLAM POLITIQUE EN EGYPTE ET EN TUNISIE

La victoire électorale des Frères Musulmans et des Salafistes en Egypte (janvier 2012) n’est guère surprenante. La dégradation produite par la mondialisation capitaliste contemporaine a entraîné un gonflement prodigieux des activités dites « informelles », qui, en Egypte, fournissent leurs moyens de survie à plus de la moitié de la population (les statistiques disent : 60%). Or les Frères Musulmans, sont fort bien placées pour tirer profit de cette dégradation et en perpétuer la reproduction. Leur idéologie simple donne une légitimité à cette économie primitive de marché/ de bazar. Les moyens financiers fabuleux mis à leur disposition (par le Golfe) permettent de le traduire en moyens d’action efficaces : avances financières à l’économie informelle, charité d’accompagnement (centres de soins et autres).

C’est par ce moyen que les Frères s’implantent dans la société réelle et la place sous leur dépendance. Mais ce succès aurait été difficile s’il n’avait pas répondu parfaitement aux objectifs des pays du Golfe, de Washington et d’Israël. Ces trois alliés intimes partagent la même préoccupation : faire échouer le redressement de l’Egypte. Car une Egypte forte, debout, c’est la fin du triple hégémonisme du Golfe (la soumission au discours de l’islamisation de la société), des Etats Unis (l’Egypte compradorisée et misérabilisée reste dans leur giron) et d’Israël (l’Egypte impuissante laisse faire en Palestine).

L’avortement planifié de la « révolution égyptienne » garantirait donc la continuité du système mis en place depuis Sadate, fondé sur l’alliance du commandement de l’armée et de l’Islam politique. Une révision du dosage dans le partage des bénéfices de cette alliance au bénéfice des Frères peut néanmoins s’avérer difficile.

L’Assemblée Constituante sortie des élections d’octobre 2011 en Tunisie sera dominée par un bloc de droite qui associera le parti islamiste Ennahda et les nombreux cadres réactionnaires, hier encore associés au régime de Ben Ali, toujours en place et infiltrés dans les « nouveaux partis » sous le nom de « bourguibistes » ! Les uns et les autres partagent le même ralliement inconditionnel à « l’économie de marché » telle qu’elle est, c’est-à-dire un système de capitalisme dépendant et subalterne. La France et les Etats Unis, n’en demandent pas plus : « tout changer afin que rien ne change ».

Deux changements sont néanmoins à l’ordre du jour. Positif : une démocratie politique mais non sociale (c’est-à-dire une « démocratie de faible intensité ») qui tolérera la diversité des opinions, respectera davantage les « droits de l’homme » et mettra un terme aux horreurs policières du régime précédent. Négatif : un recul probable des droits des femmes. Autrement dit un retour à un « bourguibisme » pluripartiste coloré d’islamisme. Le plan des puissances occidentales, fondé sur le pouvoir du bloc réactionnaire compradore, mettra un terme à cette transition qu’on voulait « courte » (ce que le mouvement a accepté sans en mesurer les conséquences), ne laissant pas le temps aux luttes sociales pour s’organiser, et permettra la mise en place de sa « légitimité » exclusive, à travers des élections « correctes ». Le mouvement tunisien s’était largement désintéréssé de la « politique économique » du régime déchu, concentrant ses critiques sur la « corruption » du président et de sa famille. Beaucoup des contestataires, même « à gauche » ne remettaient pas en cause les orientations fondamentales du mode de développement mis en œuvre Bourguiba et Ben Ali. L’issue était donc prévisible.

Il reste que les mêmes causes produisent parfois les mêmes effets. Que penseront et feront les classes populaires en Egypte et en Tunisie quand elles verront se poursuivre inexorablement la dégradation de leurs conditions sociales, avec son cortège de chômage et de précarisation, sans compter probablement avec les dégradations supplémentaires intensifiées par la crise générale de la mondialisation capitaliste ? Il est trop tôt pour le dire ; mais on ne peut pas s’obstiner à ignorer que seule la cristallisation rapide d’une gauche radicale, allant bien au-delà de la revendication d’élections correctes, peut permettre une reprise des luttes pour un changement digne de ce nom. Il appartient à cette gauche radicale de savoir formuler une stratégie de démocratisation de la société qui irait bien plus loin que la simple tenue d’élections correctes, d’associer cette démocratisation au progrès social, ce qui implique l’abandon du modèle de développement en place, et de renforcer ses initiatives par une posture internationale indépendante et franchement anti impérialiste. Ce ne sont pas les monopoles impérialistes et leurs serviteurs internationaux (la Banque Mondiale, le FMI, l’OMC) qui aideront les pays du Sud à sortir des ornières ; c’est en se tournant vers de nouveaux partenaires du Sud que cela deviendra moins difficile.

Aucune de ces questions fondamentales ne paraissent préoccuper les acteurs politiques majeurs. Tout se passe comme si l’objectif final de la « révolution » avait été d’obtenir rapidement des élections. Comme si la source exclusive de légitimité du pouvoir résidait dans les urnes. Mais il y a pourtant une autre légitimité, supérieure - celle des luttes ! Ces deux légitimités sont appellées à des confrontations sérieuses à venir.

DES REFORMES MAITRISEES DE L’INTERIEUR SERONT-ELLES POSSIBLES EN ALGERIE ?

L’Algérie et l’Egypte ont été, dans le monde arabe, les deux pays d’avant-garde du premier « éveil du Sud », à l’époque de Bandoung, du Non Alignement et du déploiement victorieux de l’affirmation nationale post-coloniale, associé à d’authentiques réalisations économiques et sociales importantes et progressistes qui auguraient de belles possibilités d’avenir. Mais par la suite les deux pays se sont enlisés pour finalement accepter le « retour au bercail » des Etats et des sociétés dominées par l’impérialisme.

Le modèle algérien a donné des signes évidents d’une plus forte consistance, ce qui explique qu’il ait mieux résisté à sa dégradation ultérieure. De ce fait, la classe dirigeante algérienne demeure composite et divisée, partagée entre les aspirations nationales encore présentes chez les uns et le ralliement soumis à la compradorisation chez les autres (parfois même ces deux composantes conflictuelles se combinent chez les mêmes personnes !). En Egypte par contre, cette classe dominante est devenue intégralement, avec Sadate et Moubarak, une bourgeoisie compradore, ne nourrissant plus aucune aspiration nationale.

Deux raisons majeures rendent compte de cette différence. La guerre de libération en Algérie avait produit, naturellement, une radicalisation sociale et idéologique. Par contre en Egypte le nassérisme vient en fin de période d’essor du mouvement initié par la révolution de 1919, qui se radicalise en 1946. Le coup d’Etat ambigu de 1952 vient donc en réponse à l’impasse du mouvement. Par ailleurs, la société algérienne avait subi, avec la colonisation, des assauts destructifs majeurs. La nouvelle société algérienne, issue de la reconquête de l’indépendance, n’avait plus rien en commun avec celle des époques précoloniales. Elle était devenue une société plébéienne, marquée par une très forte aspiration à l’égalité.

Cette aspiration - avec la même force - ne se retrouve nulle part ailleurs dans le monde arabe, ni au Maghreb ni au Mashrek. Par contre, l’Egypte moderne a été construite dès le départ (à partir de Mohamed Ali) par son aristocratie devenue progressivement une « bourgeoisie aristocratique » (ou une « aristocratie capitaliste »). De ces différences découle une autre, d’une importance évidente, concernant l’avenir de l’Islam politique. Comme Hocine Belalloufi le montre (La démocratie en Algérie : réforme ou révolution ? ; ouvrage en cours de publication), l’Islam politique algérien (le FIS), qui avait dévoilé sa figure hideuse, a été véritablement mis en déroute. Cela certes ne signifie pas que cette question soit définitivement dépassée. Mais la différence est grande avec la situation en Egypte, caractérisée par la convergence solide entre le pouvoir de la bourgeoisie compradore et l’Islam politique des Frères Musulmans.

De toutes ces différences entre les deux pays découlent des possibilités différentes de réponses aux défis actuels. L’Algérie me paraît mieux placée (ou moins mal placée) pour répondre à ces défis, dans le court terme au moins. Des réformes économiques, politiques et sociales maîtrisées de l’intérieur me semblent avoir encore leurs chances en Algérie. Par contre, en Egypte, la confrontation entre « le mouvement » et le bloc réactionnaire « antirévolutionnaire » paraît devoir inexorablement s’aggraver.

L’Algérie et l’Egypte constituent deux exemples magistraux de l’impuissance des sociétés concernées, jusqu’à ce jour, à faire face au défi. L’Algérie et l’Egypte sont les deux pays du monde arabe qui sont des candidats possibles à « l’émergence ». La responsabilité majeure des classes dirigeantes et des systèmes de pouvoirs en place, dans l’échec des deux pays à le devenir, est certaine. Mais celle des sociétés, de leurs intellectuels, des militants des mouvements en lutte doit tout également être prise en sérieuse considération.

Le même espoir d’une évolution démocratique pacifique est il possible au Maroc ? J’en doute tant que le peuple marocain continuera à adhérer au dogme archaïque qui ne dissocie pas la Monarchie (de droit divin : « amir el mouminine ») de la nation. C’est sans doute là la raison pour laquelle les Marocains ne comprennent pas la question Sahraouie : les nomades fiers du Sahara ont une autre conception de l’Islam, qui leur interdit de s’agenouiller devant autre qu’Allah, fut il Roi.

LE DRAME SYRIEN

Le régime de Bashar el Assad n’est guère plus qu’une dictature policière accompagnant sa soumission aux exigences du « libéralisme » mondialisé. La légitimité de la révolte du peuple syrien n’est donc pas contestable. Il reste que la destruction de la Syrie constitue l’objectif des trois partenaires que sont les Etats Unis, Israel et l’Arabie Séoudite, qui mobilisent à cette fin les Frères Musulmans, voire leur procurent des armes. Leur victoire éventuelle - par l’intervention militaire étrangère ou sans elle - produirait l’éclatement du pays, le massacre d’Alaouites, de Druzes et de Chrétiens. Mais qu’importe. L’objectif de Washington et de ses alliés n’est pas de libérer la Syrie de son dictateur, mais de détruire le pays, comme il n’était pas de libérer l’Iraq de Saddam Hussein mais de détruire le pays.

La seule solution démocratique passerait par des réformes substantielles au bénéfice des forces populaires et démocratiques qui existent et refusent de se laisser enrôler par les Frères Musulmans. Si le régime s’avère incapable de le comprendre, rien n’arrètera la marche du drame de se poursuivre jusqu’à son terme. Il est amusant de savoir que ce sont désormais le Sultan de Qatar et le Roi d’Arabie Séoudite qui sont les champions de la promotion de la démocratie (chez les autres). Difficile de pousser la farce plus loin !

LA GEOSTRATEGIE DE L’IMPERIALISME ET LA QUESTION DEMOCRATIQUE

J’ai voulu montrer dans ce livre que la dépolitisation avait été décisive dans la montée en scène de l’Islam politique. Cette dépolitisation n’est certainement pas spécifique à l’Egypte nassérienne. Elle a été la pratique dominante dans toutes les expériences nationales populaires du premier éveil du Sud et même dans celles des socialismes historiques après que la première phase de bouillement révolutionnaire ait été dépassée. Dénominateur commun : la suppression de la pratique démocratique (que je ne réduis pas à la tenue d’élections pluripartites), c’est-à-dire du respect de la diversité des opinions et des propositions politiques et de leur organisation éventuelle.

La politisation exige la démocratie. Et la démocratie n’existe que lorsque la liberté est donnée aux « adversaires ». Dans tous les cas sa suppression, à l’origine donc de la dépolitisation, est responsable du désastre ultérieur. Que celui-ci prenne la forme de retours aux passéismes (religieux ou autres). Ou qu’il prenne celle de l’adhésion au « consumisme » et au faux individualisme proposée par les médias occidentaux, comme ce fut le cas chez les peuples de l’Europe orientale et de l’ex URSS, comme c’est le cas ailleurs également non pas seulement au sein des classes moyennes (bénéficiaires éventuels du développement) mais également au sein des classes populaires qui, faute d’alternative, aspirent à en bénéficier, même à une toute petite échelle (ce qui est évidemment parfaitement compréhensible et légitime).

Dans le cas des sociétés musulmanes, cette dépolitisation revêt la forme principale du « retour » (apparent) de l’Islam. L’articulation associant le pouvoir de l’Islam politique réactionnaire, la soumission compradore et la paupérisation par l’informalisation de l’économie de bazar n’est pas spécifique à l’Egypte. Elle caractérise déjà la plupart des sociétés arabes et musulmanes, jusqu’au Pakistan et au-delà. Cette même articulation opère en Iran ; le triomphe de cette économie de bazar avait été signalé dès le départ comme le résultat majeur de la « révolution khomeyniste ». Cette même articulation pouvoir islamique/économie de marché de bazar a dévasté la Somalie, désormais effacée de la carte des nations existantes (voir mon article sur le sujet, site de Pambazuka, 1/2/2011).

Que peut-on donc imaginer si cet Islam politique accédait au pouvoir en Egypte et ailleurs ?

Nous sommes envahis par des discours rassurants à cet effet, d’une incroyable naïveté, sincère ou fausse. « C’était fatal, nos sociétés sont imprégnées par l’Islam ; on a voulu l’ignorer ; il s’est imposé » disent les uns. Comme si ce succès de l’Islam politique n’était pas dû à la dépolitisation et à la dégradation sociale qu’on veut ignorer. « Cela n’est pas si dangereux ; le succès est passager et la faillite du pouvoir exercé par l’Islam politique amènera les opinions à s’en détacher ». Comme si les Frères en question étaient acquis au principe du respect des principes démocratiques ! Ce à quoi font semblant de croire Washington, les « opinions » fabriquées par les médias dominants et la cohorte des « intellectuels » arabes, par opportunisme ou absence de lucidité.

Non. L’exercice du pouvoir par l’Islam politique réactionnaire serait appelé à durer... 50 ans ? Et alors qu’il contribuerait à enfoncer les sociétés qu’il soumettrait chaque jour dans l’insignifiance sur l’échiquier mondial, les « autres » poursuivraient leurs avancées. Au terme de cette triste « transition » les pays concernés se retrouveront au bas de l’échelle de la classification mondiale.

La question de la politisation démocratique constitue, dans le monde arabe comme ailleurs, l’axe central du défi. Notre époque n’est pas celle d’avancées démocratiques, mais au contraire de reculs dans ce domaine. La centralisation extrême du capital des monopoles généralisés permet et exige la soumission inconditionnelle et totale du pouvoir politique à ses ordres. L’accentualisation de pouvoirs « présidentiels », d’apparence individualisés à l’extrême mais en fait intégralement soumis au service de la ploutocratie financière, constitue la forme de cette dérive qui annihile la portée de la défunte démocratie bourgeoise (elle-même renforcée un temps par les conquêtes des travailleurs) et lui substitue la farce démocratique. Dans les périphéries les embryons de démocratie, quand ils existent, associés à des régressions sociales encore plus violentes que dans les centres du système, perdent leur crédibilité.

Le recul de la démocratie est synonyme de dépolitisation. Car celle-ci implique l’affirmation sur la scène de citoyens capables de formuler des projets de société alternatifs, et non seulement d’envisager, par des élections sans portée, « l’alternance » (sans changement !). Le citoyen capable d’imagination créatrice disparu, l’individu dépolitisé qui lui succède est un spectateur passif de la scène politique, un consommateur modelé par le système qui se pense (à tort) individu libre. Avancer sur les chemins de la démocratisation des sociétés et de la repolitisation des peuples sont indissociables. Mais par où commencer ? Le mouvement peut être amorcé à partir de l’un ou de l’autre de ces deux pôles. Rien ici ne peut être substitué à l’analyse concrète des situations concrètes, en Algérie, en Egypte, tout comme en Grèce, en Chine, au Congo, en Bolivie, en France ou en Allemagne. A défaut d’avancées visibles dans ces directions le monde s’engagera, comme il l’est déjà, dans la tourmente chaotique associée à l’implosion du système. Le pire est alors à craindre.


publication originale Pambazuka

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Published by valenton rouge - dans Monde
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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 19:46

150d26f40c23f799363891fc25ada11b.jpgGeorges Acampora, dit "Georgio", militant de la cause nationale algérienne et ex condamné à mort sous occupation coloniale française, s'est éteint samedi soir à Alger à l'âge de 86 ans des suites d'une longue maladie, a-t-on appris dimanche auprès de son entourage.

Né en Février 1926 à Bab El Oued, militant de la cause ouvrière et élément phare du Parti communiste algérien (PCA), Georges Acampora avait mené toutes les grèves syndicales dans la célèbre fabrique de cigarettes Bastos de ce quartier algérois, avant d'adhérer à la lutte armée contre l'occupant français à la suite de l'accord entre le Front de libération nationale (FLN) et le PCA. En 1956, il est condamné à mort pour l'attentat contre le commissariat de police de la Redoute (El Mouradia à Alger).

Après l'indépendance, George Acampora qui avait opté pour la seule nationalité algérienne refusant ainsi la bi-nationalité (algérienne et française) à laquelle il avait droit, occupa de hautes fonctions au sein de la protection civile de l'Algérie indépendante. Il termine sa carrière de soldat du feu avec le grade de lieutenant-colonel avant de prendre sa retraite à la fin des années 1980 dans son quartier natal où il était particulièrement apprécié et respecté des habitants. Le défunt sera inhumé demain lundi à 14 heures au cimetière chrétien de Bologhine (Alger) où reposent déjà des membres de sa famille.

 

http://www.letempsdz.com/content/view/69727/1/

 

Georges Acampora nous a quittés


«Je reprendrais mon travail de pompier, et je demande que la caserne des pompiers d’Alger porte le nom du pompier Khelfi Amar, membre de l’ALN, tombé au champ d’honneur en 1957.» C’est la réponse  

donnée par le militant Georges Antoine Acampora à sa sortie de prison en 1962 à la question de savoir ce qu’il voulait faire maintenant qu’il est libre.

Réponse lourde de sens et d’enseignements ! Ce fils de Bab El-Oued, après avoir lutté pour l’indépendance de l’Algérie, n’a pas ménagé ses efforts pour l’édification de son pays. Le militant Georges Acompora vient de nous quitter des suites de maladie à l’hôpital de Aïn Naâdja, dans la nuit de samedi à dimanche. Certains diront que c’est une pure coïncidence mais le hasard n’est jamais fortuit. Georges Acompora est décédé quelques heures après l’hommage rendu, samedi, à un autre militant algérien. Il s’agit du Fernand Iveton, exécuté le 11 février 1957, à la prison de Barberousse, vingt-et-unième victime du bourreau attitré Maurice Meyssonnier. Arrêté en août 1956, Georges Acampora a été torturé et emprisonné à la prison Barberousse pour être ensuite condamné à mort. Au début de 1959, il a été transféré à la prison d’El-Harrach, après avoir bénéficié d’une grâce et condamné aux travaux forcés à perpétuité avec 181 autres militants de la cause algérienne condamnés à mort. Né en février 1926, à Bab El-Oued, Georges Acampora n’a pas cessé de conjuguer le verbe à l’action pour apporter son édifice à l’idéal auquel il a consacré sa vie. Bon élève, Georges Acampora a dû quitter les bancs de l’école, à l’âge de 14 ans. De parents d’origine italienne, Georges est le dernier des six frères et soeurs d’une famille dont le père, Augustin Acampora, marin-pêcheur chez un patron français, éprouvait des difficultés à nourrir. Georges Acampora rejoint le monde du travail pour aider sa famille à subvenir à ses besoins. Il débute comme ouvrier pêcheur en transportant sur ses épaules d’adolescent les cageots de poissons d’Hussein Dey à Belcourt, pour les vendre au marché. Après avoir travaillé chez Spinoza comme apprenti tourneur, puis chez Fotioadis, à proximité de la gare d’Agha, en tant que tourneur. Parcours d’ouvrier sous le joug colonial et comme l’écrit le poète et homme politique martiniquais Aimé Césaire «il n’y a pas de colonialisme sans racisme». Georges Acampora, militant communiste, a consacré son âme et son esprit à l’indépendance de l’Algérie. A propos de cette étape historique du peuple algérien, Georges Antoine Acampora a déclaré en mars 1991 que «le mouvement national a canalisé tous les patriotes sur l’objectif de l’indépendance de l’Algérie», précisant que «les communistes algériens ont participé à ce large mouvement de libération nationale». L’expérience acquise de son service militaire, Acampora l’a mise au profit de la lutte pour l’indépendance. Comptant parmi les militants constituant les groupes de chocs, Acompora a pris part à l’attaque du commissariat de la Redoute. Vu son expérience d’ouvrier tourneur, Georges Acampora avait aussi comme mission de réparer des mitraillettes et de rectifier les culasses dans les ateliers des pompiers. Des actions d’un fervent militant algérien, prêt au sacrifice pour que vive l’Algérie libre. Sur ce qu’a été son rôle après l’indépendance, Georges avait eu à indiquer que «personnellement, j’ai participé après l’indépendance aux brigades de travail volontaire pour la réforme agraire. Nous avons aidé les paysans à occuper les grandes propriétés laissées vacantes par le départ des colons. Nous avons participé bénévolement au reboisement des régions entières brûlées au napalm par l’aviation militaire française.» Ce grand combattant et militant d’une profondeur humaine inouïe sera enterré aujourd’hui, à 14h, au cimetière de Bologhine. Il continuera à veiller sur son quartier de Bab El-Oued qu’il n’a jamais quitté même durant les durs moments qu’a vécus l’Algérie durant les années 1990.

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 19:28

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CUBA, le 9 février 2012. Johana Tablada, sous-directrice de la Direction de l’Amérique du Nord du Ministère des Affaires étrangères de Cuba, nous a accordé un entretient pour parler de l’Embargo Économique des États-Unis contre Cuba qui vient d’avoir 50 ans et une dizaine de présidents.

Q: L’un des arguments avancés par les partisans de l'embargo, c'est que c'est une excuse du gouvernement cubain pour lui attribuer toutes ses erreurs.

R : S’il s’agit d’une excuse qu’ils enlèvent donc le blocus, pourquoi ils ne l’enlèvent pas et que la vie dise où est la vérité? Ils ne le font pas parce que c’est une manière de nous  faire pression, ils nous poursuivent et nous évaluent pour dire : regardez ! Ils vont très mal. Il a été ainsi pendant 50 ans.

Q : Quels sont les principaux dommages causés par l’embargo ?

R : Une journée ne suffirait pas pour tout parler mais si l'on veut résumer, l’essentiel c’est qu’il a empêché à Cuba de se développer à sa pleine capacité. Il nous empêche d'avoir des relations avec les états-uniens et il ne nous permet pas non plus d'interagir avec le reste du monde dans des conditions normales. Le blocus a une dimension extraterritoriale et exerce des pressions sur des tiers pays dans le but de faire tomber le système cubain pour imposer un autre qui lui fera plaisir.

Q : Mais vous commercer avec tous les pays du monde ?

R : La vérité c’est qu’on ne peut pas commercer avec tous. Aucun produit avec plus de 10% de composants cubains ne peut entrer aux États-Unis, donc si une entreprise japonaise veut utiliser notre nickel puis elle ne pourra pas exporter le produit aux États-Unis.

 

En outre, ils nous interdissent d'acheter dans n’importe quelle partie du monde les produits contenant plus de 10% de composants états-uniens, le blocus l’empêche et punit toute entreprise qui le viole.

Légende: Les bateaux qui arrivent aux ports cubains sont interdits d'entrer aux États-Unis pendant 180 jours.

Cela arrive aussi dans les transactions financières, nous ne pouvons pas ouvrir des comptes bancaires si leurs opérations se déroulent dans une banque correspondante aux États-Unis,  et avec la mondialisation il est très difficile d’opérer avec ces contrôles.

Tous les navires touchant les ports cubains ont 180 jours de pénalisation pour entrer aux États-Unis. Qui va accepter de venir dans les Caraïbes avec l'interdiction de toucher après les ports les plus importants dans la région?

Il y a même des lois états-uniennes qui pénalisent l'investissement étranger à Cuba, elles le punissent ...

Q : Qui a reçu de telles punissions ?

R : Deux exemples, les visas des États-Unis ont été refusés pour les dirigeants de l’entreprise canadienne Sherritt depuis qu’ils ont investi dans le nickel cubain et la compagnie espagnole Sol Meliá a dû choisir entre le maintien de ses entreprises en Floride ou ses investissements à Cuba.

Q : Tout cela semble contradictoire avec la politique de vente de denrées alimentaires.

R : Il n’y a pas de « politique », ce n’est qu’une fenêtre dans le blocus produit d’une forte campagne du lobby agricole des États-Unis allié avec des organisations humanitaires qui considèrent une cruauté le fait de nier des médicaments et des aliments.  

Il ne peut même pas être appelé de commerce, nous ne pouvons leur vendre rien, il est très restreint et se réalise dans des conditions commercialement obsolètes et non rentables, il n’y a pas de crédit et on doit payer à l'avance et comptant.

Q : Le lobby pétrolier est plus important que l’agricole, l’apparition du brut dans  des eaux cubaines ouvrira-t-elle une fenêtre plus grande ?

R : On ne le sait pas encore mais il y a un consensus croissant parmi les états-uniens pour que les voyages soient permis, les relations restaurées et que les entreprises pétrolières soient autorisées à participer dans le programme pétrolier cubain.  Cuba ne soutient aucune discrimination à l'encontre des compagnies nord-américaines.

Légende : L’embargo des États-Unis touche tous les secteurs de la société.

Q : Obama a autorisé les voyages des cubains-américains et a éliminé les restrictions sur l'envoi de l'argent. Maintenant les fonctionnaires des États-Unis se plaignent que Cuba n'a pas répondu avec d'autres gestes.

R : Nous avons dit publiquement que nous sommes ouverts au dialogue sans conditions et en 2009 nous avons présenté aux États-Unis un projet d’ordre du jour avec 7 sujets. Nous avons inclus le blocus, mais aussi des questions moins sensibles d'intérêt commun, un projet d’accord migratoire, la restauration du courrier postal direct, un accord pour la lutte contre le narcotrafic, la coopération en cas de catastrophes naturelles et le rapprochement de nos communautés scientifiques. Ils ne nous ont jamais répondu.

Q : Ce n’est pas trop demander à Obama de lever l’embargo si seul le Congrès peut le faire ?

R : Le blocus est un échafaudage de sanctions très complexe et tout n'est pas codifié par le Congrès. En plus, dans presque toutes ces restrictions, il existe un alinéa qui dit qu’elles ne peuvent pas être appliquées en cas d'Intérêt National ou si le président n’en dispose autrement. Le président des États-Unis a une longue liste de prérogatives pour permettre une plus grande flexibilité sur des questions telles que la médecine, les enfants cubains auront ainsi d’accès à des médicaments, des antibiotiques, des matériels et des appareils dont l’absence entrave certaines procédures chirurgicales.

Q : L’une des raisons pour l'embargo est que Cuba ne paie pas les entreprises des États-Unis qui ont été nationalisées en 1959, est-ce vrai?

R : Les Nord-américains n’ont pas été les seuls, au moins 15 d’autres pays -la Suisse, l'Allemagne, l'Espagne- ont eu des propriétés nationalisées. Tous les autres ont été compensés et un grand nombre de ces entreprises sont de retour à Cuba. États-Unis a été le seul qui a démissionné d’accepter l'entente de compensation, il lui semblait plus attrayant l'invasion par Playa Girón (Baie des Cochons) qu’il planifiait.

Q: Quelles sont à votre avis les perspectives d'avenir?

R : La plupart des Nord-américains aimeraient avoir une bonne relation avec Cuba. Pour beaucoup d’entre eux, comme pour beaucoup de cubains, l’idée de travailler ensemble pour un projet de justice sociale reste plus attractive que l’idée de se battre pour faufiler dans « le célèbre 1% ». Tout en étant un pays pauvre et bloqué, Cuba a démontré qu’il est possible de construire une société dans laquelle tous les enfants aient un endroit pour dormir et aillent à l’école, ce qui pour beaucoup dans le monde représente un miracle.  Seulement  pour cette raison Cuba mérite la disparition du blocus.

(www.cubaminrex.cu)

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 19:24

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La dette de l’Etat espagnol est dans le point de mire de toute l’Europe, du fait que les marchés financiers (banques d’investissement, fonds vautours et assurances) continuent à spéculer sur cette dette avec un seul objectif : amasser de juteux bénéfices. Et cela provoque l’appauvrissement de la population dans son ensemble, car toute cette spéculation conduit à une augmentation progressive des intérêts à payer, réduisant à son tour, d’autres dépenses de l’Etat : éducation, prestations de retraite, vieillesse et chômage, justice, santé ou services sociaux. Toutes ces mesures d’austérité, équivalentes aux plans d’ajustement structurel menés au sud de la planète à partir des années 80, ne font qu’augmenter les inégalités sociales, à travers l’appauvrissement chaque fois plus important des personnes, spécialement des plus vulnérables (femmes, minorités ethniques, jeunes, immigrés, personnes au chômage et à la retraite).

Cependant, et contrairement au discours dominant, ce ne sont pas les dépenses publiques qui ont fait augmenter la dette de l’Etat espagnol, mais bien au contraire, les mesures, dont le bénéfice pour l’ensemble de la population est plus que douteux, qui ont provoqué les déficits obligeant à un endettement croissant. Par exemple, la baisse des impôts sur les successions et donations, sur la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, et la suppression de l’impôt sur le patrimoine ont bénéficié aux plus riches, dont le patrimoine, en réponse à leur cupidité, a par ailleurs été protégé par la fraude fiscale, la baisse des impôts sur les sociétés et les SICAV.

Par conséquent, la logique opérante consiste à faire payer à l’ensemble de la population des avantages économiques obtenus par un petit nombre de personnes qui s’enrichissent grâce à la dette. Mais il n’est pas facile de connaître la proportion exacte du budget dédiée au remboursement. Ceci est dû à une volonté politique délibérée de dissimuler ces questions à la population, rendue possible par le caractère particulier de l’endettement des Etats, très différent de la compréhension générale qu’on peut avoir des prêts aux particuliers ou aux entreprises. Pour ces prêts, l’argent prêté (appelé capital), tout comme les intérêts, se remboursent au fur et à mesure du délai accordé. Dans le cas d’un Etat, seuls les intérêts des prêts (appelés lettres, bons ou obligations d’Etat, selon qu’ils soient à court, moyen ou long terme) sont remboursés régulièrement jusqu’à échéance, alors que le capital doit être remboursé dans son intégralité quand le prêt se termine (arrive à échéance). Pour cette raison, le fonctionnement habituel des Etats est de s’endetter à nouveau pour payer les échéances d’anciennes dettes, permettant aux Etat de dissimuler ces dépenses, du fait qu’elles s’équilibrent au niveau budgétaire : les dépenses pour paiement des échéances équivalent aux revenus pour émission de nouvelle dette. Cependant, en augmentant la dette par un déficit résultant d’une mauvaise gestion budgétaire, on augmente chaque fois plus le paiement, qui à son tour nécessite chaque fois davantage d’émissions. De plus, cette nouvelle dette peut être émise sous des conditions différentes, par exemple avec des taux d’intérêts plus élevés (ce qui s’est passé dernièrement), ce qui débouche sur le classique effet boule de neige (augmentation de la dette par l’effet conjugué de forts taux d’intérêts et de nouveaux prêts pour payer les anciens).

L’étude minutieuse des budgets généraux de l’Etat (accessibles sur le site du Ministère espagnol de l’Économie et des Finances) permet de vérifier la quantité d’argent dépensée par l’Etat espagnol au titre du remboursement du capital durant ces dernières années (voir tableau). Par exemple, le remboursement du capital pour l’année 2010 est comparable au budget total de l’Etat pour cette année. Si nous additionnons intérêts et capital remboursé dernièrement, nous voyons qu’entre 2000 et 2010, l’Etat espagnol a remboursé plus de 3 fois ce qu’il devait en 2010, et continue à en devoir près du double. Ce tableau permet aussi de voir comment les intérêts et le capital remboursés tout comme la dette totale ont poursuivis leur hausse depuis 2000, et avec l’actuelle spéculation sur la dette de l’Etat espagnol, cette tendance n’est pas près de s’inverser.

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 En conclusion, il parait totalement injuste d’économiser sur les services publics comme l’éducation et la santé pour rembourser une dette dans le but d’alléger un déficit qui a bénéficié aux plus riches. Sous la pression populaire si nécessaire, l’Etat doit ouvrir tous les comptes publics de la dette pour que la population, en s’appuyant sur le droit national et international, puisse décider si elle doit rembourser ce qui a déjà été payé plusieurs fois, et annuler une dette frappée d’illégitimité. Ainsi, cet audit de la dette espagnole permettrait d’inverser le transfert de richesse opéré par le service de la dette non pas au bénéfice des riches créanciers mais bien à destination du bien-être de la population dans son ensemble.

Yves JULIEN, Jérôme DUVAL

version espagnole :http://patasarribavlc.blogspot.com/2012/02/espana-cuantas-ve...

version française : http://www.cadtm.org/Combien-de-temps-encore-la

URL de cet article 15818 
http://www.legrandsoir.info/combien-de-temps-encore-la-population-espagnole-devra-t-elle-rembourser-une-dette-qui-n-est-pas-la-sienne.html
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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 19:17

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Selon le sociologue Constantin Tsoukalas, la Grèce “était aussi, dans une large mesure, un pays dont les habitants avaient une joie de vivre et une certaine insouciance. Il y avait les taux les plus bas de maladies mentales, de suicides, de toxicomanie de toute l’Europe et des familles plus stables.” Mais en Grèce, les “lois économiques” ont effacé bien des sourires, et causé bien des malheurs.

Le raisonnement développé par l’Union européenne tient sur le papier : la Grèce est peu compétitive, elle doit baisser ses salaires, rendre son État plus efficace, et accroître sa productivité.

Sauf que ce raisonnement repose sur une erreur fondamentale.

En effet, baisser les salaires entraîne un mécontentement radical, ainsi qu’un effondrement du niveau de vie. Il devient alors impossible de demander aux salariés sacrifiés de faire des efforts pour accroître leur productivité.

Que faire alors ? C’est très simple : accroître fortement les salaires en Allemagne, pour résorber par le haut l’écart de compétitivité (voir ce billet).

De plus, la baisse des salaires conduit à une telle baisse du niveau de vie que les individus n’ont pas les moyens de faire leurs courses. Les magasins ferment alors les uns après les autres ou augmentent leurs prix pour tenter de sauver leurs profits, ce qui réduit d’autant plus le pouvoir d’achat. Dans tous les cas, l’économie s’effondre, le chômage explose.

Dans une telle situation, les investisseurs étrangers ne vont pas se précipiter pour construire des usines dans le pays, ni pour acheter les entreprises grecques que l’UE demande à l’Etat de privatiser. Et la contestation sociale ne peut qu’amener la déstabilisation politique, qui ne fera qu’aggraver la situation économique.

Par ailleurs, à supposer même que la stratégie d’accroissement de la compétitivité ait un sens, une telle politique met des années à produire des résultats. Mais il faut de la stabilité pendant que le processus a lieu. Si le pays connaît émeute sur émeute, difficile de construire un pacte social autour de réformes économiques.

De plus, inutile de rappeler que lorsque le PIB s’effondre, le ratio Dette/PIB augmente. C’est pour cela que la dette grecque reste toujours à 160% du PIB, en dépit de la forte baisse des dépenses publiques.

Enfin, il est clair qu’une aggravation de la situation en Grèce ne peut que nuire à l’euro, en provoquant de nouvelles paniques sur les marchés financiers. De ce point de vue également, les décisions prises par l’UE vont à l’encontre des objectifs visés, ainsi que l’expliquent Guillaume Duval et Christian Chavagneux.

On connaît pourtant l’alternative : un programme social et écologique européen, passant par une redistribution fiscale massive et une transition vers une économie (et donc une société) durable. Les instruments existent, comme la Banque Européenne d’Investissement. Et il est probable qu’un tel programme reçoive le soutien des populations étranglées. Mais les intérêts constitués, l’absence de volonté politique et les blocages intellectuels des conseillers des dirigeants empêchent (pour l’instant) une telle alternative d’émerger.

En attendant, la politique actuellement menée est absurde. Elle constitue une aberration économique, au nom de laquelle sont demandés les sacrifices humains.

Un seul chiffre : les mesures dont le principe a été approuvé hier prévoient que le salaire minimum grec doit baisser de près de 100 euros, pour être ramené de 751 euros à 660 euros (une baisse de 22%).

En quoi les salariés grecs percevant le salaire minimum sont-ils responsables de la situation de leur pays ? Qui peut considérer une telle mesure comme juste ? Comment demander aux personnes concernées de rester calmes devant une injustice flagrante qui les enfonce dans la misère ? Comment des dirigeants politiques peuvent-ils prendre une décision aussi irresponsable (est-ce parce qu’ils ont été convaincus par les arguments de Jean Quatremer ?)

La course à l’abîme est enclenchée.

http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2012/02/13/grece-on-ne-rit-plus/


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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 19:11

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L’hôpital subit depuis 2009 des réformes lourdes de conséquences pour ses agents comme ses patients. Un ouvrage collectif montre comment le management pénètre progressivement tous les aspects de la vie hospitalière pour en modifier l’activité et la finalité.

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Recensé : Bertrand Mas, Frédéric Pierru, Nicole Smolski et Richard Torrielli, L’hôpital en réanimation, Editions du Croquant, collection Savoir agir, Paris, 2011. 368 p., 19 €.

Le service public de santé est menacé par l’intensification de la contrainte financière. C’est, du moins, l’avis des auteurs de L’hôpital en réanimation, un volume qui rassemble des contributions d’auteurs divers. Leur point commun est de rechercher une logique d’ensemble dans l’accumulation de réformes des dernières années, du Programme de médicalisation des systèmes d’informations (PMSI) à la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST) de 2009, en passant par la Tarification à l’activité (T2A) et les plans « Hôpital 2007 » et « Hôpital 2012 ». Ce livre a pour point de départ un séminaire de réflexion du Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs élargi (SNPHAR-E). La démarche suivie par Bertrand Mas, Frédéric Pierru, Nicole Smolski, Richard Torrielli et les autres contributeurs comporte deux temps : d’abord, repérer les structures idéologiques, institutionnelles, instrumentales et juridiques du New Public Management (NPM), ou « nouvelle gestion publique » ; puis, identifier ses effets sur les corps médical et soignant et partant, la relation avec le patient. Les hôpitaux ne sont plus sanctuarisés. Ainsi les auteurs ne manquent pas de relever que le terme d’hôpital a été remplacé par celui d’établissement de santé. De même, la loi HPST a redéfini le socle du service public hospitalier en distinguant, en son sein, quatorze missions pouvant être exercées indifféremment par des établissements publics ou privés. Ces missions recouvrent des champs d’intervention habituels de l’hôpital, comme la permanence des soins, la prise en charge des soins palliatifs ou l’enseignement et la recherche, et d’autres moins conventionnels, à l’image de la lutte contre l’exclusion sociale ou la promotion de la santé publique. Bien que ce changement paradigmatique s’apparente, dans les textes, à une extension du domaine réservé de l’hôpital, il est assimilé dans le livre à une « privatisation rampante » (le terme revient à plusieurs reprises dans l’ouvrage) d’un secteur jusqu’à présent épargné par la rationalité néo-libérale.

Le New Public Management indissociable de ses instruments

Pour Philippe Bezes (« New Public Management made in France »), le NPM constitue un « puzzle doctrinal », qui mêle des éléments de la théorie économique à des préceptes issus des sciences de gestion et des prescriptions inspirées d’expériences antérieures. Apparu dans les années 1980, il a inspiré la réforme de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) en 2001, ainsi que la non moins récente révision générale des politiques publiques (RGPP) en 2007, dont la loi HPST constituerait la déclinaison dans le champ sanitaire. Ce courant de pensée d’inspiration néo-libérale trouve à s’incarner dans des instruments, dont nous donnerons ici trois exemples. D’abord, le benchmarking consiste en un recensement de données de production relatives à des établissements de santé, afin d’en établir le classement et de faire émerger les bonnes pratiques organisationnelles qui conduisent à des résultats plus élevés. Puis, la contractualisation est un mode de gestion par les objectifs qui lie deux parties, le principal et l’agent. Le premier est constitué par le niveau central (le ministère de la Santé, le directeur général de l’agence régionale de santé, le directeur), tandis que le second correspond au niveau local (le pôle d’activité clinique ou médico-technique, devenu niveau d’organisation de droit commun des établissements de santé en 2009). Plusieurs formes de contrat existent (contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens, contrat de pôle, etc.), qui prennent appui sur les différentes instances au sein de la gouvernance. La loi HPST a doté l’hôpital d’un directoire et d’un conseil de surveillance, renforçant parallèlement les pouvoirs du directeur. Les thèses foucaldiennes sont largement mobilisées pour qualifier la redistribution des responsabilités entraînée par le benchmarking, la contractualisation et la gouvernance. La mise en place d’un « gouvernement à distance » serait consubstantielle de la construction du « souci de soi » de l’État. La réforme de l’État, en ce qu’elle publicise la question de la « connaissance de soi », via des mesures comme le benchmarking, est constitutive d’une nouvelle forme de rationalité politique. Un phénomène que P. Bezes rapprochait dans un de ses précédents articles de la raison d’État au XVIIe siècle [1]. Les élites centrales, en crise, se saisiraient des outils du NPM pour tenter de reconquérir, en le recomposant, leur pouvoir. Cette thèse semble confirmée par le caractère ambivalent des concepts manipulés. Chacun paraît aujourd’hui se réclamer de la performance, de l’efficience ou de la qualité pour mener son action. Ceux qui s’y refuseraient seraient aussitôt suspectés de craindre les effets de la démarche engagée : la population est mobilisée totalement. Pour F. Pierru, ces « mots-valises » présentent la double utilité soit de placer le débat à un niveau de généralité si élevé qu’il paraît impossible de contester les idées qu’ils sous-tendent, soit de s’opérationnaliser à un degré si fin qu’il devient malaisé de repérer la logique d’ensemble. Car, si les auteurs se refusent à distinguer un complot dans la généralisation des réformes tirées du NPM, il existerait bien un fondement doctrinal jouant dans le sens d’un renforcement de l’État, avec le soutien du marché. Le recours massif à des consultants internationaux, le déploiement de « nouvelles bureaucraties techniques » [2] et la création de cellules dédiées au sein des administrations déconcentrées provoqueraient l’essor des activités de contrôle. À contretemps du laisser-faire smithien, le NPM s’apparenterait donc à un « pilote automatique » entre les mains de quelques-uns, d’après F. Pierru (« Hospital Inc. ou l’hôpital au pays des Soviets ? »).

L’impact de la rationalité instrumentale sur les groupes professionnels

Le NPM est à l’origine d’une profonde remise en cause des groupes professionnels de l’administration publique car il propose un diagnostic simpliste. Si l’administration va mal, c’est parce qu’elle serait mal gérée. Et, si elle est mal gérée, ce serait en raison du pouvoir discrétionnaire exorbitant dont disposent les « bureaucraties professionnelles » [3]. Il conviendrait alors de réduire leur autonomie en codifiant et systématisant leur action, conduisant à la mise en œuvre d’indicateurs de productivité, d’incitations monétaires, de procédures, etc. P. Bezes remarque qu’il s’agit là d’une contradiction majeure du NPM, qui vante souvent une plus grande liberté accordée aux gestionnaires ou une plus grande implication des professionnels dans la vie du service. Pour comprendre ce que le NPM fait aux individus, reprenons nos trois exemples. Le benchmarking met en compétition des établissements de santé en fonction de critères de prix, de qualité et de sécurité. La comparaison qu’il induit suppose au préalable de normaliser l’activité des soignants. Réfléchir en termes de processus suppose donc de découper un tout en plusieurs parties, au risque de paraître réducteur ou de se focaliser sur un élément non significatif. Pourtant, le benchmarking est de plus en plus sollicité par des agences techniques telles que l’Agence national d’appui à la performance (ANAP) santé et médico-social. Il s’affiche également en une des hebdomadaires. Pour les contributeurs, ce succès s’explique par la volonté d’équiper le patient et de lui proposer des grilles de lecture standardisées. D’une part, l’usager serait assimilé à un consommateur choisissant son lieu d’hébergement dans une logique hôtelière. Et F. Pierru (« Les palmarès ou le guide Michelin des hôpitaux ») de faire allusion au guide Michelin pour désigner les palmarès hospitaliers. En outre, la prolifération des normes irait de pair avec la judiciarisation de la santé, les praticiens n’ayant pas respecté les préconisations de la « médecine par les preuves » (evidence-based medicine) se rendant coupables de faute professionnelle. Caractérisant le mal-être qui s’empare des professions de l’hôpital, Christian Laval (« La rationalité néo-libérale à l’assaut des services publics ») évoque ainsi un « management de la culpabilité ». D’autre part, les soignants seraient regardés avant tout comme des êtres rationnels, capables d’infléchir leur capacité de jugement en fonction d’informations considérées comme objectives. Les médecins, en particulier, se sentiraient dépossédés de leur art. Certes, ils fondent leurs diagnostics sur des travaux validés par la communauté scientifique et des protocoles de soins labellisés. Mais, la singularité des cas n’oblige-t-elle pas à conserver une part d’autonomie dans la délibération ? Ce constat rejoint l’idée qui traverse un long passage consacré par F. Pierru à la T2A. Ce nouveau mode de financement des établissements de santé repose sur le codage de l’activité. À chaque acte est affecté un tarif, calculé selon le niveau de complication et les caractéristiques du patient. Chaque tarif évolue périodiquement en fonction des priorités de l’assurance maladie. Un des effets pervers dénoncés par les auteurs serait la sélection des patients selon le caractère rentable ou non de leur hospitalisation. Des malades ayant subi des interventions peu rémunératrices seraient poussés vers la sortie, tandis que d’autres verraient leur séjour inutilement prolongé en raison d’une tarification avantageuse. Arrimés à leurs obligations déontologiques et morales, les médecins seraient contraints de détourner les instruments de leur usage initial pour accumuler des rentes de nature à préserver la qualité et la sécurité des soins. Quant à la contractualisation interne, elle n’a pas permis, pour Jean-Paul Domin, (« La ‘gouvernance’ Canada dry ou la reprise en main de l’hôpital par une nouvelle bureaucratie gestionnaire ») de faire participer les médecins à la gestion. Au contraire, elle aurait suscité des réactions de rejet face à un phénomène de re-bureaucratisation. S’agissant de la gouvernance, elle se serait traduite par une disparition des contre-pouvoirs au sein de l’hôpital, induisant une concentration de la prise de décision à l’échelon régional. L’autonomie de gestion attribuée au directeur ne serait qu’apparente. En fait, les dispositifs et les règles de gouvernance auraient plus généralement vocation à familiariser les acteurs avec le modèle de l’entreprise, explique Philippe Batifoulier (« On ne naît pas marchand, on le devient : la construction du marché de la santé »).

Nicolas Belorgey (« Agences de santé et consultants dans les hôpitaux : gouverner sans en avoir l’air ») prolonge ce raisonnement en indiquant que les discours sur la qualité et la sécurité des soins au meilleur coût n’auraient d’autre objet que d’intérioriser chez les professionnels la problématique financière. Avec pour toile de fond l’émergence d’un corporate state, en lieu et place de l’État éducateur et social, les professionnels seraient recrutés et gérés comme des travailleurs isolés, et non plus comme les membres d’un corps. Le taylorisme se révélant inefficace dans le contexte actuel du marché du travail, il conviendrait de réinventer le travail. Dans cette optique, la logique contractuelle, la rémunération à la performance et l’importation de techniques managériales du secteur privé auraient remplacé l’engagement professionnel et l’adhésion aux valeurs du service public. L’individualisation des modes de gestion reviendrait à briser la force du collectif, annihilant les tentatives de résistance aux réformes. La recrudescence de ces dernières aboutirait à un climat d’instabilité permanente, synonyme d’une perte de repères par des individus qui craignent de se retrouver en situation d’incompétence. Il s’ensuivrait une remise en cause de l’identité professionnelle, chaque agent étant sommé de choisir entre sa propre conception du métier, les besoins des destinataires de son travail, les injonctions hiérarchiques, etc. D’où les expressions de « précarisation subjective » ou de « management par la défiance » proposées par Danièle Linhart (« Mieux que le taylorisme, la précarisation subjective »).

Le modèle de l’hôpital-entreprise

Ce livre lance une alerte. Il met en garde contre une éventuelle marchandisation de la santé, qui se manifesterait en premier lieu par le rapprochement de l’hôpital avec l’entreprise. Le terme de « rapprochement » est ici choisi, car il s’agit bien d’une prise de conscience que le NPM tendrait à opérer. Ainsi Julien Duval (« Le déficit : obstacle financier ou problème politique ? ») note que la construction sociale que constitue le fameux « trou de la sécu », pris sous son aspect financier uniquement sans considération de sa contribution à l’allongement de l’espérance de vie, a été rendue possible par la « managérialisation » de l’hôpital. Symétriquement, un texte rédigé d’après les positions de Didier Tabuteau et validé par lui (« La métamorphose silencieuse des assurances maladies ») compare le décloisonnement entre les hôpitaux publics et privés au rapprochement entre l’assurance maladie obligatoire et la protection sociale complémentaire. Afin de remporter cette bataille qui serait en train de se jouer, L’hôpital en réanimation suggère de se reposer sur les professions. Si l’hôpital doit adopter la culture de l’entreprise, force est de constater que l’entreprise ne possède pas la culture de l’hôpital. Autrement dit, il est permis d’imaginer une culture d’entreprise, mais celle-ci ne sera jamais fondée que sur des individualités, au contraire des professions et, singulièrement, des médecins, rassemblés en ordres professionnels dont l’unique vocation est de représenter l’intérêt de la profession perçu comme identique à l’intérêt général. Si l’éventualité d’un « gouvernement à distance » est confirmée, celui-ci appartient à un petit groupe, dont font partie les assureurs.

Ces derniers, selon F. Pierru (« Le patronat prend de l’assurance »), accuseraient la sécurité sociale de ne générer aucun profit. D’où la nécessité de capter une partie des revenus de transfert jugés improductifs. Le patronat aurait investi les politiques sociales par l’entremise de trois figures : l’intellectuel, le technocrate et l’économiste. À cet égard, notons, pour l’anecdote, que l’économie médicale s’est muée en économie de la santé. L’ « économicisation » du débat public serait le reflet d’un vœu toujours réaffirmé de techniciser des questions politiques en y incorporant un regard comptable. L’objectif final serait de légitimer des réformes drastiques et impopulaires, en invoquant l’urgence ou la gravité du sujet.

Conclusion

Le grand mérite de ce livre est de juxtaposer des éléments de politique générale à des observations concrètes et des considérations de nature académique. Le malaise de l’administration et, plus spécialement, des professions de l’hôpital, est perceptible. D’où la nécessité de le comprendre, d’en rechercher les racines, qui se trouvent dans le NPM et ses multiples applications. On se représente sans grande difficulté les discutions animées qui ont dû donner naissance à l’ouvrage. Un ton militant transpire à chacune des pages de L’hôpital en réanimation, qui tient tant du pamphlet que de l’analyse scientifique. Bon nombre d’idées reçues s’évanouissent à la lecture de ce livre passionnant, comme celle qui attribue la dégradation des comptes sociaux au vieillissement démographique, alors qu’elle s’expliquerait largement par le progrès médical. Si les auteurs s’inquiètent d’une privatisation du système de santé, c’est avant tout l’impact du NPM sur les groupes professionnels qui frappe. Le « gouvernement à distance » ne se résumerait pas à l’accountability (ou « redevabilité »), c’est-à-dire la nécessité pour l’administration de rendre des comptes aux élus. Il se manifesterait aussi par la transformation de l’individu, le patient devenant un consommateur éclairé et le professionnel de santé un prestataire ordinaire de services. Redonner une dimension autre que financière aux sujets qui touchent l’hôpital, tel est le défi que pose l’ouvrage. Par exemple, quelle valeur éthique donner à la facturation des chambres individuelles ? Afin de ré-animer l’hôpital public, au sens étymologique du terme, Bertrand Mas envisage de le refonder en y insufflant un nouvel esprit, dont les trois piliers seraient la démocratie, le respect et la dignité. Il propose également de lui redonner corps, en lui adossant les nouvelles structures destinées à pallier le manque de praticiens dans les déserts médicaux, à l’image des maisons de santé. Le pari est osé. À l’heure où le consensus semble s’établir sur la nécessité d’étoffer l’offre de soins en amont et en aval de l’hôpital pour y limiter les séjours, peut-on encore ériger l’hôpital en principal ressort de la politique de santé ? La direction de l’hospitalisation (DHOS) du ministère de la Santé n’a-t-elle pas été débaptisée pour décloisonner symboliquement le système de santé et rompre avec ce travers français qui consiste à privilégier l’hôpital pour tous les types de prise en charge ? L’introduction à cette recension laissait entrevoir les doutes qui entourent le périmètre actuel de l’hôpital et son évolution. Cette question, essentielle dans le livre, devra être tranchée rapidement avant de pouvoir engager une quelconque réforme. Une interrogation qui en soulève une autre : quel hôpital la société veut-elle pour se soigner ?

par Aurélien Bordet 

Pour citer cet article :

Aurélien Bordet, « L’hôpital mis à mal par le management », La Vie des idées, 13 février 2012. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/L-hopital-mis-a-mal-par-le.html

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 19:08

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La France abrite une vingtaine d’installations nucléaires militaires. Qui surveille le respect des procédures de sécurité par l’armée ? De Brest à Toulon, riverains et citoyens ont-ils un droit de regard sur ce qui se passe au sein de ces bases ? Sont-elles soumises à une obligation de « transparence » ? Enquête sur l’opacité qui entoure les « INBS » : les installations nucléaires de base secrètes.

Le 9 juin 2010, sur la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône), un camion spécial de 33 tonnes, utilisé pour le transport d’ogives nucléaires, quitte la route et se renverse. Trois militaires sont blessés. Heureusement, le camion était vide. L’affaire ne s’ébruitera qu’un an et demi plus tard, alors que le chauffeur au moment de l’accident comparaît devant la chambre militaire du tribunal de grande instance de Marseille, le 16 janvier 2012, à huis clos… Que se serait-il passé si le camion transportait à ce moment des ogives ? Ce type d’accident à risque nucléaire est-il courant aux abords des bases militaires ? Et qui surveille et évalue le respect des procédures de sécurité par l’armée ?

Dans le but de lever (un peu) le voile sur les installations nucléaires militaires, la loi du 13 juin 2006 a créé une Autorité de sûreté nucléaire de défense (ASND). Son rôle est de surveiller ces « Installations nucléaires de base secrètes » (INBS). Les INBS sont des sites dépendant du ministère de la Défense qui abritent des missiles à tête nucléaire, comme à Istres ou à Avord (Cher), des déchets nucléaires, comme à Marcoule (Gard), ou des matières nucléaires militaires, comme à Valduc (Côte-d’Or).

« Il suffit d’appuyer sur un bouton pour tout arrêter »

À l’instar du rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire sur les centrales et les installations nucléaires civiles, une évaluation consacrée uniquement à la sûreté des INBS doit être déposée courant mars. « À la différence d’une centrale nucléaire, dont le processus d’arrêt est complexe, pour les INBS, il suffit d’appuyer sur un bouton pour tout arrêter », tente de rassurer Bernard Dupraz, délégué à la sûreté des installations nucléaires de Défense (DSND). Si c’est effectivement le cas, c’est aussi oublier les problématiques de pollutions rencontrées par le passé sur le site de Valduc – des rejets de tritium non contrôlés jusqu’au début des années 1980 – ou de gestion des déchets, comme l’atteste récemment l’accident de Marcoule. La grande différence avec une installation nucléaire civile, c’est qu’il est conservé un flou complet sur les activités exactes de ces sites, les quantités de matières nucléaires produites et transférées. Autre particularité des INBS, les services de sécurité sont plus importants, certains sites comme Valduc ou l’île Longue abritent des pelotons de gendarmerie ou de fusiliers commandos.

Malgré leurs caractères militaires, les INBS sont également soumis à une obligation de transparence. Comme dans le cas des centrales nucléaires ou de toute « installation classée pour la protection de l’environnement », il existe ainsi une Commission d’information (CI) regroupant quatre types de membres : les associations de protection de l’environnement, les représentants de l’État et des collectivités locales, les autorités militaires et les exploitants, comme le Commissariat à l’énergie atomique (CEA). C’est le préfet qui fixe le nombre de sièges attribués à chaque catégorie de représentants et nomme tous les membres – y compris associatifs – à l’exception des représentants des collectivités locales, choisies par leurs assemblées respectives. Cette CI est censée apporter une information au public en matière de sûreté, d’absence de risques et des éventuels impacts sur l’environnement et les populations en cas d’accident.

Nombre d’INBS : un secret d’État ?

Problème : pour créer une Commission d’information (ou demander sa création), encore faut-il que l’installation nucléaire militaire soit officielle. Or, combien en existe-t-il en France ? La réponse est loin d’être limpide. Connaître le nombre précis d’INBS qui relèvent des ministères de la Défense et de l’Énergie s’avère être un parcours du combattant. Des documents émanant des plus hautes autorités divergent ! Le Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire recense 27 INBS quand l’ASND totalise 15 sites abritant 25 INBS. L’un considère, par exemple, que le centre d’études de la direction générale de l’Armement à Gramat (Lot) est une INBS, tandis que la référence disparaît chez l’autre… Bernard Dupraz, à la DSND, assure par échange de courriel qu’il n’existe que 17 sites abritant un total de 19 INBS, et invoque une faute de frappe pour expliquer le passage de 27 à 17…

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Cette confusion masque-t-elle une volonté de garder secret le nombre des INBS ? Cela démontre en tout cas qu’il existe au sein des organismes chargés d’évaluer la sûreté de ces installations un problème de définition et une absence de coordination de l’information, certaines autorités inversant le nombre de sites et le nombre d’INBS… Espérons qu’ils ne confondent pas les becquerels et les millisieverts.

Selon les indications apportées par Bernard Dupraz, les INBS relevant du ministère de la Défense sont aux nombres de 12 :

 5 bases aériennes participant à la mission de dissuasion nucléaire (Istres, Avord, Saint-Dizier, Luxeuil, Mont-de-Marsan) – ces bases abritent des « dépôts d’armes munitions spéciales » qui peuvent contenir des missiles ASMP-A et des ogives nucléaires d’une puissance de 300 kilotonnes ;
 Le Centre spécial de montage de Valduc, où sont usinées les matières fissiles pour concevoir les ogives nucléaires ;
 2 installations sur la base sous-marine de l’île Longue, qui abritent les ogives nucléaires et les missiles équipant les sous-marins ;
 1 installation pour l’entretien des sous-marins à propulsion nucléaire située dans le port militaire de Brest ;
 1 installation dans le port militaire de Toulon pour l’entretien des sous-marins nucléaires d’attaque ;
 Et 2 installations au port militaire de Cherbourg (au cœur de la ville), qui permettent la mise à l’arrêt définitif des réacteurs des sous-marins.

Ces INBS sont placées sous la responsabilité de la direction générale pour l’Armement. Les INBS relevant du ministère de l’Industrie sont au nombre de 7, et dépendent en générale du CEA ou d’Areva, comme Marcoule [1].

Qu’en est-il de la transparence en matière de sûreté autour de ces sites ? Avec un total de 3 INBS, et ses 4 sous-marins lanceurs d’engins atomiques, Brest peut se targuer d’être l’un des sites les plus nucléarisé de France (avec Cadarache et Marcoule). La création en 2003 de la Commission d’information fut donc considérée par les associations locales comme un moyen idéal pour alerter plus facilement les populations des possibles dangers. Roger Abiven, militant breton antinucléaire, a fait le choix d’y participer, représentant de l’association AE2D (Agir pour un environnement et un développement durable). « Je l’ai fait dans un souci d’écovigilance citoyenne », explique-t-il. Mais, en ce début d’année 2012, il vient de jeter un pavé dans la marre : « J’ai le sentiment de m’être fourvoyé dans une impasse "citoyenniste" au service de la gouvernance du nucléaire. C’est cela qui explique ma démission de cette commission et peut-être le retrait total de notre organisation. »

Refus d’organiser des exercices d’évacuation

Cette démission survient après de multiples demandes, comme la transparence des prélèvements d’eau et l’amélioration de la sécurité des populations. En vain. En 2008, Roger Abiven parvient à faire imprimer une plaquette d’information par la Marine nationale, intitulée « la maîtrise de la sécurité dans l’arsenal de Brest et à la base de l’île Longue ». Celle-ci donnait aux riverains des INBS des règles à suivre en cas d’accident nucléaire. « Mais quelle ne fut pas notre surprise quand nous avons constaté que ces documents traînaient dans les couloirs de la Ville de Brest ! » Après plusieurs mois de protestations et d’attente, AE2D obtiendra finalement la distribution de ce document.

Mais l’échec le plus cuisant de la commission d’information reste le refus d’organiser un exercice de simulation d’accident dans la ville de Brest. « Cela devrait être une obligation. Vous imaginez si un jour cela se produit, jamais les autorités n’auront testé leur plan, avec toutes les conséquences que cela peut avoir », dénonce-t-il. Pour le militant associatif, cette commission d’information ne sert à rien, vu la difficulté du dialogue, l’absence de prise en compte des demandes. La seule véritable mission remplie par cette commission « est certainement d’exister et de faire croire ainsi que la transparence règne ! ».

Absence de dialogue

Au sud, à près d’un millier de kilomètres, se trouve l’INBS de la base navale de Toulon, avec ses huit chaufferies nucléaires à côté du centre-ville. Un vent de révolte y souffle également. Mais elle n’est pas le fait de militants « antinucléaires ». Au contraire, la dissidence est portée par André Pellen, ancien ingénieur EDF et président du Collectif pour le contrôle des risques radioactifs, depuis la dernière réunion de la commission locale d’information en mars 2011. « Nous sommes confrontés à un manque de contradicteur au sein de la CI », s’agace-t-il. En clair, les autres organisations sont présentes, mais ne peuvent amender ni infirmer les informations livrées par les autorités, par manque de compétences ou par désintérêt. « Notre rôle se limite à de l’observation pure », confirme Claude Duval, de l’Avasne (Association varoise pour la sauvegarde de l’agriculture, de la nature et de l’environnement), qui reconnaît son absence de qualification pour apprécier les analyses qui lui sont apportées par les autorités.

La principale revendication d’André Pellen porte sur la nécessité de réaliser un exercice majeur au sein de la ville de Toulon, et d’être intégré comme observateur au sein des exercices du « plan particulier d’intervention » (PPI) [2]. Des requêtes, maintes fois refusées. « Il aura fallu menacer de quitter la CI pour voir enfin l’une de nos demandes être prise en compte », s’insurge t-il, espérant être désormais passé « du simple rôle d’observateur à celui de partenaire ».

Les commissions d’information jouent donc quand même leur rôle en apportant des informations concernant la sécurité nucléaire. Mais l’on peut émettre des doutes sur la bonne perception de ces données par les participants issus du monde associatif local ou des collectivités territoriales, souvent non formés pour les appréhender. Cette transparence devient alors opaque, et le monde citoyen un simple « faire-valoir », comme le constate Guillemette André, de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro), membre de la commission d’information du port militaire de Cherbourg. Elle fait un vœu pour 2012 : « Être écouté de temps à autre ! »

Jean-Marie Collin

http://www.bastamag.net/article2084.html

Notes

[1] Bruyères-le-Châtel (Essonne), Barp (Gironde), Cadarache (Bouches-du-Rhône), Valduc (Cher), Marcoule (Gard), Pierrelatte (Drôme), Limeil-Brevannes (Val-de-Marne).

[2] Le PPI prévoit la mobilisation des services de secours publics (sapeurs pompiers, gendarmes, police, Samu), de l’ensemble des services de l’État (DDE, Drire, Ddass, etc.), communes et acteurs privés (exploitant, associations, gestionnaires de réseaux, etc.).

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 19:03
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Florent Ballanfat et Mickaël Dauphin croient en Mélenchon pour porter l'étendard du

Front de Gauche au-delà des 10 % de voix


Présidentielle - Les Jeunes Communistes de l'Aube veulent, à l'instar de Jean-Luc Mélenchon, « une France belle et rebelle »

 

Difficile de recréer une cellule jeunes au sein du Parti communiste dans l'Aube. « ça s'est un peu effrité au gré des départs en facs à l'extérieur du département », explique Mickaël Dauphin, 22 ans et adhérent au parti. D'après Jean-Pierre Cornevin, secrétaire départemental du PCF, la formation auboise compterait tout de même dans ses rangs une quarantaine de 18-25 ans. « Il suffit de venir à la fête de l'Huma pour constater que les jeunes sont bien là ».
Mickaël, étudiant en 3e année d'histoire, a pris sa carte voilà quatre ans. « Mais mon envie de m'engager est née quand j'étais élève au collège de Lusigny. J'ai lu les textes de Marx, ça m'a plu. » Cette envie de « changer le monde » est alors décuplée par la présence dans sa classe de gosses « au discours FN qui m'horrifiait ». L'influence d'un oncle fan de «manif» a fait le reste. Partage des richesses, mariage et adoption ouverts aux homosexuels, régularisation des sans-papiers : aujourd'hui, Mickaël a des convictions « d'indécrottable idéaliste ». Des termes qui ne plaisent pas tellement à Christophe, enseignant de 32 ans qui accompagne Mickaël au siège de l'avenue Anatole-France. Il préfère taire son nom de famille « pour ne pas créer d'amalgame auprès de mes élèves ». Pour lui, le communisme n'est pas « la volonté d'accomplir un rêve, mais bien une ambition de changer la réalité ».

Vent debout contre Marine Le Pen


Balayés les mots d'utopie, d'idéalisme. Les Jeunes Communistes veulent s'ancrer dans l'actualité, mener le combat de front contre Marine Le Pen, celle qui ratisse parmi les ouvriers, base historique du PCF. Ils veulent une France « belle et rebelle », à l'instar de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche massivement choisi par les adhérents du Parti communiste. Ils souhaitent enfin un pays digne, une économie au service des hommes « et non au service du système. »
Florent Ballanfat acquiesce. Il a également dépassé la trentaine. Mais il est au rendez-vous lorsqu'il s'agit de s'exprimer au nom des jeunes du parti.
Suppléant d'Anna Zajac aux dernières législatives, il a également été candidat aux cantonales de 2008 et 2011. Pour lui, la « conscience des classes » est née à l'adolescence. « J'étais impatient de pouvoir voter », se souvient cet amoureux du « discours radical, loin de l'image délavée du stalinisme, aberration du passé ». Les trois adhérents ne veulent plus entendre parler du coût des salariés, de délocalisations, de stock-options. Ils croient en Mélenchon, l'enfant du PS, pour porter l'étendard de l'équité et grimper encore dans les sondages pour franchir la barre, plus si lointaine, des 10 % de voix.

 

presaubois

 

Mélanie LESOIF-KADDAR
http://www.lest-eclair.fr/article/politique/pour-une-economie-au-service-des-hommes
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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 19:00

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Devant des centaines de proches et victimes de l'amiante, le tribunal de Turin (nord de l'Italie) a condamné à 16 ans de prison les deux accusés du procès "historique" d'Eternit, le plus grand jamais organisé et le premier au pénal sur le drame de la fibre tueuse.

Devant des centaines de proches et victimes de l'amiante, le tribunal de Turin (nord de l'Italie) a condamné à 16 ans de prison les deux accusés du procès "historique" d'Eternit, le plus grand jamais organisé et le premier au pénal sur le drame de la fibre tueuse.

Le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny, 64 ans, et le baron belge Louis (bien Louis) de Cartier de Marchienne, 90 ans, jugés par contumace, ont été considérés comme responsables de la mort de près de 3.000 personnes en Italie, ouvriers ou habitants de villes où Eternit Italie avait des usines.

M. Schmidheiny, ex-propriétaire de Eternit Suisse a été un important actionnaire d'Eternit Italie de 1976 à 1986 tandis que le baron belge de Cartier a été actionnaire et administrateur d'Eternit Italie au début des années 1970.

Ils devaient répondre de "catastrophe sanitaire et environnementale permanente" et d'infraction aux règles de la sécurité au travail dans les usines de produits à base d'amiante-ciment (tubes, plaques, etc).

"Cette sentence donne à tous, en Italie mais aussi dans le monde entier, le droit de rêver que la justice peut et doit être faite", a estimé le procureur Raffaele Guariniello qui a enquêté pendant 5 ans pour arriver jusqu'au procès de Turin, le premier au monde au pénal.

Des proches de victimes ont éclaté en sanglots en entendant la condamnation, lue dans un silence de plomb alors que toute l'assistance était debout.

"C'est une grande satisfaction, une décision historique pour tous car on produit encore de l'amiante dans le monde", a réagi Piera Barbonaglia, 67 ans, dont le mari est mort il y a 10 ans d'un cancer de la plèvre à Casale Monferrato, la ville la plus touchée par le drame de l'amiante.

Pour Luca Cavallero, 38 ans, lui aussi venu de Casale, la peine prononcée n'est pas assez sévère. "Ils ont massacré des gens et ils prennent 16 ans ? Ils sont à l'origine d'une tragédie et ont mis en péril notre avenir car nous sommes encore enfoncés jusqu'au cou" dans cette tragédie avec de nombreux habitants de Casale qui continuent à mourir.

Les avocats des accusés ont déjà annoncé qu'ils feront appel, procédure qui peut durer plusieurs années. Ensuite, ils pourront encore aller jusqu'en Cassation, ce qui repoussera encore un jugement définitif.

Les avocats de MM. Schmidheiny et Cartier de Marchienne ont argué pendant le procès que les deux hommes n'avaient pas de responsabilité directe dans la gestion d'Eternit Italie qui a fait faillite en 1986, six ans avant l'interdiction de l'amiante dans la péninsule.

La condamnation est "techniquement injuste", a estimé Guido Alleva, avocat du milliardaire suisse Schmidheiny, en estimant qu'"il est absurde de penser à une responsabilité intentionnelle" de son client.

A l'inverse, le ministre de la Santé italien Renato Balduzzi a qualifié la sentence "d'historique", soulignant qu'elle "couronne une longue bataille qui a vu l'Etat aux côtés des victimes à tous les niveaux institutionnels".

Après la sentence, le président du tribunal Giuseppe Casalbore a énuméré pendant trois heures les noms des parties civiles (familles mais aussi organisations syndicales, caisse d'assurance pour les accidents du travail, etc) qui recevront des dédommagements, chiffrés à plus de 250 millions d'euros.

"Il n'y avait aucune prévention, les gens allaient travailler dans les usines sans aucune protection", a dénoncé Piero Ferraris, dont le père Evasio, est mort en 1988 à 63 ans d'un mésothéliome après avoir été ouvrier de l'usine Eternit de Casale Monferrato de 1946 à 1979.

Matériau miracle qui a tourné au cauchemar, l'amiante a été utilisée massivement en particulier dans le secteur de la construction en raison notamment de sa résistance à la chaleur et au feu, avant son interdiction dans de nombreux pays, dont toute l'Europe.

Les épaules recouvertes d'un drapeau italien sur lequel est inscrit "Eternit Justice", des centaines de proches des victimes avaient fait le déplacement, soutenus par des membres d'associations de victimes de l'amiante d'autres pays, notamment de France, pour lesquels le procès de Turin est une lueur d'espoir.

L'avocat français Jean-Paul Teissonnière entend demander aux "autorités judiciaires en France d'en tirer les conséquences: pourquoi ce qui est possible en Italie n'est pas possible en France ?".

L'Association française des victimes de l'amiante (Andeva) a dénoncé le contraste "insupportable" entre la situation en France et en Italie. Alors qu'en Italie, "la justice a été rendue", "le procès des responsables n'a même pas commencé" dans l'Hexagone, a-t-elle noté. Quinze ans après les premières plaintes en France, "une catastrophe sanitaire qui fera plus de 100.000 morts n'a toujours ni responsable ni coupable", a déploré l'association.

Malgré sa nocivité, en 2007, plus de 2 millions de tonnes d'amiante étaient encore consommées dans le monde. La Chine en est le principal utilisateur (30%), suivie de l'Inde (15%), de la Russie (13%), du Kazakhstan et du Brésil (5%).

 

http://www.lepoint.fr/monde/proces-de-l-amiante-en-italie-verdict-historique-deux-condamnations-a-16-ans-de-prison-13-02-2012-1431057_24.php

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 18:45

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L'équipe de France de Coupe Davis : Forget, Tsonga, Monfils, Llodra et Benneteau (de g. à dr.) (Andy Clark/Reuters)

Ce week-end, la France a éliminé le Canada au premier tour de la Coupe Davis. Hormis Michaël Llodra, rentré récemment en France, les joueurs et le capitaine Guy Forget sont tous exilés fiscaux en Suisse.

Forget les défend dans un entretien au Monde ce samedi, et sa citation est aussi longue que consternante :

« Les joueurs sont à l'étranger huit mois par an, ils gagnent donc l'essentiel de leurs revenus hors de France, et il faut savoir que quand ils gagnent un million d'euros en France, ils en laissent 500 000 aux impôts.

On veut leur faire un procès parce qu'ils n'ont envie de payer que 30 % d'impôts aux Etats-Unis ou en Suisse […] et ce alors qu'ils sont tout le temps à l'étranger. »

Et pourquoi jouer pour son pays ?

Cet ex-tennisman, qui a gagné une somme considérable d'argent à la force du poignet pendant sa carrière, incarne parfaitement l'idée de nation vue par l'ultralibéralisme qui gangrène le sportif de haut-niveau.

Si on pousse le raisonnement de Forget, pourquoi un joueur qui passe le plus gros de son temps hors de l'Hexagone devrait-il jouer pour son pays ? C'est vrai, ça rapporte quoi de jouer la Coupe Davis alors qu'on peut prendre un gros chèque dans un tournoi qatarien ou canadien ?

Concernant les 50% d'impôts prélevés sur les grosses fortunes, Guy Forget connaît-il l'idée de solidarité ? Se dire qu'une partie de ses impôts peut financer des salles de sports, des universités, des pompiers, des hôpitaux…

Comment on finance l'Insep et la Fédération ?

Vous voulez ne payer que 30% d'impôts ? Très bien, mais alors financez avec les 20% gagnés (spoliés ? ) les voyages et les soins de vos poulains nourris à l'individualisme et « à l'étranger huit mois par an » !

D'ailleurs, cher capitaine, savez-vous comment on finance la formation des talents à l'Insep (Tsonga y est passé) ou la Fédération française de tennis ? Par l'impôt.

Quant aux bénévoles des clubs français qui ne comptent pas leur temps et les frais de déplacement pour voir des gamins, pas forcément issus de milieux favorisés, s'épanouir en tapant dans la petit balle jaune, ça vous inspire quoi ?

Trois emplois en France

Dernier conseil à cet homme près de ses sous : pour moins payer d'impôts, pas besoin de se payer un conseiller fiscal, il suffit juste de ne pas multiplier les emplois.

Personne n'a prévenu monsieur Forget que le « Travailler plus pour gagner plus » était une vaste blague. Dommage, parce qu'en 2011, l'intéressé a rejoint le comité de pilotage de Roland-Garros et été nommé directeur de celui de Paris-Bercy. En sus du capitanat de l'équipe de France.

Si j'ai bien saisi, monsieur Forget, vous prenez en France uniquement ce qui vous arrange.

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