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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 14:09
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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 14:06
Les enfants de Gaza ont besoin d'aide, « c'est une question de survie »
publié le vendredi 16 janvier 2009
entretien avec Sigrid Kaag, UNICEF
  À l'occasion de la publication du rapport annuel de l'Unicef, Sigrid Kaag, directrice du bureau de l'organisation à Amman, tire la sonnette d'alarme.

Depuis le 27 décembre, Israël affirme être en guerre contre le Hamas à Gaza. Néanmoins, près d'un tiers du millier de victimes sont des enfants. « Selon les chiffres qui nous sont communiqués par le ministère palestinien de la Santé, plus de 300 enfants ont trouvé la mort. Et ce chiffre devrait encore croître avec notamment le bombardement d'un hôpital aujourd'hui. Nous pensons que nous sommes plus près d'un bilan de 320 enfants tués », affirmait hier Sigrid Kaag, directrice du bureau de l'Unicef à Amman, interrogée par L'Orient-Le Jour. « 1 500 enfants seraient également blessés, modérément ou gravement », ajoutait-elle. Ce bilan est particulièrement élevé en raison notamment de la nature du terrain à Gaza. « Gaza est une zone surpeuplée et le conflit s'est étendu à la banlieue de Gaza-ville, à Gaza-ville elle-même et aux camps de réfugiés », explique Mme Kaag. Les Palestiniens de Gaza n'ont en outre nulle part où se réfugier, ce territoire palestinien étant cerné. L'ampleur de ce bilan est également à attribuer au fait que « plus de 50 % de la population de Gaza sont des enfants », et « au manque de prise de conscience en ce qui concerne la protection des civils, et notamment des enfants, tous des victimes innocentes ». Et Mme Kaag de rappeler que « le droit humanitaire international doit être respecté par les deux parties ».

L'Unicef dispose encore d'un petit bureau à Gaza. Mais les employés de ce bureau, à l'instar de tous les Palestiniens de Gaza, vivent également des heures très difficiles. « La femme de l'un de nos collègues à Gaza est au neuvième mois de sa grossesse. Son mari est inquiet car il ne sait pas s'il pourra atteindre la clinique le moment venu. Un autre de nos collègues a perdu sa nièce. Elle était asthmatique et il n'y avait pas assez d'électricité pour faire fonctionner le ventilateur dont elle avait besoin », affirme Sigrid Kaag. L'Unicef, durant cette crise, a réussi à envoyer de l'aide à Gaza. « Le problème, c'est la distribution de cette aide dans Gaza. En raison du manque de sécurité, même pendant les quelques cessez-le-feu de trois heures, la distribution est très compliquée », souligne-t-elle.

Aujourd'hui, les besoins des enfants de Gaza sont énormes. « Avant tout, ils ont besoin d'un cessez-le-feu immédiat, ce qui nous permettrait d'évacuer les blessés et de fournir une première aide d'urgence », affirme Sigrid Kaag. « Les enfants ont besoin d'eau, de nourriture et de soins, c'est une question de survie », ajoute-t-elle, en précisant que déjà avant l'offensive, le taux d'enfants mal nourris à Gaza était particulièrement élevé. À plus long terme, mais de manière tout aussi importante, « les enfants auront besoin d'une aide d'ordre psychologique ». « Avant l'offensive, nous avions déjà des programmes en Cisjordanie et à Gaza pour encadrer les enfants atteints de désordre post-traumatiques », souligne la responsable de l'Unicef. « Aujourd'hui, nous travaillons à un élargissement de ces programmes avec des ONG partenaires. Certains enfants, notamment ceux qui ont perdu un père ou une mère, auront besoin de beaucoup plus de soutien et de suivi psychologique et social », ajoute-t-elle.

Étant donné l'ampleur des bombardements et du bilan des victimes, ces ONG parviendront-elles à gérer les besoins psychologiques des enfants de Gaza ? « Notre devoir est d'arriver à gérer cette situation », affirme Sigrid Kaag.

Propos recueillis par Émilie Sueur, publié par l'orient le Jour

http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx ?page=article&id=389308

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 13:59
cela ne vous rappelle t-il pas pas comment sont liquidés les ghettos chez les autres bien sur; On affame puis on écrase sous les bombes dès que l'affamé tente le tout!
AG


Sara Roy
  Le blocus israélien contre Gaza remonte au début de 2006 et la gravité de la situation humanitaire est bien antérieure à l'offensive israélienne, rappelle un magazine britannique.

Le 5 novembre 2008, le gouvernement israélien a ordonné le bouclage de la bande de Gaza. Nourriture, médicaments, combustibles, équipements pour les systèmes sanitaires et de distribution d'eau, fertilisants, bâches en plastique, téléphones, papier, colle, chaussures, tasses, etc. Les Gazaouis manquent de tout. Selon [la confédération d'ONG] Oxfam, seuls 137 camions de nourriture ont été autorisés à entrer dans l'enclave palestinienne au cours du mois de novembre, soit en moyenne 4,6 par jour contre 123 par jour le mois précédent et 564 toujours par jour en décembre 2005. Les deux principaux fournisseurs d'aide alimentaire à Gaza sont l'Agence de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) et le Programme alimentaire mondial (PAM). L'UNRWA nourrit à elle seule près de 750 000 personnes, ce qui nécessite l'envoi d'une quinzaine de camions par jour.

Entre le 5 et le 30 novembre dernier, seuls 23 camions ont pu passer les barrages israéliens, soit 6 % du convoi nécessaire, et, dans la première semaine de décembre, 12 camions ont pu pénétrer dans Gaza, soit 11 % du nombre requis pour répondre aux besoins de la population. Au mois de novembre, l'UNRWA s'est trouvée à trois reprises à court de réserves alimentaires, ce qui signifie que près de 20 000 personnes n'ont pas reçu leur ration alimentaire normale à trois reprises ce mois-là. Selon John Ging, directeur de l'UNRWA à Gaza, la plupart des gens qui recourent à l'aide humanitaire ne disposent d'aucun autre moyen de subsistance. Le 18 décembre 2008, l'UNRWA a suspendu tous ses programmes de distribution de nourriture - réguliers et exceptionnels - en raison du blocus israélien.

Le PAM a dû affronter les mêmes problèmes et n'a pu envoyer que 35 camions sur les 190 prévus pour couvrir les besoins. Pis encore : le PAM doit maintenant payer les frais de stockage des produits alimentaires qu'il ne peut pas faire entrer dans la bande de Gaza. Ces coûts se montaient à 215 000 dollars pour le seul mois de novembre. Si le siège se poursuit, l'organisation devra verser 150 000 dollars de plus pour le mois de décembre, autant d'argent qui, à défaut de soulager les Palestiniens nécessiteux, viendra enrichir des entreprises israéliennes.

La plupart des boulangeries de Gaza (30 sur 47) ont dû cesser toute activité par manque de gaz pour alimenter les fours. Les gens utilisent toutes sortes de combustibles pour préparer à manger. Ainsi que l'indique clairement l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), les bonbonnes de gaz domestique sont nécessaires au fonctionnement des couveuses à poussins. A cause du manque de gaz et de grains pour les élevages, des centaines de milliers de poulets ont dû être abattus. Selon la FAO, il n'y aura plus la moindre volaille sur le territoire d'ici au mois d'avril. Or le poulet représente la principale source de protéines animales pour 70 % des habitants de Gaza. Avec les restrictions israéliennes sur les transferts de fonds, les banques ont été contraintes de fermer leur porte le 4 décembre dernier. La Banque mondiale a d'ores et déjà prévenu que tout le système bancaire de Gaza risquait de s'effondrer si ces restrictions étaient maintenues.

L'effondrement d'une société

Le 13 novembre 2008, l'unique centrale électrique de la bande de Gaza a suspendu sa production en raison du manque de combustible industriel. Les turbines ont cessé de fonctionner. Dix jours plus tard, elles refusèrent de redémarrer quand la centrale a reçu du nouveau combustible. La centaine de pièces de rechange commandées pour réparer les turbines a été bloquée dans le port israélien d'Ashdod pendant plusieurs semaines dans l'attente d'une autorisation des douanes israéliennes. Ayant été saisies depuis plus de quarante-cinq jours, ces pièces sont à présent mises aux enchères par les autorités israéliennes, et le produit de ces ventes sera consigné sur des comptes bancaires israéliens. Dans la semaine du 30 novembre, 394 000 litres de combustible industriel ont pu être livrés à la centrale électrique de Gaza, soit environ 18 % du minimum hebdomadaire qu'Israël est légalement contraint d'autoriser pour le territoire. Cela a permis de faire fonctionner une turbine pendant deux jours... avant un nouvel arrêt de la production. La compagnie électrique de la bande de Gaza a annoncé que la plupart des foyers allaient être privés d'électricité entre quatre et douze heures par jour.

Aucun des combustibles nécessaires aux transports et aux générateurs de secours n'est entré dans l'enclave palestinienne : ni pétrole (bloqué depuis le début du mois de novembre), ni gaz domestique. Les hôpitaux de Gaza semblent alimentés en énergie grâce à des livraisons clandestines provenant d'Egypte et transitant par les tunnels frontaliers. Ces livraisons sont, paraît-il, gérées et taxées par le Hamas. Néanmoins, depuis le 23 novembre, deux hôpitaux de Gaza sont à court de gaz.

Nous assistons aujourd'hui à l'effondrement de toute une société, mais la communauté internationale reste inerte. Les seules mises en garde émanent des Nations unies, et elles sont largement ignorées. En quoi le fait de priver les habitants de Gaza de nourriture et de soins médicaux pourrait-il aider à mettre les Israéliens à l'abri des roquettes Qassam ? En quoi l'état des souffrances et de la misère des enfants gazaouis - qui représentent plus de la moitié de la population - peut-il être profitable à qui que ce soit ? Le droit international et la décence humaine exigent leur protection.

* Sara Roy est chercheuse au Centre pour les études sur le Moyen-Orient de l'université Harvard.

London Review of Books

publié en français par Courrier international

http://www.courrierinternational.com/article.asp ?prec=0&suiv=4752&page=2&obj_id=93442

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 13:57

Amr Zoheir
  Terroristes ou corrompus, mais jamais résistants ou partenaires pour la paix. C'est la définition qu'Israël donne aux Palestiniens et qui est reprise souvent en chœur en Occident.

Le 27 novembre 1967, quelques mois après l'occupation de Gaza, dans une conférence de presse tenue au Palais de l'Elysée, le général De Gaulle déclarait : « Israël ayant attaqué, s'est emparé, en six jours de combat, des objectifs qu'il voulait atteindre. Maintenant, il organise, sur le territoire qu'il a pris, l'occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s'y manifeste contre lui une résistance, qu'à son tour, il qualifie de terrorisme ». Le général faisait-il une projection en tant qu'homme politique bien averti, ou était-il l'homme de la résistance qui a compris la logique de l'occupation ? Occupation engendre résistance que l'occupant qualifie de terrorisme.

Jean-Paul Bled, professeur d'Histoire à la Sorbonne, explique : « Le général, en disant cela, avait en tête l'expérience française de résistance et des maquis pendant la seconde guerre mondiale qui étaient qualifiés par les nazis comme actions et mouvements terroristes. Cette qualification est systématique tant qu'il y a de l'occupation militaire ».

Gaza, c'est la plus grande prison à ciel ouvert où se regroupent quelques centaines de milliers de Palestiniens, exactement 1,4 million de personnes, originaires pour la plupart des anciennes villes palestiniennes, qui sont devenues des villes israéliennes aujourd'hui, et qui se retrouvent à l'intérieur d'Israël actuel. Quelques grands-parents dans les camps de réfugiés de Gaza détiennent encore les clés de leurs maisons à Haïfa, à Askalan, ou à Jaffa. A ce moment même, la troisième génération de Palestiniens sont sous les bombardements dans leur ghetto qu'est Gaza, car « les terroristes du Hamas, qui détiennent le pouvoir, menacent les civils israéliens par leurs roquettes ». Des roquettes qui, et avec tout le respect pour les morts, en 12 ans ont fait 30 tués parmi les civils israéliens. Depuis le début de l'agression israélienne, fin décembre dernier, le nombre de morts palestiniens a dépassé les 800, dont la moitié des enfants et des femmes.

Le « désengagement unilatéral » de Gaza, ou le retrait israélien depuis deux ans, sans pourtant mettre terme à l'occupation militaire, a signifié non seulement « un développement séparé », mais un apartheid appliqué à la lettre, comme ce programme du « développement séparé des races » appliqué en Afrique du Sud. Le désengagement de Gaza a coûté plusieurs milliards de dollars pour indemniser chaque colon avec 200 000 dollars, tandis que les habitants palestiniens du « ghetto » de Gaza subissent un blocus sévère, souffrent du chômage, vivent depuis 1967 dans la misère et encore grâce à l'Unrwa et l'aide internationale.

En Cisjordanie où les gens vivent derrière « le mur de séparation », construit sur la terre palestinienne, l'Autorité palestinienne subit une autre guerre israélienne. Israël la qualifie tantôt de corrompue, tantôt de « pas un partenaire pour la paix ». Cette Autorité palestinienne est également critiquée par les mouvements palestiniens de résistance pour « avoir abandonné la lutte armée sans le prix adéquat qui est un Etat indépendant et souverain ».

« En Afrique du Sud, la résistance de l'ANC (African National Congress) se poursuivait pendant que Mandela tenait des négociations avec le gouvernement de Frederik de Klerk », a expliqué une fois Lakhdar Brahimi, ancien ministre des Affaires étrangères algériennes. N'est-ce pas cet abandon de la lutte, sans résultat tangible, qui a amené le peuple palestinien à voter pour le Hamas ? Shimon Pérès, comme de nombreux politiques israéliens, a dit que ces opérations militaires ne sont pas dirigées contre le peuple palestinien, mais contre le Hamas ! C'est peut-être comme le dit Mohamad Hassanein Heykal à ce propos : « Les faibles n'apprennent que de leur bourreaux ! ». Faut-il donc accepter que tuer des civils et des enfants, bombarder des écoles et des mosquées sont des actes défensifs justifiés ? Et faut-il aussi, puisqu'on y est, admettre qu'un bon Palestinien est un Palestinien mort, puisque les autres sont soit terroristes, soit corrompus ? ... Racisme et dénégation donc. Mahmoud Darwich le dit bien :

Je suis l'une des voix de la fin

Je me jette de mon cheval au dernier hiver

Je suis l'ultime soupir de l'Arabe.

publié par al-Ahram

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2009/1/14/leve3.htm

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 13:50

Parti socialiste : lettre d'un militant à Ségolène Royal

Avec un peu de décalage sur l'actualité, Daniel Lebre,acien secrétaire de la section du PS de Brioude et mandataire de la motion de Martine Aubry en Haute-Loire, nous adresse une copie du courrier qu'il a enoyé à Ségolène Royal et que vous pourrez lire ci-dessous.


Que vous n'acceptiez pas votre défaite aussi minime soit-elle, lorsque l'on a basé sa campagne pour les présidentielles sur le "respect de la démocratie à l'intérieur et à l'extérieur du Parti Socialiste" est pour moi quelque chose de totalement incompréhensible pour ne pas dire inacceptable. Mais je dirais, que cette attitude qui est aujourd'hui la vôtre, les militants socialistes y sont malheureusement habitués...
Réfuter cette défaite, en insinuant que la fédération du Nord par exemple, aurait pu "tricher"..., c'est tout simplement oublier la réputation de vos amis Navarro de la grosse fédération de l'Héraut ou Guérini des Boûches du Rhône, sans parler de Georges Frêche à qui vous avez apporté votre soutien trois jours avant le vote des militants ! Madame Royal, le parti socialiste est un parti de militants, d'adhérents (qui paient leur carte, au tarif fixé par les statuts du parti), qui distribuent les tracts, les journaux des sections, qui collent les affiches, et qui malheureusement voient sur internet (parce qu'ils ne sont pas plus c... que les bobos bloggeurs qui n'osent pas afficher leurs noms quand ils crachent leur venin sur le parti socialiste), qu'il faudrait qu'ils laissent leur place à des gens qui seraient prêt à faire un rapprochement avec Bayrou, voir avec Villepin (si si c'est sur votre site.... et c'est grave !). Ces militants, ces adhérents méritent un tant soit peu de reconnaissance de la part des élites dont vous faites partie ou tout du moins dont vous vous revendiquez. Malheureusement, ce n'est pas le cas !
Madame Royal, avec vos amis, vous préconisez un rajeunissement du PS... Qu'est que cela veut dire ?
- En étant déjà au côté de François Mitterrand en 1981, vous seriez de la dernière couvée ???
- Que Manuel Valls qui était déjà secrétaire national à la communication du Parti Socialiste en 1988, à l'époque où Lionel Jospin était notre premier secrétaire, serait un perdreau tout frais lâché dans la campagne ???
- Que Jean-Louis Bianco secrétaire général de l'Elysée, puis deux fois ministre sous la présidence de François Mitterrand serait un jeunot qui vient de tomber du nid ??
Vous plaisantez Madame Royal !! Il y a seulement trois années d'écart entre Martine Aubry et vous, alors le renouvellement par l'âge ne veut plus rien dire dans ce cas de figure.
Aujourd'hui, il n'y a pas trente six solutions, il n'y en qu'une... Vous reconnaissez votre défaite , et vous travaillez avec tous les socialistes à élaborer et proposer un programme pour contrer Sarkozy. Et si cela ne vous convient pas, vous pouvez toujours créer votre propre parti politique, centriste si cela vous chante, ... vous pourrez l'appeler "désirs d'avenir". (ce n'est même pas risible, c''est triste...) ! Mais au moins pendant ce temps, le Parti Socialiste pourra vivre, exister, travailler à une véritable alternative pour contrer la politique de la droite et de Sarkozy et œuvrer pour aider nos concitoyens qui souffrent. Tout simplement avancer car libéré. Il en serait temps !

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 13:45
L'opération Plomb durci a atteint ses objectifs et même au-delà", a assuré le premier ministre israélien, Ehoud Olmert après l'annonce d'un cessez-le-feu israélien unilatéral. Le quotidien populaire Maariv a titré en "une", sur la "Victoire". Les tankistes de Tsahal, juchés sur leurs Merkava ont fait le "V" de la victoire en quittant leurs positions avancées. Mais le cessez-le-feu israélien était à peine entré en vigueur que des roquettes tombaient sur Israël, avant la trêve du Hamas.


Nouvelles manifestations de soutien aux Palestiniens en Europe.

Youval Diskin, chef du Shin Bet (sécurité intérieure), a indiqué que "le Hamas pourra reconstruire les tunnels en quelques mois et recommencer à faire de la contrebande d'armes". Et l'armée estime que seulement la moitié d'entre eux (environ cinq cents) a été détruite. "Nous n'avons rien obtenu des objectifs annoncés lors du déclenchement de l'opération lancée le 27 décembre", a aussitôt proclamé le numéro deux du Likoud, Silvan Shalom, un parti qui a annoncé son hostilité à la décision unilatérale de mettre fin aux combats.

Nombreux sont ceux qui ont déjà reproché au gouvernement de n'avoir pas pu libérer le caporal Gilad Shalit, séquestré depuis le 25 juin 2006 dans la bande de Gaza. Comme l'a fait remarquer Nahum Barnea, éditorialiste d'Yediot Ahronoth : "Le consensus national qui a prévalu en Israël pendant vingt-deux jours est mort le soir du cessez-le-feu."

A quoi donc a servi l'opération "Plomb durci" si, au bout du compte, aucun des objectifs recherchés n'a été accompli et si, en plus, le prix payé par l'Etat juif sera beaucoup plus élevé qu'il ne l'imagine en terme d'image ? Outre le Vénézuela et la Bolivie, la Mauritanie a décidé de suspendre leurs relations diplomatiques. Le Qatar va fermer le bureau commercial israélien à Doha. Bachar Al-Assad, le président syrien, a affirmé qu'un plan de paix saoudien adopté par les vingt-deux Etats arabes, en mars 2002, à Beyrouth était désormais caduc. La Turquie, dont le premier ministre Racep Tayyip Erdogan, a tenu des propos très durs vis-à-vis d'Israël, a décidé de ne plus jouer les bons offices dans les pourparlers avec la Syrie.

LE HAMAS ÉBRANLÉ, MAIS TOUJOURS BIEN VIVANT

Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne et partenaire de négociations d'Israël, a été considérablement affaibli par cette guerre meurtrière et destructrice qui, si elle a amoindri les capacités militaires des islamistes, n'a pas permis d'en éliminer les cadres, à part deux d'entre eux. Si les chiffres de 15 000 à 20 000 combattants sont exacts, 500 à 600 d'entre eux auraient péri dans les combats, le reste étant constitué par des victimes civiles. La plupart étaient retranchés au cœur des villes, là où Tsahal ne s'est pas vraiment aventuré.

Si le Hamas a été ébranlé par cette offensive, le mouvement de la résistance islamique est toujours bien vivant. Sa capacité de résistance en fait, plus que jamais, une organisation incontournable, même si les Israéliens et le monde occidental refusent toujours de parler avec ses dirigeants. En saluant le cessez-le-feu israélien par une salve de roquettes avant d'appeler par la suite à une trêve d'une semaine pour faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire et la poursuite de négociations pour aboutir à une solution concertée pour la réouverture des points de passage, le Hamas a d'ailleurs voulu signifier qu'il ne pouvait y avoir de solution durable à Gaza sans lui et que la fin du blocus du territoire restait pour lui une priorité.

N'en déplaise à Ehoud Olmert, qui a affirmé que "la force du Hamas allait décroître", ces trois semaines de guerre risquent d'accroître son audience au sein de la population palestinienne, même si beaucoup de commentateurs estiment qu'il a commis une grossière erreur en ne reconduisant pas la trêve qui prévalait depuis juin, le 19 décembre 2008.

M. Olmert se dit fier d'avoir restauré la capacité de dissuasion de Tsahal après les manquements révélés par la deuxième guerre du Liban de l'été 2006. Mais Ahmad Aboul Gheit, ministre égyptien des affaires étrangères, critiquant le 17 janvier "l'intransigeance israélienne", a dénoncé pour sa part "un pays ivre de puissance et de violence".

M. Olmert a eu beau s'ingénier à dire "qu'Israël avait démontré une grande sensibilité en exerçant sa force de manière à éviter, autant que possible, de toucher les victimes civiles non impliquées dans la terreur". L'usage de canon de char et de l'artillerie lourde sur des zones surpeuplées, a contredit cette affirmation. "Israël, qui voulait être une lumière pour les nations, est aujourd'hui fière d'avoir adopté l'échelle de valeurs de Vladimir Poutine. Si c'est cela la victoire, malheur aux vainqueurs", écrit Ofer Shelah dans Maariv.


Michel Bôle-Richard
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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 13:43

Israël souffre-t-il du fascisme de la minorité ?

Par: Mikhal Sharon

Ne serait-il pas temps de reconnaître avec franchise qu'Israël est en train de devenir une entité fasciste d'un nouveau genre, et dominée par une minorité qui méprise le peuple, en particulier en ce qui concerne la question des élections : les résultats des élections de 1999 n'ont-ils pas été truqués de la même façon qu'en Algérie ou en Amérique du Sud sous la protection de la CIA ? Israël n'est-il pas en fait ce que le professeur Yaakov Talmon a appelé une « démocratie totalitaire » ?

Il semble cependant que ce fascisme possède certaines spécificités qui peuvent être comprises comme une série de contradictions avec les principes occidentaux, par un renversement de leur sens. Ainsi :

  • La liberté des médias (principe occidental) devient black-out collectif et information de troupeau au comportement uniforme.
  • Le capitalisme et la libre concurrence (en Occident) deviennent en Israël les blocs monopolistiques agressifs.
  • La laïcité (en Occident) devient la religiosité totalitaire dominante sous ses formes les plus réactionnaires et idolâtres, et qui exigent de nombreux sacrifices.
  • Le pluralisme social (en Occident) devient coercition et uniformité imposée.
  • Les activités bancaires et financières, au lieu de fournir le crédit qui stimule le développement à grande échelle (en Occident), sont étranglées ici dans de nombreux secteurs de façon arbitraire, tandis qu'elle sont dirigées de façon sélective vers les centres de domination du régime fasciste monopolistique et des milieux qui lui sont proches.
  • La justice et la souveraineté du droit en Occident est également un élément important de la rhétorique israélienne: tout peut être jugé, et la justice est efficace. Mais au niveau pratique, on est dans le domaine de l'arbitraire, des deux poids deux mesures, de l'inégalité de traitement et de la complexité des procédures judiciaires, au lieu de la répression du crime et des condamnations des violations des droits de l'homme.
  • La spiritualité et la culture, caractérisées par l'indépendance de pensée et la diversité d'opinion (en Occident), deviennent en Israël pensée unique et sentiments extrémistes et figés, fanatisme et haine irraisonnée, division et sacrifice de secteurs et d'individus.
  • Le marché du travail, qui signifie liberté du travail et exercice de métiers (en Occident) devient en Israël esclavagisme et sujétion (le meilleur exemple de cela étant les travailleurs étrangers, ainsi que les employés des sociétés de construction et des agences d'intérim, qui n'ont aucun droit).
  • Les types de services sociaux répandus dans cette entité fasciste étrange sont souvent négatifs et se réduisent souvent à trois éléments: le harcèlement, le boycott et la perte des sources du subsistance.

Il semble aussi que le fascisme ne se laisse pas saisir facilement dans ce cas, prenant des formes diverses qui désarçonnent celui qui tenterait de les appréhender de manière globale.

  • La guerre des gangs (le terrorisme) palestiniens est encore un aspect complémentaire du fascisme israélien, car elle permet à ce dernier de persister et lui confère la légitimité nécessaire pour intensifier la répression interne, apparente et cachée.
  • C'est là que se trouve la plus grande disparité de revenus entre les 10% les plus riches et les autres.
  • La corruption sévit à grande échelle, que ce soit dans l'administration de l'Etat ou dans celle des pouvoirs locaux (effondrement de bâtiments comme la catastrophe des salles de Versailles ou le pont de Kfar Hamakabia, la vente de biens publics, comme la vente par les pouvoirs locaux de nombreuses plages israéliennes et de rivages du Lac de Tibériade à des entrepreneurs de la pègre et de milieux du crime, nécessité de payer d'énormes sommes pour les services proposés par l'Etat, comme services de santé, d'inhumation (si on ne veut pas être enterré comme les ânes) et l'enseignement.

Dans certains secteurs du marché libre, la corruption se répand (récemment, on a entendu parler de la vente au public de nourriture pour chiens, ou de l'ajout de fourrage au pain, ou du fait que 40% de la viande vendue en Israël était impropre à la consommation humaine). Autant de faits qui contribuent à un climat opaque dissimulant les méthodes de répression suivie par la minorité au pouvoir en Israël.

  • Naturellement, il est logique que ce fascisme et cet esprit de répression collective soient d'un genre jusque-là inconnu. Le terrorisme personnel est retors, et ceux qui le pratiquent ne s'en prennent pas au physique et n'envoient pas les gens dans des cellules pour y être torturés, comme c'était le cas dans le Chili d'Augusto Pinochet, l'Argentine des Générals, ou encore sous Staline ou Pol Pot au Cambodge. Ils n'envoient pas non plus les gens dans des camps de concentration ou de travail, comme sous les socialistes démocrates de l'Allemagne nazie des années 30. C'est un terrorisme individuel qui utilise d'autres moyens pour neutraliser et réprimer l'homme et sa pensée.

Nous pouvons citer encore d'autres faits pour confirmer cela :

  • Le taux le plus élevé de violence des jeunes dans le monde.
  • L'augmentation de la barbarie dans la façon de traiter les animaux (selon le rapport 2004 du contrôleur de l'Etat, parlant des abus dans les expériences sur les animaux), ou de l'abandon des animaux domestiques durant les deux guerres du Golfe, ou encore l'audience accrue des Adorateurs de Satan en Israël, qui ont pris l'habitude de sacrifier des chats à large échelle et en les torturant d'une façon épouvantable.
  • La recrudescence des cas de mauvais traitements des pensionnaires des institutions de protection sociale et psychologique et d'aide aux handicapés.
  • La malnutrition, la pauvreté et le déséquilibre alimentaire chez quelque 20% d'Israéliens.

------------------------------------------------------------------Source------------------------------------------------------------------

www.nfc.co.il

27/9/2004

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 13:37

Comment dit-on fasciste en hébreu ?

Le 21 janvier 2001, il a menacé, en cas d'attaque palestinienne, de « bombarder Beit Jala (un faubourg de Bethléem), Téhéran, Le Caire et le barrage d'Assouan ».

(Le Monde, 2 février 2001)

Le 7 octobre 2003, il a allongé la liste de ses cibles : « Nos ennemis dans la région doivent comprendre que l'Etat d'Israël est sur le point de perdre la raison. Faute de quoi, nous ne pourrons pas obtenir le calme ici. Cette effusion de sang chez nous doit s'arrêter. Si nous nous trouvons obligés de brûler tous les champs, outre Damas et Beyrouth, nous le ferons. »

(http://www.aad-online.org/2004/Fres...)

Le 7 juillet 2003, il répondait à une question de la radio Kol Israël sur le sort des milliers de prisonniers palestiniens :

« Il vaudrait mieux noyer ces prisonniers dans la mer Morte, si possible, puisque c'est le point le plus bas du monde. »

(http://www.walla.co.il)

Le 25 décembre 2004, il formulait sa solution du conflit israélo-palestinien : « Mon plan propose de placer la plupart des Arabes sous autorité palestinienne en excluant les villages arabes des territoires sous souveraineté israélienne. Parce que si on accepte la création d'un Etat palestinien sans trouver une solution aux Arabes israéliens, notamment les musulmans parmi eux qui habitent les villages du Triangle et qui se trouvent pour leur majorité sous l'influence de la section nord du mouvement islamiste, ce serait notre fin. »

(Interview avec Yaffa Goldstein, http://www.hazofe.co.il)

Interrogé par Le Figaro, il ajoutera ce commentaire : « C'est exactement ce qui s'est passé avec l'Alsace-Lorraine. »

(Le Figaro, le 22 mars 2006)

Le 23 octobre 2006, Yoav Stern, dans le quotidien Haaretz, signale que le président du Haut comité arabe israélien, M. Shuweiki Hatib, a qualifié le parti de cet homme politique, Israël Beitenu, de « parti fasciste » et appelé le premier ministre Ehud Olmert à cesser toute négociation visant à le faire entrer dans l'actuelle coalition gouvernementale. S'exprimant lors de la commémoration du cinquantième anniversaire du massacre de Kafr Kassem, M. Hatib a affirmé : « L'existence d'hommes politiques prônant le transfert (des Arabes d'Israël) doit être considérée comme un feu rouge pour la société israélienne. »

Peine perdue : déjà ministre sous M. Ariel Sharon, l'auteur de ces déclarations racistes et aventuristes, M. Avigdor Lieberman, devrait à nouveau, si la Knesset en décide ainsi, entrer dans le gouvernement israélien comme vice-Premier ministre chargé des « affaires stratégiques ».

L'Union européenne avait boycotté l'Autriche pour moins que ça...

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 08:53
Un Noir élu président des Etats Unis d'Amérique

Une nouvelle étape dans la lutte pour l'égalité des droits!

L'élection de Barack Hussein Obama avec un score net rendant impossible le tripatouillage qui avait permis le premier mandat de Bush junior est un coup de tonnerre dans le ciel des USA et du monde entier. Les noirs aux USA, en Afrique et à travers le monde laissent légitimement exploser leur joie. Les peuples de façon générale, particulièrement les peuples opprimés, soupirent de soulagement après la défaite du Bush bis le candidat républicain Mc Cain. Le sentiment que s'éloigne le danger d'une guerre d'agression, voire d'une guerre mondiale plus ou moins immédiate s'installe. Le règne du cow-boy Bush a créé partout la haine et la peur de cette tyrannie agressive impériale US. 

Pour le moment, la crise financière et la dépression économique indomptables, malgré les annonces d'emprunts hypothécaires de milliers de milliards de dollars et d'euros par les Etats impérialistes eux mêmes, insufflent la peur et anesthésient le monde du travail abasourdi par la découverte brutale de l'ampleur du cataclysme systémique qui frappe la société capitaliste de consommation basée sur le crédit et la spéculation boursière. Les peuples se mettent à espérer naïvement une solution indolore.

50 millions d'Etats-uniens n'ont pas accès aux soins de santé, la mortalité infantile atteint dans certains quartiers populaires des niveaux que l'on retrouve en Afrique, le chômage de masse a été remplacé par la précarité des petits boulots insuffisants pour vivre, 12 millions de familles américaines ne peuvent payer leur nourriture régulièrement, 3,8 millions de familles connaissent vraiment la faim, la « classe moyenne » est paupérisée, etc.  

Surfant sur un rejet massif par les masses populaires, conséquence du désastre social du libéralisme incarné par Bush, Obama a promis dans sa campagne que seront à l'ordre du jour le « changement » de la politique guerrière de son prédécesseur et la prise en compte des « petites gens ». Cette espérance a fait se mobiliser les Noirs à 95%, dont beaucoup ne votaient plus, les Hispaniques à 67%, les Asiatiques à 62%, la quasi totalité des Amérindiens, les Blancs pauvres à près de 50%, une proportion importante des couches moyennes laminées par la crise et même des électeurs qui ne cachaient pas leur racisme. Obama a aussi reçu le soutien financier massif d'une bourgeoisie US de plus en plus aux abois et intéressée à empêcher la mutation de la crise économique actuelle en crise politique immédiate. Tels sont les facteurs essentiels qui ont rendu possible l'élection d'un Noir aux USA.


La longue marche des Noirs vers l'égalité


Le capitalisme états-unien s'est construit à l'intérieur sur l'esclavage des Noirs après le génocide des Amérindiens, puis sur la ségrégation raciale officiellement abolie dans les années 50/60.

Au XIXème siècle le président Abraham Lincoln avait proclamé l'abolition de l'esclavage sous la pression du mouvement abolitionniste dirigé par l'ex-esclave Frederick Douglass et face à la nécessité d'enrôler les Noirs dans l'armée nordiste pour triompher du sud sécessionniste. A cette époque le capitalisme industriel US avait besoin de main d'œuvre qu'il ne pouvait trouver qu'en émancipant les esclaves noirs des propriétés foncières agricoles du Sud. 

Mais une fois les sécessionnistes vaincus, après l'assassinat de Lincoln en 1865, les capitalistes mirent fin à l'alliance objective entre les industriels du Nord et les esclaves libérés du Sud en rendant leurs terres aux propriétaires fonciers plutôt que de les partager entre les Noirs affranchis et les Blancs pauvres et redonnèrent le pouvoir politique aux ennemis bourgeois agrariens d'hier de la Confédération sudiste.

Les Noirs qui avaient profité de leur nouveau statut d'hommes libres et de citoyens pour élire leurs représentants aux différents postes électifs durent faire face à l'action terroriste du Ku Klux Klan qui imposa les mesures ségrégationnistes Jim Crow et Black codes. La Cour suprême des États-Unis institutionnalisa l'apartheid avec l'arrêt Plessy v. Ferguson en 1896 qui légalisa des institutions « séparées mais égales ».

Dans les années 1950 et 1960, un des effets de la grande guerre libératrice anti-raciste et antifasciste dirigée par l'URSS contre le nazisme a été le développement d'un vaste mouvement populaire pour l'égalité sous la direction de figures comme Martin Luther King et Malcom X. C'est cette lutte anti-raciste qui conduisit en 1954 à l'arrêt Brown v. Board of Education of Topeka de la Cour suprême qui jugea anti-constitutionnelle la pratique des écoles séparées. S'appuyant sur cet arrêt, un groupe dirigé par Martin Luther King organise en 1955, autour de l'arrestation de l'ouvrière Rosa Parks (pour avoir refusé de céder sa place à un homme Blanc dans un autobus de Montgomery), un boycott du système de transport de la ville qui dura 381 jours et propulsa Martin Luther King à la tête du mouvement des droits civiques.

Tout le long de ces années, le mouvement des droits civiques prit une ampleur considérable dans le sud des Etats-Unis avec des sit-in, des manifestations, des affrontements avec les forces de l'ordre des États du sud. La télévision nouvellement entrée en scène transmet à travers les Etats-Unis et le monde entier les images de manifestants apôtres de la non-violence attaqués par des chiens policiers, par les jets puissants des arrosoirs et ainsi réprimés violemment.

En pleine guerre froide et en pleine mobilisation anti-coloniale des peuples opprimés, Kennedy, chef de fil du camp capitaliste, ne pouvait que constater l'impact négatif qui profitait à l'URSS de ces images de répression raciste, particulièrement en Afrique auprès des leaders et des populations d'États nouvellement indépendants. Le gouverneur de l'État de New York, le milliardaire Nelson Rockefeller, qui visait l'investiture républicaine à l'élection présidentielle de 1964, appuya financièrement le mouvement des droits civiques. Son grand-père, le riche magnat du pétrole, avait financé la construction d'un campus pour les Noirs à Atlanta où Martin Luther King a fait ses études. C'est donc presque contraint et forcé que John Kennedy proposa l'adoption du Civil Rights Bill qui invalida les lois Jim Crow et la discrimination raciale. Mais comme on le sait, Kennedy est assassiné en 1963 et il reviendra au président Johnson de faire adopter la loi en 1964. Profitant de l'état de grâce consécutif à l'assassinat de Kennedy, L. B. Johnson gagne avec 61% des suffrages, et rompant, avec la traditionnelle soumission au parti républicain, 96 % des Noirs lui accordèrent leurs votes.

Le mouvement anti-raciste a été, on s'en souvient, le fer de lance de l'opposition à la guerre du Vietnam. La marche organisée en mars 1965 entre Selma - où à peine 1% des habitants noirs pouvait voter - et Montgomery fut marquée par des affrontements entre les manifestants d'une part et les forces de l'ordre sudistes plus les racistes blancs d'autre part («dimanche sanglant » 7 mars 65) . Pour la première fois, cette marche réunissait des Noirs et des Blancs de toutes les régions des Etats-Unis. Elle forcera l'adoption du Voting Rights Act, qui rendait illégales les pratiques électorales discriminatoires en vigueur dans le sud. Le mouvement pour les droits civiques prenait une ampleur en se répandant dans les villes du Nord où des émeutes éclatèrent en liant lutte contre la pauvreté et lutte contre la guerre du Vietnam.

C'est une époque où le mouvement noir est traversé par des dissensions entre « révolutionnaires et réformistes », entre radicaux et modérés. Martin Luther King qui incarne l'aile modérée est pour « l'intégration » tout en étant opposé à la guerre du Vietnam. Malcom X incarne le courant radical qui réfute l'idée même « d'intégration » et adhère aux idées du nationalisme noir. Le Black Panther Party, fondé au Mississipi comme parti politique radical se transforme une fois implanté dans les villes du Nord en organisation d'auto-défense active des Noirs.

L'opposition entre Martin L. King et Malcom X, qui seront tous les deux assassinés par l'impérialisme US, recoupe pour l'essentiel les divergences entre le panafricanisme prôné par Garvey de « retour en Afrique » et celui de Dubois « d'intégration à la nation américaine ».

Martin Luther King partisan de l'intégration à la « nation américaine », s'inspirant de l'expérience de l'alliance des Noirs et des Blancs pauvres au sein du People's Party à la fin du XIXe siècle, s'engagea  dans la mise en place d'une nouvelle coalition en alliance avec les Indiens et les immigrants. Il organisa un sommet avec 78 leaders non-noirs et planifia, en prenant appui sur la grève des éboueurs de Memphis, d'organiser une marche sur Washington pour la justice sociale, contre la pauvreté et la guerre au Vietnam. C'est au cours des ces préparatifs qu'il sera assassiné à Memphis le 4 avril 1968.

Retenons que toute cette lutte anti-ségrégationniste pour l'égalité des droits engendra l'avènement d'une « couche moyenne », voire d'une bourgeoisie noire intégrée à l' « American Way of Life ».

Aujourd'hui, dans un contexte de crise systémique du capitalisme, Barack Obama apparaît à nouveau comme incarnant le rêve intégrateur de Martin Luther King. À la tête d'une nouvelle coalition démocrate et populaire jusqu'à un certain point, il a affronté directement sur le terrain électoral la droite républicaine qui n'a jamais accepté les Civil Rights Act et Voting Rights Act et qui multiplie les obstacles au vote des Noirs avec des moyens sophistiqués, notamment la radiation systématique des électeurs noirs des listes, dignes des Black Code et des législations Jim Crow.


Les deux piliers du capitalisme US : exploitation de classe et oppression raciale


Des chiffres, tirés du Courrier international N°812 du 24 au 31 mai 2006, éclairent sur la gravité du désastre social raciste du capitalisme US :

Sur le plan social : «  Plus de la moitié des hommes noirs élevés dans les quartiers défavorisés des centres-villes n'ont pas terminé leurs études secondaires. (...). En 2000, 65% des hommes âgés de 22 à 30 ans et n'ayant pas terminé leurs études secondaires étaient sans emploi, soit qu'ils n'aient pu en trouver un, soit qu'ils n'en aient pas cherché, soit qu'ils soient incarcérés. Or ce taux est passé à 72% en 2004 (il était de 34% pour les Blancs et de 19% pour les Latinos se trouvant dans des situations comparables). Le taux d'incarcération des Noirs a augmenté alors même que le taux de criminalité a baissé. (...) Aggravation également de la situation des hommes noirs de 22 à 30 ans ayant terminé le lycée : 50% d'entre eux étaient sans emploi en 2004, contre 46% en 2000. (...) Le taux d'incarcération a grimpé au fil des années 1990, pour atteindre des sommets historiques : 24% des hommes noirs non étudiants âgés de 22 à 30 ans étaient en prison en 2004, contre 19% en 1995. (...) Pas moins de six hommes noirs sur dix n'ayant pas terminé ses études secondaires ont déjà fait la prison à l'âge de 15 ans. Environ la moitié des Noirs âgés de 25 à 35 ans et n'ayant pas fait d'études supérieures ont des enfants dont ils n'ont pas la garde. (...) A Detroit, le chômage se chiffre à 14,1% soit le double de la moyenne nationale. Environ 1/3 de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et la ville est à 82% noire. Dans le Comté d'Oakland de l'autre côté, habité à 83% par les Blancs, le revenu moyen des foyers y est 2 fois supérieur à celui des résidents du sud. Detroit est divisée entre Blancs et Noirs. Dans les années 50, Detroit comptait 2 millions d'habitants. Il y en a 900.000 aujourd'hui ; après les émeutes raciales de 1967, des centaines de milliers de Blancs sont partis refusant de cohabiter avec des Noirs émancipés par le mouvement des droits civiques. La mort lente de l'industrie automobile a entraîné la disparition de la classe ouvrière traditionnelle et la ville est parsemée d'immenses usines désertes et abandonnées, mais occupées par 13.000 sans abri. (...) » Le Sida : « 25 ans après la découverte du premier cas d'infection par le VIH aux USA, si les Noirs représentent 13% de la population totale, ils comptent pour 51% des nouveaux cas d'infection - Le virus touche 7 fois plus les hommes noirs que les hommes blancs, tandis que le taux d'infection des femmes noires est 20 fois supérieur à celui des femmes blanches... ».

Comme le démontre Angela Davis dans son dernier ouvrage (Les Goulags de la démocratie, 2007), la prison est devenue aux USA la première 'Agence Nationale Pour l'Emploi' (ANPE) pourvoyeuse d'employés sous payés. Selon le Département de la Justice, le nombre total de prisonniers aux Etats-Unis (incluant les détenus des prisons fédérales, des prisons d'État, des prisons locales, des prisons militaires, des prisons indiennes, etc.) a atteint en 2006 le chiffre de 2 385 213 personnes. À ceux-là doivent être ajoutés 5 035 225 personnes placées sous contrôle judiciaire. Le total de cette population correctionnelle du « pays de la Liberté, de la plus grande démocratie au monde », soit 7 420 438 personnes, représente 3,2 % de la population adulte, record du monde absolu. Il s'agit d'une augmentation considérable depuis le 11 Septembre 2001 et le vote de l'USA Patriot Act, en moyenne de 2 % par an. Ces chiffres ne tiennent pas compte des prisonniers étrangers détenus par les États-Unis hors de leur territoire (Guantanamo, Bagram et autres prisons secrètes de la CIA). Et bien sûr les Noirs représentent 13% de la population mais près de 50% de la population carcérale.

Toutefois ces dernières années est en train d'émerger aux USA, en plus de la question noire, celle des Hispaniques. C'est ainsi qu'après le « choc des civilisations », dans lequel il prédisait, tout en le préconisant, un affrontement entre les civilisations chrétienne et musulmane, l'un des théoriciens de l'impérialisme US, Samuel P. Huntington, s'est mis à s'interroger sur « Qui sommes-nous ? Identité nationale et choc des cultures ». Selon Huntington le choc des civilisations existe aussi à l'intérieur même des Etats-Unis et menace l'identité états-unienne ramenée à trois éléments : « race blanche, langue anglophone, religion protestante ». L'émigration latino-américaine et sa fécondité de 3% contre 1,8% pour les « white » remettent en cause la dite « identité » : « L'immigration mexicaine, s'inquiète Huntington, mène actuellement à une reconquista démographique de territoires que les Américains avaient enlevés au Mexique par la force » (la guerre entre le Mexique et les Etats-Unis en 1846-1848). Tout comme la crainte séculaire de l'impérialisme états-unien d'un « Québec noir » pour les Noirs majoritaires dans la Black Belt, à travers Huntington, le capitalisme US craint maintenant la formation d'un « Québec hispanophone » dans le sud-ouest états-unien. Dix des douze villes importantes situées du côté états-unien de la frontière mexicaine, précise Huntington, sont hispaniques à plus de 75 % (six d'entre elles le sont à plus de 90 %). Mais le plus grave, déplore Huntington, c'est que les Mexicains ne veulent pas devenir Américains! La preuve : entre 66 % et 85 % d'entre eux insistent sur la nécessité pour leurs enfants de parler couramment l'espagnol qui de fait est aujourd'hui la seconde langue aux USA. Le droit à l'autodétermination de la nation en constitution Chicanos, au Nouveau Mexique notamment, a trouvé une expression politique avec la formule intégrationniste « nous sommes aussi l'Amérique » qui met l'accent sur l'égalité des droits, étape vers le droit à la séparation.

Notons qu'Obama, qui pour la première fois dans une campagne électorale américaine a diffusé des messages en espagnol à destination des Hispaniques, a aussi dans son programme « la fermeture des frontières » et la mise en place d'une taxe à payer - doublée de l'apprentissage de la langue anglaise - pour obtenir que les immigrants déjà sur place puissent obtenir la régularisation. Obama va t-il résister aux sirènes bourgeoises d'un racisme anti-immigré et anti-hispanique ?! Et l'égalité des « races » qu'il prône à l'intérieur des USA sera t-elle étendue aux peuples d'Amérique Latine, aux autres peuples opprimés, notamment d'Afrique ?!

Ces données non exhaustives indiquent que le capitalisme US s'est construit à la fois sur la base de l'exploitation de classe et de l'oppression raciale et nationale. C'est ce que notait fort justement déjà au XIXème siècle Karl Marx concernant l'Angleterre et les Etats Unis: « L'Angleterre a maintenant une classe ouvrière scindée en deux camps ennemis: prolétaires anglais et prolétaires irlandais. L'ouvrier anglais ordinaire déteste l'ouvrier irlandais comme un concurrent qui abaisse son niveau de vie. Il se sent à son égard membre d'une nation dominatrice, devient, de ce fait, un instrument de ses aristocrates et capitalistes contre l'Irlande et consolide ainsi leur pouvoir sur lui même. Des préjugés religieux, sociaux et nationaux le dressent contre l'ouvrier irlandais. Il se conduit envers lui à peu près comme les « Blancs pauvres » envers les Noirs dans les anciens états esclavagistes de l'Union américaine. L'Irlandais lui rend la pareille largement. Il voit en lui à la fois le complice et l'instrument aveugle de la domination anglaise en Irlande. Cet antagonisme est entretenu artificiellement et attisé par la presse, les sermons, les revues humoristiques, bref par touts les moyens dont disposent les classes au pouvoir. Cet antagonisme constitue le secret de l'impuissance de la classe ouvrière anglaise, en dépit de sa bonne organisation. C'est aussi le secret de la puissance persistante de la classe capitaliste, qui s'en rend parfaitement compte » (Marx à S. Meyer et A. Vogt-in Marx-Engels, Correspondances).

La division raciste de la société a été « le secret de l'impuissance » de la classe ouvrière états-unienne parce qu'elle a servi à recouvrir d'un voile épais et diviseur la lutte de classe des ouvriers contre leurs patrons. Et voilà que confronté à la plus grave crise économique et sociale depuis 1929, le système capitaliste états-unien fait appel à un représentant de l'élite bourgeoisie noire pour tenter d'éviter une crise politique majeure pouvant mettre en péril la dictature de classe de la grande oligarchie bourgeoise.

La IIIème Internationale Communiste a analysé, dès 1928, la dimension mondiale du pilier de l'oppression raciale et nationale organisée, édifiée par l'impérialisme : «La question noire aux Etats-Unis doit être traitée en relation avec les questions et les luttes des Noirs dans d'autres parties du monde. La race noire est une race opprimée partout. Qu'elle constitue une minorité (Etats-Unis, etc.), une majorité (Afrique du Sud) ou qu'elle habite un soi-disant état indépendant (Libéria, etc.), les Noirs sont opprimés par l'impérialisme. Ainsi, un intérêt commun est établi pour une lutte révolutionnaire de libération raciale et nationale contre la domination impérialiste des Noirs dans les diverses régions du monde» (Résolutions du CEIC et de la Commission Noire, 1928 et 1930).

Il est essentiel de comprendre l'importance pour le développement de la lutte de classe de ce que Karl Marx disait : «les travailleurs à la peau blanche ne peuvent s'émanciper là où les travailleurs à la peau noire sont marqués au fer rouge ». La marque au fer rouge imprégnée dans la peau des peuples noirs par le système impérialiste à travers le système bien développé d'oppression nationale et raciale les placent au bas de l'échelle sociale et nationale, affaiblit, divise et empêche la lutte commune de tout le prolétariat international. La lutte contre l'asservissement des travailleurs à la peau noire mine tout le système chauvin et raciste parce que si le racisme et le chauvinisme contre les Noirs sont vaincus alors toutes les prémisses du chauvinisme et du racisme sont minées pour tous les autres peuples opprimés et tout le système idéologique impérialiste séculaire du national-chauvinisme et du racisme s'effondre.

Si donc le choix d'Obama par le grand capital US obéit à un plan de sauvetage politique immédiat imposé par la crise du système capitaliste, objectivement à moyen et long terme, le second pilier sur lequel repose le capitalisme US - le racisme - prend un coup dont l'onde de choc stratégique va favoriser le rapprochement et l'unité des prolétaires états-uniens au delà de la 'race', de la couleur, de la religion et des origines.


Vers un large développement de la contradiction capital - travail


Ainsi confrontée à une paupérisation aggravée due à la crise du système capitaliste et à l'affaiblissement en cours de la puissance impériale US, chaque classe sociale aux USA, sans en être forcément consciente, a utilisé la candidature d'Obama pour exprimer ses intérêts de classe. L'ouvrier blanc qui déclare avoir « voté pour le nègre » est encore imbu des préjugés racistes hérités de siècles d'oppression raciale et de division raciste de la société US, mais il vote quand même Obama parce que ses intérêts de classe l'y poussent objectivement. Les minorités noires, hispaniques, asiatiques, amérindiennes se sont saisis du vote Obama pour se « venger » des siècles d'oppression raciale et nationale subis.

Il n'y a que le raisonnement social-démocrate trotskiste nihiliste qui peut empêcher de discerner le sens historique, mais aussi la portée d'avenir que constitue le vote Obama d'aujourd'hui. Bien sûr le capitalisme ne tombera pas de son arbre comme un fruit mûr, il faudra qu'agisse le facteur subjectif, l'action consciente organisée du parti communiste des USA ; lequel, en s'impliquant dans la campagne Obama, a quasi doublé son nombre d'adhérents.

Lénine enseignait qu'il y a une dialectique entre la lutte pour les réformes démocratiques et la lutte pour le socialisme. La ségrégation, l'apartheid, le racisme ont été utilisés par la bourgeoisie pour maintenir sa domination de classe tout le long de l'histoire du capitalisme mondial, principalement US. L'heure arrive où ce second pilier de la dictature de classe du capital va perdre peu à peu de sa force, de sa vitalité, de son efficacité.

En contraignant la bourgeoisie US à choisir un président noir dans l'espoir de sauver pour un temps le capitalisme états-unien en crise et tenter de lui garder sa position hégémonique au plan mondial, l'histoire est, peut être, en train de jouer un tour dont elle seule a le secret. Comme pour les profits, les capitalistes sont inexorablement attirés par la plus value immédiate. Nous les communistes devons avoir en vue l'intérêt général du prolétariat aux USA et dans le monde tout en gardant la vision à long terme fondée sur l'unité entre le mouvement objectif et le but final. En effet le vote Obama émane de toutes les classes et couches sociales, principalement le monde du travail sans distinction de 'race', d'origine, de religion, de langue, qui dans l'urne ont manifesté chacune leur besoin d'en finir avec leurs souffrances, conséquences dramatiques de plusieurs décennies d'offensive libérale et conservatrice :

En 2002, le nombre de pauvres était passé à 34,6 millions, soit plus de 12% de la population. Plus de 40 millions d'Américains, soit 15% de la population, n'ont pas d'assurance maladie-invalidité. Les USA comptent plus de 3 millions de sans-abri. Treize millions de jeunes, soit plus de 10% des mineurs d'âge, sont sans toit. En 1997/98 lors de la « crise asiatique » plus de 80% des réserves de devises de la planète étaient en dollars. Fin 2007, 63,8% des réserves de devises dans le monde étaient en dollars contre 66,5% un an plus tôt. Sur la même période, la part de l'euro est passée de 24,4% à 26,4%. La perte d'influence du dollar est telle qu'au rythme actuel la part de l'euro serait de 30% vers 2010/12 et la banque Morgan Stanley estime même que vers 2015 le dollar ne représenterait plus que la moitié des réserves de devises mondiales. Aux États-Unis, la crise des subprimes ne touche pas que les institutions bancaires et les fonds de placement : elle atteint désormais les États fédérés. La chute des revenus des taxes foncières s'ajoute à une faiblesse structurelle des ressources des États fédérés, trop longtemps adeptes des théories libérales de baisses des impôts des riches. Résultat, le déficit cumulé de 13 États fédérés (Arizona, Californie, Caroline du Sud, Floride, Kentucky, Maine, Massachusetts, Minnesota, Nevada, New Jersey, New York, Rhode Island et Virginie) a atteint au moins 23 milliards de dollars en 2008 et la crise s'étendra progressivement à d'autres États en 2010 (Alabama, Illinois, Maryland, Michigan, Missouri, Ohio, Oklahoma, Texas, Vermont et Wisconsin).

Dans le Financial Times, le Pr Jeffrey Garren, spécialiste de la finance et du commerce à la Yale School of Management est ainsi obligé d'expliquer : « Il faut sans doute se rendre à l'évidence, nous assistons à la fin de la vague libérale déclenchée par Margaret Thatcher et renforcée par Ronald Reagan dans les années 1980. Au lieu de déréglementer et de privatiser, les Etats s'efforcent de reprendre le contrôle de leurs économies et par là même d'accroître leur influence sur le reste du monde. Un vent mauvais s'est levé (...). A la fin du XVIIIème siècle, le capitalisme a remplacé le féodalisme. Au XXème siècle, la liberté des marchés a remporté la mise. Aujourd'hui, le monde flirte avec une autre grande transformation de la philosophie et des règles du commerce mondial. Contrairement aux changements du passé, cette nouvelle trajectoire ne constitue pas un progrès » (Courrier International , N°899 du 24 au 30/01/08) .

Bref, en un mot, le capitalisme cowboy californien représenté par Bush père et junior s'est lancé dans un projet néo-libéral de domination mondiale qui a ruiné en même temps la puissance 'impériale' US. Les capitalistes de la côte est - la Trilatérale représentés aujourd'hui par le parti Démocrate social-libéral - prennent le relais avec les mêmes objectifs de préservation de la domination mondiale US. Sauf que, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, les attentes sociales et de paix du peuple états-unien et du monde entier sont immenses, se sont traduites dans les urnes par le vote Obama et peuvent pousser à prolonger « l'insurrection dans les urnes » par l'insurrection tout court dépendamment du facteur subjectif.

Il y a cent cinquante ans, vers 1858, dans une allocution pour le jubilé du journal ouvrier The People's Paper sur la dialectique, Karl Marx faisait cette analyse qui trouve aujourd'hui un écho singulier : « A notre époque chaque chose semble grosse de son propre contraire. Nous voyons les machines, qui possèdent la force merveilleuse de réduire et de rendre plus fécond le travail humain, en faire une chose rabougrie qu'elles consument jusqu'à épuisement. Par un étrange maléfice, les nouvelles sources de richesse se transforment en autant de sources de misère. On dirait que les conquêtes de la science doivent être payées du renoncement à tout ce qui a du caractère. Même la pure lumière de la science ne peut apparemment briller que sur le sombre fond de l'ignorance ». La contradiction de base de l'époque de l'impérialisme est celle entre la socialisation mondialisée de la production et l'appropriation privée mondialisée des richesses produites par le travail. C'est sur ce fondement là que se manifestent sous des formes de plus en plus brutales toutes les autres contradictions de l'impérialisme : capital/travail, impérialisme/peuples opprimés, capitalisme/socialisme.

Empêtré dans de telles contradictions à une échelle jamais atteinte auparavant dans l'histoire, le capitalisme US par l'élection d'Obama tente de se parer d'un plumage et un ramage clinquant et voyant pour duper encore une fois les peuples. Mais le simple fait d'être obligé d'en arriver là signifie une certaine accélération de la décadence parasitaire de l'impérialisme.

Pour comprendre ce bouleversement qui est survenu dans le pays capitaliste le plus puissant, puissance qui a pris la tête de la croisade impérialiste qui a vaincu le premier Etat socialiste au monde, l'URSS, événement que chaque bourgeoisie au monde essaye d'interpréter et de récupérer à sa façon, il faut absolument garder à l'esprit cet enseignement magistral de Karl Marx :  « Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas de plein gré, dans des circonstances librement choisies; celles-ci, ils les trouvent au contraire toutes faites, données, héritage du passé. La tradition de toutes les générations mortes pèse comme un cauchemar sur le berceau des vivants. Et au moment précis où ils semblent occupés à se transformer eux mêmes et à bouleverser la réalité, à créer l'absolument nouveau, c'est justement à ces époques de crise révolutionnaire qu'ils évoquent anxieusement et appellent à leur rescousse les mânes des ancêtres, qu'ils empruntent noms, mots d'ordre, costumes, afin de jouer la nouvelle pièce historique sous cet antique et vénérable travestissement et avec ce langage d'emprunt » (Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte). En effet, les humains et les classes sociales agissent sous le coup des nécessités de la lutte de classe, du rapport des forces de classe, du niveau d'organisation et du degré de conscience politique. Ces propos de Marx se rapporte au XIXème siècle, période de transition du féodalisme au capitalisme en Europe.

Karl Marx nous décline les différentes formes politiques, les différentes postures politiques prises par le processus de la révolution bourgeoise antiféodale tout le long du XIXème siècle : « C'est ainsi que Luther prit le masque de l'apôtre Paul, que la Révolution de 1789-1814 se déguisa alternativement en République romaine et en Empire romain, et que la Révolution de 1848 ne sut rien faire de mieux que de parodier tantôt 1789, tantôt la tradition révolutionnaire de 1793-1795. Il en est ainsi du débutant qui, ayant appris la langue nouvelle, la retraduit toujours en sa langue maternelle, mais il n'aura assimilé l'esprit de la langue apprise et ne pourra créer librement dans celle-ci que le jour où il saura s'y mouvoir sans nul ressouvenir et oubliera, en s'en servant, sa langue d'origine. (...) Camille Desmoulins, Danton, Robespierre, Saint-Just, Napoléon, les héros, ainsi que les partis et les masses de l'ancienne Révolution française, accomplirent sous le costume romain et avec des phrases romaines la tâche de leur temps : l'émancipation et la création de la société bourgeoise moderne. (...) Et ses gladiateurs trouvèrent dans les austères traditions classiques de la République romaine les idéaux et les formes d'art, les illusions dont ils avaient besoin pour se dissimuler à eux-mêmes le contenu étroitement bourgeois de leurs luttes et maintenir leur passion à la hauteur de la grande tragédie historique » (idem).

Il en est aujourd'hui de même à notre époque, époque de l'impérialisme stade suprême du capitalisme parasitaire et décadent, époque de transition du capitalisme agonisant au socialisme, étape vers le communisme. Si l'impérialisme US essaye d'utiliser le masque de la « République démocratique romaine » pour le mettre au service de « l'empire », Obama, c'est aussi le « costume » que portent aujourd'hui la classe ouvrière et les minorités nationales états-uniens dans la phase actuelle de la lutte des classes et du rapport des forces actuelles.


Du monde unipolaire à un monde multipolaire, étape vers la révolution socialiste


A l'échelle mondiale, la victoire d'Obama à la tête d'une puissance affaiblie est aussi le reflet d'un éclatement du monde unipolaire dominé par les USA. En effet les USA puissances hégémoniques perdent peu à peu leur pouvoir sur le monde. Ce facteur externe constitue une donnée nouvelle qui participe du processus d'affaiblissement du chef de fil du monde capitaliste qui encerclait l'URSS jusqu'à sa mort en 1991. De nouvelles puissances émergent - Chine, Inde, Russie, Brésil - et prennent une place de plus en plus importante dans l'économie mondiale. Ces pays utilisent tous, à des degrés divers,  le capitalisme d'état pour se développer. Ces pays connaissent des taux de croissance élevés de leur richesse pendant que la croissance s'effondre dans les pays de l'Union Européenne et aux USA.

L'hégémonie occidentale, principalement états-unienne, s'effrite donc sous les coups conjugués de l'avènement économique, politique et géostratégique sur la scène mondiale de la Chine, de l'Inde, de la Russie, du Brésil, de l'Iran, de la Corée du Nord, des défaites militaires subies par les USA en Irak et en Afghanistan et de la crise de surproduction qui mine le système impérialiste.

La Chine, ancienne semi-colonie et pays anciennement semi-féodal, a fait une révolution anti-impérialiste, anti-féodale et anti-coloniale en 1949 sous la direction du Parti Communiste (PCC) avant de s'intégrer dans le camp socialiste né de la victoire de l'URSS, dirigée par Joseph Staline, successeur de Lénine, contre le monstre impérialiste nazi. La Chine dirigée par le Parti Communiste Chinois (PCC) a d'abord bénéficié de l'apport de l'URSS pour développer son industrie lourde, puis applique, depuis la fin des années 70, une politique économique de « capitalisme d'état » qui a accéléré sa croissance économique : ouverture ciblée aux délocalisations des entreprises à faible composition organique du capital, maîtrise des transferts technologiques qui font du pays un des ateliers du monde et investissements sur les marchés extérieurs de fonds souverains, c'est-à-dire de capitaux d'état.

Force est de constater que la Chine sous direction du PCC, mais aussi les autres pays véritablement émergents utilisent le capitalisme d'état pour se développer sans, pour l'instant, réduire les autres pays en colonies ou rendre esclaves les autres peuples. On retrouve donc certaines caractéristiques de la stratégie de développement économique de la Chine en Inde, en Russie, au Brésil. Leur développement économique ronge les griffes acérées des brigands impérialistes occidentaux plantées dans les corps déchiquetés des peuples et pays opprimés. Et sur le plan politique, le Conseil de Sécurité de l'ONU, instrument jusqu'ici de l'assujettissement des pays et des peuples par les USA et l'UE, est maintenant traversé par une opposition grandissante de la Chine et de la Russie.

Les nationalisations des secteurs stratégiques, les résistances politiques et les alliances économiques comme l'Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA) anti-libérales et anti-impérialistes du Venezuela de Chavez, de la Bolivie de Morales, de l'Equateur de Corréa, du Nicaragua d'Ortéga, etc., dans le sillage de l'héroïque combat historique du Cuba des frères Castro, minent aussi la mainmise états-unienne sur l'Amérique du Sud. Notons à ce propos les lettres cinglantes de protestation des présidents Evo Morales et Raphaël Corréa contre les lois, les directives racistes prises par les Etats de l'UE contre les travailleurs étrangers qui travaillent dans les pays européens : l'UE vient en effet d'adopter le 18 juin 2008, par un vote du parlement européen, une loi qui permet d'emprisonner un sans-papier même mineur pour 18 mois avec en prime une interdiction de séjour dans les territoires européens de 5 ans ; et, sous la présidence française de l'UE, ces mêmes Etats européens ont osé organiser un sommet à Vichy, capitale du pétainisme collaborateur avec l'occupant nazi et responsable de la déportation  notamment des Juifs, des Communistes et des Résistants entre 1940 et 1944, pour harmoniser les mesures racistes et xénophobes à l'échelle de l'Union Européenne.

Dans ces pays d'Amérique latine, on peut constater aussi le rôle économique stratégique de l'Etat pilotant une économie que nous pouvons ainsi qualifier de capitalisme d'état. Dans les années 90 dans le prolongement de la défaite du socialisme, de l'URSS, l'offensive idéologique de l'impérialisme triomphant imposa la pensée unique libérale. On assiste à un retournement de situation qui force même les impérialistes les plus libéraux à faire appel à l'Etat, à l'épargne nationale, aux contribuables à travers des « nationalisations » pour sauver les banques, les Monopoles capitalistes, le capital financier de la débâcle.

Tous ces « capitalismes d'état » qui servent des objectifs différents posent donc la question du « capitalisme d'état » en tant que phase historique actuelle en contradiction avec le capitalisme privé. Dans un texte peu connu de Lénine intitulé « Sur l'infantilisme 'de gauche' et les idées petites bourgeoises » (mai 1918), voici ce que dit Lénine à propos du « capitalisme d'état » : «  Nous ne savons pas organiser nos propres forces pour la surveillance, charger un directeur ou un contrôleur bolchevik de surveiller, disons, une centaine de saboteurs qui viennent travailler chez nous. Dans cette situation, lancer des phrases telles que 'la socialisation la plus résolue', 'l'écrasement', 'briser définitivement', c'est se mettre le doigt dans l'œil. Il est typique, pour un révolutionnaire petit-bourgeois, de ne pas remarquer qu'il ne suffit pas au socialisme d'achever, de briser, etc. ; cela suffit au petit propriétaire exaspéré contre le grand, mais le révolutionnaire prolétarien ne saurait tomber dans une pareille erreur. (...) Or, ils (nos communistes de gauche) n'ont pas songé que le capitalisme d'état serait un pas en avant par rapport à l'état actuel des choses dans notre République des soviets. (...) Aucun communiste non plus n'a nié, semble t-il, que l'expression de République socialiste des Soviets traduit la volonté du pouvoir des soviets d'assurer la transition au socialisme, mais n'entend nullement signifier que le nouvel ordre économique soit socialiste. Mais que signifie le mot transition ? Ne signifie t-il pas, appliqué à l'économie, qu'il y a dans le régime en question des éléments, des fragments, des parcelles, à la fois de capitalisme et de socialisme ? Tout le monde en conviendra. Mais ceux qui en conviennent ne se demandent pas toujours quels sont précisément les éléments qui relèvent de différents types économiques et sociaux qui coexistent en Russie. Or, là est toute la question. Enumérons ces éléments : 1) l'économie patriarcale, c'est à dire dans une très grande mesure, l'économie naturelle paysanne ; 2) la petite production marchande (cette rubrique comprend la plupart des paysans qui vendent du blé) ; 3) le capitalisme privé ; 4) le capitalisme d'état ; 5) le socialisme. La Russie est si grande et d'une telle diversité que toutes ces formes économiques et sociales s'y enchevêtrent étroitement. Et c'est ce qu'il y a de particulier dans notre situation. (...) Ce n'est pas le capitalisme d'état qui est ici aux prises avec le socialisme, mais la petite bourgeoisie et le capitalisme privé qui luttent, au coude à coude, à la fois contre le capitalisme d'état et contre le socialisme. La petite bourgeoisie s'oppose à toute intervention de la part de l'Etat, à tout inventaire, à tout contrôle, qu'il émane d'un capitalisme d'état ou d'un socialisme d'état ».

Cet enseignement de Lénine interdit toute conclusion hâtive et non scientifique tendant à disqualifier les expériences actuelles de développement fondées sur le capitalisme d'état d'ex-pays du camp socialiste qui ont résisté à la déferlante contre-révolutionnaire bourgeoise comme la Chine, le Vietnam, Cuba, la Corée du Nord et les nouvelles expériences du Venezuela, de l'Equateur, du Nicaragua, etc. Expériences qui sont nées de la matrice qu'a constituée la Révolution bolchevique d'Octobre 1917.  

Ces expériences en cours, étapes vers la transformation socialiste de l'humanité, sont les antithèses actuelles de ce que l'humanité est tout simplement en train de re-découvrir à l'occasion de la crise de surproduction actuelle du système capitaliste et que K. Marx expliquait au XIXème siècle dans son ouvrage magistral le Capital :  "Le capital a horreur de l'absence de profit. Quand il flaire un bénéfice raisonnable, le capital devient hardi. A 20% il devient enthousiaste; à 50% il est téméraire; à 100% il foule au pied toutes les lois humaines et à 300% il ne recule devant aucun crime..." (Le Capital).

Les peuples et les travailleurs expérimentent dans la douleur le capitalisme « re-mondialisé », débarrassé pour l'instant du socialisme vainqueur dans un pays ou un groupe de pays et miné par ses propres contradictions au point que comme l'enseigne Lénine : « l'impérialisme a développé les forces productives au point que l'humanité n'a plus qu'à passer au socialisme ou bien à subir pendant des années et même des dizaines d'années la lutte armée des grandes puissances pour le maintien artificiel du capitalisme à l'aide de colonies, de monopoles, de privilèges et d'oppressions nationales de toute nature » (Le Socialisme et la Guerre).

Lénine en bon dialecticien précise ceci : « Ce serait une erreur de croire que cette tendance à la putréfaction est incompatible avec une croissance rapide du capitalisme. Telles branches d'industrie, telles couches de la bourgeoisie, tels pays manifestent à l'époque impérialiste, avec une force plus ou moins grande, l'une ou l'autre de ces tendances. Dans l'ensemble, le capitalisme croît avec infiniment plus de rapidité que naguère, mais cette croissance devient, d'une façon générale, non seulement plus  inégale, mais cette inégalité se traduit aussi en particulier dans la putréfaction des pays les plus riches en capital » (Impérialisme stade suprême du capitalisme). Le capitalisme, à son stade suprême l'impérialisme, n'a plus rien à offrir à l'humanité. Le capitalisme porte en son sein la guerre, la misère, la maladie, la famine et la destruction de la nature comme la nuée porte l'orage. J.V. Staline définit ainsi la loi économique fondamentale de l'impérialisme: « La loi qui convient le mieux à la notion de loi économique fondamentale du capitalisme est celle de la plus-value, celle de la naissance et de l'accroissement du profit capitaliste. En effet, elle détermine les traits essentiels de la production capitaliste (...). Les traits principaux et les exigences de la loi économique fondamentale du capitalisme actuel pourraient être formulés à peu près ainsi: assurer le profit capitaliste maximum par l'exploitation, la ruine et l'appauvrissement de la majorité de la population d'un pays donné, par l'asservissement et le pillage systématique des peuples des autres pays, surtout des pays arriérés, et enfin par les guerres et la militarisation de l'économie nationale utilisées pour assurer les profits les plus élevés » (Problèmes économiques du socialisme).

Les peuples et les travailleurs découvrent l'ampleur de la catastrophe sociale, économique, politique et culturelle qu'est le capitalisme temporairement vainqueur du « socialisme réel » de l'URSS qui, 70 ans durant, aura permis toutes les avancées sociales, démocratiques, culturelles et patriotiques de l'humanité au XXème siècle.

C'est pour retarder l'inévitable chute du capitalisme que l'impérialisme US a décidé à l'occasion de cette élection de faire élire un noir à la présidence.  Objectivement ce besoin, cette nécessité est une avancée, une étape par laquelle il faut passer, vers l'inévitable avenir communiste de l'humanité. 

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Published by valenton rouge - dans Monde
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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 18:11
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La France, Israël et le marché de l'armement

Nidal
29 août 2006

Pendant que nos représentants se félicitent officiellement de la position «équilibrée» de la France, la collaboration avec Israël n'a jamais été aussi importante que ces deux dernières années. Alors qu'Ariel Sharon dénonçait (juillet 2004) une France antisémite, nos politiques, eux, organisaient le soutien sur le terrain à la politique expansionniste d'Israël.

http://tokborni.blogspot.com/2006/08/la-france-isral-et-le-march-de.html

Pour tourner autour du sujet: un tramway

Ainsi en est-il de la construction d'un tramway reliant Jérusalem à des colonies de Cisjordanie, contrat décroché par des industriels français grâce à l'implication de nos services diplomatiques. Un article de Françoise Germain-Robin dénonçait ce «tramway de la honte» dans L'Humanité (18 novembre 2005)1 :

Deux sociétés françaises, Alstom et la Connex, ont signé en juillet dernier à Tel-Aviv, en présence de l'ambassadeur de France, un accord pour la construction d'un tramway reliant Jérusalem à plusieurs colonies israéliennes de Cisjordanie en traversant les territoires palestiniens annexés et occupés illégalement par Israël depuis 1967.
[...]
C'est que le mur comme le tramway, ces faits accomplis imposés au peuple palestinien en saccageant leur présent et leur avenir, sont parfaitement illégaux et inacceptables aux yeux du droit international et du simple droit humanitaire.


L'universitaire François Dubuisson exposait l'illégalité de la participation française à un tel projet en décembre 2005:2

Le fait que le contrat ait été conclu par des sociétés privées ne signifie aucunement que l'État français soit déchargé de toute obligation concernant cette situation.

Il explique d'abord que l'aide diplomatique à l'obtention des contrats implique directement l'État français:

[...] il apparaît que les autorités françaises ont joué un rôle actif de promotion dans la passation du contrat. [...] Par cette attitude d'aide et d'encouragement à la réalisation par des sociétés françaises du projet de tramway, et ce en dépit de ses implications, la France a certainement manqué à son obligation de non-assistance et de non-reconnaissance de la politique d'annexion et de colonisation de Jérusalem-Est et de ses alentours.

Il explique surtout que la 4e Convention de Genève impose à la France de faire respecter les conventions par ses ressortissants; non seulement l'État doit-il respecter les conventions, il doit par ailleurs les faire respecter par ses citoyens:

Cette obligation prend sa source dans l'article 1er commun aux conventions de Genève, qui énonce que «les Hautes Parties contractantes s'engagent à respecter et à faire respecter la présente Convention en toutes circonstances». Elle implique de prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que des ressortissants français n'apportent pas de contribution au renforcement de la présence d'implantations juives dans et autour de Jérusalem-Est, qui est contraire à l'article 49 de la 4e Convention de Genève.


La collaboration EADS-IAI sous contrat français

Venons-en au sujet qui fâche. Les contrats d'armement entre mon pays, la France, et le pays qui vient de détruire le Liban, de massacrer sa population, en commettant chaque jour des crimes de guerre.

Petit rappel historique: depuis 1967-1968, la France avait cessé (officiellement) toute collaboration militaire avec Israël. Voici le résumé que Wikipedia fait de ces événements3 :

La rupture de cet équilibre eu lieu au mois de juin 1967 avec l'attaque surprise de la chasse israélienne sur les aérodromes égyptiens. Fort de ses soupçons sur l'imminence d'un conflit, le 2 juin, le général De Gaulle vint à décréter un embargo préventif sur les ventes d'armes à destination du Proche-Orient. Pris entre les intérêts systémiques de son allié français et la perception d'une menace à ses frontières, Israël fit le choix de l'assaut.

La guerre des Six Jours allait dès lors marquer le début de la rupture entre Paris et Jérusalem, la fin graduelle d'une alliance jadis née à l'aube de Suez et mise à mal une décennie plus tard.

Le président français avait déjà tenté de dissuader ses alliés israéliens de passer à l'attaque, en envoyant un signal ferme par le biais d'un embargo sur les livraisons d'armes. Or, devant l'intransigeance de ses homologues, De Gaulle vint à rendre son verdict, le communiqué du conseil des ministres du 15 juin 1967 condamnait ainsi l'«agression israélienne» et réaffirmait le refus de la France de tenir pour acquis aucun fait accompli. Le chef de l'État avait aussi donné pour mission à son gouvernement de dénoncer l'attitude de l'État hébreu devant l'Assemblée nationale ainsi qu'à l'ONU. Dans cette optique, les nouvelles orientations gaullistes supposaient une rupture nette, en réalité, derrière les mots accusateurs se cachait une réalité plus nuancée. L'embargo sur les armes décrété à la veille du conflit, n'avait été ainsi que partiellement respecté. Des pièces détachées et du matériel, continuaient à être acheminés secrètement vers Israël.
[...]
Mais la rupture fut consommée entre les deux États en décembre 1968 avec une attaque israélienne au Liban. En riposte à un attentat anti-israélien sur l'aéroport d'Athènes, Tsahal avait lancé une opération de rétorsion sur l'aérodrome de Beyrouth. Opposé à la théorie des représailles, le président français proclama l'effectivité totale du boycott des armes à destination d'Israël. La France n'entendait plus épauler un allié qui refusait ses mises en garde et dont le statut de belligérance avec ses voisins, rendait impossible l'équilibre régional qu'elle avait envisagé jusqu'à la veille du conflit.


En juin 2004, le ministère des Affaires étrangères et le ministère de la Défense annoncent avec fierté la conclusion de contrats militaires entre la France et Israël4. La presse relate l'événement, rappelle vaguement le boycott depuis 1967, mais rigoureusement aucun débat démocratique n'intervient sur le sujet. Malgré l'importance de la décision, un lourd silence remplace toute forme de contestation. Le communiqué officiel est lui-même très vague, à la limite du mensonger:

Ce que Mme Alliot-Marie a annoncé hier, c'est la commande à EADS, associé notamment à DASSAULT et à THALES, d'un démonstrateur de drones, Moyenne Altitude Longue Endurance, pour un montant global de 300 millions d'euros pour lequel les industriels apporteront eux-mêmes 150 millions d'euros.
[...]
Ce qui est vrai, c'est que dans le passé, EADS a travaillé avec IAI sur certains aspects des drones. Il a, ainsi, dans le passé, acheté, des drones HUNTER, ceux-là mêmes qui ont réalisé la surveillance des cérémonies du 60ème anniversaire du Débarquement le 6 juin dernier. Il y a eu, au début des années 1990, l'acquisition auprès d'IAI de drones. L'armée de l'Air les a expérimentés et utilisés.


On découvre alors que, tout de même, la coopération remonte à 1993:

JFB : En ce qui concerne le volume de nos échanges en matière militaire, il s'agit aujourd'hui, pour l'essentiel, des suites du contrat Hunter de 1993, c'est-à-dire, de la maintenance et de la mise à jour technologique. Ce sont des opérations relativement légères. La moyenne annuelle de nos acquisitions entre 1993 et 2002 a été de 14MEuros, soit un montant très limité.
(Magie des gros sous: le «montant très limité» de 14 millions d'euros pendant dix ans, ça approche tout de même le milliard de francs.) Puis:

Question : Êtes-vous en mesure de démentir les informations provenant d'Israël selon lesquelles il y a des négociations avec la France et qu'un accord est sur le point d'être signé pour un montant de 200 millions de dollars sur les drones?

JFB : Je n'ai aucune information qui le confirme.


L'année suivante, en juin 2005, la collaboration entre les industriels français et Israel Aircraft Industries (IAI) est décrite avec plus de précision par «Armees.com».5

Officiellement, ces engins sont français. Mais dans le vaste hangar de Malat, filiale d'Israel Aircraft Industries (IAI), spécialisée dans les drones (avions sans pilote), ce sont des techniciens israéliens qui s'affairent autour des trois Eagle One destinés à la France. Le ministère français de la Défense est en train d'acheter à l'Etat hébreu l'un de ses futurs systèmes de combat les plus pointus, un avion de reconnaissance sans pilote. Mais il évite soigneusement de le crier sur les toits du Salon du Bourget, préférant mettre en avant EADS, le partenaire d'IAI. Pas question pour la France de s'afficher trop ostensiblement aux côtés d'Israël, alors que les marchés arabes restent l'un des principaux débouchés de l'industrie d'armement.
[...]
«Transfert de technologie». Après l'achat des Hunter en 1995, le programme Eagle One n'est que le deuxième étage d'une coopération plus large en matière de drone entre la France et Israël. Un troisième est déjà en cours, avec le futur EuroMale d'EADS. Annoncé au mois de juin 2004 par la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, il s'agit d'un engin beaucoup plus puissant, volant à 45000 pieds, c'est-à-dire plus haut que les avions de ligne. Là encore, il ressemble à l'Eagle Two d'Israel Aircraft Industries. «Les autorités françaises souhaitent acquérir une autonomie complète. Pour l'EuroMale, un véritable transfert de technologie est en cours entre Israël et la France», explique-t-on chez EADS, où l'on veut croire que «l'EuroMale pourrait déboucher sur une coopération européenne».


En mars 2006, la «prestation» commerciale entre EADS et IAI a débouché, explicitement, sur la constitution d'une «équipe intégrée mixte»6 :

L'entreprise IAI, en tant que coopérant majeur d'EADS dans l'opération SIDM, est en terme de marchés publics considérée comme un sous traitant à paiement direct pour, au titre de la tranche ferme, un montant de 21 M€.

À ce titre, et en accord avec les accords stratégiques entre les deux sociétés, une équipe intégrée mixte, majoritairement localisée en Israël, a été constituée afin de répondre aux exigences de ce contrat.


Au même moment, la «Chambre de Commerce France Israël» révèle l'ampleur du marché: «IAI et EADS ont finalement développé, avec de grandes difficultés, un nouveau drone»7 (c'est un article court et dense, je vous suggère de le lire intégralement en ligne).

Israel Aircraft Industries (IAI) devient un coopérant en long terme et sérieux d'EADS dans l'opération Système intérimaire de drones MALE (SIDM).

Les israéliens construisent actuellement, et en pleine coopération avec les européens, un nouveau drone très différent de ce qui avait été prévu à l'origine.

C'est la Ministre Alliot-Marie, qui avait lancé la réalisation d'une coopération franco-israélienne dans le cadre d'une contribution qui devait être «assez légère». Le journaliste israélien expérimenté qui en avait parlé le premier lors du dernier Salon Eurosatory, avait été «rabroué sérieusement» par la censure militaire israélienne. Les Français avaient été choqués par la divulgation d'informations supposées confidentielles.
[...]
Le groupe IAI était en terme de marchés publics considéré comme un simple sous traitant. Ceci figurait à l'origine dans le contrat original franco-israélien signé.

Le contexte international en a décidé autrement. De simple sous traitant, IAI est devenu (avec mille difficultés), un véritable partenaire à long terme de EADS.

Ceci est très révélateur de la nouvelle coopération France-Israël. Le pragmatisme prédomine. Les Français travaillent de plus en plus avec les meilleurs sans mélanger obligatoirement affaires, technologies et politique.


«Sans mélanger affaires, technologies et politique», c'est vite dit. À condition que les médias propriété de Dassault occultent l'affaire et que les médias propriété de Lagardère n'en parlent pas. Le présent billet étant consacré au sujet: mélangeons, mélangeons!


Soutien économique et échange technologique

La première conséquence de cette collaboration est, a minima, le soutien économique français à l'effort de guerre israëlien. Les communicants français ont tenté de désamorcer les critiques en présentant l'accord comme étant à sens unique: les livraisons de technologies ne se feraient que d'Israël vers la France. Mais, même en admettant cela, c'est un accord commercial: il y a bel et bien un «transfert» de France vers l'industriel militaire israëlienne, «transfert» qui prend la forme de plusieurs centaines de millions de dollars. (C'est la base même de l'économie de marché: si vous achetez le produit d'une entreprise, vous financez de fait le fonctionnement et le développement de cette entreprise.) Un tel soutien économique n'est ni négligeable, ni innocent, politiquement et moralement.

La seconde conséquence, bien que niée par les déclarations officielles, c'est le transfert de technologies et compétences militaires de la France vers Israël. Le processus, tel qu'il apparaît, ne consiste pas à ce qu'IAI livre des drones, puis qu'EADS modifie ces drones sans qu'IAI sache ce qui a été réalisé. Ce serait la seule manière d'être certain que l'industrie militaire israélienne ne bénéficie pas des développements financés par les Français. (Une telle procédure, qui exclue officiellement le créateur initial du produit, n'est pas impossible; voir par exemple, dans le sens France vers Israël, la création de l'avion de combat Nesher par IAI.)8

Ce dont il s'agit ici, c'est d'une collaboration concrétisée par la création d'une équipe mixte franco-israélienne, basée en Israël, et dirigée par IAI. Donc, tous les développements apportés, avec le concours d'ingénieurs d'EADS et sous financement français, bénéficient à la fois aux Français et au constructeur israélien IAI. Non seulement la France subventionne ainsi la recherche et développement d'IAI, mais la collaboration avec EADS apporte à IAI les compétences technologiques de ses ingénieurs. L'accord, fondant officiellement un transfert d'Israël vers la France, est donc aussi un transfert de technologie militaire d'EADS vers IAI. Là encore, les conséquences politiques et morales sont énormes. Il est étonnant qu'un tel transfert ne fasse l'objet d'aucun débat public.


Seek and destroy

La technologie concernée par cette collaboration, ce sont les drones, des avions sans pilotes. Leur importance est devenue primordiale dans la nouvelle forme de guerre adoptée par les Israëliens au Liban et à Gaza. Machines tellement importantes qu'en plein conflit, Israël prend encore le temps de bombarder spécifiquement la zone où un de ses engins s'est écrasé (Xinhua, «Israely military drone crashes in Lebanon», 29 juillet 2006 9).

L'utilisation principale des drones est la surveillance et la reconnaissance du territoire. Les incursions de ces appareils au-dessus de Gaza sont quotidiennes. Les Palestiniens dénoncent le développement de «mini-drones pour surveiller Gaza10» et rappellent:

Les forces israéliennes ont utilisé des drones d'une technologie moins avançée pendant les 5 années d'Intifada Aqsa.

Au Liban, leur passage est devenu un des éléments de la «terreur tombée du ciel»: après ces missions de reconnaissance, les habitants attendaient avec angoisse un prochain bombardement. Comme Robert Fisk11, j'ai entendu ce genre de témoignage:

Avant que le missile n'explose, a-t-elle dit, un drone israélien, un avion de reconnaissance sans pilote qui envoie des images en direct à Tel Aviv, volait au-dessus du quartier de Chiah. «Um Kamel», comme les appellent les Libanais, a bourdonné ci et là pendant un moment [...]

L'utilisation des drones comme moyen d'imposer une terreur permanente ressort ainsi de déclarations israéliennes12:

"Use of this drone should send shivers down the spines of terrorists planning further attacks," said an Israeli official. "Israel is using it to serve as a deterrent for further attacks. It provides us with constant intelligence in real time from afar, and enables us to respond immediately and forcefully."
[...]
"The drone shows we can still operate without being there," said a security source.


L'autre utilisation de ces drones est offensive. Certains modèles sont équipés de charges et peuvent frapper des cibles au sol. Ainsi en est-il du massacre de Marjayoun dans lequel le convoi de la population évacuant la ville a été attaqué par un de ces engins. Robert Fisk raconte13:

Il y a ceux qui fondent en larmes lorsqu'ils racontent le massacre de Joub Jannine - et il y a les Israéliens qui ont donné la permission aux réfugiés de quitter Marjayoun, spécifiant la route qu'ils pouvaient emprunter, et qui les ont ensuite attaqués avec des drones sans pilote tirant des missiles.
[...]
«La première bombe a frappé la deuxième voiture [du convoi]», a déclaré Karamallah Dagher, un journaliste de [l'agence] Reuter. «Je remontais la route, à mi-chemin, et mon ami Elie Salami se tenait là, me demandant si j'avais un peu d'essence en rab. C'est à ce moment-là que le second missile a frappé ; et, la tête et les épaules d'Elie furent arrachées. Sa fille Sally, qui a 16 ans, a sauté de la voiture et s'est mise à hurler : "Je veux mon papa ! Je veux mon papa !" Mais il n'était plus». Hier, alors qu'il parlait de ces tueries, Dagher a fondu en larmes. Il essayait de faire sortir sa mère arthritique de sa propre voiture, mais elle se plaignit qu'il lui faisait mal. Il l'a replaça donc sur le siège du passager et s'assit à côté d'elle, s'attendant à une mort violence qui, Dieu merci, n'est pas arrivée. Mais elle est arrivée pour Colette Makdissi al-Rashed, la femme du moukhtar, qui a été décapitée dans sa jeep Cherokee ; elle est aussi arrivée pour un soldat libanais et pour Mikhael Jbaili, le volontaire de 35 ans de la Croix-Rouge, de Zahle, qui a sauté en l'air lorsqu'une roquette a explosé derrière lui.


Le silence médiatique autour de la collaboration franco-israëlienne sur des technologies militaires utilisées ces derniers temps pour affamer et massacrer les Palestiniens et les Libanais est troublant. Depuis lundi, la rentrée médiatique permet aux «experts» de pérorer au sujet du Liban, d'Israël et du Hezbollah, de la participation française à «la paix» (FINUL), mais aucun n'évoque jamais cet enjeu, celui des gros sous et de l'engagement concret aux côtés de Tsahal.


Tentons quelques questions

1. Le fait d'être choisi par Israël pour collaborer sur des programmes militaires de plusieurs centaines de millions de dollars impose-t-il des concessions politiques? La question se pose également pour l'Allemagne et le marché des sous-marins militaires. Inversement: est-il imaginable d'avoir une collaboration en recherche militaire et des livraisons officielles d'armes lourdes, sans avoir par ailleurs des accords politiques? (L'annonce de l'accord a d'ailleurs été faite lors d'une conférence de presse conjointe des Affaires étrangères et de la Défense.)

2. Peut-on imaginer, en France, la constitution d'une commission d'enquête sur l'ampleur des transferts de technologie, sur la nature des accords franco-israëliens, et sur l'usage de ces technologies par les Israéliens? Peut-on savoir si des technologies françaises ont été utilisées contre les civils libanais et palestiniens, et si elles risquent de l'être dans le futur? Si elles risquent de l'être si Israël et les États-Unis déclenchent de nouvelles boucheries en Syrie ou en Iran?

Une telle enquête n'a rien d'impossible: les Américains viennent d'en ouvrir une sur l'usage des armes à sous-munitions par leur client israélien. C'est un article du New York Times qui le révèle («Inquiry Opened Into Israeli Use of U.S. Bombs»14, 25 août 2006; les archives du NY Times étant payantes, je fais le lien sur un autre site reproduisant intégralement l'article):

The State Department is investigating whether Israel's use of American-made cluster bombs in southern Lebanon violated secret agreements with the United States that restrict when it can employ such weapons, two officials said.

The investigation by the department's Office of Defense Trade Controls began this week, after reports that three types of American cluster munitions, anti-personnel weapons that spray bomblets over a wide area, have been found in many areas of southern Lebanon and were responsible for civilian casualties.


3. Nos responsables politiques envisagent-ils de réactiver le boycott sur les armes contre Israël, comme l'avait fait de Gaulle en 1967? Un débat parlementaire et médiatique va-t-il avoir lieu sur ce sujet? Quelle est la position de nos candidats à l'élection présidentielle sur ce sujet?

4. Nos médias vont-ils continuer à occulter ce sujet, malgré son importance morale et politique, et malgré le fait que les populations arabes savent, elles, avec quel «camp» la France collabore militairement? Ou bien vont-ils continuer à entretenir le mythe d'une politique «pro-arabe» de la France ou, du moins, «équilibrée»? Les grands médias français vont-ils nous exposer la nature des contrats qu'entretiennent leurs propriétaires avec l'expansionnisme israélien?

Continuer à parler de la France «contribuant à la paix au Moyen-Orient» en occultant systématiquement les contrats d'armement qu'elle a passés avec Israël, c'est un véritable talent. Talent que seuls les marchands de canons et les bétonneurs propriétaires des grands groupes de médias français semblent capables de reconnaître.


1 http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-11-18/2005-11-18-818151
2 http://www.france-palestine.org/article2955.html
3 http://fr.wikipedia.org/
4 http://www.diplomatie.gouv.fr/
5 http://www.armees.com/France-Israel-un-drone-tres-furtif.html
6 http://www.spyworld-actu.com/article.php3?id_article=1701
7 http://www.israelvalley.com/
8 http://en.wikipedia.org/wiki/IAI_Nesher
9 http://english.people.com.cn/200607/29/eng20060729_287890.html
10 http://www.ism-france.org/
11 http://questionscritiques.free.fr/
12 http://www.worldnetdaily.com/news/article.asp?ARTICLE_ID=44566
13 http://questionscritiques.free.fr/
14 http://www.commondreams.org/headlines06/0825-05.htm

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Published by valenton rouge - dans France
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