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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 21:19
un texte d'IRIN (agence de l'ONU) détaillant l'état ses systèmes de distribution d'eau à Gaza...

ISRAËL-TPO: « Effondrement » des systèmes d´eau et d´assainissement à Gaza
GENÈVE, 6 janvier 2009 (IRIN) - Les Nations Unies ont prévenu que les réseaux électriques étaient hors d´usage le 4 janvier dans de larges secteurs de la bande de Gaza et que les hôpitaux ne fonctionnaient plus que grâce à des groupes électrogènes. Les pompes n´étant plus alimentées, 70 pour cent des habitants de Gaza, selon les estimations, sont privés d´eau courante.
D´après le dernier rapport (daté du 4 janvier) du coordinateur humanitaire des Nations Unies dans Territoires palestiniens occupés, Israël bloque l'approvisionnement en carburant, et les stocks s´amenuisent.
L´organisation non gouvernementale israélienne Gisha a déclaré que sept des 12 lignes électriques de l´enclave (les 12 lignes fournissent normalement quelque 70 pour cent de l´électricité de Gaza) étaient à l'arrêt, et averti que l'absence d´alimentation électrique provoquait des montées d´eaux usées dans les zones habitées et les terres agricoles. Le risque d´inondation soutenue persiste.
« Le système d´approvisionnement en eau et le réseau d´assainissement de Gaza se dégradent, privant les habitants d´eau et provoquant des inondations dans les rues », a déploré Maher al-Najjar, directeur adjoint de la société de gestion de l´approvisionnement en eau (CMWU) de Gaza.
Ce dernier a ajouté que 48 des 130 puits de Gaza étaient totalement à l´arrêt en raison de la coupure d'électricité et de tuyaux endommagés. « Au minimum 45 puits supplémentaires ne fonctionnent que partiellement, et sont susceptibles de cesser de fonctionner au cours des prochains jours à défaut d´approvisionnement en carburant et en électricité », a affirmé M. al-Najjar.
Les sanctions imposées sur Gaza par Israël, qui incluent de sévères restrictions sur les importations, ont provoqué durant quelques temps une pénurie de pièces détachées, qui est venue aggraver les problèmes actuels.

Les chirurgiens du CICR bloqués

Dans l'intervalle, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), à Genève, a déclaré qu´un approvisionnement en matériel médical, notamment en sang, en médicaments et en produits tels que des sacs mortuaires, était nécessaire. Le CICR n´a pu envoyer son équipe de chirurgiens à Gaza, en raison de la fermeture du point de passage d´Erez par Israël. L´équipe du CICR essayait d´y pénétrer depuis la semaine précédente, avant le lancement d´une invasion terrestre par Israël, mais s´est retrouvée bloquée.
Au terme d´une semaine de frappes aériennes sur l´enclave côtière, les Israéliens ont lancé le 3 janvier une offensive terrestre : des obus ont été tirés, puis des troupes dépêchées à Gaza.
Depuis le début de l'offensive, le 27 décembre, on recense plus de 515 victimes côté palestinien, dont un quart de civils d'après les estimations de l'ONU, et quatre victimes côté israélien, dont trois civils. Les Israéliens ont été tués par des tirs de roquette palestiniens. 

Israël a expliqué que l´opération avait été lancée pour contenir les tirs de roquette et de mortier provenant de l´enclave.
Depuis le début de l´offensive terrestre, les déplacements au sein de l´enclave sont devenus plus difficiles. Les citoyens ont peur de s´aventurer à l´extérieur. Un travailleur humanitaire a expliqué que certaines personnes avaient peur de faire la queue pour obtenir du pain, de crainte de se faire surprendre par des tirs aériens.
Selon le CICR, dans le nord de Gaza, une femme n'ayant pu se rendre à l'hôpital a mis au monde un enfant mort-né et souffert d´une rupture de l´utérus. Un auxiliaire médical a été tué le 4 janvier lorsque son ambulance a été frappée par un obus israélien, selon Oxfam. L´incident a blessé deux autres personnes, dont une a perdu un pied.
Un porte-parole du CICR à Genève a souligné la nécessité de protéger les installations sanitaires et le personnel médical et de laisser ces derniers faire leur travail librement.
Selon les organisations humanitaires, un grand nombre de personnes décédées et blessées arrivent dans des hôpitaux incapables de faire face, notamment à cause des pénuries dans l'enclave découlant de la fermeture par Israël des points de passage vers Gaza. Dans le sud, le point de passage de Rafah séparant la bande de Gaza de l´Égypte est également totalement fermé.
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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 16:31

Le Venezuela expulse l'ambassadeur d'Israël

Il y a 1 jour

CARACAS (AFP) - Le Venezuela a ordonné mardi l'expulsion de l'ambassadeur d'Israël à Caracas, en solidarité avec le peuple palestinien et pour protester contre l'offensive israélienne à Gaza, qualifiée de "génocide" par le président Hugo Chavez.

"Le Venezuela a décidé d'expulser l'ambassadeur d'Israël (Shlomo Cohen) et une partie du personnel de l'ambassade d'Israël, réaffirmant son attachement à la paix et son exigence de respect du droit international", a annoncé le ministère vénézuélien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Caracas a accusé l'Etat hébreu de se livrer à de "flagrantes violations du droit international" et d'avoir mis en oeuvre une "utilisation planifiée du terrorisme d'Etat" contre le peuple palestinien.

Chef de file de la gauche radicale en Amérique latine, le président Chavez avait fustigé dès lundi l'offensive terrestre dans la bande de Gaza, qualifiant l'Etat hébreu d'"assassin" et de "génocidaire".

Dans son communiqué, le gouvernement vénézuélien a également indiqué qu'il ferait pression aux Nations Unies "pour que le Conseil de sécurité prenne des mesures urgentes pour arrêter l'invasion d'un territoire palestinien par l'Etat israélien".

"En cette heure tragique et qui suscite l'indignation, le peuple du Venezuela manifeste sa solidarité sans faille avec l'héroïque peuple palestinien", ajoute le texte qui souligne "l'horreur de la mort d'enfants et de femmes innocents".

L'offensive lancée le 27 décembre contre la bande de Gaza par l'armée israélienne a coûté la vie à au moins 660 Palestiniens et fait plus de 2.950 blessés, selon les services d'urgence palestiniens.

Le communiqué souligne que le Venezuela s'est "toujours opposé à l'antisémitisme comme à tout type de discrimination et de racisme", et adresse un "appel fraternel au peuple juif". Il lui demande de "s'opposer aux politiques criminelles de l'Etat d'Israël qui rappellent les pires pages de l'histoire du XXe siècle".

Cette expulsion "brise un lien profond qui a toujours existé entre le Venezuela et Israël", a regretté dans une interview télévisée le président de la Confédération des Associations israélites du Venezuela (CAIV), Abraham Levy, estimant cette décision "démesurée car elle ne prend pas en compte la position d'Israël".

Peu avant l'annonce de l'expulsion du diplomate, M. Chavez avait lancé que le président israélien devrait être "traduit devant la Cour pénale internationale" (CPI) de La Haye: "Le président d'Israël devrait être traduit devant la Cour pénale internationale, aux côtés du président des Etats-Unis, s'il y avait des scrupules dans ce monde", a-t-il déclaré à la presse.

Il n'a pas cité nommément le président israélien Shimon Peres, alors qu'Israël a un régime parlementaire où le pouvoir exécutif incombe au Premier ministre.

M. Chavez, qui dénonce les raids aériens sur Gaza depuis leur déclenchement, a encore jugé "lâche" l'armée israélienne pour avoir "attaqué un peuple sans défense, endormi, innocent". Israël agit "comme le bras armé de l'empire yankee", a-t-il dit en accusant les Etats-Unis de "soutenir et impulser" les attaques sur Gaza.

Ce n'est pas la première fois que le président vénézuélien intervient avec fracas dans le conflit au Moyen-Orient, où il a renforcé ses liens avec l'Iran, dont il est l'un des rares dirigeants à soutenir le programme nucléaire.

En août 2006, M. Chavez avait retiré son représentant diplomatique à Tel Aviv pour exprimer son "indignation" devant les bombardements de Tsahal au Liban. Ses propos avaient alors provoqué le départ de l'ambassadeur israélien à Caracas.

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 10:13

ghettho de Varsovie

ghettho de Varsovie

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La seule constante dans la vie des Palestiniens de ce dernier siècle d'atrocités sionistes a été de résister contre le projet sioniste de les rayer de la surface de la terre.

Les alliances entre les régimes arabes et Israël

On est souvent déconcertés par l'ironie des relations internationales et les alliances qu'elles favorisent. Prenez par exemple l'implantation coloniale israélienne qui, dès le début, a déclaré la guerre au peuple palestinien et à plusieurs pays arabes alors qu'en même temps, Israël formait des alliances avec de nombreux régimes arabes et des dirigeants palestiniens.

Si nous avons toujours connu et été informés sur les relations hashémites/sionistes et Eglise maronite/sionistes, ce fut moins le cas sur les services qu'Israël a apporté, et continue d'apporter, aux régimes arabes durant toutes ces décennies. Il est maintenant reconnu que l'invasion de l'Egypte par Israël en 1967 visait, et a réussi, à abattre Gamal Abdul-Nasser, l'ennemi de tous les dictateurs alliés des Etats-Unis parmi les régimes arabes ; Nasser que les Etats-Unis et avant eux, la Grande-Bretagne et la France, essayaient en vain de renverser depuis les années 50. Israël rendait ainsi un grand service aux monarchies arabes (et à quelques républiques), de « l'océan au Golfe », dont la survie était menacée par Nasser et le nassérisme. L'intervention d'Israël suivante, en Jordanie en 1970, pour aider l'armée jordanienne à éliminer les guérilleros de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et ses invasions massives au Liban en 1978 et 1982 pour écraser définitivement cette organisation, ont été elles aussi d'importants services rendus à ces mêmes régimes menacés par le potentiel « révolutionnaire » de l'OLP et ses prises de positions parfois récalcitrantes. Les Renseignements israéliens ont aussi fourni durant ces décennies des informations cruciales à plusieurs régimes arabes pour leur permettre d'éliminer leurs opposants politiques et de renforcer leur pouvoir dictatorial. Comme exemples éloquents de ces bénéficiaires des largesses des Renseignements israéliens, on trouve les dictatures du Maroc et d'Oman.


Les services qu'Israël rend aux régimes arabes se poursuivent à un rythme accéléré. Son invasion du Liban en 2006, conçue pour anéantir le Hezbollah, fut acclamée par les régimes arabes et les intellectuels arabes néolibéraux hostiles au Hezbollah, et utilisée exclusivement par les médias saoudiens. Bien que la destruction massive du sud du Liban et du sud de Beyrouth par Israël et le massacre de plus d'un millier de Libanais aient renforcé le Hezbollah et entaché la réputation de l'armée d'Israël, l'invasion a été très appréciée par les alliés arabes d'Israël. Effectivement, depuis 2006, ces alliés d'Israël, autant que les intellectuels arabes néolibéraux, ont été ouvertement sollicités par Israël pour neutraliser la prétendue « menace » iranienne, dans son propre intérêt et sur son ordre. Les Etats-Unis ont vu que c'était là le bon moment pour intégrer Israël dans la région, ils ont donc fait signe à leurs alliés du Golfe de faire des propositions pour une nouvelle alliance régionale comprenant Israël. Le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn a suggéré il y a quelques semaines qu'Israël rejoigne la Ligue arabe. Nombre de telles propositions ont déjà été formulées depuis quelques mois pour accueillir l'implantation coloniale au sein d'une alliance régionale contre l'Iran.

Depuis 2006, les régimes arabes, les intellectuels arabes néolibéraux et l'Autorité collaborationniste palestinienne (ACP) de Ramallah, sont parvenus à s'entendre du fait que seul Israël pourra les sauver du Hezbollah et du Hamas, deux organisations qui constituent une menace pour l'alliance ouverte des régimes arabes avec les Etats-Unis et Israël contre l'Iran et toutes les forces progressistes de la région. Il ne s'agit pas d'un secret qu'ils espéraient garder jalousement mais de stratégies ouvertement débattues en réunions privées et qui souvent transparaissent dans la sphère publique. Les interventions des médias arabes et les déclarations des officiels israéliens dans le contexte des massacres israéliens continus contre le million et demi de Palestiniens de Gaza ces dix derniers jours, n'ont guère fait preuve d'imagination. Une véritable alliance ouverte existe aujourd'hui entre l'Autorité collaborationniste palestinienne, les régimes arabes et Israël avec le soutien des intellectuels arabes néolibéraux, alliance dans laquelle Israël sous-traite pour les autres l'anéantissement du gouvernement Hamas - le seul gouvernement démocratiquement élu de tout le monde arabe.

Rappelons ici que le Hamas a été démocratiquement élu par des élections libres et que des responsables et membres du parlement élu ont été enlevés par l'occupant israélien et croupissent toujours dans les prisons israéliennes et que l'Autorité collaborationniste palestinienne a incendié leurs bureaux, monté des grèves contre eux et demandé à la bureaucratie de l'ACP de ne pas obéir à leurs ordres. C'est après toutes ces tentatives pour déloger le Hamas du pouvoir que les Etats-Unis, Israël et l'APC ont organisé un coup d'Etat [en juin 2007] pour éliminer les dirigeants du Hamas de Gaza mais qui s'est retourné contre eux. Le carnage déclanché par Israël ces dix derniers jours représente la dernière tentative israélienne pour s'assurer que tous les Arabes et tous les Palestiniens seront dirigés par des dictateurs et jamais par des responsables démocratiquement élus.

Beaucoup se demandent comment les régimes arabes et l'ACP peuvent être dénués à ce point de toute honte dans leur « trahison » des Palestiniens. « Ne craignez-vous pas que le peuple vous renverse ? » est la question maintes fois répétée. La réponse, évidemment, est « non ». Il est vrai que la collaboration d'Israël avec les régimes arabes n'est pas nouvelle, ce qui est nouveau c'est simplement que ce soit devenu public, mais il y a de bonnes raisons à cela. Dans les années 40 et 50, ces mêmes régimes ne pouvaient afficher ouvertement leur alliance avec Israël alors qu'il existait des forces populaires et internationales qui les auraient destitués s'ils s'y étaient hasardés. En effet, certains à l'époque flirtaient avec les alliances auxquelles participaient Israël mais pas officiellement, tel le Pacte de Bagdad, quoique ils ont payé cher une telle collaboration. La Guerre froide, le révolutionnarisme du tiers-monde, le nationalisme arabe, l'Union soviétique, la Chine, Nasser, sont tous des facteurs à prendre en compte. Bien que certains existaient encore quand Sadate d'Egypte a déclaré publiquement son alliance avec les USA et Israël à la fin des années 70, plus aucun n'existe aujourd'hui. Les Etats-Unis, Israël et leurs alliés arabes ont neutralisé ces forces, une par une, depuis 1967, ouvrant la voie à une alliance éhontée entre Israël et les dictatures arabes et tous servent les intérêts américains dans la région. Ces régimes arabes règnent par la terreur et la peur et ont à leur disposition la meilleure police secrète et le meilleur appareil sécuritaire répressif que les USA peuvent former et équiper, et que l'argent du pétrole et l'aide américaine peuvent financer.

Quand le présentateur d'Al-Jazeera a demandé à brûle-pourpoint à la ministre des Affaires étrangères israélienne, Tzipi Livni, si Israël avait un accord avec les régimes arabes pour se livrer aux massacres à Gaza, elle a refusé de répondre pour, finalement, nier qu'un tel arrangement existait, sans pouvoir préciser, mais elle a affirmé qu'il y en avait dans le monde arabe qui « pensaient  » comme Israël et que le Hamas était leur ennemi comme il est l'ennemi d'Israël.

C'est d'ailleurs la même Tzipi Livi qui, il y a seulement quelques semaines, informait les citoyens palestiniens d'Israël qu'elle envisageait leur dénationalisation et leur déportation vers les bantoustans palestiniens, une fois qu'Israël et la communauté internationale auront reconnu à ces prisons de Cisjordanie le statut d'Etat palestinien indépendant, enfermé derrière le mur d'apartheid. Après le déclanchement de sa guerre contre les Palestiniens, la semaine dernière, Livni a déclaré que sa guerre contre le peuple palestinien n'était pas seulement une question de sécurité mais qu'elle touchait aussi aux « valeurs » d'Israël que les Palestiniens non collaborateurs (contrairement à l'ACP) ne partageaient pas. Livni est d'accord bien entendu. Contrairement à elle et aux dirigeants israéliens dont les idéaux et les projets de nettoyage ethnique visent à faire d'Israël un Etat purement juif vidé des Palestiniens (Palästinenser-rein), la plupart des Palestiniens croient qu'ils resteront sur leurs terres, même et surtout si cela souille la pureté d'un Israël juif.

Livni a également affirmé que les valeurs d'Israël étaient partagées par le « monde libre » et par les régimes arabes libérés qui sont les alliés du « monde libre ». Ajoutons que ces valeurs sont également partagées par les intellectuels arabes néolibéraux subventionnés par les Saoudiens, et par la direction de l'Autorité collaborationniste palestinienne casée dans la zone verte de Ramallah. Les valeurs civilisées d'Israël ne sont pas différentes de celles défendues par les Etats-Unis dans leur guerre constante contre les Arabes et les musulmans, et elles sont très proches des valeurs coloniales européennes de la grande époque du colonialisme et au-delà. Livni et les dirigeants israéliens parlent de droits de l'homme, de démocratie, de paix et de justice comme valeurs universelles, mais ils ne les appliquent qu'aux juifs et les refusent surtout aux Palestiniens. Cela n'est guère qu'une ruse israélienne. Souvenons-nous des propos impérissables de Frantz Fanon à cet égard : « Quittons cette Europe qui n'en finit pas de parler de l'homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde. » (1)

Sur le front palestinien, le mandat et le coup d'Etat de Mahmoud Abbas, chef collaborateur palestinien, prennent fin le 9 janvier. Israël espère prolonger son règne collaborationniste en tant que chef de l'ACP mise en place par les accords d'Oslo en 1993. Alors que des Palestiniens se font tuer et blesser par milliers, les puissances mondiales néanmoins l'y encouragent. Ce n'est guère nouveau. Cela s'est souvent produit dans d'autres cas de massacres de populations par des alliés des Etats-Unis et de l'Europe, cela s'est même produit durant la Deuxième Guerre mondiale pendant le génocide nazi. Le 19 avril 1943, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis se rencontraient aux Bermudes, vraisemblablement pour discuter de la situation des juifs dans l'Europe occupée par les nazis. Ce fut aussi le jour où les nazis lançaient leur attaque contre les juifs qui restaient dans le Ghetto de Varsovie, y rencontrant une résistance inattendue, pleine de courage. Bien peu est ressorti de la conférence des Bermudes et la guerre a continué contre le Ghetto de Varsovie, sans interruption. La résistance juive dans le Ghetto de Varsovie a exécuté des juifs qui collaboraient avec les nazis et s'est bravement affrontée à l'armée nazie avec le peu d'armement qu'elle possédait, avant d'être exterminée. Son soulèvement a toujours été une source d'inspiration pour les Palestiniens. A l'âge d'or de l'OLP, symbole de la libération palestinienne, l'organisation déposait une couronne mortuaire sur le monument au Ghetto de Varsovie, en l'honneur de ces héros juifs qui étaient tombés.

La résistance des juifs du Ghetto de Varsovie contre l'occupant

Szmul Zygielbojm était le dirigeant du parti socialiste juif, le Bund (2), en Pologne et avait participé à la résistance contre l'invasion nazie en 1939. Il sera plus tard otage des nazis puis libéré et deviendra membre du Conseil juif, ou Judenrat (3) - l'équivalent pour les nazis de l'ACP créée par les Israéliens -, qui fut chargé de la construction du ghetto juif à Varsovie. Zygielbojm s'est opposé à l'ordre nazi et a fui en Belgique, en France, aux Etats-Unis, et en 1942 il a fini à Londres où il a rejoint le gouvernement polonais en exil. Le 12 mai 1943, après avoir été informé que la résistance dans le Ghetto de Varsovie avait finalement été écrasée et que beaucoup de ses combattants avaient été tués, Zygielbojm a ouvert le gaz dans son appartement à Londres et il s'est suicidé pour protester contre l'indifférence et l'inaction des Alliés devant la situation désespérée des juifs dans l'Europe occupée par les nazis. Ce qu'il a ressenti, c'est qu'il n'avait pas le droit de vivre après que ses camarades aient été tués en résistant aux nazis. Dans sa lettre de suicide, Zygielbojm insiste sur le fait que pendant que les nazis se rendaient responsables de l'assassinat des juifs polonais, les Alliés, par leur inaction, s'en rendaient aussi coupables :

« D'après les dernières nouvelles qui nous viennent de Pologne, il est clair, au-delà de tout doute, que les Allemands assassinent actuellement les derniers survivants juifs de Pologne avec une cruauté sans borne. Derrière les murs du Ghetto, le dernier acte de cette tragédie se joue.

La responsabilité de cet assassinat de toute la nationalité juive de Pologne repose d'abord sur tous ceux qui y ont participé, mais indirectement elle retombe aussi sur l'ensemble de l'humanité, sur les peuples des nations alliées et leurs gouvernements qui, jusqu'à ce jour, n'ont pris aucune véritable mesure pour mettre fin à ce crime. En regardant passivement cet assassinat de millions d'enfants, de femmes et d'hommes sans défense, ils ont pris une part de la responsabilité...

Je ne peux continuer à vivre et à rester silencieux pendant que les survivants de la communauté juive de Pologne, dont je suis un représentant, se font assassinés. Mes camarades dans le Ghetto de Varsovie tombent les armes à la main dans une ultime bataille héroïque. On ne m'a pas permis de tomber comme eux, avec eux, mais je les rejoins après leur mort à tous.

Par ma mort, je tiens à exprimer ma plus profonde protestation contre l'inaction dans laquelle le monde s'est contenté de regarder et qui a permis la destruction du peuple juif... »

L'Autorité collaborationniste palestinienne qui dirige le Judenrat mis en place par Oslo n'a jamais tenté de résister aux ordres israéliens. Pas un seul des membres de sa haute direction n'a décidé de démissionner et de ne pas servir. Mahmoud Abbas, qui a rendu tant de services déshonorants à Israël, n'a pas l'intégrité d'un Zygielbojm, ni ses nobles principes et n'en suivra jamais la trace.

Pendant ce temps, le peuple palestinien va résister à l'envahisseur israélien de toutes ses forces avec un handicap astronomique. Le peuple palestinien, comme Zygielbojm avant lui, a très bien compris qu'Abbas, sa clique, les régimes arabes, les Etats-Unis et l'Europe étaient tous responsables de leur massacre tout autant qu'Israël. Zygielbojm a, dans son cas, condamné les puissances du monde pour leur indifférence et leur inaction, dans le cas des Palestiniens, les puissances mondiales et régionales sont des co-conspiratrices et des partenaires actifs dans le crime.

L'écrasement du soulèvement du Ghetto de Gaza et le massacre de sa population sans défense seront une tâche relativement aisée pour la machine de guerre militaire superpuissante israélienne et la direction politique sadique d'Israël. C'est en rapport avec une détermination palestinienne renforcée à continuer de résister à Israël, une détermination qui va se révèler beaucoup plus difficile à affronter pour Israël et ses alliés arabes. Si des milliers de Palestiniens tués et blessés sont les principales victimes de cette dernière guerre terroriste israélienne, le principal perdant de tout cela sur le plan politique sera Abbas et sa clique de collaborateurs. Le défi pour la résistance palestinienne maintenant est de continuer à refuser à Israël le droit de dominer sa population, de voler sa terre, de détruire ses moyens de subsistance, de l'emprisonner dans des ghettos et de l'affamer sans résister.

La seule constante dans la vie des Palestiniens de ce dernier siècle d'atrocités sionistes a été de résister contre le projet sioniste de les rayer de la surface de la terre. Tandis que le sionisme, depuis son implantation, recherche et recrute des collaborateurs arabes et palestiniens dans l'espoir d'écraser la résistance palestinienne, ni Israël ni aucun de ses collaborateurs n'ont été capables de l'arrêter. La leçon que le sionisme a refusé d'apprendre, et refuse toujours d'apprendre, c'est que le désir ardent des Palestiniens de se libérer du joug sioniste ne pourra pas s'éteindre, quelle que soit la barbarie à laquelle peut arriver Israël dans ses crimes. Le soulèvement du Ghetto de Gaza marquera à la fois un nouveau chapitre de la résistance palestinienne au colonialisme, et la dernière brutalité coloniale israélienne dans une région où les peuples n'accepteront jamais la légitimité d'une implantation coloniale européenne raciste parmi eux.
Ndt

1) Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 301

2) Fondé en 1897, c'était le plus puissant parti ouvrier juif et le parti le plus important dans la communauté juive en Pologne - Mémoires du ghetto de Varsovie - Marek Edelman - Témoignage - p. 29)

3) Conseil juif qui avait, sur ordre des Allemands, remplacé le Conseil de la communauté juive. (idem - p. 37)

Extrait :

Il faut rappeler que la défense du ghetto de Varsovie n'avait rien d'inattendu. Elle était la suite logique de quatre années de résistance d'une population enfermée dans des conditions inhumaines, humiliée, méprisée, traitée, selon l'idéologie des vainquers, comme une population de sous-hommes. Malgré ces condiions dramatiques, les habitants du ghetto ont, dans la mesure du possible, organisé leur vie selon les plus hautes valeurs européennes. Alors que le pouvoir criminel de l'ocupant leur refusait tout droit à l'éducation, à la culture, à la pensée, à la vie, voire à une mort digne, ils ont créé des universités clandestines, des écoles, des associations et une presse. Ces actions qui engendraient la résistance contre tout ce qui menaçait le droit à une vie digne, ont eu pour conséquence l'insurrection. L'insurrecion était l'ultime moyen de refus des conditions de vie et de mort inhumaines, l'ultime acte de lutte contre la barbarie et pour la sauvegarde de la adignité.

Le ghetto lutte - Mémoires du ghetto de Varsovie - Marek Edelman, 1945 - Témoignages (p. 114, 115)

Marek Edelman, militant du Bund, était membre de l'état-major de l'insurrection du ghetto ; voir Marek Edelman, dernier survivant du ghetto de Varsovie
Joseph Massad est professeur associé de politique arabe et d'histoire intellectuelle à l'Université de Columbia. Son dernier livre s'intitule : The Persistence of the Palestinian Question ; Essays on Zionism and the Palestinians.

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 09:54
Je suis juif et j'entends ces bruits, ces bombes, ces souffrances qui hurlent. C'est l'histoire qui me revient pour m'éclater à la face. L'histoire que mes parents m'ont légué pour honnir la guerre honteuse. Je suis juif et je vois le sang, le sang qui coule sous les bombes comme à Guernica. Je suis juif et je sais la révolte désespérée contre l'étouffement et la famine du ghetto de Varsovie. Je sais l'indifférence absolue qui précédait, comme à Gaza.

Je suis juif et je suis frère de racine et d'histoire de ces hommes d'Israël. Ces fils de victimes adossant aujourd'hui l'armure des bourreaux. Quelle honte, quel désespoir de voir ceux qui ont tant souffert, qui ont été tant terrorisés n'engendrer de leur passé qu'un abomineux dédain pour l'âme humaine !

C'est à désespérer. Est-ce la victoire posthume d'Hitler que cette sauvagerie distillée ? Est-ce sa victoire que ce reniement de l'humanisme ? Ah ma mère ! Je me souviens lorsqu'enfant tu me fis l'apprentissage de ce gardien d'immeuble qui vous avait averti, il était communiste, puis de ces religieuses vous extrayant d'un Paris devenu trop dangereux. Ah ma mère ! Je me souviens de ce poème d'Aragon où le résistant arménien avait pour derniers mots « vive le peuple allemand » devant les Nazis qui allaient l'achever. Ma mère, où se cache aujourd'hui la dignité de nos frères d'Israël ou de notre famille aveuglée de haine et de conquête ? Ma mère, il était dur de naître en portant les souffrances de vos vies, mais les enfants d'aujourd'hui vont devoir affronter bien pire : la honte !

Gaza martyr, Liban martyr, Jenine martyr et rien d'autre ne vibre dans leur âme qu'un énervement et une volonté de soumettre ! Que leur demeure t il de sens humain ? N'auraient ils plus qu'un Bush dans les os ?

Les palestiniens perdent leurs chairs, leur sang, leur terre. Les juifs perdent leur âme, aveuglément engagés derrière l'État d'Israël. L'horreur s'ajoute à l'horreur sans jamais permettre qu'émerge une étincelle d'intelligence. L'intelligence, la bonne intelligence.... La Paix ! Cette Paix qui en tout lieu du monde a la même science : celle du respect partagé. Cette Paix de Kant pour tous les peuples de la terre.

Ce respect est honteusement dénié en affamant, en occupant, en excluant, en dominant. Ce dénie qui légitime la rage et fait monter les haines. Ce dénie qui rend impossible la fin des armes et des souffrances. Ce dénie qui nous plonge dans un massacre récurent où la vie n'a plus la valeur d'une vie.

Le respect, c'est le Droit, partout dans le monde. Le respect, c'est Israël entrant dans la Loi du monde, comme tout le monde. La Loi du monde délimite des frontières depuis 40 ans. Au-delà de ces frontières rien n'est à régenter, à occuper. Des frontières où commence la liberté des autres. Des frontières, tout simplement, comme partout dans le monde. Des frontières pour que monte le respect, premier pas, tout premier pas des humains.

Pour que demain les peuples partagent leurs rêves et que les frontières soient une invitation amicale aux rencontres.


Serge Grossvak 07/01/09
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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 09:47
mercredi 26 mars 2008, par Jean-Marie Chauvier

A part quelques initiés, tout le monde a ignoré, et ignore toujours, qu'il existe une « république autonome juive », installée il est vrai sur un territoire inhabité de l'URSS. En 1928 (donc vingt ans avant la création d'Israël), sur proposition du président Mikhaïl Kalinine, Staline décide de créer à 8 400 kilomètres de Moscou, au Birobidjan, région perdue, marécageuse et désertique de l'Extrême-Orient sibérien, près de la frontière avec la Chine, une « entité nationale juive », avec le statut de terre d'accueil pour les Juifs d'URSS. En 1934, le Birobidjan reçoit son statut officiel de région autonome juive. En 1937, on y compte 37 000 Juifs.

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La Russie, Moscou et... le Birobidjan

La comparaison avec Israël serait évidemment excessive : le Birobidjan n'est pas un « Etat juif », mais une « autonomie » plus ou moins relative selon les époques, où la population juive et la langue officielle yiddish - largement enseignée jusqu'en 1948 - sont peu à peu devenues quasiment fictives. Après l'implosion de l'URSS en 1991, un grand nombre de ses habitants a émigré en Israël, en Europe ou aux Etats-Unis. Aujourd'hui, la population serait d'environ 5 800 personnes d'origine ou de religion juive - sur un total de 200 000 - et un petit mouvement de retour semble s'esquisser (environ 150 personnes depuis ces dernières années).

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Cérémonie pour le 70e anniversaire du Birobidjan (photo officielle).

La Région (ex-république) autonome juive du Birobidjan, ainsi qu'on l'appelait jusqu'en 1996, était l'un des quatre-vingt neuf « sujets » de la Fédération de Russie, formée après la dislocation de l'URSS. Elle devait être intégrée le 1er mars 2008 à la région de Khabarovsk. Ce regroupement fait partie d'une réforme en cours, dont la caractéristique est de dissoudre des régions et districts de petites minorités ethniques dans des ensembles administratifs régionaux, ou encore de regrouper les villes de Moscou et Saint-Pétersbourg avec leurs régions environnantes de Moscou et Leningrad (l'ancien nom de la ville est resté pour la région). Cette réforme se fait au nom de la « rationalité » économique et administrative. A l'automne 2007, il n'y avait déjà plus que quatre-vingt cinq « sujets » (au lieu de quatre-vingt neuf).

Le Birobidjan avait été créé après des tentatives infructueuses en vue d'établir un territoire juif dans d'autres régions, notamment la Crimée (Ukraine) où des communes agricoles juives s'étaient formées, dont certaines ont d'ailleurs subsisté jusqu'au génocide nazi. Mais, dans ces régions, la création d'une république juive rencontrait de fortes oppositions locales. Au point que le projet criméen, relancé après 1945 et encouragé par les Juifs américains, fut l'un des prétextes de la répression antisémite déclenchée par Staline en 1948 et qui dura jusqu'à sa mort en 1953.

A écouter : une valse composée pour les 65 ans du Birobidjan.

La création d'un territoire juif en URSS, dont l'idée remonte à 1917, a souvent étonné : elle apparaît comme une version soviétique du « sionisme », alors que celui-ci y était condamné. Il n'en est rien : le projet sioniste visait la terre historique de Palestine, alors qu'en URSS la politique officielle consistait à former des territoires à titulaires ethniques : il en fut de même pour les Allemands de la Volga, les Tatars de Crimée ou de Kazan, les Abkhazes et les Ossètes de Géorgie installés en « autonomies » sur la terre de leurs ancêtres. D'autres minorités sans territoire le sont restées : les Grecs par exemple, ou les Coréens.

La « curiosité » du Birobidjan est qu'il a été installé dans une région d'Extrême-Orient où ne vivaient pas de Juifs auparavant. S'il s'agissait, pour Staline, après l'émancipation des Juifs par la révolution bolchevique, de créer une république juive de nature à satisfaire l'aspiration nationale de certains d'entre eux [1], d'autres observateurs privilégient la volonté de les éloigner et d'en profiter pour peupler une région stratégique, aux frontières de la Mongolie et, au-delà, de la Chine. Cette opération s'explique aussi par le contexte des années 1920-1935, favorable à un certain fédéralisme et au développement des cultures nationales, avant que Staline n'impose centralisme et russification - ce qui n'a pas empêché l'URSS de conserver sa diversité linguistique.

Notes

[1] C'était, par exemple, une des revendications du parti juif de gauche Poale Sion Smole.

* Journaliste, Bruxelles.


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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 09:23
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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 08:53

Crise : Nicolas Sarkozy exclut un plan d'aide à la consommation

[ 08/01/09  ]

Dans ses voeux aux parlementaires, le chef de l'Etat a estimé, hier, que la relance par la consommation « ne sert à rien ». Et il a fait la leçon aux élus de tous bords, sans toutefois dire un mot du retrait du texte contesté sur le travail dominical.

Le 31 décembre, lors de ses voeux aux Français, Nicolas Sarkozy s'était déclaré prêt « s'il le faut, à faire davantage » contre la crise économique. Il a dit peu ou prou la même chose hier en présentant ses voeux aux parlementaires, mais en y ajoutant une précision de taille. Comme le Premier ministre la veille, le chef de l'Etat a rejeté toute relance par la consommation : « Si la relance par la consommation marchait, cela se saurait. On en a eu deux, une de Chirac, une de Mitterrand. Cela ne sert à rien. Dans les deux cas, on a versé de l'eau dans le sable, on a accru les déficits de la France, nous n'avons pas gagné de parts de marché et en plus nous avons poussé les productions étrangères et les délocalisations. »

Dans un contexte social tendu, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, et le président du Modem, François Bayrou, réclament un second plan de relance orienté sur le pouvoir d'achat. Et sans aller jusque-là, des élus de la majorité pourraient bien, à l'instar du rapporteur général du budget, Gilles Carrez, souhaiter des crédits supplémentaires en faveur des plus défavorisés (« Les Echos » d'hier).

Invite au « sang-froid »

« Que chacun garde son sang-froid », a martelé Nicolas Sarkozy, tant lors du Conseil des ministres que face aux parlementaires. Les uns et les autres en auront sans doute besoin s'ils doivent expliquer aux électeurs que l'Etat « prêtera » à nouveau aux banques : « Nous irons au-delà de la première tranche de fonds propres prêtés (10,5 milliards, NDLR) en décembre », a réaffirmé hier le président.

L'invite au « sang-froid » pouvait aussi s'entendre globalement hier, Nicolas Sarkozy ayant fait la leçon aux parlementaires de tous bords. A la gauche, il a reproché ses tactiques d'obstruction et ses « amendements déposés à la brouette », jugeant que « ce n'est pas une démocratie mature qui fait comme cela » et appelant de ses voeux un consensus plus qu'improbable sur la loi organique réformant la procédure parlementaire.

« Omniprésident »

Aux élus de droite qui se plaignent d'un agenda trop chargé sans hiérarchisation suffisante des réformes, il a lancé : « Je sais combien vous êtes accaparés, vous êtes nombreux à me le dire (...) Mais enfin, quel parlementaire pourrait se plaindre d'avoir trop de travail dans la situation actuelle de notre pays ? » Et d'ajouter : « On va continuer à travailler et à travailler très dur. » Quitte à revendiquer le qualificatif d'« omniprésident ». « Je préfère plutôt qu'on dise cela que roi fainéant », comme « on en a connu », a-t-il lancé, en visant implicitement Jacques Chirac.

En revanche, le chef de l'Etat n'a pas dit un mot sur la proposition de loi sur le travail dominical, retiré la veille de l'agenda parlementaire, si ce n'est par une allusion aigre-douce au tout début de son intervention lorsqu'il a salué - sans parler de lui, a-t-il juré - ceux qui ont vécu « l'expérience de se sentir minoritaire dans leur famille politique ». Plusieurs élus de la majorité n'ont relevé ni cette remarque ni la leçon qu'ils venaient de recevoir, préférant retenir le silence du chef de l'Etat sur une réforme qui ne les convainc pas. Le vice-président du groupe UMP à l'Assemblée, Jean Leonetti, était tout sourire. « Cela veut dire qu'il y tient moins qu'avant », a souligné, de son côté le député de la Somme Alain Gest, qui espère que l'exécutif donnera priorité à la loi sur le logement. Le chef de file des députés, Jean-François Copé, comptait bien convaincre le chef de l'Etat (qu'il voit ce matin lors du petit déjeuner des dirigeants de la majorité) de ne reprogrammer la proposition de loi sur le travail dominical qu'après l'entrée en vigueur de la réforme de la procédure parlementaire (limitant le temps de débat dans l'hémicycle).

ELSA FREYSSENET
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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 00:40
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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 20:00

Message pour ceux qui veulent manifester leurs soutiens aux palestiniens :

Appelez les familles de Gaza
Par X

Les chaînes Aljazeera, Iqra et des sites internet, expliquent comment remonter le moral des familles de Gaza par un geste très simple : tout simplement en les appelant !
Composez ces premiers chiffres et choissisez les 4 derniers que vous voulez :
009728284XXXX ou 009728282XXXX ou 009728255XXXX

Plusieurs d'entres nous ont essayé, ça marche vraiment .

Si vous ne parlez pas arabe, exprimez vous dans un anglais simple et pas trop rapide.

Présentez-vous, expliquez que vous appelez de France et que vous voulez seulement prendre de leurs nouvelles et leur apporter votre soutien.

C'est un geste simple mais qui compte beaucoup à leurs yeux .

N.B : parfois il faut essayer 4 ou 5 fois avant d'avoir quelqu'un et apparement, ça capte mieux le soir .

Salamat.

Traduction : NA

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 15:49

Tariq Ali : Le succès du Hamas est né du désastre d'Oslo

Publié 7 janvier 2009 

7 janvier 2009« Un fait que l'on se doit de reconnaitre est qu'il n'y a pas d'Autorité Palestinienne. Il n'y en a jamais eu. Les accords d'Oslo furent un désastre complet pour les Palestiniens, créant un ensemble de ghettos déconnectés et minuscules, sous la surveillance permanente et brutale d'un garde chiourme. L'OLP, qui incarnait autrefois l'espoir palestinien, n'est guère plus qu'un quémandeur d'argent européen. [...] Sans compromission avec l'avidité et la dépendance combinées de l'Autorité Palestinienne, l'enrichissement personnel de ses porte-paroles et policiers serviles, et leur approbation d'un "processus de paix" qui n'a mené que plus d'expropriation et de misère à la population, le Hamas a offert l'alternative d'une simplicité exemplaire. Sans la moindre des ressources de son rival, il a mis en place des cliniques, des écoles et des hopitaux, des programmes de formations et de protection sociale pour les pauvres. »

 
Par Tariq Ali, The Guardian, 30 décembre 2008

L'attaque de Gaza, planifiée depuis plus de six mois et exécutée au meilleur moment, visait largement, comme Neve Gordon l'a justement observé [1], à aider les partis politiques israéliens pour gagner les prochaines élections. Les morts palestiniens ne sont guère plus que de la chair à élections dans une joute cynique entre la droite et l'extrême droite israélienne. Washington et ses alliés de l'Union Européenne, parfaitement informés que Gaza allait être attaquée, comme dans le cas du Liban en 2006, se sont installés pour assister au spectacle.

Washington accuse les palestiniens pro-Hamas, comme à son habitude ; Obama et Bush chantant le même hymne sur la partition de l'AIPAC [American Israëli Political Activity Committee]. Les politiciens de l'UE, ayant observé la mise en place du siège, la punition collective infligée à Gaza, les civils pris pour cibles, etc (pour tous les détails sanglants voir, dans London Review of Books, l'essai terrifiant de Sara Roy, chercheuse à Harvard [2]) furent d'avis que c'était les tirs de roquettes qui avaient "provoqué" Israël, mais appelèrent les deux camps à mette fin à la violence, sans effet. La dictature bouffée aux mites de Mubarak en Egypte et les islamistes favoris de l'OTAN à Ankara n'ont même pas été capables d'une protestation symbolique comme le rappel de leurs ambassadeurs. La Chine et la Russie n'ont pas demandé la réunion du conseil de sécurité de l'ONU pour discuter de la crise.

Résultant de cette apathie officielle, l'une des conséquences de cette dernière attaque sera d'enflammer les communautés musulmanes à travers le monde et grossir les rangs de ces organisations que l'Ouest se targue justement de combattre, dans la "guerre contre le terrorisme".

Le bain de sang à Gaza soulève, pour les deux camps, de plus amples questions stratégiques, liées à l'histoire récente. Un fait que l'on se doit de reconnaître est qu'il n'y a pas d'Autorité Palestinienne. Il n'y en a jamais eu. Les accords d'Oslo furent un désastre complet pour les Palestiniens, créant un ensemble de ghettos déconnectés et minuscules, sous la surveillance permanente et brutale d'un garde chiourme. L'OLP, qui incarnait autrefois l'espoir palestinien, n'est guère plus qu'un quémandeur d'argent européen.

L'enthousiasme occidental pour la démocratie s'arrête lorsque sont élus ceux qui s'opposent à sa politique. L'Occident et Israël ont tout essayé pour assurer la victoire du Fatah ; les électeurs palestiniens ignorèrent menaces et promesses concertées de la "communauté internationale", au cours d'une campagne qui vit les membres du Hamas et autres opposants régulièrement arrêtés ou attaqués par l'armée israélienne, leurs affiches confisquées ou détruites, les fonds européens et états-uniens alimentant la campagne du Fatah et les membres du congrès US déclarant que le Hamas de devrait pas être autorisé à se présenter.

Même la date des élections fut choisie pour influencer les résultats. Prévue à l'été 2005, elle fut reportée en janvier 2006, pour donner à Abbas le temps de distribuer des prébendes à Gaza - selon un officier de renseignement égyptien, "le public soutiendra alors l'Autorité contre le Hamas".

Le souhait populaire d'un grand coup de balai, après 10 années de corruption, intimidation et arrogance du Fatah, s'est révélé plus fort que tout cela. Le triomphe électoral du Hamas fut considéré comme un signe inquiétant de la montée du fondamentalisme, et un coup terrible pour les perspectives de paix avec Israël, par les gouvernants et journalistes de tout l'Occident. Des pressions diplomatiques et financières furent immédiatement appliquées pour forcer le Hamas a adopter les mêmes politiques que celles des partis qu'il avait vaincus dans les urnes. Sans compromission avec l'avidité et la dépendance combinées de l'Autorité Palestinienne, l'enrichissement personnel de ses porte-parole et policiers serviles, et leur approbation d'un "processus de paix" qui n'a amené que plus d'expropriation et de misère à la population, le Hamas a offert l'alternative d'une simplicité exemplaire. Sans la moindre des ressources de son rival, il a mis en place des cliniques, des écoles et des hôpitaux, des programmes de formations et de protection sociale pour les pauvres. Ses dirigeants et ses cadres vivaient frugalement, au niveau des gens ordinaires.

C'est cette réponse aux besoins de la vie courante qui a valu au Hamas un large soutien, et non pas la récitation quotidienne des versets du Coran. On ne peut dire à quel point sa conduite lors de la deuxième Intifada a accru son degré de crédibilité. Ses attaques armées contre Israël, comme celles de la Brigade des Martyrs d'Al-Aqsa, issue du Fatah, ou du Jihad Islamique, étaient des représailles contre une occupation plus meurtrière que jamais. Comparés aux tueries de l'armée israélienne, les frappes palestiniennes ont été peu nombreuses et espacées dans le temps. La dissymétrie apparut clairement durant le cessez-le-feu unilatéral du Hamas, commencé en juin 2003, et maintenu durant tout l'été malgré des raids israéliens répétés et les arrestations en masses qui ont suivi, lors desquelles quelques 300 cadres du Hamas furent capturés en Cisjordanie.

Le 19 août 2003, à Hébron, une cellule autoproclamée du Hamas, non reconnue et dénoncée par la direction officielle, fit sauter un bus à Jérusalem ouest. Après quoi, Israël assassina promptement le négociateur du Hamas pour le cessez-le-feu, Ismail Abu Shanab. Hamas, à son tour répliqua. En retour, l'Autorité Palestinienne et les états arabes bloquèrent le financement de ses oeuvres de bienfaisance et, en septembre 2003, l'UE déclara organisation terroriste tout le mouvement du Hamas, comme Tel-Aviv l'exigeait depuis longtemps.

Ce qui a réellement distingué le Hamas, dans ce combat désespérément inégal, ce ne sont pas les attentats suicides, auxquels ont eu recours différents groupes concurrents, mais sa discipline supérieure - démontrée par la capacité à maintenir un cessez-le-feu unilatéral contre Israël durant l'année passée. Toute mort de civil doit être condamnée, mais puisque Israël en est le principal responsable, le credo des euro-américains ne sert qu'à démasquer ceux qui le prononcent. Sans commune mesure, le meurtre est l'apanage de l'autre camp, qui agresse sauvagement la Palestine avec une armée moderne équipée d'avions, de tanks et de missiles, lors de l'oppression armée la plus longue de l'histoire moderne.

"Personne ne peut rejeter ou condamner la révolte d'un peuple qui a souffert sous l'occupation militaire pendant 45 ans", a dit en 1993, le général Shlomo Gazit, ancien chef du renseignement militaire israélien. Ce que l'UE et les US reprochent vraiment au Hamas, c'est d'avoir refusé d'accepter la capitulation des accords d'Oslo, et d'avoir rejeté tous les efforts qui ont suivi, de Taba à Genève, pour rendre responsables les Palestiniens de leurs propres malheurs. Depuis, la priorité de l'Occident a toujours été de briser cette résistance. Couper les fonds de l'Autorité Palestinienne est une arme évidente pour forcer le Hamas à se soumettre. Une autre a consisté à renforcer les pouvoirs présidentiels de Abbas - publiquement désigné par Washington, comme l'a été Karzai à Kaboul - aux dépends du conseil législatif.

Aucun effort sérieux n'a été fait pour négocier avec la direction palestinienne élue. Je ne sais pas si le Hamas aurait pu être rapidement subordonné aux intérêts israéliens et occidentaux, mais cela n'aurait pas été sans précédent. L'héritage programmatique du Hamas reste hypothéqué par la faiblesse la plus fatale du nationalisme palestinien : la croyance que les choix politiques sont soit rejeter entièrement l'existence d'Israël, soit accepter les restes démembrés d'un cinquième du pays. Entre le maximalisme fantaisiste du premier et le minimalisme pathétique du second, le cheminement n'est pas bien long, comme l'histoire du Fatah l'a montré.

Le test pour le Hamas n'est pas de savoir s'il peut être domestiqué pour satisfaire l'opinion occidentale, mais plutôt de savoir s'il peut rompre avec cette tradition handicapante. Peu après la victoire électorale du Hamas à Gaza, un Palestinien m'a demandé en public ce que je ferais à leur place. "Dissoudre l'Autorité Palestinienne" fut ma réponse, et en finir avec la mascarade. Faire ainsi ramènerait la cause nationale palestinienne sur ses propres bases, avec l'exigence que le pays et ses ressources soit partagés équitablement, en proportion des deux populations qui sont de taille égale - pas 80% à l'une et 20% à l'autre, une dépossession d'une injustice telle qu'aucun peuple se respectant ne s'y soumettra jamais sur le long terme. La seule solution acceptable est celle d'un seul état pour Juifs et Palestiniens, dans lequel les exactions du sionisme soient réparées. Il n'y a pas d'autre voie.

Et les citoyens israéliens pourraient méditer les mots de Shakespeare (dans Le Marchand de Venise), que j'ai légèrement modifiés :

"Je suis Palestinien... un Palestinien n'a-t-il pas d'yeux ? Un Palestinien n'a-t-il pas de mains ?... des organes, des proportions, des sens, des émotions, des passions ? N'est-il pas nourri de même nourriture, blessé des mêmes armes, sujet aux mêmes maladies, guéri par les mêmes moyens, réchauffé et refroidi par le même été, le même hiver, comme un Juif ? Si vous nous piquez, ne saignons-nous pas ? Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ? Si vous nous empoisonnez, ne mourons-nous pas ? Si vous nous faites tort, ne nous vengerons-nous pas ? Si nous vous ressemblons dans le reste, nous vous ressemblerons aussi en cela... La vilenie que vous m'enseignez, je la pratiquerai et ce sera dur, mais je veux surpasser mes maîtres."

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2008/dec/30/gaza-hamas-palestinians-israel1

http://www.arretsurimages.net/forum/read.php ?3,62046,62077

Tariq Ali est une figure de la gauche mondiale depuis les années 1960. Ses écrits sont publiés par le Guardian depuis les années 1970.

Tariq Ali est un historien, écrivain et commentateur politique britannique, d'origine pakistanaise. Il est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages, en particulier sur l'Asie du Sud, le Moyen Orient, l'histoire de l'Islam, l'empire américain et la résistance politique.

Membre du comité de rédaction de la New Left Rewiew, il contribue régulièrement à The Guardian, CounterPunch et à la London Review of Books. Il est directeur éditorial de la maison d'édition londonienne Verso
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Publication originale The Guardian, traduction Oulala.net

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[1] Neve Gordon, 29 décembre, The Guardian

[2] Sara Roy, London Review of Books

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