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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 19:54

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« Quand le vieux lion se meurt, même les chiens ont du courage et lui arrachent les poils de sa moustache. » Proverbe syrien.

Ca y est ! le Conseil de sécurité est arrivé à ses fins celles de diaboliser la Russie et la Chine pour n’avoir pas voté le départ d’El Assad. Il a tenté de faire passer en force, les trois ministres des Affaires étrangères Clinton, Haig, Juppé étaient là pour peser de tous leur poids soutenant une résolution d’une Ligue arabe fantoche qui a perdu son âme d’abord en Libye en autorisant les frappes qui se sont terminées avec la mort d’un dirigeant arabe, le secrétaire général de l’époque Amr Moussa voulant plaire à l’Occident pour un éventuel retour d’ascenseur en Egypte...



Même son de cloche avec toujours l’actuel secrétaire El Arabi encore un Egyptien, qui impose ni plus ni moins avec les potentats du Golfe notamment le colosse gazier avec un sabre nain qu’est le Qatar, le départ d’El Assads ans qu’il y ait une unanimité . Il est curieux de voter au nom des Arabes contre un pays qui ne fait plus partie de la Ligue arabe.

D’une façon hystérique tous les médias occidentaux repris en boucle et d’une façon servile par les médias arabes sans discernement, ont diabolisé la Russie - ne parlant pas du tout de la Chine qui a aussi mis son veto - la rendant responsable de la mort des Syriens. Personne ne fait le bilan de ce qui s’est passé réellement en Libye et pour cause, l’Occident ne veut rien entendre aux carnages qu’il a faits et fait faire. On commence à peine à dévoiler ce qui s’est passé en Irak et on avoue qu’il y eut un million de morts durant l’invasion de l’Occident. D’ailleurs, des bruits avaient circulé sur le départ d’El Assad pour lui éviter un scénario à la libyenne et la Turquie se serait proposée pour l’héberger.

Treize membres ont voté en faveur du texte qui exprimait le soutien du Conseil de sécurité au plan de la Ligue arabe, adopté - à la hussarde - le 22 janvier, qui prévoit le départ du pouvoir de Bachar al Assad et la formation d’un gouvernement d’union nationale avant la tenue d’élections. Mohammed Loulichki, ambassadeur du Maroc à l’ONU et seul représentant d’un pays arabe du Conseil de sécurité, a fait part de « son grand regret et de sa grande déception »... Ban Ki-moon, en mal d’inspiration déclare que le double veto russe et chinois « amoindrit le rôle de l’ONU » Qu’a-t-il fait quand les Occidentaux ont vidé de leur sens la résolution 1973 envahissant de ce fait la Libye ?

Que dit la résolution arabe ?

Curieusement, on apprend que la Ligue arabe a enlevé plusieurs paragraphes de ses propres observateurs parce qu’ils dénoncent les excès des groupes terroristes. Nous lisons quelques extraits « omis » : « Lorsque les observateurs ont été déployés dans les différents secteurs, ils ont repéré au début de leur mission des actes de violence commis par les forces gouvernementales et des échanges de tirs avec des éléments armés à Homs et Hama. « La Mission a observé dans les deux secteurs de Homs et Hama des actes de violence du fait des groupes armés contre les forces gouvernementales, qui ont fait des tués et des blessés parmi les troupes gouvernementales. Dans certaines situations, les forces gouvernementales ont recours à la violence comme réaction aux attaques perpétrées contre ses membres. Les observateurs de la mission ont noté que les groupes armés ont recours aux bombes thermiques et aux missiles anti-blindage ».(1)

« La Mission a été témoin dans les secteurs de Homs, Idlib et Hama, des actes de violence contre les troupes gouvernementales et contre les citoyens entraînant de nombreux décès et blessures. La mission a noté l’émission de faux rapports émanant de plusieurs parties faisant état de plusieurs attentats à la bombe et de violence dans certaines régions. Lorsque les observateurs se sont dirigés vers ces zones pour enquêter, les données recueillies montrent que ces rapports ne sont pas crédibles. La mission a noté également, se basant sur les documents et les rapports émanant des équipes sur le terrain, qu’il y a des exagérations médiatiques sur la nature et l’ampleur des accidents et des personnes tuées ou blessées à la suite des événements qui ont eu lieu dans certaines villes. » (1)

« La ville de Homs a été le témoin de l’assassinat d’un journaliste français travaillant pour France 2. Il faudrait noter que les rapports de la Mission de la Ligue arabe à Homs indiquent que le journaliste français a été tué à la suite des tirs de mortier par l’opposition. (...) La Mission a constaté l’existence d’un « élément armé » non visé par le Protocole et dont l’apparition (antérieure à son arrivée) a été la conséquence de l’utilisation excessif de la violence de la part des forces de sécurité à l’occasion des manifestations qui ont appelé à la chute du régime. Cet élément armé agresse dans certains secteurs les forces de sécurité syriennes et les citoyens syriens, ce qui provoque une réaction de la part du gouvernement. Les citoyens innocents se trouvent en étau, et en paient un lourd tribut en morts et blessés. » (1)

Qu’est devenu ce rapport qui n’a pas été pris en compte ni par la Ligue arabe ni par le Conseil de sécurité et d’où proviennent les armes ? Dans les grandes lignes, le texte de l’ONU présenté mardi 31 janvier, reprend les propositions de la Ligue arabe pour mettre fin au conflit : l’appel à l’arrêt de toutes les violences, la libération de toutes les personnes détenues « arbitrairement », le retrait des forces armées des villes syriennes, et enfin l’accès libre et entier aux observateurs de la Ligue arabe. On y trouve aussi les propositions pour une transition du pouvoir en Syrie. Bachar el-Assad est sommé de « déléguer toute son autorité » à son vice-président, qui serait chargé de former un gouvernement d’union nationale et de préparer des « élections transparentes et démocratiques », sous supervision internationale et de la Ligue arabe.

Si le texte demande également l’arrêt des violences de « toutes les parties y compris les groupes armés [ d’opposition, Ndlr] », l’accent est mis sur les « violations des droits de l’homme flagrantes et généralisées » de la part des autorités syriennes. Un langage contesté par la Russie. Moscou considère en effet essentiel d’établir une équivalence dans la responsabilité des violences entre les autorités syriennes et l’opposition. Les Européens et les Etats-Unis s’y refusent. L’ambassadeur russe Vitaly Churkin, a déjà indiqué que le texte était « inacceptable » en l’état. Du fait du forcing des pays occidentaux, il a été mis au vote.

Pourquoi les veto russes et chinois ?

Il faut savoir que les Chinois et les Russes se sont sentis trahis par la résolution sur la Libye qui a été pervertie et permis l’invasion de la Libye pour éliminer physiquement El Gueddafi. Ils ont de ce fait, fait barrage à une nouvelle aventure occidentale. Les Chinois ont toujours prôné une solution endogène et le dialogue des parties syriennes, en vain, car le Conseil National Syrien a reçu « instruction » de la part d ceux qui l’ont créé de ne pas dialoguer tant qu’El Assad est au pouvoir, ceci intéressant les Occidentaux au plus haut point. Les Russes ont fait valoir que la résolution visait Assad mais non ses adversaires armés. Lavrov a estimé que le texte était partial. S’exprimant à Munich en marge de la conférence annuelle sur la sécurité, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a reconnu qu’il n’avait pas été possible de résoudre les différends avec la Chine et la Russie malgré l’inscription d’un rejet explicite d’une intervention militaire dans la résolution. Le chef de la diplomatie russe avait mis en garde contre le « scandale » que provoquerait le vote si le texte était gardé en l’état et a réclamé des concessions sous peine d’utiliser son droit de veto. La Russie souhaitait notamment que l’opposition syrienne soit condamnée au même titre que le régime pour les violences. « Nos amendements ne réclament pas d’efforts extrêmes, avait fait valoir Lavrov. Si nos collègues font preuve d’une approche constructive, nous obtiendrons (...) une résolution collective au Conseil de sécurité qui, j’en suis persuadé, sera signée par tous les pays sans exception. »

Malgré cela les pays occidentaux ont fait le forcing en vain, les deux grands pays que sont la Chine et la Russie se sont opposés à ce coup de force. » Les informations (...) sur un pilonnage par l’armée syrienne de quartiers à Homs sont fausses et sans fondement. Elles interviennent dans le cadre d’une guerre d’information hystérique (...) en prévision d’une réunion au Conseil de sécurité de l’ONU », affirme le ministre de l’Information syrienne. Les Russes et les Chinois ne sont pas dupes des manoeuvres de l’Otan et des monarchies du Golfe. La Syrie et l’Iran sont dans le viseur. Leur soumission ou invasion sont prévues depuis 10 ans comme l’Irak, l’Afghanistan et la Libye. A terme, tous les pays producteurs de pétrole seront normalisés soit à la façon des scories royales du Golfe, soit brutalement à l’irakienne, voire à la syrienne.

On dit aussi que la Russie serait prête à une guerre contre l’Occident pour sauver la Syrie. Les politiques et les diplomates étrangers se demandent pourquoi la Russie, qui a accepté l’année dernière de ne pas bloquer la résolution sur la Libye, refuse de le faire cette fois et est prête à aller jusqu’à la confrontation avec l’Occident pour défendre Bachar al-Assad. La Syrie est l’un des principaux alliés de la Russie dans le Monde arabe. Si Moscou tournait le dos à Damas à ce moment critique, ce serait un signal pour tous les autres partenaires indiquant qu’on ne peut pas compter sur le Kremlin., Damas est un partenaire commercial important de Moscou. Moscou est préoccupée par le sort du port syrien de Tartous, base de maintenance navale de la flotte russe. La Russie se méfie de « l’opposition syrienne », un CNS formé de toutes pièces tournée vers l’Occident. Ses leaders s’orientent sur les monarchies du Golfe, la Turquie et l’Occident, mais pas sur Moscou. Enfin, Moscou estime que les Etats-Unis et l’Union européenne mentent et rappelle le précédent libyen : les raids aériens de l’Otan contre l’armée de Mouamar Kadhafi ont commencé dans les jours qui ont suivi l’adoption en mars 2011 de la résolution 1973 par le Conseil de sécurité des Nations unies (2).

Que se passera-t-il par la suite ?

Il ne faut pas se cacher la réalité ! Assad doit partir dans le cadre d’un processus endogène voulu par le peuple syrien pas en imposant un CNS acquis corps et âme à l’Occident ! Le président Bachar al-Assad est le premier responsable des événements actuels en Syrie. Ce qui s’est passé à Hama est monstrueux. Seule une enquête objective permettra de délimiter les responsabilités de chacun. Contrairement à son père, qui savait louvoyer habilement entre l’Urss et les USA, et tirer un maximum de profit des deux côtés, Bachar al-Assad prend des décisions trop tardives. Toutes les initiatives démocratiques actuelles du président syrien (l’élaboration d’une nouvelle Constitution, le pluripartisme, les libertés politiques) arrivent tard. Il aurait pu lancer les changements démocratiques progressifs en 2000.

Au lieu de cela, Bachar el Assad a voulu conserver le système de gestion gouvernementale hérité de son père. Les révoltes arabes enclenchées par l’Occident ne lui ont pas donné le temps. Quelle issue pourrait-on pour la crise ? La situation ne retournera pas à l’état antérieur ? Les déserteurs ne vont pas réintégrer leurs unités. Le régime baâsiste tenait par la peur, or cette peur a disparu. Les Syriens vont continuer à se soulever. Trop de sang a été versé. Les Russes et les Chinois avaient exigé un addendum au texte du projet de résolution : une condamnation par l’opposition politique type CNS de la violence des groupes armés se réclamant d’elle.

Dans l’absolu, la Syrie ne représente rien qui puisse intéresser l’Occident du point de vue économique mais du point de vue stratégique. C’est le dernier verrou avant l’Iran qui est la cible de l’Occident et d’Israël qui veut asphyxier le Hezbollah allié de l’Iran et de la Syrie, annihilant du même coup toute résistance arabe. On lance des allégations selon lesquelles Moscou pourrait autoriser une attaque américaine contre l’Iran en échange de la non-ingérence de l’Occident dans les affaires de la Syrie sont mensongères, a déclaré la Russie : « Rien n’est plus éloigné de la vérité que l’affirmation selon laquelle notre pays pourrait conclure un marché en coulisses et donner son feu vert à une opération militaire américaine contre l’Iran en échange de la non-ingérence de l’Occident dans les affaires intérieures de la Syrie. Nous laissons ces inventions à la conscience de leurs auteurs. »

Dans ce combat de titans entre une vision impériale des Etats-Unis qui veut avec ses vassaux garder la mainmise sur la planète et un nouveau monde qui se dessine, cette année 2012 sera décisive. Elle consacrera sans nul doute un rééquilibrage des influences et l’Asie n’a pas dit son dernier mot. Cette ivresse de puissance d’un Occident qui dicte la norme alors qu’il perd pied sur le plan économique, est dangereuse, car les soubresauts seront dévastateurs, à moins que les Titans et leurs vassaux européens comprennent qu’il est temps d’aller vers la paix, seule alternative pour combattre les vrais problèmes de l’humanité, les changements climatiques, l’addiction et l’ébriété énergétique, la famine, voilà la conception de la dignité humaine.

Je ne peux pas terminer cette contribution sans citer ce texte magnifique de Frédéric Soreau donnant la dimension de cette civilisation qui risque de finir comme la civilisation mésopotamienne : « Grâce à la richesse de son patrimoine architectural et à ses liens avec les peuples voisins, la Syrie est le foyer et le carrefour de plusieurs civilisations qui se sont succédé sur son territoire. Dès le IIIe millénaire av. J.-C les cités Etats de Mari et d’Ebla sont construites par les rois mésopotamiens. Tout au long de son histoire, la Syrie est en contact avec les civilisations du monde entier qui vont se côtoyer et s’enrichir mutuellement. Egyptiens, Phéniciens, Assyriens, Grecs, Byzantins, Perses, Arabes, Turcs, Francs y construisent tour à tour des palais, des villes, des mosquées, des églises, des châteaux et des forteresses. De tous les sites antiques de l’ancien pays de Cham, Palmyre, bâtie en plein désert, fut l’une des voies caravanières les plus importantes du Moyen-Orient ». (3)

La cité de la Zénobie est un véritable chef-d’oeuvre d’architecture qui a inspiré à partir du VIIIe siècle, les califes omeyyades et abbassides dans la construction de mosquées et de palais. Plus tard, au Moyen Âge, les chevaliers européens s’installent en Syrie où ils édifient des châteaux forts pour se protéger des troupes de Saladin. De cette époque subsistent une centaine de forteresses dont les plus célèbres sont le Crac des Chevaliers et le château de Saône, situés dans la région côtière. Non loin de là, sur les rives de l’Oronte s’étend la jolie ville d’Hama qui, avec ses norias et son palais Azem, possède un charme infini. Dans la Vallée de l’Euphrate, les sites archéologiques sont nombreux : Doura Europos construite en bordure du fleuve. La Syrie, c’est aussi Damas, l’une des plus anciennes villes du monde. Avec sa grande mosquée des Omeyyades, joyau de l’art islamique, ses madrasas, caravansérails, palais et mausolées, elle dispose d’un riche patrimoine architectural. Sans oublier Alep, la ville où il fait bon vivre et se perdre dans ses souks au charme enchanteur, Bosra et son magnifique théâtre romain, la basilique Saint-Siméon, le site gréco-romain d’Apamée. C’est surtout, partir à la découverte d’un peuple des plus accueillants. » (3)

Que le soleil brille enfin, après tant d’épreuves pour le peuple de Syrie !

Chems Eddine Chitour

 


1. http://www.mleray.info/article-syrie-le-rapport-de-la-mission-de-la-ligue-arabe-98532966.html

2. http://www.news26.tv/proche-orient/1621-la-russie-est-prete-a-une-guerre-contre-loccident-pour-sauver-la-syrie.html

3. Frédéric Soreau : http://www.evene.fr/ livres/livre/frederic-soreau-syrie-607083.php

URL de cet article 15792
http://www.legrandsoir.info/bras-de-fer-occident-orient-le-sort-de-la-syrie-en-question.html
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Published by valenton rouge - dans Monde
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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 19:51

arton15809-d589d.jpgL’année 2011 et les débuts de 2012 ont constitué une éclatante confirmation de la satellisation de la France par le bloc anglo-saxon, Etats-Unis en tête. Le mandat de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa s’achève et tous les actes de la diplomatie française en particulier depuis l’arrivée au gouvernement de l’ancien militant d’Occident, Gérard Longuet et de l’ex-Premier Ministre « droit dans ses bottes » expression empruntée aux officiers de cavalerie d’ancien régime dressés à charger l’ennemi sabre au clair, confirment que la France s’est rangée comme le satellite le plus zélé du bloc anglo-saxon. Oui satellite, car à l’image de ces républiques d’Europe de l’Est que l’on désignait ainsi et avec beaucoup de condescendance du temps de la guerre froide elle a accepté ce rôle de second couteau dans une bande dont les maitres sont évidemment à Washington.

Ceux et il en existe encore qui souligneront qu’il n’y a pas de troupes étasuniennes sur le sol français devraient comprendre que la subordination stratégique du pays étant acquise, il est moins onéreux de laisser ce sous-traitant docile des besognes impériales les effectuer à ses frais.

Bien sûr les grands médias français qui pour la plupart sont contrôlés financièrement par des marchands d’armes s’efforcent d’entretenir l’illusion que la France décide librement de sa politique internationale voire même qu’elle mène le combat du bloc atlantico-anglo-saxon. Ce travail lui est facilité par le marchand d’illusions que ces marchands d’armes ont largement contribué à porter temporairement au sommet de l’Etat.

Pareil commentaire pourrait paraitre excessif s’il ne s’alimentait de faits nombreux et convergents.

  • Sur la Libye : A l’exception des organes français de propagande personne ailleurs n’ignore que les opérations militaires contre le régime libyen ayant conduit à son renversement et à l’assassinat du chef de l’Etats ont été conduites par l’appareil militaire étasunien, dans et hors l’OTAN , qui a assuré leur coordination globale et vient de prendre pied directement sur la sol libyen apportant dans ses bagages un chef d’Etat un peu falot ( mais on ne lui demandera pas d’être énergique) et qui a l’immense mérite d’avoir la double nationalité libyo-étasunienne et d’être un expert pétrolier.
  • Sur l’Afghanistan : l’annonce d’un retrait futur des troupes françaises a suivi de quelques heures la même annonce faite par Obama et la France comme les Etats-Unis restera présente sur place pour former et encadrer les très nombreux supplétifs afghans dont les soldes n’ont guère de chance de provenir des fonds d’un budget officiel national afghan qui reste celui d’un des pays les plus pauvres du monde.
  • Sur la Côte d’Ivoire : Les Etats-Unis ont laissé la France organiser le coup d’Etat militaire contre le Président Gbagbo pour installer à sa place un homme formé à Washington aux disciplines économiques les plus rigoureuses du néocolonialisme. Les derniers développements de la situation ivoirienne font apparaitre un certain mécontentement des Etats-Unis qui trouvent que le nouveau régime mis en place « manu militari » par la France qui leur a affirmé péremptoirement qu’elle avait la situation bien en main ne semble pas capable de créer un climat assez apaisé pour être « propice aux affaires ». Une redistribution des cartes est à l’étude à Washington.

Ces dernières semaines ont de ce point de vue été riches d’enseignement

  • A la traditionnelle Conférence sur la Sécurité de Munich qui , bien que moins médiatisée, est à la diplomatie ce que celle de Davos est à l’économie étaient présents les Ministres des Affaires Etrangères des Etats-Unis de Grande Bretagne, de Russie d’Allemagne de Turquie, d’Egypte, du Qatar , le Vice-ministre des Affaires étrangères chinois , le Président du Conseil italien, le premier ministre grec , le premier ministre tunisien le secrétaire général de l’OTAN et quelques autres mais ce qui est notable c’est que le gouvernement français n’était pas représenté. Les trois français qui ont pris la parole étaient en effet le général ABRIAL en poste dans l’Etat-major central de l’OTAN qui a parlé au nom de l’OTAN, Madame Claude-France Arnould, diplomate, Directrice de l’Agence européenne de l’armement et Michel Barnier commissaire européen. Les deux premiers se sont exprimés en anglais. Un signe parmi d’autres que la république française est en cours de dissolution dans des institutions supranationales. La conséquence est connue : plus le pouvoir réel se concentre dans ces institutions plus il échappe au contrôle des citoyens.
  • La Russie et la Chine ont opposé leur veto au projet de résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU au motif simple que cette résolution appelait à la démission du chef de l’Etat Syrien demande qui outrepasse les pouvoirs statutaires de l’ONU. Les Etats-Unis, le pays qui dans toute l’histoire de l’ONU est celui qui a le plus et de très loin utilisé son droit de veto, ont poussé des hurlements et immédiatement la France a annoncé qu’elle allait organiser une coalition pour imposer dans les faits la résolution bloquée. En bonne logique une telle position devrait conduire à l’exclusion du Conseil de Sécurité car si vous occupez une place importante dans une institution, si vous en avez accepté les règles, annoncer « urbi et orbi » et au plus haut niveau que vous vous moquez des décisions qu’elle vient de prendre et que vous allez conduire des actions extérieures contradictoires avec la décision prise, vous ne la respectez plus et elle peut donc vous considérer comme démissionnaire. Pratiquement cette position vient confirmer que les actions secrètes menées sur le terrain depuis le printemps 2011 pas le bloc atlantico-anglo-saxon pour faire tomber le régime syrien vont se poursuivre et même s’intensifier. La France devient le héraut de cette guerre non déclarée, qui est une des formes du terrorisme d’Etat (en fait des Etats de votre bande) contre la Syrie.

Attardons nous enfin sur les actions du bloc atlantico-anglo-saxon en Afrique. Ces actions sur ce contient ont pris un tour très concret et très visible en 2011 (voir les cas de la Libye et de la Côte d’Ivoire déjà mentionnés)

Mais elles s’inscrivent dans un plan stratégique plus général qui concerne la totalité du continent. Les attentats du 11 Septembre ont donné prétexte ouvert la porte à deux interventions militaires directes et massives de Etats-Unis en Afghanistan et en Irak. Mais l’installation du « terrorisme islamique » comme ennemi principal rendait en même temps possible des interventions en tous lieux contre un ennemi proliférant et non localisé. L’identification islamique a permis de commencer une mise sous contrôle de la partie Nord du continent africain. Elle a pris la forme de l’Initiative Pan sahélienne (PSI) lancée par les Etats-Unis en 2001 qui a permis de faire pénétrer les forces spéciales , les conseillers militaires et les diverses entreprises mercenaires des Etats-Unis de prendre pied presque partout de la Méditerranée aux pays au Sud du Sahara. Une exception notable à cette pénétration : la Libye où le bloc devait rattraper son retard. Pour justifier cette initiative et cette ingérence miliaire il suffisait qu’aient lieu quelques attentats ou enlèvements effectués par des islamistes ou attribués à des islamistes. Il eurent lieu mais si l’on en croit un des meilleurs connaisseurs de cette zone sahélienne l’anthropologue britannique, JEREMY KEENAN qui a mené sur le terrain son enquête et les a relatés dans deux livres solides DARK SAHARA (2009 Pluto Press) et THE SAHARA : PAST,PRESENT AND FUTURE (2007 Routledge) les versions officielles qui de déroulent da&ns des zones tés peu habitées et où les témoins de ces évènements indépendants des terroristes comme des services secrets sont rares ne sont guère probantes.

 

 

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En vert foncé les pays de la PSI et en vert pâle ceux ajoutés pour la TSCTI

 

En 2005 la PSI s’élargit et se transforme en TRANS SAHARA COUTERTERRORISM INITIATIVE (TSCTI). Quatre nouveaux pays entrent dans son champ d’intervention : Algérie, Sénégal, Nigeria et Soudan. Trois de ces pays sont des pays pétroliers et Le Nigéria est le premier pétrolier d’Afrique et un très gros exportateur vers les Etats-Unis (15% des importations étasuniennes). L’activité terroriste islamique se poursuit sous diverses appellations dans la zone AQMI au Maghreb, BORO HAKAM au Nigeria justifiant la multiplication des manœuvres interarmées, la fourniture de matériel anti-terroriste et la présence permanente de forces spéciales et d’instructeurs.

En fin en 2007, BUSH décide de la création de l’AFRICOM commandement militaire US unifié de toute l’Afrique, Egypte exceptée. Les initiatives contre terroristes peuvent désormais s’appliquer partout où surgissent des groupes terroristes islamistes : Somalie (AL SHAAHAB) KENYA et OUGANDA (FOUS DE DIEU). Le terrorisme islamique est donc en définitive le meilleur prétexte à une ingérence militaire US généralisée poursuivant deux objectifs : contenir l’influence grandissante des pays du BRICS dans la contient et pas seulement celle de la Chine et sanctuariser les pays pétroliers alimentant les Etats-Unis et en priorité le Nigeria.

Les anciennes puissances coloniales de la zone : France et Grande-Bretagne ont donc vu arriver les USA avec leurs gros RANGERS et ils n’ont guère eu le choix que de se soumettre tout en essayant de ménager leurs intérêts économiques régionaux. La nouvelle alliance néocoloniale est donc formée et elle a un chef à Washington qui, coïncidence, se trouve être le premier président noir – en vérité métis - des Etats-Unis.

Les choses sont tellement claires qu’elles peuvent être écrites et diffusées. Ainsi le HOMELAND SECURITY DEPARTMENT, le Ministère de l’Intérieur des Etats-Unis, a-t-il publié récemment un document concernant principalement le Nigeria qui a été cité sur le site canadien http://www.globalresearch.org et où l’on peut lire :

Page 18 : « Un attentat bien coordonné par Boko Haram pourrait avoir de bien plus graves conséquences (NDT sur d’autres attentats dans la zone du delta du Niger qui n’étaient pas le fait d’islamistes), interrompant complètement dans le pire scenario, la production pétrolière nigériane ce qui ferait bondir les cours mondiaux du pétrole et le prix du gaz aux Etats-Unis (NDT le Nigeria est également une gros exportateur de gaz vers les USA). En conséquence les auteurs de ce document recommandent, dans un effort pour combattre l’instabilité croissante qui se manifeste au Nigeria de développer une politique de coopération militaire semblable à celle pratiquée au Yémen qui clairement comprend des assassinats extrajudiciaires et l’utilisation de drones pour des bombardements. »

Page 24 : « Tout comme le triumvirat franco-anglo-américain a orchestré récemment le renversement du régime libyen, les mêmes puissances militaro-industrielles offrent leurs services dans une effort pour partager les ressources domestiques du Nigeria. »

Page 25 : « Dans une récente manifestation d’inquiétude concernant les progrès de Boko Haram, la France a offert son soutien militaire au Nigeria. Rencontrant à Abuja son homologue nigérian Olugbenga Ashira, le Ministre des affaires étrangères Alain Juppé a indiqué : « Nous devons combattre ce phénomène. Nous sommes prêts à partager toute information. Nous sommes prêts à coordonner nos services de renseignement. Nous sommes prêts à coopérer en matière d’entrainement. La France est directement concernée par la question du terrorisme »

Peuples et gouvernements africains sont prévenus : le triumvirat néocolonial est constitué. Sa feuille de route est rédigée à Washington.

COMAGUER

Annexe

L’institut finnois des affaires étrangères a publié un document de 80 pages très complet sur le TSCI d’où nous avons extrait la carte suivante. Elle fait apparaitre en noir le « corridor terroriste » qui traverse l’Afrique d’Est en Ouest, sorte de piste cheyenne où les cow-boys étasuniens circulent aussi librement que les terroristes en se jouant des frontières avec le consentement plus ou moins forcé des Etats concernés.

 

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http://comaguer.over-blog.com

Bulletin n° 236 –Semaine 6 -2012

URL de cet article 15809
http://www.legrandsoir.info/2007-2012-la-satellisation-de-la-france.html
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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 19:43

5107179051_002995d2d6.jpgBattons la campagne tant que le fer dans la plaie est bien chaud.

 


L'autre soir, je me suis rendue à une réunion publique de soutien au Front de Gauche au bled. Histoire de prendre la température et de passer les troupes en revue. Même s'il n'y avait que la petite cinquantaine d'habitués de toujours, forcément on se tenait plus au chaud dedans que dehors. Après, c'était tout de même très décourageant : toujours les mêmes cocos au pelage blanchi sous le harnais. La plupart retraités, les autres profs ou fonctionnaires de la territoriale. J'étais dans les cinq plus jeunes du lot. C'est dire si le renouvellement politique se fait attendre au cul des vaches.

Cela dit, tout n'était pas totalement décourageant, même si j'avais l'impression d'être prisonnière d'un mauvais remake d'Un jour sans fin. Il y avait par exemple ce gars, à peine un peu plus vieux que moi, qui a décidé de ne plus laisser relever son compteur. Ça a l'air de rien, dit comme ça. Mais cela fait six ans qu'il refuse qu'un sous-traitant payé au lance-pierre avec un statut de merde et des conditions de travail à peine dépoussiérées du Moyen-Âge fasse le relevé de sa consommation électrique en lieu et place d'un agent EDF dûment rémunéré.

  • C'est vachement courageux ce que tu fais.
  • Non, pas du tout, je paie une estimation de ma consommation, mais je refuse cette privatisation rampante, c'est tout.
  • Ah bon, ce ne sont plus des agents EDF qui viennent au compteur ?
  • Non, plus depuis six ans, suffit de leur parler pour le savoir.

Je crois bien qu'il y a des agents EDF retraités dans la salle. Bonne carrière. Bons salaires. Bonne retraite. Les suivants n'ont pas eu cette chance.
Le gars résiste, tout simplement, à son échelle, avec une belle constance.

Le débat repart sur l'estrade.

  • Nous devons nous mobiliser pour obtenir un maximum de voix au premier tour et pouvoir négocier des postes dans le gouvernement PS ensuite.

Les bras m'en tombent, façon Vénus de Milo. N'avoir rien appris des 30 dernières années de politique est totalement confondant. Les cocos (mais pas qu'eux) n'ont toujours pas compris comment ils avaient pu se retrouver relégués derrière le FN ou même les chasseurs, comment ils étaient passés de premier parti de gauche de France à appendice fossilisé même plus visible dans l'échelle politique. Pourtant, c'est simple : ils ont cru pouvoir changer la politique de l'intérieur et ont servi de caution morale à la politique capitaliste libérale à faux-nez social du PS. Celle-là même qui strangule les peuples d'Europe et nous précipite vers un merdier incommensurable.
Si je voulais encore du PS au pouvoir, je ne me serais pas claqué les arpions à ratisser la cambrousse l'année dernière, pas plus que je n'aurais perdu mon temps à beugler en cœur contre une politique injuste et profondément inégalitaire en battant le pavé du bled-en-chef pendant des semaines, pas plus que je ne serais venue ce soir, dans une salle des fêtes aux trois quarts déserte pour soutenir le parti sur lequel personne ne parie. Pour l'instant.

Parce que pour moi, l'enjeu politique est simple et limpide : ou on continue tout pareil en choisissant d'agrémenter la grande sodomie libérale avec du gravier (droite traditionnelle fascisante) ou de la vaseline (gauche traditionnelle en mode soumission à la Real Politik), ou alors, on change de braquet et on se décide pour un vrai projet de société. En gros, le choix est : libéral (le PS et tout ce que qui est à sa droite) ou antilibéral (le Front de Gauche).

Et voilà, tout de suite, j'entends les cris d'orfraie :

Mais non, tu ne peux pas dire que le PS et l'UMP, c'est pareil ! Ce qui compte, c'est de virer Sarkozy !

Et voilà : tout sauf Sarko !

À croire que la terre tout entière tourne autour de notre petit hexagone. D'ailleurs, c'est bien connu, la crise des subprimes, c'est la faute à Sarko, si les Grecs bouffent le noyau des olives, c'est la faute à Sarko, si les travailleurs allemands ont des jobs à 1€, c'est la faute à Sarko, si les Portugais vont perdre 4 jours de congés payés, c'est la faute à Sarko, si les Suédois sont invités à se défoncer au boulot jusqu'à 75 ans, c'est toujours et encore la faute à Sarko et si tout le continent européen est en train de suicider ses classes populaires à grands coups de rigueur dans la gueule pendant que les riches ne savent même plus comment dépenser les sommes incommensurables qu'ils ne cessent d'amasser (mais non, puisqu'on te dit que ça n'a rien à voir avec les vases communicants !), c'est bien sûr de la faute à Sarko !

Je le dis et le répète depuis le début, Sarko est un figurant comme les autres dans un gros jeu de bonneteau à l'échelle planétaire où nous sommes, nous, les peuples, en train de nous faire vider les poches. Comme les autres figurants placés de manière plus ou démocratique à la tête des différents États engagés dans la course au moins-disant (social, bien sûr), Sarko ne fait qu'appliquer une feuille de route décidée ailleurs, comme, par exemple, dans les couloirs de la commission européenne, de l'OCDE, du FMI ou de la Banque Mondiale, ONG illustres et influentes dont la principale caractéristique est d'être surpeuplées de gens élus par personne pour appliquer une politique qui ne vise qu'à améliorer le sort d'une toute petite minorité de gens sur cette planète : les super riches.

J'en tiens pour preuve que dans l'élection qui nous intéresse, celle, en gros, de notre comité de quartier, pas un candidat ne renonce au discours de la rigueur. Enfin, pas un, en dehors de monsieur Jean-Luc Mélenchon. Gauche, droite, centre, triple salto arrière ou doublure de veste apparente, c'est le concours à celui qui fera les plus belles économies pour satisfaire l'appétit sans fond du monstroïde velu de la rigueur, parce que rien n'est plus important que de lutter contre la dette. Rien. Dette héritée de la cupidité de quelques-uns et non d'une quelconque libéralité dans les dépenses, mais qui se soucie encore de ce petit détail têtu, en dehors du Front de Gauche ?
Quand bien même la rigueur appliquée dans toute son obscène inhumanité est en train de transformer au pas de charge la Grèce tout entière en pays du Tiers-Monde des années 80, quand bien même ses plus fidèles thuriféraires sont bien obligés d'admettre que la potion amère, loin de remonter le malade est en fait en train de l'achever (ce qui ne les empêchent pas, cependant, dès le lendemain, de prescrire une nouvelle saignée), il faut absolument intégrer le tour de vis suivant dans le programme du candidat-fantoche.

Voilà donc l'alternative.
Et pour verrouiller le dispositif, on nous ressort le coup du vote utile, à savoir qu'il faut absolument être un fin stratège du bulletin et donc, ne pas voter pour le projet dans lequel on croit (bon, faut bien avouer qu'il y a fort peu de projets politiques dans l'arène, d'où l'inflation actuelle des petites phrases et des polémiques de merde pour occuper le chaland, noircir le papier et faire semblant d'avoir une vision politique !), mais pour LE candidat d'un des deux partis de gouvernement. Et puis c'est tout. UMP ou PS, parce que seul l'un des deux a une chance de gagner. Et pourquoi ? Parce que tout le monde vote pour eux. Donc toi aussi.

Sauf que...
Si l'on en reste au projet politique, c'est à dire continuer avec les chantres de tous bords de la concurrence libre et non faussée (mais uniquement entre les travailleurs, c'est la partie de la proposition que tout le monde n'a manifestement pas encore bien intégrée) et foncer dans le mur en klaxonnant ou tenter notre chance dans un projet politique qui rejette totalement ce concept, alors, on se rend compte que la ligne de fracture est strictement identique à celle qui s'est dessinée autour du référendum pour le TCE.
Et vous savez quoi ?
C'était nous, les plus nombreux !

 

http://blog.monolecte.fr/post/2012/02/09/Le-piege-du-tout-sauf-Sarko

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 19:41

index-copie-2.jpegMontpellier,

le 7 février 2012


Monsieur le candidat à la Présidence,


Les premiers axes de votre programme en matière d’enseignement supérieur nous consternent et nous voulons vous faire part de notre surprise et de notre colère devant les orientations que l’on annonce.

Êtes-vous trompé à ce point sur les attentes de ceux qui vous soutiennent pour croire qu’ils souhaitent vous voir poursuivre la politique qui depuis 5 ans torpille notre enseignement supérieur. Le président sortant a supprimé la formation des maîtres, attaqué le CNRS, mis à mal le réseau universitaire pour lancer une compétition acharnée entre les établissements, créé des dissensions entre universités, organismes de recherche, écoles, IUT, IUFM, rompu tous les équilibres entre les régions, les sites de tailles différentes et les disciplines, privilégiant les uns au gré d’une politique contradictoire, brimant les autres au nom d’une idéologie ultra libérale.
Il vous laisse en guise de projets des dettes pour 25 ans avec les duperies que sont les « plans campus » dont les « Partenariats Public Privé » multiplient par 3 le coût des bâtiments et profitent uniquement aux grandes entreprises de construction et les « Investissements d’avenir ».
Or que nous apportent les premières esquisses de votre programme, quelques aménagements, de l’argent annoncé et au bout du compte la poursuite d’une même direction dont vous ne pouvez ignorer qu’elle mène à l’échec. Croyez-vous réellement que les universitaires pourront se réjouir de vous voir poursuivre une politique qu’ils ont subie de force depuis 5 ans ?
Peut-être faut-il vous interroger sur ceux qui vous conseillent en matière d’enseignement supérieur.
On peut s’étonner quand un candidat socialiste recrute ses conseillers parmi ceux qui ont aidé à mettre en place la LRU, ceux qui « dialoguent » aimablement avec Mme Pécresse sur l’avenir de la recherche en France et ont eu la naïveté de croire au marketing de « l’excellence » et de « l’autonomie ».


Depuis quand les « Think Tank », nouveau nom pour les lobbys divers et variés peuvent-ils affirmer tout en gardant l’anonymat, compter parmi eux des présidents d’universités, des universitaires et des chercheurs et faire des propositions au nom d’une gauche qu’ils ne représentent pas ?


Lorsque la gauche s’opposait aux mesures de M. Sarkozy, nous n’étions que 7 présidents dans l’amphi bondé de la Sorbonne et vos conseillers n’y étaient pas, ni eux, ni leurs anonymes soutiens.


Je ne crois pas que depuis la CPU ait basculé à gauche, ni même d’ailleurs qu’elle soutienne ceux qui vous parlent en son nom. Mais peut être la gauche, ou du moins ses dirigeants, a-t-elle changé d’opinion sur les mesures d’un gouvernement de droite et s’apprête-t-elle à les soutenir sans tenir compte des alertes des syndicats, des représentants des personnels, et de la masse de ceux qui font vivre l’enseignement supérieur et la recherche ?


Doit-on vous rappeler que le parti socialiste était contre la LRU, que le président Sarkozy et son équipe présentent comme leur plus belle réussite d’avoir fait passer les universités à l’autonomie, oubliant allégrement que certaines ont payé de 14 semaines de grève cette mesure, et que seuls la force bornée et le refus de toute négociation sont venus à bout de cette résistance.


Avez-vous réalisé ce que veulent dire réellement « Autonomie des universités » et « Investissements d’avenir » pour ne parler que de ces deux mesures ?


  L’Autonomie des universités : une duperie dangereuse


« Comment voulez-vous que je préfère une université sous tutelle à une université autonome ? » déclarait Axel Kahn en mai 2009. C’est tout le danger de la « com » que d’enfermer les esprits savants dans une dialectique perverse. Mais comment peut-on croire que les universités sont autonomes quand elles doivent maintenant obtenir l’accord préalable de l’État pour voter leur budget alors que ce contrôle était exercé a posteriori lorsqu’elles n’étaient pas autonomes ? Comment croire un instant que les universités sont autonomes lorsque les crédits de fonctionnement sont supprimés au profit de financements « sur projets » qui font d’elles les prestataires de service d’une politique définie par d’autres ?


Même les plus favorables à l’autonomie dénoncent aujourd’hui l’investissement financier insuffisant qui oblige les universités à geler des postes, fermer des formations, réduire les heures de cours aux étudiants ou stopper leurs investissements. Une trentaine d’universités sont déjà en grande difficulté et leur nombre ne va pas cesser d’augmenter. Pour ceux qui à gauche ont dénoncé cette mesure nous savons qu’il s’agit d’une duperie totale. Les universités sont victimes, comme en leur temps les collectivités territoriales d’un transfert de charges sans transfert des moyens. La masse salariale est sous-estimée, les prestations sociales forfaitisées à un taux bien inférieur à leur coût réel et de nouvelles dépenses sont imposées : certification des comptes, paiement à la Trésorerie Générale des bulletins de salaires, etc.


  Les investissements d’avenir : une politique absurde


Le 2nd tour des Idex enfin achevé, on voit apparaitre dans toute sa splendeur l’aberration du système mis en place et sa crétinerie absolue. Vouloir créer de toute pièce 8 sites d’excellence ne pouvait que mener à l’impasse où nous sommes.
À peine les résultats connus, le ministre explique déjà que bien sûr il va falloir faire quelque chose pour Lyon et peut être aussi pour Lille, tant leur absence apparait criante. Ensuite on aura Grenoble, Montpellier, l’Idex lorrain, les 17 projets de la 1ère vague, et comme cela avait été dit d’avance toutes les plus grandes villes de France. Point n’était besoin d’un jury international, d’ailleurs soigneusement noyauté par des proches du pouvoir, pour inventer cela.
Le système est gangrené dès l’origine : il crée des injustices et des déséquilibres et surtout il remplace des financements récurrents destinés à assurer les missions fondamentales des universités par des appels à projet épuisants et réducteurs.


Oui, Monsieur Hollande, vous avez raison d’affirmer que la jeunesse et l’éducation doivent être au cœur du projet pour la France et vous savez pouvoir compter sur l’enthousiasme des personnels d’éducation de l’école maternelle jusqu’à l’université dans ce projet. Mais c’est à une rupture radicale qu’il faut s’atteler, en cessant d’opposer enseignement et recherche pour replacer les étudiants au cœur du dispositif, en restituant aux personnels d’enseignement les moyens d’étudier et de travailler, en luttant contre la précarisation et la paupérisation des personnels IATSS, en redistribuant plus équitablement les crédits entre les différents établissements.


Oui, Monsieur Hollande, Axel Khan peut dire qu’il préfère une université autonome à une université sous-tutelle, pour ma part je préfère tout simplement un service public de l’enseignement supérieur et de la recherche et une université d’Etat au service de la France.


Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.

La Présidente,

Anne FRAÏSSE

 

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5335

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 19:37
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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 19:34

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Photos : Laurent Guizard

http://www.bastamag.net/article2102.html


Les aciéries de Ploërmel, dans le sud de la Bretagne, font beaucoup parler d’elles. Lâchées par les actionnaires, elles ont été reprises en coopérative par les métallos en 2005. Les bénéfices de l’entreprise, spécialisée dans la production de pièces ferroviaires, vont croissant. Les aciéries embauchent et les conditions de travail se sont améliorées. Comme quoi, les salariés ne sont pas des patrons comme les autres.

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Situés à deux pas de l’ancienne gare de Ploërmel, les bâtiments d’origine des aciéries locales (API), installées en 1885, abritent encore l’atelier fonderie. Sous le hangar, où pince le froid hivernal, les hommes vont et viennent, au milieu du bruit des machines et des odeurs de poussière de métal. Allumé à 4 h 30 du matin, le four, installé en 1967, crache chaque jour jusqu’à 15 tonnes de métal. Quatre fondeurs se relaient à son chevet, jusqu’à 9 h. Pour le redémarrer à 11 h, quand les tarifs de l’électricité, que le four consomme goulûment, redescendent.

« Faire de l’acier, c’est tout un art », sourit Rémi Garin, responsable sécurité des aciéries, entré dans la boîte il y a trente-cinq ans, à l’usinage. « Ce n’est pas une science exacte. Le comportement du métal change en fonction du taux d’humidité, de la température, et de nombreux autres facteurs qui font que pour maîtriser vraiment ce métier, il faut trois bonnes années de pratique. On n’apprend pas tout ça à l’école », développe-t-il. Une fois fondu, l’acier est coulé dans des moules de sable fabriqués sur place. Puis il refroidit dans des châssis presque aussi vieux que les aciéries. Les moules sont ensuite cassés et les pièces déballées. Direction : l’ébarbage (finitions des pièces) et l’usinage. Des activités déplacées sur le nouveau site, à quelques kilomètres, sur les hauteurs de la ville.

Salariés, « actionnaires » majoritaires

90 % des pièces fabriquées sont destinées au secteur ferroviaire. « Quand un TGV démarre, qu’il accélère ou qu’il freine, il semble glisser sur les rails. Aucun choc n’est ressenti. Une partie des milliers de pièces qui composent le complexe système d’amortissement et de freinage qui permet ce confort sont fabriquées chez nous », explique avec une pointe de fierté Rémi Garin. Il fait partie de la petite dizaine de salariés, très motivés, qui ont proposé et porté la reprise des aciéries en société coopérative et participative (Scop [1]), en 2005. Alors que l’actionnaire majoritaire envisageait la fermeture.

« Au départ, c’était compliqué. Comment convaincre les gens de mettre des billes, alors que plus rien ne semblait fonctionner ? On a dû faire des tas de réunions, discuter pendant des heures et des heures. » L’union régionale des Scop leur a donné un sérieux coup de main. Et leur dossier était plutôt solide. Pas de dettes, un chèque pour solde de tout compte de l’ancien patron de 1,5 million d’euros. Et de gros clients dont ils étaient sûrs.

40 personnes, sur les 80 qui restent alors pour faire tourner la boîte, décident de devenir « sociétaires ». Ils détiennent des « parts sociales » du capital, et peuvent s’exprimer et voter lors des assemblées générales sur le principe d’un homme = une voix, quel que soit le montant des parts détenues. Aujourd’hui, ils sont 56 sociétaires, pour 110 salariés au total, avec une moyenne d’âge de 37 ans, mais la proportion de sociétaires reste plus élevée dans les services administratifs que dans les ateliers. Les bénéfices se situent désormais aux alentours de 6 à 7 % du chiffre d’affaires, soit environ 450 000 euros par an. Ils ne servent pas à rémunérer de lointains et anonymes actionnaires : 60% sont réinvestis dans l’entreprise, 25% sont répartis entre tous les salariés (soit environ 1 000 euros par salarié par an) et 15% reversés aux sociétaires. Dix nouveaux postes cherchent preneurs, alors que partout dans la sidérurgie le chômage progresse. Les aciéries de Ploërmel sont souvent citées en exemple de challenge industriel rondement mené.

Liberté et contraintes

« Ce n’est pas toujours simple, tempère Rémi Garin. Pendant les six premiers mois, par exemple, nous étions en redressement judiciaire. » Dans l’usine, la motivation n’était pas toujours optimum… « On entendait les gars dire : on bosse, on bosse et si ça se trouve, dans deux mois, tout ça, c’est terminé. » Être responsable, cela met aussi une certaine pression : « On n’a pas le droit à l’erreur. Il faut que cela marche. C’est parfois lourd. » Mais il apprécie, comme nombre de collègues, l’ambiance détendue qui règne dans l’entreprise. Ainsi que la maîtrise, par ceux qui produisent, de l’outil et des investissements. « Je suis venu là parce que c’est une Scop », dit un commercial, ancien fondeur. « Je sais que si la boîte coule, ce ne sera pas parce que le riche actionnaire américain a décidé de changer l’eau de sa piscine… », sourit-il.

Aujourd’hui, ceux qui n’ont pas osé leur savent gré de la réussite. Et si l’on prend le temps de se parler – ce qui est devenu impossible dans bien des ateliers de production aujourd’hui –, on ne rechigne pas non plus à rester une heure de plus au boulot s’il le faut. « Cela n’arrive pas souvent, dit Rémi Garin. Mais si c’est nécessaire, on reste plus longtemps. Personne n’a jamais protesté contre ça. On sait bien qu’il faut qu’on soit tous investis pour que cela tourne. »

Des métiers rudes

« Heureusement que l’ambiance est bonne, parce que le métier est dur », ajoute Rémi Garin. Sous le hangar où subsiste l’atelier fonderie, la température est la même qu’à l’extérieur, le vent en moins. L’été, près des fours, il fait parfois plus de 40 °C. Les métiers de finitions, après le démoulage des pièces, sont aussi très pénibles. « Soudage, meulage, burinage, contrôle par magnétoscopie… tout cela est réalisé manuellement. C’est très physique », explique Jean-Louis Dupont, de la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat), qui accompagne les aciéries depuis quinze ans. Des estimations montrent qu’avant la reprise en Scop un salarié pouvait y manutentionner entre 4 et 5 tonnes par jour ! Les ouvriers sont en plus exposés au bruit, aux vibrations et aux poussières.

« Une réflexion de plusieurs années a été engagée à partir de 1998 sur ces postes très pénibles », précise Jean-Louis Dupont. Une étude ergonomique a été réalisée. Chaque poste de travail, chaque trajet ont été pensés par les ouvriers, en lien avec Rémi Garin, la médecine du travail et la Carsat. « Tout ce travail a porté ses fruits au moment du passage en Scop », estime Jean-Louis Dupont. « Parce qu’ils étaient prêts et qu’ils étaient maîtres de leurs investissements, ils ont pu prendre cette décision de miser sur l’amélioration des conditions de travail. Mais ils ont, en même temps, amélioré la qualité de ce travail, et leur productivité. Ils ont des clients très pointilleux, qui ont suivi ces améliorations avec beaucoup d’intérêt. »

Les accidents du travail divisés par deux en six ans

Des poutres roulantes et des palans ont été aménagées pour réduire les poids soulevés. L’outillage vibre moins, et permet d’épargner les membres supérieurs des ouvriers. Les cabines de meulage sont insonorisées : « Dans les ateliers, nous avons gagné entre 20 et 30 décibels ! », détaille Rémi Garin. « Ces cabines sont aussi équipées d’un système de captage des poussières. » Des tables élévatrices et des plateformes ont été installées pour que les ouvriers ne passent pas leur journée à monter et à descendre.

Des étuves permettent d’assurer le séchage de la peinture en deux heures, contre vingt-quatre auparavant… Dernier, et non des moindres conforts gagnés : les espaces, plus clairs, sont chauffés. « Les effets sont évidents », reprend Jean-Louis Dupont : « Le nombre d’accidents du travail a été divisé par deux. Les maladies professionnelles, des troubles musculosquelettiques pour l’essentiel, ont quasiment disparu. L’absentéisme n’est plus d’actualité. »

L’entreprise a profité du déménagement pour élargir son champ d’activité et récupérer des missions auparavant sous-traitées. Une chaîne de montage spéciale a ainsi été achetée pour fournir des pièces adaptées aux grands froids des pays de l’Est. « On a récupéré ça, pour maîtriser le plus de choses possible. Les clients préfèrent. Ils nous demandent aussi de réfléchir à des conceptions de pièces moins lourdes. » À chaque fois que les pièces perdent du poids, les trains peuvent gagner en vitesse. Et comme l’objectif c’est d’aller de plus en plus vite, les aciéries doivent poursuivre leurs innovations… « On ne sait pas trop où cela va s’arrêter », dit Rémi Garin dans un sourire, avant de lâcher : « Continuez à prendre le train, cela nous fait bosser, ici. »

Nolwenn Weiler

Notes

[1] Anciennement société coopérative ouvrière de production.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 19:24
0802-claude-gueant.jpgClaude Guéant à l'Assemblée nationale, le 7 février 2012 (Charles Platiau/Reuters)

http://www.rue89.com/2012/02/08/lislamophobie-la-solution-unique-tous-les-problemes-de-la-france-229206 

 

 

 


Sous le règne de Nicolas Sarkozy, on avait déjà atteint le degré zéro de la politique. Maintenant on creuse.

Mais la bonne nouvelle, c'est qu'à défaut d'avoir résorbé le chômage, résolu le problème du logement, régulé les marchés financiers ou cherché une solution au réchauffement climatique, Nicolas Sarkozy et son équipe ont trouvé une stratégie pour pallier tous les problèmes que rencontre notre pays : l'islamophobie.

Economique, générique et consensuelle

Cette solution a le mérite d'être économique, générique, consensuelle et facile à mettre en œuvre.C'est très simple : quelle que soit la question posée, il suffit de mettre en cause (au choix) : l'islam, les musulmans ou tout ce qui, de près ou de loin, s'apparente à une pratique religieuse identifiable comme telle.

Economique, car aujourd'hui salir la dignité des musulmans ne coûte pas cher et rapporte gros. On peut écrire des livres jusqu'à la nausée pour disserter de l'islam des réverbères ou de l'enjeu que représente l'éternelle intégration des musulmans à l'insoluble et monolithique identité française. On peut passer à la télévision avec le sous-titre (au choix) d'expert, de martyr ou d'intellectuel iconoclaste à la simple condition d'adresser, une fois de plus, un message stigmatisant à l'égard de toute pratique musulmane non dûment adoubée par la pensée frontiste.

Générique, car elle s'applique à tout problème de société : interrogé sur le chômage, parlez de préférence nationale et de menace du modèle républicain. Englué sur la distance sociale grandissante entre les citoyens, accusez le communautarisme des musulmans. Pris à défaut sur le bilan sécuritaire pathétique de votre gouvernement, pointez du doigt l'existence de zones laissées à l'abandon ou règnerait la charia. Incapable de produire la moindre idée constructive dans laquelle pourraient se reconnaître les citoyens, revenez éternellement à la sacrosainte laïcité, que vous aurez pris le soin de détourner de sa définition pour en faire un outil d'exclusion, une cape de respectabilité sous laquelle vous pourrez promener votre sinistre idéologie à peine voilée. Quel que soit le problème, quelle que soit votre incapacité à le résoudre, il existera toujours quelqu'un pour faire les frais de vos manquements. Trop souvent, il sera musulman.

Consensuelle, car on entend trop peu de voix s'exprimer contre ce nouveau mal qui frappe nos sociétés européennes. A droite comme à gauche, l'idée que la communauté musulmane est une variable d'ajustement des conquêtes électorales en terres lepénisées est de plus en plus acquise. Des « penseurs » dits de gauche viennent chaque jour alimenter, selon des rhétoriques sémantiquement progressistes, le rejet de l'islam et des musulmans dès lors qu'ils entendent définir pour eux-mêmes les modalités de leur pratique religieuse.

Bienpensance à gauche

De Manuel Valls à Caroline Fourest, de Philippe Val à Bernard-Henri Levy, la bienpensance à gauche consiste aujourd'hui à tenir un discours d'inclusion pour légitimer des mesures d'exclusion. L'islamophobie de gauche détourne des mots du discours féministe, progressiste et égalitaire pour venir stigmatiser, chaque jour un peu plus, les citoyens musulmans. Ce triste constat montre à quel point les idées d'extrême droite ont largement infiltré les partis conventionnels, en ne subissant au passage qu'une reconstruction sémantique du discours les légitimant.

Facile, car il suffit de se dédouaner d'un racisme de moins en moins caché pour s'en sortir à bon compte et éviter la mise au ban de la table républicaine. C'est ainsi que chaque mois s'expriment dans la presse des figures politiques de moins en moins complexées dans leur rejet de l'islam et des musulmans.

Dans des acrobaties électorales qui seraient presque risibles si elles ne participaient pas au drame d'un pays, les partis politiques rivalisent de subterfuges pour envoyer à l'électorat raciste des signaux de séduction.

Ainsi, à gauche, on propose une nouvelle loi contre les nounous voilées visant, une fois de plus, à exclure les femmes musulmanes de toute forme de vie sociale.

Il a fallu une mobilisation citoyenne sans précédent pour faire infléchir la position du Parti socialiste qui a, timidement et par la voix de son porte-parole Benoît Hamon, renoncé à voter à l'Assemblée nationale l'article 3 de la proposition de loi (le plus controversé, qui prévoyait d'obliger les nounous à expliciter contractuellement la nature de leur pratique religieuse et leurs opinions politiques), sans vraiment comprendre que c'est l'ensemble de la proposition qui pose problème.

S'il faut saluer une avancée notable dans le positionnement, ce n'est en rien suffisant et il faudra beaucoup plus pour que le Parti socialiste devienne réellement crédible lorsqu'il parle de respect et de vivre-ensemble.

Des ambassadeurs de l'intolérance à droite

A droite, c'est presque Marine le Pen qui ferait figure progressiste sur la question, tant l'UMP compte de talentueux ambassadeurs de l'intolérance et du rejet de l'autre.

De Nadine Morano à Jean-François Copé, on ne compte plus les « amis » dont les musulmans de France se seraient bien passés. Mais il existe un homme qui se distingue du lot, tant par l'ouverture que par la fulgurance de son esprit et qui, s'il n'était pas déjà occupé à des fonctions d'intendances auprès de la Compagnie de déportation nationale des immigrés sans-papiers (CDNISP), nous aurait à coup sûr valu la jalousie des plus grandes universités du monde. Il s'agit de l'ethnologue autodidacte Claude Guéant.

Rarement Président aura eu à son côté si fidèle et si loyal serviteur. Car à chaque fois que quelqu'un doit se sacrifier pour aller faire la sale besogne de racolage sur les marécages du FN, force est de reconnaitre que le brave et fidèle compagnon Guéant est toujours présent, passant d'un dérapage contrôlé au suivant avec une constance sans faille.

Ainsi, dans sa dernière sortie, Claude Guéant nous informe que les civilisations ne se valent pas. On aurait pu croire qu'il voulait entamer un questionnement profond à propos des dérives de notre civilisation, qui mènent les êtres humains à toujours plus de sacrifices à la gloire d'un capitalisme financier devenu fou, met en péril la simple idée d'une vie sur terre pour les générations à venir, asservi les peuples à des intérêts qui les dépassent pour la gloire d'une poignée d'hommes. On aurait pu.

« C'est la religion musulmane »

Mais heureusement, monsieur le ministre a précisé son propos. Ce n'est nullement une remise en cause du système de valeurs qui nous a conduits à la crise morale, sociale et économique sans précédent que traverse notre pays dont il s'agissait mais, plus prosaïquement, d'une n-ième opération séduction à destination d'un électorat qui ne haït point l'islamophobie.

Sommé de fournir des explications, Claude Guéant indique que « c'est la religion musulmane qui est en cause ». Si c'est une déclaration de guerre aux citoyens musulmans, elle a le mérite d'être claire.

Face à cela, il convient de faire preuve de retenue et d'esprit d'analyse.

Nicolas Sarkozy ne fait aucun mystère de sa stratégie pour la campagne électorale et qui consistera en une guerre totale dans laquelle, pour conserver le pouvoir, aucun effort ne sera épargné pour faire des musulmans de France le paillasson sur lequel il faudra s'essuyer pour accéder au trésor électoral du FN.

Reste à voir si la gauche va se lancer dans une fuite en avant pour savoir, de l'UMP ou du PS, lequel est le plus apte à dénigrer les musulmans ou si elle prendra conscience de la responsabilité historique qui est la sienne et cherchera à rassembler les citoyens plutôt qu'à les diviser. Quoi qu'il en soit, il convient de dire qu'en matière d'islamophobie, il est aujourd'hui difficile de trouver un parti qui se démarque.

Les musulmans de France savent donc à quoi s'en tenir et doivent réaliser l'importance de se mobiliser de manière utile et constructive face au danger islamophobe. C'est tout sauf une problématique communautaire, car l'islamophobie est un mal qui porte préjudice à notre société dans son ensemble en s'attaquant à une communauté en particulier. Elle vient séparer les citoyens plutôt que les rassembler, génère des clivages et des incompréhensions qui se traduisent de plus en plus par des actes de violence et de discrimination au quotidien.

On peut juger la grandeur d'une civilisation à la façon dont elle se comporte en période de difficultés. A nous de faire en sorte que la notre sorte grandie des épreuves que nous traversons, en nous rassemblant autour de valeurs de respect et de tolérance plutôt qu'en nous montant les uns contre les autres, car ce dont nous avons besoin aujourd'hui plus que jamais, c'est d'hommes et de femmes capables d'incarner une espérance qui ne se nourrit pas du rejet de l'autre.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 19:21

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http://www.bastamag.net/article2112.html

 

 

À l’heure où les plans d’austérité se multiplient, où le chômage partiel se banalise, où la durée de vie au travail s’allonge un peu partout, quel est l’état de santé des salariés européens ? Les inégalités sociales face à l’enjeu de la santé au travail demeurent très fortes. Pour espérer vivre vieux, mieux vaut être cadre qu’ouvrier, et ouvrier que jeune précaire. Entretien avec Laurent Vogel, de l’Institut syndical européen.

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Basta !  : Comment se portent les salariés européens ?

Laurent Vogel [1] : Nous assistons à une détérioration de la santé au travail sur le long terme. Le problème est moins l’impact immédiat des conditions de travail sur la santé que le cumul des atteintes à la santé dans la durée. Dans le cadre de l’enquête européenne sur les conditions de travail [2], lorsque l’on demande aux salariés s’ils se sentent capables de travailler jusqu’à l’âge de 60 ans, les réponses négatives sont importantes. Un effet d’usure se manifeste : seulement 44 % des ouvriers non qualifiés pensent ainsi pouvoir tenir le coup jusqu’à 60 ans, et à peine la moitié des ouvriers qualifiés. Les différences sont fortes selon la place dans la hiérarchie sociale, car la proportion de ceux qui pensent pouvoir tenir le coup monte à 71 % pour les employés les plus qualifiés. Il existe ainsi un fossé entre les ouvriers les moins qualifiés et les personnes qui ont des qualifications élevées. En France, les ouvriers décèdent six ans et demi avant les cadres supérieurs. En Estonie, la différence d’espérance de vie entre un homme âgé de 25 ans possédant un diplôme universitaire et un homme du même âge possédant le niveau d’éducation le plus bas s’est accrue de 13 ans. La situation des femmes est plus favorable que celle des hommes dans des secteurs où les conséquences immédiates du travail sont moins perceptibles. Mais sur le long terme, les femmes perdent tout avantage. Elles sont notamment confrontées tout au long de leur vie à une organisation plus disciplinaire du travail.

Dans un contexte où la durée de vie au travail s’allonge...

Tout cela est effectivement inquiétant alors que dans beaucoup de pays européens l’âge de départ à la retraite et la durée du temps travaillé s’allongent. Cette logique simpliste qui vise à affirmer que l’espérance de vie augmentant, la durée du travail doit suivre, risque d’avoir des effets délétères. Les conditions de travail actuelles rendent cet objectif impossible pour une grande partie de la population.

460 personnes meurent chaque jour en Europe à la suite d’accidents et de maladies liés au travail (168 000 par an selon la Commission des affaires sociales du Parlement européen). Les décès liés au travail ont-ils tendance à se réduire ?

C’est, à mon avis, une estimation plutôt basse. Elle prend en compte les accidents du travail mais aussi les pathologies mortelles provoquées par le travail, principalement le cancer. Les accidents du travail mortels constituent une petite partie de ces décès : environ 6 000 par an. Ils ont tendance à diminuer. D’abord parce que les secteurs économiques changent : il y a moins d’emplois dans la sidérurgie ou les mines, des secteurs davantage exposés aux accidents. Ensuite, grâce à une amélioration des conditions de travail et de la prévention de la sécurité. Nous observons cependant une augmentation claire des cancers d’origine professionnelle. Cela s’explique vraisemblablement par une meilleure connaissance des différents types de cancers – nous sommes mieux en mesure de dire que tel cancer est causé par telle activité. Mais nous vivons aussi dans un modèle économique très dépendant des substances chimiques. Un point de PIB supplémentaire équivaut à une augmentation d’1 % des substances chimiques dangereuses produites par l’industrie. Selon certaines estimations, environ 28 % des travailleurs sont exposés à des substances cancérogènes [3] Les ouvriers sont beaucoup plus exposés que les employés, et les cadres supérieurs sont ceux qui s’en tirent le mieux. Dans le cas de la souffrance mentale et des suicides pouvant être liés au travail, nous ne disposons pas de données d’ensemble crédibles. Mais le phénomène existe partout en Europe, pas seulement en France comme l’a montré le drame des suicides à France Télécom.

En matière de prévention des risques au travail, quelle est l’ampleur des inégalités en Europe ?

Cela dépend des secteurs et des types de prévention. En Allemagne, par exemple, si les pratiques de prévention sont plutôt avancées en matière d’accidents du travail, elles ne le sont pas du tout concernant les cancers professionnels. Cela s’explique par le poids de l’industrie chimique. Globalement, plus les inégalités sont fortes dans la société, plus les inégalités découlant du travail sont importantes. Le niveau de prévention dépend aussi des capacités de mobilisation collective dans tel ou tel secteur. En France, le point positif, comparé à d’autres pays européens, est la relative visibilité de cette question depuis la révélation du scandale de l’amiante. Les conditions de travail sont présentes dans le débat public. C’est un préalable pour trouver des réponses efficaces. Autre question : la place du travail et des conditions de travail dans la stratégie globale des syndicats. En Espagne, par exemple, dans le secteur de la construction, la santé au travail a été mise au centre des revendications syndicales. Et les choses bougent. En France, les syndicats sont moins forts qu’ailleurs en Europe, mais la place qu’ils accordent aux conditions de travail se situe plutôt dans une moyenne haute. Avec un obstacle : plus l’emploi est précaire, moins les mobilisations sont possibles.

À ce propos, la Commission des affaires sociales du Parlement européen note « la prolifération de formes d’emploi atypiques (travail temporaire, saisonnier, dominical, à mi-temps, télétravail) ». Ces emplois précaires ont-ils un impact sur la santé des salariés ?

Les jeunes générations sont principalement concernées par la multiplication de ces formes d’emploi. Chez les jeunes qui ont entre 20 et 30 ans, les facteurs de précarité juridiques sont deux, voire trois fois plus importants que chez leurs aînés. Et ce, partout en Europe. Quel sera leur état de santé dans deux ou trois décennies ? Si chacun subit cinq ans de précarité avant de trouver une forme d’emploi stable, ce n’est pas trop lourd. Le problème est que la durée de ces emplois précaires s’allonge. Pour certaines catégories, ces emplois atypiques tendent à devenir la règle ! Aux Pays-Bas, les trois quarts des femmes travaillent à temps partiel. Cette proportion est de l’ordre d’un tiers pour l’ensemble de l’Union européenne. Les données fournies par le Secours catholique, et qui sont disponibles aussi ailleurs en Europe, montrent la corrélation entre la précarité en termes d’emploi et l’augmentation des tentatives de suicide. Il existe aussi une précarité que l’on peut décrire et quantifier – le nombre de CDD, d’intérimaires, de saisonniers… – et une précarité de fait, plus difficile à mesurer statistiquement. Elle est liée aux situations de sous-traitance : des personnes en CDI sont cependant précaires car leur emploi peut être remis en cause à tout moment, du fait, par exemple, d’un donneur d’ordre qui va changer de sous-traitant pour des raisons de coûts plus faibles. Ce sont des situations courantes dans le secteur du nettoyage, où la forme du contrat n’a finalement aucune incidence sur le niveau de précarité.

François Hollande propose de mettre en place « un dispositif de notation sociale obligeant les entreprises de plus de 500 salariés à faire certifier annuellement la gestion de leurs ressources humaines au regard de critères de qualité de l’emploi et de conditions de travail ». Pensez-vous que cela peut être utile ?

Déléguer à des experts extérieurs à l’entreprise le soin d’élaborer des critères n’est pas, selon moi, une priorité. Toutes sortes de cabinets d’experts sont prêts à délivrer toutes sortes de certifications, avec tel ou tel « label social ». Mais bien des aspects des conditions de travail ne pourront jamais entrer dans leurs grilles d’évaluation. Saint-Gobain au Brésil, par exemple, avait obtenu toutes les certifications possibles et inimaginables… alors que l’entreprise utilisait de l’amiante. Les évaluations externes étudient les procédures : existe-t-il un comité pour l’égalité salariale ? Y a-t-il un médecin du travail en interne ? Des formations sont-elles mises en place ? Le problème, c’est que les procédures, en elles-mêmes, ne donnent pas forcément de résultats efficaces. Le respect de telle ou telle procédure ne fournit aucune garantie sur les conditions de travail.

Quelle serait alors la priorité ?

Le point important serait de renforcer le contrôle collectif : la possibilité pour les travailleurs d’être représentés, avec des droits associés à cette représentation. C’est tout l’enjeu de la démocratisation du travail : mettre en débat, avec les travailleurs de l’entreprise, ce qui se passe. Ensuite, ce débat ne doit pas se limiter aux seuls salariés de l’entreprise. Des acteurs, en dehors, doivent pouvoir intervenir. La population concernée par une activité – consommateurs, riverains… – doit également avoir son mot à dire.

Pensez-vous que la santé des travailleurs passe après celle des consommateurs [4] ?

Il existe effectivement un décalage. Il est plus facile de mobiliser sur la protection de l’environnement que sur les inégalités sociales, qui passent souvent au second plan. Les règles et législations concernant la protection de la population, des riverains, des consommateurs vont souvent être plus efficaces que celles concernant la prévention de la santé des travailleurs. Le bisphénol A est un épisode révélateur. Tant mieux si cette molécule dangereuse est interdite dans les biberons. Le problème est que l’on oublie de s’interroger sur les travailleurs qui manipulent des produits contenant du bisphénol. C’est logique : parler de la santé des enfants provoque une réaction plus rapide que si l’on évoque le sort des travailleuses des entreprises de nettoyage. Cela alimente le débat sur ce que doit être une écologie politique qui intègre l’enjeu des inégalités sociales.

En France, dans le cas de scandale comme les prothèses PIP, ou certains accidents industriels, on n’entend quasiment pas le point de vue des salariés qui travaillent pourtant au sein de ces entreprises. Comment expliquez-vous cette « omerta » ?

Quand les travailleurs fabriquent des produits contenant des substances dangereuses, eux-mêmes ne le savent pas forcément. En France, l’affaire Adisseo, une entreprise qui a connu un grand nombre de cas de cancer parmi ses employés [5], est emblématique de ces situations. Dans l’affaire des prothèses PIP, il semble que ce soit aussi le cas. C’est d’abord de la responsabilité des industriels. Il faut leur imposer une évaluation préalable des risques, avant qu’un produit soit lancé et que l’on soit obligé de rectifier le tir dix ans plus tard à cause de sa dangerosité. Autre élément : le chantage à l’emploi. Ce ne sont pas les travailleurs qui décident des composants d’un produit ! D’autre part, ce n’est pas nécessairement dans la production initiale que le risque est le plus dangereux, mais dans sa dispersion. Fabriquer un produit nettoyant, par exemple, peut ne pas être trop dangereux, mais l’utiliser entraînera de graves dégâts sur la santé. Sans oublier ce qui se passe lors de son recyclage… Cela pose la question de la solidarité interprofessionnelle.

Recueilli par Ivan du Roy

Notes

[1] Directeur du département Conditions de travail, santé et sécurité de l’Institut syndical européen (Etui, European Trade Union Institute), le centre indépendant de recherche et de formation de la Confédération européenne des syndicats (CES).

[2] Réalisée auprès de 44 000 travailleurs, à consulter ici.

[3] Selon les estimations du projet Carex, Carcinogen Exposure database, concernant les 15 États membres en 1995, plus la République tchèque et les pays baltes. Ce projet n’a pas été étendu aux autres pays membres.

[4] Lire à ce sujet la tribune de Dominique Huez, médecin du travail.

[5] En 2007, on y dénombrait 25 cas de cancers du rein, dont 9 décès, dans un atelier qui a vu passer quelque 82 personnes. Lire ici.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 19:04

joffrin.jpgLe journal Fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

Médias, patrons et dirigeants de droite se sont choisis un homme de gauche sur mesure : Laurent Joffrin. Comme opposant, c’est encore plus tranquille qu’un perroquet empaillé.

 

« La crise financière en cours est avant tout un combat politique. Il oppose deux forces historiques de plus en plus antagoniques : d’un côté, les peuples du monde, de l’autre, la coalition des féodalités de la finance. »

Dans Le nouvel Observateur du 11 août 2011, Laurent Joffrin se rebelle – et confond sa barbiche avec la barbe de Marx. Il dénonce pêle-mêle les agences de notation, « un oligopole d’experts en bévues et boulettes, confits dans les dogmes libéraux », « le gang informel des spéculateurs professionnels », « les féodalités financières [qui] ont fait échec à toutes les tentatives sérieuses de réforme. » Et de conclure, assez justement : « Il n’est d’autre solution pour inverser la spirale mortelle de la dette que de rééquilibrer les systèmes fiscaux en mettant mieux à contribution les classes riches. C’est justement ce spectre-là, celui d’une fiscalité plus juste, que les seigneurs de l’argent veulent conjurer. Entre les peuples et les ducs de la finance, la bataille est en cours ».

Dans sa liste noire, lui n’oublie qu’un fléau : les intellectuels « de gauche » qui, durant trente ans, ont servi ces « seigneurs de l’argent », applaudi à tous les « dogmes libéraux », présenté « les classes » comme ringard, bref, désarmé l’esprit des « peuples » face aux « ducs de la finance ». C’est collectivement que les Julliard, Rosanvallon, July, Colombani, Minc, Plenel, Attali, etc. ont rempli cette mission historique. Individuellement, néanmoins, dans ce palmarès, Joffrin mérite un Oscar « pour l’ensemble de sa carrière ».

Libéral décomplexé

« Il n’y a pas d’autre moyen de rénover enfin la culture politique de la gauche que d’y injecter massivement les valeurs du marché. En ce sens, le capitalisme est l’avenir de la gauche. »

Voilà le remède que prescrivait Laurent Joffrin, en 1984, dans son ouvrage La Gauche en voie de disparition : Comment changer sans trahir ? Contre l’« État boursouflé [qui] étouffe et pressure la société civile », contre « le service public [qui] indispose de plus en plus le public » – autant de formules qu’un Sarkozy ne se permettrait pas – lui choisit la rupture : « La gauche a beaucoup fait pour libérer la société française de ses tabous. Elle doit faire encore un peu pour s’affranchir du tabou de l’argent. Camarade, encore un effort pour devenir capitaliste ! »

Contre « les vieilleries idéologiques », il préfère nettement « les thèses du néolibéralisme » qui « correspondent mieux aux réalités nouvelles. » Seul Raymond Barre, « libéral un peu moins factice que les autres », trouve grâce à ses yeux… C’est un militant, alors. Un militant du capitalisme dans la gauche. Et pour prôner cette « modernisation », il fait feu de tous médias. Dans son quotidien, d’abord : « Classé lui aussi à gauche, analyse l’essayiste, Libération se fait l’apôtre d’une rénovation ‘libérale-libertaire’ de la culture traditionnelle de la gauche ». Joffrin publie ainsi un supplément : Vive la crise ! : « Comme ces vieilles forteresses reléguées dans un rôle secondaire par l’évolution de l’art militaire, la masse grisâtre de l’État français ressemble de plus en plus à un château fort inutile. La vie est ailleurs, elle sourd de la crise, par l’entreprise, par l’initiative, par la communication. » Présentée par Yves Montand, une émission viendra « traduire en langage télévisuel ces thèses néoréalistes »

Les duels tranquilles

C’est toute une carrière qui se mène ensuite sur de pareilles abandons. Comment rêver, pour la droite, pour les « seigneurs de l’argent », d’une gauche plus docile, plus soumise, plus décourageante que cet éditorialiste ennuyeux ? Un pareil perroquet empaillé, on en profite. On s’en régale. On en fait profiter les amis. On se l’offre en tournée dans les « Forums ». On promeut la moindre de ses copies. On le laisse jacasser chaque semaine à la radio. Cet idiot utile du capital est choisi pour incarner la gauche – dans des « duels » qui ne répandent ni larmes ni sang.

Alors que Lionel Jospin privatisait à tout-va, Laurent Joffrin tranche ainsi sur France Inter : « Moi, je crois que les syndicats de la fonction publique sont en train de poignarder la gauche dans le dos » (25 mars 2000). Reste que, pour « poignarder la gauche dans le dos », son avis a valeur d’expertise...
Quant à Jean-Pierre Raffarin, il n’allait pas assez loin : « On se demande s’il y a encore un gouvernement. […] Dès qu’il y a un problème qui pourrait susciter le mécontentement de telle ou telle catégorie, de telle ou telle force syndicale par exemple, il recule pour ne pas affronter la mini tempête que ça pourrait provoquer. » En moins de trois ans, la droite avait « réformé » les retraites, l’assurance maladie, le statut des intermittents, réduit à trois reprises l’impôt sur le revenu, vaincu les profs dans la rue : pendant qu’un journaliste de France Soir (pas franchement « classé à gauche »), Mickaël Moreau, publiait Le Gouvernement des riches, un Joffrin critiquait le Premier ministre UMP pour sa timidité.
Face aux alter- et antimondialistes, lui prévient une future dictature : « La diabolisation de l’économie de marché nous ramène à de mauvais souvenirs léninistes ou staliniens » (25 mars 2000). Du coup, en juillet 2000, Pierre Bourdieu identifie clairement l’ennemi : il en appelle « à une internationale des chercheurs » ainsi qu’à un « mouvement social des journalistes contre tous les July et Joffrin » qui favorisent « à longueur d’éditoriaux les thèses mondialistes »

Gala pour riches

Le « mouvement social des journalistes » n’eut pas lieu, et Joffrin remplaça July à Libération (aux côtés du banquier Edouard de Rotschild) avant de revenir au Nouvel Observateur. Pour que le quotidien et l’hebdomadaire, tous deux « classés à gauche », parviennent au même niveau. Zéro.
Alors qu’il était invité au Centre de Formation des Journalistes, un élève critiqua le numéro « spécial Maroc » du Nouvel Obs. Qui effleurait à peine la situation sociale, mais célébrait à longueur de pages la splendeur des villas et la magnificence des hôtels. « C’est l’une de nos meilleures ventes cette année, répliqua Laurent Joffrin. Et puis moi, j’aime bien. C’est vrai, on fait une sorte de Gala pour riches. Il faudrait trouver une cause à défendre. »

Alors, avec cette bataille contre « les ducs de la finance », a-t-il trouvé « une cause à défendre » ? En fera-t-on, même, carrément, l’indice que, pour de bon, des renégats d’hier, les béats de la mondialisation, une fraction des classes supérieures, se préparent au combat contre « le gang informel des spéculateurs » ? Il y a peu d’espoir, malheureusement. Entre deux pages de publicité pour Louis Vuitton et Lancôme, cette outre vide a simplement besoin de renouveler ses postures. Juste un effet de style, de manche. Alors qu’il rédigeait ces lignes, son cynisme décontracté préparait déjà le prochain « dossier immobilier » : « Où peut-on acheter encore ? Comment alléger ses impôts ? Que faire pour favoriser sa succession ? »

Il aura beau user de toutes les contorsions : à la Libération, on lui rasera sa barbiche.

À Megève (voir Fakir n°49), le patron d’une boutique de luxe me montrait cette trouvaille, « le col de vison amovible »  :
– Si jamais vous êtes ici, vous mettez le col vison. Lorsque vous revenez à Paris, vous l’enlevez… De même pour les manteaux de fourrure. Ici, vous les montrez, vous les mettez à l’extérieur. Mais quand vous rentrez, que vous présidez un conseil d’administration, vous laissez le luxe à l’intérieur.
Mais les poches, quand vous retournez votre veste, vous n’avez pas les poches qui pendent à l’extérieur ?
Non non non, tout est réversible.

Une suggestion : que cette tenue soit, à l’avenir, dénommée « le Joffrin ».

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 19:03

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Image from http://knightarmco.com


Une photo montrant une section de scout snipers (tireurs d’élite de reconnaissance) du corps des fusilliers marins des Etats-Unis (US Marine Corps) posant devant le drapeau à l’éfigie de ce qui paraît être (NdT: aucune erreur possible, voir la photo sur le lien ci-dessus) le sigle de la tristement célèbre organisation nazie des SS, a circulé sur la toile. Le corps des Marines a confirmé que la photo embarassante prise en Afghanistan est bien réelle.

L’utilisation du symbole de la SS n’est pas acceptabe et le coprs s’est occuppé de cette affaire, a dit le Lieutenant colonel Steward Upton dans une déclaration Jeudi.

Il n’a pas élaboré sur les mesures qui ont été prises, mais a insisté que les militaires figurant sur la photo ne sont plus dans l’unité. La photo qui circule sur la toile a été prise en Septembre 2010 dans la province Sangin d’Afghanistan.

La fondation du Military Religious Freedom Foundation (MRFF) a dit de Washington qu’elle était outragée par cette photo. “Des têtes doivent tomber et cette affaire doit faire l’objet d’une enquête très sérieuse”, a dit Mickey Weinstein, fondaterur de la MRFF.

Les fusilliers posant sur la photo voulaient se représenter comme des “scout snipers”, pas des nazis, rapporte le journal britannique Daily Mail, citant un représentant du corps des Marines de la base de Pendleton.

La SS, ou Schutzstaffel était la branche militaire du parti national socialiste (nazi) allemand. Ils ont joué un rôle essentiel dans beaucoup de crimes contre l’humanité, incluant le génocide de juifs dans des territoires contrôlés par le IIIème Reich. Le signe des Sig “S” jumeaux, ressemblant à deux éclairs, était utilisé comme insigne de l’organisation criminelle.

Ce scandale intervient moins d’un mois après que les US Marines furent ternis par un autre scandale. Plusieurs de ses membres des unités de scout snipers furent filmés urinant sur les cadavres de militants Taliban. La séquence vidéo est apparue sur la toile causant une levée de boucliers et une condamnation officielle de cet acte de profanation.



Texte original en anglais :
http://rt.com/news/marines-nazi-flag-scandal-965/

 

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Published by valenton rouge - dans Monde
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